SPARTACUS

24 juin 2022

PMO-Identité numérique : prouve que tu existes

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Libertys

mercredi 8 février 2006

PMO-Identité numérique : prouve que tu existes

Début juin 2005, 20 000 grenoblois découvrent dans leur boîte aux lettres une publicité du conseil général pour “Libertys, carte unique d’identité et de services”. Obligatoire dès le 1er octobre, Libertys remplace tous les documents administratifs : carte d’identité biométrique, carte bancaire, carte vitale, permis de conduire, etc. Pour “les têtes en l’air et les étourdis”, Libertys est également proposée sous forme de micropuce sous-cutanée. Injectée sous la peau, cette puce permet une géolocalisation GPS. Vous croyez cauchemarder ? Vous pensez revivre 1984 d’Orwell et vous refusez ce flicage généralisé ? Ne vous inquiétez pas : le dépliant promet la tenue d’un “grand débat citoyen” en 2010, une fois Libertys mise en place.

“Un canular !”annonce le lendemain Le Dauphiné Libéré, quotidien local de Dassault. Un canular ? Une anticipation plutôt. Car Libertys s’inspire de projets réels. Elle ne fait que perfectionner INES, la future carte d’identité biométrique prévue en 2006 par le ministère de l’Intérieur. Elle puise également dans les projets du GIXEL, le lobby des industries françaises de l’électronique. Enfin, la nanotechnologie dont s’inspire Libertys existe déjà : depuis 2002, une société américaine commercialise Verichip, une micropuce sous-cutanée de la taille d’un grain de riz. Aux États-Unis, en Mexique ou en Espagne, Verichip est utilisée comme système d’identification dans des discothèques, des hôpitaux ou pour surveiller des prisonniers en liberté conditionnelle. A quand le traçage en temps réel des chômeurs et des RMIstes ?

Lire aussi : Carte d’identité électronique : ce n’est pas du canular

 Identité numérique : prouve que tu existes

La Commission européenne prépare son « portefeuille européen d’identité numérique ».

Rome et Bologne adoptent le « crédit social numérique » à la chinoise. La digitalisation de

l’État et son corollaire, l’identification numérique, progressent dans l’indifférence des

Smartiens, à la faveur des phases aigües de la Crise (épidémie, guerre, effondrement

écologique). Il aura fallu moins de vingt ans pour que se réalisent nos pires anticipations

sur la société de contrainte. Pour les nouveaux venus et les nostalgiques, on a ressorti

quelques archives. Te souviens-tu de Libertys ?

 

L’été sera sec. Les nappes sont au plus bas, les températures au plus haut. On s’habitue, c’est

pire chaque année. Comme on s’habitue au traitement technocratique de la catastrophe, celuilà

même que nous avons tâché d’anticiper et de décrire concrètement depuis vingt ans : société

de contrainte1 ; techno-totalitarisme ; tri entre « bons » et « mauvais citoyens » (le nouvel

ennemi2). Aussi ne s’étonne-t-on guère des nouvelles venues d’Italie en ce printemps 2022.

Samedi 7 mai, nos amis de Resistere al Transumanesimo manifestent à Bergame « contre la

transition numérique, la 5G et le crédit social numérique3 ». Ils contestent le lancement d’un

« smart citizen wallet » à Bologne, après une phase de test à Rome. Selon les autorités locales,

cette appli est un « portefeuille du citoyen vertueux » (sic) destiné à améliorer la mobilité dans

la ville-machine, à informer en temps réel les usagers (et le pilotage central) des transports, des

services publics, des commerces, des infrastructures de loisirs, à favoriser les comportements

fluidifiant la gestion des stocks et des flux d’humains et de marchandises. Bref, le programme

de smart planet - de filet électronique - qu’IBM promeut depuis 2008 :

Cela veut dire que les infrastructures numériques et physiques du monde entier sont

en train de converger. Nous mettons la puissance informatique au service de choses

que nous n'aurions jamais reconnues auparavant comme étant des ordinateurs. En

réalité, presque tout – qu'il s'agisse d'une personne, d'un objet, d'un processus ou d'un

service, pour une organisation, publique ou privée, grande ou petite – peut devenir

sensible à la réalité numérique et faire partie d'un réseau4.

N’ayant jamais demandé à « devenir sensible à la réalité numérique » ni à « faire partie d’un

réseau », nous y sommes contraints par la technocratie. Pour le pouvoir et ses ingénieurs, un

cheptel humain connecté à la Machinerie centrale - pris dans ses filets électroniques - est plus

simple à contrôler, surveiller, contraindre : à piloter.

 

1 Cf. Pièces et main d’oeuvre, Terreur et possession. La police des populations à l’ère technologique, L’Échappée,

2008 et L’industrie de la contrainte, L’Échappée, 2011.

2 Cf. Pièces et main d’oeuvre, A la recherche du nouvel ennemi. 2001-2025 : rudiments d’histoire contemporaine,

L’Échappée, 2009.

3 https://www.resistenzealnanomondo.org/

4 Sam Palmisano, ex-patron d’IBM, 12/11/2008, cité in L’industrie de la contrainte, op. cit.

 

Administration automatisée des comportements

Les Bolognais sont invités à télécharger l’application afin que celle-ci enregistre leurs

habitudes : usage des transports en commun, consommation d’énergie, tri des déchets,

fréquence des amendes à payer, etc. Combien de temps faudra-t-il avant qu’ils n’y soient

contraints ? Le système attribue aux « bons comportements » des points qui donnent droit à des

ristournes dans les transports ou les activités culturelles. Comme des récompenses à des rats de

laboratoire. Ce que nos amis bergamasques nomment une « administration automatisée des

comportements ». Et nous, l’incarcération des hommes-machines (Smartiens) dans le mondemachine (smart city).

Telle est la contrainte électronique : façonner les comportements individuels et collectifs selon

les besoins de la Machine et l’état des ressources, par le pilotage des réseaux cybernétiques.

Sans doute bien des lecteurs ont pensé que nous exagérions, il y a vingt ans. Ceux qui nous

disaient « on n’en est pas là », n’ont peut-être pas fait le lien avec le passe vaccinal de 2021 et

son QR code distinguant entre les bons et les mauvais citoyens. Son adoption sans émotion par

la majorité de la population a préparé les cervelles à son extension. Dans un état d’urgence

permanent, les outils testés durant la crise ont vocation à s’installer. Déjà, les touristes de

Marseille téléchargent leur QR code en prévision d’une sortie à la calanque de Sugiton cet été5.

Les technocrates italiens s’inspirent de la Chine, qui déploie depuis 2014 son « Schéma

directeur pour la construction d’un système de crédit social ». Nul n’ignore plus que les

Machinois sont désormais notés en temps réel grâce à la traçabilité électronique de leurs actes :

géolocalisation, reconnaissance faciale, big data. Les bons élèves gagnent des réductions,

comme à Bologne. Les non vertueux (mauvais payeurs, réfractaires au confinement ou au

masque, cracheurs dans la rue, traverseurs au feu rouge, critiques du régime, etc), inscrits sur

une liste noire, sont privés du droit au voyage, au crédit, à certains métiers, logements et loisirs6.

Leur photo s’affiche sur des écrans géants, les désignant coupables de la mise en place de

nouvelles mesures de restriction. Cette même stratégie du bouc émissaire employée pour les

réfractaires au passe vaccinal, accusés d’empêcher « le retour à la normale ».

L’Italie subit l’influence chinoise depuis les investissements dans ses sociétés publiques et

privées (notamment dans l’énergie) qui ont suivi la crise de 2008. Les pneus Pirelli, parmi

d’autres, appartiennent à une société d’État chinoise7. La péninsule a signé dès 2019 un

protocole d’accord sur les « nouvelles routes de la soie » et Pékin lui a envoyé son aide durant

la pandémie à grand renfort de propagande. Avec le « smart citizen wallet », Rome et Bologne

se mettent un peu plus en ordre chinois.

Mais pas de sinophobie. Plus près de nous, un pays est fort avancé en matière de machinisation

de ses citoyens, avec une application lancée en 2020, réunissant documents d’identité, carnet

de vaccination, assurances, prestations sociales, et l’accès numérique à de nombreux services

publics. Celle-ci s’ouvre au « crédit social » durant la pandémie de Covid, avec un programme

« argent contre vaccin » : deux injections = 30 €. Ou plutôt, 1000 hryvnia, puisque nous sommes

en Ukraine8.

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5 Cf. Le Platane, « Les calanques, c’est fini », 23/04/22,

https://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1671

6 Le système se décline selon les régions et les localités, et varie de l’une à l’autre, mais le principe est le même.

7 Cf. P. Le Corre, « L’Italie, pays-cible de la propagande chinoise à l’heure du Covid-19 », Fondation pour la

recherche stratégique, 6 avril 2020.

8 https://www.president.gov.ua/en/news/povnistyu-shepleni-vid-covid-19-ukrayinci-nezabarom-zmozhut-71569

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Comme le virus, la guerre accélère la gestion numérique de l’ordre public. L’appli (nommée

Diia) s’enrichit d’une fonctionnalité « E-enemy » qui permet à chaque citoyen de renseigner

l’armée sur l’avancée et les exactions des troupes russes. Pratique. Dans le même élan, le

ministère ukrainien de la Défense utilise le logiciel de reconnaissance faciale de Clearview AI,

boîte américaine financée par le transhumaniste américain Peter Thiel, pour l’identification des

réfugiés, des morts, de soldats russes9. Clearview AI collecte des photos sur tous les réseaux

pour alimenter sa gigantesque base de données et ainsi « identifier tout le monde ». Les

charognards n’ont pas raté l’occasion d’une bonne guerre pour étendre leurs filets numériques.

Les Russes font probablement pareil. – La reconnaissance faciale c’est comme tout, hein, tout

dépend des usages.

Voilà pourquoi les phases aigües de la Crise permanente sont si utiles aux technocrates. On se

souvient du rapport sur « les crises sanitaires et les outils numériques » que la délégation à la

prospective du Sénat français a publié en juin 2021, et de ses propositions innovantes :

Plus la menace sera grande, plus les sociétés seront prêtes à accepter des technologies

intrusives, et des restrictions plus fortes à leurs libertés individuelles – et c’est logique.

[…] Dans les situations de crise les plus extrêmes, les outils numériques pourraient

permettre d’exercer un contrôle effectif, exhaustif et en temps réel du respect des

restrictions par la population, assorti le cas échéant de sanctions dissuasives, et fondé

sur une exploitation des données personnelles encore plus dérogatoire. […] Reste

encore à franchir le pas décisif, celui d’une identité numérique universelle et

obligatoire […]10.

On y travaille. Le modèle des sénateurs, c’est l’Estonie, « au premier rang européen pour la eadministration

». Un rêve d’ingénieur : 96 % des démarches administratives s’y effectuent en

ligne (voter, porter plainte, consulter ses bulletins scolaires ou son dossier médical, déclarer une

naissance ou un décès, etc) via un identifiant unique. La majorité de la population dispose de

papiers d’identité numériques. Le système est vertueux puisque chacun peut savoir qui ou quelle

administration a consulté quelles données sur son « espace personnel ». Les sénateurs ravis en

troqueraient leur mandat contre un smartphone :

Les services publics sont dès l’origine conçus comme des « applications », disponibles

sur une plateforme, à l’instar d’un App Store ou d’un Google Play, où chaque usager

dispose d’un identifiant unique11.

 

L’État plateforme, la « Machine à gouverner » cybernétique

Revoilà le concept « d’État plateforme », qui n’est pas de nos technocrates hexagons, mais de

l’entrepreneur américain Tim O’Reilly, auteur en 2011 d’un article titré « Government as a

platform12 ». Idée colportée entre autres par les accélérationnistes Michael Hardt et Antonio

Negri qui voient dans ce « connexionnisme » institutionnel une chance pour leur projet de

« multitude13 » décentralisée, déterritorialisée, « rhizomique ».

____________________________

9 https://www.reuters.com/technology/exclusive-ukraine-has-started-using-clearview-ais-facial-recognitionduring-

war-2022-03-13/

10 Cf. « Contrainte numérique : des sénateurs lâchent le morceau », 21/07/21, et le rapport d’information du

Sénat, juin 2021, sur https://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1525

11 Idem.

12 https://direct.mit.edu/itgg/article/6/1/13/9649/Government-as-a-Platform

13 M. Hardt, A. Negri, Multitude. Guerre et démocratie à l’âge de l’Empire, La Découverte, 2004

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En bref : l’État doit s’inspirer des Gafam, exploiter le big data et jouer l’intermédiaire entre

demande et offre, pour proposer des services publics innovants, coopératifs, inclusifs

naturellement, quasi autogérés – en fait, automatisés.

L’idée circule, des multinationales aux cabinets de consulting et à l’Union européenne. Oubliez

l’hôpital public et ses équipes médicales au chevet des patients, place aux algorithmes du Health

Data Hub. Cette plateforme française comme son nom l’indique, collecte en masse toutes les

données de santé numérisées (d’où l’Espace numérique de Santé14) pour gaver ses

« intelligences » artificielles et automatiser les soins.

Idem pour l’administration, réduite à des services en ligne et à « FranceConnect », l’application

d’authentification des usagers internautes. Si vous avez fait une carte grise ou déclaré vos

impôts récemment, vous voyez de quoi on parle. Nul humain pour vous renseigner, vous

conseiller, vous engueuler, vous plaisanter. Entrez votre identifiant. Ça ne va pas s’arranger

avec « FranceConnect+ », qui s’élargit aux services bancaires ou au dossier médical partagé.

Les procédures ne sont pas plus simples – génie administratif français oblige – elles sont plus

compliquées et déshumanisées.

« L’État plateforme » est le poste de pilotage centralisé de la smart city. La

« dématérialisation » ayant supprimé les corps des citoyens et des agents publics, la citoyenneté

s’évapore en usages, en fait en consommation de services. Et la confrontation directe – sans

parler du rapport de forces – se dissout en procédures virtuelles. Tapez 1. Le résultat est cette

déréalisation des rapports sociaux et humains que beaucoup constatent avec plus ou moins de

dépit. Telle est la « Machine à gouverner15 » annoncée dans l’enthousiasme des débuts de la

cybernétique, en 1948, par le chroniqueur scientifique du Monde, Dominique Dubarle.

Le retour de Libertys

On cause, on cause, et les technocrates agissent. La Commission européenne prépare son

« portefeuille européen d’identité numérique ». Celui-ci permettra d’utiliser les services

publics, d’ouvrir un compte bancaire, de remplir ses déclarations fiscales, de s’inscrire dans une

université, d’enregistrer ses prescriptions médicales, de prouver son âge, de louer une voiture

avec un permis de conduire numérique, de s’enregistrer à l’arrivée dans un hôtel, etc16.

Comment feront ceux qui n’ont pas de smartphone ? Ce n’est pas précisé dans l’appel à projet.

Mais leur exclusion de toute vie sociale et citoyenne semble la solution rationnelle.

Le projet européen est calqué sur la solution de Thalès nommée « Digital ID wallet17 »

(« portefeuille d’identité numérique »). Thalès, groupe né en 2000 du rapprochement des

activités de défense de Thomson-CSF, d’Alcatel et de Dassault Électronique, promeut depuis

deux décennies « l’identité numérique » appuyée sur ses outils biométriques. Son site se réjouit

que la pandémie de Covid offre « une opportunité de changement systémique » - comprenez :

l’accélération de la machination générale. Comme l’ex-patron d’IBM, Thalès milite pour

« Rapprocher l’univers numérique et le monde physique18 ». L’interface entre les deux, qui

vous connecte à vos papiers numériques, à votre compte en banque, à vos « espaces

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14 Cf. Pièces et main d’oeuvre, « Dites non ! Espace numérique de santé : comment refuser le pillage automatisé

de vos données », 12/01/22

15 A lire sur https://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=439

16 https://ec.europa.eu/info/strategy/priorities-2019-2024/europe-fit-digital-age/european-digital-identity_fr

17 https://www.thalesgroup.com/fr/europe/france/dis/gouvernement/identite/digital-id-wallet

18 Idem.

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personnels » d’administration en ligne et au reste, ce sont vos données biométriques

(reconnaissance faciale, empreintes digitales) enregistrées dans votre smartphone. Admirez le

saut qualitatif : plus besoin de vous soumettre à une humiliante caméra « intelligente » ou à une

borne d’identification, c’est vous-mêmes qui procédez au relevé biométrique.

Le « portefeuille d’identité numérique » n’est pas une nouveauté. Dès juin 2005, l’Isère était

désignée « département pilote de la future carte d’identité unique d’identité et de services »

nommée Libertys. D’après Le Monde de l’époque :

Libertys contient, numérisés et encryptés sur sa puce, des identifiants biologiques de

son titulaire : empreintes digitales, iris de l'oeil et image faciale. Elle « remplacera

avantageusement tous les documents actuels » : pièce d'identité, permis de conduire,

carte grise, carte d'électeur, carte Vitale, carte de transport, etc19.

Le visionnaire André Vallini, alors président PS du Conseil général de l’Isère, expliquait dans

le prospectus « Libertys, votre nouvelle carte de vie » distribué dans les boîtes aux lettres des

Grenopolitains :

La carte Libertys s’inscrit pleinement dans le développement de l’administration

électronique, pour améliorer l’efficacité des services publics et simplifier la vie des

usagers20.

Grenopolis a toujours un temps d’avance. Ou plutôt, son techno-gratin – ingénieurs, industriels,

élus, associés dans la course à l’innovation. En 2005, « Grenoble-Isère » est labellisée « pôle

de compétitivité des technologies du numérique » sous le nom de Minalogic (Micro-Nano-

Logiciel).

Parmi les boîtes et labos membres de ce pôle financé par l’État figurent Thalès et Atmel, experts

en biométrie et en identification électronique. Lesquels, remarquons-nous dans le n°10 de notre

lettre Aujourd’hui le nanomonde21 (novembre 2005), sont également adhérents du Gixel, le

lobby de l’industrie électronique et numérique.

Te souviens-tu, lecteur, du Gixel et de son Livre bleu de 2004 sur l’avenir de la filière ? Pour le

plaisir, et pour les moins de 20 ans, rappelons l’extrait le plus fameux du document :

La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une

atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les

technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les

contrôles.

Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les

industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d’un

effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l’apport de

fonctionnalités attrayantes :

• Éducation dès l’école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer

dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants

s’identifieront pour aller chercher les enfants.

• Introduction dans des biens de consommation, de confort ou des jeux : téléphone

portable, ordinateur, voiture, domotique, jeux vidéo.

• Développer les services « cardless » à la banque, au supermarché, dans le

_________________________________________________________

19 « Libertys : "Aucun problème si l’on n’a rien à se reprocher" », Le Monde, 10/06/2005

20 https://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=14

21 https://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=10

6

transports, pour l’accès Internet…

La même approche ne peut pas être prise pour faire accepter les technologies de

surveillance et de contrôle, il faudra probablement recourir à la persuasion et à la

réglementation en démontrant l’apport de ces technologies à la sérénité des

populations et en minimisant la gêne occasionnée. Là encore, l’électronique et

l’informatique peuvent contribuer largement à cette tâche22.

Les archives sont précieuses. A l’époque, on s’était surtout indignés de l’éducation « dès la

maternelle » aux technologies biométriques. Deux décennies plus tard, on mesure l’efficacité

des technocrates. Ils ont rendu acceptables ces « atteintes aux libertés individuelles » par les

« biens de consommation et de confort » et « l’électronique » - en fait, le smartphone. La

reconnaissance faciale après tout, c’est juste un selfie, que le Smartien lambda prend sans même

y penser. La méfiance à l’égard du flicage biométrique est un souvenir fané.

***

La presse révéla que Libertys était « un canular ». Nous corrigions de notre côté : « une

anticipation, plutôt23 ». Une sacrée bonne anticipation. A l’époque, l’affaire avait provoqué de

vifs débats sur les « forums » Internet (c’était avant les réseaux sociaux, la Préhistoire).

Il y a de quoi être troublés, 17 ans plus tard, quand les « portefeuilles d’identité numérique » se

déploient partout sans opposition. Nos amis de Bergame sont bien courageux de haranguer les

passants indifférents le nez sur l’écran.

La semaine dernière, nous étions dans un lycée savoyard pour une causerie-débat avec des

élèves de Terminale. Nous discutons de l’emprise des technologies sur nos vies, de leur part à

la destruction des liens humains et de la nature, et de la dépendance des Smartiens au règne

machinal. Une lycéenne nous interpelle : « C’est de la nostalgie, de penser que c’était mieux

avant, quand on était jeunes ». Il y a peut-être du vrai dans ce cliché. Mais l’essentiel est

ailleurs : quand on est né l’année de Libertys, dans la Machine programmée par Thalès, le Gixel

et leurs semblables, on ne sait comment vivre sans smartphone ni connexion. Ce savoir s’est

perdu. On ne souffre pas d’être dépendant du règne machinal et de troquer son autonomie contre

l’assistance numérique. On ne voit pas pourquoi s’inquiéter, ni ce qu’il faudrait regretter. Ce

qu’on ignore ne fait pas mal.

Il revient aux vieux et aux nostalgiques de préserver la mémoire de ce qui faisait des vies libres

et humaines. Pour aujourd’hui, disons-le ainsi : la prise en charge machinique, ce totalitarisme

confortable, n’attaque pas seulement la liberté civile ou politique, ainsi que le dénoncent les

quelques opposants à « la société de contrôle » ou à la « surveillance généralisée ». Elle détruit

une autre liberté, intime, fondamentale : celle de se sentir responsable de soi-même et

d’éprouver ainsi le sentiment d’exister.

Pièces et main d’oeuvre

Grenopolis, 14 mai 2022

__________________________________

22 Cf. « Carte d’identité électronique : ce n’est pas du canular », 8/06/2055, sur

https://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=27

Après nos critiques et sa nomination aux « Big Brother Awards », le Gixel a supprimé le document de son site. Il

est toujours consultable ici : https://bigbrotherawards.eu.org/IMG/pdf/Livre_bleu.pdf

23 https://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=14

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18 juin 2022

Forum Économique International de Saint-Pétersbourg du 15 au 18 juin 2022.

C' est à titre documentaire et pour l' étude que nous publions la traduction française de l' important discours de Vladimir Poutine au Forum Economique International de saint- Pétersbourg sur lequel nous reviendrons ultérieurement.

 

 

Je souhaite la bienvenue aux participants et aux invités du 25e Forum économique international de Saint-Pétersbourg.

Il a lieu à un moment difficile pour la communauté mondiale, où l’économie, les marchés et les principes mêmes du système économique mondial sont attaqués. Un grand nombre de liens commerciaux, de production et de logistique précédemment perturbés par la pandémie sont à nouveau mis à l’épreuve. En outre, des concepts clés pour les affaires tels que la réputation des entreprises, le respect de la propriété et la confiance dans les devises mondiales ont été complètement sapés – sapés, malheureusement, par nos partenaires occidentaux, et cela a été fait délibérément, par ambition, au nom du maintien d’illusions géopolitiques dépassées.

Aujourd’hui, je vais donner notre – quand je dis « notre », je veux dire les dirigeants russes – vision de la situation dans laquelle se trouve l’économie mondiale. J’expliquerai comment la Russie agit dans cet environnement et comment elle planifie son développement dans un environnement qui évolue de manière dynamique.

Il y a un an et demi, lors d’un discours au Forum de Davos, j’ai souligné une fois de plus que l’ère de l’ordre mondial unipolaire est terminée – je veux commencer par cela, il n’y a pas d’échappatoire – elle est terminée, malgré toutes les tentatives de la préserver, de la maintenir en place par tous les moyens. Le changement est le cours naturel de l’histoire, parce que la diversité civilisationnelle de la planète, la richesse des cultures est difficile à combiner avec des schémas politiques, économiques et autres, des schémas qui ne fonctionnent pas ici, des schémas qui sont grossièrement, sans alternative, imposés depuis un seul centre.

Le défaut réside dans l’idée même qu’il existe une seule puissance, bien qu’elle soit forte, avec un nombre limité d’États qui lui sont proches ou, comme on dit, qui y sont admis, et toutes les règles du commerce et des relations internationales, lorsque cela devient nécessaire, sont interprétées exclusivement dans l’intérêt de cette puissance, comme on dit, travaillent dans une seule direction, le jeu est à sens unique. Un monde fondé sur de tels dogmes n’est absolument pas viable.

Les États-Unis, en s’attribuant la victoire dans la guerre froide, se sont déclarés les ambassadeurs de Dieu sur terre, qui n’ont pas d’obligations, mais seulement des intérêts, et ces intérêts sont déclarés sacrés. C’est comme s’ils ne remarquaient pas qu’au cours des dernières décennies, de nouveaux centres de force ont émergé sur la planète et deviennent de plus en plus puissants. Chacun d’entre eux développe ses propres systèmes politiques et institutions sociales, met en œuvre ses propres modèles de croissance économique et, bien sûr, a le droit de les protéger, de garantir sa souveraineté nationale.

Nous parlons de processus objectifs, de changements véritablement révolutionnaires et tectoniques dans la géopolitique, dans l’économie mondiale, dans la technologie, dans l’ensemble du système des relations internationales, où le rôle des États et des régions dynamiques et prometteurs, dont les intérêts ne peuvent plus être ignorés, s’accroît considérablement.

Je le répète : ces changements sont fondamentaux, cruciaux et inexorables. Et c’est une erreur de croire qu’une période de changements turbulents peut, pour ainsi dire, s’asseoir et attendre, que tout va prétendument revenir à la normale, que tout sera comme avant. Cela n’arrivera pas.

Cependant, il semble que les élites dirigeantes de certains États occidentaux se bercent de ce genre d’illusions. Ils ne veulent pas voir les choses évidentes, mais s’accrochent obstinément aux ombres du passé. Par exemple, ils pensent que la domination de l’Occident sur la politique et l’économie mondiales est une valeur constante et éternelle. Rien n’est éternel.

Et nos collègues ne se contentent pas de nier la réalité. Ils essaient de contrecarrer le cours de l’histoire. Ils pensent en termes du siècle passé. Ils sont prisonniers de leurs propres illusions sur les pays situés en dehors de ce que l’on appelle le milliard d’or, ils considèrent tout le reste comme périphérique, leur arrière-cour, ils les considèrent toujours comme une colonie, et les gens qui y vivent comme des citoyens de seconde zone parce qu’ils se considèrent comme exceptionnels. S’ils sont exceptionnels, alors tous les autres sont de second rang.

Cela conduit à un désir irrépressible de punir, d’écraser économiquement ceux qui sortent du rang, qui ne veulent pas obéir aveuglément. De plus, ils imposent grossièrement et sans scrupules leur éthique, leur vision de la culture et de l’histoire, et remettent parfois en question la souveraineté et l’intégrité des États et menacent leur existence. Il suffit de rappeler le sort de la Yougoslavie, de la Syrie, de la Libye et de l’Irak.

