SPARTACUS

20 octobre 2017

INFOBREF N°498- machines et secteur financier

INFOBREF N°498

 

L'avenir appartient-il aux machines ?

Le monde en face
Émission du mercredi 11 octobre 2017

diffusé le mer. 11.10.17 à 22h00

avec : Jérôme Ripoull, Tiffany Blandin, Alain Chagnaud

politique | 21min | tous publics

Après la diffusion du documentaire, Marina Carrère d'Encausse ouvre le débat avec ses invités. L'avenir appartient-il aux machines ? Plus fiables, plus rapides et moins coûteuses, finiront-elles par remplacer les êtres humains dans l'entreprise ? Comment repenser le modèle économique et social dans un monde où le travail se raréfie ?

 

Video :https://www.france.tv/france-5/le-monde-en-face/283765-emission-du-mercredi-11-octobre-2017.html

 

 

Les 10 chiffres clés du secteur de la banque et de l'assurance

 Le secteur de la banque et de l'assurance, parfois désigné comme secteur financier ou secteur de la bancassurance, reste dynamique malgré la crise financière. Les recrutements y sont nombreux et les profils recherchés sont de plus en plus variés. Le secteur évolue, notamment avec l'émergence des activités en ligne et des métiers du back office.

1/ 31 233

Il y a pour l'année 2016, selon le BMO de Pôle Emploi, 31 233 projets d'embauche, dont plus de 8 000 en Ile de France (et seulement 688 en Bourgogne Franche Comté). C'est aussi 2 342 embauche de cadres en banque et 1061 cadres en assurance.

2/ 600 000

C'est approximativement le nombre de salariés dans le secteur de la banque et de l'assurance. Il y 370 000 employés dans le secteur bancaire, et l'assurance fait travailler plus de 230 000 personnes.

3/ 28 985

Un gestionnaire d'assurance en France touche en moyenne 28 985 € bruts / an. Un conseiller épargne gagne quant à lui 35 462 € bruts / an.

> Vous voulez gagner un bon salaire ? Postulez dans la finance et les nouvelles technologies !

4/9.64 %

Le taux d'embauche est de 9.64 % dans le secteur bancaire, dont deux tiers en CDI.

Page Personnel : « la Banque s’est transformée »

5/ 99%

99% des Français ont un compte bancaire et 27% des Français fréquentent leur agence au moins une fois par mois. 18 milliards d'opérations de paiements sont effectuées, dont la moitié avec une carte bancaire.

6/ 60%

Le secteur de la banque et de la finance compte environ 60% de femmes. Il s'agit donc d'un secteur féminisé, juste derrière les ressources humaines ou les services généraux (environ 80 % de femmes) et la communication (75 % de femmes).

7/ 208

Le secteur de l'assurance a généré 208 milliards d'euros de cotisations. L'assurance vie vient en tête avec 156 milliards d'euros de contributions (+ 4,7 %). L'assurance de biens et responsabilité comptabilise 52 milliards d'euros (+1,5%), dont 20 milliards pour l'automobile.

8/ 710

En France, 450 banques (et 37 000 agence) et 260 sociétés d'assurance se partagent le marché, soit environ 710 établissements.

9/ Bac +2/3

C'est le cursus type pour intégrer le secteur de la banque et de l’assurance. Ce secteur recrute principalement des profils commerciaux, de plus en plus diplômés.

10/ 83,4

Selon l'Insee, la valeur ajoutée du secteur de la banque et de l'assurance est de 83,4 milliards d'euros, un chiffre en constante augmentation.

 

Du SDEM Allianz

DFE : externalisés à moindres frais

Plus de 50 salariés de la Direction des flux Entrants (DFE, ex GED tour Neptune) externalisés chez TESSI perdront quasiment tous leurs avantages Allianz : RTT, horaires mobiles, télétravail, congés d’ancienneté, CET, épargne salariale, intéressement, participation, restaurant d’entreprise…, et verront leur temps de trajet fortement allongé.

La direction laissait pourtant entrevoir le maintien de ces avantages, mais TESSI a refusé pour des raisons de coûts qu’il ne serait pas possible de refacturer à Allianz…

Seuls les quelques avantages de la Convention Collective seraient conservés, selon les promesses de la direction, maigre consolation.

Voilà comment la direction d’Allianz se débarrasse à moindre frais de ses salariés pourtant reconnus par elle-même comme productifs et très impliqués dans leur travail !

Hypocrisie et économies sur le dos des salariés, ce sont les spécialités d’Allianz !

Posté par spartacus1918 à 07:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

15 octobre 2017

Concentration, centralisation, crédit: le capitalisme dans des limites toujours plus étroites

 

MultinationalesLa centralisation du capital est bien différente de sa concentration. En effet le capitalisme, à peine sorti de ses langes en Europe, va aspirer à un espace vital dépassant les cadres nationaux afin d’écouler son trop-plein de marchandises et réaliser la plus-value extorquée à ses prolétaires autochtones. A ce stade, l’exportation des capitaux accompagne l’exportation des marchandises.

La révolution industrielle avait changé la donne, ce n’était plus le capital commercial qui dirigeait les affaires mais le capital industriel accapareur de travail gratuit (plus-value). En son sein va germer le crédit, simple fonction technique au début visant à aider l’accumulation de plus-value relative  ; celui-ci va s’autonomiser pour devenir la fonction d’un capital particulier, le capital financier, « une arme additionnelle et terrible de la guerre de la concurrence, [qui] se transforme enfin en un immense machinisme social destiné à centraliser les capitaux  » (K. Marx, Le Capital, Livre premier, Le développement de la production capitaliste, VIIe section : Accumulation du capital, chapitre XXV : Loi générale de l’accumulation capitaliste, II).

Le crédit, pour reprendre Marx, va agir comme escroc et prophète  : «  Le monde se passerait encore du système des voies ferrées, par exemple s’il eût dû attendre le moment où les capitaux individuels se fussent assez arrondi par l’accumulation pour être en état de se charger de cette besogne  » (K. Marx, ibid.).

En effet, contrairement à la concentration, qui s’opérait sur la base de la propriété privée où les petits capitaux finissaient toujours par se faire digérer par les plus gros, la centralisation financière se présente comme une socialisation à l'intérieur du capitalisme lui-même, elle permet d'intervenir pour accélérer la rotation du capital. De même en ce qui concerne les fusions-acquisitions (F&A), qui permettent des économies d’échelle (en fait le licenciement des doublons) et à la périphérie l’élimination des «canards boiteux», les petites entreprises pauvres en capital. Il en résulte alors une hausse de la productivité dont l’objectif est de contrecarrer la tendance à la baisse du taux de profit, compensée alors par sa masse. Telle est, brièvement résumée, la saga du capital devant nous permettre de saisir l’importance des fusions-acquisitions de 2015-2016.

C'est toujours quand les taux d’intérêts sont les plus bas que nous assistons au retour des fusions-acquisitions. Ces fusions-acquisitions témoignent de la lutte qui se mène au niveau mondial, pour rester sur le marché. Lutte pour conserver la taille critique et procéder à de nouveaux gains de productivité, afin de compenser la baisse du taux de profit par sa masse.

C'est donc une véritable guerre que se livrent les capitalistes pour savoir qui restera sur le podium des vainqueurs? Et pour rester à ce niveau toujours plus élevé il faut des sommes toujours plus considérables, d’où l'intervention du crédit et à ce niveau du capital financier.

L’année 2015 fut l’année la plus fertile en fusions-acquisitions  : 544 opérations selon Fusions & Acquisitions Magazine, pour un montant de 4700  milliards de dollars (1). La banque d’affaire Goldman Sachs (2), qualifiée de banque qui dirige le monde, en est la championne, selon le classement annuel de Thomson Reuters. La banque d’affaires a cumulé 1  759  milliards de dollars  ; rapporté aux 4  700 dans le monde, c’est 37,4  % du marché mondial que cette banque contrôle.

Ces F&A  interviennent dans un contexte de croissance en berne, les mises de fonds sont énormes pour centraliser le capital. Sur certains secteurs, il est recensé pas moins de dix transactions de plus de 50 milliards de dollars, dont sept aux Etats-Unis. A plus de 100 milliards de dollars ABInbev SABMiller dans la bière se positionnent maintenant comme oligopoles.

Au début de l’année 2016, on pouvait lire dans la presse qu'une pause des F&A serait affectée par le ralentissement chinois, la chute du prix du pétrole et la santé du secteur financier. Nous n’aurons pas les chiffres avant 2017, mais déjà nous avons quelques indications permettant de dire que les F&A se poursuivent.

A la mi février 2016, le conglomérat chinois HNA se payait le rachat, via sa filiale Tianjin Tianhai Investment, du grossiste californien de produits électroniques Ingram Micro (3). Visiblement le capital financier chinois est très actif, ses prises de participations aux Etats-Unis seraient de 23,3 milliards de dollars, plaçant la Chine populaire comme premier acquéreur aux Etats-Unis avec l’Irlande et le Canada qui totalisent 88  % des acquisitions dans ce pays.

De même la reprise du suisse Syngenta, premier producteur mondial de semences et de pesticides, par le chinois ChemChina montre les capacités financières de la Chine à pénétrer l’économie mondiale. Monsanto s’était positionné pour reprendre Syngenta, mais il a échoué étant lui même en difficulté. La ChemChina a finalement, avec l’accord nécessaire des Américains (4), fusionné avec le suisse Syngenta.

Cette fusion fait suite à une vague de fusion dans l’agrochimie

Si nous prenons la dernière et spectaculaire fusion entre Monsanto et Bayer, décriée par la presse et les écologistes, sous l’angle d'un accroissement de la pénétration des organismes génétiquement modifiés OGM, nous voyons que cette fusion correspond à un affaiblissement des résultats de Monsanto. En effet, la célèbre multinationale qui produit l’herbicide Roundup est en difficulté depuis plus d’un an (baisse du prix des matières premières, baisse des achats de semence par les agriculteurs, mauvaise presse contre le Roundup, contestation de sa suprématie en Inde et au Burkina Faso). Le groupe a fini par perdre en une année plus d'un tiers de sa valeur, le contraignant à procéder à un rapprochement avec l’allemand Bayer, numéro 2 mondial de l’agrochimie.

Ce regroupement correspond à une concurrence acharnée du secteur de l’agrochimie et d'une concentration-centralisation du capital sans précédent, faisant suite à la fusion fin 2015 (5) puis au rachat, en février 2016, du suisse Syngenta par le chinois ChemChina. Ces mouvements aboutissent à la formation d’oligopoles, selon un observateur, Stéphane Lemarié (6), économiste à l’Institut national de recherche agronomique (Inra) de Grenoble, cité par Reporterre.

«  Les deux tiers du marché mondial des semences commerciales sont aujourd’hui contrôlés par dix sociétés seulement. Et six  compagnies de pesticides dominent les trois quarts du marché, selon le groupe de recherche indépendant  » (Lorène Lavocat pour Reporterre, 15  septembre 2016  : https://reporterre.net/Monsanto-fusionne-avec-Bayer).

Un incroyable processus de concentration a eu lieu ces dernières années sur le marché commercial des semences. Des multinationales comme Monsanto, Bayer et Syngenta qui, jusqu’alors, se concentraient sur l’agrochimie, ont méthodiquement renforcé leur département semences, essentiellement par le rachat d’autres entreprises spécialisées. La constitution de ces mastodontes va mettre un peu plus les agriculteurs sous leur dépendance. En France, 900  000  agriculteurs seraient concernés.

Les canadiens Potash Corp. of Saskatchewan et Agrium ont décidé de créer ensemble le numéro un mondial des engrais. Cette fusion intervient parce que Potash a vu son action divisée par quatre depuis l’année 2008. Une conséquence de la chute des demandes d'engrais (7), principalement de la Chine et l’Inde et des pays émergents. Il est bon de rappeler que Potash avait échappé en 2010 à une tentative de rachat par le groupe minier anglo-australien BHP Billiton, rachat bloqué par le gouvernement canadien. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la Belgique a dans un premier temps refusé le CETA, pour finir par signer cet accord de libre-échange entre l’UE et le Canada en s’accordant un droit de regard sur le volet agricole, crucial pour la Wallonie.

Le cas de la France

Les opérations majeures de l’année 2015 en France  :

  • fusion entre Lafarge et Holcim (26,6 milliards d’euros)  : béton, ciment et granulats. Ce nouvel ensemble baptisé LafargeHolcim, n°1 mondial des matériaux de construction, est dorénavant présent dans 90 pays et emploie 115 000 personnes  ;

  • acquisition de la branche énergie d’Alstom par GE (10,5 milliards)  ;

  • de Portugal Telecom par Altice (7,4 milliards)  ;

  • deal GVT / Telefonica (7,2 milliards)  ;

  • rachat de Corio par Klépierre (7,2 milliards)  ;

  • cession d’actifs d’Holcim/Lafarge à CRH (6,5 milliards)  ;

  • reprise de Suddnlink par Altice (près de 6 milliards).


En achetant Général Electric (GE), Alstom met la main sur les activités de signalisation de GE et compte se développer en co-entreprises avec GE dans les énergies renouvelables, les turbines nucléaires, les réseaux électriques dans le monde.

Fin septembre, nous apprenons que Renault-Nissan vise la prise de contrôle du japonais Mitsubishi , projetant le groupe comme n°1mondial de l’automobile, dans un secteur de plus en plusdominé par les oligopoles (8).

 Pour conclure, nous venons d’apprendre que la Deutsche Bank est en situation de faillite et les banques italiennes en difficultés. Il n’en fallait pas plus pour relancer l'union bancaire mise en chantier en 2012 pour digérer les effets de la crise financière de 2008. Le Figaro a publié une tribune signée Les Arvernes, un groupe «  de hautes fonctionnaires, de professeurs, d’essayistes et d’entrepreneurs  », affirmant «  Il faut relancer l’intégratin bancaire  ». On peut y lire ceci  : «  Il faut progresser de manière décisive dans la constitution d'une vraie finance européenne intégrée. Pour avancer, il faut assainir enfin complètement les secteurs bancaires nationaux fragiles (notamment l'Italie), les recapitaliser et si le secteur privé n'est pas prêt à le faire, commencer à utiliser les instruments de résolution de l'union bancaire. Les très grandes banques européennes restent elles aussi trop grosses, trop peu capitalisées et font peser un risque systémique réel. Elles doivent elles aussi renforcer encore leurs fonds propres, comme le demande le FMI. Mario Draghi vient de déclarer que l'Europe compte trop de banques.  » (http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2016/10/13/31007-20161013ARTFIG00119-deutsche-bank-banques-italiennes-il-faut-relancer-l-integration-bancaire.php)

Mais encore  :

«  La création de l'euro devait servir à affirmer un pôle financier européen autonome face au dollar. Il n'en a rien été. Les banques européennes continentales ont rêvé de rivaliser avec les géants de Wall-Street dans la finance de marché, elles se sont perdues dans une compétition dont elles ne maîtrisent pas les armes. La crise de Lehman Brothers et celle de l’euro ont été synonymes de pertes abyssales pour l’épargnant européen, notamment en Allemagne dont les excédents courants des années 2000 ont disparu en fumée dans de mauvais investissements, au sud de l’Europe (immobilier) et aux Etats-Unis (subprimes).  »

Et de conclure  :

«  Le Brexit offre l'opportunité de remettre à l'honneur une conception plus continentale de la finance. Il appartient à la France de porter en Europe cette ambition. Elle en les moyens, grâce à son industrie bancaire qui peut jouer un rôle de leader dans la recomposition bancaire européenne.  »

Nous avons ici tous les ingrédients poussant à d'importantes concentrations-centralisations du secteur bancaire de l’Union européenne ou, il faut envisager le pire, à un éclatement de l’Union européenne.

G.Bad fin octobre 2016

Notes

1-5000 Mds de dollars selon Dealogic.

