29 avril 2009
Dans le monde une classe en lutte avril 2009
LES DIFFERENTES FORMES D’IRRUPTION DE LA VIOLENCE DE CLASSE DANS LE MONDE
Toute forme de refus, même non violente est en elle-même une violence contre le système, une transgression des règles dont le système nécessite l’observance pour son fonctionnement. Occupations d’usines, séquestrations de dirigeants, manifestations de rue peu orthodoxes se répètent depuis des mois. Le pouvoir politique a une double attitude dans la répression. D’une part, ces actions ouvrières n’entraînent pas jusqu’à présent de répression violente, manifestement pour éviter une riposte ouvrière particulière ou collective de solidarité sur le site concerné ; les gouvernants peuvent également penser que les syndicats peuvent jouer leur rôle de contrôle social. D’autre part, par crainte d’actions directes, soit dans leurs déplacements individuels, soit dans leurs concertations collectives, les gouvernants s’entourent de protections policières hors de toute proportion avec ce qui se faisait habituellement. Sur ce plan, il y a des précédents anciens et/ou récents dont nous parlons ci-après et ces « précautions » ne sont peut-être pas si surfaites que cela. Pour le moment, les luttes ne mettent pas en cause le système lui-même, bien qu’indirectement elles le fassent en s’attaquant à la propriété et aux dirigeants de l’entreprise, symboles même des bases du système. Pour le moment aussi, les revendications ne concernent pas les fermetures ou les licenciements (les travailleurs impliqués semblent bien conscients qu’une reprise d’activité sous une forme quelconque dans le contexte mondial est quelque chose d’impossible) mais concernent les indemnités, soit pour le respect des obligations financières légales, soit pour davantage que celles-ci .Il n’est pas possible, dans la situation actuelle des luttes de dire comment elle peuvent se généraliser et de qu’elles innoveront par rapport aux luttes antérieures
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Dans le monde une classe en lutte avril 2009
27 avril 2009
Karl Marx sur les crises, le capital argent et le capital réel
Sur la crise : extrait du T.III du Capital chapitre XXXII Capital argent et capital réel 3éme partie. ( Voir aussi pages 542-544 ed. Moscou )
Dans
les périodes de crise, la demande de capital empruntable est une
demande de moyens de paiement et non une demande de moyens d'achat.
L'intérêt peut donc atteindre un taux très élevé, que le capital
effectif - capital productif ou capital-marchandise - soit abondant
ou rare. La demande de moyens de paiement exprime simplement le désir
de convertir en argent, lorsque les négociants et les
industriels offrent de bonnes garanties ; elle est une demande de
capital-argent, lorsque l'avance de moyens de paiement ne doit
pas seulement fournir la forme argent, mais aussi l'équivalent
(sous n'importe quelle forme) nécessaire pour payer.
C'est sur ce point que les. deux explications vulgaires des crises
ont toutes les deux tort et raison. Ceux qui disent qu'il y a
uniquement pénurie de moyens de paiement, ou bien ne considèrent de
bonne foi que les industriels et les commerçants offrant de bonnes
garanties, ou bien sont des fous, s'ils se figurent qu'il est du
devoir et du pouvoir d'un banque de transformer, au moyen de ses
bouts de papier, des banqueroutiers véreux en capitalistes honnêtes
et solvables. Au contraire, ceux qui soutiennent qu'il. y a
uniquement manque de capital, ou bien jouent sur les mots, car dans
des moments pareils, le capital inconvertible existe en masse
tant par l'excès d'importation que par la surproduction, ou bien ne
pensent qu'à ces chevaliers du crédit qui dans ces périodes voient
le bon public cesser de leur fournir des capitaux pour continuer
leurs aventures et s'adressent sérieusement aux banques, non
seulement pour qu'elles les aident à restituer les capitaux qu'ils
ont engloutis, mais leur fournissent les moyens de continuer leurs
tripotages.