Si un rebelle ne parvient pas à être piégé et pacifié, ils tentent de l’isoler ou, comme on dit aujourd’hui, de « l’effacer ». Tout est permis, même les sports, le mouvement olympique, les interdictions culturelles, les chefs-d’œuvre artistiques – simplement parce que leurs auteurs sont de la « mauvaise » origine.

C’est également la nature de l’actuelle crise de russophobie en Occident et des sanctions folles contre la Russie. Folles et, je dirais, insensées. Leur nombre, ainsi que la vitesse à laquelle elles sont validées, sont sans précédent.

Le calcul était clair : écraser l’économie russe dans la précipitation, détruire les filières commerciales, rappeler de force les entreprises occidentales du marché russe, geler les avoirs nationaux, frapper l’industrie, la finance et le niveau de vie de la population.

Cela n’a pas fonctionné. Évidemment, ça n’a pas marché, ça n’a pas eu lieu. Les entrepreneurs russes et les autorités ont travaillé ensemble de manière professionnelle, et les citoyens ont fait preuve de solidarité et de responsabilité.

Petit à petit, nous avons normalisé la situation économique. Tout d’abord, nous avons stabilisé les marchés financiers, le système bancaire et le réseau commercial. Puis nous avons commencé à saturer l’économie de liquidités et de fonds de roulement pour maintenir la pérennité des entreprises et des sociétés, de l’emploi et des postes.

Les sombres prévisions sur les perspectives de l’économie russe, entendues au début du printemps, ne se sont pas réalisées. Dans le même temps, on comprend pourquoi cette campagne de propagande a été montée en épingle, où toutes ces formules sur le dollar à 200 roubles et sur l’effondrement de notre économie dans son ensemble – tout cela était et reste un outil de lutte informationnelle, un facteur d’impact psychologique sur la société russe, sur les milieux d’affaires nationaux.

D’ailleurs, certains de nos experts ont succombé à cette pression extérieure et ont également annoncé dans leurs prévisions l’effondrement imminent de l’économie russe et l’affaiblissement critique de la monnaie nationale, le rouble.

La vie a déjoué ces prédictions. Toutefois, je tiens à souligner que pour continuer à réussir, nous devons être très honnêtes et réalistes dans notre évaluation de la situation, être indépendants dans nos conclusions et, bien sûr, croire en notre propre force – c’est très important. Nous sommes des personnes fortes et nous pouvons relever tous les défis. Comme nos ancêtres, nous pouvons relever tous les défis. Les millénaires entiers de l’histoire de notre pays en témoignent.

Trois mois seulement après l’adoption d’un ensemble de sanctions massives, nous avons supprimé la poussée inflationniste. Après le pic de 17,8 pour cent, comme vous le savez, l’inflation est maintenant de 16,7 pour cent et continue de baisser. La dynamique économique se stabilise et les finances publiques sont saines. Je le comparerai avec d’autres régions. Oui, c’est beaucoup pour nous aussi, bien sûr. 16,7%, c’est beaucoup d’inflation. Nous devons travailler là-dessus et nous le ferons, et je suis sûr que nous parviendrons à un résultat positif.

Au cours des cinq premiers mois de cette année, le budget fédéral a été élaboré avec un excédent de 1,5 billion de roubles, et le budget consolidé avec un excédent de 3,3 billions de roubles. Pour le seul mois de mai, l’excédent budgétaire fédéral a atteint près d’un demi-billion de roubles, soit plus de quatre fois plus qu’en mai de l’année dernière.

Notre tâche aujourd’hui est de créer les conditions pour relancer la production, augmenter l’offre sur le marché intérieur et, en équilibre avec la croissance de l’offre, rétablir la demande finale et les prêts bancaires dans l’économie.

Je l’ai déjà dit : nous avons pris des mesures spéciales pour reconstituer le fonds de roulement des entreprises. En particulier, les entreprises de presque tous les secteurs ont obtenu le droit de différer les paiements d’assurance pour le deuxième trimestre de cette année. En même temps, les entreprises manufacturières ont des possibilités plus larges : elles pourront profiter du report au troisième trimestre également. En fait, il s’agit d’un prêt sans intérêt de l’État.

Par la suite, les cotisations différées ne devront pas être payées, pour ainsi dire, en une seule fois. Cela peut se faire en versements égaux sur 12 mois à partir du mois de juin de l’année suivante.

Ensuite. Le taux des hypothèques préférentielles a été abaissé en mai. Il est maintenant de neuf pour cent. Le programme de prêts hypothécaires subventionnés a été prolongé jusqu’à la fin de l’année.

Comme je l’ai dit précédemment, l’objectif de cette mesure est d’aider les citoyens à résoudre leurs problèmes de logement, de soutenir le secteur de la construction et les industries connexes, qui emploient des millions de personnes.

Après la flambée du printemps, les taux d’intérêt de l’économie russe baissent progressivement et la Banque centrale abaisse son taux directeur. À cet égard, je pense qu’il est possible de réduire une nouvelle fois le taux hypothécaire préférentiel, désormais à sept pour cent.

Mais que voudrais-je souligner ? La durée du programme reste la même – jusqu’à la fin de cette année. Cela signifie que ceux de nos concitoyens qui veulent améliorer leurs conditions de logement grâce à cet avantage doivent en profiter avant la fin de cette année.

Les montants maximaux des prêts resteront également inchangés : 12 millions de roubles pour Moscou et Saint-Pétersbourg et 6 millions de roubles pour le reste des sujets fédéraux.

J’ajouterais qu’il est important pour nous en général d’augmenter la disponibilité des ressources financières à long terme, du crédit pour l’économie. Dans un avenir proche, l’accent mis sur le soutien de l’activité économique devrait passer des mesures de relance budgétaire aux mécanismes de prêts bancaires basés sur le marché.

Ce processus devrait assurément être soutenu. Par exemple, nous allons allouer 120 milliards de roubles du Fonds national de protection sociale pour augmenter la capacité du mécanisme de financement de projets de la VEB (Banque de développement de la fédération de Russie). Cette mesure permettra d’accorder des crédits supplémentaires aux initiatives et projets en demande pour un montant d’environ un demi-billion de roubles.

Chers collègues !

J’ai déjà dit que la guerre économique éclair contre la Russie n’avait aucune chance de succès dès le départ. En même temps, l’arme des sanctions est, comme vous le savez, et la pratique de ces dernières années le montre bien, une arme à double tranchant. Elle inflige des dommages comparables, voire plus importants, aux idéologues et aux concepteurs eux-mêmes.

Et il ne s’agit pas seulement des conséquences actuelles évidentes. Nous savons qu’une perspective très inquiétante est discutée entre les dirigeants européens au niveau des conversations informelles, comme on dit, à savoir que des sanctions pourraient être imposées non seulement contre la Russie, mais aussi contre tout État indésirable, affectant tôt ou tard tout le monde, y compris les membres de l’UE et les entreprises européennes elles-mêmes.

Jusqu’à présent, nous n’en sommes pas là, mais les politiciens européens ont déjà porté un coup sérieux à leur économie – ils l’ont fait eux-mêmes, de leurs propres mains. Nous pouvons voir comment les problèmes sociaux et économiques se sont aggravés en Europe et aux États-Unis également, comment le coût des marchandises, de la nourriture, de l’électricité et du carburant pour les voitures augmente, comment la qualité de vie des Européens diminue et comment les entreprises perdent leur compétitivité.

Les experts estiment que les pertes directes, “calculables” de l’UE, venant de la fièvre des sanctions, pourraient à elles seules dépasser 400 milliards de dollars au cours de l’année à venir. C’est le coût des décisions qui sont coupées de la réalité et prises au mépris du bon sens.

Ces coûts sont directement supportés par les citoyens et les entreprises de l’Union européenne. Dans certains pays de la zone euro, l’inflation a déjà dépassé les 20 %. Je parlais de notre inflation, mais les pays de la zone euro ne mènent pas d’opérations militaires spéciales et l’inflation y a augmenté – jusqu’à 20 % pour certains d’entre eux. Les États-Unis connaissent également une inflation insoutenable, la plus élevée depuis 40 ans.

Oui, bien sûr, l’inflation en Russie est aussi toujours à deux chiffres. Cependant, nous avons déjà indexé les paiements sociaux et les pensions, augmenté le salaire minimum et le coût de la vie, protégeant ainsi les citoyens les plus pauvres. Et, en retour, les taux d’intérêt élevés ont permis aux gens de conserver leurs économies dans le système bancaire russe.

Bien sûr, pour les représentants des entreprises, c’est compréhensible : un taux directeur élevé bride l’économie – normal. Pour les citoyens, cependant, dans la plupart des cas, c’est un plus : ils ont rendu aux banques une somme importante d’argent à des taux d’intérêt élevés.

C’est la principale différence avec les pays de l’UE, où la hausse de l’inflation diminue directement les revenus réels et ronge l’épargne, et où la crise actuelle pèse essentiellement sur les personnes à faible revenu.

Il y a également eu de graves conséquences à long terme pour les entreprises européennes en termes d’augmentation des coûts et de perte du marché russe. Le résultat est évident : la perte de compétitivité mondiale et une baisse systémique du taux de croissance de l’économie européenne pour les années à venir.

Tout cela conduit à l’aggravation des problèmes sous-jacents des sociétés occidentales. Bien sûr, nous avons aussi nos propres problèmes, mais je dois en parler maintenant, car ils ne cessent de nous montrer du doigt, alors qu’ils ont eux-mêmes suffisamment de problèmes. J’en parlais aussi à Davos. La conséquence directe des actions des politiciens européens et des événements de cette année sera une nouvelle aggravation de l’inégalité dans ces pays, qui, à son tour, divisera davantage leurs sociétés, et la question ne concerne pas seulement le niveau de bien-être mais aussi les valeurs des différents groupes de cette société.

Oui, ces contradictions sont supprimées et balayées sous le tapis. Les procédures démocratiques, les élections en Europe, pour être honnête, parfois vous regardez ce qui s’y passe, quelles forces arrivent au pouvoir – tout cela ressemble à un écran, car des partis politiques qui ressemblent à des jumeaux se remplacent au pouvoir. Mais l’essence ne change pas. Les véritables intérêts des citoyens et des entreprises nationales sont repoussés de plus en plus loin à la périphérie.

Une telle rupture avec la réalité, avec les besoins de la société, conduira inévitablement à une poussée de populisme et à la croissance de courants extrêmes et radicaux, à de graves changements socio-économiques, à des dégradations et, dans un avenir proche, à un changement des élites. Les partis traditionnels, comme vous pouvez le constater, ne cessent de perdre. De nouveaux mouvements apparaissent, mais s’ils ne diffèrent pas beaucoup des mouvements traditionnels, ils n’ont pas non plus beaucoup de chance de survivre.

Toutes les tentatives pour jouer franc jeu, tous les discours sur les coûts prétendument acceptables au nom de la pseudo-unité ne peuvent dissimuler l’essentiel : l’UE a finalement perdu sa souveraineté politique, et ses élites bureaucratiques dansent au rythme imposé par d’autres, acceptant tout ce qu’on leur dit d’en haut, nuisant à leur propre population et à leur propre économie, à leurs propres entreprises.

Qu’y a-t-il d’autre de crucial ici ? La détérioration de la situation de l’économie mondiale n’est pas le fait de ces derniers mois – je vais maintenant me concentrer sur des choses qui me semblent extrêmement importantes – ce qui se passe n’est pas le résultat de ces derniers mois, bien sûr que non. Surtout pas le résultat de l’opération militaire spéciale que la Russie mène dans le Donbass. De telles affirmations constituent une déformation flagrante et délibérée des faits.

La forte hausse de l’inflation sur les matières premières et les marchés des produits de base était une réalité bien avant les événements de cette année. Le monde a été poussé dans cette situation par de nombreuses années de politiques macroéconomiques irresponsables de la part des pays dits du G7, notamment des émissions incontrôlées de monnaie et l’accumulation de dettes non garanties. Et ces processus n’ont fait que s’accélérer, s’intensifiant avec le déclenchement de la pandémie de coronavirus en 2020, alors que l’offre et la demande de biens et de services ont été considérablement réduites à l’échelle mondiale.

La question est la suivante : quel est le rapport avec notre opération militaire dans le Donbass ? Cela n’a rien à voir du tout.

Ne pouvant ou ne voulant pas utiliser une autre recette, les autorités des principales économies occidentales ont tout simplement lancé la presse à imprimer. De cette manière peu sophistiquée, ils ont commencé à couvrir des déficits budgétaires jusque-là invisibles.

J’ai déjà mentionné le chiffre : au cours des deux dernières années, la masse monétaire aux États-Unis a augmenté de plus de 38 %. Auparavant, il y avait eu une telle augmentation sur des décennies, mais là, 38 % en deux ans, c’est 5,9 billions de dollars. En comparaison, seuls quelques pays dans le monde ont un produit intérieur brut plus important.

La masse monétaire de l’Union européenne, pour sa part, a également fortement augmenté au cours de cette période. Son volume a augmenté d’environ 20 %, soit 2,5 billions d’euros.

Ces derniers temps, j’entends de plus en plus parler de la soi-disant – veuillez m’excuser, je n’aime pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais je ne peux m’empêcher de le dire – nous entendons tous parler de la soi-disant inflation poutinienne en Occident. Quand je vois ça, je me dis : à qui s’adressent ces bêtises, à ceux qui ne savent ni lire ni écrire, c’est tout. Les personnes qui savent au moins lire comprennent ce qui se passe réellement.

La Russie, et nos actions pour libérer le Donbass n’ont absolument rien à voir avec ça. La hausse actuelle des prix, l’inflation, les problèmes de nourriture et de carburant, d’essence et d’énergie en général sont le résultat d’erreurs systémiques dans les politiques économiques de l’administration américaine actuelle et de la bureaucratie européenne. C’est là que se trouvent les causes, et seulement là.

Je dirai également à propos de notre opération : oui, elle a fait une petite différence, mais la racine est précisément cela – leur politique économique erronée. Pour eux, le début de notre opération dans le Donbass est une bouée de sauvetage qui leur permet de rejeter leurs propres erreurs de calcul sur les autres, en l’occurrence la Russie. Mais toute personne ayant au moins une éducation scolaire de base comprend les véritables raisons de la situation actuelle.

D’énormes quantités d’argent ont été imprimées, mais ensuite quoi ? Où est passé tout cet argent ? Évidemment : pour l’achat de biens et de services en dehors des pays occidentaux – c’est là qu’il a circulé, cet argent imprimé. Ils ont littéralement commencé à “aspirer”, à s’emparer des marchés mondiaux. Naturellement, personne n’a pensé aux intérêts des autres nations, y compris les plus pauvres. Ils se sont retrouvés avec ce que l’on appelle les rebuts, à des prix astronomiques.

Ainsi, alors que fin 2019, les importations aux États-Unis avoisinaient les 250 milliards de dollars par mois, elles sont désormais passées à 350 milliards de dollars. Fait remarquable, l’augmentation a été de 40 % – proportionnellement au pompage non garanti de la masse monétaire en dollars de ces dernières années. Ils ont imprimé de l’argent, l’ont distribué et avec cet argent, ils ont pris tous les biens sur les marchés des pays tiers.

Je vais ajouter une autre chose : Les États-Unis sont depuis longtemps un important fournisseur de denrées alimentaires sur le marché mondial, et ils sont, à juste titre, fiers de leur agriculture, de leur tradition agricole, un exemple pour beaucoup, et pour nous aussi, d’ailleurs. Mais aujourd’hui, le rôle de l’Amérique a radicalement changé. Elle est passée du statut d’exportateur net de denrées alimentaires à celui d’importateur net. En gros, elle imprime de l’argent et attire les flux de matières premières, achetant de la nourriture dans le monde entier.

Un taux d’augmentation encore plus élevé des importations de marchandises peut être observé dans l’Union européenne. Il est compréhensible que cette poussée de la demande, qui ne correspond pas à l’offre de matières premières, ait déclenché une vague de déficits et d’inflation mondiale. C’est de là que vient cette inflation mondiale. Au cours des deux dernières années, le prix de presque tout ce qui existe dans le monde a augmenté : les matières premières, les biens de consommation et surtout les denrées alimentaires.

Oui, bien sûr, ces pays, y compris les États-Unis, continuent à exporter, mais la balance entre les exportations et les importations est déjà dans l’autre sens : il y a déjà, je pense, 17 milliards d’importations de plus que d’exportations. C’est de cela qu’il s’agit.

Selon l’ONU, en février de cette année, l’indice mondial de la valeur des aliments était de 50 % supérieur à celui de mai 2020, et l’indice composite des produits de base a doublé sur la même période.

Dans la tempête inflationniste, de nombreux pays en développement se posent une question raisonnable : pourquoi échanger des produits de base contre des dollars et des euros, qui perdent leur valeur sous leurs yeux ? La conclusion est qu’une économie constituée d’entités imaginaires est inévitablement remplacée par une économie de valeurs et d’actifs réels.

Selon le FMI, les réserves de change mondiales s’élèvent actuellement à 7 100 billions de dollars et 2 500 billions d’euros, et cet argent se déprécie à un rythme d’environ 8 % par an. Mais ils peuvent être confisqués et volés à tout moment, si les États-Unis n’apprécient pas la politique de l’un ou l’autre pays. C’est devenu très réaliste pour de nombreux pays qui conservent leurs réserves en devises dans ces monnaies.

Les experts estiment que dans les prochaines années, c’est une analyse objective, il y aura un processus de conversion des réserves mondiales – il n’y a tout simplement nulle part où les placer face à de telles pénuries – de monnaies qui perdent leur valeur en ressources réelles – d’autres pays le feront, bien sûr, comme la nourriture, l’énergie, d’autres matières premières. Il est évident que ce processus alimentera davantage l’inflation mondiale du dollar.

Quant à l’Europe, l’échec de la politique énergétique, la dépendance aveugle à l’égard des sources renouvelables et les approvisionnements ponctuels en gaz naturel ont apporté une contribution négative supplémentaire au dérapage des prix, qui a conduit à la forte hausse des coûts énergétiques que nous observons depuis le troisième trimestre de l’année dernière – là encore, bien avant le début de notre opération dans le Donbass. Nous n’avons absolument rien à voir avec cela. Ils ont tout gâché eux-mêmes, les prix ont grimpé en flèche, et ils cherchent à nouveau des coupables.

Les erreurs de calcul de l’Occident ont non seulement augmenté le coût de nombreux biens et services, mais ont également entraîné une baisse de la production d’engrais, en particulier des engrais azotés produits à partir de gaz naturel. Globalement, rien que du milieu de l’année dernière au mois de février de cette année, les prix mondiaux des engrais ont augmenté de plus de 70 %.

Malheureusement, il n’y a aucun signe d’inversion de ces tendances de prix pour le moment. Au contraire, dans ce contexte, le travail des entreprises et la logistique des fournitures d’engrais en provenance de Russie et de Biélorussie sont bloqués. La situation est donc encore plus critique.

Il n’est pas difficile de prévoir l’évolution de la situation. La pénurie d’engrais signifie des rendements plus faibles et donc le risque de pénurie de nourriture sur le marché mondial augmentera encore plus les prix, ce qui menace de famine les pays les plus pauvres en particulier, ce qui est entièrement sur la conscience de l’administration américaine et de la bureaucratie européenne.

Permettez-moi d’insister une fois de plus : ce problème n’est pas apparu aujourd’hui, ni au cours des trois ou quatre derniers mois, et ce n’est absolument pas la faute de la Russie, comme certains démagogues tentent aujourd’hui de rejeter sur notre pays la responsabilité de tout ce qui se passe dans l’économie mondiale.

Bien sûr, nous pourrions être heureux d’apprendre que nous sommes si puissants et tout-puissants : l’inflation est galopante en Occident, aux États-Unis, en Europe, et nous faisons encore autre chose qui rend tout le monde fébrile. Il serait peut-être agréable pour nous de nous sentir si puissants, mais cela ne correspond pas à la réalité. La situation couve depuis des années, alimentée par les actions à courte vue de ceux qui ont l’habitude de résoudre leurs problèmes aux dépens des autres, qui ont compté et comptent encore sur le mécanisme des émissions de capitaux pour acheter à outrance, tirer sur les flux commerciaux et ainsi exacerber les déficits et provoquer des catastrophes humanitaires dans certaines parties du monde. Je voudrais ajouter : il s’agit essentiellement de la même politique de brigandage-colonial, mais bien sûr sous une nouvelle forme, dans une nouvelle édition, beaucoup plus subtile et sophistiquée. Ce qui se passe n’est pas immédiatement évident.

Aujourd’hui, la tâche la plus importante pour l’ensemble de la communauté mondiale est d’accroître l’offre de denrées alimentaires sur le marché mondial, notamment en répondant aux besoins des pays qui souffrent particulièrement d’insécurité alimentaire.

La Russie, en assurant sa sécurité alimentaire intérieure, son marché intérieur, peut augmenter considérablement ses exportations de denrées alimentaires et d’engrais. Par exemple, le volume de nos approvisionnements en céréales la saison prochaine pourrait atteindre 50 millions de tonnes.

En priorité, nous dirigerons nos livraisons vers les pays où les besoins alimentaires sont les plus importants et où il existe un risque d’augmentation de la famine. Tout d’abord, nous parlons de pays africains et du Moyen-Orient.

Cependant, il y a des difficultés ici, qui ne sont pas non plus de notre fait. Oui, officiellement les céréales, les aliments et les engrais russes… D’ailleurs, les Américains ont imposé des sanctions sur nos engrais, suivis par les Européens. Puis les Américains les ont levées. Ils ont compris dans quoi ils s’étaient embarqués. Mais les Européens ne le font pas. Leur bureaucratie fonctionne comme les meules d’un moulin du XVIIIe siècle. C’est pourquoi tout le monde comprend qu’il a fait une bêtise, mais il est difficile de revenir en arrière en raison de considérations bureaucratiques.

Ainsi, je le répète, la Russie est prête à contribuer à l’équilibre des marchés agricoles mondiaux et nous nous félicitons certainement de l’ouverture au dialogue sur cette question de la part de nos collègues des Nations unies qui comprennent l’urgence du problème alimentaire mondial. Le sujet d’une telle conversation pourrait être la création de conditions normales – logistiques, financières, de transport – pour accroître les exportations russes de produits alimentaires et d’engrais.

En ce qui concerne – je ne peux m’empêcher de le mentionner aussi, il y a malheureusement beaucoup de spéculations à ce sujet – l’approvisionnement des marchés mondiaux en produits alimentaires ukrainiens : nous n’intervenons pas. Pour l’amour de Dieu. Ce n’est pas nous qui avons miné les ports de la mer Noire de l’Ukraine. Laissez-les les déminer et les enlever. Nous assurerons la sécurité du pilotage de ces navires civils. Il n’y a aucun doute.

Mais de quoi parle-t-on ? L’USDA estime à six millions de tonnes de blé ; nous estimons à environ cinq. Et sept autres millions de tonnes de maïs. C’est tout. Et si vous gardez à l’esprit que le monde produit 800 millions de tonnes de blé, alors cinq millions de tonnes pour le marché mondial, comme vous le comprenez, ne font aucune différence.

Néanmoins, il y a des possibilités d’exportation, et pas seulement via les ports de la mer Noire. S’il vous plaît, exportez via la Biélorussie – le moyen le moins cher, d’ailleurs. Par la Pologne, la Roumanie – autant que vous le souhaitez. Il existe cinq ou six options d’exportation.

Le problème ne vient pas de nous, mais de l’adéquation des personnes qui sont au pouvoir à Kiev. Laissez-les décider de ce qu’ils veulent faire, et dans ce cas au moins, ils ne sont pas guidés par leurs maîtres de l’étranger, de l’outre-mer, de l’autre côté de l’océan.

Mais il y a aussi le danger que ces céréales servent à payer les armes fournies. Ce serait bien malheureux alors.

Chers amis !

Comme je l’ai dit, le monde moderne traverse une période de changements spectaculaires. Les institutions internationales s’effondrent, elles sont défaillantes. Les garanties de sécurité sont dévaluées. L’Occident a fondamentalement refusé d’honorer ses engagements antérieurs. Il s’est avéré impossible de conclure de nouveaux accords avec l’Occident.

Dans cette situation, dans un contexte de risques et de menaces croissants pour nous, la décision de la Russie de mener une opération militaire spéciale a été forcée. Difficile, bien sûr, mais nécessaire et indispensable.

Il s’agit de la décision d’un pays souverain, qui a le droit inconditionnel, fondé d’ailleurs sur la Charte des Nations unies, de défendre sa sécurité. Une décision qui vise à protéger nos citoyens, les habitants des républiques populaires du Donbass, qui subissent depuis huit ans un génocide de la part du régime de Kiev et des néo-nazis, qui ont reçu le plein patronage de l’Occident.

L’Occident a non seulement cherché à mettre en œuvre le scénario “anti-Russie”, mais s’est également engagé activement dans le développement militaire du territoire ukrainien, inondant littéralement l’Ukraine d’armes et de conseillers militaires. Il continue à le faire même aujourd’hui. Pour être honnête, personne ne prête la moindre attention au développement de l’économie ou au bien-être des personnes qui y vivent ; ils s’en moquent éperdument, de quelque manière que ce soit, mais ils n’ont pas épargné et n’épargnent pas l’argent pour créer une tête de pont de l’OTAN à l’est dirigée contre la Russie, pour nourrir l’agression, la haine et la russophobie.

Aujourd’hui, nos soldats et nos officiers, et la milice du Donbass, se battent pour protéger leur peuple. Ils défendent le droit de la Russie à se développer librement et en toute sécurité en tant que grand pays multiethnique qui prend ses propres décisions, décide de son propre avenir, s’appuie sur sa propre histoire, sa culture et ses traditions et rejette toute tentative d’imposer de l’extérieur les pseudo-valeurs de la déshumanisation et de la dégradation morale.

Toutes les tâches de l’opération militaire spéciale seront incontestablement accomplies. La clé de cette réussite est le courage et l’héroïsme de nos soldats, la consolidation de la société russe, dont le soutien donne force et confiance à l’armée et à la marine de Russie, et la compréhension profonde de la justesse et de la justice historique de notre cause – construire et renforcer un État souverain fort, la Russie.

Qu’est-ce que je veux souligner ? La souveraineté au XXIe siècle ne peut être partielle, fragmentaire. Tous ses éléments sont d’égale importance, ils se renforcent et se complètent mutuellement.

C’est pourquoi il est important pour nous non seulement de défendre notre souveraineté politique, notre identité nationale, mais aussi de renforcer tout ce qui détermine l’indépendance économique du pays, son autosuffisance et son indépendance financière, personnelle et technologique.

