SPARTACUS

03 décembre 2016

INFOBREF N°468- Insécurité sociale,répression,revenu d' existence, loi travail

INFOBREF N°468

Pas besoin du terrorisme islamiste pour être dans l' insécurité permanente , les Hôpitaux où l'on ressort les pieds devant à cause d'un mauvais traitement (50 000 décès annuels), l' affaire du Médiator et ci dessous le déshuntages.

Déshuntage: en langage ferroviaire, cela signifie que le train est devenu invisible aux systèmes de signalisation et de protection ferroviaires,

Encore des TER qui disparaissent des radars en ligne
(déshuntages)


L’émission Envoyé spécial a révélé au grand jour les problèmes de déshuntage (*) de certains matériels comme les X73500 qui circulent sur de nombreuses régions. Suite à cette émission, la fédération SUD-Rail espérait que la direction SNCF prenne de véritables mesures pour éradiquer le problème.

Nous sommes en automne, période critique pour les déshuntages, et force est de constater que les nouveaux cas de déshuntage sont nombreux :

  • le 24 Octobre, en région Auvergne sur la ligne Clermont-St Etienne il a été constaté plusieurs déshuntages importants en gare de Vertaizon.

  • Le 2 Novembre en région Bourgogne sur la ligne Dijon-Vallorbe un X73500 déshunte entre Andelot et La Joux.

  • Le 4 Novembre en Lorraine un X76500 déshunte plusieurs fois sur la ligne Sarreguemines-Sarre Union.

  • Le 9 novembre en région Pays de Loire sur la ligne Nogent-Le Mans une UM de trois X73500 a déshunté à plusieurs reprises.

Cela montre bien que les mesures qui ont été prises par la direction SNCF ne sont pas suffisantes.

La fédération SUD-Rail n’a eu de cesse de dénoncer l’absence de vraies mesures, la direction se contentant d’une gestion politique du risque calculé en jouant à la roulette russe avec les usagers du rail et de la route. Du coté des X73500 les modifications techniques n’en sont qu’à l’étude.

Pour des raisons stratégiques et économiques, l’entreprise SNCF traine des pieds et impose aux agents de circuler sur ce type de matériel sur pratiquement tout le territoire.

Il est temps que la direction de la SNCF cesse cette course aux profits et entende l’expertise des cheminot-es qui au quotidien assurent la continuité du service public et alertent sur ces dysfonctionnements.

(*) Déshuntage: en langage ferroviaire, cela signifie que le train est devenu invisible aux systèmes de signalisation et de protection ferroviaires, ce qui a eu pour conséquences notamment :

  • Non fermeture des signaux après le passage du train causant des risques de collision entre deux trains.

  • Non fermeture d'un passage à niveau causant des risques de heurt du train avec un piéton ou un automobiliste traversant le passage à niveau ouvert.

  • Manœuvre possible des aiguilles de voies pouvant provoquer un déraillement.

ILS VEULENT LIQUIDER TOUT RAPPORT DE FORCE,  la solidarité de classe est notre salut

Dans un contexte national sans pareil de répression syndicale (8 de Goodyear, Air France, 6 de Haguenau...), la SNCF a engagé fin juin 2016 des procédures de radiation (licenciement) à l'encontre de 2 conducteurs de trains : Christophe GUYOT, militant actif, et Mathieu RELIN, délégué du personnel (SUD Rail), pour des faits non avérés survenus pendant qu'ils étaient en grève.

Un meeting réussi pour dire non à la radiation de Mathieu et Christophe de la SNCF

Publié le 21 novembre 2016

Une salle remplie avec plus de 100 personnes venues pour assister à la réunion publique de solidarité avec Mathieu et Christophe, deux cheminots radiés de la SNCF pour faits de grève. En présence de Michael Wamen de la CGT Goodyear, de Vincent Duse de la CGT PSA Mulhouse, Françoise Ruch du comité pour la relaxe des 8 salariés de Goodyear de Mulhouse, Gaël Quirante de Sud PTT 92, Yannick Solaniak de la CGT Hôpital Wattrelos, ainsi que de Mathieu Relin, cheminot mulhousien et militant à Sud Rail, des interventions déterminées ont captivé l’attention des présents.

Vincent Duse, délégué de la CGT PSA Mulhouse

De la répression, on n’en veut pas, et nos camarades, on va les défendre !

Un meeting sous le signe de la convergence et de la solidarité, avec plusieurs secteurs présents à la tribune comme dans la salle. Avec les nombreuses attaques qui pleuvent partout dans le pays depuis la fin du mouvement contre la loi travail, il apparaît de manière évidente que le gouvernement et le patronat répriment durement les militants et ceux qui se sont mobilisés pendant les quatre mois de lutte, qui ont relevé la tête. Cette répression poursuit un objectif très clair : empêcher ces mêmes travailleurs et militants de remettre en cause l’application de la loi travail dans les entreprises. C’est le cas de Mathieu, militant de toutes les batailles, mobilisé contre la réforme ferroviaire et contre la loi El Khomri. Aujourd’hui, la direction de la SNCF veut faire payer à ce militant son engagement syndical, son combat contre la loi travail et son monde. C’est le cas aussi de près de 400 cheminots qui subissent des sanctions et des licenciements, une répression d’un niveau inouï depuis 50 ans.

Faire front, converger contre la répression et passer à l’offensive !

De la SNCF en passant par la poste, les hôpitaux et le groupe PSA, la répression s’abat de façon violente contre les toutes celles et tous ceux qui osent remettre en cause ce monde-là : répression anti-syndicale, mais aussi répression judiciaire, des condamnations à de la prison ferme ou avec sursis, et des amendes à payer. Et même avant que cette répression ne s’abatte sur les manifestants contre la loi travail et les militants syndicaux dans les entreprises, elle était déjà quotidienne et permanente dans les quartiers populaires, comme le montre l’assassinat d’Adama Traoré dans les mains des gendarmes cet été à Beaumont sur Oise. Et il n’y a pas non plus, comme souvent on veut nous faire croire, une différence tranchée entre ceux qui subissent la répression dans les entreprises et ceux qui subissent la répression dans les quartiers, les travailleurs les plus précaires sur les lignes de montage chez PSA par exemple.

Et comme l’ont souligné les nombreux intervenants à la tribune, le meilleur moyen de se faire licencier, condamner, sanctionner, réprimer les uns derrière les autres, c’est de rester isolé. Et si on reste chacun dans son coin, la défense de chaque collègue va se jouer au rapport de force dans chaque endroit alors que si nous on se bat tous ensemble, on a les moyens d’arrêter d’encaisser les coups, de relever la tête et de passer à l’offensive. Frapper tous ensemble, c’est frapper fort. S’ils réussissent à nous isoler, à faire en sorte que chacun bataille dans son coin, on aura déjà perdu. Les patrons sont forts, puisqu’ils ont un gouvernement, un État, une justice à leur service et une police qui est là pour réprimer les manifestants et exercer le contrôle social et la répression dans les quartiers.

Aujourd’hui, les organisations du mouvement ouvrier, nous avons une responsabilité : celle d’unifier toutes ces bagarres et montrer que derrières tous ces coups, c’est les mêmes ennemis qui nous attaquent. La police qui a matraqué et gazé la jeunesse et les travailleurs pendant le mouvement contre la loi travail est la même police raciste qui fait des contrôles aux faciès en permanence, qui mutile et qui tue dans les quartiers. C’est l’action interprofessionnelle, inter-secteur, tous et toutes ensemble, qui peut nous permettre de riposter.

Sources: Révolution permanente



Revenu d’existence: évolution sociale ou arnaque ?

Voici quelques années que la question de l’instauration d’un revenu de base, revenu d’existence, revenu minimum ou revenu universel, selon les appellations données, fait l’objet de débats dans de nombreux pays européens et au-delà. La Finlande tente une expérience limitée à deux mille personnes et pour un montant de 560 euros par mois. La Grèce se l’est vu imposé par les institutions européennes. Un référendum en Suisse a rejeté une proposition de revenu de 2 250 euros par mois en juin de cette année.Il n’en reste pas moins que le débat a rebondi en France à l’occasion de la campagne électorale des primaires notamment, et cela devrait faire l’objet de positionnement dans le débat électoral présidentiel. Si l’on en croit les propos du Premier ministre à ce sujet, il s’agit pour lui de substituer à l’ensemble des mesures sociales existantes un revenu minimum qu’il chiffre aux alentours de 680 euros. La mission sénatoriale ayant examiné cette année ce sujet,l’envisage aussi sous cet angle en mettant en avant "le moyen de lutter plus efficacement contre la pauvreté et

de répondre aux défis posés par les mutations du travail".

 Pour ma part, j’ai tendance à traduire cela par : il n’y aura pas de boulot pour tout le monde en raison de la numérisation et autre digitalisation, mettons donc en place un revenu minimum de subsistance. Il est vrai que le chômage massif, la montée dans notre pays de la pauvreté et plus encore de la précarité sont des données factuelles et réelles. Mettons de côté les utopistes nous présentant un revenu universel pour tous sur la base d’un montant permettant de vivre décemment, et qui pose la question de la détermination de ce montant, et sa proportion en regard de la richesse

produite et de sa répartition, sans compter l’impact sur les minima sociaux existants et l’ensemble du système de protection sociale.

Reste l’idée d’un revenu minimum pour ceux qui n’auront pas de travail et/ou un travail précaire, tant sur le nombre d’heures travaillées, que sur le salaire reçu. Les tenants de cette idée n’y voient que des avantages : pas de débat sur la baisse du temps de travail effectif, mise à plat pour ne pas dire remise en cause de tous les minima sociaux et allocations sociales, remise en cause totale de la

protection sociale et de son mode de financement, et surtout, un abaissement effectif du coût du travail en lien avec "l’ubérisation" du travail.

 Cette dernière possibilité est aujourd’hui la plus probable tant elle est défendue et soutenue par tout ce qui compte de libéraux. Pensez ! Des salariés travaillant peu d’heures et pour de faibles salaires horaires mais touchant un complément de la part de l’Etat sous la forme d’un revenu minimum.

Bingo pour l’entreprise et ses actionnaires !

Nous constatons depuis longtemps le phénomène des trappes à bas salaires liés aux exonérations de charges à hauteur du SMIC. Cela reviendrait à en généraliser l’usage.Beau tour de passe-passe !

Sous couvert de soi-disant lutter contre la pauvreté et la précarité, ce système permettrait aux entreprises de sous payer leurs salariés sans aucune honte, car l’Etat sera là pour compléter.

Nous serions aux antipodes des principes d’égalité et de solidarité de notre République, et plus proche de la charité d’Etat au service de la baisse du coût du travail.

Alors ? Réelle avancée sociale ou arnaque ?

Nous ne pouvons évidemment pas y répondre aujourd’hui, mais le risque existe et, comme toute belle idée, elle peut être facilement dévoyée.

 Serge LEGAGNOA -FEC-FO

Prépondérance de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche, ce n' est pas nouveau.

Dans un article datant de 2006 La loi Fillon et la hiérarchisation des textes nous écrivions ceci :

« Avec la loi Fillon, c'est tout le système de la hiérarchie des textes qui est remis en cause. Il n'est pas inutile de rappeler que c'est la CFDT assurances qui en accord avec la FFSA ( patronat libéral des assurances) avait signé dans cette profession un accord remettant en cause la hiérarchie des textes qui avait pour conséquence qu'un accord d'entreprise pouvait déroger ( être inférieur) à la convention collective. La CGT et d'autres syndicats et notamment le patronat des mutuelles le GEMA allaient s'associer pour faire un procès et faire tomber cet accord. Ils vont gagner leur procès, seulement comme on dit si l'on n'entre pas par la porte on passe par la fenêtre. La loi Fillon a donc statué pour la non hiérarchisation des textes.»

«Si la Loi Fillon (il y en a plusieurs) sur la formation a bouleversée la hiérarchisation des textes. Un accord d' entreprise pouvant dorénavant primer sur la convention collective , même s' il lui est inférieur.Elle précise à l' article 45 :

« La valeur hiérarchique accordée par leurs signataires aux conventions et accords conclus avant l'entrée en vigueur de la présente loi demeure opposable aux accords de niveaux inférieurs. » Ce qui veut dire, qu'il n'est pas possible de toucher à la hiérarchisation des textes d'avant le 4 mai 2004. »

La loi El Khomri s' est tout simplement alignée sur la Loi Fillon, ce même Fillon décrié comme un conservateur. Le PS et le gouvernement Hollande ont tout simplement fait le lit de celui qui va représenter la droite aux élections.

Ceci étant dés le 1er janvier 2017, la loi El Khomri/ex Fillon sera appliquée par un gouvernement des travailleurs et chômeurs,ce gouvernement se félicite de l' application rapide des décrets, notamment des articles 8 et 9.

L’article 8, fait sauter toute la partie temps de travail du Code du travail, celle-ci est mise sur le grill du prima de l’accord d’entreprise, majoritaire, sur la convention de branche. Il sera notamment possible de passer, par accord d’entreprise, à une moyenne hebdomadaire de travail de 46 heures (au lieu de 44) sur 12 semaines. Pour la majoration des heures supplémentaires, il sera également possible de descendre à 10 % par accord d’entreprise, et les branches qui pratiquent généralement 25 % perdent leur pouvoir de «verrou».





 

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02 décembre 2016

Réflexions sur l’accord de « modernisation du marché du travail « du 11 janvier 2008

 

homme_lune« La protection de l’individu dans sa capacité de travail doit passer avant la protection de son poste de travail (…) Je conçois la flexicurité comme une politique protégeant les personnes davantage que les emplois »

Vladimir Spiadla, commissaire européen à l’emploi et aux affaires sociales, les 19-21 janvier 2006 au conseil des ministres européens.

Il aura fallu quatre mois de négociations, et on n’aura vu aucune mobilisation contre ce projet... même pas une action discutable en faveur de la « modernisation » de l’esclavage salarié.

Les intentions tant du Medef que du gouvernement ne connaissaient aucune ambiguïté : « Nous voulons licencier plus pour créer des emplois. » Pour dédouaner les syndicats d’une telle participation à cet accord, il fut procédé au petit chantage habituel, sous-entendu : si vous ne négociez pas, nous irons plus loin par la loi.

Tous, du syndicalisme bureaucratique au syndicalisme de base, se sont pliés au diktat de l’Etat patron. Même pas une « petite grogne » comme aime à signaler la presse, mais un aplatissement total, un silence de mort. Tous étaient préalablement d’accord pour la mise en place de la « rupture conventionnelle du contrat de travail », dite « séparabilité ».

Quatre syndicats ont donc apposé leur signature, pour satisfaire à une revendication de la Commission européenne. Dans l’ordre nous avons la CFTC, FO, la CGC et la CFDT. La CGT n’a pas signé mais elle est aussi dans le coup, car à aucun moment elle n’a lancé une mobilisation sur ce thème auprès des travailleurs. Il faut se souvenir qu’elle revendiquait la « sécurité sociale professionnelle » une copie conforme de la flexisécurité.

Pourtant c’est tout l’ensemble du dispositif sur le contrat de travail qui est au centre de cet accord, qui devrait être transposé dans la loi d’ici l’été. Procédons à l’examen anatomique de cet accord.

Sur la rupture conventionnelle du contrat de travail

Cette rupture, ou « séparabilité » selon l’euphémisme utilisé par Laurence Parisot, recouvre plusieurs réalités. Il peut s’agir d’une rupture de gré à gré, d’un départ collectif, ou préventif, d’une convention de reclassement personnalisé (CRP) ou d’un contrat de transition professionnel…

La « séparabilité » veut plus de flexibilité, de mobilité, de rotation de la main-d’œuvre et, surtout, individualiser le travailleur face à la loi. Sa démarche consiste à éluder le droit du licenciement, d’écarter l’intervention du juge, en bref déjuridicialiser les licenciements. L’accord ne vise qu’à accélérer les « séparabilités » pour un renouvellement rapide du cheptel des forces de travail, comme le préconisait le rapport Cahuc-Kramarz :

« La réglementation de la protection de l’emploi, telle qu’elle est actuellement mise en œuvre, ne permet pas d’accroître le volume global de l’emploi. En fait, l’analyse économique indique qu’un contrôle des licenciements conduisant les entreprises à réduire la fréquence de destruction des emplois a un impact a priori ambigu sur le chômage et l’emploi. Certes, la protection de l’emploi réduit les destructions de postes de travail. Néanmoins, elle a pour contrepartie une diminution des créations d’emplois, car le surcoût induit par le maintien d’effectifs peu rentables, que les entreprises détruiraient spontanément en l’absence de contrôle, diminue la rentabilité anticipée sur les emplois nouveaux, qui peuvent devenir eux-mêmes, dans le futur, des emplois non rentables protégés par la réglementation (1). »

Tel est, souligné par nous, le sens réel de l’accord sur la modernisation du marché du travail, le tout enrobé par la GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et compétences), la seniorisation et le portage. Que nous traiterons plus loin.

Pour le moment, bien que la rupture conventionnelle du contrat de travail soit admise par les tribunaux, elle ne bénéficie pas d’un régime propre qui remettrait en cause les indemnités de rupture. Depuis le début le Medef, par chantage, l’avait annoncé : « Nous voulons privilégier les solutions amiables » et faire de la rupture conventionnelle, une rupture à part entière du contrat de travail, déjuridicialisée et visant la mobilité externe des salariés.

Les indemnités de ruptures

Actuellement, les indemnités de licenciements sont soumises aux cotisations à la sécurité sociale et à l’impôt sur le revenu. Pour justifier leur signature, les partenaires syndicaux ont proposé – ou plus exactement on leur a fait proposer – une « indemnité spécifique de rupture » pour tendre vers une égalité de rupture. Cette indemnité ne serait pas assujettie aux prélèvements sociaux et fiscaux.

Le texte prévoit « une indemnité de rupture interprofessionnelle unique » égale à 1/5e de mois par année de présence, sauf dispositions conventionnelles plus favorables, à partir d’un an d’ancienneté dans l’entreprise. Cette mesure cherche à annuler le système légal de licenciement des articles L.122-9 et R.122.-2 du code du travail. Par exemple, en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse, le salarié ayant plus de deux ans d’ancienneté, peut prétendre à une indemnité de six mois de salaires.

La garantie de l’assurance chômage

Ils ont tous juré que la rupture amiable serait accompagnée des allocations de « droit commun ». L’assurance chômage lève les bras et regarde sa caisse, déjà amputée des prélèvements sociaux sur les indemnités de licenciement, et réclame un contrôle contre les abus. Alors on trouve un biais : seules seront validées les ruptures homologuées par le directeur départemental du travail. Ce n’est déjà plus une garantie de plein droit.

La flexisécurité à la française

Pas si française que cela la flexisécurité, puisqu’elle entre dans le cadre d’une réflexion (pas encore traduite en directive) de la Commission européenne. La flexisécurité suppose ainsi de combiner, « de manière délibérée, la souplesse et la sécurité des dispositions contractuelles, les stratégies globales d’apprentissage tout au long de la vie, les politiques actives du marché du travail efficaces et les système de sécurité sociale modernes, adaptés et durables (2). »

Elle a été aussi l’objet d’une étude commandée à Eric Besson (3), le transfuge du PS devenu secrétaire d’Etat chargé de la Prospective et de l’évaluation des politiques publiques, et de nombreux rapports en ont fait état – on l’a même vue se transformer en revendication syndicale de la CGT sous le nom de « sécurité sociale professionnelle ».

