28 février 2009
Soixantième anniversaire de l' OTAN
Alors qu'une importante mobilisation se prépare contre le sommet de l' OTAN pour son soixantième anniversaire, qui se tiendra début avril à Strasbourg nous renvoyons nos lecteurs à l' article ci dessous qui permet de comprendre les enjeux de ce sommet en période de crise.
A propos de la constitution d’une communauté autonome de la défense
http://www.mondialisme.org/spip.php?article617
Les deux guerres mondiales ont mis fin aux prétentions anglaise, puis allemande de dominer l’Europe et ont propulsé les Etats-Unis sur le devant de la scène mondiale. Les accords de Yalta, en février 1945, ont été la confirmation du partage du monde entre les deux grandes puissances de l’époque, les Etats-Unis et l’URSS. Les Etats européens minés par ces deux guerres ne furent plus que des appendices du plan Marshall (1948) ou du Comecon (créé en 1949). La Grande-Bretagne s’adossait aux Etats-Unis, l’Allemagne de l’Ouest devenait progressivement un géant économique, quant à la France elle se repositionnait avec ambition entre les deux superpuissances avec sa force de frappe nucléaire. La reconnaissance de la Chine populaire de Mao par la France, en 1964, ne fut que la confirmation de ne pas laisser l’URSS et les Etats-Unis disposer seuls de l’arme nucléaire. L’URSS de son côté poursuivra sa politique de soutien aux luttes de libération nationales partout dans le monde, engendrant des guerres nationalistes. L’« affaire » de Suez (1956) sera la première défaite, après-guerre, d’une Europe qui n’avait plus les moyens de défendre ses intérêts impérialistes (sous la forme militaire) et posera en même temps la question d’une armée européenne pour défendre ses zones d’influence. Comme nous le verrons ici, les velléités d’indépendance militaire de l’Europe occidentale s’exprimèrent dès la fin de la seconde guerre mondiale, et c’est une véritable saga diplomatique que certains Etats européens ont mené et mènent encore pour parvenir à imposer la mise sur pied d’une défense autonome de l’Europe. La France, puissance militaro-industrielle non négligeable, est le pays le plus déterminé et intéressé à la création d’une défense autonome européenne. Si, durant la « guerre froide », les contradictions d’intérêts entre les Etats-Unis et l’Europe n’apparaissent que timidement (retrait de la France en 1966 de l’organisation militaire de l’OTAN [Organisation du traité de l’Atlantique nord]), le « choc pétrolier » de 1973 devient le révélateur d’une crise profonde du système capitaliste, crise qui va devenir chronique. Elle mènera en 1979-1980 au retournement monétariste et à la remise en cause du keynésianisme. Au cours des années 1980, la pression entre le bloc occidental et le bloc de l’Est est à son comble : missiles Pershing et SS 20 se font face en Allemagne, une guerre thermonucléaire menace l’Europe. L’URSS, pour diverses raisons, n’est plus à même de poursuivre sa folle course aux armements, qui l’a entraînée dans la ruine économique. Elle va mettre le genou à terre et en 1985, lance la « perestroïka » (terme signifiant « restructuration »), dont la principale mesure sera de réduire les dépenses militaires (1). Les réformes de Mikhaïl Gorbatchev ne feront qu’aboutir à l’éclatement de l’URSS. La Russie est rapidement contrainte de se replier sur elle-même dans ses frontières ancestrales de l’époque des tsars, et même en-deçà (elle perd l’Ukraine). L’heure d’un nouveau partage semi-pacifique du monde venait de sonner, l’Allemagne veut retrouver sa MittelEuropa. Tous les pays de l’Est sont livrés aux carnassiers de l’Occident (Europe et Etats-Unis). L’équilibre des forces au Proche-Orient est de nouveau rompu et après la très meurtrière guerre de huit ans entre l’Iran et l’Irak (2), la décomposition/recomposition de la zone d’influence soviétique du Proche-Orient est à l’ordre du jour. La « communauté impérialiste internationale » déclenche la guerre du Golfe de 1991. Cette guerre va révéler la puissance stratégique des Etats-Unis, et la faiblesse de l’Europe, qualifiée de « nain militaire », exprimée par la guerre contre la Serbie. A chaque conflit, les dirigeants français, de gauche comme de droite, remettront le couvert pour l’affirmation d’une défense européenne autonome. La question qui se pose donc est la suivante : l’Europe peut-elle, et sous quelles conditions, se doter d’une armée qui serait au moins l’égale de celle des Etats-Unis ? Pour bien sûr défendre ses zones d’influence et mener ses « guerres humanitaires ».
Suite de l' article cliquer sur le titre.
24 février 2009
De l’utilisation de la méritocratie en période de crise
Une modalité de l’attaque contre les salaires
«Le maintien du pouvoir
d’achat n'est pas dû, il doit, au-delà d'un certain seuil, se
mériter » (La Vie française du 10 décembre 1984) : voilà l’état
d’esprit qui animait et anime toujours les serviteurs du capital,
technocrates, managers et tous les gérants de la collectivité
capitaliste en guerre contre les prolétaires. Dès les années 1980
on pouvait déjà percevoir comment la société anonyme entendait
poursuivre son exploitation des prolétaires par le système du lien
salaire-productivité. Ce système visait dans un premier temps à
remplacer sur le plan juridique l’obligation de moyen, par une
obligation de résultat avec objectifs en hausse à atteindre (La DPO
: direction par objectif, par le truchement de critères
classants).
Le lien salaire-productivité était partie
intégrante de tout un arsenal visant à briser toutes les
résistances collectives à l’exploitation et à promouvoir une «
politique sociale personnalisée ». Après l’éclatement du temps
de travail et les multitudes de contrats devant favoriser l’embauche
– CDD, temps partiel, emplois aidés, stagiaires et apprentis
– comme force de travail d’ajustement. Le temps était venu de
s’attaquer au gros morceau des conventions collectives et de les
transformer en leur contraire.
Il fallait désormais des
conventions au service du patronat afin de liquider les acquis de
1936 et 1968 et de renvoyer toutes les négociations de branche au
niveau de l’entreprise, voire du service ou de l’atelier. On en
revenait dans certaines entreprises à la commandite de travail, sans
le dire. Le « toilettage » des conventions collectives se
transforma bien vite en « lessivage » : l’ancienneté,
l’indexation des salaires sur les prix, la mensualisation
commençaient à être ébranlées sur leur base. La politique
contractuelle de masse des années « roses », « le compromis
fordiste » du capitalisme occidental de la reconstruction de
l’après-seconde-guerre-mondiale, volait en éclat.
L’enjeu
pour le capital devenait désormais le coût du travail, c’est-à-dire
l’extorsion de la plus-value. Il fallait purger le système dans
tous les secteurs afin de réduire ce coût. Le cri de guerre du
capitaliste collectif fut « toujours moins pour eux et toujours plus
pour nous » ; ils en appelèrent à moins de contraintes pour
licencier, moins de rigidité, plus de flexibilité.
La
flexibilité-mobilité prospéra comme un mal nécessaire au maintien
de l’emploi, comme une sauvegarde individuelle à l’«
employabilité ». La mondialisation allait bien entendu mettre plus
vivement en concurrence les travailleurs du monde entier, le capital
financier se déplaçant à la vitesse de l’éclair avait alors le
monde « sans frontière » à exploiter et saisissait les appels
d’offre de bas coût du travail comme une régénérescence du
capital total dans tous les coins du monde. La Chine n’était déjà
plus un tigre de papier, mais un formidable réservoir de plus-value.
Les industries manufacturières de l’occident n’allaient pas
résister, à cette force de travail à bas prix, l’industrie
textile y laissera la peau et les os. Depuis nous connaissons la
suite : délocalisation, mobilité, insécurité sociale permanente,
précarisation généralisée, flexisécurité et accompagnement vers
la misère par le truchement de la formation.
Comme le coût
du travail devenait l’élément moteur pour le système, celui-ci
s’attaqua dans un premier temps au salaire différé (chômage,
retraite, prévoyance santé), Il alla même jusqu’à endetter les
travailleurs à leur insu, leur faisant payer les dette de l’Etat
avec la CSG et la CRDS. Comme cela ne suffisait pas à rétablir une
concurrence au niveau des « pays émergents », il fallait prolonger
l’exploitation au delà de 55-60 ans, ce que conseilla l’OCDE, et
que le gouvernement Sarkozy vient de faire en prolongeant le temps
d’activité à 70 ans. Mais la crise des subprimes et la récession
mondiale propulsèrent toutes les contradictions du capital si
brutalement, que tous les plans d’ajustement progressif de la
valeur travail devenaient ridicules ; il fallait frapper plus fort et
liquider les forces de travail « mangeuses de plus-value ». Alors
l’Etat fut contraint de se faire hara-kiri et l’offensive
anti-fonction publique commença, d’abord contre la résistance
cheminote, ensuite les autres – même l’armée était touchée.
Aujourd’hui l’Etat veut aller plus loin. Il a dans les tuyaux
un projet de décret visant à étendre la rémunération au mérite
des fonctionnaires – il concerne 198 000 fonctionnaires. Alors,
comme toujours, pour faire passer le projet on mobilise les médias
et la putasse opinion publique, « la démocratie silencieuse ». Il
faut se souvenir qu’entre les deux tours de l’élection
présidentielle de 2002, Lionel Jospin avait signé le décret Sapin,
qui modifiait le système de notation de la fonction publique,
antichambre du salaire au mérite. A la fin de l’année 2003, la
méritocratie faisait son entrée dans la haute fonction publique et
en 2004 aux ministères pilotes (défense, justice, finances) et
s’étendra à partir de 2005.
Pour faire passer son décret,
le gouvernement Sarkozy lâche la presse aux ordres, comme la meute
sur le cerf. Ainsi le journal Valeurs actuelles (droite chrétienne)
du 13 novembre 2008 titre : « Les Français disent oui à la
rémunération au mérite. » A la question posée : « trouvez-vous
normal un même salaire pour tous quel que soit le travail fourni ?
», 68 % des sondés s’estiment choqués par la formule – d’après
le journal, ce sont surtout des électeurs de François Bayrou.
