SPARTACUS

23 avril 2019

Notre Dame de Paris et la défense du symbolisme bourgeois

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Se souvenir de L'incendie de la tour Grenfell survenu le 14 juin 2017 dans , un immeuble de logements sociaux de 24 étages, situé à Londres faisant , 71 morts et environ 8 disparus (que l'on compte comme morts, ce qui fait 79 morts)et 74 blessés. Selon un rapport cité mi-avril 2018, le feu s' est déployé à cause du nouveau bardage,sans ce bardage aucune victime ne serait à déplorer.

Les bonnes âmes , n'ont pas déployé un élan de générosité, pour au moins reloger les sinistrés.

Mais quand il s' agit d' un symbole du pouvoir bourgeois, Arc de triomphe, Notre Dame, le Sacré Cœur construit pour symboliser l' écrasement de la commune de Paris, l' argent à ce moment coule à flot.

ci dessous deux textes contre l' union sacrée et le nationalisme

L’incendie

La charpente de la cathédrale de Paris n'a pas encore fini de se consumer que déjà le ban et l'arrière-ban de tous les pouvoirs institués appellent à resserrer les rangs autour de ce symbole de la soumission. Tout de suite a été rappelé en boucle que ce monument a vu passer dans sa nef depuis des siècles rois, papes, empereurs et autres présidents de toute l’Europe, voire du monde.

En pleine crise sociale, alors que depuis des mois on nous serine que les caisses sont vides, que le traitement homéopathique de l'injustice, de la pauvreté et de la misère coûte décidément trop cher, les cendres étant encore chaudes, voilà que les millions pleuvent à foison en toute indécence. Tout le beau monde s'ébaudit devant la soi-disant générosité de quelques milliardaires : ramenées au montant du smic, leur obole ne vaut pas dix euros ! Et rapportée à l'utilité réelle de ces dix euros pour un smicard, leur obole vaut-elle seulement quelques centimes ? Sans compter que l'on ne peut absolument pas les dédouaner d'arrière-pensées d'optimisations fiscales et publicitaires.

Mais le plus grave est qu'à travers cette propagande faite au nom du "patrimoine", de l' "art" ou de la "culture", c'est bien l'image universelle de tous les puissants qu'il s'agit de réaffirmer : puissances politiques, religieuses, économiques, technologiques, financières, médiatiques... Ce n'est pas un hasard si tous les puissants, ou presque, de la planète se sont émus. Ce qu'il s'agit de reconstruire au plus vite, ce n'est qu'accessoirement un témoin passé de notre histoire commune, mais un symbole présent de leur pouvoir. Ce témoignage du passé, pour important qu'il soit à certains égards, n'est pourtant ici jamais mis en perspective critique : la révolution française ou la Commune ne sont que des pages noires de l'histoire de la cathédrale, et donc par conséquence des pages sombres de l'Histoire elle-même. Ce qui a brûlé c'est avant tout un mythe, et c'est lui qu'il s'agit de pleurer et de restaurer.

Comme l'a très bien dit Macron lors de son allocution du 16 avril, "chacun à sa place, chacun dans son rôle", et le monde continuera de pouvoir croire aux miracles. Et c'est bien ce qu'il a essayé de nous vendre : "Ne nous laissons pas prendre au piège de la hâte" pour avancer dans la résolution de la crise sociale. L'important est de restaurer l'image touristique de l'unité nationale et de la puissance de l'Etat. Cette puissance est d'ailleurs si extraordinaire qu'elle est capable de sécher des chênes centenaires pendant largement plus d'une dizaine d'années tout en reconstruisant avec eux une charpente monumentale dans les soixante prochains mois.

Ce que le pouvoir français n'a pas vraiment réussi à faire avec le saccage symbolique de quelques boutiques de luxe sur les Champs-Elysées, à savoir faire condamner les émeutiers au nom du prétendu rêve universel des consommateurs de pouvoir accéder "un jour" au mythe de la richesse, il est en train d'essayer de le faire avec cet incendie tout à fait providentiel pour lui. Sa priorité est de restaurer l'image de l'unité nationale mise à mal par cinq mois de crise sociale majeure :"Il nous revient de retrouver le fil de notre projet national, celui qui nous a fait, qui nous unit, un projet humain, passionnément français (sic)". Face à un tel défi, qui ne comprendra pas la mesquinerie, la petitesse, l'égoïsme même, de la contestation sociétale si elle continuait à vouloir re-définir le sens perdu d'un vivre-ensemble à réinventer.

Dans l'intervention de Macron, il s'agit très expressément de faire passer le sens de l'histoire devant une "fausse impatience" nécessairement illégitime de la contestation. "Demain la politique et ses tumultes reprendront leur droit, nous le savons tous, mais le moment n’est pas encore venu". Pourquoi faut-il donc que la vie réellement vécue vienne toujours gâcher son image idyllique que les puissants fignolent si patiemment pour notre bien? Affirmer la permanence et la continuité de la France et de ses symboles, c'est automatiquement tenter d'autolégitimer un pouvoir qui se veut son incarnation. C'est symétriquement tenter de jeter l'anathème sur les contestataires du pouvoir au nom d'une histoire prétendument impérissable, tellement plus grande que les petits soucis quotidiens des uns et des autres.

L'avantage de ce genre de discours, c'est qu'il va finir par rendre palpable que la critique du pouvoir devient de moins en moins dissociable de la critique de son histoire : l'histoire telle que nous la connaissons n'est toujours que l'histoire racontée par le pouvoir. Il ne s'agit bien entendu pas de raconter autrement la même histoire, avec le regard des vaincus, mais de casser leur histoire, de briser le référentiel mental qui leur permet de croire qu'ils sont l'histoire. A tout le moins, puisque pour eux cela me paraît désespéré, il faut surtout que les dominés, ces gens qui ne sont rien, changent d'histoire, sortent du cadre mental et national qui seul légitime les puissants de ce monde. Ce n'est qu'en changeant d'histoire qu'ils pourront faire leur propre histoire, ce n'est qu'en cassant les repères temporels et géographiques du pouvoir qu'ils arriveront, que nous arriverons à le briser lui-même.

Passons sur le fait que l'Etat français qui se voudrait le chantre de la laïcité se fasse, dans cette histoire de cathédrale, le héraut de "Notre-Dame" et d'une chrétienté pleinement assumée. Je préfère quant à moi me souvenir du jour de Pâques de 1950, le 9 avril, à la cathédrale de Paris justement, où Serge Mourre et ses amis proclamèrent en plein office la mort de Dieu.

« Aujourd’hui, jour de Pâques en l’Année sainte,
Ici, dans l’insigne Basilique de Notre-Dame de Paris,
J’accuse l’Église Catholique Universelle du détournement mortel de nos forces vives en faveur d’un ciel vide ;
J’accuse l’Église Catholique d’escroquerie ;
J’accuse l’Église Catholique d’infecter le monde de sa morale mortuaire,
d’être le chancre de l’Occident décomposé.
En vérité je vous le dis : Dieu est mort.
Nous vomissons la fadeur agonisante de vos prières,
car vos prières ont grassement fumé les champs de bataille de notre Europe.
Allez dans le désert tragique et exaltant d’une terre où Dieu est mort
et brassez à nouveau cette terre de vos mains nues,
de vos mains d’orgueil,
de vos mains sans prière.
Aujourd’hui, jour de Pâques en l’Année sainte,
Ici, dans l’insigne Basilique de Notre-Dame de France,
nous clamons la mort du Christ-Dieu pour qu’enfin vive l’Homme. »

 Je n'ignore pas ce que ce genre de propos a de provoquant, d'outrancier et de caricatural, en particulier parce que l'on ne peut plus aujourd'hui parler de l'Homme (avec un H majuscule), qui n'est au final que le fils trop Naturel d'un Dieu (avec un D majuscule). Mais le discours présidentiel est tout autant provoquant, outrancier et caricatural, en plus d'être méprisant : la question que l'on peut cependant se poser est de savoir s'il en est seulement conscient.

 Louis - Colmar le 17 avril 2019

 < texte en pdf >

Union nationale : et pourquoi ils y tiennent tant

 « Nous sommes tous réunis dans un moment pareil ! » « L’émotion est très forte, et nous la
ressentons à travers tout le pays ! » « Tous ensemble, nous pouvons aller de l’avant, malgré
ce qui est arrivé ».Que ce soit pour l’incendie de Notre Dame de Paris, la mort de Johnny Halliday, celle de Simone Veil, ou même un simple 14 juillet, les plus hautes autorités du pays adorent nous fabriquer des grands moments à leur façon et nous tenir ce style de discours : « Malgré bien des choses qui semblent nous opposer, nous sommes en réalité une même nation ».

« Nous sommes forts lorsque nous sommes réunis ». Ce qui veut dire que nous serions faibles quand nous nous opposons. Eh bien, ça se discute. Si on prend par exemple la libération de la France, tout le monde n’était pas du tout uni. C’était même une véritable guerre entre ceux qui défendaient les nazis et l’occupation allemande et les autres. Si on regarde l’arrivée du suffrage universel, il a commencé, pour les hommes seulement en 1848,mais contre un grand nombre de nobles,d’aristocrates, de royalistes, de notables qui jugeaient, eux, que le peuple n’était pas du tout digne de prendre part aux décisions. Sans parler de la Révolution de 1789 qui s’est faite, là encore, contre beaucoup de monde. Et d’abord contre l’Église qui était le plus grand propriétaire de terres à l’époque. Alors, pourquoi ceux qui nous dirigent se jettent-ils ainsi sur chaque occasion qui leur
semble bonne pour nous tenir ce discours ? Pourquoi ne se contente-t-on pas de déplorer simplement une perte, ou de se dire contents d’un événement positif. Et de dire simplement
l’histoire ? Pourquoi faut-il nous présenter cela comme un moment où nous serions tous réunis,en communion ?
C’est peut-être qu’en vérité, nous ne sommes pas si unis que cela. Qu’est-ce qui nous unit,simples employés, ouvriers, chômeur, travailleur, avec un François-Henri Pinault, qui a sorti 100 millions en moins de 24 heures pour Notre-Dame de Paris ? Et quoi de commun avec cette mentalité de concurrence qui a décidé la famille Arnault (qui possède le groupe de luxe LVMH) à en sortir le double juste après ?Tous ceux qui pleurent, comme tous ceux qui se réjouissent, selon les occasions, ne le font pas toujours aussi spontanément, aussi simplement que le commun des mortels. La plupart de ceux que l’on voit ou entend ont un calcul derrière la tête. Avec l’incendie de Notre-Dame, des chefs de l’Église essayent de faire un peu oublier la montagne de scandales sexuels où ils sont empêtrés. Mais Notre Dame de Paris serait démolie depuis longtemps si Victor Hugo n’avait pas écrit son roman pour la faire aimer et la sauver. Et ce roman, s’il a plu et touché, s’il est connu du peuple si largement, c’est que ses personnages sont essentiellement les gens du peuple. Ce n’est pas un roman religieux. L’union nationale, c’est le fantasme de ces centaines de milliers des plus hauts privilégiés, de cette bourgeoisie qui vit ailleurs, à part, dans des quartiers et avec un mode de vie que nous ne connaissons même pas. Mais eux savent que nous vivons tout autrement, et cela leur fait peur. Dans la vraie vie, c’est la « désunion nationale ». Voilà pourquoi ils essayent, chaque fois qu’ils le peuvent, de nous fabriquer un moment d’ « union nationale ». Pour nous calmer, nous créer des illusions, et peut-être s’en créent-ils eux mêmes. Ces « grands événements » les servent, pour nous distraire, nous détourner de la réalité.
C’est vrai que nous avons besoin de distraction, tant la vie quotidienne qu’ils nous font n’a aucun goût. Mais nous ne sommes et nous ne serons pas dupes. Nous avons une tête, et elle sait réfléchir. Et nous pouvons à la fois être sensibles à un événement et réfléchir à la manière dont on veut nous le faire vivre.

L’Ouvrier n° 321

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13 avril 2019

INFOBREF N°522-LIBERTE POUR LE PRISONNIER POLITIQUE JULIAN ASSANGE!

INFOBREF N°522

 

Ces femmes SDF video

 

Macron négocie avec Ethiopian Airlines pour de nouveaux Airbus

Macron négocie avec Ethiopian Airlines pour de nouveaux Airbus

Un voilà un qui ne perd pas de temps … Mêlant tout à la fois le sens de l’à propos, la réactivité -  mais également le culot voire même l’indécence ?  – Emmanuel Macron aura « profité » de son déplacement en Éthiopie pour discuter avec le Premier ministre du pays d’un nouveau contrat pour Airbus dans [...]

 

A l'occasion de la visite du président chinois Xi Jinping, la France et la Chine ont signé un contrat pour la livraison de 290 appareils d'Airbus. La valeur de ce contrat est de près de 30 milliards d'euros.

 

Airbus et la China Aviation Supplies Holding Company (CASC) ont signé lundi 25 mars un accord portant sur l’acquisition de 290 appareils de la famille A320 et de dix A350, en présence des présidents chinois et français, Xi Jinping et Emmanuel Macron.

"La conclusion d'un grand contrat pour Airbus est une avancée importante et un excellent signal (…) de la force des échanges  [entre la Chine et la France]", a déclaré le président Emmanuel Macron, lors de la signature du contrat au cours d'une cérémonie à l'Élysée, à l’occasion de la visite du président chinois.

 

 

Parution du dernier livre de Tom Thomas sur la ville et le capital aux éditions Jubarte, il est disponible à la librairie du Point du Jour (58 rue Gay-Lussac 75005 Paris, tel: 01 43 26 20 17, courriel: librairie-lpj@wanadoo.fr) au prix de 8 euros.

QUATRIEME DE COUVERTURE

Les villes existent depuis longtemps. Mais pas les villes-mégapoles tentaculaires qui sont une caractéristique du capitalisme contemporain. Produits de ce capitalisme devenu sénile, elles en reflètent et accroissent les contradictions propres à son âge, en contribuant davantage à sa ruine qu’à son développement. Sans oublier qu’elles dégradent abominablement toutes les conditions de vie. Ce sont là des effets inéluctables, puisqu’ils ont leur cause dans un développement urbain qui n’est lui-même qu’une manifestation du développement automate du capital, bien plus que de libres choix de ses fonctionnaires, les capitalistes.

Cette formidable dégradation, ajoutée au fait qu’une masse toujours croissante de prolétaires, de plus en plus chômeurs ou précaires, y sont concentrés, fait de ces mégapoles des lieux essentiels de luttes très diverses et quasi permanentes, alors même que s’étiolent les vieilles luttes syndicales limitées aux rapports ouvriers-patrons dans les usines. Ces luttes « urbaines » sont l’amorce d’une lutte de classe révolutionnaire pour abolir le capitalisme, pour établir un processus de transformation radicale de l’organisation de l’espace ainsi que des rapports hommes-nature. À la condition de passer des luttes contre les effets ruineux de ces mégapoles à celles contre la cause de leur existence.



France les déserts médicaux-Après avoir sciemment provoqué les déserts médicaux en France pour alléger la dette de la sécurité sociale, voilà que l' Etat Macron s' attaque à la question avec sa Loi Santé. Cette loi est toute orienté vers le tout numérique et un contrôle centralisé des patients avec le carnet de santé numérique.

 

On commence par dire que les médecins sont surbouqués, qu'ils en arrivent à refuser des patients et qu'ils font de la médecine à la chaîne, leur patient n'étant plus que des clients auscultés à la va vite. Il en résulte, qu'il sera facile de faire admettre le système de la consultation en visioconférence depuis un ordinateur et un smartphone. Pour y parvenir, la loi introduit une nouvelle notion celle de  »télésoin » seront mis à contribution pour ce projet les pharmaciens et la création d'un nouveau métier celui d' assistant médical. Un job bas de gamme qui nécessitera une formation d'un an, contre trois pour un infirmier, il consistera à effectuer des tâches simples que font actuellement les médecins (peser les patients et prendre la tension). La loi santé prévoit la création de 4000 postes de ce type d'ici à 2022. Ce nouveau JOB , n' est qu'une manière de masquer le chômage, l' état devant intervenir dans la prise en charge d'une partie des salaires et la ventilation de ces assistants dans le milieu médical.

 

 

Eborgneurs ,censeurs, menteurs

Loi anti-fake news: RT et Sputnik dans le collimateur du président Emmanuel Macron

par Thierry Paul Valette (son site)
mercredi 23 mai 2018

Il l'avait annoncé pendant les traditionnels voeux à la Presse. Emmanuel Macron souhaite une loi visant à lutter contre les fausses informations. "Si nous voulons protéger les démocraties libérales, nous devons savoir être forts et avoir des règles claires", avait-il alors déclaré. Pourtant le législateur possède déjà tout un arsenal de mesures : Art 27 ( loi de 1881sur la presse ), art 322 ( code pénal ), art L97 ( du code électoral ) et l'art L465-1 ( du code monétaire et financier ). 

Le texte qui sera prochainement présenté faisait déjà l'object de discussions au Sénat le 3 avril 2018. Certains axes ont déja été dévoilés aux journalistes : 

    - En période électorale et en cas de propagation d'une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge à travers une nouvelle action en référé.

    - Le contenu mis en cause pourra alors être supprimé et le site déréférencé. Le compte utilisateur concerné peut être également clôturé, voire bloqué.

Cette volonté de légiferer soulève quelques interrogations : Qui va décider de la véracité d'une information ? Sur quels critères ? Le grand danger réside dans le fait de donner la responsabilité à l'Etat de décider le vrai du faux.

MISE EN CAUSE DES MÉDIAS ÉTRANGERS 

Depuis les attentats d'Al-Qaïda le 11 septembre 2001, le monde est entré dans une période très sombre. La peur domine avec la complicité de nébuleuses "criminalo-terroriste" dont Daesh. Elles sont responsables de nombreux attentats trés meurtriers. L'invasion de l'Irak en 2003 a engendré de nombreux conflits responsables du déplacement de millions de réfugiés. 

C'est dans ce contexte sous haute-tension que se sont développés les réseaux sociaux accélérant une crise des médias dit "traditionnels". Seulement depuis l'élection du présIdent Donald Trump, l'affaire a pris une tout autre tournure. Les "fausses nouvelles" ou "fausses informations" mettraient en danger la démocratie. Les médias étrangers sont fortement mis en cause. L'ingérence par la Russie pendant la campagne de D.Trump et les rumeurs dont Emmanuel Macron avait été victime pendant la campagne présidentielle, sont les parfaits alibis à cette volonté de légiferer.

Des organes de presse sont visés ouvertement par cette loi. Les médias étrangers RT et Sputnik sont dans le collimatreur. E.Macron les accuse de faire de la propagande mensongère. 

Cela n'est pas sans rappeler le cas d'Al Jazira. Cette chaîne néee en 1996 avait cassé la main mise de l'information dans le Golfe Persique. Pendant la crise du Quatar, l'Arabie Saoudite avait démandé sa fermeture au pretexte de propagande térroriste. Une des conditions pour lever l'embargo.

Le Yémen, l'Egypte et le Bahrein s'étaient allignés dans le sens de la demande de L'AS. L'ONU avait jugé cela inacceptable ! Selon elle, il s'agit d'une grave atteinte au droit des libertés d'expressions et d'opinion.

 LES FAUSSES INFORMATIONS NE DATENT PAS D'AUJOURD'HUI.

 Des fausses informations circulent parfois dans la presse et proviennent directement de responsables politiques qui laissent fuiter volontairement des informations fausses...

