SPARTACUS

12 décembre 2018

Les gilets jaunes un éclair dans la grisaille

 

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nous pouvons constater que ce mouvement atypique vient secouer les tapis poussiéreux de « l' extréme gauche » certains comme le PCI programme déclarent qu'il s' agit d'un mouvement dont L’INTERCLASSISME EST CONTRAIRE AUX INTÉRÊTS DES PROLÉTAIRES, il est rejoint par Nuevo Cursod’Espagne...Le CCI lui aussi va dans ce sens  ainsi que Mouvement communiste.texte en PDF.

 « Le terrain pourri sur lequel un grand nombre de prolétaires, parmi les plus paupérisés, a été embarqué n’est pas celui de la classe ouvrière ! Dans ce mouvement “apolitique” et “anti-syndical”, il n’y a aucun appel à la grève et à son extension dans tous les secteurs ! Aucun appel à des assemblées générales souveraines dans les entreprises pour discuter et réfléchir ensemble des actions à mener pour développer et unifier la lutte contre les attaques du gouvernement ! Ce mouvement de révolte “citoyenne” est un piège pour noyer la classe ouvrière dans le “peuple de France” où toutes les cliques bourgeoises se retrouvent comme “supporters” du mouvement. De Marine Le Pen à Olivier Besancenot, en passant par Mélenchon et Laurent Wauquiez, “tout le monde” est là, de l’extrême droite à l’extrême gauche du capital, pour soutenir ce mouvement interclassiste, avec son poison nationaliste. »

Révolution permanente,NPA après de longue hésitations, va finir par se rallier aux gilets jaunes, voir l' auto critique de Anasse Kazib le leader de la gréve des cheminots, . Qui termine comme d' autres d' ailleurs par la citation de Lénine ci dessous:

« Quiconque attend une révolution sociale "pure" ne vivra jamais assez longtemps pour la voir. Il n’est qu’un révolutionnaire en paroles qui ne comprend rien à ce qu’est une véritable révolution. (…) La révolution socialiste en Europe ne peut pas être autre chose que l’explosion de la lutte de masse des opprimés et mécontents de toute espèce. Des éléments de la petite bourgeoisie et des ouvriers arriérés y participeront inévitablement : sans cette participation, la lutte de masse n’est pas possible, aucune révolution n’est possible. Et, tout aussi inévitablement, ils apporteront au mouvement leurs préjugés, leurs fantaisies réactionnaires, leurs faiblesses et leurs erreurs. Mais objectivement, ils s’attaqueront au capital, et l’avant-garde consciente de la révolution, le prolétariat avancé, qui exprimera cette vérité objective d’une lutte de masse disparate, discordante, bigarrée, à première vue sans unité, pourra l’unir et l’orienter, conquérir le pouvoir, s’emparer des banques, exproprier les trusts haïs de tous (bien que pour des raisons différentes !) et réaliser d’autres mesures dictatoriales dont l’ensemble aura pour résultat le renversement de la bourgeoisie et la victoire du socialisme. » Lenine 1916

Les arguments de part et d' autre se tiennent et nous obligent à réfléchir sur le sujet. En ce qui me concerne le coté positif de ce mouvement est d' avoir mis en mouvement un front interclassiste visant à faire tomber le gouvernement «  Macron démission » que les cheminots n'ont jamais mis en avant. Le second aspect positif c' est qu'ils refusent d' avoir des représentants, même révocables comme durant la Commune. Le troisième, c' est son mouvement même, qui doit au final amener une partition en son sein du fait justement de son coté interclassiste. Nous voyons déjà l' amorce de cette partition sur la question de la Violence.

Tout cela ce fait comme sur les terrains de foot en chantant la marseillaise « l' étendard sanglant est levé » mais en levant le drapeau tricolore des versaillais.

Le PCI met en avant le fait que le trident populiste cherche à s'implanter dans un mouvement qui dans ses revendications , protectionnistes et anti-immigration leur est proche.

« Mais ce n’est pas par hasard si le mouvement des Gilets Jaunes a été relayé et soutenu par les partis d’extrême droite, le « Rassemblement National » (ex FN) de Marine Le Pen et « Debout la France » de Dupont-Aignan, bien qu’au final la présence de ces partis soit marginale sur le terrain. »

Ce qui pour le moment cimente l' unité des GJ, c' est le slogan « Macron démission », le cahier d'une multitude de 42 revendications laisse à Macron la possibilité de sauver sa peau, en cédant provisoirement « le moratoire sur les hausses » et le renforcement de la présence policière que certains GJ demandent le sécuritaire

Ci dessous la 27 éme revendication

27-Moyens conséquents accordées à la justice, à la police, à la gendarmerie et à l’armée. Que les heures supplémentaires des forces de l’ordre soient payées ou récupérées.

Macron vient d' ailleurs de satisfaire cette revendication N°27- Lors d'un déjeuner avec des CRS lundi 3 décembre, Emmanuel Macron a salué le travail des forces de l'ordre face aux casseurs, et a promis qu'une prime exceptionnelle serait débloquée, selon RTL.

La journée du 8 décembre vient de révéler ;

QUE ; tous les syndicats ( sauf sud) sont ouvertement pour soutenir le pouvoir, ce n' est pas nouveau mais de plus en plus évident. Résultat quelques défections à la CGT.

QUE La grève des routiers lancée par FO et la CGT s' est terminée dans un corporatisme, laissant les gilets jaunes seuls sur le terrain alors qu'ils ont obtenu gain de cause grâce à ce mouvement.

QUE Laurent Wauquiez, chef des républicains prétend ouvertement n' avoir jamais porté un gilet jaune, et prend ses distances vis a vis des gilets jaunes tout en réclamant le rétablissement de l' ordre. Il devient évident qu'il ne déposera pas de motion de censure contre le gouvernement Macron.1

QUE- Marine Lepen ( ex FN) du rassemblement national se défausse elle aussi. (1)

QUE-Le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan a demandé jeudi soir sur BFMTV de "ne pas aller aux Champs-Elysées"(1)

QUE-Alors que F.Ruffin député de la France insoumise demande la démission de Macron, Jean-Luc Mélenchon préfère "aller au vote" plutôt que reprendre le slogan "Macron démission", entonné par de nombreux gilets jaunes. (1)

QUE-Les gilets jaunes sont infiltrés par l' extrême droite.

« Le 24 novembre," nous étions entre 200 et 300" dans tout Paris, comptabilise Antoine Berth, porte-parole d'Action française, interrogé par franceinfo, et le 1er décembre, "près de 300 à Paris et 2 000 dans toute la France". Le mouvement nationaliste et royaliste dit avoir participé depuis le début à plusieurs rassemblements dans toute la France et avoir bloqué des routes, bâché des radars, monté des barrages filtrants ou mené des opérations péages gratuits. » Action française

 

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QUE- Tous les partis qui devaient déposer une motion de censure, ont rapidement rengainé les couteaux et montré aux gilets jaunes qu'ils n' étaient que des planches pourries.

Le mouvement des gilets jaunes, est maintenant à la croisée des chemins, pris dans une dichotomie entre l' Etat Macron et ses habits neufs républicains, et une extrême droite agissante en son sein.Ils doivent s' extraire de cette dichotomie et se joindre aux mouvements se réclamant de la lutte de classes.

G.Bad

 

(1) -Comme attendu, l'Assemblée nationale a rejeté jeudi 13 décembre 2018 au soir la motion de censure de Mélenchon, Faure, Le Pen et Dupont-Aignan contre le gouvernement d'Édouard Philippe pour sa gestion de la crise des Gilets jaunes. Elle n'a été votée que par 70 députés, alors que 289 voix étaient nécessaires.

 

 



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09 décembre 2018

VIOLENCE organisée HIER,AUJOURD'HUI,DEMAIN

    https://twitter.com/twitter/statuses/1071402533313232896                                                          

 

 

 

       

              

 

             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            

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07 décembre 2018

la violence un privilège historique de l' Etat

"Mais, pour les prolétaires qui se laissent amuser par des promenades ridicules dans les rues, par des plantations d'arbres de la liberté, par des phrases sonores d'avocat, il y aura de l'eau bénite d'abord, des injures ensuite, enfin de la mitraille, de la misère toujours.A. Blanqui"

 

 

Mehdi, 21 ans, sauvagement tabassé par la police : “Je ne faisais que filmer…"

 

La scène laisse sans voix. La vidéo montrant le tabassage sauvage d’un homme à terre, à coups de pieds et de matraques, par 8 policiers, suscite l’indignation depuis sa publication sur le compte Twitter du journaliste Nicolas Grégoire dimanche matin. La victime, c’est Mehdi, 21 ans. Le Monde a recueilli son témoignage, dans sa chambre d’hôpital.

