29 juillet 2009
La lutte à Ssangyong Motor (Corée du Sud) continue
Voici un nouveau message recu lundi
matin le 27juillet 2009 d'un ouvrier coréen qui participe a la
défense of l'usine Ssangyong, occupée depuis le 22 mai par 800-1000
ouvriers.
Loren
Ce
témoignage nous a été envoyé par un travailleur d’une usine
voisine qui soutient la grève.
(Pour ceux qui entendent
parler de cette grève pour la première fois, elle concerne une
occupation d’usine à Pyeongtaek, Corée du Sud, qui a commencé le
22 mai 2009 quand la direction a annoncé des mises à la retraite
anticipée et le licenciement de 2 000 des 7 000 ouvriers près de
Séoul.)
Depuis qu’une ordonnance de la cour a été prise
le 20 juillet 2009, plus de 3 000 policiers anti-émeute, notamment
une unité de rangers, tentent de s’emparer de l’usine et ont
ordonné aux travailleurs de quitter l’entreprise. Après que les
ouvriers ont rejeté cet ordre, les flics ont lancé une série
d’attaques contre les travailleurs qui occupent l’usine depuis 7
jours consécutifs, et ils ont recruté pour cette attaque des voyous
et des jaunes qui font partie des individus non licenciés.
Les
défenseurs de l’ordre mènent en même temps une propagande
idéologique constante, et un hélicoptère de la police vole à
basse altitude pour empêcher les travailleurs de dormir, les épuiser
et les provoquer.
Ils ont coupé l’approvisionnement en eau
et en gaz et de l’usine et ils refusent l’entrée à toute aide
humanitaire médicale. (L’électricité a été laissée pour
empêcher la peinture et d’autres matières inflammables dans
l’usine de peinture de se décomposer.)
Depuis le 21
juillet, la police lance des grenades lacrymogènes à partir de ses
hélicoptères sur les travailleurs qui sont placés sur le toit du
département peinture. Elles contiennent un gaz toxique qui peut
faire fondre le caoutchouc éponge.
Par intermittence, lorsque
les policiers anti-émeute essayent d’entrer dans l’usine de
peinture, ils se servent d’une arme de tir utilisant 50 000 volts
ainsi que des clous, tandis que les briseurs de grève emploient des
frondes pour bombarder les grévistes à partir de l’immeuble d’en
face. Naturellement, nous luttons contre la police avec des
barres de fer et des cocktails Molotov dans la rue en face de l’usine
pour défendre la grève.
Environ 700 travailleurs sont
enfermés dans l’usine et ils mangent une boule de riz chaque jour
et boivent de l’eau de pluie bouillie. Bien que de nombreux
travailleurs aient été blessés au cours de la lutte, ils
poursuivent leur lutte avec détermination. Le 20 juillet, la
femme d’un responsable syndical s’est suicidée à son domicile.
Même si son mari n’était pas sur la liste des licenciés, il
participait à la lutte, malgré plusieurs menaces de la direction.
Son épouse avait seulement 29 ans. Jusqu’à présent, cinq
personnes sont mortes ou se sont suicidées en liaison avec cette
grève.
Les syndicats ont appelé aux grèves suivantes :
22
juillet : le KMWU (Korean Metal Workers Union, qui organise l’usine)
a appelé à 4 heures de grève.
Le 23 Juillet : KMWU : 6
heures de grève.
Le 25 juillet KCTU (Korean Confederation of
Trade Unions) a tenu un rassemblement en face de la gare de
Pyeongteck.
Le 25 juillet, les travailleurs et d’autres
participants, armés de barres de fer et de pierres extraites du
trottoir, se sont affrontés à la police anti-émeute à la fin de
ce meeting, tout en essayant de marcher vers les portes de l’usine
de Ssangyong. Une attaque brutale de la police nous a forcé à nous
retirer et à quitter les abords de l’usine. Des combats ont
continué jusque tard dans la nuit dans les rues de Pyeongtaek.
Les
syndiqués de la KMWU doivent en principe participer à 6 heures de
grève générale le 29 juillet, mais il est difficile de mobiliser
tous les membres du syndicat pour cette grève. La direction cherche
à miner le moral des grévistes, en prétendant qu’elle va être
acculée à la faillite.
Face à la pression croissante de
certaines organisations de la société civile, et de certains
députés, la direction et le syndicat de Ssangyong devaient se
réunir le 25 juillet 2009. Mais la direction a annulé cette
réunion, unilatéralement, pour le seul motif fallacieux que les
travailleurs lançaient encore des boulons contre les flics et
qu’elle ne peut pas accepter la revendication du syndicat d’annuler
les licenciements et de payer, par rotation, les travailleurs
licenciés en puisant dans les fonds de retraite.
La direction
du syndicat a rejeté cette concession, et maintenu les
licenciements.
Aujourd’hui (27 juillet), les travailleurs de
Ssangyong ont tenu une conférence de presse et organisé un autre
rassemblement en face de l’usine de peinture, pour échapper
pendant quelques heures à l’atmosphère étouffante qui règne à
l’intérieur du bâtiment.
Les revendications de ce
rassemblement étaient les suivantes :
1) Retrait de la police
2) négociation directe avec le patronat et le gouvernement 3)
Clôture de l’enquête pour utilisation illégale de la technologie
du moteur hybride diesel.
Enfin, pour conclure, je citerai les
dernières phrases de la conférence de presse :
« .... Nous
avons fait de notre mieux pour résoudre ce conflit de façon
pacifique et par le dialogue. Néanmoins, si ce genre de répression
brutale, meurtrière se poursuit, nous déclarons ouvertement notre
volonté résolue de lutter jusqu’à la mort. Nous qui sommes
rassemblés ici sommes prêts à montrer notre détermination à
mourir non seulement en tant que travailleurs mais aussi en tant
qu’êtres humains. Nous allons nous battre sans compromis,
récupérer nos droits et rentrer chez nous quand nous gagnerons.
»
PS. Au moment où je suis allé me coucher, j’ai appris
que les policiers avaient lancé une autre attaque brutale contre les
travailleurs. Les jours qui suivent seront décisifs.
23 juillet 2009
Corée du Sud : huit semaines de grève chez Ssangyong motor
18 juillet 2009-Au Ssangyong
Motors à Pyeongtaek, Corée du Sud (près de Séoul), on en est
maintenant à sa huitième semaine de grève, et la situation des
grévistes est de plus en plus catastrophique.
L’article
ci-dessous rapporte des faits basés sur des relations émanant de
travailleurs et d’activistes impliqués dans la lutte.
Imprimer
ce texte
Pour rappeler brièvement la
situation d’ensemble :
Ssangyong Motors est à 51%
détenue par la Shanghai Automotive Industry Corporation, société
chinoise. En Février l’entreprise fait faillite, propose un plan
de restructuration pour obtenir de nouveaux prêts destinés à
sortir de la faillite. La cour a approuvé le plan de la faillite,
dans l’attente de mises à pied suffisantes pour rendre à nouveau
l’entreprise rentable.
Après une série d’actions tout au long du printemps en prévision des licenciements, la grève commence le 27 Mai lorsque la société annonce des suppression d’emploi et la retraite forcée pour 1700 des 7000 travailleurs, sans licenciements supplémentaires de 300 employés occasionnels. Les travailleurs ont immédiatement occupé l’usine, demandant l’annulation des mise à pied, l’arrêt du recours à la sous-traitance et à la précarisation. Le KMWU (Korean Metal Workers Union) a soutenu l’occupation, mais a essayé de canaliser les négations strictement sur la question des licenciements.