La conception même des sanctions occidentales repose sur la thèse erronée selon laquelle la Russie n’est pas économiquement souveraine, qu’elle est extrêmement vulnérable. Ils étaient tellement occupés à propager des mythes sur l’arriération de la Russie, sa faible position dans l’économie et le commerce mondiaux, qu’ils semblaient y croire eux-mêmes.

En planifiant leur blitzkrieg économique, ils n’ont pas remarqué, ils ont simplement ignoré les faits réels, la façon dont notre pays a changé ces dernières années.

Et ces changements sont le résultat de notre travail planifié pour créer une structure macroéconomique durable, pour assurer la sécurité alimentaire, pour mettre en œuvre des programmes de substitution des importations, pour construire notre propre système de paiement, etc.

Bien sûr, les sanctions ont placé le pays face à de nombreux défis de taille. Certaines entreprises rencontrent encore des problèmes avec les composants. Toute une série de solutions technologiques sont devenues inaccessibles à nos entreprises. La logistique a été perturbée.

Mais, d’un autre côté, tout cela nous ouvre de nouvelles possibilités – nous en parlons souvent, mais c’est vraiment vrai. Tout cela incite à construire une économie dotée d’un potentiel et d’une souveraineté technologiques, manufacturiers, humains et scientifiques complets, plutôt que partiels.

Bien entendu, une tâche aussi complexe ne peut être résolue en une seule fois. Il est nécessaire de poursuivre un travail systématique, dans une perspective d’avenir. C’est exactement comme cela que fonctionne la Russie, qui met en œuvre des plans à long terme pour le développement des secteurs économiques et le renforcement de la sphère sociale. Et les défis actuels ne font qu’apporter des ajustements et des retouches à ces plans, mais ne modifient pas leur orientation stratégique.

Aujourd’hui, je voudrais me concentrer sur les principes clés qui guideront le développement de notre pays et de notre économie.

La première est l’ouverture. Les nations véritablement souveraines sont toujours prêtes à travailler en partenariat sur un pied d’égalité, afin d’apporter leur propre contribution au développement mondial. Au contraire, ceux qui sont faibles et dépendants ont tendance à se chercher des ennemis, à répandre la xénophobie ou à perdre complètement leur identité et leur indépendance, en suivant aveuglément leur suzerain.

La Russie – bien que nos amis occidentaux, pour ainsi dire, en rêvent littéralement – ne prendra jamais la voie de l’auto-isolement et de l’autarcie. En outre, nous étendons et continuerons d’étendre la coopération avec tous ceux qui sont intéressés par cela, qui veulent travailler avec nous. Ces personnes sont nombreuses, je ne les citerai pas toutes. Ils constituent la grande majorité des habitants de la Terre. Je ne vais pas énumérer tous ces pays maintenant, tout le monde le sait.

Je ne dirai rien de nouveau si je rappelle que tous ceux qui veulent continuer à travailler et à collaborer avec la Russie sont soumis à des pressions non dissimulées de la part des États-Unis et de l’Europe, parfois même à des menaces directes. Toutefois, un tel chantage ne signifie pas grand-chose lorsque nous parlons de pays dirigés par de vrais leaders qui comprennent clairement où se trouvent les intérêts des autres et où se trouvent les intérêts nationaux, leurs propres intérêts et ceux de leur peuple.

La Russie renforcera la coopération économique avec ces États et promouvra des projets communs. En même temps, bien sûr, nous coopérerons avec les entreprises occidentales qui, malgré un “bras de fer” sans précédent, continuent à travailler avec succès sur le marché russe.

Nous considérons le développement d’une infrastructure de paiement pratique et indépendante dans les monnaies nationales comme une base solide et prévisible pour approfondir la coopération internationale. Et pour aider les entreprises de nos pays à établir des liens logistiques et de coopération, nous développons des corridors de transport, augmentons la capacité des chemins de fer et la capacité de transbordement des ports dans l’Arctique, l’Est, le Sud et d’autres directions. En particulier, dans les bassins de la mer d’Azov et de la mer Noire et de la mer Caspienne, ils deviendront la partie la plus importante du corridor Nord-Sud, qui fournira des voies de communication durables avec le Moyen-Orient et l’Asie du Sud. Nous pensons que le trafic de marchandises le long de cette route commencera à croître régulièrement dans un avenir proche.

Mais il n’y a pas que le commerce international qui est important. La Russie entend accroître la coopération scientifique, technologique, culturelle, humanitaire et sportive sur la base des principes d’égalité et de respect des partenaires. Dans le même temps, notre pays s’efforcera d’être un leader responsable dans tous ces domaines.

Le deuxième principe de notre développement à long terme est le soutien des libertés entrepreneuriales. Toute initiative privée visant à profiter à la Russie doit bénéficier d’un soutien maximal et d’un espace pour sa mise en œuvre.

La pandémie et les événements actuels ont confirmé l’importance de la flexibilité et de la liberté dans l’économie. C’est l’entreprise privée – dans un environnement difficile, face à des tentatives d’étouffer notre développement par tous les moyens – qui a prouvé qu’elle était capable de rivaliser sur les marchés mondiaux. L’adaptation à l’évolution rapide de l’environnement extérieur se fait également au détriment des entreprises privées. Il est nécessaire d’assurer le développement dynamique de l’économie, bien sûr, avec le soutien des entreprises privées.

Nous continuerons à réduire la charge administrative. Par exemple, de 2016 à 2018, nous avons eu un moratoire sur les inspections planifiées des petites entreprises. Par la suite, il a été prolongé, jusqu’à la fin de 2022 au total. En 2020, ce moratoire concernera également les entreprises de taille moyenne. En outre, le nombre d’inspections non programmées a presque quadruplé.

Mais nous sommes allés encore plus loin et, en mars de cette année, nous avons renoncé aux inspections prévues pour tous les entrepreneurs, quelle que soit la taille de leur entreprise, à une seule condition : si leurs activités ne sont pas associées à un risque élevé de préjudice pour les citoyens et l’environnement. En conséquence, le nombre d’inspections prévues a été divisé par six par rapport à l’année dernière.

Pourquoi est-ce que j’en parle maintenant de manière aussi détaillée ? Le fait est qu’après l’introduction du moratoire sur les inspections, le nombre d’infractions commises par les entrepreneurs – c’est le résultat – n’a pas augmenté, mais a diminué, le nombre d’infractions a baissé. Cela montre la maturité et la responsabilité des entreprises russes. Elles doivent doit être motivées, et non, bien sûr, contraintes de se conformer aux normes et aux exigences.

Cela signifie qu’il y a toutes les raisons de faire un autre pas en avant, radical : abandonner définitivement la plupart des inspections de toutes les entreprises russes dont les activités ne sont pas associées à des risques élevés de préjudice. Tout le monde l’a compris depuis longtemps : il n’est pas nécessaire d’inspecter tout le monde. Une approche axée sur le risque devrait fonctionner. Je demande au gouvernement de définir les paramètres spécifiques de cette réforme dans les mois à venir.

Voici une autre question très sensible pour les entreprises, et aujourd’hui, c’est aussi une question de sécurité nationale et de durabilité économique. Afin de réduire et de minimiser toutes sortes d’abus et d’échappatoires permettant de faire pression sur les entrepreneurs, nous supprimons systématiquement les dispositions pénales vagues en matière de délits dits économiques.

En mars, une loi a été promulguée selon laquelle des poursuites pénales contre des hommes d’affaires pour des infractions fiscales ne peuvent être engagées que sur présentation des autorités fiscales – et d’aucune autre manière. Un projet de loi visant à raccourcir le délai de prescription des infractions fiscales et à refuser d’engager des poursuites pénales après le paiement intégral des arriérés d’impôts devrait être adopté prochainement.

Dans l’ensemble, une approche prudente mais approfondie est nécessaire pour décriminaliser un certain nombre d’infractions dites économiques. Par exemple, celles liées au fait de travailler sans licence ou accréditation. Cette question est aujourd’hui très délicate en raison du comportement illégitime de nos partenaires occidentaux, par exemple, qui refusent d’accorder de telles licences.

Dans des cas comme celui-ci, nos organes d’État ne devraient pas, comme on dit, accuser le business russe de leurs propres mains, alors que nos entrepreneurs ne sont pas vraiment à blâmer ici. Vous savez ce que je veux dire. Ceux qui travaillent dans une petite entreprise le comprennent très bien. La licence a expiré, nos partenaires occidentaux ne la prolongent pas, que peuvent-ils faire ? Devraient-ils faire faillite ? Les choses ne devraient pas fonctionner ainsi. Il est nécessaire, bien sûr, de tout garder sous le contrôle de l’État, mais pas de les empêcher de travailler.

Nous devrions également penser à relever le seuil de responsabilité pour le non-paiement des droits de douane et autres paiements obligatoires. De plus, nous n’avons pas modifié les paramètres de la définition des dommages majeurs et surtout importants depuis longtemps, malgré l’inflation accumulée. Cette incohérence de la loi avec les réalités de la vie doit certainement être corrigée. De 2016 à aujourd’hui, l’inflation s’est accumulée autour de 50 % et ces paramètres n’ont pas été modifiés – il est nécessaire de les modifier, bien sûr.

Enfin, les motifs de mise en détention provisoire des hommes d’affaires et de prolongation des enquêtes préalables au procès doivent être revus. Ce n’est un secret pour personne que ces règles sont très souvent appliquées alors qu’il n’y a aucune nécessité objective.

En conséquence, des entreprises sont contraintes de suspendre leurs activités ou de fermer purement et simplement leurs portes alors qu’elles font encore l’objet d’une enquête. Dans ce cas, outre les pertes directes et la perte de positions sur le marché et d’emplois, la réputation des entreprises et de leurs dirigeants est affectée.

Je voudrais attirer l’attention des forces de l’ordre sur la nécessité de mettre un terme à cette pratique. Je demande au gouvernement, en collaboration avec la Cour suprême, de préparer les amendements appropriés à la loi. Je demande que ces travaux soient réalisés avant le 1er octobre de cette année.

En outre, le Conseil de sécurité a chargé une mission spéciale d’analyser les situations dans lesquelles des affaires pénales sont engagées mais ne sont pas portées devant les tribunaux. Le nombre de ces cas a considérablement augmenté ces dernières années. Il est clair pour tout le monde ce qui se cache derrière. Souvent, les procédures sont engagées sans motifs suffisants ou sont utilisées pour faire pression sur des entreprises ou des particuliers. Nous discuterons de ce sujet séparément à l’automne et prendrons des décisions supplémentaires en termes de législation et d’organisation du travail des services répressifs.

Bien entendu, les équipes de gestion régionales jouent un rôle majeur dans la création d’un environnement commercial moderne. Traditionnellement, lors du Forum de Saint-Pétersbourg, je signale les régions qui ont fait des progrès significatifs dans le cadre du classement national du climat d’investissement géré par l’Agence des initiatives stratégiques.

Ici, nous avons des changements dans le trio de tête. Moscou et le Tatarstan, qui restent en tête, ont été rejoints cette année par la région de Moscou. Au cours de l’année, elle est passée de la huitième à la troisième place. Les régions de Toula, de Nijni Novgorod, de Tioumen, de Novgorod, de Sakhaline, de Saint-Pétersbourg et du Bachkortostan figurent également en tête du classement.

Je voudrais distinguer les régions qui ont le plus progressé : la région de Kourgan, avec une augmentation de 36 places, les territoires de Perm et d’Altaï, avec une augmentation de 26 places, l’Ingouchie, avec 24 places, et la région d’Ivanovo, qui a gagné 17 places. Je tiens à remercier et à féliciter nos collègues des régions pour ce travail.

Et bien sûr, le gouvernement fédéral et les équipes régionales et municipales doivent accorder une attention particulière au soutien des initiatives commerciales des citoyens des petites villes et des communautés éloignées. Nous avons également des exemples de réussite. Il s’agit, entre autres, de créer des logiciels demandés, de vendre des produits respectueux de l’environnement et des biens de notre propre production dans tout le pays via des plateformes internet nationales.

Il est important de créer de nouvelles opportunités ici, d’introduire des formats commerciaux modernes, notamment des plates-formes électroniques, comme je l’ai dit, de réduire la logistique, le transport et les autres coûts, notamment en utilisant des bureaux de poste russes modernisés.

Nous devons également aider les employés des petites entreprises, les auto-entrepreneurs et les jeunes entrepreneurs à acquérir des qualifications et des compétences supplémentaires. Je demande que ces mesures, qui visent spécifiquement les petites villes, les zones rurales et les régions éloignées, fassent l’objet d’un point particulier dans le projet national de développement des petites et moyennes entreprises.

Je voudrais également m’adresser à nos dirigeants et propriétaires de grandes entreprises, à nos grands entrepreneurs et gestionnaires.

Chers collègues, chers amis !

Un succès réel et durable, un sentiment de dignité et de respect de soi ne sont possibles que lorsque vous associez votre avenir, l’avenir de vos enfants à votre patrie. Nous sommes en contact avec de nombreuses personnes depuis longtemps, et je connais les sentiments de beaucoup de nos chefs d’entreprise et propriétaires. Vous m’avez dit à plusieurs reprises que les affaires ne se résument pas à la réalisation de bénéfices, et c’est vrai, mais changer la vie autour de soi, contribuer au développement de sa ville, de sa région et de son pays dans son ensemble est une chose extrêmement importante pour la réalisation de soi, servir les gens et la société ne peut être remplacé par rien. C’est le but de la vie, le but du travail.

Les événements récents n’ont fait que confirmer ce que je disais depuis le début : il est plus fiable d’être à la maison. Ceux qui n’ont pas voulu entendre ce message évident ont perdu des centaines de millions, voire des milliards de dollars en Occident – c’est ainsi que s’est révélé le refuge supposé des capitaux.

Une fois de plus, je voudrais dire à mes collègues, y compris à ceux qui sont dans le public et à ceux qui ne sont pas ici aujourd’hui : s’il vous plaît, ne marchez pas sur les vieux râteaux. Notre pays a un potentiel énorme, et les tâches à accomplir ne manquent pas. Investissez ici, investissez dans la création de nouvelles entreprises et d’emplois, développez les infrastructures touristiques, soutenez les écoles, les universités, les soins de santé et la sphère sociale, la culture et les sports. Je sais que beaucoup le font, je sais – je veux juste insister sur ce point une fois de plus.

C’est exactement ainsi que les Bakhruchine et Morozov, les Chtchoukine et Riabouchinski, les Aktchourine et Galeyev, les Apanayev et Matsiev, Mamontov, Tretiakov, Arsanov, Dadachev et Hajiyev ont compris leur mission. De nombreuses familles de commerçants et d’entrepreneurs russes, tatars, bouriates, tchétchènes, daguestanaises, yakoutes, ossètes, juives, arméniennes et autres n’ont pas laissé d’héritiers et ont inscrit leur nom à jamais dans l’histoire de notre pays.

Par ailleurs, je voudrais souligner une autre chose. Pour les héritiers, les possibles héritiers du capital, personne ne sait ce qui est le plus important : l’argent et les biens dont ils ont hérité, ou la bonne réputation de leurs ancêtres et les services rendus à leur pays. Personne ne va le gaspiller, excusez mon ironie, personne ne va le boire.

Et ce qui restera aux futures générations d’héritiers, c’est leur bonne réputation qui restera avec eux pour toujours. Et elle les accompagnera sûrement tout au long de leur vie, de génération en génération, les aidera, les soutiendra dans la vie, les rendra plus forts que tout l’argent ou les biens dont ils pourront hériter.

Chers collègues !

Le troisième principe de notre développement à long terme est une politique macroéconomique responsable et équilibrée. À bien des égards, c’est précisément cette politique qui nous a permis de résister à la pression sans précédent des sanctions. Mais je le répète, pour nous, cette politique est importante non seulement pour répondre aux défis actuels, mais aussi à long terme. Nous ne répéterons pas l’expérience malheureuse de nos collègues occidentaux, qui ont déclenché une spirale inflationniste et déséquilibré leurs finances.

Notre objectif est de développer l’économie de manière régulière pour les années à venir, de réduire la charge inflationniste pesant sur les citoyens et les entreprises, et d’atteindre notre objectif d’inflation de quatre pour cent à moyen et long terme. J’ai failli commencer par l’inflation et je voulais maintenant dire ceci : quatre pour cent – nous avons toujours cet objectif.

J’ai déjà chargé le gouvernement de préparer des propositions de nouvelles règles budgétaires. Ils doivent assurer la prévisibilité de la politique budgétaire et créer les conditions permettant de tirer le meilleur parti de la situation économique extérieure. Tout cela est nécessaire pour renforcer les bases de la croissance économique, résoudre les problèmes d’infrastructure et de technologie, ce qui est la base de l’amélioration du bien-être des citoyens.

Oui, certaines des monnaies de réserve du monde sont suicidaires aujourd’hui, c’est clair, en tout cas leurs tendances suicidaires sont évidentes. Bien sûr, cela n’a aucun sens de “stériliser” notre masse monétaire avec elles aujourd’hui. Mais le principe fondamental – dépenser en fonction de ce que l’on a gagné – demeure, et personne ne l’a aboli. Nous le comprenons.

Le quatrième principe de notre développement est la justice sociale. La croissance de l’économie et de l’initiative des entreprises, des capacités industrielles et du potentiel scientifique et technologique du pays doit avoir une forte dimension sociale. Ce développement devrait conduire à une réduction des inégalités, et non à leur exacerbation, comme c’est le cas dans certains autres pays. Et franchement, nous ne sommes pas non plus les champions en la matière, nous avons encore beaucoup de questions et de problèmes ici.

La réduction de la pauvreté et des inégalités se traduit par une demande de produits nationaux, et ce dans tout le pays, ce qui signifie qu’il faut réduire l’écart entre les potentiels des régions, créer de nouveaux emplois exactement là où ils sont le plus nécessaires, et déterminer de manière générale les conditions de la poursuite du développement économique.

Je tiens à souligner que la dynamique positive des revenus réels des citoyens et la réduction de la pauvreté sont les principaux indicateurs de l’efficacité des autorités et du gouvernement dans son ensemble. Malgré toutes les difficultés objectives, il est nécessaire d’obtenir des résultats tangibles cette année, et le gouvernement s’est fixé cet objectif.

Je le répète, nous soutenons spécifiquement les groupes de citoyens les plus vulnérables : les retraités, les familles avec enfants, ainsi que ceux qui se trouvent dans des situations difficiles.

Chaque année, les retraites sont augmentées à un taux supérieur à l’inflation. Cette année, ils ont été augmentés deux fois, y compris de dix pour cent supplémentaires à partir du 1er juin.

Outre les retraites, le salaire minimum a également été augmenté de dix pour cent, de même que le niveau de subsistance, sur lequel reposent de nombreuses autres prestations et allocations sociales, qui doivent donc également être augmentées, ce qui affecte directement le revenu d’environ 15 millions de personnes.

Ces dernières années, nous avons développé un système de soutien complet pour les familles avec des enfants dans le besoin. Une femme peut recevoir une aide de l’État dès les premiers stades de la grossesse jusqu’à ce que son enfant atteigne l’âge de 17 ans.

Le bien-être et la prospérité des personnes sont les facteurs les plus importants du développement démographique, et la situation est ici extrêmement difficile, compte tenu des vagues démographiques négatives. En avril, moins de cent mille enfants sont nés en Russie, soit près de 13% de moins qu’en avril 2020.

Je demande au gouvernement de suivre en permanence le développement de mesures de soutien supplémentaires pour les familles avec enfants. Elles doivent être de nature cardinale, à la mesure de l’ampleur du défi démographique extrême auquel nous sommes confrontés.

L’avenir de la Russie est une famille avec deux, trois enfants ou plus. Par conséquent, nous ne devons pas seulement parler de soutien financier direct – nous devons cibler, adapter aux besoins des familles avec enfants le système de santé, l’éducation, toutes les sphères qui déterminent la qualité de vie des gens.

L’initiative sociale nationale, que les équipes régionales et l’ASI mettent en œuvre ensemble, vise à résoudre ce problème. À l’automne, nous évaluerons les résultats de ce travail et résumerons le classement de la qualité de vie dans les régions, afin que les meilleures pratiques et expériences puissent être utilisées aussi largement que possible dans tout le pays.

Un autre cinquième principe sur lequel la Russie fonde sa politique économique est le développement rapide des infrastructures.

Nous avons déjà augmenté les dépenses budgétaires directes pour renforcer les artères de transport. L’année prochaine, un plan à grande échelle sera lancé pour construire et réparer le réseau routier fédéral et régional. En cinq ans, au moins 85 % de sa longueur doit être mise aux normes.

Nous utilisons activement un nouvel outil tel que les prêts budgétaires pour les infrastructures. Ces prêts sont disponibles pour 15 ans à un taux d’intérêt de trois pour cent. J’ai déjà dit que la demande pour ces produits s’est avérée beaucoup plus importante que ce que nous avions prévu à l’origine. Les régions ont beaucoup de projets bien établis et prometteurs – nous ne pouvons pas retarder leur lancement. Nous allons encore réfléchir à ce que nous allons faire de cette mesure de soutien. On en discutait encore hier soir. En tout cas, tout ce que je peux dire maintenant, c’est que cet outil fonctionne de manière fiable.

La modernisation du secteur du logement et des services publics est une question distincte. De nombreux problèmes se sont accumulés ici. Le secteur souffre d’un sous-investissement chronique, estimé à 4,5 billions de roubles. Plus de 40 % des réseaux doivent être remplacés. Il en résulte une faible efficacité et des pertes élevées. Dans le même temps, chaque année, environ 3 % des réseaux se détériorent et tombent en ruine, tandis que 2 % au maximum sont remplacés par de nouveaux réseaux, ce qui signifie que le problème s’aggrave d’année en année.

Je propose de consolider les ressources et de lancer un programme complet de modernisation du secteur du logement et des services publics et de le synchroniser avec d’autres plans de développement des infrastructures et de réparation du parc immobilier. L’objectif est de changer fondamentalement la situation et de réduire systématiquement la part des réseaux obsolètes, tout comme nous le faisons en réhabilitant les logements délabrés et en réparant les routes. Nous discuterons en détail des questions relatives au secteur du logement et de la construction avec les gouverneurs lors de la réunion du présidium du Conseil d’État la semaine prochaine.

En outre, je propose spécifiquement d’augmenter les ressources pour les projets visant à créer un environnement urbain confortable dans les petites villes et les établissements historiques. Ce programme fonctionne bien pour nous. Je propose d’allouer dix milliards de roubles supplémentaires par an à ces fins en 2023-2024.

Nous allouerons des fonds supplémentaires pour la rénovation urbaine en Extrême-Orient. Je demande au gouvernement de réserver des enveloppes spéciales à ces fins dans le cadre des prêts budgétaires pour les infrastructures et la modernisation du secteur du logement et des services publics, ainsi que d’autres programmes de développement.

Une priorité inconditionnelle pour nous est le développement global des zones rurales. Les personnes qui travaillent dans les campagnes, qui nourrissent le pays et, comme nous le voyons maintenant, une partie considérable du monde, doivent vivre dans des conditions confortables et décentes. À cet égard, je demande au gouvernement d’allouer des fonds supplémentaires au programme de base. Les droits d’exportation provenant de la vente de produits agricoles peuvent devenir une source de financement ici. Il s’agit d’une source permanente. Bien sûr, elle peut fluctuer, mais elle sera permanente.

En même temps, je propose spécifiquement d’étendre les programmes de rénovation et de modernisation des maisons de la culture rurales, ainsi que des théâtres et des musées régionaux et municipaux, en allouant six milliards de roubles chacun à ces fins en 2023 et 2024.

Ce que je viens de dire dans le domaine de la culture est une tâche extrêmement exigeante et importante pour les gens. Permettez-moi de donner un exemple très récent : lors de la remise des médailles de héros du travail, l’un des lauréats de Yakoutie, Vladimir Afrikanovich Mikhaïlov, a demandé directement, dans une partie privée, de l’aide pour la construction d’un centre culturel dans son village natal. Bien sûr, nous le ferons. Mais le fait que les gens en parlent à tous les niveaux montre qu’il y a une forte demande.

Je ferai également une petite digression, qui est appropriée maintenant, avec le début de l’été – la saison traditionnelle des vacances en Russie.

Chaque année, de plus en plus de touristes cherchent à visiter les plus beaux sites naturels de notre pays : parcs nationaux, réserves naturelles et réserves de faune. On estime que cette année, le flux de touristes dépassera les 12 millions de personnes. Il est important que les agences gouvernementales, les entreprises et les touristes sachent ce qui est autorisé et ce qui ne doit pas être fait dans ces zones, où les installations touristiques peuvent être construites et où cela est strictement interdit, où cela crée des risques pour les écosystèmes uniques et vulnérables.

La Douma d’État examine déjà un projet de loi visant à réglementer l’organisation du tourisme dans les zones spécialement protégées et à créer une base civilisée pour ces activités.

À cet égard, je voudrais attirer l’attention sur ce qui suit : toutes les décisions prises ici doivent être réfléchies et soupesées, il est nécessaire de les prendre au sérieux.

Je voudrais mentionner en particulier la tâche de sauver et de préserver le lac Baïkal. Il s’agit notamment d’un projet unique de développement du complexe urbain de Baikalsk, qui doit devenir un modèle de gestion réfléchie et écologique.

L’objectif n’est pas seulement d’éliminer les dommages accumulés sur la nature par les activités de l’usine de pâte à papier de Baïkal, mais aussi d’amener la ville à un niveau de vie fondamentalement différent, pour en faire un symbole de l’écotourisme russe. Le projet doit être mis en œuvre en utilisant les technologies les plus avancées, des sources d’énergie respectueuses de l’environnement.

De manière générale, nous développerons des technologies propres pour atteindre nos objectifs de modernisation écologique de nos entreprises et réduire les émissions nocives dans l’atmosphère, notamment dans les grands centres industriels. Nous continuerons également à travailler sur des projets d’économie en circuit fermé, des projets verts et la préservation du climat, comme je l’ai détaillé ici au forum de l’année dernière.

À cet égard, le sixième principe de développement transversal, à mon avis, qui unit nos travaux, est de parvenir à une véritable souveraineté technologique, en créant un système holistique de développement économique indépendant des institutions étrangères en termes de composants critiques. Nous devons développer tous les domaines de la vie à un niveau technologique qualitativement nouveau et, en même temps, ne pas nous contenter d’être les utilisateurs des solutions de quelqu’un d’autre, mais disposer des clés technologiques pour créer des biens et des services pour les générations suivantes.

Ces dernières années, nous avons accordé beaucoup d’attention à la substitution des importations, nous avons fait des progrès dans un certain nombre de domaines : dans le secteur agricole, dans la production de médicaments, d’équipements médicaux, dans l’industrie de la défense et dans un certain nombre d’autres domaines.

