SPARTACUS

12 décembre 2019

INFOBREF N°534-suicides et retraite par point

inf_534

Manifestation interprofessionnelle parisienne

CGT Paris

14h. Nation République

De partout s'est exprimé le rejet du projet Macron-Delevoye avec le système de retraite par point qui va contraindre tous les salariés, quelque que soit leurs régimes, à travailler plus longtemps pour gagner moins !

Preuve en est, les manifestations parisiennes des 5 et 10 décembre ont rassemblé précaires, privés d'emplois, salariés du public comme du privés, retraités, jeunes…

Il est donc de la responsabilité du gouvernement d'abandonner son projet et d'ouvrir de nouvelles négociations à partir des revendications portées par les organisations syndicales.

  • Maintien des régimes de retraites : régime général, régimes spéciaux, régimes complémentaires, code des pensions civiles et militaires,

  • Retrait du plan Macron-Delevoye,

  • Retour à la retraite à taux plein à 60 ans,

  • Taux de remplacement de 75 % de la rémunération d'activité sur la base des 10 meilleurs années dans le privé et des 6 derniers mois dans le public, pas de retraite inférieure au smic,

  • Prise en compte de la pénibilité, des périodes de formation et aménagement des fins de carrière.

Nous appelons à amplifier le mouvement, à organiser des assemblées générales, et des initiatives partout.



« J’ACCUSE MACRON, HOLLANDE, SARKOZY ET L’UE DE M’AVOIR TUÉ »

samedi 9 novembre 2019, par a_suivre (Date de rédaction antérieure : 9 novembre 2019).

Un étudiant de Lyon 2, âgé de 22 ans et originaire de Saint-Étienne, a tenté de mettre fin à ses jours en s’immolant par le feu, ce vendredi 8 novembre 2019 vers 14h50, devant le restaurant universitaire du 7e arrondissement de Lyon.

Dans un message qu’il a posté sur Facebook il parle de la perte de sa bourse étudiante, de la survie, du chômage de masse et du fascisme.

Il est brûlé sur 90% du corps. Avant son geste ultime, il appelait, en guise de dernière volonté, à continuer à lutter. Voici sa lettre :

« Bonjour,
« Aujourd’hui, je vais commettre l’irréparable, si je vise donc le bâtiment du CROUS à Lyon, ce n’est pas par hasard, je vise un lieu politique, le ministère de l’enseignement supérieur et la recherche et par extension, le gouvernement.
« Cette année, faisant une troisième l2, je n’avais pas de bourses, et même quand j’en avais, 450€/mois, est ce suffisant pour vivre ?
« J’ai eu la chance d’avoir des personnes formidables autour de moi, ma famille et mon syndicat, mais doit-on continuer à survivre comme nous le faisons aujourd’hui ?
« Et après ces études, combien de temps devrons nous travailler, cotiser, pour une retraite décente ? Pourrons nous cotiser avec un chômage de masse ?
« Je reprends donc une revendication de ma fédération de syndicats aujourd’hui, avec le salaires étudiant et d’une manière plus générale, le salaire à vie, pour qu’on ne perde pas notre vie à la gagner.
« Passons à 32 heures de travail par semaine, pour ne plus avoir d’incertitudes vis à vis du chômage, qui conduit des centaines de personnes comme moi chaque année à ma situation, et qui meurent dans le silence le plus complet.
« Luttons contre la montée du fascisme, qui ne fait que nos diviser et créer et du libéralisme qui crée des inégalités.
« J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué, en créant des incertitudes que l’avenir de tous-tes, j’accuse aussi le Pen et les éditorialistes d’avoir crée des peurs plus que secondaires.
« Mon dernier souhait, c’est aussi que mes camarades continuent de lutter, pour en finir définitivement avec tout ça.
« Vive le socialisme, vive l’autogestion, vive la sécu.
« Et désolée pour l’épreuve que c’est.
« Au revoir »

Toutes nos pensées vers cet étudiant désespéré, entre la vie et la mort ce soir.

Sources :

Le Progrès https://www.leprogres.fr/rhone-69/2…

Nantes Révoltée https://www.facebook.com/Nantes.Rev…


REMARQUE : 24 h après le sacrifice dramatique de ce jeune, aucun commentaire dans les médias, rien aux infos, bref, le mépris habituel de la classe dirigeante. Tout mon soutien à sa famille et à ses proches.

A suivre



D'une immolation à l'autre

Enregistré sur France 3 le 25 novembre 2019 après 19h30



    Bonjour à toutes et à tous,

Moins de 20 jours après une première immolation par le feu d'un jeune en détresse, en voici un deuxième qui s'immole aussi. À quand le troisième ?

Cette fois, c'est une jeune fille. "Ils" ont tenté de faire croire que si elle s'était immolée c'était uniquement parce qu'elle avait des problèmes psychologique. Il n'empêche qu'en peu de temps, cela fait deux étudiants qui s'immolent sur leur lieu de travail ou au CROUS. Nier les problèmes liés aux études serait un mensonge, et même un crime.

Car pousser les jeunes dans un tel désespoir qu'ils en viennent à se suicider est un CRIME. Et, un suicide par immolation est un suicide qui dit quelque chose, c'est un suicide qui accuse.

    Bien à vous,
    do
« J'ACCUSE MACRON, HOLLANDE, SARKOZY ET L'UE DE M'AVOIR TUÉ »



Les bourses à Macron ne sont pas vides

Récemment, nous avons appris que l' Etat français était prés à utiliser 300 milliards de nos impôts pour les armées d' ici 2025 sources lemonde.fr Les militaires engagés y voyaient déjà des possibilités d' augmentation de leur solde « la moitié des militaires ont perçu, en 2018, une solde de 2076 euros, au lieu de 2114 en 2017 » selon le canard enchaîné du 27/11/2019. Ce même journal révèle « que plus le budget de la Défense augmente, moins les « personnels militaires » (206320 au total en bénéficient). A la question où passe l' argent, il nous faut répondre à moderniser les armées avec en filigrane l' ambition française de prendre la tête de la défense européenne, d' ou la réflexion de Macron sur le fait que l' OTAN est « en mort cérébrale » une manière de faire comprendre aux divers pays européens qu'ils doivent passer à la caisse et ne plus compter sur l' OTAN. Ce n' est pas un hasard si à diverses reprises les américains appellent les européens à prendre leur défense en mains. Un dernier coup de collier ce prépare à cet effet ;l’alliance prépare pour 2020 un exercice énorme en Europe, baptisé Defender Europe 20, qui impliquera 37.000 soldats de l’alliance, dont 20.000 projetés des Etats-Unis,

Les bourses à Macron ne sont pas vides

LA CAGNOTTE RETRAITE DE 127 MILLIARDS

Les retraites sont-elles un faux problème ? C’est la thèse, qui peut paraître surprenante, défendue par Gilles Raveaud, un professeur d’économie à l’université Paris-VIII. Il a longuement expliqué, sur BFM Business, le 25 novembre, pourquoi, à son sens, l’équilibre du système ne serait tout simplement pas menacé, car il existerait une manne de l’ordre de « 150 milliards d’euros pour les retraites ».

Ce chiffre englobe le Fonds de réserve pour les retraites (FRR), « doté de plus de 30 milliards » et les caisses des complémentaires, avec « 116 milliards d’euros ». Et ce sans même compter la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades), qui représentera à partir de 2024 une manne supplémentaire de « 24 milliards d’euros » par an.

Selon Gilles Raveaud, « en fait, il n’y a pas de problème de financement des retraites ». Son intervention a été visionnée des millions de fois sur Facebook et de nombreux sites Internet comme Economiematin.fr ou Planetes360.fr l’ont également relayée pour critiquer la réforme voulue par le gouvernement.

POURQUOI C’EST PLUS COMPLIQUÉ

1. Il existe bien une « cagnotte », mais elle est dispersée

Le constat de départ de Gilles Raveaud est tout ce qu’il y a de plus sérieux : il existe bien des réserves financières considérables dans le système de retraites français à l’heure actuelle. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) le confirme dans son rapport publié le 21 novembre : si l’on compte l’ensemble des réserves et dettes existantes dans les différents régimes ainsi que dans le FRR, il y a globalement 127,4 milliards d’euros de réserves nettes dans le système (déficits déduits). Soit peu ou prou l’équivalent des 150 milliards d’euros évoqués par l’économiste.

Il existe bien une « cagnotte » de 127 milliards d'euros pour financer les retraites

Soldes nets des trois deux grands types de régimes ainsi que du Fonds de réserve pour les retraites et de la CADES fin 2017.

 

Régime de base et intégrés 10,8 milliards

Régimes complémentaires 126, 1 milliards

Fonds de réserve pour les retraites 36,4 milliards

Dette de la Cades (retraites uniquement) 45,9 milliards

 

(chiffres e n décembre 2017)

 

L'opposition à la réforme des retraites se confirme !

CGT

Avec 1 million de manifestants dans plus de 200 manifestations organisées ce mardi 10 décembre, c'est une nouvelle journée de mobilisation réussie alors même que cette date est apparue très récemment dans le calendrier après une première journée d'ampleur historique.

Enfermé dans son déni, le Gouvernement et sa majorité tenteront de réduire l'action d'aujourd'hui au seul nombre de manifestants présents dans les rues. Il apparaît clairement que l'opposition sur le fond de la réforme s'installe durablement dans l'opinion publique.

Ainsi, les actions de grève se multiplient dans des entreprises du secteur privé à l'instar des raffineries, dans les secteurs de l'Agro-alimentaire (Madrange, Danone, Bonduelle...) de la métallurgie (à l'instar d'Airbus, Téfal ...) ; dans l'énergie où les baisses de production sont importantes ; comme dans le secteur public où les taux de grévistes restent élevés amenant des fermetures d'écoles et d'administrations diverses.

L'excès de communication déployé par le Gouvernement pour tenter de désamorcer la situation est un échec, force est de constater que le monde du travail, de la jeunesse et des retraité.e.s se sont de nouveau massivement mobilisés ce jour pour exprimer leur volonté de bénéficier d'un régime de retraite solidaire et intergénérationnel à l'opposé du projet présidentiel. Allant même jusqu'à entraîner la mobilisation de secteurs professionnels peu enclin à la manifestation à l'instar des syndicats de la Police Nationale.

Au regard de cette journée, la CGT appelle celles et ceux qui ne se sont pas encore mobilisés à s'inscrire dans les prochaines mobilisations interprofessionnelles du jeudi 12 décembre et du mardi 17 décembre 2019.

Posté par spartacus1918 à 12:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

07 décembre 2019

DANS LA PRESSE REVOLUTIONNAIRE

DANS LA PRESSE REVOLUTIONNAIRE

 

la_mouette

https://lamouetteenragee.noblogs.org/post/2019/12/11/retraites-et-pas-que-premier-tour-dhorizon-radiophonique-de-la-mobilisation/

Mobilisation et actions dans le boulonnais

Comme partout ailleurs, la journée du 5 décembre fut un succès à Boulogne-sur-mer.

Dans la nuit du 4 au 5 décembre, des ouvriers de la marée ont tenté sans succès d’investir la zone industrielle de Capécure. Des forces de polices, semble-t-il dépêchées depuis Calais, sont intervenues malmenant physiquement et verbalement les ouvriers, les empêchant même de distribuer leurs tracts. Certains d’entre eux auraient été conduits au commissariat.

La bourgeoisie, sa police et son préfet

Dans la nuit du 5 au 6 décembre, une action de blocage est menée au dépôt de bus desservant l’agglomération. La RATP a récupéré la délégation de service public et comme il sera dit à la presse : «  on ne veut pas les laisser partir car c’est le seul moyen de transport disponible aujourd’hui. Et on n’a pas vu Marinéo, en grève hier avec nous ». Précisons toutefois que les ouvriers de l’atelier étaient à l’arrêt le 5 décembre et présents à la manifestation. Seul le roulement fonctionnait et en partie seulement comme nous l’expliquera le conducteur du premier bus sorti du dépôt. Lui même était gréviste la veille. Une chose est certaine, la cfdt est majoritaire dans la boîte depuis longtemps et Berger se félicite d’avoir inspiré l’idée de la « retraite universelle » à Macron …La suite

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

  • [Chili] Assemblées territoriales : organes autonomes créés par la communauté en lutte
  • Assemblées destituantes pour l’abolition du Capital, de l’Etat et du travail salarié
  • Notes provisoires sur la révolte « anarchique » de masse qui secoue la région chilienne
  • Chili : Où allons-nous ? Vers l’incertitude et la conflictualité permanente ! Quelques mots de et pour la révolte d’octobre
  • Depuis le Chili : Un regard anarchiste sur la situation de révolte et de répression

[Chili] Assemblées territoriales : organes autonomes créés par la communauté en lutte

https://www.autistici.org/tridnivalka/protestas-en-chile-fr/

LO

Le piège de la « lutte contre l’islamophobie »

 

Lutte de Classe n°181 - février 2017

Une politique de construction de fronts pour « lutter contre l’islamophobie » est de plus en plus défendue par une partie de l’extrême gauche. Au point de perdre tout repère de classe, et d’user de démagogie vis-à-vis de l’islam politique.

Le débat sur cette question s’est amplifié avec les différentes affaires de jeunes filles voilées à l’école, à partir de 1989, et surtout après la loi de 2004 sur l’interdiction du voile à l’école. Il s’est poursuivi avec la polémique sur l’interdiction du voile intégral dans l’espace public, adoptée en 2010.

Depuis les attentats de 2015 et 2016, cette question a pris de l’ampleur. Par exemple, le lamentable épisode de l’affaire du burkini a remis en lumière, l’été dernier, la façon dont les politiciens de droite comme de gauche sont prêts à faire feu de tout bois pour détourner l’attention de l’opinion des problèmes essentiels du moment, par démagogie électorale.

Cette récupération de la question du voile, de la burqa ou du burkini par des politiciens qui se moquent de l’oppression des femmes et ne sont laïcs que lorsqu’ils parlent de l’islam, est choquante. C’est une campagne raciste.

Pour autant, en tant que militants communistes, nous sommes aussi des adversaires résolus de toutes les religions et de toute oppression, et l’actuelle campagne ne doit pas faire perdre aux révolutionnaires toute boussole.

 

Kurdes de Syrie : otages de la politique impérialiste

 

Mercredi 9 octobre, la Turquie a lancé une offensive militaire contre le Rojava, la zone kurde autonome du nord de la Syrie. Le gouvernement Erdogan s’est visiblement senti autorisé à mener cette attaque après les communiqués de Trump annonçant le retrait des troupes américaines de cette zone.

