Liberté

 "Mais pour les prolétaires qui se laissent amuser (...) par des plantations d'arbres de la Liberté, (...) il y aura de l'eau bénite d'abord, des injures ensuite, enfin, de la mitraille, de la misère toujours."-Blanqui, 1851-

 "Messieurs, ne vous en laisser pas imposer par le mot abstrait de 'liberté'. Liberté de qui? Ce n'est pas la liberté d'un simple individu, en présence d'un autre individu. C'est la liberté qu'a le capital d'écraser le travailleur." -K. Marx, Discours sur le libre-échange, 1848-

 "Dans les conditions actuelles de la production bourgeoise, on entend par liberté le libre-échange, la liberté d'acheter et de vendre (...) L'abolition de cet ordre, la bourgeoisie l'appelle fin de la personnalité et de la liberté! Elle n'a pas tort. Il s'agit bel et bien de supprimer la personnalité, l'indépendance et la liberté bourgeoises."-K. Marx, Manifeste du Parti Communiste, 1848-

 "A la vérité, le règne de la liberté commence seulement à partir du moment où cesse le travail dicté par la nécessité et les fins extérieures; il se situe donc, par sa nature même, au-delà de la sphère de la production matérielle proprement dite."-K. Marx, Le capital, livre III, conclusion, Ed. La pléiade II, p.1487-

 "La transformation de l'argent en capital exige donc que le possesseur d'argent trouve sur le marché le travailleur libre, et libre à un double point de vue. Premièrement, le travailleur doit être une personne libre, disposant à son gré de sa force de travail comme de sa marchandise à lui; secondement, il doit n'avoir pas d'autre marchandise à vendre; être, pour ainsi dire, libre de tout, complètement dépourvu des choses nécessaires à la réalisation de sa puissance de travail."-K. Marx, Le capital, livre I, chap.6-

Liberté et nécessité

 « Hegel a été le premier à représenter exactement le rapport de la liberté et de la nécessité. Pour lui, la liberté est l'intellection de la nécessité. « La nécessité n'est aveugle que dans la mesure où elle n'est pas comprise » (Encyclopédie I, p. 294, Berlin, 1843). La liberté n'est pas dans une indépendance rêvée à l'égard des lois de la nature, mais dans la connais­sance de ces lois et dans la possibilité donnée par là même de les mettre en oeuvre méthodiquement pour des fins déterminées. Cela est vrai aussi bien des lois de la nature extérieure, que de celles qui régissent l'existence physique et psychique de l'homme lui-même. » (. ENGELS, Anti-Dühring, éd. cit., p. 146.)

Libre concurrence et individu  Libre-Echange

"(...) Voici l'origine de l'idée absurde selon laquelle la libre concurrence signifie le dernier développement de la liberté humaine, et que la négation de la libre concurrence est la négation de la liberté individuelle. Ce 'libre développement' possède une bien piètre base: le règne du capital. Ce genre de liberté individuelle est en réalité la suppression de toute liberté et la totale sujétion de l'individualité à des conditions sociales qui revêtent la forme de puissances objectives, voire d'objets tout-puissants, d'objets indépendants des individus qui s'y rapportent. (...) Ce ne sont pas les individus qui s'affirment librement dans la libre concurrence, c'est le capital qui est mis en liberté."-K. Marx, Principes d'une critique de l'économie politique (Grundrisse), Ed. La Pléiade, T2, p.294, 1857/1858-

Libre-Echange

 

« Pour nous résumer : dans l'état actuel de la société, qu'est-ce donc que le libre-échange ? C'est la liberté du capital. Quand vous aurez fait tomber les quelques entraves nationales qui enchaînent encore la marche du capital, vous n'aurez fait qu'en affranchir entièrement l'action. Tant que vous laissez subsister le rapport du travail salarié au capital, l'échange des marchandises entre elles aura beau se faire dans les conditions les plus favorables, il y aura toujours une classe qui exploitera, et une classe qui sera exploitée. On a véritablement de la peine à comprendre la prétention des libre-échangistes, qui s'imaginent que l'emploi plus avantageux du capital fera disparaître l'antagonisme entre les capitalistes industriels et les travailleurs salariés. Tout au contraire, tout ce qui en résultera, c'est que l'opposition de ces deux classes se dessinera plus nettement encore. »

 

« Mais en général, de nos jours, le système protecteur est conservateur, tandis que le système du libre-échange est destructeur. Il dissout les anciennes nationalités et pousse à l'extrême l'antagonisme entre la bourgeoisie et le prolétariat. En un mot, le système de la liberté commerciale hâte la révolution sociale. C'est seulement dans ce sens révolutionnaire, Messieurs, que je vote en faveur du libre-échange. »

 

(Karl Marx, in Discours sur le libre-échange, 1848 -https://www.marxists.org/francais/marx/works/1848/01/km18480107.htm et http://karlmarx.fr/documents/marx-1848-libre-echange.pdf )

 

 

 

 État libre et liberté

 "Tout d'abord, conformément à l'Article 2, le Parti ouvrier allemand milite pour l''Etat libre'. Que veut dire: Etat libre? Le but des travailleurs qui se sont débarrassés de la mentalité bornée d'humbles sujets, n'est nullement de rendre l'Etat libre. Dans l'Empire allemand, l''Etat' est presque aussi 'libre' qu'en Russie (8). La liberté consiste a transformer l'Etat, organe érigé au-dessus de la société, en un organe entièrement subordonné à la société, et même aujourd'hui les formes de l'Etat sont plus ou moins libres dans la mesure où elles limitent la 'liberté de l'Etat'. Le Parti ouvrier allemand - du moins s'il fait sien ce programme - montre que les idées socialistes ne l'ont même pas effleuré; au lieu de considérer la société existante (...) comme le fondement de l'Etat existant (...), on traite, au contraire, l'Etat comme une entité indépendante qui possède ses propres fondements intellectuels et moraux, ses propres libertés. Enfin et surtout, quel monstrueux abus le programme ne fait-il pas des expressions 'Etat existant', 'société existante', et quelle confusion, plus monstrueuse encore, au sujet de l'Etat, à qui il adresse ses revendications! La 'société existante', c'est la société capitaliste qui existe dans tous les pays civilisés, plus ou moins libérée des vestiges du moyen âge, plus ou moins modifiée par le développement historique particulier à chaque pays, plus ou moins évoluée (...). Cependant, les différents Etats des différents pays civilisés, en dépit de la multiplicité de leurs formes, ont tous ceci de commun: leur terrain, c'est la société bourgeoise moderne, avec un capitalisme plus ou moins développé. Ils ont donc certains caractères essentiels en commun. C'est en ce sens que l'on peut parler d''Etat existant' par opposition à l'avenir, quand le terrain où il s'enracine, la société bourgeoise, aura cessé d'exister. Dès lors, la question se pose: quelle transformation subira la forme-Etat dans la société communiste? En d'autres termes: quelles fonctions sociales y subsisteront, qui seront analogues aux fonctions actuelles de l'Etat? Cette question réclame une réponse qui ne peut être que scientifique, et ce n'est pas en accouplant de mille manières le mot Peuple avec le mot Etat qu'on fera avancer le problème d'un pouce." -K.Marx, Critique du Programme de Gotha, La Pléiade, Economie I, p.1428-

 Liberté égalité fraternité

 "Après l'ère des grandes découvertes géographiques, la production capitaliste se prépara par le commerce mondial et la production manufacturière à dominer le monde... Elle désagrégea tous les rapports ancestraux traditionnels, elle mit à la place des coutumes héréditaires, du droit historique, l'achat et la vente, le 'libre contrat'... Nous sommes passés 'from status to contract', autrement dit, des conditions héréditairement transmises aux conditions librement consenties.

...Mais pour passer un contrat, il faut des gens qui puissent librement disposer de leur personne, de leurs actes et de leurs biens, et qui puissent s'affronter d'égal à égal. Ce fut justement l'un des ouvrages essentiels de la production capitaliste que de créer ces individus 'libres' et 'égaux'...Le principe fut établi: l'homme n'est entièrement responsable de ses actes que s'il les a accomplis en pleine possession de son libre arbitre." -Engels, L'origine de la Famille, la Propriété privée et l'Etat-

 "Pour que le possesseur d'argent trouve sur le marché la force de travail à titre de marchandise, il faut cependant que certaines conditions soient remplies préalablement. (...) La force de travail ne peut se présenter sur le marché comme marchandise, que si elle est offerte ou vendue par son propre possesseur. Celui-ci doit par conséquent pouvoir en disposer, c.à.d. être libre propriétaire de sa puissance de travail, de sa propre personne. Le possesseur d'argent et lui se rencontrent sur le marché et entrent en rapport l'un avec l'autre comme échangistes au même titre."-K. Marx, Le capital, livre I, chap. 6-

 C'est ce que Marx répliquait aux socialistes bourgeois de son époque c' est que le socialisme ne saurat être la réalisation des idées de la société bourgeoise exprimées par la Révolution Française:

 "La valeur d'échange ou plus près de nous, le système d'argent est en fait le système de l'égalité et de la liberté, et si quelque chose vient perturber celle-ci dans le développement plus détaillé du système, ce sont là des perturbations immanentes, c'est justement là l' effectuation de l'égalité et de la liberté qui se font connaître en se manifestant comme inégalité et absence de liberté." (Marx - Grundrisse - Le Chapitre du Capital)

 "Par là est donc posée la liberté complète de l'individu, libre consentement de la transaction, pas de contrainte d'aucun côté; position de soi comme moyen, ou comme servant comme simple moyen, à poser comme sa propre fin, comme ce qui domine et étend sa domination au reste; enfin réalisant son intérêt égoïste, et non un intérêt supérieur; mais l'autre est aussi à la fois connu et reconnu comme réalisant de la même façon son intérêt égoïste, en sorte que tous deux savent que l'intérêt commun n'est que l'échange de l'intérêt égoïste de façon bilatérale, multilatérale, et dans l'autonomisation de toutes les parties prenantes. L'intérêt universel est précisément l'universalité des intérêts égoïstes. Si donc la forme économique de l'échange pose de tous les côtés l'égalité des sujets, le contenu la substance tant des individus que des choses pose leur liberté. Non seulement donc l'égalité et la liberté sont respectés dans l'échange qui repose sur des valeurs d'échange, mais l'échange de valeurs d'échange est la base réelle qui produit toute égalité et toute liberté." (Marx - Grundrisse - ibid)

Liberté égalité fraternité

"Dans la sphère de la circulation de la marchandise, il n'existe pas de classes; tout le monde est citoyen, chacun apparaît comme acheteur et vendeur de marchandises, égal, libre et propriétaire. Même dans le cas de l'achat et de la vente de la force de travail on se trouve dans le paradis des droits de l'homme et du citoyen. Chacun vise ses propres intérêts privés dans le règne de l'égalité, la liberté et la propriété privée.

 Liberté: parce que l'acheteur et vendeur de marchandises dont la force de travail n'obéit à aucune autre loi que celle de sa libre volonté.

 Egalité: parce que dans le monde des marchandises, tous sont acheteurs et vendeurs et chacun reçoit une valeur égale aux valeurs contenues dans les marchandises qu'il vend, échangeant équivalent contre équivalent.

 Propriété: parce que chacun se présente dans le monde de l'échange comme propriétaire de sa marchandise et il ne peut disposer que de ce qui lui est propre.

 Tous les citoyens contractent en tant qu'hommes libres, égaux et propriétaires, relations d'où émergent naturellement une fraternité qui est le reflet juridique garantissant les libertés, l'égalité, les possibilités identiques d'accès à la propriété des marchandises pour tous les hommes. Tout achat et vente de marchandises est le résultat d'un accord de volonté entre les hommes (l'expression juridique en est le contrat) qui, du fait de la marchandise, sont propriétaires, libres, égaux et fraternels."

Les limites historiques du capital chez Marx et Rosa

« Du reste, c’est seulement dans le mode de production capitaliste que doit s’accroître absolument le nombre des salariés, en dépit de leur diminution relative. Pour lui, des forces de travail sont en excédent dès lors qu’il n’est plus indispensable de les faire travailler de douze à quinze heures par jour. Un développement des forces productives qui réduirait le nombre absolu des ouvriers, c’est-à-dire permettrait en fait à la nation toute entière de mener à bien en un laps de temps moindre sa production totale, amènerait une révolution parce qu’il mettrait la majorité de la population hors du circuit. Ici encore apparaît la limite spécifique du mode de production capitaliste, et on voit bien qu’elle n’est en aucune manière la forme absolue du développement des forces productives et de la création de richesses ;mais au contraire qu’elle entre en conflit avec eux à un certain point de son évolution. On a un aperçu partiel de ce conflit dans les crises périodiques qui résultent du fait qu’une partie de la population ouvrière, tantôt celle-ci, tantôt une autre, se trouve superflue dans son ancienne branche d’activité. La limite de cette production, c’est le temps excédentaire des ouvriers. L’excédent de temps absolu dont bénéficie la société ne l’intéresse nullement. Pour elle, le développement de la force productive n’est important que dans la mesure où il augmente le temps de surtravail de la classe ouvrière et non pas où il diminue le temps de travail nécessaire à la production matérielle en général, ainsi, elle se meut dans des contradictions. »(Marx, Capital, Livre III, ES, t.6, pp. 275-276)

 «  d’abord il existe une limite qui n’est pas inhérente à la production en général, mais à la production fondée sur le capital. Cette limite est double, ou mieux elle s’exerce en deux directions. Il nous suffira de montrer ici, qu’en opposition à sa tendance générale qui est d’outrepasser toutes les limites, le capital renferme une limitation spécifique de la production ; telle est la base de la surproduction qui est la contradiction fondamentale du capital développé. » (Grundrisse 2 . Chapitre du Capital p.221 ed. 10/18)

 « Plus s'accroît la violence avec laquelle à l'intérieur et à l'extérieur le capital ané­antit les couches non capitalistes et avilit les conditions d'existence de toutes les classes laborieuses, plus l'histoire quotidienne de l'accumulation dans le monde se transforme en une série de catastrophes et de convulsions, qui, se joignant aux crises économiques périodiques finiront par rendre impossible la continuation de l'accumu­lation et par dresser la classe ouvrière internationale contre la domination du capital avant même que celui-ci n'ait atteint économiquement les dernières limites objectives de son développement.

Le capitalisme est la première forme économique douée d'une force de propagande ; il tend à se répandre sur le globe et à détruire toutes les autres formes économiques, n'en supportant aucune autre à côté de lui. Et pourtant il est en même temps la première forme économique incapable de subsister seule, à l'aide de son seul milieu et de son sol nourricier. Ayant tendance à devenir une forme mondiale, il se brise à sa propre incapacité d'être cette forme mondiale de la production. Il offre l'exemple d'une contradiction historique vivante ; son mouvement d'accumulation est à la fois l'expression, la solution progressive et l'intensification de cette contradiction. A un certain degré de développement, cette contradiction ne peut être résolue que par l'application des principes du socialisme, c'est-à-dire par une forme économique qui est par définition une forme mondiale, un système harmonieux en lui-même, fondé non sur l'accumulation mais sur la satisfaction des besoins de l'humanité travailleuse et donc sur l'épanouissement de toutes les forces productives de la terre. (Rosa luxemburg l’accumulation du Capital) T II.

 "Chaque nouvelle classe qui prend la place de celle qui dominait avant elle est obligée, ne fut-ce que pour parvenir à ses fins, de représenter son intérêt comme l'intérêt commun de tous les membres de la société ou, pour exprimer les choses sur le plan des idées: cette classe est obligée de donner à ses pensées la forme de l'universalité, de les représenter comme étant les seules raisonnables, les seules universellement valables."-K. Marx, L'idéologie allemande-

 'La véritable barrière de la production capitaliste, c'est le capital lui-même. Voici en quoi elle consiste : le capital et son expansion apparaissent comme le point de départ et le terme, comme le mobile et le but de la production ; la production est uniquement production pour le capital, au lieu que les instruments de production soient des moyens pour un épanouissement toujours plus intense du processus de la vie pour la société des producteurs. Les limites dans lesquelles peuvent uniquement se mouvoir la conservation et la croissance de la valeur du capital – fondées sur l'expropriation et l'appauvrissement de la grande masse des producteurs – ces limites entrent continuellement en conflit avec les méthodes de production que le capital doit employer pour ses fins et qui tendent vers l'accroissement illimité de la production,vers la production comme une fin en soi, vers le développement absolu de la productivité sociale du travail. Le moyen – le développement illimité des forces productives de la société – entre en conflit permanent avec le but limité, la mise en valeur du capital existant. Si le mode de production capitaliste est, par conséquent,un moyen historique de développer la puissance matérielle de la production et de créer un marché mondial approprié, il est en même temps la contradiction permanente entre cette mission historique et les conditions correspondantes de la production sociale."(Marx, Capital, Livre III, La Pléiade, T.2, P. 1031-1032)

Libres et égaux

"Après l'ère des grandes découvertes géographiques, la production capitaliste se prépara par le commerce mondial et la production manufacturière à dominer le monde... Elle désagrégea tous les rapports ancestraux traditionnels, elle mit à la place des coutumes héréditaires, du droit historique, l'achat et la vente, le 'libre contrat'... Nous sommes passés 'from status to contract', autrement dit, des conditions héréditairement transmises aux conditions librement consenties.

...Mais pour passer un contrat, il faut des gens qui puissent librement disposer de leur personne, de leurs actes et de leurs biens, et qui puissent s'affronter d'égal à égal. Ce fut justement l'un des ouvrages essentiels de la production capitaliste que de créer ces individus 'libres' et 'égaux'...

Le principe fut établi: l'homme n'est entièrement responsable de ses actes que s'il les a accomplis en pleine possession de son libre arbitre."(Engels, L'origine de la Famille, la Propriété privée et l'Etat)

 "La transformation de l'argent en capital exige donc que le possesseur d'argent trouve sur le marché le travailleur libre, et libre à un double point de vue. Premièrement, le travailleur doit être une personne libre, disposant à son gré de sa force de travail comme de sa marchandise à lui; secondement, il doit n'avoir pas d'autre marchandise à vendre; être, pour ainsi dire, libre de tout, complètement dépourvu des choses nécessaires à la réalisation de sa puissance de travail."-K. Marx, Le capital, livre I, chap.6-

 "Pour que le possesseur d'argent trouve sur le marché la force de travail à titre de marchandise, il faut cependant que certaines conditions soient remplies préalablement. (...) La force de travail ne peut se présenter sur le marché comme marchandise, que si elle est offerte ou vendue par son propre possesseur. Celui-ci doit par conséquent pouvoir en disposer, c.à.d. être libre propriétaire de sa puissance de travail, de sa propre personne. Le possesseur d'argent et lui se rencontrent sur le marché et entrent en rapport l'un avec l'autre comme échangistes au même titre."-K. Marx, Le capital, livre I, chap. 6-

"La seconde condition essentielle pour que l'homme aux écus trouve à acheter la force de travail, c'est que le possesseur de cette dernière, au lieu de pouvoir vendre des marchandises dans lesquelles son travail s'est réalisé, soit forcé d'offrir et de mettre en vente, comme une marchandise, sa force de travail elle-même laquelle ne réside que dans son organisme. Quiconque veut vendre des marchandises distinctes de sa propre force de travail doit naturellement posséder des moyens de production tels que des matières premières, outils, etc."-K. Marx, Le capital, livre I, chap. 6-

 « La richesse véritable de la société et la possibilité d'un élargissement ininterrompu de son procès de reproduction ne dépendent donc pas de la durée du surtravail, mais de la productivité et des conditions plus ou moins perfectionnées dans lesquelles il s'accomplit. En fait, le royaume de la liberté commence seulement là où l'on cesse de travailler par nécessité et opportunité imposée de l'extérieur; il se situe donc, par nature, au-delà de la sphère de production matérielle proprement dite». (Livre III, t. 8, p. 198).

 Libre concurrence et individu

 "C'est seulement dans la communauté avec d'autres que chaque individu a les moyens de développer ses facultés dans tous les sens; c'est seulement dans la communauté que la liberté personnelle est donc possible. (...) Dans la communauté réelle, les individus acquièrent leur liberté simultanément à leur association, grâce à cette association et en elle."-K. Marx, L'Idéologie allemande-

"(...) Voici l'origine de l'idée absurde selon laquelle la libre concurrence signifie le dernier développement de la liberté humaine, et que la négation de la libre concurrence est la négation de la liberté individuelle. Ce 'libre développement' possède une bien piètre base: le règne du capital. Ce genre de liberté individuelle est en réalité la suppression de toute liberté et la totale sujétion de l'individualité à des conditions sociales qui revêtent la forme de puissances objectives, voire d'objets tout-puissants, d'objets indépendants des individus qui s'y rapportent. (...) Ce ne sont pas les individus qui s'affirment librement dans la libre concurrence, c'est le capital qui est mis en liberté."-K. Marx, Principes d'une critique de l'économie politique (Grundrisse), Ed. La Pléiade, T2, p.294, 1857/1858-

 Liberté pour qui ?

 "Messieurs, ne vous en laisser pas imposer par le mot abstrait de 'liberté'. Liberté de qui? Ce n'est pas la liberté d'un simple individu, en présence d'un autre individu. C'est la liberté qu'a le capital d'écraser le travailleur."-K. Marx, Discours sur le libre-échange, 1848-

"Au fond du système capitaliste il y a donc la séparation radicale du producteur d'avec les moyens de production (...). Le mouvement historique qui convertit les producteurs en salariés se présente donc comme leur affranchissement du servage et de la hiérarchie industrielle. De l'autre côté, ces affranchis ne deviennent vendeurs d'eux-mêmes qu'après avoir été dépouillés de tous leurs moyens de production et de toutes les garanties d'existence offertes par l'ancien ordre des choses. L'histoire de leur expropriation n'est pas matière à conjoncture: elle est écrite dans les annales de l'humanité en lettres de sang et de feu indélébiles."-K. Marx, Le capital, livre I, chap. 26-

"Ainsi il arrive qu'un glouton avide et insatiable, un vrai fléau pour son pays natal, peut s'emparer de milliers d'arpents de terre en les entourant de pieux ou de haies, ou en tourmentant leurs propriétaires par des injustices qui les contraignent à tout vendre. De façon ou d'autre, de gré ou de force, il faut qu'ils déguerpissent tous, pauvres gens, coeurs simples, hommes, femmes, époux, orphelins, veuves, mères avec leurs nourrissons et tout leur avoir (...). Il faut qu'ils traînent leurs pas loin de leurs anciens foyers, sans trouver un lieu de repos (...). Et quand ils ont erré çà et là et mangé jusqu'au dernier liard, que peuvent-ils faire autre chose que de voler, et alors, mon Dieu! d'être pendus avec toutes les formes légales, ou d'aller mendier? Et alors encore on les jette en prison comme des vagabonds, parce qu'ils mènent une vie errante et qu'ils ne travaillent pas..."-Thomas More, Utopie-

Liberté du citoyen: droits de l'homme égoïste

 « Mais tout comme l'inexistence des classes est une illusion, l'indépendance des individus n'est qu'une apparence: "(...) les individus semblent indépendants (...), semblent se rencontrer librement et procéder à des échanges dans le cadre de cette liberté; mais cette apparence n'existe que pour quiconque fait abstraction des conditions d'existence dans lesquelles ces individus entrent en contact..."-K. Marx, Grundrisse, 1857-1858, Ed. Sociales Tome I, p.100-

"Les limites dans lesquelles chacun peut se mouvoir sans nuire à autrui sont fixées par la loi de même que la limite de deux champs est fixée par une clôture. Il s'agit de la liberté de l'homme considéré comme une monade isolée, repliée sur elle-même."-K. Marx, La question juive, 1843-

"Mais le droit de l'homme à la liberté ne repose pas sur l'union de l'homme avec l'homme, mais plutôt sur la séparation de l'homme d'avec l'homme."-K. Marx, La question juive, 1843-

"Le droit de l'homme à la propriété privée est donc le droit de jouir de sa fortune et d'en disposer à son gré, sans se soucier des autres hommes, indépendamment de la société: c'est le droit de l'égoïsme. Cette liberté individuelle, de même que son application, constitue la base de la société bourgeoise."-K. Marx, La question juive, 1843-

"Aucun des prétendus droits de l'homme ne dépasse donc l'homme égoïste, l'homme en tant que membre de la société bourgeoise, c'est-à-dire un individu séparé de la communauté, replié sur lui-même, uniquement préoccupé de son intérêt personnel et obéissant à son arbitraire privé. L'homme est loin d'être conçu, dans ces droits, comme un être générique; tout au contraire, la vie de l'espèce elle-même, la société, apparaît comme un cadre extérieur à l'individu, comme une limitation de son indépendance originelle. Le seul lien qui les unissent, c'est la nécessité naturelle, le besoin et l'intérêt privé, la conservation de leurs propriétés et de leur personne égoïste."-K. Marx, La question juive, 1843-

"Dans les conditions actuelles de la production bourgeoise, on entend par liberté le libre-échange, la liberté d'acheter et de vendre (...) L'abolition de cet ordre, la bourgeoisie l'appelle fin de la personnalité et de la liberté! Elle n'a pas tort. Il s'agit bel et bien de supprimer la personnalité, l'indépendance et la liberté bourgeoises."-K. Marx, Manifeste du Parti Communiste, 1848-

 Liberté et travail

"A la vérité, le règne de la liberté commence seulement à partir du moment où cesse le travail dicté par la nécessité et les fins extérieures; il se situe donc, par sa nature même, au-delà de la sphère de la production matérielle proprement dite."-K. Marx, Le capital, livre III, conclusion, Ed. La pléiade II, p.1487-

 "En face de la bourgeoisie coalisée s'était formée une coalition de petits-bourgeois et d'ouvriers, le parti soi-disant social-démocrate. (...) On amputa les revendications sociales du prolétariat de leur pointe révolutionnaire pour leur donner une tournure démocratique; on dépouilla les revendications démocratiques de la petite-bourgeoisie de leur forme purement politique pour faire ressortir leur pointe socialiste. C'est ainsi que naquit la social-démocratie. (...) Le caractère particulier de la social-démocratie se résume en ce que l'on exigeait des institutions républicaines démocratiques non comme un moyen pour abolir deux extrêmes, à la fois le capital et le travail salarié, mais pour atténuer leur opposition et la changer en harmonie. Si diverses que soient les mesures qu'on puisse proposer pour atteindre ce but, quelles que soient les illusions plus ou moins révolutionnaires dont il puisse se parer, le fond reste le même. Ce fond, c'est la transformation de la société par la voie démocratique, mais une transformation dans les limites petites-bourgeoises." -Karl Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, La Pléiade, Politique I, p.466-

 "Tout d'abord, conformément à l'Article 2, le Parti ouvrier allemand milite pour l''Etat libre'. Que veut dire: Etat libre? Le but des travailleurs qui se sont débarrassés de la mentalité bornée d'humbles sujets, n'est nullement de rendre l'Etat libre. Dans l'Empire allemand, l''Etat' est presque aussi 'libre' qu'en Russie (8). La liberté consiste a transformer l'Etat, organe érigé au-dessus de la société, en un organe entièrement subordonné à la société, et même aujourd'hui les formes de l'Etat sont plus ou moins libres dans la mesure où elles limitent la 'liberté de l'Etat'. Le Parti ouvrier allemand - du moins s'il fait sien ce programme - montre que les idées socialistes ne l'ont même pas effleuré; au lieu de considérer la société existante (...) comme le fondement de l'Etat existant (...), on traite, au contraire, l'Etat comme une entité indépendante qui possède ses propres fondements intellectuels et moraux, ses propres libertés. Enfin et surtout, quel monstrueux abus le programme ne fait-il pas des expressions 'Etat existant', 'société existante', et quelle confusion, plus monstrueuse encore, au sujet de l'Etat, à qui il adresse ses revendications! La 'société existante', c'est la société capitaliste qui existe dans tous les pays civilisés, plus ou moins libérée des vestiges du moyen âge, plus ou moins modifiée par le développement historique particulier à chaque pays, plus ou moins évoluée (...). Cependant, les différents Etats des différents pays civilisés, en dépit de la multiplicité de leurs formes, ont tous ceci de commun: leur terrain, c'est la société bourgeoise moderne, avec un capitalisme plus ou moins développé. Ils ont donc certains caractères essentiels en commun. C'est en ce sens que l'on peut parler d''Etat existant' par opposition à l'avenir, quand le terrain où il s'enracine, la société bourgeoise, aura cessé d'exister. Dès lors, la question se pose: quelle transformation subira la forme-Etat dans la société communiste? En d'autres termes: quelles fonctions sociales y subsisteront, qui seront analogues aux fonctions actuelles de l'Etat? Cette question réclame une réponse qui ne peut être que scientifique, et ce n'est pas en accouplant de mille manières le mot Peuple avec le mot Etat qu'on fera avancer le problème d'un pouce."-K.Marx, Critique du Programme de Gotha, La Pléiade, Economie I, p.1428-

Limite du capitalisme

«Une fois qu'il (le capitalisme) aura fait entrer dans son domaine les centaines de millions de personnes qui s' entassent dans les plaines fertiles de Chine et d' Inde, le travail essentiel du capitalisme sera accompli (…) Aussi l' expansion du Capital se trouvera-t-elle en échec.» (A.Pannekoek, Les Conseils ouvriers )