Grande-Bretagne – 11/04/2012 – Les contrôles policiers sont étendus à l’ensemble des médias (portables et autres gadgets électroniques). Les audiences des tribunaux traitant les « découvertes » de cet espionnage seront tenues secrètes. Le Royaume-Uni détient le record de 4,2 millions de caméras de surveillance, dont 12 000 dans le seul centre de Londres. Des opérations « coup de poing » mobilisant dans une seule opération 5 000 flics sont menées dans le cadre d’une politique, « la police totale », similaire à la tolérance zéro américaine. Avec un luxe de moyens, ces opérations visent un secteur géographique défini (souvent près des discothèques, des stades, etc.) où un grand nombre de « suspects » sont conduits dans des centres de détention mobiles (une grande tente cloisonnée en cellules et lieux d’interrogatoires). Des équipes spéciales avec des chiens policiers sont par ailleurs déployées dans les transports pour renifler les voyageurs immédiatement arrêtés, s’ils sont suspects, par des accompagnateurs-flics en civil.
Monde – 19/04/2012 – Pour 200 euros, on peut trouver sur Internet des « spoofers », petits appareils facilement dissimulables qui permettent de perturber sérieusement tout le fonctionnement des GPS dans un rayon qui peut atteindre 1 kilomètre. C’est utilisé par les routiers américains pour déjouer les balises de surveillance contrôlant leur temps de travail et l’usage de leur camion. Cela peut être un instrument redoutable pour déjouer tous les moyens de contrôle dont sont dotés flics et patrons. À double utilisation, répressive et défensive, d’autres engins pas plus gros que le pouce peuvent être glissés subrepticement dans une poche, voiture ou bagage quelconque, permettant d’espionner les allées et venues de celui qui s’en trouve involontairement porteur. Aussi en vente libre.
28/02/2012 – Des drones ont été construits de la taille d’une mouche ordinaire ou d’une araignée, capables de s’introduire n’importe où, à travers la plus petite ouverture, et d’enregistrer les conversations, prendre des photos, ou répandre une toxine mortelle. Ces engins sont développés aux USA sous le nom de Micro Autonomous System and Technology (Mast) par l’armée et des laboratoires universitaires. De plus, ils sont particulièrement bon marché, tous les pays pourront s’en procurer et même des particuliers. Autre particularité, ils sont difficilement détectables. Un pas de plus dans ces technologies létales : la mise au point de robots de la dimension de nanoparticules que l’on peut introduire subrepticement dans le sang ou les poumons et qui sont capables de dérégler le métabolisme du « patient ».
France – 7/04/2012 – Ikea (multinationale suédoise de l’ameublement) employait des détectives privés d’une société de conseil (le plus souvent des flics retraités ou ex-flics ayant gardé des connexions avec les services de police) pour espionner et sanctionner non seulement ses centaines d’exploités dans toute la France mais aussi ses clients. 19 policiers en service ont été sanctionnés pour avoir participé à cette chasse aux « déviants ».
États-Unis – 16/03/2012 – Obama a signé un décret : « Préparation des ressources pour la défense nationale » qui lui donne tous pouvoirs pour décider de toutes les ressources nationales (force de travail, nourriture, industries, etc.), quand la « défense nationale le justifie ». Une formule assez vague pour couvrir n’importe quoi. Des pouvoirs spéciaux sont ainsi délégués aux secrétaires d’État de l’agriculture, de l’énergie, de la santé, des transports, de la défense. Le décret donne le pouvoir de saisir par la force toute production et matériel agricoles.
26/03/2012 – Le gouvernement construit en grand secret un centre de grande dimension à Bluffdale (Utah) capable de stocker toutes les informations recueillies sur les Américains, incluant les communications par mail, les appels des portables, les recherches avec Google, les reçus de parking, les itinéraires suivis par GPS, les achats de livres, etc. La montée de la répression
États-Unis – 27/02/2012 – Une nouvelle loi concerne l’utilisation des drones (voir précédents bulletins). Largement utilisés au Moyen-Orient et pour la surveillance des frontières, leur champ d’action sera élargi à tout le territoire américain. 30 000 drones y seront déployés avec non seulement la capacité de photographier mais aussi de suivre tout individu dans ses déplacements, et d’intercepter toute connexion électronique. Ils seront armés, ce qui autorisera des assassinats ciblés comme cela est pratique courante en Orient.
Grande-Bretagne – 30/03/2012 – 2 000 chauffeurs de camions-citernes approvisionnant les stations-service votent la grève contre les restructurations, les salaires et les conditions de travail (par exemple, pour la suppression des lourdes amendes en cas de retard de livraison). Avant même que le syndicat Unite (qui a déclaré par ailleurs tout faire pour éviter la grève) ne lance la grève, contraint et forcé par la base, le gouvernement menace de décréter l’état d’urgence et envisage d’utiliser l’armée. Une des compagnies, Norbert Dentressangle, a immédiatement licencié 6 chauffeurs, les seuls syndiqués.
Extrait de Dans le monde une classe en lutte mai 2012
États-Unis – Fiat possède un des « grands » de l’automobile US (à près de 60 %). Comme les autres « grands », le passage par la faillite puis par le renflouement gouvernemental, accompagné d’impératifs de restrictions diverses, est soutenu par le syndicat UAW. Les usines américaines ont été fermées en 2000 pendant deux mois, ce qui a permis d’imposer des réductions de salaires de près de moitié. En plus de la charge de travail, les ouvriers doivent maintenant assurer tout l’entretien des machines et des ateliers sans augmentation de salaires.
Grande-Bretagne – 15/03/2012 – Mayr Melnhof Packaging (filiale de l’Australien Bootle, 32 usines dans 15 pays). Contre une proposition de 49 licenciements et une réduction des salaires entre 1 000 et 2 000 £ rejetée à 138 contre 1, après une série d’arrêt de travail sans résultat, la grève illimitée est votée à 98 % le 10/02. La réplique ne se fait pas attendre, le 18/02, c’est le lockout. C’est alors que se produit une tentative d’occupation de l’usine mise en échec par l’opposition du syndicat Unite et une intervention policière. Unite accepte aujourd’hui de négocier les indemnités de licenciement, c’est-à-dire d’entériner le diktat patronal.
Canada – 23/02/2012 – 70 000 étudiants manifestent à Montréal contre une augmentation des droits universitaires de 75 %, ( de 1 700 euros à 3 200 euros)à l’appel d’une Coalition large de l’association pour une solidarité syndicale étudiante » (Classe). Ils bloquent un pont et sont attaqués par la police qui avait antérieurement sévi violemment contre des tentatives d’occupation de la bourse locale et de bureaux universitaires. 37 arrestations. Depuis, des centaines d’étudiants défilent de jour ou de nuit dans les rues de Montréal surveillés par la police et des hélicos qui, à l’occasion chargent et arrêtent Dans le pays, près de 100 000 étudiants sont en grève illimitée.
États-Unis – Longview (port céréalier proche d’Oakland, Californie, voir précédent bulletin). Les 221 dockers, soutenus par les participants à Occupy Oakland, ont finalement accepté de mettre fin à leur lutte contre une tentative d’éliminer la représentation syndicale et le contrat collectif, après un accord syndical qui renouvelle ce contrat collectif mais dans des termes moins favorables que le contrat antérieur. La firme EGT qui les emploie se réserve le droit de licencier tout docker qui aurait participé à 3 grèves jugées illégales, et d’embaucher en cas de conflit des jaunes non couverts par le contrat collectif. Elle se réserve aussi le droit de modifier unilatéralement les conditions de travail, notamment les horaires.
27/03/2012 – Le même problème des raffineries (voir précédent bulletin) et les mêmes manœuvres syndicales. Tesoro possède 7 raffineries aux USA et tente – sous menace de fermeture – d’éliminer les contrats collectifs passés avec le syndicat USW. 4 de ces raffineries ont déjà été dégagées de toute obligation contractuelle et l’expiration du contrat à la raffinerie de Wilmington (Delaware) entraîne la menace, en cas de grève, d’assurer le fonctionnement avec des jaunes (travailleurs de remplacement non syndiqués). Le syndicat USW adopte une attitude conciliatrice et est prêt à accepter des concessions pour maintenir sa présence. Déjà, pour une autre raffinerie du groupe Kapolei à Hawaï, le syndicat USW avait passé un contrat plus ou moins secret avec le trust alors que dans 2 autres raffineries, des menaces de grève se précisaient avec la fin du contrat.
extrait de
Dans le monde une classe en lutte mai 2012
La grève et rien d’autre
Chine – 20/02/2012 – Grèves des employés municipaux dans différentes villes, notamment dans le Guangdong où les municipalités prises dans les restrictions de crédits et de recettes tentent de réduire les salaires, notamment en y imputant les cotisations sociales.
18/02/2012 – Ningbo près de Shanghai. Des centaines de travailleurs de 4 usines locales de Foxconn (30 000 travailleurs) sont en grève contre le non-paiement de compensations pour avoir travaillé pendant le Nouvel An chinois et contre les menaces de licenciement en vue du transfert des usines vers l’intérieur du pays.
23/02/2012 – 100 travailleurs à Huizhou (usine de circuits électriques) en grève contre une réduction des primes de 25 %.
Inde – 10/04/2012 – Depuis févier dernier des escarmouches entre la direction et les travailleurs de l’usine de Nokia Siemens Network India (téléphones portables) à Oragadam (Tamil Nadu près de Chennai) autour de la tentative de former un syndicat indépendant. 52 ouvriers sont licenciés suite à ces actions et les 260 travailleurs permanents de l’usine se mettent en grève illimitée. Ils se voient interdire l’entrée de l’usine.
Espagne – 2/04/2012 – Les 500 pilotes de la compagnie Iberia – fusionnée maintenant avec British Airways – poursuivent un bras de fer avec leur patron qui veut transférer une partie de la compagnie chez une filiale low cost – Iberia Express – dans laquelle les salaires seront réduits de moitié et les conditions de travail beaucoup plus contraignantes (cette création concernerait finalement près de 8 000 emplois). Une douzaine de grèves d’une journée, même appuyées par le personnel de cabine, n’ont guère réussi à faire obstacle au projet qui connaît un début de réalisation avec 4 avions et 500 travailleurs uniquement sur les vols intérieurs, mais avec projets d’extension. Cet échec est en partie dû à celui de la grève des contrôleurs aériens en février 2011 qui ont repris le travail sans rien obtenir, suite à un jugement le leur ordonnant. Les pilotes envisagent de monter d’un degré leur lutte en faisant grève chaque lundi et vendredi, du 9 avril au 20 juillet.
Australie – 3/02/2012 – L’Australie est un grand pourvoyeur mondial de charbon. Cette exploitation minière est dominée par la multinationale BHP Billington qui, en particulier, exporte le charbon extrait à Wollongong (Nouvelles Galles du Sud) près de Sydney par le terminal charbonnier de Port Kemble Coal Terminal. 100 travailleurs sont en grèves périodiques d’une journée pour les salaires et les conditions de travail lors du renouvellement du contrat collectif de trois ans. Le problème de renouvellement de contrat par le même trust est identique dans les mines de West Cliff mais une grève conjointe projetée a été annulée par le syndicat Cfmeu.
France – 29/03/2012 – Les éboueurs de Lyon se mettent en grève le 12/03 dans 4 arrondissements de Lyon et 2 communes urbaines contre une restructuration impliquant une privatisation qui modifierait leurs conditions de travail. Ils cessent la grève le 30 mars avec de vagues promesses de discussion. L’intersyndicale laisse aux assemblées le soin de décider de la reprise dépôt par dépôt, sans soutenir réellement. Une stratégie habituelle.
Argentine – 6/03/2012 – Dans 6 des 23 provinces, les enseignants sont en grève les 28 et 29 février pour une augmentation de salaires de 28 % pour rattraper une inflation qui dépasse 20 % sur une année. États-Unis – 25/02/2012 – Castlewood Country Club à Pleasantown. Pour avoir refusé un nouveau contrat qui voulait leur imposer la charge totale des cotisations maladie, ce qui aboutissait à une réduction de salaire de 35 %, les travailleurs de l’usine sont lockoutés depuis deux ans. Ils manifestent avec les Occupy d’Oakland pour la réembauche de 61 d’entre eux.