 

Il est vrai que Trump avait contrebalancé ses déclarations en menaçant de détruire l’économie turque si la Turquie « dépassait les limites ». Mais pour les Kurdes la menace était claire.

 

Ils sont 30 à 40 millions, dispersés sur plusieurs pays, essentiellement la Turquie, l’Irak, l’Iran et la Syrie. Privés de droits nationaux et opprimés, les Kurdes ont espéré voir leur situation s’améliorer après les guerres en Irak et en Syrie. Le Kurdistan autonome irakien existe officiellement depuis 2005, et depuis 2012 les Kurdes de Syrie ont pu, eux aussi, gérer le territoire autonome du Rojava, qui constitue l’ouest du Kurdistan revendiqué par les nationalistes. Il a fait la une de l’actualité lors de la bataille de Kobané en 2014-2015, quand les combattants des YPG (Unités de protection du peuple) ont résisté à l’avancée de l’État islamique, ou lors de l’attaque contre Afrin (entre janvier et avril 2018), quand à l’inverse ils ont été repoussés par l’armée turque.

 

Les États-Unis se sont appuyés sur les milices kurdes syriennes, les YPG, pour lutter contre l’organisation État islamique (EI) dans la région. Onze mille combattants kurdes ont péri dans ces combats. Ces milices se chargent encore aujourd’hui de maintenir en détention 10 000 membres des milices de l’EI. Mais, l’organisation État islamique ne semblant plus présenter un danger, l’intérêt d’une alliance avec ces milices kurdes syriennes a considérablement diminué, d’autant que les dirigeants impérialistes ont besoin de la Turquie pour maintenir un certain ordre dans la région. Or Erdogan veut absolument s’opposer à l’autonomie des Kurdes syriens.

 

Les dirigeants américains pourraient maintenant lâcher complètement les milices de l’YPG, après les avoir utilisées contre l’EI. Ce ne serait pas la première fois que l’impérialisme opérerait un tel retournement.

 

Ainsi, en 1991 et sans remonter plus loin, lors de la première guerre du Golfe, les dirigeants américains avaient appelé le peuple irakien à se soulever contre Saddam Hussein, coupable de les avoir défiés en occupant le Koweït. Cela entraîna une insurrection kurde, que les dirigeants américains laissèrent l’armée de Saddam Hussein réprimer, avec la complicité de toutes les autres puissances impérialistes, dont la France. Ce n’est qu’une fois assurés que tout risque révolutionnaire était écarté qu’ils protégèrent le Kurdistan irakien, ce qui lui permit de gagner une autonomie bien fragile et toujours susceptible d’être remise en question.

 

L’autonomie conquise au Rojava à la faveur des combats est maintenant remise en cause par la politique impérialiste, qui ne défend les droits des peuples qu’en fonction de ses besoins et de l’évolution de ses alliances.

 

A. R.

 

 Union_communiste_libertaire

Le Rojava doit vivre, il faut stopper l’invasion par l’armée turque

 

 

 

Avec le feu vert des États-Unis, l’armée turque et ses supplétifs islamistes ont débuté l’attaque. Début 2018, avec un feu vert similaire de la Russie, les mêmes avaient envahi le canton d’Afrîn, avec pour résultat destructions, massacres et un vaste nettoyage ethnique. Aujourd’hui on peut redouter une répétition de ce scénario. L’équilibre entre impérialismes rivaux, qui avait profité pendant cinq ans à la gauche kurde, est à présent rompu. Cette trahison était attendue. La gauche kurde est désormais seule face aux tanks et à l’aviation turcs. Soutien total à la résistance populaire en Syrie du nord !

 

 

GILETS JAUNES LES BILANS

 

Voir la brochure de Henri Simon « Mathématiques et « Gilets jaunes » Déterminisme et relativisme.

 

 

 

nouveau supplément GJ n°8 au n°19 de Temps critiques

 

Et aussi pour ceux qui veulent en savoir plus sur notre intervention au sein du mouvement, voir le "clap de fin" dur le blog

http://blog.tempscritiques.net/archives/2231

et récapitulatif est aussi à donner à mon avis :

http://blog.tempscritiques.net/archives/3060

 

AUTOPSIE DU MOUVEMENT DES GILETS JAUNES

 

Robert Bibeau, Khider Mesloub

 

Collection : Questions contemporaines

 

ACTUALITÉ SOCIALE ET POLITIQUE SCIENCES POLITIQUES SOCIOLOGIE

Date de publication : 16 septembre 2019

 Livre papier : 20 € --Version numérique* :14,99 €

 

logos_alencontre

http://alencontre.org/europe/france/france-les-gilets-jaunes-ce-nest-quun-debut.html

France. Les «gilets jaunes»: ce n’est qu’un début…

Par Alain Bihr

Tous ceux qui avaient pronostiqué voire espéré que le mouvement des « gilets jaunes » (GJ) ne franchirait pas le cap des fêtes de fin d’année en auront été pour leurs frais. Passée la traditionnelle trêve des confiseurs, les GJ sont réapparus dans le paysage, notamment sous la forme de leurs désormais rituelles manifestations du samedi. Néanmoins différents signes (des cortèges moins fournis, des blocages et des occupations de ronds-points moins nombreux) témoignent d’un essoufflement certain même si, localement, leur détermination peut rester entière. Inversement, des initiatives sont en cours pour relancer le mouvement sur de nouvelles bases. Le mouvement est donc visiblement à la croisée des chemins. C’est l’occasion d’en dresser le bilan et de tracer quelques perspectives pour son avenir.

Deux mois de gilets jaunes : premier bilan

Ce que nous devons aux Gilets jaunes - Matière et Révolution



logos_alencontre

 

Auto-Crash. L’industrie automobile au cœur de la crise à venir

Publié par Alencontre le 5 - septembre - 2019

Par Winfried Wolf

Depuis la mi-2019, nous vivons le prélude à une crise profonde dans le secteur industriel le plus important du capital mondial.

L’industrie automobile, premier secteur manufacturier du capitalisme, est confrontée à une crise. Dès 2018, la production automobile totale en Allemagne était en déclin. En juin 2019, il y a eu une forte baisse de 4,7% des nouvelles immatriculations (par rapport à juin 2018). En août, les fabricants produisant dans la seule Allemagne ont annoncé la perte de plus de 30’000 emplois. La contradiction chez Opel est typique. Cette filiale du groupe français Peugeot serait enfin dans les chiffres noirs. Mais à quel prix? Pour ce qui est de l’emploi, les chiffres sont d’un rouge foncé. Depuis la reprise par PSA [en février 2017], 8000 emplois ont été supprimés chez Opel, ce qui correspond à 25% du total; la réduction de 2500 emplois supplémentaires est envisagée, au même titre que la fermeture d’un des trois sites de production.

Aux Etats-Unis, GM et Ford réduisent leurs investissements depuis des mois. L’industrie automobile japonaise s’affaiblit également. Un vaste processus de consolidation est actuellement en cours dans ce pays, au cours duquel seuls quatre des huit groupes actuels ont des chances de survivre en tant que sociétés indépendantes. Cela sera associé à la suppression de dizaines de milliers d’emplois.

La situation en Chine est extrêmement sombre. Le 29 juillet, le Financial Times a titré en première: «La chute des ventes de voitures en Chine». Là-bas, les ventes de voitures ont déjà chuté de 4% en 2018. Dans la première moitié de 2019, une baisse spectaculaire de 14% a été constatée. La Chine est le plus grand marché pour la plupart des constructeurs automobiles occidentaux. Par exemple, les ventes de Ford en Chine ont chuté de 27% au premier semestre 2019. Une nouvelle usine Peugeot en Chine n’a vendu que 201 voitures au premier semestre 2019.

Malaise dans l’économie dominante

Publié par Alencontre le 4 - septembre - 2019

Par Michel Husson

« Nos certitudes sur l’économie s’effondrent » vient de déclarer Alain Minc dans Le Figaro [1]. Patrick Artus reconnaît qu’on « ne sait plus analyser la situation à long terme des économies [2] ». Effectivement, le monde dans lequel nous vivons n’est plus celui des manuels d’économie (s’il l’a jamais été). Petit tour d’horizon des raisons de ce trouble.

Borne zéro et trou noir

Les politiques menées par la BCE, déjà qualifiées de “non conventionnelles”, ont pu amortir en partie certains des effets de la crise, mais elles ont aussi contribué à l’apparition d’une configuration étrange où les taux d’intérêt sont orientés à la baisse, jusqu’à devenir négatifs. Bref, on a atteint la borne zéro (Zero Low Bound) qui désarmerait les banques centrales face à une nouvelle récession.

 

LE PROBLÈME PRINCIPAL DE L’HUMANITÉ

 

Par Nuevo Curso. Traduction

 

Voici un article qui à le mérite de bien appréhender les limites actuelles du système capitaliste, de mettre en avant que de système de production il est devenu un système de destruction. En effet, tous les secteurs sont actuellement touchés par le remplacement historique de l'être humain par la machinerie préparant ainsi la grande révolution mondiale à un titre humain, tel est l' enjeu du XXIéme siècle. Le constat de cette situation globale à été fait, rappelons le lors d’une importante réunion de 500 membres de l’élite mondiale, à San Francisco entre le 27 septembre et le 1er octobre 1995.
Les « grands » de ce monde vont s’interroger sur l’avenir de ce qu’ils allaient appeler le 20/80. Pour eux 20 % de la population mondiale peut faire tourner l’économie et il faut se préparer à gérer les surnuméraires. Il y aura bientôt 80 % de la population qui s’avérera superflu, qu’il faudra « occuper ». Pour maintenir la paix sociale, Brezinski avait proposé le « tittytainment », un mélange d’aliment physique et psychologique qui endormirait les masses et contrôlerait leurs frustrations et protestations prévisibles.
Depuis, nous avons vu se développer des revendications d’adaptation au capitalisme, comme le revenu universel, mais aussi le changement législatif de la loi El Khomri mettant dorénavant sur le même plan droit du salarié et droit de la personne, tout cela dans le cadre de l’offensive sur le numérique et du capitalisme de plateforme.

 

 

 

Courant Alternatif 292 été 2019

 

L’ENVERS DE FLINS

 

Une féministe révolutionnaire à l’atelier

 

lundi 29 juillet 2019, par OCL Reims

 

« Ce livre n’est donc pas une étude sociologique, économique ou même politique sur une grande usine mythique de l’automobile. Ni un plaidoyer nostalgique sur la prétendue disparition de la classe ouvrière. Il est seulement le récit d’un parcours de vie de femme engagée dans une usine d’hommes. Avec la volonté de faire découvrir, par le prisme de mon engagement féministe et révolutionnaire, l’envers d’une usine plus connue pour ses images médiatiques que pour sa vraie vie bouillonnante et complexe. Au-delà du mythe et des préjugés. » Fabienne Lauret, née en 1950, a été une « établie » ouvrière post-68. Au début des années 70, avec d’autres camarades du groupe Révolution ! (futur OCT – Organisation Communiste des Travailleurs) auquel elle appartenait, elle s’installe dans la région mantaise (dans les Yvelines) et est embauchée à l’atelier de couture des sièges de l’usine Renault de Flins, en compagnie de quelques camarades. Elle raconte dans son livre 36 ans de vie quotidienne à l’usine et dans la région, son implication dans les luttes ouvrières au sein de la CFDT, les luttes des prolétaires immigrés, les pratiques managériales destructrices au CE, ainsi que la bataille contre le sexisme au travail, qu’il soit patronal, syndical ou ouvrier.

 

Voir la suite

 

 

 

Cédric Villani à Grenoble : l’intelligence artificielle de La République en Marche

 

samedi 29 juin 2019 par Pièces et main d’œuvre

 

Il fallait Cédric Villani à la Maison du Tourisme pour tirer de chez eux des Grenoblois écrasés par 39° de canicule, ce jeudi 27 juin 2019. La réunion, intitulée « Intelligence artificielle et transition écologique : paradoxe ou opportunité ? », était organisée par deux députés locaux de La République en Marche, Emilie Chalas et Olivier Véran. Ambiance de fan club, smartphones à bout de bras, rires et applaudissements à chaque allusion politicienne, bruyante réprobation de toute critique. Nous n’étions pourtant que trois Chimpanzés du futur à contester le mathématicien député Villani, président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) et auteur d’un rapport sur la stratégie nationale en intelligence artificielle « pour repositionner la France et l’Europe au premier plan de ces transformations et en saisir les opportunités ».

 

 

Une brochure sur le mouvement

des Gilets Jaunes à Boulogne-sur-mer

Chronique locale d’une révolte sociale 

Novembre 2018 – Mai 2019 

 

«Tout ce que vous devez savoir sur les manifestations de Hongkong»

Les Etats-Unis modernisent leur arsenal nucléaire: coûts et risques explosent

Publié par Alencontre Le 19 - juillet - 2019

 

Chine. Les protestations des travailleurs s’intensifient alors que l’industrie automobile chinoise se contracte

7 - août - 2019 Publié par: Alencontre Commenter

 Matière et révolution

C'est la mafia qui règne - Matière et Révolution

Toute l’Afrique (et une bonne partie du monde) a les yeux fixés sur la révolution au Soudan

jeudi 16 mai 2019, par Robert Paris

Ce que nous devons aux Gilets jaunes

vendredi 3 mai 2019, par Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed

 

250 ans de capitalisme

Introduction

I. Rapide survol de 250 ans de capitalisme
Du capitalisme sauvage à la fin de la double bipolarisation du monde
Les quatre temps du rapport de force entre les classes

II. La lutte des classes de 1760 à la révolution russe
Travailler plus pour gagner moins
Part des profits et taux de profit
De grands sacrifices pour de maigres résultats
Des témoignages accablants

A suivre...



Le prolétariat universel

A PROPOS DE LA VACANCE DE LA CLASSE OUVRIERE



Posté par spartacus1918 à 10:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

01 décembre 2019

La réforme des retraites c'est « le lit de Procuste »

 

A la veille de la mobilisation syndicale en France du 5 décembre 2019 contre une nouvelle réforme des retraites , il est inutile dans ce texte de détailler la dite réforme des retraites ; de même pour d' autres pays, il suffit de se reporter à l' observatoire des retraites. pour cela.