 

Voir la vidéo

 

https://twitter.com/twitter/statuses/1069287329515429889

 

Boufrayoua Mehdi #FranceInsoumise #JLM2022 φ‏ @MehdiBoufrayoua 2 dé

 

 https://twitter.com/i/status/1070063561790103553

 

 À Taverny, les forces de l'ordre ont encerclé un groupe de lycéens pacifiques pour les empêcher de fuir.

 

 https://www.facebook.com/EnCausee/videos/1960712450890060/

 

 

 

 

 

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01 décembre 2018

Retraite le système de réversion remis en causse par le gouvernement Macron.

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Retraite le système de réversion remis en causse par le gouvernement Macron.

 A partir du moment, où les gestionnaires du capitalisme mondial1 considèrent que d' ici 2050 le déficit des cotisations retraite dans le monde atteindra les 400.000 milliards de dollars, il n' est plus étonnant que les retraités deviennent la cible privilégiée de l' ordre capitaliste mondial.

En effet, 400 000 milliards, c' est 20 fois le PIB des Etats-Unis, rien que pour les Etats-Unis les engagements en matière de retraite se montent à 137.000 milliards de dollars, soit sept fois le PIB de la première économie mondiale. Ensuite vient la Chine, dont le déficit atteindra 119.000 milliards de dollars, soit 10 fois son PIB, puis l' Inde (85,000 milliards de dollars) le Royaume Uni (33.000 milliards de dollars) et le Japon (26,000 milliards de dollars).

Selon les experts, la responsabilité de ces déficits, ne provient pas des diverses escroqueries sur les retraites par capitalisation et aussi en répartition, mais de l' augmentation de l' espérance de vie,selon les experts de la FEM il faut s'attendre à ce que beaucoup d' individus vivent jusqu'à cent ans d'ici le milieu du XXIe siècle. Le FEM déclare que si d'ici 2050 l' espérance de vie moyenne passe à 85 ans, tous les systèmes de retraites s'effondreront.

La conclusion capitaliste est toute trouvée, cibler le vieillissement, faire crever le plus possible de vieux ( désert médical et médicaments pourris), maison de retraite mouroirs....de l' autre réduire à la portion congrue le niveau des retraites vers une retraite universelle. Pour y parvenir,les gouvernements devront entamer une réforme des systèmes de réversion, comme veut le faire le gouvernement Macron/Edouard en France.

 En pleine crise sociale, exprimée par le mouvement des « Gilets jaunes » , Macron n'hésite pas à vouloir ( pour le bien des retraités) à s' attaquer au système de réversion. C' est-à-dire aux femmes,en effet si 4,4 millions de retraités touchent une réversion à la mort de leur conjoint,89% sont des femmes ( selon la Dress) ce qui n' est pas un luxe, les retraites des femmes sont en moyenne 25% inférieures à celles des hommes.

 Une égalité selon le lit de Procuste2

Jean-Paul Delevoye3, notre Procuste des temps modernes, n'a pas hésité le 14 novembre, devant l' Assemblée nationale à vouloir réduire les pensions de réversion à leur minimum. Le nouveau calcul ne se ferait plus en fonction de la pension du défunt, mais selon un minimum dit « splitting » déjà utilisé dans de nombreux pays.

Dans le nouveau système, la compensation ne serait plus calculée en fonction des revenus du défunt, mais de ceux du vivant. L'objectif est avant tout de "maintenir un niveau de vie", a assuré Jean-Paul Delevoye.

Exemple : "Si monsieur gagne 2.000 euros et madame 4.000 euros, cela fait 6.000 euros pour le couple. On peut décider, en cas de décès, de maintenir le niveau de vie à 50%, soit 3.000 euros. Dans ce cas, si monsieur meurt, madame n'a rien, car elle touche déjà plus de 3.000 euros. Si madame meurt, monsieur touche 1.000 euros pour l'amener au seuil des 3.000 euros »

Selon leur régime, les veufs et veuves touchent aujourd'hui entre 50 et 60% de la pension de leur conjoint décédé.

Actuellement, dans le même cas de figure, et peu importe le montant de leurs revenus individuels, la femme pourrait toucher environ 1.000 euros, mais pourrait aussi bien ne rien toucher du tout, si son régime de retraite prévoit un plafond de ressources. L'homme, pour sa part, pourrait toucher jusqu'à environ 2.000 euros, mais là aussi, en fonction de ses conditions de ressources.

Sous couvert d'une égalité à la Procuste, c' est tout un pan de retraités qui va se trouver paupérisé pour que le capitalisme puisse continuer son expansion florissante. L'OCDE prédit que d'ici 2060, l'âge de la retraite augmentera en Inde jusqu'à 70 ans, et en Tchéquie jusqu'à 69 ans. Le record sera détenu par les Pays-Bas et le Danemark avec 71,5 ans et 72,5 ans respectivement.

G.Bad le 29 novembre 2018

Prochain texte sur le même sujet ; La loi pacte= loi pactole Comment la bancassurance te pique ton fric

1-D'après les experts du Forum économique mondial (FEM)

2De Procuste, brigand de la mythologie grecque qui, étendant les voyageurs sur un lit trop court, leur coupait la partie du corps qui dépassait ; il fut tué par Thésée.

3-Haut-commissaire à la réforme des retraites

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28 novembre 2018

Il y a 140 ans la Commune de Paris : république sociale ou république démocratique.

 

« L'antithèse directe de l'Empire fut la Commune. Si le prolétariat de Paris avait fait la révolution de Février au cri de « Vive la République sociale », ce cri n'exprimait guère qu'une vague aspiration à une république qui ne devait pas seulement abolir la forme monarchique de la domination de classe, mais la domination de classe elle-même. La Commune fut la forme positive de cette république. » ( la guerre civile en France La commune de 1871)

une_barricade_19_mars_1871_arnaud_durbec_450pixLa Commune de Paris fut proclamée le 28 mars 1871, sont principal objectif était de résoudre la question sociale par la mise en place d' une république sociale. Toutes les mesures prises par la commune allaient dans ce sens . Au moment ou les médias nous gargarisent avec « les révolutions démocratiques » du monde arabe, où il faudrait de nouveau démocratiser la démocratie. Le 140' anniversaire de la commune doit être l' occasion de mettre en exergue ce qui distingue la Commune de la république bourgeoise, celle du citoyen égoïste, fêté les 14 juillet par un défilé militaire, de celle sociale d' une république universelle.

La Commune de 1871, s'inscrit dans la continuité de l' élan républicain de la première République et du gouvernement révolutionnaire de la commune de Paris de (1792), ainsi que de l' insurrection de juin 1848 réprimée dans le sang par le gouvernement de la deuxième république. C 'est depuis cette date d' ailleurs que le drapeau rouge, devient celui du peuple car il va symboliser le sang du peuple ouvrier.

Malgré sa réaction patriotique à l' occupation prussienne, toujours mise en avant par la bourgeoisie, la Commune de 1871 ne leva pas le drapeau bleu blanc rouge des versaillais qui allaient les écraser et les déporter. Elle leva le drapeau rouge du sang des communards. La commune fut aussi internationaliste, elle était constitué de combattants de plusieurs nationalités. Un révolutionnaire polonais (Dombrowicz) fut élu à la direction de la milice.

La commune fut un mouvement d' auto -émancipation, d' auto-organisation, qui ne laissa aucun parti , aucune avant garde se substituer aux classes populaires. Les représentants de la Commune étaient directement élus et révocables à tout instant.

La Commune, était principalement animée, par des blanquistes , des proudhoniens, des libertaires, des jacobins, et des partisans de Marx. Tous agissaient en commun en se respectant, car il avait un même objectif l' émancipation sociale et l' abolition des privilèges de classe.

Ils appartient au minimum aux organisations révolutionnaires de célébrer en manifestant la Commune de Paris Drapeau Rouge et noir à la main, pour le moment il n'y a que quelques initiatives organisées par les amis de la Commune de Paris (1871). Au moment ou la communauté bourgeoise celle des droits de l' homme se gargarise des mots de liberté, d' égalité et de fraternité contre les tyrans ex démocrate d' hier, il nous faut se souvenir qu'il y a 140 ans, c' est la république sociale que la commune revendiquait contre celle des versaillais.

On parle beaucoup en France de la remise en cause, des acquis du CNR Comité National de la Résistance qui allait remettre la « France «  au travail, mais actuellement ce n' est pas seulement les acquis du CNR, de 1936, de mai 68 qui sont remis en cause par le gouvernement Sarkosy, se sont aussi les acquis de la Commune.

Pour en savoir plus sur Les Communes

1871 La guerre civile en France [Marx]

1871-04 Manifeste (à Rouen) en faveur de la Commune de Paris

1876 Histoire de la Commune de 1871 [Lissagaray]

 

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21 novembre 2018

Pauvreté et précarité mondialisée…Comment en sortir?