6/04/2012 – Les 254 travailleurs de Nichols Aluminium à Davenport (Iowa), en grève depuis deux ans et demi, doivent reprendre le travail devant la menace de faire fonctionner l’usine avec des jaunes et des « travailleurs de remplacement » qui, légalement, deviendraient des travailleurs permanents, non syndiqués bien sûr ; la grève avait été déclenchée par le refus d’accepter une réduction des salaires d’embauche (two tier system) et la réduction des cotisations patronales maladie.
Pays-Bas – Mars 2012 – En grève depuis cent cinq jours, les agents de nettoyage du pays ont obtenu 4,85 % d’augmentation et des concessions sur la sécurité de l’emploi et l’assurance maladie. Canada – Début avril 2012 – Les 400 travailleurs de Haley Industries (aéronautique) de Renfrew (Ontario) votent la grève à 96 % après leur rejet d’un nouveau contrat réduisant les salaires et les avantages retraite.
Afrique du Sud – 7/03/2012 – Grèves et manifestations dans tout le pays à l’appel du syndicat Cosatu contre les péages d’autoroute et les bureaux de placement privés, passage obligé pour trouver un emploi (jusqu’à 70 % des travailleurs sont contraints d’y avoir recours, situation qui rappelle les temps lointains de l’exploitation notamment en France avec les bureaux de placement payants). Ceux qui y ont recours ont leur salaire en général amputé de 30 % et c’est pain bénit pour les exploiteurs qui bénéficient d’une flexibilité totale.
24/03/2012 – 3 500 mineurs de la mine de platine Modikwa sont en grève depuis trois semaines pour une augmentation des salaires, des primes, et la fin des différentiations salariales (qui oscillent entre 385 $ et 2 175 $) ; ils ont refusé une proposition d’augmentation de 10 % et poursuivent la grève.
.Allemagne –30/4/2012– Le syndicat de la métallurgie IG Metall a lancé une série de grèves tournantes pour appuyer les négociations salariales. Le syndicats propose 6,5 % d’augmentation et le patronat offre 3 %. Mais comme toujours il s’agit de grèves limitées à la fois quant à leur durée et leur localisation. Début, à la suite d’une même campagne de grèves le syndicat des services publics Verdi avait obtenu une augmentation de salaires de 6,3 % sur deux années pour quelque 2 millions de fonctionnaires et agents des communes. D’autre part, un salaire minimum a été instauré le 25 avril mais il n’est pas national, il sera défini par une commission spéciale, ne s’appliquera pas aux branches ayant déjà un saalire plancher et comportera des exceptions.
ESPAGNE- 29/03/2012 – La grève générale d’une journée, organisée par les syndicats contre les mesures d’austérité, paralyse tout le pays, avec des manifestations dans toutes les villes regroupant plusieurs millions de participants. Dans certaines agglomérations, les manifestants s’attaquent à des objectifs précis d’une manière moins pacifique, notamment à Barcelone où 10 000 flics ont été déployés dans des affrontements qui laissent 100 blessés et s’accompagnent de79 arrestations.
GRÈCE- 9/04/2012 – Après le suicide sur la place Syntagma, lieu des grands rassemblements, d’un ex-pharmacien de 77 ans acculé à la misère par les mesures d’austérité, des milliers de manifestants se rassemblent et sont attaqués par la police. Depuis, ils sont des centaines à défiler devant le lieu de cette immolation qui est devenu le symbole des résistances à ce qu’imposent au pays les dirigeants de l’Union européenne.
CHINE 23/03/2012 – 1 000 travailleurs d’une usine de plastique à Shenzhen qui ferme pour cause de délocalisation sont en grève pour le paiement d’indemnités de licenciement. 27/03/2012 – 500 travailleurs en grève dans le Fujian manifestent contre la privatisation de leur entreprise et reprennent le travail sur la promesse d’une enquête sur les malversations entourant cette opération. Le capital poursuit ses restructurations
Extraits de Dans le monde une classe en lutte mai 2012
RUSSIE- La crise frappe la Russie dont l’activité économique dépend aujourd’hui essentiellement des exportations de matières premières (dont le pétrole et le gaz en forment 40 %). De 2006 à 2010, 20 % des emplois ont disparu dans l’agriculture, et la production industrielle a chuté de 17 % ; pendant la même période, l’exode des capitaux vers l’étranger s’est accentué. Le gouvernement, pour prévenir les faillites, a injecté des fonds, principalement dans le secteur bancaire. Le fossé entre riches et pauvres, comme partout, s’est élargi : s’il y a 30 % de plus de milliardaires, 53 % de la population doit vivre avec moins de 400 euros par mois. La frange classe moyenne gagnant entre 1 000 et 1 400 euros mensuels ne représente que 7 % de la population. Entre 20 et 25 % de la population active travaille au noir, sans aucune garantie sociale. C’est dans cette dernière couche sociale que semblent se manifester les oppositions récentes. Les médias ont donné une large place aux manifestations qui se sont récemment déroulées à Moscou notamment, les 10 et 24 décembre dernier et de nouveau en février, réunissant des oppositions diverses d’une foule relativement importante mais au point de représenter une vague susceptible d’ébranler le régime (de telles manifestations ne furent pas rares dans le passé récent en 1991, 1992 et 2005). Elles se sont répandues dans différentes villes de province mais avec une faible participation. Elles regroupent en général des citoyens ordinaires non activistes, mais en majorité des classes moyennes autour de revendications « démocratiques » qui ne permettent pas de dissimuler l’hétérogénéité des groupes ou partis (le plus souvent de droite) appelant à ces manifestations (transparence et honnêteté politiques, critique du tandem dirigeant, peu de confiance dans le système politique actuel). Il peut s’y mêler aussi des revendications plus concrètes comme le niveau de vie, l’amélioration des services sociaux. La crise, pour les travailleurs, signifie une pression sur les éléments de l’exploitation, notamment sur les salaires (comme dans bien des pays, leur diminution et/ou des délais de paiement ou le non-paiement). On ne possède guère de détails sur les résistances ouvrières mais seulement des chiffres globaux qui en témoignent : entre janvier et septembre 2011, il a été dénombré 200 grèves contre 158 pour la même période de 2010 .
Quelques exemples récents : Tout compris Kaluga (150 kilomètres au sud-ouest de Moscou) – Usine Benteler (sous-traitant de Volkswagen). 400 travailleurs en grève totale (début mars, une grève du zèle n’avait donné aucun résultat) pour les salaires et les conditions de travail, pendant trois jours. Déclarée illégale, elle se termine sur intervention policière. Contraints de quitter l’usine qu’ils occupent, ils se replient sur la cafétéria alors que l’usine est encerclée par les militaires. Un accord serait intervenu sur les salaires mensuels qui passeraient à 458 euros. Toujours Kaluga – 13/04/2012 – Grève à l’usine de pièces détachées Faurecia aussi pour les salaires et les conditions de travail.
ÉGYPTE-Entre les affrontements politiques autour du pouvoir de l’armée, la montée de l’islamisme radical, les revendications ouvrières non résolues malgré de nombreux conflits, la fuite des capitaux et les réticences des investisseurs étrangers, le chaos économique n’a été qu’en s’aggravant depuis une année. D’où le recours au FMI et à la Banque mondiale qui prétendent imposer les médecines habituelles : privatisations (auxquelles s’opposent les travailleurs des entreprises d’État et l’armée qui en a le contrôle de presque la moitié). Plus de 40 % de la population vit avec moins de 1,60 euro par jour. Chômage et inflation endémiques réduisent encore plus cette misère. Les salaires mensuels oscillent entre 30 et 200 euros. L’effondrement économique amène les militaires à solliciter l’aide du FMI qui prétend imposer des privatisations et la suppression de l’aide alimentaire. D’un côté, les manifestations répétées de Tahrir Square regroupent des éléments qui peuvent s’opposer par ailleurs. La dernière en date, le 20 avril, réunissait contre le pouvoir militaire les éléments qui s’estiment dépossédés de leurs espoirs profonds de changement, et les islamistes qui voudraient que les militaires leur laissent une place plus importante dans la direction du pays. D’un autre côté, malgré une répression de plus en plus dure contre les « leaders » des grèves (arrestations sous le coup de la criminalisation des conflits de toute façon illégaux), malgré la condamnation des autorités religieuses, les grèves se poursuivent dans tous les secteurs quasi quotidiennement. Il est pratiquement impossible de les citer toutes, le plus souvent centrées sur les salaires mais aussi contre les mesures de privatisation. Un simple aperçu des grèves dont le mouvement, indépendamment des affrontements politiques, est irrépressible :
28/02/2012 – Nile Cotton Giuning Co à Minya (Haute-Égypte). Pour obtenir le paiement des salaires impayés depuis six mois, les travailleurs bloquent régulièrement la voie ferrée, immobilisant plus de 1 700 trains.
3/03/2012 – Mine d’or de Sakari dans le désert, est du pays. Grève déclarée illégale pour les salaires et les conditions de travail.
25/03/2012 – Des centaines d’agents des transports publics de la région du Caire manifestent devant le Parlement pour un rattachement au ministère des Transports, ce qui signifierait un changement de statut, en particulier de salaires.
27/03/2012 – 1 500 chauffeurs de bus en grève dans 27 garages dans la zone du canal de Suez ; la grève se termine en dix jours après l’échec d’une tentative de l’armée sur un service de remplacement. Accord sur les salaires mais rien sur la volonté d’un remplacement des dirigeants désignés par l’ancien gouvernement.
États-Unis-Pratiquement aucun changement dans l’ensemble de la situation (voir précédent bulletin) malgré les déclarations d’une « reprise », le taux de chômage notamment reste constant. Alors que le mouvement Occupy (Wall Street ou autres lieux sur tout le territoire) s’estompe à la fois par la répression, les récupérations, le manque d’extension et le défaut de perspective, d’autres luttes semblent prendre le relais et/ou des liaisons luttes ouvrières et des militants d’Occupy semblent s’établir (voir précédent bulletin avec Occupy Oakland).
À la persistance de la crise correspond une montée des grèves (chiffres donnés seulement pour les entreprises de plus de 100 travailleurs par le Labor Statistics) :
2009 – 13 000 travailleurs avec 124 000 jours de grève
2010 – 45 000 travailleurs avec 302 000 jours de grève
2011 – 113 000 travailleurs avec 1 million de jours de grève.
Quelques exemples parmi d’autres :
7/03/2012 – À l’appel du collectif Occupy Education Evolution, une marche de 10 000 étudiants (99 miles march or Education and Social Justice) contre une augmentation de 300 % des droits universitaires et des privatisations converge sur Sacramento, capitale de la Californie. Ils sont accueillis par plusieurs centaines de flics qui les virent sans ménagement lorsqu’ils tentent d’occuper le Capitole, siège du gouvernement de l’État. 76 arrestations.
2012 – Les infirmières de différents trusts hospitaliers de Californie déclenchent actions après actions pour leurs conditions de travail et la sécurité des patients, compromise par les restrictions d’effectifs. Le 15 février, 17 000 infirmières d’un des syndicats du trust Kaiser Permanente se mettent en grève de solidarité avec les infirmières d’un autre syndicat ; le trust poursuit le syndicat qui ne s’était pas opposé à cette grève. Le 21 mars, les 4 000 infirmières de San Francisco du trust Sutter Health Hospitals, après des mois de discussion sans résultat sur les mêmes problèmes de sécurité et de conditions de travail, se mettent en grève dix jours. 23/02/2012 – Republic Doors and Windows à Chicago. Cette usine de portes et fenêtres avait été occupée en décembre 2008 par ses 250 travailleurs pour protester contre leur licenciement sans indemnités. Il leur avait fallu six jours de cette occupation, qui avait eu un grand écho dans le pays, pour trouver un repreneur et contraindre une banque à octroyer un crédit. Le même scénario s’est répété le 23/02 après une annonce de fermeture et de licenciement. Immédiatement, les seuls 70 travailleurs survivants de l’opération antérieure se sont mis en grève avec occupation de l’usine. Ils ont été soutenus par des militants d’Occupy mais c’est seulement après onze heures d’occupation qu’il leur a été accordé un délai de trois mois pour trouver un repreneur (est-ce ce soutien extérieur qui a accéléré cette décision ?). Certains parlent de former une coopérative dans ce but.
