SPARTACUS

Information sur le mouvement des conseils ouvriers de la gauche germano-Hollandaise, ainsi que sur la lutte de classe dans le monde. voir en complément le site MONDIALISME. Pour correspondre:

30 juin 2009

Grève sauvage chez Total en Grande-Bretagne

De nouveau une grève sauvage qui rapidement fait tache d’huile

gr_ve_2« Pour moi et pour les 900 autres, les dés sont jetés. Je n’ai jamais encore fait grève de ma vie. Total doit comprendre que les chiens sont lâchés » (un ouvrier sur le site de Lindsey)

Dans le n° 128 d’Echanges (p.16) nous avions analysé une grève sauvage de travailleurs contractuels employés par des sous-traitants dans des chantiers d’aménagements de centrales électriques. Nous avions souligné qu’au-delà de certaines connotations nationalistes xénophobes, cette lutte avait signé un événement très significatif pour la lutte de classe dans le Royaume Uni : le retour des grèves sauvages et de grèves de solidarité de grande ampleur, précisément ce que la législation conservatrice des années 90 sous Thatcher avait cherché à éliminer et que les gouvernements Labour avaient préservé.

La grève sauvage qui vient de se dérouler dans la deuxième quinzaine de juin présente les mêmes caractères. Le fait qu’elle ait éclaté sur le même site et se soit  étendue dans les mêmes sites qu’en février dernier confirme bien cette tendance d’une libération de la camisole de force que toute cette législation prétendait imposer aux luttes. Avant d’aborder cette dernière lutte, il nous paraît nécessaire de rappeler brièvement de quel tissu était fait ce conditionnement législatif très contraignant de toute initiative de base dans le conflit capital-travail.

La grève n’est légale que si elle a été précédée d’un vote majoritaire par correspondance à bulletins secrets organisé par un syndicat sur une revendication précise concernant les seules conditions de travail des seuls travailleurs liés par contrat à une entreprise juridiquement définie (ce qui exclut toute grève à caractère politique ou toute grève de solidarité). Toute action découlant de ce vote majoritaire ne peut être lancée, pour cette seule revendication que dans un délai de six semaines après le vote en question. Les piquets de grève qui peuvent être établis au cours de cette action sont limités à  six travailleurs et ne peuvent concerner que l’entreprise considérée : tout piquet « secondaire » qui pourrait être établi ailleurs pour soutenir ou étendre la grève est strictement interdit. Une grève qui ne respecterait pas strictement cet arsenal de conditions est illégale et en même temps « inofficielle » car il est interdit, sous peine de sanctions sévères, à un syndicat de la patronner et de la soutenir même « officieusement ». Les sanctions pour le syndicat qui se placerait dans l’illégalité peuvent jusqu’à la confiscation de tous ses biens, ce qui n’est pas de pure forme car une telle confiscation a été prononcée à plusieurs reprises. En fait, aujourd’hui, aucun syndicat ne se risque à soutenir une grève sauvage, encore moins à organiser une grève « illégale »

Le théâtre d’origine de la présente grève sauvage est de nouveau la raffinerie Total de Lindsey (Lincolnshire) (Lindsey Oil Refinery, LOR) et la grève va s’étendre dans les autres sites en réparation ou construction des raffineries et des centrales électriques. Le point qui mérite d’être souligné est que tous ces mouvements touchent  d’une part le secteur privé (alors que la plupart des luttes  concernaient le secteur public ou parapublic) et d’autre part le secteur crucial de l’énergie au point que certains ont pu parler de coupures possibles d’alimentation électrique (une réminiscence des jours sombres de 1973 où l’Angleterre s’était trouvé sans chauffage, sans trains et contrainte à trois jours de travail par semaine) (1). Au même moment où éclate cette nouvelle grève, la Grande-Bretagne connaît depuis des mois une récurrence de grèves notamment dans les transports, les services municipaux et les postes ; la crise a aussi aggravé les difficultés de beaucoup des « assistés » (2). Une vague de grève dans ce secteur clé de l’énergie pourrait entraîner une crise sociale beaucoup plus grave. C’est la raison pour laquelle le porte parole du gouvernement tout affirmant que cette nouvelle grève de Lindsey est une affaire privée « entre la compagnie et les travailleurs » ajoute que le premier ministre « espère que cette situations sera résolue aussi rapidement que possible ». C’est assorti d’une observation lourde de menaces mais aussi aveu d’impuissance que « la position du gouvernement est que les grèves sauvages et les manifestations ne sont jamais la bonne réponse aux problèmes de relations sociales »