Mais, et je tiens à le souligner, nous avons beaucoup de discussions dans la société à ce sujet : la substitution des importations n’est pas une panacée, ce n’est pas une solution définitive. Si nous ne faisons que répéter les autres, si nous essayons de remplacer les produits des autres, même s’il s’agit de copies de la plus haute qualité, nous risquons d’être rattrapés, alors que nous devons avoir une longueur d’avance, pour créer nos propres technologies, produits et services compétitifs qui peuvent devenir de nouvelles normes mondiales.

Permettez-moi de vous rappeler que Sergueï Pavlovitch Korolev n’a pas suivi la voie de la copie et de l’amélioration partielle du matériel de fusée, mais qu’il a regardé vers l’avenir et a proposé un schéma unique pour créer la fusée R-7, ouvrant à l’humanité la voie vers l’espace, en fait il a établi une norme pour le monde entier, et pour les décennies à venir.

C’est exactement comme cela que les fondateurs de nombreux programmes scientifiques soviétiques ont travaillé en leur temps, et aujourd’hui, en s’appuyant sur un tel travail de base, nos concepteurs avancent dignement. Grâce à eux, la Russie dispose d’armes hypersoniques qui n’ont pas d’analogues dans le monde. Rosatom occupe une position de premier plan dans la technologie nucléaire et développe une flotte de brise-glace nucléaires. De nombreuses solutions russes en matière d’intelligence artificielle et de traitement des big data sont les meilleures au monde.

Une fois encore, le développement technologique est une tendance transversale qui définira non seulement la décennie actuelle, mais aussi l’ensemble du 21e siècle. Nous discuterons en détail du thème de la construction d’une nouvelle économie technologique – la techno-économie – lors du prochain Conseil de développement stratégique. Il y a beaucoup de sujets de discussion et, surtout, de décisions de gestion. Je pense au développement de la formation d’ingénieur et au transfert des développements scientifiques vers l’économie réelle, en fournissant des ressources financières aux entreprises de haute technologie à croissance rapide. Nous aborderons également le développement des technologies de bout en bout et l’avancement des projets de transformation numérique dans certaines industries.

Permettez-moi d’insister sur le fait qu’il est bien sûr impossible de produire tout et n’importe quoi, et que ce n’est pas nécessaire. Cependant, nous devons disposer de toutes les technologies essentielles afin de mettre en place notre propre production de n’importe quel produit, si nécessaire, dans un court laps de temps. C’est ce que nous avons fait lorsque nous avons rapidement produit des vaccins contre le coronavirus et nous avons maintenant de nombreux autres produits et services.

Par exemple, après le départ des partenaires peu scrupuleux de KAMAZ du marché russe, leur niche est désormais occupée par des entreprises nationales. Et nous parlons de fournir des composants non seulement pour les modèles traditionnels de l’usine, mais aussi pour la série prometteuse de véhicules long-courriers, de transport et lourds.

Je voudrais également mentionner le système de paiement par carte Mir, qui a remplacé avec succès Visa et MasterCard sur le marché national et qui est en train d’étendre sa portée géographique, gagnant peu à peu une reconnaissance internationale.

Un autre exemple est celui de l’usine de tracteurs de Saint-Pétersbourg. Son ancien partenaire étranger a refusé de vendre des moteurs et de fournir un service de garantie. Qui a aidé ? Les constructeurs de moteurs de Iaroslavl et Toutayev : ils ont commencé à fournir leurs propres moteurs. En conséquence, la production de machines agricoles à l’usine de tracteurs de Saint-Pétersbourg en mars-avril de cette année a été un record pour l’entreprise – pas une baisse, mais une augmentation record.

Je suis sûr que ces pratiques positives et ces exemples de réussite seront de plus en plus nombreux.

Je le répète, la Russie a les capacités humaines, scientifiques et technologiques pour maîtriser les produits qui sont particulièrement demandés aujourd’hui, notamment les équipements ménagers et de construction, les équipements industriels et de service.

Le défi aujourd’hui est d’augmenter la capacité et de mettre en place les lignes de production nécessaires en peu de temps. Et l’une des questions clés est un environnement confortable pour les entreprises, ainsi que la disponibilité de sites de production préparés.

Je demande au gouvernement de présenter les paramètres clés du nouveau mode de fonctionnement des pôles industriels d’ici l’automne. Qu’est-ce qui est important ici ?

Le premier est le financement. Les projets lancés dans ces pôles doivent bénéficier de crédits à long terme, abordables, d’une durée maximale de dix ans et à un taux d’intérêt annuel ne dépassant pas sept pour cent en roubles. Nous avons discuté de toutes ces questions, y compris avec notre bloc économique. Tout le monde est d’accord, nous allons le faire.

Le second est la fiscalité. Dans les pôles, il est nécessaire de garantir un faible niveau de taxes forfaitaires, y compris les primes d’assurance.

Le troisième point consiste à soutenir la production au stade initial et précoce, en formant un ensemble de commandes, y compris l’octroi de subventions pour l’achat de produits finis de ces entreprises. La question n’est pas simple, mais je pense que des subventions seront nécessaires. Ils sont nécessaires pour assurer le marché. Nous devrions juste y travailler calmement.

Quatrièmement, nous avons besoin d’une administration simplifiée, comprenant des inspections minimales ou inexistantes, et d’un suivi fiscal et douanier confortable pour les entreprises.

Cinquièmement, et c’est peut-être le plus important, nous devons créer des mécanismes pour garantir une demande à long terme pour les nouveaux produits innovants qui viennent d’arriver sur le marché. J’aimerais attirer l’attention du gouvernement sur le fait que ce traitement préférentiel et les pôles industriels correspondants devraient être mis en place dès le 1er janvier 2023.

Ce que je veux dire à cet égard. Les pôles de croissance industrielle, qu’ils soient nouveaux ou existants, doivent attirer les petites entreprises et les mettre dans leur orbite. En même temps, il est important pour l’entrepreneur, pour les petites organisations de voir l’horizon, de comprendre les perspectives.

À cet égard, je demande bien sûr au gouvernement, en collaboration avec la SME [Société fédérale pour le développement des petites et moyennes entreprises] et nos grandes entreprises, de lancer un outil pour les accords à long terme entre les entreprises à participation publique et les petites et moyennes entreprises. De cette façon, la demande pour les produits de ces entreprises sera garantie pour les années à venir, et les fournisseurs pourront s’engager en toute confiance à créer une nouvelle production ou à étendre la production existante pour répondre à cette commande.

Je voudrais ajouter que nous avons déjà sérieusement réduit le temps nécessaire à la construction d’installations industrielles et supprimé les procédures lourdes et inutiles, mais il y a encore beaucoup de lacunes, il y a des choses à travailler et il est possible d’aller de l’avant. Par exemple, il faut encore un an et demi à trois ans pour construire des installations de production à partir de rien, et les taux d’emprunt élevés freinent encore l’achat d’espaces prêts à l’emploi.

À cet égard, je suggère de lancer un outil fondamentalement nouveau – les prêts hypothécaires industriels – pour permettre aux entreprises nationales de déployer rapidement les produits nécessaires. Je parle de prêts préférentiels à long terme avec un taux d’intérêt annuel de cinq pour cent. Les entreprises qui prévoient d’acheter des surfaces prêtes à l’emploi pour la production pourront bénéficier de ces prêts. Je demande au gouvernement de régler sans tarder tous les détails avec le secteur bancaire en Russie, afin que, dans un avenir proche, les prêts hypothécaires industriels soient pleinement opérationnels.

Chers amis !

La vitesse et l’ampleur des changements dans l’économie, la finance et les relations internationales mondiales augmentent. Le rejet de la mondialisation au profit d’un modèle de croissance multipolaire est de plus en plus clair. Bien sûr, la formation, la naissance d’un nouvel ordre mondial est un processus difficile. Nous serons encore confrontés à de nombreux défis, risques et facteurs qu’il est aujourd’hui difficile de prévoir et d’anticiper.

Mais il est évident que les règles de fond du nouvel ordre mondial seront fixées par des États forts et souverains – ceux qui ne suivent pas la trajectoire déjà fixée par quelqu’un d’autre. Seuls les États forts et souverains ont leur mot à dire dans cet ordre mondial qui émerge à nouveau, ou sont condamnés à devenir ou à rester une colonie impuissante.

Il est nécessaire de s’efforcer d’aller de l’avant, de changer, de sentir le souffle de l’époque, et de faire preuve de volonté et de détermination nationales pour y parvenir. La Russie entre dans l’ère à venir en tant que puissant pays souverain. Nous sommes certains de tirer le meilleur parti des nouvelles opportunités colossales que le temps nous a ouvertes, et nous deviendrons encore plus forts.

Merci de votre attention.

Vladimir Poutine

Source : Site officiel du Kremlin

 

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09 juin 2022

INFOBREF N°556-guerre- juin 2022

 

INFOBREF N°556

Des Armes Laser Rapport d’étude de marché avec analyse détaillée ainsi que prévisions, divers segments, facteurs affectant la croissance 2028

Affaires

juin 2, 2022Robert Disuza

Le Marché Des Armes Laser mondial 2022 élabore les détails complets couvrant la définition du produit, le type de produit, les entreprises clés et l’application. Le rapport couvre des détails utiles qui sont classés en fonction de la région de production, des principaux acteurs et du type de produit, ce qui fournira une vue simplifiée de l’industrie Des Armes Laser. Le rapport sur le marché de Des Armes Laser présente le scénario concurrentiel des principaux acteurs du marché en fonction du chiffre d’affaires, des demandes des clients, du profil de l’entreprise, des tactiques commerciales utilisées sur le marché de Des Armes Laser, ce qui aidera les segments de marché émergents à rendre vital décisions commerciales. L’étude de marché Des Armes Laser est basée sur les principales régions géographiques Amérique du Nord (États-Unis, Canada, Mexique) Europe (Royaume-Uni, France, Allemagne, Espagne, Italie, Europe centrale et orientale, CEI) Asie-Pacifique (Chine, Japon, Corée, ASEAN, Inde, reste de l’Asie-Pacifique) Amérique latine (Brésil, reste de L.A.) Moyen-Orient et Afrique (Turquie, CCG, reste du Moyen-Orient)

Le rapport Des Armes Laser couvre tous les détails infimes liés à l’industrie, tels que les développements technologiques, les opportunités de croissance, les menaces à la croissance du marché, les stratégies innovantes et les tendances futuristes du marché. Le marché mondial de Des Armes Laser analyse le rapport en fonction de la demande des clients, de l’état de l’offre et de la demande, du scénario de marché concurrentiel et des politiques du secteur. Le profil de l’entreprise des éminents acteurs du marché Des Armes Laser basé sur la marge de vente, le scénario d’importation / exportation, le scénario de marché passé, présent et futur filtrera les détails essentiels du marché.

Demandez un exemple de rapport sur le marché mondial de Des Armes Laser à l’adresse https://market.biz/report/global-laser-weapon-market-mr/483934/#requestforsample

L’étude de marché de Des Armes Laser fournit également des informations indiquant les acheteurs en aval et l’analyse des matières premières, l’état de développement, les principaux fournisseurs, les avancées techniques, les tactiques commerciales qui aideront les segments de marché émergents à prendre de bonnes décisions qui alimenteront la croissance de Des Armes Laser industrie. La croissance du marché de Des Armes Laser au cours de la période 2015-2022 a été couverte, la croissance future attendue a été élaborée dans ce rapport. Dernières nouvelles de l’industrie, plans et politiques, scénario d’offre et de demande, les caractéristiques du marché sont également couvertes dans ce rapport.

Segmentation globale du marché Des Armes Laser

Ce rapport se concentre sur le Des Armes Laser sur un marché mondial, pour classer le marché en fonction des acteurs clés, du type et de l’application. Cette étude répond à plusieurs questions pour les fabricants de Des Armes Laser, principalement sur quel marché ils devraient se concentrer au cours des six prochaines années.

Les principaux acteurs clés du marché mondial Des Armes Laser sont

Boeing Company
Lockheed Martin Corporation
Bae Systems
Moog
L-3 Communications Holdings
Quinetiq Group
Rheinmetall Ag
Raytheon Company
Textron
Northrop Grumman Corporation

Informations sur le produit :

Laser à Fibre
Laser à Électrons Libres
à L’État Solide Laser
Chimique Laser

Informations sur les applications :

à Bord D’Un Navire
De Véhicules Terrestres
Airborne
Tir D’Arme à Feu

La vue en coupe du rapport sur le marché mondial de Des Armes Laser :

Dans la première section, le rapport Des Armes Laser présente un aperçu fondamental du marché, la classification des produits, le coût, les applications, l’étendue du marché et les prévisions de volume du marché de 2022 à 2028. Des Armes Laser segmentation du marché basée sur les régions géographiques clés, la dynamique du marché, les facteurs contribuant au développement du marché et les obstacles à la croissance du marché sont analysés dans ce rapport. applications, la dynamique du marché et une étude approfondie des segments de marché émergents et existants sont couverts dans ce rapport.

Dans la deuxième section, le rapport a analysé le scénario de la chaîne industrielle, indiquant les principaux acteurs, leur volume de marché, la description des matières premières en amont, le coût de la main-d’œuvre, le coût de production, les canaux de commercialisation et les consommateurs en aval.

Dans la troisième section, une étude comparative de la part de marché de Des Armes Laser basée sur la catégorie de produits, le volume de production basé sur les régions et l’étude de la marge brute sont effectués. le volume de consommation, l’analyse des importations / exportations par région et le marché prévisionnel de 2022 à 2028 ont été analysés dans ce rapport.

Dans la quatrième section Des Armes Laser, le rapport couvre l’analyse SWOT du marché pour identifier les opportunités de croissance et les limites de la croissance. L’étude comparative de Des Armes Laser est basée sur les principaux acteurs, leur capacité de production et les prévisions de volume de consommation de 2022 à 2028.

Dans la cinquième section, Des Armes Laser mène l’étude de faisabilité et identifie les obstacles de l’industrie, les sources de données et les principaux résultats de recherche sont proposés.

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Trahison chez Arconic: l’épreuve de force la plus récente entre les travailleurs et les syndicats

La lutte chez Arconic est la dernière démonstration en date que les syndicats ne sont plus des organisations de travailleurs au sens propre du terme, mais des laquais de la direction.

Une journée de grève nationale du secteur public contre l’inflation paralyse la Belgique

La grève en Belgique fait partie d’un mouvement grandissant en Europe et au-delà contre la flambée mondiale des prix provoquée par la pandémie de COVID-19 et la guerre de l’OTAN contre la Russie.

Grande Bretagne: le syndicat RMT attaqué comme «larbin de Poutine» suite au vote pour une grève nationale des chemins de fer

La sinistre campagne menée par les journaux Times, Sun, et Daily Mail de Rupert Murdoch vise à stigmatiser les grèves menées par des dizaines de milliers de travailleurs du rail comme étant inspirées par des agents russes.

les canons de Macron à l' œuvre

macroncanon

 

LE XINJIANG CHINOIS, LE PIÈGE DE BIDEN CONTRE LE CAPITAL EUROPÉEN, LA GUERRE À VENIR EN ASIE

Le 6 juin 2022

Par Communia. Traduction et commentaires   Le webmagazine Communia nous offre l’un de ses meilleurs textes sur la guerre qui

Lire la suit

 

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31 mai 2022

EN MARGE DE LA GUERRE EN UKRAINE (mai 2022)

LE CYCLE INFERNAL ET MORTEL DU MODE DE PRODUCTION CAPITALISTE

 

EN MARGE

DE LA GUERRE EN UKRAINE

GAZ RUSSE CONTRE GAZ AMÉRICAIN,

OU L'AFFRONTEMENT MONDIAL DE PUISSANCES

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ON NE PEUT qu'insister sur l 'avantage que présente pour l'Europe le gaz naturel russe sur toutes les autres sources possibles d'énergie (voir

« Quelques données techniques de base>>,p.4( 1), car il peut être dis tribué partout par pipelines. L'avantage en Europe pour le gaz russe est qu'il peut être directement connecté avec chaque réseau national européen, l'Espagne et l'Italie étant connectées au gaz algérien ou du Moyen-Orient, dont la capacité gazière est bien moindre. De même, les productions gazières offshore de la Mer du Nord s'épuisant, la Grande-Bretagne et la Norvège, antérieurement pays exportateurs, sont devenus importateurs. L'exploitation d 'une source considérable de gaz naturel dans la province néerlandaise de Groningen a être abandonnée, car elle engendrait des mouvements tectoniques menaçant la solidi des digues de protection pour les régions situées sous le niveau de la mer (voirf igure 8 sur/'encart en couleur).

Tout ce qui concerne le rôle du gaz naturel sur le plan mondial peut tenir en quelqu es lignes : les deux principaux pays producteurs sont de loin les États-Unis (24 % de la produc tion mondiale) et la Russie (17 %), une poussière d'autres producteurs ne comptant chacun qu' entre 4 % et 5% à peine suffisants souvent pour satisfaire les besoins nationaux, les rendant dépendants des deux plus grands producteurs. D'où cette guerre du gaz naturel entre ces deux puissances gazières. En ce qui concerne l'Union européenne, mises à part en Espagne et en Italie connectées directement avec le gaz algérien ou du Moyen-Orient, le gaz russe se trouve dans une position privilé giée face à l'offre américa ine tributaire de transport de gaz naturel liquéfié (GNL) par méthanier et de centres spécifiques de déchargement.

Le gaz naturel ne sert pas seulement comme carburant dans ses différentes utilisa­ tions (voir flg . 2 dans l'encart en couleur paginé l à IV au centre de numéro) :

-production chimique : dans ce domaine, l'un des principaux matériaux de départ pour de nombreuses réactions importantes produisant des composés est gaz naturel, la formule qui démontre la synthèse dans laquelle il peut être impliqué :

- comme base dans la production de matières plastiques, qui sont les matériaux modernes les plus courants pour pratiquement ous les domaines de l'industrie :

-synthèse de l'éthényle, du cyanure d'hy­drogène et de l 'ammoniac. Si ces produits dans l'avenir vont à la production de nombreuses fibres et tissus synthétiques, d'explosifs, d'engrais et d'isolation dans la construction ;

-caoutchouc, méthanol, des acides organiques sont formés à partir de méthane et d'autres substances. Sont utilisés dans pratiquement tous les domaines de la vie humaine; polyéthylène et de nombreux autres composés nature synthétique reçus en remerciant méthane.

- comme combustible pour tout type d'activité humaine, allant de remplir de pétrole ou d'essence le type approprié de lampes de table, jusqu 'aux centrales thermiques. Ce type de carburant est considéré comme écologiquement correct et approprié, à l'arrière-plan de toutes les méthodes alternatives. Cependant, la combustion du méthane peut former du dioxyde de carbone, comme tout autre matériau d'origine naturelle. Et ce gaz est connu pour être la cause de l'effet de serre de la Terre.

 

LES COMPLEXES MILITARO INDUSTRIELS DANS LE MONDE

Un article paru le 15 mars 2022 dans le Financial Times constate que, chaque jour, les pays de l 'Union européenne (U E) paient un milliard de dollars à la Russie, et les prétendues sanctions financières et autres n'ont guère modifié ces paiements. Les fournitures de gaz et de pétrole ont conti ué de couler dans les pipelines venant de Russie, traversant même l'Ukraine en guerre et alimentant en énergie les pays de l'UE et le Royaume Uni par un réseau extrêmement dense de pipelines dans des proportions variant de 20 % à 100 % ;\à l'exception de l 'Espagne et de l 'Italie (2). Personne ne pense à couper le robinet des livraisons constantes de gaz et de pétrole russes ou à en bloquer le paiement (encore tout récemment , l'UE a accepté l 'obligation de payer le gaz russe en roubles (3).

Il s'agit de comprendre pourquoi et comment ces hydrocarbures d 'origine russe contribuent aux dépenses de matériel militaire engagé dans les opérations en Ukaine et qui sert à combattre le matériel militaire adverse financé par cette manne financière reversée à la Russie. On se trouve devant un circuit fermé du mode de production capitaliste que l'on ne peut que mettre en regard des pertes humaines et matérielles causées par le conflit alimenté par ce processus .

Car en fait, cette manne financière alimente en Ukraine (mais aussi encore en Syrie dont on ne parle plus guère alors que la guerre y est toujours présente), des pertes en vies humaines (pas seulement les victimes directes militaires et civiles, mais aussi ceux qui dans les exodes et dans les villes assiégées meurent de froid, de faim et du manque de soins et/ou de médicaments) et la destruction de l'ensemble des infrastructures matérielles.

D'un point de vue économique, elle alimente aussi une industrie mondiale d'armement plus puissante que jamais, toute guerre offrant non seulement la possibilité de vendre toutes sortes d'armes mais aussi d'en expérimenter de nouvelles et d'améliorer l 'efficacité des anciennes. D'un point de vue politico-économique cela renforce dans tous les États principaux producteurs d'armes

l 'importance des complexes militaro- industriels et leur poids politique.

Les principaux pays exportateurs d'amements divers sont les États-Unis, la Russie, la Chine et l 'Union européenne dans lesquels le poids politique des lobbies militaro- industriels est considérable.

 LES NON-DITS DE LA POLITIQUE AMÉRICAINE

En 2010, avec quelque 500 millions d'habitants (les États-Unis n'en ont que 350 mil lions), l'UE est la première puissance économique mondiale, à parité avec les États-Unis (4). Elle répartit son approvisionnement en gaz naturel (qui a supplanté d'autres sources d'énergie pour les raisons que nous avons exposées ci-dessus) comme suit : un pipeline, South Stream, traversant la Turquie, déverse le gaz des pays d 'Arabie dans les Balkans. L'Espagne, le Portugal et lItalie sont connectés via des pipel ines sous mari ns avec le gaz algérien et libyen. Les plateformes offshores de la Mer du Nord ont cessé d 'alimenter, après la Norvège et la Grand e-Bretagne:le marché européen. Le reste vient de Russie (voirfig ure 4 dans l'en cart) via les connexions traversant l'Ukraine et la Pologne et le Nord Stream-!, au fond de la Baltique, dont la construction n'a sou levé aucune objection, notamment de la part des États-Un is.

Situation q u i rend l 'Eu rope largement dépendante, sur ce point du gaz, de la Russie. On ne peut faire qu'une seule constatation : les États-Unis sont totalement absents de ces fournitures de gaz à l 'Union européenne et n'y intervi ennent en aucune façon (voir fig ures 11 et 6 dans l'encart).

En 2019, 74 % du gaz importé dans l 'UE étaient acheminés par gazoduc, pour l'essen tiel en provenan ce de Russie (31 %), Norvège (28 %) et Algérie ( 5%). Cette même année, le GNL représentait un peu plus de 25 % du gaz importé dans l'UE, en provenance notam ment du Qatar (28 %), de Russie (20 %), des États-Unis ( 16 %) et du Nigeria (12 %). Tou jou rs en 2019, 14 des 28 pays de l 'UE ont importé du GN L pour un volume total équi valent à 108 bcm (billion cubic meters, pour m ill iard de mètres cubes) de gaz, soit 75 % de p lus qu'en 2018. Les principaux importa teurs étaient, par ordre décroissant :Espagne (22,4 bcm) ; France (22,1 bcm) ; Royaume Uni (18 bcm) ; Italie ( 13,5 bcm) ; Belgique et Pays-Bas avec respectivement 8,8 et 8,6 bcm (voirfigu res 1,2 et 6 dans l 'encart).

Su r le plan géopolitique, on se trou ve à cet égard, dans la situation q ue Zbigniew Brzezinski , ancien conseiller de Jimmy Carter, définissait de la manière suivante (5) :

« Le conflit russo-ukrainien est aussi une puissante guerre économique. Il révèle au grand jour le rêve américain de ne jamais voir l'Union européenne dépendante du gaz et pétrole russes. Notons que ''l'UE consomme plus de 14 % de l'énergie mondiale et n'en produit que 6,5 % ; elle importe 85 % du pétrole et 67 % du gaz qu'elle consomme, et plus de la moitié dépend des approvisionnements de la Russie",li faudrait pour les États-Unis créer des tensions variables en Europe et en Asie afin d'empêcher la constitution du bloc économique de la Grande Eurasie comportant, principalement : la Chine, la Russie, I 'Al­lemagne, la France et l'Union européenne en général. La constitution d'un tel bloc économique menacerait la suprématie mon­diale des États-Unis. D'où le maintien du globalisme économique à l'échelle du monde en faveur des États-Unis. 

 

 UNE OFFENSIVE AMÉRICAINE SANS PRÉCÉDENT

 Dans les années suivantes, les choses sur ce point des approvisionnements en gaz pour l 'Europe vont totalement changer à cause d'une offensive américaine sur tous les plans pour tenter de, sinon supplanter cette domination du gaz russe, tout au moins la limiter, tout en faisant des États-Unis une puissance gazière mondiale.

 Mais il s'agit avant tout d'une opération politique dans la ligne de ce que nous venons d'exposer, les États-Unis voyant dans la situation présente une menace pour leur domination mondiale, même si cela va prendre plus tard des aspects plus économiques. D'une certaine façon, cela va prendre tout un ensemble de mesures tous azimuts tant sur le plan international que national.

 Alors que les États-Unis n 'avaient formulé aucune opposition lors de la construction et de la mise en service du gazoduc sous­ marin Nord Stream 1, ils vont tout faire pour tenter de faire capoter la construction du second Nord Stream 2 doublant le premier. Cela prit la forme des mesures de rétorsion contre les entreprises travaillant à la construction de Nord Stream 2. Mais avec de nombreuses péripéties, ces mesures furent pratiquement inefficaces et ce pipeline est finalement devenu opérationnel , son entrée en service n'étant actuellement reportée que pour des problèmes juridiques de droit alle­ mand

 Face à l'état d'avancement du projet, quasiment termi, et pour éviter de se fâcher durablement avec Berlin, le président américain Joe Biden, beau prince, a renoncé en 202 à sanctionner ses opérateurs principaux. Imméd iatement après l 'i nvasion russe de l'Ukraine, le 24 février, l'Allemagne a tou ­ tefois annoncé la suspension de Nord Stream 2, qui n'était pas encore entré en fonction,en coordination avec les États-Unis (6)

 QUE DEVIENT NORD STREAM 2 ?

nord_stream_2 En pleine crise ukrainienne,le chancelier Olaf Scholz a déclaré le 22 février que l'Al­lemagne suspendait la procédure de certifi­cation du gazoduc. Après plus de trois ans de travaux, Nord Stream 2 avait été mis en pré-service en octobre 202 . Entre sanctions américaines et divisions européennes, pourquoi ce projet est-il si controversé ?

