SPARTACUS

15 février 2019

ACTE XIV samedi 16 février 2019

samedi 16 février 2019 à 10h

Départ commun pour l'acte XIV des Gilets jaunes 18ème

[ Voir les autres manifestations Gilets jaunes à Paris du samedi 16 février ]

Départ commun des Gilets jaunes du 18ème arrondissement pour l'acte XIV des Gilets Jaunes. Nous ferons une déambulation dans le 18ème, et retrouverons éventuellement les GJ de la Plaine-Saint-Denis, Belleville, Montreuil, Pantin... Nous rejoindrons ensuite les grosses manifs de Gilets jaunes dans le centre-ville.

Nous ferons un point sur la sécurité en manif, et sur l'auto-défense juridique en cas d'arrestation. En attendant, n'hésitez pas à consulter le guide juridique "sortez couvert.e.s".

Manifestation à Paris de Gilets jaunes

Acte 14 - dimanche 17 février

Attention : ce week-end, des manifestations sont prévues le samedi et le dimanche:

Attention: cette page évolue en permanence.
Les événements Facebook changent souvent (lieux, horaires) et sont parfois supprimés. Certains n'indiqueront le lieu qu'au dernier moment. Nous mettons ces informations à jour régulièrement, ici, sur Démosphère.

Les principaux rendez-vous Gilets jaunes de dimanche:

  • Place de la République: rv à 14h
    Pour nos libertés
    Facebook: total 15 300 participants + intéressés
    Pages: lien, lien
  • Arc de Triomphe: rendez-vous à 11h
    Manifestation déclarée
    Arc de Triomphe > Pont des Invalides > Assemblée Nationale > bld Saint-Germain > rue de belle chasse > rue de Grenelle > Medef > Champ de Mars (carte à droite, détails ci-dessous)
    Facebook: total 11 500 participants + intéressés
    Pages: lien, lien
  • Place de la République: rv à 18h
    En hommage a toutes les victimes - CNR Gilets jaunes
    Pages: lien
  • Les lieux de rendez-vous seront ajoutés ici au fur et à mesure

(liste facebook)

Piquet de grève à la BnF (Bibliothéque nationale de France)

La direction persiste et signe ! Non au chantage et à la pression sur les personnels ! Grève samedi 16 février !

SUD Culture Solidaires / Section de la BnF

L'Assemblée Générale des personnels, réunie samedi 09 février, a décidé de reconduire la grève samedi 16 février. Cette décision fait suite aux négociations tenues le 04 février et à leur contenu de nouveau inacceptable !

Une direction campée sur une logique du « tout ou rien »

Précarité >>> La direction de la BnF continue son chantage, en ne proposant le passage en CDI de 12 collègues précaires, pourtant embauché-es de manière indéniable sur des CDD abusifs, qu'à la condition de la levée du préavis de grève déposé début juillet 2018 par la section SUD Culture de la BnF, qui inclut un certain nombre de revendications que la direction nous intime donc d'abandonner. Pour les 11 nouveaux/elles précaires embauché-e-s sur des contrats de 7 mois sur des besoins pourtant permanents, la direction ne propose rien, car c'est désormais son modèle de contrat, fondé sur l'ultra-précarité.

Liste complémentaire du dernier recrutement direct de magasiniers/ères >>> Dans une même logique, la direction propose de faire passer de 6 à 12 le nombre de personnes appelées en 2019, chiffre bien insuffisant par rapport au sous-effectif chronique, au prix d'un renoncement à revendiquer l'appel intégral de la liste d'ici novembre 2019. Comment se contenter de si peu, quand on sait qu'il resterait encore 21 personnes à appeler, dont 7 précaires de la BnF en attente d'une titularisation après parfois des années de service à la BnF ?

Réorganisation du service public >>> La direction exige en contrepartie du passage en CDI de nos collègues et de l'appel partiel de la liste complémentaire, la « cessation de toute action ou revendication » concernant le projet de réorganisation du service public largement rejeté par une majeure partie du personnel (augmentation du nombre de samedis travaillés pour les titulaires - cycles mardi-samedi - recours à des contrats étudiant-es de quelques mois…).

Cette même direction a atteint le stade où elle nie tout simplement l'existence d'une vraie contestation de cette réorganisation (telle qu'elle s'est exprimée au DEP, à PHS, ou encore à LLA), estimant que les personnels « n'ont pas compris » le contenu du projet. Ce mépris doit cesser et la parole des agent-es doit être écoutée !

Faire taire les revendications par des menaces de répression

Manifestement désemparée face à la ténacité des personnels, la direction de la BnF a décidé d'entrer dans une logique de répression et d'intimidation, en accusant les personnels grévistes de violences dans le cadre de piquets de grève ou encore lors d'actions d'information du public, ce qui est totalement faux !

Plus grave encore, la direction a directement et nominativement adressé un courrier de mise en garde à l'un de nos militant-es, ce qui remet en cause notre liberté syndicale et notre liberté d'expression collective ! C'est inacceptable !

►La vraie violence, c'est celle de la précarité, des CDD reconduits à la dernière minute, des mauvaises conditions de travail, de la souffrance liée à l'isolement, au sous-effectif, et aux bas salaires !

La direction ne répond en rien aux revendications des personnels !

>>> Opposons-nous collectivement à ses méthodes d'intimidation, réclamons ensemble le passage immédiat en CDI de nos collègues précaires, tout comme un véritable calendrier d'appel de toute la liste complémentaire du dernier recrutement direct de magasiniers/ères ! Exigeons enfin le retrait du projet néfaste de réorganisation du service public !

On lâche rien ! Greve samedi 16 février !

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06 février 2019

L’intelligentsia : hier comme aujourd’hui, Chien de garde de l’ordre établi

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Oui, Messieurs, c’est la guerre entre les riches et les pauvres : les riches l’ont voulu ainsi ; ils sont en effet les agresseurs. Seulement ils considèrent comme une action néfaste le fait que les pauvres opposent une résistance. Ils diraient volontiers, en parlant du peuple : cet animal est si féroce qu’il se défend quand il est attaqué. » Louis-Auguste Blanqui – 1805-1881.

 Décidément, l’histoire bégaie.  Et l’intelligentsia rote toujours autant bruyamment son mépris du peuple.  Vomit toujours avec autant de répulsion sa haine contre les classes laborieuses, particulièrement en cette période de soulèvements populaires. Les intellectuels, ces parasites à la plume élitiste vénale, n’ont d’autre utilité sociale que de tresser des lauriers à leurs maîtres (les classes dirigeantes) et de se dresser avec hargne contre le peuple. Avec la révolte du mouvement des gilets jaunes, les médias et les intellectuels, ces voix de leurs maîtres, dévoilent, avec des aboiements rhétoriques emphatiques et dans un lexique mordant pour le peuple et léché pour les puissants, leur rôle de Chien de Garde de l’ordre établi. Leur aversion invétérée du peuple. Leur propension pavlovienne à se mettre au service des classes dominantes.  

 

Depuis deux mois maintenant, journalistes et intellectuels se livrent à une surenchère de propagande haineuse contre le mouvement gilets jaunes, rivalisant d’ingéniosité pour les dénaturer, discréditer, insulter. Pour distiller contre eux les pires calomnies. 

 

Dernière ingénieuse initiative portée par le milliardaire sioniste Bernard-Henri Lévy : publier une tribune au titre évocateur « L’Europe est en péril ». En termes moins hypocrites, le capitalisme est en péril. En défenseur invétéré du capital, dans ce texte, ce plumitif de salon s’alarme de l’émergence des populismes, autrement dit, des mouvements sociaux en lutte en Europe, notamment le mouvement des Gilets jaunes, dédaigneusement catalogué de raciste, antisémite, homophobe. Dans sa croisade contre les mouvements populaires “antisystème”, le sieur BHL a débauché une trentaine d’écrivains célèbres pour mener son opération de propagande et de calomnie contre les peuples révoltés. Conduits par ce calamiteux philosophe à la pensée ruisselant de sang vampirique et nourrie d’activités macabres sur fond de fructueuses opérations financières, ces littérateurs appellent à se mobiliser contre la « vague » populiste qui menace l’issue des élections de mai prochain. Autrement dit, qui menace la stabilité des privilégiés de l’Europe. Plus récemment, dans une émission de télévision 

 « On n’est pas couché », BHL a fustigé le mouvement des Gilets jaunes, qualifié de « mortifère » le mouvement et ses défenseurs de « populistes qui sont les profiteurs du désespoir, de la misère, pour casser la République et s’en prendre aux institutions« . Traduction : s’en prendre au capitalisme.

 Ainsi, à l’occasion du surgissement de ce mouvement de masse des Gilets jaunes, l’intelligentsia a dévoilé sa véritable fonction d’auxiliaire intellectuelle servile de la classe dominante. Journalistes, intellectuels et membres de la classe dominante, toute cette mafia officielle, se sont ligués pour pilonner le mouvement jaune. Les journalistes, à coups de projections informatives insidieusement anti mouvement gilets jaunes ; le pouvoir, à coups de projectiles balistiques handicapants ; les intellectuels, à coups de projets de mobilisation de l’armée et de l’incitation de la police à user de leur arme contre les gilets jaunes. 

 Au demeurant, un autre intellectuel, Luc Ferry, frère d’arme de BHL, professeur de philosophie et ancien ministre, a défrayé la chronique en sommant la police à faire usage de leurs armes. Luc Ferry a demandé à la police de tirer à balles réelles contre les Gilets jaunes lors des manifestations. “ Qu’ils se servent de leurs armes une bonne fois, ça suffit, a-t-il déclaré lors d’une émission radiophonique intitulée “ Esprits libres. (Cela ne s’invente pas. Esprits libres… de massacrer le peuple quand il se révolte contre son esclavage). Mais aussi en exhortant l’armée à intervenir contre le mouvement des Gilets jaunes. Autrement dit, à écraser dans le sang ce mouvement. “On a la quatrième armée du monde, elle est capable de mettre fin à ces saloperies, s’est-il exclamé sur un ton furibond. 

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La dénonciation génocidaire des Gilets jaunes par Luc Ferry n’est pas le délire d’un esprit égaré, psychopathe. Mais la pensée profonde de ces “Esprits libres”, la majorité de cette intelligentsia décadente, et de ses maîtres, la classe dominante bourgeoise. Cette dernière, incapable d’appliquer d’autre politique pour protéger ses privilèges, notamment par la “redistribution des richesses”, impossible en cette période crise systémique, envisage officiellement de recourir à la répression de masse afin d’enrayer la révolte des Gilets jaunes. Au reste, dans l’urgence, elle a blindé son régime répressif par le vote de lois despotiques. En outre, leudget alloué à la répression étatique a agressivement augmenté...

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En effet, les dépenses en équipements et matériels des forces de police et de gendarmerie « ont progressé de 181% entre 2012 et 2017, passant ainsi de 132,4 millions d’euros à plus de 372 ». Le budget de l’armée et de la police est le seul à ne pas connaître la crise. 

.Ce ton haineux de l’élite contre le peuple rappelle étrangement celui des écrivains de l’époque de la Commune engagés de manière enragée contre le mouvement de révolte des communards.  En effet, historiquement, ce déversement de haine contre le peuple révolté s’est déjà produit au cours de la Commune de Paris.
 .

La Commune est cet événement historique où le peuple parisien s’est emparé du pouvoir. En effet, du 18 mars au 21 mai1871, le pouvoir a été concentré entre les mains du peuple. Au cours de cette phase révolutionnaire, la Commune a gouverné dans la ville de Paris. La Commune a organisé la société dans l’unique intérêt du peuple. Elle a été le premier Etat ouvrier, première expérience de la « dictature du prolétariat ». Durant cette éphémère période de prise de pouvoir par le peuple, la classe dominante, réfugiée à Versailles, a déployé tous les moyens meurtriers pour récupérer les rênes de son pouvoir. Jusqu’à se compromettre avec l’Allemagne de Bismarck, la veille encore combattu sur les champs de bataille. 

 La Commune de Paris a immédiatement donné lieu à des réactions véhémentes.  Tout ce qui comptait en France d’écrivains et d’intellectuels a manifesté pour le mouvement et pour ses acteurs une haine assassine. Toute ressemblance avec l’intelligentsia contemporaine déchaînée contre le mouvement des Gilets jaunes est fortuite. Fort utile. 