Sur le site de Lindsey, 9 entreprises sous-traitantes oeuvrent pour la construction d’une unité d’hydrodésulphurisation du pétrole de la raffinerie Total. Cette multinationale a déjà, lors de la grève de février dernier, souligné le retard pris dans cette construction (plus de 6 mois aujourd’hui), ce que des commentateurs financiers avait attribué à l’impossibilité d’imposer aux prolétaires britanniques une productivité « normale » (3). Total en rajoutera cette fois-ci en soulignant la « performance excessivement médiocre » et la « faible productivité » des travailleurs sur le site. La fin de la grève de février n’avait pas atténué la combativité sur le site de Lindsey. Le 6 mai dernier,  30 travailleurs du site s’étaient mis en grève, semble-t-il sur la même question de l’emploi de travailleurs non britanniques qui avait été au cœur de la grève de février. Aussi en mai une autre grève similaire avait éclaté sur le site de Milford Haven et avait commencé à faire aussi boule de neige (4). Il est possible que les sous-traitants tout comme Total aient voulu reprendre le dessus suite à la capitulation de février dernier et risquer ainsi l’épreuve de force. Il est difficile de dire si le moment était bien ou mal choisi : les deux syndicats GMB et UNITE impliqués dans la représentation des 30 000 métallos de la construction de ces unités industrielles organisaient présentement un vote  dans l’éventualité d’une grève sur les salaries et la sécurité d’emploi ; dans les préparatifs de ce vote, ils se heurtaient à un refus  de coopération de la part tant des entreprises concernées que du syndicat patronal de ce secteur.

Il est difficile de démêler l’origine du conflit tant du côté patronal que du côté ouvrier. La position patronale peut sembler dans la logique du monde des affaires : le sous-traitant Shaw terminant son programme de travaux trouve normal de licencier 51 (5) des travailleurs qu’il a employés jusqu’alors sur le chantier. Cela alors qu’au même moment un autre sous-traitant auquel est confiée une autre tâche embauche pour les travaux qu’il a sous-traité : il n’a, en principe, aucune obligation d’embaucher les travailleurs licenciés par l’autre sous-traitant. Mais l’ensemble des travailleurs de la sous-traitance voient les choses différemment au nom de conventions qui semblent plus coutumières qu’écrites (il est question dans les récits de la grève d’un « Blue Book » qui comporterait de tels engagements) et que leur respect dépende autant du rapport de forces que du bon vouloir patronal : s’il y a de l’embauche sur le chantier, les licenciés auraient une priorité d’embauche chez les autres sous-traitants. Une telle promesse aurait été réitérée lors du règlement de la grève de février 2009. Ils semblait aussi entendu qu'aucun licenciement n’aurait lieu tant que des ouvriers étrangers travailleraient sur le site .Tout le conflit va porter au départ dans le non-respect sur le site de cette « convention » et au-delà de ce non-respect, il est impossible de ne pas voir dans l’enchaînement de ce qui va suivre un prétexte dans une tentative de mise au pas des travailleurs dans une complicité tacite tant des sous-traitants que de Total.