La production capitaliste exige qu'à la marchandise soit opposé l'argent, forme autonome de la valeur, c'est-à-dire que la valeur d'échange ait dans l'argent une forme autonome. Pour cela il est indispensable qu'une marchandise donnée soit la commune mesure de toutes les autres, la marchandise par excellence pouvant leur être opposée à toutes. Il doit en être ainsi pour deux raisons, surtout dans les nations où le développement du capitalisme a pour effet de substituer en grande partie à l'argent les opérations et la monnaie de crédit. D'abord, parce que dans les périodes de dépression, lorsque le crédit s'obtient difficilement et même ne s'obtient pas, l'argent devient brusquement le seul moyen de paiement, la seule valeur à opposer à la marchandise; d'où l'impossibilité de convertir celle-ci en argent et d'où par conséquent sa dépréciation. Ensuite, parce que la monnaie de crédit n'est de la monnaie que pour autant qu'elle soit substituée à de l'argent réel pour toute l’importance de sa valeur nominale. Or lorsqu'il y a drainage de l'or, la convertibilité de la monnaie de papier devient problématique, d'où des mesures de rigueur, hausse du taux de l'intérêt, etc., pour assurer cette convertibilité. Bien que ces mesures puissent être plus ou moins exagérées sous l'action de lois inspirées par des théories fausses sur la monnaie ou par l'intérêt des commerçants d'argent, comme les Overstone et autres, elles sont cependant en connexion directe avec le mode de production pour lequel elles sont appliquées. Une dépréciation de la monnaie de crédit - nous ne parlons pas d'une démonétisation qui, d'ailleurs, ne pourrait être qu'imaginaire) ébranlerait tous les rapports existants ; aussi, préfère-t-on sacrifier la valeur des marchandises et perdre plusieurs millions de ce côté pour sauver deux millions d'argent. Des faits pareils, qui sont inévitables dans la production capitaliste et en forment une des beautés, ne se présentent pas dans les modes antérieurs de production, dont la base étroite ne permet le développement ni du crédit, ni de la monnaie de crédit. Les crises monétaires, indépendantes des crises réelles ou aggravant ces dernières, sont inévitables dès l'instant où le caractère social du travail fait de la marchandise une monnaie, un objet en dehors de la production effective. D'autre part, il est certain que la banque, tant que son crédit n'est pas ébranlé, calme la panique en élargissant sa circulation fiduciaire et l'accentue en la réduisant. L'histoire de l'industrie moderne montre à chaque page que si la production nationale était organisée, la monnaie métallique ne serait nécessaire que pour solder les différences du commerce international. Ce qui établit a l'évidence que la monnaie métallique n'est nullement nécessaire pour les transactions intérieures, c'est le cours forcé auquel ont recours les banques nationales, comme seule ressource, dans les cas extrêmes.
20 avril 2009
Sony à Pontonx-sur-l'Adour, 3M , Caterpillar, Scapa , Faurecia FM Logistic de Woippy:La vague des séquestrations se poursuit
Infobref le 20 avril 2009
N°256
Il n' y a de justice, que pour la classe capitaliste, l' égalité qu'elle défend c'est celle « qui interdit aux riches comme aux pauvres de coucher sous les ponts » ( Anatole. France) celle qui interdit les séquestrations, mais séquestre dans plus de 224 camps de rétention de l' UE réfugiés et immigrés cherchant un travail . Le Premier ministre François Fillon à Chaumont, en Haute-Marne a qualifié de "sabotage" les séquestrations de dirigeants d'entreprises et les coupures sauvages de courant, coupures qu'ils soutient par ailleurs quand il s' agit de procéder aux expulsions urbaines.
"Je pense à la séquestration de certains dirigeants d'entreprises, je pense aux coupures de courant sauvages qui ont eu lieu ces derniers jours : c'est du sabotage, ça n'est pas la grève, ça n'est pas de l'action sociale", a-t-il dit. "Tout cela est extraordinairement dangereux." (Fillon)
La vague des séquestrations se poursuit.
La liste des dirigeants d'entreprise séquestrés (en fait le plus souvent retenus pour négocier) par des salariés qui perdent leur emploi s'allonge semaine après semaine. Après Sony à Pontonx-sur-l'Adour, 3M à Pithiviers, Caterpillar à Grenoble, Scapa dans l'Ain, Faurecia dans l'Essonne, le site FM Logistic de Woippy a été touché à son tour. Les salariés du centre logistique séquestrent des membres de la direction du site où 475 emplois doivent être supprimés après la perte d'un contrat avec Hewlett-Packard.1
résumons les faits.
Fin janvier 2009 – Fulmen, batteries de voitures et de camions, usine du trust Exide Technologies, doit être fermée: les travailleurs en grève contraignent le patron à manifester avec eux dans les rues d' Auxerre (Yonne) revêtu d' un tee-shirt portant le nombre de travailleurs licenciés. En février 2009, 40 ouvriers de l'équipementier Brocard et Roux (BRS) bloquent les camions de déménagement, et séquestrent le patron anglais qualifié par la presse de patron voyou. L'équipementier voulait se délocaliser clandestinement en Slovaquie. Le tribunal va le contraindre à rapatrier tout le matériel transféré.