Dans les années 80 deux énormes fakes news ont semé le trouble et le doute dans l'esprit de nombreuses consciences collectives. L'affaire du Rainbow Warrior et celle du nuage de Tchernobyl. 

   LE RAINBOW WARRIOR :

L’affaire du Rainbow Warrior avait marqué les esprits. Le navire amiral de l'organisation écologiste Greenpeace avait été coulé par les services secrets français le 10 juillet 1985. Les suites médiatiques, politiques et judiciaires avaient enflammé l'actualité. Le navire, à quai en Nouvelle-Zélande, était paré à appareiller pour l'atoll de Moruroa afin de protester contre les essais nucléaires français.

L'opération de sabotage fut commanditée par le ministre de la Défense français Charles Hernu, avec l'autorisation explicite du président de la République française François Mitterrand (selon le témoignage de Pierre Lacoste, patron de la DGSE)1. L'opération fit un mort : Fernando Pereira, photographe, membre de l'équipage de Greenpeace.

Le Rainbow Warrior dans le port d'Auckland, le 10 juillet 1985. NEW ZEALAND HERALD / AFP.

   TCHERNOBYL :

La catastrophe nucléaire de Tchernobyl cet accident nucléaire majeur qui a commencé le 26 avril 1986 dans la centrale Lénine, située à l'époque en République socialiste soviétique d'Ukraine en URSS. Il s'agit de la plus grave catastrophe nucléaire du xxe siècle, classée au niveau 7, le plus élevé sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES). Rapellez-vous, le nuage radioactif se serait stoppé à la frontière francaise par le miracle du cyclone des Açores...

Tchernobyl : 60% des habitants évacués de Pripiat en 1986 seraient aujourd'hui décédés

DES SOLUTIONS EXISTENT :

Les médias classiques et publics ont une responsabilité face au phénomène des fausses nouvelles. En effet, elles se développent sur la méfiance et la défiance des gens avec les médias

Seulement l'essentiel a été oublié : celui de former les plus jeunes à l'esprit critique.

COMMENT LUTTER CONTRE LES FAKE NEWS :

  -Ne pas se limiter à ne lire que les titres.

  -Garder un peu d'humour à la lecture de sites satiriques : le Gorafi etc...

  -Mener des enquêtes. Google image est un formidable outil pour vérifier si une image est sortie de son contexte.

  -Privilégier les médias connus. Si ils ne sont pas toujours fiables, ils restent néanmoins mieux outillés.

  -Privilégier le bon sens. Pour exemple, la photo des pyramides sous la neige était improbable. Évitez de tomber dans la rumeur  : l'ami d'un ami ami avec X m'a dit que....

 Une pétition est mise en ligne pour dénoncer les danger de cette loi à venir 

https://www.change.org/p/non-à-la-future-loi-sur-les-fake-news-qui-est-une-atteinte-contre-la-liberté-d-expression-et-de-la-presse 

 

LIBERTE POUR LE PRISONNIER POLITIQUE JULIAN ASSANGE!

HONTE AUX CENSEURS DE LA PROPAGANDE EURO-ETATS-UNIENNE!

 WikiLeaks est un média qui diffuse des informations vérifiables (et autrefois unanimement reconnues y compris dans la presse dite officielle) sur les liens, les contacts, les intérêts des USA et de l’UE dans le cadre des multiples guerres lancées au Proche Orient et ailleurs. Sa force était l’anonymat de ses sources et l’indépendance totale de ses contributeurs. Son fondateur, Julian Assange, après 7 ans de réclusion totale à l’ambassade d’Equateur à Londres, harcelé par toutes les polices et dont la protection équatorienne vient de tomber après les dernières élections en Equateur qui a mis au pouvoir le social-démocrate Lenin Moreno, traître rallié à l’impérialisme US (L’ex-président équatorien, Rafael Correa, lui avait assuré protection en lui donnant la nationalité équatorienne), est aujourd’hui kidnappé, arrêté, déchu de sa nationalité équatorienne et menacé d'être extradé aux Etats-Unis où on lui a promis la plus grande sévérité pour « haute trahison » : Tous savent qu’il y sera torturé pour donner les noms de tous les contributeurs de WikiLeaks.

Julian Assange est donc incontestablement un prisonnier politique, et son arrestation, lui qui n’est en aucun cas un « criminel », est une atteinte majeure, réelle cette fois, à la « liberté d’expression ». Pourtant vous ne verrez personne dans la presse ou à la télévision aux ordres, pour protester contre ce qui, si cela avait eu lieu à Moscou ou à Caracas, aurait provoqué un scandale planétaire. L’intelligentsia macroniste française, de Cyril Hanouna à Raphaël Glucksman en passant par les « grosses têtes », ne dira rien, bien sûr. Pire, elle renchérira la campagne de calomnies contre l’un des rares journalistes qui aujourd’hui sauve quelque peu l’honneur de la profession…

Peut-on encore douter que nos médias chiens de garde font autre chose que de la propagande de guerre ? Propagande de guerre quand il s’agit de rechercher le consensus avant de bombarder les importuns qui occupent des sous-sols pétrolifères, ces dernières années. Propagande de guerre quand il s’agit de couvrir, de maquiller voire d’étouffer les crimes inhumains des « alliés » américains, israéliens, saoudiens… Propagande de guerre de classe quand il s’agit de salir unanimement toute forme de révolte populaire dans nos pays, à l’instar des gilets jaunes depuis novembre 2018.

Mais cette propagande porte toujours un masque identifiable : celui de la « liberté d’expression », même si tous les organes de presse sont détenus par des grands patrons ou par leur serviteur à l’Elysée. Rappelons-nous comment il fallait défendre la publication des « caricatures de Mahomet » il y a quelques années, au nom de cette « liberté d’expression ». « Liberté » d’autant plus sacrée qu’elle n’égratignait personne en haut lieu, et pour cause. « Liberté » d’autant plus urgente qu’elle servait une propagande d’Etat islamophobe désignant par amalgame un « ennemi de l’intérieur » comme responsable de tous les maux…

La peur commence pourtant à marquer les visages des journalistes officiels, chez nous comme ailleurs en Europe et aux USA… Les « réseaux sociaux » sont devenus jusqu’à un certain point la cible de toutes les accusations médiatiques, tout simplement parce qu’ils peuvent être un outil de ré-information. C’est à travers de tels médias que s’organisent aujourd’hui les actions concrètes, et non virtuelles, des gilets jaunes par exemple. C’était déjà le cas lors des révoltes populaires en Tunisie, en Egypte. C’est encore le cas aujourd’hui en Algérie… On se demandait combien de temps cela durerait… Combien de temps encore ils laisseraient faire…

« La vérité est révolutionnaire » disait le marxiste et antifasciste italien Antonio Gramsci. C’est à ce titre que nous soutenons toute vérité sur le système capitaliste et toutes les personnes prêtes à se battre pour les révéler.

Le Rassemblement Communiste invite tous ses camarades, sympathisants, lecteurs, gilets jaunes, gilets rouges, citoyens épris de vérité et de liberté, à participer aux multiples rassemblements qui ont actuellement lieu dans le pays pour réclamer la liberté pour Julian Assange !

 

RASSEMBLEMENTCOMMUNISTE.FR

 

 

Le Venezuela, une nouvelle Syrie

Publié le 03/04/2019

  • Le Venezuela, une nouvelle Syrie

par Israël Shamir

Il y a quelques jours, un Iliouchine 62M de ligne amenait plus d'une centaine de soldats et d'officiers russes à Caracas. De façon hautement symbolique, ils avaient fait une escale en Syrie, une façon de dire que le Venezuela est le prochain pays, après la Syrie, qu'il va falloir sauver de la ruine et du démembrement? La mission militaire était dirigée par le chef d'Etat major, le général Tonkoshkourov ("la peau fine") un nom qui aurait qui aurait enchanté Vladimir Nabokov.

"Comment osez-vous, s'est écrié John Bolton, mettre votre nez dans l'hémisphère occidental! Bas les pattes! Le Venezuela, c'est notre arrière-cour à nous". Mais les Russes n'ont rien voulu savoir. Il y a quelque temps, ils avaient essayé d'émettre des objections au stationnement de chars US positionnés en Estonie, à quelques enjambées de St Pétersbourg, et tout ce qu'ils y avaient gagné, c'était un sermon sur le thème de la souveraineté, comme quoi "l'Estonie n'a pas à demander la permission aux Russes pour recevoir une assistance militaire américaine". Ils viennent de revenir sur le sujet avec John Bolton et son patron. "Et commencez par quitter la Syrie", ont-ils ajouté.

C'est un nouveau palier dans les relations russo-américaines, ou faut-il parler de confrontation. Pendant très longtemps, les Russes s'étaient persuadés que leur sympathie pour les US était réciproque, ou qu'ils obtiendraient quelque chose en retour un jour ou l'autre. Seulement voilà, la page est tournée, leur regard s'est dessillé, et ils ont fini par réaliser que l'animosité américaine est implacable. "Ces Russes sont vraiment sourds si c'est seulement maintenant qu'ils se réveillent", vous dites-vous tout bas. Il suffit de lire les commentaires à l'article du New York Times au sujet de l'éxonération de Trump par Muelller pour découvrir que la haine de la Russie est au menu quotidien des élites américaines, tout autant que l'amour d'Israël. Voilà où on en est.

Mais les Russes avaient aussi une tradition d'opposition. Ils avaient eu des sentiments tendres pour la grande nation d'outremer à l'époque des tsars, puis des soviets, et encore plus dans les années post-soviétiques; Ils aimaient la bravoure américaine, ses hardis pionniers, ses fermiers, le jazz et Hollywood. Ils comparaient le cri de guerre "toujours plus à l'ouest, les gars" avec leur propre exploration de la Sibérie. Ils comparaient leurs cités poussant comme des champignons à Chicago. Khroutchev admirait leur maïs et appelait son peuple à concurrencer pacifiquement l'Amérique. Les classes cultivées et occidentalisées, ce qu'on appelle l'intelligentsia russe, étaient aux côtés des US pendant la guerre du Viet-Nam, et tout au long des guerres du Moyen Orient.

Cet amour de l'Amérique avait été si étroit qu'il n'y avait paratiquement pas de films russes ou soviétiques avec les Américains dans le rôle du méchant. C'est vrai, il n'y a pas d'équivalent des antagonistes de Rambo, ou d'Igor dans les films d'horreur classiques. Les Américains dans les films russes sont de braves garçons, à quelques exceptions près, dans des films de série B. "Nous ne faisons pas confiance à la Russie, jamais nous ne les croirons. Ils ne deviendront jamais nos amis... Nous allons leur botter les fesses à chaque occasion", ces paroles mémorables de Nikki Haley n'avaient pas de contre-partie russe, on ne connaissait pas ces sentiments.

Maintenant cela pourrait bien changer. Le dernier film d'action russe  The Balkan Line montrait un commando russe opérant en Bosnie et au Kossovo contre les alliés de l'OTAN, des islamistes trafiquants d'organes, tout à fait selon le schéma du thrilller turc La Vallée des Loups. Il est sorti pile pour l'anniversaire du bombardement de Belgrade, l'évènement traumatisant entre tous pour les Russes post-soviétiques. Lorsque Clinton avait ordonné le bombardement de la Serbie, l'alliée de la Russie et sa correligionnaire, malgré le plaidoyer russe et leur intercesion, les Russes avaient compris que leur changement de régime avait attiré les catastrophes sur leur tête. Le premier ministre Primakov apprit la décision de Clinton alors qu'il était en route pour Washington, et il ordonna au pilote de faire demi-tour au-dessus de l'Atlantique. Quelques mois plus tard, Poutine prenait la présidence de la Russie, et celle-ci prit un nouveau cap, plus affirmé, mais encore amical pour l'Amérique.

Cependant, les US persistaient à traiter la Russie comme un Etat vaincu, comme l'Irak après Saddam ou le Japon en 1945. C'en était trop. Les Russes pouvaient accepter dêtre traités comme des vassaux, mais des vassaux importants, méritant d'être écoutés et ménagés. Avec Le soutien US à  l'insurrection islamiste en Tchétchénie ou l'encouragement à l'agression géorgienne, le lien s'est brisé.

Jusqu'à une date récente, nous avions la version de Poutine sur ce qui n'allait pas, telle qu'offerte dans ses entretiens avec Oliver Stone. Maintenant nous disposons de la version américaine, et curieusement, elle n'est guère différente compte tenu de l'évolution du contexte. La version US des choses a été offerte par William J Burns, un diplomate américain vétéran, et ambassadeur à Moscou. Cela a été résumé comme suit par Vladimir Golstein de la Brown University:

1. La Russie était censée agir comme un partenaire junior obéissant aux US. "L'Amérique pensait que Moscou allait s'habituer à ce statut de partenaire junior, et s'accommoder de l'expansion de l'OTAN jusqu'à sa frontière avec l'Ukraine à contre-coeur. Hélas, la poussée du président Bill Clinton vers l'est avait renforcé le ressentiment russe". Quelle surprise!

2. La Rssie s'attendait à un quiproquo pour son soutien aux US après le 11 septembre, mais "Poutine a profondément mal interprété les intérêts et la politique ades Américains. L'administration Bush n'avait pas le moindre désir de négocier le moindre partenariat avec la Russie contre al-Qaida, elle ne voyait aucune raison pour ce faire. Elle n'était nullement tentée de faire des concessions à un un Etat sur le déclin", dont les offres furent ignorées.

3. Les Américains n'ont pas tenu compte des avertissements russes.L'ambassadeur raconte que Poutine lui disait de retenir le président géorgien téméraire de s'attaquer à ses clients russes, mais cette mise en garde avait été ignorée.

4. Le changement de régime en Libye "avait énervé Poutine,On disait qu'il était en train de regarder la vidéo macabre de la destitution du dirigeant libyen Mouamar Kadhafi capturé alors qu'il se cachait dans un tunnel de drainage et qu'il se faisait abattre par des rebelles soutenus par l'Occident, une fois de plus". Apparemment, c'est à ce moment que Poutine avait pris conscience enfin que  nul ne survivrait si la position russe ne s'affirmait pas. Après le Russiagate, l'inimitié entre les vieux adversaires a atteint des  niveaux inédits.

Non, Je ne regrette rien, et je ne regrette pas, en particulier, que les relations russo-américaines aillent de pire en pire. Le monde a besoin d'équilibre, et les Russes constituent un contre-poids à la main lourde de l'once Sam. Le pire moment, dans l'histoire récente, c'est vers 1990, quand la Russie avait pratiquement cessé d'exister en tant que facteur important de la politique internationale. C'est à ce moment que les US ont ravagé le Panama et l'Irak, bombardé Belgrade, créé al-Qaida, et démoli leur propre classe ouvrière. Si Maduro le chauffeur de bus enragé et basané avait essayé de dire non à Washington dans les années 1990, il aurait été enlevé, arrêté et traîné devant la justice pour viol sur mineur ou pour trafic de drogues, et coffré pour trente ans. Le président russe d'alors, Boris Eltsine, n'aurait même pas remarqué, entre deux cuites, que le Venezuela se retrouvait brutalement ramené à un statut colonial.

Heureusement, la Russie et les US n'en sont qu'aux altercations verbales, et les pays qui veulent échapper aux diktats impériaux ont le choix. Le Venezuela en fait partie. Le président Maduro a souligné que la visite des conseillers militaires russes avait été prévue de longue date. Même si techniquement cest vrai, la position de la Russie a bien évolué au cours du mois de mars.  Quand les US ont bloqué les comptes bacaires du Venezuela, Maduro a annoncé qu'ils les avaient transférés à la Gazprom Bank. Les Russes qui sont dans le pétrole se seraient bien passés de cette révélation. J'en ai parlé avec un pdg d'une compagnie pétrolière qui regrettait vivement les imprudentes paroles de Maduro. "Et voilà, maintenant c'est notre banque qui va se retrouver sous le feu des sanctions, et nous courons à la ruine", disait-il. Il ne pouvait pas tenir sa langue, Maduro? On aurait géré ses avoirs à bas bruit, sans que cela soit perçu comme une provocation pour les Américains." D'autres officeils importants à Moscou ont dit que de toute façon le Venezuela était fichu, et qu'il valait mieux s'occuper d'autre chose.

Mais la visite de la vice-présidente vénézuélienne doña Delcy Rodríguez à Moscou a changé la donne. Cette dame aussi élégante que dynamique est une oratrice excellente et convancainte. Elle a fait une apparition sensationnelle lors de la conférence de presse avec Serguéi Lavrov. En quelques mots choisis, elle a détricoté l'écheveau de mensonges qui étouffe son pays. Malgré les sanctions, le Venezuela vit mieux que ses voisins la Colombie, le Guatemala, le Honduras. Il héberge six millions de régugiés économiques et politiques en provenance de Colombie, et qui ne veulent pas rentrer chez eux. Ils préfèrent souffrir dans le Venezuela socialiste. Et tandis que des milliers de Centre-américains se fraient un passage vers le Rio Grande, les US devraient s'occuper d'eux et régler le problème au lieu d'être obsédés par le Venezuela. Cet exode en cours part des Etats clients les plus dociles envers Washington. Nous avons aussi entendu dire que les US ont détourné $31 milliards de dollars en avoirs vénézuéliens, et en ont refilé un (petit milliard) au  quidam embauché pour faire président à la place de Maduro, le petit Guaido.

Pendant quelques jours, la Russie a hésité. Ceux qui sont sur une ligne pro-américaine ont un pouvoir bien réel à Moscou, et ils appelaient à lâcher Caracas. Ils rappelaient aux gens un danger imminent et tout-à-fait certain: les US peuvent bloquer les avoirs russes en dollars et interdire toute transaction en dollars aux entreprises russes. Cette modalité de guerre a été expérimentée en Corée du nord et en Iran avec des effets dévastateurs.

 Les Russes s'attendent à ce genre de mesure; c'est pourquoi ils augmentent leurs réserves en or, et vendent leurs actions et obligations US. Ils sont prêts pour le moment attendu, mais ils préfèrereaient le retarder aussi longtemps que possible.

Et pourtant, malgré la menace, Poutine a décidé de soutenir le Venezuela de Maduro. C'est ainsi qu'un nouveau palier dans la guerre hybride a été franchi. Les Vénézuéliens ont déménagé le quartier général de leur compagnie pétrolière à Moscou, et la circonspecte Russie les a accueillis.

Aussitôt, les US ont répondu avec des attaques cybernétiques sur les centrales électriques, provoquant une panne très étendue. C'est probablement la première cyber-agression déployée sur les infrastructures de l'ennemi. La destruction des centrales iraniennes grâce au Stuxnet avait un rayon d'action limité, et n'interférait pas au niveau de l'économie générale du pays. Le réseau électrique du Venezuela avait fait l'objet d'une mise à jour récente, et d'une importante modernisation, par la grande firme internationale ABB. Une fois que tout a été rénové, la firme a fait savoir dans ses communiqués à la presse que désormais le Venezuela était doté de l'équipement le plus performant et pointu. D'où l'on peut déduire qu'un équipement dernier cri est aussi plus vulnérable aux cyber-atttaques.

 Chaque changement de régime organisé par Washington en Amérique latine a comporté une attaque sur l'approvisionnement en énergie (pensons par exemple au renversement d'Allende au Chili), mais jusqu'à  présent, l'adversaire devait mettre les mains dans le cambouis, physiquement, pour saboter les centrales électriques et les lignes à haute tension. Maintenant ils ont appris à le faire depuis l'étranger, depuis Miami. Les Vénézuéliens ont fait remarquer ue la première annonce de leur panne, c'est Marco Rubio qui l'avait proférée. "Marco Rubio a averti quelques heures avant la panne que les Vénézuéliens allaient subir le rationnement le plus strict en matière de combustible et de nourriture; ce faisant il révélait qu'il était bien au courant qu'un choc sévère allait se produire dans les prochaines heures". Le site Moon of Alabama accepte également l'explication par une cyber-attaque, tout en nuançant: un gros foirage, c'est quelque chose qui peut arriver, rappelle-t-il, et les US aussi ont connu des pannes comparables.