Contre la Commune de Paris, la bourgeoisie, effrayée par la mise à mal de l’ordre social, a trouvé aussitôt un allié de poids : l’intelligentsia littéraire, qui a mis sa vénale plume au service des classes dominantes. Dans un sursaut d’union sacrée de classe, la majorité des écrivains s’est associée à la bourgeoisie pour fustiger la Commune de Paris, pourfendre les révolutionnaires. La Commune de Paris a aussitôt déchaîné, chez ces littérateurs, un tombereau d’injures et de falsifications.  

 

A l’exception notable de Jules Vallès, Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, Villiers de l’Isle-Adam, partisans de la Commune, et partiellement de Victor Hugo qui a conservé une certaine neutralité, tous les écrivains de l’époque se sont soudés dans une haine inexpiable contre les communards. Ces écrivains se sont emportés avec virulence contre la révolution parisienne, « gouvernement du crime et de la démence » (Anatole France). 


Par-delà leurs divergences politiques, tous ces écrivains ont trempé leurs plumes venimeuses dans l’encrier sanguinolent versaillais pour éructer leur belliqueuse hostilité assassine contre la Commune, pour appeler au massacre des communards. Ils ont transformé leurs plumes en baïonnettes. 


Toutes origines sociales confondues, depuis les écrivains conservateurs à l’instar de Maxime Du Camp et Gustave Flaubert, en passant par les royalistes comme Alphonse Daudet, le comte de Gobineau, Ernest Renan, la comtesse de Ségur, Taine et bien d’autres, jusqu’aux réactionnaires Leconte de Lisle et Théophile Gautier, tous ces écrivains ont troqué leur costume de salon contre l’uniforme de mercenaire au service de Versailles. 


Outre ces écrivains de l’ancien régime, est venue s’agréger à la canonnade contre la Commune les plumitifs d’obédience républicaine, comme François Coppée, Anatole France, George Sand, Émile Zola, pour ne citer que les plus célèbres. En dépit de quelques nuances dans leurs diatribes hystériques anticommunardes, la dénonciation des communards était unanimement partagée par l’ensemble de ces écrivains (aujourd’hui encore édités, publiés, enseignés à l’école). Parmi les plus virulents propagandistes zélés, d’aucuns ont rejoint le chef du pouvoir exécutif Thiers à Versailles pour le seconder dans ses préparatifs de la répression. 

 


 Dans leurs violentes campagnes anticommunardes, ces écrivains ont versé dans une outrance verbale haineusement meurtrière, emplie de préjugés de classe. Toute cette engeance littéraire communiait dans une aversion aristocratique des classes laborieuses. Pour ces parasites intellectuels les classes laborieuses étaient avant tout des classes dangereuses. Pour ces plumitifs réactionnaires, la Commune est l’œuvre de la « canaille », de la « populace », « mue par l’envie » (Macron a été à bonne école en usant de termes avilissants contre les Gilets jaunes qualifiés de “foule haineuse).  

 Au reste, ils comparaient le prolétariat à une « race nuisible », les travailleurs à des « bêtes enragés », à des « nouveaux barbares » menaçant la « civilisation ». Les Communards ont été affublés de tous les qualificatifs effrayants :« brigands », de « barbares », de « Peaux-rouges », de « cannibales ».
 

Indubitablement, il est de la plus importance historique de rappeler l’issue sanglante de la Commune de Paris. En effet, du 22 au 28 mai 1871, la Commune a été réprimée dans le sang par les troupes de Versailles. Bilan de cette “semaine sanglante” : près de 30 000 morts, 42 000 arrestations, 10 000 déportations (parmi les déportés expédiés dans les bagnes de la Nouvelle-Calédonie figure la célèbre révolutionnaire Louise Michel, qui se liera d’amitié avec beaucoup d’Algériens kabyles internés également dans ces bagnes calédoniens à la suite de lrévolte des Mokrani, monumentale insurrection contre le pouvoir colonial français, survenue en Algérie le 16 mars 1871, deux jours avant le déclenchement de la Commune de Paris. 

 La bourgeoisie, éprouvée par la frayeur de sa probable disparition, scandalisée par l’audace du peuple d’avoir pris les commandes du pouvoir, d’avoir brisé les bases du système, a fait chèrement payer, pour l’exemple, cette hérésie” révolutionnaire aux communards. Edmond de Goncourt ne s’est pas trompé dans son verdict apologétique scélérat lorsqu’il a écrit : les saignées comme celle-ci, en tuant la partie bataillante d’une population, ajournent d’une conscription la nouvelle révolution. C’est vingt ans de repos que l’ancienne société a devant elle.«  Quant à Gustave Flaubert, pour sa part la répression n’a pas été suffisamment cruelle, car il a estimé “qu’on aurait dû condamner aux galères toute la Commune et forcer ces sanglants imbéciles à déblayer les ruines de Paris, la chaîne au cou, en simples forçats. Mais cela aurait blessé l’humanité. On est tendre pour les chiens enragés, et point pour ceux qu’ils ont mordus.  » Des propos qui auraient pu être écrits ou prononcés par Bernard Henry Levy ou Luc Ferry et par la majorité des intellectuels et des journalistes contemporains. 


Ainsi, tous les écrivains ont apporté leur soutien au régime sanguinaire de Versailles. Ont approuvé cette répression sanglante. 

 Pour cette engeance intellectuelle, la Commune de Paris a favorisé l’éclosion d’une imagination débridée haineusement anti-ouvrière. En effet, cette élite intellectuelle a rédigé dans une prose réactionnaire des textes incendiaires émaillés de métaphores animalières, médicales, à la connotation dégradante dégoulinante de mépris de classe ; a usé de termes hérissés de peurs et d’épouvantes propres à susciter parmi l’opinion publique l’effroi et la terreur. 

 Pour la majorité de ces écrivains, la Commune est l’expression d’une imperfection congénitale biologique, d’une dépravation morale. La Commune est l’illustration de la lutte du Bien contre le Mal, de la civilisation contre la barbarie, de l’ordre contre l’anarchie, de l’intelligence contre le la bêtise, de la tête contre le ventre, du devoir contre l’égoïsme, du travail contre la paresse, de l’élite contre le l’engeance populaire. 


 

Voici un florilège des textes de ces écrivains enragés engagés contre la Commune. 

 « Que l’humanité est une sale et dégoûtante engeance ! Que le peuple est stupide ! C’est une éternelle race d’esclaves qui ne peut vivre sans bât et sans joug. Aussi ne sera-ce pas pour lui que nous combattrons encore, mais pour notre idéal sacré. Qu’il crève donc de faim et de froid, ce peuple facile à tromper qui va bientôt se mettre à massacrer ses vrais amis ! », assène Leconte de Lisle. 

Ailleurs, à propos des communards, Leconte de l’Isle dénonce ainsi « cette ligue de tous les déclassés, de tous les incapables, de tous les envieux, de tous les assassins, de tous les voleurs, mauvais poètes, journalistes manqués, romanciers de bas étage ». Tandis qu’Alphonse Daudet voit plutôt des « têtes de pions, collets crasseux, cheveux luisants. ». Pour Anatole France, les Communards ne sont qu« un comité d’assassins, une bande de fripouillards, un gouvernement du crime et de la démence ».  

Ernest Feydeau précise que « ce n’est plus la barbarie qui nous menace, ce n’est même plus la sauvagerie qui nous envahit, c’est la bestialité pure et simple ». Théophile Gautier acquiesce : les Communards sont des « animaux féroces », des « hyènes » et des « gorilles », qui « se répandent par la ville épouvantée avec des hurlements sauvages ». 

Avec des métaphores médicales, la Commune fut selon Maxime Du Camp « un accès d’envie furieuse et d’épilepsie sociale », et selon Émile Zola « une crise de nervosité maladive », « une épidémique fièvre exagérant la peur comme la confiance, lâchant la bête humaine débridée, au moindre souffle ».  

Sur un ton paternaliste, un autre écrivain, Maurice Montégut, s’épanche avec sollicitude sur les pauvres :
« La paix et la concorde doivent venir d’en haut, descendre, ne pouvant monter. C’est le devoir des compréhensifs, des forts, de tendre la main aux faibles, aux enténébrés. Comment en vouloir à la foule – puisque l’on ne fait rien pour l’éclairer, l’instruire – d’avoir gardé l’atavique instinct des brutes préhistoriques, au temps où les ancêtres cannibales, dans les forêts monstrueuses, ne se rencontraient que pour se dévorer sur le seuil des cavernes ? Avec un peu de douceur, beaucoup de charité, on apaise les bêtes frustres qui tendent le dos, se soumettent sous l’étonnement d’une caresse ». 
Pour certains écrivains, l’esprit égalitaire de la Commune offusquait leur conception élitiste de la société. Ainsi, Taine écrit avec ironie, sur un ton persifleur : « Le patron, le bourgeois, nous exploite, il faut le supprimer. Moi ouvrier, je suis capable, si je veux, d’être chef d’entreprise, magistrat, général. Par une belle chance, nous avons des fusils, usons-en et établissons une République où des ouvriers comme nous soient ministres et présidents ». Renanpour qui l’Allemagne constitue un modèle, estime que « l’essentiel est moins de produire des masses éclairées que de produire de grands génies et un public capable de les comprendre ». 
 

De même, les femmes “communardes” n’ont pas été également épargnées par les outrances verbales de ces écrivains sanguinaires versaillais. Ces femmes, appelées aussi les pétroleuses (femmes qui, pendant la Commune, auraient allumé des incendies avec du pétrole), sont souvent comparées à des « louves » ou des « hyènes ». Ainsi, Arthur de Gobineau écrit : « Je suis profondément convaincu qu’il n’y a pas un exemple dans l’histoire d’aucun temps et d’aucun peuple de la folie furieuse, de la frénésie fanatique de ces femmes. » 


Un autre écrivain moins célèbre, Ernest Houssaye, déclare quant à lui : « Pas une de ces femmes n’avait une figure humaine : c’était l’image du crime ou du vice. C’était des corps sans âme qui avaient mérité mille fois la mort, même avant de toucher au pétrole. Il n’y a qu’un mot pour les peines : la hideur ». 

Au moment de la répression sanglante des Communards, Anatole France jubile : « Enfin, le gouvernement du crime et de la démence pourrit à l’heure qu’il est dans les champs d’exécution ! » Emile Zola se montre pour sa part indulgent envers les Versaillais : « Le bain de sang que le peuple de Paris vient de prendre était peut-être d’une horrible nécessité pour calmer certaines de ses fièvres. Vous le verrez maintenant grandir en sagesse et en splendeur. » 

Décidément, sous le règne de la domination de classe règne toujours l’abomination de classe. 

Dès que le peuple relève la tête, la haine de la classe dominante s’abat sur lui. Suivie ensuite par la répression, puis les massacres. 

 

Et pour les prolétaires qui se laissent amuser par des promenades ridicules dans les rues, par des plantations d’arbres de la liberté, par des phrases sonores d’avocats, il y aura de l’eau bénite d’abord, des injures ensuite, enfin de la mitraille, de la misère toujours« . (Auguste Blanqui, 1850)

 

Mesloub Khider

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04 février 2019

Et ils osent parler de violence

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Le déchaînement violent de manifestants, n' est que la réponse à celui historique du terrorisme social concentré dans les mains des états. Actuellement la bande à Macron essaye de justifier son terrorisme à base multiples, par le fait que M Christophe Dettinger le boxeur gitan s' en est pris à un membre de la garde prétorienne de l' état.

 

Nous n' accepterons jamais, que ceux qui nous ont lancé dans le bouillon rouge de deux guerres mondiales, et des multitudes de guerres coloniales, de guerre pour le pétrole, de guerres ethniques de guerres d' extermination nous fassent la morale sur la violence.

 

Nous n' accepterons jamais, que l'industrie de guerre se développe au point de mettre l' humanité entière au bord de la catastrophe. Nos « pacifistes bélants » de la clique à Macron, sont impliqués dans tous les mauvais coups militaires de l' ordre mondial, la Franceafrique à des monceaux de cadavres sous ses pieds.

 

Nos pacifistes à la tête de l' état, ne sont ils pas les premiers à se vanter, du potentiel de vente d' arme dans le monde, des armes thermos nucléaires aux mines anti-personnelles.

 

Pendant que les médias s' excitent sur la violence du boxeur et du pacifisme «bon enfant des foulards rouges et jaunes » le Traité sur les Forces nucléaires intermédiaires, signé en 1987 par les présidents Gorbatchev et Reagan, est remis en cause et nos bons représentants de l'UE viennent de dire oui au déploiement des missiles nucléaires1 à moyenne portée en Europe, oui à la transformation de l' UE en champ de bataille, l’Otan et l’Union européenne ont approuvé le suicide des pays européens.