En mars, c'est au tour des travailleurs de Pontonx-sur-l'Adour (Landes) : usine Sony ( électronique), de prendre le relais des séquestrations contre la fermeture de l' usine pour obtenir plus d' indemnité de licenciement2. Puis ceux de l' Usine pharmaceutique 3M à Pithiviers (Loiret) vont faire de même. Le trust veut supprimer 110 emplois sur 235.
La grève illimitée a débuté le 20 mars pour une meilleure indemnisation et pour des garanties d'emploi. Le directeur est séquestré le 24 et libéré le 25 à minuit avec l'ouverture de pourparlers. Reprise du travail le 2 avril après un vote à 80 % pour un accord comportant le report des licenciements à novembre 2010, une prime plancher de départ de 30 000 euros, une prime de transfert de 5 000 à 7000 euros et des garanties d'emploi de quinze mois pour les licenciés.
Fin mars , c' est le constructeur américain d'engins de chantier Caterpillar, qui avait précédemment annoncé 25.000 réductions d'effectifs dans le monde, qui passe aux actes. Les usines Caterpillar de Grenoble et d'Echirolles (banlieue de Grenoble) frappées par 733 licenciements sur 2800 sont occupées et 4 directeurs séquestrés mais libérés le 1er avril. Depuis après la valse des huissiers, qui comme des vautours suivent chaque grève pour les juridicialiser, c' est à dire appliquer le droit de grève pour briser la grève; comme vient de le faire le tribunal de grande instance de Grenoble. Celui-ci a ordonné aux 19 salariés de Caterpillar, assignés pour occupation illicite et entrave à la liberté de travailler, de laisser libre accès aux usines de Grenoble et Echirolles, dans l'Isère, sous peine de payer 200 euros chacun par jour.
30/3/2009- FCI Microcommunications (cartes à puce, firme passée de fonds de pension en Areva et autres mains). Usine de Mantes-la-Jolie (Yvelines, banlieue ouest de Paris) fermée pour délocalisation à Singapour . 400 travailleurs sont en grève avec occupation jour et nuit depuis cinq semaines pour une meilleure indemnisation. 2 directeurs séquestrés pendant quatre heures doivent être délivrés par les flics. Malgré un jugement d'expulsion, l'occupation est maintenue.
La grande distribution en première ligne
Les salariés de la grande distribution, sont comme les équipementiers automobiles en première ligne sur le front de la crise. La Camif , le N° 3 français de la vente à distance jette l' éponge et annonce en novembre 2008 la suppression de 946 emplois. La Redoute (PPR) va suivre , 672 emplois d' ici a 4 ans, les 3 Suisses 674 emplois soit 20% des effectifs...Fin mars 2009- A la sortie d'un comité d'entreprise européen du groupe PPR (Printemps Pinault Redoute, grands magasins et industrie du luxe, plus de 141 % de bénéfices en 2008) le «patron» Pinault ( ami de Sarkozy) est bloqué dans un taxi par un barrage de poubelles et 100 travailleurs du groupe, rue de Javel dans le 15e arrondissement de Paris et copieusement injurié. Il sera délivré par les flics au bout d'une heure. En jeu la suppression de 1 800 postes dans ses filiales La Redoute, Conforama et la Fnac. Soit un plan d’économies de 35 millions d’euros en trois ans, touchant 400 postes en France, soit 3,4% des effectifs, dont 200 à Paris, 50 au siège et 150 en province.
Les travailleurs de Continental, fer de lance de l' action solidaire
Au début de l'année, le trust du pneumatique annonce qu'il va fermer deux usines européennes, celle de Hanovre et celle de Clairoix (1120 ravailleurs) à la date limite du 31 mars 2010, les premiers licenciements débutant en octobre 2009. Cette usine se met en grève et la colère éclate lorsque les ouvriers font au directeur une haie d'honneur sous une pluie d'œufs et de godasses; il reçoit même un coup de bâton sur le crâne3. L' exemple des prolétaires de Continental, qui ont choisi de manifester devant les autres usines pour attirer d' autres travailleurs dans la grève, est à ce titre exemplaire et fut un succès 10 000 dans les rue de Compiègne, du jamais vu. Le 25 mars, alors que les représentants syndicaux sont reçus à l'Elysée, les travailleurs, épaulés par d'autres de la région parisienne tentent de gagner l’Elysée mais, bloqués par les flics place Saint-Augustin, ils érigent un barrage de pneus enflammés.