 Nord Stream 2 représente 1 230 kilomètres de tuyaux sous la mer Baltique. Ceux­ ci relient le village de Bolchoï Kouziomkino, dans la région de Saint-Pétersbourg en Russie, à Lumbin, une ville côtière au nord de l 'Allemagne. L'objectif du projet est de compléter les services de son grand frère, le gazoduc Nord Stream 1, déjà en service depuis 2012 et qui suit plus ou moins le même tracé. Le nouveau pipeline double ainsi les capacités de transport de gaz depuis la Russie

via la Baltique,ce qui permettrait d'atteindre pour ce réseau un approvisionnement de 110 milliards de mètres cube par an vers l'Allemagne. À titre de comparaison, I 'UE a importé plus de 440 bcm (milliards de mètres cube) de gaz naturel en 2019 (contre 385 mil­liards en 2010), dont 166 milliards provenaient de l 'ensemble des gazoducs russes.

Exploité par le mastodonte énergétique russe Gazprom , Nord Stream 2 est le fruit d 'un partenariat avec cinq entrepri ses européennes dont une française : OMV, Engie, Wintershall Dea, Uniper et Shell. Basée en Suisse et détenue par Gazprom, la société Nord Stream 2 AG a été créée pour mener à bien le projet, de sa planification à son exploi tation en passant par la construction . Plus de 9 milliards d'euros auront été nécessaires pour mettre au point Nord Stream 2.

En théorie, le gazoduc est prêt à fonctionner. La compagnie Gazprom avait annoncé

le 10 septembre 2021 que Nord Stream 2 était achevé. Début octobre, la première ligne a commencé à être remplie de gaz.

En pratique, les tensions géopolitiques sur le Vieux Continent retardent sa mise en service. La suspension du processus de certification par Olaf Scholz avait suivi la reconnaissance par Moscou de l'indépendance de deux provinces ukrainiennes. La société Nord Stream 2 AG doit en effet être certifiée comme « opérateur indépendant » par le régulateur allemand afin de livrer du gaz à !'ouest, un processus qui ne devait pas pleinement aboutir avant le printemps 2022.

L'autorité allemande chargée de cette certification , I 'Agence fédérale des réseaux, avait déjà mis un coup d'arrêt à la procédure de certification le 16 novembre 2021, officiellement pour des raisons juridiques. Selon l'administration allemande, Nord Stream 2 AG, qui a son siège à Zug (Suisse), a décidé de ne pas transformer sa forme juridique existante, mais de créer une filiale de droit allemand uniquement pour gérer la partie allemande du gazoduc". "La procédure de certification restera suspendue jusqu'à ce que les principaux actifs et ressources humaines aient été transférés à la filiale'', ajoutait alors l'agence.

En réponse à cette exigence, et pour se conformer aux règles européennes (voir plus bas), Nord Stream 2 AG a établi en Allemagne l'entreprise G4E ("Gas for Europe") fin décembre. En attendant l'éventuelle reprise de la procédure par l'agence fédérale, Gazprom avait assuré continuer de remplir les tuyaux du gazoduc, malgré la crise diplomatique entre la Russie et les Européens.

Un autre aspect de l'offensive américaine a été son intervention dans la politique intérieure de l'Ukraine, pays important dans le transit par pipeline du gaz russe. C'est bien connu que l a révolte de Maidan en 2014 (7) fut largement fomentée et soutenu par les États-Unis. Le nouveau gouvernement, à la solde des États-Unis prenait ainsi le contrôle du transit du gaz russe tout en profitant des royalties payant ce transit. Il est significatif qu'à cette époque, cette prise de contrôle de l'Ukraine par les États-Unis n'ait provoqué aucune réaction de la part de la Russie.

Un troisième aspect de cette offensive américaine pour contrer l'alliance énergétique de fait entre l 'Union européenne et la Russie concerne la politique intérieure des États-Unis et les mesures internes prises pour en faire une pu issance gazière capable de concurrencer sur le terrain européen l'apport dominant du gaz russe. Alors que le gaz russe provient entièrement de l 'exploitation des champs pétrolifère uniquement par des forages pour atteindre la nappe gazière et pétrolière, le gaz américain va venir de la mise en œuvre d'une technique nouvelle et complexe dénommée fracturation hydraulique pour en tirer ce qu 'on dénomme gaz de schiste (8)

L'expansion rapide de ce procédé va pla cer les États-Unis en concurrence avec la Russie pour l'offre mondiale de gaz naturel (9) (voir.figure 7 dans / 'encart)

Mais il y aurait anguille sous roche, ce que souligne ce commentaire ( 10) :

Joe Biden et Vladimir Poutine se sont vus longuement à Genève le 16 juin 2021. Peut-être qu'ils se sont mis d'accord ? Les deux hommes ont besoin d'un maximum de battage, d'une crise artificielle pour imposer cet accord autour d 'eux. Le chantage au chaos, le tout ou rien. D'où les manœuvres côté russe, l'envoi de troupes fraîches et le tocsin côté américain. Des experts prennent au sérieux ce scénario d'un double jeu russo-américain. Ils relèvent que !'équipe Biden a répondu en deux jours seulement à la proposition d'accord du Kremlin. Alors que normalement, cela aurait dû prendre des semaines pour l 'étudier en détail.

 

(https://www.eu ropel .fr/international/crise-ukrainienne-y-a-t-i 1-un-accord-secret entre-la-ru ssie-et-1es-etats-unis-4092364)

 

 UNE PORTE DE SORTIE POUR LE GAZ RUSSE

 

On pourrait dire que l'offensive américaine en Europe, écartant la crainte de pe1te de puis sance américaine de Brezinski précipite tout dans la seconde crainte émise par cet ancien conseiller de J immy Carter, celle d'une alliance de la Russie et de la Chine ( 11). Celle-ci est une porte de sortie pour le gaz russe interdit d'Europe (voir.figure 5 dans l'encart) :

 

« Avec son nouveau projet de pipeline géant, Gazprom se tourne déjà vers la Chine : Le Power of Siberia 2,50 milliards de mètres cubes et une rupture consommée avec l'Europe: en 2019,nous rapportions les avancées du méga-projet Power of Siberia, un pipeline reliant les gisements sibériens à l'énergivore économie chinoise, doté d'une capacité de 38 millions de mètres cubes par an et lié à un contrat courant sur trente ans.

 

Logiquement nommé Power of Siberia 2 également connu sous le nom de Soyuz Vos tok, le nouveau jouet de Gazprom devrait pas ser par la Mongolie. Le patron de Gazprom, Alexey Miller, a déjà traité de nombreux détails. Power of Siberia 2 devrait être un monstre du genre: il est question d'un parcours total de près de 900 kilomètres, de cinq stations de compression le long du chemin, d'un diamètre de 1 ,40 m pour ses canalisations et de 50 milliards de mètres cubes de gaz trans portés chaque année.

 

Pour comparaison, Nord Stream 2 aurait été capable de transporter 55 milliards de mètres cubes annuels : le remplacement est presque parfait. En outre, une interconnexion entre les pipelines russes tournés vers l'ouest et ceux tournés vers l'est, déjà construits ou encore en projet, est également au programme pour permettre le détournement des flux d'un continent vers un autre, et transformer définitivement la géopolitique de l'énergie.

 

    1. UN DERNIER ÉPISODE

    2. QUI NE SERA BIENTÔT PLUS QUE L'AVANT-DERNIER:LE PAIEMENT EN ROUBLES

 

Les sanctions contre la Russie pour son invasion militaire de !'Ukraine ont eu pour conséquence la chute contre le dollar de la monnaie nationale, le rouble, ce qui influence dangereusement l'ensemble des échanges économiques et financiers russe. Pour éluder cette situation, la Russie a imposé le rouble pour l'ensemble des paiements des échanges avec le monde, notamment pour le gaz et le pétrole. Et tous les pays concernés n'ont eu d'autre choix que d'accepter ce mode de paiement pour éviter particulièrement la fermeture du robinet du gaz. Récemment, la Bulgarie et la Pologne ont refusé ce mode de paiement et la réponse immédiate a été l'arrêt des fourniture de gaz les concernant. Ceux-ci ont pu y pallier par la solidari avec les autres pays européens, une situation paradoxale puisque c'est le gaz russe, fourni aux pays européens majoritairement, qui permet de contrer des mesures de rétorsion de la Russie (12).

 

NOTES

 

( 1)Voir la brochure d 'Echanges Progrès et Barbarie,qui analyse les incidences économiques et sociales des différentes sources de production d'électricité.

 

(2 ) « L'Espagne pourrait devenir la nouvelle plaque tour nante du gaz en Europe », Euronews, 15 mars 2022.

(3)« Paiement du gaz russe en roubles :quelles consé quences pour la Russie, pour l'Occidcn t ? », boursorama.com, 24 mars 2022.

(4) L"Union européenne est-elle une grande puissance ? La vie publique, 2022

 (5 ) Ncïba, Je-sais-tout 9.juin.2014 . Le Grand Échiquier,de Zbigniew Brezii1ski,éd. Pluriel.(

6) « Nordstrcam 2 », Wikipédia ; « Joe Bidcn lève les sanctions liées à Nord Stream avec Berlin »,( Euractiv Italie, 30 avril 2022.

(7) Stratcgika Expertise et Analyses ostratégiques :« Du Maïdan à la guerre :huit ans de coup d'État i llégal en Ukraine - résultats et conséquences. »

  1. « Gaz de schiste, Wikipcdia , La technique d'extraction la plus couran te s'appuie sur le forage dirigé avec de longues portions horizontales associé à la fracturation hydraulique ; les conséquences de cette forme d'explo ration sont catastrophiques tant sur le plan tectonique que sur le plan environnemental ce qui la fait interd ire en Europe et mêmeaujourd'hui dans l'État d'Oklahoma.

  2. « Face à la Russie, le gaz américain, grand gagnant de la crise ukrainienne ? », Challenges.fr, 9 février 2022.

(10) « Pour sortir de la crise ukrainienne, Biden pourra it proposer un accord secret à Poutine », slate.fr/story/ 223548/accord-secret-kennedy-seu1-moyen-sortir-crise ukraine-poutine-biden

 (11) « La Chine, eldorado en devenir pour legaz russe », arabnews.fr/node/215206/ - 12 mars 2022korii .slate.fr/biz/cncrgie

 ( 12)« Guerre en Ukraine; Gazprom cesse les livraisons de gaz à la Pologne et la Bulgarie » :Ces annoncesd'arrêt surviennent alors que le président russe Vladimir Poutine, a demandé aux pays jugés "inamicaux" de payer les livrai sons de gaz en roub les par un nouveau système. LeMonde,26 avril 2022.

 

 

 

 

 

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 NOTES

 

 

 

 

 

 

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26 mai 2022

Ne vous battez pas pour ’VOTRE’ pays !

Ci dessous un article de Sander, que nous approuvons à 95%, c' est un trés bon article qui montre bien les dessous des conflagrations impérialiste actuelles. Oui refusons de nous battre pour la patrie, oui battons nous contre l' exploitation de l' homme par l'homme et de la nature.

G.Bad

 

Controverses

Ne vous battez pas pour ’

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VOTRE’ pays !

Tout le monde déteste la guerre. Surtout ceux qui en envoient d’autres mourir sur les champs de bataille. Ils prétendent qu’ils abhorrent la guerre, mais hélas, ils y seraient contraints par ceux d’en face. Ceux qui empiète sur notre pré carré. Ceux qui envahissent une nation « souveraine ». Nous n’avons pas le choix ! Nous devons nous défendre... De quel « nous » faites-vous partie ? La propagande implacable des deux côtés pousse tout le monde à choisir un camp, à devenir un participant actif ou une pom-pom girl dans la guerre. Parce que l’autre côté est vraiment horrible. Et c’est toujours le cas.

L’armée russe est accusée de crimes de guerre. Une bien étrange expression « crime de guerre ». Une expression redondante, en effet, parce que la guerre est par définition un crime, le plus grand de tous les crimes. Quel que soit le but, les moyens sont toujours le meurtre de masse et la destruction. Il n’y a pas de guerre sans massacres atroces. L’expression suggère qu’il y aurait deux façons de faire la guerre : une civilisée et une criminelle. Si jamais il y avait une différence entre les deux, elle a été effacée par les progrès de la technologie militaire. Depuis le début du 20e siècle, le pourcentage de victimes civiles dans les guerres n’a cessé d’augmenter. Durant la guerre de Sécession au 19e siècle, le personnel militaire s’élève encore à plus de 90 % du total des morts de ce conflit. Pendant la Première Guerre mondiale, les pertes civiles représentaient 59 % du total. Dans le second, il est passé à 63 %, et dans la guerre du Vietnam à 67 %. Dans les différentes guerres des années 1980, il a grimpé à 74 % et au 21e siècle à 90 %. Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale autant de personnes n’ont été déplacées par la guerre. La différence entre combattants et non-combattants, entre cibles militaires et non militaires, a largement disparu dans la guerre contemporaine. Plus chaque partie déploie de forces destructrices, plus les « dommages collatéraux » pour la population civile sont importants. Plus la guerre en Ukraine s’intensifie, plus la vie des Ukrainiens ordinaires est détruite, plus le pays devient une ruine.

Ce qui constitue un crime de guerre ou non devient alors une question d’opinion. Comme le « terrorisme », qui est devenu une injure facile que tout le monde attribue à l’adversaire dans chaque conflit, c’est une excuse déguisée en accusation. Parce que le « terrorisme », ayant été défini par les médias et les politiciens comme le plus grand de tous les maux, implique que tous les moyens sont bons pour le réprimer, et est donc l’excuse parfaite pour utiliser soi-même la terreur. De même, l’accusation de « crimes de guerre » justifie les crimes commis par « notre » camp, que « nos » médias mentionnent à peine, ou parfois pas du tout. Pensez au Yémen par exemple, où les forces saoudiennes ont bombardé et affamé des civils bien pire que l’armée russe ne l’a fait jusqu’à présent en Ukraine. L’armée de l’air saoudienne n’aurait guère duré une semaine sans le soutien militaire et technique britannique et américain et la fourniture d’armes. Serait-ce aussi « une guerre pour la démocratie » ? Cette atrocité se poursuit, en dehors des projecteurs médiatiques. Dégagez, rien à voir. Pas de crimes de guerre ici.

 

 

Guerre moderne

 

On a souvent observé qu’en temps de guerre, la ligne entre la propagande et le reportage devient difficile à percevoir. Lorsque l’armée russe mène une attaque de missiles (ratée) sur la tour de télévision de Kiev, les médias occidentaux l’appellent un crime de guerre. Mais lorsque l’OTAN a bombardé (avec succès) la tour de radio et de télévision de Belgrade en 1999, elle était « une cible militaire légitime ».

Le fait que les « opérations militaires spéciales » de l’armée russe soient criminelles a été abondamment prouvé à Grozny et à Alep, pour ne citer que les exemples récents les plus extrêmes de villes qu’elle a réduites en ruines. En Ukraine, elle n’est pas encore allée aussi loin, peut-être parce que le prétexte de l’invasion est que les Ukrainiens sont un peuple frère qui doit être libéré. Mais pour atteindre ses objectifs militaires, la Russie doit intensifier la guerre et submerger ce « peuple frère » de son pouvoir supérieur de destruction. La logique de la guerre pousse l’invasion russe vers une escalade de la dévastation.

Ne prétendons pas qu’il s’agit d’une spécificité russe. Pendant les guerres du Golfe, les Américains ont bombardé des abris à Bagdad (avec des bombes conçues pour écraser des bunkers), entraînant la mort de centaines de civils. Beaucoup d’autres sont décédés lorsque des soldats en fuite ont été massacrés depuis les airs sur « l’autoroute de la mort » en 1991. Dans les guerres que l’Occident a menées en Irak et en Afghanistan, plus de 380 000 civils sont morts. Les innombrables attaques de drones que l’armée américaine a réalisées depuis lors ne montrent également aucun respect pour la différence entre combattants et non-combattants. Sans parler de ce qu’Israël, le vassal le plus loyal de Washington, a fait à Gaza. Ils en sont tous capables. C’est la guerre moderne.

La guerre est le cadre idéal pour resserrer l’emprise de l’État sur ses citoyens. C’est clairement le cas en Russie à l’heure actuelle, où vous risquez 15 ans de prison si vous appelez la guerre une guerre, où les manifestations contre celle-ci sont brutalement réprimées, où tous les médias qui ne sont pas des porte-paroles du Kremlin sont réduits au silence. Mais ceci souligne la faiblesse de ce régime qui a besoin de cette répression crue. Il ne fait aucun doute que ce n’est pas le cas en Ukraine. Là, tout le monde se tient derrière Zelensky. C’est ainsi, pour autant que nous soyons autorisés à le savoir. Dans les nombreuses interviews d’Ukrainiens dans les médias occidentaux, vous n’entendez jamais quelqu’un exprimer une opposition ou même des doutes sur la guerre, bien que nous sachions, d’après les réseaux sociaux et nos propres sources, qu’ils existent. Mais selon les médias, tout le monde est prêt à mourir pour la nation. Pourtant, Zelensky a jugé nécessaire d’interdire à tous les hommes âgés de 18 à 60 ans de quitter le pays. Tout le monde doit rester disponible comme chair à canon pour la patrie. Il a également jugé nécessaire d’interdire les partis d’opposition et de forcer toutes les chaînes d’information télévisées à se regrouper en « une seule plate-forme d’information de communication stratégique » appelée « United News ». Tout cela au nom de la défense de la liberté. Bien sûr, les médias qui appellent les Ukrainiens à tuer autant de « cafards russes » que possible peuvent continuer à cracher leur poison. De nombreux médias occidentaux – même des journaux comme le New York Times – ont choisi de ne pas parler des mesures autoritaires de Zelensky. La célèbre devise du Times dit « toutes les nouvelles qui sont dignes d’être imprimées », et ce genre de nouvelles ne correspond pas au narratif selon lequel il s’agit d’une guerre pour la démocratie.

 

Menteurs

 

Les gouvernements russe et ukrainien affirment que la censure est nécessaire pour protéger la population de ‘la désinformation’. C’est un autre terme ambigu. Comme « crime de guerre » et « terrorisme », il est « dans l’oreille de l’auditeur ». Bien sûr, la désinformation grouille dans les médias sociaux et autres. Mais qui décide de ce qui est ? En Russie, l’État décide qui peut parler et qui doit garder le silence. En Occident, cette tâche est largement sous-traitée au secteur privé, aux entreprises qui contrôlent les médias de masse et aux plateformes de réseaux sociaux. Mais eux aussi sont poussés par le gouvernement. « Nous allons interdire la machine médiatique du Kremlin dans l’UE. Les entreprises publiques Russia Today et Sputnik et leurs filiales ne doivent plus être autorisées à répandre leurs mensonges qui justifient la guerre de Poutine. Nous développons des instruments pour interdire leur désinformation toxique et nocive en Europe », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Et, en effet, les chaînes d’information russes loyales et d’autres sources qui ne suivent pas la ligne pro-occidentale ne sont plus accessibles sur Facebook et d’autres grands médias sociaux. Mais n’appelez pas cela de la censure, c’est ce que fait l’ennemi.

Les Russes et les Occidentaux ont chacun une image très différente de la guerre. On leur ment, surtout par ce que leurs médias choisissent de montrer ou de ne pas montrer. Par exemple, le spectateur russe voit à maintes reprises des images d’Ukrainiens leur disant qu’ils ont été battus et menacés par des ultra-nationalistes parce qu’ils parlaient russe et le spectateur occidental voit à maintes reprises des mères dire au revoir avec les larmes aux yeux à leurs maris qui disent qu’ils sont prêts à mourir pour l’Ukraine. Les deux types d’images sont probablement réels, mais chaque partie choisit de montrer ce qui correspond à son récit de propagande.

En Occident, l’histoire parle d’un outsider courageux qui se défend bravement contre un tyran cruel. Bien sûr, nous encourageons les héros courageux, bien sûr nous les aidons, bien sûr nous agitons le drapeau bleu jaune. C’est aussi simple que cela.

Le narratif de la Russie n’est pas très sophistiqué, c’est un fourre-tout d’accusations dans le style rustre de l’ex-URSS. L’Ukraine souffre sous un régime corrompu, néo-nazi et génocidaire. Nous ne faisons pas la guerre à l’Ukraine, nous l’empêchons simplement de devenir un avant-poste de l’OTAN, une menace pour notre patrie. Nous nous battons pour un monde sans nazis. Avec le même genre de prétextes fallacieux, les chars russes ont roulé dans Budapest et Prague à l’époque. Comme dans toute histoire de propagande, il y a un grain de vérité. L’impulsion de l’OTAN est réelle. Il y a un courant ultra-nationaliste en Ukraine. Il y a des groupes fascistes comme Svoboda et le bataillon Azov (maintenant intégré dans l’armée ukrainienne) qui attaquent les gays, les féministes, les Roms et les russophones. Bien sûr, l’Ukraine est loin d’être le seul pays où l’extrême droite relève sa tête hideuse. Cela ne signifie pas que le système politique en Ukraine est fasciste. Moins qu’en Russie du moins. Et génocidaire ? Ce que l’armée russe a fait en Syrie et en Tchétchénie était infiniment pire.

Ceux qui veulent tuer leur chien prétendront toujours qu’il a la rage. Tous les États mentent quand leurs armées se déploient. Les États-Unis aussi bien que la Russie. Pensez aux « armes de destruction massive » inexistantes de Saddam Hussein et à ses liens inexistants avec Al-Qaïda qui ont été les prétextes de l’invasion américaine de l’Irak.

 

La vraie histoire

 

La vraie histoire s’appelle l’inter-impérialisme. Car quelle que soit la mondialisation qui a transformé ce monde, celui-ci est basé sur la concurrence. Concurrence commerciale qui devient concurrence militaire, guerre froide et chaude, selon les circonstances. Des circonstances telles que la perte de pouvoir, la perte ou les gains potentiels des marchés, la crise économique. Nous vivons dans un système qui se heurte brutalement aux besoins de l’humanité. Un système en guerre contre la planète, en guerre contre la vie elle-même. Se battre, vaincre le système capitaliste, est la seule guerre qui ait du sens.

La guerre froide n’est pas finie. Tout au plus, il y a eu une pause. Le Pacte de Varsovie a disparu, mais pas l’OTAN. Eltsine a suggéré que la Russie devrait également en devenir membre, mais bien sûr, ce n’était pas possible : la raison d’être de l’OTAN était de soumettre la Russie. Une discussion féroce s’ensuivit sur la question de savoir si l’OTAN était encore nécessaire maintenant que la Russie était également devenue un pays démocratique capitaliste. Dans la pratique, il a été répondu par l’affirmative à cette question. L’OTAN s’est avancée jusqu’aux frontières de la Russie, brisant les promesses antérieures. Quatorze pays de l’ex-pacte de Varsovie ont été intégrés dans l’alliance antirusse. Des bases de missiles américaines ont été installées en Pologne et en Roumanie. La prise de l’Ukraine était la dernière phase de cette offensive. Pour le profit mais encore plus pour contenir la Russie. L’Ukraine n’est pas encore devenue membre de l’OTAN, mais a commencé à coopérer militairement avec l’Occident.

L’expansion de l’OTAN signifiait une énorme expansion du marché pour l’industrie d’armement américaine (et d’autres pays occidentaux) parce que les nouveaux membres sont tenus de rendre leurs arsenaux conformes aux normes de l’OTAN. Afin de répondre à ces normes, les dépenses militaires de la Pologne ont augmenté de 60% de 2011 à 2020 et celles de la Hongrie de 133% de 2014 à 2020. Le tiroir caisse se remplissait allègrement. Mais l’expansion de l’OTAN a également été motivée par la prise de conscience que la Russie, avec sa puissance militaire et surtout son arsenal nucléaire, restait une menace potentielle pour la Pax Americana. C’est toujours le seul pays contre lequel les États-Unis ne peuvent pas faire la guerre sans risquer eux-mêmes une destruction quasi totale. Tout comme pendant la guerre froide. Celle-ci n’a donc pas pris fin. La stratégie de Washington est restée la même : l’endiguement. Contenir la Russie et réduire sa sphère d’influence, affaiblir sa puissance sans entrer en conflit direct avec elle. Pendant la guerre froide, ce conflit s’est déroulé avec des coups d’État et des mouvements de libération nationale. Maintenant, l’Ukraine est le volontaire enthousiaste de se sacrifier pour « l’Occident libre », dirigé par l’acteur « sympathique » et millionnaire Zelensky qui est si belliqueux que, comme Che Guevara pendant la crise des missiles cubains, il veut faire transformer le conflit en une guerre mondiale au besoin. Ce serait le risque si sa demande d’une « zone d’exclusion aérienne » – une guerre aérienne entre l’OTAN et la Russie – était accordée. Comme le Che, il n’obtiendra pas ce qu’il veut. La confrontation directe reste taboue. C’est l’une des raisons pour lesquelles établir des parallèles avec les guerres pré-nucléaires peut être trompeur.

L’ennemi ne peut plus être dépeint comme le « danger communiste », mais cela ne fait pas de la Russie un pays capitaliste ordinaire comme les autres. Les riches là-bas ne sont pas des capitalistes comme les nôtres, mais des « oligarques ». Qui sont-ils, ces oligarques ? Des milliardaires qui sont devenus riches grâce à la corruption, à l’exploitation et à la spéculation et qui aiment montrer leur fortune dans une consommation de luxe ostentatoire. En d’autres termes, des capitalistes. L’adage « Derrière chaque grande fortune, il y a un grand crime » n’a pas été inventé en Russie. Mais là « le grand crime » est encore assez frais. La nouvelle classe capitaliste en Russie se compose en grande partie de membres de l’ancienne classe capitaliste, de gens qui étaient directeurs d’usine, patrons de parti, bureaucrates de l’URSS pseudo-communiste, et qui se sont transformés en voleurs lorsque les actifs de l’État ont été privatisés. La classe privilégiée est restée la classe privilégiée, maintenant en tant que propriétaires de capitaux privés. Mais aussi en tant que gestionnaires de l’État. Les intérêts des capitalistes privés sont étroitement liés et soumis à l’appareil d’État que Poutine semble avoir fermement en main pour l’instant.

La dissolution de l’ancienne URSS et la privatisation de l’économie capitaliste d’État ‘centralisée’ ont été le résultat d’une crise causée en premier lieu par le coût écrasant du maintien d’un empire et la réticence de la classe ouvrière à travailler plus dur pour moins cher. Mais le désir des membres de la classe dirigeante d’être, non seulement des gestionnaires du capital, mais aussi des propriétaires privés du capital, avec un accès à l’ensemble du monde du capital, était également un facteur important.