2-Goldman Sachs possède 25  % des droits de vote d'Eurotunnel, 20  % de la Banque industrielle et commerciale de Chine, et 12  % de l'assureur chinois Taikang. Elle est propriétaire du groupe ISS, leader mondial du «  facility services  » et de la compagnie allemande Xella. Le groupe a investi 500 millions de dollars dans Facebook.Le 13 août 2015, Goldman Sachs met fin à 34 ans d’investissement dans les matières premières, en vendant ses mines de charbon en Colombie, Colombia Natural Resources.

3--Ingram Micro commercialise des produits de sociétés telles qu'Apple ou Cisco. (Sai Sachin R à Bangalore; Bertrand Boucey pour le service français)

4-les Américains disposent d’une arme imparable: l’assentiment du Committee on Foreign Investments in the United States (CFIUS). Sans cette autorisation, Syngenta devrait se retirer de l’immense marché agricole américain, si rentable.

5- Le groupe DuPont pévoit un vaste plan de réduction de ses coûts, de l’ordre de 700  millions de dollars, passant notamment par la suppression de 10  % de ses effectifs.

6-Stéphane Lemarié est ingénieur agronome. Ses recherches en économie analysent les stratégies d'innovation dans le secteur de l'agrofourniture et leur impact économique.

7-le prix de la tonne de potasse passant d'environ 900 dollars à 150 dollars.

8-Voir à ce sujet le Livre «  Restructuration et lutte de classe dans l' inductrie automobile mondiale  » d' Echanges et mouvement, toujours disponible au prix de 6€.

 

Posté par spartacus1918 à 18:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

08 octobre 2017

GREVES et Manifestations en France le 10 octobre 2017

mardi 10 octobre 2017 à 14h

Manifestation à Paris de la fonction publique

Trajet / parcours : Départ 14h Place de la République en direction de Nation
République > Bd du Temple > Bastille > Rue de Lyon > Av. Daumesnil > Nation

Ordre des cortèges syndicaux : à préciser

Rendez-vous particuliers:

  • 9h00 : Assemblée générale interpro 92 nord à Gennevilliers
  • 10h00 : Rassemblement éducation 93 à Bobigny
  • 10h00 : Rassemblement à Bobigny des agents DDFIP 93 - impôts 93
  • 10h00 : Assemblée générale université St Denis, hall du bât. A et départ
  • 10h00 : Assemblée générale éducation à Vitry-sur-Seine
  • 10h00 : Assemblée générale interpro à Champigny
  • 10h00 : Assemblée générale de grévistes à Ivry
  • 10h30 : Assemblée à la Bourse du travail de de Saint-Denis, puis départ en car
  • 10h30 : Assemblée générale éducation Paris 1er degré + 2nd degré
  • 11h00 : Assemblée à l'OPH 93 Bobigny, puis départ collectif
  • 11h00 : Assemblée générale interpro Paris 15e
  • 12h30 : Rv du cortège interpro - Front Social - Métro Filles du Calvaire
  • 13h00 : Départ collectif - rv au tram de Bezons
  • 13h30 : Départ collectif du local CGT de l'Hôpital Cochin
  • D'autres rendez-vous d'organisations, bientôt, ici sur Démosphère

Cette page, sur Démosphère, sera régulièrement mise à jour avec les informations pratiques pour la manifestation et les tracts d'appel.

 


Fonction publique : mobilisé.e.s le mardi 10 octobre

Communiqué intersyndical
CFDT - CGC - CFTC - CGT - FA - FO - FSU - UNSA - Solidaires

Depuis l'arrivée du nouveau gouvernement, les mesures négatives s'accumulent pour les agents de la Fonction publique : gel de la valeur du point indice, rétablissement de la journée de carence, perspective de 120 000 suppressions d'emplois sur les 3 versants de la Fonction publique...

Et contrairement à l'engagement fait aux agents publics par Emmanuel Macron dans le cadre de sa campagne présidentielle : "J'augmenterai votre pouvoir d'achat, comme celui des salariés des entreprises : vous paierez moins de cotisations et votre salaire net sera augmenté d'autant", la hausse de la Csg se traduira au mieux par une simple compensation dans la Fonction publique, c'est à dire sans gain de pouvoir d'achat pour les agent-es !

Ainsi, toutes ces mesures vont impacter fortement et négativement le pouvoir d'achat de plus de 5,4 millions d'agents publics et fragilisent les services publics rendus aux usagers. C'est inacceptable.

C'est totalement injuste pour les agent-es, et c'est totalement inefficace pour une Fonction publique de moins en moins attractive dans de nombreux secteurs. Ces mesures ne contribuent en rien à l'amélioration de la qualité des services publics. Services publics au sujet desquels nos organisations syndicales rappellent leur demande d'un débat de fond sur ses missions s'appuyant sur le bilan des réformes déjà engagées. Enfin, nos organisations rappellent leur attachement au code des pensions civiles et militaires et seront très vigilantes sur la future réforme des retraites annoncée pour l'ensemble des agents publics.

C'est pour faire entendre ces profonds désaccords que les organisations syndicales appellent toutes et tous les agent-es à la grève, aux manifestations ou rassemblements (selon des modalités définies par les différents secteurs) pour se mobiliser le mardi 10 octobre prochain, date choisie par le ministre pour la tenue d'un rendez-vous salarial.

Elles exigent une véritable négociation salariale qui aboutisse à une réelle reconnaissance du travail, des missions et de l'engagement professionnel des agent-es par une augmentation du pouvoir d'achat et la revalorisation des carrières, le non rétablissement de la journée de carence et les moyens nécessaires pour permettre aux agent-es d'exercer leurs missions de services publics.

Document au format PDF:

Lien : https://paris.demosphere.eu/rv/56799
Source : https://solidaires.org/Journee-nationale-de-m...
Source : http://www.sudptt.org/Fonction-Publique-Mobil...

Posté par spartacus1918 à 07:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

02 octobre 2017

INFOBREF N°497-dollar,crime du capital, armement

INFOBREF N°497

 Russie et Chine contre l’empire du dollar (Il Manifesto)

Par Manlio DINUCCI. Le 17.09.2017.  Sur Le Grand Soir   https://www.legrandsoir.info/russie-et-chine-contre-l-empire-du-dollar-il-manifesto.html

 Un vaste arc de tensions et conflits s’étend de l’Asie orientale à l’Asie centrale, du Moyen-Orient à l’Europe, de l’Afrique à l’Amérique latine. Les “points chauds” le long de cet arc intercontinental -Péninsule coréenne, Mer de Chine Méridionale, Afghanistan, Syrie, Irak, Iran, Ukraine, Libye, Venezuela et autres- ont des histoires et des caractéristiques géopolitiques différentes, mais en même temps sont reliés à un unique facteur : la stratégie avec laquelle “l’empire américain d’Occident”, en déclin, essaie d’empêcher l’émergence de nouveaux sujets étatiques et sociaux. Ce que redoute Washington se comprend par le Sommet des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui s’est tenu du 3 au 5 septembre à Xiamen en Chine.

Exprimant “les préoccupations des Brics sur l’injuste architecture économique et financière mondiale, qui ne prend pas en considération le poids croissant des économies émergentes”, le président russe Poutine a souligné la nécessité de “dépasser la domination excessive du nombre limité de monnaies de réserve”. Référence claire au dollar, qui constitue presque les deux tiers des réserves monétaires mondiales et la monnaie par laquelle se détermine le prix du pétrole, de l’or et d’autres matières premières stratégiques. Ce qui permet aux EU de conserver un rôle dominant, en imprimant des dollars dont la valeur se base non pas sur la réelle capacité économique étasunienne mais sur le fait qu’ils sont utilisés comme monnaie mondiale. Le yuan chinois est cependant entré il y a un an dans le panier des monnaies de réserve du Fonds monétaire international (avec le dollar, l’euro, le yen et la livre sterling) et Pékin est sur le point de lancer des contrats d’achat du pétrole en yuan, convertibles en or.

Les Brics demandent en outre la révision des quotas et donc des votes attribués à chaque pays à l’intérieur du Fonds monétaire : les EU, à eux seuls, détiennent plus du double du total des votes de 24 pays de l’Amérique latine (Mexique compris) et le G7 détient le triple des votes du groupe des Brics. Washington observe avec une préoccupation croissante le partenariat russo-chinois : les échanges entre les deux pays, qui en 2017 devraient atteindre les 80 milliards de dollars, sont en forte augmentation ; en même temps augmentent les accords de coopération russo-chinoise dans le domaine énergétique, agricole, aéronautique, spatial et dans celui des infrastructures. L’achat annoncé de 14% de la compagnie pétrolifère russe Rosneft par une compagnie chinoise et la fourniture de gaz russe à la Chine pour 38 milliards de m3 annuels à travers le nouveau gazoduc Sila Sibiri qui entrera en fonction en 2019, ouvrent à l’export énergétique russe la voie à l’Est tandis que les EU essaient de lui bloquer la voie à l’Ouest vers l’Europe.

Perdant du terrain sur le plan économique, les EU jettent sur le plateau de la balance l’épée de leur force militaire et de leur influence politique. La pression militaire étasunienne en Mer de Chine Méridionale et dans la péninsule coréenne, les guerres EU/Otan en Afghanistan, Moyen-Orient et Afrique, le coup d’épaule EU/Otan en Ukraine et la confrontation consécutive avec la Russie, entrent dans la même stratégie de confrontation mondiale contre le partenariat russo-chinois, qui n’est pas seulement économique mais géopolitique. Y entre aussi le plan de miner les Brics de l’intérieur, en ramenant les droites au pouvoir au Brésil et dans toute l’Amérique latine. C’est ce que confirme le commandant du U.S. Southern Command, Kurt Tidd, qui prépare contre le Venezuela l’”option militaire” brandie par Trump : dans une audition au sénat, il accuse la Russie et la Chine d’exercer une “influence maligne” en Amérique latine, pour faire avancer là aussi “leur vision d’un ordre international alternatif”.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 12 septembre 2017 de il manifesto

CRIME DU CAPITAL

Bussac-Forêt: Il s’immole sur son lieu de travail

Par charentelibre.fr, publié le 28 septembre 2017 à 9h12.

Un homme de 51 ans s’est grièvement brûlé en tentant de s’immoler par le feu sur son lieu de travail devant des collègues, lundi matin à Bussac-Forêt (Charente-Maritime).

Cette tentative de suicide a été révélée par le quotidien Sud Ouest à qui «une parente» a envoyé un message dans lequel elle explique que ce salarié était «harcelé moralement et psychologiquement» et «poussé à la démission par sa société de nettoyage ».

Ce quinquagénaire marié et père de deux enfants s’est aspergé d’essence avant de s’immoler par le feu «devant son responsable hiérarchique», dans l’enceinte de la cimenterie où il était employé.

Le médecin du Service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR) a constaté «une brûlure sur 30%» de son corps et l’a fait héliporter vers le service de grands brûlés d’un hôpital de Bordeaux, selon les pompiers.

Politique de Défense du Canada: protection et sécurité pour qui?

25 septembre 2017-Par Collectif  Échec à la guerre (Canada).  Le 25.09.2017.

Dévoilée en juin dernier, la nouvelle Politique canadienne de Défense, intitulée « Protection, Sécurité, Engagement » préconise le renforcement du partenariat Canada-États-Unis et privilégie la voie militaire pour « augmenter la paix et la sécurité dans le monde ».

Cette Politique de défense prévoit une augmentation du budget militaire de 70 % en dix ans, passant de 18,9 milliards en 2016-2017 à 32,7 milliards en 2026-27. Le gouvernement Trudeau aurait cédé aux pressions du Président Trump pour que les pays membres de l’OTAN augmentent leurs contributions en vue d’atteindre l’objectif de 2 % du produit national brut (PIB). On est en droit de se demander quelle menace pèse tant  sur le Canada pour justifier une telle augmentation des dépenses militaires dans un contexte d’austérité, alors que le Canada ne contribue qu’à hauteur de 0,26 % à l’aide publique au développement et que les besoins sociaux au pays sont tellement criants.

Le Canada : un acteur crédible sur la scène internationale?

Loin d’assurer « protection et sécurité », la Politique annonce plutôt « l’engagement ferme du Canada auprès de NORAD et de l’OTAN » et sa volonté d’être « un acteur crédible et engagé à l’échelle internationale ». Mais comment le Canada peut-il prétendre travailler pour la paix dans le monde en participant aux missions militaires menées sous l’égide de l’OTAN? Une réelle sécurité collective passe plutôt par une rupture avec cette vision militariste et fondamentalement impérialiste.

La Politique contient aussi beaucoup de promesses d’achat – navires de combat de surface, chasseurs sophistiqués, systèmes télépilotés, communément appelés « drones », etc. Elle prévoit aussi que le Canada se dotera de la capacité d’intervenir sur plusieurs fronts à la fois, c’est-à-dire de mener des guerres simultanément dans plusieurs pays. Pourtant en 2016, le gouvernement Trudeau avait annoncé en grande pompe le retour du Canada aux opérations onusiennes de maintien de la paix. À ce jour, aucune annonce d’une participation canadienne à de telles opérations n’a été faite.

La Politique de défense vise plutôt le renforcement du complexe militaro-industriel et le commerce international des armes.

Sur 20 ans, ce sont 62 milliards en fonds nouveaux qui sont prévus en matière de « défense ». À n’en pas douter, ils ne serviront ni la cause de la paix, ni la stabilité dans le monde, par ailleurs dangereusement fragilisées par la menace nucléaire actuelle qui fait craindre de plus en plus le retour d’une nouvelle Guerre froide.

Dans ce contexte belliqueux, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires a été adopté aux Nations unies en juillet dernier. Malheureusement, aucun des neuf pays détenteurs de l’arme nucléaire n’a pris part aux négociations.  Aussi 28 des 29 pays membres de l’OTAN, dont le Canada, se sont abstenus de voter.  Soumis à la signature à partir du 20 septembre, ce Traité entrera en vigueur après sa ratification par 50 pays membres et ne s’appliquera qu’aux signataires.  Le Canada doit saisir cette occasion historique de signer cette entente multilatérale, une première en plus de 20 ans.

Appel à nos concitoyen.ne.s

En ce 21 septembre 2017, Journée internationale de la paix, il est illusoire de faire la promotion de la paix sans dénoncer tant la Politique de défense du gouvernement Trudeau que son abstention sur le vote d’adoption du nouveau Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

Pour signifier notre opposition au renforcement des politiques militaristes du gouvernement canadien et à sa participation à des missions offensives, nous porterons le coquelicot blanc jusqu’au 11 novembre, Jour du souvenir. Aussi nous invitons celles et ceux qui militent pour un monde sans guerre et sans arme nucléaire, à le porter en mémoire de toutes les victimes, majoritairement civiles, des conflits armés.

François Avard, auteur
Ariane Émond, journaliste indépendante, animatrice
Co-porte-paroles du Collectif Échec à la guerre



Macron et Merkel conciliants avec le Qatar pour vendre des Typhoon d’Eurofighter ?

Elisabeth Studer

Simple hasard de calendrier ? Permettez moi d’en douter. Alors qu »en fin de semaine dernier, Emmanuel Macron s’est montré très conciliant avec l’émir du Qatar en visite officielle à l’Elysée, le Qatar a signé dimanche une lettre d’intention portant sur l’achat de 24 Typhoon au groupe de défense britannique BAE Systems. L’appareil, un avion de combat construit par le consortium Eurofighter dont font partie Airbus est un rival du Rafale de Dassault. L’agence de presse qatarie QNA à l’origine de l’annonce a précisé que le texte avait été signé par le ministre des Affaires de défense qatari Khalid bin Mohammed Al Attiyah et son homologue britannique Michael Fallon. La déclaration d’intention prévoit l’achat de « 24 Typhoon modernes avec tout leur équipement », rapporte QNA. Aucun montant n’a été mentionné par les deux partenaires.