Ce
qui veut dire qu'il y a 32 % des Français qui ne sont pas tombés
dans le crétinisme des sondages et ont conscience que la formule est
une saloperie. Même pour le cabinet d’audit SRM Consulting, la
méritocratie serait un facteur de détérioration du climat social.
Le problème de l’Etat, en ce qui concerne la fonction publique, ce
n’est pas la détérioration du climat social, mais d’en diminuer
le coût aussi vite que possible en faisant jouer toutes les
possibilités d’ajustement (liquidation des auxiliaires, ATOS et de
tous ceux qui gravitent avec des salaires de misère autour de la
fonction publique) de même que dans le privé, ce sont les
intérimaires, les CDD... qui assument le lien
emploi-productivité.
Avec la crise, il faut maintenant que
l’Etat agisse directement sur les salaires, et la méritocratie est
un élément efficace, allant dans ce sens. En effet il permet, comme
c’est le cas de l’intéressement et de la participation, un
ajustement salarial, fonction de la bonne santé de l’entreprise
(intéressement et participation) ou de la performance individuelle
(méritocratie). Dès lors le maintien du pouvoir d’achat est
directement relié, collectivement et individuellement, à ces
mesures d’ajustement du prix de la force travail. En période de
crise, ce dédoublement salarial (salaire de base/salaire au mérite)
n’est qu’un moyen visant à faire chuter les salaires réels.
Récemment le directeur général du BIT (Bureau
international du travail), Juan Somavia, indiquait que « pour le 1,5
milliard de salariés dans le monde, des temps difficiles sont à
venir ». « Une croissance économique faible, voire négative,
combinée à des prix alimentaires et énergétiques hautement
volatils, va amputer les salaires réels de nombreux travailleurs, en
particulier les bas salaires et les ménages les plus pauvres. Les
classes moyennes seront également sérieusement affectées. »
«
En s’appuyant sur les derniers chiffres de croissance du FMI, le
BIT prévoit que la croissance mondiale des salaires réels atteindra
au mieux 1,1 % en 2009, comparé à 1,7 % en 2008, mais les salaires
devraient décliner dans un grand nombre de pays, y compris dans les
principales économies. De manière générale, la croissance des
salaires dans les pays industrialisés devrait baisser, de 0,8 % en
2008 à – 0,5 % en 2009. »
Alors l’équation finale est
simple : « tous ensemble », secteur privé et fonction publique,
contre nos exploiteurs ou lutte de tous contre tous .
Gérard
Bad
novembre 2008
les syndicats veulent faire une grande manifestation des fonctionnaires pour le 19 mars 2009
17 février 2009
La relance de la crise par le déficit public
« Tant va la cruche à l' eau qu'à la fin elle se casse »
Ouf,nous voilà enfin sauvé des griffes de la crise financière, par l' état providence du capital, cet état qui d'ouest en est du nord au sud intervient, pour , nous disent les médias nous sauver de la catastrophe. C 'est le couplet qui revient en boucle en cette fin 2008, et qui projette dorénavant le discours rassurant de la reprise . Mais ce discours ne rassure plus, il inquiète tant il est en contradiction avec ce que vivent les salariés, ce ne sont plus seulement les délocalisations, la liquidation des acquis qui sont au centre de la crise sociale, c'est la survie de millions de prolétaires licenciés, chômeurs, sans travail, ni toit, complètement paupérisés par le système capitaliste.
La croyance en la « relance « on fait semblant d' y croire ici bas, mais en attendant on retourne au « bas de laine » , on ne pense plus qu'une embellie est possible à moyen terme, même avec des fonds d' état. Les montagnes d' euros et de dollars, venant au secours par l' emprunt des icebergs de dettes des banques, deviennent sujet à interrogation: mais ou l' état trouve t' il tout ce fric ?
Voilà la question à laquelle nous allons essayer de répondre.
Même si des états de l' Union Européenne sont au bord de « la faillite » , même si les critères de Maastrisch volent en éclat1, pas question d'affoler le citoyen, il faut le rassurer, lui démontrer que non seulement il ne fera pas les frais de la crise , mais qu'elle va lui rapporter. C'est tout le discours émis par le gouvernement et notamment par le premier ministre François Fillon et Eric Woerth ministre du Budget. Confirmé par le journal financier La Tribune2 qui explique en quoi le sauvetage des banques se révèle lucratif pour l' état, les intérêts attendus s'élèvent à 380 millions d' euros. On a commencer à dire ( morale oblige) que l' on soutiendrai les banques comme la corde soutien le pendu, avec un pactole de 10 milliards d' euros, qui sous la baguette magique de quelques fées sont devenus 40 milliards .
« Les 40 milliards qui peuvent servir -c' est un maximum- au renforcement des fonds propre des banques seront effectivement financés par emprunt. Mais ce n'est pas de la dépense publique: en face de cette dette , il y aura des titres. Ce n' est pas du tout de la dépense courante. En aucun cas cela ne pèsera sur le déficit. En plus nous espérons bien, quand nous revendrons à terme ces participations, que le contribuable en tirera un bénéfice. » Eric Woerth à Valeurs Actuelles du 23/10/2008
Mais, cette annonce allait faire de grands jaloux, les industriels de l'industrie automobile qui ne veulent pas finir comme la sidérurgie , tous se sont mis dans la tête que l' état pouvait aussi soutenir l' industrie automobile, les équipementiers, l' industrie du bâtiment, des transports et de l' immobilier... Les effets d' annonce se démultiplient, encore une fois pour masquer l' importance de la crise financière, économique et sociale.
Bien que la crise sociale ( pas encore celle du capital) sévissait dans les pays de l' OCDE depuis le retournement monétariste des années 1980. Plan de rigueur, et liquidations des acquis sociaux . La classe capitaliste continuait à engranger des royalties par le jeu des spéculations en tout genre ( pas seulement financières), Bien entendu de temps à autre elle devait payer le prix du « risque » par des crises et dévalorisations financières annonciatrices du grand chambardement actuel. Mais dans l' ensemble la valorisation boursière du capital rendait son jus, même si l' arroseur se trouvait arroser comme dans les affaires: Enron, Parmalat, Kerviel, Madoff.
Depuis la crise du Subprime les affaires ne sont plus ce qu' elles étaient, les bourses sont en bernes, et chaque mois on se demande si le corps économique retrouvera la santé. C'est avec un optimisme arrogant, que le gouvernement Sarkosy, Fillon, Lagarde prétend résorber la crise en utilisant l' emprunt dans des proportions jamais connues ( 154 Milliards d' euros) pour 2009. Cet emprunt se compose de 57,6 Milliards d' euros devant couvrir le déficit budgétaire, le reste servirai à honorer les emprunts arrivant à échéances, les dettes engendrant de nouvelles dettes au profit du capital financier international.
Sauver le noyé en lui faisant boire de l' eau
Dans un article publié le 31 01 2009 par le journal La Tribune , Niall Ferguson ( historien britannique spécialiste de l' économie) s' interroge sur la crise actuelle « Notre crise est-elle vraiment la répétition de crises précédentes? » et il reconnaît une certaine similitude avec la crise des années 1930, tout en pensant que les plans de relance actuels ne marcheront pas:
« On n' a pourtant jamais vu de tels plans de relance , aux états -Unis, en Europe, en Chine même...La relance, c' est la dernière illusion à la mode . Je suis sidéré de voir la rapidité avec laquelle tout le monde se précipite sur les recettes de Keynes, comme si la science économique n' avait rien trouvé dans les soixante dix dernières années!
Quant aux plans de stimulation budgétaire, ils ne marcheront pas: une crise de la dette ne peut pas se régler par davantage de dette »
Comme l' avait signalé Etienne Chouard3, l' article 104 du traité de Maastricht4 signifiait l' abandon par les états de la création monétaire, au profit exclusif des banques privées. Quand les états empruntaient auprès des Banques centrales, il ne payait jamais d' intérêts, avec le nouveau système « On en est rendu aujourd'hui à une dette qu'on n' arrive même plus à rembourser en capital car le paiement des seuls intérêts assèche toutes nos marges de manœuvre: les intérêts de la dette publique en France dépassent 40 milliards par an,40 000 millions chaque année! » ( extrait de « On se fout de nous « avec le traité européen). Se faisant les états, en s'endettant pour sauver pierre et paul de la faillite, ne font que transmettre des créances spéculatives du secteur privé vers les trésoreries nationales. L' état comme nous le verrons plus loin, doit alors augmenter la création monétaire en faisant fonctionner la « planche à billet ».
Cette création monétaire par la dette est mise en évidence quand le Trésor vend directement ses titres à la Banque Centrale, qui fait alors marcher la « planche à billet » pour les acheter. C'est ce qui s'est passer en 1998 et 1999 au Japon, quand le ministère des finances, la Poste et d' autres organismes d' état ont achetés des bons du trésor et obligation à 10 ans. C'est ce qui arrive quand personne ne veut ces titres, quand le taux d'intérêt ( ou loyer de l' argent) est trop bas. Le scénario qui se déroule actuellement sous nos yeux, confirme cela , les USA ne parviennent plus à placer que 50% de leurs bons du trésor aux étrangers, ce qui oblige la FED à faire fonctionner la « planche à billet ». l' Allemagne n' a pas trouvé sur le marché les 7 milliards d' euros qu'elle voulait emprunter. Quant à l'Italie, le ministre du travail Maurizio Saconni a déclaré à la RAI télé italienne « nous ne pouvons en aucun cas nous permettre qu'une émission de bons du trésor ne soit pas entièrement souscrite... Cela conduirait à une absence de liquidités pour le paiement des retraites et des salaires. Cela serait comme l' Argentine. »
Pour toute la zone euro le processus est le même, le marché obligataire est sollicité à hauteur de 631 milliards d' euros pour 2008 et 765 milliards pour 2009. Un dernier chiffre indique que l' état français met sur la table « 360 Mds d' euros » et l' Union Européenne 1800 Mds, c' est à dire trois fois plus que le plan Paulson . Ce qui en passant nous donne une petite idée de l' étendue de la crise.5
Arrivé à ce stade, la gangrène de la dette, commence à toucher les pays de l' OCDE de la même manière que la « dette du tiers monde » où les emprunts d'un jour servaient à rembourser les intérêts de la dette d'autres prêts, et de dette en dette on en arriva au « risque pays » ou la signature d' un état, n' était plus fiable comme ce fut le cas pour l'Argentine en 2001.
