nucl_aireLa question de l' approvisionnement énergétique a toujours été au centre des conflits de ce monde, et cette situation ne fait que se tendre avec la raréfaction de cet approvisionnement. Sous le couvert de la lutte contre le Co2, de l' effet de serre et du retournement catastrophique du climat, les écolos reprennent du service.

Il faut tout de même se souvenir, que la tête de liste des verts de l' époque (1999) Daniel Cohn-Bendit, allait approuver la guerre contre la Serbie, et  les bombardement de l' OTAN. De ce fait, les verts portèrent pendant un temps le non évocateur de « vert Kaki » ou « vert de gris »1. Bien entendu nous ne mettons pas tous les écolos dans le même sac, mais nous voulons ici montrer les dérives possible de ce mouvement à face multiple.

Sarkozy lui-même se déguise en vert lorsqu'il s' agit de placer les centrales nucléaires françaises, « les plus sures et fiables »de la planète,  qui ne produisent pas ( argument fallacieux)2 de Co2. Sarkosy n' est pas seulement le représentant de commerce de la France, il vise plus loin. Tout le monde un peu informé sait que lui et l' UMP représentent les entreprises du CAC 40, et parmi elles deux sont directement intéressées par la diffusion du nucléaire dans le monde ( AREVA et Bouygues.)

Lors d' une réunion de l'OCDE, et devant 65 représentants de pays, Nicolas Sarkosy, à prononcé un discours offensif pour imposer, au non de la « protection de la planète » le nucléaire français. Pour me président de la république,«  L' antériorité de la France  ( dans ce domaine) ne nous donne pas de privilège, mais un devoir: celui de partager notre expérience avec tous les pays qui veulent accéder ou relancer le nucléaire. C' est clairement notre volonté ». Pour le gouvernement français, il ne fait aucun doute que le nucléaire entre dans l' ère de sa renaissance, et mieux qu'il doit être le ciment d' une nouvelle solidarité internationale. La solidarité en question, c'est d'acheter français, et  Sarkosy ne cache pas les visées hégémonique de la France dans le domaine nucléaire. Dans cette optique , il a demandé à l' AIEA de mettre en place une « grille d' analyse » des réacteurs proposés actuellement, selon leur degrés de sûreté et non plus sur des critères de prix.

      Mais le nucléaire  et sa diffusion est ce qu'il y a de pire pour les générations qui viennent, il n'y a qu' à prendre la dernière catastrophe en date en Allemagne.

« L’ancienne mine de sel d’Asse, dans le Nord de l’Allemagne, qui accueille depuis plus de 40 ans des déchets nucléaires de faible et moyenne activité à vie longue (FAVL et MAVL) est à nouveau au cœur d’un scandale passé sous silence en France. Dès les premiers dépôts, ce « centre de recherche modèle », présenté comme parfaitement étanche, était déjà sujet à des infiltrations d’eau. Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 12 m3 d’eau qui pénètrent chaque jour dans la mine ; des affaissements ont déjà eu lieu, les galeries fragilisées menacent de s’effondrer sur les déchets et la saumure dans laquelle baignent les fûts risque à moyen terme de contaminer les nappes phréatiques et les sols d’une région entière. Notons enfin la présence de 28 kg de plutonium (dont 10 microgrammes suffisent à tuer un être humain) au milieu des déchets de faible et moyenne activité… La catastrophe est imminente, plus seulement pour d’hypothétiques générations futures, mais dans les décennies à venir !