« Abolissez l’exploitation de l’homme par l’homme, et vous abolirez l’exploitation d’une nation par une autre nation. Du jour où tombe l’antagonisme des classes à l’intérieur de la nation, tombe également l’hostilité des nations entre elles. « (Le Manifeste communiste)
Introduction
Au moment où la crise économique et sociale entre dans sa phase de généralisation, où le gestionnisme classique visant à faire semblant de se porter au secours des pauvres et précaires s’épuise dans les pays de l’OCDE, la question d’une confrontation directe avec les pouvoirs d’Etat est enclenchée dans le monde sous des appellations diverses comme les « indignés ». Terme qui porte bien son nom, ce mouvement s’indigne contre la finance, et dans son mouvement se heurte fatalement à l’appareil d’Etat et à sa force publique gérant les conflits de basse intensité.
Certains dans le monde n’en sont plus à s’indigner mais passent directement à l’insurrection et à la guerre de classe directe (comme au Bangladesh, en Thaïlande, en Algérie, en Syrie, en Chine, au Vietnam), toujours vaincus, mais redressant sans cesse la tête à un titre humain, visant l’abolition des conditions inhumaines qui s’imposent à eux. Ceux-ci survivent au pourtour des grandes villes dans des bidonvilles et autres victimes des trafics en tout genre.
Dans ces pays la dite fracture sociale est à vif, et pour contenir les révoltes le dernier recours c’est l’armée financée par l’esclavage salarié. Bientôt, si la crise venait à s’approfondir, la question d’un affrontement planétaire avec le système capitaliste se posera comme seule solution pour la résoudre. Bien entendu, et comme toujours, la finance mondiale et ses armées régionales (les Etats) chercheront une sortie de crise en déclenchant une guerre de « civilisation » anti-islamiste et du côté islamiste une guerre pour la généralisation de la charia ; les fers sont déjà aux feux et la dichotomie visant à paralyser la force agissante du peuple prolétaire est déjà en action dans la zone arabique.
La défense nationale, un organe parasitaire mangeur de plus-value à l’échelle mondiale
C’est quoi, la dite défense nationale de chaque petit territoire de ce monde ? c’est quoi, le territoire pour une victime du subprime virée de son habitat par la force ? l’armée vient elle défendre son territoire ? La réponse est bien sûr non. Pour les « Américains » de la Nouvelle-Orléans victimes du cataclysme Katrina, l’armée n’est intervenue que pour réprimer, suppléée dans sa besogne par la tristement célèbre société militaire privée Blackwater.
C’est quoi la Défense nationale, pour les sans-abris, sans travail, parqués dans des bidonvilles et autres favelas... ? C’est la défense des riches de la propriété privée contre les pauvres.
C’est quoi la défense du territoire, pour les milliers de paysans chassés de leur terre ? Ce n’est rien d’autre que la défense d’intérêts capitalistes. C’est quoi la défense nationale, pour les mitraillés en Syrie, en Egypte... ? des hommes en armes « venant dans leur chaumière égorger leurs fils et leur compagne ».
Dans la zone arabique, c’est quoi la Défense nationale !!!?
Pour les pétromonarchies du Golfe, ce n’est jamais qu’un moyen utilisé par le secteur militaro-industriel des Etats-Unis pour recycler la manne pétrolière. Tout cela fut formalisé en février 1945 par le pacte de Quincy (1) sur le croiseur américain portant ce nom, pacte qui devait déterminer les relations spéciales entre les Etats-Unis et le royaume d’Arabie saoudite. C’est en référence à ce pacte qu’un contrat (2) de 123 milliards de dollars a été signé en automne 2010 entre les Etats-Unis et quatre pays du Golfe. Selon la version américaine il s’agit de renforcer les capacités défensive des pétromonarchies face à l’Iran. Mais en réalité, il s’agit bien plus de soutenir l’indice DFI (3) du secteur de l’armement tout en présentant la mesure comme une solution au chômage endémique qui touche les Etats-Unis. Les 123 milliards, selon la presse, permettraient de maintenir un bassin d’emploi de 75 000 postes sur cinq ans et représentent tout de même un cinquième du flux financier global de la relance par la Fed de l’économie américaine (2010-2011).
Les pétromonarchies ne sont qu’une plaque tournante des Etats-Unis dans la région et l’indépendance dite nationale n’est qu’une caricature visant à masquer que les pétrodollars ont pour fonction d’alimenter les industries de guerre de l’Occident, et de maintenir à flot les Bourses et la valeur refuge de l’industrie d’armement.
« La zone est, en effet, couverte d’un réseau de bases aéronavales anglo-saxonnes et françaises, le plus dense du monde, dont le déploiement pourrait à lui seul dissuader tout éventuel assaillant, rendant superflu un tel contrat. Elle abrite à Doha (Qatar), le poste de commandement opérationnel du Cent Com (le commandement central américain) dont la compétence s’étend sur l’axe de crise de l’Islam qui va de l’Afghanistan au Maroc ; à Manama (Bahreïn), le quartier général d’ancrage de la Ve Flotte américaine dont la zone opérationnelle couvre le Golfe arabo-persique et l’Océan indien. »
(René Naba, sur son blog http://www.renenaba.com/golfe-armem...)
« De surcroît, des barrages électroniques ont été édifiés aux frontières de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis pour décourager toute invasion ou infiltration. Le barrage électronique saoudien a été édifié avec le concours des Français, celui d’Abou Dhabi avec le concours de la firme israélienne AGT (Asia Global Technologies), dont le contrat de 3 milliards de dollars concerne aussi bien la protection des frontières que la protection de quinze sites pétroliers de l’émirat, ainsi que la fourniture de drones, les avions de reconnaissance sans pilote, de fabrication israélienne. »
(René Naba, ibid.)
Pour le peuple grec, c’est quoi la Défense nationale ?
Un journal bien intentionné posait cette question :
« Les milliers de manifestants de gauche qui ont parcouru les rues du centre de la capitale grecque, hier, défendaient leur salaire et leur retraite. Mais aucun slogan du style “Nos salaires, pas des militaires”. Pourtant, les mesures d’austérité – visant à économiser 30 milliards d’euros sur trois ans afin de ramener le déficit budgétaire de 14 % à 3 % d’ici à 2014 – ont curieusement omis de tailler massivement dans l’un des plus importants budgets militaires de la planète (rapporté à la richesse du pays bien sûr). (Libération.)
A cette question nous avons une réponse : le nationalisme grec est encore bien vivace et trouve sa substance dans la lutte contre les mesures de la nomenklatura européenne, et la menace turque (voire islamiste) . Pourquoi donc cette question sur le coût disproportionné de la défense grecque, relayée par le maire de Paris et... les banques ?
L’Union européenne (UE) (et notamment la France) voudrait bien que le budget militaire grec se restreigne, « se modernise » comme ils disent, de manière à rembourser les banques, mais aussi à se faire remplacer pour sa défense par l’armée européenne centralisée. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la France de Sarkozy a passé un accord militaire avec la Grèce tout en lui faisant la promotion du parapluie de la défense européenne face à la Turquie et des Rafales de Dassault. La Turquie est soutenue par Obama qui souhaite son entrée dans l’UE, contrairement à Sarkozy qui n’en veut pas. Mais voilà qu’il y a une nouvelle donne dans la région de « l’union pour la Méditerranée » : elle renifle le gaz.
La découverte d’importantes réserves de gaz appelée « Bloc 12 » en Méditerranée orientale, vient de rapprocher (par un accord militaire de juillet 2011 (4) la Grèce et Israël, face à la Turquie qui par le truchement de sa position sur l’île de Chypre, revendique une part du gâteau. Tout cela pousse à la guerre et Israël peut toujours dire que Erdogan, le premier ministre turc, « est un chien qui aboie mais ne mordra pas », il n’en reste pas moins que tous s’arment dans la région, pour le plus grand bien des industries d’armements et de la Bourse. La Syrie vient de tourner ses SCUD vers la Turquie, qui héberge une opposition armée par des puissances étrangères, notamment la France et le Royaume-Uni, avec la bénédiction des Américains. L’industrie d’armement comme valeur refuge pendant la crise Alors que le citoyen moyen cherche dans l’acquisition d’or un moyen de protéger son petit capital de l’inflation et de la banqueroute possible d’Etats, d’autres, plus au parfum du fonctionnement parasite du système capitaliste, misent non pas sur la « relique barbare » qui va s’effondrer dès que les banques centrales mettront de l’or sur le marché, mais sur l’industrie de mort et de destruction. Pour preuve le rapport du GRIP 2011 :
« Vers la fin des années 1990, emportés par les promesses de la “nouvelle économie”, les investisseurs avaient marqué un certain désintérêt pour le secteur de l’armement. Aux Etats-Unis notamment, l’indice du secteur de l’armement DFI (4)sous-performait nettement par rapport aux indices généraux, mais à partir du printemps 2000, l’éclatement de la bulle spéculative autour des valeurs du Nasdaq a signalé un radical retournement de situation.
Dès le 13 mars 2000, alors que le Nasdaq était entraîné dans une chute vertigineuse qui durera deux ans et six mois, le regain d’intérêt pour les valeurs de l’armement fut pratiquement instantané. Un enchaînement de plusieurs “effets d’aubaine”, en particulier les attentats du 11 septembre 2001 et l’invasion de l’Irak le 20 mars 2003, imprimèrent ensuite aux valeurs de l’armement une trajectoire en hausse continue et spectaculaire pour les cinq années suivantes. Sur le continent européen, la surperformance du secteur de l’armement a été nettement moins prononcée,mais néanmoins visible.
Pour le secteur de l’armement, aux Etats-Unis en particulier, la première décennie du XXIe siècle s’est donc déroulée dans un climat d’euphorie sans précédent sur les marchés financiers, semblant un temps accréditer la thèse d’un secteur de l’armement imperturbable et insensible aux fluctuations de l’économie réelle. » (Rapport du GRIP 2011, p.21)
Les guerres pour la conservation de la valeur refuge
Comme les dix principaux producteurs d’engins de mort sont américains, nous savons très bien vers qui les royalties des guerres vont affluer.
« Les cinq premiers groupes américains – les « Big Five » : Lockheed Martin, Boeing, Northrop Grumman, General Dynamics et Raytheon – ont totalisé un chiffre d’affaires “armement” de 153,7 milliards en 2009, ce qui représente 38,2 % du chiffre d’affaires “armement” total du Top 100.Ce pourcentage est également en hausse de 2 % par rapport à 2008, indice supplémentaire de la concentration croissante du marché mondial de l’armement entre les mains des leaders américains. » (Rapport du GRIP 2011, p.19)
Nous voyons bien ici que la Bourse, les marchés financiers et les banques ne peuvent que pousser à la guerre pour une relance artificielle et parasitaire de l’économie, et pour un recyclage vers les industries d’armement de la manne des hydrocarbures. Voir à ce sujet l’article de Charlie Hebdo du 16 novembre 2011 « Ventes d’armes et pots-de-vin : comment la France a engraissé les princes saoudiens ».
« Quatre ans après le début de la crise financière (que nous fixons au 1er juin 2007), les groupes de l’armement surperforment en effet toujours nettement les indices généraux.Aux Etats-Unis, le 1er février 2011, le secteur de l’armement (indice DFI) affichait une plus-value de 17 % par rapport au 1er juin 2007. » (Rapport du GRIP 2011)
Dans le même temps, le Nasdaq se contentait d’une hausse de 5 %. En Europe les grands groupes de l’armement ont été moins affectés que les autres secteurs industriels : alors que les pertes des indices généraux (depuis juin 2007) enregistraient une perte de 29 % à 32 %, l’indice de l’armement accusait une baisse de 18,6 %. En France, le secteur militaro-industriel nucléarisé est toujours soutenu par les finances publiques, par des commandes d’Etat. Le groupe Dassault, qui n’arrive pas à placer ses chasseurs Rafale, vient de bénéficier d’une anticipation d’acquisition de 11 appareils supplémentaires par an pour un coût de 800 millions d’euros ; 33 Rafales seront livrés au lieu de 22. Comme aux Etats-Unis, l’indice des sociétés européenne sde l’armement (5) a bien passé la crise.
G.Bad
(A suivre )
NOTES
(1) Accord entre le roi Abdel Aziz Ibn Saoud, fondateur du royaume d’Arabie saoudite, et le président américain Franklin Roosevelt, en route pour Yalta et le sommet soviéto-américain portant sur le partage du monde en zones d’influence.
