Ci dessous conclusion de l' article « A propos de la constitution d’une communauté Enregistrer au format PDFautonome de la défense » visible en son entier sur le site Mondialisme ou en cliquant sur le logos PDF. Cet article ,dans un premier temps doit vous permettre de mieux recadrer les événements qui se déroulent en Libye et dans la poudrière du moyen Orient.

le_feu_de_la_guerreNous avons au cours de ce texte voulu montrer les tendances profondes et historiques de l’évolution des contradictions entre impérialistes (anciens et nouveaux). Tout d’abord la dislocation de l’Europe sous les coups de boutoirs des deux guerres mondiales et le repartage du monde entre les Etats-Unis et l’URSS. Ensuite nous avons montré comment, petit à petit, l’Europe va se manifester pour mettre fin aux accords de Yalta, comment la France et l’Allemagne pour des raisons différentes vont agir, de connivence avec les Etats-Unis, pour faire éclater le bloc de l’Est et ouvrir la boîte de Pandore d’un redécoupage du monde. Enfin, les grandes guerres du Moyen-Orient ont été engagées pour le recyclage de la rente pétrolière au travers de la course aux armements dans cette région (20), mais aussi comme guerre souterraine contre le dollar, sa remise en cause par une alliance financière euro-arabe que les Etats-Unis devaient nécessairement briser chaque fois par la guerre. L’émergence de l’euro et la prétention du noyau dur de l’Europe de constituer une « Europe de la défense autonome » avec son quartier général déplace le champ des contradictions internationales vers l’Europe. L’explication des rivalités impérialistes, bien que nécessaires, ne s’écarte pas de la « politique » c’est-à-dire de la longue histoire des Etats,de leur démembrement et recomposition en fonction des rapports de force internationaux. Dans ce cadre, la contradiction fondamentale entre bourgeoisie et prolétariat cède le pas aux contradictions inter-bourgeoises et toutes les oppositions a-classiques qu’elles engendrent pour le maintien global de la domination de classe. A ce titre, prendre la défense de l’Europe et de son armée sous prétexte de s’opposer à l’unilatéralisme américain, c’est déjà participer au futur patriotisme européen et aux guerres que l’Europe mène en Afrique. De même que soutenir toutes les campagnes « anti-terroristes » des Etats-Unis c’est plonger dans l’idéologie sécuritaire, qui n’est qu’une tentative de contrôle préventif des futurs conflits de classe qui vont se déchaîner. Nous assistons, comme avant la seconde guerre mondiale, à la mise en place de blocs et d’axes militaires et économiques prêts à s’affronter militairement, la course actuelle aux armements les plus destructeurs en est la preuve. Cette course terrifiante aux armes les plus sophistiquées menace déjà l’ensemble de l’espèce humaine (21) dans sa propre reproduction et donc génétiquement. Jamais dans l’histoire une extermination de population n’avait atteint ce but ; avec les bombes à uranium appauvri, c’est fait. La terreur technologique, au sens ou elle expulse le prolétaire par le perfectionnement des machines et le décime par des opérations dites chirurgicales sur le champ de bataille, semble ne laisser que peu d’espoir à une sortie révolutionnaire de la crise catastrophique du capital quand elle se manifestera sans appel. En temps de « paix », la seule existence du capitalisme provoque la mort d’un être humain toutes les quatre secondes, le Sida toutes les onze secondes ; à ce niveau tout devient relatif. Placer au centre de sa théorie la question d’un holocauste nucléaire ou autres armes terrifiantes encore à l’étude pour en conclure que toute action révolutionnaire est vouée à l’échec, c’est placer au centre du devenir historique, non pas la solution sociale « le communisme », mais la force titanesque de la bourgeoisie et reconnaître que le capitalisme est bien « la fin de l’histoire. » Depuis son avènement, le Capital s’est très rapidement adapté aux guerres ; elles ne seront jamais totales pour lui, mais toujours conventionnelles. Il y aura des conventions et un droit de la guerre, on décidera avant le bouillon rouge des armes à utiliser, afin de pouvoir, en cas de dérapage, condamner le perdant pour « crime contre l’humanité », distinction finale qui justifie le bien-fondé de la guerre. En fait de guerre totale, c’est le prolétariat mondial qui va devoir se charger de l’entreprendre et, toujours poussé par les événements, c’est-à-dire par sa réalité économique, réalité qui fait que peu importe ce que pense sa « conscience individuelle » à tel ou tel moment, c’est ce qu’il sera contraint de faire, pour la survie collective de l’espèce humaine.

Gérard Bad, janvier 2004 Echanges N°108 printemps 2004

Voir aussi:

Derrière le soixantième anniversaire de l’OTAN

 

Le complexe militaro-industriel européano-américain veut s’ouvrir des marchés par la guerre