L’annonce du licenciement des 51 est faite le jeudi 11 juin 2009. Presque dans l’instant  600 contractuels (6) du chantier de construction salariés de différents sous-traitants débraient et installent des piquets. 50 d’abord qui seraient plus de 300 le soir même, plus de 600 le lendemain rejoints par des centaines d’une raffinerie voisine ( Conoco Philips) avec lesquels ils barrent la route interdisant toute circulation notamment des camions citerne. Toute tentative de conciliation avec l’intervention d’ACAS (7) se heurte  à l’intransigeance tant des sous-traitants que de Total : le vendredi 19 juin tous ceux qui se sont mis en grève par solidarité sont licenciés, 647 reçoivent une lettre de licenciement précisant qu’ils seront réembauchés le lundi 22 juin au cas par cas, dans l’intention évidente de « faire le tri ». A ce moment 1 200 travailleurs (sur 1550  au total au travail sur le site de la raffinerie, permanents et temporaires) sont en grève. « Virés par des patrons cupides. Pas de travail au rabais. Rejoins la grève. Partage du travail » affirment les pancartes faites à la hâte sur l’entrée  bloquée du site. Les lettres de licenciement sont brûlées dans une sorte de show spectaculaire à la porte de la centrale.

C’est alors que, suivant le même schéma de propagation de la grève en février, la grève s’étend sur tous les autres sites des raffineries et centrales électriques. Le message envoyé par les grévistes de Lindsey est clair : « Cometh the hour, cometh the man (8) Si tu veux soutenir tes frères dans tout le pays, merci. Si tu n’es pas prêt de le faire, sache que la prochaine fois ce pourrait être toi. Tu dois combattre ça dès maintenant ». Le lundi 22 juin, 17 sites sont ainsi touchés par la grève dans toute la Grande-Bretagne (9) ; il est aisé de deviner les raisons de la rapidité de l’extension de la grève sauvage de solidarité indépendamment d’une similarité de situation : des piquets volants ont essaimé dans les sites proches (c’est tout autant interdit que les piquets de masse) (10), l’utilisation des portables  et du réseau (préexistant en partie) qui s’était constitué lors de la grève de février.

La raison d’Etat, devant cette extension et la menace d’un conflit social de grande ampleur, fait mettre au pas Total et ses sous-traitants qui finissent par accepter la médiation d’ACAS, d’autant plus facile que les syndicats GMB et UNITE, arguant qu’il s’agit non d’une grève sauvage mais d’un lock out soutiennent maintenant la grève en se sachant bien protégé »s par le rapport de force créé, à leur insu et leurs réticences du début,  par l’action des travailleurs.

Rapidement un accord est conclu : réintégration de tous les licenciés, pour les 60 licenciés d’origine il leur est garanti  quatre semaines de travail et l’intégration dans un autre emploi ou une indemnisation.

Cet accord est accepté par les grévistes et les grèves de solidarité sur les autres sites cessent immédiatement

Ces grèves sauvages répétées depuis le début de l’année posent des problèmes sur le front de la guerre de classe -qui ne concernent pas seulement les travailleurs britanniques.

Tout d’abord, on ne peut que souligner que toute législation visant à régler « pacifiquement » les conflits du travail ou a limiter le droit de grève ne pèse rien en face de travailleurs déterminés dans une solidarité de classe dont l’extension contraint le pouvoir à céder pour ne pas se trouver devant un mouvement de plus grande ampleur.

Même dans une situation de récession, les travailleurs qui se trouvent dans une situation de force, conscients en même temps de leur force collective peuvent engager une épreuve de force non seulement avec leurs employeurs mais aussi avec le pouvoir politique.

La guerre de classe se mène avec deux adversaires face à face. Dans le mouvement dont nous venons de parler comme des autres qui se sont déroulés dans ce secteur, on assiste à une offensive patronale qui tend, face à la détérioration économique à rétablir une profitabilité aux dépens des travailleurs et partant à affirmer son autorité au besoin en reniant les engagements antérieurs. Pour les travailleurs, la défense, dans cette période de crise, ne concerne pas les salaires mais directement les conditions de travail et leur emploi. Même si cette lutte ne concerne qu’un secteur, son extension spontanée à l’ensemble de ce secteur sur tout le territoire national, ne peut manquer d’avoir une influence sur d’autres luttes, pour l’ensemble des travailleurs ; mais il est difficile de savoir comment, où et quand. D’autant que l’adversaire le sait également et tente de parer d’avance à cette inconnue.