1 octobre 2018 Mesloub Khider

 Par Mesloub Khider. Le 1.10.2018. 

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  This article in English-Italiano-Espagnole-Portuguese :
1.10.2018 English-Italiano-Portuguese-Espagnole

 

La France, sixième puissance économique mondiale, serait le berceau de la démocratie bourgeoise, mais elle serait aussi le tombeau de l’égalité sociale, le cimetière de la fraternité et l’horizon béni pour la liberté du capital. D’après une récente étude, des millions de Français sont en situation de « précarité alimentaire”, selon la terminologie officielle. Manière moderne de désigner la pauvreté.

La pauvreté en France

Ainsi, un Français sur cinq est en situation de précarité alimentaire, selon le dernier baromètre Ipsos-Secours populaire publié le mardi 11 septembre 2018. Dans les foyers modestes disposant de revenus mensuels inférieurs à 1.200 euros, la précarité est encore plus prononcée. Dans cette catégorie extrêmement défavorisée, plus d’un Français sur deux indique avoir des difficultés à payer la cantine de ses enfants et près d’un sur deux (48 %) estime avoir des difficultés à se procurer une alimentation saine et variée.

De façon générale, le Secours populaire souligne que 39 % (+2 % par rapport à 2017) des sondés a indiqué avoir déjà connu une situation de pauvreté. En outre, presque la moitié des Français ont admis avoir des difficultés financières pour s’offrir des vacances une fois par an. Et près d’un Français sur trois éprouve des problèmes financiers pour payer des actes médicaux mal remboursés. À noter également qu’ils sont plus de 80 % à penser que leurs enfants seront plus vulnérables face à la pauvreté que leur génération.

Sur un autre chapitre de la « précarité« , dans un rapport publié à la fin de l’année 2017, il était question des conditions de logement de la population française. Sur cet aspect également, la situation s’est amplement dégradée. La France est actuellement le pays des 476 bidonvilles, abritant 17.000 personnes, en dépit des fréquentes actions policières pour détruire les bidonvilles. Car aucun logement alternatif n’est offert.

Au demeurant, ces dernières années, en France les bidonvilles se construisent au rythme du déclin des logements sociaux, à la vitesse de l’explosion des expulsions des résidents de leur domicile. Ces verrues surgies sur la figure hideuse de la nouvelle France misérable représentent une véritable plaie dans ce pays riche de pauvreté. Ces palais d’infortune des nouveaux pauvres est l’illustration de la propagation massive de la misère de masse en France, conséquence de la crise économique malgré l’illusion des performances des CAC40 à la bourse de Paris.

Force est de constater que la France démocratique compte 3,5 millions de mal-logés, 10 millions si l’on y adjoint tous les ménages fragilisés à court ou moyen terme. En outre, la France comptabilise 140 000 sans domicile fixe, un nombre en hausse de 50 % en dix ans.  De manière générale, ces dernières années, la part des revenus salariés consacrés au logement s’est considérablement accrue. Un tiers de la population en France dépense plus de la moitié de ses revenus pour le logement. En outre, la pénurie de logements abordables a un impact sur la vie quotidienne, sur la vie familiale, sur la santé des ménages, etc.

Au reste, le nombre de logements sociaux construits chaque année est en baisse constante. Car les collectivités locales sont de plus en plus réticentes à construire de nouveaux logements sociaux. Mais aussi, par manque de financements, les budgets sociaux étant ponctionnés. En raison de cette crise du logement, signe de l’accroissement de la pauvreté en France, on assiste à la réapparition importante de bidonvilles, notamment dans les grandes villes. En particulier dans la région parisienne. Près de 20 % des bidonvilles français sont installés en Seine-Saint-Denis. Dans ces campements, les familles n’ont accès ni à l’eau ni à l’électricité. La plupart des bidonvilles ne dispose ni de WC ni d’eau potable, ni de chauffage. En outre, la proportion de personnes logées dans des conditions insalubres est en très forte augmentation.

Par ailleurs, pour des milliers de locataires redevables de loyers impayés, l’arrivée du printemps constitue pour eux le début de l’hiver de leur vie. En effet, en France, la fin de la «trêve hivernale» marque l’expiration de la date de l’interdiction des expulsions des locataires insolvables, débiteurs. Et la loi est implacable. Le seul traitement réservé au locataire défaillant est l’expulsion manu militari sans relogement.

Travailleurs pauvres

De l’autre côté de l’Atlantique, dans la plus grande « démocratie bourgeoise » et la première puissance économique du monde, pareillement la précarité a augmenté au même rythme que la croissance des interventions impérialistes de son armée suréquipée.

Le constat est accablant. L’un des pays les plus riches de la planète compte officiellement 41 millions de personnes sous le seuil de pauvreté. A ce chiffre, il faut ajouter plusieurs autres millions non comptabilisés du fait de l’arbitraire statistique excluant les personnes placées légèrement au-dessus du seuil de pauvreté, vivant néanmoins dans la pauvreté. Ces personnes font partie de cette nouvelle catégorie des «working poors», ou «travailleurs pauvres», en très forte augmentation (Les travailleurs pauvres sont des personnes qui sont employés, mais dont les revenus insuffisant les laissent sous le seuil de pauvreté ).

Sur ces 41 millions de pauvres «officiellement comptabilisés», 9 millions de ces personnes ne disposent d’aucun revenu, ne perçoivent aucune aide financière. Ainsi, 9 millions de personnes vivent dans l’un des pays les plus riches de l’histoire de l’humanité sans recevoir aucune aide pour survivre, aucun moyen de subsistance. Au reste, pour survivre, de nombreux travailleurs sont contraints de cumuler plusieurs emplois afin de pouvoir joindre les deux bouts du nécessaire vital.

Personne en situation de précarité, ou personne affamée

Selon le ministère de l’Agriculture américain, aux Etats-Unis, près de 41 millions de personnes se trouvent en situation de précarité alimentaire. Dans la plupart des pays, ces personnes seraient classées dans la catégorie de pauvres, de ceux qui ont “faim”. Mais aux États-Unis, comme en France, les autorités étatiques ont décidé d’employer un terme autrement plus orwellien pour les définir : « personnes en situation de précarité« .

Aussi, par euphémisme, les 41 millions d’Américains incapables de s’acheter des provisions sont à présent catalogués comme des personnes en “très faible sécurité alimentaire”. Dans la période de la Grande Dépression des années 1930, cette catégorie aurait été principalement constituée de chômeurs de longue durée et de sans-abri. Mais, aujourd’hui, elle est composée majoritairement de travailleurs (pauvres). En effet, cette catégorie comprend de plus en plus de travailleurs pauvres, disposant de salaires faibles. Pour se nourrir, ces travailleurs sont contraints de recourir aux banques alimentaires.

Ces dernières années, les bénéficiaires des banques alimentaires ont considérablement augmenté. Selon les études des banques alimentaires, l’élévation des factures d’eau et d’énergie, l’augmentation du prix du carburant et des frais de santé contraignent les travailleurs pauvres à dépendre des œuvres caritatives. Pourtant, en dépit de l’augmentation des besoins, la majorité des gouvernements des États ont réduit drastiquement les subventions accordées aux banques alimentaires. Par ailleurs, de leur côté, les agriculteurs américains ont considérablement réduit leur production vivrière car ils se sont spécialisés dans la culture du maïs destinée aux agrocarburants. Privant ainsi les associations caritatives des excédents alimentaires versés autrefois par le secteur agricole.

Ainsi, aux quatre coins du monde, les mêmes mesures antisociales sont imposées par tous les gouvernements pour déréglementer les codes du travail. Partout la précarité s’incruste dans tous les lieux d’existence. Partout de nouvelles formes d’exploitation surgissent : les embauches sans contrat fixe, sans salaires fixes, sans garantie de site de travail, de retraite, de sécurité sociale. Précarité tous azimuts, tel est le programme social de la classe capitaliste mondiale. Ce n’est pas un pays, ce n’est pas une région, ce sont les gouvernements du monde entier (de gauche comme de droite) qui programme la précarité des travailleurs et des classes laborieuses.

Maintenir le mode de production capitaliste à tout prix

Pour pérenniser sa domination – son mode de valorisation du capital – la bourgeoisie précarise les conditions générales d’existence du peuple afin de le fragiliser socialement, politiquement. Cette dégradation des conditions sociales des classes laborieuses se manifeste sur tous les plans : au niveau médicale, sanitaire, alimentaire, culturel, sécuritaire, etc.

