Extrait de Dans le monde une classe en lutte mai 2012

 

 États-Unis – Fiat possède un des « grands » de l’automobile US (à près de 60 %). Comme les autres « grands », le passage par la faillite puis par le renflouement gouvernemental, accompagné d’impératifs de restrictions diverses, est soutenu par le syndicat UAW. Les usines américaines ont été fermées en 2000 pendant deux mois, ce qui a permis d’imposer des réductions de salaires de près de moitié. En plus de la charge de travail, les ouvriers doivent maintenant assurer tout l’entretien des machines et des ateliers sans augmentation de salaires.

 



 

Grande-Bretagne – 15/03/2012 – Mayr Melnhof Packaging (filiale de l’Australien Bootle, 32 usines dans 15 pays). Contre une proposition de 49 licenciements et une réduction des salaires entre 1 000 et 2 000 £ rejetée à 138 contre 1, après une série d’arrêt de travail sans résultat, la grève illimitée est votée à 98 % le 10/02. La réplique ne se fait pas attendre, le 18/02, c’est le lockout. C’est alors que se produit une tentative d’occupation de l’usine mise en échec par l’opposition du syndicat Unite et une intervention policière. Unite accepte aujourd’hui de négocier les indemnités de licenciement, c’est-à-dire d’entériner le diktat patronal.

 



 

Canada – 23/02/2012 – 70 000 étudiants manifestent à Montréal contre une augmentation des droits universitaires de 75 %, ( de 1 700 euros à 3 200 euros)à l’appel d’une Coalition large de l’association pour une solidarité syndicale étudiante » (Classe). Ils bloquent un pont et sont attaqués par la police qui avait antérieurement sévi violemment contre des tentatives d’occupation de la bourse locale et de bureaux universitaires. 37 arrestations. Depuis, des centaines d’étudiants défilent de jour ou de nuit dans les rues de Montréal surveillés par la police et des hélicos qui, à l’occasion chargent et arrêtent Dans le pays, près de 100 000 étudiants sont en grève illimitée.

 



 

États-UnisLongview (port céréalier proche d’Oakland, Californie, voir précédent bulletin). Les 221 dockers, soutenus par les participants à Occupy Oakland, ont finalement accepté de mettre fin à leur lutte contre une tentative d’éliminer la représentation syndicale et le contrat collectif, après un accord syndical qui renouvelle ce contrat collectif mais dans des termes moins favorables que le contrat antérieur. La firme EGT qui les emploie se réserve le droit de licencier tout docker qui aurait participé à 3 grèves jugées illégales, et d’embaucher en cas de conflit des jaunes non couverts par le contrat collectif. Elle se réserve aussi le droit de modifier unilatéralement les conditions de travail, notamment les horaires.
 27/03/2012 – Le même problème des raffineries (voir précédent bulletin) et les mêmes manœuvres syndicales. Tesoro possède 7 raffineries aux USA et tente – sous menace de fermeture – d’éliminer les contrats collectifs passés avec le syndicat USW. 4 de ces raffineries ont déjà été dégagées de toute obligation contractuelle et l’expiration du contrat à la raffinerie de Wilmington (Delaware) entraîne la menace, en cas de grève, d’assurer le fonctionnement avec des jaunes (travailleurs de remplacement non syndiqués). Le syndicat USW adopte une attitude conciliatrice et est prêt à accepter des concessions pour maintenir sa présence. Déjà, pour une autre raffinerie du groupe Kapolei à Hawaï, le syndicat USW avait passé un contrat plus ou moins secret avec le trust alors que dans 2 autres raffineries, des menaces de grève se précisaient avec la fin du contrat.