H.Simon juin 2009

Notes

(1) voir à ce sujet l’ouvrage de Cajo Brendel « Lutte de classe autonome en Grande-Bretagne, 1945-1977 » Echanges et Mouvement, toujours disponible

(2) Le chômage en Grande Bretagne a été masqué pendant longtemps par une mise en invalidité  plus que libérale de chômeurs par centaines de mille. Aujourd’hui la crise et le manque de moyens financiers contraint le gouvernement à promouvoir la « mise au travail » de ces « invalides »

(3) Financial Times, 7 février 2009

(4) Sur le site de construction d’une  usine de liquéfaction de gaz naturel de South Hook (Pays de Galles) un accord (Supplementary Project Agreement) stipulait qu’aucun travailleur étranger ne pouvait être embauché sur le site tant que des travailleurs britanniques pouvaient être recrutés pour le même emploi qualifié. Prétextant un manque de candidats britanniques, un sous-traitant Hertel amène sur le site 40 travailleurs polonais. Immédiatement, le 20 mai, 200 travailleurs débraient y compris les  40 nouveaux. La grève s’étend sur 16 autres sites voisins et  même jusqu’à Lindsey. Le 21 mai, la firme  renonce à cette nouvelle embauche et la grève cesse après un vote.

(4) suivant les sources les chiffres de ces premiers licenciés varient de 51 à 65

(5) de même que pour les premiers licenciés, celui de la deuxième vague de licenciement varie selon les sources entre 600 et 900

(6) ACAS : Advisory Conciliation and Arbitration Service, organisme officiel de médiation créé par les conservateurs lors des grandes réformes du droit de grève pour tenter de régler « pacifiquement » les conflits sociaux.

(7) sorte de proverbe anglais remontant au 14ième siècle que l’on retrouve dans différentes œuvres littéraires au 19ième dont Walter Scott et qui peut se traduire par « l’opportunité fait l’homme » ou « l’occasion fait le larron ». A l’origine, le proverbe aurait été « cometh the hour, cometh the thief »

(8) les principaux sites touchés sont les centrales de Sellaffield ( centrale atomique, Cumbria, 900 grévistes), Fiddlers Ferry (Cheshire) (450 en grève), Ratcliffe et Staythorpe (Nottinghamshire) (450 en grève), Didcot (Oxforshire) ( 360 en grève), Aberthaw (300 en grève) et South Hook (Pays de Galles sud) (600 en grève), Drax, Feerybridge et Eggborough (Yorkshire) (600  en grève), la raffinerie BP de Hull, 1 000 grévistes à Wilton Teeside (usine de carburant bio en construction)

(9) par exemple  200 travailleurs  installent un piquet de grève à l’entrée de la centrale électrique Eggborough dans le Yorkshire

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25 juin 2009

Menace de dévaluation et émeutes en Europe centrale.

 


la_cogneNous avions vu dans un précédent texte, comment la locomotive  des pays dits émergents s'est soudain transformée en son contraire, un immense boulet, tirant certes l’économie mondiale, mais vers le fond. Tous les pays ayant antérieurement subi des déferlantes de dévalorisation financière ont rechuté. L’Argentine est contrainte de nationaliser les système de retraite, et les industriels s'attendent au pire. La Russie, la Corée du Sud, le Mexique reviennent à la case départ. De nouveaux candidats ont émergé, mais pas dans le sens souhaité par le capital international. Alors le FMI est contraint d’intervenir dans l’urgence et met sur la table 209 milliards de dollars qui devraient être répartis entre le Mexique, la Pologne,l’Argentine, l’Islande, la Hongrie, l’Ukraine ,les Etats baltes (tous plus vulnérables aux capitaux étrangers). L’Ukraine  obtenait un prêt de 16,5 milliards de dollars.

Depuis la dégringolade prévisible des pays Baltes, déjà perceptible en février ne s' est pas fait attendre. La récession des « tigres Baltes » est si importante ( -18% pour la Lettonie, - 15,6% pour l' Estonie, -13,6% pour la Lituanie) qu'ils sont au bord de la cessation de paiement. Ils ne doivent leur salut provisoire qu' avec « l' aide » de l' Union Européenne et du FMI c' est à dire de nouvelles dettes pour rembourser les anciennes, le tout accompagner de plans de rigueur draconiens.