Toutes les mesures gouvernementales de tous les pays vont dans le même sens : précariser et démoraliser les travailleurs dans la perspective de parvenir à se maintenir au pouvoir politique suite à la prochaine inévitable crise économique systémique, aux fins de s’assurer la victoire par l’écrasement de son ennemi de classe – le prolétariat. En effet, la paupérisation des classes laborieuses n’est pas la conséquence de la détérioration soudaine de l’économie. Elle n’est pas non plus la résultante de l’apparition inopinée de la rapacité des capitalistes. La manifestation impromptue de leur méchanceté. Elle est l’expression d’une volonté délibérée de destruction de la confiance des travailleurs en leur propre force, en leurs capacités de transformation sociale et d’émancipation sociale.

Le réformisme

De surcroît, le réformisme en générale, et l’idéologie petite bourgeoise en particulier, sont incapables d’accepter la décadence(1) du capitalisme et de se figurer la fin du capitalisme. En revanche, ils n’hésitent pas à propager parmi les travailleurs les mensonges éhontés de la mort de la classe ouvrière, de l’extinction du projet émancipateur. Contribuant par leur propagande à ligoter idéologiquement la classe prolétarienne, à la désarçonner.

Aujourd’hui, avec l’entrée du capitalisme dans sa phase de décadence, le retour à sa période « prolifique et florissante » (sic) est impossible. L’État providence est révolu. Le sauvetage des «acquis sociaux» est chimérique, prouvant que rien n’est jamais acquis pour les ouvriers sous le capitalisme. Pareillement pour le service public, le code du travail, l’utopique «État de droit» bourgeois, et pour la démocratie électoraliste bourgeoise, du consensus social, du syndicalisme, de la politique réformiste.

Tout cela est définitivement dépassé par l’Histoire. Celle-ci mène à une seule alternative: Révolution ou Barbarie…

Mesloub Khider

 (1) A signaler que nous ne partageons pas cette idée de décadence du capitalisme, nous nous expliquerons ultérieurement sur ce sujet G.Bad)

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18 novembre 2018

Die GAFA und das Wertgesetz

 

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Heute überschwemmen Google, Apple, Facebook und Amazon (GAFA) die Märkte, fast in allen Bereichen. Und wo sie vorbeikommen, scheint alles vorbei zu sein. Aus gutem Grund verzeichneten beispielsweise Carrefour und Publicis in diesem Jahr die größten Rückgänge bei der CAC 40[Leitindex der Börse von Paris]. Die GAFA machen diesen sogenannten "traditionellen" Unternehmen das Leben schwer. Wie lässt sich dieser Umbruch erklären? Wie kann diesem neuen Trend verstanden werden?

Wir sind der Ansicht, daß die GAFA keinen Mehrwert schaffen, solange sie sich als eine Vermittlung positionieren, die nicht wichtiger ist als die Werbung. Obwohl diese Mediation sehr speziell ist, weil ihre Verzweigungen überall eindringen, um Informationen in Realtime zu erheben, denen die GAFA dann verhandeln. Wir können sagen, daß die Computerisierung der Gesellschaft die Infrastruktur ist, auf die die GAFA-Infrastruktur aufgebaut ist; dass dieses Ganze die "New Economy" bildet.

Infolgedessen stellen sich die GAFA vor als die neuen Kapitalspender, sie sind in dieser Hinsicht dem Finanzkapital ähnlich, das sie zu bedrohen scheinen, nur weil sie in der Lage sind, sehr schnell Geld zu sammeln. Wenn diese Geldmenge brach liegt, wird sie tendenziell abgewertet. Das ist sicherlich nicht das Ziel der GAFA, und wir werden sehen, daß der Schatz der New Economy bald Teil des historischen Kapitalismus wird und seine Gesamtlage verändern wird. Die Ausgangssituation ändert sich im Sinne der Fähigkeit von GAFA beträchtliche Kapitalslieferanten zu werden, erstrangige Leiter von Mehrwert schöpfendem Produktionskapital. Das von den GAFA angesammelte Geld muss zwangsläufig investiert werden, um sich nicht selbst abzuwerten. Und investieren tun sie, um ihre monopolistische Position auszubauen und weiter zu festigen. Im Mai 2016 kündigte Apple an, 911 Millionen Euro in die Hightech-Industrie zu investieren, von den 228 Milliarden Euro1an Liquiditäten, über die Apple verfügt.

Auch der gegenteilige Trend wird sich manifestieren und manifestiert sich bereits, Unternehmen der Industrie, schließen Vereinbarungen und Partnerschaften mit Start-ups, um nicht die Kontrolle über ihre Branche zu verlieren. Waymo, die Google-Tochter will eine Flotte von fahrerlosen Fahrzeugen bilden durch Tausende von Chrysler Pacificas vom Fiat-Crysler Konzern zu kaufen. Das Gleiche gilt für Volvo und Uber. Das weltweit führende Möbelunternehmen Ikea kauft das amerikanische Startup TaskRabbit, mit dem Sie einen Amateur Do-it-yourselfer in Ihrer Nähe finden können, um ein Regal aufzubauen oder eine Wand zu streichen. Der Flugzeughersteller Boeing wollte mit einem der GAFA zusammenarbeiten, um ein satellitengestütztes Hochgeschwindigkeits-Internet zu entwickeln, dessen Ziel es ist, die 70% der Welt zu den niedrigsten Kosten abzudecken, die bisher nicht durch das Netz versorgt wurden. Andere, wie SpaceX oder OneWeb, schlagen vor, 4000 Kleinsatelliten auf niedriger Umlaufbahn einzusetzen. Letztendlich kaufte Google sich den Solardrohnenhersteller Titan Aerospace2. Facebook, das nicht an der Seitenlinie bleiben wollte, überlegte sich ob es den Drohnenspezialisten Tech Crunch kaufen sollte. Wir sehen, daß die "Silikonisierung des Planeten auf dem Vormarsch" ist als destruktive/kreative Kraft, die sich verborgen hinter "humanitären" Aspekten auf politischer Ebene manifestiert als globaler Staatsüberbau, als Schwarzes Loch, das ganze Teile der Weltwirtschaft absorbiert und verdinglicht.

Die so genannte Tertiarisierung der Industrie

Es gibt einen sehr interessanten Bericht3, in dem von der Tertiarisierung der Industrie die Rede ist, gerade weil diese neuen Dienstleistungsunternehmen die Kontrolle über das Management der Produktionssektoren übernehmen und als Wucherkapital agieren, indem sie riesige Profite für ein lächerlich geringes konstantes Kapital erzielen und sich dabei auf die so genannte kollaborative Wirtschaft verlassen.

"Wenn die Gafa den Universaldienst anbieten können, berechnen sie massive, steuerfreie Zinsen. Dies ist ein echtes Problem für alle Staaten, in denen sie ihre Aktivitäten entwickeln." (Les nouveaux rapports industrie/services à l’ère du numérique P26)

Wir finden diese Angst des historischen Kapitals in vielen Berichten. Das Finanzkapital selbst ist betroffen und sucht nach einer Exit-Strategie. Tatsächlich befindet sich der Kapitalismus, der Wert (Mehrwert) extrahiert, in Schwierigkeiten: einerseits durch das Gesetz, das ihn ständig zu Innovationen drängt (mehr Produktivität), um den Rückgang der Profitrate durch die Masse des Profits auszugleichen. Um dies zu erreichen, ist er gezwungen, sich an die Blutsauger des Fremdkapitals zu wenden (permanenter Mangel an Liquidität), um den Konkurrenten zu bekämpfen und zu vernichten. Das Fremdkapital ist einäugig, es sieht nur das Geld, das nach der Formel (A-A') Geld einbringen muss. Neueinsteiger in die Kapitalsarena sind von der gleichen Spezies, und es kann keine Blutsauger mehr an einem bereits von sich aus kranken Körper geben. Mit intrinsisch krank meinen wir, daß das Kapital sein eigener Feind ist, denn es muss ständig die lebenden Arbeitskräfte beseitigen, die es lebendig halten. Kurz gesagt, sein Schicksal ist es den Überschuss von Arbeitskräften zu beseitigen um sich auf dem Markt aufrecht halten, während er weiß, daß er den Ast sägt, auf dem er sitzt.

“Die eigentliche Barriere der kapitalistischen Produktion ist das Kapital selbst"(Marx, Capital, Livre III, La Pléiade, T.2, S. 1031-1032).


Derzeit wird uns wieder über das Ende der Lohnarbeit berichtet, jetzt als Grundlage der "New Economy", und die Staaten verabschieden Gesetze in diese Richtung4. Sie zerstören soziale Errungenschaften und zerstören alle Hoffnungen der Sozialdemokratie, der sozialistischen Parteien und ihr Reformkonzept, das zu einem integralen Sozialismus führen sollte. Deshalb das große Debakel dieser Parteien und mit ihnen der parlamentarischen Demokratie und des Gewerkschaftswesens. Die GAFA können nur überleben, indem sie die Superstrukturen des historischen Kapitalismus absaufen und modifizieren, sie werden diese Aufgabe angehen, indem sie ihre Dienstleistungen mit der Industrie zusammenführen, d. h. sie in das industrielle Gefüge integrieren.