(2) La transaction, conclue à l’occasion de la fête nationale saoudienne, le 23 septembre 2010, implique la modernisation de la flotte aérienne et de la marine saoudiennes. Soixante milliards de dollars seront affectés à la vente à l’Arabie saoudite de 87 chasseurs bombardiers « F-15 », de 70 hélicoptères de combat « Apache » et de 72 hélicoptères « Black Hawk », 36 hélicoptères Little Bird AH-6, ainsi que des bombes, des missiles, y compris la bombe guidée par GPS, JDAM, produite par Boeing et le missile guidé par laser Hellfire. Trente milliards de dollars complémentaires seront affectés à la fourniture de bâtiments de guerre et d’un système de défense balistique, complémentaire au réseau de missiles de type Patriot et au reconditionnement des anciens appareils de l’armée de l’air et de la marine.
(3) DFI : le New York Stock Exchange Arca Defense Index de 14 sociétés parmi les plus représentatives de l’industrie de l’armement aux Etats-Unis. Entre le 30 septembre 1996 et son point culminant du 6 novembre 2007, l’indice DFI a affiché une plus-value dépassant les 1 000 %, tandis que les indices généraux, durablement affectés par la chute du Nasdaq, stagnaient avec un gain de l’ordre de 40 % seulement sur la même période. Sur le continent européen, la surperformance du secteur de l’armement est nettement moins prononcée, mais néanmoins visible.
(4) Les observateurs militaires soulignent que « la mise en marche de l’accord israélo-grec n’a pu se faire sans le feu vert de Washington qui estime qu’il faut prendre les menaces belliqueuses d’Ankara au sérieux .
(5) Dow Jones STOXX TMI Aerospace & Defense (SXPARO.Z), coté à Zurich, et composé de 15 valeurs parmi les plus représentatives de l’industrie européenne de l’armement.
Cet article est paru dans Echanges n° 134 (automne 2010). En même temps que le système capitaliste s’attaque aux acquis sociaux, nous constatons un renforcement des méthodes scientifiques d’exploitation par le truchement du management. L’entreprise n’est pas seulement le lieu où, pour un temps déterminé, on vend sa force de travail ; autrement dit, on aliène une partie de son être en échange d’un salaire. L’entreprise doit maintenant être le centre même (...)

Sud Rail et la CGT, lancent un appel à la grève des cheminots pour la fin février, il est étonnant de voir les syndicats se lancer
dans l' action en période électorale. La formule consacrée est de dire que toute action fera le jeu de la droite ...air connu, seulement le statut des cheminots est menacé, la précarité et le chômage touchent des milliers et millions d' être humain de part le monde.
La misère n' est plus réservée au tiers monde, la famine fait son apparition en Europe, et la petite PME des restos du coeur à de l' avenir elle deviendra bientôt une multinationale. Sachant que les cheminots sont le fer de lance de l' action prolétarienne en France, la question est de savoir si le mouvement va avoir la capacité d' entrainer d' autres secteurs notamment l' automobile et faire le lien avec les autres en grève. Rien ne sortira des élections et du parc d' attraction Sarkhollande, le systéme capitaliste n 'est plus capable d' avenir il ne peut nous vendre que la précarité et la misère.

Les assises du ferroviaires, après trois mois de travaux entre experts « es ferroviaire », se sont terminées le 15 décembre 2011. Pour donner le ton des réformes à venir, la SNCF a modifié dans la seule journée du 11 décembre 2011 85 % de ses horaires de trains qui circulent chaque jour en France, soit 15 000 au total. Du jamais vu dans l’histoire de la compagnie ferroviaire que certains n’hésitent pas à qualifier de "big-bang" !
Cette mesure productiviste a pour objectif d'augmenter le cadencement,c' est à dire faire rouler davantage de trains une fois que l’infrastructure sera modernisée. Pour y parvenir, plus d’un millier de chantiers devront être mené au cours des quatre prochaines années pour un coût global de 13 milliards d’euros.
Ce sera le bordel pendant plusieurs années et ce bordel est organisé par la commission européenne qui dans un premier temps a exigéla séparation de l'infrastructure ferroviaire et et de son exploitation ( RFF/SNCF) en créant RFF cette machine à endettement public avec ses agents plus que grassement payés mais jamais mis à l' indexe par les usagers.
Il faut que la peur change de camp et qu'une fois pour toute on cible RFF et que l' on ne confonde plus le frère et l' adversaire. Les cheminots savent très bien que tout est mis en place pour casser leur statut, en fait le rapport de force qu'ils ont contre les réformes de l' état ( retraite ….)
Les cheminots savent que les changements d' horaires impulsés par les managers de RFF qui n'ont aucune connaissance du terrain, ne font qu' engendrer plus de difficultés, tant pour les usagers que cheminots.
Qui va se faire chier sur le terrain, ce ne sont certainement pas les donneurs d' ordre de RFF, ni le supervisateur l' ARAF, ni les ministres. Ce sont principalement « les horairistes qui tracent les sillons » sur le long et moyen terme , les régulateurs, qui interviennent au dernier moment en cas d'imprévus accident ou autre, les aiguilleurs et agents de circulations. Tout cela fonctionne à la minute près, pour compresser ce temps, pas d' autre solution que le Big Bang des horaires, des suppression de gares etc...
Les usagers sont ici pas victimes des grèves, ni de la dictature syndicale, mais bien de celle de la nomenklatura européenne et son entreprise bâtarde RFF faisant double emploi avec la SNCF au frais du contribuable, une nidification d' irresponsables qui prennent les décisions.
Mais c' est quoi RFF ? Bref historique
Le 13 février 1997 mise en place de l'établissement public « Réseau ferré de France » (RFF) en vue du renouveau du transport ferroviaire. RFF se voit confier la gestion de l'infrastructure ferroviaire, qui était jusqu'à alors attribuée à la SNCF.
Dans la réalité, les initiateurs de cette séparation, vont rapidement butter sur quelques os et ils finiront provisoirement par reconnaître que la SNCF est le gestionnaire délégué du réseau, en charge de la gestion du trafic et de l'entretien de l'infrastructure pour le compte de RFF.
En définitive,comme on dit un train peut en cacher un autre. Les hauts fonctionnaires vont finir par faire le grand écart tant la situation devient cocasse Dans les faits l'entreprise historique comme ils disent ( ce qui veut dire celle du passé) conserve des missions essentielles.
Tout ceci va exciter la commission européenne, qui passe à l'offensive ( Il s' agit bien d'une guerre de la deuxième bataille du rail) elle donnera naissance à un bâtard baptisé Direction de la circulation ferroviaire (DCF). La DCF exerce depuis le 1er janvier 2010, sa mission est d' assumer la gestion du trafic et des circulations sur le réseau ferré national, pour le compte et selon les objectifs et principes de gestion définis par RFF.
La DCF comprend 14 000 cheminots qui se composent
- des horairistes chargés d'établir le graphique des horaires de tous les trains circulant sur l'ensemble du réseau ferré national, à la fois pour les trains de voyageurs et de marchandises. Les quelque.500 horairistes de la DCF étudient 1 à 2 ans à l'avance les demandes de sillons qui sont déposées auprès des horairistes de RFF, en tenant compte notamment de la nature des trains, de leur composition et des caractéristiques de la ligne. En réalité seuls les horairistes de la SNCF sont capables de faire correctement le travail, ceux de RFF démissionnent un à un et se font embaucher à la SNCF/DCF.
- des régulateurs qui veillent à la régularité des trains en « temps réel » ;
- des aiguilleurs assurant physiquement la manœuvre de signaux ou d'appareils de voie (on compte 2 000 postes d'aiguillage sur les quelque 30 000 kilomètres du réseau ferré français) ;
- et des agents de circulation en charge de la sécurité et de la protection des agents SNCF (ou d'entreprises extérieures) qui réalisent des interventions sur les voies.
Toutefois, la Commission européenne n'a pas été convaincue par le dispositif législatif français. Elle décide de saisir la Cour de justice de l'Union européenne afin de faire constater l'insuffisance des mesures prises pour mettre en œuvre le premier paquet ferroviaire.
La Commission va estimer que la DCF n'est pas suffisamment indépendante « sur le plan juridique, organisationnel et décisionnel » par rapport à la SNCF. L'absence d'indépendance de la DCF par rapport à la SNCF. Du point de vue de la commission européenne ce n' est pas faut, le pire c' est qu' à son nez et à sa barbe les horairistes de RFF sont recrutés à la DCF avec le statut cheminots. Tout cela démontre l' incapacité notoire de RFF à faire fonctionner la machine.
La commission européenne veut au final avoir le dernier mot et exige le découplage total entre les missions de gestionnaire du réseau et d'exploitation.
Pour elle le personnel de la DCF doit être transféré à RFF au plus vite pour qu' enfin la gestion de l'infrastructure ferroviaire et à la répartition des sillons soient assurées en totalité par un organisme unique, RFF. La commission européenne considère que
« le système actuel est à bout de souffle. La dualité voire l'antagonisme entre les services de RFF et la DCF est désormais de notoriété publique, alors que la chaine des horairistes était intégrée avant 1997. L'ARAF, dans son avis du 2 février dernier, a estimé que « la répartition du processus, ainsi que celle des outils, entre RFF et la direction des circulations ferroviaires (DCF) constitue un handicap manifeste pour une allocation efficace des sillons » et qu'il est donc « nécessaire et urgent » d'assurer « le rapprochement physique et organisationnel des équipes de RFF et de la DCF ».
Un groupe de travail composé de responsables de l' état, RFF, SNCF est actuellement chargé de présenter au gouvernement un calendrier visant au rapprochement de l' INFRA SNCF, de la DCF et d' RFF pour le printemps 2012 ; le tout supervisé par la commission européenne et l' ARAF. Quel lapin va t'il sortir du chapeau ?
La nomination de D. Azema N°2 de la SNCF (un ex financier) se doit de limiter les dépenses improductives et les doublons. RFF est un doublon qu'il va falloir réduire voir comme le demande le syndicat Sud faire disparaître.
Sud à d' ailleurs raison de dire:
« Que signifie la proposition de la direction SNCF de créer trois branches contrôlées à 100% par le « groupe SNCF » : Gestionnaire de l’Infrastructure, Gares et Connexions, Activités de transport SNCF ? SUD-Rail s’oppose à une liaison capitalistique où les trois branches seraient des Sociétés Anonymes, fourriers de la privatisation progressive et de l’extinction du Statut des cheminot-e-s. »
En effet, la destruction des conventions collectives de nombreux secteurs n' a fait que retreindre les acquis des travailleurs pour de nouvelles conventions au rabais. Ce que veut le gouvernement c' est effectivement casser l' un des derniers bastion de résistance collective dans un secteur qui a un important rapport de force dès qu'il fait massivement grève.
On parle d' un cadre social harmonisé pour tous les salariés du ferroviaire couvert par une convention collective du transport de voyageurs, complétée par par des accords d' entreprise.
En clair il s' agirait, d' une convention a minima, complétée selon les rapports de force par des accords d' entreprises1. Ce que les cheminots revendiquent c' est un statut unique pour tous les travailleurs/ses du rail, construit à partir des acquis du Statut des cheminot-e-s.
note
Ce texte est paru dans Echanges n° 87 (été 1998), page 8.
Avec la “ désindexation ” des salaires, la gauche réussit dans les années 80 ce que la droite n’avait pas pu faire : une baisse du pouvoir d’achat des salariés, une redistribution de la valeur ajoutée en faveur du patronat. La loi sur les 39 heures fut un élément de cette baisse des salaires ; et la question des salaires fut à l’origine de beaucoup des conflits qui éclatèrent en 1982.