Un comité central d’entreprise qui devait se tenir près de l’usine a été «délocalisé» à Nice pour fuir loin de l’action ouvrière. L’occupation de l’usine et différentes manifestations dont celle de Paris qui a vu pour la première fois une grande avenue de la capitale barrée par une barricade de pneus en flammes. Cela fait longtemps qu’une manifestation de travailleurs dans la capitale réussit à bloquer une grande avenue.
Dans le même temps, Continental embauche en Roumanie et envisage de délocaliser en Chine. Le niveau de la combativité ouvrière peut être donné par ce propos d’un ouvrier de Clairoix:«nous faut des sous pour payer un train pour aller jusqu’à Hanovre ( le 23 avril au CE du groupe), mais ça peut aussi nous servir pour acheter des kalachnikov, des bazookas, des tanks…» Il y a une forte volonté pour tenter d’ouvrir le conflit vers l’extérieur, non seulement vers les usines du coin mais aussi vers des sites placés dans la même situation comme les aciéries de Gandrange. Pour le moment, le mouvement semble stagner, pris dans des problèmes juridiques. Les difficultés du groupe Continental ne sont pas tant dues à la crise qu’à une reprise hasardeuse par un autre trust allemand: Schaeffer, un petit qui, tentant d’absorber un gros, ne peut faire face aux remboursements des crédits bancaires ayant permis cette opération.
Dans le pas de Calais , l’équipementier automobile Faurecia a confirmé sa fermeture, en août 2010. Des le lendemain de l' annonce, c'est à dire le 6 mars la grève s'est installée dans cette usine qui fabrique des équipements pour Toyota, entraînant le blocage de la production : Toyota à l'usine d'Onnaing Renault sur le site de Maubeuge (actuellement en grève contre le chômage partiel les travailleurs revendiquent son paiement à 100%) et Volvo sur celui de Gand (Belgique).
1-La séquestration est maintenant levée
2-la participation de Sony au déménagement reste à 3 500 euros). Un versement de un mois de salaire par année d'ancienneté et une somme fixe de 10 000 euros par personne est octroyé. Un montant que proposait Sony le 10 mars dernier et qui n'a pas été réévalué. Quid des projets de reprise du site ? Là-dessus, les salariés n'ont rien obtenu. Aucune information ne leur a été donnée. Le 17 avril prochain, l'usine cessera son activité.
3-A l'automne 2007, les travailleurs du trust Continental de Clairoix (Oise) et de Sarreguemines avaient accepté, sous les chantage à la fermeture, l'abandon des 35 heures et le passage aux 40 heures
10 avril 2009
Rétention, séquestration,internement...Qui séquestre qui !!!
Les propriétaires et responsables de sociétés anonymes, se plaignent qu' on les « séquestres », eux qui par l' esclavage salarié et l' exploitation séquestrent depuis des lustres la majorité de la population mondiale.Non seulement ils la séquestrent , mais aussi la parque par milliers dans des camps à déclinaison multiple, camp de rétention , camp d'internement, camp de travail , zone d' économique spéciale ZES1, prisons ...
Mais dans la société de classe, le jugement sur le monde est toujours celui de la classe dirigeante, et de ses lois, et les rétentions / séquestrations sont autorisées et encouragée jusqu ' au plus haut niveau. Dans l'Union européenne on dénombre 224 camp de ce type.
Actuellement , la presse aux ordres, reprend le discours de Madame Medef et de Monsieur Sarkosy sur la « liberté » et les choquantes séquestrations ( disons retenues) de quelques responsables pour en général négocier quelques tunes en échange de licenciement.
On ne pense même plus à l' autogestion , la mondialisation ayant annihilé tous les espoirs de pouvoir faire tourner l'entreprise pour soi.2
Dans les médias on commence à faire le bilan :
13 mars séquestration des dirigeants de France Sony
23 mars des patrons des 3M à Pithivier
31 mars rétention de quelques heures de François-Henri-Pinault à la FNAC.
1er avril – 5 cadres de Caterpillar sont retenus à Grenoble
8 avril- les dirigeants britanniques de Scapa sont en rétention sur le site de l' Ain.
Des faits relativement mineurs comparés aux rétentions de prolétaires, organisés dans l' hexagone depuis les années 1970. Selon nos sources les premières rétentions de prolétaires furent clandestines. On procéda à des parquages dans des hangars , comme dans le camp d' Arenc du port de Marseille .
Ensuite , les mesures
légales visant à renforcer la séquestration/ rétention de
prolétaires immigrés vont se multiplier ( Loi Bonnet / Stoléru
1980) malgré les manifestations massives.