GB

 

1Le 20 janvier 1983, François Mitterrand, président de la République française, s'exprime devant les députés du Bundestag, à Bonn (première capitale de l'Allemagne fédérale). Il emploie une formule qui fera date : « Les fusées sont à l'Est, les pacifistes à l'Ouest ! » et va justifier l' implantation des missiles balistiques Pershing 2, installés par les États-Unis en Allemagne de l’Ouest, et ceux de croisière lancés depuis le sol, installés par les États-Unis en Grande-Bretagne, en Italie, en Allemagne de l’Ouest, en Belgique et aux Pays-Bas, sous le prétexte de défendre les alliés européens des missiles balistiques SS-20, installés par l’Union soviétique sur son propre territoire.

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03 février 2019

crime du capital:une dame de 89 ans retrouvée sans vie chez elle à Toulouse.

L' article précédent a été retiré suite à la remarque de yves Colman ci dessous.

Lien généré automatiquement vers un article raciste d’extrême droite dans la colonne "Vu sur le Web" de mondialisme.org et repris du site Spartacus, "ultragauche" et pro Gilets jaunes

mardi 5 février 2019, par Yves

Il fallait s’y attendre, même si cela me fait gerber. Le site Spartacus (qui soutient à fond les gilets jaunes et ce n’est pas un hasard, hélas s’il reproduit un tel texte) a reproduit un article d’extrême droite qui contient tous les poncifs : l’hostilité aux migrants, aux chômeurs, aux précaires, aux squatters, le tout dans un langage à peine codé. Spartacus est un site d "’ultragauche" qui a reproduit ici un article d’extrême droite consacré à un fait divers concernant la mort d’une vieille dame à qui on avait coupé l’électricité. La rubrique "Vu sur le Web" est gérée par notre webmestre (celui commun aux trois revues "Echanges et mouvement", "Temps critiques" et "Ni patrie ni frontières") et j’espère qu’il va dégager cet article et ce site très rapidement. En tout cas, que les choses soient claires : cet article et le site dont il est tiré sont d’extrême droite, même s’ils sont sur le site "radical" Spartacus , et n’ont rien à faire dans les liens de mondialisme.org.

Y.C., Ni patrie ni frontières, 5/02/2019

P.S. Merci au lecteur vigilant qui m’a signalé cette merde.

Réponse de G. Bad

Bien entendu, il est révèlateur que ma bévue sur cet article, aurait pu m' être signalée sans cette condamnation "il fallait s'y attendre" qui laisse supposer que nous sommes des agents de l' extréme droite ce qui me fait gerber moi aussi en fait ce qu'il ne reproche sur le fond c' est d' avoir un soutien critique vis à vis des gilets jaunes ( non un soutien à fond comme par exemple Révolution Permanente) ton discours haineux m'indispose car je ne pensais pas que nous étions des énnemis , mais des camarades ayant des divergences , notamment sur l' apréciation du sionisme.

A propos de EDF, l' état Macron s' attaque maintenant aux électriciens edf et le régime de faveur dont la malheureuse vieille femme n' a pas bénéficié le tarif 4%.

 

Toulouse: une femme de 89 ans retrouvée morte chez elle, probablement de froid

23/01/2017 à 10h10
Toulouse: une femme de 89 ans retrouvée morte chez elle, probablement de froid
 
Illustration - JEFF PACHOUD / AFP

Une dame âgée est décédée dans son appartement jeudi dernier à Toulouse, il n'y avait ni électricité ni chauffage.

 


 

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01 février 2019

ACTE XII-Manifestations des gilets jaunes dans toute la France samedi 2 février 2019

Le mouvement continue en ce mois de février 2019, avec des appels à manifester sur les réseaux sociaux pour un acte 12 le samedi 2 février à Paris et en Province.

À Paris, une manifestation non violente pour rendre hommage aux victimes et blessés gilets jaunes "la grande marche des blessés" est annoncée à partir de 12h au départ de la Place Daumesnil dans le 12e. Comme la semaine dernière, une "nuit jaune" semble s’organiser sur la Place de la République à partir de 17h.


À Lille, manifestation à 13h30 sur la Place de la République ainsi qu’une nocturne à partir de 20h Square Daubenton.


À Lyon, manifestation dans le centre-ville à partir de 14h Place Bellecour.
De Lyon à Valence, manifestation dans Lyon à partir de 11h pour une arrivée à Valence Sud devant le Géant Casino pour 13h.samedi 2 février 2019 (heure non définie)

Toulouse- 12h00 : Point info / organisation de la grève.
-> En face du KFC et Lidl Zone En Jacca ( à côté du rond point Jupiter).
?¬ルタ️ - 13h30 : ACTE XII (12) - Action surprise, dévoilé au dernier moment.

À Tours, manifestation à 14h au départ de la Place Jean Jaurès (face à la mairie).
À Toulouse, manifestation à partir de 14h au départ Compans Cafarelli pour se rendre jusqu’au grand rond mais également à 14h au métro Jean Jaurès ou encore à 14h à Arnaud Bernard.

Bordeaux- actions surprises au dernier moment

Acte 12 : un gros rassemblement à Valence

Une manifestation notable de gilets jaunes est prévue ce samedi dans le cadre de l'acte 12 de la mobilisation. Une page d'événement Facebook a été créée, baptisée "Acte 12-Gilets Jaunes rassemblement régional à Valence" et rassemblant 5 000 personnes se disant intéressées. Les autorités locales en ont pris acte et le centre-ville sera bouclé, tandis que le préfet a conseillé aux commerçant de fermer.

LE CONSEIL DE L'EUROPE JUGE "URGENT D'APAISER LA SITUATION"

Le Conseil de l'Europe a jugé mercredi "urgent d'apaiser la situation" en France après plus de deux mois de mouvement des Gilets jaunes qui ont instauré un "niveau élevé de tension" dans le pays. "Le niveau élevé de tension qui prévaut actuellement en France suscite mon inquiétude et je considère qu'il est urgent d'apaiser la situation", a déclaré dans un communiqué la commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatovic, qui s'exprimait à l'issue d'un déplacement à Paris en début de semaine pour une série d'entretiens sur les questions de droits de l'homme liées au mouvement des Gilets jaunes.

La commissaire s'inquiète en particulier "du grand nombre de personnes blessées, certaines très gravement, dans les manifestations ou en marge de celles-ci", notamment par l'emploi de lanceurs de balles de défense" (LBD), selon le communiqué de l'organisation paneuropéenne, vigie des droits de l'homme et basée à Strasbourg. De nombreux blessés sont à déplorer chez les forces de l'ordre qui travaillent "dans des conditions difficiles", notamment en raison de "l'hostilité de certains manifestants", relève la commissaire, qui se dit également "gravement préoccupée par le nombre et la gravité des blessures résultant de l'usage de la force par les forces de l'ordre".

Manifestation à Paris de Gilets jaunes

Acte 12 - samedi 2 février

https://paris.demosphere.net/rv/67226

Attention: cette page évolue en permanence.
Les événements Facebook changent souvent (lieux, horaires) et sont parfois supprimés. Certains n'indiqueront le lieu qu'au dernier moment. Nous mettons ces informations à jour régulièrement, ici, sur Démosphère.

Rendez-vous principal:

Marche blanche pour les blessées
12h Place Félix Eboué (Daumesnil).
Facebook: total 7 800 participants
Informations pratiques et appels à cette marche, ici.

Les autres rendez-vous Gilets jaunes:

  • Place de la République: rendez-vous à 17h
    Nocturne « Nuit Jaune »
    Facebook: total 850 participants
    Pages: lien

  • Place de la République: rendez-vous à 14h
    Mouvement Résistance des Gilets Jaunes
    Facebook: total 200 participants
    Pages: lien

  • Hôtel de Ville: Paris, rendez-vous à 11h
    Cortège de la CGT
    Pages: lien

  • Jeu collaboratif: début à 11h. Déplacement par groupes, carte interactive.
    Pages: lien

  • Belleville: rendez-vous à 10h à la sortie du Métro
    Départ collectif de Belleville
    Pages: lien

  • Prendre contact: rendez-vous à 12h
    Cortège étudiant « Carrés rouges et Gilets jaunes »
    Pages: lien

  • Lieu à préciser: rendez-vous à 14h
    Facebook: total 90 participants
    Pages: lien

  • Les lieux de rendez-vous seront ajoutés ici au fur et à mesure

  • Blocages en France

    Rassemblements, blocages, opérations escargots (notamment sur les périphériques des grandes villes telles que Paris), les actions sont nombreuses dans toute la France... Quel est le signe de ralliement au mouvement ? Poser le gilet jaune de sécurité sur le tableau de bord du véhicule.
    Suivi par un très grand nombre de français, ce mouvement s’élargit également à de nombreuses professions telles que les taxis, les routiers, les chauffeurs VTC, les livreurs, les ambulanciers.



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30 janvier 2019

INFOBREF N°519- grève générale aux indes,Quand la machinerie remplace les travailleuses et travailleurs

INFOBREF N°519

Inde : record historique de mobilisation pour une grève générale contre la précarité

L'Inde vient de battre son propre record, 200 Millions de travailleurs étaient dans la rue le Mardi 8 Janvier, soit 50 millions de plus que la journée du 2 septembre 2016. La grève a été lancé sous l'appel de 10 syndicats, notamment le "Centre of Indian Trade Unions" affilié aux partie communiste Indien.



Depuis 2016, les revendications n’ont pas changé. Elles s’inscrivent dans la continuité de la lutte contre la précarité des travailleurs indiens. Parmi lesquelles : la hausse du salaire minimum qui est actuellement de 150 roupis par jour - soit 2€ pour une semaine de 48h de travail, ce qui ne permet pas de vivre dans des conditions descente et oblige les travailleurs à vivre dans des lieux insalubres, faute de moyens. Ainsi qu’une augmentation de la sécurité sociale universelle, même si le gouvernement a mis en place une réforme du système de santé, le "Modicare" en septembre dernier, le problème subsiste. La majorité de la population indienne n’a aucune couverture en cas de maladie de cela s’accompagne des frais médicaux extrêmement élevés, qui sont notamment dus à la privatisation quasi total du système de santé, avec 93% d’hôpitaux privés qui emploient 85% des docteurs (selon l’ONG Oxfam). Dans un pays où le salaire moyen est de 121€ par mois, il est impossible pour la majorité des Indiens d’accéder aux soins, ce qui entraîne un taux de mortalité infantile 10 fois supérieur à la France et une espérance de vie de 15 ans inférieur. Les revendications qui ressortent de la grève portaient aussi sur la lutte contre le chômage, notamment chez les jeunes où il est de 10%. Mais aussi contre les privatisations à tout vas, notamment du système de banque Indien en proie à des fusions et privatisations qui détruiront des centaines de milliers d’emplois et en précariseront encore bien d’autres.

La mobilisation fut bien plus forte dans les Etats du Kerala et du Karnataka qui sont des bastions où le Parti communiste Indien a une forte influence. Notamment le Kerala où le niveau de vie est le plus élevé de toutes les régions de l’Inde, avec 80% des foyers reliés au réseau électrique et 78% à l’eau courante, un taux d’alphabétisation de 94% contre 64% en Inde, une espérance de vie de 10 ans supérieur à la moyenne nationale. Signe de la bonne gestion du Parti Communiste sur cette région face à la précarisation toujours grandissante que provoque la politique néolibérale dans tout le reste du pays.

Cette grève s’inscrit également dans la lutte des classes. Comme toute grève générale de grande ampleur, elle permet de modifier le rapport de forces. En bloquant l’économie, en faisant chuter le taux de profits des grands bourgeois, les prolétaires reprennent le pouvoir économique, social mais aussi politique. Le fait que la grève se tienne ce mercredi 9 Janvier montre aussi la volonté de faire plier le gouvernement a l’approche des élections législatives pour qu’il cède sous le rapport de forces qui devient écrasant en faveur des travailleurs.

La Cours suprême indienne avait rendu des jugements contre les syndicats, voulant affaiblir la puissance de mobilisation du prolétariat. Cependant, nous avons pu nous apercevoir que cela était inutile. Tant que des travailleurs souffriront de leur condition, ils se révolteront contre leur oppresseurs.

S.A

Pour plus de détails voir :

En Inde, la plus grande grève générale du monde

Témoignage. Un Gilet Jaune subit une ablation du testicule après un tir de flashball

L'extrême violence policière semble être devenue la norme tant il ne se passe un jour sans que l'on parle d'une nouvelle mutilation d'un gilet jaune. Nous relayons ici le témoignage de Fabien, gilet jaune bordelais atteint aux parties intimes par un tir de flashball samedi dernier.