Ce texte est paru dans Echanges n° 82 (juillet-décembre 1996)

DES LOIS AUROUX À LA LOI AUBRY
Echanges N°87 été 1998-Le partage du travail entre tous, slogan cher à la CFDT et à d’autres, ne vise en fait qu’à favoriser le partage du chômage. Même si, en apparence, la loi Aubry va créer des emplois, elle permettra en retour d’augmenter la productivité du travail, de procéder à des économies sur les équipements, à liquider les temps morts et en définitive à... économiser des emplois
Le premier coup de boutoir de la déréglementation fut portée par les lois Auroux du 13 novembre 1982, qui légalisaient la possibilité de déroger à la loi, au code du travail, donc à la réglementation, aux accords de branche, par simple accord d’entreprise. Georges Marchais et Henri Krazucki étaient même allés jusqu’à dire que c’était “ la plus grande conquête depuis 1936 ” Ensuite les gouvernements, de gauche ou de droite, vont poursuivre avec la loi quinquennale pour l’emploi du 20 décembre 1993, puis la loi De Robien et maintenant la loi Aubry leur politique de précarisation des contrats de travail, de flexibilité totale, de mobilité et d’annualisation du temps de travail. La loi Aubry aura au moins l’avantage de placer l’ensemble du salariat face à l’arrogance patronale qui ne laisse aucun doute sur ses intentions offensives : Antoine Seillière, le patron du CNPF, n’hésite pas à déclarer, parlant de l’application des 35 heures, qu’il est “ inévitable de remettre les conventions collectives en jeu ”. Pour montrer qu’il ne s’agit pas de paroles en l’air, le patronat des banques ouvre le bal et dénonce la convention collective(1), puis c’est au tour de l’industrie sucrière, du commerce, des salariés agricoles de l’Ain, de l’industrie de la porcelaine, et demain l’Union des industries métallurgiques et minières. Si, dans un délai de quinze mois, une nouvelle convention (à la baisse) n’est pas signée, c’est le code du travail qui s’applique. C’est donc avec cette menace que le patronat, après avoir dénoncé convention sur convention compte sortir vainqueur des négociations. Le cri de douleur du patronat est toujours le même : “ Il ne faut pas que ces mesures augmentent le coût du travail. ” Si le patronat ne débourse rien c’est donc, le partage du chômage qui se met en place. La loi sur les 35 heures est une loi tronquée, toute baisse du temps de travail sera d’une manière ou d’une autre récupérée largement :
par le gel et le blocage des salaires et promotions ;
par la liquidation de divers congés et repos liés à l’emploi ou à des situations particulières (congés enfants malades...) ;
par la baisse importante des charges sociales ;
par l’annualisation du temps de travail, qui permet de faire des économies d’emploi dans les périodes dites hautes, ou il fallait recourir à des intérimaires et aux heures supplémentaires ;
par la mise en place du temps partiel ou choisi qui permet d’élargir les plages horaires et l’utilisation des équipements, et d’augmenter la productivité en faisant faire en 35 heureseures le même travail qu’en 39 heures (2) ;
par le travail en binôme, deux sur le même poste de travail, un le matin l’autre l’après-midi (économie de locaux et de frais de repas). La liste peut encore s’allonger - par le travail à domicile, le télétravail... -mais pour l’instant nous en resterons là.
Chômage : le grand alibi
Le partage du travail entre tous, slogan cher à la CFDT et à d’autres, ne vise en fait qu’à favoriser le partage du chômage par la mise en place d’embauches à temps partiel (accordée par la loi quinquennale). A poursuivre le développement du temps partiel, et comme cela ne sera pas suffisant il faudra procéder à une opération chirurgicale de grande ampleur avec la loi Aubry. Même si, en apparence, la loi Aubry va créer des emplois, elle permettra en retour d’augmenter la productivité du travail, de procéder à des économies sur les équipements, à liquider les temps morts et en définitive à... économiser des emplois. Par conséquent le problème du chômage reviendra en force. La tendance actuelle du capitalisme est la recherche de la plus grande quantité de travail gratuit, pour cela il utilise les étudiants et les chômeurs (stages d’entreprise), le client à qui l’on demande de plus en plus d’effectuer des tâches faites autrefois par un salarié, utilisation industrielle des prisonniers (Texas, Californie)... Ceci nous incite à faire une étude dans ce sens.
La loi Aubry et le smic
Le SMIC étant un salaire horaire (39,43 francs au 1er janvier 1998), toute baisse du temps de travail de 39 à 35 heures devrait entraîner automatiquement une baisse de salaire des smicards. Si, comme il en est question, le passage aux 35 heures ne devrait pas engendrer de perte de salaire pour les smicards, la valeur du SMIC horaire devrait augmenter mécaniquement de 11,4 %. Comme la baisse du temps de travail, pour les salariés non smicards, est le plus souvent accompagnée de gel ou de baisse des salaires, on se dirige tout droit vers une augmentation du nombre de smicards. Le recours devant le Conseil constitutionnel déposé par les RPR/UDF porte sur ce point, au nom de l’égalité ils avancent que la loi institue des discriminations injustifiées entre les entreprises et entre les salariés, et notamment entre les salariés rémunérés au SMIC. Nous voyons ici assez clairement ce qui peut se passer : soit le recours triomphe et les smicards se paupériseront davantage, soit c’est la smicardisation qui se répand. C’est ce point litigieux qui est explosif.
Le temps partiel,c’est le partage du chômage
Le temps partiel, choisi ou pas, devient une des armes essentielles pour la flexibilité interne, de compression d’effectif avec hausse de productivité. “ Le travail à temps partiel permet une adaptation souple aux fluctuations de la demande, et donc des besoins en personnel, ce qui facilite une meilleure adéquation des heures des heures travaillées et des heures rétribuées. ” Rapport du Conseil économique et social sur Le Travail à temps partiel (du 28 et 29 janvier 1997), p. 93. C’est clair, le temps partiel doit faire gagner des heures de travail aux employeurs par la chasse aux temps morts, poursuivons :
Le temps partiel et la productivité
“ Les salariés à temps partiel travaillent avec plus d’intensité ; la pénibilité des tâches est moins apparente ; les salariés sont souvent moins absents ; tous ces facteurs conduisent à une meilleure productivité. Le cabinet américain Mac Kinsey a d’ailleurs mené une étude tendant à calculer la productivité des salariés à temps partiel. Ainsi en moyenne, un salarié travaillant à 6/10 n’aurait pas une productivité moyenne de 60 %, mais de 77 %. Un salarié travaillant à 7/10 ou 5/10 générerait une productivité de 87 % et de 64 %. ” Faire le même travail dans un laps de temps plus réduit, avec gel ou baisse des rémunérations, l’objectif est ici avoué sans rougir. “ L’abattement forfaitaire de charges sociales patronales n’était applicable, lors de sa création, qu’à des contrats de temps partiel prévoyant un nombre d’heures de travail compris entre 19 heures et 30 heures hebdomadaires. La Loi quinquennale pour l’emploi du 20 décembre 1993 a élargi cette plage horaire, celle-ci s’étalant dorénavant entre 16 et 32 heures hebdomadaires. Depuis cette modification, les statistiques montrent un développement de l’utilisation de la plage horaire. ” Ceci n’a fait qu’accentuer la précarisation du contrat de travail. En 1994, le quart des embauches se faisait pour des durées de 16-18 heures hebdomadaires, soit de 31-32 heures. En 1995, c’est 30 % des contrats qui furent conclus sur ces bases horaires.
Le temps partiel comme alternative aux licenciements
En effet le temps partiel ou la baisse du temps de travail avec perte de salaire sont de plus en plus des alternatives aux licenciements. L’accord du crédit lyonnais et du GAN Courtage dans le cadre de la loi Robien sont des accords types du genre, qui risque de se développer. C’est en fait pour contourner “ l’obligation de rechercher le reclassement d’un salarié dont le poste est supprimé avant d’envisager son licenciement pour motif économique ”, que les mesures d’aménagement du temps de travail se sont développées. La notion de sous-emploi peut être résumée par celle d’un salarié contraint de prendre un emploi à temps partiel alors qu’il cherche pour vivre un emploi à temps plein. Sur cette base ils étaient en 1994, 1 461 000 salariés en sous-emploi sur une population active de 22 321 000. Depuis 1990, l’INSEE demande aux personnes qui travaillent à temps partiel si elles souhaitent travailler davantage. En trois ans, de 1992 à 1995, la part des salariés du secteur privé voulant travailler plus est passé de 31,4 % à 38 %. Ce constat est encore plus net chez les hommes. Dans certains secteurs comme le commerce, le passage à temps complet est maintenant vécu comme une promotion. Les demandes de retour au temps plein sont aussi la conséquence de la déqualification que subissent les temps partiels. En ce qui concerne les salaires, la marginalisation s’affirme. Un rapport de l’OCDE constate que les emplois à temps partiel sont rémunérés à un taux horaire plus bas que les mêmes emplois à temps plein (Les Femmes et le changement structurel, OCDE, Paris, 1994). A cela il faut ajouter le problème crucial de la répercussion de l’essor du temps partiel sur les régimes de retraite. Selon une récente étude de l’INSEE, le temps partiel progresse surtout depuis 1994 en Ile-de-France. Un tiers des jeunes de 15/24 ans ne trouve (en 1998) que de l’emploi à temps partiel, contre un quart en 1996. Parmi les actifs occupés à temps partiel, 41,2% souhaitent travailler plus, contre 35 % en 1996.
L’exemple allemand de baisse du temps de travail
Les salariés allemands ont en ce domaine quelques longueurs d’avance sur nous. Dans ce pays tous les secteurs de l’économie sont maintenant convertis à l’annualisation, au travail à temps partiel, à la flexibilité des horaires, au compte épargne temps, à la banalisation du travail le samedi, le soir, le week-end... Il ne reste plus que 17 % des salariés allemands qui continuent de pratiquer des horaires dits standards. La durée moyenne du travail est passée de 40 heuresà 37,4 heures par semaine, la durée des congés annuels de 29,5 à 31 jours (elle est de 25 jours en France). Que pensent les salariés allemands de cette expérience ? Un sondage effectué par l’institut de l’économie allemande de Cologne établit le bilan édifiant suivant : un bon tiers des salariés préfèrent effectuer 40 heures et plus, un petit tiers entre 35 heures et 40 heures et un tiers souhaite une durée inférieure à 35 heures. Une majorité de ceux qui sont à temps partiel veulent travailler plus. Ceux qui sont passés aux 35 heures se plaignent d’une intensification des rythmes de travail et du volume d’heures supplémentaires. Les salariés allemands ont fait leurs comptes : la réduction du temps de travail coûte cher, surtout quand cette perte se conjugue à une hausse des cotisations sociales. Le cas le plus révélateur est celui de Volkswagen qui, pour éviter des licenciements secs, a ramené la durée hebdomadaire de travail à 28,8 heures, avec bien sûr une perte de salaire équivalente. Plus inquiétant encore : le virage que le patronat allemand essaye de prendre. Après avoir réussi à faire chuter le coût du travail par le truchement de la baisse du temps de travail, il parle maintenant d’un retour aux 40 heures sans augmentation de salaire. Un dirigeant du puissant syndicat IG Metall cite le cas de comités d’entreprises de la métallurgie qui, face au chantage de la délocalisation, acceptent déjà, sans l’aval des syndicats, un accroissement de la durée du travail avec diminution de salaire. Klaus Peren, du BDA (association des employeurs allemands) devait résumer la situation par cette phrase : “ Si la réduction du temps de travail est possible, il faut que l’accroissement de la durée du travail le soit aussi. ”
Pour conclure A propos du recours contre la loi Aubry devant le Conseil constitutionnel. Près de 140 députés RPR et UDF, ont relevé cinq motifs d’inconstitutionnalité du projet de loi, au non de la liberté et de l’égalité. Ici, pas d’illusion à se faire : ce recours a pour objectif de pouvoir revenir sur la baisse du temps de travail comme en Allemagne après avoir fait passer en force la flexibilité totale. Comme, de plus en plus, l’attribution des 35 heures est liée à la révision/dénonciation des conventions collectives, c’est-à-dire à une perte importante d’avantages acquis, facteurs de paix sociale. Nous pouvons dire, d’un point de vue révolutionnaire, que le système se trouve de plus en plus dans un camp retranché, les marges du maintien de l’ordre se désagrègent chaque jour davantage. Dans ce cadre, les luttes contre l’exclusion se placent sur celle d’une illusion d’une régénération néo-keynésienne du système, d’où sa lutte contre une forme du capitalisme - “ l’horreur économique ” du libéralisme -, qui vient détruire les petits et gros avantages du secteur d’Etat (la récente [mai 1998] grève des pilotes d’Air France.) Ce qui importe, ce n’est pas de mener une lutte contre les mauvais côtés du capital et de verser des larmes sur les trente glorieuses keynésiennes, c’est de comprendre que le capital, de par sa nature, c’est toujours l’accumulation de richesse à un pôle et de pauvreté à l’autre. Cela ne peut pas se réformer par la distribution de recettes sur le grand marché du partage et repartage de la misère. G. B. Mai-juin 1998
NOTES
(1) Avant les banques, les patrons de l’assurance avaient dénoncé toutes les conventions collectives régionales et renégocié à la baisse dès 1992 une nouvelle convention collective nationale. L’année 1998 sera celle du bras de fer du tertiaire (banques-assurances) contre le concassage du temps de travail, contre la baisse du salaire net, contre les licenciements. Une étude de la Caisse des dépôts avait été menée sur la productivité dans les banques, afin de donner une explication sur l’incapacité du tertiaire à dégager, malgré d’importants investissements en informatique, une hausse de productivité (c’est-à-dire une réduction massive des effectifs de ce secteur).