Cette question de la signature pays pourrait bien se poser à partir de 2009 en Europe, et la création de fond souverain se présente donc comme une garantie vis à vis de ce risque.
Les premières lézardes de risque pays de la forteresse Europe, se manifestent déjà pas seulement dans les ex-pays de l' Est, mais aussi dans la zone euro et en Grande Bretagne. En ce mois de janvier, et après les émeutes de la jeunesse en Grece, ce pays vient d' être déclassé par les agence de notations; l' Espagne et le Portugal devraient suivre.
En Grande Bretagne les emprunts nécessaires pour financer la dette de l' État représenteront 8% du PIB en 2009, la livre s'effondre au point que les irlandais font leurs courses de l' autre coté de la frontière. Quant au secteur financier il procède à des fusions6 pour sauver les meubles. L'Italie et l'Espagne peuvent rapidement se trouver en situation où l' état ne parviendra plus à lever des fonds. leur signature pouvant être remise en cause. En effet on se demande jusqu'où ira la cruche à l' eau sans quelle se casse, les milliards que les états veulent emprunter de nouveau pour sauver pierre et paul viennent de trouver leur limite.
En France, la question de la dette est récurrente , tous les gouvernements de « gauche » comme de « droite » contribuèrent à endetter les « citoyens » au profit du capital financier, le cas le plus visible étant le racket de la CRDS ( contribution au remboursement de la dette sociale) prélevé directement sur le salaire et géré par la CADES qui vient de souscrit un nouvel emprunt.
Pour le gouvernement il y a les bonnes et mauvaises dettes, celles où il y a retour sur investissement sont les bonnes, les autres sont les mauvaises. Nous n' allons pas ici entrer dans le détail de la dette, mais tout simplement dire , que la part de la dette française dans le PIB est plus faible que la moyenne européenne 66,4% en 2007. Mais ce niveau moyen d' endettement est inquiétant de part son évolution rapide, qui a fait dire à Fillon que la France était en faillite. La relation dette/ PIB, n' est certes qu'un indicateur parmi d' autres pour juger si un pays est au bord de la faillite, le Japon est endetté à la hauteur de 180% du PIB, et sa production industrielle, celle qui est créatrice de valeur s'est effondrée de 8,1% en novembre 2008. Il est actuellement proche d'une récession deux chiffres: le gouvernement envisage un plan de relance entre 169 et 254 milliards d' euros.
C'est bien évidemment la crise , qui est déterminante pour savoir si tel ou tel pays sera en mesure de rembourser ses emprunts, et à faire valoir sa signature pays, pour de nouveaux emprunts... Il semble qu'effectivement , ce problème est maintenant au coeur de l' Europe. On nous dit dans la presse que la France risque d'être mise sous la tutelle de Bruxelles, pour dépassement des critères de Maastricht. L' argument pris dans son étroitesse, semble indiscutable seulement il y a la crise. Cette crise est maintenant prise en compte pour une période de deux ans , c' est à dire que le garde fou des 3% d' endettement public peut être dépassé. La mise sous tutelle de la France par Bruxelles est donc reportée d'autant, et ce n' est pas pour rien que Sarkosy se démène pour prendre la tête de l' Eurogroup.7
L' Islande a frôlé la faillite et ne survivra qu'avec un prêt du FMI de 2,1 milliards de dollars (1,6 milliard d'euros) pour tenter de surmonter la crise qui a ruiné son système bancaire, premier pays occidental à recourir à une telle aide depuis la Grande-Bretagne en 1976. Depuis le 20 janvier, des manifestations de plus en plus importantes se dérouleront, notamment à Reykjavik. Elle réclamaient et ont obtenu la démission du gouvernement. Les manifestations devant le parlement ont vite tourné à l' émeute, quand des manifestants envahirent le bureau du premier ministre Geir Haarde, y déversant de la peinture rouge, et mettant le feu au-dehors. Le lendemain les force de l' ordre chargeront les manifestants.
L' Irlande prend le même chemin,le journal La Tribune du 17/01/09 indique que le risque par défaut (CDS) vient de contraindre le gouvernement à nationaliser Anglo Irish Bank, le FMI étant prêt à intervenir selon des sources ( démenties).
Les pays Baltes, dont ont disaient qu'ils étaient les « tigres baltes » mordent la poussière de manière spectaculaire. Après les fortes croissances 37,6% pour la Lettonie, 31,6% en Estonie et 26,5% en Lituanie ( en 2004-2006) le taux de croissance chutait en 2008 à 0,4% en Estonie, 6,7% en Lituanie et 3% Lettonie. Cette dernière vient d'obtenir un prêt de 7,5 Mds d' euros du FMI et de l' UE. Selon le site Bellacio et des vidéos
« De violents affrontements se sont produits en Europe de l’Est cette semaine entre manifestants et forces de l’ordre, notamment en Lituanie, où la police est intervenue sans ménagement vendredi à Vilnius devant le Parlement. Une quinzaine de personnes ont été blessées et plus de 80 autres arrêtées.
D’autres émeutes ont eu lieu en Bulgarie et en Lettonie, où les habitants manifestaient contre les difficultés économiques, les réformes de leur gouvernement et la corruption. Dans les trois pays, des rassemblements pacifiques se sont terminés dans le vandalisme et la violence pendant plusieurs heures. »
L' Ukraine, est selon La Tribune du 23-12-2008 en faillite imminente, et les 16,3 milliards de dollars que le FMI va débloquer ne suffiront pas à éponger la crise économique et sociale qui ronge l' Ukraine, sa devise la hryvnia a perdu 45% face au dollar. La Russie orpheline de son grenier à blé fait tout pour que l' Ukraine rentre au bercail, elle exige que le gouvernement ukrainien rembourse sa dette de 2,4 milliards de dollars à Gazprom qui par ailleurs veut facturer le prix du gaz à 400 dollars les 100 mètres cubes, contre 180 actuellement.
Il faut ici signaler, que ce qui porte le nom « d' aide » n' est certainement pas une aide, mais une assignation sur le travail futur du salariat qui va devoir se saigner à blanc pour rembourser le FMI. C 'est finalement une vieille histoire, critiqué par Marx en 1853.8Rien sur le fond n'a véritablement changé depuis , sauf que le capitaliste a créé une institution internationale de l' usure; le Fond Monétaire International (FMI) .
Dans notre article « La croissance mondiale en berne: l' exemple américain » de l' hiver 2005-2006 nous avions montré en détail le lent cheminement qui allait nous mener à la crise actuelle. La triche du crédit aura un fin , disions nous, tout en montrant la différence entre les récessions américaines de 1971,1975,1981,1983,1991, et 2001 et l'on terminait l' article ainsi:
« Deux bulles menacent actuellement le système financier international, La première c' est l' affaiblissement du dollar qui devrait continuer à faire du yo-yo. La seconde concerne le secteur immobilier. La hausse des prix de 10% par an aux Etats-Unis et de 20% en Grande Bretagne n' est plus soutenable. Une chute du marché de l' immobilier aura des effets négatifs sur les dépenses, entraînant l' économie mondiale vers le bas »
L'
année 2001, fut celle aux Etats-Unis qui marqua l' aboutissement de
la « triche du crédit » La FED allait baisser en moins
de douze mois, 11 fois ses taux d' intérêts pour relancer la
consommation. La consommation allait reprendre, mais ce ne fut qu'une
consommation de dette que la situation économique ne permettait plus
de rembourser, alors éclatera officiellement la crise financière du
capital total dite du « subprime ». Mais sous les dessous
de cette crise sévissait déjà la crise de surproduction au niveau
mondial, propulsée par des taux de productivité se voulant toujours
en hausse, par des fusions acquisitions gigantesques et une
concentration centralisation du capital devant avoir pour taille
critique
le niveau mondial. Actuellement, la course à la baisse des taux
d'intérêts pour relancer la consommation est de nouveau opérante,
la FED et la Banque d' Angleterre s' orientent vers le taux zéro9,
quant à la BCE, malgré de grandes réticences elle vient
d'abaisser ses taux directeurs . Son principal taux directeur, le
taux de refinancement, revient de 2,5% à 2%. faisant suite au
plongeon de la production industrielle des principaux pays européens
(voir tableau).
Il en résulte que le système capitaliste est venu butter sur l' éternelle sentence qu'il doit se faire à lui même , liquider les forces productives devenues obsolètes. Pour sortir de la crise, le capitalisme n' a pas beaucoup d'issues, les capitaux les plus puissants vont essayer dans un premier temps de s'entendre pacifiquement sur le partage des dégâts et sur la répartition future des zones et secteurs en fonction de l' ordre hiérarchique mondial du capital toujours en évolution et changement avec ses G 4 à G 20. Si l' entente pacifique venait à échouer, la force deviendrait alors l'arme économique inévitable, que le système mettrait en place ne serai ce que pour mater une fois de plus le prolétariat.
G. Bad rédigé entre le 20 janvier et 17 février 2009
Notes:
1 Parlant des taux d' intérêts, pour relancer l' économie , la presse indique : « La Réserve fédérale américaine, la Banque du Japon et la Banque d'Angleterre s'orientent sans états d'âme vers la politique des taux d'intérêt zéro. La BCE a plus de réticences. «Cela ne conviendrait pas à notre cas», a indiqué hier Jean-Claude Trichet. Le bilan de la BCE a déjà doublé depuis l'été 2007, ce qui n'est pas sans risques pour l'institution de référence. »
2La Tribune du 28 01 2009 « Non seulement le dispositif qui s' articule autour de la société de la prise de participation de l' Etat (SPPE) ne coûte pour l' instant rien à l' Etat, mais il lui aura rapporté 380 millions d' euros à la fin du mois. »
3-Étienne Chouard, né en 1956 à Paris, rendu célèbre en 2005 à l'occasion de la campagne du référendum français sur le traité établissant une constitution pour l'Europe partisan du « non ». Nous pouvons le classer dans la tendance souverainiste et proche du réformisme de l' association Attac.