Correspondant.e Bordeaux

lundi 31 décembre 2018

Témoignage d’un gilet jaune bordelais, toujours en repos suite à sa blessure. Il fait partis des nombreux gilets jaunes réprimés par les forces de l’ordre, à Bordeaux, une partie d’entre eux appel a se rassembler pour créer un collectif lors de l’acte VIII : https://www.facebook.com/events/1005552389632722/?ti=cl

Je me présente : Je m’appelle Fabien j’ai 30 ans et vie à bordeaux.

Le samedi 15 décembre 2018 se déroule une manifestation de gilets jaunes à Bordeaux où je décide de me rendre vers 16h pour prendre le mouvement en marche.

Quelques tensions entre manifestants et forces de l’ordre éclatent : jets de gaz lacrymogène et autres moyens sont utilisés par la police pour disperser les gilets jaunes. Une violence qui est inacceptable face à des personnes sans armes ou démunies de protection.

Il est à peu près 17h30 quand un mouvement de gilets jaunes prend la direction du Cours Pasteurs vers la Place de la Victoire à bordeaux. Je prend la même direction pour rentrer chez moi et me retrouve entre des CRS et gilets jaunes. Sans aucune raison apparente une détonation, je viens de prendre un flashball en plein dans les parties intimes.

Je tombe et des personnes m’attrapent pour me mettre à l’abri dans un hall d’immeuble car la po-lice charge. Grosse douleur, les témoins appellent les secours. Les pompiers arrivent sur place plu-sieurs minutes après le coup, je suis emmené par dans une cellule de crise pour déterminer la gravité des blessures puis transféré au CHU Pellegrin. Résultat : fracture du testicule gauche, opération et ablation de l’organe. (Documents a l’appui)

Je dénonce ces violence policière totalement gratuite sans aucun scrupule ni justification.

Soutien aux victimes comme moi gravement blessées. Bonne continuation à tous je vous soutiens #GJ33.

Fabien. R

 

L'EPR chinois de Taishan vend de l’électricité... et c’est tout le nucléaire français qui souffle

Depuis le 13 décembre, un réacteur nucléaire de type EPR, désigné par le français Framatome, produit commercialement de l’électricité. Il a été construit en Chine, sur le site de Taishan, par le chinois CGN avec EDF. Une très bonne nouvelle pour toute la filière nucléaire française.

Le démarrage commercial, le 13 décembre, de l’unité 1 de la centrale nucléaire de Taishan, dans la province du Guangdong dans le sud de la Chine, a fait l’objet sur place d’une conférence de presse commune entre le chinois CGN et EDF. L’annonce est importante.

Ce réacteur nucléaire est le premier au monde de type EPR à avoir été construit entièrement, testé, et raccordé avec succès à un réseau d’électricité. Pour Framatome (ex. Areva) le concepteur de l’EPR, et EDF, le nouveau chef de fil de la filière nucléaire française, c’est la preuve que l’EPR est un réacteur qui fonctionne et qu’il peut être une option pour construire un nouveau parc nucléaire en France, en remplacement du parc historique vieillissant. (Usine Nouvelle)

Quand la machinerie remplace les travailleuses et travailleurs

Bientôt un magasin Carrefour sans caisse, façon Amazon Go

Carrefour va ouvrir en mars 2019 un magasin-test fonctionnant comme les Amazon Go aux États-Unis : entièrement automatisé, sans queue et avec un paiement automatique par reconnaissance faciale. D’après une information du magazine professionnel Linéaires, confirmée par le groupe, ce magasin situé au siège de Massy sera uniquement accessible aux salariés.

A la manière d’Amazon, Carrefour veut lui aussi son magasin entièrement automatisé. D’après Linéaires, le groupe français de grande distribution devrait ouvrir au printemps 2019 un magasin sans caisse, fonctionnant comme les Amazon Go.

Suivre le client dans ses achats

Le mensuel de la grande distribution, informé par une source syndicale, rapporte qu’une société de quatre personnes sera créée pour piloter le projet "en mode start-up". Situé au siège de Massy (91), le point de vente, qui sera réservé aux salariés de Carrefour, devrait ouvrir en mars 2019.

Comme les boutiques Amazon Go, le magasin sera petit – 56 mètres carrés annoncés – et entièrement équipé de caméras pour suivre les clients dans leurs achats et identifier les produits qu’ils déposent dans leur panier. Le magasin n’aura pas de caisse, et donc théoriquement pas de queue : celle-ci sera remplacée par un rapide système de validation de reconnaissance faciale, déjà expérimenté par le groupe français en Chine dans le cadre d'un partenariat avec Tencent.

Le groupe Carrefour, contacté par L’Usine Digitale, a confirmé toutes ces informations, sans pour autant en apporter davantage. La durée de ce test reste donc pour le moment inconnue.

Tous derrière Amazon

Carrefour n’est pas le premier à suivre les pas d’Amazon sur la voie des magasins sans caisse, ni caissiers. Le groupe Casino expérimente lui aussi, depuis début octobre 2018, la reconnaissance automatique des achats dans son point de vente "Le 4", situé avenue Franklin Roosevelt à Paris.

Dans ce magasin plus vaste, qui fait 400 mètres carrés, et ouvert au grand public, Casino laisse libre cours à ses ambitions technologiques. Si le paiement sans passage en caisse n’est pas encore en vigueur, les clients peuvent tout faire avec leur smartphone, scanner leurs achats en rayons ou payer.

Mais le seul à entièrement maîtriser cette technologie reste Amazon, qui compte actuellement six boutiques aux États-Unis, et qui ambitionne d’en ouvrir 3 000 d’ici 2021. La firme américaine aurait d’ailleurs déjà amélioré sa technologie et, selon le Wall Street Journal, serait en train de l’expérimenter dans de plus grands magasins, sans pour autant être tout à fait au point.

 La Fédération bancaire européenne (EBF)

 La Fédération bancaire européenne (EBF) précise mardi que le nombre d'agences bancaires dans l'UE avait été ramené à 189.000 fin 2016, en baisse de 4,6% sur 2015.

Les effectifs bancaires, de l'ordre de 2,8 millions de salariés, sont au plus bas depuis 1997, selon cette analyse. Ce sont au total 48.000 agences qui ont disparu de l'Union depuis 2008, soit plus de 20% du total, mais le mouvement s'est accéléré l'an passé par rapport à l'année précédente, avec 3% de réduction de leur nombre.

La Grande-Bretagne à elle seule devrait compter 762 agences de moins cette année, un record.

Face à l'offensive de la banque numérique et à des taux d'intérêt au plus bas, les banques s'emploient à réduire leurs frais fixes en réduisant la voilure immobilière.

D'autres établissements font payer à présent des services qui étaient jadis gratuits, que ce soit la simple tenue d'un compte courant ou les retraits.

La fusion est un autre moyen de limiter les coûts, une tendance qui s'est amorcée en 2009. L'UE comptait 6.596 banques fin 2016, soit 6% de moins qu'en 2015.

(Emma Rumney, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison)



 

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26 janvier 2019

Gilets Jaunes ACTE XI- encore des blessés , extréme droite attaque le NPA

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Video comment Rodriguez va se faire éborgner , voir le dernier quart du film

L'un des leaders des Gilets jaunes, proche d'Éric Drouet et l'un des initiateurs de la manifestation parisienne, apparaît gravement blessé sur la vidéo d'un journaliste place de la Bastille. Il aurait été blessé par un tir de LBD comme semblent le montrer les images de son propre "live" sur Facebook, vu plus de 21.000 fois en une trentaine de minutes. 

Video

https://twitter.com/i/status/1089188373397426176

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 ACTE X1 UN MILITAIRE BLESSE A LA TETE PAR FLASHBALL EN SORTANT DU RESTO A MONTPELLIER...

 

 

 

VIDEO. Des militants d’extrême-droite attaquent à plusieurs reprises le cortège du NPA

 

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20 janvier 2019

Les gilets jaunes comme produit social d'un réformisme à rebours

Les gilets jaunes comme produit social d'un réformisme à rebours

 

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1-Introduction

Alors que nous entrons dans l' année 2019, que le mouvement des gilets jaunes est venu occuper pendant plus de deux mois la scène médiatique, que chaque manifestant se transformait en journaliste en temps réel avec son smarphone, doublant ainsi les journalistes et la télé mensonge.

La question du rôle d' internet et des NTCI nouvelles technologies de la communication et de l' information, nous a éclaté une nouvelle foi en pleine face. Je dis une nouvelle foi en référence aux « révolutions arabes » et autres ou la communication par le Net fut un moteur tactique puissant de l' agitation sociale.

 Leur point commun est l' utilisation des réseaux sociaux afin d' exprimer leur « citoyenneté » et leur moi débordant, pensant ainsi toucher l'universel et changer ainsi le monde. Les mouvements citoyens comme le mouvement « occupy », « nuit debout » ont rapidement montré leurs limites.. Quant aux révolutions arabes, le résultat nous le connaissons , ce fut la liquidation des états laïques « dictateurs » ( Nasser comme Arafat ont été comparés à Hitler ). Par mouvement symétrique le nationalisme a cédé la place à l'Islamisme, Nasser à Oussama Ben Laden, Mossadegh à l'Imam Khomeiny, Arafat au Hamas et au Jihad islamique palestinien laissant derrière eux misère et dépeuplement migratoire.

 Il en fut de même des « révolutions de couleur » visant à rogner les ailes de la Russie pour la liquider en tant que super puissance (Zbigniev Brezinski « le grand échiquier ») reste l' abcès ukrainien et maintenant syrien et les futurs retournements d'alliance facteurs de guerre civile.Mieux encore, les états les plus puissants pouvaient enfin intervenir dans ce jeu et avancer leurs pions en fonction des rapports de force internationaux. Ceci n' a pas échappé à Poutine, qui apporte tout son soutien aux gilets jaunes par le truchement de RT France.

 La lutte contre l'islamisme radical devait se doubler d'une mise en avant d'un féminisme, hors classe instrumentalisé. Ce n' est d' ailleurs pas un hasard si le mouvement a débuté aux États-Unis pour ensuite se répandre tant bien que mal dans le monde entier réduisant la lutte de classe à un féminisme anti-matchiste, duquel les femmes gilets jaunes ont tenté en vain de se démarquer au cours de la manifestation du 5 janvier 2019.

 Le mouvement écologique est maintenant relayé non seulement par l' État, mais par le capitalisme vert promu par l' UE et encensé par l' ancien soixante-huitard «  anti-nucléaire et pro voiture électrique » Daniel Cohn Bendit, comme sortie de crise. La crise sociale des pays de l' OCDE est venue rejoindre, celle des pays dits du « sud » où le prix de la force de travail mondialisé, concurrence les forces de travail du monde occidental. On parla de « délocalisation » d' égalité entre le nord et le sud, de pays émergents avec leurs zones économiques spéciales (ZES). Le paupérisme tant relatif qu' absolu allait remettre au goût du jour le précariat, le concept de travailleurs pauvres et les ressentiments pour la jeunesse d'un avenir plus sombre que celui de leurs parents, d' où l' émergence de mouvements passéistes, voulant revenir au bon temps des trente glorieuses, mouvement en repli sur eux-même dit « populiste » en progression au sein de l' UE.

 Le mouvement des gilets jaunes se veut apolitique, mais c'est une illusion de penser qu'il est apolitique, il est bien plutôt l' expression d' une médiatisation d' un nationalisme dispensé par les différents gouvernements et partis, même de gauche comme Mélenchon. Qui on s'en souvient a liquidé le drapeau rouge pour le tricolore, le chant l'internationale pour la Marseillaise. Certains se sont empressés de comparer le mouvement des gilets jaunes à celui de la commune de Paris, il n'y a pas beaucoup de points communs entre la commune et les gilets jaunes, mais il est intéressant par contre de le comparer -toute proportion gardée- au mouvement des piqueteros argentins ; dont l' un écrira.

 « Nombre de nos camarades ont disparus, après les années Menem, du fait des privatisations, les usines elles-mêmes ayant disparu. La classe ouvrière argentine, très puissante jusque dans les années 1970, a été détruite. Ni les grèves, ni le sabotage de la production – des méthodes d’action en vigueur à l’époque – ne sont parvenues à enrayer sa chute. Le piquete était une nouvelle manière de concevoir la lutte sociale. Il s’agissait de paralyser la circulation effective de la marchandise et par conséquent le fonctionnement du système lui-même. »"Notre stratégie de lutte" Entretien avec un militant "piquetero" argentin

 Tous ces mouvements à des degrés divers, sont l' expression de citoyens1 mis côte à côte à un moment donné par le truchement des réseaux sociaux. Ils tenteront de se dégager de cette « individualisation » en socialisant leurs actions. Nous sommes maintenant une famille devait déclarer un gilet jaune, sentiment nettement partagé sur les ronds points. Ils sont par nature asociaux, au sens où ils ont rejeté en bloc le « système » représentatif : parlement, sénat, partis , syndicats et élections, pour finalement y revenir avec le RIC.

