SPARTACUS

21 juin 2019

La Démocratie des conseils ( parution juin 2019)

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20 juin 2019

INFOBREF N°524-Mobilisation et lutte contre les guerres,Fonds retraite: le casse du siècle

INFOBREF N°524

Mobilisation et lutte contre les guerres

Au Soudan, les militaires sonnent la charge contre la révolution

Par Célian Macé — 3 juin 2019 à 13:15 (mis à jour à 17:36)

Les militaires se sont déployés dans toute la capitale ce lundi. Photo Ashraf Shazly. AFP

Le sit-in des manifestants, devant le quartier général de l’armée, a été violemment attaqué et dispersé ce lundi matin à Khartoum. Des soldats sont déployés dans toute la capitale. Le bilan provisoire est de 13 morts.

Les maigres barricades élevées depuis le 6 avril ont été balayées en quelques minutes. A l’aube du dernier jour du ramadan, ce lundi, les soldats ont dispersé par la force le site occupé par les manifestants devant le quartier général de l’armée, à Khartoum. Dans la matinée, ce lieu devenu l’épicentre de la révolution qui a conduit à la chute du président Omar el-Béchir, où affluaient chaque soir de dizaines de milliers de Soudanais avides de changement, apparaissait désert sur les images diffusées sur les réseaux sociaux. Les tentes qui ont abrité pendant deux mois les discours, les concerts, les dessins, les débats, les repas, les rêves des révolutionnaires étaient en flamme.

L'attaque a fait au moins 13 morts et 116 blessés, selon un bilan provisoire du Comité central des médecins soudanais. L’assaut des militaires était coordonné : des barrages routiers ont été installés par l’armée, qui s’est déployée dans toute la capitale. Des activistes affirment qu’au même moment, les sit-in des villes de Damazin, Port-Soudan et Al-Qadarif étaient également dispersés. A Khartoum, des coups de feu résonnaient encore dans les rues en fin de matinée. L’aéroport a été fermé. Des arrestations, des flagellations, des bastonnades ont été filmées dans plusieurs quartiers.

Coup de poignard

La répression est d’abord l’œuvre des Rapid Support Forces (RSF), une unité composée à l’origine de miliciens arabes du Darfour, responsables de massacres à grande échelle, dont Omar el-Béchir avait fait sa garde prétorienne. Lourdement armés, ils ont pris le contrôle de tous les points stratégiques de la capitale ces derniers mois. Leur chef, le jeune Mohamed Hamdan Daglo, surnommé «Hemedti», est aujourd’hui le numéro 2 du Conseil militaire qui a renversé le dictateur.

Et sans doute l’homme le plus puissant du Soudan. Il avait promis à plusieurs reprises que ses hommes ne s’en prendraient pas aux manifestants. Mais ces dernières semaines, des RSF avaient ouvert le feu lors d’échauffourées aux abords de la zone du sit-in. Ce lundi, à la différence des premiers jours du mois d’avril, aucun soldat de l’armée régulière ne semble avoir pris la défense des révolutionnaires. «Nous n’avons pas dispersé le sit-in par la force, a osé un porte-parole du Conseil militaire, le général Shamseddine Kabbashi, à la chaîne de télévision Sky News Arabia, contre toute évidence. Les tentes sont là et les jeunes peuvent y circuler librement.» Une affirmation démentie par plusieurs témoins.

Depuis le 21 mai, les négociations entre l’armée et les forces de la Déclaration pour la liberté et le changement, une plateforme de groupes et de partis d’opposition, étaient suspendues. Avec cette offensive, les généraux viennent de donner un nouveau coup de poignard au processus de transition vers un pouvoir civil. L’Association des professionnels soudanais, fer de lance de la contestation, a annoncé rompre tout contact avec les militaires et appelle à «la grève et la désobéissance civile totale et indéfinie à compter d’aujourd’hui».

Célian Macé

 

lire aussi :Toute l’Afrique (et une bonne partie du monde) a les yeux fixés sur la révolution au Soudan

jeudi 16 mai 2019, par Robert Paris

Au Havre, la population rejette le chargement d’armes prévu au port

Polémique. Alors que le navire saoudien « Bahri Yanbu » n’avait toujours pas atteint hier les terminaux du Havre où il devait être chargé d’armes, une manifestation a eu lieu jeudi 9 mai 2019 sur le port, pour dénoncer cette livraison française à l’Arabie saoudite.

Emmanuel Macron a dit hier « assumer » la vente d’armes françaises à l’Arabie saoudite, assurant avoir la « garantie » qu’elles « n’étaient pas utilisées contre des civils » au Yémen, alors que de nombreuses associations et des élus veulent empêcher le chargement d’armes à bord d’un cargo saoudien, au Havre (notre édition d’hier).

Hier soir, le Bahri Yanbu, en provenance d’Angleterre, n’avait pas encore gagné le port du Havre, où il devait initialement accoster mercredi, et restait en rade. « Les conditions d’accueil techniques ne sont pas là. Il ne rentrera pas au port aujourd’hui », indiquait une source portuaire.

S’appuyant sur un article du Traité sur le commerce des armes qui proscrit les transferts d’armes en cas de risque d’utilisation contre des civils, l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) et Action sécurité éthique républicaines (ASER) ont déposé hier un recours en urgence au tribunal administratif de Paris, pour empêcher le départ du Havre du cargo, en direction finale de Djeddah (Arabie saoudite). Le recours devrait être examiné ce matin. « L’État français ne peut ignorer que ces armes peuvent servir à commettre des crimes de guerre au Yémen », a déclaré Joseph Breham, avocat de l’Acat, en référence à la guerre livrée au Yémen par l’Arabie saoudite et une coalition, face aux rebelles houtis, soutenus par l’Iran. Elle aurait fait plus de 60 000 morts depuis 2015. Plusieurs autres organisations comme Amnesty International ou l’Observatoire des armements sont vent debout contre ces livraisons à l’Arabie saoudite.

Des armes françaises chargées au Havre, direction l’Arabie saoudite

Faisant suite à leurs dénonciations, le député de la Seine-Maritime Jean-Paul Lecoq (PCF) s’était adressé à la ministre des Armées, mardi à l’Assemblée. « Non, vous ne pouvez pas garantir aux Français que les armes fabriquées dans notre pays ne sont pas utilisées pour ces horreurs », dont peuvent être victimes des civils, a-t-il lancé. Il n’a pas obtenu de réponse.

« L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont des alliés de la France. Et ce sont des alliés dans la lutte contre le terrorisme. Nous l’assumons totalement, a affirmé Emmanuel Macron. Il y a un comité qui gère ces exports, sous l’autorité du Premier ministre [...] où nous demandons la garantie que ces armes ne puissent pas être utilisées contre des civils ».

S’il n’a pas précisé la nature des armes à charger au Havre, le site d’investigation Disclose a avancé qu’il s’agirait de « huit canons de type Caesar ».

Hier, à 18 heures, s’est tenue une manifestation contre ce chargement d’armes, à l’appel du Mouvement de la paix et de la Ligue des droits de l’Homme, sur un terre-plein du port du Havre, à quelques centaines de mètres du quai de l’Europe. Là où le Bahri Yanbu devait accoster. Parmi quelque 140 personnes, de nombreuses organisations, élus et étudiants, étaient présentes. « Nous demandons à la France d’abandonner ces transferts d’armes », a clamé Marie-Claire Jegaden, présidente du comité du Havre du Mouvement de la paix. « L’urgence, c’est que ces armes ne soient pas livrées », a répété Jean-Paul Lecoq, qui réclame plus de pouvoir au parlement sur la question des ventes d’armes.

Guerre au Yémen: les dockers de Marseille-Fos «ne chargeront aucune arme »

Suite aux révélations de Disclose concernant l’imminente livraison par cargo d’armes françaises à l’Arabie Saoudite dans le but de poursuivre la guerre au Yémen, les dockers de Marseille-Fos s’engagent dans un communiqué à ne charger « aucune arme, aucune munition pour quelle guerre que ce soit ». Une prise de position inspirante pour lutter contre les politiques impérialistes discrètement menées par l’État français à l’étranger.

Gabriella Manouchki

mercredi 29 mai 2019

photo : Disclose

La politique impérialiste opaque de la France au Yémen

En avril dernier, alors que le gouvernement affirmait encore qu’aucune arme française n’était utilisée dans la guerre au Yémen, le média indépendant Disclose avait révélé au contraire que des armes françaises allaient être livrées à l’Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis dans le cadre de ce conflit. Ces deux États, historiquement soutenus par la France et par les États-Unis, sont alliés au sein d’une coalition militaire contre les rebelles soutenus par l’Iran dans la guerre au Yémen, guerre qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts et ravagé le pays depuis 2015. On peut souligner ici que ces révélations avaient valu à trois journalistes de ce nouveau journal d’investigation d’être convoqués à la DGSI. D’après Disclose, dont les révélations s’appuient sur une fuite de documents confidentiels, la France aurait signé, en décembre 2018, dans la plus grande discrétion, un nouveau contrat d’exportation d’armes, fabriquées par l’entreprise française Nexter, avec l’Arabie Saoudite. Parmi ces armes, on trouve notamment le canon Caesar, suspecté de faire feu sur des zones habitées par des centaines de milliers de civils au Yémen. « Pas moins de 129 canons caesar devraient être expédiés vers le royaume saoudien d’ici à 2023 », selon Disclose.

Des révélations qui ont de quoi embarrasser le gouvernement au moment où, d’après l’ONU, le Yémen fait face à « l’une des plus graves crises humanitaires au monde ». En effet, 28 millions de Yéménites vivent toujours sous les bombardements et plus de 8 300 civils ont perdu la vie au cours des seules frappes aériennes de la coalition, dont 1 283 enfants d’après un recensement du Yemen data project. Dans un communiqué, le cabinet du premier ministre se contente alors de répondre que « la France est un partenaire responsable et fiable » et « entretient un dialogue constant avec ces partenaires pour répondre à leurs besoins de défense », affirmant en guise de justification du contrat de vente d’armes que « les armes françaises dont disposent les membres de la coalition sont placées pour l’essentiel en position défensive ». Pour la ministre des armées Florence Parly, il n’y a « pas de preuves » que les armes françaises tuent des civils au Yémen.


https://youtu.be/BKUi1HmaJL0

Le rôle des dockers contre la livraison d’armes

Étant donnée la position floue volontairement maintenue par le gouvernement quant à la vente d’armes françaises aux États qui font la guerre au Yémen, les syndicats de dockers alliés à un certain nombre d’associations et d’organisations politiques ne peuvent que se montrer vigilants vis-à-vis du chargement de cargos à destination de l’Arabie Saoudite.

Le 8 mai dernier, un rassemblement d’une centaine de personnes sur le port du Havre avait permis d’empêcher un cargo saoudien d’accoster et, de ce fait, de bloquer la livraison d’armes en Arabie Saoudite. Dès le lendemain, cette politique impérialiste dès lors révélée au grand jour était en toute impunité « assumée » par Macron au nom, bien sûr, de la "sacro-sainte" lutte contre le terrorisme.