Retour du contrat de projet

Il semble que le Medef n’ait pas eu les mains libres pour faire passer son contrat unique, parce que celui-ci « ne rend pas possible la prise en compte de la spécificité des différents secteurs », selon Charlotte Duda, présidente de l’Association nationale des directeurs de ressources humaines (La Tribune du 4 avril 2008). Ce que voulait le gouvernement, c’est un CDI annualisé, en fait transformer le CDI en CDD généralisé pour X temps de travail à l’année. Bien que suspendu pour l’instant, le projet de contrat unique est toujours dans les tuyaux.

Dans l’attente, nos gouvernants en sont revenus au contrat de mission, initialement présenté comme un CDI (tel le canada dry, il en a le goût et l’odeur), mais finalement ramené à ce qu’il est réellement : un CDD. Pour le moment ce contrat resterait limité et concernerait « la réalisation par des ingénieurs et cadres de certains projets dont la durée est incertaine », entre 18 mois et 36 mois.

Seulement, il faut s’attendre à ce qu’une pression étende l’accord au simple salarié, comme semble le revendiquer Charlotte Duda, ce qui nous amène directement à la légalisation du portage salarial.

La période d’essai

On se demande pourquoi la période d’essai encadrée par la loi (article 4) va accompagner le nouveau CDD,le CDD étant lui-même une période d’essai dissimulée, alors qu’il n’en est pas ainsi pour le CDI. Cependant il devient évident que le Medef tend à privilégier la relation de gré à gré, et il est prévu que la période d’essai figure dans le contrat de travail. De ce fait est prohibée toute période d’essai d’origine conventionnelle, sauf si elle prévoit des durées plus longues.

Le portage salarial

On peut être surpris que le portage n’ait pas fait plus de bruit dans les médias et parmi nos partenaires sociaux. Tant et si bien que l’avocate Lise Casaux-Labrunée s’en est étonnée.

En effet, écrit-elle (4), c’est la définition même du contrat de travail qui est en cause. Elle signale le danger qu’il y a à considérer des professionnels à même de trouver leurs clients, et d’exécuter en parfaite autonomie les prestations correspondantes, comme des salariés.

Le salariat suppose l’existence d’un travail fourni par l’employeur ; il suppose aussi un lien de subordination juridique des « parties ». Et nous ne parlons pas de la remise en cause de l’article L.241.8 du code de la sécurité sociale, qui ne reconnaît pas le portage.

En jetant une passerelle entre travailleurs indépendants et salariés, on procède à une fusion qui permet une porosité de l’un vers l’autre (il semble que les cadres autonomes soient dans le collimateur de l’Etat). Un article de La Tribune (10 janvier 2008), qui voulait saluer positivement l’accord/convention collective du 15 novembre 2007 (5), nous apprend que le portage « a permis à 100 000 cadres, pour l’essentiel des seniors, de vivre une transition entre leur activité et leur retraite en les transformant en prestataires de service » ; et le journal poursuit : « Aujourd’hui, les quinquas sont rejoints par des quadras et même par des cadres de trente ans ».

La convention collective Syntec-CICF du 15 novembre 2007 avait comme objectif principal de signifier un lien de subordination entre l’employeur et le porté :

« De leur côté, les consultants, même s’ils disposent d’une large autonomie dans l’exercice de leur activité professionnelle, demeurent subordonnés à l’EPS [entreprisesde portage salarial] dans le cadre de leur contrat de travail. »

Le portage salarial se présente comme une société d’intérim. La personne portée cherche des clients pour son entreprise et en négocie le prix, un contrat de prestations de services est conclu. Ce type de travail était jusqu’à présent illégal et pouvait être condamné en pénal pour prêt de main-d’œuvre à but lucratif (art L 8241-1 du code du travail). Il concerne principalement les intervenants extérieurs, consultants, etc. Après le travail temporaire et le travail à temps partagé, le portage salarial deviendrait la troisième catégorie de prêt de main-d’œuvre à but lucratif.

La gestion prévisionnelle des emplois et compétences (GPEC)

La formation, depuis bientôt vingt ans, jouait un rôle de pompier social dans les entreprises : on se formait pour progresser dans l’échelle sociale, obtenir quelques petits diplômes et surtout les primes et promotions qui allaient de pair.

Depuis quelque temps, de promotion sociale la formation se transforme, sous le couvert de « se former tout au long de la vie », en parachute de l’employabilité. Nous n’allons pas ici reprendre ce que nous avons déjà écrit sur le sujet (6), mais donner deux citations de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact, organisme proche de la CFDT) qui résument bien le rôle actuel attribué à la formation, qui consiste à maintenir son employabilité.

Quelle est donc la signification de ce nouveau terme, « employabilité » ?

L’Anact explique :

« La meilleure sécurité qu’on puisse donner à un salarié, c’est un portefeuille de compétences bien rempli. C’est cela qui le rendra autonome et libre vis-à-vis de l’entreprise. Voilà le grand pari, qu’on a pu appeler le pari de l’employabilité (7). »

La meilleure, ce n’est donc plus de remplir notre portefeuille mais de nous donner une formation pour devenir « libre » de trouver ailleurs un emploi. Dans ce sens, l’Anact nous cite une parabole :

« Un Airbus A 320 vole vers la Guadeloupe. Le temps est calme et vous avez la perspective d’une semaine de vacances extraordinaire. Pour moi, c’est un peu ce que vivent certains salariés dans les entreprises : ça va bien, les résultats sont bons, leur présence dans l’entreprise n’est pas remise en cause, la tradition de l’entreprise est de garder ses salariés durant toute leur vie professionnelle. Un petit missile crève la coque du A 320. Manque de chance, vous étiez à côté du trou. Vous n’aviez pas mis votre ceinture et vous êtes aspiré. Vous vous retrouvez à neuf mille mètres d’altitude sans parachute. Vous voyez le résultat. Cette entreprise qui marchait bien est rachetée et les actionnaires décident que la marge nette n’est pas suffisante. Lors d’un plan social, vous vous retrouvez dehors. Vous qui êtes rentré il y a vingt ans avec un CAP d’employé de bureau, vous ne vous êtes pas préoccupé puisque tout allait bien. Vingt ans après vous vous retrouvez sur le marché du travail avec une expérience professionnelle relative et votre CAP d’employé de bureau. C’est comme si vous étiez à neuf mille mètres d’altitude, sans parachute. »

En conclusion

Au moment ou nous nous apprêtions à terminer cet article, le texte définitif du projet de loi adopté le 12 juin 2008, a été promulgué le 25 juin, et publié au Journal officiel du 26 (8). Pas de changements fondamentaux par rapport aux critiques ci-dessus, mais quelques aménagements justifiant le jeu démocratique. Par exemple, le délai avant de bénéficier de l’indemnité conventionnelle de maladie sera d’un an au lieu de trois comme initialement prévu ; de même les indemnités de licenciements, initialement calculées au bout de deux ans d’ancienneté (à raison de six mois de salaires) seront attribuées au bout d’une année, mais à un taux unique bien inférieur.

Gérard Bad

juin 2008

NOTES

(1) De la précarité à la mobilité : vers une sécurité sociale professionnelle, rapport au ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie et au ministre de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, de Pierre Crahuc et Francis Kramarz, La Documentation française, juin 2005.

(2) Vladimir Spidla, commissaire europén à l’emploi, aux affaires sociales et à l’égalité des chances : communication au séminaire « Flexicurité, du point de vue de l’utilité », Bruxelles,27-29 février 2008 (www.cec-kek.org/pdf/SpidlaFlexicuri...).

On retrouve presque mot pour mot ce paragraphe dans : Vers des principes communs de flexicurité. Des emplois plus nombreux et de meilleure qualité en combinant flexibilité et sécurité, communication de la Commisssion au Parlement européen, etc., Bruxelles, 27 juin 2007 (COM(2007)359) ; sur Internet : eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUri...

(3) Eric Besson, Flexicurité en Europe. Eléments d’analyse, rapport au premier ministre, La Documentation française, février 2008. Sur Internet : lesrapports.ladocumentationfrancais...

(4) Lise Casaux-Labrunée, « La légalisation risquée du portage salarial », Semaine sociale Lamy n° 1349, du 14 avril 2008. (5) Accord collectif des entreprises de portage salarial adhérentes au CICF-SNEPS (Chambre de l’ingénierie et du Conseil de France-Syndicat national des entreprises de portage salarial) et CFDT, CFE-CGC et CFTC.

(6) Voir notamment « Formation : De l’adaptation permanente à l’emploi, à la gestion des situations de crise de l’emploi », Echanges n° 109 (été 2004). (7) Anact, Développement des compétences, juillet 1999. Internet :www.anact.fr

(8) Texte de loiwww.legifrance.gouv.fr/affichTexte....

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29 novembre 2016

CSG et CRDS, un racket permanent de l’Etat

(Echanges 110-Automne 2004)

 

Avec cet impôt instauré en 1996 « à titre provisoire » pour financer le déficit de la Sécurité sociale, les salariés, retraités, chômeurs... doivent rembourser jusqu’en 2008 au budget général de l’Etat une dette dont ils n’avaient pas conscience.

 Au moment où le gouvernement Raffarin semble s’opposer pour un temps à une hausse de la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) votée par la commission spéciale dont le président est le député UMP du Bas-Rhin Yves Bur, il nous semble important de faire un historique de la mise en place de cet impôt qui frappe la quasi-totalité des revenus, y compris les allocations familiales et les allocations chômage.Avec cet impôt instauré en 1996 « à titre provisoire » [1] pour financer les déficits de la Sécurité sociale entre 1993 et 1995, les salariés, retraités, chômeurs... rembourseront jusqu’en 2008 au budget général de l’Etat une dette dont ils n’avaient pas conscience. Chaque année 12,5 milliards de francs, vont dédommager l’Etat des 110 milliards de dette de la Sécurité sociale. (Voir Echanges 95, hiver 2000-2001, La « dette sociale », ponction fiscale généralisée).

 

Cette dette de 110 milliards de francs aura donc été payée deux fois : une première fois via la hausse de la CSG décidée en juillet 1993 (1,4 point) et la seconde par l’instauration de la CRDS.

 Comment une telle aberration a été imposée au monde du travail

 Au cours de l’année 1993, le déficit de la Sécurité sociale a été mis sur le dos de la brutale récession de l’économie française. « Le Trou de la Sécurité sociale », comme nous le connaissons bien en France, tant il nous obsède et nous culpabilise, est d’une telle ampleur, que le gouvernement Balladur fait reprendre le déficit par l’Etat - à titre temporaire.

En 1993, pour rembourser l’Etat, un fonds est créé : le FSV (Fonds de solidarité vieillesse). Il sera alimenté à partir du 1er juillet 1993 par l’augmentation de la CSG, qui passe de 1,1 % à 2,4 %. Depuis, le fonds a été intégré à d’autres prestations, mais le taux de la CSG a continué d’augmenter.

 La ponction FSV devait se traduire par un prélèvement annuel de 12,5 milliards de francs sur les con-citoyens pendant treize ans pour rembourser l’Etat.

 Le FSV et la hausse de la CSG avaient donc officiellement réglé la dette sociale de 1993. Cependant, quand Alain Juppé arrive à Matignon, en septembre 1995, il est lui aussi confronté au trou éternel de la Sécurité sociale. Pour la période 1994-1995, le déficit bat un nouveau record (120 milliards de francs) auxquels il faut ajouter les 110 milliards de 1993, visiblement pas remboursés, puisque la dette cumulée sera de 230 milliards [2].

 Un véritable complot a été monté, pour liquider le système de protection sociale, au profit des sociétés d’assurances. La loi du 30 décembre 1995 va autoriser le gouvernement, en application de l’article 38 de la constitution, à réformer le système de protection sociale ; les fers sont mis au feu pour liquider le système de protection sociale français.

 La voie est dégagée pour que l’Etat, mette en place un nouvel étage de prélèvement sur le monde du travail : la création de la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades), le 24 janvier 1996, indique de par sa dénomination le sens de sa mission : faire payer aux salariés, retraités, chômeurs... les 137 milliards de francs de dette de la Sécurité sociale d’ici 2009.

 Cependant, la Cades ne fera pas disparaître la FSV et le prélèvement de 1,3 % de CSG supplémentaire continuera à alimenter les caisses de l’Etat. Le FSV changera d’affectation : il servira à prendre en charge les périodes de chômage et de service national. Le scandale est si grand que même Mme Weil va reprocher ouvertement au gouvernement de « faire payer deux fois les Français ».

 La Cades mise en place, le déficit va se poursuivre, malgré les non remboursement de médicaments... en 1995 il atteint 74,6 milliards de francs au lieu de 64,5 prévus, et en 1996 Juppé reconnaît un déficit de 54 milliards de francs.
Il n’en fallait pas plus pour que le déficit reparte. En effet la Cades est un investissement garanti par l’Etat au taux obligataire de 6,033%, noté « triple A » par le agences de rating. Par conséquent la Cades offre un produit financier sans risque à taux élevé financé par les prélèvements sur le monde du travail.

 « Une compagnie d’assurance-vie a pris 1 milliard d’un coup » [3] ( La Tribune du 27 septembre 1996) selon le même journal l’emprunt a trouvé preneur « auprès d’une communauté d’investisseurs diversifiée, incluant principalement des assureurs et des gestionnaires français, certes, mais aussi des banques allemandes, belges et luxembourgeoises, des fonds britanniques et italiens, et jusqu’à une banque central du Moyen-Orient ».

 Le déficit chronique de la Sécurité sociale peut continuer, il faut qu’il continue pour alimenter le juteux marché de la dette sociale des placements financiers auprès de la Cades. Donc en 1997, le ministère de l’économie et des finances annonce le prolongement de la Cades pour cinq ans ( c’est à dire la ponction sur le peuple) (du 31 janvier 2009 au 31 janvier 2014), pour éponger les nouvelles dettes.

 

L’Etat étant le principal organisateur du capital financier, et aussi un grand bénéficiaire de la Cades [4], il fera tout pour prolonger la dette sociale et donc son remboursement... La Cades emprunte alors 300 millions d’euros (La Tribune du 26 juin 2001) pour que le spectacle continue.

 

Dans la situation actuelle, la Cades doit reprendre 35 milliards d’euros de dette pour la fin de l’année, auxquels il faut ajouter des déficits prévisionnels pour 2005 et 2006. Voilà le mécanisme, le déficit de la Sécurité sociale justifiant le prolongement des ponctions CRDS jusqu’en 2020.

 

« Les banques entourant l’opération avaient également observé que la perception des investissements n’avait pas été altérée par le nouveau prolongement de la durée de vie de la Cades (initialement prévue en 2014), dû au transfert des nouvelles dettes décidé récemment par le ministère de la Santé. » (La Tribune du 9 juin 2004.

 

Plus étrange encore, un curieux personnage du nom de Reichman a fait un grand tapage au mois d’août, pour célébrer la victoire de son association anti-sécu, le Mouvement pour la libération de la protection sociale (MLPS) [5]. Il indique même comment échapper à la CSG et CRDS en prenant une assurance à l’étranger et en fournissant une attestation à la Sécurité sociale. Si le transfert autorisé par l’Etat depuis 2001 venait à se faire par le truchement de contrat groupe dans des sociétés d’assurances étrangères, la dette sociale serait alors concentrée sur les assurés âgés qui ne pourraient pas quitter la Sécurité sociale.

 

G.Bad. Juillet 2004

 


 

[1] L’ordonnance du 24 janvier 1996, indique dans son article premier que la Cades a « une durée de treize ans et un mois à compter du 1er janvier 1996 ».

 

[2] La caisse des dépôts accorde en 1995 à la Sécurité sociale un crédit-relais d’un montant de 137 milliards de francs (déficit de 1994 et 1995 [120 milliards] + déficit prévisionnel 1996 [17 milliards]).

 

[3] Les banques proposent plus du double des 60 milliards demandés, l’accueil de la communauté financière internationale reflète la qualité de la signature de la Cades (La Tribune Desfossés du 3 juin 1996.

 

[4] La Cades est une « petite » vache à lait pour l’Etat qui collecte une partie de la CRDS. Les frais de collecte prélevés par l’Etat sont en effet sept fois plus élevés que les frais de l’Urssaf.

 

[5] Site internet www.claudereichman.com.

 

 

 

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27 novembre 2016

INFOBREF N°467-USA: manifestations violentes, Israël et la Turquie

INFOBREF N°467

USA: manifestations violentes près du chantier d’un oléoduc, plusieurs blessés

 liberation.fr – Le 21.11.16 – Standing Rock.

Des manifestations ont pris un tour violent près du chantier controversé d’un oléoduc dans le Dakota du Norddans la nuit de dimanche à lundi, la police utilisant gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc et canons à eau par une température glaciale contre les manifestants. Les organisateurs de ces manifestations ont affirmé que 167 personnes avaient été blessées, dont trois aînés amérindiens. Selon eux sept personnes ont dû être hospitalisées pour des blessures sérieuses à la tête.

Les autorités ont estimé qu’il y avait environ 400 manifestants. Selon le journal Bismarck Tribune, citant le bureau du shérif, des manifestants ont lancé des cailloux et des bouts de bois sur les policiers. Une personne a été arrêtée. La tribu sioux de Standing Rock considère que l’oléoduc menace ses sources d’eau potable et plusieurs sites où sont enterrés ses ancêtres. Elle avait demandé à Barack Obama d’intervenir pour faire arrêter ce chantier et lancer une enquête sur les exactions des forces de l’ordre sur le site. La semaine passée, le gouvernement américain a ordonné le gel de ce chantier, dans un souci d’apaisement, estimant que davantage d’analyses et de débats étaient nécessaires.

#DakotaAccessPipeline: 400 protesters and police clash at Backwater Bridge abc7.la/2gbSlgg

21.11.16 ABC7 Eyewitness News. @ABC7 SUIVRE

Dakota : la lutte des «protecteurs de l’eau» contre le «serpent noir» s’intensifie

Par Aude Massiot — 18 novembre 2016 à 10:37

Alors que les grands froids se rapprochent, les militants, amérindiens et activistes environnementaux, poursuivent leur mobilisation pour arrêter la construction du pipeline Dakota Access, aux Etats-Unis.

Dakota : la lutte des «protecteurs de l’eau» contre le «serpent noir» s’intensifie

«Tout le monde est occupé dans le camp à se préparer pour la première tempête hivernale qui devrait nous toucher dans quelques jours. Nous avons toujours besoin de fours à bois performants et de systèmes de chauffage.» Sur leur page Facebook, les militants du camp de Standing rock, dans le Dakota du Nord aux Etats-Unis, décrivent ces derniers jours passés à solidifier leurs tentes, yourtes, et à couper du bois, pour tenir leur position pendant le dur hiver des grandes plaines du nord américain. Face à eux, l’entreprise Energy Transfer Partners tient bon. En charge de la construction du Dakota Access pipeline, désigné comme le «serpent noir» par les activistes autoproclamés «protecteurs de l’eau», Kelcy Warren, la PDG, s’est dite prête à creuser sous le Missouri dès que le feu vert de l’armée leur est donné.