À la mi-Juin, environ 1000 travailleurs poursuivent l’occupation, avec leurs épouses et leur familles qui fournissent de la nourriture. Le gouvernement et la société jouent la montre ; en partie en raison d’une crise politique plus large de la droite dure, le gouvernement est hostile à une intervention policière violente ; mais deux semaines plus tard, ils se sont sentis en confiance pour passer à l’offensive. Les travailleurs, pour leur part, se sont armés avec des pinces de fer et des cocktails Molotov.
Les 26 et 27 Juin une sérieuse attaque menée par gouvernement et l’employeur a commencé : avec des briseurs de grèves recrutés pour l’occasion qui, avec l’aide de la police anti-émeute ont essayé d’entrer dans l’usine. Ils ont sécurisé le bâtiment principal, après de violents combats dans lesquels de nombreuses personnes ont été blessées. Les occupants se sont retirés dans l’atelier de peinture, conformément à un plan de défense fondé sur la conviction que la police ne lancerait pas des grenades lacrymogènes dans une zone hautement inflammable. (En Janvier, cinq personnes sont mortes à Séoul, dans un incendie au cours d’un affrontement avec la police, suscitant l’indignation générale).
Le lendemain, la société a fait une déclaration affirmant qu’il y avait eu assez de la violence, mais en réalité, c’est la résistance tenace des travailleurs qui a fait que la police et les milices ont été retirées. La société a exhorté le gouvernement à intervenir directement dans les négations. Tout approvisionnement en eau de l’usine a cependant été coupée à la fin de Juin.
Suite à une ordonnance du tribunal, les forces de répression ont frappé à nouveau le 11 Juillet lorsque la police anti-émeute a voulu de nouveau s’emparer de l’usine, à l’exception du secteur de la peinture, et a cerné la totalité du site.
Depuis l’attaque des 26-27 visant à isoler la lutte de Ssangyong et à briser la grève, les actions de solidarité à l’extérieur de l’usine ont tenté de s’élargir. Il s’agit notamment d’une campagne menée dans les rues, notamment par les organisations familiales, dans le centre de Séoul et dans la zone de Pyeongtaek, de 4 heures de grève générale appelées par le KMWU au cours de laquelle les métallurgistes se sont regroupés en face de l’usine Ssangyong ; les 4 et 11 Juillet la KCTU (Korean Confederation of Trade Unions) a appelé nationalement à des rassemblements pour appuyer la lutte du Ssangyong. Un appel qui a été peu suivi ce qui a fait que le syndicat a hésité à appeler à une grève générale au lendemain des attaques contre l’usine. Beaucoup de militants pensent que les dirigeant de KMWU et de KCTU sont davantage préoccupés par prochaines élections syndicales.
927 activistes ont également fait une journée de grève de la faim dans le centre de Séoul, le 11 Juillet. (D’après mon expérience, en Corée Au cours des quatre dernières années, ces actions sont un rituel qui influence rarement le résultat d’un combat.)
Enfin, le 16 Juillet 3000 membres de KMWU se sont réunis pour soutenir la grève Ssangyong en face de l’Hôtel de Ville Pyeongtaek. Quand ils ont essayé de se rendre à l’usine après le meeting, ils ont été bloqués par la police et 82 travailleurs ont été arrêtés sur place.
Dans l’ensemble, les chances d’une généralisation de la lutte à d’autres usines est peu probable. Beaucoup de militants « activistes » ont le sentiment que même si le KMWU appelait à une grève générale, elle ne serait suivie que dans un faible nombre de lieux. Les travailleurs de l’automobile Hyundai sont eux-mêmes en pleines négociations salariales. De nombreuses usines semblables ont déjà subi un « ajustement structurel » et ne sont plus susceptibles de se mobiliser.
Loren Goldner
SUITE
Le 21 jullet 2009-Après que nous terminions le
tour nocturne a 0530 ce matin (mardi le 21 juillet) nous sommes allés
a la porte principale de l'usine Ssangyeon ou les luttes continuaient
comme hier.
Pyeongtaek
Vers 0900-1000h, beaucoup
d'autocars bourres de flics anti-emeute arrivaient devant la même
porte, en même temps qu'une une vingtaine de camions de pompiers.
Alors que 2000 flics anti-emeute essaient de s'approcher de
la section peinture, les ouvriers retondaient avec un lance-pierre et
parfois des cocktails Molotov. Le lance-pierre est très grand et
tire des clous et des boulons. Il lance tout ça à 200-300m et
choque l'ennemi.
Les pneus mis par les ouvriers pour empêcher
le mouvement des flics brûlaient, et le ciel au-dessus de l'usine
était noir de fumée.
L'entreprise a coupe l'eau et le gaz et
a impose un blocus contre toute aide matérielle extérieure pour les
ouvriers, médicaments y compris.
Ils semblent tenter une
stratégie d'épuisement, pour faire sortir les ouvriers de l'usine
spontanément.
En rentrant du champ de bataille pour mon tour
nocturnes, j'ai entendu la nouvelle que l'hélicoptère des flics se
servaient de gaz lacrymogène contre des ouvriers qui se battaient
sur les toits des maisons.
Aujourd'hui la KCTU (Korean
Federation of Trade Unions, la centrale syndicale la plus grande) a
déclare la grève générale, principalement dans le but de soutenir
la grève de Ssangyong et organise des manifs d'ouvriers dans le pays
entier pour samedi le 25 juillet.
Le KMWU (Korean Metal Workers
Union- syndicats des metallos, qui organise Ssangyong), le syndicat
le plus important affilie a la KCTU,
lancera lui aussi une grève
pour le 22 et le 24 pour soutenir Ssangyong et les négociations en
cours.
Donc demain plus de 5000 ouvriers seront à la porte
principale de Ssangyong, et de nouveaux combats auront lieu.
DIAPORAMA sur le lutte cliquer
18 juillet 2009
Théories de la décadence, théorie de l’effondrement, cours catastrophique du capital et crise finale.
Texte présenté par G. Bad pour la réunion du samedi 17 janvier 2009
au
21 ter rue Voltaire
Paris XIe
(salle
"l'internationale")
Métro: Boulets Montreuil.
Théories de la décadence, théorie de l’effondrement, cours catastrophique du capital et crise finale.
Je vais tout d’abord présenter les différents arguments concernant la théorie de la décadence et celle de l’effondrement et leurs variantes. Pour alimenter le débat, je commence par le Groupe communiste internationaliste (GCI), en reprenant des extraits de son article « Théories de la décadence : décadence de la Théorie » publié en 1985 (dans le n° 23 de Communisme).
Dans cet article le GCI vise essentiellement le Groupe communiste internationaliste (CCI), dont il est issu, et présente l’avantage d’élever le débat sur la théorie des crises. Il va s’attaquer à la « périodisation » et au concept d’un capitalisme ascendant, puis décadent sénile ... Ensuite nous en viendrons aux théories de la décadence, et aux variantes faisant le procès des forces productives.
Introduction du GCI:
« L’origine même des théories décadentistes (théories du "changement de période" et de "l’ouverture d’une nouvelle phase capitaliste: celle de son déclin"...) se retrouve "bizarrement" dans les années ‘30, théorisées tant par les staliniens (Varga) que par les trotskistes (Trotsky lui-même) que par certains sociaux-démocrates (Hilferding, Sternberg,...) et universitaires (Grossmann). C’est donc à la suite de la défaite de la vague révolutionnaire de 1917-23 que certains produits de la victoire de la contre-révolution commencèrent à théoriser une longue période de "stagnation" et de "déclin".