Prenons le cas de la Lettonie, pays où la dévaluation de la monnaie le lat, a été évoqué. Ce pays emprunte en euros et rembourse en lats, si l' économie s'effondre  les investisseurs internationaux seront refaits. Il faut donc pour sauver la  représentation de l' argent ce dieu suprême faire quelques sacrifices. Alors malgré les émeutes de février à Riga qui ont fait tomber le gouvernement, et une inflation de 15,4% en 2008, Un plan de rigueur (en fait de misère) tombe sur le peuple, des coupes de 10% sur les allocations retraite et de 20% sur le traitement des fonctionnaires, et bien sur des coupes massives dans le budget hospitalier, il paraît même que la rémunération des médecins  passerait en dessous du minimum légal. Afin de marquer sa désapprobation, le ministre de la santé, Ivar Eglitis a démissionné le 17 juin, il ne veut sans doute pas être responsable des conséquences de la fermeture d' hôpitaux.  En Estonie, Le gouvernement estonien a annoncé qu'il cessera à partir du 1er juin de payer sa contribution au régime de retraite complémentaire géré par les fonds de pension ( l' AGFF de l' Estonie). Pour le moment, les personnes qui participent à ce programme paient 2% de leur salaire, et l'Etat en ajoute 4%.

Depuis le début de l' année, des émeutes et mouvements radicaux déferlent sur l' UE . Durant le mois de janvier 2009, la Lituanie, la Bulgarie, la Lettonie  ont été le théatre d' émeutes et de répression des états.  Dans ces trois pays,   les rassemblements  devant les parlements  se voulaient pacifiques mais se sont terminés par des affrontements violents avec les forces de l' ordre notamment à Vilnius capitale de la Lituanie .En Bulgarie, l’émeute de Sofia a été plus importante qu’en 1997, lorsque grèves et manifestations s’opposaient au gouvernement socialiste qui plongeait le pays dans l’abîme économique. Le rapport de Transparency International Bulgarie avait dépeint la Bulgarie comme le plus corrompu des états de l’UE nation, comparable à la Roumanie voisine.

Ces événements vont inquitéter le Figaro : « Après la Grèce, les pays Baltes, l’Islande et la Bulgarie connaissent des mouvements sociaux qui inquiètent l’Union européenne.La peur d’une insurrection populaire nourrie par la crise commence à s’insinuer dans les esprits des dirigeants européens. Pour l’heure, elle est irrationnelle.

La contestation ne touche actuellement que les marges de l’Union. Dans les pays Baltes, en Islande et en Bulgarie, les mouvements sociaux et la colère de foules toutefois se multiplient. Les raisons de la révolte sont d’abord nationales. Mais aucune solution n’étant vraiment discernable, ce mouvement contestataire ne risque-t-il pas de gagner, à mesure que la crise s’approfondit, l’Europe tout entière ? »  le 26 01 2009

En Avril, c' est la Moldavie qui sera aux prises avec des émeutes , des milliers de jeunes, qui avaient aussi brièvement pris d'assaut la présidence, pour protester contre la victoire des « communistes » aux législatives. Nous retrouvons ici toute l' ambiguïté de ces luttes  et révolutions de couleurs de cette région  toujours prise en tenailles entre le camp occidental et la Russie et l' approvisionnement énergétique.

Depuis, le démantélement de la Yougoslavie  et le bombardement par les forces de l' Otan de la Serbie, pour qu' elle cède le Kosovo, les Balkans sont devenus une poudrière du même type que celle du proche orient ( Israel, Palestine, Liban, Iran). Le paradoxe pour nous anti-parlementariste est de constater que chaque élection, au lieu d'endormir le peuple, déchaîne au contraire sa colère, le dernier exemple étant l' Iran..




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11 juin 2009

La météorite de l' hyperinflation fonce sur la planète ?