J'ai demandé à un expert russe en matière de guerre cybernétique son avis, et il m'a confirmé qu'une cyber-attaque sur les infrastructures est faisable. Il mettait cela en relation avec la bataille US contre le géant de la communication chinois Huawei; c'est le seul grand fournisseur qui ne fournit aucune espèce de porte dérobée "backdoor" accessible aux opérations d'espionnage de la NSA.

Les Russes ont décidé de donner un coup de main au Venezuela. Ils ont envoyé des experts en cybernétique, une mission militaire; ils achètent son pétrole au Venezuela et brisent le boycott américain contre le peuple bbolivarien. Ils aident aussi l'Iran à contourner les sanctions.

Les Russes n'ont pas de grosses ambitions. Ils ne cherchent pas à gouverner le monde, ni même à dominer leurs voisins. Ils ne veulent pas affronter l'empire. Si on les laissait tranquilles, ils se contenteraient d'avoir la paix. Mais si on les bouscule, et c'est ce qui se passe maintenant, ils vont répliquer. Du point de vue russe, même les politiciens américains les plus hostiles reculeront avant une collision apocalyptique. Et si ce n'était pas de cas, eh bien tant pis.

Joindre Israel Shamir adam@israelshamir.net

Source: The Unz Review.

Traduction: Maria Poumier

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21 mars 2019

GILETS JAUNES ET CONNECTIVE ACTIONS

cnnectivaction

Après avoir dans différents articles montré le rôle des Nouvelles Technologies de la Communication et de l' Information NTCI et des GAFA comme destruction/créative, comme le formulait Schumpeter. Il me faut maintenant développer mes réflexions sur l'utilisation des NTCI par les mouvements sociaux récents et notamment celui des gilets jaunes en France. G.Bad

 Les précédents mouvement de la « connective Actions »

 La manière dont les gilets jaunes ont utilisé les réseaux sociaux, Facebook, Twitter... les chaînes Youtube, le moteur de recherche Google et les messageries cryptées méritent quelques lignes. Nous avions déjà vu poindre cette utilisation des NTCI lors du printemps arabe en 2011 ou les manifestants de la place Tahir, écrivaient à terre « Nous sommes les hommes de Facebook » les révoltés du monde faisaient leur entrée dans la « connective Actions ». Ils seront relayés par les indignés en Espagne et Occupy Wall Street aux États-Unis. L'utilisation des réseaux sociaux va leur permettre d’organiser les manifestations spontanées,de contourner les médias officiels et imposer sur le net leurs témoignages et autres preuves d’exactions policières.

 La sociologue américaine d' origine turque Zeynep Tufekci a produit sur le sujet un livre intitulé Twitter and Tear Gas « Twitter et les gaz lacrymogènes » où elle montre les mutations profondes que les nouvelles technologies ont engendrées dans la nature même des mouvements sociaux, transformant leur organisation, leur visibilité et leur impact à long terme.

Certes, les révolutions arabes ont échoué, le mouvement « Occupy Gezi » à Istanbul en 2013, aussi. Mais leur « capacité » à retourner l' opinion publique en imposant leur propre narration des faits est devenue insupportable pour les gouvernants. En ce qui concerne le Printemps arabe, l' utilisation du net doit être fortement relativisée, que nous dit Mounir Bensalah auteur « Réseaux sociaux et révolutions arabes ?" :

 

«  Le rôle des réseaux sociaux dans le Printemps arabe a été très exagéré, notamment par les médias occidentaux. La révolution Facebook ou Twitter, tel que ces événements ont été qualifiés, est un mythe et un fantasme nés de raccourcis journalistiques. Ils ont indéniablement accompagnés ce qu'on appelle les révolutions arabes, puisqu'ils ont servis à mobiliser, à informer et à s'informer. Voire à attiser la colère. Ils ont en outre permis d'attirer l'attention des médias étrangers, empêchés de travailler librement dans les pays fermés, et de les alimenter en images. Ils ont également aidé ceux que j'appelle les révoltés solitaires, qui se croyaient seuls au monde, à se regrouper en découvrant que d'autres personnes partageaient leurs sentiments.

 Mais les populations des pays arabes ne sont pas descendues dans les rues grâce aux réseaux sociaux, mais elles ont plutôt été poussées à se révolter pour des raisons sociales et politiques. D'ailleurs peu de gens étaient réellement connectés, et beaucoup d'entre eux n'avaient même pas accès à un ordinateur. Le profil type du cyber-activiste utilisant les réseaux sociaux le démontre : il est jeune, âgé entre 18 et 40 ans, citadin, jouissant d'un niveau d'instruction élevé et sensibilisé aux valeurs démocratiques lors d'un passage en Occident. Ce qui exclu une grande partie de la population des pays arabes, maintenue dans la pauvreté par les régimes dictatoriaux.

 Deux ans après, que sont devenus ces cyber-activistes du Printemps arabe? Sont-ils toujours actifs?

  M.B. : Aujourd'hui, les icônes de cette époque, subitement sorties de l'anonymat, sont écartées de la scène politique des pays qui ont vécu des bouleversements à la tête du pouvoir. Faute d'être organisés et de disposer de relais au sein de la société, ils n'ont pu jouer aucun rôle, malgré leur ambition et leur volonté de changer les choses. Et ce contrairement aux forces qui ont réussi à prendre le pouvoir en Égypte ou en Tunisie. Toutefois, il semble que la leçon a été retenue, car deux ans après, ils essayent de s'organiser. En Égypte par exemple, le Mouvement du 6-avril , une organisation de jeunes militants pro-démocratie très active lors de la révolte qui a renversé l'ancien président Hosni Moubarak, tente de devenir un acteur de plus en plus influent au sein de l'opposition égyptienne. Le même phénomène peut être constaté actuellement en Tunisie."

 Quand les gilets jaunes arrivent à défier le pouvoir sur son propre terrain.

 Tout d' abord tous ceux qui de prés ou de loin ont suivi les différents Actes des Gilets jaunes ont pu se rendre compte que ceux ci avaient un temps d' avance sur les forces de l'ordre. Les manifestations non déclarées ont surpris l' appareil d' Etat qui était incapable de s'organiser pour contrer cette déferlante spontanée. Les journalistes eux aussi allaient se trouver hors circuit pour filtrer des informations se diffusant comme l' éclair sur les réseaux sociaux. l' appareil d' état avait perdu sa prédominance médiatique, sa capacité à filtrer les informations et à diffuser des fausses nouvelles.

 Bien entendu l' appareil d' état va réagir pour mettre un terme à la « guerre de mouvement » qui lui était imposé. Il va mettre l' accent sur la violence surtout après l' action du boxeur ayant rétamé un policier. Les flashballs sont systématiquement utilisés pour blesser et éborgner manifestants et passants, afin de réduire le nombre de manifestants, mais rien n'y fera. Pour briser la spontanéité générée par Facebook qui avait procéder dés janvier 2019 à un changement d' algorithme décidé par le réseau social. Ce changement a favoriser les interactions entre des dizaines de milliers de gilets jaunes isolés par le citoyennisme, mais la aussi l'intervention des autorité française a finalement permis à Facebook d' entraver les communications de GJ comme en a témoigné  le journal Marianne

 « A la veille de "l'acte 10" du mouvement ce samedi 19 janvier, une fièvre parcourt les groupes Facebook de gilets jaunes : le réseau social aurait délibérément fait baisser le nombre de leurs membres. Disparition de posts, comptes bloqués, commentaires supprimés… L'un des représentants les plus en vue du mouvement, Eric Drouet, a affirmé avoir perdu 50.000 membres sur son groupe, "La France en colère !!!". Le compteur officiel des gilets jaunes serait quant à lui passé de 2,8 millions de personnes à 1.8. "Et plein de groupes dans le même cas", écrit le chauffeur routier, perplexe. » 

 Le changement d'intervention des forces de l' ordre

 Sous la direction du premier flic de France, le mouvement des gilets jaunes va servir de laboratoire répressif pour les actions futures que la crise sociale va générer. L' état va décider de mettre sur le terrain l' ensemble de ses forces policières, un déploiement inédit de celle-ci va surprendre. Dés lors nous allons assisté à une militarisation du maintien de l' ordre et à la criminalisation1 du mouvement des gilets jaunes accusés d' être sous l' emprise des hommes de Poutine. Le pouvoir ne va pas faire dans la dentelle aux traditionnels CRS et gendarmes mobiles, la police montée est déployée,les voltigeurs à moto (interdit depuis l' assassina de Malik Oussékine) sont de nouveau en service, le recours à des véhicules blindés légers ;les canons à eau ; le positionnement de snipers sur certains bâtiments officiels ; l’équipement de CRS de fusils d’assaut ; l'unité cynophile de la préfecture de police et ses chiens, etc. Il faut remonter à Mme Thatcher, aux prises avec la grève des mineurs du charbon 1984/19852 pour voir un tel acharnement répressif. L'usage massif des lanceurs de balle de défense (LBD), des grenades de désencerclement et des grenades GLI-F4 (contenant vingt-cinq grammes de TNT) et des lacrymogènes. Accompagné à chaque manifestation d' éborgnés et de blessés plus ou moins graves va être systématiquement dénoncé sur le net prouvant que la violence est le fait des forces de l' ordre.

De nouvelles pratiques sont utilisées, elles visent à empêcher les manifestants de se rendre à leur rendez vous, encerclement de ceux ci avec bombardement de lacrymogènes, mise en place d' un système d' exfiltration de manifestants. Tout cela allait redonner l'avantage aux forces de l' ordre, et finalement contraindre une grande partie des gilets jaunes à déclarer les manifestations. Le tout accompagné bien sûr par une offensive médiatique contre les gilets jaunes, un classique dés qu'une gréve commence à gêner l'état, l'étendard de la grève pagaille et de la violence est levé.

L' Acte XVIII des gilets jaunes du samedi 16 mars 2019 va sans aucun doute marquer un tournant dans la manière dont l' état veut mettre un terme aux manifestations. Accusé de toutes parts d'utiliser des violences hors normes y compris par UE et l' ONU... L'état Macron décide alors de procéder à une opération assez classique, laisser comme en 1971 les pilleurs piller le quartier latin, Ceci afin de regagner l' opinion publique en faveur des forces de l' ordre et frapper plus fort. C'est ce qui va se passer au cours de l'Acte XVIII sur la place de l' étoile Charles De gaulle, des CRS « protègent » l' arc de triomphe avec un cordon de véhicule avec ordre de ne pas bouger. Vers 11 h du matin un nombre relativement important de manifestants « dits Black Bloc » se regroupe et passe à l' attaque directe des forces de l' ordre, qui apparaissent nettement comme victimes d'une agression; l'image que le pouvoir voulait livrer pour faire oublier les éborgnages et exactions policières et justifiant l'emploi des Flashballs sur le thème inaction/réaction et pour compléter les pillages et incendies . Edouard Philippe curieusement sur place va parler d'action criminelle. Le lendemain toute la presse et les partis de droite montent au front contre Macron le faiblard, incapable de faire régner l' ordre...Ce qui permet à Edouard Philippe de virer le préfet de police de Paris, M Delpuech et de le remplacer par Didier Lallement ( préfet de Nouvelle Aquitaine) Tout en déclarant :

 "Nous interdirons les manifestations se revendiquant des gilets jaunes dans les quartiers qui ont été les plus touchés dès lors que nous aurons connaissance de la présence d'éléments 'ultras' et de leur volonté de casser. Je pense bien évidemment aux Champs-Élysées à Paris, à la place Pey-Berland à Bordeaux, à la place du Capitole à Toulouse", où "nous procéderons à la dispersion immédiate de tous les attroupements"

Le scénario du pillage et de la défense de la veuve et de l' orphelin, certains d' entre nous se souviennent encore du pillage des champs Elysées de 1975 autrement plus dévastateur et violent que celui de l' acte XVIII, voir ce document

Les angoissent du capitalisme occidental et les NTCI

Dans un article du Ramses 2018, « Comment l' informatique recompose les relations internationales » l' auteur s'interroge sur l' impact de celle-ci sur la démocratie. Il met en avant « ...le grand ébranlement des démocraties qui a dominé l' année 2016 avec le Brexit et l' élection de Donald Trump aux États-Unis, pointe la révolution numérique qui a changé de nature »

 « La révolution numérique (souligne l' auteur) charrie une face sombre, aux mutations tout aussi rapides La cybercriminalité progresse fortement avec un chiffre d' affaire estimé à 445 milliards de dollars par an (1). La cyberguerre, expérimentée contre l' Estonie, la Géorgie et l' Ukraine, se révèle être une arme asymétrique redoutablement efficace entre les mains des régimes chinois et russe-qui l'utilisent pour compenser, sinon annuler, l' avantage technologique des armées occidentales »

L' auteur parle aussi de la déstabilisation des démocraties par le recours intensif des partis populistes et des réseaux sociaux, du piratage des sites, des hackers, via l' instrumentalisation de Wikileaks...

 L' auteur s' engage ensuite sur un autre terrain, celui de la post-vérité une expression relativement nouvelle qui désigne « des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d'influence pour modeler l'opinion publique que les appels à l' émotion et aux opinions personnelles ». L'auteur, et il n' est pas le seul fustige les réseaux sociaux pour qui la vérité deviendrait secondaire pour lui la vérité doit être filtrée par « le monopole journalistique » « Avec les réseaux sociaux, le relativisme et l' horizontalité des sources remplacent le monopole journalistique de l' information.» . La voilà la sainte atteinte à la démocratie, celle ou des milliers de personnes qui ne se reconnaissent pas dans la vérité des « merdias » décident de les contourner en procédant à leur propre contre pouvoir médiatique; les journalistes dans leur grande majorité sont au service de l' ordre bourgeois.

 Les gilets jaune haïssent les journalistes.

 Chaque gilet jaune avec son smartphone est devenu un reporter, un chasseur d'image qui en temps réel diffuse les exactions des forces de l' ordre détruisant toute tentative d'intox des « merdias » « journalope » « prestituée » comme ils disent.

 Tous les corps intermédiaires (partis, élus, syndicats) sont décriés et contournés par l' action directe de la « connective Actions » remettant en cause tout le système représentatif de la démocratie bourgeoise et voulant avec le RIC en changer les règles et aller dans le sens de Mélenchon et sa 6 éme république. Soyons lucide, les gilets jaunes avec le RIC ne remettent pas en cause le capital et l' état, leur révolution se limite aux formes de la domination de classe. Mais même cela, Macron et ses sbires ne le supportent pas, le roi est nu mais il veut défier la rue.

 Parlant de la commune de Paris Marx va écrire

 « Ce ne fut pas une révolution faite pour transférer ce pouvoir d'une fraction des classes dominantes à une autre, mais une révolution pour briser cet horrible appareil même de la domination de classe. Ce ne fut pas une de ces luttes mesquines entre la forme exécutive et la forme parlementaire de la domination de classe, mais une révolte contre ces deux formes qui se confondent, la forme parlementaire n'étant qu'un appendice trompeur de l'Exécutif. » (La guerre civile en france , K.Marx ed.Pékin,p.176)

 Et n'oublions jamais

«  En tout cas, notre seul ennemi, le jour de la crise et le lendemain, ce sera l' ensemble de la réaction groupée autour de la démocratie pure » (Engels à Bebel lettre du 11/12/1884)

 

Vers l' acte XIX, ou l' armée sera présente

 

G.Bad

1 Elle était devenue explicite avec le recours aux brigades anticriminalité (BAC) et aux brigades de recherche et d’intervention (BRI), comme si les manifestants étaient des délinquants de droit communs,voire des Hooligans. Elle a pris un caractère officiel , suite à l' Acte XVIII du samedi 16 mars où les manifestants furent traités d' assassin par le premier ministre.

2-Cette longue gréve des mineurs de Grande Bretagne est décrite en détail dans le livre d'Henri Simon (« To the bitter end » GREVEDES MINEURS EN GRANDE-BRETAGNE MARS 1984 MARS 1985) édition Acratie

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19 mars 2019

COMBAT DE RUE SUR LES CHAMPS ELYSEES VIDEO

 

 

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12 mars 2019

INFOBREF N°521- budget défense à la hausse,Algérie, sommet Kim Jong-un – Donald Trump

 

INFOBREF N°521

Il manque 7 et 14 milliards à la défense britannique pour s’équiper. Les yeux plus gros que le ventre ?

5 Fév 2019

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(B2) La défense britannique présente toujours un écart persistant entre son plan d’équipement et son budget disponible pour les dix ans à venir. Un ‘trou’ qui pourrait menacer certains programmes comme les nouveaux avions F-35, prévient un rapport cinglant du Parlement britannique Un déficit compris entre 7 et 14 milliards de livres sterling Il manque, […]

 

Agence européenne de défense recherche budget désespérément pour 2019

20 Nov 2018

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(B2) L’agence européenne de défense n’a pas obtenu le consensus nécessaire pour l’adoption de son budget pour l’année prochaine L’agence européenne de défense avait espéré une augmentation significative de son budget pour l’année prochaine sur la base de la demande formulée par la Haute représentante, Federica Mogherini, également chef de l’EDA. Le Royaume-Uni s’est toutefois […]

 

2019: la France confirme un budget défense à la hausse

28 Sep 2018

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(B2) La défense fait partie des principaux bénéficiaires de la loi de finances 2019 proposée par le gouvernement français, lors du conseil des ministres mardi (25 septembre). Un budget de 35,89 milliards (hors pensions), en hausse de 1,69 milliard (+5% par rapport 2018) Les parlementaires disposent de 70 jours pour étudier puis voter ce projet […]

 

L'Union européenne demande d'"éviter une intervention militaire" au ...

 

 

MACRON: pour la mort de la sécurité sociale et de l’assurance chômage!

 

Macron tombe le masque dont il s’était affublé pour celles et ceux qui faisaient semblant d’y croire. Il est libertarien en fait. L’entreprise, l’entreprise, l’entreprise. Exit la République, la démocratie, les services publics et tout pacte social : Il est pour une société sans statut.

 

 Macron, l’ami d’Uber, est allé chercher chez Le Pen l’idée perverse de réduire le salaire brut patronal pour hausser le salaire net salarial. Il vous promet du vent : « 500 euros » tout de suite (« pour un couple » !) pour un avenir de typhons et de tornades : plus d’assurance maladie, ni chômage, et pareil pour les retraites.

 L’entreprise ne doit plus avoir aucune responsabilité sociale. Elle doit échapper à toute règle, tout code du travail. Redevenir un lieu d’exploitation pur et sans entrave. L’individu doit s ‘assurer tout seul (ce qui coûte plus cher et est inefficace).  Et le patron doit faire le maximum de profit et dividendes sans « charges » c’est à dire sans obligation de salaire brut, sans obligation de payer la reproduction de la force de travail.

 Dans cet univers d’extrême droite de Macron, il ne restera plus qu’à attendre que le patron exploiteur rassasié, cesse de licencier et enfin « ruisselle » pour faire le bien aux gens.

 En attendant cet hypothétique moment, l’état compensera façon aumône charitable, avec l’impôt des salariés, la maladie et le chômage de ceux qui seront exclus. Certains ajoutent un « revenu universel » pour les mendiants.