Cette théorisation permit ainsi a posteriori de maintenir une cohérence formelle entre les "acquis du mouvement ouvrier du siècle précédent" (il s’agit bien entendu ici des "acquis" bourgeois de la social-démocratie: le syndicalisme, le parlementarisme, le nationalisme, le pacifisme, la "lutte pour les réformes", la lutte pour la conquête de l’Etat, le rejet de l’action révolutionnaire...) et, du fait du "changement de période" (argumentation classique pour justifier toutes révisions/ trahisons du programme historique), l’apparition de "nouvelles tactiques" propres à cette "nouvelle phase", cela allant de la défense de la "patrie socialiste" pour les staliniens au "programme de transition" de Trotsky, au rejet de la forme syndicale au profit de celle des conseils pour les "ultra-gauches" (Cf. Pannekoek: Les Conseils Ouvriers - éd. Bélibaste). »
Ici le GCI n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat de la théorie de la décadence, et passe en revue ce qu’il considère comme déviation de la théorie, dans la pure tradition bordiguiste de restauration du programme communiste. Ensuite, le GCI va à mon sens saisir assez bien les raisons de la mise en avant des différentes théories qui nient la totalité/globalité du capital . Chacune s’accrochant à une branche de l’économie politique du marxisme , pour en faire l’axe qui détermine le tout, sans vraiment se rendre compte que les tomes I / II-III du Capital sont une représentativité dans son mouvement de l’être capital en procès. Autrement dit, chacune de ces théories ne s’attache qu’à une branche d’une prétendue économie politique marxiste, alors que dans Le Capital Marx a recherché, dans une démarche de critique de l’économie politique, à décrire et restituer le mouvement historique global du capital (qui est un rapport social définissant une société dans sa totalité et non un secteur – l’économie – de l’activité humaine)
De ce point de vue le GCI a raison de s’en prendre aux
« multiples "théories" allant de la "saturation des marchés" à "l’impérialisme: stade suprême du capitalisme", du "troisième âge du capitalisme" à la "domination réelle", de "l’arrêt de développement des forces productives" à la "baisse tendancielle du taux de profit"... Ce qui nous intéresse dans un premier temps, c’est le contenu commun à toutes ces théories, la vision moralisatrice et civilisatrice qu’elles induisent. »
Ensuite le GCI va
faire la démonstration,
du caractère non dialectique des théories de la décadence
« La dynamique des sociétés de classes (dit le GCI) n’est pas telle une montagne avec son versant ascendant, son sommet et son versant descendant, mais au contraire –- conformément à la dialectique matérialiste – chaque fois plus un antagonisme entre la classe dominante et la classe révolutionnaire, et ce jusqu’à la résolution de cette contradiction en une unité supérieure (négation de la négation) correspondant au dépassement des deux pôles de l’unité précédente, c’est-à-dire comme un nouveau mouvement de deux pôles contradictoires.
Les visions décadentistes sont donc méthodologiquement des visions anti-dialectiques correspondant, non pas au point de vue prolétarien, mais à celui bourgeois de l’évolutionnisme et de l’immédiatisme (= gradualisme). »
et citer Bordiga à l’appui ((Bordiga: Réunion de Rome 1951 in Invariance No.4) (Bordiga: "Dialogue avec les morts" 1956)
Le GCI , sans trop de difficulté, prouvera que même les partisans du « décadentisme ou décadentisme et demi » sont contraints de reconnaître l’immense développement des forces productives (au point d’en faire crever la planète).
« pour le groupe "Socialisme ou Barbarie" qui sur cette question aussi se matérialisa comme un précurseur du révisionnisme moderniste, tant dans les questions dites économiques que dans leurs implications politiques) est directement liquidée par le simple constat fait par certains décadentistes eux-mêmes:
"La production industrielle mondiale, en 1848 dépassait de 36% le niveau de 1937 et de 74% celui de 1929. Entre 1878 et 1948, la production industrielle mondiale augmentait de 11 fois. Pendant la même période, la population de la terre passait de 1.500 à 2.300 millions d’habitants, soit une augmentation de 50% environ."
(Castoriadis: "La consolidation temporaire du capitalisme mondial", Socialisme ou Barbarie No.3 – 1949)
Ensuite le GCI attaque (et il a raison) l’aspect moraliste du décadentiste, affirmant que
« Le mouvement communiste ne développe pas une "nouvelle morale prolétarienne", mais bien une anti-morale, la négation en acte de toute morale de classe) d’une décadence superstructurelle reflétant (en parfait matérialiste vulgaire qu’ils sont) la décadence des rapports de production. »
Bien que je considère que l’anti-morale est aussi une morale, la démarche du GCI est intéressante et j’avais moi-même fait la comparaison entre les propos moralisateurs du CCI et les témoins de Jéhova. Le GCI a aussi constaté cela:
"L’idéologie se décompose, les anciennes valeurs morales s’écroulent, la création artistique stagne ou prend des formes contestataires, l’obscurantisme et le pessimisme philosophique se développent". La question à cinq francs est bien qui est l’auteur de ce passage : Raymond Aron? Le Pen? ou Monseigneur Lefebvre...? eh bien non, il s’agit de la brochure du CCI: "La décadence du capitalisme" P. 34! »
Ensuite le GCI enfonce bien le clou, avec des exemples sur tous les aspects idéologiques du maintien du capitalisme, pour finir par cette conclusion, dans le pur style sentencieux du bordiguisme :
« Les visions décadentistes, dans leur essence méthodologique bourgeoise, négation de la dialectique matérialiste, culte du Progrès, de l’Evolution, de la Civilisation, de la Science, de la Morale... sont donc des conceptions étrangères au point de vue communiste et sont donc directement des entraves à la compréhension et à la pratique invariante du prolétariat luttant pour la défense de ses intérêts historiques. Hier, aujourd’hui, demain, les communistes défendent (et se caractérisent) par la défense de l’invariance du programme révolutionnaire: révolution sociale mondiale, dictature du prolétariat pour l’abolition du salariat, communauté humaine mondiale. »
Le GCI essaye ensuite de montrer en quoi, dès ses origines, le capital se présente comme être mondial , comme état mondial vis à vis du prolétariat . Sur ce point je suis en parfait accord avec le GCI, c’est d’ailleurs à ce titre que nous rejetons tous les nationalismes, droit des peuples, libération nationale de ma tante et mon cousin, etc., si bien démolis par Rosa Luxemburg. Le GCI à l’appui de ses arguments cite Marx:
"La découverte des contrées aurifères d’Amérique, la réduction des indigènes en esclavage, leur enfouissement dans les mines ou leur extermination, les commencements de conquête et de pillage aux Indes orientales, la transformation de l’Afrique en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires, voilà les procédés idylliques d’accumulation primitive qui signalèrent l’ère capitaliste à son aurore. Aussitôt après, éclate la guerre mercantile; elle a le globe entier pour théâtre. S’ouvrant par la révolte de la Hollande contre l’Espagne, elle prend des proportions gigantesques dans la croisade de l’Angleterre contre la Révolution française et se prolonge jusqu’à nos jours en expéditions de pirates, comme les fameuses guerres d’opium contre la Chine." (Marx: Le Capital)
De cette citation le GCI tire la conclusion suivante:
« Ce que Marx démontre ici magistralement, outre le fait de l’existence, depuis l’aurore du capitalisme, du marché mondial comme "théâtre" de la civilisation capitaliste, c’est le caractère directement impérialiste du capital, celui-ci n’ayant pas dû attendre telle ou telle date pour s’affirmer par le pillage systématique du globe; il n’a pas dû attendre un "stade suprême" pour être concurrentiel à l’échelle de la planète, c’est-à-dire: impérialiste. Autant l’essence du capital est mondiale, autant celle-ci est directement impérialiste. »
Ici le GCI est en pleine déviance, il confond la mondialisation de l’époque mercantile et coloniale et le concept d’impérialisme de l’époque du capitalisme impérialisme.