 2-Les gilets jaunes comme produit social des défaites économiques du prolétariat

 «  Un développement des forces productives qui réduirait le nombre absolu des ouvriers, c’est à dire permettrait en fait à la nation toute entière de mener à bien en un laps de temps moindre sa production totale , amènerait une révolution, parce qu’il mettrait la majorité de la population hors circuit ».Marx T.3 p 279).

 

 Ayant perdu ses centres prolétariens et perdu son combat pour le maintien des acquis dans2 les pays de l' OCDE, la défaite économique du prolétariat de ces pays avait pour corollaire le développement d'une nouvelle classe ouvrière dans les pays dit « émergents ». La Chine populaire ( celle des trois classes) s'est hissée au rang de deuxième puissance mondiale et nouveau centre de l' accumulation capitaliste, mais à la 100é place pour son PIB par habitant. La vieille économie est de ce fait entrée dans un déclin concurrentiel où la porte de sortie pour le capitalisme historique est à l' international, la dite mondialisation (version route de la soie). Les pays de l' OCDE misent sur les NTCI pour émerger de nouveau mais la Chine vient de relever le gant sur ce terrain, la rivalité Chine/Etats Unis est apparue au grand jour avec l' affaire Huawei 3 . Le mouvement des gilets jaunes placé dans ce contexte apparaît comme un sursaut face à un réformisme à rebours, il s'impose à nous du seul fait de la faiblesse du monde du travail et de la guerre de classe systématique menés par tous les gouvernements pour liquider la lutte de classe au profit du dialogue social, c' est à dire la gestion de la crise sociale et l' accompagnement de la misère du syndicalisme rassemblé (CFDT et CGT) via la Confédération européenne des syndicats (CES) et la Confédération Syndicale Internationale (CIS)

 Le réformisme à rebours comme le disait P . Mattick est apparu au moment où le capitalisme à l' échelle mondiale décida de procéder en 1979 à son retournement monétariste, contre l' État providence du Keynésianisme. A partir de cette date, et du fait du retournement monétariste le programme commun de la gauche et ses nationalisations à tout va était mort né dés l'arrivée au pouvoir de François Mitterand en 1981. La bourgeoisie française venait de choisir l' UE et la mondialisation comme champ de bataille pour sa survie. Les entreprises les plus puissantes se devaient d' avoir la « taille critique » afin d' affronter la mondialisation et les 3 D (Désintermédiation, Décloisonnement et Déréglementation du secteur bancaire).Nous pouvons ajouter Dématérialisation.

 

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   En Grande Bretagne , Margaret Thatcher (la dame de fer) a rapidement donné le ton et finit par vaincre les mineurs (1984-1985) . L'investissement en machines ne parviendra pas à concurrencer les mines à ciel ouvert ...En France, 85 000 emplois vont disparaître et avec eux un des importants bastions des luttes ouvrières La grande grève de 1963 des mineurs Lorrains sur Paris en atteste. L' industrie charbonnière entrera en « déclin » partout dans le monde au profit de l'industrie pétrolière et gazière. Ensuite, ce fut la sidérurgie4 qui allait subir les affres de la concurrence mondiale, et nous allons voir se délocaliser de nombreuses entreprises, pendant que d' autres se rationalisaient et investissaient dans la « machinerie » ( robotique,numérisation) ...pour rester sur le marché notamment l' industrie automobile en situation de surcapacité. Il va résulter de ce double mouvement les délocalisations et l'introduction de la robotique une poussée importante du chômage et des contrats de travail (type zéro heure) menant au précariat, et à la situation que Paul Mattick avait anticipé.

« Résumons-nous : le réformisme suppose que le capitalisme soit réformable. Tant que celui-ci conserve ce caractère, l'essence révolutionnaire de la classe ouvrière demeure à l'état latent. La classe ouvrière cessera d'avoir conscience de sa situation de classe, et elle identifiera ses aspirations à celles de la classe dominante. Un jour cependant, la survie du capitalisme finira par dépendre d'un « réformisme à rebours » ; le système sera contraint de recréer les conditions qui ont conduit au développement de la conscience de classe et à la perspective d'une révolution prolétarienne. Lorsque ce jour viendra, le nouveau capitalisme ressemblera à l'ancien, et il se retrouvera de nouveau, dans des conditions changées, face à l'ancienne lutte de classe.  » ( Paul.Mattick, Le nouveau capitalisme et l’ ancienne lutte de classes ( 1968) Edition Spartacus sous le titre «Le marxisme hier, aujourd’hui et demain »).

 3-Émergence du mouvement des gilets jaunes et fragmentation du salariat.

 Nous pouvons caractériser le mouvement des gilets jaunes, comme un mouvement passéiste qui cherche à sortir de l' insécurité sociale par diverses voies, et en fonction d' intérêts parfois contradictoires qui apparaissent au fur et à mesure de leur lutte. L' aspect dominant du mouvement est la référence à un nationalisme des terrains de foot , doublé d'un régionalisme anti-Etatique. Même impur, c'est à dire aclassiste le mouvement des gilets jaunes est le premier mouvement important qui caractérise le début du 21éme siècle en France. Il s'élève, contre l' appauvrissement et la désertification des campagnes. Il est aussi le résultat de la fragmentation de la classe ouvrière dans les pays de l' OCDE victime de la désindustrialisation /délocalisation et actuellement de la dématérialisation facteur de chômage chronique, de paupérisme, de petits boulots … conséquences d'un déclin relatif des économies occidentales.

Ce n' est d' ailleurs pas un hasard si le salariat pourtant menacé par les nouvelles technologies est resté dans sa grande majorité en dehors du mouvement réel des gilets jaunes qui au moment où j' écrit va se lancer dans son ACTE X.

Comme l' a prétendu de manière provocatrice Warren Buffet, multimilliardaire américain

« Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner ».

 En effet, le capitalisme triomphant qui se veut la « fin de l' histoire » a tout fait pour liquider toutes les références à la lutte des classes. En France les gouvernants ont même été jusqu'à remettre en cause les acquis du conseil national de la résistance (CNR)5, tout en réduisant les droits syndicaux avec la complicité des bureaucrates syndicaux contre le syndicalisme de base6. Tout ce qui était le fruit du rapport de force entre la classe capitaliste et prolétarienne, se devait d' être anéantie comme une abomination, une maladie incurable générée par les partisans de la lutte de classe. Toutes les références à ces luttes de la commune de Paris, en passant par 1936, les grandes luttes des cheminots, mineurs, sidérurgistes, fragmentées et délocalisées. Mai 68 éclate principalement contre la guerre du Vietnam avant de gagner le mouvement ouvrier, il y a un sursaut et des victoires économiques conséquentes.

 Des les années 1980, la bourgeoisie capitaliste repasse à l'offensive et adopte la stratégie visant à faire crever le poisson en retirant l' eau, ce qui le fait vivre. Il s' agit de liquider partout l' État providence, toute référence au collectif , favoriser l' individualisation, briser les résistances dans les moindres recoins, l' entreprise ne doit plus être un village, la concentration d' établissements

de même profession doit éclater ( facteur de lutte).Tout est savamment mis en place pour favoriser l'isolement des individus par le concassage du temps de travail, l'éparpillement du salariat, les fusions acquisitions, les déménagements d'un site à l' autre pour éviter les rapprochements collectifs, le travail nomade et flexible, le télétravail. 7

 Mais comme le signalait João Bernardo des 2008 :

 « En outre, la technologie électronique a réussi à accomplir une prouesse inédite dans l’histoire de l’humanité : la fusion entre système de surveillance et processus de travail. Jusqu’à l’époque actuelle, les travailleurs devaient être surveillés par des agents spécialisés, qui non seulement ne pouvaient pas être abusés, mais dont les salaires représentaient une dépense considérable pour les propriétaires des entreprises. Pour être tant soit peu efficace et ne pas provoquer une croissance inacceptable des coûts, ce système de surveillance exigeait que les travailleurs soient tous concentrés dans les mêmes installations. »(La question sociale:Classe ouvrière… ou travailleurs fragmentés ? Par João Bernardo )

Depuis, les NTIC viennent parachever cet isolement contrôle et déshumanisation de l' être social. La numérisation tout comme l' informatisation ne connaissent pas de frontières, elles pénètrent partout la société civile et les êtres vivants l'homme compris. Elles brisent chaque jour un peu plus la sphère privée des familles, le travail n' a plus d' horaire ni de jour de repos il fonctionne nuit et jour, il est devenu fluide comme le pétrole et l' argent. A ce niveau il ouvre la voie à l' économie collaborative, celle qui nous fait déjà travailler gratuitement comme consommateur. En effet nombreux sont les emplois qui sont maintenant et toujours plus médiatisés par le net. L’être humain est exclu du travail salarié, mais pas de son obligation de travail celle que lui impose tout le système de la techno-science, celle de l' image , du temps réel , de la traçabilité et du transhumanisme.

En résumé

Le mouvement des gilets jaunes, est la réponse ultime à l'insécurité sociale globale, qui d' ailleurs ne touche pas que la province, ce mouvement des samedis ACTE est particulièrement déconcertant pour l' état, puisque celui-ci n' a que très peu de prise économique sur lui (il n'y a pas de perte de salaire) mais plutôt des soutiens divers, même de la « violence » du boxeur où 117 000€ ont été récolté en moins de 24 heures, cette cagnotte a été immédiatement bloqué par le pouvoir, comme soutien à la violence. Mais toutes les tentatives visant à retourner l' opinion publique contre les gilets jaunes se sont retournées contre le Macron (jupiter) surnommé dorénavant Macron l' éborgneur .Ce mouvement peut de se fait tenir longtemps, d' autant que le temps travail pour lui, puisque que l' économie mondiale entre officiellement en stagnation.

A l' avenir nous n' aurons plus dans les pays désindustrialisés un prolétariat autre que précaire qui mettra du temps à s'organiser, et devra s' engager dans des mouvements type gilets jaunes, dont l' évolution reste pour le moment controversée. N 'en reste pas moins que la détermination des gilets jaunes, malgré la féroce répression visant en particulier les yeux est impressionnante.

Macron l'éborgneur et ses sbires doivent démissionner, ils démissionnent d' ailleurs les uns après les autres depuis quelque temps de peur d' avoir à rendre des comptes.

Et pour conclure :

« Elle ne peut plus régner, (la classe bourgeoise) parce qu’elle est incapable d’assurer l’existence de son esclave dans le cadre de son esclavage, parce qu’elle est obligée de le laisser déchoir au point de devoir le nourrir au lieu de se faire nourrir par lui » (K. Marx le Manifeste Communiste)

Gérard Bad (le 19 janvier 2019 acte X des G.J.)

1 La critique du citoyennisme est contenue de long en large dans la question juive de K.Marx, à laquelle il faut se reporter.

2« Si la classe ouvrière lâchait pied dans son conflit quotidien avec le capital, elle se priverait certainement elle-même de la possibilité d'entreprendre tel ou tel mouvement de plus grande envergure.(K.Marx, « salaire,prix,profit » chap.XIV.)

3L’arrestation par les autorités canadiennes de Meng Wanzhou, vice-présidente et CFO du géant des télécoms chinois a fait l’effet d’une bombe. Elle augure mal la poursuite des négociations tarifaires entre les Etats-Unis et la Chine. Mais cet épisode n’est que la partie visible de l’énorme rivalité américano-chinoise pour la conquête des technologies du futur.

4-100 000 emplois furent supprimés dans l' industrie textile en France entre 1962 et 1968, 45 000 dans la même période dans la sidérurgie.

5Le CNR fut une entente entre le PCF et les gaullistes pour la reconstruction de l' économie nationale avec l' aide des syndicats CGT et CFTC à l' époque

6-Les ordonnances Macron viennent parachever la limitation du droit syndical. La nouvelle instance représentative devient le Comité Social et Economique (CSE), elle remplace les CE, DP et CHSCT dans l’entreprise.A la SNCF, c'est 29 CSE qui devront représenter 160 000 cheminots, la ou il existait plus de 200 instances représentatives (CE,CHSCT,et DP) il s' agit d'un coup mortel porté au syndicalisme de base avec l' accord des bureaucratie syndicales.