Die rationalisierende Rolle der GAFA

Aufgrund der Position, die sie in der kapitalistischen Wirtschaft einnehmen, sind die GAFA derzeit hauptsächlich im Bereich des Kapitalverkehrs, einschließlich der Logistik, tätig. Dabei stützen sie sich auf Informations- und Kommunikationstechnologien (IKT)5, die weitgehend die Grenzen überwunden haben, an denen die Mitarbeiter ihre Ausbeutung am Tor des Unternehmens hinter sich ließen. Mit IKT ist der Mitarbeiter überall erreichbar und arbeitet überall.6Die GAFA werden IKT intensiv nutzen, wie Apple zu einem immer anspruchsvolleren Smartphone-Hersteller wurde. Die Kommunikations- und Informationsmöglichkeiten werden von denen, die derzeit die Kontrolle über die Algorithmen haben, sofort globalisiert und analysiert.

Einige bestreiten zu Recht, daß die GAFA ein einziger Block wären. Was uns hier aber interessiert, ist nicht, was sie unterscheidet, sondern was sie gemeinsam haben. Das gemeinsame Merkmal der GAFA ist, daß sie Teil des Kapitalverkehrs sind, in dem sie tätig sind, indem sie versuchen, die Zeit für den Transport von Waren und Dienstleistungen zu verkürzen, indem sie die Internetinfrastruktur nutzen, die sie global und weltweit kontrollieren wollen.

Wenn wir die GAFA in ihrer Statik betrachten, sind sie Teil der Zirkulationssphäre des Kapitalverkehrs. Nur das Kapital zirkuliert im Kapitalverkehr, es ist seine Gesamtbewegung, die es ermöglicht, seinen Mehrwert zu realisieren durch den Warenverkauf. Auf dieser Ebene der Reflexion ist es für uns von geringer Bedeutung zu wissen, ob die GAFA Wertschöpfer sind, da das grundlegende Problem für die Verwertung des Kapitals seine globale Bewegung ist, eine Bewegung, die es letztendlich ermöglicht, durch den Verkauf von Waren den Mehrwert zu realisieren. Die GAFA und alles, was die New Economy auszeichnet, sind in diese globale Bewegung als rationalisierendes Element dieser Kapitalzirkulation eingetreten. Marx erklärt deutlich die Folgen einer mangelnden Flüssigkeit in den beiden Hauptabteilungen [Produktion und Zirkulation].

"Solange es in einer dieser Phasen bleibt und nicht flüssig ist - oder jede von ihnen ihre eigene Dauer hat -, zirkuliert es nicht, es ist fixiert. Solange es im Produktionsprozess verbleibt, ist kann es nicht zirkulieren, d.h. es wird praktisch abgewertet.
Solange es in der Zirkulation bleibt, ist es nicht in der Lage, Mehrwert zu produzieren oder zu schaffen; es entwickelt sich daher nicht als Kapital. Solange es nicht auf den Markt gebracht werden kann, wird es in Form eines Produkts eingefroren; solange es auf dem Markt bleibt, wird es in Form von Waren immobilisiert" 
(Grundrisse 3 Kapitel vom Kapital ed. 10/18, S. 197).

Die GAFA und die gesamte IT-Infrastruktur, auf die sie sich stützen, erscheinen als Teufel und der Herrgott für den historischen Kapitalismus und seine Staaten, als eine kreative Zerstörung, die für viele Wirtschaftssektoren gefährlich ist.

Die kreative Zerstörung der GAFA

Klar haben die amerikanischen GAFA eine zerstörerische Wirkung, die beunruhigt: die Staaten, das Finanzkapital, der Handel und die Industrie. Die Staaten betrachten ihnen als illegales Abzapfen ihrer Steuereinnahmen, Banken und Versicherungsgesellschaften als eine Abbruch ihres Geschäftes und die Industrie als eine vorgelagerte Erfassung ihrer Fähigkeiten. Was die Lohnempfänger betrifft, sie erwarten Schäden durch digitale Maschinen und die Unsicherheit ihres Beschäftigtenstatus oder gar ihre Umwandlung in Selbstunternehmer.

Einige nicht erschöpfende Beispiele zeigen diese Spannung im Kapital.

Finanzkapital im Griff des kombinierten Wettbewerb von Fintech7und Web-Giganten

"Es wurde angenommen, daß das Eindringen der Fintechsim Finanzbereich das Todesurteil der Großbanken war. Man muss jedoch sagen, daß sie trotz der Umwälzungen, die sie durch die Einführung echter Innovationenin einem Bereich so alt wie der Welt hervorgerufen haben, noch weit davon entfernt sind, riesige Marktanteilezu gewinnen. Nein, die eigentliche Gefahr kommt von großen Webunternehmenwie Amazon, Facebook und Google. Aus welchen Gründen? Vorerst verlassen sich Finanzunternehmen wie Versicherungen und Wall Street-Banken aufgrund ihrer sensiblen strategischen Fähigkeitenauf diese Technologieriesen", so erklärte Jesse McWaters, Hauptautor der WEF-Studie.“

Auf den ersten Blick scheint es einen Widerspruch zwischen dem Finanzsektor und den Web-Giganten zu geben, aber da letztere an der Rationalisierung des tertiären Sektors, d.h. dem Prozess des Kapitalverkehrs, beteiligt sind, werden die Banken und der gesamte Finanzsektor sie "für ihre strategischen Fähigkeiten" nutzen und sich einfach untereinander über die Gewinnteilung einigen müssen.

Was die Lohnarbeit im Finanzsektor betrifft, so befindet sie sich "in der Todeszelle", verurteilt durch die Entwicklung neuer Technologien, ihre Zukunft ist es, Computerarbeiter oder Selbständige der "digitalen Wirtschaft" zu werden, sie sind mit fast 90 Millionen in der Welt. Im Jahr 2017 gab es eine besonders hohe Zahl von Entlassungen und Schließungen von Bankfilialen.

Kann die GAFA-Vermittlung sich über einen längeren Zeitraum halten?

Diese Frage zu stellen bedeutet zu versuchen, sie zu beantworten. Die Bourgeoisie schöpft all ihre Dynamik aus dem Tauschwert (Geld), den sie als eine Vermittlung zwischen den Extremen erscheinen lässt, die der Brauchwert und der Tauschwert sind. Dabei stellt er sich als die Synthese aller Gegensätze dar, ähnlich wie Christus im religiösen Bereich, der sich als Mittler zwischen Gott und den Menschen präsentierte, und damit mehr Bedeutung gewann als Gott selbst. Geld ist also die universelle Vermittlung und als solche wird es auch der Gott auf Erden, um sich am Ende im Finanzkapital zu stärken. Der Tauschwert fungiert immer als Vermittler. Auch Geld in der einfachen Zirkulation des Kapitals ist der Vermittler zwischen Produktion und Zirkulation.

Da die Umlaufzeit eine Einschränkung der Produktivität der Arbeit ist und die notwendige Arbeitszeit erhöht, reduziert sie die die Mehrwertschöpfung.8Diese zusätzlichen Kosten des Kapitals sind ein echtes Hindernis für die Selbstverwertung des Kapitals, eine Barriere, zu deren Beseitigung die GAFA beitragen. Wie wir am Anfang gesagt haben, schaffen die GAFA, solange sie im Bereich der Zirkulation tätig sind, keinen Mehrwert, sondern tragen höchstens dazu bei, die zusätzliche Kosten des Kapitals in diesem Bereich zu senken.

Die Debatten über die sogenannte New Economy sind noch lange nicht beendet. Wir werden auf viele Aspekte zurückkommen müssen, insbesondere in unseren nächsten Artikeln über die Folgen für die Arbeitnehmerschaft und die Arbeitswelt im Allgemeinen.

Gérard Bad April 2018

Anmerkungen

1Der vierteljährliche öffentliche Schuldenstand Frankreichs, gemessen an den Maastricht-Kriterien, lag im dritten Quartal 2017 bei 2226,1 Mrd. Euro.

2Die Drohnen von 3-Titan werden mit Solarenergie betrieben und können sich fünf Jahre lang in einer Höhe von etwa 20 Kilometern halten. Sie können die meisten Aufgaben erfüllen die geostationären Satelliten übertragen werden, sind aber kostengünstiger. Google hat bereits in der Vergangenheit Tests für ein Projekt namens "Loon" durchgeführt, bei dem Heißluftballons als Relais eingesetzt werden, um das Internet in Gebiete ohne Reichweite zu bringen.