Il semble désormais bien loin le temps où le Qatar était pointé du doigtbusiness « oblige ». L’Eurofighter Typhoon est, il est vrai, construit par un consortium réunissant BAE, Airbus et l’italien Leonardo et représente 40 000 emplois en Grande-Bretagne.

Rappelons en effet qu’en juin dernier, plusieurs pays du Golfe ont rompu en juin leurs relations avec l’émirat l’accusant de soutenir des groupes islamistes radicaux. Le 5 juin, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte ont même rompu leurs relations avec le Qatar et lui ont imposé des sanctions économiques (arrêt des liaisons aériennes, maritimes et terrestres) après l’avoir accusé de soutenir des groupes islamistes radicaux. Doha rejetant toutefois ces accusations.

Qu’à cela ne tienne, dans sa grande largesse, Emmanuel Macron a demandé ce vendredi la levée « le plus rapidement possible » des « mesures d’embargo affectant les populations du Qatar », à l’issue d’une rencontre avec l’émir du Qatar, cheikh Tamim Al Thani.

Lors de leur entrevue, les deux hommes « ont évoqué la crise en cours entre le Qatar et plusieurs pays du Moyen-Orient ». Emmanuel Macron a à cette occasion exprimé sa « préoccupation face à des tensions qui menacent la stabilité régionale, entravent la résolution politique des crises et l’efficacité de  » la lutte collective contre le terrorisme » , selon un communiqué de l’Elysée.

Autre hasard de calendrier, alors que la France et l’Allemagne constituent les deux piliers principaux du groupe aéronautique Airbus, l’émir avait préalablement rencontré vendredi à Berlin la chancelière allemande Angela Merkel. Laquelle s’est montrée également très conciliante, appelant les acteurs de la crise à « s’asseoir à une même table ». Elle a par ailleurs estimé que les négociations entre le Qatar  d’une part, et d’autre part l’Arabie Saoudite et ses alliés, devaient être « discrètes pour réussir. »

  • Le Qatar pourtant fortement soupçonné de financer Daesh

En août 2014, s’exprimant sur ZDF, la chaîne de télévision publique d’Allemagne, le ministre allemand de l’Aide au Développement, Gerd Müller, avait accusé explicitement  l’émirat du Qatar d’être derrière le financement des terroristes de l’ » Etat Islamique » (EI). S’interrogeant sur « qui finance ces troupes ?», il avait à la suite ajouté :   »je pense au Qatar« .

Dans un communiqué de presse, le parti UPR  notait quant à lui que ce membre du gouvernement d’Angela Merkel donnait ainsi du crédit aux rumeurs insistantes, étayées sur des indices de plus en plus nombreux, qui circulent dans les milieux du renseignement et sur les réseaux sociaux, et qui font état de liens étroits des terroristes de l’EI avec le Qatar, mais aussi avec les États-Unis et les pays occidentaux. L’UPR demandait alors au gouvernement d’expliquer aux Français ce qu’il sait – grâce à ses services de renseignement et à ceux des Allemands –, des liens entre son allié l’émir du Qatar et les terroristes de l’EI.

Lors d’un point de presse gouvernemental tenu à Berlin, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Martin Schäfer, avait quant à lui été interrogé, par les journalistes présents, sur la déclaration sensationnelle du ministre de l’Aide au développement, Gerd Müller, au sujet du Qatar. Répondant très exactement ceci : « L’Allemagne a de bonnes et amicales relations, avec le Qatar acteur régional majeur»,  ajoutant que «les propos de M. Müller ont donné lieu à une discussion entre le gouvernement qatari et l’ambassade d’Allemagne à Doha. »

Dans le cadre de cette entrevue, l’Allemagne a déclaré « au gouvernement du Qatar » qu’elle considérait leur pays « comme un partenaire » avec lequel « elle travaille dans différents domaines, même si sur certaines questions, elle ne partage pas toujours le même avis.» Martin Schäfer ajoutant : « Nous regrettons qu’il ait pu y avoir une incompréhension ». S’exprimant tout particulièrement au sujet des allégations de financement, il a simplement déclaré : « Je ne suis pas au courant de telles informations ». « Le ministre a fait allusion à des informations de presse et n’a pas formulé d’accusations concrètes.» Sans s’étendre davantage sur le sujet, sans présenter de quelconques excuses et sans préciser non plus que les suppositions du ministre allemand étaient dénuées de tout fondement.

Le 13 août 2014, reprenant une analyse du quotidien Nezavissimaïa Gazeta, l’agence de presse russe  Ria Novosti, avait également dénoncé à son tour le fait que les terroristes de EI bénéficient en réalité d’un soutien financier, matériel et militaire pratiquement illimité du Qatar, et indirectement des États-Unis et de l’UE.

Après avoir rappelé que « les organisations terroristes islamistes, comme Al-Qaïda ou les talibans, ont été créés par la CIA, le Pentagone et le département d’État », les médias russes soulignaient ainsi ,  « qu’avec le consentement silencieux, voire parfois le soutien direct de Washington et de ses alliés occidentaux et régionaux, le terrorisme international se répand sur la planète, représentant une menace toujours plus importante pour l’humanité. »

Lors du sommet du G20, qui s’est tenu du 14 au 16 novembre 2015  en Turquie, soit le lendemain des attentats perpétrés à Paris, le président russe Vladimir Poutine a souligné que la Russie avait présenté des exemples de financement des terroristes par des personnes physiques venant de 40 pays, y compris des pays-membres du G20.
Lors du sommet «j’ai donné des exemples basées sur nos données du financement de Daesh par des individus privés. Cet argent vient de 40 pays, parmi lesquels participent des pays-membres du G20», avait ainsi précisé Vladimir Poutine. Lequel avait également évoqué la nécessité urgente d’empêcher la vente illégale de pétrole, laquelle rentre pour une bonne part dans le financement de Daesh comme nous l’indiquions dans un précédent article.

Au final, si l’« État islamique » et les terroristes d’Al Nosra-Al Qaïda sont officiellement combattus, de plus en plus d’éléments laissent à croire qu’ils sont en réalité soutenus discrètement, par Washington et ses vassaux.

Certains se sont étonnés que les « frappes aériennes » occidentales contre ces mouvements aient obtenu si peu de résultats durant plusieurs semestres, alors qu’elles étaient venus à bout de l’armada irakienne de Saddam Hussein en 3 semaines. Rappelons ainsi que la guerre contre l’Irak a été déclarée par George W. Bush le 20 mars 2003 et que Bagdad est tombée le 12 avril de la même année.Dollar

Posté par spartacus1918 à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

28 septembre 2017

CSG et CRDS, un racket permanent de l’Etat (Echanges 110-Automne 2004)

 

taxocratesAvec cet impôt instauré en 1996 « à titre provisoire » pour financer le déficit de la Sécurité sociale, les salariés, retraités, chômeurs... doivent rembourser jusqu’en 2008 au budget général de l’Etat une dette dont ils n’avaient pas conscience.

Au moment où le gou­ver­ne­ment Raffarin semble s’oppo­ser pour un temps à une hausse de la contri­bu­tion au rem­bour­se­ment de la dette sociale (CRDS) votée par la com­mis­sion spéc­iale dont le pré­sident est le député UMP du Bas-Rhin Yves Bur, il nous semble impor­tant de faire un his­to­ri­que de la mise en place de cet impôt qui frappe la quasi-tota­lité des reve­nus, y com­pris les allo­ca­tions fami­lia­les et les allo­ca­tions chômage.Avec cet impôt ins­tauré en 1996 « à titre pro­vi­soire » [1] pour finan­cer les déficits de la Sécurité sociale entre 1993 et 1995, les sala­riés, retraités, chômeurs... rem­bour­se­ront jusqu’en 2008 au budget général de l’Etat une dette dont ils n’avaient pas cons­cience. Chaque année 12,5 mil­liards de francs, vont déd­om­mager l’Etat des 110 mil­liards de dette de la Sécurité sociale. (Voir Echanges 95, hiver 2000-2001, La “dette sociale”, ponc­tion fis­cale géné­ralisée).

Cette dette de 110 mil­liards de francs aura donc été payée deux fois : une pre­mière fois via la hausse de la CSG décidée en juillet 1993 (1,4 point) et la seconde par l’ins­tau­ra­tion de la CRDS.

Comment une telle aber­ra­tion a été imposée au monde du tra­vail

Au cours de l’année 1993, le déficit de la Sécurité sociale a été mis sur le dos de la bru­tale réc­ession de l’éco­nomie franç­aise. « Le Trou de la Sécurité sociale », comme nous le connais­sons bien en France, tant il nous obsède et nous culpa­bi­lise, est d’une telle ampleur, que le gou­ver­ne­ment Balladur fait repren­dre le déficit par l’Etat - à titre tem­po­raire.

En 1993, pour rem­bour­ser l’Etat, un fonds est créé : le FSV (Fonds de soli­da­rité vieillesse). Il sera ali­menté à partir du 1er juillet 1993 par l’aug­men­ta­tion de la CSG, qui passe de 1,1 % à 2,4 %. Depuis, le fonds a été intégré à d’autres pres­ta­tions, mais le taux de la CSG a conti­nué d’aug­men­ter.

La ponc­tion FSV devait se tra­duire par un pré­lè­vement annuel de 12,5 mil­liards de francs sur les con-citoyens pen­dant treize ans pour rem­bour­ser l’Etat.

Le FSV et la hausse de la CSG avaient donc offi­ciel­le­ment réglé la dette sociale de 1993. Cependant, quand Alain Juppé arrive à Matignon, en sep­tem­bre 1995, il est lui aussi confronté au trou éternel de la Sécurité sociale. Pour la pér­iode 1994-1995, le déficit bat un nou­veau record (120 mil­liards de francs) aux­quels il faut ajou­ter les 110 mil­liards de 1993, visi­ble­ment pas rem­boursés, puis­que la dette cumulée sera de 230 mil­liards [2].

Un véri­table com­plot a été monté, pour liqui­der le système de pro­tec­tion sociale, au profit des sociétés d’assu­ran­ces. La loi du 30 déc­embre 1995 va auto­ri­ser le gou­ver­ne­ment, en appli­ca­tion de l’arti­cle 38 de la cons­ti­tu­tion, à réf­ormer le système de pro­tec­tion sociale ; les fers sont mis au feu pour liqui­der le système de pro­tec­tion sociale français.

La voie est dégagée pour que l’Etat, mette en place un nouvel étage de pré­lè­vement sur le monde du tra­vail : la création de la Caisse d’amor­tis­se­ment de la dette sociale (Cades), le 24 jan­vier 1996, indi­que de par sa déno­mi­nation le sens de sa mis­sion : faire payer aux sala­riés, retraités, chômeurs... les 137 mil­liards de francs de dette de la Sécurité sociale d’ici 2009.

Cependant, la Cades ne fera pas dis­pa­raître la FSV et le pré­lè­vement de 1,3 % de CSG sup­plém­ent­aire conti­nuera à ali­men­ter les cais­ses de l’Etat. Le FSV chan­gera d’affec­ta­tion : il ser­vira à pren­dre en charge les pér­iodes de chômage et de ser­vice natio­nal. Le scan­dale est si grand que même Mme Weil va repro­cher ouver­te­ment au gou­ver­ne­ment de « faire payer deux fois les Français ».

La Cades mise en place, le déficit va se pour­sui­vre, malgré les non rem­bour­se­ment de médi­caments... en 1995 il atteint 74,6 mil­liards de francs au lieu de 64,5 prévus, et en 1996 Juppé reconnaît un déficit de 54 mil­liards de francs. Il n’en fal­lait pas plus pour que le déficit reparte. En effet la Cades est un inves­tis­se­ment garanti par l’Etat au taux obli­ga­taire de 6,033%, noté « triple A » par le agen­ces de rating. Par conséquent la Cades offre un pro­duit finan­cier sans risque à taux élevé financé par les pré­lè­vements sur le monde du tra­vail.

« Une com­pa­gnie d’assu­rance-vie a pris 1 mil­liard d’un coup » [3] ( La Tribune du 27 sep­tem­bre 1996) selon le même jour­nal l’emprunt a trouvé pre­neur « auprès d’une com­mu­nauté d’inves­tis­seurs diver­si­fiée, incluant prin­ci­pa­le­ment des assu­reurs et des ges­tion­nai­res français, certes, mais aussi des ban­ques alle­man­des, belges et luxem­bour­geoi­ses, des fonds bri­tan­ni­ques et ita­liens, et jusqu’à une banque cen­tral du Moyen-Orient ».

Le déficit chro­ni­que de la Sécurité sociale peut conti­nuer, il faut qu’il conti­nue pour ali­men­ter le juteux marché de la dette sociale des pla­ce­ments finan­ciers auprès de la Cades. Donc en 1997, le ministère de l’éco­nomie et des finan­ces annonce le pro­lon­ge­ment de la Cades pour cinq ans ( c’est à dire la ponc­tion sur le peuple) (du 31 jan­vier 2009 au 31 jan­vier 2014), pour éponger les nou­vel­les dettes.

L’Etat étant le prin­ci­pal orga­ni­sa­teur du capi­tal finan­cier, et aussi un grand béné­fici­aire de la Cades [4], il fera tout pour pro­lon­ger la dette sociale et donc son rem­bour­se­ment... La Cades emprunte alors 300 mil­lions d’euros (La Tribune du 26 juin 2001) pour que le spec­ta­cle conti­nue.

Dans la situa­tion actuelle, la Cades doit repren­dre 35 mil­liards d’euros de dette pour la fin de l’année, aux­quels il faut ajou­ter des déficits pré­visi­onnels pour 2005 et 2006. Voilà le mécan­isme, le déficit de la Sécurité sociale jus­ti­fiant le pro­lon­ge­ment des ponc­tions CRDS jusqu’en 2020.

« Les ban­ques entou­rant l’opé­ration avaient éga­lement observé que la per­cep­tion des inves­tis­se­ments n’avait pas été altérée par le nou­veau pro­lon­ge­ment de la durée de vie de la Cades (ini­tia­le­ment prévue en 2014), dû au trans­fert des nou­vel­les dettes décidé réc­emment par le ministère de la Santé. » (La Tribune du 9 juin 2004.

Plus étr­ange encore, un curieux per­son­nage du nom de Reichman a fait un grand tapage au mois d’août, pour célébrer la vic­toire de son asso­cia­tion anti-sécu, le Mouvement pour la libé­ration de la pro­tec­tion sociale (MLPS) [5]. Il indi­que même com­ment éch­apper à la CSG et CRDS en pre­nant une assu­rance à l’étr­anger et en four­nis­sant une attes­ta­tion à la Sécurité sociale. Si le trans­fert auto­risé par l’Etat depuis 2001 venait à se faire par le tru­che­ment de contrat groupe dans des sociétés d’assu­ran­ces étrangères, la dette sociale serait alors concen­trée sur les assurés âgés qui ne pour­raient pas quit­ter la Sécurité sociale.

G.B.

Juillet 2004

Voir la video: le deficit de la sécu une belle affaire

Notes

[1] L’ordonnance du 24 janvier 1996, indique dans son article premier que la Cades a « une durée de treize ans et un mois à compter du 1er janvier 1996 ».

[2] La caisse des dépôts accorde en 1995 à la Sécurité sociale un crédit-relais d’un montant de 137 milliards de francs (déficit de 1994 et 1995 [120 milliards] + déficit prévisionnel 1996 [17 milliards]).

[3] Les banques proposent plus du double des 60 milliards demandés, l’accueil de la communauté financière internationale reflète la qualité de la signature de la Cades (La Tribune Desfossés du 3 juin 1996.

[4] La Cades est une « petite » vache à lait pour l’Etat qui collecte une partie de la CRDS. Les frais de collecte prélevés par l’Etat sont en effet sept fois plus élevés que les frais de l’Urssaf.