Le lundi 27 mai, Disclose révèle qu’un nouveau chargement d’armes, plus précisément de munitions destinées à l’usage des canons Caesar, devrait avoir lieu le lendemain à Marseille. Plusieurs représentants politiques et associations régissent à cette annonce, à l’image d’Amnesty International appelant à bloquer le départ de ce « bateau de la honte ». Le syndicat CGT des dockers du Golfe de Fos publie alors un communiqué dans lequel il s’engage à ne charger aucune arme. Les dockers affirment : « Fidèles à notre histoire et nos valeurs de paix, votre syndicat combat toutes les guerres du globe, nous nous battons contre l’impérialisme, contre la déstabilisation de certains pays, contre le pillage des ressources premières, contre toutes ces guerres géopolitiques ». Contacté par téléphone, le secrétaire général CGT des dockers de Fos Laurent Pastor confirme : « Nous n’embarquerons jamais d’armes destinées à tuer des civils ». D’après lui, le syndicat fera toutes les vérifications possibles : « Nous avons demandé au consignataire et au fournisseur, des documents officiels qui attestent que nous chargerons du matériel civil, destiné aux civils, et en aucun cas du matériel militaire ».

Finalement, les munitions à destination de l’Arabie saoudite ne seront pas chargées au port de Marseille-Fos ce mardi 28 mai. D’après Disclose dans un dernier communiqué publié sur Facebook, les munitions ont été redirigées vers une destination inconnue, « du matériel uniquement civil sera donc embarqué demain matin ».

Le jour-même, la ministre des armées interpellée à l’Assemblée Nationale déclare que des vérifications sont en cours et qu’il n’y aurait rien d’étonnant à ce qu’elles confirment la livraison d’armes française à l’Arabie Saoudite étant donné le « partenariat » qui lie les deux pays. Que le gouvernement l’assume à demi-mots ou non, la France se rend complice des crimes de guerre perpétrés par l’Arabie Saoudite au Yémen en lui livrant des armes. Il s’agit là d’une politique impérialiste inscrite dans une longue tradition française tachée de sang pour le contrôle des ressources au Moyen-Orient, qui ne saurait être justifiée par l’argument dogmatique et stérile de la « lutte contre le terrorisme ». On ne peut alors que saluer le travail d’investigation de Disclose ainsi que la prise de position des dockers contre l’impérialisme. La force de frappe anti-guerre donne une idée de la capacité qu’aurait la classe ouvrière, si le mouvement s’étendait à une plus large échelle, sinon d’imposer la paix, mettre une véritable épine dans le pied aux marchandes de canons et aux désastres humanitaires qu’elle génère.

Fonds retraite: le casse du siècle

A partir du moment, où les gestionnaires du capitalisme mondial1 considèrent que d' ici 2050 le déficit des cotisations retraite dans le monde atteindra les 400.000 milliards de dollars, il n' est plus étonnant que les retraités deviennent la cible privilégiée de l' ordre capitaliste mondial.

En effet, 400 000 milliards, c' est 20 fois le PIB des Etats-Unis, rien que pour les Etats-Unis les engagements en matière de retraite se montent à 137.000 milliards de dollars, soit sept fois le PIB de la première économie mondiale. Ensuite vient la Chine, dont le déficit atteindra 119.000 milliards de dollars, soit 10 fois son PIB, puis l' Inde (85,000 milliards de dollars) le Royaume Uni (33.000 milliards de dollars) et le Japon (26,000 milliards de dollars)

 (1) D'après les experts du Forum économique mondial (FEM)

Macron autorise le placement boursier de 200 milliards d'euros d'épargne retraite

 

LOI n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises

article 20

L’épargne retraite représente plus de 200 Mds€ d’encours majoritairement investis dans des actifs peu adaptés à l’investissement de long terme (dette souveraine et dette de grandes entreprises). Leurs faibles rendements exposent les épargnants à l’érosion de leur capital du fait de l’inflation et des frais de gestion. La généralisation de la gestion pilotée de ces encours, comme option par défaut, permettra d’orienter cette épargne vers l’économie productive pour offrir de meilleurs rendements aux futurs retraités. La gestion pilotée est une stratégie d’investissement qui tient compte de l’horizon de placement de l’épargnant. Lorsque le départ en retraite est lointain, l’épargne est fortement investie en actions, puis progressivement investie dans des supports garantis (fonds en euros et fonds eurocroissance des entreprises d’assurance) ou des supports obligataires ou monétaires. Cette modalité de gestion a été introduite pour les plans d’épargne retraite pour la retraite collective (PERCO) par la loi n° 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques. Il est proposé d’en faire la modalité de gestion par défaut de la retraite supplémentaire à la lumière de cette expérience positive.

 En deuxième lieu, il convient de développer l’épargne retraite en améliorant son attractivité, notamment dans un contexte de mobilité professionnelle accrue.

 Tout d’abord, la réforme permettra de simplifier l’univers de l’épargne retraite supplémentaire pour le rendre plus compréhensible et parfaitement portable quels que soient les parcours professionnels. Actuellement, un épargnant qui bénéficie d’un PERCO ne peut transférer ses encours lorsqu’il est, par exemple, recruté dans une entreprise ayant mis en place un dispositif de type « article 83 » ou qu’il se met à son compte (Madelin). Alors que les carrières professionnelles sont désormais moins linéaires, la perspective de devoir cumuler plusieurs produits non transférables est un frein important à leur commercialisation (faible lisibilité des droits, cumul des frais, charge administrative). Or, ces produits ne seront pas transférables entre eux tant qu’ils répondront à des règles différentes. Pour garantir aux épargnants qu’ils ne seront jamais contraints de cumuler plusieurs produits de retraite supplémentaire, ces produits doivent donc obéir à un corpus de règles uniques permettant l’éventuelle transférabilité des encours, sans qu’un tel transfert n’entraine de conséquence sur le dénouement normal du contrat (délivrance d’un capital ou achat d’une rente viagère, selon l’origine des sommes et les choix des épargnants). Cette harmonisation inclura également le traitement fiscal des différents dispositifs, notamment pour généraliser à l’ensemble des produits la possibilité de déduire de l’assiette de l’impôt sur le revenu, jusqu’à certains plafonds, les versements volontaires des épargnants. A cet égard, les mesures relatives au régime fiscal et au traitement social des produits seront prises respectivement dans le projet de loi de finances et dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale.

 Ensuite, assouplir les conditions de sortie de ces produits au moment de la retraite permettra d’accroître leur attractivité auprès des épargnants en leur ouvrant davantage le choix sur le mode de sortie. Aujourd’hui, sur 130 Mds€ d’engagements de retraite concernés par la réforme, 115 Mds€ - détenus par 8,5 millions d’épargnants (article 83, Madelin, plans d’épargne retraite populaire dits PERP)- sont liquidés essentiellement en rente et 15 Mds€ – détenus par 2,2 millions de porteurs (PERCO) – se débouclent essentiellement en capital. Après la réforme, les conditions de sortie de ces produits seront alignées afin de lever les obstacles à leur transférabilité et d’accroître fortement les possibilités pour les épargnants de libérer leur épargne sous la forme d’un capital, plutôt que sous forme de rente, s’ils le souhaitent. Cet alignement sera un facteur d’attractivité très important pour les 8,5 millions de bénéficiaires de produits de retraite assurantiels. Il ne durcira pas les conditions de sortie pour les 2,2 millions de porteurs de PERCO.

 Dans cette perspective, la réforme permettra de liquider son produit d’épargne retraite :

 – par l’acquisition d’une rente viagère pour les sommes issues de versements obligatoires des épargnants ou de leur employeur ;

 – au choix de l’épargnant, par le versement d’un capital, par l’acquisition d’une rente viagère, ou pour partie en capital et par l’acquisition d’une rente viagère pour les sommes issues d’autres versements (versements volontaires et versements issus de l’épargne salariale).

 Les conditions de sortie par anticipation des différents produits feront également l’objet d’une harmonisation. Il sera notamment possible de racheter ou de liquider les droits en cours d’acquisition, à l’exception de ceux correspondant aux sommes issues de versements obligatoires des épargnants et des employeurs, pour les affecter à l’achat de la résidence principale. Le projet de loi de finances prévoira que la fiscalité des sorties par anticipation pour ce motif sera alignée sur le régime fiscal prévu en cas de dénouement normal du plan postérieurement à la date de départ en retraite, contrairement aux autres cas de déblocage anticipé qui sont indépendants de la volonté de l’épargnant (décès, invalidité, surendettement, expiration des droits à l’assurance chômage, cessation d’activité non salariée à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire). Par ailleurs, un traitement fiscal plus favorable sera maintenu en cas d’acquisition d’une rente viagère, dénouement permettant à l’épargnant de se prémunir contre les risques liés au grand âge en bloquant de nouveau son épargne.

 En troisième lieu, la réforme a pour objectif de protéger les français qui épargnent en vue de la retraite. A l’exception notamment des PERP, les engagements de retraite gérés par les entreprises d’assurance font rarement l’objet d’une comptabilité auxiliaire d’affectation, c’est-à-dire qu’ils ne sont généralement pas obligatoirement isolés dans un canton comptable dans leur bilan. Il est proposé de généraliser l’obligation de cantonner ces engagements afin de préserver les droits des assurés en cas de défaillance de l’entreprise d’assurance. Il s’agit également de garantir une distribution équitable de la valeur : le cantonnement contraint l’entreprise d’assurance à redistribuer le résultat technique et financier au sein du canton.

 Enfin, il convient de stimuler la concurrence sur le segment de la retraite supplémentaire pour les épargnants en permettant notamment aux entreprises d’assurance, aux mutuelles ou unions, aux institutions de prévoyance et aux sociétés de gestion d’actifs en partenariat avec les organismes d’assurance précités de proposer des produits d’épargne retraite individuels et des produits souscrits dans le cadre de l’entreprise.

 Pour décliner juridiquement ces quatre enjeux, le I du présent article introduit, dans la partie du code monétaire et financier dédiée aux produits d’épargne, un chapitre consacré au plan d’épargne retraite, afin de préciser la définition et les règles communes applicables aux produits. Le II modifie l'article L. 137-16 du code de la sécurité sociale afin de généraliser le taux de forfait social réduit (16 % au lieu de 20 %) que la loi Macron avait introduit pour l'épargne salariale versée dans un PERCO dont les fonds sont investis à hauteur de 7 % minimum en titres de petites et moyennes entreprises et d'entreprises de taille intermédiaire. Il s’agit de tirer les conséquences de la réforme de l’épargne retraite en appliquant ce taux de forfait social réduit aux sommes versées par l’employeur qui sont affectées à tout plan d’épargne retraite d’entreprise prévoyant que l’encours en gestion pilotée est investi par défaut, c’est-à-dire en l’absence de choix différent de l’épargnant, à hauteur de 10 % en titres éligibles au PEA-PME. Un décret précisera les conditions de sécurisation progressive de cette épargne, ce ratio n’ayant pas vocation à s’appliquer de manière uniforme selon que l’épargnant est proche ou non du départ à la retraite.