L'époque mercantile c’est exclusivement le pillage et le marché aux esclaves. J’avais d’ailleurs à ce sujet quelques divergences avec Loren Goldner et je ne suis pas mécontent que jacques W fasse aussi cette remarque. Le capitalisme impérialiste lui fut assimilé à l’exportation des capitaux et au partage du monde pour s’approprier les matière premières dont avait besoin la domination réelle du capital. Tant que le terme « impérialiste » se présentait comme un adjectif du capitalisme, afin d’en montrer la violence pour le partage du monde, il n’y avait pas lieu de remettre en cause ce terme. Mais dès lors que celui-ci devient un corps doctrinal surpassant le capitalisme ( son stade suprême), l’impérialisme capitaliste de Lénine où le capitalisme est ravalé au rang d' adjectif pour nous faire avaler « les luttes de libération nationales », nous ne sommes plus d’accord.
Ces deux époques (mercantilisme et capitalisme) semblent se confondre par la violence des interventions, mais elle sont bien distinctes en ce que la période bourgeoise se distingue de toutes les autres (et c’est la seule périodisation acceptable).
« Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l’époque bourgeoise de toutes les précédentes. »
(Le Manifeste communiste)
Cette distinction est la suivante:
"C’est la tendance nécessaire du capitalisme de se soumettre en tous points le mode de production, de le placer sous la domination du capital. Au sein d’une société nationale déterminée, c’est ce qui se produit nécessairement, ne serait-ce que par la métamorphose de tout travail en travail salarié par le moyen du capital. Pour ce qui est des marchés étrangers, le capital impose de force cette propagation de son mode de production par la concurrence internationale." (Marx: Grundrisse - Tome II)
Partant de la citation ci-dessus, le GCI va critiquer Rosa Luxemburg (notons qu’il ne reste plus beaucoup de groupes pour soutenir sa thèse des marchés extra capitalistes Peut-être Loren Goldner qui insiste beaucoup trop sur le pillage impérialiste. En ce qui me concerne le seul pillage qui m’intéresse c’est celui de la force de travail, les autres ne sont que des vols entre capitalistes ou le fait de brigands. Je passe donc sur toute l’argumentation du GCI à l’encontre de Rosa Luxemburg, pour ne garder que sa conclusion.
« Voir ainsi, dans les marchés dits "extra-capitalistes", le moteur même du développement capitaliste (car ces derniers seraient la "seule demande solvable" - thèse de Rosa Luxembourg), c’est essentiellement ne pas comprendre que le réel problème est la production nécessairement toujours plus importante de survaleur (et non sa réalisation) et, qu’ainsi, l’échange entre production capitaliste et production "extra-capitaliste" est un non-sens car elle signifie directement l’existence et la domination du marché mondial, elle signifie du fait même de cet échange la destruction (inexistence) des dits "marchés extra-capitalistes" qui, dans la thèse même de Luxembourg, disparaissent au premier échange. »
Vous remarquerez,
que la partie en gras,
isole une des manifestations du capital, pour l’opposer à une
autre : la réalisation de la plus-value. Ce faisant le GCI , et il
n’est pas le seul, bloque le mouvement même du capital à la
hauteur de la sphère de production d’autres, comme PI, arrêtent
ce mouvement à la hauteur de la circulation des marchandises (la
réalisation de la plus-value par la vente). La crise, puisque c’est
là notre sujet, pouvant se déclencher, selon la situation, à telle
ou telle étape des trois cycles de la métamorphose du capital.
« Les trois cycles ont le même but, le même stimulant : la production de plus-value. La forme de la figure 1 l’indique clairement ; il en est de même de la figure 11, qui commence par P, la, production de plus-value. Quant à la figure 111, le cycle commence par la valeur augmentée de plus-value, et finit par une valeur contenant une plus-value nouvelle, même si le mouvement se reproduit sur la même échelle.
Aussi longtemps que M - A est A - M pour l’acheteur, et que A - M est M - A pour le vendeur, la circulation du capital représente simplement la métamorphose ordinaire des marchandises, et les lois qui ont été développées à propos de cette dernière (vol. 1, chap. 111, 2) sur la quantité d’argent en circulation, s’y appliquent. Mais dès qu’on ne s’arrête plus à ce côté formel et q~’on étudie, dans leur connexion réelle, les métamorphoses des différents capitaux individuels considérés comme mouvements partiels de la reproduction du capital total de la société, on ne peut plus expliquer le phénomène par le simple changement de forme de l’argent et de la marchandise.
Dans un cycle se renouvelant sans cesse, chaque point est, à la fois, un moment initial et un moment final. Il n’en est pas de même d’un cycle interrompu, où chaque point ne marque pas le commencement et la fin d’un mouvement. Ainsi nous avons vu que, non seulement chacun des cycles présuppose (implicitement) les autres, mais que le renouvellement du cycle sous une forme implique son accomplissement sous les autres formes. La différence est donc entre eux purement formelle, purement subjective ; elle n’existe que pour celui qui l’observe.
Si l’on considère chacun des cycles comme une expression spéciale du mouvement qu’accomplissent différents capitaux industriels isolément, cette différence n’existe toujours que comme différence individuelle. Mais dans la réalité, chaque capital industriel se présente sous les trois figures à, la fois. Les trois cycles de reproduction du capital s’effectuent, sans interruption, l’un à côté de l’autre. C’est ainsi qu’une fraction du capital, fonctionnant comme capital -marchandise, se convertit en argent, pendant qu’une autre sort de la production pour entrer, comme un capital-marchandise nouveau, dans la circulation. Le cycle M’... M’est donc continuellement décrit et il en est de même des deux autres. La reproduction du capital sous chacune de ses formes et dans chacun de ses stades est aussi ininterrompue que les métamorphoses de ces formes et leur succession dans les trois stades. Le cycle total résulte ici de la combinaison de ses trois figures. » (CHAPITRE IV du Capital T 2-LES TROIS FIGURES DU PROCES CYCLIQUE)
Dans son mouvement le capital prend deux formes de circulation, celle du capital argent, et celle du capital marchandise, sa forme pendant le stade de la production est celle du capital productif, fabrication d’un produit . Ces trois formes de capital ne sont pas autonomes, elles ne sont « que des formes fonctionnelles particulières du capital industriel, qui les prend toutes les trois successivement » (T II p. 57ed. Moscou)
Il
en résulte,
que le cycle total du capital ne fonctionnera que pour autant que
chaque phase passe sans
interruption d’une phase à l’autre. Si au cours de son cycle une
phase se fige, c’est la crise.
Dans la phase A-M le capital argent se fige en trésor ; si
c’est dans la phase de production, les moyen de production sont
paralysés, et les ouvriers sans travail. Dans la dernière phase
M’-A’celle de la circulation des marchandises, celles-ci
s’amoncellent sans pouvoir se vendre. Par exemple pour le capital
marchandise, sa période de circulation est le moment où le produit
est mis sur le marché et prend la forme d’une marchandise. « Le
produit se transforme en marchandise grâce à cet élément
spatial » (Grundrisse,
chap. du capital, éd. 10/18, p. 51. L’élément spatial c’est le
transport).
En somme, la difficulté de convertir la marchandise en argent, d’en réaliser la plus-value par l’action de vendre, c’est que la marchandise doit obligatoirement être convertie en argent pour que la plus-value soit réalisée.
Par contre l’argent n’a pas besoin d’être aussitôt converti en marchandise. Il en résulte que la vente et l’achat peuvent être dissociés. C’est cette dissociation qui renferme les germes de la crise, parce qu’elle permet que les diverses phases de la circulation du capital se dissolvent et deviennent « autonomes ». La crise arrive alors comme l’acte violent visant à réunifier les différentes phases du procès de production, qui s’étaient rendues autonomes les unes des autres.
