SPARTACUS

15 novembre 2019

INFOBREF N°533- Les cheminots entrent en guérilla ( petite victoire économique)

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La grève de Châtillon ou quand les cheminots font plier la direction SNCF

Débutée le 21 octobre au soir, une grève locale au Technicentre Atlantique de Châtillon contre une réorganisation a fait plier la direction de la SNCF, et a même mis le feu aux poudres à la colère des travailleurs invisibles des ateliers de maintenances des trains.

Carlos Alonso

jeudi 7 novembre 2019

Une grève surprise, offensive, massive et spontanée

Tout commence avec une attaque de la direction sur les roulements de travail de l’atelier de maintenance TGV de Châtillon-Bas. 12 repos en moins, avec des horaires pas loin de l’enfer pour les cheminots, et une direction qui arrive a faire exploser les scores de productivité sous couvert de ce qu’on appelle "Qualité et Vie au Travail". Voilà ce qui était initialement prévu. Mais les cheminots de Châtillon en ont décidé autrement.

Suite à une Demande de Concertation Immédiate (DCI) posée conjointement par Sud Rail et la CGT, une délégation a été reçue par la direction, qui a continué à faire la sourde oreille avec mépris, refusant catégoriquement de revenir sur le sujet qui fâche. Plusieurs assemblées générales ont eu lieu, et finalement, le soir du lundi 21 Octobre, le mouvement de grève a débuté, d’abord avec l’équipe de nuit, puis celle de la matinée a suivi, puis celle de la soirée, et ainsi de suite, jusqu’au retrait du projet de la direction le jeudi après midi. Et tout cela avec 100% de grévistes dans tous les services de Châtillon-Bas, les dépanneurs du Service Court, plus les jockeys du Produit Train.

Mardi, la direction avait déjà fait un pas en arrière, et annonçait le maintien des 144 repos de manière non-pérenne, c’est-à-dire que les nouveaux embauchés ne pourraient plus bénéficier des 144 repos, qui allaient être éliminés progressivement. Mais les grévistes ne sont pas tombés dans les manoeuvres de la direction ; mercredi, ils lui ont remis leurs revendications, qui incluaient notamment l’extension des 144 repos pour tous les cheminots qui travaillent le weekend comme le prévoit l’accord local. Quelque chose de fort était en train de se passer à Châtillon, une révolte qui émanait de la base et qui exprimait un mal-être profond au matériel.

La direction a fini par faire marche arrière jeudi dans l’après-midi face à la détermination des grévistes. L’impact de la grève était fort, avec une circulation qui se réduisait de jour en jour. Tout le monde a été pris de court, à commencer par la direction, mais également la plupart des organisations syndicales, ce qui confirme la tendance à la « giletjaunisation » de certains secteurs du mouvement ouvrier, avec une spontanéité et une radicalité très avancées. Pas de bannières syndicales, même si les militants syndicaux et les syndiqués sont les bienvenus et participent activement à la mobilisation. Un tous ensemble déclenché suite à un ras-le-bol général, après avoir été poussés à bout et méprisés par la direction, mais aussi dû au pacte ferroviaire, dont la réorganisation initialement prévue par la direction était la conséquence directe.

Tous ces détails ont poussé ces 220 cheminots à s’auto-organiser entre eux en assemblées générales, à voter la reconduction du mouvement à la main levée et à prendre des décisions ensemble, à débattre collectivement, et à nouer des liens très fort à travers la lutte de classes. Et finalement, le premier enseignement et la première victoire est ici ; pendant des années, la direction a cherché à découper tous les secteurs et à les monter les un contre les autres, afin d’affaiblir le secteur et asseoir une domination. Les grévistes ont démêlé les malentendus et ont brisé les murs montés entre eux par la direction. Aujourd’hui, ils ne forment qu’un bloc uni et soudé, ce qui a donné une force gigantesque à ce mouvement.

Une grève surprise qui s’étend dans le secteur de la maintenance et pointe le mal-être à la SNCF

Ce mouvement de grève a eu une particularité : les cheminots de Châtillon ont cessé le travail sans DII (Déclaration Individuelle d’Intention de faire grève), c’est-à-dire sans respecter le délai de prévenance de 48 heures. Cet acte conscient et réfléchi est expliqué dans le premier communiqué des grévistes : « Nous respecterons les délais de prévenance le jour où la direction respectera les cheminots ».

La direction a voulu intimider les grévistes en les menaçant, avec 200 demandes d’explication, c’est-à-dire en engageant des procédures disciplinaires à leur encontre, qu’elle a été contrainte de retirer immédiatement. En effet, la détermination des grévistes a été plus forte et a créé ce qu’on appellera désormais la "jurisprudence Châtillon", qui a montré que l’on peut cesser le travail sans DII et s’en sortir sans la moindre sanction, ce qui est un coup politique important donné à la direction. À la veille du mouvement contre la réforme des retraites, cette détermination et cette radicalité représentent la deuxième victoire de ce mouvement. Tous les cheminots ont été témoins que c’était possible, que l’impact était bien plus fort sans l’entrave de la DII.

La question de la souffrance au travail a également été dévoilés aux yeux de tous : les plus bas salaires de la SNCF, les invisibles, celles et ceux qui font en sorte que les usagers voyagent en toute sécurité et dans le confort, sont en souffrance dans la SNCF d’aujourd’hui. Ce secteur est des plus précaires et aujourd’hui il a relevé la tête et redonné de l’espoir aux cheminots, en faisant une démonstration de force à l’aube d’une bataille des retraites qui promet d’être une bataille historique. Si la direction de la SNCF redoutait le 5 décembre, désormais elle le craint plus que tout car l’incendie s’est étendu à d’autres Technicentres TGV comme au Landy (Axe Nord) ou au TSEE (Technicentre Sud Est Européen, Axe Sud Est), où des débrayages ont également eu lieu et se poursuivent à l’heure actuelle, pour ce qui est du Landy. Tout ça dans la foulée du droit de retrait sur l’EAS (équipement agent seul), qui a posé la question des conditions de travail au sein de la SNCF, un "France Télécom puissance 10" ; cette mobilisation laisse entrevoir la possibilité de stopper la broyeuse.

Victoire éclatante pour les prémisses du 5 Décembre

En l’espace de 10 jours, les grévistes ont obtenu :

- Le maintien des 144 Repos, et leur extension à tous les agents qui travaillent le week-end, comme le prévoit l’accord local.
- Un roulement 3X8 7/7j 144 Repos et un roulement Jour/Nuit 7/7j 144 Repos.
- Un roulement Jour/Nuit 5/7j 132 Repos sans week-ends travaillés.
- Le maintien des équipes de réserve et le traitement des cas particuliers qui ne peuvent plus effectuer de travail de nuit chez les jockeys.
- L’extension de la majoration de la 9ème heure de nuit à tout le Technicentre.
- La revalorisation de la prime de dépannage province de 50 à 150€.
- La revalorisation de la prime de choc de 90 à 150€.
- L’élargissement de l’astreinte à l’ensemble de Châtillon-Bas.
- La garantie qu’aucune sanction ne sera prononcée contre les grévistes.
- La reconnaissance des journées de débrayage comme étant des journées de grève.
- L’ouverture d’une table ronde avec les organisations syndicale sur le secteur du matériel Voyages (avec les débrayages du Landy et de TSEE).

La confiance gagnée aujourd’hui par les cheminots du Technicentre de Châtillon, mais aussi la démonstration qu’ils ont réussi à faire pour l’ensemble des cheminots, est une victoire précieuse pour préparer la suite. Cela donne une motivation indéniable pour entamer la grève à partir du 5 Décembre, et construire une mobilisation d’ampleur contre la réforme des retraites de Macron et de son monde ! Une chose est sûre : la RATP a fait beaucoup de bruit le 13 Septembre, mais la SNCF sera aussi de la partie dans la bataille des retraites, et ce duo pourrait donner confiance aux salariés d’autres secteurs, et donner du fil à retordre au gouvernement pour entériner sa réforme des retraites.



Video-CHILI- L' armée tire dans les jambes d'un manifestant https://twitter.com/i/status/1187160131462668288

Position du parti révolutionnaire communiste

Syrie : Un point nodal des affrontements au sein de l’impérialisme.

La guerre en Syrie, voulue et entretenue par les puissances impérialistes et tout particulièrement les USA et leurs alliés occidentaux, dont la France, Israël et les pays du golfe se trouve à un tournant. Après huit années de guerre, dont il faut rappeler l’intensité et les destructions, l’Etat...

Impérialistes : bas les pattes en Syrie

Le Parti Révolutionnaire COMMUNISTES condamne l’invasion de la Syrie par la Turquie. Cette agression de la part de la Turquie membre de l’OTAN, rendue possible par le feu vert des USA, n’est pas la première. Elle fait suite à des ingérences répétées dans les affaires intérieures de l’État...

Le conducteur qui a sauvé 70 personnes dans les Ardennes est un héros, quoiqu’en dise le gouvernement

 

 

Alors que partout en France les cheminots ont fait valoir leur droit de retrait et « posé le sac », le gouvernement et la direction de la SNCF s’acharnent à dénoncer un mouvement social « illégitime », tout en banalisant l’accident qui a eu lieu mercredi et qui aurait pu coûter la vie à 70 personnes à bord du train sans l'intervention du conducteur, en l'absence d'autre agent à cause des suppressions de postes dans l'entreprise. 

Arthur Nicola 

vendredi 18 octobre

L’indifférence. C’est la seule chose qu’a laissé paraître Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’État aux transports. Interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur RMC, il a seulement déclaré que « le conducteur a très bien réagit et mis en œuvre les mesures de sécurité ; il a mis en sécurité l’ensemble des passagers ». En deux phrases, le secrétaire d’État fait comme si tout était normal : un accident de train, où un TER heurte un convoi exceptionnel et blesse le conducteur qui, seul et blessé à la jambe, doit aller sécuriser le train en marchant 1,5km, avant de revenir s’occuper des passagers, étant seul dans le train à cause des suppressions de postes dans l’entreprise. Pour tous les usagers du train, ce conducteur n’est rien d’autre qu’un héros qui a sauver 70 vies : en effet, d’autres trains arrivant sur la voie auraient pu causer un « sur-accident », si le cheminot n’était pas parvenu à mettre en place la procédure d’urgence assez rapidement.

 

SNCF. Les 4 technicentres de Lyon entrent en grève

 

Ce mardi, une journée de grève très suivie a été déclenchée dans les technicentres lyonnais : « Les directions locales et nationales perchées dans leur tour d’ivoire ne comprennent pas le malaise des cheminots du terrain ».

 

Ce mardi, les cheminots des quatre technicentres de maintenance de Lyon se sont mit en grève, les raisons sont nombreuses, Sud-Rail qui a appelé à la grève (suivie par la CFDT dans un des technicentre) met en avant les suppressions d’effectifs qui fait que les équipes sont constamment en sous effectifs, mais aussi les «  des restructurations incessantes ou encore une désorganisation du travail  ». Patrick Mondon, représentant syndical, précise au journal Le Progrès, que la mobilisation concerne également les salaires : «  Il y a un vrai ras-le-bol lié aux rémunérations bloquées depuis 5 ans, au manque d’effectifs et à la pression managériale  ».

 

Après les droits de retraits massifs des cheminots fin octobre, suite à un accident de train avec seulement un conducteur à bord, essentiellement suivie par les conducteurs et les contrôlleurs. Ce sont donc les travailleurs des technicentres qui marque ce début de mois de novembre par leurs mobilisations. Dans la région parisienne, plusieurs technicentres ont débrayé et lancé un mouvement de grève spontané, le site du Landy est depuis toujours en grève depuis deux semaines maintenant.

 

Les cheminots lyonnais entrent donc dans la danse de l’ébullition sociale du mois de novembre, annonçant un mois de décembre déterminant ! Dans les quatre sites, cette première journée de grève a été très suivie, un représentant syndical annonce d’énormes taux de grèves : «  à plus de 90 % à la Mouche, à 80 % à Vénissieux, à 70 % à Vaise, autour de 50 % à Gerland…  ». De plus, ce n’est a priori que la première journée, la direction semblant faire la sourde oreille, annonçant en fin de matinée qu’il n’y avait « pas d’alerte particulière. Tout roule.  ».

 

Ces coups de semonces répétés dans les différents secteurs cheminots annoncent un 5 décembre déterminant. En plus de la réforme de la retraite dont personne ne veut etdu bashing anti-cheminots permanent dans les grands média, le « le malaise des cheminots du terrain  » est un facteur important de la situation, le fait que les travailleurs du rail relèvent la tête ces derniers mois est déterminant. La CGT, l’UNSA et SUD ont d’ores et déjà appelé à la grève reconductible pour le 5 décembre, les bases sont posés pour une nouvelle bataille, générale cette fois-ci.

 

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10 novembre 2019

DANS LA PRESSE REVOLUTIONNAIRE

DANS LA PRESSE REVOLUTIONNAIRE

 

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Le piège de la « lutte contre l’islamophobie »

 

Lutte de Classe n°181 - février 2017

Une politique de construction de fronts pour « lutter contre l’islamophobie » est de plus en plus défendue par une partie de l’extrême gauche. Au point de perdre tout repère de classe, et d’user de démagogie vis-à-vis de l’islam politique.

Le débat sur cette question s’est amplifié avec les différentes affaires de jeunes filles voilées à l’école, à partir de 1989, et surtout après la loi de 2004 sur l’interdiction du voile à l’école. Il s’est poursuivi avec la polémique sur l’interdiction du voile intégral dans l’espace public, adoptée en 2010.

Depuis les attentats de 2015 et 2016, cette question a pris de l’ampleur. Par exemple, le lamentable épisode de l’affaire du burkini a remis en lumière, l’été dernier, la façon dont les politiciens de droite comme de gauche sont prêts à faire feu de tout bois pour détourner l’attention de l’opinion des problèmes essentiels du moment, par démagogie électorale.

Cette récupération de la question du voile, de la burqa ou du burkini par des politiciens qui se moquent de l’oppression des femmes et ne sont laïcs que lorsqu’ils parlent de l’islam, est choquante. C’est une campagne raciste.

Pour autant, en tant que militants communistes, nous sommes aussi des adversaires résolus de toutes les religions et de toute oppression, et l’actuelle campagne ne doit pas faire perdre aux révolutionnaires toute boussole.

 

Kurdes de Syrie : otages de la politique impérialiste

 

Mercredi 9 octobre, la Turquie a lancé une offensive militaire contre le Rojava, la zone kurde autonome du nord de la Syrie. Le gouvernement Erdogan s’est visiblement senti autorisé à mener cette attaque après les communiqués de Trump annonçant le retrait des troupes américaines de cette zone.

 

Il est vrai que Trump avait contrebalancé ses déclarations en menaçant de détruire l’économie turque si la Turquie « dépassait les limites ». Mais pour les Kurdes la menace était claire.