A VOIR AUSSI LE DIAPORAMA Dakota du Nord : deux mois de lutte contre un oléoduc

La construction de ce pipeline de 1 885 kilomètres, censé transporter du pétrole des grandes plaines de la région à l’Illinois et passer près de la réserve indienne sioux de Standing rock, est le sujet de manifestations de plus de 200 tribus autochtones depuis le mois d’avril. Le camp Oceti Sakowin accueille maintenant plusieurs centaines de militants. D’un montant de 3,8 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros), ce projet, abouti à plus de 60%, aurait déjà détruit plusieurs sites sacrés sioux et risquerait de polluer l’eau dont ils s’abreuvent.

L’armée retarde les travaux

Le 8 novembre, jour de l’élection présidentielle, EPT a affirmé, dans un communiqué, avoir terminé la construction de l’oléoduc dans le Dakota du Nord, sauf au niveau du Lac Oahe, réservoir faisant partie du Missouri. C’est uniquement sur cette portion que l’armée, propriétaire des terrains, a demandé début septembre, d’arrêter les travaux pour étudier les inquiétudes des Amérindiens. Le 27 juillet, la tribu sioux de Standing Rock avait déposé une plainte contre le corps d’ingénieurs de l’armée américaine qui a validé le projet. Ils affirment que l’autorisation de construction a été prise en violation de plusieurs traités fédéraux et contre le respect du «bien-être économique, environnemental et du patrimoine culturel de la tribu».

Nouveau coup dur pour Energy Transfer. Dans une déclaration saluée par les militants, et dénoncée par l’entreprise, l’armée a annoncé, lundi, devoir reporter leur décision d’autoriser ou non la construction du pipeline sur cette portion, afin de poursuivre «discussions et analyses»sur les risques que représente la traversée du Missouri par l’oléoduc.

«Conditions de détention dégradantes et inhumaines»

Mardi, Jack Dalrymple, le gouverneur républicain du Dakota du Nord affirmait qu’un retard des travaux «ne faisait que prolonger et intensifier les problèmes de sécurité publique dans le comté de Morton». L’état a récemment approuvé le déblocage de 10 millions de dollars (9,3 millions d’euros) pour couvrir le coût de mobilisation des forces de sécurité dépêchées dans la zone de Standing rock.

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Suivre – Kate Kunath @katekunath

Los Angeles gathering now at the Army Corps of Engineers in solidarity with Standing Rock #NoDAPL

21:11 – 15 Nov 2016

Depuis plusieurs semaines, des forces de police anti-émeutes et la garde nationale ont été déployées pour répondre aux manifestations pacifiques. Des membres d’entreprises de sécurité privées employées par Energy Transfer sont aussi présents sur le site. «Il y a eu une escalade des tensions durant les deux semaines passées. Des forces de sécurité locales dont la réponse aux manifestations est de plus en plus militarisée, ont déplacé de force les campements localisés près du site de construction», décrit Maina Kiai, le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits à la liberté de rassemblement et d’association pacifique dans un communiqué publié le 15 novembre. Certaines des 400 personnes arrêtées lors de ces manifestations auraient ainsi souffert de «conditions de détention dégradantes et inhumaines», affirme le rapporteur.

A LIRE AUSSI Dans le Dakota, le mouvement antipipeline violemment réprimé

Une journée d’action nationale

Mardi a été lancé un appel national à la mobilisation. Selon Reuters, plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans différentes villes des Etats-Unis, et même à Londres, visant les bureaux du corps d’armée des ingénieurs, les banques et entreprises impliquées dans le projet de pipeline. Plusieurs personnalités, Mark Ruffalo, Shaileene Woodley et Scarlett Johansson, entre autres, se sont opposées publiquement à la construction du tuyau. Devant la Maison blanche, à Washington, le sénateur du Vermont, Bernie Sanders a demandé au président Obama d’arrêter le projet, et non de le dérouter comme ce dernier l’a évoqué fin octobre.

Voir aussi

Israël : appels d’offres en Méditerranée orientale, les liens se renouent avec la Turquie

Elisabeth Studer

Evènement majeur sur l’échiquier énergétique mondial … et la géopolitique associée : Israël vient de lancer officiellement des appels d’offres pour l’exploration de 24 champs gaziers et pétroliers en Méditerranée, une première depuis quatre ans.

Depuis plusieurs années, la Méditerranée orientale est devenue une zone d’exploration gazière très active, notamment après la découverte d’importants gisements gaziers au large d’Israël et de Chypre, l’Egypte  la Turquie, Israël, le Liban, la Syrie, comptant bien ne pas être lésé dans la bataille.

La nouvelle est d’autant plus importante qu’en octobre dernier, Israël et la Turquie ont décidé d’examiner un projet de gazoduc pour acheminer du gaz israélien vers l’Europe.

Laquelle Turquie frappe de plus belle aux portes de l’Europe … en qualifiant d’hypocrite l’attitude des Européens dans les négociations sur la candidature turque à l’Union européenne. Nous y reviendrons. Rappelons également que Chypre est coupée en deux – entre partie turque et partie chypriote – depuis plus de 40 ans.

Précisions de taille : en  décembre 2010 un accord a été signé entre Israël et Chypre en vue de faciliter et de poursuivre les recherches off-shore d’hydrocarbures – de part et d’autre – dans la partie orientale de la Méditerranée … de gigantesques réserves de gaz ayant été alors découvertes dans la zone. Selon les contrôles de la commission gouvernementale israélienne mise alors en place pour gérer un fonds d’exploitation des ventes, les recettes prévues des gisements « Léviathan », « Tamar » et « Dalit » se monteraient à 100 voire à 130 milliards de dollars jusqu’en 2040.

« Cette découverte fait potentiellement d’Israël un pays exportateur de gaz naturel », avait alors souligné David Stover, haut dirigeant de Noble Energy, société basé à Houston, Texas, alors principal opérateur du site. Le ministre israélien des Infrastructures nationales Uzi Landau avait affirmé parallèlement qu’ Israël pourrait devenir un exportateur de gaz … vers l’Europe … au grand dam de la Russie.  « Nous sommes d’ailleurs prêts à collaborer à un tel projet avec des investisseurs étrangers, mais aussi avec la Grèce  et Chypre » , avait-t-il même précisé.

« Nous offrons pour l’exploration la moitié de notre zone maritime économique divisée en 24 blocs », a donc annoncé cette semaine le ministre de l’Energie Youval Steinitz, précisant que les appels d’offres seront clos le 21 avril.  Chaque bloc de forage offshore est doté d’une superficie de de 400 km2. Le ministre a par ailleurs ajouté que, selon les estimations, la plus grande partie du gaz naturel de la zone maritime économique était encore à découvrir, soulignant que le Département américain de l’Energie partageait cette opinion.

Le gouvernement israélien espère que les nouveaux blocs permettront la découverte de réserves comparables à celles des gisements de Tamar et Leviathan, lesquels ont ouvert l’espoir ces dernières années pour Isarel d’atteindre l’indépendance énergétique voire même d’exporter du gaz vers l’Europe tout en établissant de nouveaux liens stratégiques dans la région. Selon le ministère israélien, l’étude réalisée par la firme française Beicip Franlab fait état d’un potentiel dans les nouveaux sites d’environ 6,6 millions de barils de brut et de 2.137 milliards de m3 de gaz.

- Israël veut multiplier ses débouchés … et les options de transport

En septembre 2016, la Jordanie a signé un premier accord d’achat de gaz du gisement de Leviathan portant sur 8,4 millions de m3 de gaz par jour sur une période de 15 ans, avec une option de 1,4 million de m3 supplémentaires.

Ces derniers jours, Youval Steinitz a quant à lui fait état de contacts avec l’Egypte sur un potentiel accord de vente. Il a par ailleurs souligné que la possibilité d’un accord pour fournir du gaz à la Turquie avait également contribué à la réconciliation entre les deux pays en juin dernier, mêmes si des tensions persistent. « Nous avons décidé de faire avancer le projet de gazoduc pour l’exportation d’Israël vers la Turquie en vue notamment d’exporter vers l’Europe », a ainsi ajouté M. Steinitz.

Le ministre israélien de l’Energie a également expliqué que sa stratégie était de multiplier les options.
« Je veux plus qu’une seule option d’exportation. Je veux que nous ayons au moins deux ou peut-être trois gazoducs qui nous permettront d’exporter pas seulement vers cette région mais aussi vers l’Europe », a-t-il déclaré.

- Partenariats controversés avec les Etats-Unis via Noble Energy - 

Pour rappel, le champ gazier de Tamar, découvert en 2009 et dont la production a débuté en 2013, dispose de réserves de 238 milliards de m3. Leviathan, découvert en 2010 et dont la production doit commencer en 2019, dispose quant à lui de réserves de 535 milliards de m3 de gaz et de 34,1 millions de barils de condensat. Les licences d’exploitation concernant ces deux champs sont détenues par un consortium dirigé par le groupe américain Noble Energy et un partenaire israélien Delek.

A la suite d‘un appel de la Cour suprême israélienne, Noble Energy a accepté de réduire sa part dans Tamar de 36% à 25% pour ne plus être un important actionnaire. Delek pour sa part s’est engagé à céder la totalité de sa part dans Tamar qui s’élève à 31%. Les deux groupes ont en revanche pu conserver leurs parts respectives dans Leviathan.  Les compagnies étaient parallèlement soupçonnées de vouloir abuser de leur situation de monopole pour dicter les prix du gaz provenant des réserves israéliennes et influer sur le développement futur de ces réserves.

Le ministère de l’Energie a précisé cette semaine que le consortium Noble-Delek ne serait pas autorisé à prendre part aux nouveaux appels d’offres ou de prendre des licences pour d’autres champs gaziers plus petits, dont les réserves dépassent les 200 milliards de m3. Les candidats devront verser 50.000 dollars d’honoraires et 70.000 dollars pour participer aux appels d’offres tout en disposant d’actifs d’au moins 400 millions de dollars et de 100 millions de dollars de fonds propres.

-  Israël renoue ses liens avec la Turquie … le gazoduc commun en ligne de mire  - 

Signe des temps … et de l’importance de l’enjeu, parallèlement à cette annonce, Israël  a nommé mardi un nouvel ambassadeur en Turquie, le premier depuis 2010, normalisant ainsi les relations entre les deux pays après six années de brouille diplomatique. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon a ainsi déclaré que Eitan Naeh avait été nommé par un comité gouvernemental.

Actuel chef de mission adjoint à l’ambassade à Londres, il deviendra le premier ambassadeur d’Israël à Ankara depuis la crise du Mavi Marmara en 2010, lorsque les forces spéciales israéliennes avaient pris d’assaut un bateau qui se dirigeait vers Gaza, provoquant la mort de dix militants turcs qui se trouvaient à bord.

En juin dernier, les deux parties ont accepté de mettre un terme à leur différend après avoir mené des discussions secrètes dans plusieurs pays tiers.

Au terme de l’accord, Israël a accepté de verser 20 millions de dollars de compensation, à présenter ses excuses pour le raid tout en autorisant l’aide turque de parvenir à Gaza via le port israélien d’Ashdod. Cette normalisation a été vivement encouragé par les Etats-Unis, gaz et pétrole « obligent »  ….

- Quand la Turquie s’opposait à Chypre sur l‘épineux dossier du gaz de Leviathan -

Rappelons à toutes fins utiles qu’en septembre 2010, le Premier ministre turc déclarait à Al Jazzera, que la Turquie ne laisserait pas Israël jouir seule du gaz exploité dans les eaux chypriotes. Ce dernier jugeant « provocatrice » l’exploration au voisinage du gisement très prometteur de Léviathan.

Parallèlement le Premier ministre Recep Erdogan menaçait d’envoyer sa flotte au voisinage du site aux frontières controversées, annonçant qu’il pourrait fournir une escorte navale à ses propres bâtiments d’exploration en Méditerranée chargés d’effectuer des forages sur des gisements d’hydrocarbures au large de la côte nord de Chypre.
Quelques jours auparavant, lors d’une conférence de presse, le Premier ministre turc avait réitéré l’opposition de son pays aux zones économiques exclusives fixées en 2010 dans le cadre d’un accord entre Chypre et Israël.
«Nous avons des approches différentes en matière de zones économiques exclusives dans la région telles qu’elles ont été annoncées. Sur ce point, et s’agissant de l’armée, nous surveillerons cette région avec l’aide d’avions, de frégates et de vedettes lance-torpilles» avait-il prévenu.

Le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, réagissait ainsi aux propos du président chypriote Demetris Christofias, lequel venait d’annoncer que les forages débuteraient prochainement au large des côtes sud-est de Chypre.
Le gouvernement chypriote grec, seul à ce jour à être reconnu par la communauté internationale, avait alors débuté des travaux d’exploration sur le fabuleux gisement de Leviathan, situé au large de Chypre, avec la compagnie – américaine – Noble Energy, et ce, dans le cadre d’un accord avec Israël. Rappelons à cet égard que la partie turque, située dans le nord de l’île est uniquement reconnue par Ankara.

La Turquie avait également exhorté le gouvernement chypriote grec à cesser immédiatement ses explorations de gaz et prévenu que ses propres navires d’exploration en Méditerranée pourraient être accompagnés d’escortes militaires.
» La compagnie pétrolière turque TPAO va se déployer dans les eaux au nord de Chypre en raison d’un accord entre Ankara et la partie pro-turque de Chypre sur le tracé des frontières maritimes » avait parallèlement déclaré le ministre turc de l’Energie, Taner Yildiz.

Au final, Ankara demandait alors aux responsables chypriotes de favoriser la collaboration de la Turquie, dans les projets énergétiques de Chypre.

Elisabeth Studer – 19 novembre 2016 – www.leblogfinance.com

A lire également :

USA / Turquie main dans la main pour armer et former les rebelles syriens … encore une odeur de gaz

Total : transactions avec Chypre et Russie, un fort vent de Mistral soufflerait-il ?

Total de nouveau en piste à Chypre … en coopération avec l’Egypte, nouvel acquéreur des Mistral

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Chypre : exportation de gaz vers l’Egypte via un gazoduc conjoint ? Un projet stratégique

Total abandonnerait sa prospection au large de Chypre et d’Israël, freiné par la Turquie ?

 

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23 novembre 2016

INFOBREF N°466- justice de classe,hôpital,élections américaines.

 

INFOBREF N°466

La justice de classe en France et aux Etats-Unis

Affaire Jacqueline Sauvage — Wikipédia

Le 10 septembre 2012, dans un pavillon de La Selle-sur-le-Bied, dans le Montargois1, Jacqueline Sauvage charge2,3 un fusil de chasse de marque Beretta et tire dans le dos de son mari Norbert Marot, le tuant de trois coups de feu4. Pour expliquer son geste, Jacqueline Sauvage affirme avoir eu peur pour sa vie et celle de ses enfants, à la suite de menaces qui auraient été proférées par son mari le matin et dont elle a cru qu'il allait les mettre à exécution2. Le meurtre s'inscrit selon elle et son avocate dans un contexte de 47 années de violences conjugales5, dont certaines le jour même2. Si l’expertise atteste d’un coup à la lèvre, aucune autre trace de violence n’a été relevée concernant ce dernier jour6.

Les trois filles du couple confirment les violences de leur père sur leur mère et indiquent qu'elles ont été abusées sexuellement par leur père6,2. D'autre part, le mari était connu par ses voisins et par les habitants du village comme ayant un caractère violent et injurieux.

La veille du meurtre, le 9 septembre 2012, Pascal, le fils, s'est suicidé par pendaison7. Le jour du meurtre, Jacqueline Sauvage ne savait pas que son fils s'était donné la mort. Elle a appris son décès lors de sa garde à vue8 et alors qu'elle était hospitalisée postérieurement au meurtreN 1. Il existe une controverse au sujet du suicide du fils, une version prétend que les débats d'audience auraient fait ressortir que ce suicide serait lié aux violences que lui aurait infligé son père9, une autre prétend que ces mêmes débats auraient fait ressortir que ce suicide aurait permis à Pascal d'échapper à l'emprise de sa mère10. Or à ce jour il semble n'exister aucun fait autre que des témoignages pour abonder plus dans un sens ou dans l'autre. Plusieurs témoignages attestent que le père et le fils étaient en conflit : Sylvie Marot déclare le second jour du procès « Une fois à Noël, mon père et mon frère en sont venus aux mains. Quand ils en sont arrivés à se disputer, on a tous pris nos enfants et on est partis. Je suis retournée chez mes parents. Maman avait des cocards partout3. » Un ancien chauffeur témoigne : « Madame Marot est une personne gentille, aimable. M. Marot était un peu plus rustre. […] C'était un peu tendu entre le père et le fils. Ça arrivait souvent qu'ils s'accrochent3. » Une des anciennes compagnes du fils, qu'elle a quitté parce qu'il était devenu violent à son tour, raconte : « Pascal mettait son père sur un piédestal. Les choses finissaient souvent en violence. Une fois papy (Norbert) est arrivé et m'a frappé. Mamie et Pascal s'en sont mêlés. Ca finissait toujours en bagarre. Pascal quand il se battait avec son père, c'est quand il avait frappé sa mère ou moi. Sinon, les violences sur Pascal étaient plus morales que physiques. […] Norbert faisait tout pour détruire Pascal3. »

Le 28 octobre 2014, Jacqueline Sauvage, âgée de 65 ans11, est condamnée à 10 ans de prison12, la légitime défense n'ayant pas été retenue13. Jacqueline Sauvage fait appel de la décision de la cour d'assises, et le procès en appel s'ouvre à Blois1 le 1er décembre 2015. Sa peine est confirmée puisqu'elle est condamnée, le 3 décembre 2015, à 10 ans de prison ferme par la majorité des jurés après cinq heures de délibéré14. Des pétitions sont alors mises en ligne et une demande de grâce présidentielle est adressée à François Hollande15. Elle est finalement graciée partiellement par le Président de la République le 31 janvier 2016. Cependant, le 11 août 2016, les magistrats du tribunal d'application des peines de Melun, rejettent sa demande de libération conditionnelle. Une décision qui va à l'encontre des réquisitions du parquet de Melun, favorable à sa libération16.

Un père qui a violé sa fille de douze ans condamné à... deux mois de prison

Repéré par Claire Levenson

22.10.2016 - 11 h 32, mis à jour le 22.10.2016 à 11 h 32

Un juge du Montana aux États-Unis a tenté de justifier sa décision en disant que le père pouvait être réhabilité et qu'il fallait protéger sa relation avec ses fils.

Plus de quatre-vingt mille personnes ont signé une pétition demandant le renvoi du juge John McKeon, qui a condamné un père ayant plusieurs fois violé sa fille de douze ans à deux mois de prison ferme. Alors que les procureurs avaient requis vingt-cinq ans de prison pour viol et inceste, ce juge de l'État du Montana a décidé de condamner le prévenu à trente ans avec sursis et deux mois de prison ferme. 

Parmi les conditions du sursis, le prévenu, qui a quarante ans, devra être inscrit sur le registre des délinquants sexuels et aura un accès restreint à internet, dont une interdiction de regarder des sites pornographiques. Pendant le procès, un psychologue a témoigné que le prévenu présentait un faible risque de récidivisme et qu'un traitement psychiatrique lui serait bénéfique.