Ensuite, de Chevénement ( et oui) à Hortefeux on alla juqu' au sommet en construisant le « camp de Sangatte » et depuis c'est 32 camps de ce type en France avec barbelé, miradors et garnisons qui séquestrent des milliers d'immigrés.
Il est un fait maintenant incontournable, que la crise vient de promouvoir le retour de la classe des prolétaires sur le devant de la scène. Partout dans le monde la pression augmente au fil des licenciements; ceux ci contraignant la classe prolétaire à renouer avec des combats plus frontaux.
Finies les manifs carnaval , ballons, sono, merguez, et fumigène, organisées par les syndicats. L' heure est grave, et pour les prolos virés aujourd hui peu importe qu' en 2010, 2011,2012 l' économie mondiale sorte de la crise, ils en sont les victimes immédiates dans leur chair, alors plus d' illusion c'est le dos au mur qu'ils doivent lutter. Alors messieurs les bourgeois, ils vous retiennent un peu , une nuit, quelques heures et vous sentez déjà votre ordre s'écrouler. Mais votre classe , n'a aucun ressentiment à nous retenir toute une vie jusqu' à 70 ans ( l' espoir de Sarkosy)ou à nous « libérer du travail » quand les profits chutent.
Au moment ou nous terminons, cet article, des « coupures sauvages » d' électricité et de gaz ont lieu en France , notamment à Arras et Boulogne-sur-mer dans le nord, et dans d'autres départements.
Le 10 avril 2009
1-Selon les estimations de la Banque mondiale, il existe en 2007 plus de 3 000 ZES déjà créées ou en projet, et ce dans 120 pays.
2-Se souvenir le l' affaire Lip , ou des travailleurs seront contraints au final de licencier leurs propres potes de combat, pour survivre et finalement périr.
02 avril 2009
Derrière le 60 e anniversaire de l’OTAN
Le complexe
militaro industrieleuropéano-américain veut s'ouvrir
des marchés par la guerre
Le soixantième anniversaire de l’OTAN – Organisation du traité de l’Atlantique NORD – nous donne l’occasion de passer en revue le positionnement de l’ennemi de classe « la communauté internationale du capital » et l’arsenal de guerre du camp occidental. On fait beaucoup de tapage sur le « retour » de la France dans l’OTAN, célébré lors du sommet de l’organisation à Strasbourg les 3 et 4 avril. Or la France n’a jamais quitté l’OTAN, dont elle était en 1949 un des membres fondateurs, et dont elle est encore aujourd’hui un des principaux contributeurs (1 ). De Gaulle, en 1966, a décidé de quitter le « commandement intégré » de l’OTAN, ce qui entraîna le départ du territoire français de toutes forces militaires des pays de l’OTAN, et notamment la fermeture des bases américaines ; il poursuivait ainsi son rêve d’indépendance et préservait l’autonomie de la force de frappe nucléaire alors en construction (2). Son « retour » – avec des guillemets, puisqu’il n’y a jamas eu rupture (3) dans l’OTAN, semble être tactique et aussi budgétaire, de même que celui du Royaume-Uni ; ces deux Etats se sont mis d’accord à Saint-Malo en 1998 (4) uniquement pour booster « la défense européenne » et s’ouvrir des marchés, tout en cherchant à faire contribuer à cet effort de guerre les autres pays européens qui aujourd’hui renâclent d’autant plus que la crise ronge leurs finances. Quant aux nouveaux membres de l’Union européenne, ils sont plus enclins à s’aligner sur l’Oncle Sam.
Même si en apparence, la France et le Royaume-Uni ont obtenu de l’OTAN, suite au sommet de Prague (novembre 2002), le label de « nation Cadre NRF (Nato Response Force) » (5) Il n’en reste pas moins que l’objectif des Etats-Unis est l’intégration de l’UE dans l’OTAN, pour faire de l’OTAN un instrument de sa domination mondiale, dans le cadre du concept de RMA (Revolution in Military Affairs, Révolution dans les affaires militaires) élaboré par les Américains au lendemain de la chute du Mur et réaffirmé par les faucons du Pentagone après la guerre du Golfe en 1991.
Les Etats-Unis ont le projet de faire aboutir cette révolution à l’horizon 2020, sur une objective force à dominante technologique dont le financement serait assumé par les membres de l’OTAN.
La tournée du président des Etats-Unis Barack Obama au sommet du G-20 à Londres le 2 avril, puis à celui du 60e anniversaire de l'OTAN les 3 et 4 avril à Strasbourg et à Kehl (Allemagne), ainsi qu’au sommet Etats-Unis/UE le 5 avril à Prague, visera cet objectif et d’autres.
