SPARTACUS

Information sur le mouvement des conseils ouvriers de la gauche germano-Hollandaise, ainsi que sur la lutte de classe dans le monde. voir en complément le site MONDIALISME. Pour correspondre: echanges.mouvement@laposte.net

22 novembre 2008

USA, Europe, Japon, Chine, Brésil, Russie tous au chevet de l' industrie automobile

logos_jauneSamedi 22 novembre 2008 n°246

L' industrie  automobile en crise mondiale.

La contraction brutale, des marchés de l' automobiles avance à grande vitesse, plus un jour sans que l' on apprenne des mises en jachères de pan entier de cette industrie . USA, Europe, Japon, Chine, Brésil, Russie tous sont au chevet de cette industrie en surproduction. Même les nouveaux venus comme Dacia et Tata, sont touchés.

Comme leurs homologues américains, comme les banquiers, les constructeurs automobiles en appellent à l' assistanat de l' Etat et de Bruxelles, pour obtenir 40 milliards d'euros en prêts bonifiés et éviter une déroute semblable à celle de General Motors. Réponse de la Banque européenne d'investissement le 2 décembre.

auto02Dans tous les pays, les constructeurs automobiles multiplient  arrêts de production , mesures de chômage partiel, et licenciements. Mais la réplique prolétarienne se fait attendre.

Quinze jours de fermeture à l'usine Renault de Flins 

Renault veut réduire d'environ 25% sa production au quatrième trimestre dans le monde. Ce qui veuit dire fermeture temporaire de sites ( comme en Espagne et en roumanie), mais aussi en France sur cinq sites L'usine Renault de Flins devant fermer  pour quinze jours.

A Peugeot, les vacances forcées sur le site de Sochaux, ne suffisent plus , et c'est maintenant

un plan de diminution de  3.550 emplois qui dégringole. Départs, volontaires dans un premier temps, mais ensuite nous aurons les licenciements secs. Le site de Rennes qui fabrique la C5, la C6 et la 408 est particulièrement touché et les travailleurs devront se plier à la mobilité géographique pour rester « employables ». En outre, quelque 950 "ouvriers polyvalents" seront redéployés de Rennes vers d'autres sites du groupe (Sochaux, Mulhouse, Aulnay, Poissy). Les départs volontaires seront aussi proposés aux ouvriers polyvalents "qui ne pourraient être mobiles", PSA prévoit 850 départs volontaires sur ce site.

Ces nouvelles suppressions de postes s'ajoutent aux 15 000 départs qui ont déjà eu lieu depuis début 2007 et qui ont principalement concerné la France.

Dans le  Nord - Pas-de-Calais,  les jours de fermeture d' usines se multiplient. Les, sous-traitants et équipementiers sont étranglés les prolétaires licenciés.

En Allemagne, Audi (groupe Volkswagen), a annoncé lui aussi une baisse de sa production pour Noël. La maison-mère Volkswagen , vient de  décider la suppression de 500 postes d'intérimaires en Allemagne. 

En Amérique du nord

General Motors, Ford et Chrysler au bord de la faillite

Aux Etats-Unis, General Motors, Ford et maintenant Chrysler sont  au bord du gouffre.

 Agitant la menace d'une faillite aux terribles conséquences sociales, les "Big three" américains - surnom donné à ces trois acteurs majeurs du secteur automobile aux USA - ont plaidé mardi au Congrès pour l'obtention d'une nouvelle rallonge de 25 milliards de dollars. En cas de faillite de Chrysler par exemple, 56.000 emplois seraient menacés, sans compter les sous-traitants dont le manque à gagner serait de 35 milliards de dollars par an. Les patrons de General Motors, Ford et Chrysler ont demandé une injection massive de liquidités pour sauver leur peau et nom celle des travailleurs, qu'ils sont prêts à sacrifier sur l 'autel du profit.En attendant de savoir si le Congrès viendra finalement en aide à ce secteur touché de plein fouet par la crise, l’action General Motors a terminé en baisse de 9,71% à 2,79 dollars. Ford a de son côté perdu un quart de sa capitalisation boursière en une séance (-25,0% à 1,26 dollar).Le nombre des nouveaux chômeurs indemnisés dans le pays a bondi de 542.000 en une semaine. Le chiffre a surpris à nouveau les économistes. Le taux chômage atteint 6,5% en octobre, et la Fed table sur un pic de 7,6% en 2009.

Canada: L'Ontario dans un cul-de-sac

Pour l'économie ontarienne. La situation est dramatique.Les contribuables ontariens pourraient devoir payer une facture salée si General Motors (GM) devient insolvable.Le ministre des Finances de l'Ontario, Dwight Duncan, le Fonds ontarien de garantie des régimes de retraite doit rembourser tout déficit dans une caisse de retraite. Or, celui de GM atteignait 4,5 milliards de dollars l'an dernier.

À cette somme monumentale s'ajouteraient, l'insolvabilité des constructeurs américains, des pertes gigantesques pour la province . Le manque à gagner atteindrait des milliards de dollars supplémentaires en raison de revenus en impôts sur les sociétés, en impôts fonciers et en impôts sur le revenu. La crise politique va éclater au grand jour tous s' accusant mutuellement de ne pas avoir prévu de solution de rechange.Le ministre canadien de l'Industrie Tony Clement  et son homologue ontarien Michael Bryant seront à Washington pour prendre connaissance des détails du projet de sauvetage de l'administration américaine. L'avenir du plan américain est de plus en plus incertain, puisque plusieurs membres du Congrès estiment que les constructeurs automobiles sont responsables de leurs propres malheurs.