 Il veut en revenir aux prédications de Marlon Brando dans « Queimada ». « Libérez les esclaves, car les salariés c’est mieux, vous ne les paierez que quand vous aurez besoin d’eux », à la tâche, à la mission, au chantier, et ils se débrouilleront pour se loger, se soigner, s’occuper de leurs enfants et de leurs vieux.

 C’est la mythologie des « facho Cro-Magnon » de l’aile droite du parti républicain US. Les tea party. Adversaires même du modeste « Obama care ».

 Ils sont Cro-Magnon car ils nous ramènent à l’aube de la civilisation avant tout progrès solidaire entre humains. « Facho » parce que pour parvenir à cela, il faudra qu’ils infligent une défaite encore plus lourde aux syndicats, au mouvement social, aux socialistes, à la gauche organisée.

 Une « société sans statut » : tout droit du travail, tout droit social sont exclus des règles de la concurrence qui sont réduites à minima. Macron, c’est bien le 19° siècle, ou bien c’est Mad Max, avant ou après, mais en dehors de la civilisation sociale.

 Ce n’est pas le « candidat du travail » (il ne sait pas ce que c’est) c’est le candidat de l’exploitation maximale du travail.

 Gérard FILOCHE

A noter que pour nous il n' y a pas de recul en arrière,mais la suite logique du maintien du capitalisme,le statut que Macron veut correspond à la concurrence sans entrave que se livre les trusts à l' échelle mondiale le travailleurs précaire et le précariat c' est l' avenir de l'homme sous le capitalisme. La fameux statut à la personne que Gérard Filoche a si bien dénoncé, correspond à la transition de notre société vers la concentration/centralisation numérique. Ce n' est certes pas un hasard si on nous parle de revenu, de retraite, se service militaire UNIVERSEL. Il s' agit de la gestion universelle d' une précarité qui les déborde.



Nous sommes juifs et nous sommes antisionistes (Union Juive Française pour la Paix)

 

ALGERIE

La révolte populaire : seule candidate capable de transformer la situation

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4.03.2019-aLGERIA-eNGLISH-ITALAIN-ESPAGNOLE-PORTUGUAIS

 

 

L’échec du sommet Kim Jong-un – Donald Trump

 

L’impasse citoyenniste. Contribution à une critique du citoyennisme

On nage avec le citoyennisme en pleine moralité exprimée par une classe moyenne en perdition au sein de laquelle prennent naissance, par exemple, des critiques d’une certaine mondialisation qui ne sont en fait que l’expression d’une nostalgie du « bon vieux capital national ».

Ce texte date de 2001, il n’a pas pris une ride, il a été édité sous forme de brochure par « en attendant » 
En attendant 5 rue du Four, 54000 Nancy , 
le mail :- en_attendant@hotmail.com 
et dont la reproduction est vivement souhaitée.

https://infokiosques.net/IMG/pdf/impasse_citoyenniste.pdf

LA MONTÉE DES EXTRÊMES

Tom Thomas

INTRODUCTION

A propos du « populisme »

La crise économique génère rapidement sous nos yeux une crise politique. Crise relative à l’État donc, qui ne peut plus, comme le peuple croit généralement que c’est son rôle, assurer la croissance, l’emploi, le niveau de vie, la santé, bref « le progrès » dans le bien-être général. Les partis traditionnels dits de droite ou de gauche qui se succèdent régulièrement au gouvernement, et plus généralement les « élites » politico-médiatiques et patronales, sont déconsidérés chaque jour davantage.



27 FÉVRIER 2019 PAR PIÈCES ET MAIN D’ŒUVRE

21 décembre 2018 par Chimpanzés du futur occitans

20 décembre 2018 par Pièces et main d’œuvre

9 décembre 2018 par Pièces et main d’œuvre

23 novembre 2018 par Pièces et main d’œuvre

4 novembre 2018 par Pièces et main d’œuvre

21 août 2018 par Edouard V. Piely

Douze ans plus tard
31 mai 2018 par Pièces et main d’œuvre

Plan particulier de la Creuse et hyper-ruralité
24 mai 2018 par Creuse-Citron

15 février 2018 par Pièces et main d’œuvre

10 janvier 2016 par SNES Toulouse

7 décembre 2015 par Des radicaux non fanatiques

3 décembre 2015 par Annie 2.0

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09 mars 2019

Le danger de guerre est aux portes de l'Europe

Avant-propos

Ce n'est certes pas dans nos convictions que de mettre en avant les rivalités impérialistes, considérant que la contradiction principale dans le monde est celle entre le camp capitaliste qui a le monopole de l'exploitation et le camp prolétarien.

 Toutes les guerres engendrées par le capitalisme impérialiste se présentent comme un repartage du monde, un accès aux matières premières, un besoin d'espace vital, ou l'occupation stratégique de tel ou tel pays en prévision d'une guerre plus importante, voire la destruction du potentiel économique de l'ennemi, pour s'ouvrir des marchés. Cependant, si les peuples ne se laissent pas entrainer dans la guerre, s’ils se mettent à déclencher une guerre civile révolutionnaire et même une simple opposition, les capitalistes belligérants se coaliseront chaque fois contre le prolétariat. Les exemples ne manquent pas depuis la Commune de Paris.

 « Gare au bouillon rouge ! Ils en ont besoin, ils la veulent ! La misère les déborde, le socialisme les envahit. Sur les bords de la Spree aussi bien que sur les rives de la Seine, le peuple souffre. Mais, cette fois, sa souffrance a des avocats en blouse, et il n’est que temps de faire une saignée, pour que la sève de la force nouvelle s’échappe par l’entaille, pour que l’exubérance des foules se perde au bruit du canon... » Jules Vallés

 En effet quand les révoltes et les insurrections commencent à menacer un peu trop les pouvoirs en place ceux-ci les détournent vers l'extérieur de manière à ce que les prolétaires s’entretuent dans de grandes guerres patriotiques. C'est là l'aspect principal, du point de vue du prolétariat des guerres bourgeoises pour le partage et repartage du monde.

Le danger de guerre est aux portes de l'Europe

 Le Traité sur les Forces nucléaires intermédiaire (FNI), signé en 1987 par les présidents Gorbatchev et Reagan est remis en cause et c'est unanimement que les États membres populistes et démocratiques se sont alignés sur la stratégie militaire étasunienne. C'est unanimement qu'ils viennent d'autoriser le déploiement de missiles nucléaires à moyenne portée aux frontières de l'Union européenne. Même l'Allemagne qui par la voix de son ministre des affaires étrangères déclarait fin 2018

 « L'Allemagne s'opposerait fermement à l'installation de nouveaux missiles nucléaires à moyenne portée en Europe si le traité de démantèlement FNI conclu pendant la Guerre froide devenait caduc, a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères à l'agence de presse DPA. »

 Mais encore :

 "L'Europe ne doit en aucun cas devenir le théâtre d'un débat sur le réarmement", a déclaré Heiko Maas à l'agence de presse allemande ."Le stationnement de nouveaux missiles à moyenne portée se heurterait à une grande résistance en Allemagne", a ajouté le chef de la diplomatie allemande." (sources Challenges.fr)

 Au-delà de ce discours de Heiko Maas, c'est comme un seul homme que l'UE accepte comme le fit F. Mitterrand, président de la République française, qui le 20 janvier 1983 entérina le déploiement de missiles aux portes de l'UE.

 Mitterrand a justifié l'implantation de missiles balistiques Pershing 2 installés par les États-Unis en Allemagne de l’Ouest, et ceux de croisière lancée depuis le sol, installé par les États-Unis en Grande-Bretagne, en Italie, en Allemagne de l’Ouest, en Belgique et aux Pays-Bas, pour contrer les missiles balistiques SS-20, installés par l’Union soviétique sur son propre territoire. Pour Mitterrand et les États-Unis, il s'agissait avant tout de revoir les accords de Yalta. Cette tension dite de la guerre froide allait mener justement à l'accord FNI et à la destruction de part et d'autre des missiles balistiques Perschin2 et SS 20 de l'URSS. La guerre mondiale fut évitée, par la capitulation sans combat de l'URSS mettant fin de facto aux accords de Yalta. Un nouveau repartage du monde pouvait commencer et la réunification allemande se faire et dans la foulée le dépeçage de la Yougoslavie 1991-2001 par les guerres de Slovénie (1991) de Croatie (1991-1995) de Bosnie(1992-1995), Croato-Bosniaque (1992-1994), Guerre du Kosovo (1998-1999)...jusqu'a l' intervention de l'OTAN (1999) contre la Serbie, ou «Quinze tonnes d’uranium appauvri ont été projetées sur la Serbie et vingt tonnes sur le Kosovo. Même si les données fiables et complètes font toujours défaut, on observe déjà une recrudescence anormale des tumeurs malignes et de la mortalité.» Sortir du nucléaire N°33). Le bilan s' élèvera à 200 000 morts plus ceux qui sont régulièrement victimes des bombes antipersonnelles.

 L'URSS était en partie démantelée et pour les États-Unis il fallait tout faire pour la réduire à une puissance de second rang. L’arrivée au pouvoir de Poutine va changer la donne, il n'était plus question pour la Russie de se laisser réduire. Après la Serbie, ce fut l'Ukraine, puis tous les alliés de l'ex-URSS du Proche et du Moyen-Orient qui devaient tomber et tomberont, sauf Bachar el Assad qui aura le soutien indéfectible de Poutine et de l'Iran.

 Pour rappel, le président de la République française de l'époque, F Hollande s'apprêtait à procéder à une descente militaire sur la Syrie, tout était dans les tuyaux. Le 29 aout 2013, les Rafales des bases d' Abou Dhabi et de Djibouti sont en alertes. Mais au dernier moment le président Obama téléphone à F. Hollande pour lui indiquer que l' attaque conjointe est annulée pour de multiples raisons, dont une ne doit pas être négligée, la capacité des Russes à mener la guerre électronique terrestre, navale, et aérienne. (1)

 Le rapport de force venait de changer de camp

 Après la débandade en Syrie, le coup de masse allait tomber le 26 décembre 2018 quand Poutine annonce que le missile Avangard, surnommé «le cadeau du Nouvel An à la nation» est opérationnel, ce redoutable missile fut expérimenté à partir d'une base située dans le sud de l'Oural il réussit à frapper une cible conventionnelle au Kamtchatka, à 6.000 kilomètres. Le missile, qui vole à une vitesse de Mach 20, peut changer de cap et d'altitude tout en survolant l'atmosphère, zigzaguant vers la cible, rendant pratiquement impossible son interception.

 La Russie et la Chine ont déjà atteint la «quatrième dimension» dans le domaine des armements, constate le journal The Hill. Selon l'auteur de l'article, l'ancien commandant en chef du Commandement Nord des États-Unis (NORTHCOM), le général Howard N.Thompson, les missiles hypersoniques présentés par les adversaires des États-Unis, sont à 100% capables de surmonter les systèmes de DCA américains. En outre, le prétendu «effet de quatrième dimension» avantage la Russie et la Chine, car leur attaque laisserait très peu de temps aux États-Unis pour prendre une décision.

 «La sévère réalité consiste en ce que nos actuels systèmes de défense antimissile et notre mode de penser opérationnel sont tout simplement incapables de parer cette menace», écrit le général.

Nous voyons que l'installation des missiles du Pentagone aux frontières de l'UE ne se fait pas dans le même contexte qu'en 1983. La présence de missiles semble bien ridicule face à l'arme redoutable de la Russie, mais donne à cette dernière un prétexte pour accentuer sa pression sur l'UE et cette pression un prétexte pour que dans l'UE l'encadrement patriotique s'organise, relance du service militaire dans plusieurs pays de l'UE, chant de la Marseillaise à l'école en France...Dans ce contexte les gilets jaunes sont suspectés d'être manipulés pas seulement par l'extrême droite, mais aussi par la «main de Moscou» , accessoirement par l'extrême gauche. Ceci expliquerait, la répression hors-norme et hors proportion sur le mouvement des gilets jaunes considérés par le pouvoir comme une cinquième colonne aux ordres de Moscou, voir à ce sujet le journal Le Point.

 L'armée européenne sous pavillon AMÉRICAIN

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 La mise sur pied d' une armée européenne est de nouveau d'actualité, et ce sont les États-Unis qui poussent à sa création et à l'augmentation des budgets militaires des pays européens à la hauteur de

2% de manière à ce que les États-Unis n'assument plus financièrement la défense de l'Europe. Ceci convient tout à fait à l'État français qui essaye depuis longtemps de prendre la tête de l'armée européenne, avec l'Oncle Trump qui pousse dans ce sens Macron va se servir de la tension aux frontières de l'UE pour faire passer à la caisse les pays européens en «mutualisant» les frais de guerre. Seulement l'Oncle Trump ne veut pas que l' armée européenne devienne militairement indépendante et pour cela il s'est arrangé pour que le fleuron français Alstom tombe dans l'escarcelle de General Electric, l'enjeu étant de neutraliser la fabrication de la turbine Arabelle.

Il est parfaitement clair, que l'armée européenne devra s'alimenter en turbine auprès de General Electric et cela impactera l'armée française et européenne. Récemment, le ministre autrichien de la Défense et le premier ministre néerlandais Mark Rutte n'ont pas adhéré au projet de Macron et Merkel. La Pologne quant à elle rejette, l'idée de créer une armée européenne. Le président polonais Andrzej Duda a offert de payer 2 milliards de dollars pour l’établissement d’une base permanente de division blindée américaine dans le pays, allant jusqu’à suggérer qu’elle pourrait être nommée Fort Trump. Mieux encore lors de la réunion du 14 février à Varsovie avec les Américains

et curieusement le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, il ne s' agissait pas de préparer la paix au Moyen-Orient, mais la guerre contre l' Iran.

 

Alstom: Toute la dissuasion militaire française est désormais dans les mains des Américains,

la guerre qui se prépare est une guerre impérialiste

 Déterminer la caractéristique d'une guerre a toujours été un casse-tête, pour les organisations révolutionnaires, en effet elle permet de savoir si cette guerre est juste ou pas du point de vue révolutionnaire. Par exemple avant la Première Guerre mondiale, il fut convenu de s'opposer à la guerre et de ne pas voter les crédits de Guerre, mais au final les fameux crédits de guerre furent votés de part et d'autre et la guerre éclata. La II ième Internationale, qui avait à l'avance analysé le caractère de la guerre et prôné la grève générale internationale contre la guerre ; demandant à ses députés de ne pas voter les crédits de guerre, de déclarer la guerre à la guerre, va trahir le mouvement ouvrier en votant les crédits de guerre et en envoyant les prolétaires se faire tuer dans une guerre fratricide, au lieu de déclencher la guerre civile révolutionnaire contre la guerre.

 Quelques internationalistes véritables allaient se réunir en septembre 1915, à Zimmerwald en Suisse pour organiser la riposte et créer une IIIe Internationale qui va se prononcer en faveur de la révolution mondiale pour en finir avec la guerre. Le 15 janvier 1919, les sociaux-démocrates Noske et Scheiman font faire assassiner Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht et le 10 mars 1919 son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Ils voulaient déclencher la révolution pour circonscrire la guerre, mais Spartacus fut écrasé et la guerre continua. (2)

Cette guerre fut un désastre pour le prolétariat des pays en guerre qui réglaient leur différend avec le sang et la sueur du monde du travail, laissant un champ de ruine truffé d'obus de part et d'autre, en attendant la prochaine guerre qui ne tardera pas. Après la victoire de la France sur l'Allemagne et le traité de Versailles et le slogan «le boche paiera» le sentiment national allemand allait envahir jusqu' à la classe ouvrière, dont la révolution avait échoué, la route était dégagée pour un socialisme national qui devait porter Hitler au pouvoir.

 L'Allemagne de nouveau militarisée passa au Blitzkrieg (guerre éclair) et se présenta comme l'agresseur. (3) Les pays agressés en appelaient à la défense de la patrie ou à la capitulation, mais la caractéristique de la guerre était impérialiste sur le fond, c'est-à-dire contre le prolétariat mondial toutes les parties capitalistes démocratiques ou fascistes y ayant un intérêt. Mais voilà qu'une problématique allait se poser au prolétariat fallait-il entrer dans la résistance antifasciste dès lors que « la Patrie du socialisme » était attaquée, fallait-il rejoindre les fronts populaires de G. Dimitrov, lui qui avait considéré un temps que la guerre était impérialiste des deux côtés. Le prolétariat internationaliste coincé dans la dichotomie de la guerre antifasciste et de la défense de la « patrie socialiste de Staline » ne trouvera pas sa place, celle d'un « troisième camp » malgré quelques tentatives.

 Que peut faire le prolétariat révolutionnaire aujourd'hui

 En face d'une opération thermonucléaire, le prolétariat se trouvera vitrifié au sol avant d'avoir fait ouf. Nous ne serons pas en face d'une guerre de front comme 14/18 ou le mot d'ordre « crosse en l'air » était réalisable, comme celui de la fraternisation dans les tranchées...pendant que la population civile n'était que peu touchée directement. Durant la Seconde Guerre mondiale il en fut autrement, la guerre éclair que va mener le III Reich, va contraindre à la résistance clandestine, la guerre frontale ayant échoué dans tous les pays d'Europe, seuls les soviétiques vont pouvoir résister à la déferlante fasciste du fait de l'étendue de leur territoire et des commandos de partisans en attendant la controffensive à partir de Stalingrad. Le prolétariat en 14/18 avait encore la possibilité de prendre le pouvoir, malgré quelques tentatives il échoua. Après la Seconde Guerre mondiale les accords de YALTA de repartage du monde avait verrouillé toute tentative insurrectionnelle d'indépendance prolétarienne. Ensuite allait éclore lesdites luttes de libérations nationales (cause commune du wilsonisme et du léninisme) et de la Société des Nations SDN, la décolonisation/néo colonisation prenait le relai de la seconde guerre mondiale par des guerres localisées expression sanguinaire de la guerre froide.

 Il est aujourd'hui difficile de prévoir le conflit mondial autrement que contrôler dans l'usage des armes. Par exemple durant la Seconde Guerre mondiale les gaz n'avaient plus été utilisés. L'autre option (la thermonucléaire) n'est même pas envisageable, plus personne ne sera présent sur terre pour en parler, mais localement les armes nucléaires peuvent être utilisées comme ce fut le cas sur le Japon. Sauver la planète aujourd'hui cela commence par la lutte pour un désarmement mondial, ce que les pacifistes savent bien faire, et tout au plus ils obtiendront un accord comme le Traité sur les Forces nucléaires intermédiaires (FNI) pour une guerre propre. L'autre solution « la guerre civile révolutionnaire » elle aurait déjà due donnée des signes de vie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, seule la guerre du Vietnam avait déclenché un tel mouvement dans le monde.

Le WSWS dans un article «Êtes-vous prêt pour une guerre nucléaire?» posait la question suivante :

 « Il n’y a aucun moyen d’arrêter ce mouvement vers la guerre si ce n’est par une intervention politique consciente de la classe ouvrière. Quiconque croit qu’une guerre nucléaire est impossible parce que les gouvernements modernes, à l’opposé de ceux au pouvoir en 1914, ne prendraient pas le risque d’une catastrophe, se fait des illusions. Les régimes existant aujourd’hui sont peut-être encore plus irresponsables que ceux de l’époque. Assaillis par des problèmes économiques et sociaux pour lesquels ils n’ont pas de solution progressiste, ils sont de plus en plus enclins à voir la guerre comme un risque valant la peine d’être encouru. C’est pourquoi le Comité international de la Quatrième internationale insiste sur l’urgence de construire maintenant un mouvement antiguerre, antiimpérialiste et anticapitaliste de la classe ouvrière. » (Article original paru le 30 juillet 2014)

 G.Bad 19.02. 2019

 

NOTES

  1. -Les Russes ont déployé en Syrie, plusieurs Krasukha-4. Les avions russe Su-24, Su-25, Su-34 sont équipés de conteneur de brouillage SAP-518/ SPS-171, et les hélicoptères Mi-8AMTSh avec des Richag-AV. A cela s’ajoute le navire Priazovye (de classe Vishnya), appartenant à la flotte russe de la mer Noire, qui a été déployé en mer Méditerranée, près de la côte syrienne. Ce navire est spécialisé dans le brouillage et la collecte des informations de type SIGINT et COMINT (interception de tous les réseaux de communications).