Des juges silencieux

Comme l'explique le Washington Post, la plupart des juges dans ce genre d'affaires controversées restent silencieux mais John McKeon a décidé de parler à la presse pour justifier son choix.

Dans un email envoyé à l'Associated Press, il a expliqué que la loi du Montana avait une clause permettant d'éviter la prison pour les coupables d'inceste sur enfant de moins de douze ans si l'évaluation psychologique montre qu'une alternative à la prison aura plus de chance de réhabiliter le coupable.

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La lettre émouvante et éclairante d'une victime de viol aux États-Unis

LIRE L'ARTICLE

Le juge a aussi cité une lettre écrite par la mère de la jeune victime, qui a pris le père en flagrant délit d'agression sexuelle, mais a déclaré que ses deux fils l'aimaient et qu'«ils devraient avoir la possibilité de réparer leur relation avec leur père». La grand-mère de la victime a aussi écrit une lettre similaire.

Personne n'a parlé pour la victime

Le procureur, Dylan Jensen, a expliqué à la presse que, lors de l'audience déterminant la peine de l'accusé, personne n'avait parlé au nom de la victime. Alors que de nombreuses personnes –la famille, des membres de son Eglise– sont venus soutenir l'accusé, personne n'était là pour la victime.

«Personne n'a parlé au nom de l'enfant de douze ans au procès, peut-on lire dans la pétition. On n'a pas fait justice à la victime, au lieu de cela, elle devra vivre dans la peur de rencontrer son violeur dans leur ville.»

Après vingt-deux ans en tant que juge, McKeon devait de toutes façons prendre sa retraite en novembre. La pétition demande donc qu'il ne reçoive pas sa retraite venant de l'État. Dans l'affaire de Brock Turner, un étudiant coupable de viol qui avait été condamné à six mois de prison en juin dernier, une pétition demandant le renvoi du juge Aaron Persky avait reçu plus d'un million de signatures. Malgré ces protestations, Persky continue à exercer mais a décidé de ne plus statuer sur des affaires criminelles.

Qui sont les 100 millions d'Américains qui ont choisi de ne pas élire leur président?

Jean-Marie Pottier

Monde

14.11.2016 - Contrairement à 2012, l'électorat noir ne s'est pas surmobilisé. Et si l'électorat latino s'est moins abstenu que d'habitude, cela n'a pas réellement profité aux Démocrates.

À l'issue d'une campagne électorale d'une violence inédite, environ 100 millions d'Américains ont choisi de ne pas choisir lors du scrutin du 8 novembre. Selon les estimations disponibles pour l'instant (il reste encore plusieurs millions de bulletins à dépouiller), 134 millions environ ont voté sur 232 millions de personnes pouvant exercer leur droit de vote.

Comme le note sur Twitter le chercheur Michael McDonald, spécialiste de la participation électorale aux États-Unis, on ne saura que dans quelques mois les taux de participation précis des différentes catégories de population, quand le bureau du recensement publiera une enquête détaillée sur l'élection.

Contrairement à 2012, l'électorat noir ne s'est pas surmobilisé. Et si l'électorat latino s'est moins abstenu que d'habitude, cela n'a pas réellement profité aux Démocrates.

À l'issue d'une campagne électorale d'une violence inédite, environ 100 millions d'Américains ont choisi de ne pas choisir lors du scrutin du 8 novembre. Selon les estimations disponibles pour l'instant (il reste encore plusieurs millions de bulletins à dépouiller), 134 millions environ ont voté sur 232 millions de personnes pouvant exercer leur droit de vote.

Comme le note sur Twitter le chercheur Michael McDonald, spécialiste de la participation électorale aux États-Unis, on ne saura que dans quelques mois les taux de participation précis des différentes catégories de population, quand le bureau du recensement publiera une enquête détaillée sur l'élection.

En attendant, les sondages sortie des urnes, les tendances lourdes des élections précédentes et les résultats détaillés du scrutin dans certains États nous permettent de nous faire une première idée de ces Américains qui n'ont pas voulu trancher.

98 millions d'abstentionnistes, c'est beaucoup?

Ce chiffre représente une abstention de 42% environ, un point de plus qu'en 2012 et quatre de plus qu'en 2008, lors de l'élection historique de Barack Obama. Mais c'est loin d'être un record: en 1996, à peine un Américain sur deux avait voté, et le taux de participation est même passé sous cette barre juste après la Première Guerre mondiale. Ce chiffre signifie que Donald Trump aura été élu par 28% de la population en âge de voter.

En France, lors de la dernière présidentielle, l'abstention était de seulement 20% lors des deux tours mais nous la calculons en pourcentage des inscrits sur les listes électorales alors que les Américains la calculent en pourcentage de ceux qui peuvent s'inscrire. 7% des Français n'étant pas inscrits, l'abstention totale, rapportée à tous ceux qui peuvent s'inscrire, était d'environ 26%.

Rappelons par ailleurs que lors d'une présidentielle française, tous les votes pèsent du même poids dans le résultat final. Lors de cette élection, seulement un gros tiers des électeurs votaient dans les quatorze swing states, les autres votaient dans des États où le résultat était quasiment couru d'avance.

Où a-t-on le moins voté?

Les taux de participation par État évoluent du simple au double. 34% des Hawaiiens seulement ont voté, 10% de moins qu'en 2012: il faut dire que Barack Obama, l'enfant du pays, n'est plus candidat. À l'inverse, 74% des électeurs du Minnesota, un des États les plus civiques du pays, ont voté.

Si de nombreux facteurs permettent d'expliquer qu'un État vote plus qu'un autre, les swing states affichent globalement des taux de participation moins élevés. À eux trois, la Californie, le Texas et New York, les trois plus grands États du pays et trois des moins serrés, ont vu à peine un électeur sur deux se déplacer et regroupent une masse de 27 millions d'abstentionnistes –qui, a priori, n'auraient pas changé grand chose au scrutin.

Qui n'a pas voté?

Les enquêtes réalisées sur les précédents scrutins nous donnent des tendances lourdes sur le profil des abstentionnistes. Par certains côtés, ils ressemblent beaucoup à leurs collègues français: plus on baisse en âge, en niveau de revenu, en niveau de diplôme, plus on s'abstient. Et on s'abstient moins quand on est une femme, quand on est fonctionnaire, quand on est marié ou quand on est vétéran de l'armée.

Le plus intéressant, évidemment, est de regarder le taux de participation en fonction de l'origine raciale, puisque ces statistiques n'existent pas en France. En attendant de disposer de chiffres plus précis, on peut regarder les sondages sortie des urnes. Les blancs, les noirs, les Hispaniques et les Asiatiques représenteraient respectivement 70%, 12%, 11% et 4% de l'électorat le 8 novembre, là où leur poids théorique est de 69%, 12%, 12% et 4%, selon une étude du Pew Research Center.

En 2012, les mêmes catégories représentaient 72%, 13%, 10% et 3% de l'électorat. À l'époque, l'abstention des noirs, pour la première fois, était devenue inférieure à celle des blancs, et pour toutes les tranches d'âge. Seulement 34% des Noirs n'avaient pas voté, contre 36% des Blancs non-hispaniques. Plus de la moitié des Hispaniques et des Asiatiques n'avaient pas voté.

Les chiffres des sondages sortie des urnes semblent laisser indiquer que les Noirs ne se sont pas autant surmobilisés cette année. En revanche, l'abstention des Hispaniques devrait s'afficher à la baisse: selon l'institut Latino Decisions, il est probable que, pour la première fois, elle passe sous les 50%.

Pourquoi ils n'ont pas voté?

En 2012, le gouvernement avait sondé les électeurs qui n'avaient pas voté sur leurs «motivations». 19% justifiaient leur grève de l'isoloir par des problèmes d'emploi du temps (contrairement à la France, les États-Unis votent un jour de semaine, ce qui signifie aller voter pendant une journée de travail), problème particulièrement présent chez les minorités. 16% disaient simplement ne pas être intéressés par l'élection. 14% faisaient état de problèmes de santé ou de handicap. 13% (plutôt des électeurs blancs) se disaient repoussés par la campagne et les candidats. Enfin, près de 6% faisaient état de problèmes d'inscription sur les listes électorales.

Ce dernier problème est celui qui a le plus fait parler cette année, les législatures de certains États (en majorité républicaines) ayant été accusées d'avoir tenté de décourager la participation. C'est notamment le cas en Caroline du Nord, où le nombre de bureaux de vote et leurs périodes d'ouverture pour le vote anticipé avaient été réduits, où dans le Wisconsin, où une loi plus stricte sur l'identification des électeurs avait été votée.

Les abstentionnistes ont-ils fait l'élection?

Au vu des positions politiques de ces catégories, un point de pourcentage de moins de noirs dans l'électorat et un point de blancs en plus représentent une variation de 0,7 point de l'écart national entre les deux candidats, en faveur de Donald Trump.

Dans certains comtés très Afro-Américains, l'abstention a été plus forte et les résultats des Démocrates moins bons qu'en 2012, ce qui semble indiquer que la mobilisation des électeurs noirs a été moins forte. En Caroline du Nord, les comtés les plus noirs ont vu la participation baisser de manière substantielle. Dans l'Ohio, où l'abstention des Noirs avait été inférieure de six points à celle des Blancs en 2012, le comté de Cuyahoga, le plus démocrate de l'État, où se trouve Cleveland, a vu 20.000 personnes de moins se déplacer pour voter. Dans le comté de Milwaukee (Wisconsin), qui compte plus d'un quart d'Afro-Américains, 50.000 électeurs de moins se sont déplacés. Dans le comté de Wayne (Michigan), où se trouve Detroit, 40.000 de moins...

À l'inverse, les comtés très hispaniques ont vu leur participation augmenter de manière spectaculaire. C'est par exemple le cas de Miami-Dade, en Floride, des comtés de la vallée du Rio Grande au Texas ou encore du Mexique. Le souci est que les Démocrates n'ont pas vraiment amélioré leur avance dans cet électorat et qu'un abstentionniste noir est pour l'instant plus coûteux qu'un abstentionniste latino, plus d'un tiers des électeurs latinos étant concentrés en Californie et au Texas, où l'élection n'est pas serrée.

Un graphique très populaire, dans les jours après l'élection, a affirmé que Clinton avait perdu parce qu'elle n'avait pas réussi à faire se déplacer ses électeurs, mais il était fondé sur des chiffres très incomplets et a donc grandement exagéré ce constat

Reste que le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie, les trois États dont elle avait besoin pour être élue, représentent moins de 110.000 voix d'écart. Environ 8 millions de personnes n'y ont pas voté.

Jean-Marie Pottier

Cartonnages Girard - Le Teil (Ardèche) En colère contre les licenciements

Brève

14/11/2016



Mercredi 9 novembre, la grande majorité de la centaine des travailleurs de Girard, au Teil étaient en grève. L'annonce de sept licenciements a déclenché leur colère. Une colère d'autant plus grande que ces travailleurs avaient accepté de travailler plus durement. Sous le prétexte de sauver l'usine, la direction avait imposé la polyvalence et la flexibilité, des employés de bureau avaient accepté de travailler à la production.

     Les licenciements annoncés sont rejetés par tous, tous craignent que d'autres suivent à l'avenir. Car pour justifier les licenciements, les patrons prétendent que l'usine est en déficit. Un déficit qu'ils ont créé eux-mêmes, en confiant une partie de la production à d'autres sites du groupe. Girard fait partie du groupe international LGR packaging, un groupe qui se porte bien. Les actionnaires ont continué de s'enrichir. Alors les licenciements au Teil comme ailleurs, déficit ou pas, sont inacceptables. (Lutte Ouvrière)

La loi Hirsch est adoptée!!! Silence Hôpital: on ferme!!!

La loi Hirsch est adoptée !!! Silence Hôpital : on ferme !!! - Matière et ...

www.matierevolution.fr/spip.php?article4029


mercredi 6 avril 2016

Poisson d’avril ?!!!

L’information est tombée le premier avril mais ce n’était pas une plaisanterie : Hirsch a proclamé décrétée la loi du même nom et qui impose la fameuse « réforme Hirsch » contre laquelle les personnels s’étaient mobilisés. Merci les syndicats d’avoir désorganisé le mouvement, d’avoir cassé en petits bouts la lutte, d’avoir accepté de discuter jusqu’au bout avec Hirsch, d’avoir signé parfois des accords d’étapes, d’avoir saucissonné la lutte et de l’avoir séparé des autres luttes des secteurs public et privé. A nous d’en tirer dorénavant la leçon : il faudra nous organiser nous-mêmes en comités de grève et en coordinations régionales et nationales pour décider de manière autonome de nos buts et moyens d’action. Et à Hirsch, « Merci patron ! » (comme le dit le film du même nom) de nous montrer qu’un patron de l’hôpital public n’est en rien différent d’un patron du privé !

Menteur et voleur !

Hirsch, encore lui, a affirmé sur France Inter le 4 avril qu’une nuit à l’Hôpital public coûtait 2.000 à 3.000 euros. C’est complètement faux ! C’est uniquement valable pour la réanimation mais une nuit classique dans un service non spécialisé coûte quatre fois moins. Il s’agissait pour lui de justifier d’envoyer dorénavant les patients dans des hôtels médicalisés privés en refusant de les accueillir dans des chambres au sein de l’hôpital public. Encore une privatisation de la santé aux dépens de la santé publique !

Ce que signifie la loi Hirsch…

Les buts clairement affichés de cette prétendue réforme sont :

- faire passer tout nouvel embauché puis progressivement tout le monde à 7H30 et en grande équipe

- imposer des horaires aménagés de 8H45, 9H ou 10H d’affilée

- supprimer ou réduire les équipes de nuit

- imposer l’hôpital de jour plutôt que l’hôpital de semaine et l’hospitalisation à domicile et les soins sans hospitalisation, plutôt que l’hospitalisation en lits, cette dernière étant réservée aux cas très très graves…

- imposer les 7H aux CDD ce qui leur retire leurs RTT et fait qu’ils y resteront une fois embauchés.

Fermeture de 16.000 lits d’hôpital

Hirsch ne donne pas le nombre de fermetures de lits à l’APHP mais dit qu’il veut passer d’une opération faite en chirurgie ambulatoire sur quatre à une sur deux et donc fermer des lits pour le nuit. Les services d’hospitalisation classique vont passer en hôpital de semaine. Les hôpitaux de semaine en hôpitaux de jour…

Donc adieu la surveillance la nuit, et ceux qui ne pourront rentrer chez eux iront à l’hôtel ! oui à l’hôtel avec juste possibilité de téléphoner à un standard de nuit ! On aurait pu croire à un canular mais non ! c’est à ce point là ! Et que dire de toutes les fermetures de petits hôpitaux en région... C’est le grand recul organisé de la santé comme de tous les services publics, de tous les droits sociaux, de toutes le libertés et de toute forme de démocratie…

Les démobilisateurs professionnels

Comme au temps de la mobilisation des retraites, comme au temps de la mobilisation contre la réforme Hirsch, contre la réforme Pépy, contre la réforme Touraine, la lutte contre la loi El Khomri est marquée par la stratégie de la défaite menée par les organisations syndicales : divisions, désorganisations, absence de coordination. Il s’agit de journées d’action qui ne se font pas craindre du gouvernement et des patrons.

Le 9 mars, quand l’ensemble de la population et de la jeunesse étaient choqués par la loi El Khomri, les syndicats ont déposé des préavis mais n’ont pas appelé à la grève, même si la population l’a cru… Le 31 mars, ils ont appelé mais ils avaient créé des déversoirs de colère avant dans bien des secteurs pour éviter une convergence trop massive qui les déborde. Juste avant le 31 mars et pour l’affaiblir, il y a eu la grève nationale à La Poste le 23 mars, la grève nationale dans l’Hôpital public le 29 mars (programmée trois jours avant !), la grève des contrôleurs aériens le 21 mars, la grève SNCF le 9 mars, la grève des infirmiers-anesthésistes le 21 mars, la grève RATP le 9 mars, la grève Air France et fonctionnaires le 27 mars, la grève des inspecteurs du permis le 23 mars, la grève des douanes le 24 mars, la grève des dockers et agents portuaires le 24 mars, la grève d’Air France le 27 mars, etc, etc….

A la SNCF, la CGT certes appelait à une journée massive le 31 mais elle avait appelé déjà à la grève le 9 et puis elle diffusait un planning des négociations avec la direction, avec à chaque épisode des actions des cheminots appelées par la CGT. Cela signifiait pour tout cheminot qu’il n’avait pas besoin nécessairement d’entrer en grève le 31 puisqu’il allait y avoir bien d’autres occasions de perdre son salaire en s’arrêtant…

De même, les agents de l’hôpital public pouvaient bien se mettre en grève le 31 mais on les avait plutôt incités à le faire le 29 mars, trois jours avant, pour faire croire que la lutte contre la loi Hirsch était séparée de la lutte contre la loi El Khomri.

Dès le 9 mars, les centrales syndicales avaient clairement montré au patronat et au gouvernement qu’elles jouaient leur jeu de manière classique, encadrant « les troupes » sans permettre que la pression soit canalisée et lancée directement contre les adversaires, sans s’appuyer sur un courant de masse, sans prendre le risque que la lutte sociale s’embrase et déborde le cadre classique des relations bien tempérées entre syndicats, patrons et gouvernement, celui des salons où on négocie.

Il ne faut pas suivre ces généraux de toutes les défaites que sont les dirigeants syndicaux si on veut se faire craindre et gagner. Il faut nous organiser et prendre nous-mêmes toutes les décisions dans nos luttes.

Ils nous disent que l’important est d’être nombreux derrière les syndicats. Mais derrière quelle perspective ? Celle de séparer la lutte contre la loi El Khomri de celle contre les autres attaques qui en sont inséparables : la loi Touraine contre la santé, la loi Valls contre les libertés, la loi Eckert contre les petits épargnants, la loi Hirsch, la loi Pépy, la loi CICE (sur le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), loi Cazeneuve (sur l’immigration et l’asile), la loi Hollande (sur le chômage, dite « boite à outils »), la loi Ayrault (ou loi retraites 2014 aggravant les dispositifs de Sarkozy). Ensuite, le fait de ne pas mettre en cause l’état d’urgence, les lois qui font de la France un pays de plus en plus policier, un pays qui ne recrute plus que pour l’armée et la police, qui n’est mobilisé que pour la guerre, « intérieure et extérieure » comme le répètent Hollande, Valls et Cazeneuve….

Il ne fait pas la manche

On apprend que Hirsch avait une belle paie à Emmaüs et certains vont jusqu’à lui attribuer 10.000€ par mois. Décidément, même là où il n’y a paraît-il pas assez d’argent dans les caisses, cela ne l’empêche pas de se verser de copieux salaires…

Le travail c’est la santé

Depuis quelques mois, nous avons avec nos fiches de salaire des plaquettes d’information. La dernière en date c’est celle stipulant que les agents de la fonction publique ne doivent pas cumuler plusieurs emplois, et ne pas travailler dans le privé.

C’est vrai que celles-ci sont très belles et très explicites. On n’ose imaginer le coût de ces plaquettes qui aurait pu servir à augmenter nos salaires plutôt qu’à nous faire la morale de ce qui est bien de faire ou ne pas faire.