(2) La direction d’Elf Atochem veut la modération salariale pour créer des emplois, sinon elle indique, il faudra “ s’organiser pour faire en 35 heures ce que l’on faisait en 38. ” Le premier coup de boutoir de la déréglementation fut portée par les lois Auroux du 13 novembre 1982, qui légalisaient la possibilité de déroger à la loi, au code du travail, donc à la réglementation, aux accords de branche, par simple accord d’entreprise. Georges Marchais et Henri Krazucki étaient même allés jusqu’à dire que c’était “ la plus grande conquête depuis 1936 ” Ensuite les gouvernements, de gauche ou de droite, vont poursuivre avec la loi quinquennale pour l’emploi du 20 décembre 1993, puis la loi De Robien et maintenant la loi Aubry leur politique de précarisation des contrats de travail, de flexibilité totale, de mobilité et d’annualisation du temps de travail. La loi Aubry aura au moins l’avantage de placer l’ensemble du salariat face à l’arrogance patronale qui ne laisse aucun doute sur ses intentions offensives : Antoine Seillière, le patron du CNPF, n’hésite pas à déclarer, parlant de l’application des 35 heures, qu’il est “ inévitable de remettre les conventions collectives en jeu ”. Pour montrer qu’il ne s’agit pas de paroles en l’air, le patronat des banques ouvre le bal et dénonce la convention collective(1), puis c’est au tour de l’industrie sucrière, du commerce, des salariés agricoles de l’Ain, de l’industrie de la porcelaine, et demain l’Union des industries métallurgiques et minières. Si, dans un délai de quinze mois, une nouvelle convention (à la baisse) n’est pas signée, c’est le code du travail qui s’applique. C’est donc avec cette menace que le patronat, après avoir dénoncé convention sur convention compte sortir vainqueur des négociations. Le cri de douleur du patronat est toujours le même : “ Il ne faut pas que ces mesures augmentent le coût du travail. ” Si le patronat ne débourse rien c’est donc, le partage du chômage qui se met en place. La loi sur les 35 heureseures est une loi tronquée, toute baisse du temps de travail sera d’une manière ou d’une autre récupérée largement :
par le gel et le blocage des salaires et promotions ;
par la liquidation de divers congés et repos liés à l’emploi ou à des situations particulières (congés enfants malades...) ;
par la baisse importante des charges sociales ;
par l’annualisation du temps de travail, qui permet de faire des économies d’emploi dans les périodes dites hautes, ou il fallait recourir à des intérimaires et aux heures supplémentaires ;
par la mise en place du temps partiel ou choisi qui permet d’élargir les plages horaires et l’utilisation des équipements, et d’augmenter la productivité en faisant faire en 35 heureseures le même travail qu’en 39 heures (2) ;
par le travail en binôme, deux sur le même poste de travail, un le matin l’autre l’après-midi (économie de locaux et de frais de repas). La liste peut encore s’allonger - par le travail à domicile, le télétravail... -mais pour l’instant nous en resterons là.
Chômage : le grand alibi
Le partage du travail entre tous, slogan cher à la CFDT et à d’autres, ne vise en fait qu’à favoriser le partage du chômage par la mise en place d’embauches à temps partiel (accordée par la loi quinquennale). A poursuivre le développement du temps partiel, et comme cela ne sera pas suffisant il faudra procéder à une opération chirurgicale de grande ampleur avec la loi Aubry. Même si, en apparence, la loi Aubry va créer des emplois, elle permettra en retour d’augmenter la productivité du travail, de procéder à des économies sur les équipements, à liquider les temps morts et en définitive à... économiser des emplois. Par conséquent le problème du chômage reviendra en force. La tendance actuelle du capitalisme est la recherche de la plus grande quantité de travail gratuit, pour cela il utilise les étudiants et les chômeurs (stages d’entreprise), le client à qui l’on demande de plus en plus d’effectuer des tâches faites autrefois par un salarié, utilisation industrielle des prisonniers (Texas, Californie)... Ceci nous incite à faire une étude dans ce sens.
La loi Aubry et le smic
Le SMIC étant un salaire horaire (39,43 francs au 1er janvier 1998), toute baisse du temps de travail de 39 à 35 heures devrait entraîner automatiquement une baisse de salaire des smicards. Si, comme il en est question, le passage aux 35 heures ne devrait pas engendrer de perte de salaire pour les smicards, la valeur du SMIC horaire devrait augmenter mécaniquement de 11,4 %. Comme la baisse du temps de travail, pour les salariés non smicards, est le plus souvent accompagnée de gel ou de baisse des salaires, on se dirige tout droit vers une augmentation du nombre de smicards. Le recours devant le Conseil constitutionnel déposé par les RPR/UDF porte sur ce point, au nom de l’égalité ils avancent que la loi institue des discriminations injustifiées entre les entreprises et entre les salariés, et notamment entre les salariés rémunérés au SMIC. Nous voyons ici assez clairement ce qui peut se passer : soit le recours triomphe et les smicards se paupériseront davantage, soit c’est la smicardisation qui se répand. C’est ce point litigieux qui est explosif.
Le temps partiel,c’est le partage du chômage
Le temps partiel, choisi ou pas, devient une des armes essentielles pour la flexibilité interne, de compression d’effectif avec hausse de productivité. “ Le travail à temps partiel permet une adaptation souple aux fluctuations de la demande, et donc des besoins en personnel, ce qui facilite une meilleure adéquation des heures des heures travaillées et des heures rétribuées. ” Rapport du Conseil économique et social sur Le Travail à temps partiel (du 28 et 29 janvier 1997), p. 93. C’est clair, le temps partiel doit faire gagner des heures de travail aux employeurs par la chasse aux temps morts, poursuivons :
Le temps partiel et la productivité
“ Les salariés à temps partiel travaillent avec plus d’intensité ; la pénibilité des tâches est moins apparente ; les salariés sont souvent moins absents ; tous ces facteurs conduisent à une meilleure productivité. Le cabinet américain Mac Kinsey a d’ailleurs mené une étude tendant à calculer la productivité des salariés à temps partiel. Ainsi en moyenne, un salarié travaillant à 6/10 n’aurait pas une productivité moyenne de 60 %, mais de 77 %. Un salarié travaillant à 7/10 ou 5/10 générerait une productivité de 87 % et de 64 %. ” Faire le même travail dans un laps de temps plus réduit, avec gel ou baisse des rémunérations, l’objectif est ici avoué sans rougir. “ L’abattement forfaitaire de charges sociales patronales n’était applicable, lors de sa création, qu’à des contrats de temps partiel prévoyant un nombre d’heures de travail compris entre 19 heures et 30 heures hebdomadaires. La Loi quinquennale pour l’emploi du 20 décembre 1993 a élargi cette plage horaire, celle-ci s’étalant dorénavant entre 16 et 32 heures hebdomadaires. Depuis cette modification, les statistiques montrent un développement de l’utilisation de la plage horaire. ” Ceci n’a fait qu’accentuer la précarisation du contrat de travail. En 1994, le quart des embauches se faisait pour des durées de 16-18 heures hebdomadaires, soit de 31-32 heures. En 1995, c’est 30 % des contrats qui furent conclus sur ces bases horaires.
Le temps partiel comme alternative aux licenciements
En effet le temps partiel ou la baisse du temps de travail avec perte de salaire sont de plus en plus des alternatives aux licenciements. L’accord du crédit lyonnais et du GAN Courtage dans le cadre de la loi Robien sont des accords types du genre, qui risque de se développer. C’est en fait pour contourner “ l’obligation de rechercher le reclassement d’un salarié dont le poste est supprimé avant d’envisager son licenciement pour motif économique ”, que les mesures d’aménagement du temps de travail se sont développées. La notion de sous-emploi peut être résumée par celle d’un salarié contraint de prendre un emploi à temps partiel alors qu’il cherche pour vivre un emploi à temps plein. Sur cette base ils étaient en 1994, 1 461 000 salariés en sous-emploi sur une population active de 22 321 000. Depuis 1990, l’INSEE demande aux personnes qui travaillent à temps partiel si elles souhaitent travailler davantage. En trois ans, de 1992 à 1995, la part des salariés du secteur privé voulant travailler plus est passé de 31,4 % à 38 %. Ce constat est encore plus net chez les hommes. Dans certains secteurs comme le commerce, le passage à temps complet est maintenant vécu comme une promotion. Les demandes de retour au temps plein sont aussi la conséquence de la déqualification que subissent les temps partiels. En ce qui concerne les salaires, la marginalisation s’affirme. Un rapport de l’OCDE constate que les emplois à temps partiel sont rémunérés à un taux horaire plus bas que les mêmes emplois à temps plein (Les Femmes et le changement structurel, OCDE, Paris, 1994). A cela il faut ajouter le problème crucial de la répercussion de l’essor du temps partiel sur les régimes de retraite. Selon une récente étude de l’INSEE, le temps partiel progresse surtout depuis 1994 en Ile-de-France. Un tiers des jeunes de 15/24 ans ne trouve (en 1998) que de l’emploi à temps partiel, contre un quart en 1996. Parmi les actifs occupés à temps partiel, 41,2% souhaitent travailler plus, contre 35 % en 1996.
L’exemple allemand de baisse du temps de travail
Les salariés allemands ont en ce domaine quelques longueurs d’avance sur nous. Dans ce pays tous les secteurs de l’économie sont maintenant convertis à l’annualisation, au travail à temps partiel, à la flexibilité des horaires, au compte épargne temps, à la banalisation du travail le samedi, le soir, le week-end... Il ne reste plus que 17 % des salariés allemands qui continuent de pratiquer des horaires dits standards. La durée moyenne du travail est passée de 40 heuresà 37,4 heures par semaine, la durée des congés annuels de 29,5 à 31 jours (elle est de 25 jours en France). Que pensent les salariés allemands de cette expérience ? Un sondage effectué par l’institut de l’économie allemande de Cologne établit le bilan édifiant suivant : un bon tiers des salariés préfèrent effectuer 40 heures et plus, un petit tiers entre 35 heures et 40 heures et un tiers souhaite une durée inférieure à 35 heures. Une majorité de ceux qui sont à temps partiel veulent travailler plus. Ceux qui sont passés aux 35 heures se plaignent d’une intensification des rythmes de travail et du volume d’heures supplémentaires. Les salariés allemands ont fait leurs comptes : la réduction du temps de travail coûte cher, surtout quand cette perte se conjugue à une hausse des cotisations sociales. Le cas le plus révélateur est celui de Volkswagen qui, pour éviter des licenciements secs, a ramené la durée hebdomadaire de travail à 28,8 heures, avec bien sûr une perte de salaire équivalente. Plus inquiétant encore : le virage que le patronat allemand essaye de prendre. Après avoir réussi à faire chuter le coût du travail par le truchement de la baisse du temps de travail, il parle maintenant d’un retour aux 40 heures sans augmentation de salaire. Un dirigeant du puissant syndicat IG Metall cite le cas de comités d’entreprises de la métallurgie qui, face au chantage de la délocalisation, acceptent déjà, sans l’aval des syndicats, un accroissement de la durée du travail avec diminution de salaire. Klaus Peren, du BDA (association des employeurs allemands) devait résumer la situation par cette phrase : “ Si la réduction du temps de travail est possible, il faut que l’accroissement de la durée du travail le soit aussi. ”
Pour conclure A propos du recours contre la loi Aubry devant le Conseil constitutionnel. Près de 140 députés RPR et UDF, ont relevé cinq motifs d’inconstitutionnalité du projet de loi, au non de la liberté et de l’égalité. Ici, pas d’illusion à se faire : ce recours a pour objectif de pouvoir revenir sur la baisse du temps de travail comme en Allemagne après avoir fait passer en force la flexibilité totale. Comme, de plus en plus, l’attribution des 35 heures est liée à la révision/dénonciation des conventions collectives, c’est-à-dire à une perte importante d’avantages acquis, facteurs de paix sociale. Nous pouvons dire, d’un point de vue révolutionnaire, que le système se trouve de plus en plus dans un camp retranché, les marges du maintien de l’ordre se désagrègent chaque jour davantage. Dans ce cadre, les luttes contre l’exclusion se placent sur celle d’une illusion d’une régénération néo-keynésienne du système, d’où sa lutte contre une forme du capitalisme - “ l’horreur économique ” du libéralisme -, qui vient détruire les petits et gros avantages du secteur d’Etat (la récente [mai 1998] grève des pilotes d’Air France.) Ce qui importe, ce n’est pas de mener une lutte contre les mauvais côtés du capital et de verser des larmes sur les trente glorieuses keynésiennes, c’est de comprendre que le capital, de par sa nature, c’est toujours l’accumulation de richesse à un pôle et de pauvreté à l’autre. Cela ne peut pas se réformer par la distribution de recettes sur le grand marché du partage et repartage de la misère. G. B. Mai-juin 1998
NOTES
(1) Avant les banques, les patrons de l’assurance avaient dénoncé toutes les conventions collectives régionales et renégocié à la baisse dès 1992 une nouvelle convention collective nationale. L’année 1998 sera celle du bras de fer du tertiaire (banques-assurances) contre le concassage du temps de travail, contre la baisse du salaire net, contre les licenciements. Une étude de la Caisse des dépôts avait été menée sur la productivité dans les banques, afin de donner une explication sur l’incapacité du tertiaire à dégager, malgré d’importants investissements en informatique, une hausse de productivité (c’est-à-dire une réduction massive des effectifs de ce secteur).