3"Les nouveaux rapports industrie/services à l’ère du numérique" Mme Marie-José Kotlicki, Oktober 2015

4Die Loi de Travailund die Macron-Verordnungen in Frankreich.

5Ein typisches Beispiel für diese Durchdringung ist die Verwendung der Telefoneinheit in einigen afrikanischen Ländern als Tauschwährung (M PESA).

6In Frankreich arbeiten einige im Hochgeschwindigkeitszug TGV während ihrer Reisezeit, andere zu Hause, wieder andere in Telearbeit.

7Der Name FinTech ist eine Zusammenführung von "Finanz" und "Technologie" und bezieht sich auf alle Unternehmen, oft Start-ups, deren Tätigkeit in der Finanz-, Bank- oder Versicherungswelt angesiedelt ist. Also, heute hören wir mehr und mehr von diesen FinTech-Unternehmen.

8“Der gesamte Produktionsprozess des Kapitals umfasst sowohl den Zirkulationsprozess als auch den Produktionsprozess. Diese beiden Hauptabteilungen stellen den gesamten Prozess dar, auf der einen Seite haben wir Arbeitszeit, auf der anderen Seite die Umlaufzeit"(Grundrisses 3 Kapitel des Kapitals ed. 10/18,p.195. Da das Kapital das permanente Ziel hat, beide zu reduzieren, ist dies letztlich die Praxis der GAFA.

Siehe auch:

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14 novembre 2018

Contre la hausse des carburants et les taxocrates de tout bord.

mac_taxe

Comme l' état et son gouvernement, défiscalisent le patronat et sont incapables de taxer les GAFA américains, il faut bien qu'ils trouvent quelques pigeons pour renflouer les caisses de l' État pour continuer à mener grande vie et dépenses somptuaires.

La hausse des taxes sur le prix des carburants, est finalement ce qui est le plus facile à faire, comme d'ailleurs pomper les retraités. La hausse du prix des carburants va avoir de multiples conséquences, sur les chômeurs, sur les personnes âgées victimes « du désert médical français » et de l' abandon complet de la sécurité de proximité (fermetures d' établissements comme à Chateauroux...).Sur l' ensemble de ceux qui doivent pour travailler faire chaque jour de nombreux kilomètres ; et bien entendu comme facteur d' inflation.

Le gouvernement mal dans ses bottes

C' est par le truchement des réseaux sociaux que la spontanéité d'une colère qui se généralise commence à s' exprimer et menace de bloquer l' économie le 17 novembre. Celui-ci s'annonce comme une déclaration de guerre. Déclaration d'une par des classes populaires et de l' autre des classes moyennes paupérisées que la droite populiste (Dupont Aignant) cherchent à recruter.

Nous avons déjà fait l' expérience de ce genre de mouvement avec les Bonnets Rouges et aujourd'hui ce sont les gilets jaunes qui pensent ébranler le pouvoir. Il est vrai que le contexte est favorable, la haine anti-Macron se radicalise et celui-ci est sur le fil du rasoir. Certains commencent à exiger sa démission , nombreux sont ceux qui veulent qu'il dégage...

Macron, à peine déstabilisé par l' affaire Benalla que les rats commencent à quitter le navire y compris le capitaine Gérard Collomb et l'écologiste Nicolas Hulot. Ce n' est certes pas la mesurette comme le chèque carburant de 20 euros., qui va enrayer le mouvement ; quand par ailleurs le gouvernement exonère le patronat de 20 à 25 milliards d’euros de charges dans le budget 2019.

Par nos actions massives, faisons tomber ce gouvernement de misère.

Nous revendiquons

Hausse générale des salaires, retraites, pensions et minima sociaux !

Des logements salubres

Abolition des impôts indirects,TVA et TIPP !

Taxation des GAFA et des pétroliers !

De la sécurité de proximité

Nous voulons des services publics de proximité, c' est à dire une médecine de proximité qui soulage les hôpitaux et pour les personnes âgées des visites à domicile de médecins, et des centres médicaux. Aujourd' hui c' est tout l'inverse qui se produit.

Des petites lignes de train,la non fermeture de gares, des transports collectifs de qualité, le recours à la « gratuité » comme cela se fait dans certaines villes.

G.Bad le 14 novembre 2018





 

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10 novembre 2018

L'ÉCONOMIE COLLABORATIVE, SA FONCTION AU SEIN DU CAPITALISME

ÉCHANGES 164 - ÉTÉ 2018

« A l'ère du numérique, l'imbrication de l'industrie et des services bouleverse le travail, son sens, son contenu, son organisation interne et fait appel au travail collectif Ces évolutions interrogent aussi l'emploi en qualité et en nombre ainsi que l'évolution générale des qualifications. Nouveaux métiers, nouvelles formations, de quels outils disposons-nous pour nous inscrire dans ce processus sans le subir ? La question des statuts des salariés se pose car le numérique accélère la mobilité, développe le travail à distance, va profondément modifier l'organisation du travail et favoriser de nouvelles formes d'emplois avec l'apparition de plateformes et de contributeurs indépendants. » (Extrait de Les Nouveaux Rapports industrie /services à l'ère du numérique, Avis du Conseil économique, social et environnemental présenté par Marie-José Kotlicki, octobre 2015).

 

Economie_collaborative

LE DÉVELOPPEMENT incessant des nouvelles technologies ne laisse plus de doute sur les re-structurations à venir. Il ne s'agit plus de minimiser les conséquences sociales du développement de l'informatisation de la société, nous sommes immergés dedans. Dans une brochure produite en l'an 2000, La Sphère de circulation du capital, j'attirai l'attention de mes camarades sur la tendance au « travail gratuit » du consommateur » en ces termes : « La société self-service a le pouvoir de déguiser la soumission, l'exploitation et même la servitude en liberté. Le libre-service, ce système, a, à première vue, un immense avantage, il supprime les domestiques (illustration : le poinçonneur des lilas). Plus besoin de serveurs, de vendeurs, de contrôleurs. Le problème (sans charges sociales) est reporté sur le consommateur qui devient un domestique, "libre" et "payant" qui va effectuer un travail gratuit et qui devra même payer pour ce travail les accès au Minitel, à Internet... Nous deve-nons des serveurs, des banquiers, des assureurs, des pompistes, des poinçonneurs, des téléphonistes, des portiers, des assembleurs kit, des hôteliers... plus le travail devient simple, plus il est possible de l'externaliser sur l'utilisateur (1). »

Depuis, jour après jour, secteur après secteur, les constats négatifs sur le tout-numérique tombent les uns après les autres. Tant et si bien que la structure juridique du salariat est remise en cause. La loi travail en France en est l'exemple type, cette loi cherchant à faire cohabiter le code du travail avec celui d'un droit à la personne dit souvent pour la bonne cause « universel ». Il faut voir dans ces mesures une tentative des gouvernements de gérer les nouvelles précarités et de donner un statut même provisoire au travail illégal (les auto-entrepreneurs). La classe moyenne non salariée n'est pas en reste, médecins, avocats, notaires... passent aussi à la trappe du big data. On entend par big data (ou mégadonnées) la capacité de gérer une masse énorme de données et de développer des entreprises plates-formes faisant appel à du courtage d'emploi. Uber par exemple n'emploie aucun chauffeur, mais utilise 250 000 chauffeurs contractants dans le monde en s'appuyant sur 2 000 informaticiens. Uber n'est que le haut de l'iceberg, nous retrouvons ce type d'emploi dans de nombreux secteurs de la société. Dans la vie courante chacun d'entre nous peut s'en rendre compte, par exemple il n'est plus possible de prendre rendez-vous chez un médecin sans passer par le Net : après avoir remplacé la secrétaire par une gestionnaire des agendas de plusieurs médecins par téléphone, celle-ci est maintenant remplacée par un robot du type de celui qu'utilisent les réservations hôtelières. La capacité du big data d'analyser, grâce aux algorithmes, des situations complexes en peu de temps a des conséquences inattendues. L'« affaire du petit Gregory » est remontée à la surface en France par le truchement du big data ; le juge chargé de l'affaire se suicidera. Dans les cabinets d'avocats, les algorithmes analysent toutes les jurisprudences numérisées, ils sont en mesure de laisser en place dix à quinze avocats, la où il en fallait cent auparavant. Le capitalisme du XXIe siècle vise à gérer le précariat, tout en donnant l'impression qu'avec un statut encadrant le droit à la personne, les individus peuvent être indépendants et mieux devenir leur propre employeur. C'est aussi cette idéologie qui est véhiculée pour que les salariés reprennent leur usine en liquidation sous la forme de société coopérative ouvrière de production (SCOP) exemple le fabricant de glace la Belle Aude. La mise en concurrence par le télétravail, le « Turc mécanique » d'Amazon, n'est pas neutre : sa fonction est de favoriser la concurrence par un système de mise aux enchères des tarifs des traducteurs et correcteurs de textes. Le salariat avec ses charges sociales est mis au rencard comme ringard et remplacé par des « indépendants libres ». Cependant, les masques tombent vite. Récemment les livreurs de Deliveroo se sont organisés (2) pour lutter contre le paiement des livraisons à la course les « Bikers ». Le sujet est si vaste, qu'il nous faudra encore et encore y revenir, pour le moment limitons nous à la dite économie collaborative et aux conséquences de la loi travail.