 

Ils sont 30 à 40 millions, dispersés sur plusieurs pays, essentiellement la Turquie, l’Irak, l’Iran et la Syrie. Privés de droits nationaux et opprimés, les Kurdes ont espéré voir leur situation s’améliorer après les guerres en Irak et en Syrie. Le Kurdistan autonome irakien existe officiellement depuis 2005, et depuis 2012 les Kurdes de Syrie ont pu, eux aussi, gérer le territoire autonome du Rojava, qui constitue l’ouest du Kurdistan revendiqué par les nationalistes. Il a fait la une de l’actualité lors de la bataille de Kobané en 2014-2015, quand les combattants des YPG (Unités de protection du peuple) ont résisté à l’avancée de l’État islamique, ou lors de l’attaque contre Afrin (entre janvier et avril 2018), quand à l’inverse ils ont été repoussés par l’armée turque.

 

Les États-Unis se sont appuyés sur les milices kurdes syriennes, les YPG, pour lutter contre l’organisation État islamique (EI) dans la région. Onze mille combattants kurdes ont péri dans ces combats. Ces milices se chargent encore aujourd’hui de maintenir en détention 10 000 membres des milices de l’EI. Mais, l’organisation État islamique ne semblant plus présenter un danger, l’intérêt d’une alliance avec ces milices kurdes syriennes a considérablement diminué, d’autant que les dirigeants impérialistes ont besoin de la Turquie pour maintenir un certain ordre dans la région. Or Erdogan veut absolument s’opposer à l’autonomie des Kurdes syriens.

 

Les dirigeants américains pourraient maintenant lâcher complètement les milices de l’YPG, après les avoir utilisées contre l’EI. Ce ne serait pas la première fois que l’impérialisme opérerait un tel retournement.

 

Ainsi, en 1991 et sans remonter plus loin, lors de la première guerre du Golfe, les dirigeants américains avaient appelé le peuple irakien à se soulever contre Saddam Hussein, coupable de les avoir défiés en occupant le Koweït. Cela entraîna une insurrection kurde, que les dirigeants américains laissèrent l’armée de Saddam Hussein réprimer, avec la complicité de toutes les autres puissances impérialistes, dont la France. Ce n’est qu’une fois assurés que tout risque révolutionnaire était écarté qu’ils protégèrent le Kurdistan irakien, ce qui lui permit de gagner une autonomie bien fragile et toujours susceptible d’être remise en question.

 

L’autonomie conquise au Rojava à la faveur des combats est maintenant remise en cause par la politique impérialiste, qui ne défend les droits des peuples qu’en fonction de ses besoins et de l’évolution de ses alliances.

 

A. R.

 

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Le Rojava doit vivre, il faut stopper l’invasion par l’armée turque

 

 

 

Avec le feu vert des États-Unis, l’armée turque et ses supplétifs islamistes ont débuté l’attaque. Début 2018, avec un feu vert similaire de la Russie, les mêmes avaient envahi le canton d’Afrîn, avec pour résultat destructions, massacres et un vaste nettoyage ethnique. Aujourd’hui on peut redouter une répétition de ce scénario. L’équilibre entre impérialismes rivaux, qui avait profité pendant cinq ans à la gauche kurde, est à présent rompu. Cette trahison était attendue. La gauche kurde est désormais seule face aux tanks et à l’aviation turcs. Soutien total à la résistance populaire en Syrie du nord !

 

 

GILETS JAUNES LES BILANS

 

Voir la brochure de Henri Simon « Mathématiques et « Gilets jaunes » Déterminisme et relativisme.

 

 

 

nouveau supplément GJ n°8 au n°19 de Temps critiques

 

Et aussi pour ceux qui veulent en savoir plus sur notre intervention au sein du mouvement, voir le "clap de fin" dur le blog

http://blog.tempscritiques.net/archives/2231

et récapitulatif est aussi à donner à mon avis :

http://blog.tempscritiques.net/archives/3060

 

AUTOPSIE DU MOUVEMENT DES GILETS JAUNES

 

Robert Bibeau, Khider Mesloub

 

Collection : Questions contemporaines

 

ACTUALITÉ SOCIALE ET POLITIQUE SCIENCES POLITIQUES SOCIOLOGIE

Date de publication : 16 septembre 2019

 Livre papier : 20 € --Version numérique* :14,99 €

 

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http://alencontre.org/europe/france/france-les-gilets-jaunes-ce-nest-quun-debut.html

France. Les «gilets jaunes»: ce n’est qu’un début…

Par Alain Bihr

Tous ceux qui avaient pronostiqué voire espéré que le mouvement des « gilets jaunes » (GJ) ne franchirait pas le cap des fêtes de fin d’année en auront été pour leurs frais. Passée la traditionnelle trêve des confiseurs, les GJ sont réapparus dans le paysage, notamment sous la forme de leurs désormais rituelles manifestations du samedi. Néanmoins différents signes (des cortèges moins fournis, des blocages et des occupations de ronds-points moins nombreux) témoignent d’un essoufflement certain même si, localement, leur détermination peut rester entière. Inversement, des initiatives sont en cours pour relancer le mouvement sur de nouvelles bases. Le mouvement est donc visiblement à la croisée des chemins. C’est l’occasion d’en dresser le bilan et de tracer quelques perspectives pour son avenir.

Deux mois de gilets jaunes : premier bilan

Ce que nous devons aux Gilets jaunes - Matière et Révolution



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Auto-Crash. L’industrie automobile au cœur de la crise à venir

Publié par Alencontre le 5 - septembre - 2019

Par Winfried Wolf

Depuis la mi-2019, nous vivons le prélude à une crise profonde dans le secteur industriel le plus important du capital mondial.

L’industrie automobile, premier secteur manufacturier du capitalisme, est confrontée à une crise. Dès 2018, la production automobile totale en Allemagne était en déclin. En juin 2019, il y a eu une forte baisse de 4,7% des nouvelles immatriculations (par rapport à juin 2018). En août, les fabricants produisant dans la seule Allemagne ont annoncé la perte de plus de 30’000 emplois. La contradiction chez Opel est typique. Cette filiale du groupe français Peugeot serait enfin dans les chiffres noirs. Mais à quel prix? Pour ce qui est de l’emploi, les chiffres sont d’un rouge foncé. Depuis la reprise par PSA [en février 2017], 8000 emplois ont été supprimés chez Opel, ce qui correspond à 25% du total; la réduction de 2500 emplois supplémentaires est envisagée, au même titre que la fermeture d’un des trois sites de production.

Aux Etats-Unis, GM et Ford réduisent leurs investissements depuis des mois. L’industrie automobile japonaise s’affaiblit également. Un vaste processus de consolidation est actuellement en cours dans ce pays, au cours duquel seuls quatre des huit groupes actuels ont des chances de survivre en tant que sociétés indépendantes. Cela sera associé à la suppression de dizaines de milliers d’emplois.

La situation en Chine est extrêmement sombre. Le 29 juillet, le Financial Times a titré en première: «La chute des ventes de voitures en Chine». Là-bas, les ventes de voitures ont déjà chuté de 4% en 2018. Dans la première moitié de 2019, une baisse spectaculaire de 14% a été constatée. La Chine est le plus grand marché pour la plupart des constructeurs automobiles occidentaux. Par exemple, les ventes de Ford en Chine ont chuté de 27% au premier semestre 2019. Une nouvelle usine Peugeot en Chine n’a vendu que 201 voitures au premier semestre 2019.

Malaise dans l’économie dominante

Publié par Alencontre le 4 - septembre - 2019

Par Michel Husson

« Nos certitudes sur l’économie s’effondrent » vient de déclarer Alain Minc dans Le Figaro [1]. Patrick Artus reconnaît qu’on « ne sait plus analyser la situation à long terme des économies [2] ». Effectivement, le monde dans lequel nous vivons n’est plus celui des manuels d’économie (s’il l’a jamais été). Petit tour d’horizon des raisons de ce trouble.

Borne zéro et trou noir

Les politiques menées par la BCE, déjà qualifiées de “non conventionnelles”, ont pu amortir en partie certains des effets de la crise, mais elles ont aussi contribué à l’apparition d’une configuration étrange où les taux d’intérêt sont orientés à la baisse, jusqu’à devenir négatifs. Bref, on a atteint la borne zéro (Zero Low Bound) qui désarmerait les banques centrales face à une nouvelle récession.

 

LE PROBLÈME PRINCIPAL DE L’HUMANITÉ

 

Par Nuevo Curso. Traduction

 

Voici un article qui à le mérite de bien appréhender les limites actuelles du système capitaliste, de mettre en avant que de système de production il est devenu un système de destruction. En effet, tous les secteurs sont actuellement touchés par le remplacement historique de l'être humain par la machinerie préparant ainsi la grande révolution mondiale à un titre humain, tel est l' enjeu du XXIéme siècle. Le constat de cette situation globale à été fait, rappelons le lors d’une importante réunion de 500 membres de l’élite mondiale, à San Francisco entre le 27 septembre et le 1er octobre 1995.
Les « grands » de ce monde vont s’interroger sur l’avenir de ce qu’ils allaient appeler le 20/80. Pour eux 20 % de la population mondiale peut faire tourner l’économie et il faut se préparer à gérer les surnuméraires. Il y aura bientôt 80 % de la population qui s’avérera superflu, qu’il faudra « occuper ». Pour maintenir la paix sociale, Brezinski avait proposé le « tittytainment », un mélange d’aliment physique et psychologique qui endormirait les masses et contrôlerait leurs frustrations et protestations prévisibles.
Depuis, nous avons vu se développer des revendications d’adaptation au capitalisme, comme le revenu universel, mais aussi le changement législatif de la loi El Khomri mettant dorénavant sur le même plan droit du salarié et droit de la personne, tout cela dans le cadre de l’offensive sur le numérique et du capitalisme de plateforme.

 

 

 

Courant Alternatif 292 été 2019

 

L’ENVERS DE FLINS

 

Une féministe révolutionnaire à l’atelier

 

lundi 29 juillet 2019, par OCL Reims

 

« Ce livre n’est donc pas une étude sociologique, économique ou même politique sur une grande usine mythique de l’automobile. Ni un plaidoyer nostalgique sur la prétendue disparition de la classe ouvrière. Il est seulement le récit d’un parcours de vie de femme engagée dans une usine d’hommes. Avec la volonté de faire découvrir, par le prisme de mon engagement féministe et révolutionnaire, l’envers d’une usine plus connue pour ses images médiatiques que pour sa vraie vie bouillonnante et complexe. Au-delà du mythe et des préjugés. » Fabienne Lauret, née en 1950, a été une « établie » ouvrière post-68. Au début des années 70, avec d’autres camarades du groupe Révolution ! (futur OCT – Organisation Communiste des Travailleurs) auquel elle appartenait, elle s’installe dans la région mantaise (dans les Yvelines) et est embauchée à l’atelier de couture des sièges de l’usine Renault de Flins, en compagnie de quelques camarades. Elle raconte dans son livre 36 ans de vie quotidienne à l’usine et dans la région, son implication dans les luttes ouvrières au sein de la CFDT, les luttes des prolétaires immigrés, les pratiques managériales destructrices au CE, ainsi que la bataille contre le sexisme au travail, qu’il soit patronal, syndical ou ouvrier.

 

Voir la suite

 

 

 

Cédric Villani à Grenoble : l’intelligence artificielle de La République en Marche

 

samedi 29 juin 2019 par Pièces et main d’œuvre

 

Il fallait Cédric Villani à la Maison du Tourisme pour tirer de chez eux des Grenoblois écrasés par 39° de canicule, ce jeudi 27 juin 2019. La réunion, intitulée « Intelligence artificielle et transition écologique : paradoxe ou opportunité ? », était organisée par deux députés locaux de La République en Marche, Emilie Chalas et Olivier Véran. Ambiance de fan club, smartphones à bout de bras, rires et applaudissements à chaque allusion politicienne, bruyante réprobation de toute critique. Nous n’étions pourtant que trois Chimpanzés du futur à contester le mathématicien député Villani, président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) et auteur d’un rapport sur la stratégie nationale en intelligence artificielle « pour repositionner la France et l’Europe au premier plan de ces transformations et en saisir les opportunités ».

 

 

Une brochure sur le mouvement

des Gilets Jaunes à Boulogne-sur-mer

Chronique locale d’une révolte sociale 

Novembre 2018 – Mai 2019 

 

«Tout ce que vous devez savoir sur les manifestations de Hongkong»

Les Etats-Unis modernisent leur arsenal nucléaire: coûts et risques explosent

Publié par Alencontre Le 19 - juillet - 2019

 

Chine. Les protestations des travailleurs s’intensifient alors que l’industrie automobile chinoise se contracte

7 - août - 2019 Publié par: Alencontre Commenter

 Matière et révolution

C'est la mafia qui règne - Matière et Révolution

Toute l’Afrique (et une bonne partie du monde) a les yeux fixés sur la révolution au Soudan

jeudi 16 mai 2019, par Robert Paris

Ce que nous devons aux Gilets jaunes

vendredi 3 mai 2019, par Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed

 

250 ans de capitalisme

Introduction

I. Rapide survol de 250 ans de capitalisme
Du capitalisme sauvage à la fin de la double bipolarisation du monde
Les quatre temps du rapport de force entre les classes

II. La lutte des classes de 1760 à la révolution russe
Travailler plus pour gagner moins
Part des profits et taux de profit
De grands sacrifices pour de maigres résultats
Des témoignages accablants

A suivre...



Le prolétariat universel

A PROPOS DE LA VACANCE DE LA CLASSE OUVRIERE



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31 octobre 2019

INFOBREF N°532- L' Amérique latine en ébulition

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Pourquoi 5 pays d'Amérique latine se soulèvent au même moment

INTERNATIONAL - L'Amérique Latine se soulève et force le monde à la regarder. Sous nos yeux: une société fatiguée de vivre dans la pauvreté et la corruption, une société de plus en plus consciente de ses droits et de la nécessité de les défendre, une société soumise à des tensions allant du néoconservatisme féroce à l'usure des dirigeants de longue date, mais aussi à l'ingérence extérieure et au développement d'une nouvelle classe émergente qui en demande davantage.

https://www.huffingtonpost.fr

En cette fin d' année 2019 , le capitalisme est secoué par des vagues successives de révolte au quatre coins du monde, certaines proches de l' insurrection. Au début 2019 c'est au Soudan qu'un mouvement de grande ampleur est né à Atbara, une ville ouvrière du Nord-Est du Soudan. Celui-ci comme d' autres est la conséquence directe, de la vie chère, les magasins sont vides, il y a pénurie de tout ce qui concerne la survie au quotidien. Le prix du pain a été multiplié par trois en une nuit.

Après plusieurs semaines de sit-in dans la Capitale Khartoum face au siège de l' armée, le gouvernement a fait tiré sur les manifestants, faisant plus de 30 morts.

 Depuis c' est l' Amérique latine, ou dans plusieurs pays des émeutes se multiplient, pour des raisons similaires à celle du Soudan.

 Actuellement c' est au Chili, pour des raisons elles aussi touchant le coût de la vie et l' insécurité sociale, que des manifestations se succèdent malgré la répression armée.