4Article 104 traité de Maastrisch (7 02 1992) « Les états et autres autorités publiques ne pourront plus jamais emprunter auprès de leur Banque centrale . » Confirmé par le Traité d' Amsterdam (1997) Article 101 (ex-article 104)
1. Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées «banques centrales nationales», d'accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l'acquisition directe, auprès d'eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.
5Barack Obama doit promulguer aujourd'hui un plan de sauvetage de 787 Milliards de dollars (17 02 2009)
6Londres , avec son plan de sauvetage des banques, est prêt à éponger 220 milliards d' euros de créances douteuses. Lloyds TBS et HBOS vont fusionner
7 L’Eurogroupe est le nom donné aux réunions mensuelles des ministres des Finances de la zone euro. Créé par le Conseil européen en 1997, Le rôle de l'Eurogroupe a été renforcé par la nomination d'un président permanent, Jean-Claude Juncker, le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, En 2008, l'Eurogroupe a connu de nouvelles modifications quand il s'est réuni le 12 octobre au niveau des chefs d'État et de gouvernement, et a accueilli pour une demi-heure Gordon Brown, Premier ministre du Royaume-Uni, un pays ne faisant pas partie de la zone euro.
8« Le peuple sait bien, par sa propre expérience et les saignées faite à sa bourse, combien la dette publique pèse sur les impositions; mais peu de gens savent dans quelles conditions spéciales cette dette a été contractée et existe toujours. L' Etat, cet instrument commun entre les mains de nobles propriétaires fonciers, et des gens de la finance, a besoin d' argent pour réaliser, à l' intérieur comme à l' extérieur, l'oeuvre d' oppression. Il emprunte donc chez les capitalistes et usuriers, et leur remet un bout de papier, par lequel il s' engage à payer, pour 100 livres sterling prêtées, tel chiffre d' intérêt. Les moyens nécessaires à ce paiement, il les tire, sous forme d' impôts, de la poche des classes ouvrières. Si bien que le peuple doit servir de garantie à ses oppresseurs vis-à-vis des gens qui prêtent leur argent pour qu'on lui coupe le cou à lui, peuple. Cette dette figure sous diverses rubriques, suivant que le taux d' intérêt est de 3,3 ½ ou 4 0/0. » ( K. Marx People's Paper, 16 avril 1853.)
9Les taux directeurs de la G. Bretagne ont été ramenés à 1%, du jamais-vu depuis la création de l'établissement en 1694.
14 février 2009
Guadeloupe, l' état se prépare à un coup de force.
- Introduction
-
voici le message, que l'on nous demande de publier, il montre qu'
un coup de force de l' état, contre la population de la Guadeloupe
et la Martinique n' est pas à exclure. De plus en plus dans ce
monde les citations de Blanqui ci dessous sont à l' ordre du jour.
La solidarité en métropole s'avère indispensable.
- « Oui, Messieurs, c’est la guerre entre les riches et les pauvres : les riches l’ont voulu ainsi ; ils sont en effet les agresseurs. Seulement ils considèrent comme une action néfaste le fait que les pauvres opposent une résistance. Ils diraient volontiers, en parlant du peuple : cet animal est si féroce qu’il se défend quand il est attaqué. »
- « Pour les prolétaires qui se laissent amuser par des promenades ridicules dans les rues, par des plantations d'arbres de la liberté, par des phrases sonores d'avocat, il y aura de l'eau bénite d'abord, des injures ensuite, enfin de la mitraille, de la misère toujours. » (Auguste. Blanqui)
- 11/02/09 10:50 - Chers compatriotes, C'est un appel de soutien que je lance depuis la Guadeloupe et à la Martinique. Un collectif de 52 organisations comprenant tous les syndicats, des groupements de mutuelle, des fédérations d'associations, les plus grosses associations de la Guadeloupe, le syndicat des transporteurs, les syndicats des stations de service, syndicat de pêcheurs, etc a lancé un mouvement de grève depuis le 20 janvier 2009. Des négociations on été engagées au World Trade Center, avec autour de la table de négociation, une représentation de l'ensemble des décideurs de la Guadeloupe : Le collectif : *Lyanag kont profitasyon* - Rassemblement contre les profiteurs Les élus : Conseil Régional - Conseil Général - Les maires - les Députés - Les Sénateurs Les socio professionnels : MEDEF - CGPME - CTPME - CCI - CES - etc L'Etat : Préfet de Région - Les Directeurs d'administration centrale Suite à la lecture d'une note émise par le Secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, Yves JEGO, le Préfet de Région a décidé d'abandonner la table de négociations pour soi-disant se mettre à travailler.
- Aujourd'hui, vendredi 30 janvier 2009, près de 60.000 personnes ont défilé dans les rues de Pointe à Pitre, afin de démontrer leur soutien au "kolectif", or les médias métropolitains, confisqués par SARKOZY, ne font guère écho de ce mouvement dont la substance est unique dans l'histoire de France ; car, c'est la première fois qu'un telle manifestation arrive a créer un consensus de toutes les forces vives d'une Région et sans exclusive. La Guadeloupe réclame la venue du Premier Ministre pour gérer une fin de cette crise. Or, le ministre de tutelle, en l'occurrence Monsieur JEGO, refusant de jouer son rôle légal, refuse de se rendre en Guadeloupe par peur de... L'Etat Français s'est défaussé devant le peuple guadeloupéen qui a assisté en direct à la démission du gouvernement.
- Les négociations étaient retransmises par 3 chaines de télévision locale, les téléspectateurs ont assisté au départ du Préfet qui a refusé de continuer les négociations, promettant de sévir en cas de dérapage. 17 Airbus ont débarqué depuis début janvier, avec près de 4000 militaires/gendarmes/CRS, armés jusqu'aux dents. Des chars d'assauts, des minutions, des cercueils en plastique, des vivres ont également été acheminés en même temps que ces forces de répression. Ce tel dispositif de guerre coûte 3 millions d'euros par jour au contribuable français. Les guadeloupéens auraient préféré que cet argent serve à résoudre quelques uns des 146 points de la plateforme de revendications.
- L'Etat français a tiré sur la foule à plusieurs reprises en Guadeloupe :
- 1910 - 1925 - 1952 - 1967 En 1967, suite à un fort mouvement de grève, messieurs MESSMER, MARCELIN et DE GAULLE ont fait tirer sur la foule et tuer plus de 170 personnes - officiellement seuls 31 morts ont été déclarés par l'Etat. Pendant que je rédige ce document, le gouvernement vient de décider de transférer les rédactions de RFO à Paris, les émissions locales ne seront plus produites
- localement. Sarkosy se fabrique sa dictature par ses exactions, voilà que l'Outre-Mer revient 30 ans en arrière avec les pratiques coloniales. Chers compatriotes, je vous demande de diffuser ce document par vos relais, il faut que toute la France sache que l'on se bat pour l'ordre juste et contre les profiteurs de toute nature.
Soutien aux travailleurs de Guadeloupe, Martinique, Guyane et de la Réunion.
Paris, Lundi 16 février : Rassemblement de soutien.
Depuis plus de trois semaines, les travailleurs de Guadeloupe sont en grève générale unitaire et illimitée. Depuis, la grève générale s’étend à la Martinique, à la Guyane et à la Réunion. Ils se battent contre la vie chère, les bas salaires, les licenciements et le chômage, pour leur dignité.
Leur combat est le nôtre, il est exemplaire.
Après le succès des grandes mobilisations du 29 janvier et avant celle du 19 mars, nous devons apporter toute notre solidarité aux Guadeloupéens, Martiniquais ; Guyanais et Réunionnais qui proclament avec la même force que ce n’est pas au peuple de payer la crise !
Le combat des salariés de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et de la Réunion est le nôtre.
Tous ensemble, Solidarité !
Toutes et tous Lundi 16 février dans la rue à 18h Place de Clichy (Paris)
Appel signé par : Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolo, Alternative Libertaire (AL), Association des Communistes Unitaires, Coordination Nationale des Collectifs Unitaires pour une alternative au libéralisme (CNCU), La Fédération, Les Alternatifs, Lutte Ouvrière (LO), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti communiste des ouvriers de France (PCOF), Parti de Gauche (PG)
13 février 2009
point de vue américain sur la crise
Entreprise hasardeuse
(Cet article de P. Mattick jr. est la suite de celui publié dans le n° 126 d’Echanges p 11 sous le titre « En plein brouillard » ; comme ce dernier texte il est extrait de la revue The Brooklyn Rail de novembre et doit être suivi d’un derniers article qui sera traduit dans le prochain numéro d’Echanges)
Selon le New York
Times, dans son principal éditorial du 19 octobre qui
illustre bien le ton présentement énergique du journal sur ce
sujet, « Désormais, tout le monde sait que le prêt
hypothécaire hasardeux et même usuraire a entraîné la débâcle
financière. » Aussi grave que soit le désastre de ces
« subprimes », ajoutait le Times, il est encore
plus grave que « de l’argent facile ait aussi alimenté la
boulimie de rachats d’entreprises » avec pour résultat
potentiel « une augmentation très sensible des faillites
d’entreprises. » Le journal cité en appelait au Congrès
pour qu’il en envisage les conséquences en étendant les
conditions de paiement des allocations chômage et recherche
« quelles réformes seraient nécessaires pour s’assurer que
ces catastrophes ne se reproduisent plus. »
Pendant la Grande Dépression qui avait précédé le vote de la Loi sur la « Social Security »(1), les « soupes populaires » étaient l’unique nourriture de certains chômeurs américains. L’une d’elles (2) était sponsorisée par le gangster de Chicago Al Capone. Cette vision des choses, très typique des commentaires économiques pour expliquer que la crise financière actuelle serait née d’un mélange délétère de cupidité effrénée et de régulation insuffisante, représente un progrès dans la direction d’un certain réalisme ; elle nous ramène au-delà de la vision du début du XIXème siècle qui prétendait qu’une crise générale du système économique était tout simplement impossible. Ce point de vue avait été remis au goût du jour au cours des dernières décennies par des théoriciens de la rationalité des marchés comme les lauréats du Prix Nobel Milton Friedman et Robert Lucas et a fondé la pratique de règlementation l’ancien directeur de la Fed Alan Greenspan. Mais c’était hier. Aujourd’hui, l’appel en faveur d’une intervention gouvernementale plus vigoureuse n’est bien entendu qu’une reprise des idées de JM Keynes dans sa Théorie Générale de l’Emploi, de l’Intérêt et de l’Argent de 1936, dans la quelle le célèbre économiste admettait à la fois la possibilité théorique d’une crise alors sous-jacente depuis sept ans et affirmait qu’une réaction gouvernementale correcte pourrait y remédier. Mais les critiques néo-keynésiennes actuelles sont bien loin d’admettre les réalités présentes du capitalisme global.