Dans la crise actuelle, c’est en premier lieu le caractère fictif du capital qui apparaît comme l’élément perturbateur de la crise (sa forme) et demain cette crise va se manifester au niveau des deux autres cycles du capital et donc à ce niveau du capital total. Tout ceci vient donc fortement relativiser les débats sur la crise catastrophique, le décadentisme, la crise finale...
Notre positionnement à Echanges, et l’ensemble de notre presse en témoigne, c’est de nous intéresser au mouvement même du prolétariat, seule force agissante pouvant mettre un terme tant à l’exploitation de l’homme par l’homme qu’à celui de la nature. Sur ce point nous partageons le point de vue de notre ancêtre A. Pannekoek.
❑
Passons maintenant à la critique du « décadentisme et demi » de Perspective internationaliste (PI), qui propose une variante assez subtile du décadentisme, sur plusieurs numéros de sa revue. PI explique sa vision du décadentisme, voir notamment « Valeur, décadence et technologie: 12 thèses ». A noter que Karl Korsch lui-même, dans son « Karl Marx », parle de « phase ascendante » du capitalisme, période où domine l’idéologie du « progrès » – ensuite on suppose une période descendante où la bourgeoisie elle-même doute de son avenir progressiste.
La thèse 2 de PI s’attaque au marxisme productiviste. La thèse 7 dit : « La décadence du capitalisme marque le point , dans la transition de la domination formelle à la domination réelle du capital, » « A ce moment historique, le capitalisme est devenu un facteur destructeur dans la vie de l’espèce humaine, restreignant ses potentialités et condamnant des masses de plus en plus grandes de l’humanité à l’insécurité, à la misère et à la mort. » La thèse 8 considère, contrairement au CCI, « que les forces productives, ne décroît pas dans la phase de décadence; c’est tout le contraire, même si l’expansion frénétique de la richesse matérielle ne s’accompagne pas d’une expansion de même ampleur de la richesse sous forme de valeur .»
La thèse 9 fait cohabiter déclin , décadence, développement des forces productives et « crise catastrophique du capitalisme, à la fois en termes de déclin du taux de profit et d’incapacité à réaliser la plus value produite ». Ce que le GCI – nous venons de le voir – conteste en disant « que le réel problème est la production nécessairement toujours plus importante de survaleur (et non sa réalisation) ».
La thèse 11- révèle le fond de la pensée de PI :
« En lieu et place de ce marxisme vulgaire ou productiviste, idéologie du capitalisme, et sur la base des idées de Marx lui-même, il nous faut élaborer un concept de la décadence du capitalisme comme forme de régression sociale accompagnée d’un “progrès” technologique, qui en l’absence de révolution sociale et de l’abolition de la production de valeur, contient la possibilité objective et réelle d’une destruction écologique massive, d’un génocide industrialisé et d’une guerre thermonucléaire, qui tous constituent des menaces pour l’existence même de l’espèce humaine. »
Ici , PI fait cette énorme confusion, que l’on retrouve aussi dans le récent livre de Claude Bitot Quel autre monde possible ? Retour sur le projet communiste, entre le « marxisme-léninisme productiviste » menant une révolution économique bourgeoise, sous l’oriflamme du communisme, et toute la démarche de Marx et Engels , contre la « machine « cette concurrente de l’homme, ses forces productives qui se transforme en force de destruction ...
Pour mémoire trois citations:
Contre la machine « La machine possède le merveilleux pouvoir d’abréger le travail et de le rendre plus productif : nous la voyons qui affame et surmène les travailleurs. Par l’effet de quelque étrange maléfice du destin, les nouvelles sources de richesse se transforment en sources de détresse. Les victoires de la technique semblent être obtenues au prix de la déchéance totale. A mesure que l’humanité se rend maître de la nature, l’homme semble devenir esclave de ses semblables ou de sa propre infamie. On dirait même que la pure lumière de la science a besoin, pour resplendir, des ténèbres de l’ignorance et que toutes nos inventions et tous nos progrès n’ont qu’un seul but : doter de vie et d’intelligence les forces matérielles et ravaler la vie humaine à une force matérielle. Ce contraste de l’industrie et de la science modernes d’une part, de la misère et de la dissolution modernes d’autre part- cet antagonisme entre les forces productives et les rapports sociaux de notre époque, c’est un fait d’une évidence écrasante que personne n’oserait nier. Tels partis peuvent le déplorer ; d’autres peuvent souhaiter d’être délivrés de la technique moderne, et donc des conflits modernes. Ou encore, ils peuvent croire qu’un progrès aussi remarquable dans le domaine industriel a besoin, pour être parfait , d’un recul non moins marqué dans l’ordre politique. »
(Extrait d’une allocution prononcée par Karl Marx, le 14 avril 1856, à , l’occasion du quatrième anniversaire de l’organe chartiste People’s Paper, qui en reproduisit le texte)
Contre l’exploitation de l’homme et la nature « Ainsi donc, la production fondée sur le capital crée d’une part l’industrie universelle, c’est-à-dire le surtravail en même temps que le travail créateur de valeurs; et, d’autre part, un système d’exploitation générale des propriétés de la nature et de l’homme. »
(Marx, Grundrisse 2 .Chapitre du capital, éd. 10/18 p.214-215)
Forces de destruction« Dans le développement des forces productives, il arrive un stade où naissent des forces productives et des moyens de circulation qui ne peuvent être que néfastes dans le cadre des rapports existants et ne sont plus des forces productives, mais des forces destructrices (le machinisme et l’argent), — et, fait lié au précédent, il naît une classe qui supporte toutes les charges de la société, sans jouir de ses avantages, qui est expulsée de la société et se trouve, de force, dans l’opposition la plus ouverte avec toutes les autres classes, une classe que forme la majorité des membres de la société et d’où surgit la conscience de la nécessité d’une révolution radicale, conscience qui est la conscience communiste et peut se former aussi, bien entendu, dans les autres classes quand on voit la situation de cette classe. »
(L’Idéologie allemande, Editions sociales, pages 67-68 : « Feuerbach l’opposition de la conception matérialiste et idéaliste ».)
Si
PI a le mérite d’avoir remis en avant la contradiction entre
valeur d’usage et valeur d’échange, par contre dire que les
idées de Marx sont à l’origine des thèses productivistes, c’est
ne pas comprendre le rôle dual du MPC (sa dialectique). Et qui plus
est, c’est plagier Marx en prétendant le dépasser , ce que fait
aussi Claude Bitot . Quand Bordiga repris la critique de la
destruction de la nature par le MPC, il n’a pas été au point de
rupture d’un Camatte qui en est arrivé à considérer que la
contradiction fondamentale n’était plus entre les forces
productives et les rapports de production se manifestant par la
contradiction bourgeoisie-prolétariat. Les forces productives
devenant une menace pour « l’espèce humaine » 1
hors classe. Ici on cherche à faire disparaître la contradiction
fondamentale au profit de l’intérêt commun des prolétaires et
des bourgeois à « limiter les forces destructives du
productivisme » . Voilà donc le glissement de terrain dans
lequel, le marxisme délavé par l’écologisme se trouve embourbé,
pour avoir nié la dialectique, ici la dualité du MPC qui en tout
moment est contradiction en acte « richesse à un pôle, misère
à l’autre pôle » – impossible sans dépassement,
sans saut qualitatif, de surmonter la contradiction. Seul un
Proudhon,
s’ingéniait à trouver des solutions pour éliminer le mauvais
côté du capital. Depuis il ne cesse avec la crise de faire des
petits.
Passons pour en finir à un petit exposé sur la crise actuelle.
Les manifestations de la crise financière
Nous
savons tous ici,
que sous le capitalisme marchand et industriel, le crédit n’a
qu’un rôle purement technique, il n’est qu’une avance sur des
ventes, ou sur une production, future. C’est la mévente des
marchandises qui le fait apparaître comme «superflu», comme de
l’argent qui n’a pas d’équivalent dans une valeur réalisable.