Ils ont pillé l’économie pendant que le niveau de vie moyen a dramatiquement chuté. Le PIB de la Russie en 1998 n’était qu’un peu plus d’un tiers de ce qu’il était dans la dernière année de l’URSS. La production industrielle avait diminué de 60 %. Mais à partir de 1999, les prix du principal produit d’exportation de la Russie, le pétrole et le gaz, ont commencé à augmenter. Cela a alimenté une reprise qui a amélioré les conditions de vie. L’État s’est consolidé, avec l’appareil de sécurité au centre du pouvoir. Avec Poutine, un ancien colonel du KGB, à la barre, la Russie a commencé à se réaffirmer. L’armée a été reconstruite à un point tel que l’industrie de l’armement (qui emploie plus de 2,5 millions de Russes) a été confronté à la surproduction. Cette armée a rétabli « l’ordre » dans le sang à l’intérieur (Tchétchénie), dans les États frontaliers (Géorgie, Kazakhstan) et à l’extérieur (Syrie). Mais en 2015, la production industrielle était encore inférieure au niveau de 1990. Seul le secteur pétrolier et gazier a dépassé les niveaux de production d’avant la privatisation. Mais cette année-là, le prix du pétrole a recommencé à baisser, tout comme l’économie russe. Le PIB est passé de 2,29 billions de dollars en 2013 à 1,48 billion de dollars en 2020, soit moins que celui du Texas.

Le défi lancé au capital russe était donc multiple :
– défendre sa position sur le marché de sa principale industrie d’exportation, le pétrole et le gaz ;
– réduire sa dépendance envers cette dernière : avec ses fluctuations brutales de prix et son avenir incertain, c’est une béquille peu fiable pour une économie paralysée ;
– soit réduire la surproduction de son industrie militaire, soit en augmenter l’utilisation de ses produits ;
– cacher le fait qu’elle n’a rien à offrir à la classe ouvrière, la détourner de ses conditions misérables, en l’engageant dans une campagne de fierté nationale contre un ennemi étranger qui est à blâmer pour la détérioration de ses conditions de vie.
Telle est la recette pour l’agression impérialiste.

L’Ukraine est un butin attrayant. Elle possède les plus grandes réserves de minerai de fer au monde, des ressources gazières et autres ressources minérales, d’excellentes terres agricoles, de l’industrie, de la construction navale, des ports... elle a également une industrie d’armement moderne, rivale de celle de la Russie, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles Moscou insiste pour que l’Ukraine soit « démilitarisée ». Et puis il y a les pipelines qui transportent vers l’Europe occidentale le gaz et le pétrole russe à travers l’Ukraine. Bien sûr, la Russie veut les contrôler. La Russie fournit 45% des importations européennes de gaz par ces gazoducs, mais ces dernières années, les États-Unis ont grignoté ce marché. La Russie est le troisième producteur mondial de gaz naturel. Les États-Unis sont les plus grands, et leur industrie gazière a connu une croissance prodigieuse, grâce à de nouvelles façons écologiquement dommageables de l’extraire (par fracturation hydraulique). Cependant, ces derniers temps, les États-Unis ont été aux prises avec une surcapacité et ont cherché agressivement de nouveaux marchés. Depuis 2018, ses exportations vers la plupart des pays de l’UE et le Royaume-Uni ont connu une rapide croissance. L’Allemagne faisait exception, terminus du nouveau gazoduc Nordstream2 sous la mer Baltique qui contourne l’Ukraine. Il n’est pas encore utilisé, et comme cela semble être le cas maintenant, il pourrait ne jamais l’être du tout. C’était l’espoir de la capitale allemande, celui d’un approvisionnement énergétique stable et rentable et d’élargir les relations commerciales avec la Russie en général. Aujourd’hui, l’Allemagne est de retour au bercail, investissant dans de nouveaux terminaux pour recevoir du gaz liquéfié en provenance des États-Unis. Les centrales au charbon très polluantes connaissent un nouveau souffle. La Commission européenne a annoncé un plan visant à réduire les importations de gaz russe de deux tiers d’ici l’hiver prochain et à y mettre fin d’ici 2027. Même si cet objectif n’est peut-être pas entièrement atteint, la direction est claire. Dans la mesure où la guerre en Ukraine est une guerre pour le marché européen de l’énergie – et cela fait clairement partie du tableau – les États-Unis ont déjà gagné.

La guerre actuelle ne vient pas de nulle part. La lutte pour l’Ukraine dure depuis 2008. En 2014, cette lutte est devenue une guerre. Depuis lors, les Ukrainiens et les Russes ont été inondés de propagande de guerre patriotique. Les Ukrainiens ont le malheur de vivre dans le pays que ni Moscou ni Washington ne veulent céder l’un à l’autre. Cela rappelle le jugement du roi Salomon : deux femmes ont toutes deux revendiqué la maternité d’un bébé. Salomon a dit : alors je vais couper le bébé en deux et vous en donner chacune une moitié. Ce à quoi la vraie mère a dit : non, donnez-le entier à ma rivale. Mais dans le cas du bébé Ukrainien, les deux femmes disent : coupez-le.

 

Désertez !

 

Les fausses et vraies nouvelles sont maintenant si mélangées qu’il est difficile de comprendre ce qui se passe exactement en Ukraine et en Russie. Par exemple, le 27 février, on nous a dit que treize soldats ukrainiens sur « Snake Island » avaient choisi de mourir pour la patrie. « Fuck you », c’est ainsi qu’ils auraient répondu à la demande d’un navire de guerre russe de se rendre. Dans les médias ukrainiens et occidentaux, leur héroïsme a été encensé au pinacle. Leur statue était déjà commandée, pour ainsi dire. C’était difficile à croire. Ces soldats étaient-ils tellement intoxiqués par la propagande qu’ils ont embrassé une mort inutile ? Comme les kamikazes, espéraient-ils être récompensés dans l’au-delà ? Personne ne profite de leur mort. Ils ne devraient pas être célébrés comme des héros, mais pleurés comme des victimes de la folie patriotique.

Heureusement, il s’est avéré assez rapidement que les soldats s’étaient finalement sagement rendus. Ouf. Même après qu’ils ont été montrés vivants et en bonne santé à la télévision russe, de nombreux médias occidentaux n’ont pas rapporté cette information.

Se battre pour la patrie n’est pas dans l’intérêt de la grande majorité de la population de l’Ukraine. Quels que soient les avantages de vivre dans un pays intégré à l’OTAN et à l’UE, ils ne l’emportent pas sur les inconvénients de la guerre. Quand, dans quelques semaines, mois ou années, les armes se tairont et que la fumée au-dessus des villes bombardées se dissipera, les Ukrainiens auront un pays empoisonné plein de ruines et de fosses communes. Et les pays occidentaux seront probablement moins généreux avec l’argent pour la reconstruction qu’ils ne le sont maintenant avec les armes.

Supposons que l’Ukraine « gagne » la guerre, qu’est-ce que les gens là-bas auront gagné ? « L’honneur de la nation » ? La liberté ? Après la fin de la guerre, Zelensky et les « oligarques » ukrainiens seront toujours riches, mais seule une profonde misère attend les Ukrainiens « ordinaires ».

La meilleure nouvelle que nous ayons entendue à propos de la guerre est que certains soldats russes sabotent leur propre équipement et désertent. On ne sait pas combien. Nous ne pouvons qu’espérer que la désertion deviendra massive. Des deux côtés. Que les soldats russes et ukrainiens fraternisent et retournent leurs armes contre leurs dirigeants qui les ont envoyés à la mort. Que les travailleurs russes et ukrainiens fassent grève contre la guerre. Les manifestations pour la paix ne peuvent à elles seules arrêter la guerre si la population continue à endurer la guerre et toutes ses conséquences. Cela ne devient possible que lorsque la grande masse, la classe ouvrière, se retourne contre la guerre. La Première Guerre mondiale a été stoppée par la révolte de la classe ouvrière contre la guerre, d’abord en Russie en 1917 et un an plus tard en Allemagne. Mais c’était il y a longtemps. Aujourd’hui, il n’y a pas d’atmosphère de rébellion de masse en Russie, mais les conséquences désastreuses de la guerre peuvent réveiller un géant endormi.

En Russie et en Ukraine, l’écart entre riches et pauvres s’est fortement creusé. Dans les deux pays, les « oligarques » (Poutine et Zelensky inclus) cachent des fortunes dans des paradis fiscaux offshore et paient peu ou pas d’impôts. Pendant ce temps, les salaires moyens réels en Ukraine n’ont pas été augmentés depuis douze ans, tandis que les prix ont fortement augmenté. Les dépenses sociales ont été réduites par les gouvernements ukrainiens successifs de 20 % du budget en 2014 à 13 % aujourd’hui. La grande majorité de la population ukrainienne était déjà pauvre et le sera beaucoup plus après la guerre. Ses intérêts et ceux de la classe dirigeante ne sont pas les mêmes. Tout comme en Russie. En Ukraine, les soldats russes et ukrainiens s’entretuent pour des intérêts antagonistes aux leurs.

 

Une coïncidence ?

 

Nous ne savons pas comment cette guerre va se terminer. Peut-être y aura-t-il une sorte de compromis qui permettra aux deux camps de prétendre qu’ils ont gagné, ce qui ne sera en fait qu’un répit en prévision de la prochaine guerre.

Depuis la « Grande Récession » de 2008, l’économie mondiale traverse une crise profonde. La rentabilité mondiale est tombée à des niveaux proches de leurs plus bas niveaux historiques. L’effondrement n’a été évité qu’en créant des sommes gigantesques d’argent et en préemptant massivement l’avenir. Au tournant du siècle, la dette mondiale s’élevait à 84 000 milliards de dollars. Lorsque la crise de 2008 a commencé, le compteur s’élevait à 173 000 milliards. Il a depuis augmenté de 71 % pour atteindre 296 billions d’ici 2021. Cela représente 353 % du revenu annuel total de tous les pays réunis !

 

  L’inflation monte en flèche et il n’y a pas de solution, pas de perspective de sortir du trou par des moyens « normaux ». Augmenter ou réduire les impôts, stimuler ou freiner les dépenses, réduire ou augmenter la masse monétaire, aucune recette ne fonctionne pour juguler la crise d’un système qui dépend de la croissance, de l’accumulation de valeur, mais qui est de plus en plus incapable de l’accomplir. La restauration de conditions favorables à l’accumulation de valeur nécessite une dévaluation du capital existant, une élimination massive des « branches mortes ».

Est-ce une coïncidence si, dans la même période d’insécurité économique croissante et de crise désespérée, les dépenses militaires mondiales ont augmenté d’année en année et que le nombre de conflits militaires a fortement augmenté ?

Les guerres font rage et les tensions augmentent à peu près sur tous les continents. Les États-Unis et la Chine ont accéléré leurs efforts d’armement avec, pour chacun d’eux, ceux de l’autre comme justification. Les dépenses mondiales d’armement se sont accrues de 9,3 % (en dollars constants) au cours de la dernière décennie et dépassent maintenant les 2 000 milliards de dollars par an. Le plus gros dépensier est, de loin, les États-Unis (778 milliards en 2020, soit une augmentation annuelle de 4,4 %) éclipsant tous les autres, y compris la Russie (61 milliards en 2020, soit une augmentation de 2,5 %). Les dépenses militaires totales en Europe en 2020 étaient 16 % plus élevées qu’en 2011. Même la récession déclenchée par la pandémie n’a pas freiné la tendance. En 2020, alors que le PIB mondial a diminué de 4,4 %, les dépenses mondiales en armement ont augmenté de 3,9 % et en 2021 de 3,4 %. La guerre en Ukraine accélère le processus. Les affaires vont exploser pour les producteurs d’armes dans les années à venir.

 

 

L’Europe est une fois de plus le lieu d’une possible conflagration mondiale. Mais il existe d’importantes différences en regard de moments historiques comparables au siècle dernier. Premièrement : le facteur nucléaire freine l’escalade. Deuxième différence : l’économie est plus mondiale que jamais. Les intérêts sont intimement liés. Vous ne pouvez pas punir votre ennemi économiquement sans couper dans votre propre chair. La Russie n’est que la onzième plus grande économie et sa principale exportation, le pétrole et le gaz, a été largement épargnée par les sanctions pour l’instant. Alors que l’Europe envoie des armes en masse à l’Ukraine pour combattre la Russie, le pétrole et le gaz russes continuent d’affluer vers l’Europe via l’Ukraine. La dépendance mutuelle limite l’escalade.

Mais ces deux freins à l’escalade ne constituent pas une garantie absolue. La ligne rouge que les puissances militaires sont censées ne pas franchir peut devenir une question d’interprétation, en particulier pour le camp perdant. La Russie a rendu publique en 2020 une nouvelle directive présidentielle sur la dissuasion nucléaire abaissant le seuil nucléaire « pour éviter l’escalade des actions militaires et la fin de telles actions à des conditions inacceptables pour la Russie et ses alliés ». Le seuil peut être abaissé par l’utilisation de « bombes sales » (càd qui combinent des explosifs conventionnels avec des matières radioactives), d’armes chimiques ou biologiques. À partir de là, une escalade vers les armes nucléaires tactiques peut ne pas sembler un écart si important. Et ainsi de suite. Faire confiance à la santé mentale de la classe dirigeante pour éviter une telle voie serait stupide.

L’imbrication des intérêts économiques n’est pas une garantie non plus. C’est ce que la situation actuelle montre clairement. La guerre est désastreuse pour les économies de la Russie et de l’Ukraine. La classe capitaliste des deux pays fera moins de profits en conséquence. L’économie mondiale dans son ensemble en souffrira également. Surtout des sanctions économiques, qui ont été surprenantes dans leur sévérité. C’est très mauvais pour le profit et pourtant la chasse au profit est ce qui le met en mouvement. La guerre et les sanctions vont accélérer et approfondir la récession à venir, récession qui devenait de toute façon inévitable. Maintenant la guerre peut être blâmée pour cela. Biden l’appellera « la récession de Poutine ». Poutine accusera la guerre économique de l’Occident contre la Russie.

Le durcissement du régime des sanctions après la guerre implique la préparation à de futurs conflits. Cela signifierait que, dans la dynamique actuelle du capitalisme, les profits sont sacrifiés pour gagner la guerre. En étant protectionnistes, les sanctions vont à l’encontre de la tendance à la mondialisation de la recherche du profit. Les relations commerciales sont rompues, les liens logistiques sont coupés. Mais dans l’économie de guerre, ils seraient réorganisés. Les cibles des sanctions - la Russie, l’Iran, la Corée du Nord et, à l’avenir, peut-être la Chine - pourraient s’unir contre l’ennemi commun. Les implications géostratégiques de la guerre feront l’objet d’un autre article. Ce qu’il faut retenir, c’est que nous ne pouvons pas faire confiance à la mondialisation pour nous protéger d’une guerre mondiale.

Mais il existe une troisième différence, cruciale, avec les moments de pré-guerre mondiale du passé. Il s’agit de la conscience. Ce dont toute classe dirigeante a besoin pour soumettre sa propre population à un effort de guerre totale, c’est de la destruction de la conscience de classe, de l’atomisation des individus et de leur unification dans la fausse communauté de la nation. Poutine n’a pas encore atteint cet objectif. Il n’a pas le peuple russe dans sa poche comme Hitler avait les Allemands. Il est vrai que, malgré les nombreuses protestations en Russie contre la guerre, la résistance à celle-ci reste pour l’instant limitée. Mais les manifestations patriotiques de soutien à Poutine n’ont été vues nulle part, à l’exception d’un rassemblement général auquel beaucoup ont été poussés par l’État à participer. Poutine, en dehors de ses capacités militaires, ne peut pas généraliser la guerre comme Hitler a pu le faire parce que son contrôle idéologique est trop faible. D’un autre côté, c’est la raison pour laquelle il doit forcer l’escalade guerrière : sans victoire, il risque de tomber de son piédestal comme la junte argentine après la défaite des Malouines.

De même, dans la plupart des autres pays ayant une tradition de lutte sociale, le contrôle idéologique est trop faible pour entraîner la population dans une guerre de grande ampleur. Mais la classe dominante y travaille. Nous sommes intoxiqués. Nous réapprenons à vénérer les soldats comme des héros, nous réapprenons à applaudir les victoires sur le champ de bataille, nous réapprenons à accepter que nous devons faire des sacrifices pour l’effort de guerre. Et s’il n’existe pas de solutions nationales à nos problèmes - crise économique, dérèglement climatique, pandémies, appauvrissement, etc. - nous apprenons qu’il n’y a rien de plus beau que de se battre pour les frontières, de mourir pour la patrie.

Ne les laissez pas vous formater. Comme Karl Liebknecht a conclu son appel au défaitisme révolutionnaire en 1915 : « Assez et plus qu’assez de massacres ! A bas les instigateurs de la guerre ici et à l’étranger ! Et fin au génocide ! »

 

Sanders, 23/03/2022, notre traduction.

 

Sources :
Données militaires : Sipri, IISS, Ruth Leger Sivard.
Données économiques : FMI, Banque Mondiale, Bloomberg News, Macrotrends.

 

 

 

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22 mai 2022

La retraite à 65 ans et la liquidation de l'AGFF

 

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La retraite à 65 ans et la liquidation de l'AGFF

C'est du haut de l' instance mondiale OCDE que le capitalisme nous informait que dorénavant les systèmes de retraite devenaient incompatibles avec le capitalisme et par conséquent que le capitalisme était incompatible avec  nos fin de vies. Les premières attaques des systèmes de retraite eurent lieu en Amérique latine. Elles correspondaient au retournement monétariste des années 1980 qui engendra la dite mondialisation/globalisation et ses montagnes de dettes. C’est dans ce contexte que la privatisation des systèmes de retraite a été menée d’abord au Chili (1981), puis au Pérou (1993), en Argentine et en Colombie (1994), en Uruguay (1995), au Costa Rica (1996) et au Mexique (1997). Les anciens systèmes de retraite par répartition ont été remplacés (totalement ou partiellement) par des fonds de pension privés.

Dans les pays de l’UE, c’est la course à qui avancera le plus vite pour faire sauter toute référence d’âge pour prendre sa retraite. Cette offensive de la classe capitaliste fut classée en trois catégories : ceux qui présentent des risques très élevés d’insoutenabilité des finances publiques (Chypre, Grèce, Hongrie, Portugal, République tchèque et Slovénie) ; ceux qui présentent des risques moyens (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Malte, Royaume-Uni et Slovaquie) ; et enfin, ceux qui ont des risques faibles (Autriche, Danemark, Estonie, Finlande, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, Pologne et Suède).

Pour les trois quart de l' humanité, la retraite reste l' apanage des pays industrialisés, quand les fonds de retraite ne disparaissent pas sous la spéculation boursière (affaire Madoff)

Au moment où j' écris ces lignes,(les présidentielles 2022) le débat sur l' âge de départ à la retraite refait surface en France. Macron veut revenir à la retraite à 65 ans , cette annonce est curieuse puisqu' officiellement la retraite en France est à 65 ans. La retraite à 60 ans fut en quelque sorte une dérogation que le président Mitterrand allait promouvoir, comme mesure anti-chômage. L'idéologie qui soutenait cette idée réformiste du « partage du travail entre tous » était le fer de lance du syndicat CFDT.

Naissance d'un nouveau prélèvement pour financer la retraite à 60 ans

L'Association pour la gestion du fonds de financement ( AGFF), créé en 1983 avait pour tâche de prélever des cotisations sociales assises sur les rémunérations des salariés cadres, cadres dirigeants et non cadres (statut Etam). Cette contribution se devait de financer la retraite complémentaire de salariés n'ayant pas atteint l'âge légal de la retraite complémentaire à taux plein (65 à 67 ans selon sa date de naissance), mais ayant cotisé la durée requise. Cette mesure évitait la décote des pensions des départs anticipés pour chaque chaque année de cotisation manquante, par rapport à l' âge légal de départ.

Cet accord AGFF permettait de bénéficier de la retraite complémentaire Agirc (cadres) et Arrco (salariés non cadre) sans abattement dès 60 ans à l'origine, puis porté à 62 ans par la réforme des retraites de 2010 sous la présidence Sarkosy.

Il aura fallu plus de dix ans (2003-2019) et de nombreuses luttes pour que l' AGFF qui était dans le couloir de la mort disparaisse en silence. La cotisation AGFF a été supprimée le 1er janvier 2019 et remplacé par la contribution d'équilibre général CEG.1

La prise de conscience collective, et la lutte contre la loi Fillon (I) de 2003

Des 2003, le monde du travail prenait conscience que si , l' AGFF n' était pas renouvelée, les abattements sur les retraites complémentaires seraient de l' ordre de 22% dès 60 ans et dégressifs ensuite. Dans les manifs, partout nous avons réaffirmé à l' époque notre droit à une retraite pleine et entière. Pendant que l' OCDE au non de la « liberté du travail » trouvait incompatible la préconisation d'une retraite obligatoire :

«  La retraite obligatoire est incompatible avec une politique générale cherchant à abolir la barrière de l' âge pour l' emploi et à offrir aux travailleurs un plus grand choix quant  au moment de leur retraite »

La rue va répondre aux prétentions de l'OCDE qui vise la retraite à 70 ans.

1995 et 2003 deux mouvements décisifs pour la défense du droit à la retraite public et privé.

Nous ne reviendrons pas sur la grève des cheminots de 1995 pour nous concentrer sur celles de 2003 ou l' AGFF fut au centre de la mobilisation du privé. En février 2003, c’est la très forte mobilisation des cheminots qui déferle sur la France : environ 665 000 manifestants dans tout le pays. Le 3 avril, la tension monte d’un cran : 725 000 manifestants et grévistes dans les rues des principales villes de France. Le gouvernement va chercher à isoler les cheminots en prétendant ne pas toucher aux régimes spéciaux, qui avaient été au centre du conflit de 1995. Les cheminots ne seront pas dupes de la manœuvre du gouvernement Raffarin et se lanceront dans la grève au côté des enseignants.

Le 13 mai, point fort du mouvement sous la Présidence de J.Chirac

Le 1er mai marque une pause : 415 000 participants, qui préparent déjà le grand coup de boutoir du 13 mai (2). Le conflit va s’amplifier, avec des grèves dans de nombreux secteurs, du public au privé. Les transports en région parisienne sont bloqués, des gares fermées : nombreux sont ceux qui ne pourront même pas se rendre aux manifestations. L’avertissement est de taille : 2 550 000 manifestants dans tout le pays.

Après le 13 mai, la grève s’installe. On ne parle plus que d’elle , elle est la vedette. A la RATP, le travail ne reprend pas et les enseignants pris dans un double étau (la réforme des retraites et la décentralisation), entrent de nouveau dans l'action le 19 mai. Il n’y a pas de grève générale, mais plutôt des déferlantes de grève.

L’accord du 15 mai, approuvé par les syndicats CFDT et CFE-CGC, malgré quelques reculs du gouvernement n’a rien changé sur le fond, d’autant moins qu’à aucun moment il n’a été question de pérenniser l’Association pour la gestion du fonds de financement de l’Agirc et de l’Arrco (AGFF) (3), qui seule permet de garantir une retraite totale (Sécurité sociale et complémentaire) aux salariés du secteur privé. Comme le projet de réforme a volontairement laissé de côté l’AGFF, la garantie donnée par le gouvernement de ne pas remettre en cause le départ à 60 ans ne vaut rien, elle n’est qu’un mensonge par omission, comme tout le reste d’ailleurs.

La loi Fillon veut abolir le seuil des 40 annuités

Ce qui est bien réel dans la réforme, c’est que le gouvernement et le patronat veulent franchir le seuil des 40 annuités pour tous, pour atteindre 41 années en 2012 et 42 ans en 2020. Ce qui signifie des départs à la retraite à 65 ans et plus, si l’AGFF n’est pas reconduite.Quel salarié modeste va pouvoir envisager de perdre sur sa partie de retraite complémentaire 22 % à vie ? Dans un contexte, en outre, où la revalorisation des retraites sera calculée en fonction d ’un indice bidon (4), qui sera même bloqué.

Patronat et gouvernement sont tellement sûrs de provoquer une érosion du montant des retraites et pensions (5) qu’ils fixent une garantie de 85 % du SMIC, calculé non plus sur 150 trimestres mais sur 160. Tous les salariés n’ayant pas leurs pleins droits seront condamnés à la misère. Pour 4 salariés sur 10, pour deux tiers des femmes, la « garantie » tombera à 78,4 % du SMIC.

Briser le front syndical et médiatiser la reprise

Dès le 15 mai, le gouvernement commence à mettre en scène sa stratégie de reprise du travail. Le pantin Chérèque de la CFDT retire son organisation du front syndical et approuve, comme la CGC, le projet de réforme. Pendant que les autres organisations syndicales préparent la grande démonstration de force du dimanche 25 mai : une sorte de bouquet final du feu d’artifice, et ensuite on rentre chez soi.

Cependant, le 25 mai sera encore une démonstration impressionnante de l’énergie avec laquelle les salariés du public et du privé agissent contre le projet de réforme des retraites. Plus de 600 000 manifestants à Paris, les syndicats (CGT, FO, FSU et UNSA) ayant fait monter à Paris, par car, des manifestants de province.

Après le 25 mai, le mouvement va prendre progressivement d’autres formes, plus radicales. Le 3 juin il y a encore 250 000 manifestants à Paris, de la gare du Nord à la place de la Nation. La ville de Marseille se révèle d’une combativité plus forte que les autres (240 000 manifestants). Toulouse, Nantes, Lyon, Clermont-Ferrand et Bordeaux suivent. Cependant des signes d’essoufflement se manifestent : au niveau national les cheminots ne sont plus que 41 % en grève, contre 60 % le 13 mai.

Le gouvernement passe à la répression ouverte

Le 10 juin, date d’ouverture du débat parlementaire, nouvelle manifestation. Ce sont de nouveau plus de 200 000 manifestants qui se dirigent vers l’Assemblée nationale. La place de la Concorde est noire de monde et les forces de l’ordre imposantes. Juste après l’heure officielle à laquelle la manifestation doit se disloquer, les CRS entrent en action. Ils déversent sur les derniers manifestants une pluie de gaz lacrymogènes qui les contraint à reculer dans la rue Royale (ils sont environ 5 000). Sous la poussée des forces de l’ordre, ils sont contraints de se replier vers l’Opéra.

Le dimanche 15 juin, la droite mobilise ses troupes et organise une manifestation contre les grèves;comme en Mai 68.

Le jeudi 19 juin, les manifestants, encore nombreux, savent que le mouvement va progressivement se terminer. Ils réclament le paiement des jours de grève pendant que d’autres, la haine au ventre, scandent : « On ne lâchera pas. Rendez-vous en septembre. » Alors que les premières mesures de la réforme Raffarin commencent à tomber (résiliation des accords de préretraites), la cible va encore s’élargir au cours des mois à venir.

L'Etat va tirer les leçons de son échec.

https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000001317/manifestations-contre-la-reforme-des-retraites-presentee-par-le-gouvernement-fillon.html

Le gouvernement de droite vient n' est pas parvenu à ses objectifs et notamment celui de liquider l' AGFF, la réforme des retraites n' est pas achevée et c' est à N.Sarkosy au pouvoir en 2007 de reprendre le flambeau de la réforme. C'est alors le premier ministre François Fillon qui va devoir mener cette réforme des retraites. La mesure phare de la réforme Fillon (I) 6de 2003 a été l'allongement de la durée de cotisation nécessaire pour prétendre, après 60 ans, à une retraite à taux plein.