On présente généralement les présentes réalités économiques comme une « crise financière globale ». Mais la crise financière, pour réelle qu’elle soit, n’est qu’une manifestation d’autres problèmes qui n’ont pas encore émergé clairement dans l’opinion publique. Comme je le faisais remarquer dans le premier de ces articles(3) la débâcle des « subprimes » apparue lors de l’éclatement de la bulle immobilière n’est pas sans relation avec la stagnation ou la chute des salaires et la montée du chômage. Au cours des dernières années, ces phénomènes ont fait l’objet d’un questionnement généralisé dans les commentaires économiques : comment était-il possible que tant de gens s’en sortent aussi mal dans une époque prospère ? De telles questions surgissaient à la fois d’une conception étriquée de la prospérité (si la bourse est toujours en hausse c’est que tout va bien) et d’une vision à courte vue : en effet, une compréhension correcte de ce qui se passe dans l’économie aujourd’hui nécessite une vision historique. Même un bref passage en revue des soixante dernières années fera non seulement apparaître les difficultés générées par l’économie capitaliste, mais aussi la capacité limitée de l’action gouvernementale pour les contrebalancer.
La Grande Dépression mondiale la plus récente (ce surnom s’appliquait auparavant à la récession internationale de 1873-1896), que par convention on fait débuter avec le krach de la bourse américaine en octobre 1929, se termina peu après la Seconde Guerre Mondiale. Tandis que l’approche de la guerre avait ramené le plein emploi aux États-Unis, ceci n’était dû qu’aux dépenses basées sur le déficit engagées par l’état pour la production de guerre et non pas à une reprise de l’économie financée par les entreprises privées. On peut en dire autant du Japon de l’Allemagne qui, de toute façon comme tout le reste de l’Europe, sortirent de la guerre avec une économie en ruines. Je laisse de côté une discussion plus approfondie du cycle de crise et de prospérité pour un troisième article, mais je veux faire remarquer ici que la renaissance de l’économie capitaliste après cette longue période de dépression économique et de destructions physiques correspondait, en gros, au schéma des épisodes précédents d’écroulement et de régénération économique.
Selon le rapport de Angus Madisson sur l’Économie Mondiale au XXème siècle (1989), écrit pour l’OCDE, le club des nations capitalistes avancées, « Les années 1950 à 1973 furent un ‘âge d’or’ [témoin] d’une croissance inégalée du PNB (produit national brut, c'est-à-dire la valeur totale des marchandises et services produits en une année donnée exprimée en prix) et du PNB par tête dans toutes les parties de l’économie mondiale, d’une croissance rapide du commerce mondial, d’une réouverture des marchés mondiaux de capitaux et des possibilités de migration [de la main d’œuvre] internationale. » Ceci n’est pas le point de vue personnel d’un individu : tous les commentateurs s’entendent à décrire cette période comme un âge d’or du capitalisme. Toutefois, cette réussite est moins limpide qu’il n’y paraît (même si nous laissons de côté les années de misère économique et la guerre et ses dizaines de millions de morts, qui en sont la base).
Pour citer Madisson de nouveau, « Un des traits principaux de l’âge d’or la proportion croissante des dépenses étatiques dans le PNB, » qui « passèrent de 27% du PNB dans les pays de l’OCDE en 1950 à 37% en 1973. » Dans la plupart des pays, ceci reposait largement sur l’augmentation des dépenses de l’état-providence dans des secteurs tels que la retraite, l’éducation et la santé. Aux États-Unis ceci incluait des sommes conséquentes pour la guerre et ses préparatifs. Selon l’économiste Philip A. Klein, qui écrivait pour l’Institut des Entreprises Américaines conservateur, « l’expansion la plus longue en ‘temps de paix’ de l’Amérique – de 1961 à 1969 – fut grandement influencée par la redéfinition du terme ‘temps de paix’ pour y incorporer la guerre du Vietnam et l’augmentation des budgets de la défense passant de $ 50 milliards au cours de l’année fiscale 1965 à $ 80 milliards en 1968. » Ce fut cette expansion américaine qui, à son tour, contribua à alimenter la croissance globale grâce, notamment, à la renaissance du Japon et au décollage de la Corée, particulièrement stimulés pendant la période de guerre du Vietnam.
En d’autres termes, l’économie capitaliste proprement dite – le système d’entreprises privées – n’était pas, aux yeux des décideurs politiques, capable par elle-même de produire un niveau suffisant de bien-être pour atteindre un niveau politiquement désirable de satisfaction sociale. Ainsi, par exemple, lorsqu’un gouvernement Républicain, agissant selon son idéologie anti-dépenses et pro-libre entreprise, réduisit les dépenses de défense après la guerre de Corée sans compenser par des augmentations de la dépense intérieure, les États-Unis connurent une diminution marquée de leur production et une augmentation tout aussi marquée du chômage. Contrairement à ses intentions, l’administration Eisenhower s’empressa de baisser les taux d’intérêt et d’augmenter les dépenses du gouvernement, y compris les travaux publics (à l’échelle du système d’autoroutes inter-états) ainsi que des projets militaires. Aux États-Unis, en effet, l’économiste politique Joyce Kolko remarqua en 1988 « à peu près la moitié de tous les nouveaux emplois [américains] après 1950 a été créée par les dépenses de l’état, et une réorientation comparable a eu lieu dans les autres nations de l’OCDE. »
L’idée de Keynes était que le gouvernement emprunterait de l’argent en période de dépression pour remettre l’économie en marche ; lorsque le revenu national augmenterait en réaction à ce stimulus, on pourrait alors instaurer un impôt indolore pour rembourser la dette. En réalité, la gestion de la crise se transforma en « économie mixte » permanente entre l’état et le privé, et la dette nationale, loin d’être remboursée, ne cessa de s’accroître, à la fois dans l’absolu et par rapport au PNB. La croissance de la dette nationale se fit sentir par une tendance à l’inflation, alors que les entreprises augmentaient leurs prix (et que les travailleurs essayaient de suivre) pour compenser la part croissante du revenu national prélevée par le gouvernement, et alors que le Trésor battait monnaie pour financer les opérations du gouvernement américain. En vertu de l’accord d’après-guerre qui liait les nations du monde capitaliste, le dollar, qui représentait une quantité d’or fixe, servait de modèle pour mesurer la valeur des autres monnaies, facilitant ainsi le commerce et les investissements internationaux. Dès 1971, on avait fabriqué tant de dollars aux États-Unis qu’il fallut rompre le lien entre le dollar et l’or afin de couper court à la possibilité de vider Fort Knox de son or au cas où les autres nations décident de convertir leurs billets verts. Tandis que ce changement, contrairement à ce que pensaient beaucoup de gens, n’altéra pas radicalement la nature de l’argent, il marqua bien à quel point le monde de l’économie s’était éloigné du mécanisme autorégulateur imaginé par les partisans enthousiastes du libre marché pour s’acheminer vers un système dépendant de la gestion constante par les autorités de l’état, un système dans lequel tout relâchement de la gestion aurait des conséquences graves.
Quelles qu’en furent ses limites, l’âge d’or fut réel. Ceci est démontré par le fait qu’il se termina aux alentours de 1973, quand la croissance mondiale se ralentit considérablement. A l’époque, on mit ceci sur le compte d’un « choc » produit par une hausse rapide du prix du pétrole, manigancée par les pays de l’OPEC de concert avec les compagnies pétrolières, pour tenter d’accroître leur part des profits mondiaux et compenser la perte de valeur du dollar, monnaie de fixation des prix du pétrole. Mais le fait qu’une croissance à l’échelle antérieure n’eut pas lieu lorsque l’économie mondiale s’adapta à ce changement (et même lorsque les prix du pétrole baissèrent à nouveau) prouve qu’une modification plus fondamentale de l’économie globale était à l’œuvre. On en distinguait les signes avant-coureurs depuis un moment. Comme l’a observé l’économiste William Nordhaus dans un article publié par la Brookings Institution en 1974, « il est majoritairement admis que les profits des entreprises ont plongé depuis 1966, » même en tenant compte des profits- record des compagnies pétrolières en 1973. « La performance insuffisante des profits des entreprises ne se limite pas aux États-Unis, » poursuivait-il, « Un déclin séculaire [à long terme] de la part des profits s’est aussi produit dans la plupart de l’Europe de l’Ouest. »
L’entreprise capitaliste est vouée au profit. C’est l’attente d’un profit futur qui décide du niveau d’investissement et des formes que prend cet investissement. Avec le déclin de la rentabilité, il n’est pas étonnant que les entreprises aient utilisé les fonds dont elles disposaient moins pour construire de nouvelles usines et produire plus de marchandises que pour extraire plus de profits de la production existante en investissant dans des équipements économes en énergie et en main d’œuvre et en installant des chaînes de montage dans des zones à bas salaires. (Entre autres conséquences, ceci entraîna un accroissement marqué du chômage en Europe de l’Ouest et dans ce qui est devenu la Ceinture de Rouille aux États-Unis, alors que les usines devenaient plus productives et qu’on les délocalisait au su et à l’étranger.) De plus, on put relever partout le démantèlement accéléré des mesures de sécurité professionnelle et l’extension de la semaine de travail ainsi que le recours croissant à la main d’œuvre temporaire et à temps partiel, qui ont aussi favorisé la baisse du salaire moyen et donc l’accroissement de la rentabilité. Particulièrement aux États-Unis, on a régulièrement encouragé et facilité l’emprunt à la consommation avec les cartes de crédit et les crédits faciles, ce qui, comme l’inflation, était un moyen de baisser les salaires en augmentant les prix : le coût supplémentaire des articles est récupéré par les institutions financières au titre d’intérêts. Les plans d’épargne retraite firent partie des revenus des travailleurs mis à la disposition des organismes de crédit, des banques et des autres institutions financières ; leur remplacement par 401(k)s (4), comme l’affaiblissement ou l’élimination des plans d’épargne santé, fit encore baisser les coûts de main d’œuvre.
