SPARTACUS

Information sur le mouvement des conseils ouvriers de la gauche germano-Hollandaise, ainsi que sur la lutte de classe dans le monde. voir en complément le site MONDIALISME. Pour correspondre:

07 mai 2009

Secteur automobile: accroissement de la concurrence et du chômage technique.

 

logos_jauneInfobref N°257  le 7 mai 2009


Bien avant que n'éclate la crise financière, la bulle du capital fictif, la restructuration du secteur automobile était programmée. Des la fin des années 1990 on pouvait déjà en pressentir le mouvement quand GM et Ford commencèrent respectivement à de filialiser Delphi et Vistéon pour mieux les démanteler ensuite. La restructuration à grande échelle se manifestera au Mexique, avec le rapatriement des pièces détachées, facilité par les accords ALENA. La crise des Big3 (GM, Ford  et Chrysler) montre la fin d’un cycle économique basé sur un marché intérieur protégé jusqu’au début des années 1990. Général Motors est en train de se purger en se débarrassant de la moitié de ses usines et de la moitié de ses effectifs en moins de 5 ans !  Il parait peu probable qu’il disparaisse quitte à s’allier avec Ford si besoin pour se lancer à son tour dans les véhicules propres ! Quant aux équipementiers, ils réduisent tous  la voilure sur le dos du salariat  (voir la grève de 87 jours de AXLE Echanges N°125).

Aux dernières nouvelles, l'industrie automobile américaine serait quasiment nationalisée, Général Motors se retrouverait avec un contrôle du capital de 89% par l’Etat fédéral, et le syndicat UAW qui gère l’assurance maladie des retraités. Pour Chrysler, le syndicat UAW, prendrait 55% du capital, si alliance avec Fiat qui détiendrait alors 35% du capital. Autant dire que Fiat prendrait le contrôle de Chrysler. Le statut du syndicat UAW reste encore à définir chez GM et Chrysler. Ils n’ont pour l‘instant décroché qu’un vague strapontin au conseil d’administration. L’UAW sert plus de caution politique au système mis en place et ne peut prétendre à un  rôle de dirigeant sur les décisions stratégiques.

clefEn Europe occidentale, c'est la concurrence des ouvriers de l’ouest avec ceux de l’est, qui provoquera  une première vague de délocalisation vers les pays de l’est vers la fin des années 1990.

PSA en Slovaquie et Renault via la Roumanie pour la Logan ou la Slovénie pour la Twingo, de même pour les autres constructeurs européens. A signaler, l’importante grève (en 2008) chez Dacia Renault en Roumanie  ou 8000 salariés sur 13000 se mettent en grève illimitée, pour une augmentation de salaire de 50% à 70%, quand dans le même temps ceux d’AXLE aux états Unis luttent contre une chute de 50% de leur salaire.

Mais d’autres alliances se profilent déjà avec la prise de contrôle total de Wolkswagen par Porsche, BMW qui probablement finira par s’allier à PSA  voire Renault-Nissan  qui semble candidat à la reprise  d’une des marques de GM, Saturn.  C’est dire comment le paysage automobile est entrain de se redessiner. Pour le moment, les deux marques suédoises Volvo et Saab sont elles, menacées de disparaitre si elles ne trouvent pas de repreneurs.

En Allemagne  le sort d’Opel intéresse GM qui ne veut pas le céder en cherchant d’autres capitaux pour en partager les bénéfices. Fiat à l’ambition de reprendre et  cherche avec ce dernier la taille critique pour ne pas disparaître. Seul Ford ne cherche aucune aide fédérale pour le moment !

Enfin la Chine et l’Inde, dont certains comme  Cai Chongguo pensaient qu'ils étaient incapables de produire durablement des voitures par eux mêmes, doivent aujourd'hui se rendre à l’évidence qu'ils doivent maintenant compter avec de redoutables concurrents capables de produire des véhicules électriques où à zéro émission. La Chine ne veut pas louper le coche en se maintenant dans des technologies type moteur thermique dont le déclin est inexorable. Il faudra creuser cet aspect des choses tellement la question est compliquée du fait du tout électrique et les différentes solutions hybrides associant électrique et thermique essence ou diesel sans compter la solution hydrogène !

L’accompagnement social du chômage.

L’accompagnement, voilà un mot qui revient en boucle, c’est encore un euphémisme qui cherche  à arrondir les angles de la crise en déployant toute une série de passages obligés, visant à la réinsertion. Nous le voyons aujourd'hui, dés qu'une grève un peu sérieuse se déclenche, on essaye tout de suite de juridicialiser la grève, en passant les dits meneurs devant les tribunaux et pour intimider les autres grévistes  la présence d’huissiers. Tout cela pour que finalement le mouvement  gréviste finisse dans les dédales de multiples promesses de reclassement, via la formation et la sécurité sociale professionnelle de la très réformiste CGT.

Le choc de la crise, a visiblement bouleversé toutes les mesures d’accompagnement des restructurations mises en place au niveau de l’UE, et contraint cette dernière à des mesures plus radicales afin d’essayer de gérer la crise.

Dans l’industrie automobile européenne, c’est le chômage partiel qui est à l’ordre du jour. Pendant que les équipementiers sont petit à petit liquidés pour n’en garder qu’une poignée, les deux constructeurs Renault et PSA instituent le chômage partiel payé à 100%. Objectif : chloroformer les salariés dans le but reporter à la fin 2009 ou courant 2010 voire 2011 rien ne presse !!, les possibles ajustements des effectifs rendus nécessaires par la crise de surproduction du secteur qui lui, mettra des années à retrouver les chiffres de production d’avant la crise.

Mais, pourquoi mettre des travailleurs en chômage partiel si nous pouvons les prêter à d’autres entreprises qui ont besoin de main d'œuvre s’interrogent les managers. Voilà ce qui se développe  depuis quelque temps, souvent en dehors de la loi. Cela s'appelle la mise à disposition de personnel à une autre entreprise et nécessite un contrat de mise à disposition, en pratique pas respecté. Dans les faits, les employeurs qui pratiquent le prêt de personnel  se substituent aux boites d'intérim et entreprises de portage. C'est le journal le Monde du 4 avril 2009, qui a révélé cette nouvelle tendance « le prêt de salariés » qui cadre bien avec la tendance à la précarisation du salariat.

A suivre)

Voir aussi: Exacerbation de la concurrence dans le secteur automobile mondial

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Posté par spartacus1918 à 07:00 - InfoBref - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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