  • Alignement de la durée de cotisations des fonctionnaires sur celle des salariés du privé : les fonctionnaires sont progressivement passés de 37,5 années de cotisation à 40 ans en 2008.

  • Allongement de la durée de cotisation pour tous au-delà de 40 ans : elle a progressivement atteint 41 ans (164 trimestres) en 2012. Le critère d'âge de départ à la retraite pénalisait les personnes qui avaient commencé à travailler très jeunes. Elles ne pouvaient pas partir à la retraite alors qu'elles avaient cotisé le nombre de trimestres nécessaire.

  • Le dispositif de départ en retraite anticipée a ainsi été mis en place pour permettre à ceux dont la carrière à débuté à 14, 15, 16 ou 17 ans de partir en retraite après 42 ans de cotisations, c'est-à-dire entre 56 et 59 ans. La petite victoire des syndicats signataires de l' accord.

  • La création d'un système de surcote qui incite à prendre sa retraite plus tard : la pension est majorée lorsqu'on travaille au-delà de 60 ans et de la durée légale de cotisation. Une décote existait déjà, mais son montant a été réduit.

  • La revalorisation des retraites les plus faibles : le minimum contributif a été relevé. L'objectif poursuivi est qu'un assuré ayant cotisé toute sa vie au SMIC ne puisse pas percevoir moins de 85 % du SMIC en pension de retraite.

Le mouvement social contre la réforme Fillon II des retraites

Dés le mois de mars 2010, des manifestations seront organisées à huit reprises dans toute la France contre le relèvement de 60 à 62 ans l' âge légal de départ à la retraite et de 65 à 67 ans l' âge pour toucher une retraite pleine et entière. Telles sont les raisons qui poussent les manifestants à s'opposer à cette réforme conduite par le ministre du Travail Éric Woerth.

Les huit principaux syndicats français : la CGT, la CFDT, FO, la CFTC, la CGC, l'Unsa, Solidaires et la FSU, sous la pression de la base vont organiser des manifestations jusqu' à l'automne 2010. Ils ont été suivis par les syndicats lycéens UNL, FIDL et SGL, et étudiants UNEF, SUD Étudiant ou FSE. Les secteurs les plus mobilisés ont été l'éducation, les transports, l'énergie et l'audiovisuel public. La réforme sera adoptée, dés le 1er juillet 2011, l’âge légal de départ à la retraite recule progressivement de 4 mois par génération pour passer de 60 ans à 62 ans. Cette réforme impacte surtout les départs à la retraite des personnes nées à compter du 1er juillet 1951. De ce fait, l’âge du taux plein de 65 ans connaitra lui aussi un relèvement progressif le portant à 67 ans à l’horizon 2023.

En 2012, le socialiste François Hollande arrive au pouvoir.

La gauche socialiste va revenir aux affaires, elle poursuivra la réforme des retraites. Cependant s'attaquer à une conquête de la gauche du « programme commun » ne sera pas une mince affaire pour le nouveau président François Hollande. Il va d'une part comme l' avait fait son prédécesseur Nicolas Sarkozy allonger de six trimestres le temps de cotisation de 2020 à 2035. Ce qui veut dire que les salariés nés en 1973 seront dorénavant rivés au boulot jusqu’à 68 ans. D' autre part s' attaquer au statut des cheminots.

Le Medef (patronat français) veut une réforme rapide et une stratégie à moyen terme pour museler et liquider le syndicalisme de base qu'il pensait devenu inopérant. Etat et patronat vont désormais s' attaquer aux ennemis de la réforme. Les cheminots sont en ligne de mire ainsi que tout le syndicalisme de base de l' extrême gauche soixante-huitarde...

Affaiblir le pouvoir syndical et son pôle revendicatif, fut fait en liquidant les acquis du Conseil National de la Résistance CNR, en faisant en sorte que les élections de délégués du personnel ne se fassent plus tous les ans (sources d' agitation). Les cheminots, vont se faire dissocier à plusieurs reprises, d' abord par la création du réseau ferré de France (RFF) ensuite par la division en trois EPIC de la SNCF.7En fin de mandat le socialiste Hollande fait passer la loi El Khomri le 9 août 2016

Européanisation des réseaux ferrés.
C’est dans ce contexte instable que le démantèlement de la SNCF va commencer dans le sens d’une européanisation des réseaux.8

« Les chemins de fer européens se rapprochent d’un carrefour majeur. Face à la stagnation ou au déclin de nombreux réseaux ferrés d’Europe, l’alternative est simple. Soit nous prenons les décisions difficiles qui sont nécessaires pour restructurer le secteur ferroviaire européen et promouvoir l’innovation et l’offre de services de meilleure qualité, et le rail retrouvera alors la voie de la croissance, pour le plus grand bénéfice des citoyens, des entreprises et de l’environnement. Soit nous empruntons l’autre chemin, qui consiste à se résigner à un glissement irréversible vers une Europe dans laquelle les chemins de fer ne seront plus qu’un jouet de luxe pour quelques Etats prospères, hors de portée de la plupart des autres eu égard à la raréfaction des financements publics. »
Nouvelle convention collective et statut des cheminots
Le gouvernement Hollande veut maintenant avancer vite sur la question de la convention collective nationale et compte régler l’affaire avant fin 2016. Il ne faut surtout pas perdre de vue dans cette réforme du ferroviaire que l’objectif vise à l’intégration du ferroviaire au niveau européen. Guillaume Pepy, PDG de la SNCF, avait même proposé fin 2010 de discuter d’une convention collective européenne, avec l’argumentation suivante:
« Si on ouvre à la concurrence en 2015, et que des “Ryantrain” viennent s’installer, ce ne sera pas une concurrence entre les services, mais entre les statuts sociaux. Il ne doit pas y avoir de règles différentes de temps de travail entre des conducteurs SNCF et d’autres. » Aujourd’hui, c’est le cas dans le fret. « Je ne dis pas qu’il faille aligner tous les cheminots ou les décranter. Je dis qu’il faut discuter », affirme le PDG.
Du point de vue des rapports de forces futurs, une convention unique à l’échelle européenne serait préférable, seulement elle serait a minima et négociée avec la centrale européenne syndicale (CES), dont nous savons qu’elle n’est là que pour accompagner les réformes du système contre les intérêts des salariés.

Emmanuel Macron arrive au pouvoir en 2017,

Il commence son quinquennat par un projet de réforme des retraites plus centralisateur visant la fusion des différente caisses de retraite (42 caisses) pour atteindre un système universel ayant vocation à simplifier le système. Il va par ordonnances et la « loi travail » modifier en profondeur la représentativité des travailleurs dans l' entreprise, sans protestation des syndicats. Cinq ordonances du 23 septembre 2017 seront émises à ce sujet. Il s' agit de la mise en place d' un conseil social et économique. Celui ci va concentrer en un seul organisme ce qui était du ressort de trois organismes distincts:délégués du personnel (DP), comités d' entreprise (CE) et comité d' hygiène et de sécurité (CHSCT),l'opération fera perdre 50% des représentants du personnel aux syndicats.

En ce qui concerne la retraite à 65 ans Macron voulait la aussi passer par ordonnances, c'est au cours de son débat télévisé avec Marine Le Pen qu'il va faire marche arrière. Il va lisser le sujet dans le temps, la manœuvre fut préventive et visait à déactiver tout mouvement sur la question sensible des retraites pour sa réélection. La CFDT et son leader Laurent Berger ayant déjà proposé au futur gouvernement un moyen pour. financer les retraites. Tout en donnant l'impression de s'opposer à Macron, le secrétaire général de la CFDT va rejoindre E.Macron sur le minimum via la retraite universelle à bas coût.

“Je ne comprends pas le point de départ, l’objectif, de cette réforme”, a indiqué Laurent Berger,le vendredi 29 avril sur franceinfo, concernant la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron avec le recul de l'âge légal à 65 ans. “Si l’objectif de cette réforme c’est l’équilibre des comptes des retraites, il n’y a pas besoin d’aller sur un report de l’âge légal”, a-t-il estimé.

Taxer les successions.

Il a ainsi proposé de mettre en placeune taxation sur la transmission de patrimoine", autrement dit taxer les successions.C’est l’une des inégalités les plus fortes dans notre pays”, a-t-il assuré, soulignant que 10% de la population détient 50% du patrimoine”. La CFDT s'est dite"opposée au report de l’âge légal” de départ à la retraite, convaincue qu'il faut "rester à 62 ans”. Une manière de s'opposer à la revendication de La France insoumise  fixant l'âge de départ à 60 ans. Laurent Berger prétend à un systéme de retraite plus juste, encore un mot creux qu'il complète par cette déclaration:

 “Notre richesse, c’est notre système de retraite par répartition, il est quasiment à l’équilibre, son problème c’est son injustice intrinsèque”, a-t-il expliqué, pointant du doigt le cas des femmes qui onten moyenne autour de 20 à 30% de retraite en moins que les hommes”. Il a par ailleurs défendu une retraite minimale"équivalente au Smic", pourceux qui ont travaillé toute leur vie”, soit 1 300 euros net”, là où Emmanuel Macron propose 1 100 euros. Vous aurez compris que le système plus juste c' est la retraite universelle à minima de E.Macron.

A suivre G.Bad mai 2022

Notes

1Instaurée en 2019 à la suite de la fusion AGIRC-ARRCO, la contribution d’équilibre générale (CEG) fait partie, avec la nouvelle contribution d'équilibre technique (CET), des contributions d’équilibre du régime de retraite complémentaire AGIRC-ARRCO. Elle permet :

  • La compensation des charges financières résultant des départs à la retraite des salariés avant 67 ans

  • De maintenir les droits des personnes qui ont cotisé à la Garantie minimale de point (GMP) : ce dispositif, supprimé en 2019, permettait aux salariés cadres dont le salaire était inférieur au plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) d’obtenir minimum 120 points de retraite complémentaire par an

2-Il assure qu’« aucune mesure [...] ne tend à diminuer le montant des retraites dont bénéficient les cotisants ayant effectué une carrière complète ». En somme le montant des retraites est maintenu, dans le meilleur des cas, par un allongement du temps au travail, par un accroissement de l’usure vitale des salariés vieillissants et donc des risques de décès prématurés.

3-Le terme technique de « proratiation » recouvre une détérioration du mode de calcul des retraites dans le secteur privé. La loi Balladur de 1993 a fait passer la durée de validation de la période de cotisation ouvrant droit à une retraite pleine de 37,5 années à 40 années. Mais pour le calcul du salaire de référence, on était resté à 37,5 années (150 trimestres). Le projet réaffirme que le calcul de la pension sera progressivement porté à 160 trimestres au lieu de 150 d’ ici 2008 (deux trimestres par an à partir du 1er janvier 2004). Ce qui pénalisera financièrement les salariés qui n’auront pas le nombre d’années de cotisation nécessaire. Si le salarié a moins de 150 trimestres, sa pension est diminuée en proportion. Par exemple, s’il a travaillé seulement 120 trimestres, il touchera 80 % d’une pension à taux plein, soit 40 % du salaire de ses vingt (vingt-cinq à partir de 2008) « meilleures » années (celles où il a touché le salaire le plus élevé).

4-Le projet de loi compte lancer une campagne de une propagande nationale en faveur du travail salarié au-delà de 55 ans. Pour y inciter, il se propose de pénaliser financièrement les dispositifs d’inactivité des entreprises. Mesure qui va justifier les dénonciations d’accords de départ anticipé. A noter que sept entreprises sur dix disposent d’un programme de préretraite. L’article 9 autorise le cumul retraite-activité salariée, si le total des deux revenus reste inférieur au dernier salaire perçu par lapersonne concernée. Il est donc possible de reprendre de l’activité chez son dernier employeur, avec un délai minimum de six mois après le départ en retraite.

Ce délai permet aux patrons d’attendre sans embaucher personne, le retour du retraité dans l’entreprise, sans obligation de compléter sa pension au niveau de son salaire antérieur.

Le licenciement des salariés âgés

L’article 14 exonère l’employeur de la contribution mise à sa charge quand il procède au licenciement d’un salariés embauché à partir de 45 ans (cette mesure libère l’employeur des pénalisations sur les licenciements de salariés âgés.) La porte est grande ouverte pour que les préretraites soient remplacées par des licenciements.

5-Le projet compte supprimer le système des « préretraites progressives » financé par l’entreprise et l’Etat.

6-La réforme Fillon de 2003 La loi du 21 août 2003),

7-Un EPIC (établissement public à caractère industriel ou commercial) est une entreprise publique chargée de la gestion d’une activité de service public industriel et commercial. Exemples : la RATP, la Comédie Française, la Cité de la musique, l’Economat des armées, l’Ifremer, l’INA, l’Agence nationale des déchets radioactifs (Andra), le Commisariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, l’Office national des forêts...La loi du 4 août 2014 a remodelé le groupe public ferroviaire, constitué de 3 EPIC : EPIC SNCF, EPIC SNCF Mobilités, EPIC SNCF Réseau sous le vocable de SNCF Réseau en date du 1er janvier 2015.

8-En 2009 le système de signalisation et de gestion du trafic ferroviaire est devenu le même pour tout le réseau européen. La séparation des infrastructures d’avec la gestion, ayant pour conséquence l’éclatement de la SNCF en deux sociétés distinctes ; la création du Réseau Ferré de France (RFF) pour les infrastructures et la SNCF pour l’exploitation. RFF hérite de la dette SNCF et donc de celle de l’Etat qui est mise en couveuse dans l’EPIC RFF.

A VOIR AUSSI

    1. La grande attaque mondiale sur les retraites: Le prologue ...

 

https://fr.communia.blog/la-grande-attaque-mondiale-sur-les-retraites...

28/06/2020 · L’âge de la retraite ne sera pas relevé, il est actuellement fixé à 62 ans, mais la prochaine réforme visera à rendre pratiquement impossible de prendre sa retraite à 62 ans si l’on veut être payé au-delà du minimum. En gros, il s’agit de mettre les fonctionnaires à la retraite à 65 ans et d’obliger les petits employeurs à payer plus de cotisations ces dernières années

 

 

 

 

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07 mai 2022

Dans la presse révolutionnaire Mai 2022

Dans la presse révolutionnaire Mai 2022

Manifeste pour des brigades internationale de la bourgeoisie en Ukraine.

jeudi 5 mai 2022, par Courant Alternatif

http://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article3149

La bourgeoisie de plateaux télé semble unanime. Il faut se ranger d’un bloc derrière l’Ukraine et son si héroïque président Zelensky. Mieux. Il faut plus d’armes, plus de bombes, plus de morts pour pouvoir sauver le monde libre de l’affreux Poutine. Il faudrait même carrément faire la guerre à Poutine. Face à cette demande toujours plus pressante nous avons une proposition politique : allez y les gars !

 

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Royaume-Uni: Boris Johnson salue «l’heure de gloire» de l’Ukraine et s’engage à fournir davantage d’équipements militaires

Le Royaume-Uni continue de se positionner comme la voix principale en Europe en faveur d’une escalade de la guerre OTAN-Russie au sujet de l’Ukraine, afin de s’attirer les faveurs des États-Unis.

Thomas Scripps•il y a 13 heures

Washington promet de faire la guerre contre la Russie «jusqu'à la victoire»

La présidente de la Chambre américaine a pris des engagements qui risquent d'entraîner le monde dans ce que le président Joe Biden a traité de «guerre mondiale».

Andre Damon•3 mai 2022

Discours du 1er mai 2022

La guerre OTAN-Russie et les tâches de la classe ouvrière internationale

Voici le texte du discours d’introduction prononcé par le président du comité de rédaction international du WSWS, David North, lors du rassemblement international en ligne du 1er mai 2022.

David North•3 mai 2022

Pelosi promet la «victoire» à Kiev, les républicains soutiennent l’envoi de troupes et font allusion à l’utilisation d’armes nucléaires

Andre Damon•3 mai 2022

La Grande-Bretagne va déployer 8.000 soldats dans le cadre d’une vaste opération anti-russe

Robert Stevens•2 mai 2022

Le Canada envoie des armes lourdes en Ukraine, tout en accusant Moscou de «génocide»

Matthew Richter, Roger Jordan•2 mai 2022

Biden étend massivement la guerre des États-Unis avec la Russie

Andre Damon•30 avril 2022

L’Allemagne fournit des armes lourdes à l’Ukraine, augmentant le risque de guerre nucléaire

Peter Schwarz•30 avril 2022

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LA RUSSIE UTILISERA-T-ELLE DES ARMES NUCLÉAIRES EN UKRAINE?

28 avril 2022 Robert Bibeau 9 Commentaires

Source Communia. This article is available in 5 languages on this webmagazine: 9.28.29.04.2022-BOUCHA-ONU-COMMUNIA-English-Italiano-Spanish Lancement d’un missile nucléaire Iskander le 19

 

 

Les États-Unis sont «aux commandes» de la guerre, selon un journaliste français de retour d’Ukraine

26 avril 2022 Robert Bibeau 8 Commentaires

Par Paul Joseph Watson − Avril 2022 − Source Summit News Un journaliste français, de retour d’Ukraine

Contre toute guerre réactionnaire quel qu’en soit le prétexte

15 avril 2022 Robert Bibeau 3 Commentaires

Par Radicaux de gauche d’Afghanistan (LRA) La gauche radicale d’Afghanistan (LRA) dénonce l’invasion russe de l’Ukraine en même temps que

 

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25 avril 2022

L’alliance Pentagone-complexe militaro-industriel s’enrichit avec la crise ukrainienne. Nouvelle ruée vers l’or et désastre en d

21 avril 2022 Alencontre Etats-Unis, Russie, Ukraine 0

Par William D. Hartung et Julia Gledhill

L’invasion russe de l’Ukraine a apporté d’immenses souffrances à la population de ce pays, tout en suscitant des appels à l’augmentation des dépenses militaires tant aux Etats-Unis qu’en Europe. Bien que cette guerre puisse s’avérer être une tragédie pour le monde, un groupe en profite déjà: les industriels de l’armement des Etats-Unis.

ajoutant que «nous voyons, je dirais, des opportunités de ventes internationales… [L]es tensions en Europe de l’Est, les tensions en mer de Chine méridionale, toutes ces choses exercent une pression sur certaines dépenses de défense là-bas. Je m’attends donc à ce que nous en tirions un certain profit.»

Fin mars, dans un entretien accordé à la Harvard Business Review après le début de la guerre en Ukraine, Hayes a défendu la manière dont son entreprise allait tirer profit de ce conflit:

«Je ne m’excuse donc pas pour cela. Je pense qu’une fois de plus, nous reconnaissons que nous sommes là pour défendre la démocratie et le fait est que nous finirons par en tirer un certain bénéfice au fil du temps. Tout ce qui est expédié en Ukraine aujourd’hui, bien sûr, provient des stocks, soit du DoD [le ministère de la Défense], soit de nos alliés de l’OTAN, et c’est une excellente nouvelle. Nous finirons par devoir les réapprovisionner et nous en tirerons un avantage pour l’entreprise au cours des prochaines années.»

Des armes pour l’Ukraine, des profits pour les industriels

La guerre en Ukraine sera en effet une aubaine pour des entreprises comme Raytheon et Lockheed Martin. Tout d’abord, il y aura les contrats de réapprovisionnement en armes telles que le missile antiaérien Stinger de Raytheon et le missile anti-char Javelin produit par Raytheon/Lockheed Martin que Washington a déjà fourni à l’Ukraine par milliers. Cependant, le flux de profits le plus important proviendra des augmentations assurées des dépenses de «sécurité nationale» après le conflit, ici et en Europe, justifiées, du moins en partie, par l’invasion russe de l’Ukraine et le désastre qui s’en est suivi.

En effet, les transferts directs d’armes vers l’Ukraine ne reflètent déjà qu’une partie de l’argent supplémentaire destiné aux entreprises militaires des Etats-Unis. Rien que pour cette année fiscale, ces dernières sont assurées de récolter également des profits importants de l’Initiative d’assistance à la sécurité en Ukraine du Pentagone (Ukraine Security Assistance Initiative-USAI) et du programme de financement militaire étranger (Foreign Military Financing-FMF) du département d’Etat, qui financent tous deux l’acquisition d’armes et d’autres équipements étatsuniens, ainsi que la formation militaire. Ce sont, en fait, les deux principaux canaux d’aide militaire à l’Ukraine depuis le moment où les Russes ont envahi et se sont emparés de la Crimée en 2014. Depuis lors, les Etats-Unis ont engagé environ 5 milliards de dollars d’aide à la sécurité dans ce pays.

Selon le département d’Etat, les Etats-Unis ont fourni cette aide militaire pour aider l’Ukraine à «préserver son intégrité territoriale, sécuriser ses frontières et améliorer l’interopérabilité avec l’OTAN». Aussi, lorsque les troupes russes ont commencé à se masser à la frontière ukrainienne l’année dernière, Washington a rapidement fait monter les enchères. Le 31 mars 2021, le commandement américain pour l’Europe a déclaré une «crise potentielle imminente», compte tenu des quelque 100 000 soldats russes déjà présents le long de cette frontière et en Crimée. A la fin de l’année dernière, l’administration Biden s’était engagée à fournir 650 millions de dollars d’armement à l’Ukraine, notamment des équipements antiaériens et antiblindés tels que le missile antichar Javelin de Raytheon/Lockheed Martin.

Malgré ces niveaux élevés d’assistance militaire des Etats-Unis, les troupes russes ont effectivement envahi l’Ukraine en février. Depuis lors, selon les rapports du Pentagone, les Etats-Unis se sont engagés à fournir une aide militaire d’environ 2,6 milliards de dollars à ce pays, ce qui porte le total de l’administration Biden à plus de 3,2 milliards de dollars et continue d’augmenter.

LIRE LA SUITE-

http://alencontre.org/ameriques/americnord/usa/le-pentagone-senrichit-avec-la-crise-ukrainienne-nouvelle-ruee-vers-lor-et-desastre-en-devenir.html

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23 avril 2022

Un ancien directeur de l’ONU, oligarque et chef de guerre mitraille le prolétariat kazakh…

Un ancien directeur de l’ONU, oligarque et chef de guerre mitraille le prolétariat kazakh…

Publié le 3 Avril 2022 par Pantopolis in actualité politique

 

pantopolis_kazak

Emeutes Au Kazakhstan, le président autorise les forces de l'ordre à "tirer sans avertissement" sur les "bandits armés"

Un ancien directeur de l’ONU, oligarque et chef de guerre

mitraille le prolétariat kazakh…

 

Dans article du quotidien français Le Monde, publié dans la rubrique «idées», on peut lire la supplique inquiète d’une ancienne fonctionnaire internationale à Antonio Guterres, secrétaire de l’ONU, ancien vice-président de l’« Internationale socialiste » et ancien Haut-Commissaire pour les réfugiés[1]. Il lui est « recommandé » de « faire de la politique ».

Mais dans l’intérêt de qui et avec quels buts ?

Lors du sommet à grand spectacle sur le climat tenu à Glasgow (1er-13 novembre 2021), plus de 500 lobbyistes des principaux pollueurs de la planète, représentant le grand capital des combustibles fossiles (Shell, BP, Gazprom, Total Énergies, Engie…) avaient été conviés à participer aux « pourparlers » bla-bla-bla (dixit Greta Thunberg) sur le climat. Autrement dit, les grands groupes capitalistes de l’énergie mondiale étaient bien là pour promouvoir « leur » gaz et « leur » pétrole, quelles que soit leur nationalité et leur appartenance à tel ou tel bloc impérialiste (russe et occidental). Leur attitude est parfaitement limpide : les grands groupes se moquent éperdument de la décroissance programmée des énergies fossiles; ils comptent poursuivre leur implantation partout où c’est possible – dans l’Arctique, dans les forêts primaires, etc. – au risque de détruire encore plus la nature. Leurs buts géostratégiques sont sans équivoque. Il s’agit pour les grands groupes de contrôler une matière première fondamentale à la consolidation et surtout à l’expansion de chacun des grands blocs ou des moyennes puissances impérialistes. La course effrénée à la construction d’oléoducs et de gazoducs se poursuit sans relâche, aussi bien vers la Chine que vers l’Europe. Cette course s’insère dans une géopolitique musclée de contrôle des pays sur lesquels passent ces pipelines. Elle s’insère dans une confrontation entre grandes puissances pour le contrôle total, non de mythiques et fumeuses « routes de la soie », mais des routes du gaz et du pétrole.

Dans la réalité, ces grands groupes font bien de la politique, avec ou sans l’égide de l’ONU : c’est une politique de conquête impérialiste. Le Kazakhstan en est une forte illustration. Ancien membre de l’empire soviétique, cinq fois plus grand que la France, il joue un rôle majeur en Asie centrale comme centre de production et d’exportation de matières premières stratégiques (deuxième producteur mondial d’uranium et 40 p. 100 du marché). Il est au centre d’une confrontation entre la Russie, les pays occidentaux, le Japon (dans le cadre du dialogue « Asie centrale plus Japon), et surtout la Chine dont la formidable croissance économique passe par le contrôle des routes de l’énergie et des matières premières à travers le monde asiatique.

Situé au large du Kazakhstan, dans les grandes profondeurs de la Caspienne, Kachagan est l’un des trois plus grands champs pétroliers et gaziers du pays (avec Karachaganak et Tengiz). Il s’agit de l’une des plus récentes découvertes pétrolières de ces dernières années. Elle est gérée et exploitée par un consortium de coentreprises enregistré aux Pays-Bas. Depuis 2015, la North Caspian Operating Company NV (NCOC) est l’opérateur du projet. TotalEnergies (France), E&P Kazakhstan (compagnie kazakhe), ainsi que des filiales d’ExxonMobil (US), de Shell (Royaume-Uni/Pays-Bas), et de Eni (Italie) se partagent chacune 16,81 % des parts du consortium, le reste étant détenu par des filiales de l’entreprise d’État KazMunayGas (16,88 %), de la China National Petroleum Corporation (CNPC : 8,33 %) et d’Inpex (Japon : 7,56 %)[2]. Toutes ces compagnies ont bien sûr dissimulé leur importante contribution à la pollution de la mer Caspienne (dont le niveau baisse rapidement avec le réchauffement climatique) et des terres exploitées, en cas de rupture des oléoducs[3].

La classe capitaliste kazakh est immensément riche, étalant sans vergogne son luxe dans la nouvelle capitale Nur-Sultan ainsi que dans les riches faubourgs d’Almaty. Comme les oligarques russes et ukrainiens, elle a mis à l’abri son immense fortune dans les paradis fiscaux les plus sûrs. Le premier oligarque kazakh est Tokaïev, président de l’Assemblée du peuple (sic) et chef du conseil de sécurité du Kazakhstan, chargé de maintenir l’ordre capitaliste, depuis les émeutes de janvier 2022. Tokaïev – comme Poutine en Suisse – a su ménager ses arrières en cas de troubles sociaux graves[4].