 Ce premier volet de la réforme sera complété par d’autres mesures faisant l’objet d’une habilitation à procéder par ordonnance, afin notamment :

 – de déterminer les règles spécifiques aux produits proposés dans le cadre de l’entreprise, en distinguant un produit de retraite ayant vocation à bénéficier à l’ensemble des salariés de l’entreprise et un produit de retraite pouvant ne couvrir qu'une ou plusieurs catégories objectives de salariés ;

 

de déterminer les règles relatives aux produits individuels, notamment en matière de gouvernance, ainsi qu’un socle de règles communes matière d’obligation de conseil et d’information ;

 

  • de prendre toutes les mesures nécessaires pour que les nouvelles règles communes s’appliquent aux produits existants (contrats PERP, article 83, Madelin, PERCO et autres régimes d’épargne retraite supplémentaire).

L’article 21 La baisse des taux a progressivement réduit les rendements offerts aux assurés sur les contrats en fonds euros, qui représentent 80 % de l’encours total de 1 700 Md€ en assurance-vie (rendement moyen proche de 1,8 % fin 2017, soit un taux net de 1,5 % après prélèvements sociaux).

https://www.legifrance.gouv.fr/affichLoiPreparation.do%3Bjsessionid=15AED59E5E0872F5FE6FC560C3955591.tplgfr38s_

3?idDocument=JORFDOLE000037080861&type=expose&typeLoi=proj&legislature=15


https://www.legifrance.gouv.fr/affichLoiPreparation.do;jsessionid=CBE284319DA7F380075861B25931AC7D.tplgfr38s_

3?idDocument=JORFDOLE000037080861&type=general&typeLoi=proj&legislature=15

 

100 000 retraités anglais , agents territoriaux, dépouillés

par leur fonds de pension

 

8/06/2019 -Le fonds de revenu d'actions Woodford détient l'épargne-retraite et les investissements de
dizaines de milliers de personnes. Mais les résultats ont été si mauvais que les investisseurs ont retiré de
l’argent au taux de 10 millions de livres sterling par jour.
chute de 34% au cours des deux dernières années
Les administrateurs du fonds de pension de Kent, qui tentaient de limiter les pertes de Woodford pour 
ses 110 000 membres, ont décidé de se retirer lorsqu'il est apparu à la fin du mois dernier que le fonds
phare s'était contracté de 560 à 3,77 milliards de £ en seulement quatre semaines. À son apogée, le fonds
valait plus de 10 milliards de livres sterling.
La suspension de son fonds prestigieux a suscité la colère des investisseurs et a évoqué une enquête
officielle de la FCA. Le ramasseur d’équations conduisant Porsche doit absolument changer de cap.
Il était, disait la BBC en 2015, "l’homme qui ne peut pas arrêter de gagner de l’argent".
Il était la rock star des pensions et de la gestion de fonds, récompensé par un CBE pour ses services
à l'économie. Mais maintenant, depuis que Neil Woodford a empêché les investisseurs de retirer leur
propre argent de son fonds phare, il est sous les projecteurs pour toutes les mauvaises raisons ...
La semaine dernière, après 23 mois consécutifs au cours desquels les retraits du fonds avaient été
supérieurs aux nouveaux fonds, Woodford a constaté qu’il ne pouvait pas réaliser assez rapidement
de liquidités pour répondre aux demandes de retraits, du moins à un prix raisonnable. Il a fermé
le fonds aux retraits, laissant des légions d'investisseurs en colère et dans les limbes pendant 28 jours.
"La paille finale était la demande du fonds de pension du conseil de comté de Kent de retirer
sa participation de 263 millions de livres. Les administrateurs du fonds de pension de Kent - qui essayaient
de réduire les pertes que Woodford avait accumulées pour ses 110 000 membres - ont décidé de se retirer
a révélé à la fin du mois dernier que le fonds phare avait diminué de 560 millions de livres,
soit 3,77 milliards de dollars en seulement quatre semaines. À son apogée, le fonds valait plus
de 10 milliards de livres. "
https://www.theguardian.com/business/2019/jun/08/neil-woodford-fund-manager-rise-and-fall-
investors-bright-star-black-hole
Depuis deux ou trois jours, Woodford a posté une vidéo sur Youtube pour s'excuser de ne pouvoir
rendre l'argent aux clients

La destruction de l'hôpital public ne sert que des intérêts privés ...

 www.matierevolution.fr/spip.php?article5317

11 avr. 2019 - Urgences de Saint Antoine en grève C'est en s'organisant par eux-mêmes que les personnels des Urgences de l'hôpital Saint Antoine ont …



Urgence pour les services d’urgence !
Solidarité avec les personnels hospitaliers !

Depuis mars dernier, suite aux premiers mouvements de grève dans les hôpitaux parisiens, le mouvement de grogne des personnels soignants des services d'urgences s'étend avec 95 services en grève ce mardi 11 juin.

Quatre syndicats avaient appelé fin mai à cette journée de mobilisation et de grève nationale, pour développer le rapport de force face à la ministre de la Santé, avec à leurs côtés le collectif Inter-Urgences.

Comme le dit Patrick Pelloux, président de l'association des médecins urgentistes, en réponse aux déclarations de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn : "On ne lui demande pas d'inventer les choses mais déjà de rendre plus attractif le monde hospitalier." Agnès Buzyn a annoncé la mise en place d’une mission et d’un rapport. Mais les urgences n’ont pas besoin d’un énième rapport !

Cette situation est une "vraie crise" liée autant à un "vrai burn out qu’à un ras-le-bol" et "une vraie difficulté sur l'attrait pour venir travailler dans les hôpitaux".

Un système à bout de souffle

Les personnels ont peur de voir des gens mourir par manque de soin. Pour l'urgentiste Christophe Prudhomme, de la CGT-Santé, c'est une certitude et met en garde : « Cet été, il y aura des morts ».

Face aux non-réponses du gouvernement et à sa volonté de ne pas négocier, le mouvement de grève s’est intensifié avec le développement des arrêts de travail pour échapper aux assignations comme à Lons-le-Saunier et à Paris (à Saint-Antoine et Lariboisière), poussant les autorités sanitaires à recourir aux réquisitions, via les forces de police dans certains cas sur ordre du préfet.

La crise est bien là. La fréquentation des urgences a doublé en vingt ans, pour passer de 10 millions à 21 millions de passages par an. Dans le même temps les structures d'urgence ont diminué et leurs moyens en effectif n’ont pas augmenté. Comment « faire mieux avec moins » fut la ritournelle des gouvernements depuis plus de 20 ans !

Un hôpital est un tout. Une fois aux urgences, il faut trouver un lit d’aval si une hospitalisation est nécessaire dans un service. Cela est de plus en plus difficile, car tous les hôpitaux sont soumis à des plans de retour à l'équilibre financier avec comme conséquence la fermeture de lits et de services.

Choisir un service public de santé performant, rejeter l’appel au privé

En réponse à cette grave crise du service public hospitalier, certains, comme le chirurgien Guy Vallancien, membre de l'Académie nationale de Médecine, invité de Radio Classique le 11 juin, préconisent de créer plus de services d'urgences privés en France ! Tout est dit !

Il faut répondre dès maintenant aux revendications des soignants sur les salaires et les effectifs et construire une alternative à plus long terme face à la dégradation de l’hôpital public. Ceci nécessite de tout redéfinir : ce qu’est la médecine libérale, ce que doit couvrir les service public de santé et le type de coopération dans la prise en charge de la permanence des soins.

1-D'après les experts du Forum économique mondial (FEM)

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11 juin 2019

L' économie de la Russie et la question sociale (IIéme partie)

L' économie de la Russie et la question sociale (IIéme partie)

 

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Le contexte international

Avant de parler de la question sociale en Russie, il nous faut replacer celle-ci dans le contexte plus général des pays de l'OCDE. En effet la fédération de Russie avait officiellement demandé en 1996 de devenir membre de l'OCDE. Comme nous l' avons signalé dans notre texte précédent, l'intégration suite à un référendum de la Crimée à la Russie en 2014, a été suivi de sanctions de l'Occident dont la remise en cause de son adhésion à l' OCDE.

 Comme dans de nombreux pays, l' augmentation du niveau de vie est au programme des promesses électorales de ceux visant des postes au gouvernement de leur pays ou bloc de pays comme l' UE. La Russie ne fait donc pas exception et en 2018, Vladimir Poutine candidat à sa propre succession, revenait à la charge sur l' indispensable développement économique du pays, la sécurité stratégique de la défense russe. Pour y parvenir Poutine a fixé un objectif d' augmentation de 50% du produit intérieur brut par habitant avant 2025. Il a cependant dévoilé six nouvelles armes stratégiques pour garantir la sécurité du pays dont les missiles embarqués hypersoniques Kinjal et les missiles balistiques Sarmat.

Une économie essentiellement basée sur la rente

 La plus grande faiblesse économique de la Russie, c'est son importante dépendance aux fluctuations des prix du gaz et du pétrole. En effet, la croissance moyenne de la Russie entre 1999 et 2005 était de 6,7% puis un rapide développement du PIB de 6 à 8% jusqu' en 2008. Cette vulnérabilité de la Russie s'est révélée au cours de la crise financière et économique mondiale de 2008 dite des subprimes, où les cours des hydrocarbures se sont effondrés et avec eux la bourse de Moscou, celle-ci plongea de 70%.

La Russie ressemble sur de nombreux points à ce que les économistes nomment de « maladie hollandaise »1 et il est bien connu que sur les marchés internationaux l'industrie russe n' est pas compétitive, sauf pour  celle de l'armement.

Les fluctuations du prix des hydrocarbures déterminent la politique extérieure de l' état russe ;allant jusqu'à s'entendre avec l' Arabie Saoudite pour limiter les productions et maintenir les prix à la hausse2 ; tout en signant un pacte dit de Moscou avec Mohammed ben Salmane .

 Après la crise de 2014-2016, l' économie russe émerge3 de nouveau, les importations vont chuter plus que les exportations et l'inflation descendra à moins de 5% au premier trimestre 2017. En 2016 son PIB est de 1290 Mds de dollars contre 2230 en 2013. Depuis 2014 le pouvoir d' achat d'une heure de travail a été divisé par deux ; et le niveau de vie reste en deçà du niveau de vie des années 2000. Cette émergence, se fera sur le dos de la population, les revenus réels ont chuté de 12,7% entre octobre 2014 et novembre 2016. Il en résultera que plus de 20 millions de russes sur une population d' environ 145 millions vivent en dessous du seuil de pauvreté ( sources 2016). Ce ne sont pas les sanctions économiques de l' Occident qui ont provoqué cette situation. Elles ont plutôt joué dans les deux sens et l' UE va en faire les frais. Quant à la Russie elle va compenser ses pertes en se tournant de plus en plus vers l' Asie et le Proche Orient.

 Le retour au capitalisme d' état s'appuyant sur un complexe militaro industriel.

Si sous la présidence de Boris Elsine, le secteur public fut considérablement amoindri, sous les différents mandats de Vladimir Poutine il va en être autrement. La reprise en main par l’État du secteur énergétique est indiscutable4 . Vont suivre, le secteur bancaire et le complexe militaro-industriel c'est à dire les principaux centres décisifs de l' économie. Il va en résulter sans entrer dans les détails que tous secteurs confondus les entreprises publiques contribuent à 70% du PIB national, contre 35% en 2005. Tout pays en état de faiblesse a toujours recours à une reprise en main par l' État des piliers de l' économie, ce n' est pas propre aux pays socialistes le gaullisme avait lui aussi ses plans et sa force de frappe.