Il nous faut simplement rappeler que la question des retraites est mondiale et qu' elle exige une réplique mondiale du peuple prolétaire. Cette réplique a commencé dés le début des années 1980 juste après le « retournement monétariste de 1979 ». C’est dans ce contexte que la privatisation des systèmes de retraite a été menée d’abord au Chili (1981). Le Chili de Pinochet servira de modèle pour étendre la privatisation des systèmes de retraite : au Pérou (1993), en Argentine et en Colombie (1994), en Uruguay (1995), au Costa Rica (1996) et au Mexique (1997). Les anciens systèmes de retraite par répartition ont été remplacés (totalement ou partiellement) par des fonds de pension privés. Quand la crise argentine de 2001-2002 éclate, le peso argentin s’effondre, des millions d’épargnants et de retraités se retrouvent sans rien. Des manifestations, puis de véritables émeutes s’emparent de Buenos Aires provoquant la chute de deux présidents de la République successifs (le mandat d’Alfonso Rodriguez Saá ne dure que cinq jours). Avec l’adoption d’un système de retraite par capitalisation, ce sont des millions de retraités qui vont perdre leur épargne en 2001-2002.

L’apparition  d’un nouveau modèle  de retraite au Chili

Le Chili fournit un bon exemple de cette dérive. Son système de retraite fragmenté, injuste, devient de plus en plus onéreux et insoutenable. En 1981, il procède à une réforme radicale et abandonne le modèle Bismarck. Il s’affranchit des normes internationales fixées par la convention 102 de l’OIT et invente un nouveau modèle de sécurité sociale, toujours obligatoire pour les salariés, mais individualisée, privatisée et financée en capitalisation (Voir page 57). Les cotisations sont versées à des fonds de pension gérés par des sociétés privées à but lucratif et en concurrence. Elles s’accumulent dans des comptes individuels. Elles constituent un capital dont chaque assuré est propriétaire, et dont il dispose librement à partir d’un certain âge. Malgré les doutes exprimés notamment par le BIT, cette réforme est d’abord couronnée de succès. Le nombre de cotisants, qui ne cessait de diminuer, remonte. Les fonds de pension contribuent à la privatisation des entreprises nationales et obtiennent des rendements enviables pendant une vingtaine d’années. Le Chili, avec son strict équilibre budgétaire, fait figure de modèle, alors même que  l ’Amérique latine connaît une crise économique avec une très forte inflation et un endettement massif. ( Sources l' observatoire des retraites)





Des manifestants lancent des pierres sur les forces de police, le 18 décembre 2017 à Buenos Aires, en Argentine afp.com/EITAN ABRAMOVICH

15 ans plus tard ,fin 2017, des milliers de manifestants à Buenos Aires sont dans les rues contre une nouvelle purge des retraites votée par les députés. Cette réforme retarde l'âge de départ à la retraite et change le calcul pour la revalorisation des pensions. Dans un pays où l'inflation galopante n'a cessé de rogner leur pouvoir d'achat les retraités se trouvent acculés à une paupérisation qui déchaîne la colère.

2019 au Brésil 45 millions de travailleurs grévistes

Des manifestations avaient lieu dans 188 villes des 27 États du Brésil, a indiqué le site G1 en début de soirée. Les syndicats ont fait état de 45 millions de travailleurs grévistes dans 300 villes.



Partout les illusions vont tomber, pour la simple raison que l' attaque du capitalisme visant à repousser l' âge de la retraite jusqu' à l' anti-chambre de la mort n' est plus à démontrer mais à combattre.

Le Mexique est lui aussi entraîné dans la tourmente mondiale des déficits. Selon le Forum économique mondial les engagements non couverts en matière de retraite sont une véritable bombe à retardement. Ils atteignaient les 70 000 milliards de dollars en 2015, et pourraient dépasser les

400 000 milliards en 2050 dont 137 000 milliards pour les Etats-Unis. Les pays émergents sont concernés par cette dérive. La Chine et l’Inde devraient voir leur besoin de retraite non couvert progressé de 7 et à 10 % par an.

Le nouveau Président Andrés Manuel López Obrador (AMLO) élu fin 2018, a annoncé la mise en place à court terme d’une pension universelle, comme E.Macron en France

« La première mesure prise par le nouveau Président est la mise en place d’une retraite universelle, sur le modèle de celle mise en place dans la ville de Mexico lorsqu’il en était gouverneur. Celle-ci viendra remplacer les programmes actuels et doublera le montant des aides ; elle sera versée sans conditions de revenus. Les retraités toucheront désormais une pension de 1 200 pesos mensuels, soit le double de la pension actuelle (580 pesos) ; l’âge minimum pour l’accès à cette aide est en revanche relevé à 68 ans (contre 65 actuellement), à l’exception des peuples indigènes qui pourront toujours en bénéficier dès 65 ans – mesure appliquée dès le 1er janvier 2019[4]. Le budget approuvé pour 2019 prévoit une augmentation de 150% des ressources dédiées à ces aides, passant de 2 Mds USD à 5 Mds USD – ce qui devrait permettre à 6,5 M de retraités mexicains de recevoir cette pension ; les ressources budgétées ne permettent en revanche pas de verser cette pension à 8 millions de bénéficiaires, comme initialement annoncé par le Président. Cette mesure a globalement suscité des réactions positives, bien que certaines critiques demeurent quant à l’effet d’aubaine lié au caractère universel de la prestation : même les plus riches pourront en bénéficier. » sources ministére de l' économie et des finances

Pas d'illusion à se faire à moyen terme et long terme.

En attendant, les gouvernements vont nous vendre de l'(illusion à la Procuste) sous le couvert d'une nouvelle mutualisation du coût des retraites dites Universelles qui consiste à déshabiller pierre pour habiller Paul.

 Dans les pays de l’UE, c’est à qui avancera le plus vite pour faire sauter toute référence d’âge pour prendre sa retraite et reculer la date de cette retraite à coup de loi tout en gelant ou baissant les pensions. Cette offensive de la classe capitaliste s’effectue de manière différente selon les pays.

Dès les années 1990, les États européens s'attaquent aux systèmes de retraite : En Allemagne « réforme 1992 », Italie réforme Amato (1992) et Dini (1995), France réforme Balladur (1993) et plan Juppé ( mis en échec par le mouvement social de 1995). D’autres comme les Pays-Bas, l’Irlande, le Danemark, l’Espagne conclurent des pactes sociaux visant à réformer les systèmes de retraite en fonction des critères de Maastricht.

Dés les années 2000, poursuite des mesures contre les retraités, la traite se fait par les deux bouts , allongements du temps de travail pour prendre sa retraite , et gel des revalorisations des pensions. Le socialiste espagnol Zapatero donne l' exemple et prolonge la possibilité de prendre sa retraite de 65 ans à 67 ans et à partir de 2010 supprime la revalorisation des retraites. Il procédera en 2011 au gel des salaires des fonctionnaires, le Portugal suivra, la Grèce est dans le même sillage. L' Allemagne et la France vont suivre. En France le président Hollande poursuit les réformes de son prédécesseur Nicolas Sarkozy. Ce dernier avait allongé de six trimestres le temps de cotisation entre 2003 et 2019 pour avoir une retraite à taux plein. Le président Hollande poursuit lui aussi en augmentant de six trimestres de 2020 à 2035. Ce qui veut dire que les salariés nés en 1973 seront dorénavant rivés au boulot jusqu’à 68 ans.

 le mouvement contre la réforme Fillon II en 2010.

La « réforme Fillon  I» (ou « loi Fillon  août 2003») instaure une transition progressive de la durée de cotisation de tous les régimes, sauf les régimes spéciaux, vers 42 ans. Est ainsi décidé dans un premier temps d'aligner la durée de cotisation des fonctionnaires : elle est ainsi allongée de 37 ans et 1/2 à 40 ans à l'horizon 2008, à raison d'un semestre par an.

Les deux réformes Fillon ont révélé la faiblesse tant de la bourgeoisie que de celle du monde du travail. Nous avons déjà montré la force et la faiblesse des manifestations contre la réforme des retraites (voir Le mouvement contre la réforme des retraites est aussi un mouvement contre la précarité et la paupérisation, Echanges n°134, automne 2010) . Notamment que les syndicats étaient toujours les seuls à pouvoir organiser des manifestations significatives à l’échelle de toute la France ; et les grèves syndicales sont pipées parce qu’elles rassemblent surtout des professionnels de la manif.

Débuté en mars 2010, le mouvement social contre la réforme des retraites en France en 2010 a mobilisé à huit reprises plusieurs millions de salariés dans les secteurs public et privé. L'objet immédiat est de protester contre le relèvement de 60 à 62 ans de l'âge légal de départ à la retraite et de 65 à 67 ans de l'âge auquel un salarié n'est plus pénalisé par le système de décote. Le gouvernement met en place une approche par réduction des dépenses publiques (retraites, santé). L'opposition estime ce projet socialement injuste et économiquement dangereux : elle souhaite plutôt augmenter les entrées fiscales en supprimant les niches fiscales et en augmentant les prélèvements obligatoires.

 En Russie, c’est durant la période 2004-2005 que le président Poutine a fait appliquer la loi dite de « monétarisation des avantages sociaux » ; cette loi vise les acquis notamment des retraités, anciens combattants, vétérans de la seconde guerre mondiale et invalides du travail. C’est aussi une attaque en règle contre la gratuité des transports publics, de certains médicaments et du téléphone. Dès le début du mois de janvier 2005, la riposte du peuple russe sera imposante, avec des actions radicales : blocage des rues et des axes routiers. Les manifestants réclameront la démission de Poutine, posant ainsi la question du pouvoir. En 2018, Poutine s'attaque comme ses confrères occidentaux à l' âge pour prendre sa retraite, d'importantes manifestations auront lieu dans tout le pays le 28 juillet 2018. C' est le premier ministre Dimitri Medvedev qui annonce que le seuil pour partir en retraite passe à 65 ans pour les hommes d'ici 2018 et 63 ans pour les femmes d'ici 2034. Soit huit années de plus pour les femmes, cinq pour les hommes.

De l’importance de la lutte contre les réformes des retraites

 Tout d’abord cette lutte touche le plus grand nombre et elle est la plus unificatrice du monde du travail, elle intéresse les jeunes comme les seniors (on est senior à partir de 45 ans). Elle dépasse les frontières nationales et est commune au secteur privé et public. Elle est directement politique ; elle cible non seulement l’Etat, mais le capital financier à l’échelle mondiale. En France la « bataille des retraites » aura connu deux points forts :

-le mouvement de 1995 centré sur la fonction publique à demi-victorieux puisque le projet Juppé fut retiré .

-Celui de 2010 contre la réforme Fillon II

-Le projet Macron-Philippe il a pour objectif de s'attaquer à la Fonction publique et aux régimes spéciaux.

G.Bad

Nous vous invitons également à essayer le simulateur de Sud Education !
Et la brochure en PDF https://retraites.sudeducation.org/brochure/brochure-retraites.pdf



Posté par spartacus1918 à 17:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

23 novembre 2019

Islamophobie: arme de dissuasion massive de la critique du dogme islamique

 

anti_fid_isme

This article is available in 5 languages on this webmagazine:
14.10.2019-Islamofobia-English-Italian-Spanish-Portuguese

 

Récemment, au cours des universités d’été (1) de la France insoumise, parti politique dirigé par Jean-Luc Mélenchon, le philosophe Henri Peña-Ruiz a fait l’objet d’une condamnation sans appel pour ses déclarations tenues lors de son intervention sur le thème de la laïcité. Pour quel motif le philosophe a été condamné ? Il aurait affirmé, selon certains thuriféraires de l’islamo-gauchisme spécialistes de la manipulation : « on a le droit d’être islamophobe ». Cette phrase a suscité un déluge de réactions courroucées sur les réseaux sociaux et une tempête de protestation au sein de la France insoumise.

En réalité, une phrase totalement sortie de son contexte. Qu’il convient donc de réintégrer dans le reste de sa longue phrase pour restituer le sens exact de son propos délibérément déformé pour l’incriminer injustement : « Le racisme, c’est la mise en cause d’un peuple ou d’un homme ou d’une femme comme tel. Le racisme antimusulman est un délit, la critique de l’islam, la critique du catholicisme, la critique de l’humanisme athée n’en est pas un, on a le droit d’être athéophobe comme on a le droit d’être islamophobe, comme on a le droit d’être cathophobe. ».  Pour quiconque connaît les travaux philosophiques d’Henri Peña-Ruiz, il serait malhonnête de porter des accusations diffamatoires contre lui. À titre personnel, je ne partage absolument pas les idées politiques d’Henri Peña-Ruiz. Cependant, au plan intellectuel, j’adhère à ses travaux philosophiques. Dans son intervention, en vérité il a affirmé qu’il est condamnable de discriminer ou d’outrager des croyants en raison de leur religion, mais il est légitime de débattre et de critiquer les dogmes religieux. Mais certains adeptes radicaux du dogme musulman ont décrété que la religion islamique ne souffre aucune critique, n’admet aucun débat philosophique, ne tolère aucune controverse théologique. Pour discréditer Henri Peña-Ruiz on a extrait une phrase hors de son contexte pour lui imprimer une connotation xénophobe. Au lieu de rebondir positivement sur l’invitation du philosophe à ouvrir un débat critique sur l’islam – et sur la religion en général –, les tenants de la doxa islamiste ont brandi leur arme favorite, l’islamophobie, pour déshonorer moralement Henri Peña-Ruiz, accusé odieusement de racisme. Dès lors, l’orientation du débat sur l’islam a  été déviée, éludée, obstruée, au nom du panneau d’interdiction (islamophobie) érigé par l’islamomosphère, cette police de la pensée archaïque totalitaire, survivance anachronique d’un monde féodal oriental maintenu en vie grâce aux pétrodollars.

Pour la clarification du débat ou de l’analyse, il importe d’emblée, par souci de rigueur intellectuelle, de procéder à une définition rigoureuse des termes islamophobie et antimusulman. Tout le monde s’accorde sur la fabrication idéologique récente du néologisme « islamophobie ». Ce terme est formé du radical islam et du suffixe phobie. Si le premier mot appartient à l’usage courant du vocabulaire, compréhensible par tout le monde, le second vocable, en revanche, relève de la terminologie psychiatrique. Il définit la peur irrationnelle de quelque chose, la crainte irrationnelle relevant de la psychopathologie. Autrement dit, islamophobie signifie : la peur irrationnelle de l’islam. L’auteur du rejet de l’islam serait ainsi victime d’une pathologie psychiatrique. Il n’est donc pas responsable de son acte. Juridiquement, il pourrait bénéficier de l’irresponsabilité pénale car il était,  au moment de la commission de son islamophobie, atteint d’un trouble psychique ayant aboli son discernement ou sa perception de l’islam. Ainsi, même le choix spécieux du terme islamophobie est inapproprié. Pour notre part, haine-de-l’islam serait plus adéquat pour désigner une personne exprimant un rejet viscéral du culte musulman. Cette locution implique une dimension active et rationnelle de l’expression du rejet de l’islam, et n’exonère aucunement son auteur de sa responsabilité. Les idéologues islamistes s’embourbent eux-mêmes dans leur néologisme à connotation psychiatrique. La folie religieuse engendre une sémantique folle.