7-Aux dernières nouvelles , le SDEM de la cie d' assurance l' Allianz dénonce la mise en place de bureaux flexibles, comme étape ultime de la dépersonnalisation et de la flexibilité. «Fini le bureau individuel. Tous les matins, on sort ses affaires de son caisson, on les installe sur le bureau, on désinfecte le clavier (eh oui !) ; tous les soirs, on range ses affaires dans son caisson. Dans certaines sociétés, on doit même faire place nette si on part en réunion !

L’avantage pour les salariés ? Aucun, bien entendu. Les premiers arrivés sont les premiers servis pour les meilleures places, tant pis pour les suivants. Ils ont encore moins de place de stockage, perdent du temps à rentrer et sortir les affaires de leur caisson. Et surtout, se sentent encore davantage des « pions », que l’on peut transbahuter à sa guise. L’avantage pour l’employeur ? Évidemment réduire les coûts en diminuant la surface globale allouée aux salariés, en partant du principe qu’ils ne seront jamais tous présents en même temps. »  (Syndicat Démocratique des Employés Mécontents juin 2018 ALLIANZ, extrait). Comme dans les prisons les transferts fréquents empêchent , la mise en place de résistances.

Solidarité internationale

En Argentine, les députés du FIT se réunissent devant l’ambassade en soutien aux Gilets Jaunes

vendredi 25 janvier 2019

Une délégation du FIT (Frente de Izquierda y de los Trabajadores) se sont rendus devant l’ambassade de France en Argentine ce jeudi. Ils ont souhaité apporter leur soutien au mouvement des Gilets Jaunes et dénoncé la répression que ceux-ci subissent.

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Un groupe perd un million de membres

Un nouvel algorithme Facebook qui réduit la taille des groupes de Gilets jaunes

Alors que depuis novembre les Gilets jaunes se servent des réseaux sociaux comme outil de coordination de lutte et de visibilité face au boycott affiché des médias traditionnels, Facebook a depuis quelques jours mis en place un nouvel algorithme qui a pour effet de diminuer la taille et l’influence des groupes Facebook de Gilets jaunes.



 

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16 janvier 2019

LES OUVRIERS EN GRÈVE DE L'USINE JASIC SOUTENUS PAR UN LARGE MOUVEMENT DE SOLIDARITÉ (2018)

ÉCHANGES 165 - AUTOMNE 2018

JASIC

 https://streamable.com/vv5wd

Les travailleurs migrants dans la ville chinoise de Shenzhen luttent pour créer leur propre syndicat. Cet article est traduit de la revue allemande « Wildcat n° 102 (automne 2018)

 L'APRÈS-MIDI DU 21 JUILLET [2018], tout juste après la libération des travailleurs et travailleuses qui avaient été arrêtés la veille, Mi Jiu-ping (1) déclarait : « ...nous n'avons pas dit notre dernier mot. Parce que nous qui souhaitons fonder un syndicat avons été tabassés, diffamés, victimes de représailles, harcelés par des hommes de main, chassés, et que rien de tout ça n'est condamné. Nous continuerons à être offensifs et unis dans notre lutte contre ces attaques, et nous espérons que nous aurons toujours plus d'amis et de frères et sœurs travailleurs qui exprimeront leur soutien, notamment sur intemet. » Le mouvement des travailleurs de Jasic et leurs soutiens est devenu l'une des plus importantes luttes de ces dernières années contre les bas salaires, les traitements inhumains et la répression policière en Chine. La témérité des travailleurs en lutte, le large sou-tien qu'ils ont reçu de par tout leur pays et le fait que les négociations durent depuis la mi-juillet ont tôt fait d'eux un point de ralliement de diverses expressions de colère d'autres travailleurs à Shenzhen, d'étudiants maoïstes de gauche, d'ouvriers activistes, de féministes. Ils agrègent les ouvriers en lutte pour le dédommagement des personnes touchées par la pneumoconiose (2) jusqu'à l'arrière-garde maoïste condamnant les réformes capitalistes comme étant un révisionnisme. Jusqu'au début septembre, une centaine de travailleurs en lutte ainsi que leurs soutiens ont été arrêtés et un millier, voire bien plus encore, ont été soumis à des interrogatoires et intimidés. Or, Mi Jiuping n'aurait pas pu s'imaginer recevoir un soutien aussi large.

(1) Mi Jiuping est un travailleur très impliqué dans la lutte dans cette usine. Dans un article paru sur le site de la CGT (https://www.cgt.fr/actualites/asie-international/conditions-de-travail/les-m ilitants-de-shenzhen-de-termines-se), il est désigné comme étant « le responsable de la lutte ». (Toutes les notes sont du traducteur.)

(2) Altération causée par l'inhalation et la fixation danmill le poumon des particules solides en suspension dans l'al. mosphère. Parmi les maladies professionnelles dues aux poussières, les lésions pulmonaires ou pneumoconioses tiennent le premier rang (Macaigne, Précis hyg., 19 I I , p.310).

 LES DÉBUTS

L'entreprise Jasic Technology produit depuis 2005 des postes à souder à Shenzhen, dont des machines à souder mobiles, portables et industrielles. Environ 1 200 personnes travaillent dans l'usine de Shenzhen et l'entre-prise possède encore deux autres usines dans les centres industriels de Chengdu et Chong-qing (province du Sichuan, dans le centre-ouest de la Chine, au pied de l'Himalaya). En 2017, l'entreprise comptabilisait un profit annuel d'environ 20 millions d'euros, en augmentation de 42 % par rapport à 2016. Le conflit social à Jasic commence au plus tard en juillet 2017, lorsque Yu Juncong et dix autres ouvriers portent plainte auprès du bureau local d'Etat de gestion du personnel, pour s'être vu imposer de manière arbitraire des heures supplémentaires et leurs jours de congés. Suivant les carnets de commande, la politique managériale consistait à faire travailler les ouvriers douze heures d'affilée sans jours de repos ou alors à leur fixer des jours de congés « sans solde ». Punis pour avoir porté plainte, Yu et d'autres travailleurs perdirent toutes leurs heures supplémentaires pendant deux mois, ce qui fit chuter leur salaire nettement en dessous de 2 000 yuans. Le salaire minimum à Shenzhen, l'un des plus élevés en Chine, se situait en 2017 à 2 130 yuans, ce qui pour une personne seule suffit tout juste à survivre, mais est bien loin de permettre de nourrir ses enfants ou d'autres membres de sa famille.

 Yu constate, en regardant en arrière, que le management arbitraire et en particulier les scan-daleuses retenues sur salaires ont diminué après que la plainte a été déposée. Alors que ses collègues estiment que la résistance ne mène à rien, il y perçoit là, lui, la preuve du contraire. Mais la situation prend une autre tournure en mars 2018 : les ouvriers se voient obligés de travailler tout le mois, douze heures par jour, sans jour de repos. Cerise sur le gâteau, il leur est promis une demi-journée de repos à la fin du mois, mais ils doivent dans la même matinée participer à une course à pied de dix kilomètres organisée par leur employeur. Sur les réseaux de discussion internes à l'entreprise, Yu a exprimé la colère qui naissait. En punition, toutes ses heures supplémentaires lui furent enlevées et il fut affecté au ménage.

Presque au même moment, les dirigeants émettent une série de 18 interdictions grâce auxquelles ils peuvent procéder à des retenues sur salaire et à des licenciements sans préavis. Qui règle la climatisation sous 26 °C, oublie d'éteindre la lumière en partant, ou encore utilise son portable pendant les heures de tra-vail se voit punir la première fois d'une amende de 200 yuans, la deuxième fois de 300 yuans et la troisième fois de licenciement sans délai. Pour une bousculade à la cantine, avoir laissé tomber un déchet ou être rentré à son logement après minuit, ce sont 100 yuans qui sont à payer la première fois, puis, 200, 300 et à la quatrième fois le licenciement est prononcé.

Mi Jiuping et d'autres travailleurs de Jasic déposent alors à nouveau plainte auprès du Bureau local de gestion du personnel, qui les soutient tout d'abord et estime que les « 18 interdictions » vont naturellement à l'encontre du droit du travail. Mais dans un premier temps, aucune mesure n'est prise ; à la place, un cadre dirigeant de Jasic accuse Yu sur le réseau de discussion interne d'être un fauteur de troubles. Sur ce, Yu entame une procédure de médiation le 3 mai auprès du Bureau local de gestion du personnel qui, dans un premier temps, ne fait rien. Quelques jours plus tard, Yu se fait arracher son portable des mains par un contremaître, qui, au passage, le blesse.

 CONSTRUIRE UN SYNDICAT

    Le 10 mai, Mi Jiuping et 27 de ses collègues se tournent encore une fois vers le Bureau local de gestion du personnel ainsi que vers le bureau local de la Confédération syndicale panchinoise (ACFTU). Ce dernier ex-prime son soutien total à la constitution d'un syndicat dans l'entreprise. Le soir-même, Yu est licencié sans préavis pour « jours d'absence » alors qu'il jouissait à ce moment-là de congés qui lui avaient été octroyés. La police s'en mêle et commence à envoyer des convocations à des ouvriers. Le 7 juin, Mi et certains de ses collègues déposent la demande de constitution d'un syndicat à l'antenne locale de l'ACFTU, mais elle leur réclame alors ou bien l'accord de l'employeur ou bien cent signatures. Le 22 juin, Mi et ses collègues de-mandent son accord à la direction, qui sans surprise, refuse. Ils cherchent à s'informer auprès de l'ACFTU pour savoir ce qu'il est possible de faire lorsque les ouvriers subissent les premiers licenciements - qui ne tarderont pas à pleuvoir - et des représailles de la part des gestionnaires du personnel. Très rapidement, les événements prennent une autre tournure lorsque, le 10 juillet, les travailleurs ont récolté 89 signatures. Les dirigeants tentent de forcer les ouvriers à retirer leur signature, et au même moment, l'antenne locale de l'ACFTU déclare subitement qu'elle n'a rien à voir avec la constitution d'une section dans cette usine et qu'elle ne soutient pas cette initiative. Les jours qui suivent, les attaques contre les travailleurs redoublent, les licenciements pleuvent, et les premiers travailleurs se retrouvent en garde à vue. Le 20 juillet, lorsque les ouvriers licenciés tentent de se rendre le matin à leur travail comme si de rien n'était, éclatent des affrontements avec les agents de sécurité et la police. Des ouvriers sont placés en garde à vue, et l'après-midi, une vingtaine d'ouvriers de Jasic et d'autres usines viennent réclamer leur libération ; ils sont nassés, frappés et dispersés par des policiers armés jusqu'aux dents. Cet événement sera connu plus tard sous le nom de « 20 juillet de Pingshan » (3).

 MOUVEMENT DE SOLIDARITÉ

 La nouvelle de l'incident de Pingshan se répand rapidement, et de nombreux soutiens se rendent à Shenzhen et appellent à la solidarité. Shen Mengyu jouera un rôle important dans l'essor de ce mouvement de solidarité. Après avoir fini ses études d'ingénieur à l'université de Sun Yat-Sen, elle avait décidé de partir travailler dans une usine automobile à Guangzhou avec pour objectif que les travailleurs améliorent leurs conditions de travail. Elle est désignée comme porte-parole par ses collègues au début de l'été, mais comme elle n'entend pas se faire acheter par les dirigeants, elle se fait renvoyer. Elle et d'autres commencent alors à manifester régulièrement devant le commissariat de police. Les jours qui suivent, les ouvriers licenciés tentent toujours de revenir sur leur lieu de travail, mais ils sont à chaque fois bloqués par des agents de sécurité et des flics. Le 27 juillet, la situation dégénère et les policiers arrêtent vingt travailleurs et quelques-uns de leurs sympathisants. Subitement, les appels à soutien se multiplient, de jeunes activistes arrivent toujours plus nombreux à Shenzhen, le groupe de solidarité grandit pour atteindre une cinquantaine de personnes. Il organise des réunions de protestation, intervient par du théâtre de rue et autres manifestations. Des groupes d'étudiants d'une vingtaine d'universités envoient leur appel à solidarité, organisent des manifestations ou se rendent eux-mêmes à Shenzhen.

 3-Du nom d'un des huit district de Shenzhen, Pingshan, qui est situé au nord-est de la ville, près de Huizhou, et où l'affrontement a eu lieu.