 Injustice sociale et montée du populisme

 La montée du populisme n' est pas qu'une affaire européenne, la fracture sociale entre les oligarques richissimes et la population appauvrie est d' autant plus vive que les oligarques procèdent à la fuite des capitaux aux premiers coups de brise sur les finances russes.

 « Les fuites de capitaux de Russie, qui évoluent en dent de scie après s'être envolées lors de la crise de 2014, ont rebondi de 58% en 2017, a indiqué mardi la banque centrale russe. Elles se sont élevées à 31,3 milliards de dollars en 2017, contre 19,8 milliards de dollars en 2016 (chiffre révisé), 57,5 milliards de dollars en 2015 et plus de 150 milliards de dollars en 2014. (le figaro 17 01 2018)

 Tout ceci est dénoncé sur les réseaux sociaux qui font la part belle au jeune Navalny Aleseï qui a dénoncé dans un film5 la corruption de Medvedev

 Déclin des dépenses de santé publique , d' éducation et de la natalité

 En 2005, à la suite d'un mouvement de protestation sans précédent depuis le début des années 1990, le gouvernement est amené à introduire certaines réformes sociales, dont notamment l' augmentation des allocations familiales.

En Russie, le taux de natalité est en baisse depuis quelques années , ceci est dû à plusieurs facteurs dont l'importante chute du niveau de vie des classes laborieuses ( le PIB ayant été divisé par deux entre 1990 et 1998). C 'est sur fond de problèmes démographiques ( 1,2 millions d' actifs en moins entre 2015-2016 (selon le service fédéral des statistiques) que l' économie russe tente une sortie. Il faudra attendre l' année 2009, pour que s' amorce un faible accroissement du taux de natalité.

 En cette année 2019, Vladimir Poutine devant le parlement russe a déclaré vouloir un fort soutien financier à la famille et à la natalité. Nous pouvons résumer sa politique par la formule «Plus d’enfants-moins d’impôts» érigée en principe. Vladimir Poutine se rend bien compte que le déficit croissant de la population est une menace à moyen terme pour le maintien de la puissance russe. Il est convaincu que la Russie parviendra à l’accroissement naturel de la population et au renouvellement des générations d’ici 2024. Mais pour le moment la population russe continue de décroître. Dans un article publié par Spoutnik, Poutine s'exprimant lors du VIe Congrès des compatriotes russes vivant à l'étranger qui se tenait les 31 octobre et 1er novembre 2018 à Moscou, Vladimir Poutine a précisé certains points de la politique migratoire russe.

 «Il vise, entre autres, la création des conditions les plus confortables pour l'installation en Russie à titre permanent des compatriotes de l'étranger ainsi que l'établissement de règles concrètes sur l'entrée [sur le territoire russe, ndlr], sur l'obtention d'un permis de séjour et de travail et sur l'acquisition de la nationalité russe»

 La question du logement

La reprise en main par l' État du secteur bancaire et l' augmentation de son assise sur la répartition des aides aux plus indigents (80% de la population paupérisée en dépend), va inévitablement jouer en faveur de l' État Poutine. Celui-ci misant sur une politique nataliste à moyen terme se doit d' accompagner celle-ci de construction de logements, il s' agit d' aides à l' accession à la propriété.

 La famille russe moyenne comprenant trois ou quatre personnes ne dispose que de 50 m2 pour vivre. Les privatisations des années 1990 /2000 ont incité les Russes à devenir propriétaire de leur logement et l'on compte depuis 2016, plus de 87% de famille propriétaire de leur logement. Le plus souvent il s'agit de logement construit avant les années 1970, dont les charges d'entretien étaient ainsi reportées sur le « propriétaire de dettes ».

 Voir :Le mouvement du logement en Russie: état des lieux à la fin 2006

 La question des retraites

 V.Poutine tout comme E.Macron sont confrontés à une baisse de popularité, elle est la conséquence de la douloureuse réforme des retraites qui balaye le monde depuis des années. D'après les experts du Forum économique mondial (FEM) le déficit des cotisations retraite dans le monde atteindra les 400.000 milliards de dollars,c' est 20 fois le PIB des Etats-Unis.Le FEM déclare que si d'ici 2050 l' espérance de vie moyenne passe à 85 ans, tous les systèmes de retraites s'effondreront.

 Les autres secteurs économiques

 Le charbon, l'héritage du passé

La Russie dispose,d'importante réserve de charbon sur laquelle elle a comme les pays d' Europe bâti sa puissance économique. Elle est toujours la deuxième plus importante réserve de charbon du monde (173 milliards de tonnes) contre 267 milliards pour les états unis et 126 milliards pour la Chine. Par contre en ce qui concerne la production de charbon la Russie se place au 6 éme rang, dérrière la Chine, les Etats-Unis, L Inde, l' Australie et l' Afrique du Sud.

 En 2017, la production de charbon de la Russie atteignait 206,3 Mtep, au 6e rang mondial avec 5,5 % du total mondial, en progression de 6,7 % ; entre 2007 et 2017, elle a progressé de 44 %

L' état russe un État nucléaire.

La Russie dispose d'environ 10 % des réserves établies d'uranium de la planète, estimées à 5 500 milliers de tonnes, et assure environ 8 % de la production mondiale de ce minerai, avec un volume de 3 400 tonnes en 2007.

mais aussi le 3e producteur d’électricité d’origine nucléaire (derrière les États-Unis et la France) en 2015. 

La Russie, doit pour alimenter son parc de 36 réacteurs nucléaires6 répartis entre 10 centrales, et ses exportations, porter sa production annuelle d' uranium à 10 000 tonnes à l' horizon 2015 et à 25 000 tonnes d'ici 2025. La Russie est un gros consommateur d' énergie le troisième derrière les États-Unis et la Chine avec une population bien moindre. Si en 2015 la part de l' énergie nucléaire représentait 18,6% de la production électrique nationale, celle-ci devrait atteindre 45% à 50% d'ici 2050 et 80% d'ici 2100.

Au 1er octobre 2016, 7 réacteurs nucléaires étaient en cours de construction (seule la Chine en construit davantage à l'heure actuelle) et la construction de 26 tranches supplémentaires est envisagée en vue d’une mise en service entre 2018 et 2035.

La Russie premier exportateur de blé

La Russie,malgré quelques aléas du au mauvais temps confirme sa première place comme producteur de blé (68,5 millions de tonnes, contre 84,9 Mt en 2017-2018) ; mais aussi comme exportateur mondial de blé.

Toutes céréales confondues, la Russie a augmenté de 49% son record d’exportations en 2017-18, à 52,9 Mt. Ses exportations au cours de la campagne 2018-19 s’élèveraient à 48,5 Mt, selon le département américain de l’Agriculture.

Les producteurs et exportateurs de blé européen s’inquiètent de cette offensive russe à l' export. En effet outre son important client qu'est l' Égypte (premier importateur de blé mondial) la Russie s'ouvre des marchés vers la Tunisie, le Vietnam, et la Lettonie.

La logistique à la traîne

Les pertes importantes de production de blé, pour difficulté de transport et logistique et conservation dans les silos remontent à l' époque de l' URSS. Il est constaté que 60% des silos actuels ont été construits il y a plus de 30 ans et sont obsolètes par rapport aux normes internationales. Le transport routier (55,9% des volumes transportés) est lui aussi affecté par son atomisation, quant au rail (44,1% des volumes) il manque de wagons7.

Le stockage des céréales est un problème récurrent en Russie, et la conséquence d'un important gaspillage quant on sait que la moitié des stockages se trouve dans les fermes ; que les wagons finissent comme outil de stockage. Il y a, à ce niveau une forte demande d'investissements pour moderniser les ports et l' ensemble de la logistique.

Néanmoins la Russie est à l' offensive sur le marché des céréales, et tente de devenir le plus important centre exportation au Proche-Orient, elle commence d' ailleurs à tailler des croupières à la France en Algérie et aussi aux exportateurs américains.

« Les exportations de céréales devraient, elles, dépasser de presque 30% le record de 2017 pour atteindre plus de 42 millions de tonnes, a indiqué le Centre, ajoutant qu'aucun pays du monde n'avait enregistré de tels chiffres au cours des 30 dernières années. » Sputnik

G.Bad juin 2019

 Bibliographie

 Le RAMSES 2018 les textes de la rubrique ou va la Russie

Le texte en ligne du sénat français «  l'énergie au cœur de la puissance économique russe »

Notes

1L'expression de « maladie hollandaise » désigne, en théorie économique, ce qui est arrivé aux Pays-Bas à la suite de la découverte d'importants gisements de gaz en mer du Nord dans les années 1970. La « manne énergétique » qui s'est alors déversée sur la Hollande, outre un impact inflationniste, a eu des effets d'éviction sur le reste de l'économie du pays.

2-Rappelons qu’au printemps 2017, un accord historique (accord OPEP + Russie) fut conclu afin de réduire les productions de pétrole et faire ainsi remonter les cours…

3-à l' échelle mondiale la Russie fait partie des pays émergents

4-L'affaire de la nationalisation de la compagnie pétrolière indépendante Ioukos et la condamnation de ses dirigeants, notamment de Mikhaïl Khodorkovsky, en a été l'illustration la plus marquante.

5Film «  ne l' appelez pas Dimon » visionné sur youtube 23 millions de fois en juin 2017

  • 6En 2014, le parc nucléaire mondial a fourni près de 10,8% de l’électricité produite dans le monde.

  • Si les États-Unis possèdent le plus grand nombre de réacteurs nucléaires (99), la part de l’électricité nationale d’origine nucléaire n’y est que de 19,5% contre 77% en France.

  • Les 48 réacteurs nucléaires du Japon, jugés « opérationnels » par l'AIEA sont actuellement à l’arrêt pour un renforcement de leur sûreté.

  • La Chine possède le plus grand nombre de réacteurs en cours de construction (25 dont 2 EPR). 

7 Il y a dix ans, 33 000 étaient disponibles. En 2010, ce chiffre a baissé à 28 000 wagons, et à 20 000 wagons en 2015.

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30 mai 2019

INFOBREF N°523-Le lobby pro-saoudien aux États-Unis- Ethiopie-France télécom-57 suicides à la SNCF

 

INFOBREF N°523

VIDEO. Pour l’acte 26, les Gendarmes ressortent leur fusil d’assaut à Nantes

 

VIDEO. A Nantes, un journaliste de CNEWS reçoit un tir de LBD dans le ventre

 

VIDEO. A Nantes, un gendarme sort son arme à feu

Depuis le début de la manifestation, les violences policières pleuvent sur les Gilets Jaunes. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos et témoignages fleurissent. Et pour cause, à Nantes, la mobilisation est massive ce 11 mai, pour l’acte 26 des Gilets Jaunes.
Dans l’après-midi, un journaliste de la chaine CNEWS a été touché par un tir de LBD dans le ventre.

 

Ethiopie. Une étude dévoile la précarité des ouvrières du textile les moins payées au monde

Une étude intitulée « Fabriqué en Éthiopie : les défis de la nouvelle frontière de l'industrie du vêtement » dévoile que les ouvriers des usines qui alimentent des grandes marques comme H&M, Guess ou Calvin Klein sont payés 26 dollars par mois en Ethiopie.