[5] Site internet www.claudereichman.com.

Posté par spartacus1918 à 11:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

23 septembre 2017

INFOBREF N°496-manifestations contre la loi XXL-armement mondial

INFOBREF N°496

 

GREVES et MANIFESTATIONS en FRANCE contre la Loi travail XXL

Le 21 septembre 2017, avec les routiers qui entre dans la danse et bientôt le dépôts de carburant, Sud rail appelle à unir les luttes.

Le 23 septembre Benoît Hamon sera présent à la manifestation du 23 septembre lancée par Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis contre la réforme du Code du travail.

Le 28 septembre c' est au tour des retraités de manifester contre la hausse de la CSG et la non revalorisation des retraites, et les déserts médicaux.

Manifestation à Paris des retraités et retraitées

CGT UCR-FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR, LSR, Ensemble & Solidaires

Trajet / parcours : départ 14h30 de Chaussée d'Antin (angle rue Lafayette)
En direction de la rue de Miromesnil

Parce qu'une fois de plus le gouvernement s'attaque à leur pouvoir d'achat, aux services médicaux et sociaux, neuf organisations appellent les retraité-e-s à se mobiliser dans les départements sous des formes diverses le 28 septembre.

Haro sur le pouvoir d'achat des retraités

Au printemps dernier plus de 12 000 retraité-e-s se sont exprimé-e-s dans une enquête lancée par nos organisations. 80 % des personnes retraitées indiquent que leur situation financière s'est dégradée. Malgré cela, le gouvernement annonce une baisse des pensions de 8 millions de retraité-e-s en augmentant de 1,7 point leur CSG, sans aucune compensation.

La CSG passera de 6,6 % à 8,3 % soit une augmentation de 25 %. Ce qui représente une perte de :

  • 204 € par an pour une pension de 1 000 € par mois,

  • 306 € par an pour une pension de 1 500 € par mois,

  • 408 € par an pour une pension de 2 000 € par mois.

Selon le gouvernement, il s'agit d'un « effort pour les jeunes générations ». Les retraité-e-s n'ont pas attendu pour faire preuve de solidarité et une nouvelle baisse de leur pouvoir d'achat réduira l'aide qu'ils apportent déjà aux jeunes générations.

Cette augmentation de CSG s'ajoute à une liste déjà longue d'attaques, avec la CASA de 0,3 %, la suppression de la 1/2 part fiscale pour les veuves et veufs, la fiscalisation de la majoration familiale et le blocage des pensions depuis plus de 4 ans. Et maintenant l'annonce de la réduction de 5 € par mois de l'APL (Aide Personnalisée au Logement) qui visera notamment les retraités locataires.

L'annonce d'une revalorisation des pensions du régime général et alignés de 0,8 % au 1er octobre ne représente, en aucune manière, une quelconque augmentation car elle ne fait que compenser l'inflation des seuls 12 derniers mois. D'autant que pour les retraites complémentaires aucune augmentation n'est prévue.

Vers la disparition des emplois aidés

Dans l'enquête menée au printemps dernier, les retraité-e-s sont quasiment unanimes à considérer que les plans d'aide à l'autonomie sont insuffisants, tant à domicile qu'en établissements.

Le gouvernement, non seulement ne prend aucune mesure pour réduire les « restes à charge » mais il s'attaque aux moyens dont peuvent disposer les établissements, les associations et les collectivités locales en supprimant les emplois aidés.

Il communique sur la disparition du reste à charge des lunettes, prothèses auditives et dentaires… sans insister sur l'augmentation correspondante des complémentaires santé, sans participation des employeurs pour les retraité-e-s.

Prendre au plus grand nombre pour donner aux riches

Le gouvernement prévoit de prendre beaucoup dans la poche des personnes retraitées et un peu dans toutes les autres, ou presque : l'APL pour les locataires, la suppression de services publics en privant les collectivités locales des recettes de la taxe d'habitation et en supprimant 120 000 emplois de fonctionnaires…

Et il donne beaucoup aux plus riches : baisse de l'ISF, l'impôt sur la fortune, en ne prenant plus en compte les actions et obligations qui représentent 90 % du patrimoine des plus riches ; baisse de l'impôt sur les sociétés à 28 % ; cadeau aux rentiers en plafonnant l'imposition des revenus du capital à 30 %.

Les personnes retraitées n'ont pas besoin d'explications ou de pédagogie : ils ont besoin de justice sociale.

Montrons que nous refusons la baisse des pensions

Dans notre même enquête, 84 % des retraité-e-s considéraient que les politiques menées avaient négligé ou ignoré leur situation.

Ces dernières années les actions menées à l'initiative des organisations de retraités ont permis de « limiter la casse » : les personnes non imposées en 2015 n'ont pas payé d'impôt en 2016 et 2017, les seuils de déclenchement de la CSG ont été relevés, l'APA a été légèrement augmentée...

Alors oui les retraité-e-s ont de bonnes raisons de se mobiliser pour éviter de nouvelles dégradations importantes de leur pouvoir d'achat, obtenir une évolution des pensions liée à l'évolution des salaires et une amélioration importante de la prise en charge de la perte d'autonomie.

Non à la hausse de la CSG à 8,3% ! Revalorisation de nos pensions !

Journée nationale d'action et de mobilisation le 28 septembre

Depuis le 12/09/2017 : Grève des facteurs du Cher depuis le 12 septembre 2017

Depuis le 12/09/2017 : Grève des facteurs de St-Herblain depuis le 12 septembre 2017

Depuis le 11/09/2017 : Grève des facteurs du secteur d’Arles depuis le 11 septembre 2017

Contre la multiplication des dates de mobilisations, des syndicalistes appellent au « Tous ensemble ! »

Si les manifestations et les grèves du 12 septembre ont été une réussite, les jours qui ont suivi ont été synonymes de multiplication des dates de mobilisations sectorielles. Une dynamique qui inquiète certains syndicalistes, qui ne voient pas dans cette multiplication un moyen de gagner. Interview avec Mickaël Wamen (CGT Goodyear) et Mathias Dupuis (UL CGT Dieppe).

George Waters   vendredi 15 septembre

 

Crédits photos : Sipa Presse

La multiplication des dates sectorielle, une division qui empêchera de gagner contre la loi travail

La date du 12 septembre a sonné comme un avertissement pour Emmanuel Macron. Au point que ce qui était annoncé par tous les médias dominants comme un baroud’honneur sans combat est devenu la date d’un début d’une série de mobilisation dans la classe ouvrière. Face à la réussite de la mobilisation, la pression de la base des syndicats est telle que de nombreuses fédérations ont appelé à de nouvelles dates de mobilisation : outre la journée appelée par la CGT le 21 septembre et celle de Mélenchon le 23 septembre, les fédérations FO et CGT des Transports ont appelé à un début de grève reconductible dès le 25 septembre ; les fonctionnaires sont appelés à manifester le 26 contre la suppression des 150 000 emplois aidés le 26, les retraités la hausse de la CSG le 28, les fonctionnaires contre la gel du point d’indice le 10 octobre, et les ouvriers de la métallurgie à se rassembler devant le siège de l’IUMM le 13 octobre pour défendre leur convention collective nationale. Une multiplication de grèves perlées qui va, pour Mathias Dupuis, secrétaire de l’Union Locale de Dieppe, à l’encontre des aspirations des salariés : « depuis le 12, on a une multiplication des dates de manifestations, alors que depuis plusieurs années, chaque fois que tu vas dans une AG, l’ensemble des témoignages des camarades, c’est “arrêtons les journées perlées, arrêtons les appels dans tous les sens, faisons un appel commun !“ ».

Une multiplication de dates qui, va, pour Mickaël Wamen, ex-CGT Goodyear, à l’encontre de l’expérience des dernières mobilisations sociales : « tous les jours, il y a une nouvelle date qui tombe. Je ne sais pas si on a bien retenu les leçons de l’an dernier : si on considère que l’on peut gagner en multipliant les annonces de mobilisation, c’est une grave erreur parce que les dates saute-moutons elles n’ont jamais permis de gagner. La question, c’est-ce qu’on veut juste le retrait des ordonnances ou on veut faire barrage à la politique du capital que Macron veut mettre en œuvre ?  ». La question de comment battre l’ensemble de la politique du gouvernement est au cœur des esprits, comme le signale Mathias Dupuis : « Cette bataille qu’on est en train de mener, elle va bien au delà des ordonnances : la casse du code du travail, le gel du point d’indice des fonctionnaires, la hausse de la CSG pour les retraités, la fin des contrats aidés […] on a suffisamment de revendications communes pour mener une bataille en commun. Et si on veut arriver à quelque chose, il faut partir organisés ! »

Regrouper les revendications et marcher tous ensemble contre Macron

Derrière la division des dates de mobilisations, l’argument des directions syndicales qui imposent cette division est systématiquement la même : l’idée que chacun a ses revendications propres, pour lesquelles il faut lutter indépendamment des autres. Cependant, cette logique amène surtout à diviser les forces et à amoindrir l’impact des grèves et des manifestations. Pour Mickaël Wamen, l’union de toutes ces revendications doit se faire autour d’un minimum commun : « aujourd’hui, c’est le programme du Medef en entier qu’il faut combattre, et il concerne le public, le privé, la jeunesse, les retraités, les chômeurs, les jeunes de quartier populaire qui sont encore plus éloignés de l’emploi que les autres.  »

De fait, le gouvernement et le Medef ne souhaitent épargner personne : outre les ordonnances, c’est aussi les retraites et la Sécu qui sont en ligne de mire pour le gouvernement, qui attaque par ailleurs tout azimut les cheminots, les fonctionnaires, et les étudiants. Face à toutes ces attaques, seul un « tous ensembles », tel qu’il a pu émerger en 1995 durant la lutte contre le plan Juppé pourrait faire reculer le gouvernement. Cependant, cette union supposerait la mise en place d’un front unique entre toutes les organisations syndicales et politiques : « au niveau du Front Social on a appelé à cette union qui est plus nécessaire que jamais,explique Mickaël Wamen Il aurait fallu qu’entre le 21 et le 23, il n’y ait qu’une seule date : les fonctionnaires ont peut être des problèmes différents des routiers, mais leur problème commun, c’est une politique qui nous met tous à mal et qui est dirigée par le gouvernement. […] J’en appelle à une table ronde, entre la fédération des routiers et celles des fonctionnaires. Profitons du blocage des axes routiers pour bloquer plus généralement l’économie. On doit se mettre au tour d’une table et qu’on ressort avec une feuille de route. Beaucoup de salariés ont peur qu’on n’ait pas cette feuille de route. On ne peut pas continuer comme cela : si demain on perd, on a tout perdu.  »

Une stratégie pour gagner : la grève générale et l’occupation des usines

Tout perdre… ou tout gagner. Évidemment, à l’heure actuelle, le gouvernement est dans une position de force pour imposer sa loi travail XXL, en utilisant tous les outils que la bourgeoisie utilise maintenant depuis plus de 70 ans : division syndicale, éclatement des revendications, lutte contre toute jonction entre public et privé, etc. Cependant, si le rapport de force est pour l’instant à l’avantage du gouvernement, Mathias Dupuis est loin d’être défaitiste : « la seule façon qui a permis de gagner, quand on regarde l’histoire sociale de la France, c’est quand les salariés reconduisent la grève et occupent leur usine, comme en 1936 et 1968. Aujourd’hui, la victoire sera celle des salariés, en occupation d’usine, en grève à l’intérieure de celle ci et qui arrêtent les productions. Si par exemple demain, les mecs d’EDF coupent le courant et que la France est dans le noir, Macron il arrêtera vite fait ! explique le syndicaliste en souriant. Pour lui, rien n’est perdu, au contraire : « si on veut gagner, il va falloir bloquer l’économie, et surtout les secteurs stratégiques sans lesquels la France ne tourne pas : les transports par exemple, ont permis de gagner contre le CPE. En 1995, pendant une semaine, pas un train n’a roulé en France ! Et on a gagné sur certaines revendications. Il faut prendre le patronat à la gorge, c’est à dire au porte-monnaie qu’on pourra gagner. Et pour cela, il faut des appels décisifs et convergents pour qu’on aboutisse à une réussite.  »

Face à la division des dates qui, pour l’instant, fait le jeu du gouvernement en divisant les forces des opposants à la loi travail, c’est donc une toute autre stratégie qui revient de plus en plus dans les slogans de manifestation tout comme dans les tracts d’usines : la grève générale, comme seul moyen d’imposer un rapport de force tel que le gouvernement ne pourra plus que reculer. Pour cela, les appels aux grèves reconductibles, telles que celles des routiers de FO et de la CGT, mais aussi des métallurgistes de l’UD du Nord, doivent être des points pour lancer un mouvement plus large, qui réunit public et privé, précaires et chômeurs, étudiants et retraités.

 QUI a besoin de "piller", pour survivre, les riches, ou les pauvres?

 Les pillages à Saint-Martin lors de l'ouragan Irma me rappellent les pillages à la Nouvelle-Orléans en 2005 après l'ouragan Katrina : la police avait participé aux pillages. Ceux-ci étaient nécessaires à la survie. Même si tant qu'à faire un peu de luxe avait aussi été pillé.

QUI a besoin de "piller", pour survivre, les riches, ou les pauvres ?

QUI pille à Saint-Martin ? l'immense majorité de la population : les pauvres.

QUI a peur des pillages ? l'infime minorité des riches !

La France va déployer ses flics et militaires à Saint-Martin pour protéger une infime minorité de riches contre les pillages pratiqués par l'immense majorité des pauvres, qui, pourtant n'ont pas le choix, car c'est une question de survie.

Si je vous dis qu'à Saint-Martin une minorité, les riches, sont les descendants des esclavagistes blancs ; et que l'immense majorité, les pauvres, descendent de leurs esclaves noirs, que penserez-vous des actuels pillages de survie à Saint-Martin ? Et que penserez-vous des flics et des militaires qui vont tenter de les empêcher ? Et des dirigeants français qui leur en ont donné l'ordre, qu'en pensez-vous ?

En tout cas, à la Nouvelle-Orléans, en 2005, après l'ouragan Katrina, la police avait fini par autoriser les "pillages". vidéo-preuve:

http://mai68.org/spip2/spip.php?article718

Yvelines : expulsé de son logement, un retraité met fin à ses jours

La victime a été retrouvée pendue dans la cave à l'intérieur de laquelle elle s'était réfugiée une semaine plus tôt, après son expulsion.

Un retraité n'a pas supporté de se faire expulser de son logement situé au Pecq, une commune proche de Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines. L'homme de 65 ans, à qui il était reproché de ne pas payer ses loyers, a mis fin à ses jours la semaine dernière. Dans le bar-tabac au bout de la rue où a vécu Jeff pendant plus de 40 ans, les clients ont le visage grave. "Il jouait au PMU et au loto de temps en temps. Il avait sa petite vie d'amitiés ici", confie Rose-Anne, la patronne du bar, qui décrit une personne "gentille et sympathique".

Emporté dans une spirale de factures impayées depuis plusieurs mois, le retraité a été expulsé fin mars. C'est l'un de ses amis qui l'a découvert
pendu dans la cave où il avait trouvé refuge. "Je voyais l'issue fatale (...) Je pensais qu'il allait mourir de froid ou d’alcoolisme", explique-t-il. 

 

Classement des pays exportateurs et importateurs d’armes dans le monde

 

Les ventes d’armes ne se sont jamais aussi bien portées, avec une sixième année à la hausse et un marché de 64,4 milliards. Alors que l’on connait les gros exportateurs d’armes dans le monde avec les Etats-Unis, la France, la Chine ou encore la Russie, qui font partie des plus grands puissances militaires, nous connaissons mal les autres pays qui les achètent.