A l’évidence, associer deux termes aussi radicalement dissemblables est une opération tendancieuse. Dès sa création et sa propagation, le mot islamophobie (à l’évocation terrifiante) visait à jeter le trouble (au sens pathologique) dans l’appréhension de la question de l’islam. Subrepticement, ce terme a été introduit comme une arme contre toute critique de l’islam. Ce n’est pas un hasard qu’il se soit exclusivement imposé et répandu en Europe et dans les autres pays occidentaux, dans lesquels la notion du blasphème est absente.

Depuis longtemps tombé en désuétude, le blasphème ne fait en effet pas partie du paysage intellectuel de la France, et de manière générale des pays  occidentaux. Ainsi, ces pays n’interdisent pas la critique libre de la religion. Le blasphème n’est donc pas criminalisé, contrairement aux pays musulmans. De façon concertée, afin de contourner l’absence de législation sur le blasphème,  dans le dessein d’instaurer l’interdiction de toute critique de l’islam, d’aucuns ont pondu un clone du blasphème édicté comme une fatwa : l’islamophobie. Pour l’imposer dans les consciences et lui donner une certaine légitimité, le terme islamophobie est assimilé, pour ne pas dire rendu synonyme, au vocable antimusulman. Et le tour de prestidigitation idéologique a bien réussi. De fait, alors que la critique de l’islam ressortit du débat d’idées, de la liberté de mener des controverses philosophiques sur la religion, elle est maintenant considérée comme une atteinte aux musulmans, voire comme un attentat contre les musulmans. Comme si le fait de critiquer l’islam revenait à s’attaquer aux musulmans (en chair et en os).

En effet, associer la critique de l’islam à une attaque contre les musulmans est très insidieux, pernicieux. Car, si la critique des musulmans relève du racisme, légitimement condamnable et répréhensible, du reste c’est un délit (elle est passible de condamnation judiciaire) ; la critique de l’islam, elle, ne vise qu’à débattre librement des dogmes de la religion musulmane.

En Occident, la liberté de conscience comme le droit de critique de la religion sont communément admis. En particulier, lorsqu’il s’agit de pays laïcs comme la France connue pour ses controverses anticléricales, en l’espèce, la liberté de critique prime sur toute autre considération, qui plus est religieuse. Pour insister sur le cas de la France, il ne faut pas oublier qu’elle fut le premier pays à mener une guerre impitoyable contre l’Eglise, notamment pendant la Révolution de 1789. Sans omettre les diatribes corrosives anticléricales initiées par les grands philosophes des Lumières durant tout le XVIIIe siècle. La France est ainsi un pays où la critique contre la religion est ancestrale. Où le débat-réquisitoire sur les religions est ancré dans l’univers philosophique et politique.

Au vrai, la question philosophique et politique qui se pose à notre époque moderne sécularisée est la suivante : est-il légitime de critiquer librement l’islam ? Est-il légitime ou irrationnel, à notre époque marquée par l’islamisme, d’identifier comme radicalement dangereux certains courants de l’islam, notamment le salafisme engagé dans une croisade verte totalitaire contre toute l’humanité, au nom de son dogme musulman doctrinaire, son islam coranique littéraliste théocratique ? Doit-on les combattre ou respecter leurs pratiques islamistes pour ne pas être accusés d’islamophobie ? N’est-ce pas au nom de l’islamophobie qu’on veut réduire au silence toute critique du dogme islamique ? Paradoxalement, ce sont les musulmans intégristes qui invoquent l’islamophobie pour circonscrire tout débat sur les questions relatives au dogme de l’islam, particulièrement ses aspects rétrogrades défendus avec obstination par les islamistes.  L’arme massive dissuasive islamophobie a été inventée par les islamistes pour criminaliser et pathologiliser toute critique de la religion islamique. Pour verrouiller tout débat contradictoire, libre et démocratique sur l’islam.

A l’évidence, aujourd’hui, pour prouver leur sincérité dans leur souhait d’impulser un débat en vue de moderniser l’islam, les musulmans devraient accepter de dissocier les deux vocables « islamophobie » et antimusulman. S’il faut absolument conserver le second terme pour lutter contre le racisme antimusulman (en vrai anti-arabe), notamment auprès des juridictions afin de condamner les coupables ; il faudrait a contrario fondamentalement bannir l’usage du premier vocable forgé politiquement pour museler tout débat critique sur l’islam.  A cet effet, pour commencer, les musulmans ne devraient plus brandir ce glaive (islamophobie) pour trancher (proscrire) toute critique de l’islam, sous couvert d’atteinte à la croyance musulmane.

De manière générale, à l’évidence, à dessein, on confond délibérément deux registres : « race » et religion. Deux entités qu’il faut absolument différencier. En effet, la nationalité n’est pas réductible à la religion. La nationalité est une entité juridique reconnue internationalement. Pour prendre l’exemple de l’Algérie, on naît algérien(enne) car nous sommes procréés par des parents algériens. Rien ne peut réfuter cette donnée. Nous portons notre identité algérienne de la naissance à la mort. Même si on change de pays, de nationalité, on demeurera toujours le fruit de géniteurs algériens.

En revanche, la religion, elle, relève d’un choix individuel, de la seule conscience de la personne. La religion n’est pas imprimée dans les gènes de la personne dite croyante. C’est le résultat de la transmission éducative, pour ne pas dire de l’endoctrinement. On ne naît pas musulman, on le devient. En outre, Musulman ne constitue pas une caractéristique héréditaire immuable. À plus forte raison, « les Musulmans » ne sont absolument pas un peuple. Un Algérien peut, au cours de sa vie, se convertir à une autre religion, à de multiples successifs dogmes, perdre la foi. En dépit de ses multiples conversions religieuses, il demeure Algérien.

Une fois admis ce postulat, la distinction entre « race » (ou nationalité) et religion deviendra aisément acceptable pour l’Algérien. Et par extension, l’admission de la possibilité d’être algérien et adepte d’une religion autre que l’islam, Algérien et libre penseur ou athée, Algérien chrétien ou bouddhiste. Algérien n’est pas synonyme de musulman, tout comme musulman n’est pas synonyme d’Algérien.

Par ailleurs, afin de pouvoir débattre librement, les musulmans devraient d’abord désacraliser la religion musulmane. Sans ce préalable de désacralisation, indispensable à l’ouverture d’esprit pour un dialogue dépourvu de toute emprise irrationnelle, de toute passion irraisonnable, de toute appréhension hérétique, de toute terreur profanatrice, de tout sentiment  blasphématoire, les proclamations d’intention des musulmans désireux d’amorcer des réformes demeureront lettre morte. Une fois seulement cette condition acceptée et accomplie, ils pourront plus aisément engager des débats controversés sur l’islam sans se sentir personnellement offensés ni éprouver quelque culpabilité religieuse, sans éprouver le sentiment de commettre un sacrilège.

Car, rationnellement, dans une discussion critique sur l’islam, ce qui est sacré c’est le locuteur et l’interlocuteur, et non l’islam, doctrine religieuse, objet de discussion. La critique libre de la religion est plus sacrée que l’interdiction de la critique religieuse consacrée.


1-   Université d’été est le nom généralement donné, en France, à un rassemblement de militants de responsables d’un mouvement politique sur quelques jours à la fin des vacances d’été. Y sont souvent conviés des universitaires, des intellectuels, des acteurs de la société civile pour des sessions de conférences, de débats et de formation.

 

Posté par spartacus1918 à 19:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

20 novembre 2019

Acte 53 des gilets jaunes l'Etat ne désarme pas.

L' État Macron monte en gamme et commence à perdre la face. La justice aux ordres n' a pas condamner les forces de l' ordre, pour les éborgnés,les blessés et la haine contre les gilets jaunes. C' était prévisible l' État n' a pas pour fonction de condamner ce qui le protège. Du coup les cognes confortés dans leurs actions peuvent continuer les « bavures » , les baveux ferment leur gueule.

 Nous connaissons la règle, à chaque manif un éborgné au minimum, maintenant ils en viennent à tabasser tout ce qui passe devant eux comme aux Halles panique aux Halles : les voltigeurs sèment la terreur à Paris

 Un journaliste fut intentionnellement visé

 

 Acte 53 : Un manifestant touché à l’œil par une grenade de desencerclement Place d’Italie

 

VIDEO. Acte 53 : Les gendarmes frappent la tête d’un manifestant contre le sol et le rouent de coups

 

VIDEOS. Acte 53 : Deux manifestants blessés à l’oeil par des tirs de LBD, place d’Italie à Paris

 Cette répression qui dure maintenant depuis plus d' une année, démontre que l' État Macron se sent en situation de camp retranché. Comme il est mandaté par le capital pour poursuivre ses attaques multiples sur le peuple, non seulement il soumet l' appareil de répression à un entraînement quotidien mais il prévoit engager 10 000 policiers. Preuve qu'il y a encore du fric, et même beaucoup de fric puisqu'il est prévu d' augmenter le budget des armées de 300 milliards d' euros ( une centrale nucléaire coûte environ 5 milliards d' €). Pour financer le sécuritaire et le complexe militaro industriel.

 Ci-dessous un calcul de l' institut d' entreprise

Sources-http://archives.institut-entreprise.fr/reflexions/societal/blog/la-cellule-de-chiffrage/emmanuel-macron/recruter-10-000-policiers-et

 Le candidat propose la création de 10 000 postes de gendarmes et de policiers supplémentaires sur la durée du quinquennat, sur la base de 7 500 policiers et 2 500 gendarmes. Il souhaite affecter "ces effectifs nouveaux seront affectés en premier lieu dans les zones prioritaires". 

Quel serait le coût de cette mesure ?

Sous l’hypothèse d’un rythme de 2 000 créations de postes par an, le coût annuel serait de 107,1 M€ de dépenses de personnel supplémentaires par an à ce titre sur le budget de l’Etat, soit 535,5 M€ par an au terme du quinquennat lorsque le dispositif sera à pleine charge. Il sera majoré par des dépenses (non pérennes) d’équipement associées à ces nouveaux recrutements.

Voici notre démonstration

La candidate propose la création de 10 000 postes supplémentaires suivant la décomposition ci-dessous:

  • 7 500 postes de policiers

  • 2 500 postes de gendarmes

La France compte aujourd’hui près de 250 000 policiers et gendarmes. Le candidat propose donc d’augmenter ces effectifs de 4.0%. Nous retenons l’hypothèse que les nouveaux postes seront créés au rythme de 2 000 par an, ce qui permet de lisser l’effet de la mesure sur toute la durée du quinquennat. En respectant la décomposition proposée par le candidat, ce sont donc 1 500 postes de policiers et 500 postes de gendarmes qui seront créés.  

Le coût unitaire d’une création de poste est défini dans le projet annuel de performance de la mission « Sécurités » dont relèvent les policiers et gendarmes au sein du budget de l’Etat.

Il exclut toutefois le coût des cotisations que l’Etat verse au régime de pension de ses fonctionnaires, que nous ajoutons donc dans notre calcul (« coût d’entrée chargé »), en reprenant le taux de contribution aux Pensions défini pour le PLF 2017 à la fois pour les civils (policiers: 74,28 %) et les militaires (gendarmes: 126,07%). L’hypothèse d’une stabilisation de ces taux à leur niveau actuel constituant un majorant à court terme.

Pour mémoire, l’assiette de cotisation est constituée par les traitements bruts d’une part et les primes ouvrant droit à pension d’autre part. Nous l’assimilons donc dans notre calcul aux rémunérations d’activité.

Sous ces hypothèses, la création de 10 000 postes de policiers et de gendarmes représente une charge supplémentaire de près de 535,5 M€ par an pour le budget de l’Etat. Sur le plan opérationnel, elle suppose en particulier que les écoles de formation de la police et de la gendarmerie soient en capacité d’absorber ces nouveaux flux.

Il convient toutefois de rappeler, comme pour toute mesure de création de postes dans la fonction publique, qu’elle représente par la suite une dépense rigide, qui engage financièrement les administrations publiques sur près de soixante-cinq ans (durée du service et durée de la pension), avec un coût moyen par agent qui augmente tout au long de sa carrière (avancement, etc.). A titre d’exemple, le coût global annuel moyen d’un sous-officier de gendarmerie est de 40 638 € et celui d’un policier de 41 612 € (hors contributions au régime de retraite des fonctionnaires).

Sources-http://archives.institut-entreprise.fr/reflexions/societal/blog/la-cellule-de-chiffrage/emmanuel-macron/recruter-10-000-policiers-et

Posté par spartacus1918 à 10:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

15 novembre 2019

INFOBREF N°533- Les cheminots entrent en guérilla ( petite victoire économique)

info_533

La grève de Châtillon ou quand les cheminots font plier la direction SNCF

Débutée le 21 octobre au soir, une grève locale au Technicentre Atlantique de Châtillon contre une réorganisation a fait plier la direction de la SNCF, et a même mis le feu aux poudres à la colère des travailleurs invisibles des ateliers de maintenances des trains.

Carlos Alonso

jeudi 7 novembre 2019

Une grève surprise, offensive, massive et spontanée

Tout commence avec une attaque de la direction sur les roulements de travail de l’atelier de maintenance TGV de Châtillon-Bas. 12 repos en moins, avec des horaires pas loin de l’enfer pour les cheminots, et une direction qui arrive a faire exploser les scores de productivité sous couvert de ce qu’on appelle "Qualité et Vie au Travail". Voilà ce qui était initialement prévu. Mais les cheminots de Châtillon en ont décidé autrement.

Suite à une Demande de Concertation Immédiate (DCI) posée conjointement par Sud Rail et la CGT, une délégation a été reçue par la direction, qui a continué à faire la sourde oreille avec mépris, refusant catégoriquement de revenir sur le sujet qui fâche. Plusieurs assemblées générales ont eu lieu, et finalement, le soir du lundi 21 Octobre, le mouvement de grève a débuté, d’abord avec l’équipe de nuit, puis celle de la matinée a suivi, puis celle de la soirée, et ainsi de suite, jusqu’au retrait du projet de la direction le jeudi après midi. Et tout cela avec 100% de grévistes dans tous les services de Châtillon-Bas, les dépanneurs du Service Court, plus les jockeys du Produit Train.

Mardi, la direction avait déjà fait un pas en arrière, et annonçait le maintien des 144 repos de manière non-pérenne, c’est-à-dire que les nouveaux embauchés ne pourraient plus bénéficier des 144 repos, qui allaient être éliminés progressivement. Mais les grévistes ne sont pas tombés dans les manoeuvres de la direction ; mercredi, ils lui ont remis leurs revendications, qui incluaient notamment l’extension des 144 repos pour tous les cheminots qui travaillent le weekend comme le prévoit l’accord local. Quelque chose de fort était en train de se passer à Châtillon, une révolte qui émanait de la base et qui exprimait un mal-être profond au matériel.