 2-Pour plus d'informations voir Spartacus et la commune de Berlin aux Éditions Spartacus de Andre et Dori Prudhommeaux.

 3-L'Allemagne utilisa avec succès la technique de la Blitzkrieg contre la Pologne (attaquée le 1er septembre 1939), le Danemark (le 9 avril 1940), la Norvège (avril 1940), la Belgique (le 10 mai 1940), les Pays-Bas (mai 1940), le Luxembourg (mai 1940), la France (mai 1940), la Yougoslavie (avril 1941) et la Grèce (avril 1941).

 

 

 

 

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08 mars 2019

Acte 17 Gilets Jaunes-les femmes en guerre et en colère.

Acte 17 Gilets Jaunes : les Femmes donnent de la voix

Le Samedi 9 mars Les femmes Gilets Jaunes Roses violets et Rouges seront unies en tête de cortège !!
Précaires, leurs vies en guerre et en colère.

Le 8 mars c'est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Alors le lendemain, on consacre l'acte 17 des gilets jaunes à cette juste cause, pour faire converger toutes les mobilisations et montrer notre unité face au gouvernement :

  • En JAUNE pour mettre en avant les femmes qui occupent une grande place dans le mouvement et sont mobilisées depuis la première heure sur les ronds points, dénonçant notamment la précarité et les bas salaires.
  • En ROSE avec les "gilets roses", les assistantes maternelles, mobilisées depuis le 2 février contre le MEDEF et le gouvernement qui veut baisser leurs droits.
  • En VIOLET avec le collectif #8mars15h40 qui rassemble des associations féministes et divers syndicats et appelle à porter un foulard violet pour dénoncer les inégalités salariales et les violences sexistes et sexuelles.
  • En ROUGE avec les nombreuses mobilisations sociales qui se donneront rendez-vous ce 9 mars, et notamment celle des intermittent.e.s et précaires qui dénoncent la réforme inique de l'assurance chômage, véritable guerre contre les plus fragiles.

Parce que l'inégalité que subissent les femmes conditionne et impacte aussi leur place dans la société toute entière, en les éloignant souvent des décisions politiques, battons nous pour faire entendre leurs voix, pour l'égalité réelle et contre les violences.
L'allumette Macron balancée sur l'essence des Gilets jaunes a enflammé nos luttes, on lâche rien pour la justice sociale et la démocratie : On lâche rien.

Parcours (déposé, susceptible de changer)

  • Rassemblement à partir de 10h30
  • Départ 11h : Champs Elysées
  • Passage à la Comédie Française avec action des intermittentes
  • Puis Pyramide du Louvre avec une pyramide de poussette des assistantes maternelles
  • Traversée de la Seine par le pont du Carrousel
  • Quai Malaquais
  • Place St Michel rebaptisée Louise Michel
  • Bd (Saint) Louise Michel avec action des femmes du commerce
  • Arrivée à l'entrée du jardin du Luxembourg rebaptisé Parc Rosa Luxembourg qui a lancé la journée du 8 mars.

Co-organisatrices

Femmes Gilets Jaunes
8 mars 15h40
Assistant.e.s maternel.le.s en colère "Gilets roses"

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02 mars 2019

Acte XVI-Les éborgneurs toujours à l'oeuvre

 


https://youtu.be/mtB4bl1U5lI?t=132 

 

  1. ZINEB REDOUANE, 80 ans, a été tuée par une grenade lacrymogène reçue en plein visage à Marseille le 1er décembre 2018.
  2. MAXIME, a été blessé à la joue par un tir de LBD 40 à Quimper le 17 novembre 2018.
  3. RICHIE A., 34 ans, a perdu son oeil gauche à cause d’un tir de LBD 40 à Saint-Paul (La Réunion) le 19 novembre 2018.
  4. JEROME H. a perdu son œil gauche à cause d’un tir de LBD 40 à Paris le 24 novembre 2018. Cagnotte de soutien CLIQUEZ ICI.
  5. PATRICK G, 59 ans, a perdu son œil gauche à cause d’un tir de LBD 40 ou d’une GLI F4 à Paris le 24 novembre 2018.
  6. ANTONIO B, 40 ans, vivant à Pimprez, a été gravement blessé au pied par une grenade GLI F4 à Paris le 24 novembre 2018. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  7. GABRIEL P, 21 ans, apprenti chaudronnier vivant dans la Sarthe, a eu la main arrachée par une grenade GLI F4 à Paris le 24 novembre 2018. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  8. FLORENT P, 30 ans, est blessé par plusieurs éclats de grenade GLI F4 à Paris le 24 novembre 2018.
  9. XAVIER E., 34 ans, vivant à Villefranche sur Saône, a eu une fracture de la mâchoire, du palais, du plancher de l’orbite, de la pommette, plusieurs dents cassées et la lèvre coupée par un tir de LBD 40 à Villefranche sur Saône le 24 novembre 2018.
  10. SIEGFRIED C, 33 ans, vivant près d’Epernay, a été gravement blessé à la main par une grenade GLI F4 à Paris le 24 novembre 2018.
  11. MAXIME W., a été brûlé à la main et a perdu définitivement l’audition à cause d’une grenade GLI F4 à Paris le 24 novembre 2018.
  12. FAB a été blessé au front par une grenade de désencerclement à Paris le 24 novembre 2018.
  13. AURELIEN a été blessé à la mâchoire (5 points de suture) par un tir de LBD 40 le 24 novembre 2018 à Tours.
  14. CEDRIC P., apprenti carreleur vivant à la Possession (Réunion), a perdu son œil gauche à cause d’un tir de LBD 40 à la Possession le 27 novembre 2018. Cagnotte de soutien CLIQUEZ ICI
  15. JACKY S, 58 ans, a perdu son œil à cause d’un tir de LBD 40 à Saint Louis de la Réunion le 27 novembre 2018.
  16. FRANCK D., 19 ans, a perdu son œil à cause d’un tir de LBD 40 à Paris le 1er décembre 2018. Cagnotte de soutien CLIQUEZ ICI.
  17. HEDI, 29 ans, a perdu son œil à cause d’une grenade de désencerclement au Puy en Velay le 1er décembre 2018. Cagnotte de soutien : CLIQUEZ ICI.
  18. GUY B., ~60 ans, a eu la mâchoire fracturée par un tir de LBD 40 à Bordeaux le 1er décembre 2018. Cagnotte de soutien CLIQUEZ ICI.
  19. AYHAN P, 52 ans, technicien Sanofi vivant à Joué-les-Tours, a eu la main arrachée par une grenade GLI F4 à Tours le 1er décembre 2018. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  20. BENOIT B., 29 ans, a été gravement blessé à la tempe (œdème cérébral) par un tir de LBD 40 à Toulouse le 1er décembre 2018. Il a été placé en coma artificiel. MAJ : il est sorti du coma après 20 jours, le 21 décembre 2018.
  21. MEHDI K, 21 ans, a été gravement blessé lors d’un passage à tabac à Paris le 1er décembre 2018.
  22. ANTHONY, 18 ans, a été blessé à l’œil par un tir de LBD 40 à Paris le 1er décembre 2018.
  23. JEAN-PIERRE, a eu la main fracturée par un tir de LBD 40 à Toulouse le 1er décembre 2018.
  24. MAXIME I, 40 ans, a eu une double fracture de la mâchoire à cause d’un tir de LBD 40 à Avignon le 1er décembre 2018.
  25. FREDERIC R., 35 ans, a eu la main arrachée par une grenade GLI F4 le 1er décembre 2018 à Bordeaux.
  26. CHRISTOPHE L. a eu le nez fracturé et le front ouvert par un jet de CANON A EAU le 1er décembre 2018 à Paris.
  27. LIONEL J, 33 ans, a été blessé à la tempe (7 points de suture + 1 plan sous-cutané) par un tir de LBD 40 le 1er décembre 2018 à Paris.
  28. KEVIN P a été brûlé au second degré profond à la main gauche (15 jours d’ITT) par une capsule de gaz lacrymogène le 1er décembre 2018 à Paris.
  29. MATHILDE M, 22 ans, a été blessée à l’oreille (25 points de suture, acouphènes, lésions internes légères avec troubles de l’équilibre) par un tir de LBD 40 à Tours le 1er décembre 2018.
  30. ROMEO B, 19 ans, a eu une fracture ouverte du tibia (90 jours d’ITT) par un tir de LBD 40 le 1er décembre 2018 à Toulouse.
  31. ELIE B, 27 ans, a eu une fracture de la mâchoire et une dent cassée par un tir de LBD 40 le 1er décembre 2018 à Paris. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  32. ETIENNE P, agent SNCF, a eu une fracture du tibia (90 jours d’ITT) à cause d’un tir de LBD 40 le 1er décembre 2018 à Paris.
  33. HUGO C, photographe, a été blessé à l’arcade par un tir de LBD 40 le 1er décembre 2018 à Paris.
  34. CHARLINE R, 29 ans, a été blessée au pied (opération d’extraction sous anesthésie générale) par un éclat de grenade GLI F4 à Paris le 1er décembre 2018.
  35. ALEXANDRE S, 27 ans, a été blessé aux jambes par des éclats multiples de grenade GLI F4 à Paris le 1er décembre 2018.
  36. FRANCK O a été blessé au front par un tir de LBD 40 à Paris le 1er décembre 2018. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  37. ROMAIN a été blessé par une grenade de désencerclement à Paris le 1er décembre 2018.
  38. BENJAMIN R a été blessé à la mâchoire (menton) par un tir de LBD40 le 1er décembre 2018 à Paris (Source)
  39. MEHDI F a été blessé au torse (avec tuméfaction du poumon) par un tir de LBD40 le 1er décembre 2018 à Bordeaux.
  40. CHRISTOPHER a eu une triple fracture des os du visage à cause d’un tir de LBD 40 le 1er décembre 2018 à Calais.
  41. DORIANA, 16 ans, lycéenne vivant à Grenoble, a eu le menton fracturé et deux dents cassées par un tir de LBD 40 à Grenoble le 3 décembre 2018.
  42. ISSAM, 17 ans, lycéen vivant à Garges les Gonesse, a eu la mâchoire fracturée par un tir de LBD 40 à Garges-les-Gonesse le 5 décembre 2018.
  43. OUMAR, 16 ans, lycéen vivant à Saint Jean de Braye, a eu le front fracturé par un tir de LBD 40 à Saint Jean de Braye le 5 décembre 2018.
  44. JEAN-PHILIPPE L, 16 ans, a perdu son œil gauche à cause d’un tir de LBD 40 le 6 décembre 2018 à Bézier.
  45. RAMY, 15 ans vivant à Vénissieux, a perdu son œil gauche à cause d’un tir de LBD 40 ou une grenade de désencerclement à Lyon le 6 décembre 2018.
  46. ANTONIN, 15 ans, a eu la mâchoire et la mandibule fracturées par un tir de LBD 40 à Dijon le 8 décembre 2018. Cagnotte de soutien CLIQUEZ ICI.
  47. THOMAS, 20 ans, étudiant vivant à Nîmes, a eu le sinus fracturé par un tir de LBD 40 à Paris le 8 décembre 2018. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  48. DAVID, tailleur de pierre vivant en région parisienne, a eu la maxillaire fracturée et la lèvre arrachée par un tir de LBD 40 à Paris le 8 décembre 2018. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  49. FIORINA L., 20 ans, étudiante vivant à Amiens, a perdu son œil gauche à cause d’un tir de LBD à Paris le 8 décembre 2018.
  50. ANTOINE B., 26 ans, a eu la main arrachée par une grenade GLI F4 à Bordeaux le 8 décembre 2018.
  51. JEAN-MARC M., 41 ans, horticulteur vivant à Saint-Georges d’Oléron, a perdu son œil droit à cause d’un tir de LBD 40 à Bordeaux le 8 décembre 2018.
  52. ANTOINE C., 25 ans, graphiste freelance vivant à Paris, a perdu son œil gauche à cause d’un tir de LBD 40 à Paris le 8 décembre 2018. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  53. CONSTANT D., 43 ans, technico-commercial au chômage vivant à Bayeux, a eu une fracture du plancher orbital, une triple fracture du nez et 25 points de suture à cause d’un tir de LBD 40 à Mondeville le 8 décembre 2018.
  54. CLEMENT F., 17 ans, a été blessé à la joue par un tir de LBD 40 à Bordeaux le 8 décembre 2018.
  55. NICOLAS C., 38 ans, a eu la main gauche fracturée par un tir de LBD 40 à Paris le 8 décembre 2018.
  56. YANN, a eu le tibia fracturé par un tir de LBD 40 à Toulouse le 8 décembre 2018.
  57. PHILIPPE S., a été gravement blessé aux côtes, avec hémorragie interne et fracture de la rate par un tir de LBD à Nantes le 8 décembre 2018
  58. ALEXANDRE F., 37 ans, a perdu son œil droit à cause d’un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Paris.
  59. MARIEN, 27 ans, a eu une double fracture de la main droite à cause d’un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Bordeaux.
  60. FABIEN, a eu la pommette fendue et le nez fracturé par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Paris.
  61. EMERIC S., 22 ans, a eu le poignet fracturé avec déplacement du cubitus par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Paris.
  62. HICHEM B. a eu la main gauche fracturée par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Paris.
  63. HANNIBAL V. a été blessé à l’œil par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Paris.
  64. MANON M. a eu le pied (2ème métatarse) fracturé par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Nantes.
  65. ALEXANDRA a été blessée à l’arrière de la tête par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Paris.
  66. MARTIN C. a été blessé à proximité de l’œil par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Marseille.
  67. GUILLAUME P., a eu une fracture ouverte de la main avec arrachement des tendons à cause d’un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Nantes.
  68. AXELLE M., 28 ans, a eu une double fracture de la mâchoire et des dents cassées par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Paris. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  69. STEVEN L., 20 ans, a eu le tibia fracturé par un tir de LBD 40 et la main fracturée à cause de coups de matraque télescopique (jusqu’à perte de connaissance) le 8 décembre 2018 à Paris.
  70. ERIC P. a eu une fracture de la mâchoire, la lèvre fendue et des dents cassées par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Paris. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI
  71. DAVID D., 31 ans, ouvrier du bâtiment, a eu le nez fracturé, une narine sectionnée et un hématome à la lèvre supérieure à cause d’une grenade de désencerclement le 8 décembre 2018 à Bordeaux.
  72. PATRICE P., 49 ans, a perdu l’oeil droit à cause d’un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Paris.
  73. NICOLAS D, a eu la pommette fracturée par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Paris.
  74. NICOLAS, 38 ans, a eu une fracture du métacarpe à cause d’un tir de LBD 40 à Paris le 8 décembre 2018.
  75. CHARLES A a été blessé au front par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Rouen.
  76. JEAN MICHEL, ~40 ans, a eu la mâchoire fracturée, la lèvre fendue et des dents arrachées par un tir de LBD 40 à Paris le 8 décembre 2018 (source : L’Express)
  77. R. a été blessé à l’arrière de la tête (décollement de la membrane cérébrale, hématome extradural, fracture non-déplacée du crâne = 1 mois d’ITT) par un tir de LBD 40 le 08 décembre 2018 à Paris (Source).
  78. VANESSA L., 33 ans, a partiellement perdu l’usage de son œil gauche (perte d’acuité de 3/4) et eu le crâne fracturé par un tir de LBD 40 le 15 décembre 2018 à Paris. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  79. ETIENNE K., a eu une triple fracture de la mandibule gauche à cause d’un tir de LBD 40 le 15 décembre 2018 à Paris.
  80. FABIEN R, 30 ans, a eu le testicule gauche fracturé (nécessitant son ablation) par un tir de LBD 40 le 15 décembre 2018 à Bordeaux.
  81. LOLA V., 18 ans, a eu une triple fracture de la mâchoire, des dents cassées et la joue ouverte le 18 décembre 2018 à Biarritz. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  82. RODOLPHE, a été blessé aux jambes par une grenade de désencerclement le 18 décembre. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  83. BERNARD T a été blessé à la jambe (avec infection) par un tir de LBD40 à Rennes le 19 janvier 2019.
  84. JANELLE M., a été blessée au pied par une grenade de désencerclement (à confirmer) le 22 décembre 2018 à Nancy.
  85. AURORE C., a eu une fracture de la malléole gauche (6 semaines d’immobilisation, 45 jours d’ITT) à cause d’un tir de LBD 40 le 22 décembre 2018 à Bourg-en-Bresse.
  86. AGNES LACAM, a été blessée au dos et à la main (arrachement osseux et des ligaments, 4 jours d’ITT) par 2 tirs de LBD 40 à Toulouse le 22 décembre 2018
  87. AGNES LOUE a été blessée à la cuisse gauche par une grenade de désencerclement à Nantes le 22 décembre 2018.
  88. VICTORIA F a été blessée à l’arrière de la tête (18 agrafes) par un tir de LBD 40 à Paris le 22 décembre 2018.
  89. “R.G”, 24 ans, a perdu un œil à cause d’un tir de LBD 40 le 29 décembre 2018 à Toulouse. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  90. CORENTIN G., a été blessé à la jambe par un gros éclat de grenade GLI F4  le 29 décembre 2018 à Rouen
  91. STEVE B. a été blessé à la jambe par plusieurs éclats métalliques de grenade GLI F4 le 29 décembre 2018 à Rouen.
  92. SABRINA L, 38 ans, a été blessée à la jambe par plusieurs éclats métalliques de grenade GLI F4 le 29 décembre 2018 à Rouen (Source : 76actu)
  93. MICKA T. a été blessé à la jambe et à la tempe par plusieurs éclats métalliques de grenade GLI F4 le 29 décembre 2018 à Rouen.
  94. MICKAEL F, 37 ans,a été blessé à la jambe par plusieurs éclats métalliques (12 jours d’ITT) de grenade GLI F4 le 29 décembre 2018 à Rouen (Source : 76actu)
  95. COLINE M. a été blessée au bras par un tir de LBD 40 le 29 décembre 2018 à Rouen
  96. JONATHAN C. a été blessé au bras par un tir de LBD 40 le 29 décembre 2018 à Rouen
  97. ADRIEN M., 22 ans, a été gravement blessé derrière la tête (traumatisme crânien) par un tir de LBD 40 le 29 décembre 2018 à Nantes.
  98. YVAN B, a été blessé au nez et à l’œil (8 points de suture) par un tir de LBD 40 le 29 décembre 2018 à Montpellier.
  99. FANNY B, 29 ans, a été blessée à la cheville par une grenade de désencerclement le 29 décembre 2018 à Nantes.
  100. LAURENT a été blessé au front (11 points de suture) par un tir de LBD 40 le 29 décembre 2018 à Montpellier.
  101. GEOFFREY a eu le nez fracturé (29 points de suture) par un tir de LBD 40 à Montpellier le 29 décembre 2018.
  102. MANON a eu une fracture de la main avec plaie à l’index et hématomes sur le reste du corps à cause d’un grenade de désencerclement à Montpellier le 29 décembre 2018 (Source)
  103. GUILLAUME a été blessé à l’arcade (4 points de sutures au front, oedème palpébral) par une grenade de désencerclement le 29 décembre 2019 à Nantes (Source)
  104. SYLVERE E. a été blessé au pied (fracture non déplacée des 2eme et 3eme métatarse) par un tir de LBD 40 à Albi le 1er janvier 2019
  105. ROBIN B. a été blessé à l’arrière de la tête (4 agrafes + hématome) par un tir de LBD 40 le 05 janvier 2019 à La Rochelle.
  106. FLORENT M. a eu une fracture ouverte de la zygomatique à cause d’un tir de LBD 40 le 05 janvier 2019 à Paris.
  107. OLIVIER H. a été blessé à la tête (traumatisme crânien avec perte de connaissance) par un tir de LBD40 le 05 janvier 2019 à Paris.
  108. DANIEL a été blessé au front par un tir de LBD 40 le 05 janvier 2019 à Paris. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  109. LIONEL L. a eu une fracture ouverte de la jambe (3 mois d’immobilisation) à cause d’une grenade de désencerclement à Paris le 5 janvier 2019.
  110. DAVID S. a eu le nez cassé et 9 points de suture (20 jours d’ITT) à cause d’un tir de LBD 40 le 5 janvier 2019 à Bordeaux.
  111. ADRIEN, a été blessé à l’oeil par un tir de LBD 40 le 5 janvier 2019 à Saint Etienne.
  112. VITALIA, photographe, a eu le sinus maxillaire droit, du zygomatique droite et du plancher orbitaire à cause d’un tir de LBD 40 à Paris le 5 janvier 2019.
  113. LEILA D, a été blessée à l’arcade sourcilière (4 points de suture, 5 jours d’ITT) par un tir de LBD 40 à Paris le 5 janvier 2019
  114. CYRILLE B a eu une triple fracture du pied (métatarsien, 45 jours d’ITT) à cause d’un tir de LBD 40 à Puy en Velay le 5 janvier 2019
  115. NINEF R, 35 ans, a perdu un œil à cause d’un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 à Toulon.
  116. BENJAMIN V., 23 ans, ouvrier, a perdu un œil et 6 fractures des os de la face et du nez à cause d’un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 à Bordeaux. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  117. XAVIER L., 46 ans, photo-journaliste, a eu la rotule fracturée (45 jours d’ITT) par un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 à La Rochelle.
  118. LILIAN, 15 ans, a eu la mâchoire fracturée par un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 à Strasbourg.
  119. WILLIAM R., 23 ans, a eu une fracture de l’arcade sourcilière avec hématome intracrânien à cause d’un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 à Paris.
  120. LUDOVIC B, a été blessé à la joue par une grenade de désencerclement à Paris le 12 janvier 2019.
  121. SEBASTIEN M, a eu la mâchoire fracturée et 5 dents cassées par un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 à Paris. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  122. MARIE-PIERRE L., 47 ans, a été blessée à la cuisse par une grenade de désencerclement le 12 janvier 2019 à Nantes.
  123. SANDRA, 29 ans, a été gravement blessée au pied (10 jours de soins, risque de phlébite) par un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 au Havre.
  124. SAMIR a été gravement blessé à la tempe (paralysie faciale) par un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 à Saint Etienne. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  125. OLIVIER, 51 ans, pompier, a été gravement blessé à la tempe (placé en coma artificiel suite à une hémorragie cérébrale) par un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 à Bordeaux
  126. NICOLAS, a été blessé à l’oeil par un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 à Bar le Duc.
  127. ANTHONY B., a été blessé derrière la tête (traumatisme crânien, 10 points de suture sous-cutanés, 10 points de suture de surface) par un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 à Besançon.
  128. MAR, 51 ans, a été blessé au front (traumatisme crânien, plaie ouverte de 10 cm de long et jusqu’au crâne, 10 points de suture) par un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 à Nîmes.
  129. SEBASTIEN D., a eu la mâchoire fracturée par un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 à Nîmes.
  130. CEDRIC a eu une fracture ouverte du premier métacarpe et un tendon sectionné à cause d’un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 à Bourg en Bresse.
  131. VINCENT S, 36 ans, technicien informatique, a été gravement blessé à la tête par une balle de LBD40 ayant provoqué un traumatisme crânien occasionnant la perte de la parole (10 jours d’hospitalisation, 40 jours d’ITT reconductibles) à Bourges le 12 janvier 2019.
  132. ANONYME, 14 ans, a perdu son œil droit à cause d’un tir de LBD 40 à Saint Etienne le 12 janvier 2019.
  133. VIRGILE a eu le nez fracturé, un œdème palpébral à l’œil droit et une plaie de 6 cm à cause d’un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 à Montpellier (Source)
  134. GWENDAL L, 27 ans, a perdu un œil à cause d’une grenade de désencerclement le 19 janvier 2019 à Rennes.
  135. AXEL, 25 ans, a eu plusieurs fractures du front et de l’arcade, une fracture de l’orbite et un oedème à l’oeil à cause d’un tir de LBD 40 le 19 janvier 2019 à Montpellier.
  136. JEAN CLAUDE M, a été gravement blessé à l’œil (perte temporaire de la vue) par un tir de LBD 40 le 19 janvier 2019 à Rennes.
  137. YANN S, 39 ans, serveur, a eu 11 dents fracturées et expulsées (12 jours d’ITT) par des coups de matraques à Toulouse le 19 janvier 2019. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  138. JEROME R., a perdu un oeil à cause d’un tir de LBD 40 ou d’une grenade de désencerclement (à déterminer) à Paris le 26 janvier 2019.
  139. SYLVAIN a été blessé à l’œil (hématome de 7cm ×5cm, plaie sous l’angle interne mesurant 2cm, suturée) par un plot de grenade de désencerclement le 02 février 2019 à Toulouse.
  140. CHRISTOPHE a été blessé à la mâchoire par un tir de LBD 40 le 02 février 2019 à Paris
  141. JEROME D a été blessé au front (10 points de suture) par un tir tendu de grenade (à déterminer) le 02 février 2019 à Toulouse (Source)
  142. LOUIS B a eu une fracture du pied à cause d’un tir de LBD 40 à Paris le 02 février 2019.
  143. NICOLAS a été blessé à la mâchoire par un tir de LBD 40 à Paris le 02 février 2019.
  144. SEBASTIEN M a eu la main arrachée par une grenade GLI F4 à Paris (devant l’Assemblée Nationale)le 09 février 2019. Cagnotte de soutien, CLIQUEZ ICI.
  145. STEPHANIE F a été blessée au coude (12 points de suture, pose de vis) par un tir de LBD 40 à Lorient le 09 février 2019.
  146. YANNICK, 35 ans, a eu plusieurs dents cassées par un tir de LBD 40 à Paris le 16 février 2019. (Source)