Les nouveaux conflits dans le monde (Inde-Pakistan, Iran-Arabie Saoudite…) relance la course à l’armement des pays et la France a réalisé un record à l’exportation début 2016 , par l’intermédiaire de la société DCNS, en vendant 12 sous-marins à l’Australie, pour un montant de 34 milliards d’euros., sans oublier le rafale qui se vend enfin dans le monde.

Tour d’horizon des plus gros importateurs d’armes dans le monde

Loin devant les autres pays, l’Inde est le plus gros importateur d’armes en achetant 14% du marché mondial, deux fois plus que le second, l’Arabie saoudite, et trois fois plus que la Chine.

Détails des exportations et importations d’armes dans le monde

Les Etats-Unis exportent essentiellement en Arabie Saoudite, aux Emirats et en Turquie avec les crises du Moyen Orient (Syrie, Libye, Iran, Yemen…) ainsi qu’en Corée du Sud, toujours en conflit avec la Corée du Nord. Avec notamment 611 avions de combat F-35 livrés dans neuf pays.

Même si ils exportent énormément, les américains rentent les plus gros importateurs dans le monde, devant la Chine, l’Arabie Saoudite et la Russie.
Les relations entre l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis ne sont pas au beau fixe mais les contrats d’armement se signent comme les autographes d’écrivains au salon du livre.
Barack Obama et son administration ont vendu le plus de contrats d’armements à l’Arabie saoudite depuis 70 ans. On compte plus de 36 milliards d’armement vendu au pays du golfe, principalement lié à l’accord conclu sur le nucléaire iranien.

La Chine exporte ses armements dans les pays voisins qu’elle peut protéger du conflit entre le Pakistan (qu’elle soutient) face à l’Inde. La Tanzanie fait partie des nombreux pays Africains qui reçoit de l’armement chinois, plus ou moins légal. La Tanzanie améliore ses défenses avec la crise du Soudan avec six navires chinois, trois escadrons d’avions de chasse et des avions de transport militaire.

Le Pakistant est le plus important importateur d’armes de la Chine et cette dernière protège le pays contre les Etats-Unis.
La force de frappe de la Chine est considérable puisqu’elle possède 66 missiles intercontinentaux (qui peuvent toucher les Etats-Unis), plus 118 missiles de moyenne portée et 36 missiles lançables à partir de sous-marins.
La Pakistan de son coté possède désormais 100 à 120 têtes nucléaires.

Le Maroc est le 17ème importateur d’armes au monde. Le voisin algérien est 11ème, ce qui pousse le régime de Mohammed VI à renforcer ses défenses. Désormais Les Emirats arabes unis, l’Egypte et l’Arabie saoudite représentent les plus gros importateurs d’armes françaises, devant le Maroc.

L’Inde achète majoritairement depuis la Russie (+ de 5,5 milliards de dollars de contrats au total). L”Inde importe majoritairement du matériel blindé et des avions de chasses. Mais aussi des frégates et sous-marins et le porte-avions lourd Amiral Gorchkov rebaptisé Vikramaditya. La Chine achète à la Russie pour 2,5 milliards selon le journal PolitRussia.

Les pays possédés l’armement nucléaire :

1 – Russie (8500 têtes nucléaires)

2 – Etats-Unis (7500)

3 – France (300)

4 – Chine (240)

5 – Royaume Uni (225)

6 – Pakistan (120)

7 – Inde (100)

8 – Israël (80)



 

Posté par spartacus1918 à 06:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

17 septembre 2017

Dans les marges extrêmes du centenaire de la révolution d’Octobre

Dans les marges extrêmes du centenaire de la révolution d’Octobre: l’héritage de 1917 que nous pouvons revendiquer

Larriv__e_de_L_nine___St_Petersbourg

Image arrivée de Lénine à saint Pétersbourg

L’année 1917 est généralement associée étroitement à la Révolution russe, mais il me semble plus juste de la situer dans le raz-de-marée mondial des luttes de la classe ouvrière entre 1917 et 1921 (et jusqu’en 1927 en Chine), luttes qui ont mis fin à la première guerre mondiale inter-impérialiste (1914- 1918).

Ce raz-de-marée a inclus la Révolution allemande (1918-1921), les occupations d’usine dans le nord de l’Italie (1919-1920), la vague nationale de grèves de 1919 en Grande-Bretagne, la révolution en Hongrie (1919) et les grèves de masse en France en 1919-1920, en Espagne entre 1919 et 1923, et aux États-Unis (1919).

Ces luttes ont continué et amplifié le ferment radical d’avant-guerre associé aux IWW aux États-Unis, à la vague de grèves syndicales en Angleterre, en Irlande et en Écosse entre 1908 et 1914, à la «Semaine rouge» en Italie en 1914 et surtout à la Révolution russe de 1905-1907, qui a mis les conseils ouvriers et surtout les soviets à l’ordre du jour, découverte pratique de la classe ouvrière en lutte et notion qui n’avait été produite par aucun théoricien.

Comme l’a exprimé à l’époque un témoin improbable, le roi d’Angleterre George VI : «Remercions Dieu pour la guerre ! Elle nous a sauvé de la révolution.»

Jusqu’ici j’ai mentionné seulement les soulèvements intervenus en Europe et aux États-Unis. On oublie souvent que la période de 1905 à 1914 apparut aux contemporains comme une ère de révolutions de plus en plus nombreuses, comme celles intervenues en Iran (1906), au Mexique (1910-1920), en Chine (1911) et le soulèvement en Inde (1909).

Ces luttes dans les mondes semi-colonial et colonial ont continué après la première guerre mondiale puisqu’il y eut une longue période de fermentation révolutionnaire en Chine, culminant dans les années 1925-1927, les émeutes japonaises du riz en 1919, la grève générale (assez problématique1) en Afrique du Sud en 1922, un coup d’Etat d’officiers de gauche au Brésil en 1922, la vague de luttes en Turquie jusqu’en 19252, le soviet de Gilan dans le nord de l’Iran et un coup d’Etat de gauche, prosoviétique, en Afghanistan.

Pour aujourd’hui, le meilleur héritage que nous ont légué ces révoltes et ces révolutions s’incarne dans l’apport des «communistes de gauche» germano-hollandais et italiens, principalement Herman Gorter, Anton Pannekoek et Amadeo Bordiga. Ces deux courants avaient un patrimoine commun : ils pensaient que, contrairement à l’alliance entre ouvriers et paysans qui produisit la «révolution double» en Russie, la classe ouvrière occidentale devait se battre seule et ne pouvait s’allier aux paysans qui possédaient déjà des terres. Certains militants russes, comme ceux du Groupe ouvrier autour de Miasnikov, étaient d’accord avec les courants «communistes de gauche» occidentaux.

(Afin de ne pas allonger démesurément cet article, je n’aborderai pas ici les rôles ambigus de Lénine et de Trotsky, qui étaient de grands stratèges, mais dont les théories et les pratiques organisationnelles qui fournirent à la contre-révolution son point de départ.)

Les courants communistes de gauche ont été enterrés, après le reflux de la vague révolutionnaire mondiale, symbolisée de la façon la plus éclatante par l’écrasement du soviet de Kronstadt en 1921, par des décennies d’hégémonie d’une Troisième Internationale entièrement centrée sur la Russie et par la contre-révolution stalinienne. Un pays qui avait été un acteur secondaire, et dans lequel la classe ouvrière ne représentait pas plus de 10% de la population en 1917, est devenu l’acteur principal, durant toute une époque historique.

Aux courants communistes de gauche, je dois ajouter le nom de Rosa Luxemburg mourut trop tôt (en assassinée en janvier 1919) pour avoir le temps définir une perspective claire après 1918, une perspective qui romprait entièrement avec la social-démocratie. Mais ses écrits sur la grève de masse après 1905, son rejet du nationalisme et ses deux ouvrages sur la critique de l’économie politique sont aussi pertinents aujourd’hui que lorsqu’ils ont été écrits. Sans parler de l’humanité remarquable dont elle témoigne dans ses lettres de prison3 pendant la guerre mondiale.

Je ne suis pas d’accord avec les communistes de gauche qui affirment (ou ont fini par dire, comme Otto Rühle par exemple) que la révolution bolchevique avait été une révolution bourgeoise dès le premier jour. Cette caractérisation a évolué au début des années 1920; pendant la guerre civile russe (1918-1921) elle-même, les communistes de gauche à l’Ouest faisaient exploser des trains qui transportaient des armes et des munitions destinés aux Russes blancs. Outre la brève domination des soviets, 1917 a marqué une vaste expansion de la commune paysanne russe, qui contrôlait 98% du territoire russe jusqu’aux «collectivisations» de Staline en 1930 (4).

Dans l’ensemble, bien que la plupart de ces noms et courants aient, pour le moment, le statut de fossiles conservés dans de l’ambre, ils nous montrent la voie, aujourd’hui, si nous voulons construire une synthèse entre les meilleures contributions des gauches germano-hollandaises et de la Gauche communiste italienne (ceux que l’on a surnommé les «bordiguistes») – même si je sais parfaitement que ces deux courants se détestaient mutuellement.

Ces éléments fondamentaux communs comprennent la notion de soviet, c’est-à-dire un organe local qui regroupe les travailleurs, les chômeurs et les prolétaires retraités et qui surmonte la division du travail matérialisée dans chaque lieu de travail (cf. la critique de Bordiga contre les conseils d’usine tant vénérés par Gramsci); les conseils ouvriers qui sont complémentaires des soviets ; la théorie de la «révolution double» qui caractériser le 1917 russe ; et la nécessaire indépendance politique de la classe ouvrière face à toutes les alliances «interclassistes».

Je reconnais aussi l’importance de l’analyse qu’élabora Bordiga à propos de l’Union soviétique (et ses applications ultérieures, jusqu’à la Chine et le Vietnam aujourd’hui), quand il considéra l’URSS comme une société en «transition vers le capitalisme». Cette démarche permet d’éviter la notion péremptoire (et à mon avis facile) de «capitalisme d’Etat» tout en rejetant le concept trotskyste de «l’Etat ouvrier».

Après avoir dit tout cela, je dois aussi reconnaître qu’il n’existe pas de fil rouge continu, symbolisant une orthodoxie permanente, que nous pourrions récupérer pour analyser le présent, mais seulement des lignes directrices. Une nouvelle synthèse internationale est en cours, et cet article n’est qu’une contribution à ce travail.

 Cent ans après le séisme de 1917

En 2017, dans le monde des Trump, Poutine, Xi, Duterte, Modi, Erdogan, Assad et Netanyahou, il peut sembler complètement «rétro» d’évoquer le prochain soulèvement de la classe ouvrière mondiale.

Ceux qui éprouveraient de la réticence face à cette hypothèse devraient observer plus attentivement ce qui se passe en Asie, surtout en Chine, où il éclate de plus en plus d’«incidents» (traduire, de confrontations) chaque année (150 000 en 2016), y compris plusieurs milliers de grèves; au Vietnam, où il y a eu trois ou quatre grèves générales au cours de la dernière décennie; au Cambodge, où les grèves succèdent aux grèves (5) ; au Bangladesh, où de nombreuses grèves et émeutes ont touché les secteurs d’exportation du textiles et de l’habillement, secteurs dans lesquels les femmes prédominent; et en Inde (6), comme chez Maruti Suzuki.

Notre tâche est de localiser l’élément «invariant» qui, lors de chaque soulèvement révolutionnaire depuis 1848, a «forcé» le prolétariat salarié à inventer et mettre en œuvre de nouvelles formes de lutte. Si le monde d’aujourd’hui est dominé par l’accumulation de capitaux, le prolétariat salarié mondial est sa «face cachée», le sujet pratique collectif inversé et transformé dans des formes aliénées grâce une stratégie de fragmentation après les années 1970, stratégie culminant dans la tentative d’ «ubérisation» actuelle de la classe ouvrière. Ce monde dominé par le profit, la finance et l’immobilier (la rente foncière) est un monde où les résultats du travail humain semblent marcher sur leur tête, et c’est seulement dans des conjonctures exceptionnelles de rupture que la «classe pour soi», celle dont l’activité quotidienne aliénée sous-tend ces formes d’exploitation, se relève et transforme la réalité avec des bottes de sept lieues. La guerre franco-prussienne qui a déclenché la Commune de Paris, la défaite russe pendant la guerre de 1904-1905 avec le Japon qui a conduit à des éruptions révolutionnaires en Russie et en Pologne en 1905-1907, la révolte des marins allemands à Kiel qui préférèrent se mutiner en 1918 plutôt que de connaître une mort certaine en combattent le blocus britannique, sont des exemples passés de moments où les prolétaires, acculés par la logique du système, ont choisi plutôt d’en repousser les limites.

Une guerre qui prendrait aujourd’hui les dimensions des deux guerres mondiales inter-impérialistes provoquerait une catastrophe indescriptible. Elle répondrait probablement définitivement à la question posée par l’alternative «socialisme ou barbarie ?» en faveur de cette dernière. Aujourd’hui, et depuis longtemps, les barbares ont remporté de nombreuses victoires. Pour ne prendre que le triste exemple des États-Unis, nous voyons que le «pays le plus riche du monde» est celui où le taux de mortalité sur les lieux de travail est le plus élevé du monde «capitaliste avancé». Un PDG américain (7) gagnait 40 fois plus qu’un ouvrier dans les années 1970. Aujourd’hui il gagne de 200 à 300 fois plus, alors que la part des travailleurs dans le PIB actuel est tombée à un niveau inférieur à celui de 1945. Les ouragans dévastateurs actuels de Harvey et Irma (en septembre 2017) ont mis en relief, rien qu’aux États-Unis, la pente ascendante des «événements climatiques» et apporté une preuve supplémentaire, si cela était nécessaire, de la réalité des changements climatiques.

Néanmoins, parce que nous voyons le communisme avant tout «comme le mouvement réel qui se déroule sous nos yeux» (Manifeste communiste), nous pouvons souligner, en plus des vagues de grève qui se déroulent en Asie et que nous avons déjà mentionnées, l’importance des mouvements des piqueteros argentins de 2001 : de la jeunesse afro-américaine de Ferguson, au Missouri, qui, en 2014, est descendue dans les rues, jour après jour, après le meurtre de Michael Brown ; la résistance des travailleurs et des jeunes en France contre le «dégraissage» des lois du travail que veut effectuer Macron

dans ce pays ; les luttes des ouvriers en cours dans la principale usine textile égyptienne de Malhalla et les émeutes du pain dans ce pays en mars 2017 ; les années de grèves et d’émeutes en Grèce contre l’austérité imposée par l’Union européenne; et les grèves des mineurs en Afrique du Sud. Rappelons également la résistance violente à l’échelle nationale contre une nouvelle augmentation du prix de l’essence au Mexique au début de l’année 2017 ; les attaques des travailleurs vietnamiens contre les gardiens de leurs usines en mars 2017. Ces quelques exemples indiquent que la «vieille taupe» n’est pas morte.

Si nous voulons commémorer le centenaire de la Révolution russe, dans le contexte plus large des soulèvements de 1917-1921, plutôt que de nous livrer à la contemplation béate d’une rupture historique intervenue dans un passé lointain, nous pouvons contribuer à l’unification des luttes d’aujourd’hui et de demain, à la prochaine révolte prochaine de la classe qui «est la réponse à l’énigme de l’histoire, et sait qu’elle incarne cette réponse».

Loren Goldner, 10 septembre 2017

Notes--------

1 En effet, les grévistes d’Afrique du Sud avaient lancé le slogan raciste : «Travailleurs du monde entier, unissez-vous pour une Afrique du Sud blanche».