Avec le
développement du capitalisme financier, et son autonomisation
relative, le crédit devient le moyen d’anticiper des productions
futures et d’autovaloriser l’argent. Marx utilisera la formule selon laquelle l’argent doit
rapporter de l’argent comme le poirier des poires. A partir de ce
moment, la boîte de Pandore de la spéculation est ouverte et le
capital financier apparaît comme escroc et prophète.
Quand la crise éclate, ce n’est pas seulement la surproduction, le caractère fictif des marchandises (leur non-validation sociale) qui fait apparaître celle des signes monétaires qui leur sont rattachés. Cela arrive toujours bien sûr, comme dans les crises immobilières et, plus proche de nous, par la sournoise crise des subprimes (2007-2008...). Mais c’est le plus souvent le caractère fictif du «produit financier» qui apparaît à ce moment . Ce produit n’est rattaché aux marchandises par des combinaisons de crédits qui se superposent et qui doivent être remboursés à une date donnée. Ici la crise surgit en raison de l’impossibilité, non seulement de vendre les marchandises, mais encore de réaliser toute une série de paiements fondés sur la vente de ces marchandises déterminées dans un délai précis. C’est la forme propre aux crises financières et monétaires.
C’est l’auto-accroissement de la valeur financière qui s’interrompt parce que les anticipations à la hausse qui l’entretiennent sont stoppées pour une raison quelconque (une hausse des taux d’intérêt, l’insolvabilité de quelques banques ou pays gros débiteurs, la hausse des prix du pétrole, ou n’importe quoi qui puisse déclencher des ventes de «précaution» massives de titres et une panique).
Le gonflement de la masse des titres financiers étant alimenté par celui du crédit (notamment la dette publique, crédit fait à l’Etat), et démultiplié par les «effets de levier» des «produits financiers» modernes, comme les CDS ou autres CDO 2. La valeur de ces produits est pour une large part fictive, et dans la mesure où elle n’est fondée sur aucun travail matérialisé, objectivé dans une marchandise, sa dévalorisation ne fait que sanctionner sa valorisation virtuelle (évaluée dans la crise actuelle par Patrick Artus à 26 000 milliards de dollars), capitalisation de revenus hypothétiques, voire simple pari sur l’évolution de «notions» (taux, indices, etc.).
Il en résulte
que contrairement à l’époque du capitalisme marchand et
industriel, ce ne sont plus des marchandises produites qui sont
dépréciées dans un premier temps, ce sont les valeurs de papier,
la monnaie... Ce n’est pas du travail matérialisé qui n’est pas
socialement validé (mévente, surproduction), c’est du capital
fictif qui est constaté comme tel, comme n’étant pas valorisé.
Mais le capital étant global, c’est tout le procès de
valorisation/ dévalorisation, du capital (financier, productif,
commercial) qui se trouve dévalorisé. C’est pourquoi la crise
financière, qui débute,
par des krachs boursiers et monétaires, est toujours une crise du
capital total (ce que je disais de la crise Argentine de 2001).
Toute
crise provoque des réactions en chaîne, visant à protéger le
« vrai argent » sonnant et trébuchant. Seulement même
si certains le pense encore, l’or n’est plus la valeur refuge.
Elle est ravalée à n’être qu’une marchandise comme les autres.
Seuls les titres des Etats puissants, et ceux des quelques gros
trusts qui apparaissent comme des valeurs sûres. Ces valeurs refuges
seront donc essentiellement les titres américains, japonais et
accessoirement européens, dont la fonction est de remplacer l’or
dans ses fonctions de conservation de la valeur (voir la récente
poussée du Yen). A contrario, les titres et les monnaies des pays
dont les capacités de captation de la richesse sociale sont plus
faibles s’écrouleront (cas actuel des pays dits émergents, en
fait dépendants) et la dette du tiers monde,
remonte à la surface.
Dire que la crise se manifeste d’abord dans la sphère financière (c’est l’une des forme de la crise de l’époque actuelle), c’est dire que ce sont d’abord ses institutions, les Banques, les Bourses,les assurances mais aussi les monnaies et titres monétaires des Etats, qui sont atteints, ceux-ci étant les principaux représentants du capitalisme financier.
Les cours des actions chutent. Des banques se trouvent mises en péril par l’insolvabilité des débiteurs, leurs fonds propres étant bien inférieurs à ces crédits évaporés (et d’ailleurs pour une large part constitués de titres financiers maintenant dévalorisés). Et comme elles sont toutes liées les unes aux autres par des créances réciproques, c’est l’ensemble du système bancaire qui menace de s’écrouler comme un château de cartes (le fameux risque systémique des subprimes et CDS). Quant aux Etats en crise qui ne peuvent plus rembourser leurs dettes, d’autant moins que les capitaux les fuient, ils doivent déclarer la banqueroute (comme l’Etat argentin en 2001, et actuellement l’Equateur et l’Islande...), dévaluer leur monnaie, c’est-à-dire dévaloriser le patrimoine national, ou s’en remettre au FMI. Les entreprises de ces nations deviennent alors des proies faciles, acquises à bon compte par les trusts étrangers les plus puissants, ce qui accentue la concentration/ centralisation du capital.
Les pyramides de crédits ont manifesté le caractère fictif des procès de valorisation auxquels elles servaient de base en se transformant en un océan de pertes. Les banques croulent sous les créances irrécouvrables ou douteuses qu’elles doivent provisionner en y affectant leurs ressources, diminuées, et jusqu’à leurs fonds propres, eux-mêmes constitués d’actifs maintenant dévalorisés. Bref, ces fonds fondent, et avec eux la capacité de crédit. C’est ce qui vient de se passer avec la crise des subprimes et qui nécessitera l’intervention des Banques centrales et des Etats qui injecteront des milliards de liquidités, pour sauver la représentation du capital (l’argent).
Ce n’est pas qu’il n’y a pas assez de «liquidités», comme le prétendent les économistes, mais qu’elles ne circulent plus (les banques doivent provisionner à tout va, les entreprises ne veulent plus investir, etc.). Et comme tout le système capitaliste repose sur le crédit, il se produit une brutale contraction des affaires. Elle est démultipliée par la baisse généralisée des prix entraînée par cette contraction (déflation), ainsi que par la baisse de la consommation (due au chômage qui se développe, à l’arrêt des investissements, au comportements d’épargne de «précaution» des détenteurs d’argent).
Lorsque le krach financier se déclenche, c’est le mouvement classique de la crise qui se produit : écroulement du prix des «marchandises», fuite devant les signes qui les représentent, et précipitation vers le «vrai» argent, celui qui est censé être la valeur conservée. Nous avons pu vérifier, récemment que la hausse du prix des matières premières n’a été que de courte durée, pour la bonne et simple raison, que celle-ci était un élément dévastateur du taux de profit (voir Le Capital, t. 3, chap. VI : « Effets des changements des prix »]).
Fin provisoire, il faudrait enclencher la discussion sur les racines de la crise (valeur d’usage, valeur d’échange et l’argent comme équivalent général) ce qui nous amènerait directement aux portes du communisme .
Gérard Bad
notes
1Il
faudra revenir, sur ce concept, philosophique que l’on chercher
à introduire dans l’économie , mais aussi dans la lutte des
classes. Camatte, dès 1974, abandonne le sujet de l’histoire –
le prolétariat – au profit de formules générales : « les
hommes et le femmes » les « être humains »
« l’espèce et la communauté humaine », la
« multitude » pour d’autres, en fait la dissolution
du prolétariat dans le peuple si décriée par Marx. En fait le
retour au matérialisme philosophique.