(2) La direction d’Elf Atochem veut la modération salariale pour créer des emplois, sinon elle indique, il faudra “ s’organiser pour faire en 35 heures ce que l’on faisait en 38. ”
Le premier coup de boutoir de la déréglementation fut portée par les lois Auroux du 13 novembre 1982, qui légalisaient la possibilité de déroger à la loi, au code du travail, donc à la réglementation, aux accords de branche, par simple accord d’entreprise. Georges Marchais et Henri Krazucki étaient même allés jusqu’à dire que c’était “ la plus grande conquête depuis 1936 ” Ensuite les gouvernements, de gauche ou de droite, vont poursuivre avec la loi quinquennale pour l’emploi du 20 décembre 1993, puis la loi De Robien et maintenant la loi Aubry leur politique de précarisation des contrats de travail, de flexibilité totale, de mobilité et d’annualisation du temps de travail. La loi Aubry aura au moins l’avantage de placer l’ensemble du salariat face à l’arrogance patronale qui ne laisse aucun doute sur ses intentions offensives : Antoine Seillière, le patron du CNPF, n’hésite pas à déclarer, parlant de l’application des 35 heures, qu’il est “ inévitable de remettre les conventions collectives en jeu ”. Pour montrer qu’il ne s’agit pas de paroles en l’air, le patronat des banques ouvre le bal et dénonce la convention collective(1), puis c’est au tour de l’industrie sucrière, du commerce, des salariés agricoles de l’Ain, de l’industrie de la porcelaine, et demain l’Union des industries métallurgiques et minières. Si, dans un délai de quinze mois, une nouvelle convention (à la baisse) n’est pas signée, c’est le code du travail qui s’applique. C’est donc avec cette menace que le patronat, après avoir dénoncé convention sur convention compte sortir vainqueur des négociations. Le cri de douleur du patronat est toujours le même : “ Il ne faut pas que ces mesures augmentent le coût du travail. ” Si le patronat ne débourse rien c’est donc, le partage du chômage qui se met en place. La loi sur les 35 heureseures est une loi tronquée, toute baisse du temps de travail sera d’une manière ou d’une autre récupérée largement :
par le gel et le blocage des salaires et promotions ;
par la liquidation de divers congés et repos liés à l’emploi ou à des situations particulières (congés enfants malades...) ;
par la baisse importante des charges sociales ;
par l’annualisation du temps de travail, qui permet de faire des économies d’emploi dans les périodes dites hautes, ou il fallait recourir à des intérimaires et aux heures supplémentaires ;
par la mise en place du temps partiel ou choisi qui permet d’élargir les plages horaires et l’utilisation des équipements, et d’augmenter la productivité en faisant faire en 35 heures le même travail qu’en 39 heures (2) ;
par le travail en binôme, deux sur le même poste de travail, un le matin l’autre l’après-midi (économie de locaux et de frais de repas). La liste peut encore s’allonger - par le travail à domicile, le télétravail... -mais pour l’instant nous en resterons là.
Chômage : le grand alibi
Le partage du travail entre tous, slogan cher à la CFDT et à d’autres, ne vise en fait qu’à favoriser le partage du chômage par la mise en place d’embauches à temps partiel (accordée par la loi quinquennale). A poursuivre le développement du temps partiel, et comme cela ne sera pas suffisant il faudra procéder à une opération chirurgicale de grande ampleur avec la loi Aubry. Même si, en apparence, la loi Aubry va créer des emplois, elle permettra en retour d’augmenter la productivité du travail, de procéder à des économies sur les équipements, à liquider les temps morts et en définitive à... économiser des emplois. Par conséquent le problème du chômage reviendra en force. La tendance actuelle du capitalisme est la recherche de la plus grande quantité de travail gratuit, pour cela il utilise les étudiants et les chômeurs (stages d’entreprise), le client à qui l’on demande de plus en plus d’effectuer des tâches faites autrefois par un salarié, utilisation industrielle des prisonniers (Texas, Californie)... Ceci nous incite à faire une étude dans ce sens.
La loi Aubry et le smic
Le SMIC étant un salaire horaire (39,43 francs au 1er janvier 1998), toute baisse du temps de travail de 39 à 35 heures devrait entraîner automatiquement une baisse de salaire des smicards. Si, comme il en est question, le passage aux 35 heures ne devrait pas engendrer de perte de salaire pour les smicards, la valeur du SMIC horaire devrait augmenter mécaniquement de 11,4 %. Comme la baisse du temps de travail, pour les salariés non smicards, est le plus souvent accompagnée de gel ou de baisse des salaires, on se dirige tout droit vers une augmentation du nombre de smicards. Le recours devant le Conseil constitutionnel déposé par les RPR/UDF porte sur ce point, au nom de l’égalité ils avancent que la loi institue des discriminations injustifiées entre les entreprises et entre les salariés, et notamment entre les salariés rémunérés au SMIC. Nous voyons ici assez clairement ce qui peut se passer : soit le recours triomphe et les smicards se paupériseront davantage, soit c’est la smicardisation qui se répand. C’est ce point litigieux qui est explosif.
Le temps partiel,c’est le partage du chômage
Le temps partiel, choisi ou pas, devient une des armes essentielles pour la flexibilité interne, de compression d’effectif avec hausse de productivité. “ Le travail à temps partiel permet une adaptation souple aux fluctuations de la demande, et donc des besoins en personnel, ce qui facilite une meilleure adéquation des heures des heures travaillées et des heures rétribuées. ” Rapport du Conseil économique et social sur Le Travail à temps partiel (du 28 et 29 janvier 1997), p. 93. C’est clair, le temps partiel doit faire gagner des heures de travail aux employeurs par la chasse aux temps morts, poursuivons :
Le temps partiel et la productivité
“ Les salariés à temps partiel travaillent avec plus d’intensité ; la pénibilité des tâches est moins apparente ; les salariés sont souvent moins absents ; tous ces facteurs conduisent à une meilleure productivité. Le cabinet américain Mac Kinsey a d’ailleurs mené une étude tendant à calculer la productivité des salariés à temps partiel. Ainsi en moyenne, un salarié travaillant à 6/10 n’aurait pas une productivité moyenne de 60 %, mais de 77 %. Un salarié travaillant à 7/10 ou 5/10 générerait une productivité de 87 % et de 64 %. ” Faire le même travail dans un laps de temps plus réduit, avec gel ou baisse des rémunérations, l’objectif est ici avoué sans rougir. “ L’abattement forfaitaire de charges sociales patronales n’était applicable, lors de sa création, qu’à des contrats de temps partiel prévoyant un nombre d’heures de travail compris entre 19 heures et 30 heures hebdomadaires. La Loi quinquennale pour l’emploi du 20 décembre 1993 a élargi cette plage horaire, celle-ci s’étalant dorénavant entre 16 et 32 heures hebdomadaires. Depuis cette modification, les statistiques montrent un développement de l’utilisation de la plage horaire. ” Ceci n’a fait qu’accentuer la précarisation du contrat de travail. En 1994, le quart des embauches se faisait pour des durées de 16-18 heures hebdomadaires, soit de 31-32 heures. En 1995, c’est 30 % des contrats qui furent conclus sur ces bases horaires.
Le temps partiel comme alternative aux licenciements
En effet le temps partiel ou la baisse du temps de travail avec perte de salaire sont de plus en plus des alternatives aux licenciements. L’accord du crédit lyonnais et du GAN Courtage dans le cadre de la loi Robien sont des accords types du genre, qui risque de se développer. C’est en fait pour contourner “ l’obligation de rechercher le reclassement d’un salarié dont le poste est supprimé avant d’envisager son licenciement pour motif économique ”, que les mesures d’aménagement du temps de travail se sont développées. La notion de sous-emploi peut être résumée par celle d’un salarié contraint de prendre un emploi à temps partiel alors qu’il cherche pour vivre un emploi à temps plein. Sur cette base ils étaient en 1994, 1 461 000 salariés en sous-emploi sur une population active de 22 321 000. Depuis 1990, l’INSEE demande aux personnes qui travaillent à temps partiel si elles souhaitent travailler davantage. En trois ans, de 1992 à 1995, la part des salariés du secteur privé voulant travailler plus est passé de 31,4 % à 38 %. Ce constat est encore plus net chez les hommes. Dans certains secteurs comme le commerce, le passage à temps complet est maintenant vécu comme une promotion. Les demandes de retour au temps plein sont aussi la conséquence de la déqualification que subissent les temps partiels. En ce qui concerne les salaires, la marginalisation s’affirme. Un rapport de l’OCDE constate que les emplois à temps partiel sont rémunérés à un taux horaire plus bas que les mêmes emplois à temps plein (Les Femmes et le changement structurel, OCDE, Paris, 1994). A cela il faut ajouter le problème crucial de la répercussion de l’essor du temps partiel sur les régimes de retraite. Selon une récente étude de l’INSEE, le temps partiel progresse surtout depuis 1994 en Ile-de-France. Un tiers des jeunes de 15/24 ans ne trouve (en 1998) que de l’emploi à temps partiel, contre un quart en 1996. Parmi les actifs occupés à temps partiel, 41,2% souhaitent travailler plus, contre 35 % en 1996.