2 Voir mon article sur cette période http://breaktheirhaughtypower.org/socialism-in-one-country-before-stalin- and-the-origins-of-reactionary-anti-imperialism-the-case-of-turkey -1917-1925 /

3 Note du traducteur. Quelques ouvrages de Rosa Luxembourg disponibles en français chez différents éditeurs : Réforme sociale ou révolution ? (1899) ; Grève de masse, parti et syndicat (1906) ; L’Accumulation du capital (1913) ; La Révolution russe (1918, posthume), Introduction à l’économie politique (posthume) et Lettres de prison. Ainsi que les Oeuvres complètes en cours d’édition aux Editions Agone par le Collectif Smolny (http://www.collectif-smolny.org/rubrique.php3?id_rubrique=64 )

4 Voir mon article http://breaktheirhaughtypower.org/the-agrarian-question-in-the-russian-revolution-from- material-community-to-productivism-and-back/

5 Voir les articles d’Art Mean : http://insurgentnotes.com/2016/10/strike-wave-and-worker-victories-in- cambodia/ et http://insurgentnotes.com/2017/08/class-struggles-in-cambodia/

6 Voir le texte de Kamunist Kranti : http://insurgentnotes.com/author/kamunistkranti/ et d’autres textes ici : https://libcom.org/tags/kamunist-kranti

7 Note du traducteur : On trouvera dans le très réactionnaire Figaro un tableau comparatif très instructif des rémunérations des patrons et des salariés à l’échelle mondiale en 2013 : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/11/23/20002-20131123ARTFIG00235-le-grand-ecart-des- remunerations-entre-salaries-et-patrons-a-travers-le-monde.php

(Traduit de l’anglais par Y.C. pour les sites http://www.mondialisme.org/spip.php?rubrique1 et http://npnf.eu/ . On trouvera d’autres traductions de Loren Goldner dans le livre de cet auteur : Nous vivrons la Révolution édité par Ni patrie ni frontières en 2008, http://www.mondialisme.org/spip.php?article1375 et dans le recueil de textes La Gauche identitaire contre la classe : aux sources d’une régression, édité en 2017, http://www.mondialisme.org/spip.php?article2566 )

Posté par spartacus1918 à 12:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

13 septembre 2017

Révolution russe Octobre 1917-Rosa Luxemburg : La tragédie russe

 

 La tragédie russe

peace_negotiations_in_brest_litovsk_1917_c463bp

Depuis la paix de Brest-Litovsk, la révolution russe est dans une mauvaise passe. La politique qui a guidé les bolchéviks est évidente : la paix à tout prix pour gagner un peu de répit, établir et affermir entre-temps la dictature prolétarienne en Russie, réaliser le plus grand nombre possible de réformes dans le sens du socialisme et attendre ainsi qu'éclate la révolution prolétarienne internationale, en hâter conjointement l'avènement par l'exemple russe. Les masses populaires russes en avaient plus qu'assez de la guerre, le tsarisme avait laissé derrière lui une armée désorganisée, la poursuite de la guerre semblait donc devoir déboucher à coup sûr sur un vain massacre de la Russie et il n'y avait pas d'autre issue possible qu'une conclusion rapide de la paix. C'est ainsi que Lénine et ses amis dressaient le bilan.

Il leur était dicté par deux convictions purement révolutionnaires : une foi inébranlable dans la révolution européenne du prolétariat, qui constituait pour eux la seule issue et la conséquence inévitable de la guerre mondiale et la décision non moins inébranlable de défendre jusqu'au bout le pouvoir qu'ils avaient conquis en Russie afin de s'en servir pour accomplir le plus énergique et le plus radical des bouleversements.

Mais c'était, dans sa majeure partie, un bilan dressé à l'insu du propriétaire, en d'autres termes, sans le militarisme allemand auquel la Russie s'est livrée pieds et poings liés par la paix séparée. En fait, la paix de Brest n'est qu'une capitulation du prolétariat révolutionnaire russe devant l'impérialisme allemand. Certes, Lénine et ses amis ne se sont pas trompés sur les faits, pas plus qu'ils n'ont trompé les autres. Ils ont reconnu la capitulation sans détours. Malheureusement, ils se sont fourvoyés dans l'espérance de pouvoir acheter un véritable répit au prix de cette capitulation, de pouvoir échapper réellement à l'enfer de la guerre mondiale par une paix séparée. Ils n'ont pas tenu compte du fait que la capitulation de la Russie à Brest-Litovsk 1 aurait pour conséquence un énorme renforcement de la politique impérialiste pangermanique et affaiblirait, par là-même, les chances d'un soulèvement révolutionnaire en Allemagne, ne mènerait nullement à la fin des hostilités avec l'Allemagne mais introduirait simplement un nouveau chapitre de cette guerre.

En effet, la « paix » de Brest-Litovsk est une chimère. La paix n'a pas régné un seul instant entre la Russie et l'Allemagne. Depuis Brest-Litovsk et jusqu'aujourd'hui, la guerre a continué, une guerre particulière, unilatérale : avancée allemande systématique et repli silen­cieux des bolcheviks, pas à pas. L'occupation de, l'Ukraine, de la Finlande, de la Livonie, de l'Estonie, de la Crimée, du Caucase, d'un nombre sans cesse croissant de territoires de la Russie du Sud - voilà le résultat de « l'état de paix » qui règne depuis Brest-Litovsk.

Et cela voulait dire : premièrement, l'écrasement de la révolution et la victoire de la contre-révolution dans tous les fiefs révolutionnaires de Russie. Car la Finlande, les pays baltes, l'Ukraine, le Caucase, les territoires de la mer Noire - tout cela, c'est la Russie, c'est-à-dire le terrain de la révolution russe, n'en déplaise aux phraséologues creux et petit-bourgeois qui papotent sur «le droit des nations à l'autodétermination ».

Deuxièmement, cela veut dire que la partie grand'russe du terrain révolutionnaire est coupée des régions à blé, à charbon, à minerai, à pétrole, c'est-à-dire des sources de vie essentielles de la révolution.

Troisièmement : tous les éléments contre-révolutionnaires de l'intérieur de la Russie y trouvent encouragement et renfort en vue d'une résistance acharnée contre les bolchéviks et les mesures qu'ils prennent.

Quatrièmement : L'Allemagne se voit assigner un rôle d'arbitre dans les relations politi­ques et économiques de la Russie avec ses propres provinces - Finlande, Pologne, Lithuanie, Ukraine, Caucase - et avec ses voisins - la Roumanie.

La conséquence générale de cette ingérence illimitée de l'Allemagne dans les affaires de la Russie est bien évidemment un monstrueux renforcement de la position de l'impérialisme allemand à l'intérieur comme à l'extérieur, ce qui chauffe à blanc la résistance et la volonté belliqueuse des pays de l'Entente et signifie donc la prolongation et le durcissement de la guerre mondiale. Et plus encore : le manque de résistance de la part de la Russie qu'ont révélé les progrès sans entraves de l'occupation allemande, devait bien naturellement faire miroiter à l'Entente et au Japon la possibilité d'une contre-offensive en territoire russe afin d'éviter un déséquilibre considérable en faveur de l'Allemagne et de satisfaire conjointement les appétits impérialistes aux dépens d'un colosse sans défense. A présent, on lui enlève le Nord et l'Est de la Russie d'Europe ainsi que toute la Sibérie et l'on supprime ainsi aux bolchéviks leurs dernières sources vitales.

Ainsi, la révolution russe, grâce en définitive à la paix de Brest est encerclée, affamée, harcelée de toutes parts.

Mais même à l'intérieur, sur le terrain que l'Allemagne a bien voulu laisser aux bolcheviks, on a contraint le pouvoir et la politique de la révolution à dévier du droit chemin. Les attentats contre Mirbach et Eichhorn 2 sont une réponse bien compréhensible au régime de terreur que l'impérialisme allemand fait régner en Russie. Certes, la social-démocratie a tou­jours dénoncé la terreur individuelle, mais uniquement parce qu'elle lui opposait un moyen plus efficace, la lutte de masse et non parce qu'elle lui préférait l'acceptation passive de la dictature réactionnaire. Prétendre que les socialistes révolutionnaires de gauche ont commis ces attentats à l'instigation ou pour le compte de l'Entente, constitue bien sûr l'une des falsifications officieuses du W.T.B. 3. Ou bien ces attentats devaient donner le signal d'un soulèvement de masse contre l'hégémonie allemande, ou bien il s'agissait là d'actes de vengeance impulsifs, motivés par le désespoir et la haine du régime sanglant que fait régner l'Allemagne. Quelles qu'aient été les intentions sous-jacentes, ils étaient porteurs d'un grand danger pour la cause de la révolution en Russie, celui d'une scission à l'intérieur du regroupe­ment socialiste établi jusqu'à présent. Ils ont taillé la brèche entre les bolcheviks et les socialistes révolutionnaires de gauche, ou plus encore, ils ont creusé le fossé, suscité une inimitié à mort entre les deux ailes de l'armée de la révolution.

Certes, les différences sociales, elles aussi - le contraste entre la paysannerie possédante et le prolétariat rural entre autres choses - auraient tôt ou tard amené la rupture entre les bolcheviks et les socialistes-révolutionnaires de gauche. Mais jusqu'à l'attentat contre Mirbach, il ne semblait pas que les choses en soient arrivées là. Il est de fait, en tout cas, que les socialistes-révolutionnaires de gauche accordaient leur soutien aux bolcheviks. La révolution de Novembre 4 qui a porté les bolcheviks à la barre, la dissolution de la consti­tuante, les réformes que les bolcheviks ont accomplies jusqu'à présent auraient difficilement été possibles sans la collaboration des socialistes-révolutionnaires de gauche. Brest-Litovsk et ses conséquences ont taillé la première brèche entre les deux courants. L'impérialisme allemand joue aujourd'hui le rôle d'arbitre dans les relations des bolchéviks avec ceux qui étaient leurs alliés dans la révolution, de même qu'il arbitre leurs relations avec les provinces qui bordent la Russie et les États voisins. Tout ceci, bien évidemment ne fait qu'accroître les oppositions déjà considérables au pouvoir et à l'œuvre de réformes des bolcheviks, ne fait que rétrécir la base sur laquelle repose leur pouvoir. Le conflit interne et la scission entre les éléments hétérogènes de la révolution étaient sans doute inévitables en soi, comme ils sont inévitables dans tout processus de radicalisation d'une révolution en marche. Mais à présent le conflit est, en fait, intervenu à propos de la dictature du sabre qu'exerce l'Allemagne sur la révolution russe. L'impérialisme allemand est le couteau que l'on retourne dans la plaie de la révolution russe.

Mais ce ne sont pas là tous les dangers ! Le cercle d'airain de la guerre mondiale qui semblait brisé à l'Est se referme autour de la Russie et du monde entier sans la moindre faille : l'Entente s'avance au Nord et à l'Est avec les Tchécoslovaques et les Japonais 5 - conséquence naturelle et inévitable de l'avance de l'Allemagne à l'Ouest et au Sud. Les flammes de la guerre mondiale lèchent déjà le sol russe et convergeront sous peu sur la révolution russe. En fin de compte, il s'est avéré impossible pour la Russie de se retrancher isolément de la guerre mondiale, fût-ce au prix des plus grands sacrifices.

Et maintenant, la pire des menaces guette les bolcheviks au terme de leur chemin de croix : on voit s'approcher le spectre sinistre d'une alliance entre les bolcheviks et l'Allemagne ! Ce serait là, sans aucun doute, le dernier maillon de la chaîne fatale que la guerre mondiale a jetée autour du cou de la révolution russe : d'abord le repli, puis la capitu­lation et enfin l'alliance avec l'impérialisme allemand. Ainsi, la guerre mondiale à laquelle elle voulait échapper à tout prix ne ferait que précipiter la révolution russe aux antipodes : du camp de l'Entente sous le tsar, elle passerait dans le camp de l'Allemagne sous les bolcheviks.

Que le premier geste du prolétariat révolutionnaire russe après l'explosion de la révolution ait été de quitter le ban de l'impérialisme franco-anglais, n'en demeure pas moins un fait de gloire. Mais, compte tenu de la situation internationale, entrer dans le ban de l'impérialisme allemand est encore bien pire.

Trotsky aurait déclaré que si la Russie avait le choix entre l'occupation japonaise et l'occupation allemande, elle choisirait cette dernière parce que l'Allemagne est beaucoup plus mûre pour la révolution que le Japon. Cette spéculation est manifestement tirée par les cheveux. Car le Japon n'est pas seul en cause en tant qu'adversaire de l'Allemagne, il s'agit aussi de l'Angleterre et de la France, et nul ne peut dire si les conditions internes y sont plus ou moins favorables à la révolution prolétarienne qu'en Allemagne. Le raisonnement de Trotsky est faux a priori dans la mesure où chaque renforcement et chaque victoire du milita­risme allemand ébranle les perspectives et l'éventualité d'une révolution en Allemagne.

Mais outre ces arguments prétendument réalistes, il en est d'autres qu'il faut prendre en considération. Une alliance des bolchéviks avec l'impérialisme allemand porterait au socialisme international le coup moral le plus terrible qui pût encore lui être infligé. La Russie était le dernier refuge où le socialisme révolutionnaire, la pureté des principes, les idéaux avaient encore cours ; les éléments authentiquement socialistes en Allemagne et dans toute l'Europe portaient vers elle leurs regards afin de se guérir du dégoût que suscite la pratique du mouvement ouvrier d'Europe occidentale, afin de s'armer de courage pour persé­vérer et croire encore aux œuvres idéales, aux paroles sacrées. Avec l' « accouplement » grotesque de Lénine et de Hindenburg s'éteindrait à l'Est la source de lumière morale. Il est bien évident que les dirigeants allemands mettent le couteau sous la gorge du gouvernement soviétique et profitent de sa situation désespérée pour lui imposer cette alliance contre nature. Mais nous espérons que Lénine et ses amis ne céderont à aucun prix, qu'ils seront catégoriques dans leur réponse à cette provocation : jusque-là et pas plus loin !

Une révolution socialiste assise sur les baïonnettes allemandes, une dictature proléta­rienne sous la juridiction protectrice de l'impérialisme allemand - voilà qui serait pour nous un spectacle d'une monstruosité inégalée. Et ce serait de surcroît purement et simplement de l'utopie. Sans compter que le prestige des bolcheviks dans leur propre pays, serait anéanti ; ils y perdraient toute liberté d'action, toute indépendance, même intérieure, et d'ici très peu de temps, ils disparaîtraient totalement de la scène. Même un enfant aurait discerné depuis longtemps que l'Allemagne n'est qu'hésitante mais guette l'occasion qui lui permettra, à l'aide des Milioukov, de quelconques hetmans et de Dieu sait quels sombres hommes d'honneur et de paille, de mettre un terme au pouvoir bolchevik, de contraindre Lénine et ses amis à étrangler ce pouvoir de leurs propres mains, après leur avoir fait jouer comme aux Ukrainiens, aux Loubinski et consorts le rôle du cheval de Troie.

C'est alors seulement que tous les sacrifices consentis jusqu'à présent, le grand sacrifice de la paix de Brest, l'auraient été en vain ; car ils l'auraient, en fin de compte, achetée au prix de la banqueroute morale. N'importe quel déclin politique des bolcheviks dans un combat loyal contre des forces trop puissantes et la défaveur de la situation historique, serait préférable à ce déclin moral.

Les bolcheviks ont certainement commis plus d'une faute dans leur politique et en commettent sans doute encore - qu'on nous cite une révolution où aucune faute n'ait été commise ! L'idée d'une politique révolutionnaire sans faille, et surtout dans cette situation sans précédent, est si absurde qu'elle est tout juste digne d'un maître d'école allemand. Si, dans une situation exceptionnelle, un simple vote au Reichstag fait déjà perdre la « tête » aux « chefs » du socialisme allemand, alors que la voie leur est clairement tracée par l'abc du socialisme, si alors leur cœur bat la chamade et s'ils y perdent tout leur socialisme comme une leçon mal apprise - comment veut-on qu'un parti placé dans une situation historique véritablement épineuse et inédite, où il veut tracer de nouvelles voies pour le monde entier, comment veut-on qu'il ne commette pas de faute ?