La direction a fini par faire marche arrière jeudi dans l’après-midi face à la détermination des grévistes. L’impact de la grève était fort, avec une circulation qui se réduisait de jour en jour. Tout le monde a été pris de court, à commencer par la direction, mais également la plupart des organisations syndicales, ce qui confirme la tendance à la « giletjaunisation » de certains secteurs du mouvement ouvrier, avec une spontanéité et une radicalité très avancées. Pas de bannières syndicales, même si les militants syndicaux et les syndiqués sont les bienvenus et participent activement à la mobilisation. Un tous ensemble déclenché suite à un ras-le-bol général, après avoir été poussés à bout et méprisés par la direction, mais aussi dû au pacte ferroviaire, dont la réorganisation initialement prévue par la direction était la conséquence directe.

Tous ces détails ont poussé ces 220 cheminots à s’auto-organiser entre eux en assemblées générales, à voter la reconduction du mouvement à la main levée et à prendre des décisions ensemble, à débattre collectivement, et à nouer des liens très fort à travers la lutte de classes. Et finalement, le premier enseignement et la première victoire est ici ; pendant des années, la direction a cherché à découper tous les secteurs et à les monter les un contre les autres, afin d’affaiblir le secteur et asseoir une domination. Les grévistes ont démêlé les malentendus et ont brisé les murs montés entre eux par la direction. Aujourd’hui, ils ne forment qu’un bloc uni et soudé, ce qui a donné une force gigantesque à ce mouvement.

Une grève surprise qui s’étend dans le secteur de la maintenance et pointe le mal-être à la SNCF

Ce mouvement de grève a eu une particularité : les cheminots de Châtillon ont cessé le travail sans DII (Déclaration Individuelle d’Intention de faire grève), c’est-à-dire sans respecter le délai de prévenance de 48 heures. Cet acte conscient et réfléchi est expliqué dans le premier communiqué des grévistes : « Nous respecterons les délais de prévenance le jour où la direction respectera les cheminots ».

La direction a voulu intimider les grévistes en les menaçant, avec 200 demandes d’explication, c’est-à-dire en engageant des procédures disciplinaires à leur encontre, qu’elle a été contrainte de retirer immédiatement. En effet, la détermination des grévistes a été plus forte et a créé ce qu’on appellera désormais la "jurisprudence Châtillon", qui a montré que l’on peut cesser le travail sans DII et s’en sortir sans la moindre sanction, ce qui est un coup politique important donné à la direction. À la veille du mouvement contre la réforme des retraites, cette détermination et cette radicalité représentent la deuxième victoire de ce mouvement. Tous les cheminots ont été témoins que c’était possible, que l’impact était bien plus fort sans l’entrave de la DII.

La question de la souffrance au travail a également été dévoilés aux yeux de tous : les plus bas salaires de la SNCF, les invisibles, celles et ceux qui font en sorte que les usagers voyagent en toute sécurité et dans le confort, sont en souffrance dans la SNCF d’aujourd’hui. Ce secteur est des plus précaires et aujourd’hui il a relevé la tête et redonné de l’espoir aux cheminots, en faisant une démonstration de force à l’aube d’une bataille des retraites qui promet d’être une bataille historique. Si la direction de la SNCF redoutait le 5 décembre, désormais elle le craint plus que tout car l’incendie s’est étendu à d’autres Technicentres TGV comme au Landy (Axe Nord) ou au TSEE (Technicentre Sud Est Européen, Axe Sud Est), où des débrayages ont également eu lieu et se poursuivent à l’heure actuelle, pour ce qui est du Landy. Tout ça dans la foulée du droit de retrait sur l’EAS (équipement agent seul), qui a posé la question des conditions de travail au sein de la SNCF, un "France Télécom puissance 10" ; cette mobilisation laisse entrevoir la possibilité de stopper la broyeuse.

Victoire éclatante pour les prémisses du 5 Décembre

En l’espace de 10 jours, les grévistes ont obtenu :

- Le maintien des 144 Repos, et leur extension à tous les agents qui travaillent le week-end, comme le prévoit l’accord local.
- Un roulement 3X8 7/7j 144 Repos et un roulement Jour/Nuit 7/7j 144 Repos.
- Un roulement Jour/Nuit 5/7j 132 Repos sans week-ends travaillés.
- Le maintien des équipes de réserve et le traitement des cas particuliers qui ne peuvent plus effectuer de travail de nuit chez les jockeys.
- L’extension de la majoration de la 9ème heure de nuit à tout le Technicentre.
- La revalorisation de la prime de dépannage province de 50 à 150€.
- La revalorisation de la prime de choc de 90 à 150€.
- L’élargissement de l’astreinte à l’ensemble de Châtillon-Bas.
- La garantie qu’aucune sanction ne sera prononcée contre les grévistes.
- La reconnaissance des journées de débrayage comme étant des journées de grève.
- L’ouverture d’une table ronde avec les organisations syndicale sur le secteur du matériel Voyages (avec les débrayages du Landy et de TSEE).

La confiance gagnée aujourd’hui par les cheminots du Technicentre de Châtillon, mais aussi la démonstration qu’ils ont réussi à faire pour l’ensemble des cheminots, est une victoire précieuse pour préparer la suite. Cela donne une motivation indéniable pour entamer la grève à partir du 5 Décembre, et construire une mobilisation d’ampleur contre la réforme des retraites de Macron et de son monde ! Une chose est sûre : la RATP a fait beaucoup de bruit le 13 Septembre, mais la SNCF sera aussi de la partie dans la bataille des retraites, et ce duo pourrait donner confiance aux salariés d’autres secteurs, et donner du fil à retordre au gouvernement pour entériner sa réforme des retraites.



Video-CHILI- L' armée tire dans les jambes d'un manifestant https://twitter.com/i/status/1187160131462668288

Position du parti révolutionnaire communiste

Syrie : Un point nodal des affrontements au sein de l’impérialisme.

La guerre en Syrie, voulue et entretenue par les puissances impérialistes et tout particulièrement les USA et leurs alliés occidentaux, dont la France, Israël et les pays du golfe se trouve à un tournant. Après huit années de guerre, dont il faut rappeler l’intensité et les destructions, l’Etat...

Impérialistes : bas les pattes en Syrie

Le Parti Révolutionnaire COMMUNISTES condamne l’invasion de la Syrie par la Turquie. Cette agression de la part de la Turquie membre de l’OTAN, rendue possible par le feu vert des USA, n’est pas la première. Elle fait suite à des ingérences répétées dans les affaires intérieures de l’État...

Le conducteur qui a sauvé 70 personnes dans les Ardennes est un héros, quoiqu’en dise le gouvernement

 

 

Alors que partout en France les cheminots ont fait valoir leur droit de retrait et « posé le sac », le gouvernement et la direction de la SNCF s’acharnent à dénoncer un mouvement social « illégitime », tout en banalisant l’accident qui a eu lieu mercredi et qui aurait pu coûter la vie à 70 personnes à bord du train sans l'intervention du conducteur, en l'absence d'autre agent à cause des suppressions de postes dans l'entreprise. 

Arthur Nicola 

vendredi 18 octobre

L’indifférence. C’est la seule chose qu’a laissé paraître Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’État aux transports. Interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur RMC, il a seulement déclaré que « le conducteur a très bien réagit et mis en œuvre les mesures de sécurité ; il a mis en sécurité l’ensemble des passagers ». En deux phrases, le secrétaire d’État fait comme si tout était normal : un accident de train, où un TER heurte un convoi exceptionnel et blesse le conducteur qui, seul et blessé à la jambe, doit aller sécuriser le train en marchant 1,5km, avant de revenir s’occuper des passagers, étant seul dans le train à cause des suppressions de postes dans l’entreprise. Pour tous les usagers du train, ce conducteur n’est rien d’autre qu’un héros qui a sauver 70 vies : en effet, d’autres trains arrivant sur la voie auraient pu causer un « sur-accident », si le cheminot n’était pas parvenu à mettre en place la procédure d’urgence assez rapidement.

 

SNCF. Les 4 technicentres de Lyon entrent en grève

 

Ce mardi, une journée de grève très suivie a été déclenchée dans les technicentres lyonnais : « Les directions locales et nationales perchées dans leur tour d’ivoire ne comprennent pas le malaise des cheminots du terrain ».

 

Ce mardi, les cheminots des quatre technicentres de maintenance de Lyon se sont mit en grève, les raisons sont nombreuses, Sud-Rail qui a appelé à la grève (suivie par la CFDT dans un des technicentre) met en avant les suppressions d’effectifs qui fait que les équipes sont constamment en sous effectifs, mais aussi les «  des restructurations incessantes ou encore une désorganisation du travail  ». Patrick Mondon, représentant syndical, précise au journal Le Progrès, que la mobilisation concerne également les salaires : «  Il y a un vrai ras-le-bol lié aux rémunérations bloquées depuis 5 ans, au manque d’effectifs et à la pression managériale  ».

 

Après les droits de retraits massifs des cheminots fin octobre, suite à un accident de train avec seulement un conducteur à bord, essentiellement suivie par les conducteurs et les contrôlleurs. Ce sont donc les travailleurs des technicentres qui marque ce début de mois de novembre par leurs mobilisations. Dans la région parisienne, plusieurs technicentres ont débrayé et lancé un mouvement de grève spontané, le site du Landy est depuis toujours en grève depuis deux semaines maintenant.

 

Les cheminots lyonnais entrent donc dans la danse de l’ébullition sociale du mois de novembre, annonçant un mois de décembre déterminant ! Dans les quatre sites, cette première journée de grève a été très suivie, un représentant syndical annonce d’énormes taux de grèves : «  à plus de 90 % à la Mouche, à 80 % à Vénissieux, à 70 % à Vaise, autour de 50 % à Gerland…  ». De plus, ce n’est a priori que la première journée, la direction semblant faire la sourde oreille, annonçant en fin de matinée qu’il n’y avait « pas d’alerte particulière. Tout roule.  ».

 

Ces coups de semonces répétés dans les différents secteurs cheminots annoncent un 5 décembre déterminant. En plus de la réforme de la retraite dont personne ne veut etdu bashing anti-cheminots permanent dans les grands média, le « le malaise des cheminots du terrain  » est un facteur important de la situation, le fait que les travailleurs du rail relèvent la tête ces derniers mois est déterminant. La CGT, l’UNSA et SUD ont d’ores et déjà appelé à la grève reconductible pour le 5 décembre, les bases sont posés pour une nouvelle bataille, générale cette fois-ci.

 

Posté par spartacus1918 à 06:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

31 octobre 2019

INFOBREF N°532- L' Amérique latine en ébulition

am_rique_latine

 

 

Pourquoi 5 pays d'Amérique latine se soulèvent au même moment

INTERNATIONAL - L'Amérique Latine se soulève et force le monde à la regarder. Sous nos yeux: une société fatiguée de vivre dans la pauvreté et la corruption, une société de plus en plus consciente de ses droits et de la nécessité de les défendre, une société soumise à des tensions allant du néoconservatisme féroce à l'usure des dirigeants de longue date, mais aussi à l'ingérence extérieure et au développement d'une nouvelle classe émergente qui en demande davantage.

https://www.huffingtonpost.fr

En cette fin d' année 2019 , le capitalisme est secoué par des vagues successives de révolte au quatre coins du monde, certaines proches de l' insurrection. Au début 2019 c'est au Soudan qu'un mouvement de grande ampleur est né à Atbara, une ville ouvrière du Nord-Est du Soudan. Celui-ci comme d' autres est la conséquence directe, de la vie chère, les magasins sont vides, il y a pénurie de tout ce qui concerne la survie au quotidien. Le prix du pain a été multiplié par trois en une nuit.

Après plusieurs semaines de sit-in dans la Capitale Khartoum face au siège de l' armée, le gouvernement a fait tiré sur les manifestants, faisant plus de 30 morts.

 Depuis c' est l' Amérique latine, ou dans plusieurs pays des émeutes se multiplient, pour des raisons similaires à celle du Soudan.

 Actuellement c' est au Chili, pour des raisons elles aussi touchant le coût de la vie et l' insécurité sociale, que des manifestations se succèdent malgré la répression armée.

 Le 22 octobre2019 un premier recensement totalisait :

  2138 personnes arrêtées, dont 1240 en régions et 898 dans la capitale
 378 personnes blessées, dont 173 atteintes par des armes de feu
 5 morts, tués par des agents de l’État
 44 actions judiciaires, dont 9 requêtes en vue de protection juridique, 3 plaintes pour abus sexuel, et 32 actions en justice.

 En Equateur Cinq civils, dont un dirigeant indigène, ont trouvé la mort durant les manifestations qui secouent l'Équateur depuis une semaine contre la hausse du prix de l'essence, ont annoncé jeudi à l'AFP les services du Défenseur du peuple, un organisme d'État. « La première victime est un homme qui a été écrasé dimanche dans la province d'Azuay (sud). Les quatre autres sont décédées à Quito », a précisé une source de cette institution, sans indiquer les circonstances des quatre nouveaux décès. « Nous appelons le gouvernement à mettre fin à la violence et à garantir le droit de manifester de manière pacifique », a ajouté le communiqué du Défenseur du peuple. Si les indigènes sont en pointe de la contestation sociale, c'est aussi parce qu'ils sont les plus touchés par la pauvreté et travaillent majoritairement à la campagne. Et si les prix des carburants s'envolent, ils devront payer plus pour le transport de leurs produits et redoutent que l'inflation s'emballe.

Bolivie-

En réponse, un groupe de syndicats ouvriers et paysans proches du pouvoir (Conalcam) a enjoint mardi ses militants à défendre les résultats officiels.  

Venezuela-

Toujours sous la menace d'une guerre civile, attisée par les etats-Unis,La Russie et la Chine.

Au Brésil

Le mercredi 15 mai 2019, le Brésil s’est réveillé avec des milliers de personnes dans les rues, aux abords des universités et des écoles. C’était le premier test important, massif, de la lutte de classes pour le gouvernement de l’ultraréactionnaire Jair Bolsonaro depuis qu’il a pris ses fonctions le 1er janvier dernier. Et selon la presse dominante, la massivité de l’évènement en a pris plus d’un par surprise, à commencer par le président et le gouvernement qui avaient sous-estimé l’ampleur du rejet de leur politique.