Esther Tolosa

mardi 14 mai 2019



Rendue public le 7 mai, cette étude du Centre Stern pour les affaires et les droits de l’homme de l’université de New York, dévoile que les Éthiopiens sont les travailleurs les moins biens payés de l’industrie mondiale du vêtement, avec un salaire de seulement 26 dollars par mois, soit 23 euros. Un revenu qui les situe loin derrière les ouvriers du Bangladesh qui gagnent environ 95 dollars par mois.

Ce sont des grandes marques comme Guess, H&M ou encore Calvin Klein qui profitent de cette main d’œuvre à très bas coût. En effet, l’Éthiopie n’a pas instauré de salaire minimum dans le privé, car le gouvernement ambitionne de devenir le principal centre manufacturier, quitte à ignorer la décence humaine. En effet, contre l’argument qui dirait que les salaires ne sont jamais comparables d’un pays à l’autre, on apprend dans ce rapport, même en Éthiopie, 26 dollars par mois ne permettent pas de vivre.

Ainsi, les ouvriers de ces usines de vêtement, dont une grande partie sont des femmes, peinent à s’en sortir. Une situation qui génère un turn-over important puisqu’on apprend dans cette étude que la quasi-totalité des ouvriers de ces usines sont remplacés en un an.

Pourtant, face à cette précarité, outre les démissions, ce sont aussi les conflits et les grèves qui se multiplient. « Plutôt que la force de travail docile et bon marché promue en Ethiopie, les fournisseurs basés à l’étranger ont rencontré des employés qui sont malheureux de leur rémunération et de leurs conditions de vie, et qui veulent de plus en plus protester en cessant le travail ou même en démissionnant », explique ainsi le directeur adjoint du centre Stern, Paul Barrett.

Une lutte de classe qui donne de l’espoir face aux pratiques rapaces des patrons qui cherchent perpétuellement le moins-disant social et sèment la précarité là où ils s’installent comme dansles pays d’où ils délocalisent.

Voir aussi :Ethiopie, « le tigre africain » ?

 

VIDEO. Coup de gueule d’Anasse contre le silence sur les 57 suicides à la SNCF

 

France Télécom. «Organiser la précarisation subjective permanente»

Publié par Alencontre Le 14 - mai - 2019

Entretien avec Danièle Linhart
conduit par Cécile Rousseau

Danièle Linhart qui a suivi la crise chez l’opérateur de télécommunications (France Télécom), constate que les fondements managériaux perdurent dans le privé comme dans le public et que la bataille contre le burn-out est loin d’être gagnée. [Voir sur le «procès de France Télécom les articles publiés sur ce site en date du 6, 9 et 12 mai.] Lire le reste de cet article »

France. Amazon organise sous-traitance et surexploitation

Publié par Alencontre Le 9 - avril - 2019

Par Gurvan Kistanadjaja

A peine reçu le courrier recommandé lui notifiant son licenciement pour faute grave, que Jean-François M.T. s’interroge à haute voix: «Comment ai-je fait pour tenir aussi longtemps?» Ce quadragénaire d’origine congolaise devenu chauffeur-livreur sur le tard a contacté Libération il y a quelques semaines après avoir lu notre enquête publiée le 5 octobre 2018 sur les conditions de travail des petites mains d’Amazon. On y décrivait de l’intérieur le quotidien de ces salariés employés par des sous-traitants de la multinationale et soumis à une cadence infernale. Lire le reste de cet article »

France-Débat. «35 heures: retour vers le futur»

Publié par Alencontre Le 8 - mars - 2019

Par Michel Husson

Cette contribution dresse un bilan chiffré de l’expérience des 35 heures en France, de manière à poser à nouveau la question de la réduction du temps de travail.

Malgré l’incrustation du chômage de masse et l’extension de la précarité, on ne parle plus beaucoup de réduction du temps de travail. Il y a là un double mystère, et aussi un double déni : en France, le passage aux 35 heures a correspondu à une exceptionnelle création d’emplois ; et, historiquement, une partie des gains de productivité ont été Lire le reste de cet article »

Le lobby pro-saoudien aux États-Unis 2/2

28 mai 2019 René Naba Aucun commentaire

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info..

Les Trois coups de semonce américains à la dynastie wahhabite

Depuis la guerre anti soviétique d’Afghanistan (1979-1989), qu’ils ont mené conjointement en y impliquant les «arabes afghans» enrôlés dans la légion islamique d’Al Qaida, que la presse occidentale désignait du vocable flatteur de «combattants de la liberté» avant de les stigmatiser du vocable infamant de «terroristes islamistes», les relations américano saoudiennes ont évolué en
dents de scie, en dépit d’une apparente solidarité de façade.

En dépit d’un important lobbying saoudien, les tirs de semonce sans sommation, sont fréquents:

Le 1er coup de semonce: l’épée de Damoclès de la partition du Royaume

Quand le Pentagone re dessine le Monde : «les Lieux saints de l’Islam» sous supervision d’un «super vatican musulman».

Sur fond d’un climat chahuté, exacerbé par une vague sans précédente d’islamophobie occidentale, le parrain américain des Saoudiens est entré subrepticement en scène pour donner un magistral coup de poing sur la table, qui y a retenti comme un assourdissant coup de semonce.

Cauchemar de la dynastie wahhabite, la menace de partition de l’Arabie saoudite a été, une nouvelle fois, brandie en pleine guerre contre le terrorisme, d’une manière publique, cette fois, par un ponte de l’armée américaine qui a préconisé carrément de soustraire les lieux saints de l’Islam à l’autorité saoudienne pour en confier la gestion à un conseil international, en faisant ainsi «une sorte de SUPER VATICAN MUSULMAN»

De quoi saper définitivement le fondement du leadership wahhabite sur la sphère musulmane

LIRE La suite

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21 mai 2019

Sur les élections européennes 2019

 

 

Masereel

ÉLECTIONS PIÈGE À CONS

 

Cette année, l'expression de Mai 68 « élections piège à cons »1 prend une nouvelle fois toute sa dimension. En effet la vague contestataire des gilets jaunes fut à ses débuts une contestation spontanée des « tous pourris » parlement, syndicats, sénat. Ce n' est pas moins de 60% du peuple de France qui pour des raisons différentes commence à considérer la démocratie républicaine comme une dictature. Si nous nous basons sur l' étymologie de démocratie, celle-ci veut dire le pouvoir du peuple et par conséquent une dictature du peuple révolutionnaire sur le pouvoir aristocratique et ensuite sur la bourgeoisie.

 

La réalité est bien sur plus sévère, quand le dit peuple relâche sa pression, qu'il considère l' Etat prédateur comme un Etat protecteur, la démocratie devient une dictature sur le peuple . Les gilets jaunes ont au moins compris à quoi sert la fiscalité, à entretenir un appareil d' état totalitaire/ militaro-industriel contre la majorité du peuple.

 L'illusion référendaire

 Mais le mouvement des gilets jaunes au court de ses différents actes a fini par lâcher la proie pour l' ombre en pensant redonner le pouvoir au peuple par le truchement du RIC, sans toucher à un cheveux de l' appareil d' état. La boite de pandore du RIC devant mener à l' écurie des urnes fut alors ouverte et une partie des gilets jaunes y voyant un moyen légal de continuer le combat en participant à ce qu'ils avaient contester au départ. Jérôme Rodrigues, une des figures des gilets jaunes, a appelé pour les élections européennes "à faire un vote anti-Macron", au cours de l' Acte 27

  L' écurie des urnes, ce n' est certes pas une nouveauté, et le retour du citoyen révolté dans l' isoloir un moyen de calmer le jeu . Souvenons nous comment Mai 68 s'est terminé, De Gaulle a mis fin à ce qu'il avait appelé la « chienlit » grâce à la grande contre manifestation des champs Élysée.

  Le 30 mai, 500.000 à un million de personnes manifestent sur les Champs-Élysées en soutien au général De Gaulle. Un défilé qui va clôturer la fin des événements. Confiant du soutien populaire, De Gaulle va se lancer dans le référendum sur la régionalisation , mettant son mandat présidentiel en jeu. Un an après l'avoir adulé les français dont il avaient dit en 1940 qu'ils étaient des veaux vont le faire tomber.

 Depuis les français vont continuer a veauté avec le sentiment que plus cela change et plus c' est la même chose, voir pire aujourd'hui.

  En 2005, la grande anarque référendaire de la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe va exploser aux yeux de tous

  A la question "Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe ?" qui leur était posée dimanche 29 mai 2005, les électeurs ont répondu par un non franc : 54,87 % des suffrages exprimés, contre 45,13 % pour le oui.

  « Les Français, comme d’autres citoyens de l'Europe, lancent un avertissement sans précédent aux institutions de Bruxelles et aux partis politiques. C’est une rupture majeure sur ce long chemin entamé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par des pays autrefois belligérants, aujourd’hui amis dans leurs rêves d'union. » France Inter

  Et voilà que le peuple d' un des principaux pays de l' Europe des 25 rejette le traité les sondages avaient pourtant annoncés un raz de marée de 71% en faveur du traité et voilà une fois de plus l' arroseur arrosé. La cuisine électorale, s'est trompée de plat et les convives n' ont plus qu' à se trouver un autre menu capable de recycler les restes.

 C' est bien entendu ,ce que les institutions européennes vont entreprendre, en faisant repasser le plat sous le nom de traité de Lisbonne. Élaboré en catimini, ce traité fut présenté par N. Sarkosy à la signature et signé. Ce déni de démocratie marquera les institutions européennes au fer rouge. C'est à cette Europe-là, technocratique et libérale, voir ultra-libérale, que les Français et Néerlandais ont dit non en 2005.

  Les exemples de ce type ne manquent pas, le dernier en date fut celui concernant l' indépendance de la Catalogne.

 Pour les élections des députés de l'Union Européenne le camp prolétarien ne peut qu'appeler à l' abstention.

 

 

 

1-«Elections, piège à cons» est le titre d’un article de Jean-Paul Sartre dans les Temps modernes en janvier 1973.

 

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12 mai 2019

VIDEO.Gilets jaunes- A Nantes, un gendarme sort son arme à feu

 ACTE 27- contre la terreur policière et judiciaire de l' Etat

Les blessés signalés sont plusieurs milliers et Zineb Redouane a été tuée à sa fenêtre par un tir de gaz lacrymogène. Pour ce qui est des mutilations définitives, David Dufresne décompte 286 blessures à la tête et le collectif contre les violences d’État Désarmons-les a recensé 24 personnes ayant perdu l’usage d’un œil, 5 personnes qui ont eu la main arrachée et 1 personne qui a définitivement perdu l’audition. Le climat de terreur est en place, et il ne s’arrête pas à la rue.