La volonté de ces directions, c’est de faire en sorte que l’on ne soit disponible pour nous faire exploiter seulement par eux.

La réalité est là : on est au salaire minimum pour travailler, avec une charge de travail plus en plus importante, avec les départs en retraite, avec les arrêts maladie ne sont remplacés, et régulièrement un agent peut se retrouver seul et assumer deux postes de travail et ce n’est pas pour autant qu’il sera payé en conséquence.

Si on travaille double, c’est bien entendu parce qu’on a déjà un salaire tellement mirobolant avec un seul emploi qu’on en redemande parce qu’on considère que « le travail, c’est la santé » !

Poubelle

Les expertises demandées par les syndicats face au plan Hirsch ont donné leurs conclusions et on ne peut pas dire que ces résultats soient faits pour nous étonner, nous qui connaissons très bien les conditions de travail actuelles à l’APHP ! Elles montrent que la charge de travail déborde dans les services, que le sous-effectif est permanent et les dépassements d’horaires fréquents, qu’il y a un sentiment assez général d’un travail qui n’a pas pu être correctement accompli, une augmentation des arrêts de travail liés au surmenage. On ne vous apprendra rien.

Et, bien entendu, ces rapports, Hirsch s’en moque et, contrairement à ce que prétendaient les syndicats, ils ont été remplir ses poubelles. C’est la grève générale de l’APHP, dirigée par les personnels eux-mêmes au travers d’une coordination nationale des personnels de santé, qui seule peut donner le rapport de forces pour que le plan Hirsch soit bon pour la poubelle !

Voilà qui aggrave le sous-effectif

Les personnels partant en retraite finissent leur carrière à l’APHP en éclusant les comptes CET, ce qui signifie qu’ils sont portés à l’effectif pendant trois mois sans travailler et sans être remplacés. La direction fait semblant qu’il n’y a pas de départ pour refuser tout remplacement, en précaire comme en fixe. Et cela durera tant qu’on acceptera de faire du travail en plus du nôtre…

C’est de l’argent au noir !

On a appris que l’argent des comptes CET, celui des congés non pris, a été provisionné par l’APHP au cas où elle serait condamnée à les rembourser. Cela signifie des sommes mises de côté sous prétexte social et qui servent à grossir les caisses de l’APHP en se rajoutant aux sommes des ventes immobilières déjà considérables. Et cela signifie aussi que, si les trésoreries des hôpitaux sont dans le rouge, la trésorerie centrale de l’APHP est tout à fait dans le vert avec 36,6 millions d’excédents financiers, argent en réalité volé aux personnels et aux patients !

Totalement… corrompu…

Le Canard Enchainé et Libération ont révélé qu’un médecin pneumologue, chef de service à l’hôpital Bichat, qui affirmait devant la commission d’enquête sur la pollution, n’avoir « aucun lien d’intérêts avec des acteurs économiques », était en fait médecin-conseil chez Total !

Il avait omis ce détail, qui ne lui rapportait que la modique somme d’un peu plus d’un million d’euros, venait se rajouter à son siège au « conseil scientifique » de PSA (rien à voir avec ses avis sur le diesel comme danger médical pour la population qui blanchissait celui-ci).

Retour aux accouchements à la maison ?

La maternité de Bourg la Reine ferme ses portes alors que les maternités voisines (Béclère et Bicêtre) sont débordées. L’ARS et la ministre s’en moquent : ils suivent la consigne de fermer à tout prix des maternités ! Les enfants naîtront bien tout seuls comme dans le temps…

Lois Touraine, Hirsch, Khomri, Pépy, même combat !

C’est effectivement le même combat qui relie toutes les lois scélérates mises en œuvre par le gouvernement. Une loi casse l’impôt, une autre casse le code du travail, une troisième casse le service public de santé, une cinquième casse le service public de transports, une sixième casse les retraites, une septième s’attaque aux personnes d’origine étrangère. Une logique commune : transformer l’argent public en caisse commune où pourront se servir les patrons pour augmenter leurs profits. Bien entendu, il ne s’agit pas des petits patrons mais de ceux des trusts et des banques, des financiers et des assurances, des bourses et des spéculateurs.

Et pour mener une lutte d’ensemble face à cette attaque d’ensemble qui concerne aussi bien public que privé, jeunes comme vieux, avec ou sans CDI, français ou pas, ne comptons que sur nos propres forces !



 

 

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21 novembre 2016

A Propos des élections

René Berthier Les anarchistes et le suffrage universel

r_formesLa bourgeoisie ne joue pas le jeu ! La forme politique la plus adaptée… Non seulement la démocratie représentative est parfaitement adaptée aux exigences du capitalisme, elle lui est aussi nécessaire. Cette forme d'État réunit en effet deux conditions indispensables à la prospérité de la grande production industrielle : la centralisation politique et la sujétion du peuple-souverain à la minorité qui le représente, qui en fait le gouverne et l’exploite. Dans un régime qui consacre l’inégalité économique et la propriété privée des moyens de production, le système représentatif légitime l’exploitation de la grande masse du peuple par une minorité de possédants et par les professionnels de la parole qui sont leur expression politique. Si le droit politique garanti par le système représentatif permet au non-possédant de participer en tant que citoyen à l'élection d’un représentant, le droit économique lui permet de la même façon de «choisir» son employeur. La liberté du travailleur, dit Bakounine, est une liberté théorique, fictive. Pourtant, «est-ce à dire que nous, socialistes révolutionnaires, nous ne voulions pas du suffrage universel, et que nous lui préférions soit le suffrage restreint, soit le despotisme d’un seul ? Point du tout. Ce que nous affirmons, c’est que le suffrage universel, considéré à lui tout seul et agissant dans une société fondée sur l’inégalité économique et sociale, ne sera jamais pour le peuple qu’un leurre ; que, de la part des démocrates bourgeois, il ne sera jamais rien qu’un odieux mensonge, l’instrument le plus sûr pour consolider, avec une apparence de libéralisme et de justice, au détriment des intérêts et de la liberté populaires, l'éternelle domination des classes exploitantes et possédantes.» (Bakounine, Stock, IV 195) On ne saurait donc conclure de la critique anarchiste du système représentatif à l’apologie du «vide» politique, du «néant» et d’une spontanéité transcendantale à partir desquels les «masses» découvriraient de façon immanente des formes politiques nouvelles et radicalement différentes.

La critique anarchiste de la démocratie représentative n’est pas une critique de principe de la démocratie, entendue comme participation des intéressés aux choix concernant leur existence, mais une critique du contexte capitaliste dans lequel elle est appliquée. La brutalité du rapport entre les deux classes fondamentales de la société est cependant tempérée d’abord par le fait qu’il y a entre elles de nombreuses nuances intermédiaires imperceptibles qui rendent parfois difficile la démarcation entre possédants et non-possédants, mais aussi par l’apparition d’une catégorie sociale nouvelle, que Bakounine appelle les «socialistes bourgeois», et dont la fonction semble essentiellement de promouvoir le système représentatif auprès du prolétariat. Issus des franges de la bourgeoisie, ces «exploiteurs du socialisme», philanthropes, conservateurs socialistes, prêtres socialistes, socialistes libéraux, intellectuels déclassés, utilisent le mouvement ouvrier comme tremplin et l’institution parlementaire comme instrument pour tenter de se hisser au pouvoir, ou tout au moins pour se faire une place. Le socialisme bourgeois corrompt le mouvement ouvrier en «dénaturant son principe, son programme». La démocratie représentative étant définie comme la forme politique la plus adaptée à la société capitaliste il convient de s’interroger sur l’opportunité pour le prolétariat d’en accepter les règles, sachant que «la révolution sociale n’exclut nullement la révolution politique. Au contraire, elle l’implique nécessairement, mais en lui imprimant un caractère tout nouveau, celui de l'émancipation réelle du peuple du joug de l'État.» (Bakounine, Stock, IV 198.)

La participation du mouvement ouvrier au jeu électoral ne saurait toucher l’essentiel, c’est-à-dire la suppression de la propriété privée des moyens de production. La démocratie représentative n'étant pour la bourgeoisie qu’un masque — elle s’en dessaisit aisément au profit du césarisme, c’est-à-dire la dictature militaire, lorsque cela est nécessaire —, tout empiétement démocratiquement décidé contre la propriété provoquera inévitablement une réaction violente de la part des classes dominantes spoliées. La participation à l’institution parlementaire, où sont représentés des citoyens, non des classes, signifie inévitablement la mise en œuvre d’alliances politiques avec des partis représentant certaines couches de la bourgeoisie modérée ou radicale. Bakounine déclare que l’alliance entre un parti radical et un parti modéré aboutit inévitablement au renforcement du parti modéré au détriment du parti radical et à l'édulcoration du programme du parti radical : «L’absurdité du système marxien consiste précisément dans cette espérance qu’en rétrécissant le programme socialiste outre mesure pour le faire accepter par les bourgeois radicaux, il transformera ces derniers en des serviteurs inconscients et involontaires de la révolution sociale. C’est là une grande erreur, toutes les expériences de l'histoire nous démontre qu’une alliance conclue entre deux partis différents tourne toujours au profit du parti le plus rétrograde ; cette alliance affaiblit nécessairement le parti le plus avancé, en amoindrissant, en faussant son programme, en détruisant sa force morale, sa confiance en lui-même ; tandis que lorsqu’un parti rétrograde ment, il se retrouve toujours et plus que jamais dans sa vérité.» (Lettre à La Liberté,le 5 août 1872, éd. Champ libre, III, 166)

Sur les alliances

La foi dans les institutions parlementaires, «du moment qu’on a derrière soi la majorité de la nation», pour reprendre les termes d’Engels, toutes classes confondues, est fermement critiquée par les anarchistes, notamment par Bakounine car elle signifie inévitablement la conclusion d’un «pacte politique» entre «la bourgeoisie radicale ou forcée de se faire telle, et la minorité intelligente respectable, c’est-à-dire dûment embourgeoisée, du prolétariat des villes, à l’exclusion et au détriment de la masse du prolétariat non seulement des campagnes, mais des ville». «Tel est, conclut l’anarchiste, le vrai sens des candidatures ouvrières aux parlements des États existants» (III, 161).

On peut alors se demander ce que Bakounine lui-même préconisait en matière d’alliances politiques. Il avait parfaitement saisi l’importance formidable des classes sociales intermédiaires dans la société et le rôle de frein qu’elles pouvaient jouer dans la révolution. «Ne comptez pas sur la bourgeoisie, dit-il ; elle ne voudra jamais ni ne pourra jamais vouloir vous rendre justice ; ce serait contraire à la logique des choses et des conditions de vie, contraire à toutes les expériences de l'histoire ; l’opinion publique, la conscience collective de chaque classe étant nécessairement et toujours le produit des rapports sociaux et des conditions particulières qui constituent la base et la loi de son existence séparée.» (II, 93).

Le prolétariat doit donc s’organiser «en dehors et contre la bourgeoisie». Ce n’est que par la force et par la démonstration bien réelle de leur puissance organisée que les travailleurs pourront arracher des concessions à la bourgeoisie. La petite bourgeoise quant à elle est pour le prolétariat une alliée potentielle, elle n’est séparée de la classe ouvrière que par la «méconnaissance de ses propres intérêts» et par la «sottise bourgeoise». Le point de vue de Bakounine est parfaitement exprimé dans le passage suivant, écrit peu après la mort de Mazzini : les Internationaux italiens, dit-il, seront sans doute sollicités par les mazziniens pour s’unir à eux. Mais, rappelle Bakounine, «…n’oubliez pas l’abîme qui sépare votre programme du programme mazzinien. Ne vous laissez pas entraîner par eux — ce qu’ils ne manqueront certainement pas de tenter — à une entreprise pratique commune, conforme à leur programme et à leurs plans et modes d’action, non aux vôtres. Appelez-les à s’unir avec vous sur votre propre terrain, mais ne les suivez pas sur leur terrain à eux, que vous ne sauriez accepter sans sacrifier et sans trahir cette grande cause du prolétariat qui désormais est devenue la vôtre. (…) En acceptant leurs plans d’action, non seulement vous ruineriez tout votre travail socialiste et vous arracheriez votre pays à la solidarité révolutionnaire qui l’unit aujourd'hui à toute l’Europe, mais vous vous condamneriez vous-mêmes, avec tous ceux qui vous suivraient dans cette voie nouvelle et funeste, à une défaite certaine.» (Lettre à Celsio Ceretti, 13-17 mars 1872, Champ libre, II, 237)

Pouvoir et exploitation sont inévitablement liés. Les États, quels qu’ils soient, fonctionnent selon le principe de la substitution de pouvoir, c’est-à-dire qu’ils canalisent dans un nombre de mains réduites, au nom de la société civile, la légitimité de celle-ci. La majorité de la population ne peut avoir qu’une souveraineté fictive, plus ou moins masquée. Enfin, la logique interne à tout État le conduit à la centralisation, à la concentration du pouvoir, à l’accaparement des autonomies. Le «pouvoir politique» entendu au sens de processus collectif de décision concernant les orientations de la société, doit nécessairement être décentralisé : son lieu d’exercice n’est pas l'État ni le parlement mais l’organisation des producteurs associés et les communes fédérées. La conquête de l'État «n’est possible que lorsqu’elle se développe de concert avec une partie quelconque de cette classe [la bourgeoisie] et se laisse diriger par des bourgeois.»

L’originalité de l’analyse bakouninienne est d’avoir montré que dans sa période constitutive, le mouvement ouvrier ne pouvait rien espérer de la subordination de son action à la revendication de la démocratie représentative parce qu’il avait face à lui la violence étatique, et que dans la période de stabilisation, lorsque cette revendication était accordée, les classes dominantes et l'État avaient les moyens d’empêcher que l’utilisation des institutions représentatives ne remette pas en cause leurs intérêts. Bakounine a en effet affirmé que les démocrates les plus ardents restent des bourgeois, et qu’il suffit d’une «affirmation sérieuse, pas seulement en paroles, de revendications ou d’instincts socialistes de la part du peuple pour qu’ils se jettent aussitôt dans le camp de la réaction la plus noire et la plus insensée», suffrage universel ou pas. C’est le phénomène que Bakounine désigne sous le nom de césarisme, et que Marx appelle bonapartisme : cette voie fut découverte jadis par les empereurs romains, mais oubliée et redécouverte récemment par Napoléon Ier et «déblayée et améliorée par son élève, le prince de Bismarck : la voie du despotisme étatique, militaire et politique, dissimulée sous les fleurs et sous les formes les plus amples en même temps que les plus innocentes de la représentation populaire» (IV, 294). En 1815 cette voie était prématurée : «A l'époque, personne ne se doutait de cette vérité, devenue depuis évidente aux despotes les plus niais, que le régime dit constitutionnel ou parlementaire n’est pas une entrave au despotisme étatique, militaire, politique et financier, mais que, le légalisant en quelque sorte et lui donnant l’aspect trompeur d’un gouvernement du peuple, il peut lui conférer à l’intérieur plus de solidité et de force.» La remarque qui suit cette affirmation est particulièrement intéressante : si, en 1815, on ignorait cela, c’est que la rupture entre la classe exploiteuse et le prolétariat n'était pas aussi évidente qu’aujourd'hui. Les gouvernements, qui étaient encore constitués sur le modèle de l’Ancien régime, pensaient que le peuple était derrière la bourgeoisie. Aujourd'hui le peuple et la bourgeoisie sont en opposition, et cette dernière sait que contre la révolution sociale «il n’y a pas pour elle d’autre refuge que l'État». Mais elle veut un État fort qui assure une dictature «revêtue des formes de la représentation nationale qui lui permettent d’exploiter les masses populaires au nom du peuple lui-même». Ainsi le système représentatif est très explicitement désigné comme le moyen trouvé par la bourgeoisie pour garantir sa situation de classe exploiteuse et comme la solution à la crise de légitimité du pouvoir. Les revendications et le programme de la classe ouvrière se trouvent ainsi dilués dans la fiction de la représentation nationale.

La fiction de la représentation

La véritable fonction de la démocratie représentative n’est donc pas tant de garantir la liberté des citoyens que de créer les conditions favorables au développement de la production capitaliste et de la spéculation bancaire, qui exigent un appareil d'État centralisé et fort, seul capable d’assujettir des millions de travailleurs à leur exploitation. La démocratie représentative repose sur la fiction du règne de la volonté populaire exprimée par de soi-disants représentants de la volonté du peuple. Ainsi permet-elle de réaliser les deux conditions indispensables à l'économie capitaliste : la centralisation de l'État et la soumission de la souveraineté du peuple à la minorité régnante. Toute société qui parvient à s'émanciper quelque peu cherche à soumettre les gouvernements à son contrôle, dit Bakounine, et met son salut dans «l’organisation réelle et sérieuse du contrôle exercé par l’opinion et par la volonté populaire sur tous les hommes investis de la force publique. Dans tous les pays jouissant du gouvernement représentatif, (…) la liberté ne peut donc être réelle, que lorsque le contrôle est réel. Par contre si ce contrôle est fictif, la liberté populaire devient nécessairement aussi une pure fiction.» (V, 61.) Or, Bakounine constate que «nulle part en Europe le contrôle populaire n’est réel». «Tout le mensonge du système représentatif repose sur cette fiction, qu’un pouvoir et une chambre législative sortis de l'élection populaire doivent absolument ou même peuvent représenter la volonté réelle du peuple.» (V, 62.)

Il y a cependant une logique interne à tout gouvernement, même le plus démocratique, qui pousse, d’une part à la séparation croissante entre les électeurs et les élus, et d’autre part qui pousse à l’accroissement de la centralisation du pouvoir. «La classe des gouvernants est toute différente et complètement séparée de la masse des gouvernés». La bourgeoisie gouverne, mais, étant séparée du peuple par toutes les conditions de son existence économique et sociale, comment la bourgeoisie peut-elle réaliser, dans le gouvernement et dans les lois, les sentiments, les idées, la volonté du peuple ? Ce serait toutefois une erreur, commente Bakounine, d’attribuer ces palinodies à la trahison. Elles ont pour cause principale le changement de perspective et de position des hommes. C’est cela qui explique que les démocrates les plus rouges «deviennent des conservateurs excessivement modérés dès qu’ils sont montés au pouvoir» (V, 63). Les modifications du comportement des élus est un sujet qui préoccupe constamment Bakounine.

Dans la Protestation de l’Alliance,il affirme la nécessité pour les élus de rester en contact avec la vie du peuple ; ils devraient être obligés d’agir ouvertement et publiquement, ils doivent être soumis au régime salutaire et ininterrompu du contrôle et de la critique populaires ; ils doivent enfin être révocables à tout moment. En dehors de ces conditions, l'élu risque de devenir un sot vaniteux, gonflé de son importance. La logique interne du système représentatif ne suffit cependant pas à expliquer que la démocratie y est fictive. Si la bourgeoisie possède le loisir et l’instruction nécessaires à l’exercice du gouvernement, il n’en est pas de même du peuple.