Le 3 janvier 2022, débuta une grève générale des travailleurs dans la région de Mangistau, qui s’est rapidement étendue à d’autres régions du pays. Dans l’ancienne capitale du Kazakhstan, Almaty (Alma-Ata), des affrontements éclatèrent entre manifestants et forces répressives; il y eut des centaines de tués et blessés, sans compter les milliers d’arrestations, avec leur cortège de tortures et de « disparitions» forcées. 

Ce mouvement social ouvrier a été qualifié de « terroriste » par le pouvoir, voire de « fomenté par des agents de l’étranger » (sous-entendre l’Occident). Pourtant, il s’est propagé comme une traînée de poudre, puis a pris une forme plus ou moins organisée lors des rassemblements de protestation. Il traduit une véritable exaspération face au pouvoir, dont la réelle richesse se mesure en étalage de luxe tapageur et en ouvertures de comptes secrets en Suisse ou ailleurs et par la croissance exponentielle de la corruption.

Les manifestants ne réclamaient rien d’autre que leur dignité matérielle et sociale : abolition de la hausse des prix du gaz; augmentation des salaires de 100 %; annulation du relèvement de l’âge de la retraite; prise de mesures concrètes contre le chômage; abolition de la vaccination obligatoire contre le COVID-19, et fin des confinements et mesures de ségrégation arbitraires, etc.[5]

Pendant les manifestations, les plus défavorisés, principalement des jeunes chômeurs et des migrants de l’intérieur, faute de perspectives politiques, ont pillé de nombreux grands centres commerciaux, magasins et succursales bancaires. Dans un certain nombre de cas, les forces de répression refusèrent de tirer sur les émeutiers.

Cette indécision première des forces de l’ordre capitaliste ne dura guère. Tokaïev adopta très vite la pose du dictateur trempant sans hésitation ses pieds et ses mains dans le sang des exploités. Dans une allocution télévisée, il promit même « l’élimination » physique de 20.000 « bandits armés » ou « terroristes » armés par l’étranger :

« Celui qui ne se rendra pas sera éliminé. J’ai donné l’ordre aux forces de l’ordre et à l’armée de tirer pour tuer, sans sommation »[6].

Tokaïev, dans l’incapacité d’assurer un retour à l’ordre usuel des affaires capitalistes, demanda alors l’aide de l’alliance militaire dirigée par la Russie – elle comprend également l’Arménie, le Kirghizistan, le Tadjikistan et le Bélarus. 3.000 soldats intervinrent sur cet immense territoire jusqu’au 13 janvier.

L’opération russe, cette fois-ci « non spéciale », visait aussi à faire pression sur le Kazakhstan pour qu’il reconnaisse officiellement l’annexion de la Crimée et s’amarre plus fermement au char russe. Cette opération est surtout un avant-goût de toutes les opérations de banditisme impérialiste présentes et à venir. Le ministère russe de la défense put annoncer, le 13 janvier, que les 3.000 soldats (russes, biélorusses, arméniens, tadjiks et kirghizes) « se sont retirées ». L’ordre régnait à Almaty et Nur-Sultan.

Cette invasion militaire qui n’ose dire son nom est présentée dans un style typiquement onusien, comme une mission « humanitaire ». Le général russe Andreï Serdioukov put affirmer cyniquement :

« L’opération du maintien de la paix est terminée […], les objectifs ont été atteints ».

Un tel type d’opérations, camouflé sous le voile vertueux du « maintien de la paix », fait partie de la rhétorique utilisée tous les jours par tous les grands impérialismes (USA, Russie et Chine), et cela sous le parapluie de l’ONU et de son Conseil de sécurité (le club des 5 brigands).

Qui est donc Tokaïev, devenu boucher de sa population ? De 2011 à 2013, Tokaïev – nommé par le Sud-Coréen Ban Ki-moon – fut directeur général de l’Office des Nations unies à Genève, chargé des "conférences internationales de la paix", et en même temps secrétaire général de la Conférence du désarmement (sic).

Pour tous les impérialismes qui dominent le monde, et ans un détournement typiquement orwellien, la guerre est devenue maintien de la paix, et la paix un encouragement à poursuivre la guerre.

Propulsé à la tête d’un organisme essentiel de l’ONU chargé du « maintien de la paix », Tokaïev ne fait qu’illustrer les propos de Lénine sur la Société des Nations (SDN) créée en 1919 : « une caverne de brigands » dominée par tous les grands groupes impérialistes. Dans l’ONU, qui succède à la SDN, sont souvent portés aux affaires politiques et géostratégiques – par des accords sous la table entre puissances impérialistes – des pantins qui doivent illustrer le mot d’ordre : « une juste représentation géographique dans les instances de l’Organisation ». Traduit en clair : une "juste représentation" des intérêts impérialistes antagonistes.

Dans le cas de Tokaïev, la géopolitique du gaz et du pétrole a été  plus que largement « représentée ». Le Kazakhstan est aujourd’hui au cœur de toutes les manœuvres politiques et militaires pour le contrôle du gaz, du pétrole et de l’uranium entre l’Europe et l’Asie.

Pour toutes ces raisons, les pays stratégiquement incontournables pour l’impérialisme des grandes puissances sont appelés à devenir des « terres de sang »  pour leur population même, en particulier le prolétariat. Dans le pire des cas, des zones de guerre entre impérialismes rivaux.

Tant que le prolétariat international n’aura pas exproprié définitivement la classe capitaliste dans ses grands centres névralgiques (Chine, Russie, USA, Grande-Bretagne, Europe, Inde, Brésil, etc.), ne l'aura donc pas totalement désarmée, les impérialismes rivaux bombarderont, pilleront, dévasteront, tueront en masse les prolétaires sous couvert de « missions de maintien de la paix » ou d’« opérations militaires spéciales ».

Pantopolis, 2 avril 2022.

VOIR AUSSI Au Kazakhstan, un "éléphant" dort sous la mer Caspienne

 

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13 avril 2022

La mélasse juridique bourgeoise internationale

La mélasse juridique bourgeoise internationale

ILS VEULENT DES GUERRES PROPRES.

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 La Photo-Elle s’appelle Kim Phuc. Phuc signifie « joie » en vietnamien. Cela l’a peut-être aidée. C’est aujourd’hui une femme énergique qui vit au Canada et qui a survécu au pire. Sur la photo, c’est une petite fille de neuf ans. Elle court, elle fuit même. Au centre de l’image, au milieu d’autres enfants, elle est nue, elle hurle… Une attaque vient de viser son village, au Sud Vietnam, à 65 km au nord de Saigon. Une attaque au napalm, arme chimique utilisée comme bombe incendiaire. Une arme qui reste attachée à la guerre du Vietnam, comme le gaz moutarde à la Première guerre mondiale. Le napalm a touché la fillette, une sorte d’essence gélifiée lui colle à la peau, a déjà brûlé ses habits qui ont littéralement fondu et disparu. Les autres enfants autour d’elle sont vêtus. Elle court en direction du photographe, les bras écartés du corps, hurlant de douleur. Ou de terreur.

Le capitalisme a bien compris que pour survivre il se devait de pratiquer régulièrement quelques bonnes saignées. Il a commis deux immenses crimes contre l’ humanité en déclenchant la première et seconde guerre mondiale qui s’est terminée par l’utilisation de la bombe atomique sur le Japon.

La promotion des droits de l’ homme.

Dés la fin de de la Seconde Guerre mondiale, le monde libre allait s’ engager à internationaliser les droits de l’homme, une spécialité de l’ ONU et des casques bleus basée sur la Charte de l’ ONU (art.2 § 7). Le principe de non intervention sur un état souverain va progressivement, par strates, être remis en cause, pour faire cesser les crimes commis par des dictateurs dans les États demi-droite de l’ homme. C’est lors de la Conférence de Téhéran en 1968 que le principe d’interdire le recours à la force dans les relations internationales fut adopté avec l’idée que le droit international humanitaire devait de plus en plus s’ingérer dans les conflits armés.

Le massacre en avril 1994 de 800 000 Rwandais en majorité de l ‘ethnie tutti, posera la question juridique de la pénalisation d’ un État génocidaire ayant violé le droit international humanitaire.1 Cette condamnation pénale devant se limiter à des conflits internes au pays.

Vidéo https://youtu.be/_wWc3cHNJQs

De l’ ingérence humanitaire

Nous devons ce nouveau concept de droit d’ingérence humanitaire au philosophe Jean-François Ravel2 relayé par le docteur Bernard Kouchner. Bien qu’il était déjà présent de manière embryonnaire lors de la création de la Croix Rouge par Henri Dunant, le concept aura ses prolongements, plus ou moins suspects ,avec l’ émergence des organisations non gouvernementales (ONG). Le grand prétexte pour le développement de « l’humanitaire » fut l’immobilisme de la Croix Rouge lors de la sécession du Biafra du Nigéria (1967./70). Vont intervenir à ce moment les Eglises catholiques et protestantes pour venir en aide aux victimes en créant la Joint Church Aid (JCA). Depuis cette pratique s’est multipliée et sera le marche pied de la naissance de la notion de droit d’ingérence humanitaire dont B.Kouchner 3fera la promotion lors de la guerre du Kosovo (de mars 1998 au 10 juin 1999). Si nous insistons sur cette guerre du Kosovo c’ est parce qu’elle présente bien des similitudes avec la guerre du Donbass.

En effet, dans le cadre du démantèlement de la Yougoslavie,résultat indirect de l’ implosion de l’ URSS, le Kosovo  obtiendra en 1974 le statut de « province indépendante » ce qui va rapidement alimenter le désir des séparatistes non serbes qui proclament leur indépendance en 1980. 4

Il va se passer presque le même processus mais inversé au Donbass après le coup d’ état de 2014, qui sera suivi d’ une guerre de huit années contre les séparatistes russophones de la par des militaristes néo-fascistes (Bilan : 14 000 morts dans le Donbass).

Pour l’ État serbe, il n’ est pas envisageable de se trouver amputé du Kosovo, berceau culturel de la Serbie. De même pour l’Ukraine qui est historiquement l’ embryon de la grande Russie. Celle ci fut créée à Kiev après les invasions mongoles, ce fut l’ ère de la « Russie Kévienne »,avant la « Russie moscovite ».Ceci bien entendu d’un point de vue nationaliste, qui paradoxalement est remis en cause par la dite communauté internationale, celle des droits de l’homme.

Force est de constater, qu’ actuellement l’ armée de Zelinski fait figure de serbes, avec cette réserve que Milosevic arrivé au pouvoir en juillet 1997 n’ est pas issu d’un coup d’état. La où Poutine se sent à l’ aise, c’ est qu’il va s’appuyer sur la jurisprudence du Kosovo pour libérer le Donbass russophone. Tout comme l’OTAN a bombardé illégalement la Serbie de frappes chirurgicales humanitaires5. Poutine fait bombarder l’Ukraine au nom de la jurisprudence du Kosovo, une intervention humanitaire contre une entreprise génocidaire de la minorité russophones du Donbass.

Le 22 février 2022, la Douma va reconnaître les républiques séparatistes du Donbass, celles-ci l’ayant appelées à l’aide. Ce qui légitimera, en droit international toute intervention militaire plus solidement encore que la « jurisprudence du Kosovo ». En août 2008, Poutine avait déjà, suite à une demande officielle des Ossètes du sud et des Abkhazes majoritairement russophones, fait intervenir son armée pour satisfaire le désir d’indépendances de ces deux provinces. Sans que l’OTAN ni aucun autre pays ne réagissent militairement. De même lors des deux guerres en tchétchènie où il y eu un génocide réel.

En effet ce coup de force va s’appuyer sur les mêmes principes que ceux excipés à propos du Kosovo. Les puissances otanesques protestèrent au nom de ces principes qu’ils avaient eux-mêmes violés auparavant.

Les occidentaux (pas tous) considèrent que Poutine est un criminel de guerre, mais ils ne cessent d’ alimenter cette guerre en livrant des armes offensives à Zelinski . Le Kremlin a annoncé, le 12 mars 2022, que le président Vladimir Poutine a demandé à son homologue français, Emmanuel Macron, et au chancelier allemand, Lofa Scholie, d’exercer des pressions sur l’Ukraine pour « mettre un terme à ses violations du droit international humanitaire »

Les occidentaux pour parler comme la presse, se ramassent le chien de la chienne et ce n’ est qu’un début à en juger les réactions des pays les plus peuplés du monde.Tout le raisonnement ci dessus ne vise qu’ à montrer les contradictions de l’ impérialisme mondial et ses confrontations idéologiques sur les minorités ( ethniques, apatrides ou pas) la spécialité d’ Annah Arendt . Bien entendu la question des classes sociales est complètement mise à l’ écart par la montée en puissance du populisme à géométrie variable, dans un climat où le prolétariat révolutionnaire est absent de l’ histoire présente pour le moment.

Comme nous pouvons le constater, les organismes internationaux comme l’ ONU , l’ OTAN … sont maintenant rongés de contradictions, d’un côté ils approuvent l’intervention humanitaire armée, avec des réserves que certains taxent d’impérialisme humanitaire, ce qui n’ est pas faux. Comme dans la hiérarchie capitaliste, c’est le plus puissant qui impose ses lois , l’ application où pas d’une protection des minorités nationales sera fonction des rapports de force internationaux, c’ est cette partie qui se joue actuellement en Ukraine…

Évolution de ce rapport de force dans le Balkans..

Comme nous l’ avons précédemment fait remarquer, l’ offensive russe se cadre sur le droit international. Quand elle entreprend de récupérer la Crimée cédée à l’Ukraine par Khrouchtchev, l’ Ukraine est encore dans l’ URSS. L ‘éclatement des républiques soviétiques va priver la Russie d’un débouché vital, celui du port de Sébastopol où stationne sa flotte en Mer Noire. C’est la ligne rouge que la Russie s’était fixée ,le port de Sébastopol tout comme la Crimée russophone devant rester dans le champ russe et ce d’ autant que la Crimée n’ a jamais été ukrainienne ; elle fut sous domination ottomane pendant plusieurs Siècles . C’est comme nous l’ avions signalé dans un texte récent très légalement et par référendum à une écrasante majorité que la Crimée fut rattachée à la Russie en conformité avec le droit international.

Les accords de Minsk, non ratifié par Kiev déclenche l’intervention de la Russie.

C ‘est sans aucun doute, le non respect des accords de cessez-le-feu de Minsk (2014 et 2020) qui devaient donner une importante autonomie aux républiques du Donbass,notamment l’ autorisation officielle de la langue russe qui fut le déclencheur de l’ invasion russe en Ukraine.

Pour rappel, un groupe de négociateurs fut créé en juin 2014, ayant pour objectif la résolution du conflit participaient aux négociations des représentants de Donetsk et de Lougansk, Petro Porochenko pour l’Ukraine, une représentante de l’ OSCE. Les négociations allaient donner naissance à deux accords de paix qui ne seront pas respectés par Zelenski.

Droit international humanitaire et droit de l’ homme.

Ces droits que les véritables internationalistes « sans patrie ni frontières» qualifient de bourgeois,se doivent d’ être régulièrement démystifiés, comme par exemple le « Crime contre l’ humanité » et les « horreurs de la guerre dans le monde » la guerre et les complexes. militaro-industriel sont les premiers criminels de guerre. La France est un grand pourvoyeur d’armes dans le monde et à ce titre un complice des criminels de guerre,la messe est dite sur le sujet.

Revenons maintenant à la mélasse juridique du droit bourgeois, et notamment de la distinction que le système capitaliste fait entre « droit de l’homme » critiqué par Marx dans « la question juive » et le « droit international humanitaire ».

Le droit international humanitaire est plus ancien que les conventions sur les droits de l’homme, même si dans la pratique on pense le contraire. La volonté d’internationaliser les droits de l’ homme est relativement récente. C’est après la seconde guerre mondiale et suite aux procès de Nuremberg et de Tokyo, que la notion de crime contre l’humanité fait son apparition, pendant que les américains larguaient deux bombes atomiques sur le Japon ( Hiroshima et Nagasaki ).

Du faux massacre de Timisoara à celui de Racak et Boutja.

Au moment ou j’ écris ses lignes, les télévisions du monde entier exhibent un massacre qui serait le fait des troupes russes. Sans pouvoir apporter une preuve sur les responsables du massacre, il me faut avertir mes lecteurs sur comment s’ organise les manipulations internationales devant menés à des interventions militaires massives. Ayant fait un parallèle entre les événements d’ Ukraine et ceux du Kosovo je vais continuer à le faire avec, ce qui fut au printemps 1999 diffuser comme le massacre de RACAK par les médias mondiales et permis illégalement de bombarder la Serbie.

Voici un extrait d’article de Courrier international qui explique les faits :

« Au printemps 1999, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) annonçait avoir découvert des preuves de “meurtres et mutilations à l’encontre de civils désarmés”, “beaucoup ayant été abattus à bout portant”. Le massacre prétendument commis par les Serbes à Racak a servi de justification à nombre de politiciens, y compris en Allemagne, qui approuvaient l’intervention de l’OTAN en Yougoslavie. Les médecins légistes Rainio, Lalu et Penttilä sont membres de l’équipe d’experts [finlandais] qui, sous la direction d’Helena Ranta, a été chargée par l’Union européenne (UE) d’enquêter sur ce qui s’était passé à Racak. Leur enquête a été menée en collaboration avec des spécialistes biélorusses et serbes. Dans le cadre de leur mission, ils devaient identifier les victimes ; trouver les causes et le moment du décès ; et enfin déceler d’éventuelles mutilations. Selon la conclusion de leur rapport, l’équipe “n’a pas été en mesure d’établir que les victimes étaient originaires de Racak”. LES RÉSULTATS DE L’ENQUÊTE PASSÉS SOUS SILENCE De même, tout ce qui s’est passé depuis les “événements” jusqu’à l’autopsie n’a pu “être clairement établi”, pas plus que “la position des victimes sur le lieu de l’incident”. En revanche, les trois experts déclarent qu’il n’y avait “aucun signe de mutilations ultérieures” commises par des tierces personnes. Le rapport dresse une liste pénible du nombre d’impacts de […]

Bo Adam et Roland Heine

Mais encore le mensonge du docteur bernard Kouchner

« Le nombre de Kosovars victimes de la répression serbe, très variable selon les sources – entre plusieurs centaines et 11 000 –, constitue un enjeu politique majeur qui a conduit l’administrateur de l’Onu Bernard Kouchner à commettre un faux pas, selon des sources militaires. « C’est une énorme bourde», «une faute politique», commentaient des officiers de la Force multinationale de paix (Kfor), peu après la déclaration de M. Kouchner faisant état de «11 000 morts dans des fosses communes au Kosovo». Interrogé par des journalistes, M. Kouchner avait précisé qu’il s’agissait du «chiffre du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPI)». Le TPI a aussitôt démenti et s’est étonné de la déclaration de M. Kouchner, soulignant qu’«en dehors des 340 victimes avérées de massacres dont nous avons fait état dans l’acte d’inculpation concernant le président yougoslave Slobodan Milosevic, fin mai, le TPI n’a encore publié aucun chiffre». L’administrateur de l’Onu a dû faire aussitôt machine arrière en affirmant que le chiffre de «11 000 morts», qu’il avait avancé, était «le nombre potentiel de victimes», basé sur des informations «de toutes sources». »

sources L’Orient-le jour

Quelques années aprés le dit massacre de RACAK les langues se sont déliées

Helena Ranta révèle dans ses mémoires

« Le 15 janvier 1999, une quarantaine d’Albanais y avaient été tués à Racak au Kosovo. Ce massacre, notamment, a contribué à convaincre l’OTAN de lancer des bombardements de la Yougoslavie au printemps 1999. Helena Ranta avait été chargée par l’Union européenne d’enquêter et rédiger un rapport. Le rapport a été remis – à l’été 2000 – au tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie de la Haye et un résumé rendu aux Etats membres de l’UE. Mais il ne semblait pas suffisamment mettre en lumière la notion de crime contre l’humanité.

Le chef de la direction politique du ministère finlandais des Affaires étrangères, de l’époque Pertti Torstila (aujourd’hui secrétaire d’Etat) lui aurait demandé de retirer de son rapport certains commentaires qui étaient trop modérés sur les allégations de crime contre l’humanité, selon le quotidien Helsingin Sanomat. “J’ai les emails trois fonctionnaires du Ministère qui ont tenté de me faire “approfondir” les conclusions” explique-t-elle, pour dire qu’il y avait bien eu exécution, et que certains coups de feu étaient des “coups de grâce”. L’experte préférait, elle, s’en tenir aux conclusions de médecine légale et non pas entrer dans des considérations qui lui semblaient “politiques et juridiques”. (sources 18 October 2008 Nicolas Gros-Verheyde )

Un massacre qui devait en cacher un autre.

« « Entre le 24 mars et le 10 juin 1999, les avions de l’OTAN ont procédé à 38 000 sorties de combat contre la République fédérale de Yougoslavie. Selon le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, ces bombardements ont tué environ 495 civils et en ont blessé 820 autres. Aucun soldat de l’OTAN n’a été tué dans le cadre de ces offensives aériennes.

Lors de plusieurs autres attaques, y compris celles contre le pont ferroviaire de Grdelica le 12 avril 1999, contre un pont routier à Lužane le 1er mai 1999 et contre un pont à Varvarine le 30 mai 1999, les forces de l’OTAN n’ont pas suspendu leurs frappes bien qu’il était évident que des civils avaient été touchés. Dans d’autres cas, y compris les attaques contre des civils déplacés à Djakovica le 14 avril 1999 et à Koriša le 13 mai 1999, les forces de l’OTAN n’ont pas pris les précautions qui s’imposaient pour réduire les pertes parmi les civils.

Les informations réunies par Amnesty International sur les graves violations du droit international humanitaire commises par les forces de l’OTAN se fondent en grande partie sur les rapports de l’OTAN sur ses propres opérations. « Amnesty international

Amnesty international, n’ est pas une foudre de guerre dans ses révélations certains lui donne même le qualificatif d’ Amnésie Internationale.Mais dans cet article il ira jusqu’à considérer que l’ OTAN est proche du crime de guerre.

« Justifier une attaque en invoquant la lutte contre la propagande revient à élargir la définition d’un objectif militaire – censé apporter une “contribution effective à l’action militaire” et un “avantage militaire précis” – au-delà des limites acceptables d’interprétation, a déclaré Sian Jones. Même si l’OTAN était convaincue que la RTS constituait un objectif légitime, l’attaque était néanmoins disproportionnée et s’apparente donc à un crime de guerre ».

Pour conclure provisoirement.

Certaines vidéos font la comparaison entre le massacre de Timisoara et celui tout récent de Boutja ceci afin de rappeller qu’il ne faut pas se laisser prendre à la propagande guerrière basée sur les horreurs de la guerre visant à étaler le conflit aux portes d’une guerre mondiale actuellement. La encore je vais me contenter de citer le « monde diplomatique »du 21 décembre 2009 :

Il y a vingt ans, le faux charnier de Timisoara

Le Monde Diplomatique souligne « En décembre 1989, à la veille du réveillon de Noël, alors qu’en Roumanie tombait la dictature de Nicolae Ceausescu, les téléspectateurs occidentaux découvraient avec horreur les images d’un charnier où, affirmaient les envoyés spéciaux, gisaient des corps affreusement torturés. On parlait alors de quatre mille morts pour la seule ville de Timisoara. L’émotion soulevée était immense ; les éditoriaux solennels et les appels à l’action se multipliaient. En fin de compte, il s’avéra que les cadavres exhibés devant les caméras avaient été déterrés dans le cimetière des pauvres. Partisans de Ceausescu compris, la « révolution roumaine » avait fait quelque sept cents morts – moins de cent à Timisoara. Le bilan de l’attaque américaine au Panamá, qui s’était déroulée au même moment dans l’indifférence générale, s’élevait à près de deux mille morts…

De la condamnation légitime d’une dictature, pourquoi le discours médiatique a-t-il basculé dans ce délire où le dictateur roumain devenait un « vampire », et les hommes de la Securitate, des ombres maléfiques et toutes-puissantes ? Deux mois plus tard, dans un article intitulé « Télévision nécrophile », Ignacio Ramonet analysait les raisons finalement très logiques qui expliquaient cet emballement irrationnel.

L’affaire de Timisoara devait jeter le discrédit sur des médias qui, jusqu’alors, bénéficiaient de la confiance de leur public. Le soupçon qu’elle fit naître fut confirmé, un an plus tard, par les débordements similaires qu’occasionna la guerre du Golfe. »

Le jeu de massacre se poursuit

Au moment où je termine cet article, nous apprenons le bombardement de la gare de Kramatorsk suite au lancement d’ un missile Tochka U russe, faisant 30 morts et 100 blessés, une autre source parle de roquettes.

Quoi qu’il en soit des responsabilités à un moment donné, tous les camps préparent la guerre impérialiste et la Russie n’ en est pas exclue.

G.Bad-avril 2022.

1Il convient de souligner qu'un génocide n'est pas qualifié comme tel en raison du nombre de morts, mais sur une analyse juridique de critères définis à l'époque par la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948 de l'ONU. Cette convention définit qu'un génocide est « commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel ». Wikipédia

2Le philosophe Jean-François Revel crée le terme droit d'ingérence en 1979 : c’est la reconnaissance du droit qu'ont une ou plusieurs nations de violer la souveraineté nationale d'un autre État, dans le cadre d'un mandat accordé par une autorité supranationale. Le concept est théorisé par le professeur de droit Mario Bettati et Bernard Kouchner.

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3Militant de l'action humanitaire, fondée sur le droit international humanitaire, il a tenté de faire admettre au sein de l'ONU l'idée d'un « droit d'ingérence humanitaire », qu'a essayé de théoriser avec lui, à la fin des années 1980, le professeur de droit Mario Bettati notamment, mais sans succès en droit international public positif, ni à l'ONU, qui lui a préféré la notion de «responsabilité de protéger » reconnue par nombre de résolutions de l'Assemblée générale, du Conseil de sécurité et du Conseil des droits de l'homme. Wikipédia

4 C est officiellement les discriminations des Serbes à l’égard des Albanais, qui en 1996 fut à l'origine de la création de l’Armée de Libération du Kosovo (l’UCK), tristement célèbre et impliquée dans le trafic d'organes.

5 Initialement, ces bombardements devaient permettre de limiter le nombre de victimes civiles et les violations des droits humains mais, en réalité, ils ont profondément aggravé la situation humanitaire, entraînant notamment le déplacement forcé de 800 000 Albanais du Kosovo jusqu’en Albanie et en Macédoine .. Cette opération de l’OTAN s’est achevée avec le retrait des troupes serbes du Kosovo le 9 juin 1999.En dépit de la présence des forces armées des Nations Unies, des affrontements interethniques ont entraîné le départ d’environ 200 000 Serbes du Kosovo.





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