Dans les tribunaux le mardi et le mercredi, on voit bien ce qu’il y a dernière le sombre euphémisme de « l’essouflement » : chaque semaine, toujours plus de comparutions immédiates aux motifs toujours plus ridicules, toujours plus de Gilets jaunes en prison, en sursis ou interdits de manifester. Il y a un mois, au moment de l’appel de Saint-Nazaire à manifester contre la répression, les Gilets jaunes rappelaient les chiffres glaçants de la répression judiciaire du mouvement : 8700 gardes à vue, 2000 procès dont 1500 comparutions immédiates, près de 40% de peines de prison fermes, plus de 400 mandats de dépôt. Il y a beaucoup trop de voix qu’on n’entend plus chanter dans les manifs, parce qu’elles sont bien gardées entre les quatre murs d’une prison. On prend des mois d’incarcération pour une insulte ou pour un palet de lacrymo renvoyé à son expéditeur. On prend sursis et amende pour dissimulation du visage. Et voila qu’Odile Maurin, Gilet jaune toulousaine toujours en première ligne de la lutte, attend son procès pour « violences » envers des policiers « avec usage et menace d’une arme » - à savoir son fauteuil roulant - et « entrave volontaire à l’arrivée des secours » - qui ne seraient autre que le canon à eau de la police. On croit rêver.

Impunité policière

Malgré l’ampleur du phénomène de répression mais sans grande surprise, quand ils sont interrogés au sujet des personnes blessées par la police, on voit que les membres du gouvernement nient la réalité pourtant scientifiquement établie, tant par des médecins que par le travail de collectifs ou journalistes indépendants. Dans le discours dominant, celui du gouvernement, les violences de la police sont sans cesse renvoyées dos à dos avec les prétendues violences des manifestants. Mais qui est encore dupe face à ce discours à l’heure où l’affaire Rémi Fraisse, assassiné par la police en 2014, se termine en 2019 par un « non-lieu » pendant que les Gilet jaunes sont condamnés à de la prison ferme en comparution immédiate ? Il est désormais clair que cette justice de classe, révélée aux yeux de tous par le mouvement des Gilets jaunes, est nécessaire au maintien du système en place et ne sera pas renversée par des enquêtes IGPN.

Le 18 mai dans la rue contre la répression policière et judiciaire !

Pour en finir avec la répression d’État, organisons-nous et prenons la rue ce samedi autour des mots d’ordre de la justice et de la vérité pour toutes les personnes victimes de violences policières et de l’amnistie pour tous les Gilets jaunes condamnés ou inculpés. Mais c’est aussi aux organisations, syndicales et politiques de se positionner enfin fermement contre cet État de plus en plus autoritaire et d’appeler à combattre frontalement cette escalade répressive, à un moment où la répression des ouvriers combatifs fait aussi rage dans les entreprises, comme c’est le cas d’Eric ou de Renald, menacés de licenciement par la SNCF.

Nous reproduisons ci-dessous l’appel à manifester de l’Assemblée des assemblées de Gilets jaunes qui s’est tenu le à Saint-Nazaire.

« Depuis 5 mois, la répression policière et judiciaire contre le mouvement des Gilets jaunes est gigantesque. Nous comptons des milliers de blessés, 22 personnes éborgnées, 5 mains arrachées et une personne tuée. Les violences policières qui mutilent et qui tuent sont un acte d’intimidation politique, elles cherchent à nous terroriser pour empêcher d’agir : elles constituent un crime d’État. Pour justifier ce crime, le gouvernement, avec l’appui de certains médias, criminalise toutes celles et ceux qui contestent sa politique. La répression judiciaire prend la suite des violences policières pour étouffer le mouvement : 8700 gardes à vue, 2000 procès dont 1500 comparutions immédiates, près de 40% de peines de prison fermes, plus de 400 mandats de dépôt.

Ce que nous vivons aujourd’hui est le quotidien des quartiers populaires depuis des décennies. Maintenant, l’autoritarisme se généralise à toute la société.
Nous, Gilets jaunes réunis en Assemblée des Assemblées à Saint-Nazaire, appelons à un énorme acte national samedi 18 mai partout en France, à l’occasion de l’acte 27.

Nous exigeons :
- L’annulation des peines des milliers de prisonniers et condamnés du mouvement des Gilets jaunes et de toutes les autres luttes criminalisées.
- L’annulation des poursuites qui pèsent sur les personnes accusées et inculpées.
- La défense des libertés publiques et des droits fondamentaux.
- La reconnaissance des centaines de personnes enfermées, dans le cadre des Gilets jaunes, des quartiers populaires et de toutes les luttes défendant le bien commun, comme les prisonniers politiques.
- L’interdiction immédiate du LBD 40 et des grenades offensives.

Nous devons résister de toute notre force contre cet autoritarisme !
Nous appelons au renforcement et à la constitution des cagnottes de soutien existantes, et des groupes de soutien juridique. Nous appelons à la constitution d’une plate-forme nationale pour recenser les cas de répression judiciaire, soutenir les inculpés, les prisonnières et prisonniers. Nous appelons au partage de tous les savoirs pour se défendre face à la répression policière et judiciaire.

Samedi 18 mai, retrouvons nous partout pour manifester et nous rassembler devant les tribunaux et les prisons ! Retrouvons-nous pour exprimer toute notre solidarité avec nos blessés, nos condamnés et leur famille.

Les Gilets jaunes de l’Assemblée des Assemblées appellent aussi à participer à la manifestation du 13 avril pour le retrait de la loi « anticasseurs ».

Cet appel sera partagé et transmis dans les groupes, les ronds-points et les assemblées générales locales pour qu’ils se l’approprient et le fassent vivre s’ils le souhaitent ! »

 

 VIDEO. Pour l’acte 26, les Gendarmes ressortent leur fusil d’assaut à Nantes

 

VIDEO. A Nantes, un journaliste de CNEWS reçoit un tir de LBD dans le ventre

 

VIDEO. A Nantes, un gendarme sort son arme à feu

Depuis le début de la manifestation, les violences policières pleuvent sur les Gilets Jaunes. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos et témoignages fleurissent. Et pour cause, à Nantes, la mobilisation est massive ce 11 mai, pour l’acte 26 des Gilets Jaunes.
Dans l’après-midi, un journaliste de la chaine CNEWS a été touché par un tir de LBD dans le ventre.

 

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08 mai 2019

1er mai 2019-toujors les violences policières

 

 

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01 mai 2019

LA RUSSIE ET L' UNION EUROPÉENNE CONFRONTÉES AU DANGER DE GUERRE.

 

LA RUSSIE ET L' UNION EUROPÉENNE CONFRONTÉES AU DANGER DE GUERRE.

La renaissance de la puissance militaire russe

 Avant propos

 «  c’est toujours les intérêts économiques, le sauvetage du taux de profit qui poussent les grandes puissances à s’unir contre les capitaux les plus faibles pour le partage du butin. Depuis la liquidation de Yalta et le démembrement de l’URSS, le repartage du monde est à l’ordre du jour des jeux diplomatiques et l’Allemagne est au centre des contradictions comme puissance montante. L’alliance est une alliance pour le dépeçage du bloc de l’Est, il s’agit de repousser la Russie vers l’Orient et de lui couper tout débouché directe sur la Méditerranée, pour y parvenir il faut établir un véritable rideau de fer autour de la Russie. Sur ce point, les capitalistes européens, comme nous allons le voir, sont d’accord pour s’approprier par la guerre et la destruction les restes des pays d’Europe de l’Est et d’Europe Centrale, mais ils redoutent comme la Russie que seuls les USA contrôlent les routes du pétrole vers l’Europe, ils auront donc tendance à soutenir la Russie et même pour certains à vouloir l’inclure dans l’Europe comme force militaire et ainsi voir émerger l’Europe Militaire capable de rivaliser avec les USA.. Une alliance Eurasie contre les USA c’est ce que redoutait Zbigniew Brzezinski dans son livre « Le grand échiquier », alliance qui permet (aux yeux des américains) de justifier aujourd’hui un budget de guerre colossal. »

 Voici ce que j'avais écrit dans une brochure d' Echanges de 1999 portant le titre « les droits de l' homme bombardent la Serbie ». Une analyse géopolitique des rivalités impérialistes à ce moment. Il me paraît actuellement important tant les rivalités guerrières se manifestent de vous livrer un aperçu non limitatif de la situation actuelle sous l' angle du retour de la puissance militaire de la Russie.

 Mikhaïl Gorbatchev l'homme de la perestroïka

 Quand M.Gorbatchev accède au pouvoir en avril 1985, l' économie soviétique est dans une situation très critique,voici ce qu'il dit dans ses mémoires :

 

« nous savions tous combien les dépenses militaires exorbitantes pesaient sur l' économie, mais je ne parvins à saisir la dimension réelle de la militarisation du pays qu'après mon accession au poste de secrétaire. Il fallut surmonter les résistances du complexe militaro-industriel pour commencer à publier quelques chiffres. En définitive, les dépenses militaires ne se montaient pas à 16% du budget de l'État, comme il est commun de le prétendre, mais à 40%. Quant à la production du complexe militaro-industriel, elle ne représentait pas 6% du PNB, mais 20%. Sur 25 milliards de roubles des dépenses globales pour la recherche, près de 20 milliards étaient consacrés aux études militaires. » (Mikhaïl Gorbatchev, Mémoires, éd. Du Rocher, p.281)

Ensuite il va développer sur l' éternelle faiblesse du capitalisme d' État, son manque de productivité, faiblesse impardonnable pour qui se réclame du marxisme et considère la production de plus-value relative comme déterminante sous la domination réelle du capital. Il est vrai qu'en URSS l' exploitation de l' homme par l' homme était « théoriquement abolie » de même la loi de la valeur perdait de son importance au fur et à mesure du développement du socialisme.1

 

« Notre économie continuait à jouer sur l' extension des capacités plus que sur l' amélioration des rendements et restait éminemment dépensière. Elle demandait entre deux et deux fois et demie plus de main-d’œuvre, de carburant et de matières premières que celle des pays industrialisés »( Mikhaïl Gorbatchev, Mémoires, éd. Du Rocher, p.282)

 Sous la présidence d' Elsine tentative de limiter la balkanisation de l’espace soviétique

 Au moment de l’éclatement de l’URSS en décembre 1991, la menace d’une balkanisation de l’espace soviétique va précipiter la création de la Communauté des États Indépendants C.E.I. La disparition de l’empire soviétique va donner naissance à quatre nouveaux états; la Russie, l’Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan. Vis-à-vis de ces pays, la Russie est la nation dominante, plus de 25 millions de russes vivent hors de ses frontières. Comme nous le verrons plus loin les nouveaux dirigeants russes, sont tous d' accord pour mettre un terme au capitalisme d' État dit « état soviétique et communiste » et se couler dans l' économie de marché de l' Occident, mais ils veulent être reconnu par les instances internationales, comme puissance régionales sur la CEI.

En Ukraine, en Moldavie, dans les pays Baltes, au Kazakhstan les russes sont  majoritaires. La Russie pouvait allumer, au nom de l’autodétermination des «  Kosovos » dans ces pays. Elle ne le fera pas, car la Russie d'Elsine est en 1992 sur la défensive, sa politique extérieure est complètement favorable à l’introduction du libéralisme et des valeurs occidentales (démocratie, droit de l’homme et économie de marché).La Russie veut encore séduire l’Occident et se faire admettre de la « communauté  internationale ».

De plus, après son éclatement, elle va se trouver aux prises avec une série de conflits dit « ethniques » où les forces d’interposition de la CEI et pas seulement de la Russie vont devoir intervenir  ( Ostéite du Sud  juillet 1992, Transnistrie  juillet 1992, Tadjikistan septembre 1993). Dés 1992 par vote du parlement la Russie déclare « illégal et nul » le transfert de la Crimée (70% de russes) à l’Ukraine. Le 16 mars 2014, la Crimée par référendum 96,6 % des votants demande son rattachement à la Russie.