Cependant, la situation fatale dans laquelle se trouvent aujourd'hui les bolchéviks ainsi que la plupart de leurs fautes sont elles-mêmes la conséquence du caractère fondamentale­ment insoluble du problème auquel les a confrontés le prolétariat international et surtout le prolétariat allemand. Établir une dictature prolétarienne et accomplir un bouleversement socialiste dans un seul pays, encerclé par l'hégémonie sclérosée de la réaction impérialiste et assailli par une guerre mondiale, la plus sanglante de l'histoire humaine, c'est la quadrature du cercle. Tout parti socialiste était condamné à échouer devant cette tâche et à périr, qu'il soit guidé, dans sa politique par la volonté de vaincre et la foi dans le socialisme interna­tional, ou par le renoncement à soi-même.

Nous aimerions les voir à l’œuvre, ces Basques pleurnichards, les Axelrod, les Dan, les Grigoriants 6 et compa­gnie qui, l'écume aux lèvres, vitupèrent contre les bolcheviks et colportent leurs misères à l'étranger, trouvant en cela - et comment donc ! - des âmes compa­tis­santes, celles de héros tels que Ströbel, Bernstein et Kautsky 7, nous aimerions bien voir ces Allemands à la place des bolcheviks ! Toute leur subtile sagesse se bornerait à une alliance avec les Milioukov à l'intérieur, avec l'Entente à l'extérieur, sans oublier qu'à l'inté­rieur, ils renonceraient consciemment à accomplir la moindre réforme socialiste ou même à l'entamer, en vertu de cette célèbre prudence de châtré selon laquelle la Russie est un pays agraire où le capitalisme n'est pas encore à point.

Voilà bien la fausse logique de la situation objective tout parti socialiste qui accède aujourd'hui au pouvoir en Russie est condamné à adopter une fausse tactique aussi longtemps que le gros de l'armée prolétarienne internationale, dont il fait partie, lui fera faux bond.

La responsabilité des fautes des bolcheviks incombe en premier lieu au prolétariat international et surtout à la bassesse persistante et sans précédent de la social-démocratie allemande, parti qui prétendait en temps de paix marcher à la pointe du prolétariat mondial, s'attribuait le privilège d'endoctriner et de diriger tout le monde, comptait dans le pays au moins dix millions de partisans des deux sexes et qui maintenant crucifie le socialisme trente six fois par jour sur l'ordre des classes dirigeantes, comme les valets vénaux du Moyen Age.

Les nouvelles qui nous viennent aujourd'hui de Russie et la situation des bolcheviks sont un appel émouvant à la dernière étincelle du sentiment de l'honneur qui som­meille encore dans les masses d'ouvriers et de soldats allemands. Ils ont permis de sang-froid que la révolution russe soit déchiquetée, encerclée, affamée. Puissent-ils à la douzième heure la sauver au moins du comble de l’horreur : le suicide moral, l'alliance avec l'impérialisme allemand.

Il n'y a qu'une seule issue au drame qui s'est noué en Russie : l'insurrection tombant sur l'arrière de l'impérialisme allemand, le soulèvement des masses allemandes qui donnerait le signal d'un achèvement révolutionnaire international du génocide. Le sauvetage de l'honneur de la révolution russe coïncide, en cette heure fatale, avec le salut de l'honneur du prolétariat allemand et du socialisme international.

 

 

Spartakusbriefe, n° 11, septembre 1918, pp. 181-186.

 

1 Brest-Litovsk : Le 3 mars 1918 fut conclue à Brest-Litovsk une paix entre la Russie d'une part, l'Allemagne, l'Autriche, Hongrie, la Turquie et la Bulgarie d'autre part. La Russie soviétique consentait à être amputée, les troupes allemandes restant sur les territoires occupés par elles. Ce traité fut annulé après la révolution de novembre en Allemagne.

2 Le 6 juillet 1918, l'ambassadeur d'Allemagne, le Comte Mirbach-Harff, fut assassiné à Moscou par un socialiste-révolutionnaire de gauche. Le 30 juillet 1918, le Maréchal von Eichhorn, commandant en chef des troupes en Ukraine, connut le même sort à Kiev.

3 W.T.B. : Wolffs Telegraphisches Büro, Agence de Presse.

4 Selon notre calendrier, la révolution d'octobre a eu lieu le 7 novembre.

5 Il s'agit de l'intervention du corps militaire tchécoslovaque et des Japonais. Après la révolution d'octobre, le gouvernement soviétique autorisa le corps tchécoslovaque, composé d'anciens prisonniers à regagner son pays par Vladivostok. Ce corps se mutina contre le gouvernement soviétique. Il fut défait en 1919.

6 AXELROD, Pavel Borissovitch (1850-1928). Avec Plekhanov, un des pionniers du marxisme en Russie, il fut l'un des fondateurs du groupe « Libération du travail ». Il devint menchevik après 1903 puis zimmervaldien de droite pendant la guerre. Il ne participa pas à la révolution de 1917 et mourut en émigration.

DAN, Fedor Ilitch (Gourvitch) (1871-1947). Médecin membre du groupe « Libération du Travail » puis du P.O.S.D.R. Membre permanent du Comité Central menchevik, centriste pendant la guerre mondiale, il fut en 1917 membre du Soviet de Pétrograd ; émigra en 1922.

GRIGORIANTS, collaborateur menchevik du Vorwärts.

7 STRÖBEL, Heinrich, Militant du S.P.D. qui pendant la guerre sembla vouloir pendant un certain temps aller du côté des internationalistes mais qui épousa rapidement la tendance Kautsky et poursuivit son évolution vers la droite du Parti.

BERNSTEIN, Eduard (1850-1932). Père du « révisionnisme », il fut membre du Reichstag à plusieurs reprises. Pacifiste centriste pendant la guerre mondiale, il fut l'un des fondateurs de l' « Arbeitsgemein­schaft ». Il réintégra les rangs de la social-démocratie majoritaire en 1919.

KAUTSKY, Karl (1854-1938). Théoricien marxiste du S.P.D., idéologue influant de la Il° Internationale, il fonda et édita la Neue Zeit et contribua à élaborer le programme d'Erfurt. Pacifiste pendant la guerre, il fit partie de l'aile droite de l'U.S.P.D. puis aida à organiser, en 1922, l'Internationale deux et demi.

Posté par spartacus1918 à 04:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

11 septembre 2017

Manifestation du mardi 12 septembre 2017 à 14h Paris

mardi 12 septembre 2017 à 14h

Manifestation à Paris contre la réforme du droit du travail

Trajet / parcours : départ 14h de Bastille, en direction de Place d'Italie
Bastille > quai de la Râpée > Pont d'Austerlitz > Bd de l'hôpital > Place d'Italie

Ordre des cortèges syndicaux : CGT, Solidaires, FSU, UNEF, FO

Les métros Bastille et Quai de la Râpée seront fermés.

La préfecture annonce une « présence lointaine et discrète », avec des fouilles mais pas systématiques.

Rendez-vous particuliers:

  • 10h30 : Assemblée interpro de grévistes à Saint Denis, puis départ collectif
  • 11h00 : Assemblée puis départ collectif de Montreuil, place de la Mairie
  • 12h00 : Rv du Front Social, angle Bd de la Bastille / rue Lacuée
  • 12h30 : Rassemblement et départ collectif - université - Jussieu, tour 46
  • 13h12 : Blocages et départ groupé du cortège lycéen de République
  • 13h30 : Départ collectif Paris 20e place Henri Krasucki
  • 14h00 : Rv des agents de la BnF - angle rue Saint-Antoine / Bastille
  • 14h00 : Rv des emplois aidés - place Mazas / M° Quai de la Rapée
  • 14h00 : CGT spectacle : culture - angle Bd de la Bastille / rue Biscornet
  • Point fixe du NPA - Quai de la Rapée
  • 18h00 : Assemblée générale Ile de France
  • D'autres rendez-vous des organisations, bientôt, ici sur Démosphère

Départs en bus

  • Argenteuil : CGT départ 12h30 - Salle Jean Vilar
  • Coulommiers : 11h50 devant le Crédit Agricole de Coulommiers départ 12h - Inscription : 01.64.03.54.85 / 09.65.04.53.38 ou ulcgtcoulommiers77@wanadoo.fr
  • La Courneuve : départ à 13h - cgt.courneuve@orange.fr
  • Marne La Vallee : 12h45 devant le château de champs - inscription
  • Meaux : UL CGT : 01.60.23.01.20 / 09.50.51.77.10 ou ulcgtmeaux@yahoo.fr
  • Melun : Départ 13h00 Parking Giga Store Melun - inscription SMS : 06.66.67.58.88, ulcgtmelun@outlook.fr
  • Mitry Mory : UL CGT 01.64.27.69.51 ou ulmitrycgt@yahoo.fr
  • Montereau : 11h00 Place Jacques Lespemes - Inscription : 07.61.52.12.20
  • Nemours : Départ parking Casino à 12h15. 01.64.28.42.97 - ulcgt.nemours@wanadoo.fr
  • Saint-Denis :12h30 de la Bourse du Travail

Cette page, sur Démosphère, sera régulièrement mise à jour avec les informations pratiques pour la manifestation et les tracts d'appel.

Posté par spartacus1918 à 05:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

06 septembre 2017

INFOBREF N°495- censure-guerres-répression

INFOBREF N°495

Désormais, les syndicats auront besoin d’une autorisation du patron pour envoyer des mails aux salariés

Après deux ans de procédure dans le cadre du procès opposant le crédit Lyonnais à la CGT, la justice (de classe) a tranché. Désormais, les syndicats ne pourront pas envoyer de mails groupés à l’ensemble des salariés sans un accord préalable avec le patron.

Julian Vadis

mardi 22 août 2017-C’est une décision qui fait office de jurisprudence. Et pour cause, le litige qui oppose le Crédit Lyonnais et la CGT était inédit. En effet, le syndicat s’était servi, en 2015, de la boite mail de la banque pour envoyer 3 messages à l’ensemble des salariés. Un tractage 2.0 qui n’a pas été du goût de la direction en général et de la direction des ressources humaines, qui avait dès lors interdit la CGT d’accès à la messagerie. Une forme de répression nouvelle, visant à brimer le droit des syndicats à informer les travailleurs de l’actualité au sein de l’entreprise et de leurs droits en tant que salariés.

Il semble toutefois que la manœuvre ait trouvé des admirateurs du côté des instances judiciaires. Après des passages en première instance, en appel et en cassation, la justice a tranché : sans accord préalable avec l’entreprise, pas de tractage généralisé aux salariés par messagerie électronique. Une décision qui offre une marge de manœuvre non négligeable pour les patrons, qui pourront ainsi avoir un droit de regard sur le contenu des mails et ainsi dispose d’un aval judiciaire pour censuré allégrement les représentant des salariés et les syndicats.

Dans les colonnes du Figaro, Sylvain Niel, spécialiste de droit du travail feint l’étonnement et estime que « cette jurisprudence risque d’être condamnée à terme par les ordonnances du gouvernement » car il s’agirait, selon lui de « l’évolution logique des choses. Nous allons vers un principe de démocratie directe ». Simple accident judiciaire donc ? On est en droit d’en douter, au vu de l’acharnement d’Emmanuel Macron contre les droits syndicaux les plus élémentaires, à l’image de la fusion des instances de représentants de personnels qu’il prévoit de mettre en œuvre. Loin d’un principe de « démocratie directe » dans les entreprises, la destruction des acquis sociaux et la désormais main mise renforcé du patronat sur le contenu des informations divulgué par les organisations de travailleurs aux salariés tend plutôt à un renforcement de la dictature patronale.

(publié par révolution permanente)

 

Les preuves de la mise sur liste noire des sites de gauche et progressistes par Google s’accumulent

Par Andre Damon
9 août 2017

Un nombre croissant de sites Web éminents de gauche ont confirmé que leur taux de fréquentation en provenance de Google a chuté ces mois derniers, cela vient s’ajouter aux preuves que Google, sous couvert d’une campagne frauduleuse contre les fake news, met en œuvre un large programme de censure systématique.

Truthout, un site Web à but non lucratif qui se concentre sur les développements politiques, sociaux et écologiques du point de vue progressiste de gauche, a vu diminuer son lectorat de 35 pour cent depuis avril. Real News, un service d’actualités en vidéo et de documentaires à but non lucratif, a vu chuter sa fréquentation en provenance des moteurs de recherche de 37 pour cent. Un autre site, Common Dreams, a informé le WSWS la semaine dernière que sa fréquentation venant des moteurs de recherche avait chuté de jusqu’à 50 pour cent.

Pour autant, elles sont dépassées de loin par la baisse de près de 70 pour cent de fréquentations provenant de Google subie par le WSWS.

« Quelque chose s’est passé avec Google à tous les niveaux qui affecte grandement les médias de gauche », a déclaré Scott LaMorte, le développeur de sites web pour Truthout et The Real News.

« C’est une parfaite aberration. C’est une baisse inédite depuis trois ans pour Truthout et The Real News, et probablement sans précédent dans la vie de ces organisations. Aucune des deux n’a connu précédemment une baisse pendant trois mois consécutifs depuis mai comme c’est leur cas.

« Ce n’est pas comme si tout le monde à gauche a soudainement changé leur SEO [Optimisation des moteurs de recherche] », a déclaré M. LaMorte. « Je ne pense pas que ce soit un changement dans l’algorithme de Google qui détermine l’importance de leurs pratiques SEO de référencement. »

Eric Maas, un consultant en optimisation des moteurs de recherche travaillant dans la région de la baie de San Francisco, a déclaré que son équipe a examiné un large éventail de sites d’information indépendants affectés par des changements dans les algorithmes de Google depuis avril. « Ces sites, qui ont vu chuter leur fréquentation depuis les recherches de jusqu’à 67 pour cent, possèdent une gamme variée de stratégies de contenu et de conformité aux bonnes pratiques préconisées par Google et les experts en SEO. »

« C’est le pire des cas de la censure politique ; c’est juste une excuse pour supprimer des points de vue politiques », a déclaré Robert Epstein, un ancien rédacteur en chef de Psychology Today et expert reconnu de Google.

Epstein a déclaré que, à ce stade, la question était de savoir si le WSWS avait été signalé spécifiquement par des évaluateurs humains employés par le géant de la recherche ou si ces évaluateurs avaient influencé le moteur de recherche Google pour reléguer les sites de gauche. « Ce que vous ne savez pas, c’est si ce sont les évaluateurs humains qui vous relèguent ou si c’est le nouvel algorithme qu’ils mettent au point », a déclaré Epstein.

Richard Stallman, le pionnier de la technologie de renommée mondiale et dirigeant du Free Software Foundation (Fondation pour le logiciel libre), a déclaré qu’il avait lu le reportage du WSWS sur la censure par Google des sites de gauche. Il a mis en garde contre l’immense contrôle exercé par Google sur Internet, en disant : « Du fait que le contrôle du principal moyen utilisé par les gens pour repérer des articles sur une question donnée soit exercé par une société géante crée le potentiel évident d’abus de pouvoir. »

Selon les données de l’outil d’optimisation de recherche SEMRush, la fréquentation de recherche sur le site Web personnel de M. Stallman, Stallman.org, est tombée de 24 pour cent, tandis que le trafic vers gnu.org, exploité par la Free Software Foundation, a chuté de 19 pour cent.

La baisse massive de fréquentation en provenance des recherches vers le WSWS et d’autres sites de gauche s’est produite après la mise en œuvre de changements dans les protocoles d’évaluation des recherches de Google. Dans un communiqué publié le 25 avril, Ben Gomes, vice-président de l’ingénierie, a déclaré que la mise à jour par Google de son moteur de recherche bloquerait l’accès à des sites « offensants » tout en s’assurant de faire ressortir plus de « contenu faisant autorité ».