Le ministre fédéral de l'Industrie, Tony Clement, a déclaré mardi que les Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) doivent jouer un rôle dans le sauvetage des constructeurs. On se demande lequel a part prendre le pouvoir. Sans quoi ils seront réduit à assumer les pertes, la main-d'oeuvre représente 7 % des coûts de construction des voitures,  et exploités ont déjà  accepté ce printemps des réductions de 900 millions de dollars en salaires et en avantages sociaux.Le plan de sauvetage nord-américain ne peut que freiner la dégringolade et non l' éviter.

En Grande Bretagne: Le motoriste britannique Rolls-Royce va supprimer 1.500 à 2.000 postes

Rolls-Royce, avait en janvier 2008 élaboré un programme de réduction d'effectifs  de 2300 travailleurs la saignée étant désormais achevée, il est nécessaire pour X raisons de procéder à une seconde. Rolls-Royce prévoit de supprimer l'an prochain 1.500 à 2.000 postes, ( 4 à 5% de ses effectifs),au niveau mondial", sur 39.000 actuellement.

Ce nouveau plan de restructuration est un nouveau coup dur pour l'économie britannique, officiellement en  récession, et frappée de plein fouet par la crise financière. Le taux de chômage a déjà atteint un sommet et l' on s'attend à ce que la barre des deux millions de chômeurs soit franchie d'ici Noël. Certains estiment que leur total pourrait passer à 3 millions dès l'an prochain.

Au Japon même débâcle qu' en occident:

Toyota Motor, a confirmé le non renouvellement au Japon de 3.000 contrats de travail de salariés intérimaires ou employés pour une durée déterminée. Toyota va aussi arrêter sa production dans toutes ses usines aux USA et au Canada pendant deux jours en décembre, après avoir déjà stoppé ses chaînes durant un trimestre dans trois de ses usines américaines (au Texas, en Indiana et en Alabama). Le deuxième constructeur nippon, Honda, a indiqué qu'il allait lui aussi  réduire de 79.000 unités sa production annuelle mondiale de voitures, dont 21.000 exemplaires en Europe, également à cause de la chute des achats de véhicules due à la crise économique.

Au final, Honda ne fabriquera que 175.000 automobiles en Europe entre avril 2008 et mars 2009, près d'un tiers de moins qu'au cours de l'exercice budgétaire précédent. Pour opérer ce sévère ajustement, une usine britannique sera fermée durant 29 jours supplémentaires en février et mars, "ce qui se traduira par un arrêt total de la production locale durant ces deux mois"

La production va également chuter de 56.000 véhicules en Amérique du Nord, 

Ces nouveaux coups de semonce, émanant des deux poids-lourds de l'automobile japonais, allongent la liste de précédentes coupes dans la production, la main-d'oeuvre et les investissements décidées par les constructeurs automobiles nippons, pas plus épargnés par la débâcle internationale que leurs homologues occidentaux. Mazda va se séparer de 1.300 personnes sous contrats de travail temporaire, et Isuzu faire de même avec 1.400 autres. Nissan, partenaire du français Renault, avait pour sa part indiqué fin octobre qu'il allait réduire ses effectifs de 3.500 têtes aux Etats-Unis, en Espagne et au Japon.

Invitation au Conseil International des Travailleurs de l'automobile 2009

Chacun le sait, l'industrie automobile européenne est dans la tourmente de la crise capitaliste. Chômage technique, renvoi des intérimaires, fermetures de chaînes et de sites, délocalisations, les contradictions de la guerre économique, du marché, de la course au profit dévalent sur les derniers maillons de la chaîne, les ouvriers exploités.
Ceux-ci ne se laissent pas faire, on l'a encore vu récemment à Goodyear, ou lors du Mondial de l'Automobile.

Mais le capitalisme n'est plus enfermé à l'échelle d'un pays. Il est mondialisé, les stratégies se développent d'un pays à l'autre, de Dacia en Roumanie à l'Inde ou la Chine. Et nous,  les exploités, sommes bien obligés de constater que face à une attaque globale, mondiale,  la réaction ouvrière est divisée,  partielle, locale. Nous nous battons avec courage, avec la détermination du désespoir, mais nous sommes encore trop peu souvent capables d'organiser une riposte internationale.
En mai 2007, des camarades avaient  participé au 5ème Conseil International des travailleurs de l'automobile qui s'était tenu à Stuttgart. Ce conseil se réunira à nouveau à l'automne 2009, toujours en Allemagne, mais cette fois à Hanovre, dans le nord du pays.
Pour cette occasion, 
c'est le blog "Où va la CGT ?" qui va organiser la participation la plus large possible des travailleurs de l'automobile de France à cette initiative.

Pour commencer l'information, nous  publions ci-dessous l'introduction de l'invitation internationale à cette conférence. Le texte complet est disponible
ICI pour diffusion la plus large possible, en attendant une organisation plus développée au printemps prochain.
Dès à présent, nous invitons les camarades
à bloquer les dates (15 au 18 octobre 2009, du jeudi au dimanche), à se faire connaître à notre adresse mail pour former une équipe collective le moment venu.


Posté par spartacus1918 à 15:48 - InfoBref - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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