RÉPRESSION

Les dirigeants et la police réagissent de manière presque unilatérale en réprimant. Les cadres font usage des punitions courantes comme le refus d'accorder des heures supplémentaires, ou l'assignation au ménage, etc. mais stigmatisent aussi les travailleurs récalcitrants sur les réseaux de discussion internes. S'ensuivent aussi bien des licenciements que des violences physiques perpétrées par le service de sécurité, les chefs d'atelier et des groupes de casseurs. Lorsque les licenciés tentent de retourner comme à leur habitude le matin au travail, les dirigeants et les chefs d'équipe s'habillent en simples ouvriers et feignent de manifester au cri de « Vandales, dehors ! » comme si des travailleurs normaux allaient, pour défendre leur entreprise, s'en prendre violemment à leurs propres collègues. Aucune proposition ne sera faite aux tenants de l'initiative de fondation d'un syndicat. Bien plutôt, les signataires de la requête de fondation seront même menacés de se voir refuser les heures supplémentaires. A côté de ça, le personnel est invité au restaurant et, dans la cour de l'usine, les discours se succèdent. Seul pas de côté dans la stratégie dure, l'initiative précipitée de la création d'un syndicat d'usine par les dirigeants, ce qui, en soi, n'est pas rare dans les grandes usines chinoises ; en effet, souvent les membres dirigeants du syndicat d'usine sont les chefs des directions du personnel.

     La répression policière se poursuit et augmente peu à peu. Déjà en mai, les policiers municipaux avaient eu pour tâche d'identifier les meneurs. Ceux arrêtés le 20 juillet furent licenciés dès le lendemain, arrêtés à nouveau le 27, puis maintenus en détention des semaines durant. Début septembre, quatre d'entre eux furent remis à la justice. En réponse aux manifestations devant le commissariat, des groupes de casseurs et des policiers en civil sont infiltrés, les manifestants poursuivis et frappés dans les rues. Fin juillet, le groupe de solidarité parvient à déceler deux infiltrés qui s'étaient trahis en se rendant trop rapidement au lieu de rassemblement. En plus de cela, des policiers en civil animaient, en face du lieu où habitaient les soutiens du mouvement, une tente où étaient faites des propositions d'emploi. Il n'y a aucun doute que la police municipale a été dépassée par l'ampleur du groupe de solidarité. Il fut intimé au propriétaire de limoger ses locataires appartenant au groupe de solidarité, une tactique assez courante. Le 11 août, Shen Mengyu dut quitter le bureau national de la sécurité. Mi-août descentes et arrestations s'enchaînent aussi à Pékin, et le 24 août des unités spéciales de la police de la province fondent sur le groupe de solidarité.

 COMMENT LES OUVRIERS DE JASIC ONT-ILS PU TENIR AUSSI LONGTEMPS ?

    Ce qui fut déterminant, c'est qu'un groupe de travailleurs a voulu faire face collective-ment aux abus qu'ils subissaient, plutôt que de changer individuellement de boulot. Ce groupe a procédé avec discernement et sang-froid, de manière systématique et avec de bonnes connaissances des textes de loi. Ils ont sans cesse veillé à ce que la situation ne dégénère que progressivement, à ne s'adres-ser qu'aux responsables (du moins, légaux) et de ne rien entreprendre d'illégal. Et ils sont partis du postulat que le droit (du travail) et la constitution étaient de leur côté.

     Parmi les innombrables lettres de soutien qu'ils reçurent les deux derniers mois, il s'en trouve certaines dans lesquelles des collègues ou amis décrivent leur rencontre avec les personnes incarcérées. Ces lettres témoignent aussi bien de la violence que les travailleurs migrants subissent dans leur quotidien en de-hors de l'usine, que de l'entraide et de la résistance quotidiennes face aux policiers. Bon nombre d'entre eux font face à la même situation : ils ont été trompés par de grosses sommes que leur faisaient miroiter des agents de recrutement à leur arrivée à Shenzhen, se retrouvant ensuite souvent à dormir à la rue. Un ouvrier raconte comment ils aidèrent un collègue pour son déménagement après que celui-ci avait été expulsé sans préavis. Alors qu'ils bloquaient une rue avec leur véhicule pour le déménagement, un tricycle électrique qu'ils avaient loué, ils ne purent dégager l'accès rapidement et le conducteur d'une grosse berline BMW s'échauffa, les agressa à coup de cadenas, faisant un blessé qu'il fallut amener à l'hôpital. L'agresseur, un responsable de service de sécurité, ne fut naturellement pas appréhendé par les policiers accourus sur les lieux de l'incident.

     Une autre lettre contient le témoignage d'une ouvrière incarcérée : sur le chemin qu'elle emprunte le matin pour se rendre à l'usine, elle aperçoit un vendeur à la sauvette se faire violemment prendre à partie par le service d'ordre de l'usine. Elle prend immédiatement sa défense et arrive à lui faire restituer les ustensiles de cuisine qu'il vendait, mais elle passera pour cela quelques heures en garde à vue. Les abus et les sévices des dirigeants et de la police n'ont rien de particulièrement nouveau pour les ouvriers de Jasic, justement parce qu'ils n'ont pas tenté de s'y soustraire ou de les fuir. Ce qui les distingue, c'est d'avoir réagi à l'arbitraire des dirigeants en tentant, chose rare, de fonder un syndicat d'usine. Même si 90 travailleurs avaient signé la requête de fondation, il ressort que le soutien parmi les collègues dans l'usine n'était pas suffisant pour déclencher une grève. S'y ajoute le fait que les travailleurs activistes avaient déjà fait l'expérience que les dirigeants pouvaient, certes pour un moment seulement, être un peu « ramenés à la raison », mais que s'en-suivaient alors de nouveau des mauvais traitements. De nombreux ouvriers rapportent des expériences semblables dans d'autres usines du delta de la rivière des Perles, où les grèves ont certes amené dans un premier temps des améliorations, mais sur lesquelles les directions revinrent par la suite. D'autres cas encore montrent que lors de négociations entamées suite à une grève, les représentants des travailleurs se sont fait rouler ou acheter. A Jasic cependant, les revendications ne se réduisent pas à des augmentations de sa-laire ou des réclamations d'impayés. A cet égard, les travailleurs ont bien eu l'espoir de créer, par la fondation d'un syndicat d'usine, une défense de leurs intérêts sur le plus long terme.

POURQUOI LA DIRECTION EST-ELLE RESTÉE SI INFLEXIBLE ?

La raison la plus immédiate est que les dirigeants n'ont pas appris à faire autrement. Ils ne font des concessions que s'ils ne peu-vent pas faire autrement, comme lorsque la production est mise à l'arrêt. A Jasic, ils sont plein d'assurance parce qu'ils sont proches de la police et d'autres fonctionnaires : en effet, deux membres de la direction de l'usine siègent à l'Assemblée populaire (4) de Shenz-hen et sont en cheville avec l'élite locale. Mais on peut aussi se demander si les diri-geants d l'entreprise avaient même la marge de manœuvre suffisante pour accorder des augmentations de salaire ou reculer sur les « 18 règles » permettant des retenues sur salaire. Certes une forte augmentation des profits est à constater pour l'entreprise en 2017 ; rien n'assure cependant que cette situation se maintienne dans un contexte de ralentissement de l'économie chinoise, notamment suite aux sanctions douanières américaines.

(4) Chaque village, ville, métropole, province possède une assemblée populaire qui élit l'assemblée populaire au-dessus d'elle. Distinct des conseils municipaux nom-més, ces assemblées élues n'ont que peu de pouvoirs, mais sont représentatives au sens où elles doivent com-porter un certain pourcentage d'hommes, de femmes, de minorités et de chaque classe sociale. Chaque corporation, université vote pour l'Assemblée populaire de la ville. (Source wikipedia.)

 COMMENT EN VINT-ON Â UN MOUVEMENT DE SOUTIEN AUSSI LARGE ?

 Diverses circonstances expliquent l'importance de la solidarité. Certains soutiens se sont rendus très rapidement auprès des ouvriers, comme Shen Mengyu, et ont tout de suite commencé à organiser des manifestations, ce qui donna aux ouvriers une visibilité publique qu'ils n'auraient pas pu atteindre par leurs seules forces. Les groupes d'étudiants, de gauche et maoïstes de gauche, qui envoyèrent de tout le pays des déclarations de solidarité ou rejoignirent eux-mêmes les défilés à Shenzhen, semblent n'avoir attendu que cela : qu'une lutte salariale prenne une dimension explicitement politique par la revendication de constitution d'un syndicat.

 Les groupes d'étudiants maoïstes de gauche organisent fréquemment des journées « d'expériences collectives de travail », lors desquelles les étudiants travaillent pendant un court moment comme journaliers afin de connaître la situation de la classe laborieuse. En cela, une certaine distance s'exprime entre travailleurs et étudiants, alors même que peu nombreux sont les étudiants qui eux-mêmes ne viennent pas de couches laborieuses ou dont les parents ne travaillent pas comme ouvriers migrants ; c'est même ce qui les motive à étudier. Les vieux maoïstes, les anciens membres ou cadres du Parti communiste qu'on voit apparaître sur certaines photos de ce mouvement ont aussi joué un rôle important : leur participation aurait évité que la répression ne soit plus féroce encore, puisqu'on ne peut pas dézinguer un ancien camarade du parti comme un simple ouvrier. En plus du large mouvement de solidarité, c'est bien la convergence de diverses luttes, leur efficacité et leur créativité qui sont impressionnantes. Lors d'une intervention à l'université de Pékin en mai, la féministe Xue Yin avait rendu public un cas de viol. Début août, elle rejoint le groupe de soutien aux travailleurs de Jasic. Elle est emprisonnée depuis le 24 août. Elle soutient, comme de nombreux autres groupes féministes très actifs, un féminisme de classe qui se concentre sur les discriminations et la violence spécifiques aux travailleuses ; leur but étant l'abolition du sexisme et de l'exploitation, critiquant avec virulence le féminisme bourgeois qui revendique une égalité dans le procès d'exploitation. De même, des porte-parole des ouvriers du bâtiment de Shenzhen, venant de Leiyang, qui avaient aussi été très actifs durant les mois précédents parce que touchés par des pneumoconioses, sont entrés en contact avec les travailleurs de Jasic. Depuis la fin des années 1990, de nombreux paysans provenant de la région très pauvre de Leiyang dans le Hunan ont travaillé en tant que foreurs sur les chantiers. La plupart sont déjà morts des suites de l'inhalation de la fine poussière libérée par les forages, les survivants luttent pour être soutenus et obtenir des aides pour leurs traitements médicaux. Ils estiment à environ six millions le nombre de victimes de pneumoconiose pendant les décennies de croissance de la Chine. Tous ont protesté quotidiennement à Shenzhen et à Huizhou, ont fait du théâtre, chanté et organisé des repas, etc. Ils ont conservé, imprimés ou en vidéo, les histoires de ces ouvrières et de ces ouvriers, de leurs manifestations, leurs revendications, leurs chants et leurs poèmes et les ont largement diffusés. Alors que très rapidement, les informations et les posts (sur Facebook, Twitter, etc) sur Jasic furent frappés par la censure, des tutoriels pour apprendre à monter son blog firent leur apparition sur github.io, un site internet pour le développement de logiciels qui ne peut pas facilement être bloqué par la censure. De nouveaux blogs apparurent, et l'expérimentation de nouveaux logiciels alternatifs de communication se développa tout à coup. C'est ainsi que les événements de Jasic purent et continuent à être bien mieux documentés que beaucoup d'autres grèves.

 ET POURQUOI, ENCORE UNE FOIS, LA RÉACTION DE L'ÉTAT S'EST-ELLE CANTONNÉE À LA RÉPRESSION ?