 dernier extrait du blog "désarmons les"

 https://desarmons.net/index.php/2019/01/04/recensement-provisoire-des-blesses-graves-des-manifestations-du-mois-de-decembre-2018/

Notre décompte provisoire des mutilations définitives établit donc le bilan suivant :

  • 1 personne a été tuée (grenade lacrymogène)
  • 5 personnes ont eu la main arrachée (grenades GLI F4)
  • 21 personnes ont perdu l’usage d’un oeil (balles de LBD 40 et grenades de désencerclement)
  • 1 personne a perdu définitivement l’audition (grenade)

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01 mars 2019

"Guerre de classe" analyse le mouvement des gilets jaunes

Ci dessous un article de "guerre de classe" qui comme nous analyse le mouvement des gilets jaunes dans sa dynamique

"La tâche des communistes est de saisir le mouvement sur base de sa dynamique radicale, d’encourager cette dynamique à se développer comme praxis révolutionnaire, en faveur du projet révolutionnaire du prolétariat."

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Guerre de Classe 09/2019 : “Gilets jaunes”

Nous avons récemment publié sur notre blog, au fur et à mesure que nous en prenions connaissance et qu’ils nous parvenaient, des documents produits par et autour du mouvement des « gilets jaunes » qui secoue la France depuis plusieurs semaines. Ce qui suit est une sorte d’introduction à l’ensemble de ces matériaux (introduction que nous publions habituellement avant, il est vrai).

Nous ne reviendrons pas sur l’histoire du mouvement, sur des événements ou des expressions particulières. Nous pouvons renvoyer les lecteurs intéressés vers différents sites web et blogs qui assument très bien cette tâche.

Ce dont nous voudrions parler ici, c’est de la manière dont nous abordons ce mouvement, comment nous l’analysons, comment nous évaluons son importance dans le cadre de la lutte des classes. Et nous ne voulons pas cacher que divers articles crachant sur ce mouvement produits et reproduits par beaucoup de groupes d’ultragauche ont été une inspiration (négative) pour cette contribution, ce que nous pourrions appeler : « Que NE PAS faire ».

Malgré que nous soyons conscients des nombreuses faiblesses exprimées par le mouvement et que nous soyons les premiers à les critiquer, nous pouvons difficilement être d’accord avec la méthodologie utilisée par ces groupes – méthodologie qui limite le mouvement uniquement à ces faiblesses, qui généralise ces points faibles et ces illusions exprimées seulement par une partie des « gilets jaunes » comme si c’était la nature du mouvement, bref une analyse saisissant la classe comme une chose statique, sociologique, mécanique…

Nous n’allons pas passer en revue tous les arguments utilisés par l’ultragauche contre les « gilets jaunes », mais nous devons au moins mentionner les plus absurdes pour y répondre, pour remettre ce mouvement à sa juste place dans la lutte des classes, pour le remettre sur ses jambes et qu’il ne marche plus sur la tête…

Deux conceptions de la classe : le prolétariat en tant qu’entité sociologique versus le prolétariat en tant que force en lutte

Beaucoup de ceux qui méprisent le mouvement des « gilets jaunes » prétendent qu’il s’agit d’un mouvement interclassiste, un mélange de bourgeoisie et de prolétariat, une multitude d’intérêts et de programmes historiquement opposés. Un tel point de vue est basé sur une définition sociologique de la classe ouvrière : prolétaire = ouvrier, voire même ouvrier d’usine si possible.

Pour nous, le prolétariat n’est pas un groupe statique d’individus définis par leur salaire, mais plutôt une entité qui se structure dans la lutte et à travers la lutte, une force qui n’existe qu’en tant que potentialité durant les périodes de paix sociale et qui ne se transforme en une force réelle que dans la lutte, trempée dans son programme historique qu’elle exprime partiellement dans tout conflit avec le Capital.

Nous définissons bien sûr le prolétariat comme la classe exploitée, mais nous ne nous laissons pas berner par de nouvelles formes de statuts sociaux que le capital invente pour être plus flexible, plus rentable. Tous ces petits commerçants, indépendants et cols blancs qui dérangent tant les « petits malins » de l’ultragauche partagent exactement les mêmes conditions de vie (parfois même pires), les mêmes problèmes, la même misère que les « prolétaires purs ».

C’est en fait une stratégie très réussie du Capital et de sa démocratie que de dissimuler différentes catégories du prolétariat sous le masque de différentes couches de la société afin d’empêcher la classe de se reconnaître, de s’unir. Et d’en présenter d’autres, qui sont en effet formellement des salariés, comme s’ils étaient des prolétaires, même s’ils restent objectivement de l’autre côté de la barricade.

Le développement même de la démocratie se charge de cacher l’importance actuelle de la simplification/exacerbation des contradictions du capitalisme en effaçant en permanence les frontières de classe. Cela se voit ou s’est vu affirmé par des formes idéologiques spécifiques qui développent la confusion la plus complète et principalement celles basées sur un ensemble complexe de statuts formels et juridiques qui diviseraient la société – non pas en deux classes antagoniques – mais en un nombre indéterminé de catégories plus ou moins floues et élastiques.

Ainsi, par exemple, à un pôle de la société, un ensemble de formes juridiques pseudo-salariales tendent de camoufler la nature bourgeoise de structures entières de l’Etat. C’est le cas par exemple, des officiers de l’armée ou de la police, des haut-gradés de l’administration ou des entreprises, des bureaucrates de tout type… qui, sous ce couvert, sont rangés dans des catégories neutres, sans appartenance de classe ou, pire encore, sont assimilés à des « couches ouvrières ».

A l’autre extrême de la société se produit le phénomène complémentaire : un ensemble de formes juridiques de pseudo-propriété – coopératives « paysannes », réformes agraires, artisanats,… – camouflent objectivement l’existence d’immenses masses de prolétaires associées par le capital pour produire de la survaleur (c’est-à-dire dont le caractère salarial est déguisé).

Ce mécanisme, comme tant d’autres, tend à nous présenter comme opposés et comme ayant des intérêts particuliers, les différents secteurs du prolétariat : urbains/agricoles, actifs/sans travail, hommes/femmes, « ouvriers »/employés, travailleurs manuels/intellectuels… [GCI, Thèses d’Orientation Programmatique, thèse n°14]

Enfin, la preuve ultime de la position sociale de ceux que certains gauchistes refusent d’appeler des prolétaires (la liste varie selon les groupes mais on peut retrouver cette approche vis-à-vis des indépendants, petits propriétaires, chômeurs, retraités, etc.), c’est le fait que la présence de ces couches sociales dans le mouvement ne change rien au programme du mouvement. Ces groupes de prolétaires « impurs » n’imposent aucun agenda de la petite bourgeoisie (comme certains voudraient nous persuader que c’est là leur intention), au contraire, ils rejoignent et développent la critique prolétarienne, le programme prolétarien.

Au lieu de ces pseudo-analyses sociologiques qui continuent d’occuper les gauchistes, le mouvement s’articule plutôt en se définissant comme une classe antagoniste à la classe bourgeoise, à la société bourgeoise :

Nous, travailleurs, chômeurs, retraités, nous vivons du salaire (y compris déguisé en chiffre d’affaire pour les auto-entrepreneurs) et des allocs. Ce salaire et ces allocs, on les obtient en vendant notre force de travail à un patron. Et c’est grâce à ça qu’il arrive à se faire de la thune, c’est grâce à ça que l’économie roule, sur notre dos. On peut comprendre les appels à l’unité au sein des gilets jaunes. Mais quand cette unité signifie marcher avec ceux qui nous exploitent au quotidien et avec leurs représentants politiques ce n’est plus de l’unité, c’est de la domestication. En réalité, nos intérêts sont irréconciliables et cela s’exprime aussi au niveau des revendications. [Jaune – Le journal pour gagner]

Un autre argument courant que certains gauchistes utilisent, c’est que les « gilets jaunes » ne sont pas un mouvement prolétarien, parce qu’ils représentent une minorité, parce que la majorité de la classe n’y participe pas. Mais cette logique est complètement à l’envers. Nous pouvons difficilement reprocher à ceux qui luttent que les autres ne le font pas. Oui, le mouvement doit se répandre et se généraliser, oui, le reste de la classe doit s’arrêter de le regarder à la télévision ou d’en discuter sur Facebook, il doit le rejoindre dans la pratique. Et les « gilets jaunes » en sont assez conscients car on peut lire de nouveaux appels au reste de la classe pour les rejoindre.

Cependant, ce n’est pas la quantité qui peut être une mesure pour savoir si quelque chose est prolétarien ou non. Le mouvement s’est en effet développé depuis le début en nombre mais surtout dans son contenu. Les « gilets jaunes » ont dépassé, grâce à l’afflux des travailleurs et des chômeurs qui les ont rejoints, la forme originale d’un mouvement contre les impôts et ils continuent à créer un mouvement contre nos conditions de vie, devenant une lame de fond qui ébranle toute la société, en France du moins.

Tout ce qui s’est vécu et continue de se vivre sur les ronds-points, les blocages ou les émeutes, a permis à tout un peuple de retrouver sa capacité politique, c’est à dire, sa capacité d’agir que même un RIC ne pourra pas contenir. [Gilets Jaunes. Fin de première manche ?]

Et c’est ce contenu (qui s’inscrit tendanciellement dans le processus de négation pratique et théorique de l’Etat bourgeois, de l’économie, de l’idéologie…) qui le définit comme un mouvement prolétarien au-delà de la conscience de ses protagonistes, au-delà des drapeaux qu’ils agitent.

Tout le secret de la perpétuation de la domination bourgeoise peut ainsi se résumer à la difficulté du prolétariat à se reconnaître pour ce qu’il est réellement ; à reconnaître dans la lutte de ses frères de classe (dans quelque partie du monde que cela soit et quelles que soient les catégories dans lesquelles la bourgeoisie le divise) sa propre lutte, condition indispensable à sa constitution en force historique. [GCI, Thèses d’Orientation Programmatique, idem]

Ce n’est pas un hasard si ceux qui ont du mal à voir le prolétariat dans les « gilets jaunes » sont finalement ceux qui ont difficile à voir notre classe dans les révoltes des jeunes en banlieue ou les soulèvements hors d’Europe. Comme l’un des textes que nous publions le dit :

La plupart des camarades hostiles à la mobilisation des gilets jaunes le sont avant tout parce qu’ils ont choisi de ne pas faire la séparation entre ce qui est dit (discours de légitimité très médiatisé) et ce qui est fait (les pratiques que les différents blocages énoncent). [Gilet ou gilet pas ? Il faut de l’essence pour tout cramer]

Ils limitent le mouvement à ses faiblesses et ses idéologies sans voir le processus de leur dépassement.

L’histoire des luttes de notre classe nous montre que beaucoup de mouvements prolétariens similaires, surtout lorsqu’ils proviennent de l’extérieur des lieux de travail et ne sont donc pas directement confrontés à la production de marchandises, ont tendance à débuter avec des revendications liées à nos intérêts de classe d’une manière confuse. Tant que leur dynamique est sur une courbe ascendante, tant qu’ils attirent des prolétaires au-delà des frontières sectorielles et sociologiques que nous impose le Capital, tant que s’intensifie la confrontation avec l’Etat dans ses multiples incarnations, la nature de classe du mouvement devient de plus en plus claire.

Ceci conduit à la cristallisation de deux courants opposés dans le mouvement. Le courant prolétarien – qui jusqu’à présent a le dessus à l’intérieur du mouvement – pousse à des ruptures toujours plus profondes avec la société capitaliste : pas de dialogue avec la classe dirigeante, affirmation explicite de l’affrontement violent avec les forces répressives, tentatives d’étendre la lutte sur les lieux de travail, tentatives d’internationalisation de la lutte, etc. Un autre courant, social-démocrate celui-là, tente de pacifier la lutte et de la ramener dans le cadre démocratique de la citoyenneté – dans ce cas, représenté par toutes ces « vedettes médiatiques » provenant des rangs des « gilets jaunes », tous ces petits « leaders » qui tentent de transformer le mouvement en parti politique ou en syndicat, ou de le relier aux partis et syndicats existants, tous ces appels au référendum et aux révélations patriotiques.

Nous voulons souligner que la constitution du prolétariat en classe est un processus, un processus de lutte, un processus dans lequel notre classe clarifie sa position en tant que classe n’ayant qu’un seul et unique intérêt à défendre, un processus de rupture d’avec l’idéologie bourgeoise et ses forces matérielles :

Ce colosse ne sait plus comment il s’appelle, ne se souvient plus de son histoire glorieuse, ne connaît pas le monde où il ouvre les yeux. Pourtant, il découvre, à mesure qu’elle se réactive, l’ampleur de sa propre puissance. Des mots lui sont soufflés par de faux amis, geôliers de ses songes. Il les répète : « français », « peuple », « citoyen » ! Mais en les prononçant, les images qui reviennent confusément du fond de sa mémoire jettent un trouble. Ces mots se sont usés dans les caniveaux de la misère, sur les barricades, les champs de bataille, lors des grèves, au sein des prisons. C’est qu’ils sont du langage d’un adversaire redoutable, l’ennemi de l’humanité qui, depuis deux siècles, manie magistralement la peur, la force et la propagande. Ce parasite mortel, ce vampire social, c’est le capitalisme !