En effet, l’annonce soudaine d’une coupure de 30% du budget de l’éducation a créé une contestation très large parmi les étudiants, les enseignants, les travailleurs du secteur, les parents d’élèves et bien au-delà.

Les images des grandes artères des principales villes du pays sont impressionnantes. Dans São Paulo on estime le nombre de manifestants à 250 000 ; et selon les organisateurs il y a eu autour de 1,5 millions personnes dans les cortèges. Même les médias dominants, y compris les plus à droite, ont dû reconnaître la massivité de la protestation.

Ce qui a dans une large mesure aidé à massifier la contestation dans les rues c’est le gouvernement lui-même, notamment Bolsonaro et le ministre de l’éducation Abraham Weintraub. En effet, le gouvernement, utilisant les mêmes méthodes provocatrices de la campagne présidentielle, a décidé de politiser à outrance cette coupure budgétaire catastrophique. Le ministre, face aux protestations des autorités universitaires et des enseignants et étudiants essayait de minimiser la contestation en déclarant que l’opposition dans les universités ce n’était que du « chahut ».

Mais la provocation la plus importante est venue de Bolsonaro le jour même de la manifestation. Alors que celui-ci était en déplacement aux Etats-Unis et que la manifestation commençait à peine, il a lancé : « la plupart [des manifestants] ce sont des militants. Ils n’ont rien dans la tête. (...) Ce sont des idiots utiles, des imbéciles qui sont utilisés comme masse de manœuvre d’une minorité rusée ».

Argentine-Plusieurs milliers de manifestants ont commencé à camper mercredi dans le centre de Buenos Aires pour exiger l'instauration d'un état "d'urgence alimentaire" en Argentine, en proie à une grave crise économique à quelques semaines de l'élection présidentielle. L'Argentine, en récession depuis 2018, connaît une des inflations les plus élevées au monde (25,1 % entre janvier et juillet, 54,4 % sur les 12 derniers mois), une baisse de la consommation, des fermetures de commerces et une augmentation de la pauvreté (32 % en 2018) et du chômage (10,1 % cette année). Voir des familles avec des enfants mendier dans la rue est devenu habituel à Buenos Aires.

En Colombie, la violence politique a gardé tous ses droits. Sept candidats ont été assassinés, et 13 autres ont été victimes d’attentats depuis le début de la campagne pour les élections régionales de ce dimanche 27 octobre. Il s’agit du premier scrutin local depuis la signature d’un accord de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), en 2016. Trente-six millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour élire gouverneurs, maires, conseillers régionaux, municipaux et communaux. Ces élections locales sont tout à la fois très mobilisatrices (le taux de participation en 2015 a atteint 60 %) et très tendues. « Nous continuons de croire que la paix est possible dans notre pays, soupire Sofia Nariño, qui a passé vingt ans dans la guérilla et qui est aujourd’hui candidate au conseil municipal de Bogota. Nous qui avons fait la guerre n’allons pas nous laisser rebuter facilement par les difficultés. »

Uruguay-L’impressionnante manifestation du 22 octobre 2019 à Montevideo



L’Uruguay, sous présidence de la coalition de gauche du Frente Amplio depuis 2004, est réputé comme étant le régime le plus stable d’Amérique Latine. Une image entachée par, entre autre, une inflation (7,56%) et surtout par un taux de chômage qui ne cesse de s’accroître, concernant à l’heure actuelle 9% de la population active. Dans ce cadre, l’insécurité (agressions, vols, etc) est en hausse depuis 2017 (+45%).

Dans ce contexte, les réactionnaires en tout genre sont de sortie. Ainsi, un projet de réforme constitutionnelle propose la création d’une garde nationale composée de militaires qui aura pour mission d’effectuer des tâches traditionnellement effectuées par les policiers. Cette initiative, du sénateur de droite Jorge Larrañaga été tranchée par référendum et la réforme à été rejetée par 54% de voix contre. La question se retrouve aussi, de fait, au centre du débat présidentiel.

Le Pérou – Crise politique au sommet de l' état

 Au Liban OCTOBRE 2019-Au Liban, la mise en place de taxes sur l'essence, le tabac, et surtout l'utilisation de la messagerie gratuite Whatsapp (prisée pour les appels à l'étranger), ont été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. En manifestant tous ensemble des les rues du pays, les manifestants ont remis en cause les divisions confessionnelles grâce auxquelles le pouvoir s'était maintenu jusque là.

En Algérie-

C’est l’éruption des travailleurs algériens sur le front de la lutte sociale et économique  qui a contraint l’armée à changer son fusil d’épaule, afin de neutraliser les mouvements de grève menaçant l’ordre établi. Aussi, pour désamorcer le mouvement de contestation social en voie d’exacerbation subversive, le pouvoir, désormais directement  assuré par l’État-major de l’armée en raison de la menace d’insurrection  sociale, a préféré préventivement accéder aux revendications des travailleurs entrés massivement en lutte.  Les médias ont délibérément éludé ce soulèvement larvée  ouvrier, préférant focaliser leur attention politiquement orientée sur les défilés pacifiques de l’inoffensive « société civile » hétéroclite, devenue célèbre pour ses routinières interminables parades hebdomadaires.

En Irak- Les manifestations contre la corruption, le chômage et pour des services publics avaient commencé le 1er octobre 2019. Après un calme temporaire du fait de la répression ou plus de 200 personnes ont été tués dont 70 depuis vendredi dernier. On compte plus de 8000 blessés. Le mouvement a repris la rue en force. Les forces de sécurité irakiennes tirent à balles réelles sur les manifestants, ils les frappent et mutilent avec des méthodes barbares. Certains manifestants ont été tués à la suite de tirs de projectiles de gaz lacrymogènes directement au visage ou sur la tête à bout portant. Des scènes littéralement de guerre avec l’armée, la police et les milices soutenues par l’Iran tirant à balles réelles sur la foule circulent sur les réseaux sociaux.

Haiti-



 28 septembre 2019

 Des milliers de manifestants qui réclament le départ du président haïtien Jovenel Moïse ont attaqué vendredi divers commerces et des bâtiments gouvernementaux un peu partout à travers le pays.

Dans la capitale Port-au-Prince, des centaines de partisans de l'opposition ont mis à sac un poste de police qui sert de base à une unité tactique. Ils ont transporté du mobilier de bureau, des gilets pare-balles en Kevlar et des munitions dans le bidonville de Cité Soleil. Un bureau de location de voiture Avis et une succursale de Western Union ont été incendiés par les émeutiers.

Dans le quartier de Delmas, des maisons ont été la proie des flammes. Des groupes de manifestants ont lancé des pierres contre des policiers qui ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogènes. Une station de radio de la ville de Jacmel a annoncé que le palais de justice local avait aussi été incendié.

Nous disons à la population de Cité Soleil et à la population haïtienne de se lever pour renverser le gouvernement, parce que le président Jovenel Moïse ne fait rien pour nous. Il ne fait que nous tuer, a dit un manifestant, François Pericat. Selon lui, trois manifestants ont été abattus par les forces de l'ordre.

Les porte-parole du gouvernement n'ont pas rappelé Associated Press.

Tous les manifestants n'ont pas fait preuve de violence. Certains ont agité des branches de fougère en signe de paix.

Les dirigeants de l'opposition ont prévenu que la paix ne régnerait pas en Haïti tant et aussi longtemps que M. Moïse resterait au pouvoir.

Si Jovenel ne démissionne pas aujourd'hui, tout ce qui arrivera ne sera pas de notre responsabilité, a déclaré un des leaders de l'opposition, le sénateur Youri Latortue.

Haïti a été le théâtre de plusieurs manifestations depuis plusieurs mois en raison de la réticence du gouvernement à enquêter et à intenter des poursuites contre des alliés du président Moïse qui auraient détourné et gaspillé des milliards de dollars provenant d'un programme vénézuélien offrant à Haïti du pétrole subventionné.

Depuis trois semaines, les chefs de partis d'opposition ont envoyé des groupes de jeunes hommes dans les rues pour imposer la fermeture des commerces et des services publics. Les dirigeants de l'opposition ont juré que ces actions se poursuivraient pendant les week-ends. Sources :https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1321474/haiti-manifestations-jovenel-moise-emeutes-port-prince

 

Voir aussi-

Le Chili et le nouveau cycle de lutte des classes en Amérique latine

3 novembre | Les journées révolutionnaires au Chili constituent à ce jour le point culminant d'un nouveau cycle politique qui commence à traverser l'Amérique latine.

Posté par spartacus1918 à 09:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

23 octobre 2019

Lutter contre les dichotomies nationalistes, religieuses, régionalistes, ethniques, raciales

 Paru dans Echanges N°150

Hiver 2014-2015

ni_patrie_ni_religion

 

Depuis la fin du XXe siècle et le début du XXIe, nous assistons à des révolutions colorées et fleuries, parfumées à l’odeur de poudre, certaines dans la zone slave, d’autres, dans ce que les Américains nomment le Grand Moyen-Orient (notion adoptée par l’administration Bush en 2004).
Ces révolutions, même si elles ont un caractère social, sont systématiquement étouffées par des rivalités nationalistes, religieuses, régionalistes ou ethniques... avec pour porte de sortie la sainte démocratie des droits de l’homme et du citoyen. En réalité, l’émigration pour ceux qui peuvent, la misère et la crève pour ceux qui restent.
Ces révolutions impliquent des factions armées de part et d’autre par ceux qui veulent s’approprier des zones pour exploiter le pétrole, l’uranium ou autres sources de matières premières. Quant à l’implication de la Russie dans la guerre actuelle en Ukraine, il semble que, en sus de ses intérêts économiques, le gouvernement russe ne se résigne pas à devenir une simple puissance régionale. Dans cet océan de rivalités bourgeoises, le prolétariat n’émerge que très rarement ; dans les pays de l’OCDE, par exemple, il passe son temps depuis plusieurs décennies à tenter uniquement de défendre ses acquis et l’emploi qui s’amenuisent de jour en jour.
Paul Mattick (1904-1981) écrivait en 1968 à propos de ce cycle de luttes en ­Occident :

« (...) le réformisme suppose que le capitalisme soit réformable. Tant que celui-ci conserve ce caractère, l’essence révolutionnaire de la classe ouvrière demeure à l’état latent. La classe ouvrière cessera d’avoir conscience de sa situation de classe, et elle identifiera ses aspirations à celles de la classe dominante. Un jour cependant, la survie du capitalisme finira par dépendre d’un “réformisme à rebours” ; le système sera contraint de recréer les conditions qui ont conduit au développement de la conscience de classe et à la perspective d’une révolution prolétarienne. Lorsque ce jour viendra, le nouveau capitalisme ressemblera à l’ancien, et il se retrouvera de nouveau, dans des conditions changées, face à l’ancienne lutte de classe (1). »

    Cette période que Mattick caractérisait de « réformisme à rebours » touche à sa fin en Occident et il faut s’attendre à un renouveau de la lutte de classe.


  Au Proche-Orient, il y a ceux qui s’engagent dans des guerres bourgeoises, endoctrinés par le nationalisme et les rivalités religieuses. Ce n’est certes pas nouveau ni spécifique au Proche-Orient; il suffit de se référer, pour s’en convaincre aux divers massacres à Bakou (Azerbaïdjan) entre 1905 et 1918 (2).

Du fait des massacres en chaîne et répétés, il suffit pour une puissance étrangère impérialiste d’attiser ce feu pour que de nouveau tout s’enflamme. En 1905 les bolcheviks essayèrent dans le Caucase de calmer ces rivalités au sein du prolétariat, sans grand succès. En mars 1918, des Arméniens (chrétiens) vivant à Bakou massacrent des musulmans – en septembre, l’armée turque et des Azéris (habitants de l’Azerbaïdjan, chiites) massacrent les Arméniens de Bakou.


Mais il y a aussi ceux qui, sur plusieurs générations déjà, ont fui comme ils pouvaient le théâtre des guerres, formant d’importantes diasporas dans le monde, notamment les Arméniens, les Palestiniens, les Kurdes, les Juifs, les Iraniens, les Africains... Dans ces diasporas, nombreux sont ceux qui sont ou deviennent des prolétaires ; c’est le cas, par exemple, des Kurdes que les combats actuels en Syrie ont remis sur le devant de la scène. Ils seraient un million en Allemagne. Toutes ces diasporas n’ont de national qu’un passé lointain, culturel et linguistique essentiellement, qui tend à se dissoudre dans le capitalisme mondialisé.
Hannah Arendt (1906-1975) avait bien identifié ce phénomène migratoire de masse  de ce qui fut appelé des « minorités nationales », devenues apatrides à la suite de la première guerre mondiale et des différents traités de paix (4). Seulement, Arendt ne voyait pas ce phénomène comme une dissolution par le Capital des règles anciennes d’un nationalisme devenu impérialiste; elle y voyait un défaut de la démocratie que la Société des nations (SDN) ne savait pas prendre en charge.
Elle voulait que justice soit rendue aux peuples sans Etat ni nationalité. Elle pressentait bien cette explosion de populations déplacées que nous connaissons aujourd’hui, dont elle dresse un tableau intéressant mais n’y voyait qu’une question de droit, d’égalité en droit, alors qu’il s’agit avant tout d’une prolétarisation universelle, c’est-à-dire d’une expropriation/déportation de populations par la guerre.
En Europe
Ces migrations affectent toute la planète et ont pour causes de nombreux motifs; économiques (recherche d’un bien-être matériel), sociaux (fuite des zones de guerres) et politiques (fuite d’une dictature). Pour des raisons de place, je ne m’intéresserai ici qu’aux flux migratoires en direction de la « forteresse ­Europe ».
Nous savons d’expérience que la puissance de feu des bourgeoisies n’impressionne pas les populations surnuméraires dans le monde qui, pour survivre, s’attaquent à la forteresse Europe, et posent par leur seule présence un danger « sécuritaire » qui déborde maintenant les structures mêmes de la société capitaliste. Ces populations ne craignent pas la mort ; elle fait partie de leur quotidien depuis longtemps.
Ces mouvements migratoires affectent d’ailleurs aussi des Européens : nombreux sont ceux obligés de faire leurs valises pour chercher du travail ailleurs, qu’ils viennent d’Europe du Sud (Grèce, Espagne, Portugal, Italie) ou d’Europe centrale. En ce début du mois de janvier 2015, des prolétaires de Bosnie-Herzégovine ont été contraints de demander asile à la Croatie, victimes d’une série de faillites d’entreprises comme Aida, Dita, Konjuh et Livnica. Après une longue marche, ils ont finalement été refoulés au poste frontière d’Orašje.
Voilà le résultat de la guerre dite de Bosnie qui opposa de 1992 à 1995 Serbes, Musulmans et Croates : la population de Bosnie-Herzégovine a chuté de 600 000 personnes en conséquence des massacres et de l’émigration massive dus à la folie nationaliste.
De même pour les événements en Libye, Tunisie, Egypte, Syrie... Le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », leitmotiv de Lénine et de Woodrow Wilson en faveur de l’indépendance des colonies, finira après deux guerres mondiales par un partage entre les deux super-puissances qui est battu en brèche depuis l’implosion de l’URSS. Comme disait François Mitterrand : « Il faut revoir les accords de Yalta. » C’est ce qui se passe depuis le démembrement de l’ex-Yougoslavie et les guerres dans les Balkans (300 000 morts) (5).


