SPARTACUS

Information sur le mouvement des conseils ouvriers de la gauche germano-Hollandaise, ainsi que sur la lutte de classe dans le monde. voir en complément le site MONDIALISME. Pour correspondre:

26 mai 2009

Guerre de classe au Bangladesch et à Gijon en Espagne.


En cette fin du mois de mai 2009, les mouvements sociaux radicaux se sont multipliés alimentés par la crise de surproduction mondiale. Dans les pays de surexploitation des usines manufacturières les répliques ouvrières sont à la mesure non seulement du taux d' exploitation, mais aussi de l' inflation en moyenne de 20%. Elles sont directement violentes et « enragées » comme le dit la presse. Mais tout aussi enragées sont les forces de répression qui du nord au sud interviennent de plus en plus , contre le prolétariat cet ennemi intérieur du Capital.

Bangladesch_usines_en_feu_2009_jpgAu Bangladesh, la classe ouvrière de l' industrie textile est en révolte constante contre l' organisation patronale  (BGMEA). Depuis le 10 mai 2009, un mouvement quasi insurrectionnel est monté d'un cran, des dizaines d'usines seront de nouveau incendiées et détruites par les prolétaires.

Tout semble avoir débuté, quand un groupe d'ouvrier ( non payé depuis des mois) a exigé le paiement des salaires. Le lendemain ils auront la réponse, ils trouvent l' usine  fermée. Ils ne restait plus aux travailleurs qu' à manifester devant les autres usines et d' en appeler à la solidarité. A cause commune réplique commune, des milliers d' exploités vont les rejoindre et trouveront rapidement en face d'eux les agents de sécurité des usines, qu'ils vont affronter. Plus de, 20 000 prolétaires sont dans les rues, bon nombre d' entre eux commencent alors à incendier  les usines textile et de filature. Les principales autoroutes  sont bloquées par des véhicules en flamme. L' armée va alors intervenir transformant les rues en champ de bataille, mais aussi déclenchant dans tout le pays une solidarité active de classe. Les principales villes manufacturières du ays, sont aux prises avec des émeutes, la fédération patronale (BGMEA) exige plus de « sécurité » et menace même de fermer tous les sites de production. Certains patrons, décident malgré l' interdiction de BGMEA de revaloriser les salaires de 20 %, c' est à dire selon le taux d' inflation lui aussi de 20%.

Les syndicats officiels, complètement débordés, ont condamné ces “coups de folie”, ainsi que “la destruction insensée du matériel”.

Gijon, Espagne: Les travailleurs des chantiers navals affrontent les forces anti-émeute

naval_gijon4_6053a C' est l' annonce de la fermeture du site pour le 31 mai 2009 et le sort des préretraités1, qui vient de mettre le feu aux poudres. Depuis  plusieurs jours et notamment depuis la charge d' une manifestation le 17 mai par les forces anti -émeutes la tension ne cesse de monter. Une véritable guérilla avec les forces de l' ordre drivé par un hélicoptère qui survol le chantier va s' engager. Les prolétaires assiégés, vont riposter avec des cocktail molotov, des boulons, des frondes, des fusées... Même des grues seront mises à contribution pour déposer des containers en feu comme barrage.  Ici aussi la solidarité de classe est indispensable pour lutter efficacement contre les forces de l' Etat, depuis le début du conflit ils ont le soutien d'un autre chantier, Juliana, lui aussi, menacé de fermeture. Le propriétaire Factorías Vulcano  a même essayé de récupérer le matériel pour le déménager vers un autre de ses chantiers situé à Vigo. Le chauffeur du camion dépêché pour effectuer ce déménagement en a été  empêché par les  travailleurs du chantier naval Juliana de Gijón .

Vigo: les métallos dans les rues.

Dans la région voisine, à Vigo les ouvriers de la métallurgie sont eux aussi en action  la grève du secteur vise à débloquer les négociations autour du renouvellement d'une convention collective qui concerne 27 000 personnes  .Des barricades enflammées ont été dressées pour bloquer les accès des principaux polygones industriels.

Après les assemblées générales du matin, les ouvriers sont partis en manifestations, ils vont bloquer les principaux carrefours de la zone portuaire, ainsi que tous les accès de la ville, routes et autoroutes.Les blocages de routes et les affrontements consécutifs aux interventions policières pour dégager les manifestants se sont étendus à d'autres endroits de la ville : barricades enflammées, coupures de grandes avenues avec des bobines de bois, bagarres dans les chantiers naval de Barreras et Vulcano où les travailleurs se sont enfermés et ont attaqué la police. Dans le centre de la ville, au moins quatre des principales agences bancaires sont bloquées.