En même temps, les entreprises commencèrent à dépenser les sommes considérables qu’elles auraient autrefois consacrées à l’augmentation de la production pour racheter et réorganiser des entreprises existantes, vendant certaines parties de ces entreprises pour un profit immédiat et manipulant le prix des actions pour faire de l’argent sur les marchés. A la fin des années 1980, on a calculé qu’environ 70% de l’augmentation de la valeur des actions de l’index Standard & Poor était due aux effets des absorptions et des rachats. Au cours des vingt années suivantes, le surplus du prix des actions par rapport aux valeurs sous-jacentes des entreprises qu’elles représentent a continué à croître. Ainsi le boom des fusions-acquisitions des années 1980 s’est fondu dans un schéma plus vaste de spéculation sur les marchés financiers plutôt que d’investissement dans des entreprises productives. Contentons-nous d’examiner un seul aspect de cette spéculation : la valeur des fonds impliqués dans l’échange, l’achat et la vente de devises de différentes monnaies nationales pour profiter de petites modifications des taux de change est passée de $ 20 milliards en 1973 à $ 1,25 billions en 2000, un accroissement bien plus important que la croissance du commerce des marchandises réelles et des services. Expliquer l’augmentation des acquisitions financées par la dette et les autres modes de spéculation par la cupidité, comme on le fait souvent aujourd’hui, est doublement stupide : non seulement cela n’explique pas l’augmentation soudaine de la cupidité au cours des dernières décennies, mais cela passe aussi sous silence le motif sous-jacent des décisions d’investissement capitaliste qui doivent toujours être guidées par l’attente de profits maximums réalisables à raisonnablement court terme. De la même manière que jouer au loto, malgré sa cote de un contre un multi-million, représente le moyen le plus probable de s’enrichir pour le travailleur moyen, la spéculation offrit tout simplement aux hommes d’affaire de meilleures chances de profits élevés que l’investissement productif.
La « globalisation » du capital fait partie de ce schéma. Bien qu’on imagine souvent qu’elle est faite de l’expansion mondiale de la production et du commerce, elle s’est surtout manifestée par des flux commerciaux et financiers au sein des pays de l’OCDE, en même temps que la délocalisation de certaines opérations de production dans quelques zones à bas salaires. Les États-Unis étaient encore le premier producteur mondial en 2006, avec presque un quart de la production globale (bien que de plus en plus d’usines aux USA appartiennent à des entreprises étrangères). Par contraste, examinons le dernier sujet d’excitation économique : la production de la Chine représente toujours moins de la moitié de celle des États-Unis et se fonde en grande partie sur l’assemblage final de composants fabriqués ailleurs. Comme l’investissement intérieur, l’export de capitaux – qui, de toute façon est resté majoritairement à l’intérieur des économies capitalistes développées de l’OCDE – a été dirigé, selon les termes de l’analyste en économie Paulo Giussani, « par des secteurs plus ou moins directement liés à la finance et à la spéculation à court terme. »
Et la totalité de cette activité en est venue à reposer de plus en plus sur la dette. En général, un environnement économique inflationniste encourage l’emprunt, puisque la valeur déclinante de l’argent contribue à baisser les coûts de l’intérêt. Au moment où l’âge d’or prenait fin, le ralentissement de l’investissement productif signifiait une disponibilité croissante de l’argent qu’on pouvait prêter à d’autres fins. Aux États-Unis, les entreprises avaient traditionnellement financé l’expansion à partir de leurs propres bénéfices, mais en 1973, l’emprunt des entreprises dépassait le financement interne et ce n’était que le début. (A peu près au même moment, la France connut un mouvement d’emprunt dans le style étatsunien, mode de financement traditionnel des entreprises en Allemagne.) L’incertitude croissante des affaires économiques conduisit en particulier à l’augmentation de la dette à court terme, bien qu’en soi ceci ait alimenté un taux croissant de faillites d’entreprises, alors que des revirements de fortune subits pouvaient interdire le remboursement des prêts à courte échéance. De plus en plus fréquemment, on empruntait pour financer des fusions et des acquisitions et pour spéculer sur les nombreux marchés financiers. Les perspectives de spéculation furent multipliées par l’invention de nouveaux « instruments financiers » tels que les produits dérivés, les échanges financiers, et la « titritisation» maintenant décriée de diverses formes de dettes, y compris des hypothèques immobilières. Pour se faire une idée des extrêmes atteints par la reproduction imaginative de l’argent réel investi en créant de nouveaux titres négociables, considérons le fait qu’au moment de la crise de la mi-septembre, les actifs financiers mondiaux estimés à $ 167 trillions avaient donné naissance à $ 596 trillions en produits dérivés, simples paris sur les mouvements futurs des prix des actifs.
Pendant la décennie 1970, on a assisté à la croissance rapide des prêts aux pays sous-développés, alors que les banques commerciales remplaçaient les agences gouvernementales et internationales en tant que sources principales d’emprunts. Entre 1975 et 1982, par exemple, la dette de l’Amérique Latine envers les banques commerciales augmenta de plus de 20% par an. L’intérêt de la dette augmenta même encore plus vite, alors que le refinancement empilait frais sur frais. Il en résulta une succession de crises qui enlisa l’Amérique Latine dès le début des années 1980. Finalement, il devint évident qu’il était tout simplement impossible de rembourser ces dettes ; une conséquence fut l’abandon des projets de développement économique interne dans ces pays en faveur de stratégies économiques orientées vers l’export exigées par les autorités économiques internationales (Banque Mondiale et FMI) qui présidaient à la restructuration de la dette. Un destin similaire attendait les prêts avancés aux économies de planification centralisée d’Europe de l’Est. Leur implication désastreuse dans le système de la dette, qui semblait à l’origine capable de les sortir du déclin de leurs systèmes contrôlés par l’état, était un pas important vers l’intégration de l’ancien monde « communiste » dans le système capitaliste global. (Il y a quinze ans, je me souviens avoir suggéré à un dissident hongrois, György Konrád, qui venait de terminer l’éloge de l’intégration dans le marché mondial comme solution aux problèmes de son pays, qu’il se pourrait bien que l’Est rejoigne l’Ouest au moment même où les beaux jours de l’économie capitaliste prenaient fin ; il me répondit qu’il avait enfin rencontré en moi quelqu’un de plus pessimiste qu’un Hongrois.) Dès 1984, l’Amérique rejoignit ce club en important plus d’investissements étrangers qu’elle n’exportait, et un an plus tard, les États-Unis étaient devenus débiteurs. Ils devinrent progressivement le récipiendaire mondial d’investissements le plus important et le premier débiteur mondial, très dépendant des prêts étrangers pour financer à la fois ses guerres et sa consommation déséquilibrée d’une grande partie de la production mondiale.
Sous tous ces aspects donc, la dette – promesse de payer un jour dans le futur – a pris la place de l’argent que l’économie capitaliste en déclin ne pouvait pas produire. Un tel état de choses est nécessairement instable, livré aux perturbations de forces résultant des activités spéculatives individuelles, comme lorsque George Soros a causé une dévaluation de la livre britannique en 1992 (ce qui lui a rapporté environ $ 1,1 milliard) ; à la merci des décisions de nombreuses entreprises de faire circuler l’argent dans et hors des économies nationales et régionales comme lorsque l’affaiblissement du marché immobilier thaïlandais en 1997 a entraîné la chute de la monnaie thaïlandaise, le baht, et des crises du crédit dans des endroits aussi éloignés que le Brésil et la Russie. Entre-temps, la réalité moins apparente à l’origine des variations erratiques de fortunes spéculatives – les profits insuffisants générés par l’argent investi dans la production, relatifs au niveau de croissance économique requis pour incorporer la population mondiale dans un capitalisme prospère – avait de multiples répercussions. Parmi celles-ci, la dépression née de l’éclatement d’une bulle immobilière qui afflige le Japon depuis 1990 ; la permanence d’un taux de chômage élevé dans l’Europe relativement prospère ; la stagnation de l’économie américaine, avec des salaires en baisse, des niveaux de pauvreté en hausse et une dépendance croissante envers la dette – dette personnelle, dette des entreprises et dette nationale – pour ne maintenir qu’un simulacre du célèbre « standard de vie américain » ; l’enlisement continu dans les difficultés économiques des pays d’Amérique Centrale et du Sud, en dépit de réussites périodiques (mais inégales) pour les maîtriser ; la relégation d’une grande partie de l’Afrique, malgré ses immenses ressources naturelles, dans un état de misère tenace sauf pour la poignée de dirigeants qui planquent les bénéfices du pétrole et des ventes de minéraux dans les banques suisses ; les limites analogues du capitalisme russe et chinois face aux machinations des anciens apparatchiks du parti devenus millionnaires ; et l’entassement, nouveau dans l’histoire de l’humanité, de centaines de millions de chômeurs et de travailleurs pauvres dans les bidonvilles gigantesques où vit actuellement la majorité de la population mondiale. Voici la réalité qui persiste sous l’alternance des contractions et des expansions, des crises de la dette et de leurs solutions temporaires, des chutes de la monnaie et des paniques financières qui se répercutent d’un bout à l’autre du monde depuis trente ans.