Sans reprendre tout l’historique visant à l’instauration d’une « défense européenne » (voir notre article « A propos d’une communauté européenne de défense », Echanges n° 108, printemps 2004) nous partirons du sommet de Saint-Malo du 4 décembre 1998 pour en exposer l’évolution récente. Quelque temps après ce sommet, Tony Blair se dira favorable à une armée européenne ; Madeleine Albright, alors Secrétaire d’Etat, rétorquera : « Nous ne voulons pas que l’identité européenne de défense sape la vitalité de l’OTAN. » La mise en garde est sans ambiguïté. En y regardant de plus près, le sommet de Saint-Malo ressemblait plus à un rapprochement pour cause budgétaire, le Royaume-Uni pas plus que la France n’étant capable seul de relever le défi technologique des Etats-Unis.
Ils devront se résigner et procéder à des coupes claires dans leurs divers programmes.
Dès 1994, l’Etat français va limiter ses dépenses d’armement, en se fixant pour objectif une baisse de 30 % des coûts des programmes sur la durée de la programmation, c’est-à-dire cinq ans. Ensuite les coupes claires, les interruptions et suppressions de programmes se sont succédé. La loi de programmation (1997-2002) allait réduire ses « cibles » sur 31 programmes et procéder à un étalement sur 20 autres. Depuis, le gouvernement Fillon veut la suppression de quelque 54 000 postes au ministère de la Défense et des forces armées sur six ou sept ans, afin de libérer les finances nécessaires à la modernisation du matériel militaire lourd. Au Royaume-Uni, le gouvernement Major a lui aussi procédé à une baisse de 30 % du budget des armées.
L’Etat français n’a plus la capacité de procéder à un développement industriel de ses prototypes à hautes technologies. Il est réduit, pour conserver les compétences de ses techniciens, à attendre l’européanisation militaire industrielle, qui se fait attendre. Cette politique dite « prototypaire » ne peut se prolonger très longtemps. Une fraction de la bourgeoisie française se rend compte qu'elle n'a pas les moyens de rivaliser durablement avec les Etats-Unis dans la course aux armements sans le soutien financier des autres pays de l’UE.
La politique de la France va alors louvoyer. En 1992, avec François MITTERRAND, des officiers ont recommencé à assister au comité militaire dans le cadre des opérations en Bosnie. Avec Jacques CHIRAC, la France a réinséré des militaires français dans la structure intégrée en 2004 trois états-majors à Lille, Lyon et Toulon, sont certifiés pour les opérations alliées et sur le terrain, des troupes françaises sont engagées avec l’OTAN en Afghanistan et au Kosovo (6).Signalons que même en 1966 les forces armées françaises veillaient à toujours être en interopérabilité avec l’OTAN)
En échange de cette participation, la France de Chirac espérait obtenir le commandement sud de l’OTAN (celui qui couvre la zone des Balkans). Mais les Etats-Unis n’étaient pas enclins à satisfaire la demande française, dont ils percevaient l’ambition, celle d’une Europe militaire indépendante.
En décembre 1995, la France fait un pas de plus vers l’OTAN et siège de nouveau au Conseil des ministres et au comité militaire de l’OTAN. Depuis le sommet de Saint-Malo, l’UE n’a cessé de renforcer et développer des structures communautaires (7) menant vers une force militaire unique et intégrée, capable d'intervenir sans hésitation tant à l’extérieure, que pour le maintien de l'ordre intérieur et même dans des contrées lointaines , le théâtre des opérations de l’UE ne devant plus se cantonner à la défense des frontières de l’Union. Mais sortir d'une défense régionale pour se lancer avec les Américains et dans le cadre de l’OTAN dans des opérations visant la domination mondiale.
Mais quoi que puisse faire l’UE, elle reste un nain militaire par rapport aux Etats-unis. Il suffit pour s'en convaincre de comparer les budgets militaires : 649,9 milliards de dollars pour les Etats-Unis, contre 59,2 pour le Royaume-Uni et 53,1 pour la France – ou, si l'on préfère : l’UE consacre 1,9 % de son PIB à la « défense » et les Etats-Unis 3,4 %.
En décembre 2003, le Conseil européen va s'aligner sur le discours étasunien en adoptant une stratégie européenne contre le terrorisme et les armes de destruction massives. Cet alignement va donner l’occasion à l’UE d'intervenir militairement dans plus de 19 opérations civiles et militaires sur quatre continents, menées par EUFOR (Europeen Union Force), notamment l’opération Althéa8 en Bosnie-Herzégovine pour remplacer l’OTAN puis, en janvier 2008, intervention au Tchad et en République du Congo.