 Le 22 octobre2019 un premier recensement totalisait :

  2138 personnes arrêtées, dont 1240 en régions et 898 dans la capitale
 378 personnes blessées, dont 173 atteintes par des armes de feu
 5 morts, tués par des agents de l’État
 44 actions judiciaires, dont 9 requêtes en vue de protection juridique, 3 plaintes pour abus sexuel, et 32 actions en justice.

 En Equateur Cinq civils, dont un dirigeant indigène, ont trouvé la mort durant les manifestations qui secouent l'Équateur depuis une semaine contre la hausse du prix de l'essence, ont annoncé jeudi à l'AFP les services du Défenseur du peuple, un organisme d'État. « La première victime est un homme qui a été écrasé dimanche dans la province d'Azuay (sud). Les quatre autres sont décédées à Quito », a précisé une source de cette institution, sans indiquer les circonstances des quatre nouveaux décès. « Nous appelons le gouvernement à mettre fin à la violence et à garantir le droit de manifester de manière pacifique », a ajouté le communiqué du Défenseur du peuple. Si les indigènes sont en pointe de la contestation sociale, c'est aussi parce qu'ils sont les plus touchés par la pauvreté et travaillent majoritairement à la campagne. Et si les prix des carburants s'envolent, ils devront payer plus pour le transport de leurs produits et redoutent que l'inflation s'emballe.

Bolivie-

En réponse, un groupe de syndicats ouvriers et paysans proches du pouvoir (Conalcam) a enjoint mardi ses militants à défendre les résultats officiels.  

Venezuela-

Toujours sous la menace d'une guerre civile, attisée par les etats-Unis,La Russie et la Chine.

Au Brésil

Le mercredi 15 mai 2019, le Brésil s’est réveillé avec des milliers de personnes dans les rues, aux abords des universités et des écoles. C’était le premier test important, massif, de la lutte de classes pour le gouvernement de l’ultraréactionnaire Jair Bolsonaro depuis qu’il a pris ses fonctions le 1er janvier dernier. Et selon la presse dominante, la massivité de l’évènement en a pris plus d’un par surprise, à commencer par le président et le gouvernement qui avaient sous-estimé l’ampleur du rejet de leur politique.

En effet, l’annonce soudaine d’une coupure de 30% du budget de l’éducation a créé une contestation très large parmi les étudiants, les enseignants, les travailleurs du secteur, les parents d’élèves et bien au-delà.

Les images des grandes artères des principales villes du pays sont impressionnantes. Dans São Paulo on estime le nombre de manifestants à 250 000 ; et selon les organisateurs il y a eu autour de 1,5 millions personnes dans les cortèges. Même les médias dominants, y compris les plus à droite, ont dû reconnaître la massivité de la protestation.

Ce qui a dans une large mesure aidé à massifier la contestation dans les rues c’est le gouvernement lui-même, notamment Bolsonaro et le ministre de l’éducation Abraham Weintraub. En effet, le gouvernement, utilisant les mêmes méthodes provocatrices de la campagne présidentielle, a décidé de politiser à outrance cette coupure budgétaire catastrophique. Le ministre, face aux protestations des autorités universitaires et des enseignants et étudiants essayait de minimiser la contestation en déclarant que l’opposition dans les universités ce n’était que du « chahut ».

Mais la provocation la plus importante est venue de Bolsonaro le jour même de la manifestation. Alors que celui-ci était en déplacement aux Etats-Unis et que la manifestation commençait à peine, il a lancé : « la plupart [des manifestants] ce sont des militants. Ils n’ont rien dans la tête. (...) Ce sont des idiots utiles, des imbéciles qui sont utilisés comme masse de manœuvre d’une minorité rusée ».

Argentine-Plusieurs milliers de manifestants ont commencé à camper mercredi dans le centre de Buenos Aires pour exiger l'instauration d'un état "d'urgence alimentaire" en Argentine, en proie à une grave crise économique à quelques semaines de l'élection présidentielle. L'Argentine, en récession depuis 2018, connaît une des inflations les plus élevées au monde (25,1 % entre janvier et juillet, 54,4 % sur les 12 derniers mois), une baisse de la consommation, des fermetures de commerces et une augmentation de la pauvreté (32 % en 2018) et du chômage (10,1 % cette année). Voir des familles avec des enfants mendier dans la rue est devenu habituel à Buenos Aires.

En Colombie, la violence politique a gardé tous ses droits. Sept candidats ont été assassinés, et 13 autres ont été victimes d’attentats depuis le début de la campagne pour les élections régionales de ce dimanche 27 octobre. Il s’agit du premier scrutin local depuis la signature d’un accord de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), en 2016. Trente-six millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour élire gouverneurs, maires, conseillers régionaux, municipaux et communaux. Ces élections locales sont tout à la fois très mobilisatrices (le taux de participation en 2015 a atteint 60 %) et très tendues. « Nous continuons de croire que la paix est possible dans notre pays, soupire Sofia Nariño, qui a passé vingt ans dans la guérilla et qui est aujourd’hui candidate au conseil municipal de Bogota. Nous qui avons fait la guerre n’allons pas nous laisser rebuter facilement par les difficultés. »

Uruguay-L’impressionnante manifestation du 22 octobre 2019 à Montevideo



L’Uruguay, sous présidence de la coalition de gauche du Frente Amplio depuis 2004, est réputé comme étant le régime le plus stable d’Amérique Latine. Une image entachée par, entre autre, une inflation (7,56%) et surtout par un taux de chômage qui ne cesse de s’accroître, concernant à l’heure actuelle 9% de la population active. Dans ce cadre, l’insécurité (agressions, vols, etc) est en hausse depuis 2017 (+45%).

Dans ce contexte, les réactionnaires en tout genre sont de sortie. Ainsi, un projet de réforme constitutionnelle propose la création d’une garde nationale composée de militaires qui aura pour mission d’effectuer des tâches traditionnellement effectuées par les policiers. Cette initiative, du sénateur de droite Jorge Larrañaga été tranchée par référendum et la réforme à été rejetée par 54% de voix contre. La question se retrouve aussi, de fait, au centre du débat présidentiel.

Le Pérou – Crise politique au sommet de l' état

 Au Liban OCTOBRE 2019-Au Liban, la mise en place de taxes sur l'essence, le tabac, et surtout l'utilisation de la messagerie gratuite Whatsapp (prisée pour les appels à l'étranger), ont été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. En manifestant tous ensemble des les rues du pays, les manifestants ont remis en cause les divisions confessionnelles grâce auxquelles le pouvoir s'était maintenu jusque là.

En Algérie-

C’est l’éruption des travailleurs algériens sur le front de la lutte sociale et économique  qui a contraint l’armée à changer son fusil d’épaule, afin de neutraliser les mouvements de grève menaçant l’ordre établi. Aussi, pour désamorcer le mouvement de contestation social en voie d’exacerbation subversive, le pouvoir, désormais directement  assuré par l’État-major de l’armée en raison de la menace d’insurrection  sociale, a préféré préventivement accéder aux revendications des travailleurs entrés massivement en lutte.  Les médias ont délibérément éludé ce soulèvement larvée  ouvrier, préférant focaliser leur attention politiquement orientée sur les défilés pacifiques de l’inoffensive « société civile » hétéroclite, devenue célèbre pour ses routinières interminables parades hebdomadaires.

En Irak- Les manifestations contre la corruption, le chômage et pour des services publics avaient commencé le 1er octobre 2019. Après un calme temporaire du fait de la répression ou plus de 200 personnes ont été tués dont 70 depuis vendredi dernier. On compte plus de 8000 blessés. Le mouvement a repris la rue en force. Les forces de sécurité irakiennes tirent à balles réelles sur les manifestants, ils les frappent et mutilent avec des méthodes barbares. Certains manifestants ont été tués à la suite de tirs de projectiles de gaz lacrymogènes directement au visage ou sur la tête à bout portant. Des scènes littéralement de guerre avec l’armée, la police et les milices soutenues par l’Iran tirant à balles réelles sur la foule circulent sur les réseaux sociaux.

Haiti-



 28 septembre 2019

 Des milliers de manifestants qui réclament le départ du président haïtien Jovenel Moïse ont attaqué vendredi divers commerces et des bâtiments gouvernementaux un peu partout à travers le pays.

Dans la capitale Port-au-Prince, des centaines de partisans de l'opposition ont mis à sac un poste de police qui sert de base à une unité tactique. Ils ont transporté du mobilier de bureau, des gilets pare-balles en Kevlar et des munitions dans le bidonville de Cité Soleil. Un bureau de location de voiture Avis et une succursale de Western Union ont été incendiés par les émeutiers.

Dans le quartier de Delmas, des maisons ont été la proie des flammes. Des groupes de manifestants ont lancé des pierres contre des policiers qui ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogènes. Une station de radio de la ville de Jacmel a annoncé que le palais de justice local avait aussi été incendié.

Nous disons à la population de Cité Soleil et à la population haïtienne de se lever pour renverser le gouvernement, parce que le président Jovenel Moïse ne fait rien pour nous. Il ne fait que nous tuer, a dit un manifestant, François Pericat. Selon lui, trois manifestants ont été abattus par les forces de l'ordre.

Les porte-parole du gouvernement n'ont pas rappelé Associated Press.

Tous les manifestants n'ont pas fait preuve de violence. Certains ont agité des branches de fougère en signe de paix.

Les dirigeants de l'opposition ont prévenu que la paix ne régnerait pas en Haïti tant et aussi longtemps que M. Moïse resterait au pouvoir.

Si Jovenel ne démissionne pas aujourd'hui, tout ce qui arrivera ne sera pas de notre responsabilité, a déclaré un des leaders de l'opposition, le sénateur Youri Latortue.

Haïti a été le théâtre de plusieurs manifestations depuis plusieurs mois en raison de la réticence du gouvernement à enquêter et à intenter des poursuites contre des alliés du président Moïse qui auraient détourné et gaspillé des milliards de dollars provenant d'un programme vénézuélien offrant à Haïti du pétrole subventionné.

Depuis trois semaines, les chefs de partis d'opposition ont envoyé des groupes de jeunes hommes dans les rues pour imposer la fermeture des commerces et des services publics. Les dirigeants de l'opposition ont juré que ces actions se poursuivraient pendant les week-ends. Sources :https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1321474/haiti-manifestations-jovenel-moise-emeutes-port-prince

 

Voir aussi-

Le Chili et le nouveau cycle de lutte des classes en Amérique latine

3 novembre | Les journées révolutionnaires au Chili constituent à ce jour le point culminant d'un nouveau cycle politique qui commence à traverser l'Amérique latine.

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23 octobre 2019

Lutter contre les dichotomies nationalistes, religieuses, régionalistes, ethniques, raciales

 Paru dans Echanges N°150

Hiver 2014-2015

ni_patrie_ni_religion

 

Depuis la fin du XXe siècle et le début du XXIe, nous assistons à des révolutions colorées et fleuries, parfumées à l’odeur de poudre, certaines dans la zone slave, d’autres, dans ce que les Américains nomment le Grand Moyen-Orient (notion adoptée par l’administration Bush en 2004).
Ces révolutions, même si elles ont un caractère social, sont systématiquement étouffées par des rivalités nationalistes, religieuses, régionalistes ou ethniques... avec pour porte de sortie la sainte démocratie des droits de l’homme et du citoyen. En réalité, l’émigration pour ceux qui peuvent, la misère et la crève pour ceux qui restent.
Ces révolutions impliquent des factions armées de part et d’autre par ceux qui veulent s’approprier des zones pour exploiter le pétrole, l’uranium ou autres sources de matières premières. Quant à l’implication de la Russie dans la guerre actuelle en Ukraine, il semble que, en sus de ses intérêts économiques, le gouvernement russe ne se résigne pas à devenir une simple puissance régionale. Dans cet océan de rivalités bourgeoises, le prolétariat n’émerge que très rarement ; dans les pays de l’OCDE, par exemple, il passe son temps depuis plusieurs décennies à tenter uniquement de défendre ses acquis et l’emploi qui s’amenuisent de jour en jour.
Paul Mattick (1904-1981) écrivait en 1968 à propos de ce cycle de luttes en ­Occident :

« (...) le réformisme suppose que le capitalisme soit réformable. Tant que celui-ci conserve ce caractère, l’essence révolutionnaire de la classe ouvrière demeure à l’état latent. La classe ouvrière cessera d’avoir conscience de sa situation de classe, et elle identifiera ses aspirations à celles de la classe dominante. Un jour cependant, la survie du capitalisme finira par dépendre d’un “réformisme à rebours” ; le système sera contraint de recréer les conditions qui ont conduit au développement de la conscience de classe et à la perspective d’une révolution prolétarienne. Lorsque ce jour viendra, le nouveau capitalisme ressemblera à l’ancien, et il se retrouvera de nouveau, dans des conditions changées, face à l’ancienne lutte de classe (1). »

    Cette période que Mattick caractérisait de « réformisme à rebours » touche à sa fin en Occident et il faut s’attendre à un renouveau de la lutte de classe.


  Au Proche-Orient, il y a ceux qui s’engagent dans des guerres bourgeoises, endoctrinés par le nationalisme et les rivalités religieuses. Ce n’est certes pas nouveau ni spécifique au Proche-Orient; il suffit de se référer, pour s’en convaincre aux divers massacres à Bakou (Azerbaïdjan) entre 1905 et 1918 (2).

Du fait des massacres en chaîne et répétés, il suffit pour une puissance étrangère impérialiste d’attiser ce feu pour que de nouveau tout s’enflamme. En 1905 les bolcheviks essayèrent dans le Caucase de calmer ces rivalités au sein du prolétariat, sans grand succès. En mars 1918, des Arméniens (chrétiens) vivant à Bakou massacrent des musulmans – en septembre, l’armée turque et des Azéris (habitants de l’Azerbaïdjan, chiites) massacrent les Arméniens de Bakou.