Devant cet état de délabrement dénoncé depuis des années par les populations locales, le Ministre de l'environnement et de la Sûreté Nucléaire Norbert Röttgen (CDU, conservateur) préconise comme réponse provisoire de retirer de l’ancienne mine les 126 000 fûts, dont on ignore l’état de corrosion. Dix années au moins seront nécessaires pour cette opération, dont le coût est estimé par les autorités à 3,7 milliards d’euros. Les associations appellent à mettre en œuvre au plus vite cette option, la « moins pire de toutes ». Toutefois, elles soulignent que le problème des déchets n'en sera pas réglé pour autant, et continuent de dénoncer une gestion irresponsable. » Source « Sortir du nucléaire »

Mais voilà on préfère nous parler, d' une météorite qui pourrait percuter la planète, alors que le danger vient d' une volonté politique qui à terme menace  le vivant. Aujourd' hui se dire écolos va poser quelques problèmes, la voiture électrique aura besoin de recharger ses batteries, donc la demande en énergie électrique va exploser et favoriser le tout nucléaire3. Il ne faut donc pas s'étonner qu'un rapport piloté par Patrick Ollier, le président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée, remet en question le programme des éoliennes en France. En Grande -Bretagne, c'est la production d' éoliennes fabriquées par Siemens qui s'impose avec la construction prochaine d' une usine de fabrication d' éoliennes qui propulsera le conglomérat industriel comme  leader mondial en la matière. 

Nous voyons ici, qu'il est inutile de nous parler du biens des générations futures sans une remise en cause définitive du nucléaire. Comme celui-ci prétend devenir la source énergétique principale de l' économie marchande,il est impossible de résoudre les  problèmes de l' environnement sans en remettre en cause la détermination centrale, à savoir le mode de production marchand. L 'écologie politique, bien qu'elle se présente comme animée de buts « humanitaires » se retrouve toujours ficelée dans le monde de la marchandise, et se traîne à la remorque des industrie dépolluantes autrefois polluantes. La vieille société marchande en crise fait sa toilette, mais elle a cette particularité d'asservir et d'appauvrir les pôles qui la font vivre et l' enrichissent à savoir la nature et l' homme autrement dit la terre et les prolétaires.

« La grande industrie et la grande agriculture mécanisée agissent de concert. Si à l' origine, la première tend à ravager et à ruiner la force de travail, donc la force naturelle de l' homme tandis que la seconde s' attaque directement à la force naturelle de la terre, elles finissent par se conjuguer dans leur marche en avant: le système industriel à la campagne affaiblit également les travailleurs et, pour leur part, l'industrie et le commerce procurent à l' agriculture les moyens d' épuiser la terre. »

(K. Marx ,Le Capital III,6, Pléiade t.2 p.1424)

 

GB le 8 avril 2010

NOTES

1-Je ne comprends plus les Verts. Leur non-violence a fait long feu. Des années de débats internes, de travail des commissions, de vote de résolutions appelant à la résolution non-violente des conflits ont été oubliées par manque de courage politique. La non-violence, c'est aussi avoir le courage d' être minoritaire face à l'hystérie collective. Si rentrer dans les institutions et devenir réaliste veut dire s'asseoir sur tous les principes y compris l'éthique écologiste, je préfère rester à la base et à l'écoute de la rue. Comment être écologiste et appeler à corps et à cris des bombardements ou des interventions musclées contre des peuples comme le fait le candidat va-t-en guerre des Verts? Heureusement que la base des Verts ne suit pas toujours, et que les discussions continuent dans les régions.

 

 

Ginette SKANDRANI

Texte paru dans Basta ! journal de marche zapatiste N°2 de mai 1999

 

2-Le nucléaire recèle en effet d’importants coûts énergétiques cachés, et les émissions de CO2 de l’ensemble de la filière sont loin d’être négligeables. Ces coûts énergétiques sont liés à l’exploitation, au raffinage et à l’enrichissement du combustible (l’uranium-235), à la fabrication des assemblages combustibles, à la construction, au fonctionnement et au démantèlement des centrales, au conditionnement et au stockage des déchets… L’énergie nécessaire à ces opérations est en grande partie obtenue à partir de sources d’énergie fossiles.

3-L' AIEA, Agence internationale pour l' énergie atomique, vient d' annoncer que 58 pays ont des projets de se doter pour la première fois de réacteurs. L' état d' Israel cherche aussi à acheter une centrale. La Chine, vient elle aussi dans le sillage et prévoit la construction de 28 réacteurs dont 20 sont déjà en chantier.