Cette intervention est la plus importante de l’UE : plus de 3 300 soldats pour venir en aide aux humanitaires, en réalité aux autorités du Tchad et de la République démocratique du Congo, dont le pouvoir est menacé. L’opération multinationale du nom de Minurcat (Mission des Nations Unies en République Centrafricaine et au Tchad) fut commandée à partir d’un état-major situé au
Mont Valérien (Paris), relayé sur place au Tchad par un général de brigade français. L’originalité des structures paramilitaire de l’UE consiste à toujours associer les descentes militaires à une aide aux populations, afin de légitimer au nom des droits de l’homme l'intervention impérialiste. Tout ceci se fait sous le couvert de missions « état de droit » dite Eulex -Kosovo, dans le cadre de la Minuk (9). Une mission du même type sera mise en place le 21 février 2005 par le Conseil de l’UE, sous le nom d’Eujust Lex (« mission intégrée Etat de droit ») pour l’Irak.
La crise économique et financière contraint aujourd’hui le camp occidental à resserrer les rangs, et dans le contexte actuel, certains membres du lobby militaro-industriel français n'ont pas digéré la participation de plusieurs pays européens au programme aéronautique américains du JSF, ou au programme naval du LCS, au détriment de l’industrie militaire de l’UE : une affaire de 4 milliards de dollars,et une véritable nique à l’Agence européenne de défense qui doit favoriser le marché européen des équipements de défense compétitif et de mettre en œuvre des politiques visant à renforcer la base industrielle et technologique de défense (BITD).
De plus, sur tous les grands dossiers, l’UE est brinquebalante. Le Royaume-Uni s'aligne sur Washington, la Pologne aussi. D’autres comme l’Espagne ou l’Italie ménagent la chèvre et le chou. Quant aux Etats-Unis, ils ne sont plus eux non plus en mesure de poursuivre seuls leur projet de RMA. Il leur faut la contribution financière des Européens, quitte à passer des alliances avec les producteurs d’armements de l’UE (type Raythéon).
Comme dans tous les autres secteurs, l’industrie d'armement en temps de paix ou de petites guerres localisées est en surproduction, ce qui avive la concurrence du secteur militaro-industriel et des monstres vont devoir tomber. Côté américain, quatre géants se partagent le secteur aérospatial (Lockheed Martin, Northrop Grumman, Raythéon et Boeing), et côté ouest-européen, trois (Bae Systems, EADS et Thales). Le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN dépendra au final du mode de répartition des commandes et profit des complexes militaro-industriels. Nicolas Sarkozy en la matière soutiendra Dassault et EADS. Il est même question que, dans la corbeille des retrouvailles, l’armée française trouve la direction d'un des deux commandement stratégique de l’OTAN, le « Commandement allié transformation » (ACT), basé à Norfolk, en Virginie, et chargé de piloter la réforme de l’Otan. Et, en prime, qu’un général français prenne la tête du commandement régional de Lisbonne, où se trouve le QG de la force de réaction rapide de l’Alliance (10).
En conclusion
Les Etats-Unis, nous l’avons vu lors de la Guerre d’Irak (mars 2003), prétendaient pouvoir régenter seuls le monde. Ils sont allègrement passés au-dessus de l’ONU pour déclencher la guerre (11) . Aujourd’hui ils veulent intégrer l’UE (leur principal concurrent économique) dans une sorte d’ONU armée, visant à marginaliser complètement les Nations-Unies. Pour les Etats-Unis, les puissances ennemies sont toutes désignées (Chine, Russie, Iran , Corée du Nord ...) et c’est contre ce bloc potentiel que l’OTAN doit fourbir ses armes, se préparer au « choc des civilisations » c’est-à-dire à la montée de puissances économiques pouvant maintenant défier l’Occident (12). Telles sont, en dernière analyse, les raisons qui poussent les Etats-Unis à resserrer les rangs avec l’UE (qui cherchait à rester en dehors d’un tel conflit, pour ensuite, après la guerre, se présenter comme bloc reconstructeur).
Mais les Etats-Unis sont bien décidés à empêcher l’UE de jouer le rôle de Vénus, alors qu’eux-mêmes continueraient seuls à assumer celui de Mars (dieu de la guerre). Le mariage entre Mars (les Américains) et Vénus (les Européens) mis sur les bans par le politologue néo-conservateur Robert Kagan (13) devrait donner naissance à un petit monstre visant la domination mondiale.