Mais il y a aussi ceux qui, sur plusieurs générations déjà, ont fui comme ils pouvaient le théâtre des guerres, formant d’importantes diasporas dans le monde, notamment les Arméniens, les Palestiniens, les Kurdes, les Juifs, les Iraniens, les Africains... Dans ces diasporas, nombreux sont ceux qui sont ou deviennent des prolétaires ; c’est le cas, par exemple, des Kurdes que les combats actuels en Syrie ont remis sur le devant de la scène. Ils seraient un million en Allemagne. Toutes ces diasporas n’ont de national qu’un passé lointain, culturel et linguistique essentiellement, qui tend à se dissoudre dans le capitalisme mondialisé.
Hannah Arendt (1906-1975) avait bien identifié ce phénomène migratoire de masse  de ce qui fut appelé des « minorités nationales », devenues apatrides à la suite de la première guerre mondiale et des différents traités de paix (4). Seulement, Arendt ne voyait pas ce phénomène comme une dissolution par le Capital des règles anciennes d’un nationalisme devenu impérialiste; elle y voyait un défaut de la démocratie que la Société des nations (SDN) ne savait pas prendre en charge.
Elle voulait que justice soit rendue aux peuples sans Etat ni nationalité. Elle pressentait bien cette explosion de populations déplacées que nous connaissons aujourd’hui, dont elle dresse un tableau intéressant mais n’y voyait qu’une question de droit, d’égalité en droit, alors qu’il s’agit avant tout d’une prolétarisation universelle, c’est-à-dire d’une expropriation/déportation de populations par la guerre.
En Europe
Ces migrations affectent toute la planète et ont pour causes de nombreux motifs; économiques (recherche d’un bien-être matériel), sociaux (fuite des zones de guerres) et politiques (fuite d’une dictature). Pour des raisons de place, je ne m’intéresserai ici qu’aux flux migratoires en direction de la « forteresse ­Europe ».
Nous savons d’expérience que la puissance de feu des bourgeoisies n’impressionne pas les populations surnuméraires dans le monde qui, pour survivre, s’attaquent à la forteresse Europe, et posent par leur seule présence un danger « sécuritaire » qui déborde maintenant les structures mêmes de la société capitaliste. Ces populations ne craignent pas la mort ; elle fait partie de leur quotidien depuis longtemps.
Ces mouvements migratoires affectent d’ailleurs aussi des Européens : nombreux sont ceux obligés de faire leurs valises pour chercher du travail ailleurs, qu’ils viennent d’Europe du Sud (Grèce, Espagne, Portugal, Italie) ou d’Europe centrale. En ce début du mois de janvier 2015, des prolétaires de Bosnie-Herzégovine ont été contraints de demander asile à la Croatie, victimes d’une série de faillites d’entreprises comme Aida, Dita, Konjuh et Livnica. Après une longue marche, ils ont finalement été refoulés au poste frontière d’Orašje.
Voilà le résultat de la guerre dite de Bosnie qui opposa de 1992 à 1995 Serbes, Musulmans et Croates : la population de Bosnie-Herzégovine a chuté de 600 000 personnes en conséquence des massacres et de l’émigration massive dus à la folie nationaliste.
De même pour les événements en Libye, Tunisie, Egypte, Syrie... Le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », leitmotiv de Lénine et de Woodrow Wilson en faveur de l’indépendance des colonies, finira après deux guerres mondiales par un partage entre les deux super-puissances qui est battu en brèche depuis l’implosion de l’URSS. Comme disait François Mitterrand : « Il faut revoir les accords de Yalta. » C’est ce qui se passe depuis le démembrement de l’ex-Yougoslavie et les guerres dans les Balkans (300 000 morts) (5).


Durant ces guerres, nous avons vu certains groupes gauchistes et libertaires soutenir l’UCK au Kosovo et aller jusqu’à demander à l’Etat français d’armer ces « libérateurs ». Actuellement, l’OTAN est à l’offensive et les lobbies pétroliers, financiers et militaristes jouent la déstabilisation des Etats, leur morcèlement, leur régionalisation, afin de pouvoir exercer un contrôle plus centralisé mondialement (6). C’est en tout cas ce qui me semble transparaître au niveau occidental. Je ne vois que quatre grand Etats à résister actuellement à cette offensive conjointe de l’OTAN et des milieux d’affaires : la Chine, la Russie, l’Iran et le Brésil – suivis dans une certaine mesure par plusieurs pays latino-américains.
Tous ces Etats sont bien entendu capitalistes et les différents camps ne représentent que la concurrence entre eux, où tous les arrangements, comme en Ukraine, peuvent se faire en haut lieu. Il se dit actuellement que les Etats-Unis se désengagent en Ukraine suite à un échange entre Obama et Poutine concernant Cuba qui ouvrirait ses réserves pétrolières et minières aux entreprises américaines. La Grèce se tournerait vers les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), c’est-à-dire la Russie. Toutes les combinaisons et tractations secrètes entre Etats et groupes d’Etats sont possibles et c’est dans ce cadre, qu’une fois de plus, la question kurde refait surface.


La question du nationalisme kurde


On ne saurait traiter la question du nationalisme kurde sans considérer que toute question nationale est close depuis la première guerre mondiale. Dès Le Manifeste communiste de 1848, Marx indique que, comme le prolétariat doit en finir avant tout avec sa propre bourgeoisie, cette lutte revêt une forme nationale, bien que sur le fond il ne s’agisse pas d’une lutte nationale puisque le prolétariat n’a pas de patrie et que son objectif est d’abolir l’exploitation de l’homme par l’homme, seule manière d’abolir l’exploitation d’une nation par une autre.
La question nationale n’a plus, depuis longtemps, d’intérêt économique pour le capital devenu transnational. Dès qu’il l’a pu, le capital national a rejeté les béquilles du monopole féodal que lui avait délivrées l’Etat, s’est émancipé et est parti à la conquête du monde. Rosa Luxemburg eut le mérite, contre le wilsonisme et le léninisme, de s’opposer au « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », ce slogan séduisant qui visait à soutenir les mouvements nationaux en lutte contre le colonialisme. Et il n’est pas difficile de démontrer que les Etats-Unis et l’URSS allaient l’utiliser pour se partager le monde au détriment des anciennes puissances coloniales : l’Amérique aux Américains, telle était par exemple la doctrine du président James Monroe considérant que l’Amérique latine, tout juste émancipée de la tutelle espagnole, devait tomber dans l’escarcelle des Etats-Unis.
Il est un peu plus difficile aujourd’hui de combattre l’idéologie des interventions militaires dites humanitaires de notre sainte démocratie; d’autant que cette idéologie se pare maintenant du drapeau d’une intervention contre d’affreux barbus obscurantistes, levier bien plus puissant pour obtenir l’adhésion des populations des nations guerrières.
Le jeu, nous le connaissons , c’est celui du Capital qui n’ayant comme patrie que l’argent rapportant de l’argent, n’hésite pas à fomenter des guerres ni à alimenter les deux camps adverses en armes et en carburant, les yeux fixés sur les indices boursiers. Par exemple, durant la première guerre mondiale, la Standard Oil de Rockfeller (actuellement Exxon-Mobil) avait le contrôle de l’approvisionnement en pétrole en Allemagne (7) et en France. Georges Clemenceau n’avait plus de « tigre dans son moteur » pour poursuivre la guerre et dut négocier avec la Standard Oil la livraison de pétrole ; ce qui lui fera dire : « une goutte de pétrole vaut une goutte de sang (8). »
De même durant la montée de Hitler au pouvoir, il est bien connu que celui-ci fut soutenu par Ford et bien connu que l’entreprise allemande Krupp alimenta les deux camps, et que ses usines ne furent pas bombardées par les alliés.
Nous pourrions écrire un dictionnaire sur ce genre de collaboration, qui vise à se débarrasser des crises par la guerre en faisant se battre les populations les unes contre les autres.
Certains qualifient à cet effet Daesh d’organisation islamo-fasciste (9) lui conférant un rôle d’épouvantail et d’agent du capital ; il est l’excrément obscurantiste produit par l’Otan et Israël qui, curieusement ne sont pas inquiétés par le monstre et vice-versa, l’ennemi commun étant l’Iran. Le monstre n’a pas perdu son temps : il s’est approprié des puits de pétrole pour son propre compte et viserait maintenant ceux du Kurdistan, en fait la relation intime entre Barzani et Israël via un Etat-croupion kurde, ami et allié d’Israël. Daesh, conséquence de l’invasion de l’Irak par les troupes de l’Oncle Sam en 2003, semble ne pas vouloir abattre Bachar Al-Assad, au moment où Obama lâchait l’initative franco-sioniste contre ce même Bachar Al-Assad. La Russie a, elle aussi, son islamiste radical, le Tchétchène Ramzan Kadyrov, qui met à la disposition de Vladimir Poutine un régiment spécial pour en découdre avec Daesh, considéré par Ramzan Kadyrov comme un agent de l’Occident.
Les Kurdes qui sont encore au Kurdistan, pour la plupart des paysans pauvres n’ayant pu fuir les combats, se trouvent pris en tenaille. Le prolétariat kurde est de par son importante diaspora, notamment en Turquie et en Allemagne (10), « dénationalisé », apatride, voire regroupé dans un communautarisme de parti comme le PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan côté turc.
Les événements politiques, guerres et émeutes, des dernières décennies ont poussé des millions d’êtres humains vers l’émigration. Les Kurdes sont de ceux-là, se réfugiant à Istanbul (3 millions de Kurdes), Izmir, Adana, Mersin en Turquie, Bagdad en Irak, ou Téhéran et Tabriz en Iran au point que près du tiers des Kurdes vivent actuellement en dehors du Kurdistan. D’autres, prolétarisés dans un premier temps en Turquie, sont passés en Allemagne (11), notamment à Hambourg, une ville portuaire où vivent et travaillent 35 000 Kurdes. Ce n’est pas un hasard si eurent lieu dans cette ville de violents affrontements avec les islamistes. Comme le disait en son temps Rosa Luxemburg : « Ne volera plus jamais, qui aujourd’hui n’a pas volé (12) » le nationalisme kurde est, de fait, mort-né  Il n’a pas plus d’espoir d’exister que les nations indiennes d’Amérique du Nord. Le combat du prolétariat kurde est ­universel.
Gérard Bad,
janvier 2015

 NOTES

(1) Paul Mattick, « Le nouveau capitalisme et l’ancienne lutte de classes » (1968) repris dans le recueil Le Marxisme hier, aujourd’hui et demain (éd. Spartacus, 1983).
(2) Voir E. L. Keenan, « Remarques sur l'histoire du mouvement révolutionnaire à Bakou, 1904-1905 », Cahiers du monde russe et soviétique, 1962, vol. 3 n°3, accessible sur www.persee.fr/ web/revues/home/prescript/ article/cmr_0008-0160_1962_num_3_2_1505

 (3) Hanna Arendt, Les Origines du totalitarisme, t. 2 L’Impérialisme, éd. Fayard.

 (4) A la fin de la première guerre mondiale, les nouvelles frontières répartissent les Kurdes dans quatre pays (Irak, Iran, Syrie, Turquie). Les premières cartes du Kurdistan ont été dressées en 1919, par un envoyé kurde sur la demande de la Société des Nations (les articles 62 et 64 du Traité de Sèvres signé par le sultan et les Puissances prévoyaient un Kurdistan autonome voire indépendant et une Arménie indépendante).

(5) Guerre en Slovénie (1991), connue sous le nom de « guerre des dix jours » ; guerre en Croatie (1991-1995) ; guerre en Bosnie (1992-1995) ; guerre au Kosovo (1998-1999).
(6) François Thual, La Planète émiettée. Morceler et lotir, un nouvel art de dominer, éd. Arléa, 2002.

 (7) L’Allemagne en plein développement industriel avait conscience du rôle stratégique du pétrole pour l’indépendance énergétique du pays. A cette époque (1912), l’Allemagne dépendait pour ses approvisionnements de la Rockfeller Standard Oil Company. La Deutsche Petroleum Verkaufsgesellschaft (Société allemande de vente du pétrole), la branche allemande de la Standard Oil, contrôlait 91 % des ventes de pétrole à l’Allemagne. Actionnaire à 9 % de la Deutsche Petroleum Verkaufsgesellschaft, la Deutsche Bank ne pesait pas lourd.
(8) La citation exacte est : « Il faut que la France combattante (...) possède l’essence aussi nécessaire que le sang dans les batailles de demain », d’après Pierre Fontaine, L’Aventure du pétrole français, Nouvelles Editions latines, 1967, p. 42, consultable sur
http://books.google.fr/books/about/L_aventure_Du_Petrole_Francais.html?id=BNHRrfUWYWQC&redir_esc=y

 (9) Il n’y a aucun rapport entre l’islamisme et le fascisme, ni d’un point de vue économique, ni d’un point de vue social.
(10) En matière économique, les Kurdes sont notamment présents en France dans le secteur du bâtiment, de la confection et de la restauration. Leur communauté compte aussi de nombreux artistes (musiciens, peintres, cinéastes...).
(11) Selon Le Monde du 15 décembre 2004, il y aurait 2 375 000 Turcs en Allemagne, dont 1 million de Kurdes d’après l’Association des Kurdes d’Allemagne (KGD)
(12) « C'est aujourd'hui la nuit de Walpurgis sur le Brocken [montagne où se serait déroulée la nuit de Walpurgis] nationaliste.
“Sur un balai, sur un bâton
Ne volera plus jamais, qui aujourd'hui n'a pas volé*.”
Mais le nationalisme n'est qu'une formule. La substance, le contenu historique qu'elle couvre est aussi divers et ramifié qu'est creuse et pauvre la formule d’“autodétermination nationale” qui le cache. »
(Rosa  Luxemburg, Fragment sur la guerre, la question nationale et la révolution, 1918)
* Citation du “chœur des sorcières” dans le Faust de Goethe.

 

 

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16 octobre 2019

INFOBREF N°531-insecurité sociale,

INFOBREF N°531

Belgique: Rassemblement demain contre l’interdiction des symboles communistes

Le Parti Communiste de Belgique appelle à un rassemblement devant le parlement européen à Bruxelles, demain mercredi, pour manifester contre la résolution qui assimile fascisme et communisme et interdit les symboles communistes (voir nos articles ici et ici).  Rassemblement mercredi 16 octobre à 17h30 devant le Parlement européen, place du Luxembourg. Le Secours rouge répondra à cet appel.



La (dé)mondialisation du commerce des déchets plastiques : enjeux et perspectives Édito Énergie, septembre 2019

Depuis 1964, la production mondiale de plastique a été multipliée par 23 pour atteindre 348 millions de tonnes en 2017.

Ce niveau de production devrait doubler au cours des 20 prochaines années, principalement en raison de la forte croissance de la consommation de plastique dans les pays en développement. Aujourd'hui, la Chine est le plus grand producteur de plastiques (représentant près de 30 % de la production mondiale) et l'Union européenne (UE) arrive en deuxième position (18,5 %) avec 64 millions de tonnes.

Ce contenu est disponible en anglais: (De)globalization of International Plastic Waste Trade: Stakes at Play and Perspectives



INSECURITE SOCIALE

Ouverture d'une enquête après la mort d'une femme pas prise en charge par le Samu

Cette femme de 60 ans avait été retrouvée morte dans son lit après un arrêt cardiaque, alors que son employeur avait appelé les secours pour signaler des douleurs à la poitrine.

Elle appelle le Samu qui n'envoie pas d'ambulance, elle meurt ...

 

www.francesoir.fr › Société › Faits Divers

10 mai 2019 - L'affaire n'est pas sans rappeler le cas de Naomi Musenga qui n'avait ... ouverte après la mort d'une personne, le Samu n'est pas intervenu.

Ouverture d'une enquête après la mort d'une femme pas prise ...

 

https://www.huffingtonpost.fr › entry › samu-mulhouse-justice-enquete_fr...

Il y a 21 heures - PATRICK HERTZOG / AFP Mi-juin, une sexagénaire est mort à la suite d'une crise cardiaque, et ce alors que le Samu n'est pas intervenu ...

Décès d'une nonagénaire à Paris : le Samu n'est pas ...

 

https://actu.orange.fr › france › deces-d-une-nonagenaire-a-paris-le-samu-...