 Dans de nombreux cas de lutte contre les baisses de salaires, en particulier dans le bâtiment, où les grèves sont inefficaces, les ouvriers tentent notamment par des blocages de rue d'utiliser les policiers comme médiateurs afin que leurs retenues sur salaires soient directement versées par le gouvernement local, ou bien qu'avec le soutien de ce dernier ils parviennent à les obtenir des chefs d'entreprises. Il n'est pas rare que la police prenne ce rôle. Cependant dans le cas de Jasic, il semble n'y avoir eu aucune tentative de médiation de la part des policiers. Peut-être les fonctionnaires de Shenzhen siégeant à la direction de Jasic ont-ils directement ou indirectement fait pression sur eux. Le fait que les ouvriers et leurs soutiens aient été attaqués par des services de sécurité privés et des policiers en civil, et ce aux abords même du commissariat ou de l'usine, laisse penser que les policiers locaux ont été dépassés par le mouvement de solidarité. Seul le bureau régional du syndicat a affiché au début sa sympathie avec les ouvriers et s'est un peu bougé dans leur sens. Il se peut que cela tienne à ce qu'à Shenzhen, comme à Shanghaï à ce moment-là aussi, des réformes syndicales aient été entreprises et que de nouvelles sections syndicales pour les travailleurs migrants aient été créées, à l'instar de la section syndicale de Shanghaï pour les travailleurs de services de livraison de plats préparés et de colis. Si certes de telles sections s'occupent en premier lieu des offres d'activités sportives et culturelles ou font participer le personnel à des simulacres de négociations, elles expérimentent cependant de nouvelles stratégies de lutte. C'est le directeur local de l'ACFTU qui a ensuite tracé le premier la ligne qu'ils suivraient : contre les ouvriers et pour un syndicat des dirigeants. Que ce soit la descente du 10 août contre le Centre Dagongzhe, une petite ONG qui depuis début 2000 soutient les ouvriers à Shenzhen par un centre social en leur offrant un accès à la culture et à des conseils juridiques, ou bien l'arrestation de Shen Mengyu, ces actions furent l'oeuvre d'organes de sécurité situés à un haut niveau.

DE RÉCENTES VAGUES DE GRÈVES

Suite à la chute de l'export lors de la crise de 2008-2009, les grèves dans les usines Honda de Foshan ainsi que dans le delta de la rivière des Perles déclenchèrent une vague d'arrêts de travail pour des augmentations, mouvements qui furent offensifs, courts et couronnés de succès. L'augmentation du coût de la main-d'oeuvre notamment fut fortement augmenter en 2014 le nombre de délocalisations et de fermetures d'usines dans le delta de la rivière des Perles et fit éclater de nombreuses luttes prolongées et complexes sur des retenues de salaire, des détournements de fonds de la sécurité sociale et d'indemnités de licenciement. En 2016, la vague de délocalisation d'usines perdit de la vitesse et le nombre de conflits dans les usines de confection chuta. La majorité des conflits concernaient des non-paiements de salaires sur les chantiers. Dans les secteurs des prestations de services et du transport, la conflictualité s'accrut sensible-ment, ce qui reflète la part grandissante que représentent ces secteurs dans l'économie. Toute une série de luttes plus connues, comme à Coca-Cola en 2016 ou à Walmart, montre que l'auto-organisation des ouvriers gagne en qualité et en endurance. Dans les nouvelles industries de service par Internet (les services de taxi, de livraison de plats préparés et de colis) surviennent aussi régulièrement des conflits localisés autour de baisses de salaires ou de la révision arbitraire et sans préavis des conditions d'obtention de primes. Début juin, la plupart des 30 millions de participants à la grève nationale des chauffeurs de poids-lourds ont suivi ce mouvement pour protester, entre autres, contre l'augmentation du prix du diesel, contre des contraventions injustifiées et contre le monopole de la plate-forme de fret Manbang.

 DES ROBOTS À LA PLACE DES HOMMES

 La délocalisation d'usines a lieu dans de nombreuses villes industrielles du delta de la rivière des Perles grâce à un détournement des programmes de subvention pour l'automatisation. Les villes de Dongguan, Huizhou ou Foshan rivalisent avec des programmes comme « Remplacer les hommes par des robots » et des subventions allant jusqu'à 70 % sont accordées à condition que les ouvriers soient remplacés par des machines. Mais même si en 2016 à Dongguan seulement quelque 70 000 postes furent victimes de l'automatisation, de larges parties de l'industrie de la confection continuent à être basées sur le bon vieux principe de l'exploitation d'une force de travail peu rémunérée, travaillant dans des conditions aussi bien à risques que dangereuses pour la santé. Un travailleur social qui apporte son aide dans un hôpital de Foshan raconte que l'hôpital traite tous les ans entre 2 000 et 2 500 accidents du travail. La plupart de ceux-ci sont des blessures aux mains, aux bras, des coupures, des ecchymoses, des doigts, des mains ou des bras coupés. Pour les ouvriers, une telle blessure signifie souvent qu'ils ne pourront plus travailler dans une usine parce qu'ils ne peuvent plus aussi bien ou aussi vite se servir de leurs mains. Il ne leur reste alors qu'à retourner dans leur région d'origine et, la perspective devenant toujours plus économiquement précaire, d'y ouvrir un petit magasin.

 DES LOYERS QUI GRIMPENT

Ces dernières années, le prix de l'immobilier a augmenté très rapidement en Chine, en particulier dans les grandes villes. L'immobilier n'est pas seulement une source de revenu pour des particuliers ou encore une assurance vieillesse puisque la transformation de friches en terrains constructibles constitue une des principales sources de revenus pour les gouvernements locaux. Quand j'explique à des collègues ce qu'il en est du prix de l'immobilier à Berlin, cela est si peu cher que ça les fait rire (5). A Guangzhou, un appartement coûte, si on le convertit à un niveau de vie comparable à l'Allemagne, environ 8 000 à 9 000 euros le mètre carré. Sans cesse ont lieu des expulsions. Parfois, en l'espace de 24 heures, 50 personnes se retrouvent à la rue. Il ne reste d'autre solution aux ouvriers que de se retrouver confinés toujours plus nom-breux dans de petites chambres ou à déménager loin de leur lieu de travail, pour un trajet dépassant parfois une heure.

(5) Alors même que les augmentations de loyer à Berlin grimpent parfois jusqu'à 10 % par an et cristallisent depuis des années la colère de larges franges de la population en résistance à la spéculation immobilière.

 DES SALAIRES QUI DIMINUENT

Le développement économique s'est ralenti, même si tous les détails n'apparaissent pas dans les statistiques biaisées du gouvernement. La bulle immobilière doit être comprimée et le shadow banking [«finance de l'ombre », toutes les opérations financières qui se font hors des bilans des banques,NDLR diminué puisque la guerre commerciale est précédée par son ombre. Nous apprîmes récemment d'un cadre d'une banque à Shenzhen qu'il avait conseillé à ses employés de renoncer à faire des achats immobiliers ainsi qu'aux voyages de luxe et de se préparer à « un hiver long et froid ». Si on les compare aux cinq années précédentes, les augmentations de salaire ont considérablement ralenti, les revalorisations du salaire minimum se laissent toujours plus attendre, et sont moins élevées qu'attendu. Dans le delta de la rivière des Perles, ils sont situés entre 2 300 (Guangzhou), 1 720 (villes moyennes comme Foshan ou Dongguan) et       1 550 yuans par mois. Il y a trois ans de cela, ils étaient de 1 895 yuans à Guangzhou, et respectivement de 1 510 yuans dans les villes moyennes et 1 350 yuans dans les petites. Le salaire de base des ouvriers est à peine plus élevé, y compris avec les heures supplémentaires et les compléments, il s'élève pour beaucoup à

3 000 ou 4 000 yuans, seulement environ 30 % des ouvriers gagnent plus que cela (les chiffres proviennent du site chinois Workers Empowerment). Les salaires de base à Jasic correspondent à cela, ils se situent cependant dans la tranche inférieure de la moyenne. Un emploi de caissier dans un supermarché est proposé entre 2 800 et 3 200 yuans, un poste de surveillant, pour 3 500 yuans. Les signatures de contrat de travail, elles, stagnent : seuls à peine 60 % des ouvriers dans le delta ont un contrat de travail en bonne et due forme. En plus des loyers, les produits de première nécessité augmentent aussi, d'environ 10 % par an. A côté de cela, ce sont en particulier la garde des enfants et l'éducation qui sont démesurément chères. Une place dans une crèche dans un village urbain coûte 2 000 yuans par mois. Certes le système du hukou (6) a été  assoupli, cependant, de nombreux travailleurs migrants continuent à envoyer leurs enfants chez les grand-parents à la campagne. Seuls les tickets de transports en commun continuent à coûter très peu. Dans de nombreux nouveaux petits boulots du tertiaire, tels que la livraison de plats préparés ou de colis, il est certes possible de gagner jusqu'à 5 000 yuans ou plus par mois... si l'on travaille sans s'arrêter. Mais ces emplois sont très précaires, dangereux dans la circulation chaotique et nombreux sont les cas où le salaire n'est pas payé dans sa totalité. Les conditions de lutte sont d'autant plus difficiles que ce secteur se paupérise, fait face aux délocalisations et que les entreprises de services sont de très petites tailles.

Le mouvement des travailleurs de Jasic et de leurs soutiens a lieu sur le fond de ces vastes changements que connaît la Chine. Le Parti communiste qui prit le pouvoir il y a soixante-dix ans contre le despotisme des propriétaires terriens est devenu le parti des propriétaires immobiliers. Si d'un côté, l'industrie doit être modernisée pour s'adapter au niveau du mar-ché mondial, d'un autre côté, les nombreux nouveaux riches espèrent toujours de plus grands profits. Pour les ouvriers et les étudiants, cela ne signifie rien de bien réjouissant. Ils ont de bien trop bonnes raisons pour s'in-digner face à des conditions de travail exécrables, des revenus faibles, le sexisme et l'arbitraire des chefs d'entreprises : ces dernières semaines ont montré à beaucoup d'entre eux l'audace dont ils pouvaient faire preuve. Nous continuerons à suivre ces mutations sociétales et ces luttes en Chine ! (Traduit de 1 'allemand par I. J.)

(6) Système d'enregistrement des ménages, le hukou est le nom de la carte de résident que reçoivent les personnes qui ne sont pas encore domiciliées dans une ville (souvent des frontaliers, notamment à Shenzhen). Voir « Les tra-vailleurs migrants en Chine», Echanges n° 123 (hiver 2007-2008).

À LIRE DANS ÉCHANGES

♦ La Question syndicale en Chine (brochure, mai 2010) ♦ La Chine débarque dans l'UE (brochure, août 2013) • « L'histoire édifiante des élections syndicales dans les usines Fox-conn », Echanges n°143 (2013) ♦ « Le krach chinois, les balbutiements de l'économie de transition », Echanges n°153 (2015) ♦ « De la révolte de Wukan aux conflits internes au Parti communiste », Echanges n° 157 (2016).

Posté par spartacus1918 à 03:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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13 janvier 2019

ACTE IX samedi 12 janvier 2019-videos

 

VIDEO. A Bordeaux, la BAC a encore frappé : un Gilet jaune victime d’un tir de flashball à la tête

Bordeaux. La main arrachée, les blessures à la mâchoire, les poumons perforés, ne semblent pas être suffisantes pour la BAC. De nouveau, un Gilet jaune a été victime d’un tir de flashball à la tête. Dans la vidéo, on le voit en sang. Le cortège était pourtant des plus pacifiques…

ACTE IX samedi 12 janvier 2019

 

VIDEO. Blessure à la tête, la scène en intégralité : la BAC a tiré dans le dos

Bordeaux. Pour l'acte 9, de nouveau, un Gilet jaune a été victime d’un tir de flashball à la tête. Une nouvelle vidéo montre la scène qui précède la blessure : on voit la BAC à plus d'une dizaine, dont deux membres, tirer au flashball et à la grenade dans le dos du Gilet jaune.

Le bilan provisoire de janvier 2019

  1. ROBIN B. a été blessé à l’arrière de la tête (4 agrafes + hématome) par un tir de LBD 40 le 05 janvier 2019 à La Rochelle.
  2. FLORENT M. a eu une fracture ouverte de la zygomatique à cause d’un tir de LBD 40 le 05 janvier 2019 à Paris.
  3. OLIVIER H. a été blessé à la tête (traumatisme crânien avec perte de connaissance) par un tir de LBD40 le 05 janvier 2019 à Paris.
  4. DANIEL a été blessé au front par un tir de LBD 40 le 05 janvier 2019 à Paris.
  5. DAVID S. a eu le nez cassé et 9 points de suture (20 jours d’ITT) à cause d’un tir de LBD 40 le 5 janvier 2019 à Bordeaux.
  6. NON IDENTIFIE, 35 ans, a perdu un oeil à cause d’un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 à Toulon.
  7. XAVIER L., 46 ans, photo-journaliste, a eu la rotule fracturée (45 jours d’ITT) par un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 à La Rochelle.
  8. LILIAN, 15 ans, a eu la mâchoire fracturée par un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 à Strasbourg.
  9. WILLIAM R., 23 ans, a été gravement blessé à la tête par un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 à Paris.
  10. SANDRA, 29 ans, a été gravement blessée au pied (10 jours de soins, risque de phlébite) par un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 au Havre.

 

 

 

 

 

 

 

 

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