Dans un ensemble de lignes directrices fournies aux évaluateurs Google en mars, la société a donné l’ordre aux évaluateurs de son moteur de recherche de signaler les pages renvoyant des « théories du complot » ou un contenu « bouleversant » à moins que « la requête indique clairement que l’utilisateur recherche un point de vue différent ».

Le WSWS continuera à démasquer le programme de censure politique de Google et à lutter contre lui, mais nous avons besoin de l’aide de nos lecteurs. Veuillez partager cet article par email et les médias sociaux. S’il vous plaît faites un don aujourd’hui et s’inscrire pour des mises à jour par e-mail !

À lire également :

Google bloque les 45 premiers termes de recherche du WSWS

Le nouveau protocole de recherche de Google restreint l’accès à 13 importants sites web socialistes, progressistes et anti-guerre

Un nouvel algorithme de Google limite l’accès aux sites web progressistes et de gauche

(article original paru le 8 août 2017)



« C’était même pas : dans quelles conditions elle est décédée… c’est : mon Dieu la famille va arriver »

Marseille. Deux aides-soignantes virées pour avoir dénoncé pressions et maltraitance!

Deux aides-soignantes d’un établissement pour personnes âgées du groupe KORIAN, à Marseille, ont été licenciées après avoir dénoncé des cas de maltraitance et des pressions subies au travail par le groupe KORIAN situé à Marseille. Déjà licenciées à l'heure du reportage sur France Culture, les deux aides soignantes avaient témoignées de nouveau à la radio de leurs conditions de travail en décrivant les pressions que subissaient les employé-e-s, ainsi que les maltraitances que subissent les résidents. L’inspection du travail va mener une enquête sur les risques psycho-sociaux que représente l’établissement. La CGT Santé et Actions sociale a lancé une pétition demandant leurs réintégrations. Les situations et citations sont basées sur leurs témoignages sur France Culture.

un manque cruel d’effectif : « Si on veut respecter la personne, on ne peut pas respecter le planning »

 
Les aides-soignants, qui s’occupent intégralement de personnes très âgées souffrant de démence, ne sont qu’au nombre de deux par étage, parfois même seuls, et peuvent avoir en charge jusqu’à 24 résidents. À deux, ils doivent faire prendre leur douche aux résidents, leur faire prendre leur repas et gérer les crises de démence et les décès. Mais, avec le peu de temps qu’ils ont, impossible pour eux de s’occuper convenablement des patients, notamment à cause du temps perdu à s’occuper des patients les plus difficiles, ce qui les amène à bâcler leur travail pour pouvoir s’occuper de tous les résidents.

Malgré leur demande à la direction pour avoir plus de personnel, leur effectif reste inchangé. Les employés se sont plaints que la direction cherche à les culpabiliser pour les mauvais traitements qu’ils infligent aux patients faute de temps et que tout est fait pour les responsabiliser dans des situations parfois insoutenables.


« Ils ont travaillé toute leur vie pour se payer une retraite… ils payent leur maltraitance et leurs morts »

 
Les résidents payent environ 6000 € par mois et leurs repas pour la journée (petit-déjeuner et goûter inclus) coûtent… 4 €. Et ce prix n’est sûrement pas dû à des salaires mirobolants pour les aides-soignants ! Par exemple, les deux évoquées en début d’article sont chacune payées 1230 € et 1290 € par mois. Une belle usine à fric… subventionnée par l’État.

Une des aides-soignantes s’occupait d’une vieille dame de 87 ans, qui posait peu de problèmes en dehors de crises d’angoisse qui arrivaient notamment si on fermait sa porte. Mais, une nuit, des intérimaires peu formés et ne connaissant pas les patients, s’occupaient de l’étage et ont fermé la porte, ont mis leurs bipeurs (qui prévient l’aide-soignant quand un patient a besoin d’aide) dans leur chariot pour pouvoir dormir pendant leur pause. Les aides-soignantes ont retrouvé la vieille femme le lendemain matin, face contre terre, baignant dans son sang. Elles n’avaient aucune idée de ce qui lui était arrivée, et, sous le choc, ont appelé un infirmier qui s’est occupé de la remettre dans son lit et de nettoyer la chambre. « C’était même pas : dans quelles conditions elle est décédée… c’est : mon Dieu la famille va arriver ». « Il fallait faire toute une mise en scène pour que quand la famille arrive on s’imagine une mort naturelle ». Elles racontent avoir fait part de cet accident à la direction, qui a nié en bloc et remis en cause leurs témoignages. « On ne peut pas le marquer sur l’ordinateur, sur le DRI, parce que sinon on va se faire massacrer par la direction ».
« Il faut que je dénonce ces monstres »

En décembre, deux d’entre elles se sont faites licencier et demandent leur réintégration au sein de l’établissement ! Elles espèrent que l’enquête de l’inspection du travail va permettre à d’autres employés de témoigner des cas de maltraitance et des pressions subies au travail, la direction niant en bloc toutes ces accusations.

Il est indispensable de soutenir les deux aides-soignantes qui ont eu le courage de porter sur la place publique la réalité qui se cache derrière les murs de l’établissement. En effet, le traitement inhumain infligé aux personnes âgées et les pressions physiques et morales infligées au personnel sont la résultante d’une volonté, pour la direction, d’une maximisation du profit. C’est pour cela qu’il s’agit non seulement d’exiger la réintégration des deux aides-soignantes, car leur licenciement est avant tout un avertissement envers tous les employés, mais aussi l’embauche de personnel et des équipements adaptés pour qu’une telle tragédie ne puisse plus avoir lieu. Extrait de révolution permanente

 

La France en guerres ! Contre qui et pourquoi ?

jeudi 31 août 2017, par Robert Paris

Edito

La France en guerres ! Contre qui et pourquoi ?

La venue aux affaires de Macron-Philippe, à la suite d’Hollande-Valls, n’a rien changé à la politique guerrière de la France. Celle-ci est engagée, plus que jamais dans son histoire y compris les époques coloniales, dans de multiples guerres aux quatre coins du monde, de l’Afrique au Maghreb, de l’Orient à l’Extrême-Orient. La plupart des Français en ignorent même l’ampleur car, si les interventions militaires françaises en Libye ou au Mali ont été médiatisées, on ne parle pas tous les jours des interventions armées au Niger ou au Cameroun, sans parler de l’Irak et de la Syrie. Saviez-vous seulement que l’armée française intervenait en Ukraine ou au Yémen et y soutenait des bandes armées terroristes et fascistes ?!!

On se garde bien de citer, dans les média français, le grand nombre de victimes civiles des bombardements français. On ne parle pas du bilan de ces guerres pour les peuples concernés, pour la sécurité, le bien-être et la démocratie. Saddam Hussein et Kadhafi ont disparu mais pas la dictature et le terrorisme fleurit plus que jamais… Une masse considérables d’armes, qui ont été récupérées par les bandes terroristes, l’ont été grâce à la chute de Saddam et Kadhafi, sans aucun effort de la France ou des USA pour l’empêcher. Et, soi-disant pour combattre ces dictatures, les puissances occidentales ont, plus ou moins ouvertement, soutenu et armé des bandes terroristes comme Al Qaïda ou Al Nosra, sans parler d’Etat islamique lui-même !

Tout a été fait pour faire croire que la planète entière ne serait plus qu’un vaste conflit de l’Occident, luttant pour la liberté contre un terrorisme se revendiquant mensongèrement de l’islam, alors que ce sont les puissances occidentales, comme la France, qui le nourrissent et le justifient.

Alors que les chefs d’Etat successifs clament qu’il n’y a pas d’argent dans les caisses publiques pour financer les services publics, pour faire fonctionner les hôpitaux, les postes, les écoles, les universités, pour payer les infirmières, les aides soignantes, les postiers, les enseignants et les cheminots, il y a toujours plus d’argent pour faire des guerres partout dans le monde et pour financer personnels et matériels des armées. Le prétexte de ces guerres, c’est que la France serait une nation qui défend la liberté dans le monde en s’opposant militairement aux dictateurs et aux terroristes.

Mais remarquons d’abord qu’aucun Etat de la planète n’envoie ses hommes en armes attaquer la France, alors que cette dernière le fait dans de nombreux pays, tuant un grand nombre de civils qui ne sont partie prenante d’aucun conflit, ni avec elle, ni avec personne, bombardant des villes et des villages, détruisant les installations, qu’ensuite personne ne va reconstruire, terrorisant des peuples entiers. Cela va de la Libye à la Côte d’Ivoire, du Centrafrique à l’Irak, de la Syrie au Mali, en passant par l’Afghanistan (d’où les troupes françaises ne sont pas encore tout à fait parties) au Niger, et sans parler des pays où ses forces spéciales interviennent sans le faire savoir, comme la Somalie, le Yémen et bien d’autres…

Il suffit de dire qu’un chef d’Etat est un dictateur pour que cela justifie que la France y envoie son armée ! Il suffit aussi qu’existent dans ce pays des terroristes pour que cela permette d’y envoyer des troupes ou de bombarder le pays !

Mais ce que l’on sait moins, c’est que la même France a soutenu des terroristes, les a même armés, les a financés, soutenus politiquement, et qu’elle a également soutenu des dictateurs sanguinaires, les a financé, les a sauvé par d’autres interventions armées. La France a même cautionné des massacres et un génocide. On pourrait penser que la France est très loin de son passé colonial et c’est faux. La méthode d’intervention de la France est celle d’une puissance coloniale, d’un impérialisme.

C’est toujours la mainmise sur les richesses minières et pétrolières qui justifie en réalité les interventions, comme celles pour défendre la mainmise sur l’uranium du Niger, sur l’aluminium de la Guinée, sur le pétrole du Gabon, sur l’or du Mali, etc. Mais ce n’est pas tout : la France agit pour affirmer son rôle de grande puissance militaire : lancer des guerres, aider des terroristes ou des dictateurs permet de créer un dérivatif à la crise que traverse le système capitaliste mondial, de détourner les peuples de la révolution sociale.

Pourquoi le monde est en guerre, pourquoi les guerres se développent-elles sans cesse ? Pour se défendre du terrorisme ? Pour lutter pour la liberté et contre les dictatures ? Pour sauver les peuples ? Ou pour sauver un système d’exploitation et d’oppression qui est en bout de course !

Bien sûr, bien des gens diront que les informations n’ont pas montré la France soutenant les dictateurs ni la France armant les terroristes. Ils diront que tout cela, ce serait encore « la théorie du complot ». Mais c’est l’inverse : les gouvernants nous servent la théorie du complot terroriste, du complot des musulmans, du complot des migrants qui essaient d’envahir le pays, du complot des étrangers qui voudraient prendre le travail des français, etc.

Pas besoin de théorie du complot pour savoir que les gouvernants français étaient et sont les meilleurs amis des dictateurs, qu’ils aimaient particulièrement Saddam Hussein, qu’ils ont cultivé la relation avec Kadhafi, qu’ils ont leurs petits copains dictateurs africains si arrangeant pour donner des petits coups de mains financiers aux partis à la veille des élections françaises. Les trusts français ont toujours leur « pré carré » en Afrique et ils comptent bien le conserver, comme on l’a vu au Mali, au Niger ou en Côte d’Ivoire, tous des pays où l’armée française intervient activement en élément avancé de la défense des intérêts des trusts français, Bolloré, Bouygues, et autres Total.

La France a aussi ses petits copains terroristes, ceux qui l’ont aidée à virer Kadhafi, ceux qui l’aident en Syrie. Certains gouvernants français s’en cachaient très peu, comme Hollande-Valls-Fabius. Ce dernier a même fait scandale avec son soutien public au groupe terroriste Al Nosra. USA et France ont même, un moment, soutenu A Qaïda en Syrie, sous prétexte de virer le dictateur Assad. A la finale, ils ne l’ont pas fait chuter et ont contribué par leur intervention à mettre le pays à feu et à sang.

Bien sûr, pour tous ceux qui considèrent la France comme une nation démocratique, pacifique, exemplaire, tout cela n’est pas croyable. Eh bien, crédible ou pas, il est réel que la France a financé, armé et appuyé par tous les moyens des groupes terroristes et continue de le faire. Elle l’a fait au Centrafrique, en Syrie, en Libye, en Irak… Comme elle l’a fait en Ukraine et en Yougoslavie, en Afghanistan et au Mali.

De toutes manières, on ne doit pas soutenir ces guerres soi-disant pour libérer des peuples car toutes mènent les pays en question vers des situations encore pires que celles qu’il connaissait auparavant. Comparez la Libye avant l’intervention militaire française et celle d’après ! Comparez la Syrie d’avant et celle d’après.

Ces interventions, non seulement n’éliminent pas le terrorisme, mais elles lui permettent de se développer de manière folle. Elles crédibilisent politiquement et socialement les terroristes. Elles sèment la haine dans le monde entier.

Il n’est pas vrai non plus que ces interventions protègent notre sécurité ici en France. Il n’est pas vrai que, sans elles, les actes terroristes seraient plus nombreux. Tout cela est mensonger.

Il n’est pas vrai que les interventions armées de la France à l’étranger proviennent d’attaques terroristes en France. Les Ivoiriens n’attaquent pas la France. Les Maliens non plus. Les Centrafricains, les Nigériens, les Syriens, les Irakiens, les Afghans pas davantage. Leurs Etats n’attaquent pas non plus la France. Ses guerres ne sont nullement de la légitime défense. C’est au contraire une offensive impérialiste et colonialiste.

Elle fait partie des guerres des USA, de l’Angleterre et des autres puissances impérialistes occidentales.

Ces guerres n’ont sauvé aucun peuple du terrorisme.

Ces guerres n’ont ramené la paix, la sécurité et le bien-être dans aucun pays.

Ces guerres de la France devraient être dénoncées dans la rue, par des manifestations et autres actions de réprobation et elles ne le sont pas.

La dénonciation de ces guerres, y compris la grande guerre contre les migrants en Méditerranée, avec une armée spéciale pour les agresser, ne fait même pas partie des revendications des organisations syndicales.

Pourtant, le budget des armes et des armées est l’un des trous financiers du budget de la France, comme celui des « opérations extérieures » qui n’a cessé de monter en flèche.

Plus l’Etat est en faillite, plus il dépense en armements et en guerres !

Nous, travailleurs, ne devons pas rester silencieux devant ces agressions militaires contre les peuples, et d’autant moins qu’elles ne font que préparer une guerre généralisée, qui menace de s’étendre à la Corée du Nord, à la Chine et à la Russie, c’est-à-dire de devenir la troisième guerre inter-impérialiste mondiale !

N’attendons pas pour combattre l’Etat de guerre permanent et généralisé (intérieur et extérieur) dont l’Etat d’urgence n’était qu’une étape.

Travailleurs de France, comme partout dans le monde, notre principal ennemi est dans notre propre pays : c’est « notre » classe possédante et l’Etat qui défend son intérêt contre celui de l’immense majorité de la population. Les armées et les polices ne sont pas là pour la sécurité du peuple, ni en France ni ailleurs, mais pour casser les luttes sociales et garantir le pouvoir de l’infime minorité de moins d’1% qui détient le pouvoir politique et économique, contre la révolution sociale. Et, comme par hasard, les guerres grandissent au rythme des craintes des classes possédantes face à la menace montante d’une révolution sociale !

Et la révolution sociale est bien la seule réponse possible à la guerre des impérialismes se généralisant à la planète !

 

La ministre de la Défense, Florence Parly, a annoncé ce mardi l'armement des drones que l'armée opère notamment au Mali.

C'est un rattrapage technologique indispensable dans la guerre moderne. Après un long débat éthique et budgétaire, les drones de l'armée française seront bientôt équipés de missile air-sol.

«J'ai décidé d'engager le processus d'armement de nos drones de renseignement et de surveillance», a déclaré la ministre des Armées Florence Parly devant un parterre de militaires et de parlementaires à l'Université d'été de la Défense à Toulon (sud-est).

 

Posté par spartacus1918 à 04:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,