3 oct. 2018 - Décès d'une nonagénaire à Paris : le Samu n'est pas intervenu,. Un véhicule du Samu le 14 novembre 2015 à l'hôpital Saint-Antoine à Paris.

Elle accuse le Samu de ne pas être intervenu - France 3 ...

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr › centre-val-de-loire › 2014/10/14

14 oct. 2014 - Catherine Cavanna a porté plainte contre le Samu de Blois. ... Je lui dit qu'il n'y a pas de médecin à Mondoubleau pour intervenir à cette heure …

 

Manifestation à Paris « Les retraités réclament justice ! »

https://paris.demosphere.net/rv/72747

Trajet / parcours : Départ 14h30 de Montparnasse en direction des Invalides

Pour l'augmentation des pensions, tous en action le 8 octobre !

CGT, FO, CFTC, CFE-CGCn FSUn Solidaires, FGR-FP, LSR, UNRPA

« Le pouvoir d'achat des retraités en chute libre depuis 25 ans » !

C'est l'instance officielle Conseil d'Orientation des Retraites qui l'affirmait en 2017. Depuis, en 2017/2018, Emmanuel Macron a foncé tel un rouleau compresseur et a écrasé nos pensions par deux mesures complémentaires, le gel des pensions et l'augmentation de 25 % de la taxe CSG. Pendant le même temps, il supprimait l'ISF et la France devenait championne d'Europe de la distribution des dividendes !

Emmanuel Macron a été stoppé par les fortes mobilisations des retraitées et retraités,

jusqu'à 200 000 dans la rue à l'appel de nos 9 organisations, et souvent la moitié des présences sur les ronds-points tenus par les gilets jaunes.

Emmanuel Macron a cédé en trois fois sur une partie de nos revendications :

annulation de l'augmentation de la CSG en 2019 et fin du gel des pensions en 2020 … mais seulement pour une partie des personnes en retraite, pas pour les célibataires ayant plus de 2 000 €, les personnes en couple à plus de 1 500 €, qui cumulent tous les coups et les coûts …

Il promet le retour à une revalorisation des pensions pour tout le monde en 2021, ce qui n'empêchera pas la baisse du pouvoir d'achat des pensions contrairement à l'indexation des pensions sur les salaires que nous demandons.

Nous connaitrons bientôt l'évolution de nos pensions et l'ampleur des reculs du Président Emmanuel Macron :

tout sera le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2020 que le Parlement votera en fin d'année.

Le Président Emmanuel Macron tiendra-t-il ses promesses ? On se souvient que le candidat Emmanuel Macron s'est fait élire par les retraité-e-s en affirmant « Avec moi, le pouvoir d'achat des retraités sera préservé … ».

Le 8 octobre,

soyons des centaines de milliers dans la rue, pour que le gouvernement décide enfin de maintenir notre pouvoir d'achat, de rattraper tout ce que nous avons perdu depuis 2013. C'est possible, nous avons déjà fait un peu céder le gouvernement, il nous faut continuer.

Les retraité-e-s ont raison d'être inquiets :

  • Le déremboursement des médica-ments coûte cher aux retraité-e-s qui en consomment plus que la moyenne. Le 0 % de certaines lunettes et certains appareils auditifs, c'est bien, mais il sera payé par l'augmentation des mutuelles, alors que nous ne bénéficions pas de la participation des employeurs, et que le prix de cette mesure risque de se répercuter les cotisations.

  • Les moyens aux collectivités locales diminuent (fin de la taxe d'habitation) ce qui va accélérer la disparition des services publics de proximité dont nous avons tant besoin chaque jour, et aussi augmenter les taxes foncières et d'enlèvement des ordures ménagères.

  • De plus en plus, internet devient obligatoire, y compris pour prendre rendez-vous chez un médecin. Les services publics doivent être entièrement dématérialisés en 2022, comment faire sans ordinateur (une personne sur cinq, souvent âgée) ?

  • Une réforme des retraites arrive et nous concerne directement, le Haut Conseil à la réforme des retraites veut bloquer la part des pensions dans les richesses créées (13,8 % du PIB) alors que 150 000 personnes de plus touchent une pension chaque année. La même part à se partager entre plus de monde, c'est moins de pension pour chacun !
    Pire, le gouvernement veut réduire les dépenses de pension d'ici le 1er janvier 2025, jour de l'application de la réforme !

Nous avons ouvert la brèche, manifestons tous ensemble pour :

  • La suppression de la hausse de la CSG et la fin du gel des pensions pour toutes les retraites et pensions, avec rattrapage des pertes subies au 1er janvier 2020.

  • La revalorisation de toutes les pensions en fonction de l'évolution des salaires.

  • Un minimum de pension à hauteur du SMIC pour une carrière complète.

  • Le maintien et l'amélioration des pensions de réversion.

  • L'embauche immédiate de 40 000 personnes comme le demande le personnel des EHPAD et des soins à domicile. La prise en charge de la perte d'autonomie à 100 % par la Sécurité sociale et l'ouverture d'un droit universel dans le cadre d'un grand service public de l'aide à l'autonomie.

Israel Aerospace et Airbus associés dans un contrat de fourniture de drones militaires d’un milliard de dollars

16 juin 2018

Israel Aerospace Industries a annoncé la signature d’un contrat de 600 millions de dollars avec le groupe Airbus pour la fourniture en leasing pendant neuf ans de drones de type Heron TP au Ministère allemande de la Défense. En fait, ce contrat est un des éléments d’un programme de drones s’élevant à  ±895 [...]

14/10/2019

Bruxelles: Enquête suite aux violences policières de samedi

Une enquête a été ouverte au sein de la police de Bruxelles à propos des méthodes utilisées par les forces de l’ordre pour faire évacuer la place royale que les manifestants d’Extinction Rebellion occupaient, samedi en fin de journée (voir notre article). Le porte-parole de la police de Bruxelles-Capitale-Ixelles reconnait qu’“Il y a eu l’usage de spray lacrymogène qui n’était clairement pas conforme aux directives.” Cela fera l’objet d’une enquête à rendre à Philippe Close. Il faut dire que cette fois-ci, la police a maltraité quelques notables, ainsi Olivier de Schutter, professeur d’université et ancien rapporteur de l’ONU, gazé au visage par un gradé (il porte l’insigne d’inspecteur principal) alors qu’il interpellait pacifiquement un policier.

 

Video gazage des pompiers à Paris

 https://youtu.be/Xlo7tk-1Kio?t=6

 

pompiers_2019

 

 

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10 octobre 2019

La grève générale secoue l'Equateur- Par Michael Otto et Zoila Ramirez

8 octobre 2019

7 octobre 2019 - Le soutien à l'appel à une grève générale en Équateur a augmenté rapidement ces derniers jours, amenant le pays au bord d'un changement de gouvernement.

Crédit: Telesur

La dernière recrudescence de la lutte de masse a commencé après que le président impopulaire Lenín Moreno ait publié, le 1er octobre, un décret mettant fin aux subventions accordées au diesel et à l'essence supplémentaire à l'éthanol, carburants utilisés pour presque tous les véhicules. Moreno a agi de la sorte suite aux exigences du Fonds monétaire international concernant l'octroi d'un prêt à l'Équateur. Depuis le 2 octobre, des milliers de citoyens de tous les milieux sont descendus dans les rues de nombreuses villes et villages équatoriens chaque jour.

La mobilisation massive qui se déroule actuellement dépasse de loin les deux jours de grève nationale des camionneurs, chauffeurs de bus et de taxis, qui ont eu lieu les 3 et 4 octobre. Cette grève en soi a paralysé le pays dans la tentative infructueuse des syndicats du transport de sauver la subvention vieille de plus de quatre décennies.

Le gouvernement national a suspendu les cours les 3 et 4 octobre, ce qui a ajouté du poids aux manifestations. Le 3 octobre, Moreno a imposé un état d'exception qui, pour les 60 prochains jours, a annulé les libertés de réunion et d'association (sans mentionner le droit constitutionnel de résistance). L'état d'exception a également permis à Moreno de fuir son palais présidentiel de Quito vers la base militaire de Guayaquil.

L'Assemblée nationale n'est pas en session et les gens ne savent pas qui dirige le gouvernement. Les habitants de tout le pays continuent de défier les ordres du président.

Le 7 octobre, Reporters Latino Américain a rapporté: «47 membres de l'armée ont été arrêtés [par la population] après avoir utilisé des bombes lacrymogènes pour attaquer les habitants de la communauté de Tixan, dans le canton de Clausí, dans la province de Chimborazo.

Les dirigeants de la Confédération des nationalités autochtones de l'Équateur (CONAIE) et du Front ouvrier unifié (FUT) ont annoncé le 9 octobre une grève nationale des activités. Il est significatif que ces deux groupes aient soutenu le président il y a 20 mois faire passer un référendum réactionnaire et rompent maintenant avec lui.

La grève à Ibarra et Imbabura

Ibarra est une ville de 300 000 habitants, située à environ 160 km au nord de Quito, la capitale.

Le 4 octobre, le jeune chef Christian Pabon devant l'obélisque d'Ibarra a déclaré: "Nous protestons en paix et ils nous jettent les chevaux."

Christian Pabón, dirigeant de l'aile jeunesse de la Revolución Ciudadana (Révolution citoyenne), a parlé avec passion de l'obélisque d'Ibarra le 4 octobre:

«Cette lutte est la réponse du peuple à la déclaration faite par Lenín Moreno il y a quelques jours, une déclaration qui va conformément au cahier des charges décrété par le FMI. Nous réagissons parce que ces mesures économiques présentées par Lenín Moreno diluent totalement nos droits, une conquête historique des droits de l’homme qui a été réalisée [par la lutte].

«C’est vraiment l’expression du peuple. Nous sommes ici de manière pacifique, le cœur passionné, le poing en l'air. Nous voulons que le gouvernement tombe, oui. Mais nous avancerons sans violence. C'est dur; c'est toujours avec la révolution. Dans la tête et dans le coeur.

«Nous protestons en paix et ils jettent les chevaux sur nous… ils nous tirent des plombs… ils nous tirent des bidons d'essence sur notre corps… la seule chose que nous ayons, c'est notre voix, nos cris, nos pensées… lorsque l'agression est trop forte. beaucoup nous ramassons des pierres… pierres contre balles, ce n’est pas juste.

Pame Aguirre, membre élu du Parlement des Andes, a tweeté: «#MovilizacionNacional À Imbabura [province au nord de Quito, la capitale], plus de 10 000 personnes protestent pour leurs droits. Le gouvernement dira que ce sont des clochards, mais en réalité ce sont des pères, des mères, des étudiants, des enseignants, des marchands, des peuples autochtones, des citoyens ordinaires frappés par le #paquetazo »[« l'offre spéciale »du FMI; voici un hashtag pour un fil Twitter moquant du régime de Moreno].

Ces journalistes se sont entretenus avec José Jácome, chef de file de vendeurs indépendants organisés en 22 associations sur le marché Amazonas d'Ibarra. Jácome a dirigé le 5 octobre une marche de protestation rassemblant environ 100 vendeurs appartenant à la classe ouvrière précaire et informelle.

Jácome leur a dit que la hausse des prix du carburant «ne concerne pas seulement les travailleurs des transports, mais l’ensemble de la population équatorienne, car lorsque le coût du carburant augmente, tout augmente - le coût de la nourriture, des marchandises et du transport des étudiants. ”

À compter du 7 octobre, WhatsApp était utilisé pour coordonner les actions à Ibarra et dans la province.

Comparez avec le début des années 2000

Le soulèvement spontané d’aujourd’hui est inévitablement comparé aux mobilisations qui ont renversé sept présidents au cours des turbulentes années de crise précédant la révolution des citoyens de Rafael Correa (2007-17). Néanmoins, les gens dans les rues d'Ibarra disent qu'ils n'ont jamais rien vu de tel.

Aury Cotocachi a rapporté ce matin sur Radio Pichincha Universal que toutes les communautés autochtones de la province d'Imbabura (dont Ibarra est la capitale) se sont mobilisées pour se joindre à ce qui est en train de devenir une grande grève nationale: un véritable «Paro Nacional».

Il est difficile de dire depuis Ibarra si les habitants des 23 provinces équatoriennes sont en mouvement. Le gouvernement lui-même reconnaît que des routes sont bloquées dans cinq provinces, dont Tungurahua, Chimborazo et Azuay. Radio Pichincha a rapporté ce matin qu'un groupe autochtone important était en marche dans la province de Cotopaxi, alors que la police se mobilisait pour les empêcher de fermer un important tronçon de la route panaméricaine au sud de Quito.

La grève des transports est officiellement terminée et les transports en commun sont redevenus normaux à Guayaquil et à Quito, mais Ibarra et d’autres villes restent totalement fermées. Les cours sont suspendus ici à Ibarra pour le troisième jour. Les enseignants disent qu'ils vont dans les rues le 7 octobre.

La police militaire a été arrêtée par des peuples autochtones dans la province de Cotopaxi et dans la ville voisine d'Ibarra, Otavalo. En effet, les communautés autochtones ont déclaré leurs propres États comme des exceptions.

Le rôle de Moreno

Moreno a été élu en 2017 en promettant une continuation de la révolution citoyenne menée par Rafael Correa. Il a trahi ces promesses et, depuis 28 mois, il a imposé des décisions néolibérales renversant presque tous les gains progressifs des 10 années précédentes. Les médias procapitalistes défendent sans relâche le mensonge majeur selon lequel le gouvernement de Correa était corrompu et bureaucratique, gaspillant les revenus pétroliers et plongeant l'Équateur dans une crise de la dette. Se servant de cet argument fallacieux, Moreno a supplié le FMI d'obtenir des milliards de prêts pour compenser les milliards d'impôts qu'il exonérait des riches.

De plus en plus de gens dénoncent Moreno pour avoir suivi les consignes du FMI en imposant l'austérité, en supprimant le droit des travailleurs à un emploi stable à temps plein et en poursuivant son objectif ultime de privatiser les ressources du pays. Le FMI est détesté en Amérique latine pour avoir favorisé la pauvreté, le chômage et le sous-développement.

La pauvreté a fait son retour après un long recul au cours des années Correa. Vous voyez maintenant des femmes âgées qui mendient dans les rues, des familles sans-abri et des couples dormant dans les parcs d'Ibarra. Les retraités sans avantages sociaux, qui percevaient une somme mensuelle appelée «bono», ont été coupés des pensions dans les communautés autochtones près d'Ibarra. Un enseignant dit qu'ils paient de leur poche pour maintenir le programme de petit-déjeuner pour les enfants pauvres.

Un chant souvent exprimé dans les manifestations militantes peut être traduit par «Lenín Moreno, un traître hypocrite, le peuple vous rejette dans tout l’Équateur». Telesur et les médias internationaux ont statistiquement raison de dire que moins de 30% de la population soutient Moreno, mais les sondages indiquent que seulement 12% des gens lui font confiance.

Tous les peuples se sont finalement levés - après deux longues années de petites manifestations dans diverses régions du pays (la plus récente dans la province de Carchi) - pour exiger l'éviction de Moreno et la fin de son régime réactionnaire.