De ce fait, même si les conditions institutionnelles de l'égalité politique sont remplies, cette dernière reste une fiction. Les périodes électorales fournissent aux candidats l’occasion de «faire leur cour à Sa Majesté le peuple souverain», mais ensuite chacun revient à ses occupations : «le peuple à son travail, et la bourgeoisie à ses affaires lucratives et à ses intrigues politiques.» Ignorant de la plupart des questions, le peuple ne peut contrôler les actes politiques de ses élus. Or, puisque le «contrôle populaire, dans le système représentatif, est l’unique garantie de la liberté populaire, il est évident que cette liberté aussi n’est qu’une fiction.» Le système du référendum, introduit par les radicaux de Zurich, n’est qu’un palliatif, une nouvelle illusion. Là encore, pour voter en connaissance de cause, il faudrait que le peuple ait le temps et l’instruction nécessaires d'étudier les lois qu’on lui propose, de les mûrir, de les discuter : «Il devrait se transformer en un immense parlement en plein champ», ce qui n’est évidemment pas possible. De plus - et là on touche à la «technologie» parlementaire —, les lois ont la plupart du temps une portée très spéciale, elles échappent à l’attention du peuple et à sa compréhension : «prises séparément, chacune de ces lois paraît trop insignifiante pour intéresser beaucoup le peuple, mais ensemble elles forment un réseau qui l’enchaîne.»

La plupart des affaires qui intéressent directement le peuple se font par-dessus sa tête, sans qu’il s’en aperçoive ; il laisse faire ses élus, qui servent les intérêts de leur propre classe et qui présentent les mesures prises sous l’aspect le plus anodin. «Le système de la représentation démocratique est celui de l'hypocrisie et du mensonge perpétuels. Il a besoin de la sottise du peuple, et il fonde tous ses triomphes sur elle.» Le seul moyen de contrôle effectif de la population sur les décisions gouvernementales n’a rien d’institutionnel. Lorsque le sentiment populaire se sent attaqué sur des points essentiels, «certaines idées, certains instincts de liberté, d’indépendance et de justice auxquels il n’est pas bon de toucher», il reste au peuple la possibilité de se soulever, de se révolter. «Les révolutions, la possibilité toujours présente de ces soulèvements populaires, la crainte salutaire qu’ils inspirent, telle est encore aujourd'hui l’unique forme de contrôle qui existe réellement en Suisse, l’unique borne qui arrête le débordement des passions ambitieuses et intéressées de ses gouvernants.» C’est d’ailleurs cette arme-là dont s’est servi le parti radical pour renverser les constitutions antérieures, jusqu’en 1848. Mais ensuite il prit des mesures pour briser toute possibilité d’y avoir recours, «pour qu’un parti nouveau ne pût s’en servir contre lui à son tour», en détruisant les autonomies locales et en renforçant le pouvoir central. L’exemple du cas suisse révèle donc aux yeux de Bakounine l’efficacité du système représentatif du point de vue de la préservation du régime bourgeois : ce dernier a su utiliser la révolte comme moyen de contrôle — et le contrôle ultime n’est-il pas le changement de régime politique ? — et il a su ensuite mettre en place les mesures nécessaires pour empêcher qu’il soit fait recours à ce contrôle contre lui : «Désormais, les révolutions cantonales, le moyen unique dont disposaient les populations cantonales pour exercer un contrôle réel et sérieux sur leurs gouvernements, et pour tenir en échec les tendances despotiques inhérentes à chaque gouvernement, ces soulèvements salutaires de l’indignation populaire, sont devenues impossibles. Elles se brisent impuissantes contre l’intervention fédérale.» (V, 65.)

Les progrès de la liberté dans certains cantons jadis très réactionnaires ne sont pas la conséquence de la nouvelle constitution de 1848 qui a accru la centralisation de l'État, mais plutôt de la «marche du temps». Dans les faits, les progrès accomplis depuis 1848, dit Bakounine, sont, dans le domaine fédéral, surtout des progrès d’ordre économique : unification des monnaies, des poids et mesures, les grands travaux publics, les traités de commerce, etc. «On dira que la centralisation économique ne peut être obtenue que par la centralisation politique, que l’une implique l’autre, qu’elles sont nécessaires et bienfaisantes toutes les deux au même degré. Pas du tout…. La centralisation économique, condition essentielle de la civilisation, crée la liberté ; mais la centralisation politique la tue, en détruisant au profit des gouvernants et des classes gouvernantes la vie propre et l’action spontanée des populations.» (V, 61.) On retrouve exactement la même idée chez Proudhon.

C’est là un aspect peu connu de la pensée politique de Bakounine, sur lequel en tout cas les anarchistes après lui sont gardés de mettre l’accent. Par centralisation économique, il faut entendre la tendance de la société industrielle moderne à organiser les activités productives à une échelle de plus en plus grande et complexe. L’anarchisme se situe donc aux antipodes d’une conception fondée sur la petite production artisanale et décentralisée. Bakounine sait bien que le développement industriel s’accompagne de la concentration du capital : il ne nie pas la nécessité de ce processus qui permet une production de masse. En ce sens, son point de vue s’apparente à celui de Marx, pour qui le développement des forces productives crée les conditions de la réalisation du socialisme. La vision de Bakounine s’inscrit donc tout à fait dans la perspective d’une société industrielle. Là où il se dissocie de Marx, c’est sur la question politique, sur le schéma politique de l’organisation de la société. Il semble envisager un système où l'économie serait organisée d’un point de vue centralisé, mais où le processus de décision politique serait décentralisé et fondé sur le principe du contrôle populaire. Il est vrai que le concept de «centralisation économique» n’est pas explicité. La concentration du capital est reconnue comme un des moteurs de l'évolution des sociétés industrielles, mais c’est un phénomène mécanique qui échappe à la volonté des hommes. Il y a dans le terme de centralisation économique quelque chose de voulu, qu’il serait possible d’organiser et qu’on retrouve dans l’expression «organisation des forces productives» employé par Bakounine. Le mot planification n’existait pas à l'époque mais il est possible que c’est à peu près à cela que pensait Bakounine, ce qui, évidemment, va à l’encontre de toute idée reçue sur sa pensée politique.

L’objection principale que formule Bakounine à l’encontre de la démocratie représentative touche à sa nature de classe. Tant que le suffrage universel «sera exercé dans une société où le peuple, la masse des travailleurs, sera économiquement dominée par une minorité détentrice de la propriété et du capital, quelque indépendant ou libre d’ailleurs qu’il soit ou plutôt qu’il paraisse sous le rapport politique, ne pourra jamais produire que des élections illusoires, antidémocratiques et absolument opposées aux besoins, aux instincts et à la volonté réelle des populations.» (VIII, 14.) Bakounine insiste beaucoup sur les arguments techniques touchant à la distorsion qui apparaît inévitablement entre l'élu et les mandants, à la difficulté ou à l’impossibilité de contrôler les élus. Mais en définitive ces inconvénients paraissent dérisoires devant l’impossibilité même du système représentatif, et qui tient à sa nature, de réaliser la collectivisation des moyens de production, sans laquelle aucun changement n’est possible.

C’est pourquoi l’insistance sur la seule conquête de la liberté politique comme préalable signifie laisser les rapports économiques et sociaux en l'état où ils sont, c’est-à-dire «les propriétaires et les capitalistes avec leur insolente richesse, et les travailleurs avec leur misère».

L’intérêt porté par Bakounine au modèle suisse vient de ce qu’il fournit un modèle général du fonctionnement de ce système : «Le mouvement qui se produit en Suisse est fort intéressant à étudier», dit-il, «car on y assiste à un processus typique de centralisation politique — c’est-à-dire de recul des libertés — effectué sous le couvert démocratique d’une extension des libertés électorales».

Les couches sociales intéressées à la pérennité de ce régime sont désignées : les barons de la banque et tous leurs dépendants, les militaires, les fonctionnaires, les professeurs, les avocats, les doctrinaires de toutes les couleurs avides de positions honorifiques et lucratives, «en un mot toutes la gent qui se croit soit par droit d'héritage, soit par intelligence et instruction supérieure, appelée à gouverner la canaille populaire.» (III, 109.) Mais parmi ceux qui remettent en cause l’autonomie cantonale il y a aussi «les classes ouvrières de la Suisse allemande, les démocrates socialistes des cantons de Zurich, de Bâle et autres, — et les ouvriers allemands d’une association ouvrière exclusivement suisse appelée Grütli-Verein,tous les deux, les uns directement, les autres indirectement, inspirés par le programme politico-socialiste des Internationaux de l’Allemagne, c’est-à-dire Marx.» (III, 110.)

Ce que Bakounine observe en Suisse confirme à ses yeux la thèse selon laquelle le suffrage universel, et même le référendum, qu’il appelle «votation à l’aveugle», sont, aux mains des classes dominantes et des couches de la bourgeoisie intellectuelle, des outils efficaces pour réaliser la centralisation du pouvoir d'État. Que les socialistes suisses aient été les plus ardents défenseurs de cette centralisation confirme ce qu’il observe à une échelle infiniment plus vaste, en Allemagne.

René Berthier





 

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17 novembre 2016

INFOBREF N°465- économie informelle,infirmiéres,Le tittytainment c' est quoi ?

INFOBREF N°465

 

Le 8 novembre, fait rare, 17 organisations infirmières ont décidé de manifester ensemble à Paris et en France. Le ras-le-bol d'une profession protéiforme est plus que jamais palpable, dans le privé comme dans le public, et chez tous les infirmiers, spécialisés ou non.

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© Cyrienne Clerc / ActuSoins

Si les références à la grande manifestation infirmière de 1988 reviennent souvent dans la bouche des manifestants en ce froid matin du 8 novembre, c'est que cette journée cherche à s'inscrire dans le sillon creusé voilà presque 30 ans.

« En 1988, on défilait pour un tryptique "Formation, salaire, conditions de travail". Ce tryptique est toujours d'actualité aujourd'hui », lâche avec dépit Nathalie Depoire, de la CNI.

Même si on était loin des 100 000 manifestants de 1988- ils étaient quelques milliers-, l'esprit de révolte soufflait bel et bien sur la profession infirmière. L'ambiance, bon enfant, était pourtant survoltée, et la bande-son du cortège formée par les 17 associations infirmières se partageait entre sifflets de colère et musique entraînante.

« Pour une infirmière dans la rue, il y en a 10 dans les services », assure Marine, 25 ans, infirmière en psychiatrie à bout de souffle, qui souffre du manque de personnel dans son établissement.

Avant le départ, juste en face de la Gare Montparnasse, des centaines de protestataires s'étaient réunis avant 10h, portant déjà leurs panneaux et banderoles. « Stop au massacre des infirmières libérales », « 24/24 à vos côtés, il est temps d'être des nôtres », ou encore « AP-HP en coma dépassé », pouvait-on lire.

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© Cyrienne Clerc / ActuSoins

Thierry Amouroux, du SNPI CGE-CGC, alors en avant-poste, rappelle l'origine de l'événement. « Les centrales avaient proposé un rassemblement devant le Ministère de la Santé. Mais nous (organisations infirmières, ndla) n'étions pas intéressés. Nous voulions clairement un mouvement identifié "infirmier". On ne veut pas être considéré comme un personnel de l'hôpital, comme un auxiliaire de santé en ville, mais comme un personnel infirmier à part entière », rappelle-t-il.

Des moyens pour travailler et prendre soin des patients

Au coeur de cette profession multifacette, un socle de puissantes revendications communes prend le dessus sur les luttes internes propres aux spécialités: réductions budgétaires délétères, revalorisation salariale, reconnaissance de la pénibilité par un départ anticipé à la retraite, détermination de ratios infirmiers au lit du patient par sécurité... Sans oublier la vague récente de suicides sans précédent, et des dépressions en série dans le milieu.

« On sait avec certitude que demain sera pire qu'aujourd'hui », reconnaît Thierry Amouroux, évoquant les 100 000 lits supprimés en 10 ans, et les 16 000 voués à disparaître... Sans oublier les 22 000 postes menacés pour permettre de réaliser les 3 milliards d'économie prévus dans le budget des hôpitaux. « Notre revendication première, ce ne sont pas nos salaires, mais bien d'avoir les moyens pour travailler! Ils (la direction, ndla) veulent des techniciens spécialisés dans une usine à soins, mais nous, ce qui nous motive, c'est de prendre soin des patients. »

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© Cyrienne Clerc / ActuSoins

Les moyens pour travailler... C'est bien la préoccupation de Catherine, Ibode depuis 20 ans, actuellement en pédiatrie au sein d'un établissement public. En plus de revendiquer le niveau master pour les infirmiers de bloc opératoire, et l'application du décrêt concernant les actes exclusifs, cette Strasbourgeoise défile pour la première fois, preuve de son inquiétude pour l'avenir de la profession infirmière.

« On a du annuler tout un programme opératoire pour être là aujourd'hui », raconte-t-elle, visage couvert d'un masque de bloc. Sa crainte? Que les parents la détestent pour cela. Mais à ses yeux, il fallait absolument en être. « Dans mon métier, ce qui a changé, c'est la rentabilité à tout prix. Mais on ne peut pas être "rentable" sur un patient! », s'offusque celle qui dénonce aussi les heures de nuit à 1,07 euros et les dimanches à 35 euros.

Questions revendications salariales, Maryse Alcindor (SNIIL) dénonce des déplacements pour moins de 10 euros, et souhaite que les infirmières libérales obtiennent des missions mieux définies dans la prise en charge des maladies chroniques, alors qu'elles sont au coeur de ce dispositif.

Réingéniérie des diplômes et reconnaissance des compétences

Du côté de puéricultrices, Elsa, 31 ans, a vu ses conditions d'exercice se dégrader profondément depuis 8 ans. Aujourd'hui, elle défilait pour une « réingénierie de notre diplôme, l'obligation d'embaucher une infirmière puéricultrice quand on travaille avec des enfants. »

Florent Brault, de l'ANPDE et SNIPUERLIB, plaide pour une reconnaissance des compétences cliniques et managériales des "puer" et la possibilité d'exercer en libéral ou de facturer des actes professionnels (suivi allaitement, sortie de maternité précoce, accompagnement parentalité) codifiés dans la nouvelle nomenclature.

Les inquiétudes sur l'avenir étaient partagées par tous les infirmiers, y compris les étudiants, comme Jérémie, 21 ans, en seconde année, et qui regrette de constater que les infirmières qui encadrent son stage, n'ont tout simplement pas le temps...

Après le rendez-vous obtenu par cette union des organisations infirmières au ministère de la Santé, dans l'après-midi, Brigitte Ludwig (Unaibode), regrettait l'absence de mesures concrètes et n'excluait pas d'autres manifestations unitaires... « S'il ne se passe rien d'ici janvier, il ne se passera rien du tout », a-t-elle déclaré, allusion aux présidentielles à venir et qui pourraient mettre en suspens toute volonté de réforme rapide.

Delphine Bauer

manifestation des infirmiers 8 novembre esi etudiants en soins infirmiers en coleremanifestation des infirmiers 8 novembre hopital necker en colère

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13/04/2016

Risque pays et études économiques

Surcapacités d’acier dans le monde : le risque à son plus haut en 2016

Après une longue période de croissance de la demande tirée par la Chine dans les années 2000, l’acier souffre de la faible croissance de l’économie mondiale

  • Le déséquilibre offre / demande est aussi alimenté par les surcapacités et exportations chinoises

  • En février 2016, le gouvernement chinois a annoncé une première réduction des capacités de production de 40 millions de tonnes

  • Le risque de crédit grimpe pour les entreprises sidérurgiques

  • Pas de rééquilibrage du marché attendu avant 2018

Pic du risque de crédit

En 2014, la production chinoise d’acier représentait 45% du total mondial. Or, son appétit s’essouffle avec une contraction de -3,3% en 2014 et de -5% de sa consommation en 2015. Dans le même temps, ses capacités de production ont continué de croître, accentuant le déséquilibre mondial entre l’offre et la demande. Si la production mondiale s’affaiblit (-3,1% à fin février 2016) et 1/3 des lignes de production d’acier sont à l’arrêt, l’offre reste abondante, avec une forte pression sur les prix qui sont en baisse significative. La Chine exporte désormais ses excédents de production (+20% en volume en 2015) fragilisant les filières, notamment en Europe, aux Etats-Unis ainsi que dans les pays émergents.

 

Demande en acier brut

L’économie chinoise est confrontée à des changements structurels induits par la tertiarisation de son modèle de croissance: un déclin de l’industrie au profit des services. La consommation domestique d’acier en Chine a donc déjà atteint son pic et continuera de décroître.

Coface constate une dégradation graduelle du risque de crédit dans la métallurgie mondiale. Le secteur est le plus à risque parmi les 12 filières évaluées par Coface : il est désormais considéré comme « très élevé » en Amérique latine, Asie émergente, Moyen-Orient et Europe de l’Ouest et comme « élevé » en Europe centrale et Amérique du Nord. C’est, en effet, l’un des moins rentables au monde (90e sur 94 secteurs) et des plus endettés. La compétitivité-prix de la Chine (surtout pour les aciers bas de gammes) fragilise les sidérurgistes à travers le monde. Mais les surcapacités actuelles pèsent également sur le risque de crédit en Chine où la hausse de l’endettement des entreprises est significative.

Perspectives : un retour à la normal à partir de 2018 ?

Cependant, un rééquilibrage entre l’offre et la demande est possible à partir de 2018. D’une part, les premières réductions des capacités de production chinoise commenceront à se matérialiser. D’autre part, le rattrapage des économies émergentes sera moins dynamique que par le passé, mais leur urbanisation croissante et la hausse du nombre de classes moyennes constitueront de nouveaux relais de croissance. . Les trois principaux secteurs consommateurs d’acier demeurent bien orientés à moyen terme :

  • Le secteur automobile dispose d’une marge de progression importante dans les économies émergentes. Par exemple, en Inde on compte 100 voitures pour 1 000 habitants (alors qu’aux Etats-Unis c’est 808 pour 1 000 habitants) ;

  • La mécanique jouit aussi de nombreux relais de croissance, à la fois dans les émergents mais aussi dans les économies avancées ;

Enfin, l’activité dans la construction devrait repartir grâce au fort potentiel d’urbanisation dans la plupart des pays émergents.



Le tittytainment c' est quoi ?éc

Le mot tittytainment fut utilisé en 1995 par le désormais célèbre Zbigniew Brzezinski, membre de la commission trilatérale et ex-conseiller du Président des États-Unis Jimmy Carter, pendant la conclusion du premier « State Of The World Forum », dans l’Hôtel Fairmont de la ville de San Francisco. L’objectif de la rencontre était de déterminer l’état du monde, de suggérer des objectifs et des objectifs désirables et proposer des principes d’activité pour les atteindre, et d’établir des politiques globales pour obtenir sa mise en œuvre.

Les leaders réunis à San Francisco (Mikhaïl Gorbatchev, George Bush, Margaret Thatcher, Vaclav Havel, Bill Gates, Ted Turner, etc..) sont arrivés à la conclusion que l’arrivée de la dénommée Société 20/80 est inévitable, celle dans laquelle le travail de 20% de la population mondiale sera suffisant pour soutenir la totalité de l’appareil économique de la planète. 80% de la population restante ainsi s’avérera superflu, ne disposera pas de travail ni d’occasions d’aucun type et nourrira une frustration croissante.