 

L'économie collaborative

Comme une graine qui attend les conditions favorables à sa germination et à son expansion, la graine de l'économie collaborative végétait sous sa forme primitive dite du « self service » qui a vu le jour avec l'apparition des grandes surfaces. Si au début les grandes surfaces en concurrence avec le petit commerce allaient encore utiliser des employés pour remplir votre caddie ou chariot après que vous soyiez passé en caisse, l'opération sera brève. Et rapidement le consommateur devra faire dès la prise en main du chariot de l'hypermarché, son affaire du self-service accepté, jusqu'à la remise en place du caddie. A ce stade, il y a bien une collaboration de l'individu consommateur avec le management de l'hypermarché, cependant elle se limite à une consommation collaborative (3). A cette époque on ne s'interroge pas sur ce type d'activité, même quand cette activité se prolonge jusqu'au montage de meuble en kit (une spécialité de la multinationale Ikéa). L'utilisation du consommateur comme relais inconscient du travail salarié va éclore au moment où les conditions objectives de l'utilisation scientifique de cette activité peuvent se transformer en travail, le mot travail à ce niveau de réflexion étant générique : il suppose indistinctement le salarié et le tra-vailleur indépendant non salarié, voire le bénévolat. Les conditions objectives du développement scientifique de ce travail vont se développer à partir de tâches rendues suffisamment simples pour pouvoir être externalisées sur le consommateur.

Ce sont les technologies de l'information et de la communication (TIC) qui vont permettre d'envisager l'intégration de l'activité du consommateur dans les stratégies financières des entreprises et du management. Désormais l'acte de consommation est aussi acte de travail, au sens où il se trouve en concurrence avec du travail salarié ; la sociologue Marie-Anne Dujarier brosse un tableau édifiant de ce phénomène : « Dans ce cas, le consommateur réalise seul, à l'aide d'un outil plus ou moins "intelligent", un travail opérationnel. Il produit de la valeur pour l'entreprise et remplace partiellement le travail que faisaient des professionnels (4). »

 

L'économie collaborative assèche actuellement les hypermarchés que le e-commerce ronge chaque jour. Aux Etats-Unis les hypers ont déjà fermé leurs portes et en France la réadaptation de Carrefour conduit ce dernier à une alliance avec Google (5) pour contrer Amazon et son partenariat avec Monoprix. Auparavant, ce fut toute l'industrie du disque et de la photographie qui fut kodakisée (6) par le numérique et ce n'est pas fini. L'année 2017 a connu d'importants bouleversements en relation avec l'utilisation du numérique par le consommateur pour gérer ses comptes en ligne, résultats des fermetures d'agences à la chaîne. De son côté L'Argus de l'assurance cite l'Observatoire des métiers de l'assurance « sur la période récente, un tassement des effectifs dédiés à la prospective et à la vente ». Et les effectifs commerciaux devraient continuer à diminuer dans les années à venir. La faute à Internet et aux plates-formes web et mobiles. Le client d'aujourd'hui prend en effet de plus en plus en charge des tâches qui étaient dévolues hier aux commerciaux. Il s'informe lui-même sur le site des assureurs ou à travers les comparateurs de prix. Et surtout, il peut contracter un contrat d'assurance en quelques clics.

La coproduction collaborative

 

Il s'agit, pour les entreprises, l'Etat et la fonction publique... de procéder à la captation de l'activité, bénévole ou pas (7), de l'utilisateur d'internet à des fins d'économies de personnel, mais aussi d'appropriation des données fournies par l'internaute. Il s'agit ,comme l'indique Marie-Anne Dujarier, du « crowd sourcing », qui signifie littéralement approvisionnement par la foule. Ce modèle de coproduction ne fait pas que repousser vers le consommateur des tâches standardisées et répétitives ; le crowd sourcing, à l'inverse, va s'abreuver d'informations et de productions dont il fera son commerce. L'utilisation de ces bénévoles du Net est une source de travail gratuit défiant toute concurrence et entrant dans une concurrence redoutable avec tout un pan du travail salarié au niveau mondial. L'exemple le plus connu de coproduction par les utilisateurs du Net c'est Wikipédia, qui reste encore gratuit pour les utilisateurs. Il y en a bien d'autres, comme le travail bénévole des conseils syndicaux de copropriété encadré par la loi Alur qui a obligé les syndics à mettre à disposition des conseils syndicaux un site internet, afin de faciliter la coproduction collaborative. La coproduction collaborative permet au propriétaires de sites d'exploiter cette source de travail gratuit. Pour exemple, les sites de généalogies étaient à leur début des sites ou-verts faisant appel au bénévolat. Une foi que le site était suffisamment alimenté par le « travail gratuit de bénévoles » il devenait payant (8).

De l'autoproduction dirigée Marie-Anne Dujarier explique bien comment ce manifeste le rapport de force pour faire plier le salarié et le consommateur en utilisant le sous effectifs : « Loin de n'être qu'une "technique" de gestion ou de vente, le marketing se fait "in-terne", se mêle d'organisation du travail et de la "gestion des ressources humaines". Il joue sur l'incitation (rétributions réelles et symboliques accordées aux employés qui participent au mouvement) ainsi que sur la contrainte ("on est contre, mais on n'a pas le choix", disent les agents). Une autre manière de faire passer le changement auprès des personnels au contact consiste à créer un sous-effectif. Ne pouvant faire face à une file d'attente exaspérée, les agents sont soulagés de pouvoir diriger le consommateur vers les au-tomates (bornes, Internet, téléphone). Cela fait baisser la pression, du moins provisoire-ment. Certains clients pourront, au passage, renforcer la croyance que les professionnels sont plus lents que les automates et accepter d'autant mieux l'autoproduction dirigée. »

La sociologue souligne que la production de masse entre en contradiction avec le désir de personnalisation des acheteurs. C'est sur cette contradiction que l'autoproduction dirigée va jouer en laissant un choix « libre » au consommateur, pour l'inciter à participer à la coproduction. Les exemples de ce type de choix sont nombreux sur Internet, notamment tous les constructeurs automobiles vous poussent à faire des simulations sur le véhicule de votre choix, couleurs... Cette impression de choix n'est possible qu'à partir de produits déjà fortement standardisés, une sorte de Lego du consommateur. Les prestations standardisées sont alors combinables pour être personnali-sées. C'est assez typique des fast-food où des produits standardisés peuvent s'assembler pour obtenir des sandwiches diversifiés ; de même pour les voyages, les fleuristes, les produits d'épargne, les assurances...

Salariés et consommateurs suivis à la trace Les TIC ont permis de mettre en place une géolocalisation des marchandises et des êtres humains, mais aussi des animaux. Ce suivi /es-pionnage de tout en temps réel va avoir un nom :

la traçabilité. De nombreuses professions utiliseront les TIC pour contrôler l'activité de leurs salariés, principalement dans les transports au début, mais le système s'est rapidement répandu à d'autres secteurs. Cette généralisation va aussi toucher le consommateur, Google et son service de messagerie permettant une traçabilité des internautes sur leur vie privé, leurs goûts, leurs objectifs, et projets légaux et illégaux utilisés maintenant par les Etats et services de police qui peuvent remonter toute une filière pour retrouver assassins et terroristes. Sans s'en rendre compte vraiment, l'internaute fait une grande partie du travail de la police, les renseignements généraux n'ont plus à se déplacer, ils scrutent en permanence le Net.

En résumé Dans ce texte j'essaye de montrer comment les NTIC permettent d'élargir le champ de l'exploitation et de l'accumulation du travail gratuit par l'utilisation d'un nouveau venu dans la danse macabre de la concurrence capitaliste. Ce concurrent c'est le consommateur qui, nous l'avons démontré, devient un redoutable concurrent du système du salariat puisqu'il travaille entièrement gratuitement. A ce redoutable concurrent il faut ajouter l'entrepreneur de soi un contractant en lisière du travail au noir. Le tout sera finalement cadré par la loi travail El Khomri, le rapport Badinter, les ordonnances Macron et la loi sur le télétravail (voir ci-dessous,p. 40 à45).

Gérard Bad (juillet 2016)

 

Notes

 

(1) La Sphère de circulation du capital, Echanges et mouvement, septembre 2000.

(2)En Collectif des livreurs autonomes de Paris.