L'avenir est inconnu. Les différences entre les peuples, tant politiques que régionaux, doivent être surmontées si les mouvements sociaux fractionnés vont s'unir pour forger un nouveau parti progressiste libre du sectarisme qui sévissait dans le pays alors même qu'il progressait alors que Correa était président.

Les gens ici doivent suivre quotidiennement l'évolution de la situation en Équateur, car la Confédération des nationalités autochtones de l'Équateur appelle à une Paro Nacional (grève nationale) le 9 octobre, à laquelle tous les secteurs sociaux répondront probablement. différences.

(Un contingent de peuples autochtones se rend à Quito, avec 20 000 personnes attendues le 8 octobre.)

(Photo: Michael Otto)



 

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02 octobre 2019

L'Insécurité sociale en marche

L'Insécurité sociale en marche

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300 milliards d' euros pour les armées avant 2025:

les chômeurs paieront

les retraités paieront, nouveau missile contre la réversion

les classes moyennes paieront

les jeunes paieront

le salariat attend d' être viré par la numérisation...

 

Alors que le budget des armées s' envole, qu'un nouveau corps d' armée est mis en place pour surveiller l' espace et autre, coût de l' augmentation du budget 300 milliards d' euros d'ici 2025. L' Etat Macron saigne les chômeurs après avoir éborgné nombre de Gilets Jaunes qui luttent justement contre la précarité.

 Rien pour l' hôpital public1, rien pour lutter contre les déserts médicaux et l' approvisionnement en médicaments. C 'est normal il y a trop de vieux, alors le gouvernement veut les accompagner ( un terme que l' état utilise faute de pouvoir régler les problèmes) vers la sortie. Quand il y a des médicaments c'est l' affaire du Médiator qui leur pète à la gueule. Par contre on veut supprimer l' homéopathie, on impose les vaccinations.

Pour les vieux, la macronie voulait en finir avec l' avantage fiscal de l' emploi à domicile (pour le ménage le repassage le jardinage), devant l' indignation générale Édouard Philippe a demandé à la ministre du travail Muriel Pénicaud de revoir sa copie. Mais pour matraquer les chômeurs, elle a le feu vert du gouvernement Macron.

Tout va bien, en macronie, nous avons appris que le 19 août 2019 disparaissait un septuagénaire de 73 ans atteint d’Alzheimer, entré à l' Hôpital à Marseille il sera retrouvé mort au bout de 15 jours.

L'Hôpital est lui aussi atteint d'Alzheimer incapable de se souvenir ou le patient a été mis.

 Hôpital mouroir

 Gros titre dans la presse « Une femme meurt aux urgences après avoir passé 12 heures sans voir de médecin » jusqu' à la prochaine. Chaque fois tout un attirail juridique , d' enquêteurs bidons, d' accompagnateurs du désastre sanitaire de France est mis en place pour vous dire ;

 « Que s'est-il passé aux urgences de l'hôpital Lariboisière, dans le 10e arrondissement de Paris, où une femme d'une cinquantaine d'années est morte 12 heures après son admission? Plusieurs enquêtes ont été ouvertes mercredi par les autorités sanitaires et judiciaires. Le parquet de Paris a ainsi confié une enquête "en recherche des causes de la mort" à la police judiciaire, selon une source judiciaire citée par l'AFP. L'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) a indiqué mercredi à Franceinfo que le décès était sans doute lié aux conditions d'accueil des urgences de l'hôpital Lariboisière. »

 Le figaro.fr déjà titrait en mars 2018

Mort d'une septuagénaire aux urgences : un rapport dénonce un «manquement» du CHU de Reims

« Au mois de mars, une femme de 73 ans est décédée d'un arrêt cardiaque après avoir attendu plus de deux heures aux urgences du CHU de Reims. Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait demandé qu'un rapport d'expertise soit réalisé. Un pré-rapport finalisé le 2 octobre, et que L'Union , Franceinfo et l'AFP ont pu consulter, conclut que la patiente n'a «bénéficié d'aucune prise en charge» et pointe un «manquement» et «un problème d'organisation» du service. » 

Mort de Naomi : la justice enquête, l’opératrice du Samu suspendue

« Le parquet de Strasbourg a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête préliminaire pour faire la lumière sur le décès fin décembre de Naomi Musenga, 22 ans, raillée par une opératrice téléphonique du Samu, elle-même suspendue par l’hôpital "à titre conservatoire". »

Et au suivant

Les urgences sont en grève depuis 5 mois,240 sur les 474 répartis sur tout le territoire. Pourquoi nous devons tous débarquer aux urgences, la cause principale remonte à 2002 quand le ministre de la santé a supprimé l'obligation de la garde des médecins en ville. Le résultat, est le suivant de 12 millions de passage aux urgences en 2002 nous passons à 23 millions fin 2019.

  Reversion de la retraite une égalité selon le lit de Procuste2

Jean-Paul Delevoye, notre Procuste des temps modernes, n'a pas hésité le 14 novembre, devant l' Assemblée nationale à vouloir réduire les pensions de réversion à leur minimum. Le nouveau calcul ne se ferait plus en fonction de la pension du défunt, mais selon un minimum dit « splitting » déjà utilisé dans de nombreux pays.

Dans le nouveau système, la compensation ne serait plus calculée en fonction des revenus du défunt, mais de ceux du vivant. L'objectif est avant tout de "maintenir un niveau de vie", a assuré Jean-Paul Delevoye.

Exemple : "Si monsieur gagne 2.000 euros et madame 4.000 euros, cela fait 6.000 euros pour le couple. On peut décider, en cas de décès, de maintenir le niveau de vie à 50%, soit 3.000 euros. Dans ce cas, si monsieur meurt, madame n'a rien, car elle touche déjà plus de 3.000 euros. Si madame meurt, monsieur touche 1.000 euros pour l'amener au seuil des 3.000 euros »

Selon leur régime, les veufs et veuves touchent aujourd'hui entre 50 et 60% de la pension de leur conjoint décédé.

Actuellement, dans le même cas de figure, et peu importe le montant de leurs revenus individuels, la femme pourrait toucher environ 1.000 euros, mais pourrait aussi bien ne rien toucher du tout, si son régime de retraite prévoit un plafond de ressources. L'homme, pour sa part, pourrait toucher jusqu'à environ 2.000 euros, mais là aussi, en fonction de ses conditions de ressources.

Sous couvert d'une égalité à la Procuste, c' est tout un pan de retraités qui va se trouver paupérisé pour que le capitalisme puisse continuer son expansion florissante. L'OCDE prédit que d'ici 2060, l'âge de la retraite augmentera en Inde jusqu'à 70 ans, et en Tchéquie jusqu'à 69 ans. Le record sera détenu par les Pays-Bas et le Danemark avec 71,5 ans et 72,5 ans respectivement.

le salariat attend d' être viré par la numérisation...

Il faut savoir, que le simple fait de consulter son compte bancaire et d'intervenir en procédant soi même avec son smartphone à des opérations que faisait au préalable le banquier entraîne des baisses d' effectif et des licenciements. Cela porte le nom d' économie collaborative, disons plutôt qu'il s' agit d'une manière de faire bosser gratuitement l' usager consommateur. La grande presse vient d' annoncer la suppression de 44 000 emplois dans les Banques et tout le secteur tertiaire est dans la même situation.

 en résumé

L' Etat Macron est un Etat de plus en plus totalitaire qui n' a rien à envier à ses confrères Poutine, Trump, Xi Jinping … Il fait parti de l' internationale capitaliste de l' exploitation des êtres humains, tous s' attaquent aux retraités et aux chômeurs aux pauvres et miséreux. Il mettent discrètement en place des mesures visant à en faire crever le plus possible tout en prétendant le contraire. Le désert médical n' est pas un accident, comme d' ailleurs le manque de médicaments, de personnel aux urgences...On accusait le Brexit d'être la cause de la pénurie de médicaments, mais ce n'est que le baratin habituel pour dissimuler la guerre aux pauvres, la guerre aux vieux et vieilles.

Aux dernières nouvelles au CHU de Nantes des agents se plaignent du Meopa, notamment utilisé pour soigner les grands brûlés. L’utilisation de ce médicament a été temporairement suspendu dans un service. Les agents ont des maux de tête puissants, vomissements, vertiges.

G.Bad

Note

2- Procuste, brigand de la mythologie grecque qui, étendant les voyageurs sur un lit trop court, leur coupait la partie du corps qui dépassait ; il fut tué par Thésée.

1Agnès Buzyn annonce « royalement » l'octroi de 750 millions d'euros pour soi-disant régler le problème. Pour les urgentistes, c'est notoirement insuffisant, et on les comprend, vu le recul social général, à l'hôpital comme ailleurs, mais ici avec des conséquences qui peuvent s’avérer parfois carrément fatales au patient.



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28 septembre 2019

Catastrophe sanitaire sur la Ville de Rouen: Lubrizol en cause

TÉMOIGNAGE. Le jour où il a plu de l’huile de vidange sur la ville de Rouen.

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27 septembre 2019

Nous recevons ce récit, que nous publions.

26 septembre 2019. Rouen rive droite. 4h du matin. Je sors dehors pour bercer ma fille, un nourrisson de deux mois. Elle a parfois besoin d’un bol d’air frais pour s’apaiser et se rendormir à nouveau. J’entends une détonation au loin. Je ne suis pas particulièrement alarmé mais je profite d’être réveillé pour aller jeter un œil sur les réseaux. Un ami vient de poster une vidéo de l’usine Lubrizol en flammes. Je vais sur twitter pour recouper l’information. France Bleu, Paris Normandie et tout un tas de badaux sont déjà sur place. L’information est véridique, l’une des usines aux productions les plus nocives du port rouennais part en fumée et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Je réveille ma copine pour l’informer. On ne parvient pas à se rendormir. On en discute rapidement on est tous les deux d’accord pour se dire que dans le doute, il faut s’éloigner de Rouen, genre maintenant.

« Si un jour ça explose dans ce coin là, Rubis, Petroplus ou Lubrizol, partez vite, partez loin. »

Si mes souvenirs sont bons, c’est au lycée qu’on vous apprend ce qu’est un site classé Seveso. Pour ceux qui ont grandi dans la région, le port rouennais en constitue l’exemple privilégié situé à seulement quelques centaines de mètres du centre-ville. On a tous en tête le professeur qui vous dit : « si un jour ça explose dans ce coin là, Rubis, Petroplus ou Lubrizol, partez vite, partez loin. »

Avec nos enfants en bas âges, et leurs poumons de la taille d’une balle de ping pong, on prend immédiatement nos dispositions. Pendant que l’un prépare quelques affaires en speed, l’autre réveille les colocataires. L’un d’eux, encore dans le « gaz », remet en doute l’urgence de la situation. Tandis que l’autre, dont le père a bossé dans cette usine, nous confirme la nécessité de partir.

Une communication gouvernementale affairée à gérer davantage sa « population » plus que la « catastrophe » elle-même

Mais par où ? A combien de kilomètres ? Impossible de se fier aux autorités. D’un côté on nous dit qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter, qu’il n’y a pas de toxicité aigu, mais de l’autre qu’il s’agit d’un site qu’ils ont classé eux même « Seveso seuil haut », qu’il est intégralement en train de brûler et d’exploser, qu’on ferme les écoles, et qu’on demande aux agriculteurs de rentrer le bétail. Une succession de paradoxes qui  laissent planer le doute sur la communication gouvernementale affairée à gérer davantage sa « population » plus que la « catastrophe » elle-même. Répéter qu’il n’y pas d’effets sanitaires immédiats sur la santé dans une telle situation constitue une mise en péril de masse. Cette communication inspire des impressions contradictoires qui vont d’un faux sentiment de sécurité à un fort sentiment de méfiance.

Bon, regardons le sens du vent, et partons dans l’autre sens. Des amis habitent au Sud de l’agglomération. Ils sont à quelques kilomètres seulement de l’épicentre, mais on fera étape là bas pour réfléchir davantage. D’autres amis nous y retrouvent. Nous ne sommes pas les seuls à prendre cette catastrophe au sérieux. Sur la route, de passage sur le pont Mathilde, on aperçoit l’immense et épaisse fumée qui s’échappe de l’usine. On peut ressentir sa densité, sa charge, comme une chape de plomb. Elle s’élève depuis la rive gauche et une fois la Seine passée, elle semble déjà retombée, comme pour caresser les hauteurs bourgeoises de la rive droite. Notre fils lui, y voit tantôt un arc en ciel, tantôt une tête de dragon.

Il pleut de l’huile de vidange sur la région

Milieu de matinée. On est donc plusieurs à se retrouver chez notre ami. On met en commun nos différentes informations sur la situation. On est branché sur twitter. Le hastag Lubrizol commence à chauffer. Les témoignages des premières retombées ne tardent pas : par ici l’odeur est prenante, les yeux démangent, on toussote, au nord la suie recouvre les jardins potagers et flotte à la surface des bassins de rétention. En gros, il pleut de l’huile de vidange sur la région.

On essaye d’y voir plus claire tout en ne cédant ni à l’urgence, au déni ou au fantasme apocalyptique. Plusieurs sources et notre bon sens nous incitent vivement à nous éloigner. On dresse la liste des points de replis possibles. On veut partir ensemble, mais les plans sont limités. Nous sommes une quinzaine. Il y a des nourrissons. On parvient finalement à se dispatcher dans des conditions qui conviennent à tous. Une majorité du groupe met le cap vers Dieppe.

L’expérience d’une migration intérieure

Nous, on part à Caen. Cela nous semble cohérent par rapport au vent et à la distance. Des amis y résident. Ils nous proposent dans un premier temps d’être hébergés au Marais, dans l’attente d’autres solutions. Le Marais c’est cet énorme squat ouvert pour les migrants (qui fuient l’Afrique pour la plupart) sans solution de logement. C’est une expérience particulière que celle de se retrouver à migrer… mais une migration intérieure, 2.0. Bon ça va, on a fait que 100 bornes,  en voiture et sans être traqués par la police. Mais peut-être aurait-il fallu des dizaines de Marais si davantage de rouennais avaient pris la mesure de la situation, ou si les autorités avaient daigné livrer quelques bribes de vérité.

Fin d’après midi. On prend des nouvelles de nos familles. Tout semble presque normal. Une sœur maintient sa sortie au théâtre, mais avec un masque. Une autre sœur a bu des coups en ville. Il paraît qu’on voyait presque plus le nuage de fumée ! On passerait presque pour fous, irrationnels voir égoïstes  quand on leur dit que l’on a bougé sur Caen. C’est ce subtil déplacement qu’a réussi à provoquer la communication officielle : on passe de la notion « réaction à des atteintes réelles » vers l’idée « d’angoisses plus ou moins fondées » jusqu’à celle de « peur foncièrement irrationnelle ».

Sera-t-il plus sain de manger McDo plutôt que local pour les prochaines années ?