Nous ne sommes pas cette « communauté de destin », fière de son « identité », pleine de mythes nationaux, qui n’a pas su résister à l’histoire sociale. Nous ne sommes pas français.

Nous ne sommes pas cette masse faite de « petites gens » prête à s’allier avec ses maîtres pourvu qu’elle soit « bien gouvernée ». Nous ne sommes pas le peuple.

Nous ne sommes pas cet agrégat d’individus qui ne doivent leur existence que par la reconnaissance de l’État et pour sa perpétuation. Nous ne sommes pas des citoyens.

Nous sommes ceux qui sont obligés de vendre leur force de travail pour survivre, ceux dont la bourgeoisie tire ses profits en les dominant et en les exploitant. Nous sommes ceux que le capital, dans sa stratégie de survie, piétine, sacrifie, condamne. Nous sommes cette force collective qui va abolir toutes les classes sociales. Nous sommes le prolétariat. [Appel de « Gilets Jaunes » de l’Est Parisien]

« Blocage de l’économie » versus sa destruction

Beaucoup reprochent aussi au mouvement le fait qu’il ne fait pas réellement de mal à l’économie, qu’il ne bloque pas le flux des capitaux. Et un autre argument suit logiquement : il ne se développe pas sur les lieux de travail, donc il n’a rien à voir avec la façon dont les travailleurs s’organisent.

Rappelons tout d’abord que le mouvement n’est pas sans effet pour l’économie capitaliste. Les barrages sympathiques des ronds-points, tous ces gens qui dorment et se les gèlent sous des tentes, ne changeront sûrement rien. Mais n’oublions pas qu’il y a eu aussi des occupations réussies et des blocages de dépôts d’essence qui ont provoqué (trop peu de temps malheureusement) une pénurie de produits pétroliers et donc une panique sur le marché. N’oublions pas que les « gilets jaunes » ont également occupé de nombreux points de péage, laissant les gens emprunter les autoroutes gratuitement, ils ont aussi détruit des milliers de radars sur les routes de France. Et n’oublions pas non plus les émeutes, les destructions spectaculaires dans les centres-villes et les divers pillages qui représentent aussi un certain niveau d’attaque directe contre le capital, et donc réappropriation d’une petite partie de la richesse sociale produite par notre classe, par nous autres prolétaires, juste un minuscule et infime moment du processus général d’expropriation des expropriateurs, de négation de la propriété privée des capitalistes [“Gilets jaunes” – La lutte continue]. En d’autres termes, les « gilets jaunes » ont fait beaucoup plus de mal à l’économie qu’aucune grève générale syndicaliste négociée et préparée avec les patrons longtemps à l’avance.

Mais bien sûr, tout cela n’est pas suffisant. Si le mouvement veut survivre, se renforcer, généraliser et développer sa critique pratique jusqu’aux conséquences ultimes, il doit aller plus loin. Et en effet pour cela, il doit s’organiser aussi sur les lieux de travail. Jusqu’à présent, ce n’était pas facile :

Le mouvement des gilets jaunes s’arrête aux portes des entreprises, c’est-à-dire là où commence le règne totalitaire du patronat. Ce phénomène résulte de différents facteurs. Retenons-en trois : 1) L’atomisation de la production, qui voit un grand nombre de salariés travailler dans des (très) petites entreprises où la proximité avec l’employeur rend très difficile la possibilité de faire grève. 2) La précarité d’une grande partie des salariés, qui détériore gravement leur capacité à assumer une conflictualité dans les boîtes. 3) L’exclusion et le chômage, qui placent en dehors de la production bon nombre de prolétaires. Une grande partie des gilets jaunes est directement concernée par au moins l’une de ces trois déterminations.

L’autre composante du salariat, celle qui bosse dans les grandes sociétés et qui dispose d’une meilleure sécurité de l’emploi (CDI et statut) paraît être sous cloche, sur laquelle la puissante force du mouvement se rompt comme la vague sur le rocher. Un traitement particulier, composé d’efficience managériale et de honteuse collaboration syndicale, est réservée à cette frange de la population travailleuse. La bourgeoisie a bien compris que cette catégorie des travailleurs a le pouvoir de frapper la production capitaliste en son cœur, par la grève générale illimitée. C’est pour cela qu’elle consolide la pacification en donnant des sussucres en formes de « primes de fin d’année exceptionnelles ». [Appel de « Gilets Jaunes » de l’Est Parisien]

Mais la question est encore plus complexe. Une action « en usine » n’est pas une garantie de quoi que ce soit et la grève n’est pas synonyme d’une action révolutionnaire car c’est son contenu qui détermine son caractère. Des grèves de type syndical pour quelques miettes, « lorsque la situation de l’entreprise le permet », ne changeraient rien, même si elles échappaient au contrôle des syndicats, si elles étaient organisées par les travailleurs eux-mêmes ou si elles représentaient un pas vers la mystérieuse « autonomie ouvrière » (au sein du capitalisme) que ses partisans veulent construire par une multiplication de revendications.

L’organisation sur les lieux de travail ne peut pas être mise en opposition avec la nécessité de s’organiser sur une base de classe également à l’extérieur, dans toute la société. Faire cela signifie suivre la même logique que celle qu’applique la bourgeoisie afin de diviser le mouvement en bons travailleurs (dans les usines) et mauvais émeutiers (dans les rues). La citation qui suit à ce sujet pourrait être aisément désignée comme une véritable perle de la bourgeoisie bien que provenant d’un groupe qui se revendique « du communisme » :

Les centres-villes sont un décor formidable pour la télévision et l’Internet mais ils sont totalement opaques et désincarnés quand il s’agit de frapper la chaîne de la valorisation du capital. Les pillages et les dégradations de ces centres-villes opulents sont des actes étrangers et parfois même hostiles aux centaines de milliers de travailleurs, le plus souvent pauvres, qui y sont exploités. Les protagonistes de ces actions violentes agissent comme des guerriers contre les futures luttes offensives du prolétariat, contre son autonomie, contre sa lutte contre l’exploitation et l’oppression. Ils doivent être considérés comme des supplétifs des forces armées de la bourgeoisie et des soutiens objectifs de l’ordre et de l’État et du capital. [Mouvement Communiste/Kolektivně proti Kapitălu, GILETS JAUNES : Premières tentatives à chaud de formation du peuple pour un État encore plus fort et contre le prolétariat]

Quand l’ignoble le dispute à l’abject !!! Soulignons également que nous pourrions démultiplier à l’infini, ad nauseam, de telles citations d’ultragauchistes qui s’autoproclament « avant-garde » du prolétariat révolutionnaire mais qui ne sont juste capables que de (dé)montrer où objectivement ils se situent et ce qu’ils défendent face à un mouvement de lutte qui ne correspond pas à leur écran de fumée idéologique et rhétorique… Nous ne les appelons en aucun cas à saisir plus dialectiquement la matière sociale et les processus de la guerre de classe qui se développe juste devant nos yeux. Nous disons simplement que leurs prises de position écœurantes les placent de l’autre côté de la barricade sociale, avec nos ennemis, et que le prolétariat, lorsqu’il se soulèvera globalement, devra passer sur leurs cadavres…

Mais continuons maintenant avec ce que nous disions plus haut, l’action sur les lieux de travail est nécessaire, non pas pour négocier un petit quelque chose pour les travailleurs de telle ou telle entreprise ou telle branche industrielle, mais pour proposer un contenu radical. Il ne s’agit donc pas d’une grève, ni même d’une grève générale, il ne s’agit pas seulement de bloquer l’économie, mais de prendre le contrôle de la production et la transformer pour satisfaire les besoins du mouvement et détruire la logique du marché et de la valeur qui est la cause de ce mouvement.

Nous devons employer l’extraordinaire force doublée de détermination que ce mouvement développe pour réaliser ce que des millions d’exploités souhaitent depuis tant d’années, sans jamais y être parvenus : paralyser la production de l’intérieur, décider des grèves et de leur coordination en assemblées générales, unir toutes les catégories de salariés, dans une même optique de renversement du système capitaliste et de réappropriation de l’appareil de production. [Appel de « Gilets Jaunes » de l’Est Parisien]

Mais nous n’en sommes pas encore là et il n’est pas sûr que le mouvement puisse aller aussi loin.

Les « gilets jaunes » sont un mouvement contradictoire, mais certainement pas contre-révolutionnaire

Plus tôt dans ce texte, nous avons parlé de la constitution du prolétariat en classe aussi bien qu’en tant que processus de ruptures. Ce processus comprend nécessairement une série permanente d’affrontements entre la classe qui est en train de s’affirmer, sa conscience ré-émergeante obtenue dans et par la lutte pratique, et la fausse conscience profondément enracinée dans l’esprit de chaque individu, fausse conscience qui est la pierre angulaire de toute fausse communauté de « citoyens », de « peuple » ou de « nation ». Il serait fou de s’attendre à ce que tout mouvement puisse passer outre ce processus de développement des ruptures et avoir une conscience de classe claire dès le début, et il serait également fou de condamner un mouvement parce qu’il ne l’a pas à un certain stade de son existence. Ce qui est important, c’est que cette dynamique de clarification existe, que le programme prolétarien apparaisse toujours plus explicite en opposition à toute tentative de récupération politique et syndicale. Si le résultat de cet affrontement est loin d’être clair à ce stade, il est évident que ce conflit existe, qu’il continue à se développer à l’intérieur même du mouvement des « gilets jaunes », comme cela apparaît toujours dans tout mouvement prolétarien.

Nous pouvons déjà voir des ruptures très importantes avec les actions traditionnelles des syndicalistes. Comme le résume l’un des textes que nous publions :

Le mouvement s’est développé en dehors et dans une certaine mesure aussi contre les structures traditionnelles (partis, syndicats, médias…) dont le capitalisme s’est doté afin de rendre inoffensive toute critique pratique. (…) Même si les média tentent d’enfermer les manifestants dans le cadre de la « lutte contre les impôts », la consigne universelle est plutôt « lutte contre la pauvreté en général » dans toute sa complexité (bas salaires, prix élevés, perdre sa vie à la gagner, aliénation…) et donc, en définitive, elle remet en question l’ordre capitaliste en tant que tel. Le mouvement est organisé au niveau régional et dépasse les divisions habituelles des syndicalistes selon les branches de production. (…) Le mouvement, ou une grande partie, est radical et donc violent et il l’assume. (…) ce qui rend difficile l’utilisation des tactiques habituelles de la bourgeoisie pour diviser le mouvement en « bons manifestants » et « mauvais casseurs ». (…) Rien n’est sacré pour le mouvement, pas de symboles, pas de légendes, pas d’identité, pas d’idéologie qui ne puissent être brûlés, détruits, éradiqués. [“Gilets jaunes”… “Communards”… “Sans-culottes”… “Va-nu-pieds”… “Damnés de la terre”…]

Nous sommes bien sûr très critiques à l’égard du mouvement des « gilets jaunes ». Il n’est pas très difficile de décrire les faiblesses les plus évidentes du mouvement. Ce qui nous donne de l’espoir, c’est qu’aucune de ces faiblesses n’est exprimée par le mouvement dans son ensemble, pas même par sa majorité et chaque fois que telle ou telle version de l’idéologie bourgeoise apparaît, elle doit faire face à une critique venant du mouvement lui-même. Chaque question exprimée par le mouvement est l’objet de contradictions, de discussions critiques et d’un conflit plus ou moins violent entre le rejet et l’acceptation de l’idéologie bourgeoise. C’est le processus que nous avons mentionné plus haut – la ligne de rupture avec l’Etat n’existe pas seulement dans les affrontements de rue, elle s’exprime aussi à l’intérieur du mouvement.

La question du nationalisme, tellement mise en avant par les médias, est un exemple de ce processus. Oui, en effet, nous avons également vu des drapeaux nationaux ou régionaux lors de manifestations et de blocages. Oui, en effet, nous avons aussi lu l’histoire de certains manifestants qui ont livré des réfugiés à la police. Mais nous en avons vu d’autres aider des migrants, exprimer leur solidarité avec le prolétariat en lutte dans d’autres pays, appeler à l’unité non pas sur la base d’une communauté de cartes d’identité ou de couleur de peau, mais sur une base classiste. Ce qui est important pour nous en tant que communistes, ce n’est pas ce que pense individuellement tel ou tel « gilet jaune », mais ce que le mouvement dans sa globalité apporte à la lutte des classes, dans laquelle la rupture avec le nationalisme est un élément important. Cela signifie être en opposition à la position nationaliste, lutter contre elle à l’intérieur du mouvement, imposer cette rupture au mouvement. Il existe de nombreuses expressions écrites ou non écrites de cette lutte à l’intérieur des « gilets jaunes » :

Mais, cette liste [la première liste de 42 revendications rédigée par la partie réformiste du mouvement en décembre 2018, note de GdC], c’est aussi l’expression limpide d’une tendance nationaliste, avec quatre mesures contre les étrangers, à mille lieues de nos problèmes et à dix mille de leur solution. Faut être borné pour croire que les problèmes en France viennent d’ailleurs. Qu’une sortie de l’Europe nous permettrait de vivre bien ou que la chasse aux sans-papiers fera monter notre salaire. C’est d’ailleurs précisément l’inverse qui se passerait. (…) Les fachos veulent juste se faire une plus grande place à la table des exploiteurs en faisant du Trump. Et nous n’avons absolument aucune raison de les y aider.

En réalité, cette liste de revendication, tout le monde s’en fout. Il n’y a que les politiciens pour espérer en tirer quelque chose et bien sûr, les médias et le gouvernement, qui ne manqueront pas l’occasion de nous faire passer pour des nervis d’extrême droite. Mais, comme quand on appelle quelqu’un par un prénom qui n’est pas le sien, nous n’avons pas prêté attention. [Jaune – Le journal pour gagner]

Il en va de même pour les illusions sur la démocratie (directe ou participative), les référendums, le président, les élections, etc., la critique apparaît toujours plus forte :

(…) une autre initiative, plébiscitée par de nombreuses organisations politique de l’extrême gauche à l’extrême droite, allait bientôt nous donner du fil à retordre : le RIC au nom du peuple et de la démocratie. (…) C’est la propagande bourgeoise qui nous fait croire qu’avant d’être des prolos, nous sommes des citoyens, que la vie des idées précède celle des conditions matérielles. Pourtant, la République ne remplit pas le frigo. C’est sur cette illusion que le RIC a surfé. Il faut avouer qu’à première vue, la proposition était séduisante. On nous disait qu’avec ça, on allait enfin pouvoir être entendus directement, qu’on pouvait reprendre le pouvoir sur notre vie. C’est nous qui déciderions de tout. Et sans lutter en plus, sans risquer sa vie sur les ronds-points et dans les manifs, juste en votant, sur son ordi dans son salon, les pantoufles au coin du feu qui crépite ! Mais dans le commerce, quand on a un produit à vendre, on ment : « Oui, une fois qu’on a le RIC, on peut tout faire passer ! ». C’est faux. Déjà, quel comble de demander l’avis aux bourges pour savoir s’ils sont d’accord pour nous augmenter ! [Jaune – Le journal pour gagner]

Cet aménagement démocratique ne réglerait rien, quand bien même il serait adopté. Il étirerait juste l’élastique électoral tout en maintenant le rapport entre les classes sociales – ses conditions ainsi que ses enjeux – avec en sus la fortification du réformisme juridique, ce parent pauvre du déjà illusoire réformisme économique. Cela reviendrait à cautionner un peu plus directement l’asservissement ordinaire. [Appel de « Gilets Jaunes » de l’Est Parisien]

Il en va de même pour la consigne « Macron démission » :

Pour contrer le RIC, certains d’entre nous ont dit : pas besoin de RIC pour gagner, on veut la démission pure et simple de Macron. Cette revendication a la bonne idée de mettre à l’honneur notre action, de recentrer le débat sur notre force collective. En effet, c’est la rue qui fera partir Macron, pas les urnes. Mais, juste après avoir dit ça, tout le monde se pose la question : qui le remplacera ? C’est justement là où le bât blesse. Macron, aussi arrogant qu’il soit, est remplaçable et son successeur fera exactement la même chose pour défendre le profit. Il faut clairement jeter le bébé avec l’eau du bain. Les institutions qui existent sont là pour défendre la logique de l’argent et de l’exploitation. [Jaune – Le journal pour gagner]

En dehors et contre les syndicats

Comme nous l’avons dit, le mouvement des « gilets jaunes » s’est développé à partir de son refus des structures traditionnelles d’encadrement bourgeois que sont les partis politiques et les syndicats. Dès le début du mois de décembre, les syndicats (toutes tendances confondues) se sont comme d’habitude mis au garde-à-vous devant le gouvernement qui cherche un moyen de désamorcer un mouvement social qui risque de s’étendre à d’autres secteurs du prolétariat : les dénonciations d’interclassisme sont lancées dans une tentative désespérée des syndicats de décourager ses membres à rejoindre les « gilets jaunes ».

Aujourd’hui, on assiste à des velléités de « convergence des luttes » et encore une fois le mouvement est divisé et hésitant : certains « gilets jaunes » appellent à directement collaborer avec les structures centrales des syndicats, d’autres par contre refusent cette collaboration mais appellent les prolétaires dans les entreprises à entrer à leur tour dans la lutte, ce qui est profondément correct. Des appels ont été lancé visant à prolonger la « journée d’[in]action nationale » du 5 février (à l’appel des syndicats et principalement de la CGT) et à la transformer en « grève générale illimitée ». Nous tenons à mettre en garde, si besoin en était, les camarades « gilets jaunes » quant à la nature profonde des syndicats et du syndicalisme.

La fonction des syndicats s’est toujours révélée ouvertement dans les moments de lutte, par leur empressement à éteindre l’incendie social. Les syndicats, dont le rôle est normalement et précisément de prévenir ce genre d’explosion, de servir de tampon et au besoin d’encadrer toute expression autonome de notre classe, tentent de freiner la lutte en feignant d’organiser ce qui les dépasse. Si après avoir sapé nos luttes pendant des décennies, les syndicats n’ont plus vraiment la cote, le mouvement des « gilets jaunes » qui se déroule en-dehors d’eux en est une nouvelle preuve.

Mais une forme plus subtile se déploie pour reprendre en mains nos luttes subversives et elle se retrouve dans toutes les luttes actuelles, c’est ce que nous pourrions appeler globalement le parlementarisme ouvrier. Même lorsque des luttes éclatent sur base d’une rupture formelle avec les syndicats, même si un certain niveau de violence est assumé par les prolétaires, jamais cette rupture n’est consommée globalement, poussée jusqu’à ses ultimes conséquences : c’est-à-dire s’organiser non pas seulement en-dehors des syndicats, mais aussi contre eux. Ce qui signifie rompre radicalement non seulement avec des organisations, mais surtout avec une pratique : le syndicalisme, qui n’est jamais que la négociation de la vente de notre force de travail avec nos exploiteurs…

Des « assemblées populaires » à l’assembléisme !?