(3 )En 1978, le terme consommation collaborative est utilisé par Felson et Spaeth pour désigner les « événements dans lesquels une ou plusieurs personnes consomment des biens ou des services économiques dans un processus qui consiste à se livrer à des activités communes ».

 

(4)Le Travail du consommateur, de McDo à eBay: comment nous coproduisons ce que nous achetons, de Marie-Anne Dujarier, La Découverte, 2008.

 

(5)En 1978, le terme consommation collaborative est utilisé par Felson et Spaeth pour désigner les « événements dans lesquels une ou plusieurs personnes consomment des biens ou des services économiques dans un pro-cessus qui consiste à se livrer à des activités communes ».Lundi 11 juin 2018, Carrefour s'allie officiellement en France avec Google. Il compte vendre dès 2019 ses produits via trois canaux numériques du géant américain : l'enceinte connectée Google Home, l'assistant Google, présent sur les smartphones, montres ou téléviseurs connectés, et la plate-forme de commerce en ligne Google Shopping, qui sera dotée en France d'une nouvelle interface pour gérer les listes de courses, notamment de produits frais.

(6) Le premier coup de semonce touchera l'entreprise Kodak qui refusa la numérisation, celle ci fut liquidée rapidement par la concurrence, au point que certains utilisent le mot kodakiser pour désigner ceux qui (employeurs, salariés, indépendants... résistent au « progrès ».

 

(7) Par exemple la déclaration des revenus sur Internet devenue obligatoire en France en 2018.

(8) « Sur Internet, c'est toujours la même chose : on crée un site gratuit et dès qu'il marche, on fait payer le service » (Le Travail du consommateur, p. 113). Voir aussi la neutralité du Net remise en cause par Trump et aussi la rivalité Chine/Etats-Unis sur les entreprises du Net.« Les restrictions imposées par l'administration américaine sur les investissements chinois dans les fusions-acquisitions de so-ciétés de haute technologie aux Etats-Unis ont un impact sur les projets des entreprises chinoises, a déclaré à Sputnik [agence multimédia lancée par le gouvernement russe] Mei Xinyu, de l'Institut de recherche en matière de coopération économique et commerciale auprès du ministère chinois du commerce. »

 

 

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08 novembre 2018

L’effondrement d’immeubles à Marseille: le produit d’un crime social (wsws)

Par Anthony Torres
7 novembre 2018

Trois bâtiments de quatre à cinq étages se sont effondrés sur Marseille rue d’Aubagne, dans le quartier ouvrier de Noailles lundi matin, faisant quatre morts. Des dizaines de personnes sont portées disparues, et on craint que le nombre de victimes ne monte rapidement.

Immeubles effondrés à Marseille

Vers 9h du matin, les deux bâtiments du quartier de Noailles se sont effondrés blessant légèrement deux passants avant qu’un troisième immeuble s’effondre de lui-même à 75 pour cent, vers 17h15. L’un des immeubles, qui était un bâtiment municipal faisant l’objet d’un arrêté depuis «une dizaine de jours, suite à une difficulté sur une cloison au 1er étage», aurait dû être évacué. Dans le second bâtiment, neuf des douze logements étaient habités et devait y être installée «une micro crèche de dix berceaux», selon MarsActu.

Une personne est confirmée morte, mais une dizaine de personnes que les marins pompiers de Marseille tentent de secourir sont portées disparues. Selon l’adjoint au maire, Julien Ruas, les opérations vont se poursuivre sur plusieurs jours étant donné la quantité de gravats sur la voie publique qui ont ensevelies aussi des voitures.

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner s’est dit «peu optimiste» sur la situation et a ajouté que «huit personnes sont susceptibles de se trouver dans les immeubles». Parmi les personnes portées disparues, une jeune femme qui n’est pas allée chercher sa fille à l’école et une «femme qui ne sortait jamais de chez elle» selon Renaud Muselier, président de la région PACA.

Un étudiant résidant dans l’immeuble en face de celui effondré a expliqué au Figaro: «Il y a eu un gros boum et ça s’est effondré. La semaine dernière les pompiers étaient venus et avaient bloqué la rue pendant deux heures à cause du risque d’effondrement mais ensuite il ne s’était rien passé du tout».

Le quartier de Noailles est le quartier le plus densément peuplé de Marseille. C’est un quartier habité par des travailleurs pauvres, majoritairement issus de l’immigration où les familles s’entassent les unes sur les autres. L’effondrement d’immeubles est le produit d’un crime social, les autorités publiques et les décideurs économiques ayant créé des conditions où les familles pauvres n’ont pas d’autre choix pour se loger que de vivre dans des logements insalubres, alors que les autorités sont conscientes du péril auxquels ces travailleurs sont exposés.

Les travailleurs morts ou blessés dans cette tragédie l’ont été parce qu’ils étaient pauvres. La municipalité a laissé pendant des décennies ces bâtiments se dégrader dans les quartiers populaires, alors qu’en même temps la mairie investissait des milliards dans le quartier de la Joliette pour en faire un centre d’affaires.

Dans une expertise établie en 2013, la société publique d’aménagement de la ville de Marseille rapportait que 48 pour cent des immeubles étaient indécents ou dégradés. 20 pour cent étaient en procédures d’insalubrité ou de péril. Seuls 11 pour cent se trouvaient dans un bon état structurel. Le manque d’investissement des autorités publiques dans les quartiers ouvriers contraste avec les milliards dépensés dans le réaménagement du quartier de la Joliette sur Marseille en centre d’affaire et de tourisme.

L’Etat est aussi responsable que la municipalité dans la dégradation du parc immobilier. Un autre rapport daté de 2015 par l’administration du développement durable pointait du doigt l’état et la mairie qui mettaient de la mauvaise volonté dans l’habitat insalubre à Marseille.

L’architecte urbaniste Eric Baudet parle du quartier de Noailles «d’une grande pauvreté» où «les locataires vivent de minimas sociaux, les propriétaires louent aux prix des APL et font le minimum de travaux, voire aucun. Et ça se dégrade lentement. La catastrophe de la rue d’Aubagne était prévisible».

L’effondrement des trois immeubles sur Marseille n’est pas un phénomène isolé. Au Royaume-Uni, des dizaines de travailleurs ont trouvé la mort dans l’effroyable incendie de la Tour Grenfell parce que le riche quartier Kensington de Londres où ils habitaient leur avait imposé un revêtement hautement inflammable afin de réduire les dépenses sociales. Comme à Marseille, les autorités publiques les laissaient vivre sans aucune sécurité, parfaitement conscients du danger imminent.

Plusieurs incendies dans des quartiers pauvres de la banlieue proche de Paris ces dernières années se sont déclarés en raison d’installations électriques anciennes dans des appartements vétustes où logeaient des familles de travailleurs pauvres.

L’effondrement des bâtiments sur Marseille s’est produit après que Macron a annoncé en début d’année 300 milliards d’euros pour le renforcement de l’armée afin de militariser l’UE, et la réduction des impôts pour les fortunes françaises. Cette politique de guerre et de destruction des acquis sociaux menées depuis des décennies s’accompagne d’un quadrillage par la police des quartiers populaires. L’État accorde à la police des pouvoirs illimités pour intimider et réprimer les travailleurs pouvant entrainer la mort, comme lors de la fusillade de police à Nantes.

La classe dirigeante, si elle refuse de financer des conditions de vie décentes pour les masses urbaines, déploie par contre des sommes faramineuses et un savoir faire considérable pour préparer à mener une guerre urbaine contre la population.

Peu après l’arrivée au pouvoir du gouvernement PS de François Hollande, Samia Ghali, députée PS du 15ème et 16ème arrondissements de Marseille avait appelé à l’envoi de l’armée dans les banlieues de Marseille. Elle déclarait au journal La Provence: «Aujourd’hui face aux engins de guerre utilisés par les réseaux, il n’y a que l’armée qui puisse intervenir. Pour désarmer les dealers d’abord. Et puis pour bloquer l’accès des quartiers aux clients, comme en temps de guerre avec des barrages. Même si cela doit durer un an ou deux, il faut tenir.»

Cette menace s’est réalisée lors de l’état d’urgence imposé deux ans plus tard par Hollande et à présent inscrit dans la législation française à travers la loi antiterroriste voulue par Emmanuel Macron.

En laissant vivre des millions de travailleurs dans des logements vétustes et en péril et dans la misère, les classes dirigeantes créent des conditions où des désastres sanglants comme celui lundi à Marseille se produisent inévitablement, en France et à travers le monde. Ainsi ces tragédies ne sont pas des accidents, mais bel et bien le produit d’un crime social commis contre les travailleurs.

http://www.wsws.org/fr/articles/2018/11/07/mars-n07.html

 

Posté par spartacus1918 à 07:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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