En ce qui nous concerne, les cuves de récupération d’eau noircies, les pigeons morts sur les quais et les maux de têtes ressenties par les rouennais nous suffisent à rester encore éloignés. Mais le problème, c’est vrai, c’est que nous ne savons pas. Il faudra probablement plusieurs années de suivi sur des dizaines de milliers de rouennais, de prélèvement dans les sols et dans l’air, pour quantifier les effets de ce désastre. Qu’en est-il des milliers d’hectares de terres agricoles survolées par le nuage toxique ? Sera-t-il plus sain de manger McDo plutôt que local pour les prochaines années ? On n’en sait foutrement rien. Ce qui est certain, ce que la marche de ce putain de monde ne peut mener qu’au gouffre, à l’exil ou au cancer. Le mode de production actuelle, ses productions que l’on sait pourtant nocives, ne peuvent QUE produire des ravages d’écosystème, des déserts humains et des territoires perdus.

Mon sentiment aujourd’hui ? C’est comme si l’horizon d’une vie bonne à Rouen s’était obscurcie. Je vais maintenant être obligé de refuser les légumes que ma belle-mère nous apportait à la maison chaque semaine. Je vais être obligé de porter un masque (#lubrizol) alors que c’est illégal et que j’ai du sursis (#giletsjaunes). Bref, c’est la merde.

Qu’est ce qu’on attend pour foutre le feu ?



Ce vendredi, une première manifestation a lieu devant la préfecture de Rouen. Les habitants, équipés de masques demandent la fermeture des sites de Lubrizol et surtout la vérité autour de cette affaire :

Le témoignage glaçant d’un ex-salarié de Lubrizol : "Il aurait fallu évacuer la ville"



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19 septembre 2019

INFOBREF N°530-General Motors: 46.000 ouvriers appelés à la grève

 

INFOBREF N°530

General Motors: 46.000 ouvriers appelés à la grève

La grève qui touche les usines de General Motors aux États-Unis est une première depuis douze ans. Le conflit coûte environ 50 millions de dollars par jour en production perdue.

De notre correspondant à Washington

Pour la première fois depuis 12 ans, les 31 usines nord-américaines de General Motors (GM) sont touchées par une grève. Après plusieurs semaines de négociations visant à renouveler pour quatre ans le contrat de travail de 46.000 ouvriers employés à l’heure, l’United Auto Workers (UAW) tente de bloquer la production du premier constructeur américain. Le conflit coûte, avant impôts, environ 50 millions de dollars par jour à GM en production perdue.

Le syndicat demande à ses membres employés sur les chaînes de Ford et Fiat Chrysler de continuer de travailler, en dépit de l’expiration lundi à zéro heure du contrat type en vigueur depuis 2015 dans les usines des trois géants historiques de l’automobile aux États-Unis. L’UAW, suivant son approche traditionnelle, a choisi de négocier d’abord avec GM en vue d’appliquer ensuite à Ford et Fiat Chrysler les termes d’un nouveau contrat.

En dépit d’années d’efforts, la centrale qui détient le monopole de l’embauche sur les chaînes des trois constructeurs de Détroit, où travaillent 150.000 ouvriers, n’est toujours pas parvenue à convaincre les autres ouvriers des chaînes des constructeurs étrangers, comme Toyota, Nissan, ou BMW, de les représenter.

De manière inhabituelle et risquée, GM a rendu public les grandes lignes des propositions faites à l’UAW. Généralement ce n’est qu’après la signature d’un accord que les termes offerts sont annoncés. La direction du constructeur propose 7 milliards de dollars d’investissements dans quatre États, 5400 nouvelles embauches, une prime de 8000 dollars pour chaque ouvrier à la signature du contrat, des hausses de salaires et le sauvetage de deux usines dont l’abandon est annoncé depuis près d’un an.

GM sous la pression de Trump

L’usine de Lordstown dans l’Ohio doit toujours être vendue à une jeune société spécialisée dans les véhicules électriques, mais GM souhaite construire une nouvelle usine à proximité, dédiée à la fabrication d’éléments de batteries pour ses futures voitures électriques. Par ailleurs, l’usine emblématique de Detroit-Hamtramck serait sauvée pour devenir le site de production d’une nouvelle camionnette pick-up électrique.

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» LIRE AUSSI - Récession aux États-Unis: tout comprendre au risque qui inquiète le monde

GM ose publier les termes de son offre en raison de la pression politique exercée par Donald Trump sur ce dossier. Depuis que GM en 2018 a fait savoir que 4 de ses usines aux États-Unis seraient bientôt fermées, faute de nouveaux modèles à y assembler, la Maison blanche est montée au créneau pour critiquer cette décision. Mary Barra, patronne de GM, a été reçue il y a quelques jours par le bouillonnant président qui s’affiche en défenseur de l’emploi industriel et affectionne particulièrement le secteur automobile. «C’est reparti pour un tour entre GM et l’UAW. Mettez-vous d’accord et passez un accord!» a tweeté Donald Trump dimanche.

L’UAW juge ces offres insuffisantes. Le syndicat ébranlé par un scandale embarrassant de corruption à ses plus hauts niveaux, tient à afficher sa pugnacité. Il se bat en particulier pour que les nouveaux ouvriers embauchés, aujourd’hui payés à moins de 20 dollars de l’heure, soient rémunérés à près de 30 dollars au bout d’une période de 3 à 4 ans. Pour l’instant, les nouvelles recrues doivent attendre 8 ans avant d’accéder à l’échelle de salaire normale. Le syndicat exige aussi de meilleures garanties de l’emploi et un accès meilleur marché à leur couverture d’assurance maladie.

Voir aussi : Les travailleurs de Ford et de Fiat-Chrysler appellent à une grève totale aux côtés des travailleurs de GM Par le Bulletin des travailleurs de l’automobile du WSWS 17 septembre 2019

Les travailleurs de l'automobile américains paralysent General Motors

17 septembre 2019

La grève de 46.000 travailleurs de GM marque une intensification majeure de la lutte de classe aux États-Unis et dans le monde.

Auto-Crash. L’industrie automobile au cœur de la crise à venir

La bataille contre la réforme des retraites est bel et bien...

Après la RATP, les professions libérales manifestent ce lundi contre le rapport Delevoye. Avant FO et la CGT.

Montauban. 200 policiers rassemblés pour exiger une «peine exemplaire» contre un Gilet Jaune

Ce vendredi 6 septembre s'est ouvert, à Montauban, le procès d'un Gilet Jaune de 69 ans, accusé d'avoir affiché un message anti-policier sur sa camionette. L'occasion pour 200 policiers de se rassembler, à l'appel du syndicat Alliance, pour exiger une sanction exemplaire.

Julian Vadis

vendredi 6 septembre 2019

Alors que, tout au long du mouvement des Gilets Jaunes, des faits de violences policières se sont démultipliés, causant mutilations multiples et variées, la mort de Zineb Redouane à Marseille, le tout avec l’absolution de la justice et de l’État, le syndicat de policiers Alliance n’est visiblement pas rassasié. C’est ainsi qu’à l’occasion de l’ouverture du procès en correctionnel d’un Gilet Jaune de 69 ans à Montauban, ce syndicat classé à l’extrême droite a appelé à un rassemblement pour exiger une « peine exemplaire ».

Retour sur les faits reprochés à ce Gilet Jaune. Le 22 avril dernier, à Caussade dans le Tarn-et-Garonne, ce retraité affiche un message sur sa camionnette. « Flic suicidé, à moitié pardonné, les autres nous mutillent », peut-on ainsi lire sur la fenêtre arrière.

« Pour Alliance police nationale, trop c’est trop, cette haine anti-flic qui se propage en toute impunité dans une certaine frange de la population doit cesser, les insultes à la mémoire de nos collègues et le manque de respect envers eux et leurs familles n’ont que trop duré » explique ainsi ce syndicat dans le communiqué d’appel au rassemblement de ce 6 septembre, qui a réuni environ 200 policiers venus de toute la France. Le Gilet Jaune de 69 ans, qui n’a par ailleurs pas participé à la moindre manifestation, a été condamné à quatre mois de prison de sursis !

Si l’on peut remettre en cause le « bon goût » du message affiché sur cette camionnette, la lourdeur de la peine encourue, tout comme l’acharnement affiché du syndicat Alliance, tranche avec la totale impunité dont jouisse les forces de répressions, avec une série spectaculaire de classement sans suite des affaires de violences policières. Remis dans son contexte, la « violence » de ce message, réelle, apparaît comme tout de même dérisoire au vue des dizaines de mutilés, des discours tout aussi violent qui étaient diffusés dans la presse sans que cela n’ai provoqué l’émoi des policiers ou du gouvernement. On pensera, entre autre, à la sortie surnaturelle de Luc Ferry, qui en janvier dernier avait appelé à « tirer à balle réelle » sur les Gilets Jaunes.

Comme en 2016 avec les manifestations policières réclamant plus de moyen répressif, le rassemblement appelé par le syndicat Alliance porte en son sein la revendication d’une impunité policière totale, dissimulée non sans cynisme sous le masque de l’émotion des suicides policiers. En soi, ce rassemblement et cette condamnation sont de véritables insultes à la mémoire de Zineb Redouane et un crachat en pleine figure de toutes les victimes de la répression, dans les manifestations des Gilets Jaunes comme ailleurs. C’est pourquoi il est indispensable, pour le mouvement social et ouvrier, de réclamer la relaxe complète de ce Gilet Jaune de 69 ans et de tous les manifestants victime de l’acharnement judiciaire.

07/09/2019

Bruxelles : Rassemblement jeudi en soutien à Daniel Ruiz, militant politique et dirigeant syndicale argentin

Ce 12 septembre 2019, cela fera un an que le militant politique argentin et dirigeant syndical des travailleurs du pétrole, Daniel Ruiz, a été arrêté par le gouvernement de Macri pour avoir participé activement à la lutte contre la réforme des pensions. Depuis un an, il est emprisonné sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui (voir notre article).



28/08/2019

États-Unis : Des mineurs bloquent un transport de charbon pour exiger des salaires non payés

Depuis un mois, les travailleurs miniers de la Cloverlick Mine à Harlan County (Kentucky) bloquent un train transportant du charbon d’une valeur d’un million de dollars, en occupant les rails, pour exiger des salaires non payés. Les travailleurs avaient appris fin juillet que leur employeur, l’entreprise Blackjewel, avait fait faillite et qu’ils étaient licenciés avec effet immédiat. Presque 1700 travailleurs licenciés n’ont pas été payés pour les trois dernières semaines de travail. L’occupation qui dure 24h/24h depuis 30 jours a pris la forme d’un camp de protestation, par lequel les travailleurs essayent de forcer l’entreprise à leur verser les salaires et cotisations dus. Le camp jouit d’un fort soutien local dans ce bassin minier qui est réputé pour ses luttes sociales.

Intéressant point de vue de l' institut Montaigne qui soutien Macron

voir tout https://www.institutmontaigne.org/blog/les-gilets-jaunes-la-partie-emergee-de-la-crise-sociale-francaise

 C'est un mouvement des classes populaires : les Gilets jaunes sont majoritairement des ouvriers (26 % sont des ouvriers, +9 par rapport au poids des ouvriers dans la société française), des employés (21 %, +4) et des retraités CSP- (17 %, =), qui vivent dans les communes rurales (28 %, +5) et les petites villes de 2 000 à 20 000 habitants (21 %, +3), mais aussi dans les villes de plus de 100 000 habitants (26%, -3). À l’image de la société française, les Gilets jaunes vivent à la fois en banlieue (32 %, -4), en ville centre (30 %, -4), dans des zones rurales (27 %, +4) sont peu présents dans les villes isolées (10 %, +2). 50 % des Gilets jaunes ont un niveau de diplôme inférieur au baccalauréat, 28 % ont un niveau de diplôme égal au baccalauréat, et 22 % ont un diplôme de l’enseignement supérieur, ces proportions sont respectivement de 54 %,16 % et 30 % dans l’ensemble de la population en 2017.

Argentine : la descente aux enfers de la 3ème économie d’Amérique latine

13/08/2019 à 11h36

Submergé par une crise monétaire, le pays peine à se relever face à l’inflation galopante et au ralentissement de son industrie. La Bourse et le peso ont encore dévissé.

 

 

 

 



 

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13 septembre 2019

Le complexe militarosécuritaire. Son rôle dans la crise actuelle (1)

 

LA_GUERRE_POUR_LA_BOURSE_« Abolissez l’exploi­ta­tion de l’homme par l’homme, et vous abo­li­rez l’exploi­ta­tion d’une nation par une autre nation. Du jour où tombe l’anta­go­nisme des clas­ses à l’intérieur de la nation, tombe éga­lement l’hos­ti­lité des nations entre elles. «  (Le Manifeste com­mu­niste)

Introduction

Paru dans ECHANGES N°139-Hiver 2011-2012

Au moment où la crise éco­no­mique et sociale entre dans sa phase de géné­ra­li­sation, où le ges­tion­nisme clas­si­que visant à faire sem­blant de se porter au secours des pau­vres et préc­aires s’épuise dans les pays de l’OCDE, la ques­tion d’une confron­ta­tion directe avec les pou­voirs d’Etat est enclen­chée dans le monde sous des appel­la­tions diver­ses comme les « indi­gnés ». Terme qui porte bien son nom, ce mou­ve­ment s’indi­gne contre la finance, et dans son mou­ve­ment se heurte fata­le­ment à l’appa­reil d’Etat et à sa force publi­que gérant les conflits de basse inten­sité.

Certains dans le monde n’en sont plus à s’indi­gner mais pas­sent direc­te­ment à l’insur­rec­tion et à la guerre de classe directe (comme au Bangladesh, en Thaïlande, en Algérie, en Syrie, en Chine, au Vietnam), tou­jours vain­cus, mais redres­sant sans cesse la tête à un titre humain, visant l’abo­li­tion des condi­tions inhu­mai­nes qui s’impo­sent à eux. Ceux-ci sur­vi­vent au pour­tour des gran­des villes dans des bidon­vil­les et autres vic­ti­mes des tra­fics en tout genre.

Dans ces pays la dite frac­ture sociale est à vif, et pour conte­nir les rév­oltes le der­nier recours c’est l’armée financée par l’escla­vage sala­rié. Bientôt, si la crise venait à s’appro­fon­dir, la ques­tion d’un affron­te­ment planét­aire avec le système capi­ta­liste se posera comme seule solu­tion pour la rés­oudre. Bien entendu, et comme tou­jours, la finance mon­diale et ses armées rég­io­nales (les Etats) cher­che­ront une sortie de crise en décl­enchant une guerre de « civi­li­sa­tion » anti-isla­miste et du côté isla­miste une guerre pour la géné­ra­li­sation de la charia ; les fers sont déjà aux feux et la dicho­to­mie visant à para­ly­ser la force agis­sante du peuple prolét­aire est déjà en action dans la zone ara­bi­que.

La déf­ense natio­nale, un organe para­si­taire man­geur de plus-value à l’éch­elle mon­diale

C’est quoi, la dite déf­ense natio­nale de chaque petit ter­ri­toire de ce monde ? c’est quoi, le ter­ri­toire pour une vic­time du sub­prime virée de son habi­tat par la force ? l’armée vient elle déf­endre son ter­ri­toire ? La rép­onse est bien sûr non. Pour les « Américains » de la Nouvelle-Orléans vic­ti­mes du cata­clysme Katrina, l’armée n’est inter­ve­nue que pour rép­rimer, sup­pléée dans sa beso­gne par la tris­te­ment célèbre société mili­taire privée Blackwater.

C’est quoi la Défense natio­nale, pour les sans-abris, sans tra­vail, par­qués dans des bidon­vil­les et autres fave­las... ? C’est la déf­ense des riches de la pro­priété privée contre les pau­vres.

C’est quoi la déf­ense du ter­ri­toire, pour les mil­liers de pay­sans chassés de leur terre ? Ce n’est rien d’autre que la déf­ense d’intérêts capi­ta­lis­tes. C’est quoi la déf­ense natio­nale, pour les mitraillés en Syrie, en Egypte... ? des hommes en armes « venant dans leur chau­mière égorger leurs fils et leur com­pa­gne ».

Dans la zone ara­bi­que, c’est quoi la Défense natio­nale !!!?

Pour les pét­ro­mon­archies du Golfe, ce n’est jamais qu’un moyen uti­lisé par le sec­teur mili­taro-indus­triel des Etats-Unis pour recy­cler la manne pét­rolière. Tout cela fut for­ma­lisé en février 1945 par le pacte de Quincy (1) sur le croi­seur amé­ricain por­tant ce nom, pacte qui devait dét­er­miner les rela­tions spéc­iales entre les Etats-Unis et le royaume d’Arabie saou­dite. C’est en référ­ence à ce pacte qu’un contrat (2) de 123 mil­liards de dol­lars a été signé en automne 2010 entre les Etats-Unis et quatre pays du Golfe. Selon la ver­sion amé­ric­aine il s’agit de ren­for­cer les capa­cités déf­en­sive des pét­ro­mon­archies face à l’Iran. Mais en réalité, il s’agit bien plus de sou­te­nir l’indice DFI (3) du sec­teur de l’arme­ment tout en prés­entant la mesure comme une solu­tion au chômage endé­mique qui touche les Etats-Unis. Les 123 mil­liards, selon la presse, per­met­traient de main­te­nir un bassin d’emploi de 75 000 postes sur cinq ans et représ­entent tout de même un cin­quième du flux finan­cier global de la relance par la Fed de l’éco­nomie amé­ric­aine (2010-2011).

Les pét­ro­mon­archies ne sont qu’une plaque tour­nante des Etats-Unis dans la région et l’indép­end­ance dite natio­nale n’est qu’une cari­ca­ture visant à mas­quer que les pét­rod­ollars ont pour fonc­tion d’ali­men­ter les indus­tries de guerre de l’Occident, et de main­te­nir à flot les Bourses et la valeur refuge de l’indus­trie d’arme­ment.

« La zone est, en effet, cou­verte d’un réseau de bases aéro­na­vales anglo-saxon­nes et franç­aises, le plus dense du monde, dont le déplo­iement pour­rait à lui seul dis­sua­der tout éventuel assaillant, ren­dant super­flu un tel contrat. Elle abrite à Doha (Qatar), le poste de com­man­de­ment opé­rati­onnel du Cent Com (le com­man­de­ment cen­tral amé­ricain) dont la compét­ence s’étend sur l’axe de crise de l’Islam qui va de l’Afghanistan au Maroc ; à Manama (Bahreïn), le quar­tier général d’ancrage de la Ve Flotte amé­ric­aine dont la zone opé­rati­onn­elle couvre le Golfe arabo-per­si­que et l’Océan indien. »

(René Naba, sur son blog http://www.rene­naba.com/golfe-armem...)

« De sur­croît, des bar­ra­ges élect­ro­niques ont été édifiés aux fron­tières de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis pour déc­ou­rager toute inva­sion ou infil­tra­tion. Le bar­rage élect­ro­nique saou­dien a été édifié avec le concours des Français, celui d’Abou Dhabi avec le concours de la firme israéli­enne AGT (Asia Global Technologies), dont le contrat de 3 mil­liards de dol­lars concerne aussi bien la pro­tec­tion des fron­tières que la pro­tec­tion de quinze sites pét­roliers de l’émirat, ainsi que la four­ni­ture de drones, les avions de reconnais­sance sans pilote, de fabri­ca­tion israéli­enne. »

(René Naba, ibid.)

Pour le peuple grec, c’est quoi la Défense natio­nale ?

Un jour­nal bien inten­tionné posait cette ques­tion :

« Les mil­liers de mani­fes­tants de gauche qui ont par­couru les rues du centre de la capi­tale grec­que, hier, déf­endaient leur salaire et leur retraite. Mais aucun slogan du style “Nos salai­res, pas des mili­tai­res”. Pourtant, les mesu­res d’austérité – visant à éco­no­miser 30 mil­liards d’euros sur trois ans afin de rame­ner le déficit budgét­aire de 14 % à 3 % d’ici à 2014 – ont curieu­se­ment omis de tailler mas­si­ve­ment dans l’un des plus impor­tants bud­gets mili­tai­res de la planète (rap­porté à la richesse du pays bien sûr). (Libération.)

A cette ques­tion nous avons une rép­onse : le natio­na­lisme grec est encore bien vivace et trouve sa sub­stance dans la lutte contre les mesu­res de la nomenk­la­tura europé­enne, et la menace turque (voire isla­miste) . Pourquoi donc cette ques­tion sur le coût dis­pro­por­tionné de la déf­ense grec­que, relayée par le maire de Paris et... les ban­ques ?

L’Union europé­enne (UE) (et notam­ment la France) vou­drait bien que le budget mili­taire grec se res­trei­gne, « se moder­nise » comme ils disent, de manière à rem­bour­ser les ban­ques, mais aussi à se faire rem­pla­cer pour sa déf­ense par l’armée europé­enne cen­tra­lisée. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la France de Sarkozy a passé un accord mili­taire avec la Grèce tout en lui fai­sant la pro­mo­tion du para­pluie de la déf­ense europé­enne face à la Turquie et des Rafales de Dassault. La Turquie est sou­te­nue par Obama qui sou­haite son entrée dans l’UE, contrai­re­ment à Sarkozy qui n’en veut pas. Mais voilà qu’il y a une nou­velle donne dans la région de « l’union pour la Méditerranée » : elle reni­fle le gaz.

La déc­ouv­erte d’impor­tan­tes rés­erves de gaz appelée « Bloc 12 » en Méditerranée orien­tale, vient de rap­pro­cher (par un accord mili­taire de juillet 2011 (4) la Grèce et Israël, face à la Turquie qui par le tru­che­ment de sa posi­tion sur l’île de Chypre, reven­di­que une part du gâteau. Tout cela pousse à la guerre et Israël peut tou­jours dire que Erdogan, le pre­mier minis­tre turc, « est un chien qui aboie mais ne mordra pas », il n’en reste pas moins que tous s’arment dans la région, pour le plus grand bien des indus­tries d’arme­ments et de la Bourse. La Syrie vient de tour­ner ses SCUD vers la Turquie, qui héb­erge une oppo­si­tion armée par des puis­san­ces étrangères, notam­ment la France et le Royaume-Uni, avec la bénéd­iction des Américains. L’indus­trie d’arme­ment comme valeur refuge pen­dant la crise Alors que le citoyen moyen cher­che dans l’acqui­si­tion d’or un moyen de protéger son petit capi­tal de l’infla­tion et de la ban­que­route pos­si­ble d’Etats, d’autres, plus au parfum du fonc­tion­ne­ment para­site du système capi­ta­liste, misent non pas sur la « reli­que bar­bare » qui va s’effon­drer dès que les ban­ques cen­tra­les met­tront de l’or sur le marché, mais sur l’indus­trie de mort et de des­truc­tion. Pour preuve le rap­port du GRIP 2011 :

« Vers la fin des années 1990, emportés par les pro­mes­ses de la “nou­velle éco­nomie”, les inves­tis­seurs avaient marqué un cer­tain désintérêt pour le sec­teur de l’arme­ment. Aux Etats-Unis notam­ment, l’indice du sec­teur de l’arme­ment DFI (4)sous-per­for­mait net­te­ment par rap­port aux indi­ces généraux, mais à partir du prin­temps 2000, l’écla­tement de la bulle spé­cu­la­tive autour des valeurs du Nasdaq a signalé un radi­cal retour­ne­ment de situa­tion.

Dès le 13 mars 2000, alors que le Nasdaq était entraîné dans une chute ver­ti­gi­neuse qui durera deux ans et six mois, le regain d’intérêt pour les valeurs de l’arme­ment fut pra­ti­que­ment ins­tan­tané. Un enchaî­nement de plu­sieurs “effets d’aubaine”, en par­ti­cu­lier les atten­tats du 11 sep­tem­bre 2001 et l’inva­sion de l’Irak le 20 mars 2003, imprimèrent ensuite aux valeurs de l’arme­ment une tra­jec­toire en hausse conti­nue et spec­ta­cu­laire pour les cinq années sui­van­tes. Sur le conti­nent européen, la sur­per­for­mance du sec­teur de l’arme­ment a été net­te­ment moins pro­noncée,mais néanmoins ­vi­si­ble.

Pour le sec­teur de l’arme­ment, aux Etats-Unis en par­ti­cu­lier, la pre­mière déc­ennie du XXIe siècle s’est donc déroulée dans un climat d’eupho­rie sans pré­cédent sur les mar­chés finan­ciers, sem­blant un temps accré­diter la thèse d’un sec­teur de l’arme­ment imper­tur­ba­ble et insen­si­ble aux fluc­tua­tions de l’éco­nomie réelle. » (Rapport du GRIP 2011, p.21)

Les guer­res pour la conser­va­tion de la valeur refuge

Comme les dix prin­ci­paux pro­duc­teurs d’engins de mort sont amé­ricains, nous savons très bien vers qui les royal­ties des guer­res vont affluer.

« Les cinq pre­miers grou­pes amé­ricains – les « Big Five » : Lockheed Martin, Boeing, Northrop Grumman, General Dynamics et Raytheon – ont tota­lisé un chif­fre d’affai­res “arme­ment” de 153,7 mil­liards en 2009, ce qui représ­ente 38,2 % du chif­fre d’affai­res “arme­ment” total du Top 100.Ce pour­cen­tage est éga­lement en hausse de 2 % par rap­port à 2008, indice sup­plém­ent­aire de la concen­tra­tion crois­sante du marché mon­dial de l’arme­ment entre les mains des lea­ders amé­ricains. » (Rapport du GRIP 2011, p.19)

Nous voyons bien ici que la Bourse, les mar­chés finan­ciers et les ban­ques ne peu­vent que pous­ser à la guerre pour une relance arti­fi­cielle et para­si­taire de l’éco­nomie, et pour un recy­clage vers les indus­tries d’arme­ment de la manne des hydro­car­bu­res. Voir à ce sujet l’arti­cle de Charlie Hebdo du 16 novem­bre 2011 « Ventes d’armes et pots-de-vin : com­ment la France a engraissé les prin­ces saou­diens ».

« Quatre ans après le début de la crise finan­cière (que nous fixons au 1er juin 2007), les grou­pes de l’arme­ment sur­per­for­ment en effet tou­jours net­te­ment les indi­ces généraux.Aux Etats-Unis, le 1er février 2011, le sec­teur de l’arme­ment (indice DFI) affi­chait une plus-value de 17 % par rap­port au 1er juin 2007. » (Rapport du GRIP 2011)

Dans le même temps, le Nasdaq se conten­tait d’une hausse de 5 %. En Europe les grands grou­pes de l’arme­ment ont été moins affectés que les autres sec­teurs indus­triels : alors que les pertes des indi­ces généraux (depuis juin 2007) enre­gis­traient une perte de 29 % à 32 %, l’indice de l’arme­ment accu­sait une baisse de 18,6 %. En France, le sec­teur mili­taro-indus­triel nucléarisé est tou­jours sou­tenu par les finan­ces publi­ques, par des com­man­des d’Etat. Le groupe Dassault, qui n’arrive pas à placer ses chas­seurs Rafale, vient de béné­ficier d’une anti­ci­pa­tion d’acqui­si­tion de 11 appa­reils sup­plém­ent­aires par an pour un coût de 800 mil­lions d’euros ; 33 Rafales seront livrés au lieu de 22. Comme aux Etats-Unis, l’indice des sociétés europé­enne sde l’arme­ment (5) a bien passé la crise.

G.Bad

(A suivre )

NOTES

(1) Accord entre le roi Abdel Aziz Ibn Saoud, fon­da­teur du royaume d’Arabie saou­dite, et le pré­sident amé­ricain Franklin Roosevelt, en route pour Yalta et le sommet soviéto-amé­ricain por­tant sur le par­tage du monde en zones d’influence.

(2) La tran­sac­tion, conclue à l’occa­sion de la fête natio­nale saou­dienne, le 23 sep­tem­bre 2010, impli­que la moder­ni­sa­tion de la flotte aéri­enne et de la marine saou­dien­nes. Soixante mil­liards de dol­lars seront affectés à la vente à l’Arabie saou­dite de 87 chas­seurs bom­bar­diers « F-15 », de 70 hélicoptères de combat « Apache » et de 72 hélicoptères « Black Hawk », 36 hélicoptères Little Bird AH-6, ainsi que des bombes, des mis­si­les, y com­pris la bombe guidée par GPS, JDAM, pro­duite par Boeing et le mis­sile guidé par laser Hellfire. Trente mil­liards de dol­lars com­plém­ent­aires seront affectés à la four­ni­ture de bâtiments de guerre et d’un système de déf­ense balis­ti­que, com­plém­ent­aire au réseau de mis­si­les de type Patriot et au recondi­tion­ne­ment des anciens appa­reils de l’armée de l’air et de la marine.

(3) DFI : le New York Stock Exchange Arca Defense Index de 14 sociétés parmi les plus représ­en­ta­tives de l’indus­trie de l’arme­ment aux Etats-Unis. Entre le 30 sep­tem­bre 1996 et son point culmi­nant du 6 novem­bre 2007, l’indice DFI a affi­ché une plus-value dép­assant les 1 000 %, tandis que les indi­ces généraux, dura­ble­ment affectés par la chute du Nasdaq, sta­gnaient avec un gain de l’ordre de 40 % seu­le­ment sur la même pér­iode. Sur le conti­nent européen, la sur­per­for­mance du sec­teur de l’arme­ment est net­te­ment moins pro­noncée, mais néanmoins visi­ble.

(4) Les obser­va­teurs mili­tai­res sou­li­gnent que « la mise en marche de l’accord israélo-grec n’a pu se faire sans le feu vert de Washington qui estime qu’il faut pren­dre les mena­ces bel­li­queu­ses d’Ankara au sérieux .

(5) Dow Jones STOXX TMI Aerospace & Defense (SXPARO.Z), coté à Zurich, et com­posé de 15 valeurs parmi les plus représ­en­ta­tives de l’indus­trie europé­enne de l’arme­ment.

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