Durant ces guerres, nous avons vu certains groupes gauchistes et libertaires soutenir l’UCK au Kosovo et aller jusqu’à demander à l’Etat français d’armer ces « libérateurs ». Actuellement, l’OTAN est à l’offensive et les lobbies pétroliers, financiers et militaristes jouent la déstabilisation des Etats, leur morcèlement, leur régionalisation, afin de pouvoir exercer un contrôle plus centralisé mondialement (6). C’est en tout cas ce qui me semble transparaître au niveau occidental. Je ne vois que quatre grand Etats à résister actuellement à cette offensive conjointe de l’OTAN et des milieux d’affaires : la Chine, la Russie, l’Iran et le Brésil – suivis dans une certaine mesure par plusieurs pays latino-américains.
Tous ces Etats sont bien entendu capitalistes et les différents camps ne représentent que la concurrence entre eux, où tous les arrangements, comme en Ukraine, peuvent se faire en haut lieu. Il se dit actuellement que les Etats-Unis se désengagent en Ukraine suite à un échange entre Obama et Poutine concernant Cuba qui ouvrirait ses réserves pétrolières et minières aux entreprises américaines. La Grèce se tournerait vers les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), c’est-à-dire la Russie. Toutes les combinaisons et tractations secrètes entre Etats et groupes d’Etats sont possibles et c’est dans ce cadre, qu’une fois de plus, la question kurde refait surface.


La question du nationalisme kurde


On ne saurait traiter la question du nationalisme kurde sans considérer que toute question nationale est close depuis la première guerre mondiale. Dès Le Manifeste communiste de 1848, Marx indique que, comme le prolétariat doit en finir avant tout avec sa propre bourgeoisie, cette lutte revêt une forme nationale, bien que sur le fond il ne s’agisse pas d’une lutte nationale puisque le prolétariat n’a pas de patrie et que son objectif est d’abolir l’exploitation de l’homme par l’homme, seule manière d’abolir l’exploitation d’une nation par une autre.
La question nationale n’a plus, depuis longtemps, d’intérêt économique pour le capital devenu transnational. Dès qu’il l’a pu, le capital national a rejeté les béquilles du monopole féodal que lui avait délivrées l’Etat, s’est émancipé et est parti à la conquête du monde. Rosa Luxemburg eut le mérite, contre le wilsonisme et le léninisme, de s’opposer au « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », ce slogan séduisant qui visait à soutenir les mouvements nationaux en lutte contre le colonialisme. Et il n’est pas difficile de démontrer que les Etats-Unis et l’URSS allaient l’utiliser pour se partager le monde au détriment des anciennes puissances coloniales : l’Amérique aux Américains, telle était par exemple la doctrine du président James Monroe considérant que l’Amérique latine, tout juste émancipée de la tutelle espagnole, devait tomber dans l’escarcelle des Etats-Unis.
Il est un peu plus difficile aujourd’hui de combattre l’idéologie des interventions militaires dites humanitaires de notre sainte démocratie; d’autant que cette idéologie se pare maintenant du drapeau d’une intervention contre d’affreux barbus obscurantistes, levier bien plus puissant pour obtenir l’adhésion des populations des nations guerrières.
Le jeu, nous le connaissons , c’est celui du Capital qui n’ayant comme patrie que l’argent rapportant de l’argent, n’hésite pas à fomenter des guerres ni à alimenter les deux camps adverses en armes et en carburant, les yeux fixés sur les indices boursiers. Par exemple, durant la première guerre mondiale, la Standard Oil de Rockfeller (actuellement Exxon-Mobil) avait le contrôle de l’approvisionnement en pétrole en Allemagne (7) et en France. Georges Clemenceau n’avait plus de « tigre dans son moteur » pour poursuivre la guerre et dut négocier avec la Standard Oil la livraison de pétrole ; ce qui lui fera dire : « une goutte de pétrole vaut une goutte de sang (8). »
De même durant la montée de Hitler au pouvoir, il est bien connu que celui-ci fut soutenu par Ford et bien connu que l’entreprise allemande Krupp alimenta les deux camps, et que ses usines ne furent pas bombardées par les alliés.
Nous pourrions écrire un dictionnaire sur ce genre de collaboration, qui vise à se débarrasser des crises par la guerre en faisant se battre les populations les unes contre les autres.
Certains qualifient à cet effet Daesh d’organisation islamo-fasciste (9) lui conférant un rôle d’épouvantail et d’agent du capital ; il est l’excrément obscurantiste produit par l’Otan et Israël qui, curieusement ne sont pas inquiétés par le monstre et vice-versa, l’ennemi commun étant l’Iran. Le monstre n’a pas perdu son temps : il s’est approprié des puits de pétrole pour son propre compte et viserait maintenant ceux du Kurdistan, en fait la relation intime entre Barzani et Israël via un Etat-croupion kurde, ami et allié d’Israël. Daesh, conséquence de l’invasion de l’Irak par les troupes de l’Oncle Sam en 2003, semble ne pas vouloir abattre Bachar Al-Assad, au moment où Obama lâchait l’initative franco-sioniste contre ce même Bachar Al-Assad. La Russie a, elle aussi, son islamiste radical, le Tchétchène Ramzan Kadyrov, qui met à la disposition de Vladimir Poutine un régiment spécial pour en découdre avec Daesh, considéré par Ramzan Kadyrov comme un agent de l’Occident.
Les Kurdes qui sont encore au Kurdistan, pour la plupart des paysans pauvres n’ayant pu fuir les combats, se trouvent pris en tenaille. Le prolétariat kurde est de par son importante diaspora, notamment en Turquie et en Allemagne (10), « dénationalisé », apatride, voire regroupé dans un communautarisme de parti comme le PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan côté turc.
Les événements politiques, guerres et émeutes, des dernières décennies ont poussé des millions d’êtres humains vers l’émigration. Les Kurdes sont de ceux-là, se réfugiant à Istanbul (3 millions de Kurdes), Izmir, Adana, Mersin en Turquie, Bagdad en Irak, ou Téhéran et Tabriz en Iran au point que près du tiers des Kurdes vivent actuellement en dehors du Kurdistan. D’autres, prolétarisés dans un premier temps en Turquie, sont passés en Allemagne (11), notamment à Hambourg, une ville portuaire où vivent et travaillent 35 000 Kurdes. Ce n’est pas un hasard si eurent lieu dans cette ville de violents affrontements avec les islamistes. Comme le disait en son temps Rosa Luxemburg : « Ne volera plus jamais, qui aujourd’hui n’a pas volé (12) » le nationalisme kurde est, de fait, mort-né  Il n’a pas plus d’espoir d’exister que les nations indiennes d’Amérique du Nord. Le combat du prolétariat kurde est ­universel.
Gérard Bad,
janvier 2015

 NOTES

(1) Paul Mattick, « Le nouveau capitalisme et l’ancienne lutte de classes » (1968) repris dans le recueil Le Marxisme hier, aujourd’hui et demain (éd. Spartacus, 1983).
(2) Voir E. L. Keenan, « Remarques sur l'histoire du mouvement révolutionnaire à Bakou, 1904-1905 », Cahiers du monde russe et soviétique, 1962, vol. 3 n°3, accessible sur www.persee.fr/ web/revues/home/prescript/ article/cmr_0008-0160_1962_num_3_2_1505

 (3) Hanna Arendt, Les Origines du totalitarisme, t. 2 L’Impérialisme, éd. Fayard.

 (4) A la fin de la première guerre mondiale, les nouvelles frontières répartissent les Kurdes dans quatre pays (Irak, Iran, Syrie, Turquie). Les premières cartes du Kurdistan ont été dressées en 1919, par un envoyé kurde sur la demande de la Société des Nations (les articles 62 et 64 du Traité de Sèvres signé par le sultan et les Puissances prévoyaient un Kurdistan autonome voire indépendant et une Arménie indépendante).

(5) Guerre en Slovénie (1991), connue sous le nom de « guerre des dix jours » ; guerre en Croatie (1991-1995) ; guerre en Bosnie (1992-1995) ; guerre au Kosovo (1998-1999).
(6) François Thual, La Planète émiettée. Morceler et lotir, un nouvel art de dominer, éd. Arléa, 2002.

 (7) L’Allemagne en plein développement industriel avait conscience du rôle stratégique du pétrole pour l’indépendance énergétique du pays. A cette époque (1912), l’Allemagne dépendait pour ses approvisionnements de la Rockfeller Standard Oil Company. La Deutsche Petroleum Verkaufsgesellschaft (Société allemande de vente du pétrole), la branche allemande de la Standard Oil, contrôlait 91 % des ventes de pétrole à l’Allemagne. Actionnaire à 9 % de la Deutsche Petroleum Verkaufsgesellschaft, la Deutsche Bank ne pesait pas lourd.
(8) La citation exacte est : « Il faut que la France combattante (...) possède l’essence aussi nécessaire que le sang dans les batailles de demain », d’après Pierre Fontaine, L’Aventure du pétrole français, Nouvelles Editions latines, 1967, p. 42, consultable sur
http://books.google.fr/books/about/L_aventure_Du_Petrole_Francais.html?id=BNHRrfUWYWQC&redir_esc=y

 (9) Il n’y a aucun rapport entre l’islamisme et le fascisme, ni d’un point de vue économique, ni d’un point de vue social.
(10) En matière économique, les Kurdes sont notamment présents en France dans le secteur du bâtiment, de la confection et de la restauration. Leur communauté compte aussi de nombreux artistes (musiciens, peintres, cinéastes...).
(11) Selon Le Monde du 15 décembre 2004, il y aurait 2 375 000 Turcs en Allemagne, dont 1 million de Kurdes d’après l’Association des Kurdes d’Allemagne (KGD)
(12) « C'est aujourd'hui la nuit de Walpurgis sur le Brocken [montagne où se serait déroulée la nuit de Walpurgis] nationaliste.
“Sur un balai, sur un bâton
Ne volera plus jamais, qui aujourd'hui n'a pas volé*.”
Mais le nationalisme n'est qu'une formule. La substance, le contenu historique qu'elle couvre est aussi divers et ramifié qu'est creuse et pauvre la formule d’“autodétermination nationale” qui le cache. »
(Rosa  Luxemburg, Fragment sur la guerre, la question nationale et la révolution, 1918)
* Citation du “chœur des sorcières” dans le Faust de Goethe.

 

 

Posté par spartacus1918 à 08:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

16 octobre 2019

INFOBREF N°531-insecurité sociale,

INFOBREF N°531

Belgique: Rassemblement demain contre l’interdiction des symboles communistes

Le Parti Communiste de Belgique appelle à un rassemblement devant le parlement européen à Bruxelles, demain mercredi, pour manifester contre la résolution qui assimile fascisme et communisme et interdit les symboles communistes (voir nos articles ici et ici).  Rassemblement mercredi 16 octobre à 17h30 devant le Parlement européen, place du Luxembourg. Le Secours rouge répondra à cet appel.



La (dé)mondialisation du commerce des déchets plastiques : enjeux et perspectives Édito Énergie, septembre 2019

Depuis 1964, la production mondiale de plastique a été multipliée par 23 pour atteindre 348 millions de tonnes en 2017.

Ce niveau de production devrait doubler au cours des 20 prochaines années, principalement en raison de la forte croissance de la consommation de plastique dans les pays en développement. Aujourd'hui, la Chine est le plus grand producteur de plastiques (représentant près de 30 % de la production mondiale) et l'Union européenne (UE) arrive en deuxième position (18,5 %) avec 64 millions de tonnes.

Ce contenu est disponible en anglais: (De)globalization of International Plastic Waste Trade: Stakes at Play and Perspectives



INSECURITE SOCIALE

Ouverture d'une enquête après la mort d'une femme pas prise en charge par le Samu

Cette femme de 60 ans avait été retrouvée morte dans son lit après un arrêt cardiaque, alors que son employeur avait appelé les secours pour signaler des douleurs à la poitrine.

Elle appelle le Samu qui n'envoie pas d'ambulance, elle meurt ...

 

www.francesoir.fr › Société › Faits Divers

10 mai 2019 - L'affaire n'est pas sans rappeler le cas de Naomi Musenga qui n'avait ... ouverte après la mort d'une personne, le Samu n'est pas intervenu.

Ouverture d'une enquête après la mort d'une femme pas prise ...

 

https://www.huffingtonpost.fr › entry › samu-mulhouse-justice-enquete_fr...

Il y a 21 heures - PATRICK HERTZOG / AFP Mi-juin, une sexagénaire est mort à la suite d'une crise cardiaque, et ce alors que le Samu n'est pas intervenu ...

Décès d'une nonagénaire à Paris : le Samu n'est pas ...

 

https://actu.orange.fr › france › deces-d-une-nonagenaire-a-paris-le-samu-...

3 oct. 2018 - Décès d'une nonagénaire à Paris : le Samu n'est pas intervenu,. Un véhicule du Samu le 14 novembre 2015 à l'hôpital Saint-Antoine à Paris.

Elle accuse le Samu de ne pas être intervenu - France 3 ...

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr › centre-val-de-loire › 2014/10/14

14 oct. 2014 - Catherine Cavanna a porté plainte contre le Samu de Blois. ... Je lui dit qu'il n'y a pas de médecin à Mondoubleau pour intervenir à cette heure …

 

Manifestation à Paris « Les retraités réclament justice ! »

https://paris.demosphere.net/rv/72747

Trajet / parcours : Départ 14h30 de Montparnasse en direction des Invalides

Pour l'augmentation des pensions, tous en action le 8 octobre !

CGT, FO, CFTC, CFE-CGCn FSUn Solidaires, FGR-FP, LSR, UNRPA

« Le pouvoir d'achat des retraités en chute libre depuis 25 ans » !

C'est l'instance officielle Conseil d'Orientation des Retraites qui l'affirmait en 2017. Depuis, en 2017/2018, Emmanuel Macron a foncé tel un rouleau compresseur et a écrasé nos pensions par deux mesures complémentaires, le gel des pensions et l'augmentation de 25 % de la taxe CSG. Pendant le même temps, il supprimait l'ISF et la France devenait championne d'Europe de la distribution des dividendes !