2 CDO (collateralized Debt Obligations): Titres adossés à des portefeuilles de créance diverses (créance bancaire, crédit immobilier, crédit à la consommation, etc..)
04 juillet 2009
Bangladesh: émeutes de prolétaires.
Bangladesh: L'industrie de l'habillement aux prises avec de nouvelles émeutes de prolétaires.
29
juin 2009-Dans la zone industrielle de la banlieue de Dhaka, les
émeutes sont montées à de nouveaux sommets. Des milliers de
travailleurs ( environ 50 000) ont manifesté leur colère en se
dirigeant vers Dhaka Export Processing ,Zone où de nombreuses usines
sont situées. La police a bloqué la manifestation et les
affrontements ont commencé , gaz lacrymogènes et balles en
caoutchouc .Il est fait état de 100 travailleurs blessés.
D'
autres travailleurs , qui ont rejoint les manifestants, les ont
informé que le travail se poursuit normalement à l'usine de Groupe
Hamim complexe. Vingt mille ouvriers ont donc commencé à marcher
vers ce complexe pour y déclencher la grève. Comme le nombre de
manifestants dans la région est passé à 50.000 , les forces de
sécurité ont été tout simplement dépassés; de Dhaka District de
police a dit: «400 policiers supplémentaires était à l'avant
garde des grandes usines. Nous avons essayé de notre mieux pour
disperser la foule, mais ils étaient trop nombreux " , Une
vidéo sur internet montrait une situation semblable en Chine, ou la
police fut mise en déroute totale pas la submersion du nombre.
On
signale que certains « travailleurs » (on ignore si ces
travailleurs sont les travailleurs du vêtement de sécurité ou de
l'usine et / ou de la gestion du personnel ); tentèrent de défendre
l'usine et se sont heurtés avec les manifestants alors qu'ils
s'approchaient .Les manifestants reprochaient aux ouvriers de la
Hamim complexe de ne pas avoir rejoint la protestation consécutive à
la mort de deux travailleurs du vêtement abattu par la police.
Finalement les travailleurs divisés en petits groupes prennent
d'assaut le complexe dans la matinée. Ils aspergeront les bâtiments
avec de l'essence, trois usines de vêtements, deux usines de
lavage, deux entrepôts de tissu ... plus de 8000 machines, une
énorme quantité de confection, de tissus, trois bus, deux
camionnettes de ramassage, deux minibus et une moto ont tous été
réduits en cendres.
Une fois les bâtiments en feu, les
émeutiers vont bloqués l'autoroute pour que les services d'incendie
ne puissent intervenir et stopper les incendies et ce jusqu' à ce
que les bâtiments soient réduits en cendres. Pendant ce temps, des
groupes issus d'autres travailleurs sillonnaient la zone et ont
attaqué et saccagé 50 usines et 20 véhicules. Une épaisse fumée
noire pouvait être vu au dessus de la ville.
Bien que dans
des déclarations publiques, les patrons de vêtements ont tenté de
maintenir la confiance en jouant de la santé économique de
l'industrie, il semble que certaines entreprises commencent à
ressentir le pincement de la crise économique.
C' est la fermeture des unités de S
Suhi Industrial Park Ltd qui a été au centre de la plus récente
agitation ouvrière des usines de vêtements dans les zones Ashulia
et Savar. Les travailleurs des unités fermées de même que d'autres
travailleurs mal rémunérés à proximité de certaines usines, qui
ne vont pas si bien, ont lancé un mouvement de réouverture des
unités et de revalorisation des salaires. A défaut de retrouver un
emploi, ils ont commencé à s'unir et à menacer d'arrêter la
production d'autres usines. La crise économique mondiale augmente
déjà la pression de conditions de travail, baisse des salaires
réels / pouvoir d'achat due à l'inflation et la réalité ou la
menace du chômage, au Bangladesh, une baisse de revenus est un pas
de plus vers la famine, de nombreux travailleurs du vêtement sont en
permanence sous-alimentés. Mais ce qui inquiète le plus la classe
dirigeante, c' est la propagation de cette lutte de classe à d'
autres régions, notamment la ville portuaire de Chittagong, un
autre centre de l'industrie du vêtement, avec 700 usines. La
sécurité a été renforcé par une surveillance spéciale de
Chittagong du fait du contexte de violence dans les usines de
confection de Dhaka.
( sources diverses)
03 juillet 2009
Dans le monde une classe en lutte- juin 2009
Dans le monde une classe en lutte- juin 2009
1°)-LES DIFFERENTES FORMES D’IRRUPTION DE LA VIOLENCE DE CLASSE DANS LE MONDE
La grève, sans plus
La grève sauvage et les grèves de solidarité
Les dirigeants séquestrés
Le sabotage
Le blocages d’usines, de dépôts, d’axes routiers ou ferroviaires par des piquets de grève ou des manifestations
Quand les militaires s’en mêlent
Les occupations de tous bâtiments (usines, bureaux, lieux publics…)
Manifestations sociales ou sous couvert politique. Émeutes conséquentes
Quand il est dangereux de faire grève ou quand on a tout épuisé
Trouver d’autres formes de lutte
Trouver d’autres organismes de lutte
2°)-UNE AUTRE PRESENCE DES LUTTES LE TISSU DES RESISTANCES
3°)-LES BATAILLES AUTOUR DE L’IMMIGRATION
4°)-LA REPRESSION DEVIENT GENERALE ET S’ETEND A TOUS LES DOMAINES
5°)-LA FONCTION DES SYNDICATS :-AMENAGER LA CRISE POUR SAUVER LE CAPITAL
6°)-LES RAVAGES DU CAPITAL
http://www.mondialisme.org/spip.php?article1302
02 juillet 2009
Equipementiers:les autorités allemandes dénombrent 45 faillites d'équipementier depuis novembre 2008
Infobref
-2 juillet 2009 N° 258
Secteur automobile
Alors que de sources officielle , les autorités allemandes dénombrent 45 faillites d'équipementier depuis novembre 2008, la liste s' allonge elle aussi en France. L' équipementier Sonas Automotive, vient d' être repris par le groupe Halberg, un sous traitant automobile qui emploi 4300 salariés ( France et étranger). Le nouveau propriétaire n' a pas caché qu'il entendait réduire les effectifs de 850 actuellement à 593. Les salariés licenciés, ont obtenu du tribunal des indemnités de l' ordre de 18 000 euros plus 400 euros par année d' ancienneté. Pour ceux de New Fabris, un spécialiste d'usinage de pièces pour PSA et Renault, la liquidation judiciaire a été prononcée et du même coup c' est 366 salariés qui recevront leur lettre de licenciement de cette entreprise de Châtellerault. Ceux de Heuliez, ont voté la fin de la grève, après avoir découvert dans la presse les repreneurs potentiels de l' entreprise, un plan social est tout de même envisagé en fonction du repreneur.
Michelin, quant a lui vient de confirmer (17 06 2009) son intention de réorganiser son secteur, il va mettre en place un nouveau plan social prévoyant la suppression de 1093 emplois. Les plus touchés sont ceux du site de Noyelle-lès-Seclin, dans le Nord de la France qui seront ventilés sur d' autres sites.
En Allemagne, Opel à réussi à obtenir que les salariés renoncent à une partie de leur salaire ( leur prime de vacances) afin d' acquérir des participations de l' entreprise.
Nuevo exito de la huelga general en el sector del metal, que colapso todos los accesos a la factoria de Citroen
Extraits traduits du Gallicien( Galego) :
Nouveau succès de la grève générale dans le secteur de la
métallurgie qui a entraîné le blocage de l'usine Citroën de Vigo:
infos diffusées par la C.I G.
Dix-septième jour de grève.
Les ouvriers en assemblée votent pour une manifestation à St
Jacques de Compostelle( Santagio de Compostela) le lundi 29 juin.