Et c’est cette réalité qui a enfin attiré l’attention des Américains en cette fin septembre. Les Américains ont été déstabilisés par l’attaque réussie d’Al Quaida contre le World Trade Center il y a sept ans, mais la surprise d’apprendre que les États-Unis ont des ennemis, assez capables et décidés à leur infliger de réels dommages, s’est vite dissipée, à toutes fins utiles. La menace actuelle est bien plus sérieuse et aura un impact bien plus important, parce qu’elle ne vient pas de l’extérieur, d’un ennemi étranger qui déteste « nos valeurs », mais de l’intérieur, des ces valeurs mêmes, de l’amour de la liberté, en tout cas de la liberté de faire des affaires.
C’est exactement pour cette raison que la nature du problème est difficile à comprendre, même pour ceux qui le souhaitent. D’où ces dénonciations constantes de la part des hommes politiques, des experts, des chroniqueurs économiques et des simples citoyens de la rapacité, de l’irresponsabilité des entreprises, du contrôle insuffisant du gouvernement. Notre étude de l’économie d’après-guerre confirme la thèse défendue dans le premier de ces articles, à savoir que le démantèlement des régulations mises en place lors de la Grande Dépression pour limiter les fantaisies financières – sur l’ordre des plus grandes banques dans l’intention de contrôler des opérateurs marginaux mais compétitifs – fut ce qui rendit possible le niveau de bien-être atteint pendant plus de deux décennies ainsi que sa distribution de plus en plus inégale. Sans l’accroissement exubérant du crédit au cours de ces années, nous aurions depuis longtemps été confrontés au déclin économique qui se profilait au milieu des années 1970. Aujourd’hui, les gains économiques d’autrefois fondent comme les glaciers sous l’effet du réchauffement climatique, tandis que des trillions de dollars disparaissent des marchés dans le monde entier et que les neuf plus grandes banques américaines ont perdu plus d’argent en trois semaines qu’elles n’avaient réalisé de profits en trois ans depuis 2004. Malgré la promptitude de publications comme The Economist (dont le numéro du 18 octobre 2008 publiait « Le capitalisme aux abois ») à reconnaître que le système économique est en grand danger en raison des désordres actuels (sans parler de l’horreur qu’éprouvent les politiques Républicains purs et durs en découvrant l’aspect « socialiste » de l’aide du gouvernement aux établissements bancaires), il est toujours difficile pour les gens de comprendre que la crise actuelle est une conséquence non de la rapacité et de la dérégulation, mais bien de la dynamique à long terme du capitalisme lui-même. Le prochain et dernier article explorera cette dynamique dans le but d’aider à la compréhension de la situation dans laquelle nous nous trouvons – situation qui nous met en danger mais nous offre aussi la possibilité d’un changement pour un meilleur système.
Notes:
(1) « Social Security » désigne aux Etats-Unis essentiellement des dispositions légales concernant la retraite.
(2) (source : http://www.ssa.gov/history/acoffee.htlm.)
(3) (voir www.brooklyntrail.org/2008/10/express/up-in-smoke),
(4) « 401(k)s » En 1978,une disposition fut ajoutée au code fiscal américain exemptant fiscalement les revenus différés, c'est-à-dire essentiellement les contributions retraite. Différentes modifications ultérieures firent que ces cotisations concernaient aussi bien les contributions salariés et employeurs, qu’elles pouvaient faire l’objet d’accords d’entreprise, que les placements garantissant ces retraites pouvaient faire l’objet de fonds spéciaux souscrivant des actions de l’entreprise ( voir l’affaire Enron). Ce système de retraite, bien compliqué, était particulièrement intéressant pour les employeurs qui pouvaient en se mettant sous cette législation échapper à des obligations contractuelles. Pour plus de détails on peut consulter l’article « 401 K » sur le site Wikipedia
le texte anglais est sur Internet sur le site « The Brooklyn Rail »
10 février 2009
Sur les luttes dans le monde
Dans le monde une classe en lutte
janvier 2009 cliquer ici
06 février 2009
La crise aux USA: Quand le rêve américain devient un cauchemar
Cliquer sur l' image
Les travailleurs les moins qualifiés ont de plus en plus de mal à trouver un emploi à cause de la concurrence des plus qualifiés qui, mis au chômage et ne trouvant pas d’emploi équivalent à celui qu’ils occupaient se rabattent sur les emplois sans qualification. Dans la région de Washington, les recherches d’emplois ont augmenté de 122% en quelques mois alors que les offres sont tombées de 51%. 25% de ceux qui trouvent un nouveau job gagnent en général 1/3 de moins que leur salaire précédent.
Les licenciements pleuvent :
Circuit City ( chaîne de vente de matériel électrique) 30 000 , GE Capital (Banque)11 000,Herz (location de voitures) 4 000, Well Point ( santé privée) 1 500,Advance micro (chips) 1 100, Pfizer ( pharmacie) 2 400, Marchall (banque) 830, Delta Airlines ( cie aérienne) 2 000 ; dans l’automobile,Toyota , Nissan,Chrysler annoncent des fermetures d’usines et pour le reste le passage aux 4 jours travaillés. Les usines en général tournent à 75% de leur capacité et la production industrielle a chuté en décembre de 2%.
Fabriquons américain, la tentative protectioniste.
Le fabricant d’ordinateurs Dell fait payer un service spécial de maintenance qui garantit que le centre d’appel contacté en cas de besoin est bien situé aux USA avec du personnel américain.
A l’usine General Motors de Lordstown (Ohio) où la moitié des 4 250 travailleurs sont menacés de licenciement ( ce qui signifierait aussi le licenciement de plus de 10 000 travailleurs dans les entreprises sous-traitantes de la région. ; Propos d’un représentant syndical : « Il y a trente ans s’était probablement l’usine la plus combative d’Amérique du Nord : on arrêtait la chaîne s’il y avait une fuite au plafond. Aujourd’hui, nous comprenons que l’ennemi n’est pas la direction, c’est la concurrence étrangère ».
L' appel au sauveur, ou sauve toi et le ciel t 'aidera.
Le vice-président du syndicat de l’automobile UAW , Holiefield représentant les 150 000 syndiqués des trois « grands » General Motors, Ford et Chrysler, a déclaré : « Nous avons fait tout ce que nous pouvions faire dans ce syndicat ; alors je me tourne maintenant vers Dieu » lors d’un service religieux dans la plus grande église de Detroit , en priant pour que le gouvernement renfloue l’automobile. Devant l’autel on avait exhibé trois modèles de voitures hybrides de chacune des firmes et pendant le service, les fidèles patrons et travailleurs furent conviés par le prêtre à venir s’incliner devant les idoles pour recevoir son onction.
Finalement, le syndicat UAW cède aux ultimatums politiques pour le soutien financier du gouvernement à deux des trois grands de l’automobile. Suppression de 31 500 emplois, fermeture de 9 usines, salaires horaires diminués de moitié, élimination de la « job bank » , indemnisation du chômage technique.
Villes et Etats réduisent les budget sociaux.
les villes et les Etats réduisent leur budget donc leurs services par manque de recettes. Rhodes Island supprime la couverture sociale à 1000 bénéficiaires. La Floride gèle la subvention aux crèches. Des Etats n’ont plus de réserve pour le paiement des indemnités du chômage , 5 Etats seulement pour 3 mois, 8 autres pour 4 à 6 mois. En Californie, à New York, les réductions concernes la santé1, l’éducation, l’aide sociale, les salaires des employés qui doivent aussi abandonner des jours fériés payés. L’Association Nationale des Gouverneurs des Etats, dans une lettre à la représentation parlementaire déclare : « Nous réduisons tout ce que nous pouvons et réduirons tout ce qui restera du domaine du possible, mais inévitablement le déficit est trop grand pour que nous puissions y faire face ».Depuis 1982 , le coût des études supérieures a grimpé de 439%, celui de la santé augmenté » de 251% alors que le revenu moyen des familles a augmenté seulement de 147% pour une inflation de 106%. Une étude constate que les USA sont « un des rares pays du monde où la population âgée est plus instruite que la population jeune.
En 2008, DHL, le trust allemand de messageries, a perdu 6 millions de dollars par jour pour son activité aux USA et en conséquence ferme totalement sa succursale US. A Wilmington (Ohio) 8 000 habitants sur 12 000 travaillaient dans le hub DHL dont les redevances alimentaient le budget de la petite ville. La municipalité est en faillite totale, les commerces aussi et la seule activité en hausse est la fréquentation de la soupe populaire. De plus le fond de chômage de l’Ohio est également en faillite. Cette situation nous venons de le voir n’est pas un cas isolé aux USA où municipalités et Etats sont souvent pratiquement en faillite, rognent sur tous les crédits et licencient leurs travailleurs.
Les aides alimentaires
Les « Food Stamps » sont une sorte d’aide alimentaire officielle en nature pour les plus démunis. Le nombre d’Américains tributaires fin 2008 dépasse les 30 millions sur lesquels 67% ont un travail insuffisant pour subvenir à leurs besoins de base. Suivant les Etats, les « bénéficiaires » touchent un habitant sur six ou un sur dix. Pour les recevoir il faut avoir un revenu mensuel égal ou inférieur à 1 090 euros. Une famille de quatre personnes recevra alors des bons pour 343 euros mensuels ( inchangé depuis 1996), en gros 0,64 euro par personne et par repas De même le nombre des bénéficiaires des centres privés d’aide alimentaire a grimpé au cours des derniers mois de plus de 20%.La chaîne de supermarché Wal-Mart de New York faisait des soldes monstres. Plus de 2 000 attendaient depuis la veille l’ouverture à cinq heures du matin. L’employé qui ouvrait la porte a été tué balayé par la foule qui se ruait pour « profiter » de l’aubaine. Des incidents du même genre ont été signalés dans tout le pays,
3/8/2008 – Un quart des adultes américains sont contraints de travailler pour de bas salaires dans des emplois domestiques, services à la personne, employés de bureau, administratifs dans les hôpitaux ou ouvriers non spécialisés sur des chaînes de production ou de conditionnement alimentaire. Là ils n’ont ni contrat collectif ce qui signifie ni couverture santé, ni versements retraite, ni vacances, ni indemnisation maladie. De plus en plus ces emplois sont occupés par ceux qui représentaient les « classes moyennes » à cause de la stabilité d’emploi et des salaires. Ceux-ci ont de plus en plus de problèmes pour payer le carburant, épargner pour la retraite et payer pour l’éducation des enfants ; la moitié de tous ces bas salaires ( salaire minimum 6,55$ de l’heure ( 5, 25 euros soit pour 40heures, par semaine 900 euros).