Dès le début du mouvement des « gilets jaunes », nombre de sectes d’ultragauche idéalistes et idéologiques l’ont dénoncé car il ne s’organisait pas en « assemblées générales », considérées comme le saint Graal. Depuis lors, circulent des nouvelles de la mise en place d’assemblées à Commercy, Saint-Nazaire, Montreuil, etc., sans compter les assemblées « informelles » organisées autour des ronds-points occupés et des divers blocages.

D’une part, le prolétariat a historiquement toujours structuré sa lutte autour d’assemblées, de coordinations, de conseils, de soviets, de communes, de comités, etc. Nous ne pouvons donc que saluer le fait que des prolétaires reprennent leur lutte en mains, qu’ils se rencontrent, qu’ils discutent ensemble, qu’ils s’organisent, qu’ils échafaudent des plans pour l’avenir, qu’ils se réapproprient mille et un aspects de la vie, qu’ils développent la convivialité, la camaraderie, qu’ils participent à « libérer la parole »,… d’autre part, nous tenons à mettre en avant qu’aucune structuration, quelle qu’elle soit, ne sera jamais une garantie quant au déroulement et au contenu de nos luttes.

Au contraire même, la pratique du démocratisme, de l’assembléisme, du fétichisme de la massivité dans les structures de luttes marque souvent un frein à l’extension et à la radicalisation des luttes. Si les prolétaires rejettent les syndicats, ils risquent néanmoins de reproduire au sein de leurs « assemblées » la même pratique syndicale, réformiste, etc. L’émergence de la « démocratie directe des ronds-points », la tenue de larges « assemblées générales » ouvertes à tous, signifie souvent la pratique du syndicalisme sans syndicat. Les « assemblées » et leur « magie » des délégués « élus et révocables à tout moment » n’ont jamais constitué aucune garantie formelle. Historiquement, notre seule garantie, c’est notre pratique sociale. Ce n’est jamais la forme qui prime, mais toujours le contenu…

En outre, le démocratisme ambiant dans ces « assemblées » fait que tout le monde peut s’exprimer « librement », les grévistes comme les briseurs de grévistes, les radicaux comme les conciliants : on « libère la parole » (et il est évident ici que nous ne revendiquons pas la « liberté d’expression » dont notre ennemie la démocratie fait tellement l’apologie pour mieux nous faire parler, nous faire taire) mais souvent on libère aussi la parlotte au détriment de l’action directe. A quoi cela rime-t-il de voter de grandes résolutions très « radicales » si le prolétariat ne casse pas les forces d’inertie qui bloquent l’extension et le développement de la lutte !?

Et après ?

Nous avons essayé de montrer ici que le mouvement des « gilets jaunes », comme tout mouvement prolétarien dans le passé, est contradictoire. Pour le moment, y sont présentes à la fois des expressions de l’idéologie de la société bourgeoise sous forme de fausse conscience de notre classe, mais aussi des intérêts prolétariens, du but final de détruire le capitalisme. Et son contenu prolétarien est confronté à deux dangers : la réaction et le réformisme.

Mais la fausse conscience ne peut et ne doit être dépassée que dans et à travers la lutte, dans l’expérience de notre classe qui naît et se régénère dans chaque nouveau conflit ouvert entre les classes. La tâche des communistes n’est pas de cracher sur un mouvement parce qu’il n’est pas assez pur, parce qu’il ne fait pas référence à de bonnes sources ou parce qu’il y manque tel ou tel aspect que nous considérons important :

Pour ceux qui caressent encore ce désir, comment imagine-t-on que la révolution puisse éclater ? Pense-t-on vraiment que ce sera l’œuvre d’une convergence de mouvements sociaux, tous dotés de leur juste revendication, mus par des décisions prises à l’unanimité au cours d’assemblées où l’idée la plus radicale emportera le morceau ? Et donc avec un scénario de ce genre : naît un mouvement à la cause impeccable, à sa tête se trouvent les militants les plus illuminés qui le guident de bataille en bataille en obtenant des victoires enthousiasmantes, ses rangs grossissent, sa réputation s’accroît, son exemple se diffuse de manière contagieuse, d’autres mouvements similaires surgissent, leur puissance se rencontre, ils s’alimentent et se multiplient réciproquement, jusqu’à arriver à l’affrontement final au cours duquel l’État est enfin abattu… Quel beau récit ! Qui l’a produit, Netflix ? A quel épisode on en est ? Si on ne veut pas en rire, on peut toujours rester sérieux. (…)

Parce qu’au cours de l’histoire, l’étincelle des émeutes, insurrections et révolutions a presque toujours surgi non pas de profondes raisons mais de simples prétextes (par exemple : le déplacement d’une batterie de canons a déclenché la Commune de Paris, une protestation contre le rata de la marine militaire a allumé la révolution spartakiste, le suicide d’un vendeur à la sauvette a lancé le dit Printemps arabe, l’abattage de quelques arbres a entraîné la révolte du Parc Gezi en Turquie), nous trouvons vraiment embarrassant ceux qui face à ce qui se passe avec les gilets jaunes (…) n’acèrent leur regard que pour y trouver des traces du programme communiste, ou de la pensée anarchiste, ou de la théorie radicale, ou de la critique anti-industrielle, ou… Après quoi, suite à la déception de ne pas avoir discerné dans la rue de contenus suffisamment subversifs, de ne pas avoir compté de masses suffisamment nombreuses, de ne pas avoir remarqué des origines suffisamment prolétariennes, de ne pas avoir constaté de présences féminines suffisamment paritaires, de ne pas avoir entendu un langage suffisamment correct –on pourrait allonger la liste à l’infini– il ne reste qu’à s’horrifier et demander à qui peut bien profiter toute cette agitation sociale. [Finimondo, Di che colore è la tua Mesa?]

La tâche des communistes n’est pas non plus d’approuver tout ce que fait le mouvement. La tâche des communistes est de saisir le mouvement sur base de sa dynamique radicale, d’encourager cette dynamique à se développer comme praxis révolutionnaire, en faveur du projet révolutionnaire du prolétariat. En tant que communistes, nous devons accompagner la classe dans sa lutte de clarification de ce projet contre la réaction et la réforme, pour constituer le lien entre la lutte actuelle et les luttes passées de notre classe tout en partageant l’expérience acquise de ces dernières en tant que classe, et aussi entre la lutte actuelle et les luttes à venir afin de tirer des leçons de celle-ci pour le futur, en bref pour représenter la lutte historique de notre classe.

Nous sommes conscients du fait que ce n’est pas facile. Les « gilets jaunes » sont un mouvement contradictoire comme tout autre mouvement prolétarien dans l’histoire. Et peut-être qu’il n’en sortira rien dans l’immédiat, si ce n’est une forte expérience de lutte et de ruptures, renforçant notre « mémoire de classe ». Mais il est difficile de saisir un mouvement à travers le prisme de ce qu’il devient quand il est vaincu (surtout si la défaite est loin d’être achevée).

D’autre part, une partie du mouvement a déjà ouvert une rupture avec la société bourgeoise, son idéologie et ses institutions – syndicats, partis de gauche ou de droite, union nationale antiterroriste, etc. Et le contenu prolétarien du mouvement peut ouvrir la voie à des luttes de classe plus larges.

Finalement, au risque de paraître provocateur, nous affirmons que tout le battage médiatique autour du mouvement des « gilets jaunes » ne peut en aucun cas nous faire oublier cette chose essentielle qu’il n’existe pas de mouvement « gilet jaune », que celui-ci n’a jamais existé et ne saurait exister. Et cela pour une raison simple, fondamentale, incontournable : c’est qu’il n’existe ni classe ni projet social « gilet jaune »…

Ici et maintenant, partout et toujours, c’est prolétariat contre bourgeoisie, deux classes sociales aux projets résolument antagoniques…

Il n’y a en effet que deux projets qui s’affrontent pour le devenir de l’humanité : d’un côté, le processus historique d’abolition des rapports sociaux capitalistes et de son Etat, fauteurs de misère, de guerre, d’exploitation, d’aliénation, d’oppression, de domination… de l’autre côté, les forces de conservation de ce cauchemar…

# Guerre de Classe – hiver 2018/19 #

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24 février 2019

INFOBREF N°520-Des manifestations de masse paralysent Haïti-7 Cheminots Maliens décédés -CRS-SS

INFOBREF N°520

L’histoire d’un slogan : « CRS = SS »

par Philippe Poisson · 27 avril 2018

L’Histoire en photos – Au vu du climat actuel, le fameux slogan « CRS SS » ressort fréquemment au cours des manifestations. Dans une approche purement historienne de ce phénomène, nous pouvons nous demander d’où vient une telle assimilation.

Contrairement à ce que nous pourrions croire, ce slogan n’est pas issu des événements de mai 68. Sa réelle origine est plus lointaine et date des grèves de 1948 qui secouèrent la France d’après-guerre. Durant ces grèves, 340.000 mineurs s’opposèrent énergiquement à diverses mesures (dont la réduction des salaires) prévues par le gouvernement. Elles furent marquées par de très violents affrontements entre les deux camps et furent durement réprimées, sur ordre du ministre de l’intérieur (Jules Moch), ce qui aboutit à la mort de plusieurs manifestants. Au cours des affrontements, les partisans de la grève, et tout particulièrement les communistes, utilisèrent de manière récurrente le souvenir récent de l’occupation nazie. Ainsi, Jules Moch fut décrit comme le « chef des assassins S.S. » tandis que les forces de l’ordre étaient considérées comme les « dignes continuateurs des Boches maudits ». Ils dénoncèrent également la dureté de la répression qui était, selon eux, similaire à celle des troupes allemandes pendant l’occupation. Tout cela explique que les grévistes firent rimer CRS (Compagnies républicaines de sécurité) et SS et donnèrent par la même occasion naissance à un slogan qui revint régulièrement sur les devants de la scène jusqu’à nos jours.

Roger, Philippe. « Les grèves de 1947 et 1948 dans le Pas-de-Calais, déroulement, violence et maintien de l’ordre », in Revue du Nord, vol. 389, n°1 (2011), p. 133-180 (https://www.cairn.info/revue-du-nord-2011-1-p-133.htm).

7 Cheminots Maliens décédés de leur grève de la faim

Depuis près de 2 mois les cheminots Maliens sont en grève pour 11 mois de salaires impayés, l’état Malien se propose de leur payer 3 mois…

7 morts et 11 mois de salaires impayés...



C’est le nombre de mois que les cheminots maliens ont travaillé gratuitement, et également le nombre de mois que l’état malien n’as pas payé les cheminots pour leur travail, un droit légitime qui a été bafoué. Mais aussi le droit de se poser la question que si des personnes dans le monde commencent à ne plus être payée pour leur travail, ou va t-on ?

Dernièrement des “avancées” ont eu lieu, l’état malien se propose de payer 3 mois de salaire sur les 11… Non ce n’est pas une blague…
Mais le plus choquant reste le décès de 7 cheminots maliens en grève de la faim depuis maintenant 59 jours, le tout sous le silence total du gouvernement malien.
Pourtant les cheminots maliens sont bien décidés à ne pas lâcher "le paiement des arriérés de salaire ou la mort !” le fait d’être dos au mur et de ne plus rien avoir à perdre. Ils se battent aujourd’hui pour le respect et la dignité.
Cette lutte est exemplaire et d’une détermination incroyable, à l’image de l’historique et héroïque grève des 20.000 cheminots sur la ligne Dakar-Bamako en 1947, qui a duré 160 jours et qui a fini par faire plier le patron. En tout cas, ce que nous constatons aujourd’hui, c’est la combativité et la détermination de tous ces cheminots, mais aussi de leur compagnes, mères, sœurs, qui aujourd’hui s’organisent aussi pour exiger le respect et la dignité, aux côtés des hommes. Ce mercredi 13 février, les femmes des cheminots ont manifesté à Kayes, avec une banderole “J’ai faim, 10 mois sans salaire”.

Extrait de Révolution permanente

Des manifestations de masse paralysent Haïti

Par John Marion
16 février 2019

Entamées depuis plus d’une semaine, à l'occasion du 33e anniversaire de la fuite du pays de Jean-Claude «Baby Doc» Duvalier lors de l’effondrement de son régime, des manifestations paralysent une grande partie du pays.

Les protestations actuelles exigent un sort similaire pour le président Jovenel Moïse, qui a remporté en 2015 une élection à laquelle seulement 20% des électeurs éligibles ont participé. En juillet dernier, une tentative du gouvernement de Moïse de réduire les subventions pour le carburant a provoqué d'importantes protestations et la démission de son premier ministre.

Le gouvernement de Moïse et celui de son prédécesseur du PHTK, Michel Martelly, ont été profondément impliqués dans le scandale de corruption du PetroCaribe. L'automne dernier, des pancartes de protestation demandaient où était allé l'argent de PetroCaribe, mais maintenant les banderoles exigent «donnez-nous l'argent de PetroCaribe».

Un manifestant du nom de Valckensy Dessin a déclaré au Miami Herald: «Nous avons une petite minorité, des gens riches dans ce pays, qui dirigent ce pays, qui gagnent tout, et la masse de la population meurt, a faim et souffre. Ce n’est pas vivable.»

Les manifestations, aujourd'hui appelées «Pays lock», ont pris la forme d’une grève générale ayant pour but de paralyser le pays jusqu’à la démission du président Moïse. La grève est alimentée par, en plus de la corruption du gouvernement, une inflation insupportable et un taux de change avec les États-Unis qui est monté à 84 gourdes pour un dollar. Il y a un an, le taux était de 64 contre un.

Les denrées alimentaires de base, y compris le riz et la volaille, comptent parmi les plus importantes exportations des États-Unis vers Haïti. Au cours du week-end, le propriétaire d'une boulangerie de Jacmel s'est plaint à Alterpresse qu'en très peu de temps, le prix d'un sac de farine était passé de 1.750 à 2.500 gourdes.

Alors que le pain est encore disponible chez les petits boulangers malgré les protestations, les supermarchés ont été fermés et le transport de la nourriture devient impossible. Cette pénurie ne fera qu'accroître l'inflation.

Depuis jeudi dernier, des banques ont été attaquées à Delmas, aux Gonaïves et dans d'autres villes, et des stations-service ont été incendiées. À Cap-Haïtien et dans d'autres villes, les manifestants ont reconstruit des barricades de pneus incendiés dès que la police les a enlevées.

L'Association des hôpitaux privés d'Haïti (AHPH) a publié mardi un communiqué de presse indiquant que ses 28 hôpitaux membres «commencent à faire face à des défis majeurs: manque d'électricité, manque de carburant, manque d'oxygène, appauvrissement des stocks de médicaments et arrêt des transports et des communications. Ces défis ont une incidence directe sur notre capacité à sauver des vies.» Cette crise s'ajoute à un manque chronique de soins médicaux: à la fin de 2018, il n'y avait que 3.354 médecins dans tout Haïti, soit moins d'un médecin pour 3.000 habitants.

Bien que la police ait prétendu avoir le contrôle de la deuxième plus grande ville du pays, Cap-Haïtien, Le Nouvelliste a rapporté lundi que les grandes et petites entreprises, les banques, les écoles et les transports publics ne fonctionnaient pas.

Le bâtiment abritant les consulats italien et péruvien à Port-au-Prince a été menacé par des manifestants, et à St-Marc, les manifestants ont tenté de brûler l'hôtel de ville.

Le gouvernement de la République dominicaine, qui a déporté plus de 10.000 Haïtiens par mois en 2018, renforce sa frontière, en particulier près de la ville frontalière de Dajabón, avec des troupes, des hélicoptères, des mitrailleuses et du matériel de surveillance.

Au moins dix et jusqu'à 50 personnes sont mortes au pays depuis le 7 février. Dans la commune de Mirabelais, une femme a été tuée par une voiture fuyant la police qui avait tiré des gaz lacrymogènes. La voiture a ensuite été incendiée par des manifestants. Alors que la situation s'aggravait, neuf policiers et un nombre égal de manifestants ont été blessés. À Jacmel, trois hommes armés n'ont pas tenté de se déguiser lorsqu'ils ont ouvert le feu sur des manifestants, en tuant un et en blessant cinq. À Port-au-Prince, un adolescent a été abattu par la police devant sa mère.

Des charlatans bourgeois ont tenté d'exploiter les protestations, dominées par la classe ouvrière et les pauvres, pour défendre leurs propres intérêts. L'avocat Michel André, protégé de l'ancienne première dame Mirlande Manigat, qui a été formé par le département d'État américain et l'Organisation des États américains, se présente comme le leader d'un mouvement «démocratique et populaire». Lors de l'élection présidentielle de 2016, André n'a pas obtenu suffisamment de voix pour passer au deuxième tour.

Moïse Jean-Charles de la formation Pitit Dessalines a menacé «de nommer un président par intérim dans les prochains jours», selon le Daily Mail. La plateforme Pitit Dessalines 2016, sur laquelle Jean-Charles s'est porté candidat à la présidence, a exprimé son admiration pour Fidel Castro tout en appelant à des réformes vaguement «socialistes». Jean-Jacques Dessalines, d’où provient le nom du mouvement de Jean-Charles, fut déclaré empereur d'Haïti en 1804 après avoir aidé à l'arrestation de Toussaint Louverture. Son gouvernement a ensuite publié une constitution en vertu de laquelle il est devenu empereur à vie.

Le Core Group, composé du Brésil, du Canada, de la France, de l'Allemagne, de l'Espagne, des États-Unis et d'autres pays, a publié dimanche un communiqué de presse appelant à imposer l'austérité et «réitérant que, dans une démocratie, le changement doit passer par les urnes et non par la violence». Ces pays, qui n'ont pas hésité à faire pleuvoir la violence sur Haïti depuis les années 1790, gardent secrets leurs plans actuels. Néanmoins, ils craignent de ne pas pouvoir compter sur la Police nationale haïtienne (PNH), par laquelle ils ont tenté de remplacer les forces de l'ONU ces dernières années.

La Chambre de commerce et d'industrie d'Haïti (CCIH) appelle également à l'austérité, comme s'il n'y avait pas de protestations tout juste devant elle. Dimanche, elle a publié un communiqué de presse appelant à «un dialogue national» sur l'avenir de la présidence de Moïse, suivi de «mesures urgentes, réalisables et mesurables visant à instaurer un régime d'austérité dans le budget du gouvernement, tout en supprimant toute dépense non essentielle».

La chambre basse du parlement, d'autre part, tente de contrer les protestations sous prétexte d’une fausse générosité, en insistant pour que le gouvernement augmente la part des recettes intérieures budgétée pour les programmes sociaux de 15 à 20%. Le budget pour l'exercice 2018-2019 devait entrer en vigueur le 1er novembre, mais il n'a toujours pas été adopté. Le gouvernement, paniqué, propose des crédits aux petites entreprises et du financement pour les entreprises agricoles afin de relancer l'économie.

Lundi matin, le conseiller présidentiel Guichard Doré a déclaré à Radio Magik9 que la démission n'est pas l'une des options envisagées par le président Moïse et qu'il «n'existe pas d'alternative au dialogue». Doré a poursuivi en disant que «le président tend la main à tout le monde» parce que «nous avons un pays à construire ensemble». Cependant, le président et le premier ministre se sont tus. Un deuxième conseiller anonyme a déclaré au Nouvelliste que les deux sont ouverts à une «médiation» de la crise par l'ONU.

(Article paru en anglais le 14 février 2019)

Israël-Palestine. Les soldats de «l’armée de défense israélienne» apprennent à tuer des civils désarmés. Mais ils jouissent de l’immunité face à toute enquête



Des manifestations de masse paralysent Haïti

Par John Marion, 16 février 2019

Les manifestations, surnommées «Pays lock», ont pris la forme d’une grève générale ayant pour but de paralyser le pays jusqu’à la démission du président .



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