 

Des habitants de Crimée fêtent les résultats du référendum, le 16 mars, à Simferopol. AFP/FILIPPO MONTEFORTE

 

La fin des illusions.

C’est au sommet de Minsk des 12 chefs d’états de la Communauté des États Indépendants CEI ( le 22 janvier 1993) que les déboires commencent. L’économie russe est au point mort et l’inflation toujours importante. Les Russes ne vont pas tarder à avoir un certain ressentiment vis-à-vis de l’Occident, l’aide se fait attendre. Les dirigeants russes, surtout les militaires sont de plus en plus convaincus d’avoir « lâché la proie pour l’ombre ». C’est dans l’amertume que la Russie perçoit son retrait d’Europe centrale et son recul général dans le tiers monde et au moyen orient. En 1993, les forces politiques en présence en Russie sont : Celles qui sont toujours confiantes en l’Occident et celles qui considèrent que l’Ouest est l’ennemi éternel de la Russie et qui se prononcent pour une alliance avec les pays de la CEI, la Chine et l’Iran. C’est cette tendance qui va l’emporter .

 La Russie va donc faire sentir à l’Occident et surtout aux États-Unis, qu’elle n’entend plus reculer d’un seul pouce. Dés le deuxième semestre 1992, Boris Eltsine est contraint de prendre des mesures l' éloignant du diktat des États-Unis et reproche à Andréï kozyrev de « toujours dire oui » aux États-Unis. Boris Eltsine fait alors fit des menaces de sanction américaines, il autorisera la vente de sous marins à l' Iran, et de technologies à caractère militaire à l'Inde. Début janvier 1993 la Russie va s'opposer aux bombardements de l' Irak et exige le respect des résolutions de l' ONU.

La Russie va donc mener une double politique, d’une part elle va chercher à faire admettre aux instances internationales, son rôle indispensable de gendarme régional de la CEI. Le secrétaire du Conseil des ministres de la Défense de la CEI (Leonid Ivachov) considère qu’il faut un nouveau « pacte de Varsovie » pour défendre toute l’ex-URSS. De 1993 à 1994, la politique russe va s’affirmer dans ce sens et la 201éme division russe motorisée reste au Tadjikistan1.

 Le 18 février 1993, B. Elsine décrète l’embargo sur les fournitures d’armes et de technologies militaires aux états de la CEI, le 20 février, Soukhouni (Géorgie) est bombardé par les Russes; le 17 mars la Russie met fin à sa décision d’appliquer le prix mondial du gaz aux états de la CEI sortis de la zone rouble, c’est donc une faveur pour reconstituer le « Comecon ». Le 4 juillet la Géorgie et l’Abkhazie2 sont menacées de rétorsions économiques si elles refusent un cessez-le-feu. Le 3 septembre 93, l’accord de Massandra avec l’Ukraine  va annuler la dette énergétique de celle-ci en échange de la restitution des ogives nucléaires de la flotte de la mer noire et du port de Sébastopol (confirmée le 6 novembre 93, avec la ratification de START-I par l’Ukraine.

La Russie effectue une véritable reprise en main de son empire, tout en jouant sur les contradictions Europe /USA / Tiers-monde. En Octobre 1993, l’Azerbaïdjan et la Géorgie adhérent à la CEI,3 Le 3 mars 1994 conclusion d’un accord économique d’intégration avec l’Ouzbékistan, et le 25 mars 1994 la CEI obtient le statut d’observateur à l’ONU.

 En Avril 1996, Boris Eltsine et Jiang Zemin signent un pacte militaire sans les Occidentaux et le Japon avec trois pays d’Asie centrale ( Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan) en dénonçant les prétentions de Washington  à exercer un leadership mondial.

Au moment de la guerre du Kosovo en 1999, Eltsine menace de pointer des missiles sur les pays de l’OTAN.

Encart

« C’est un nouveau palier dans les relations russo-américaines, ou faut-il parler de confrontation. Pendant très longtemps, les Russes s’étaient persuadés que leur sympathie pour les US était réciproque, ou qu’ils obtiendraient quelque chose en retour un jour ou l’autre. Seulement voilà, la page est tournée, leur regard s’est dessillé, et ils ont fini par réaliser que l’animosité américaine est implacable. « Ces Russes sont vraiment sourds si c’est seulement maintenant qu’ils se réveillent«, vous dites-vous tout bas. Il suffit de lire les commentaires à l’article du New York Times au sujet de l’éxonération de Trump par Muelller pour découvrir que la haine de la Russie est au menu quotidien des élites américaines, tout autant que l’amour d’Israël. Voilà où on en est. »Israël Adam Shamir. Le 3.04.2019. Sur Entre La Plume et L’Enclume.

Quelques jours avant l’Azerbaïdjan en conflit avec l’Arménie à propos de l’enclave sécessionniste à majorité arménienne du Haut-Karabakh (territoire azeri) a réclamé l’arbitrage de l’OTAN. L’Azerbaïdjan a le soutien des USA et de la Turquie sous forme de conseillers militaires. Quant à l'Arménie, elle est armée par la Russie. Début juin 1999, débarquement des troupes russes, à la surprise de tous, sur l’aéroport de Pristina.Le sommet de Cologne du 18 au 20 juin 1999 a officiellement voulu montrer, une réconciliation entre la Russie et l’Occident.

 En réalité, Eltsine attendait le nouveau prêt du FMI de 15 milliards de $ ; la conséquence sera la réduction des allocations pour le peuple russe. D’autre part Eltsine a engagé la Russie sur la voie d’une coopération russo-USA sur le nucléaire militaire. Il faudra attendre le 8 avril 2010, pour que les présidents Barack Obama et Dimitri Medvedev signent le nouveau traité START III. Qui sera l' aboutissement du traité START I signé en 1991 entre Mikhaïl Gorbatchev et George Busch. Ce nouveau traité vise à réduire l' armement nucléaire des deux pays sur sept ans.

Sous les présidences de Vladimir Poutine

 Poutine I (1999-2004) a été le président de la restauration de l’autorité de l’Etat à l’intérieur.

Poutine II (2004-2008) a été celui de la prospérité .

Poutine III (Premier ministre et président entre 2008 et 2018) a été celui de la modernisation des forces armées.

Poutine IV (2018-2024),se veut grand réformateur de l’économie russe 

Nous allons assister, à la poursuite d'une reprise en main , de toute la zone slave et à des pactes d' alliance entre la Russie, la Chine, l' Iran et plus récemment avec la Turquie d' Erdogan. La Russie, tout de suite après la guerre avec la Georgie a lancé à l' automne 2008, une réforme militaire de grande ampleur pour moderniser ses forces armées, la priorité absolue est donné à l' arsenal nucléaire d'ici 2020. Dans le même temps un programme de développement basée sur la recherche et développement est mis en place. La part des hautes technologies dans le PIB russe devrait représenter au moins 17 à 20% à l' horizon 2020 ( elle était 10,5% en 2006). La part de la recherche militaire dans le budget global de la R&D est de 52,8%

 En mars 2014, la Russie est en mesure de procéder à une démonstration de force en Crimée, puis en Ukraine orientale. Pour rappel dés 1992 par vote du parlement la Russie déclare « illégal et nul » le transfert de la Crimée (70% de  russes) à l’Ukraine. L'Occident va considérer l' « annexion de la Crimée » comme un retour à la guerre froide. Les dirigeants russes ont bien compris le sens des manipulations occidentales des « révolutions de couleurs » comme une menace intérieure qu'ils veulent endiguer rapidement. Une garde nationale est créée en avril 2016 pour la sécurité intérieure.

 encart

Le patron du géant russe Gazprom, Alexeï Miller, a annoncé mettre fin au rabais accordé en décembre à Kiev en échange de son renoncement à un accord avec l'Union européenne, ce qui augmente le prix de plus d'un tiers, à 385,5 dollars les 1.000 mètres cubes.2014-La nouvelle était attendue: Gazprom relève les prix du gaz pour l'Ukraine à $385.5 pour 1000m3. En 2009, un conflit sur les prix et les impayés entre l'Ukraine et la Russie avait abouti à deux semaines entières d'interruption des livraisons de gaz vers l'Europe, laissant des pays comme la Bulgarie dans le noir pendant près de trois jours. Aujourd'hui l'Europe importe près de 30% de ses achats de gaz de la Russie. Depuis les événements en Ukraine, l'éventualité d'un arrêt des approvisionnements est donc dans tous les esprits.

A partir de 2014, l' UE va changer de politique vis à vis de la Russie, c' est le rattachement de la Crimée à la Russie qui va servir d' alibi à ce retournement. La Russie va perdre ses illusions vis à vis de l' UE et sa stratégie eurasiatique est provisoirement remise en cause. Par ses sanctions, l' UE se sanctionne elle même, contraignant la Russie à se tourner de plus en plus vers la Chine pour lever des fonds. La Russie de Poutine, n' est plus disposer à se faire ronger ses ailes de grande puissance, elle va le prouver lors de son intervention contre l' Etat islamique, mais surtout lors de son soutien militaire à la Syrie de Bachar al Assad. Un commentateur écrira sur le sujet :

 « la soudaine hostilité contre la Russie et Poutine peut être trouvé dans presque tous les événements non déclarés qui se sont déroulés entre la fin août et le début de septembre 2013. Ce qui est arrivé dans cette période cruciale est qu’une attaque surprise de l’OTAN contre la Syrie a été stoppée par la Russie. C’était probablement la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale qu’une attaque militaire planifiée par l’Occident se trouvait confrontée à une force suffisante pour exiger son annulation. On n’a pas dit aux gens en Occident pourquoi leurs dirigeants bellicistes au discours martial ont fermé les yeux. Ils ont reculé et ont décidé de changer leurs plans. Le nouveau plan : démolir l’Ukraine et s’emparer de la Crimée au profit de l’OTAN. Cela, à l’évidence, n’a pas marché non plus ; et le désordre qu’ils ont créé est toujours là. »

 La contre offensive médiatique de la Russie

 La Russie aura vite appris de l' Occident en matière de propagande, elle avait déjà un coup d' avance à l' époque soviétique , mais fut rapidement distancé par la capacité d' Hollyvood à générer des films d' actions au contenu pro-américain. C'est le mouvement des gilets jaunes qui aura révélé, cette angoisse de l' occident et notamment de Macron en personne, qui veut une loi contre les fausses nouvelles . Il s' agit ni plus ni moins d' une censure, qui vise principalement la diffusion en France de « RT France » et « Sputnik » La revue RAMSES 2018 fait ce constat :

 « Les forces armées russes ont poursuivi leurs incursion dans les espaces aériens et maritimes d' Etats membres, en mer Baltique notamment ; des cyberattaques sur des entreprises, des institutions ou des équipes de campagne électorale d' Etats membres sont attribués à la Russie. L'influence des médias russes Russia Today et Sputnik est ainsi considérée par plusieurs pays européens ( France, Suéde, Allemagne) comme une source de déstabilisation » (Ramsés 2018 p. 115)

 La Russie va pouvoir intervenir politiquement sur l' UE en s' appuyant sur les partis eurosceptiques et populistes .