La crise du logement
Trois ans après les ravages de l’ouragan Katrina, la moitié des 500 000habitants de La Nouvelle Orléans n’ont pas réintégré leur ville car ils n'ont ni argent pour un voyage de retour, ni maison, ni travail. Cette situation est programmée pour réduire la population noire de la ville. La crise économique ne fait qu’aggraver cette politique d’abandon : la ville est devenue l’une des plus meurtrière de USA et les visiteurs s’offrent le spectacle d’une ville récemment bombardée.
En 2008, 2,2 millions de propriétaires défaillants ont été expulsés et 10% de ceux qui ne le sont pas encore ont des difficultés financières... La Floride est l’un des Etats qui a connu depuis septembre 2008, le taux le plus élevé d’expulsions et de « repossessions » sur des débiteurs défaillants.
Un groupe clandestin s’est constitué qui d’une part recense les logements vides suite à des expulsions et les expulsés qui sont ainsi « relogés » avec si nécessaire des travaux solidaires d’amélioration. Jusqu’à présent il n’y a pas eu de réactions officielles. Par précaution , un réseau d’avocats a été constitué pour faire face à d’éventuelles poursuites. Des organisations similaires existent dans d’autres Etats.
La ville de Detroit est dans une situation de désagrégation totale. Entre 2000 et 2007 430 000 emplois ont été supprimés autour de la ville dont ¼ pour l’automobile. Le revenu moyen par tête équivaut à 900 euros mensuels. 1,25 millions de foyers dans l’Etat du Michigan touchent les « food stamps ». Les services d’assistance sont submergés. Le taux des « repossessions » de logements est 8 fois plus élevé qu’ailleurs ( en août dernier 260 par jour rien qu’à Detroit. Les écoles sont fermées ou à l’abandon et 75% des enfants ne fréquentent pas l’enseignement secondaire.Des cités de tentes surgissent un peu partout aux USA, hébergeant les victimes des « repossessions »
Faire face au danger de guerre civile
Depuis octobre/2008 , le gouvernement américain rapatrie d’Irak des unités spéciales de l’armée entraînées spécialement au combat contre la guérilla urbaine, « The raiders ». Ce type d’opération était attribué normalement à la Garde Nationale formée de volontaires locaux appartenant à la classe moyenne. Celle-ci, touchée par la crise, apparaît moins fiable que l’armée de métier spécialement formée à la répression de troubles sociaux domestiques.
2/11/2008 – Le gouvernement interdit toute adhésion syndicale aux fonctionnaires travaillant dans les secteurs de l’énergie, la santé,la justice, les transports et le trésor parce qu’ils oeuvreraient dans des secteurs « impliquant la sécurité nationale ».
Actes de désespoir et accidents
Multiplication des accidents causés par l’utilisation de substituts bon marché à l’impossibilité de subvenir aux dépenses courantes ( beaucoup de familles se voient couper le gaz et l’électricité dont les factures ne peuvent être payées). Cela concerne notamment le chauffage où les chauffages d’appoint non contrôlés entraînent des désastres. Quelques exemples : 26/12/2008, 7 morts dans un incendie et de nouveau 6 dans un autre causé par des chauffages au fuel à Washington DC
30/12/2008 – l’accroissement des violences domestiques ( dû au stress causé par la chute dans la précarité) entraîne un embouteillage monstre des « hotlines » , téléphones d’appels au secours et à l’aide, de la fréquentation des centres de soins, de tous les services sociaux, des abris ( rien que pour le Texas leur fréquentation en 2008 a grimpé de 240%).
Les actes de désespoir se multiplient : un manager licencié tue toute sa famille et se suicide ; dans l’Ohio, une femme de 90 ans se tue alors qu’on vient de l’expulser de la modeste maison qu’elle occupait depuis 38 ans ; toujours dans l’Ohio, une femme de 36 ans enflamme un matelas dans le garage de sa maison « repossédée » qu’elle avait acquise en 2006, s’assied en face dans la rue et la regarde brûler.Dans le Massachusetts une femme menacée d’expulsion se suicide ; dans le même Etat, une femme de 52 ans tue ses trois chats avant de se suicider avec le fusil de son mari laissant une note pour son enterrement et les papiers de son assurance. A Los Angeles, un manager licencié tue sa femme, ses trois fils, sa belle-mère et se suicide, en laissant un écrit soulignant que c’était plus honorable de finir comme ça, dans la même ville en janvier 2009 un couple de travailleurs licenciés d’un hôpital se suicide après avoir tué ses trois enfants. ; en Floride, un expulsé tue sa femme, son chien , met le feu à sa maison et aux maisons voisines « repossédées » et se suicide. Ce ne sont pas des cas isolés. Rien qu’en Californie on dénombrerait 2 000 cas suspects d’incendie de maisons récupérées par les banques créancières.
Etats-Unis – La vente des billets pour le voyage annuel des immigrants au pays natal a chuté de 40% en 2008 et une bonne partie des billets vendus ne sont que des allers sans retours. D’autre part, aux USA comme dans nombre de pays connaissant des migrations intérieures ou extérieures, une partie des migrants n’ont même pas suffisamment pour payer ce voyage sans retour.
Etats-Unis – 27/1/2009 – 100 infirmières d’un hôpital privé de la chaîne Innova dans le New Jersey en grève contre une tentative de réduire les salaires d’un tiers et d’augmenter les prélèvements pour les garanties retraites et santé.
19/12/2008 – Les travailleurs d’une usine de conditionnement de volaille Case Farm à Winesbourg dans l’Ohio sont en grève depuis juillet 2007 pour les salaires. Le piquet de grève est attaqué par des fermiers des environs
3/1/2009 – Vought Aircraft Industry à Nashville (Tennessee ) qui fabrique des ailes d’avion pour Airbus, Gulfstream et des appareils militaires. 900 métallos sont en grève contre le projet patronal de supprimer la retraite maison pour la reverser dans le régime général. Un ultimatum de prendre des travailleurs de remplacement ( pouvant devenir légalement des salariés à plein temps, les grévistes étant licenciés) ( 500 ont déjà été embauchés) met fin à la grève, la retraite étant maintenue pour les anciens, pas pour les nouveaux, de légères augmentations de salaires et un plan de départs volontaires indemnisé de 20 à 25 000 $
-janvier 2009 – 30 000 sur 40 000 routiers de la compagnie de transports YRC Worldwide acceptent le plan de restructuration proposé avec l’accord du syndicat des Teamsters comportant 3 750 licenciements et une réduction des salaires de 10%. La firme est sur le point de fusionner avec Roadway and Yellow Freight qui, pense-t-on entraînera le licenciement de 15 à 20% des effectifs communs.
2/12/2008 – Chicago , une entreprise de matériaux pour la bâtiment , Republic Windows and Doors, touchée par la crise du bâtiment consécutive à la déroute des « subprimes » se voit refuser par la Bank of America le crédit qui lui permettrait de payer à ses 240 travailleurs les indemnités qui leur sont dues en cas de licenciement (deux mois de salaires et les congés payés).
La fermeture de l’usine, préparée à l’avance dans le secret, leur est annoncée le 2 décembre au soir : ils seront à la rue le 5 ; ce jour là, on leur annonce aussi la vérité, ils ne toucheront rien. Ils décident sur le champ d’occuper l’usine et d’y rester jusqu’à ce qu’ils auront ce qui leur est dû. Devant l’écho que rencontre cette première grève avec occupation aux USA depuis 1937, la solidarité qui s’affirme immédiatement des travailleurs des usines voisines et la crainte de l’exemple que cela peut fournir pour les milliers de licenciés, toutes les autorités se mobilisent pour que ce paiement soit effectué . Grève et occupation cessent quatre jours après. Mais cela reste un aperçu de ce qui peut se passer aux USA présentement et qui peut surgir à partir de ce qui, autrement, ne serait qu’un fait divers.
3/1/2009 – En 2008, officiellement 725 mexicains sont morts en essayant de traverser la frontière mais 700 000 auraient réussi à entre sur le territoire américain, la grande majorité âgée entre 14 et 35 ans
1 en novembre 2008 une étude montre que la moitié des patients ne peuvent se soigner faute de convention santé (qui n’existe que si l’on travaille dans une entreprise avec un contrat collectif et qui cesse dès que l’on est licencié) et parce que les soins privés coûtent trop cher.
05 février 2009
Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht plébiscités en masse
Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht plébiscités en masse
Plusieurs
dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dimanche à
Berlin pour un hommage à Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, figures
historiques du socialisme allemand assassinés il y a 90 ans.
Quelque 23 000 personnes selon la police - 80 000 selon les organisateurs - s’étaient réunis dans le cimetière de Friedrichsfelde, où sont inhumés les deux dirigeants tués le 15 janvier 1919 au cours de la révolte spartakiste à Berlin. De nombreuses personnalités de gauche, dont des dirigeants du parti Die Linke, ont participé à un dépôt de gerbe.
L’assassinat de Rosa
Luxemburg et Karl
Liebknecht, deux personnalités antimilitaristes, fut le point
culminant d’une «semaine sanglante» de répression entre le 6 et
13 janvier 1919. Cet événement s’inscrivait dans le cadre d’un
soulèvement de dizaines de milliers de soldats, marins et ouvriers,
qui avait commencé en novembre 1918 à la suite de la défaite
allemande.
La répression anti-révolutionnaire et ce double assassinat scellèrent la rupture entre sociaux-démocrates (SPD) et communistes. Deux semaines avant leur assassinat, Luxemburg et Liebknecht avaient fondé le Parti communiste d’Allemagne (KPD), le 1er janvier 1919.
extrait du site Solidarité ouvrière