G. Bad
18 mars 2009
1() « La France est le quatrième contributeur financier de l’Alliance avec des troupes qui comptent pour 7% des effectifs engagés dans les opérations. Ce sont près de 4 650 soldats qui agissent sous la bannière de l’OTAN », lit-on dans le n° 94 (12 mars 2009) de Clés Actu, une publication officielle du porte-parole du gouvernement (www.porte-parole.gouv.fr/wp-content/uploads/2009/03/94-cles-actu-la-france-dans-lotan.pdf)
2( ) « Dès à présent, bien que l’Alliance Atlantique demeure telle que nous l’avons conclue en 1949, il ne subsiste pour nous aucune subordination ni actuelle, ni éventuelle de nos forces à une autorité étrangère (…) L’accession de la France à la puissance atomique et son accession à son indépendance en matière de Défense sont pour elle désormais une garantie essentielle et sans précédent de sa sécurité propre », conférence de presse du 28 octobre 1966.
3( ) « Il s'agit là, non point du tout d'une rupture, mais d'une nécessaire adaptation » (conférence de presse du 21 février 1966).
4( ) En décembre 1998 l'occasion d'un sommet tenu à Saint-Malo, la France et le Royaume-Uni font une déclaration commune affirmant la détermination de l'UE à établir une politique européenne de sécurité et de défense.
5() Depuis le 1er juillet 2005, l’armée de l’air française a le privilège (pour 6 mois) d’être l’un des principaux contributeur , avec les britanniques de « Nato Response Force « (NRF)
6() Clés Actu, document cité note 1.
7() Notamment : Le comité politique et de sécurité,le Comité militaire de l’UE, le haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) , l’agence européenne de défense (AED), plus des organisations visant à faire face à la guerre de classe.
8() Le 2 décembre 2004 a marqué la fin de l'existence de la "Stabilization Force" en Bosnie-Herzégovine (SFOR), déployée en vertu de l'annexe 11 des accords de Dayton-Paris (1995). Dans la continuité de la SFOR, l'Union Européenne conduit à présent l'opération Althéa, commandée par le major général (UK) Leaky. Cette opération se compose d'environ 7000 militaires sur le théâtre, répartis entre un état-major et trois "Task Forces" d'environ 1800 militaires. 2830 militaires allemands, italiens et britanniques sont dédiés au titre de la réserve opérationnelle à partir de leur territoire. Des moyens planifiés, en liaison avec le commandement air de l'OTAN et six pays membres de l'UE sont dédiés à Althéa.
9() La MINUK correspond à l’autorité administrative de l'ONU qui a pour but d'administrer le territoire et la population du Kosovo, tous les pouvoirs législatifs et exécutifs, ainsi que les pouvoirs judiciaires. Son but est de faciliter l'instauration au Kosovo d'une autonomie et d'une auto administration. Elle doit aussi veiller au bon déroulement du retour et à la sécurité des populations réfugiées dans les pays limitrophes durant la guerre.
10() Ce qui explique tout le cinéma – menace de boycotter la réunion – que Sarkozy a fait pour figurer sur la photo de famille au côté du secrétaire général de l’Otan Jaap de Hoop Scheffer. Cette demande a été satisfaite par les dirigeants de l’Otan : à l’ouverture du sommet de Strasbourg M. Sarkozy devait prendre place à droite du chef de l’Alliance et la chancelière allemande Angela Merkel être assise à sa gauche. Après la photo de famille, les participants à la réunion devaient être installés autour de la table par ordre alphabétique.
11() Comme la France, la Russie et la Chine entendaient utiliser leur droit de veto pour empêcher une approbation à l'ONU de la guerre contre l'Irak que voulaient les États-Unis et le Royaume-Uni. Ceux ci décidèrent, sans l'aval de l'ONU, d'attaquer l'Irak en mars 2003.
Cette guerre fut qualifiée de guerre « illégale » par les secrétaires généraux des Nations-Unies .
12() Pour alimenter ce danger, on cite souvent Sergueï Lavrov, ministre russe des affaires étrangères : « Pour la première fois depuis longtemps, un environnement concurrentiel existe sur le marché des idées entre différents systèmes de valeurs et modèles de développement. La bonne nouvelle du point de vue russe, c’est que l’Occident est en train de perdre son monopole sur le processus de mondialisation. »
13( ) Robert Kagan, La Puissance et la Faiblesse, éd. Hachette, « Pluriel », 2006.