C’est ici qu’est entré en jeu le concept exposé par Brzezinski. Ce dernier a proposé le tittytainment, un mélange d’aliment physique et psychologique qui endormirait les masses et contrôlerait sa frustration et ses protestations prévisibles. Le même Brzezinski explique l’origine du terme tittytainment, comme une combinaison des mots anglais « tits » (« poitrines » en jargon américain) et « entertainment » qui, dans aucun cas, ne doit être compris avec des connotations sexuelles, mais au contraire, comme allusif à l’effet endormant et léthargique que l’allaitement maternelle produit chez le bébé quand il boit.

Voici un extrait du livre « Le piège de la mondialisation » expliquant clairement le processus:

« L’avenir, les pragmatiques du Fairmont le résument en une fraction et un concept : « Deux dixièmes » et « tittytainment ».

Dans le siècle à venir, deux dixièmes de la population active suffiraient à maintenir l’activité de l’économie mondiale. « On n’aura pas besoin de plus de main d’œuvre », estime le magnat Washington Sycip. Un cinquième des demandeurs d’emploi suffira à produire toutes les marchandises et à fournir les prestations de services de haute valeur que peut s’offrir la société mondiale. Ces deux dixièmes de la population participeront ainsi activement à la vie, aux revenus et à la consommation – dans quelque pays que ce soit. Il est possible que ce chiffre s’élève encore d’un ou deux pour cent, admettent les débatteurs, par exemple en y ajoutant les héritiers fortunés.

Mais pour le reste ? Peut-on envisager que 80 % des personnes souhaitant travailler se retrouvent sans emploi ? « Il est sûr, dit l’auteur américain Jeremy Rifkin, qui a écrit le livre La Fin du travail, que les 80 % restants vont avoir des problèmes considérables. » Le manager de Sun, John Gage, reprend la parole et cite le directeur de son entreprise, Scott McNealy : à l’avenir, dit-il, la question sera « to have lunch or be lunch » : avoir à manger ou être dévoré.

Cet aréopage de haut niveau qui était censé travailler sur « l’avenir du travail » se consacre ensuite exclusivement à ceux qui n’en auront plus. Les participants en sont convaincus : parmi ces innombrables nouveaux chômeurs répartis dans le monde entier, on trouvera des dizaines de millions de personnes qui, jusqu’ici, avaient plus d’accointances avec la vie quotidienne confortable des environs de la baie de San Francisco qu’avec la lutte quotidienne pour le survie à laquelle doivent se livrer les titulaires d’emplois précaires. C’est un nouvel ordre social que l’on dessine au Fairmont, un univers de pays riches sans classe moyenne digne de ce nom – et personne n’y apporte de démenti.

L’expression « tittytainment », proposée par ce vieux grognard de Zbigniew Brzezinski, fait en revanche carrière. Ce natif de Pologne a été quatre années durant conseiller pour la Sécurité nationale auprès du président américain Jimmy Carter. Depuis, il se consacre aux questions géostratégiques. Tittytainment, selon Brzezinski, est une combinaison des mots entertainment et tits, le terme d’argot américain pour désigner les seins. Brzezinski pense moins au sexe, en l’occurrence, qu’au lait qui coule de la poitrine d’une mère qui allaite. Un cocktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante permettrait selon lui de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète. »

(Hans-Peter Martin, Harald Schumann, Le piège de la mondialisation, Solin Actes Sud, page 12)



Tableau 1. Parts de l’économie souterraine dans les PIB des pays de l’Union européenne en 2012 (En % du PIB)

Allemagne

13,3

Espagne

19,2

Italie

21,6

Portugal

19,4

Angleterre

10,1

Estonie

28,2

Lettonie

26,1

Rép.Tchèque

16,0

Autriche

7,6

Finlande

13,3

Lituanie

28,5

Roumanie

29,1

Belgique

16,8

France

10,8

Luxembourg

8,2

Slovénie

23,6

Bulgarie

31,9

Grèce

24,0

Malte

25,3

Slovaquie

15,5

Chypre

25,6

Hongrie

22,5

Pays-Bas

9,5

Suède

14,3

Danemark

13,4

Ireland

12,7

Pologne

24,4

UE27pays

18,4

Source : F. Schneider (2013)



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L'American Indian Movement (AIM) face à l' état américain.

sitting_bull_aPour la libération de Léonard Peltier

C 'est au cour des années 70 que se développe aux états unis le Mouvement des Droits Civiques1.Bien que se plaçant comme un mouvement au sein même de la démocratie celui-ci sera contraint pour se défendre de prendre les armes. Les têtes-de-pont de ce mouvement seront les Black Panthers et l'AIM.

Ici, nous allons parler essentiellement de l' AIM2, cette organisation qui va défier en 1973 le pouvoir américain en procédant à l' occupation, armes en mains du village de Wounded Kned ( Dakota du sud). L'AIM avait commencé ses actions en novembre 1969 par l' occupation de l' ile d'Alcatraz, puis le quartier général du BIA (Bureau of Indian Affairs) en 1972 à Washington.

Que veut ce mouvement

Il veut principalement une reconnaissance culturelle et religieuse, et récuse la politique assimilationniste mise en place par les Etats-Unis à partir de 1949. Politique visant à dispatcher les indiens dans les villes (la fameuse mixité aujourd'hui contre le communautarisme.). Il est nécessaire de rappeler que l' Etat fédéral poursuivait sous une autre forme le génocide des indiens commencé par les colons. Tout d' abord il va retirer les enfants indiens de leur famille et ne va pas hésiter à pratiquer la stérilisation des femmes.

Ce communautarisme n' était qu'une réaction d'un groupe ciblé socialement selon des critères historiques et raciaux. Les indiens en arrivèrent à vouloir se gérer eux mêmes en revendiquant pour leur communauté des droits spécifiques, y compris les armes à la main comme le black panthers party. Ils parviendront en partie à leur but, le « Pouvoir rouge » conduira en 1975 à l' Indian Self- détermination and Education Assistance Act of. L' American Indian Religious Freedom Act en 1978, complète les droits obtenus en offrant la garantie de la liberté de culte pour les Amérindiens.

Wounded Kned et ses enseignements

L' AIM avait pour son rassemblement de protestation choisi le petit village de Wounded Kned , car celui ci est le lieu symbolique de la défaite de Big Foot et du massacre de 300 Indiens Sioux. Ce lieu de résistance va donner le tournis à l' administration Nixon en plein scandale du Watergatte. Un formidable élan de solidarité va se faire autour de l' action de l' AIM. Tout cela est relaté dans un documentaire « terres indiennes » visible sur le net3.

L' administration Nixon avait une véritable trouille de cette solidarité montante, qui pouvait exploser avec les vacances universitaires. Il fallait donc qu'elle règle le conflit au plus vite, ses sbires coupèrent l'eau et l' électricité et espéraient ainsi faire plier les émeutiers. Mais ceux-ci furent ravitaillés par un avion, pendant que régulièrement des échanges de tirs se faisaient .

Le mouvement comprenait des vétérans de la guerre du Vietnam, ils savaient comment faire pour s' affronter au FBI et à l' armée, même si ceux-ci avaient la supériorité militaire. C 'est le risque social global qui va faire «céder» l' administration Nixon. Mais elle va se venger par la suite, son intention était de mater définitivement l' AIM, en procédant à son infiltration et en éliminant physiquement ses membres . En trois ans, les milices indiennes pro gouvernementale de Wilson ( les «Goons») vont liquider plus de soixante militants de l' AIM. Le 26 juin 1975, le FBI attaque le village Oglala et assassine un jeune de l' AIM, mais deux agents du FBI se font flinguer. Un membre de l' AIM Léonard Peltier est désigné comme le tueur des agents du FBI, il sera condamné à deux peines de prison à vie, qu'il purge toujours malgré la demande en grâce auprès du Président Obama; Léonard détient aujourd'hui la médaille d' or du plus ancien prisonnier de la planète.

Il est intéressant de voir avec quel hargne, le gouvernement des États-Unis refuse la libération de Léonard. Lors de sa première visite au USA Neslson Mandela a immédiatement demandé à Obama la grâce de Peltier, sans succès. De même lors de la campagne présidentielle du candidat Obama, les Amérindiens avaient un si grand espoir en celui-ci (après une rencontre avec les chefs tribaux du Dakota du sud) qu'ils lui donnèrent le nom « d' aigle noir ».

Pour la libération de Léonard Peltier

G. Bad

 1Les indiens n’ont eu la nationalité Américaine que dans les années 1920 (c’est un peu grâce à la France d’ailleurs, un indien s’était fait remarquer par sa bravoure pendant la guerre de 14 et pour le décorer il fallait qu’il appartienne à un pays)

2L'American Indian Movement (AIM) est un groupe de droits civils des indiens des États-Unis. Il est fondé à Minneapolis-Saint Paul par Dennis Banks et Clyde Bellecourt avec le soutien de l'attorney Douglas Hall et l'avocat des Black Panthers Matt Eubanks.

 3 Robert Redford a fait une fiction sur les évènements de l'AIM (le film Coeur de Tonnerre ), il y a aussi eu un documentaire, Incident à Oglala, produit par De Niro… Rage Against The Machine

 


Rassemblement de solidarité avec Leonard Peltier et avec la communauté d’Oglala de la réserve sioux-lakota de Pine Ridge (Pa ris, le 27 juin 2012)
26 juin 2012, par Yonne Lautre

Comme chaque année, la communauté sioux-lakota et les supporters du prisonnier politique amérindien Leonard Peltier vont se rassembler dans le village d’Oglala sur la réserve de Pine Ridge, le 26 juin prochain. http://www.csia-nitassinan.org/spip...

Cet événement a pour but de se souvenir et honorer la mémoire de celles et ceux qui ont perdu la vie lors du « Règne de la terreur » sur la réserve sioux-lakota de Pine Ridge dans les années 1970 et lors de la fusillade du 26 juin 1975 sur la propriété des Jumping Bull. C’est aussi l’occasion d’organiser la mobilisation contre l’injuste et illégale incarcération de Leonard Peltier.
En France

Un rassemblement dans la cadre des commémorations à Oglala se déroulera le mercredi 27 juin 1012 (de 18h à 20h), à Paris, Place de la Concorde (angle du jardin des Tuileries et de la rue de Rivoli), lors du rassemblement hebdomadaire en solidarité avec Leonard Peltier, Mumia Abu-Jamal et contre la peine de mort (ces rassemblements hebdomadaires se déroulent chaque mercredi sans discontinuité depuis 1996).

VENEZ NOMBREUSES, NOMBREUX EXPRIMER VOTRE SOLIDARITÉ !

« Amnesty International considère Leonard Peltier comme un prisonnier politique dont les recours pour obtenir une réparation légale ont tous été épuisés. Le gouvernement des États-Unis a rejeté à plusieurs reprises les demandes d’un réexamen officiel. Amnesty International reconnait qu’un nouveau procès n’est plus une option possible et est convaincu que Peltier devrait être libéré immédiatement et sans condition. »

Pour suivre l’activité du Groupe de soutien à Leonard Peltier en France (rattaché au « Leonard Petier Defense/Offense Committee » - LPDOC) : http://www.csia-nitassinan.org/spip...

Groupe de Soutien à Leonard Peltier - LPSG-France
c/o Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques - CSIA
21ter Rue Voltaire, F-75011 - France
Téléphone : +33 (0)1 43 73 05 80 - Fax : +33 (0)1 43 72 15 77 (attn CSIA/LPSG-France)
Email : freepeltier@no-log.org

Leonard Peltier Defense Offense Committee (LPDOC)

Web : www.whoisleonardpeltier.info

 

Chronologie de la révolte des Indiens d’Amérique

, par Robert Paris

http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128

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14 novembre 2016

Sur la soit disante contradiction entre les états nation et la mondialisation /globalisation

Sur la soit disante contradiction entre les états nation et la mondialisation /globalisation

 Echanges N°138-Automne 2011jorion_101_bernanke_crise_dollar

« Parmi ces collectifs, associations, syndicats, partis, comment ne pas faire une place spéciale à l’Etat, Etat national ou, mieux encore, supranational, c’est-à-dire européen (étape vers un Etat mondial), capable de contrôler et d’imposer efficacement les profits réalisés sur les marchés financiers et, surtout, de contrecarrer l’action destructrice que ces derniers exercent sur le marché du travail, en organisant, avec l’aide des syndicats, l’élaboration et la défense de l’ intérêt public qui, qu’on le veuille ou non, ne sortira jamais, même au prix de quelque faux en écriture mathématique, de la vision de comptable (en un autre temps, on aurait dit d’« épicier ») que la nouvelle croyance présente comme la forme suprême de l’accomplissement humain. » (Pierre Bourdieu)

Nous avons, avec la citation ci dessus, tout le discours lénifiant, visant au rafistolage du Capital soit par un retour à l' Etat-nation soit par une sublimation social-démocrate d' un Etat mondial opposé au vilain capital financier et pouvant dompter celui-ci.Tous, du socialiste Arnaud Montebourg à Marine Le Pen du Front National en passant par Pierre Bourdieu, Jean-Pierre Chevénement ou le gaulliste François Aignan....nous chantent le même refrain national. Il nous faut donc clairement nous délimiter de ces courants politiques et affirmer le point de vue de classe sur l' état.

Jusqu'à présent, les dépréciations du capital argent, faisaient office de purge du système financier (son capital fictif) tout en étant un moyen de centraliser et concentrer la richesse financière. Le niveau atteint actuellement est de plus en plus contraint de faire appel à l' Etat pour sauver le capital-argent. Et comme le rôle de l' état est de sauver son maître le capital financier, celui-ci s' exécute. Seulement, depuis la globalisation financière le maître n' est plus l' Etat national, mais la puissance des marchés financiers émergents (MFE) et les firmes multinationales. Ces marchés comme le faisait remarquer Michel Camdessus , peuvent assécher dans l' instant un pays 1 .Sur le plan politique, plus aucun homme d' Etat en place, n 'est capable de mener une politique nationale indépendante des MFE, mieux : ils en sont les agents et relais et poussent l' endettement des peuples jusqu' à la banqueroute de l' Etat. C 'est alors qu'interviennent le FMI et la Banque mondiale, comme facteur aggravant avec leurs plans de sauvetage et leurs «aides » pour recouvrer les créances mises sur le dos des peuples. Avec la dite mondialisation, qui n' est au fond que le développement normal du capital déjà anticipé par K. Marx dans le manifeste communiste,qui après s' être appuyé sur les béquilles de l' état nation contre le monopole féodal, va les rejeter et se lancer sur le marché mondial.

 « Par l'exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l'industrie sa base nationale. Les vieilles industries nationales ont été détruites et le sont encore chaque jour. » « A la place de l'ancien isolement des provinces et des nations se suffisant à elles-mêmes, se développent des relations universelles, une interdépendance universelle des nations. » ( Le manifeste communiste)

 Cette opposition entre le politique et l' économique, c'est-à- dire entre l' état nation et l' expansion du capital hors frontière, n' est certes pas nouvelle, elle va alimenter la propagande des nationalistes et être à la base des deux guerres mondiales. Si après la seconde guerre mondiale, les reconstructions vont s' effectuer sous l' égide de l' Etat-nation et du plan Marschall, les capitaux accumulés issus de la forte productivité de l' appareil productif du fordime et taylorisme, vont de nouveaux buter sur les limites d' un développement strictement national.

Dans les pays de l' OCDE, l' heure de la désindustrialisation des grandes entreprises nationales avait sonné préparant ; préparant une nouvelle division internationale de l' appareil productif et agricole. Les masses financières nécessaires pour relever les nouveaux défits de productivité , devenaient si importantes que la plupart des Etats ( saufs les Etats-Unis) n' avaient pas la capacité financière pour s' équiper pour faire face à la concurrence : il fallait que les entreprises soient en mesure d' avoir « la taille critique »..

 En France, cela c' est traduit par l' abandon du programme commun de la gauche PC/PS/Radicaux de gauche, sacrifié sur l' autel de la constitution de Union Européenne et de la mise en place de l' euro. A l' échelle mondiale, il n' était déjà plus question de développement « uniquement national » la finance était déjà globalisée et agitait l' étendard de  la mondialisation ,la communauté internationale  émergeait comme étant le poing armé de dissolution du nationalisme, qui devait se résoudre a n'exister que sous une forme régionale.

 « Ce que le concept de mondialisation souligne, par rapport à celui d'internationalisation, plus utilisé dans le passé, ce n' est pas tant le triomphe universel du capitalisme que l' émergence d'un marché mondial autorégulateur. Celle-ci traduit une inflexion profonde des rapports de force entre les marchés et les Etats, entre les lois de l' accumulation du capital et celles qui régissent les sociétés. » (Jacques Adda, La Mondialisation de l’économie. Genèse et problèmes, La Découverte, coll. « Repères », 2006. )

Cette contradiction entre les marchés et l' Etat n'est qu' apparente puisque, ce sont les Etats qui déroulent le tapis de l' endettement des peuples. Tout Etat voulant résister à la « communauté internationale » celle du « nouvel ordre mondial », finira comme la Yougoslavie, la Serbie, l' Irak, la Libye2...ou deviendra comme l' Ukraine un point névralgique facteur de guerre. Les états et leurs gouvernements sont tous dépendants de forces économiques et politiques supranationales dont ils sont les relais serviles, par exemple la remise en cause de la retraite est une directive de l' OCDE.

Le début des années 1980 fut marqué par le retournement monétariste ( économiste Friedman) ; les tenors de ce courant n' avaient plus de mots pour euthanasier le Keynésianisme, ils pensaient la fin de l' histoire à leur portée. Cependant à aucun moment ils se posérent la question de savoir pourquoi le capital se trouvait sans cesse balloté entre l' inflation et la déflation, entre l' explosion de la masse monétaire et sa contraction.

Les ténors du monétarisme commençérent leur croisade au Chili3, puis gagnérent le monde anglo-saxon et allaient rallier, dés 1979, Mme Margaret Thatcher à la bonne cause. Mais Mme Thatcher fut aussi celle qui allait allumer le bûcher sur lequel le monétarisme allait griller. En relevant les taux d' intérêts, afin de préserver la valeur de la monnaie,le monétarisme va aussi restreindre le crédit ( l' émission de monnaie privée) et provoquer une contraction de la masse monétaire qui devait à terme exploser par manque de liquidités.

Les monétaristes étaient parfaitement conscients de la menace d' une bulle spéculative pouvant engendrer un effondrement financier mondial , la zone latino américaine venait de le prouver et confirmait à leur yeux qu'il fallait tout faire pour sauver la valeur de la monnaie , sa représentation en réduisant sa quantité pour quelle corresponde au final aux valeurs réellement valorisables. Le moment est alors venu où par la crise, il fallait faire table rase du passé, et engager le monde dans une nouvelle restructuration et ce fut la phase dite des trois D ( Dérèglementation, Désintermédiation, Décloisonnement) appuyé et aidé par tous les états de l' OCDE. Le résultat, « la lutte contre l' inflation » dépassa toutes les espérances ; la représentation de l' argent avait été sauvé par contraction de la masse monétaire.

La fin de l' histoire du monétarisme, toujours fustiger avec vigueur par James K. Galbraith, allait bientôt sonner. Friedman lui même, dans avec le Financial Times, reconnaît dès 2003 que «  le recours à la quantité de monnaie comme objectif n' a pas été une réussite. Aujourd'hui, je ne suis pas sûr que je le recommanderais aussi vigoureusement que par le passé ». Le resserrement monétaire des années 2005-2007 va avec la crise du subprime exploser, la Fed est contrainte de faire marcher la planche à billet à outrance, son président Ben Bermanke sera même surnommé « Hélicopter Ben » celui- ci volant au secours des marchés en injectant massivement des liquidités.

Dans l' Union européenne les critères de Maastricht, ne tiennent plus la route ; la Banque centrale européenne essaye tant bien que mal de gérer les dérapages inflationnistes, Jean-Claude Trichet dans la pure lignée du ce que l' on appelle actuellement le « consensus monétariste » intervient à tire larigot pour racheter des obligations souveraines. Ce rachat de dettes souveraines va avoir des répercutions très visibles , les décideurs de la BCE sont accusés par les fidèles du monétarisme de plonger l' UE dans la débacle financière et économique. Jurgen Stark, un des chefs économistes de la BCE, démissionne, pendant que Axel Weber, Président de la Bundesbank n' en fini plus de monter au créneau contre les programmes de rachats de dettes souveraines par la BCE (143 milliards d' euros actuellement). Il accuse la BCE d' accroître la masse monétaire par le truchement d' une monétisation de la dette publique facteur d' inflation.

Tout cela démontre, s'il en est besoin, que nous touchons à la fin des rafistolages. Prisonnier de la dualité visant à choisir entre Keynes ou Friedmann , ils finissent dans « le consensus monétariste » c' est- à- dire l' aveu de leur impuissance à gérer ce monde.

« La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l'État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique. » (Karl Marx, Le Capital, t. 1, Éditions de Moscou p. 721)

 Gérard Bad le 20 sept 2011

 Références ; James K.Galbraith, « La fin du « nouveau consensus monétaire ».La crise financière et l’héritage de Milton Friedman » 

1« Nous sommes dans un monde dans lequel les marchés peuvent changer leur jugement sur un pays, et assécher le financement extérieur de ce pays dans l’instant. » (Audition de Mr Camdessus cité dans le J.O. du vendredi 8 mars 1996 ,Avis du conseil économique et social.)

2Selon le journal Challenges du 15 septembre 2011, la Monnaie de Paris réalise une étude de marché pour battre la nouvelle monnaie libyenne.

3 Le département économique de l'Université de Chicago a formé de nombreux technocrates latino-américains, dont les plus célèbres, les Chicago Boys, qui avaient mis en place les politiques économiques chiliennes pendant la dictature d'Augusto Pinochet.



 

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13 novembre 2016

INFOBREF N°464 surveillance numérique de masse

INFOBREF N°464

surveillance numérique de masse,

 

Quand la France puis le Royaume-Uni légalisent leur dispositif de surveillance numérique de masse…

Par Frédérick Lorie ( 5 novembre 2016)

 

Sur fond d’accroissement des États policiers, d’accentuation de la répression, du contrôle social en général, sous prétexte de guerre ou de terrorisme, les gouvernements de France et du Royaume-Uni font entrer la surveillance de masse via Internet dans la réalité des institutions « démocratiques ».

Au Royaume-Uni, l’aspirateur du GCHQ légalisé

C’est au terme d’une action engagée par l’association Privacy International que le dispositif technique du GCHQ – l’équivalent anglais de la NSA – servant à aspirer l’ensemble des données transitant sur les lignes Internet du Royaume a été officiellement légalisé. Cela n’a longtemps pas été le cas. Cela fait 10 ans que le GCHQ a ouvert cette tâche dans le secret le plus confidentiel. Pas même les membres du Parlement ne furent mis au courant de l’existence d’une telle machinerie. Le GCHQ a travaillé avec ses équipements de captation et de sauvegarde automatique, sans limitation dans le temps et sans avoir à en référer à qui que ce soit – excepté éventuellement les plus hauts dignitaires de l’État. Dispositif non cadré, pour ne pas dire illégal, c’est l’ensemble des données et métadonnées des contenus transitant sur le réseau britannique qui ont été enregistrées sans distinction et qui sont aujourd’hui toujours sauvegardées (grosso modo ils peuvent non seulement savoir qui, où, quand, comment, mais également quoi, c’est à dire l’ensemble des contenus et pas simplement leur contexte). C’est durant l’année 2015 que l’encadrement légal de ce dispositif a été mis en place. Dans la pratique rien ne change pour le GCHQ qui continue à aspirer ce qu’il veut avec l’absence de limite qui le caractérise et le rapproche en cela de la NSA.

Privacy International est donc débouté de toute demande quant au contrôle, à la limitation ou à la suppression des utilisateurs et utilisatrices d’Internet qui n’ont aucune raison d’être surveillé pour des motifs terroriste.

En France, l’Interception Obligatoire Légale entre en scène

Sous un acronyme presque drôle (IOL) le gouvernement français depuis François Fillon en 2005 a également élaboré et mis en place un système d’espionnage de masse via Internet. Tel que révélé par Mediapart dans des documents d’enquête concernant une société prestataire appelée Quosmos, le dispositif en 2009 était loin d’être calibré pour la captation systématique. On se doute que cela a évolué depuis. Plus encore, lors des prorogations successives de l’état d’urgence, le gouvernement a assoupli les définitions des personnes types qui seraient concernées par une surveillance active, d’écoute des communications réseaux : « identifié susceptible d’être en lien avec une menace ». En outre le motif unique de terrorisme défini dans la Loi sur le Renseignement s’est élargi à des cas moins extrêmes : atteintes aux institutions républicaines, violences collectives portant « gravement atteinte à la paix publique », préservation des intérêts économiques majeurs… Les contestataires du système : tou-te-s surveillé-e-s de près ?



Fusillade en marge d'une manifestation anti-Trump à Seattle, plusieurs blessés

Au moins cinq personnes ont été blessées, dont deux grièvement, dans une fusillade survenue mercredi dans le centre de Seattle, où se déroulent une manifestation contre l'élection de Donald Trump.

La police enquête sur des coups de feu, survenus non loin d'une manifestation contre Donald Trump, qui, selon les pompiers, ont blessé cinq personnes, deux d'entre elles ayant des blessures susceptibles de mettre leur vie en danger. Il était difficile de dire à ce stade si les coups de feu étaient liés à la manifestation, indique Reuters. Des milliers de manifestants marchaient dans les rues de nombre de grandes villes américaines mercredi pour protester contre la victoire inattendue de Donald Trump à l'élection présidentielle, condamnant les propos polémiques tenus par l'homme d'affaires lors de sa campagne à l'égard d'immigrés, de musulmans et d'autres catégories de population.

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/201611101028619021-protestation-trump-fusillade/



RUBRIQUE SOUFFRANCE AU TRAVAIL

 

Stress, surmenage, épuisement au travail, un seul responsable = les patrons

Le surmenage, l’épuisement au travail prospèrent sur plusieurs terreaux.

Primo, et c’est le plus important, la charge de travail s’accroît du fait du non-remplacement des partants et de la répartition de leur travail entre ceux qui restent dans les équipes. La charge horaire s’accroît - non déclarée la plupart du temps comme chez les « cadres » avec le « forfait jour » - mais aussi la charge mentale, avec une densification de la journée de travail, la diminution des temps morts (temps de repos relatif), l’obligation de plus en plus importante à la polyvalence… et, bien souvent, des interruptions incessantes.

Secundo, nous sommes obligés de rendre compte en permanence de nos actes auprès d’un encadrement qui fait pression, subissant lui-même les pressions des directions qui subissent les pressions de la direction générale.

Les outils numériques ont mis le travail en coupe réglée. On ne compte plus les messages électroniques de rappel, de consignes nouvelles ou réitérées, parfois complètement contradictoires. Tout cela au point que le matin l’ouverture de la messagerie Outlook se fait désormais avec crainte. Après, dans la journée, tout est tracé. Au fur et à mesure, les messages tombent. Tout le monde est sur le qui-vive.

Enfin, tous les processus de production, de travail, sont standardisés : il faut suivre une procédure très précise, tracée à la craie, subir des logiciels de gestion, remplir formulaire sur formulaire, tableau sur tableau, tous documents étant par ailleurs la plupart du temps déconnectés du travail réel, voire… complètement inutiles.

Ainsi, nous n’avons que peu ou pas (ou plus du tout) d’autonomie, nous nous sentons hyper-surveillés quasiment en permanence. Enfin, nous sommes mis en concurrence entre nous au travers de mesures individuelles de productivité, de challenges, de concours de performance. Nous développons par voie de conséquence des peurs bien légitimes, motivées ou non, qui nous empêchent même parfois… de travailler.

 

Et si l’on veut parler des retombées sur la vie personnelle, elles sont multiples. L’intrusion (invasion ?) du travail dans l’espace personnel est de plus en plus importante, entre ceux d’entre nous qui « rejouent », le soir, parfois la nuit, leur journée de travail avec ses turpitudes et ses humiliations, et ceux qui, ayant le « droit » d’être connectés, donc taillables et corvéables à merci, sont devant leur écran à des heures nocturnes invraisemblables ou durant les week-ends.

Les conséquences néfastes de cet ensemble sur la santé physique et psychique des salariés ne cessent ainsi d’augmenter. Nous le ressentons presque tous et désormais, la médecine du travail en fait le constat.

Face à cela, le patronat, seul responsable (et coupable !) de tous ces maux, le patronat, est dans le déni, l’alibi, la minimisation ou le détournement. Il est constamment dans le mensonge.

Plutôt que d’embaucher, de remplacer chaque partant, ce qui représenterait un « coût » (horreur !), il nous raconte qu’il convient de mieux nous organiser, que nous avons peut-être des problèmes personnels, il nous envoie à des stages anti-stress, nous réorganise sans cesse, nous pond des chartes bidons de « déconnexion » sans aucune réalité pratique, nous rabâche son baratin sur la « convivialité » avec ses espaces géographiques et ses petites bouffes d’équipes, et, cerise sur le gâteau, nous fait culpabiliser en nous racontant, en quelque sorte, que si nous sommes stressés… c’est essentiellement de notre faute !

 

Que faire ?

Le constat ci-dessus est général et va bien au-delà d’Allianz. C’est l’ensemble du monde du travail qui subit progressivement depuis des décennies une dégradation de ses conditions de travail, une intensification de l’exploitation capitaliste.

Face à cette situation difficile et déstabilisante, beaucoup de salariés se demandent « que faire ? ».

Nous n’avons aucune solution miracle ni même aucune solution immédiate. Ceux qui disent en avoir sont des menteurs. Une chose est sûre : il ne faut pas tomber dans les illusions présentées par les directions des entreprises, ce serait se précipiter dans les bras d’un incendiaire en croyant qu’il peut éteindre le feu.

Et puis, il ne faut pas croire qu’un sauveur, syndical, légal ou médical, viendra à notre secours pour régler le problème. Les syndicats, seuls, sans mobilisation des salariés, n’ont absolument aucun pouvoir, le dialogue social est un mythe. Et quand on voit, par exemple, chez Allianz, que le principal syndicat, la CFDT, s’oppose formellement aux expertises qui seraient susceptibles de mettre un tant soit peu en cause la responsabilité de la direction dans la montée du stress, on comprendra que, face à nos vrais adversaires… nous avons aussi de véritables faux amis.

Alors, « il n’y a plus rien à faire » penseront les plus résignés d’entre nous.

Eh bien si. Il faut retrouver le chemin de la résistance individuelle et collective. Retrouver la solidarité contre l’état d’esprit du « chacun pour sa gueule » qui s’étend. Ce ne sera pas facile, certes, mais il n’y a pas d’autres solutions.

Il faudra apprendre à dire non, à désobéir quand on voudra nous imposer des objectifs fous, des horaires de dingues.

En résumé, il faudra que nous nous fassions respecter, chacun et tous ensemble, et que la peur change de camp.

Nos militants sont prêts à en discuter concrètement avec vous et à écouter tout ce que vous aurez à dire, raconter ce que vous avez sur le cœur. Parler, discuter ensemble avec pour objectif, à terme, de voir comment résister.

 

Nous n’avons aucune raison d’accepter que notre vie personnelle au travail ou ailleurs soit de plus en plus détériorée. Nous devons et devrons nous défendre nous-mêmes en comptant sur nos propres forces.

Nous devons le faire car nos vies valent plus que leurs profits !

 

 

 

Ne soyez plus jaloux/ses, vous aussi vous voilà fiché-e-s !

Par Frédérick Lorie (11 novembre 2016)

 

Marre que les djihadistes ou les terroristes retiennent toute l'attention de l’État ? Vous voulez aussi recevoir ce tendre regard sur vous ? Pour la première fois depuis la chute du régime de collaboration de Vichy, le gouvernement a répondu à vos attentes : désormais vous aussi on contemplera votre portrait dans la pénombre romantique du pouvoir, vous serez fiché-e-s.

Une base de données aux raisons pas très claires

Dans ce contexte où le gouvernement cherche à simplifier la vie de tout le monde (en premier lieu aux entreprises : moins de paperasse, moins de charge, moins d'obligation envers les salarié-e-s ; et dans un second temps pour le reste de la population), un décret qui aurait dû passer subrepticement comme l'amant-e quitte son aimé-e par la fenêtre, a pourtant casser quelques pots malgré lui en voulant passer inaperçu. La raison ? Le TES (Titre Électronique Sécurisé), une base de donnée unique et centrale regroupant un certain nombre d'information personnelle et biométrique (des marqueurs physiques uniques à chaque individu qui ne sont pas altérés avec le temps). Entre autres renseignements contenus : nom, prénom, empreintes digitales, photographie d'identité, taille, couleurs de yeux, la filiation des parents, adresse physique, adresse e-mail, numéro de téléphone personnel… même les sites de rencontre n'exigent pas autant de renseignement.

Pour le gouvernement la chose est simple : on va simplifier les démarches des français-e-s (où de celleux ayant des papiers délivrés par l'administration) avec moins de démarche pour les passeports, lors des pertes, des vols, etc. On nous vend un quotidien sans prise de tête. Sauf que la proposition passe mal : un fichier unique, centralisé, avec tout le monde inscrit dedans dès 12 ans. Outre le fait que ça rappelle de mauvais souvenirs (les régimes fascistes et vichyste), la centralisation pose un problème de sécurité que nous détaillerons plus loin. Pourtant, une alternative a été défendue et proposée par la CNIL avec les données biométriques soient inscrites sur des cartes à puces individuelles et par conséquent non centralisées sous une base de donnée unique. Cazeneuve évoqua un projet « à l’équilibre économique non attesté ». En vrai, il n'y a jamais eu aucune estimation économique de la proposition de la CNIL…

Évidemment une base de donnée biométrique centralisée ouvre un champs d'application bien plus large que la simple seule simplification pour les gens du peuple, parce qu'on cherche aussi à simplifier la vie d'autres corps sociaux dans ce pays, du genre qui occupent, armés, des places la nuit ces dernières semaines : les forces de l'ordre. En plus des services de renseignements et de leurs multiples avatars sous des noms difficilement mémorisables1, la gendarmerie, la police nationale, Interpol et le SI Schengen pourront également y avoir accès. Tout cela reste cependant cantonné au principe du Code de sécurité intérieure : la consultation leur est limité pour « terrorisme » et « atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation ».

Un problème de sécurité qui menace tout le monde

Un des problèmes de taille à l'heure du numérique, c'est la centralisation de ce type de données en une seule et unique base. Si le but du gouvernement était bien de construire un système fiable, il aurait envisagé l'option décentralisé défendu par la CNIL. Que neni ! En septembre de l'année dernière c'est l'OPM (l'Office of Personnal Management) américain qui s'est vu dérober des millions de numéros de sécurité sociale ainsi que des empreintes digitales. En Israël, les services de renseignement (Mossad) et de contre espionnage ont refusé que leurs agent-e-s donnent leur empreinte de peur qu'un piratage mette leur identité et leur vie en jeu. Ces deux États ne sont pourtant pas les derniers en terme d'insécurité numérique. Ils sont même plutôt champions dans l'exercice de la provoquer chez leurs concurrents et donc de savoir d'autant plus s'en protéger.

Interrogé sur les dispositions de sécurité informatique mis en place pour protéger le nouveau trésor bien aimé de l’État, Bernard Cazeneuve a donné une réponse qui paraît complète et sérieuse. Reste que les systèmes informatiques ont des failles, pas uniquement logiciels mais également humaines. Chiffrer les données d'un disque n'est pas suffisant pour ne pas se les faire chiper : si un système a ouvert les données du disque, il suffit de prendre le contrôle de ce système, nul besoin de la clé de chiffrement. De même « une application qui est conservée à distance solide des réseaux publics » est une formule qui manque de rigueur, car toutes la plupart des grandes entreprises gardent leur données sensibles sur des serveurs « à distance solide des réseaux publics », dans un réseau interne à l'entreprise, mais pour lequel il existe quand même des moyens de connexions distanciées… Des entreprises plus conséquentes, par exemple versées dans la biométrie et la sécurité, construisent des réseaux indépendants et coupés des réseaux publics pour ce qui touche au plus sensible…

Le renforcement du contrôle social n'est pas prêt de s'arrêter

Le gouvernement maintient ici et là quelques gardes fous. Il y a notamment la différence d'usage entre authentification et identification. Dans le premier cas, on part de l'individu et on vérifie que les données correspondent ; dans le second cas, on part d'une trace que vous auriez laissée quelque part que l'on croise avec le TES pour vous identifier et venir vous faire coucou. Ici, seul l'authentification est autorisée. Il faut bien avoir conscience cependant qu'une modification ultérieure pourrait être apportée et pourra s'appuyer sur une propagande basée sur l'émotion et déclenchée à la suite d'un drame ou d'une nouvelle attaque terroriste…

Le renforcement du contrôle social obéit à une nécessité de stabilité du corps social dans son ensemble dans un contexte de crise du système, d'instabilité économique, de terrorisme. Chaque gouvernement se passant le flambeau pour la gestion du système ne fait que changer les rythmes pour modifier certaines logiques à la marge. Mais pensons bien que si cela n'est pas écrit à l'avance, il y a une chaîne logique dans les décisions. Le simple fait d'avoir imposé des règles de présentation sur les photos d'identité (ni sourire, ni mèche de cheveux sur le visage, ni lunette), sujet trivial et a priori sans importance, voire un peu ridicule, peut apparaître aujourd'hui comme le premier maillons d'une nouvelle procédure de contrôle. Ces photos seront désormais intégrées au TES. Comme nous le disions, la porte des procédures d'identification n'est pas encore ouverte, mais dans le futur ? D'autant qu'à l'Assemblée Nationale des députés ont déjà proposés la reconnaissance faciale automatique par vidéosurveillance2 pas plus tard qu'au printemps dernier.

  • Contre le décret instaurant le TES !

  • Contre la surveillance de masse !

  • Pour la neutralité du web !

1 http://www.nextinpact.com/news/97700-loi-renseignement-liste-impressionnante-services-autorises-a-surveiller.htm

2 http://www.nextinpact.com/news/99862-des-deputes-veulent-coupler-videosurveillance-et-reconnaissance-faciale.htm

 

Posté par spartacus1918 à 18:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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