Emmanuel Macron a été stoppé par les fortes mobilisations des retraitées et retraités,

jusqu'à 200 000 dans la rue à l'appel de nos 9 organisations, et souvent la moitié des présences sur les ronds-points tenus par les gilets jaunes.

Emmanuel Macron a cédé en trois fois sur une partie de nos revendications :

annulation de l'augmentation de la CSG en 2019 et fin du gel des pensions en 2020 … mais seulement pour une partie des personnes en retraite, pas pour les célibataires ayant plus de 2 000 €, les personnes en couple à plus de 1 500 €, qui cumulent tous les coups et les coûts …

Il promet le retour à une revalorisation des pensions pour tout le monde en 2021, ce qui n'empêchera pas la baisse du pouvoir d'achat des pensions contrairement à l'indexation des pensions sur les salaires que nous demandons.

Nous connaitrons bientôt l'évolution de nos pensions et l'ampleur des reculs du Président Emmanuel Macron :

tout sera le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2020 que le Parlement votera en fin d'année.

Le Président Emmanuel Macron tiendra-t-il ses promesses ? On se souvient que le candidat Emmanuel Macron s'est fait élire par les retraité-e-s en affirmant « Avec moi, le pouvoir d'achat des retraités sera préservé … ».

Le 8 octobre,

soyons des centaines de milliers dans la rue, pour que le gouvernement décide enfin de maintenir notre pouvoir d'achat, de rattraper tout ce que nous avons perdu depuis 2013. C'est possible, nous avons déjà fait un peu céder le gouvernement, il nous faut continuer.

Les retraité-e-s ont raison d'être inquiets :

  • Le déremboursement des médica-ments coûte cher aux retraité-e-s qui en consomment plus que la moyenne. Le 0 % de certaines lunettes et certains appareils auditifs, c'est bien, mais il sera payé par l'augmentation des mutuelles, alors que nous ne bénéficions pas de la participation des employeurs, et que le prix de cette mesure risque de se répercuter les cotisations.

  • Les moyens aux collectivités locales diminuent (fin de la taxe d'habitation) ce qui va accélérer la disparition des services publics de proximité dont nous avons tant besoin chaque jour, et aussi augmenter les taxes foncières et d'enlèvement des ordures ménagères.

  • De plus en plus, internet devient obligatoire, y compris pour prendre rendez-vous chez un médecin. Les services publics doivent être entièrement dématérialisés en 2022, comment faire sans ordinateur (une personne sur cinq, souvent âgée) ?

  • Une réforme des retraites arrive et nous concerne directement, le Haut Conseil à la réforme des retraites veut bloquer la part des pensions dans les richesses créées (13,8 % du PIB) alors que 150 000 personnes de plus touchent une pension chaque année. La même part à se partager entre plus de monde, c'est moins de pension pour chacun !
    Pire, le gouvernement veut réduire les dépenses de pension d'ici le 1er janvier 2025, jour de l'application de la réforme !

Nous avons ouvert la brèche, manifestons tous ensemble pour :

  • La suppression de la hausse de la CSG et la fin du gel des pensions pour toutes les retraites et pensions, avec rattrapage des pertes subies au 1er janvier 2020.

  • La revalorisation de toutes les pensions en fonction de l'évolution des salaires.

  • Un minimum de pension à hauteur du SMIC pour une carrière complète.

  • Le maintien et l'amélioration des pensions de réversion.

  • L'embauche immédiate de 40 000 personnes comme le demande le personnel des EHPAD et des soins à domicile. La prise en charge de la perte d'autonomie à 100 % par la Sécurité sociale et l'ouverture d'un droit universel dans le cadre d'un grand service public de l'aide à l'autonomie.

Israel Aerospace et Airbus associés dans un contrat de fourniture de drones militaires d’un milliard de dollars

16 juin 2018

Israel Aerospace Industries a annoncé la signature d’un contrat de 600 millions de dollars avec le groupe Airbus pour la fourniture en leasing pendant neuf ans de drones de type Heron TP au Ministère allemande de la Défense. En fait, ce contrat est un des éléments d’un programme de drones s’élevant à  ±895 [...]

14/10/2019

Bruxelles: Enquête suite aux violences policières de samedi

Une enquête a été ouverte au sein de la police de Bruxelles à propos des méthodes utilisées par les forces de l’ordre pour faire évacuer la place royale que les manifestants d’Extinction Rebellion occupaient, samedi en fin de journée (voir notre article). Le porte-parole de la police de Bruxelles-Capitale-Ixelles reconnait qu’“Il y a eu l’usage de spray lacrymogène qui n’était clairement pas conforme aux directives.” Cela fera l’objet d’une enquête à rendre à Philippe Close. Il faut dire que cette fois-ci, la police a maltraité quelques notables, ainsi Olivier de Schutter, professeur d’université et ancien rapporteur de l’ONU, gazé au visage par un gradé (il porte l’insigne d’inspecteur principal) alors qu’il interpellait pacifiquement un policier.

 

Video gazage des pompiers à Paris

 https://youtu.be/Xlo7tk-1Kio?t=6

 

pompiers_2019

 

 

Posté par spartacus1918 à 05:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

10 octobre 2019

La grève générale secoue l'Equateur- Par Michael Otto et Zoila Ramirez

8 octobre 2019

7 octobre 2019 - Le soutien à l'appel à une grève générale en Équateur a augmenté rapidement ces derniers jours, amenant le pays au bord d'un changement de gouvernement.

Crédit: Telesur

La dernière recrudescence de la lutte de masse a commencé après que le président impopulaire Lenín Moreno ait publié, le 1er octobre, un décret mettant fin aux subventions accordées au diesel et à l'essence supplémentaire à l'éthanol, carburants utilisés pour presque tous les véhicules. Moreno a agi de la sorte suite aux exigences du Fonds monétaire international concernant l'octroi d'un prêt à l'Équateur. Depuis le 2 octobre, des milliers de citoyens de tous les milieux sont descendus dans les rues de nombreuses villes et villages équatoriens chaque jour.

La mobilisation massive qui se déroule actuellement dépasse de loin les deux jours de grève nationale des camionneurs, chauffeurs de bus et de taxis, qui ont eu lieu les 3 et 4 octobre. Cette grève en soi a paralysé le pays dans la tentative infructueuse des syndicats du transport de sauver la subvention vieille de plus de quatre décennies.

Le gouvernement national a suspendu les cours les 3 et 4 octobre, ce qui a ajouté du poids aux manifestations. Le 3 octobre, Moreno a imposé un état d'exception qui, pour les 60 prochains jours, a annulé les libertés de réunion et d'association (sans mentionner le droit constitutionnel de résistance). L'état d'exception a également permis à Moreno de fuir son palais présidentiel de Quito vers la base militaire de Guayaquil.

L'Assemblée nationale n'est pas en session et les gens ne savent pas qui dirige le gouvernement. Les habitants de tout le pays continuent de défier les ordres du président.

Le 7 octobre, Reporters Latino Américain a rapporté: «47 membres de l'armée ont été arrêtés [par la population] après avoir utilisé des bombes lacrymogènes pour attaquer les habitants de la communauté de Tixan, dans le canton de Clausí, dans la province de Chimborazo.

Les dirigeants de la Confédération des nationalités autochtones de l'Équateur (CONAIE) et du Front ouvrier unifié (FUT) ont annoncé le 9 octobre une grève nationale des activités. Il est significatif que ces deux groupes aient soutenu le président il y a 20 mois faire passer un référendum réactionnaire et rompent maintenant avec lui.

La grève à Ibarra et Imbabura

Ibarra est une ville de 300 000 habitants, située à environ 160 km au nord de Quito, la capitale.

Le 4 octobre, le jeune chef Christian Pabon devant l'obélisque d'Ibarra a déclaré: "Nous protestons en paix et ils nous jettent les chevaux."

Christian Pabón, dirigeant de l'aile jeunesse de la Revolución Ciudadana (Révolution citoyenne), a parlé avec passion de l'obélisque d'Ibarra le 4 octobre:

«Cette lutte est la réponse du peuple à la déclaration faite par Lenín Moreno il y a quelques jours, une déclaration qui va conformément au cahier des charges décrété par le FMI. Nous réagissons parce que ces mesures économiques présentées par Lenín Moreno diluent totalement nos droits, une conquête historique des droits de l’homme qui a été réalisée [par la lutte].

«C’est vraiment l’expression du peuple. Nous sommes ici de manière pacifique, le cœur passionné, le poing en l'air. Nous voulons que le gouvernement tombe, oui. Mais nous avancerons sans violence. C'est dur; c'est toujours avec la révolution. Dans la tête et dans le coeur.

«Nous protestons en paix et ils jettent les chevaux sur nous… ils nous tirent des plombs… ils nous tirent des bidons d'essence sur notre corps… la seule chose que nous ayons, c'est notre voix, nos cris, nos pensées… lorsque l'agression est trop forte. beaucoup nous ramassons des pierres… pierres contre balles, ce n’est pas juste.

Pame Aguirre, membre élu du Parlement des Andes, a tweeté: «#MovilizacionNacional À Imbabura [province au nord de Quito, la capitale], plus de 10 000 personnes protestent pour leurs droits. Le gouvernement dira que ce sont des clochards, mais en réalité ce sont des pères, des mères, des étudiants, des enseignants, des marchands, des peuples autochtones, des citoyens ordinaires frappés par le #paquetazo »[« l'offre spéciale »du FMI; voici un hashtag pour un fil Twitter moquant du régime de Moreno].

Ces journalistes se sont entretenus avec José Jácome, chef de file de vendeurs indépendants organisés en 22 associations sur le marché Amazonas d'Ibarra. Jácome a dirigé le 5 octobre une marche de protestation rassemblant environ 100 vendeurs appartenant à la classe ouvrière précaire et informelle.

Jácome leur a dit que la hausse des prix du carburant «ne concerne pas seulement les travailleurs des transports, mais l’ensemble de la population équatorienne, car lorsque le coût du carburant augmente, tout augmente - le coût de la nourriture, des marchandises et du transport des étudiants. ”

À compter du 7 octobre, WhatsApp était utilisé pour coordonner les actions à Ibarra et dans la province.

Comparez avec le début des années 2000

Le soulèvement spontané d’aujourd’hui est inévitablement comparé aux mobilisations qui ont renversé sept présidents au cours des turbulentes années de crise précédant la révolution des citoyens de Rafael Correa (2007-17). Néanmoins, les gens dans les rues d'Ibarra disent qu'ils n'ont jamais rien vu de tel.

Aury Cotocachi a rapporté ce matin sur Radio Pichincha Universal que toutes les communautés autochtones de la province d'Imbabura (dont Ibarra est la capitale) se sont mobilisées pour se joindre à ce qui est en train de devenir une grande grève nationale: un véritable «Paro Nacional».

Il est difficile de dire depuis Ibarra si les habitants des 23 provinces équatoriennes sont en mouvement. Le gouvernement lui-même reconnaît que des routes sont bloquées dans cinq provinces, dont Tungurahua, Chimborazo et Azuay. Radio Pichincha a rapporté ce matin qu'un groupe autochtone important était en marche dans la province de Cotopaxi, alors que la police se mobilisait pour les empêcher de fermer un important tronçon de la route panaméricaine au sud de Quito.

La grève des transports est officiellement terminée et les transports en commun sont redevenus normaux à Guayaquil et à Quito, mais Ibarra et d’autres villes restent totalement fermées. Les cours sont suspendus ici à Ibarra pour le troisième jour. Les enseignants disent qu'ils vont dans les rues le 7 octobre.

La police militaire a été arrêtée par des peuples autochtones dans la province de Cotopaxi et dans la ville voisine d'Ibarra, Otavalo. En effet, les communautés autochtones ont déclaré leurs propres États comme des exceptions.

Le rôle de Moreno

Moreno a été élu en 2017 en promettant une continuation de la révolution citoyenne menée par Rafael Correa. Il a trahi ces promesses et, depuis 28 mois, il a imposé des décisions néolibérales renversant presque tous les gains progressifs des 10 années précédentes. Les médias procapitalistes défendent sans relâche le mensonge majeur selon lequel le gouvernement de Correa était corrompu et bureaucratique, gaspillant les revenus pétroliers et plongeant l'Équateur dans une crise de la dette. Se servant de cet argument fallacieux, Moreno a supplié le FMI d'obtenir des milliards de prêts pour compenser les milliards d'impôts qu'il exonérait des riches.

De plus en plus de gens dénoncent Moreno pour avoir suivi les consignes du FMI en imposant l'austérité, en supprimant le droit des travailleurs à un emploi stable à temps plein et en poursuivant son objectif ultime de privatiser les ressources du pays. Le FMI est détesté en Amérique latine pour avoir favorisé la pauvreté, le chômage et le sous-développement.

La pauvreté a fait son retour après un long recul au cours des années Correa. Vous voyez maintenant des femmes âgées qui mendient dans les rues, des familles sans-abri et des couples dormant dans les parcs d'Ibarra. Les retraités sans avantages sociaux, qui percevaient une somme mensuelle appelée «bono», ont été coupés des pensions dans les communautés autochtones près d'Ibarra. Un enseignant dit qu'ils paient de leur poche pour maintenir le programme de petit-déjeuner pour les enfants pauvres.

Un chant souvent exprimé dans les manifestations militantes peut être traduit par «Lenín Moreno, un traître hypocrite, le peuple vous rejette dans tout l’Équateur». Telesur et les médias internationaux ont statistiquement raison de dire que moins de 30% de la population soutient Moreno, mais les sondages indiquent que seulement 12% des gens lui font confiance.

Tous les peuples se sont finalement levés - après deux longues années de petites manifestations dans diverses régions du pays (la plus récente dans la province de Carchi) - pour exiger l'éviction de Moreno et la fin de son régime réactionnaire.

L'avenir est inconnu. Les différences entre les peuples, tant politiques que régionaux, doivent être surmontées si les mouvements sociaux fractionnés vont s'unir pour forger un nouveau parti progressiste libre du sectarisme qui sévissait dans le pays alors même qu'il progressait alors que Correa était président.

Les gens ici doivent suivre quotidiennement l'évolution de la situation en Équateur, car la Confédération des nationalités autochtones de l'Équateur appelle à une Paro Nacional (grève nationale) le 9 octobre, à laquelle tous les secteurs sociaux répondront probablement. différences.

(Un contingent de peuples autochtones se rend à Quito, avec 20 000 personnes attendues le 8 octobre.)

(Photo: Michael Otto)



 

Posté par spartacus1918 à 08:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :