Syndicats, surtravail, surprofit, sureté /sécurité,Spontanéité, société anonyme

suffrage universel

« Depuis longtemps déjà, le suffrage universel avait existé en France, mais il y était tombé en discrédit par suite du mauvais usage que le gouvernement bonapartiste en avait fait. Après la Commune, il n'y avait pas de parti ouvrier pour l'utiliser. En Espagne aussi, le suffrage universel existait depuis la République, mais en Espagne l'abstention aux élections fut de tout temps la règle chez tous les partis d'opposition sérieux. Les expériences faites en Suisse avec le suffrage universel étaient rien moins qu'un encouragement, pour un parti ouvrier. Les ouvriers révolutionnaires des pays romans s'étaient habitués à regarder le droit de suffrage comme un piège, comme un instrument d'escroquerie gouvernementale. En Allemagne, il en fut autrement. Déjà le Manifeste communiste avait proclamé la conquête du suffrage universel, de la démocratie, comme une des premières et des plus importantes tâches du prolétariat militant, et Lassalle avait repris ce point. Lorsque Bismarck se vit contraint d'instituer ce droit de vote [11] comme le seul moyen d'intéresser les masses populaires à ses projets, nos ouvriers prirent aussitôt cela au sérieux et envoyèrent August Bebel au premier Reichstag constituant. Et à partir de ce jour-là, ils ont utilisé le droit de vote de telle sorte qu'ils en ont été récompensés de mille manières et que cela a servi d'exemple aux ouvriers de tous les pays. Ils ont transformé le droit de vote, selon les termes du programme marxiste français  [12] de moyen de duperie qu'il a été jusqu'ici en instrument d'émancipation . Et si le suffrage universel n'avait donné d'autre bénéfice que de nous permettre de nous compter tous les trois ans, que d'accroître par la montée régulièrement constatée, extrêmement rapide du nombre des voix, la certitude de la victoire chez les ouvriers, dans la même mesure que l'effroi chez les adversaires, et de devenir ainsi notre meilleur moyen de propagande; que de nous renseigner exactement sur notre propre force ainsi que sur celle de tous les partis adverses et de nous fournir ainsi pour proportionner notre action un critère supérieur à tout autre, nous préservant aussi bien d'une pusillanimité inopportune que d'une folle hardiesse tout aussi déplacée - si c'était le seul bénéfice que nous ayons tiré du droit de suffrage, ce serait déjà plus que suffisant. Mais il a encore fait bien davantage. Avec l'agitation électorale, il nous a fourni un moyen qui n'a pas son égal pour entrer en contact avec les masses populaires là où elles sont encore loin de nous, pour contraindre tous les partis à défendre devant tout le peuple leurs opinions et leurs actions face à nos attaques : et, en outre, il a ouvert à nos représentants au Reichstag une tribune du haut de laquelle ils ont pu parler à leurs adversaires au Parlement ainsi qu'aux masses au dehors, avec une tout autre autorité et une tout autre liberté que dans la presse et dans les réunions. A quoi servait au gouvernement et à la bourgeoisie leur loi contre les socialistes si l'agitation électorale et les discours des socialistes au Reichstag la battaient continuellement en brèche.

Mais en utilisant ainsi efficacement le suffrage universel le prolétariat avait mis en œuvre une méthode de lutte toute nouvelle et elle se développa rapidement. On trouva que les institutions d'État où s'organise la domination de la bourgeoisie fournissent encore des possibilités d'utilisation nouvelles qui permettent à la classe ouvrière de combattre ces mêmes institutions d'État. On participa aux élections aux différentes Diètes, aux conseils municipaux, aux conseils de prud'hommes, on disputa à la bourgeoisie chaque poste dont une partie suffisante du prolétariat participait à la désignation du titulaire. Et c'est ainsi que la bourgeoisie et le gouvernement en arrivèrent à avoir plus peur de l'action légale que de l'action illégale du Parti ouvrier, des succès des élections que de ceux de la rébellion. » (prèface de 1895)

Nous sommes bien loin des déclarations de 1843

« Il est évident que l'arme de la critique ne saurait remplacer la critique des armes ; la force matérielle ne peut être abattue que par la force matérielle ; mais la théorie se change, elle aussi, en force matérielle, dès qu'elle pénètre les masses. »( K.Marx Contribution à la critique de La philosophie du droit de Hegel Introduction)

 Superstructure et matérialisme

 « D'après la conception matérialiste de l' histoire, le facteur déterminant dans l' histoire est, en dernière instance, la production et la reproduction de la vie réelle. Ni Marx,ni moi n' avons jamais affirmé davantage. Si, ensuite, quelqu'un dénature cette proposition pour lui faire dire que le facteur économique est le seul déterminant, il la transforme en une formule vide , abstraite, absurde. La situation économique est la base, mais les différents moments de la superstructure- formes politiques de la lutte de classes et les résultats de celle-ci -constitutions établies une foie la bataille gagnée par la classe victorieuse, etc,- formes juridiques, et même à leur tour les reflets de toutes ces luttes réelles dans le cerveaux des participants, théories politiques, juridiques, philosophiques, conceptions religieuses, et leur développement ultérieur en système de dogmes, exercent également leur action sur le déroulement des luttes historiques et, dans beaucoup de cas , en déterminent de façon prépondérante la forme. ».( Engels à Joseph Bloch, Londres, 21 septembre 1890.)

 Surproduction.

 «  La surproduction rappelle brusquement au capital que tous les éléments sont nécessaires à sa production, car c’est cet oubli qui a provoqué une dévalorisation générale du capital. Celui-ci est donc obligé de recommencer sa tentative, mais à partir d’un stade toujours plus élevé du développement des forces productives, et avec la perspective d’un effondrement toujours plus grand du capital. Il est donc clair que plus le capital est développé, plus il apparaît lui-même comme une entrave à la production, et donc aussi à la consommation, abstraction faite de toutes les contradictions qui le font apparaître comme entrave fâcheuse de la distribution et de la circulation. ( Tout le système du crédit ainsi que les excès du commerce et la surspéculation qui en découlent, proviennent de la nécessité d’élargir et de surmonter les barrières de la circulation et de l’échange...) »  ( Fondements T I p 373-374)

 Surpopulation.

« La surpopulation relative est d’autant plus frappante dans un pays que le MPC y est développé. » ( T 3 p 251)

 Surtravail

« Le raccourcissement du travail nécessaire correspondrait à la prolongation du surtravail ; ou bien une partie du temps qui jusqu’ici l’ouvrier consomme en réalité pour lui-même, se transforme en temps de travail pour le capitaliste. Les limites de la journée ne seraient pas changées, mais sa division en travail nécessaire et surtravail » K. Marx T1

« Le capitaliste qui emploie le mode de production perfectionné s’approprie, par conséquent, sous forme de surtravail, une plus grande partie de la journée de l’ouvrier que ses concurrents. Il fait pour son compte particulier ce que le capital fait en grand et en général dans la production de plus-value relative. » K.Marx T 1 p 309

Sociale démocratie

 "En face de la bourgeoisie coalisée s'était formée une coalition de petits-bourgeois et d'ouvriers, le parti soi-disant social-démocrate. (...) On amputa les revendications sociales du prolétariat de leur pointe révolutionnaire pour leur donner une tournure démocratique; on dépouilla les revendications démocratiques de la petite-bourgeoisie de leur forme purement politique pour faire ressortir leur pointe socialiste. C'est ainsi que naquit la social-démocratie. (...) Le caractère particulier de la social-démocratie se résume en ce que l'on exigeait des institutions républicaines démocratiques non comme un moyen pour abolir deux extrêmes, à la fois le capital et le travail salarié, mais pour atténuer leur opposition et la changer en harmonie. Si diverses que soient les mesures qu'on puisse proposer pour atteindre ce but, quelles que soient les illusions plus ou moins révolutionnaires dont il puisse se parer, le fond reste le même. Ce fond, c'est la transformation de la société par la voie démocratique, mais une transformation dans les limites petites-bourgeoises." -Karl Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, La Pléiade, Politique I, p.466-

 La sûreté

La sûreté est le plus haut concept social de la société bourgeoise, le concept de la police, c’ est l’idée que la société toute entière n’ existe que pour garantir à chacun de ses membre la conservation de sa personne, de ses droits et de la propriété » Marx La question juive.

Spontanéité

 

« Dès qu’une classe qui concentre en elle les intérêts révolutionnaires de la société s’est soulevée, elle trouve immédiatement dans sa propre situation le contenu et la matière de son activité révolutionnaire : écraser ses ennemis. Prendre les mesures imposées par les nécessités de la lutte, et ce sont les conséquences de ses propres actes qui la pousse plus loin. Elle ne se livre à aucune recherche théorique sur sa propre tâche. » (Marx, Les Luttes de classes en France, 1848-1850)

« Il ne s’agit pas de ce que tel ou tel prolétaire ou même le prolétariat entier se représente à un moment comme le but. Il s’agit de ce que, conformément à son être, il sera historiquement contraint de faire. » (La Sainte Famille.)

 

 

société anonyme

 « C'est la suppression du mode de production capitaliste à l'intérieur du mode de production capitaliste lui-même, donc une contradiction qui se détruit elle-même et qui de toute évidence se présente comme une simple phase contradictoire vers une nouvelle forme de production. C'est aussi comme une semblable contradiction que cette phase de transition se présente. Dans certaines sphères, elle établit le monopole, provoquant l'immixtion de l'Etat. Elle fait renaître une nouvelle aristocratie ouvrière, une nouvelle espèce de parasites, sous forme de projets, de fondateurs et de directeurs simplement nominaux; tout un système de filouterie et de fraude au sujet de fondation, d'émission et de trafic d'actions. » (« Le Capital », livre III, tome II, Editions sociales, page 104.)

 

« Le capital, qui repose, par définition sur le mode de production sociale et présuppose une concentration sociale de moyen de production et de force de travail, revêt ici directement la forme de capital social ( capital d'individus directement associés) par opposition au capital privé;ses entreprises se présentent donc comme des entreprises sociales par opposition aux entreprises privées. C'est là la suppression du capital en tant que propriété privée à l'intérieur des limites du mode de production capitaliste lui-même » (K. Marx ,T .IIIchapitre XXVII, p.460, ed. De Moscou)