 « Contrairement à la Guerre froide, lors de laquelle les Soviétiques ne soutenaient que les groupes situés à gauche de l'échiquier politique, une approche fluide de l'idéologie permet au Kremlin de soutenir simultanément des mouvements à l'extrême gauche et à l'extrême droite, certains mouvements écologiques, des mouvements anti-mondialisations et des élites de la finance. L'objectif étant d'exacerber les divisions et de créer un ensemble de soutien au Kremlin. » (Peter Pomerantsev, Michael Weiss, « The Menace of Unreality: How the Kremlin Weaponizes Information, Culture and Money », The Interpreter Magazine, 2014)

La remarque est d' autant plus intéressante, qu'elle s' est vérifiée, lors de la répression hors norme des gilets jaunes justifiée par la violence des extrêmes de gauche et de droite Mélenchon devenant un pro-russe d' extrême gauche. Il est exact que la Russie a commencée à s'intéresser aux affaires européennes, à partir de 2014 quand l' UE condamne le référendum de rattachement de la Crimée à la Russie et procède à des sanctions économiques. Il est alors fait état que fin 2014 qu' « un certain nombre de partis européens de l'extrême gauche1 et de l'extrême droite avaient reçu différentes formes de soutien organisationnel et financier de la part de la Russie afin de construire un front pro-russe et anti-européen dans l'Union européenne » ( Sources « Relations entre la Russie et l'Union européenne » Wikipédia)
Lors du sommet de Versailles en mai 2017, Macron avait ouvertement reproché à Poutine se s'ingérer dans les affaires françaises par le truchement de Russia Today et Spunik

La Russie fait son retour au moyen orient

Depuis septembre 2015, la Russie de Poutine est passé à la contre offensive politico militaire au moyen orient, c' est surtout son soutien à la Syrie et sa volonté de conserver un accès à la méditerranée qui a contraint la Russie à intervenir militairement, dévoilant du même coup sa capacité à stopper nette une offensive militaire de l' Otan. Cette opération n' a pas été neutre, elle fut aussi une démonstration qui allait remplir le carnet de commande du complexe militaro industriel russe.

Le chant du cygne du panarabisme2

Bref rappel historique

Les guerres et révolutions au moyen orient depuis la fin de la deuxième guerre mondiale et la création de l' Etat d' Israël, ne visaient qu'à asseoir la domination américaine sur la région, y compris contre la France et l' Angleterre ( la guerre de suez de 1956). Ce passage se fit sous les vocables du droits des peuples à disposer d' eux mêmes, qui entraînera la montée du panarabisme par les luttes de libérations ( Algérie, Egypte) ou accord néo-coloniaux. Les deux grandes puissances USA/URSS se retrouveront face à face au proche orient pour le partage des ressources pétrolières. Chaque camp avançant ses pions, en 1951, le gouvernement iranien de Mossadegh décide de nationaliser les gisements de pétrole sous contrôle britannique. Il n’en fallait pas plus pour que la CIA provoque un coup d’état, et place la monarchie féodale des Pahlavi, et du même coup transfert 40% du « pétrole britannique » vers les Etats-Unis. Un an auparavant, l’URSS avait de son côté appuyé le coup d’état des officiers libres d’Egypte qui renversèrent le roi d’Egypte Farouk 1er donnant ainsi le pouvoir à Nasser Gamal Abdel. Adossée comme Nasser et à l' ex URSS ou aux non alignés, ses régimes en principes laïcs seront remis en cause par les états -Unis3 . En effet comme le souligne Timothy Mitchell dans son livre Carbon Democracy :

 « Plus un régime est allié avec Washintgton, plus il est islamique. L' Égypte de Nasser, l'Irak républicain, le mouvement national palestinien, l' Algérie d' après l' indépendance, la République du Yémen du Sud, la Syrie baasiste : tous ces pays ont choisi une trajectoire indépendante des États-Unis. Aucun d' eux ne s' est proclamé État islamique, et ils sont nombreux à avoir réprimé chez eux les mouvements islamiques. En revanche les gouvernements dépendants des Etats-Unis ont toujours revendiqué une autorité islamique, qu'ils soient gouverné par un monarque affirmant descendre du prophète, comme en Jordanie, au Yémen du nord et au Maroc, ou prétendant à un rôle particulier de protecteur de la foi, comme dans le cas de l' Arabie saoudite »( Carbon Democracy.p, 240,241)

 Après la mort de Nasser en 1970, les États-Unis vont reprendre l’initiative au Moyen -Orient.. C’est tout le panarabisme qui va progressivement s’effondrer, échec du mouvement des non alignés. Les Etats-Unis visent l’Egypte, mais pour gagner ce pays, ils vont devoir donner à Sadate un semblant de victoire sur Israël et régler par la guerre la question du Moyen-Orient à chaud en organisant la guerre d’octobre 1973. L' arrivé de Sadate au pouvoir est considérer comme une trahison du panarabisme par les pays arabes et par les islamistes qui vont l' assassiner. La disparition de l' URSS allait mettre un terme au panarabisme et ouvrir la brèche du panislamisme et toutes ses déclinaisons wahhabiste, talibane,djiadistes, salafistes, takfiristes, jusqu'à la naissance de l' Etat islamique de Daesch.

 Conclusion

 Il était nécessaire de faire le point en ce début 2019, de l' évolution des rapports de forces sur le grand échiquier mondial, où les puissances dominantes se combattent et s' associent en permanence pour s' approprier des marchés. La force est un agent économique disait Marx, et cela est vérifiable chaque jour, qui à la force militaire avec lui actuellement , les Etats Unis, la Russie, la France , la Grande Bretagne potentiellement la Chine. Les puissances citées s' entendent pour faire monter les tensions avec comme objectif vendre des armes, mais aussi maintenir les cours des prix du gaz et du pétrole à un niveau élevés en interdisant une production trop abondante . Sont dans le collimateur l'Iran, le Vénézuela, la Libye où la France ( Total) et l' Italie ( ENI) se combattent par procuration. 4 Les libyens de tripoli ayant mis un gilet jaune en signe de protestation contre la France de Macron soutenant le mercenaire Khalifa Haftar. Depuis que Rosa Luxemburg a écrit «  Le militarisme champ d' action du capital » où elle démontrait que

 « Le transfert d'une partie du pouvoir d'achat de la classe ouvrière à l'État signifie une réduction correspondante de la participation de la classe ouvrière à la consommation des moyens de subsistance. » Mais encore «Quand on réduit les moyens de subsistance nécessaires à l'entretien de la force de travail, on libère par là même une quantité correspondante de capital constant et de travail vivant. Ce capital constant et ce travail vivant peuvent être employés à une production différente, s'il y a pour cette production dans la société une demande effective . C'est l'État qui représente cette nouvelle demande, puisqu'il s'est approprié une partie du pouvoir d'achat de la classe ouvrière grâce à la législation fiscale. Cette fois cependant l'État ne demande pas de moyens de subsistance - nous négligeons ici la demande de moyens de subsistance pour l'entretien des fonctionnaires de l'État, fournis également par les impôts : nous en avons déjà tenu compte sous la rubrique des « tierces personnes » - mais une catégorie spécifique de produits, les engins de guerre du militarisme, les armements navals ou de terre. »

En ce début du 21 siècle, le poids de la militarisation de l' économie des pays déjà cités nécessite, du fait de la concurrence technologique, une fiscalité en hausse. Chaque nouvelle génération d' armement multiplie par 10 ( parfois davantage) le coût des équipements de plus en plus sophistiqués des coûts prohibitifs intenables pour un état national comme par exemple la plupart des pays européens, seuls la France et la Grande Bretagne essayent provisoirement de tenir sachant très bien qu'ils ne pourront plus accentuer leur fiscalité pour maintenir leur puissance militaire. D' où l' éternel grelin grelin pour la constitution d' une armée européenne visant à mutualiser les coûts de la défense de l' UE

Le mouvement des gilets jaunes en France ( principalement contre la fiscalité) a démontré cette faille de l' État et du complexe militaro-industriel de la course aux armements, mais n' a pas fait le lien avec le parasitisme de la fabrication d' engin de mort, y compris le déluge de bombes5 lacrymogènes et les conséquences humaines à long terme des éborgnés et amputés par l' État grâce aux impôts que le peuple verse. Il n' est pas encore possible d' aligner le coût réel de la répression du mouvement des gilets jaunes, mais celle de Notre Dame des landes elle est évaluée à 300 000 euros par jour. Soit un coût total de 3 millions d'euros, et 30 000 euros par zadiste expulsé.

Cette première partie s'est volontairement limitée aux contradictions inter-impérialistes, la seconde abordera l' économie de la Russie et la question sociale.

Gérard Bad : finalisé le 1er mai 2019

 

 2Le panarabisme est un mouvement politique, culturel, et idéologique fortement séculier qui vise à réunir et à unifier les peuples arabes. Il se propose de défendre l'identité arabe, et le destin partagé. Le chérif de La Mecque Hussein ben Ali est fréquemment considéré comme le fondateur du panarabisme.

3 L' alliance des USA avec l'obscurantisme islamique remonte au pacte de Quincy conclu avec ibd Saoud En échange de la protection militaire des américains ceux ci peuvent exploiter les puits de pétrole, a cet effet ils vont créer une société commune l'Arabian Américan Oil Compagny (Aramco actuellement Saudi Aramco).

4 -Alors que l’Italie soutient le Gouvernement de l’accord national (GAN) de Fayez al-Sarraj à Tripoli, également soutenu par l’Allemagne et l’ONU, la France a pris le parti de l’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar, qui dirige un gouvernement concurrent à Tobrouk. L’Égypte et la Russie soutiennent également Haftar.

5-Une grenade lacrymogène coûte 30€, une lacrymo à effet sonore 40€ et une grenade de désencerclement 50€. Rien que pour le samedi 1er décembre 2018, les policiers et CRS ont aussi utilisé des lanceurs de balles de défense (LDB) à 840 reprises ainsi que 1 380 grenades de désencerclement. Au total, ce sont plus de 13 500 grenades de tous types qui ont été lancées dans les rues de Paris samedi. Les nombreux canons à eaux installés çà et là ont aussi projeté plus de 136 000 litres d’eau.

 1La Russie reste la puissance tutélaire du Tadjikistan, notamment pour la sécurité avec la présence de la 201ème division de fusiliers motorisés (la plus importante base militaire russe à l’étranger avec une capacité de 7000 hommes) dont le bail a été renouvelé jusqu’en 2042. Quelque 200 conseillers russes sont par ailleurs présents à Douchanbé pour travailler sur les problématiques de la porosité de la frontière tadjiko-afghane.

3 La Georgie quittera la CEI en 2008 suivi par l' Ukraine en 2014.

1Voir Joseph Staline -Les problèmes économiques du socialisme en URSS-Voir sur le sujet tout le développement de Paul Mattick dans son Marx et Keynes, chapitre XX Capitalisme d' état et économie mixte , ed. Nrf

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29 avril 2019

ACTE XXIII- Les Gilets jaunes à Rouen et place de la République

 

 

 

 

 Le mouvement monte en charge les mots d' ordres sont plus offensif

 

 

 

 

LA POLICE BON ENFANT DURANT L4 acte XXIV

 https://youtu.be/ACIrUjxavnU

 

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