Chantiers navals de Gijon (Asturies-Espagne)  : violents affrontements (photos et videos)
mercredi 20 mai 2009 (22h42)

Chantiers navals de Gijon (Asturies-Espagne)  : violents affrontements (photos et videos) 

 

1 Il s' agit de la défense  d'un accord signé par les syndicats jaunes de la gauche politique au pouvoir (UGT et CCOO), dans lequel a été « oublié » le sort des préretraités. Les deux syndicats maintiennent leurs positions, disant que « tout est réglé » et exigent des travailleurs qu'ils abandonnent l'occupation du chantier Pour leur part, les préretraités demandent à voir de leurs propres yeux la police d'assurance signée garantissant le versement de leur pension et ont réaffirmé que si tel était le cas, ils abandonneront le chantier « en cinq minutes». C'est manifestement là-dessus que cela coince car les travailleurs ne font aucunement confiance à des patrons et des administrateurs qui se sont permis d'accumuler les retards de paiement de leurs indemnités et qu'ils n'ont pu obtenir que par la lutte.


Posté par spartacus1918 à 15:39 - Lutte de classes ,insurrections - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 mai 2009

Le déficit public: passer à la caisse ou engager la lutte anti-capitaliste.

"La dette publique, en d'autres termes l'aliénation de l’état qu'il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l'ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c'est leur dette publique."

        (K. Marx, T. 1 p. 721 du Capital éd. Moscou)

capitalisteSous le titre « les déficits explosent, les impôts vont suivre » le journal La Tribune du 13 mai 2009, reprend les sombres prévisions du FMI pour 2009. La crise économique coûtera 9,4 points de PIB aux grandes économies européennes.La dette publique des pays européens qui se voulait être un moyen de juguler la tendance à la chute des prix par de la création monétaire est en train d' exploser.

Qui peut croire aujourd'hui que le doublement des déficits publics des pays de l' OCDE entre mars 2008 et mars 2009 avait cet objectif. La réalité est bien plus grave, les états ne contrôlent plus la situation, ni même les réunions des gouvernements G 8,G 20 ...

La question va vite se poser de savoir comment et où encore emprunter, pour retarder le fiasco international dés lors qu'aucun pays est maintenant dans la capacité de refinancer les montagnes de dettes.

En Allemagne , il est question d' un effondrement de recette fiscale de 40Mds d' euros, aux Etats-Unis le déficit dépasse maintenant 13% du PIB, au Japon il passe en une année de 5,6% à 9,9%, en Grande Bretagne de 5,4% à 9,8% et en France de 3,4% à 6,2%.

Les critères de Maastricht visant à limiter le déficit public à 3 % font maintenant partis du musée de l' histoire, il n'y aura plus de contrôle de l' inflation et Bruxelles sera dans l' incapacité de mettre sous son contrôle autant de pays.

La situation n'offre pas beaucoup de solutions aux gouvernements, ils doivent comprimer les finances publiques1, mais pas au point de mettre en danger le pouvoir des états, qui vont devoir faire face à la vindicte populaire montante.

D' ailleurs nous constatons une montée en charge de la répression, notamment en France où l' appareil judiciaire est en action pour intimider les grévistes; les arrestations et gardes a vue tendent à criminaliser le mouvement gréviste. Le dernier exemple concerne 74, grévistes d' EDF-GDF, placés en garde à vue après avoir été encerclé, par les CRS et répartis dans les commissariats parisiens.

La répression de l' état-patron, est devenue systématique, les travailleurs de nombreuses entreprises, doivent maintenant faire face aux vigiles, huissiers, CRS et nervis privés, comme chez l' équipementier Faurecia.

Dans la période qui va suivre, il y aura une attaque fiscale importante en direction des classes moyennes ( elle vient de commencer aux USA et en Grande Bretagne), et la poursuite des fermetures d'entreprises pour sauver le capital. Cette situation entraînera un affaiblissement du pouvoir dans tous les états, et une prise de conscience plus générale de l'impasse capitaliste.

À suivre

1Ils s' attaquent comme en France  aux hôpitaux publics, alors que la pandémie se répand et devrait toucher le pays d' ici Octobre 2009.  

Posté par spartacus1918 à 09:16 - Crises - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 mai 2009

Secteur automobile: accroissement de la concurrence et du chômage technique.

 

logos_jauneInfobref N°257  le 7 mai 2009


Bien avant que n'éclate la crise financière, la bulle du capital fictif, la restructuration du secteur automobile était programmée. Des la fin des années 1990 on pouvait déjà en pressentir le mouvement quand GM et Ford commencèrent respectivement à de filialiser Delphi et Vistéon pour mieux les démanteler ensuite. La restructuration à grande échelle se manifestera au Mexique, avec le rapatriement des pièces détachées, facilité par les accords ALENA. La crise des Big3 (GM, Ford  et Chrysler) montre la fin d’un cycle économique basé sur un marché intérieur protégé jusqu’au début des années 1990. Général Motors est en train de se purger en se débarrassant de la moitié de ses usines et de la moitié de ses effectifs en moins de 5 ans !  Il parait peu probable qu’il disparaisse quitte à s’allier avec Ford si besoin pour se lancer à son tour dans les véhicules propres ! Quant aux équipementiers, ils réduisent tous  la voilure sur le dos du salariat  (voir la grève de 87 jours de AXLE Echanges N°125).