Alors que le ( Comité National des Conseillers du Commerce Extérieur de la France CNCCEF ) constate une amélioration rapide de la situation économique, allant jusqu'à dire que la reprise prévue pour 2010, sera au rendez vous dés cet été.  J. Attali nous prédit une hyperinflation et un Weimar planétaire.

hypreinflation_germanySi J.Attali à le mérite, chiffre à l' appui de nous avertir qu' une météorite type Weimar va frapper la planète, sa conclusion consistant à dire que l' UE doit encore s'endetter pour sortir de la dette nous laisse  perplexe. Résumons ses informations: La dette totale des Etats-Unis représentait en janvier 2009, 500% du PIB, alors qu' en janvier 2008 elle s' élevait à 350% du PIB. Ce qui traduit en dollars nous amène à la somme démentielle de 54 000 Mds de dollars ( une centrale nucléaire coûte 4 milliards d' euros.)

Ensuite, J.Attali met l' accent sur la dichotomie des encours des banques par rapport à leur fonds propres, mettant ainsi en exergue l' importance du capital fictif. Aussi quand les encours se montent à 84 000 milliards de dollars, les fonds propres n' en représentent que 4000 milliards, soit un ratio de 20% alors que celui-ci ne doit jamais dépasser les 15%.

Les Etats-Unis ont injecté 12000 milliards de dollars pour juguler la catastrophe, dont 1800 milliards ont servi à renflouer les banques dont les fonds propres ne dépassent pas les 1300 milliards. Il en résulte selon J.Attali « qu' elles sont, à ce point, techniquement en faillite ».

J.Attali indique que pour lui le facteur aggravant de la crise provient du fait que les banques centrales, financent directement des entreprises en difficultés, ce qui revient à créer les conditions du pire. Ceci pourrait expliquer en partie l' effet viagra d'une reprise imminente pronostiquée par le CNCCEF.

Ensuite, J.Attali aborde la question du financement de l' économie mondiale. Celle ci se débat dans une crise de surproduction dont nous ne voyons pour l' instant que la pointe de l' Iceberg, mais déjà des colosses comme GM sont nationalisés. J.Attali  semble vouloir relancer le système en injectant des milliards et des milliards de dollars dans l' économie monde.

100 000 milliards de dollars, c' est le chiffre qu'il avance pour sauver la planète, mais il s' interroge: qui aujourd 'hui peut prêter ce fric ? Les marchés de capitaux , il ne faut pas y compter, il ne reste plus que les états, mais ceux ci deviennent aussi suspectes. L' économiste  américain Nouriel Roubini vient de pronostiquer sur son blog la faillite prochaine de l' Angleterre.

L' économiste J.Attali , en arrive finalement à dire que personne ne viendra cracher au bassinet, les pétromonarchies du Golfe victimes de la chute des cours du pétrole, se tâtent pour acheter les Rafales de Sarko, quant aux chinois ils ne disposent que de 2000 milliards de dollars. J;Attali ne nous propose même plus la micro finance , comme facteur de relance. Seule subsiste pour lui la perspective d'une hyper-inflation.

L' histoire économique du capitalisme, montre que celui-ci est dual et qu'il est contradiction en actes, voilà pourquoi il peut passer du Keynésianisme, au monétarisme et en revenir à un néo keynésianisme son pragmatisme n' est plus à démontrer. La boussole qui le dirige, encore plus actuellement qu' hier c' est que l' argent rapporte de l' argent comme le poirier des poires ( l' expression est de K. Marx). Comme le capital financier est parvenu au travers de l' argent  ( de la monnaie marchandise) à « s'autonomiser » jusqu' à devenir capital fictif, il ne faut pas s' étonner qu'il se débatte toujours dans sa propre sphère, celle de la circulation du capital pour se sortir du marasme.