Au
dix-septième jour de grève plusieurs milliers de travailleurs
ont bloqué les accès de Citroên-partiellement - et bloqué
totalement la circulation sur l'avenue où est situé cette usine.
la
manifestation et le blocage sont à la seule initiative de C.I.G.,
les CCoo et UGT préférant jouer aux jaunes ( galego: esquirois; esp
: esquiroles; ang : squirrel; fr : écureuil...)
Présence de plus
en plus massive des policiers
Piquets à Citroên : dès six
heures du matin malgré la présence massive des forces de l'ordre
qui ont réussi à empêcher la formation de piquets près de
l'usine. Les policiers étaient sur place depuis quatre heures du
matin et ont arrêté un ouvrier manifestant puis l'ont relâché.
Petite charge à Metalship
Forte présence des piquets à Metalship, arrêt de travail des
ateliers de cette usine, charge brutale des forces de l'ordre qui ont
tenté à coups de matraques et de balles caoutchouc de disperser les
piquets et ont opéré plusieurs arrestations.
Assemblée à
Barreras
A partir de neuf heures du mat jonction des
piquettistes à Barreras pour assemblée. Présence du secrétaire
confédéral pour les négociations collectivesl de C.I.G. Rappel par
le syndicalistes de la lutte de 2007, où des peines de prisons ont
été prononcées contre les grévistes ce qui a entraîné une
division syndicale.
Rupture de l'unité syndicale
Rappel de la position de C.I.G. sur les heures sup.en semaine et pour les week-end: pas d'heures sup tant que le patronat n'aurait pas de propositions concrètes, décision prise après deux mois de tergiversations patronale ; CCoo et UGT se sont abstenus à ce sujet. Le secrétaire confédéral a insisté sur l'attitude négative des deux syndicats et appelé à la reprise unitaire des actions.
Marche sur Compostelle/ Métal en lutte
Programmé pour ce
lundi 29 juin .
Manif en ville ( Vigo).
Délégation des travailleur/euses de l'Hôpital Général de Cies en soutien aux métalos.
Heurts devant Citroën . Nouvelles charges policières ;
rassemblement devant Citroën
Succès du blocage des avenues ;
retour à l'unité.
La
rencontre internationale des travailleurs de l'automobile (CITA) qui
va se tenir à Hanovre du 15 au 18 octobre se rapproche. Une fois
l'été passé, nous rentrerons dans la phase finale d'organisation
concrète du déplacement à Hanovre.
Dans le cadre de
la préparation à cette rencontre internationale, une
délégation de travailleurs de Daimler Benz d'Allemagne sera de
visite à Paris le week-end des 3, 4 et 5 octobre avec deux
temps forts :
-
Vendredi
3 juillet
sur le parking de PSA à Aulnay à la relève des équipes (14h)
-
Samedi
4 juillet
pour une rencontre et débats, à 15h à la Bourse du Travail de
Saint-Denis (M° Porte de Paris)
Prestataires de service
Le centre d' appels téléperformance le Mans en grève pendant 9 jours
( extrait la FEC FO)
Après neuf jours d’arrêt de travail à Téléperformance du Mans, les grévistes ont dû, ce lundi 4 mai, forcer le barrage des vigiles, investir les locaux et bloquer la direction face à l’intransigeance de celle-ci sur la revendication de la généralisation de la prime objectivée à tous les salariés.
Rappelons que la revendication à l’origine de la grève était celle de l’attribution d’une prime fixe de 600 euros.
La direction générale de Téléperformance France a, dès le début du mouvement, opposé son veto à toutes négociations sur la fixité de la prime, préférant engager un véritable bras de fer avec les salariés, escomptant ainsi sur leur épuisement financier et physique.
Assurances
Aux AGF, des licenciements...qui ne disent pas leur nom
( extrait du bulletin du Syndicat Démocratique des Employés Mécontents) SDEM.du 2/7/2009
On nous avait servi la cuisine du « zéro licenciement » en février 2008 à l’annonce de la fermeture de Reims, Montpellier, Nice et Grenoble prétendant qu’il ne fallait pas s’inquiéter car tout se passerait bien avec de bonnes négociations.
Eh bien, force est de constater qu’il n’en est rien, au moment où l’on nous annonce par mail «actualités opérations» la fermeture de Nice dans des termes plus que douteux : « Je tiens tout particulièrement à souhaiter aux collaborateurs qui s'engagent dans un nouveau départ, au sein de l'Entreprise ou en-dehors, une pleine réussite dans leur futur projet. »En effet, si certains s’en tirent correctement, combien de nos collègues sont aujourd’hui «en dehors» des AGF sans qu’ils ne soient aucunement volontaires ? Combien y a-t-il exactement de salariés licenciés sur les sites qui ferment ? Très difficile à savoir.
Un exemple : Reims. La fermeture a eu il y a trois mois le 30 mars. On devrait donc tout savoir avec précision sur ce site où il y avait 71 salariés. Si l’on prend la revue (N°63 04/09) de l’amicale des retraités AGF qui a suivi l’affaire de près, on a 40 retraites, pré-retraites ou « négociations », une dizaine de mobilités sur Paris, une sur Châlons-en-Champagne et 10, ayant opté pour une « démission » (!) faute de solutions adéquates. On pourra penser que la revue est mal renseignée ?
Prenons donc les chiffres « officiels » de la DRH centrale à la réunion de CEC du 25 mai (Plan d’adaptation : point d’avancement de la mise en œuvre sur le volet RH) : sur 71 salariés, 16 préretraites, 12 mobilités acceptées, 2 départs volontaires, et 41 « notifications », rubrique fourre tout dans laquelle la direction met à la fois des seniors qui préfèrent être licenciés et aux Assedic qu’en préretraite, et des salariés qui se retrouveront chômeurs. Donc combien de licenciés ?
On ne sait pas exactement.
La direction a choisi le brouillage et l’opacité pour mieux dissimuler ses sales coups !
Informatique : surmenage et salariés prestataires virés !
Fin 2007, les études informatiques furent scindées en deux directions : DSI (Directions de Systèmes Informatiques) chargés des études, et Direction du Développement, chargée de la réalisation. L’objectif annoncé était une optimisation du travail mais pour beaucoup d’entre nous, le travail fut parcellisé, les équipes éclatées. Cette restructuration semblait un préalable à l’externalisation à terme du développement informatique.
Cette nouvelle organisation nous avait été « vendue » à « iso effectif » (effectif sans changement) par la direction mais dès le début, les effectifs des équipes ont diminué, avec, au mieux, remplacement par des salariés en contrats de prestation. Et la direction a engagé jusqu’en 2010 un plan de 29 suppressions de postes à la Direction du Développement mainframe, avec convocations individuelles à la DRH pour susciter, obliger parfois, à la mobilité, interne ou externe aux AGF. En même temps s’est ajouté au travail réel une couche exacerbée de tâches bureaucratiques, souvent artificielles :
Coaching, « reporting », « validationning », autant de temps passé pour conforter l’autosatisfaction des dirigeants d’AGF dans leur politique !
Et maintenant, c’est l’arrêt précipité des contrats d’une centaine de prestataires en informatique qui est annoncée pour début Juillet 2009.
Il s’agit bien à nouveau de réelles suppressions de postes à l’informatique déjà complètement surchargée, puisque ces salariés de sociétés prestataires effectuent de fait le même travail que les salariés AGF. C’est un sale coup pour eux et cela signifie le report du travail sur ceux qui restent. L’avenir n’est pas dans la réduction du nombre d’informaticiens et le camouflage de la dégradation des conditions de travail, mais au contraire dans l’embauche de nombreux jeunes etde tous les prestataires qui le souhaitent !