Aux dernières nouvelles, l'industrie automobile américaine serait quasiment nationalisée, Général Motors se retrouverait avec un contrôle du capital de 89% par l’Etat fédéral, et le syndicat UAW qui gère l’assurance maladie des retraités. Pour Chrysler, le syndicat UAW, prendrait 55% du capital, si alliance avec Fiat qui détiendrait alors 35% du capital. Autant dire que Fiat prendrait le contrôle de Chrysler. Le statut du syndicat UAW reste encore à définir chez GM et Chrysler. Ils n’ont pour l‘instant décroché qu’un vague strapontin au conseil d’administration. L’UAW sert plus de caution politique au système mis en place et ne peut prétendre à un  rôle de dirigeant sur les décisions stratégiques.

clefEn Europe occidentale, c'est la concurrence des ouvriers de l’ouest avec ceux de l’est, qui provoquera  une première vague de délocalisation vers les pays de l’est vers la fin des années 1990.

PSA en Slovaquie et Renault via la Roumanie pour la Logan ou la Slovénie pour la Twingo, de même pour les autres constructeurs européens. A signaler, l’importante grève (en 2008) chez Dacia Renault en Roumanie  ou 8000 salariés sur 13000 se mettent en grève illimitée, pour une augmentation de salaire de 50% à 70%, quand dans le même temps ceux d’AXLE aux états Unis luttent contre une chute de 50% de leur salaire.

Mais d’autres alliances se profilent déjà avec la prise de contrôle total de Wolkswagen par Porsche, BMW qui probablement finira par s’allier à PSA  voire Renault-Nissan  qui semble candidat à la reprise  d’une des marques de GM, Saturn.  C’est dire comment le paysage automobile est entrain de se redessiner. Pour le moment, les deux marques suédoises Volvo et Saab sont elles, menacées de disparaitre si elles ne trouvent pas de repreneurs.

En Allemagne  le sort d’Opel intéresse GM qui ne veut pas le céder en cherchant d’autres capitaux pour en partager les bénéfices. Fiat à l’ambition de reprendre et  cherche avec ce dernier la taille critique pour ne pas disparaître. Seul Ford ne cherche aucune aide fédérale pour le moment !

Enfin la Chine et l’Inde, dont certains comme  Cai Chongguo pensaient qu'ils étaient incapables de produire durablement des voitures par eux mêmes, doivent aujourd'hui se rendre à l’évidence qu'ils doivent maintenant compter avec de redoutables concurrents capables de produire des véhicules électriques où à zéro émission. La Chine ne veut pas louper le coche en se maintenant dans des technologies type moteur thermique dont le déclin est inexorable. Il faudra creuser cet aspect des choses tellement la question est compliquée du fait du tout électrique et les différentes solutions hybrides associant électrique et thermique essence ou diesel sans compter la solution hydrogène !

L’accompagnement social du chômage.

L’accompagnement, voilà un mot qui revient en boucle, c’est encore un euphémisme qui cherche  à arrondir les angles de la crise en déployant toute une série de passages obligés, visant à la réinsertion. Nous le voyons aujourd'hui, dés qu'une grève un peu sérieuse se déclenche, on essaye tout de suite de juridicialiser la grève, en passant les dits meneurs devant les tribunaux et pour intimider les autres grévistes  la présence d’huissiers. Tout cela pour que finalement le mouvement  gréviste finisse dans les dédales de multiples promesses de reclassement, via la formation et la sécurité sociale professionnelle de la très réformiste CGT.

Le choc de la crise, a visiblement bouleversé toutes les mesures d’accompagnement des restructurations mises en place au niveau de l’UE, et contraint cette dernière à des mesures plus radicales afin d’essayer de gérer la crise.

Dans l’industrie automobile européenne, c’est le chômage partiel qui est à l’ordre du jour. Pendant que les équipementiers sont petit à petit liquidés pour n’en garder qu’une poignée, les deux constructeurs Renault et PSA instituent le chômage partiel payé à 100%. Objectif : chloroformer les salariés dans le but reporter à la fin 2009 ou courant 2010 voire 2011 rien ne presse !!, les possibles ajustements des effectifs rendus nécessaires par la crise de surproduction du secteur qui lui, mettra des années à retrouver les chiffres de production d’avant la crise.

Mais, pourquoi mettre des travailleurs en chômage partiel si nous pouvons les prêter à d’autres entreprises qui ont besoin de main d'œuvre s’interrogent les managers. Voilà ce qui se développe  depuis quelque temps, souvent en dehors de la loi. Cela s'appelle la mise à disposition de personnel à une autre entreprise et nécessite un contrat de mise à disposition, en pratique pas respecté. Dans les faits, les employeurs qui pratiquent le prêt de personnel  se substituent aux boites d'intérim et entreprises de portage. C'est le journal le Monde du 4 avril 2009, qui a révélé cette nouvelle tendance « le prêt de salariés » qui cadre bien avec la tendance à la précarisation du salariat.

A suivre)

Voir aussi: Exacerbation de la concurrence dans le secteur automobile mondial

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Posté par spartacus1918 à 07:00 - InfoBref - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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