L’exemple allemand de baisse du temps de travail
Les salariés allemands ont en ce domaine quelques longueurs d’avance sur nous. Dans ce pays tous les secteurs de l’économie sont maintenant convertis à l’annualisation, au travail à temps partiel, à la flexibilité des horaires, au compte épargne temps, à la banalisation du travail le samedi, le soir, le week-end... Il ne reste plus que 17 % des salariés allemands qui continuent de pratiquer des horaires dits standards. La durée moyenne du travail est passée de 40 heures à 37,4 heures par semaine, la durée des congés annuels de 29,5 à 31 jours (elle est de 25 jours en France). Que pensent les salariés allemands de cette expérience ? Un sondage effectué par l’institut de l’économie allemande de Cologne établit le bilan édifiant suivant : un bon tiers des salariés préfèrent effectuer 40 heures et plus, un petit tiers entre 35 heures et 40 heures et un tiers souhaite une durée inférieure à 35 heures. Une majorité de ceux qui sont à temps partiel veulent travailler plus. Ceux qui sont passés aux 35 heures se plaignent d’une intensification des rythmes de travail et du volume d’heures supplémentaires. Les salariés allemands ont fait leurs comptes : la réduction du temps de travail coûte cher, surtout quand cette perte se conjugue à une hausse des cotisations sociales. Le cas le plus révélateur est celui de Volkswagen qui, pour éviter des licenciements secs, a ramené la durée hebdomadaire de travail à 28,8 heures, avec bien sûr une perte de salaire équivalente. Plus inquiétant encore : le virage que le patronat allemand essaye de prendre. Après avoir réussi à faire chuter le coût du travail par le truchement de la baisse du temps de travail, il parle maintenant d’un retour aux 40 heures sans augmentation de salaire. Un dirigeant du puissant syndicat IG Metall cite le cas de comités d’entreprises de la métallurgie qui, face au chantage de la délocalisation, acceptent déjà, sans l’aval des syndicats, un accroissement de la durée du travail avec diminution de salaire. Klaus Peren, du BDA (association des employeurs allemands) devait résumer la situation par cette phrase : “ Si la réduction du temps de travail est possible, il faut que l’accroissement de la durée du travail le soit aussi. ”
Pour conclure A propos du recours contre la loi Aubry devant le Conseil constitutionnel. Près de 140 députés RPR et UDF, ont relevé cinq motifs d’inconstitutionnalité du projet de loi, au non de la liberté et de l’égalité. Ici, pas d’illusion à se faire : ce recours a pour objectif de pouvoir revenir sur la baisse du temps de travail comme en Allemagne après avoir fait passer en force la flexibilité totale. Comme, de plus en plus, l’attribution des 35 heures est liée à la révision/dénonciation des conventions collectives, c’est-à-dire à une perte importante d’avantages acquis, facteurs de paix sociale. Nous pouvons dire, d’un point de vue révolutionnaire, que le système se trouve de plus en plus dans un camp retranché, les marges du maintien de l’ordre se désagrègent chaque jour davantage. Dans ce cadre, les luttes contre l’exclusion se placent sur celle d’une illusion d’une régénération néo-keynésienne du système, d’où sa lutte contre une forme du capitalisme - “ l’horreur économique ” du libéralisme -, qui vient détruire les petits et gros avantages du secteur d’Etat (la récente [mai 1998] grève des pilotes d’Air France.) Ce qui importe, ce n’est pas de mener une lutte contre les mauvais côtés du capital et de verser des larmes sur les trente glorieuses keynésiennes, c’est de comprendre que le capital, de par sa nature, c’est toujours l’accumulation de richesse à un pôle et de pauvreté à l’autre. Cela ne peut pas se réformer par la distribution de recettes sur le grand marché du partage et repartage de la misère. G. B. Mai-juin 1998
NOTES
(1) Avant les banques, les patrons de l’assurance avaient dénoncé toutes les conventions collectives régionales et renégocié à la baisse dès 1992 une nouvelle convention collective nationale. L’année 1998 sera celle du bras de fer du tertiaire (banques-assurances) contre le concassage du temps de travail, contre la baisse du salaire net, contre les licenciements. Une étude de la Caisse des dépôts avait été menée sur la productivité dans les banques, afin de donner une explication sur l’incapacité du tertiaire à dégager, malgré d’importants investissements en informatique, une hausse de productivité (c’est-à-dire une réduction massive des effectifs de ce secteur).
(2) La direction d’Elf Atochem veut la modération salariale pour créer des emplois, sinon elle indique, il faudra “ s’organiser pour faire en 35 heures ce que l’on faisait en 38. ”
L’idée d’une TVA sociale n’est pas nouvelle, Robert Salmon dans son livre « Tous les chemins mènent à l’ homme » édition 1994 en faisait déjà la promotion :
« Aujourd'hui, il me semble que l'urgence commanderait à la fois de maîtriser et de déplacer de la production à la consommation la charge financière considérable que représente le financement des retraites, de l'assurance-maladie, du chômage. En effet, avec la récente évolution vers la généralisation de la Sécurité sociale, il est admis désormais que tout le monde, travaillant ou non, a droit à un minimum de protection concernant sa santé, sa retraite, son revenu (RMI). Or tout le monde ne produit pas, mais tout le monde consomme. De ce point de vue, il est anormal (et anti-économique) de faire supporter seulement par ceux qui produisent ce qui va bénéficier à l'ensemble de la communauté nationale. Faire supporter cette charge par ceux qui consomment, c'est la faire partager par tous les assurés, et non plus par une partie d'entre eux seulement. C'est à l'évidence plus juste.
À l'occasion de ses achats et selon un barème modulable, le consommateur pourrait être obligé d'acquitter une cotisation sociale, retenue et transférée aux organismes sociaux de la même manière que la TVA est perçue pour le compte du Trésor. Le salarié paierait certes ses produits plus cher, mais il ne verrait plus son salaire amputé de prélèvements sociaux et pourrait même se voir accorder une certaine prime compensatrice par l'entreprise qui l'emploie, puisque celle-ci économiserait, elle, la part patronale. Ce .système, sans effet sur l'indice des prix (la cotisation, simple transfert d'épargne, en étant exclue), remettrait sur un pied d'égalité les produits fabriqués dans des pays à forte protection sociale et ceux bénéficiant d'un coût de production réduit par défaut d'acquis sociaux. » p142 143

Nous avons la toute l' argumentation qui va tourner en boucle pour justifier cette nouvelle ponction sur le peuple. En fait il est bien clair que la TVA sociale vise à réduire les cotisations sociales employeurs et à basculer une partie du financement des charges patronales vers la TVA dite sociale. Vous remarquerez, que cette politique était prescrite bien avant la crise.
Tout bon ministre capitaliste se doit d' inventer une taxe. Pour rappel la Contribution sociale généralisée CSG ( dite taxe du socialiste Rocard), et la Contribution au Remboursement de la Dette Sociale CRDS( dite taxe Balladur), sont prélevées directement sur les salaires et pensions. Une petite différence tout de même la CRDS gérée par la CADES1 est classée trois AAA par les marchés financiers.
Sarkosy, pour le compte du capital financier veut comme dans d' autres pays imposer la TVA sociale, il va même jusqu' à essayer de la positiver en lui donnant un autre nom. Par exemple certains ont déjà fait le pas et parle de TVA anti-délocalisation. Dans le journal « Les Echos du jeudi 12 octobre 2006 », jean Arthuis2, nous faisait déjà la promotion de la TVA sociale « comme un moyen de sauvegarder notre système de protection sociale et de promouvoir l’emploi, en relevant les défis d’une économie mondialisée. »
Vous aurez compris, qu’il s’agit de faire disparaître progressivement le salaire différé des salariés servant aux prestations sociales pour en reporter la charge sur les produits de consommation qui augmenterons de ce fait. Le sénateur UMP, Philippe Marini, proposait de relever la TVA de 19,6% à 25%. (+5,4%). Il pense, en faisant ce transfert, lutter contre les délocalisations et l’économie souterraine ( 15% du PIB) et rafler la plus value de ce secteur.
La TVA dite « sociale » , vise à s' attaquer à la branche famille de la Sécurité sociale, Nicolas Sarkosy reprenant les revendications du MEDEF ( voir annexe) déclare tout haut ( et il n' est pas le seul) qu'il est anormal que le financement de la branche famille repose sur le patronat. En effet déclare Nicolas Sarkosy, ce sont 35 milliards d' euros qui sont prélevés tous les ans pour financer à 60% la branche famille qui finance (les allocations familiales, l' allocation de rentrée scolaire, la prime à la naissance, etc.) Mais il y a un autre aspect de la TVA sociale dont la presse ne parle pas, c' est le hold d’up du siècle que va faire l' état en taxant rétroactivement les économies des classes populaires et moyennes de France et notamment les retraités, qui devront payer 5,4% plus cher tout achat qu’ils auraient pu faire avant ( seulement taxé à 19,6 % ou 5,5%).
Dans le journal La Tribune du 7 mars 2007, l' économiste Patrick Artus favorable à la
TVA sociale expliquait ceci:
« Sachant que la consommation des ménages représente 900 Mds d’ euros environ, et les salaires versés aux ménages 600 Mds d’ euros hors charges sociales, un point de taxation de la consommation d’ ensemble rapporte donc 9 milliards et permet de baisser de 1,5% point les charges sociales. Ainsi 6 points d’augmentation de la taxation de la consommation permettent donc de baisser de 9 points les charges, et de donner 3 points de pouvoir d’achat aux salariés. »
Non seulement les salariés se font escroquer, mais que dire des retraités, chômeurs, Rmistes…
Le grotesque argument qui vient ensuite est « protectionniste » « cette TVA sociale serait une manière de taxer plus lourdement les produits importés, et ainsi d’ améliorer la compétitivité du « Made in France » par rapport aux produits étrangers. ». Le sénateur Jean Arthuis lui va plus loin : « dans une économie ouverte, taxer davantage les produits importés, c’est faire payer une partie de la protection sociale française par le travail chinois, et plus seulement français. »
Voilà la belle découverte, et après se sont les mêmes qui veulent que le gouvernement chinois augmente les salaires en Chine, les mêmes qui, de cette manière relanceront l’inflation pour que les gains de compétitivité finissent par être payés par les salariés, les retraités et le blocage des prestations sociales. Les mêmes qui s’ attaquent au code du travail, au contrat de travail qu’ils rendent de plus en plus précaire pour couvrir cette précarité avec une « sécurité sociale professionnelle » véritable couloir de la mort pour les travailleurs condamnés à ne plus avoir de ressources pour vivre et survivre.
Le constat est une nouvelle fois fait que:
« Elle ( La bourgeoisie) ne peut plus régner, parce qu'elle est incapable d' assurer l' existence de son esclave dans le cadre de son esclavage, parce qu' elle est obligée de le laisser déchoir au point de devoir le nourrir au lieu de se faire nourrir par lui » ( Marx Le manifeste communiste)
Gérard Bad ( 22 01 2012)
Annexe 1 ( extrait du Nouvel observateur)
Le Medef propose trois scénarios.
Baisse de 3,5 points des cotisations patronales
Baisse de 1,5 point des cotisations salariales
La CSG augmente de 0,75 point.
Pour la TVA, le taux normal passe de 19,6% à 22%, le taux intermédiaire passe de 7 à 10, le taux réduit de 5,5 à 7, et le taux super-réduit de 2,1 à 4.
Baisse de 5,4 points des cotisations patronales
Baisse de 2,6 points des cotisations salariales
La CSG augmente de 1,2 point.
Pour la TVA, le taux normal passe de 19,6% à 23%, le taux intermédiaire passe de 7 à 12, le taux réduit de 5,5 à 10, et le taux super-réduit de 2,1 à 5.
Baisse de 7,5 points des cotisations patronales
Baisse de 2,6 points des cotisations salariales
La CSG augmente de 1,2 point.
Pour la TVA, le taux normal passe de 19,6% à 23%, le taux intermédiaire passe de 7 à 12, le taux réduit de 5,5 à 10, et le taux super-réduit de 2,1 à 5.
Ces taux seront probablement au coeur des discussions lors du sommet social du 18 janvier, dont on peut regretter qu'il se déroule à seulement quelques mois des élections présidentielle et législatives. Un délai trop bref pour arbitrer sereinement des choix de société cruciaux.
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TVA sociale les contre
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TVA sociale les pour
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Nom
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commentaires
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Nom
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commentaire
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F. Hollande
Parti socialiste
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« je prendrais la décision d'abroger cette mauvaise réforme »
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N. Sarkosy
UMP
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Pour la TVA sociale quitte à en changer le nom
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Mélenchon
Front de gauche
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Il refuse la «TVA prétendument sociale»
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D.De Villepin
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Je crois que la TVA sociale est une bonne idée
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F.Bayrou
Modem
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C 'est dans son programme
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Eva JOLY
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la TVA sociale est une mauvaise réponse. Pour élargir le financement de notre modèle social, je propose d’augmenter la CSG en la rendant progressive.
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Nicolas DUPONT AIGNAN
L’Union du Peuple Français
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se prononce, dans son programme, pour l’instauration de la « TVA sociale »
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Le NPA
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La TVA « sociale », le hold-up du siècle sur nos salaires
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Christine BOUTIN
Parti chrétien
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fait figurer, dans son programme de candidate à l’élection présidentielle, la « TVA sociale ».
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Lutte ouvrière
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L’escroquerie de la TVA « sociale »
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Hervé MORIN
Nouveau centre
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Instituer une "TVA sociale" et lancer un "Matignon" de l'économie pour alléger les charges sociales des entreprises et redonner du pouvoir d'achat aux salariés.
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Corinne LEPAGE
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Le souci majeur doit consister à faire supporter les prestations sociales par la solidarité nationale et non pas par le travail ».
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M. Le Pen
Front National
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TVA sociale est une "TVA patronale"
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J.P Chevènement
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Pour la TVA sociale
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