C 'est la qu' intervient la politique monétaire, qui va du resserrement du crédit à la planche à billet, de l' inflation à la déflation, de la déflation à la reflation ...La sphère de production, celle ou la richesse se créée, par le travail salarié et l' extorsion de la plus value, apparaît à cette classe capitaliste comme une entrave à la réalisation de leurs profits, ils se présentent non seulement comme des prédateurs de la classe prolétaire, mais aussi du capitalisme lui même au sens ou Marx le faisait remarquer «  La véritable barrière de la production capitaliste, c'est le capital lui-même »1

La question de savoir, si nous nous dirigeons vers une hyper-inflation généralisée , nous semble mal posée. D'une part parce que cette hyper-inflation existe déjà dans nombre de pays, et d' autre part parce que cette dernière est une entrave au taux de profit. Plus le système de crédit est développé, et plus la maîtrise de l' inflation devient nécessaire,  le monétarisme des années 1980, pour cette raison a tout fait pour juguler l' inflation , mais elle a pris un autre chemin celui de l' endettement généralisé.

Bien entendu l' utilisation de la planche à billet est un facteur qui dévalorise la monnaie. Tant que cette création de monnaie jugule la déflation ( chute des prix) les capitalistes la trouve acceptable. Mais avec les chiffres que nous livre J. Attali, le système va se trouver dans l' impossibilité d' emprunter sur les marché internationaux, il ne lui restera plus que la planche à billet.

Un signe précurseur, le 18 mars 2009 , la Federal Reserve Bank, la banque centrale américaine, a annoncé sa décision de racheter les bons du trésor américain (dette à long terme des USA). Autant dire que les Etats-Unis, veulent réduire leur dette en se transformant en faux monnayeur, la banque centrale américaine, celle de la monnaie mondiale  la gardienne de l' équivalent universel, a décidé depuis le 18 mars 2009, que la garantie sur cette monnaie repose sur un fond de réserve de créances pourries. De plus  la FED se propose même de racheter  les dettes privées de grandes sociétés nationales en quasi faillite ex : Général Motors.

On ne réanime pas un noyé en lui faisant boire de l' eau.

C 'est pourtant ce que le monde financier essaye de faire en se transformant  en usine à papier monnaie reposant de plus en plus sur rien , sur aucune valeur et aucune richesse. Ce qui fait régulièrement réagir les pays détenteurs de dollars comme la Chine et la Russie  qui proposent de remplacer le dollar par  une unité de compte internationale du type des droits à tirages spéciaux. D' autres proposent le retour à l' étalon or ...

Notre propos ici n' est évidemment pas de donner des recettes, pour sauver le capitalisme mais de démontrer les conséquences et affres de son maintien. Il ne fait aucun doute que le transfert de la faillite du système financiers sur les états ( la fiscalité et les impôts) la « monétisation des déficits » comme ils disent, aura des répercutions catastrophiques pour les peuples dont certains subissent déjà l' hyperinflation. Cette hyperinflation telle la gangrène va t' elle remonter toute l' économie mondiale ? Si tel était le cas, les salaires réels perdraient du pouvoir d' achat du jour au lendemain, les retraites seraient laminées , comme lors de la crise Argentine, les fonctionnaires comme pour l' Afrique attendraient d' être payés. Le chômage augmenterait et serait de moins en moins indemnisé rendant la crise sociale insupportable .

 

1Capital,III, ed.sociale,I, p.263;P.II,p.1032.

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08 juin 2009

Affrontements à Vigo Espagne (suite)

Affrontements à Vigo Espagne

Vigo_juin_2009Espagne, Vigo au 6eme jour de grève des métallurgistes et durs affrontements avec la police

(source : La Haine 04/06/09, traduction Futur Rouge)

De durs affrontements durs au centre de Vigo. 6eme jour de grève

13.00h : Les grévistes métallurgistes prennent le centre de Vigo et répondent aux charges de la police avec des barricades de feu, des pierres, écrous et vis. En ce moment 1.500 travailleurs se retirent aux environs du chantier naval où les affrontements continuent.

Quatre grévistes et cinq policiers blessés dans les affrontements d’hier. Ils annoncent que la réponse à la violence policière sera aujourd’hui plus ferme.
Actualisation 13.00h : Depuis le début de la matinée les affrontements entre les travailleurs du secteur métallurgique à Vigo et la police se sont succédé dans le centre de la ville de Vigo. (Lire la suite)

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