Les transports et la crise économique.

 Avant d’examiner les conséquences de la crise, qu’on appelle financière mais qui est économique, il nous semble important d’en montrer l’incidence sur l’ensemble du système de communication. Il y a peu d’analyses de ces limites au développement du capitalisme. Chacun connaît ce que l’on appelle l’« effet de serre » dû au taux croissant de gaz carbonique (CO2) et autres polluants dans l’atmosphère terrestre, pollution à laquelle les transports de tous ordres contribuent largement (difficile à évaluer car certains agents pollueurs sont volontairement négligés), à cause de la seule recherche du profit.

 Une des conséquences les plus visibles de cette pollution, le dérèglement climatique, non seulement perturbe localement le réseau de transport (notamment les ouragans divers) mais crée un ensemble de nuisances dont le capitalisme entend profiter, pourrait-on dire- cyniquement, si l’action de profiter n’était pas dans le fonctionnement normal du capital. Le meilleur exemple est donné par la fonte des glaces du pôle Nord qui ouvre des possibilités nouvelles au trafic maritime (voir p. 31) ; les compagnies commencent à poser des jalons, sachant que les conflits d’intérêts sont tels qu’une régulation mondiale dans ce domaine s’avère impossible à mettre en place. Un autre aspect indirect concerne la modification des aires de production agricole qui peut aussi conduire à la modification des routes d’approvisionnement alimentaire.

 Pour en revenir à la crise, elle avait déjà frappé en 2009 l’ensemble des compagnies maritimes, mais celles-ci avaient retrouvé, dès 2010 un nouveau souffle. Ce qui s’était néanmoins traduit par des restructurations internes avec cessions, fusions et modifications dans le contrôle financier de ces entreprises. Les mesures que les grands du secteur avaient été contraints de prendre pour sauver leur compagnie de la faillite, les annulations de commandes de nouveaux navires assurant le renouvellement d’une flotte et de conteneurs dont la durée de vie est limitée, ont eu un effet boomerang. Non seulement les chantiers navals mondiaux et les fabricants chinois de conteneurs ont dû restreindre leur activité, mais ils se sont trouvés dans l’impossibilité de satisfaire de nouvelles commandes lors de la reprise de 2010. L’augmentation du prix des carburants a contraint les compagnies à réduire la vitesse des navires ce qui a influé sur le coût de l’immobilisation de la marchandise. En outre, les formes de lutte attaquant le système de communications, depuis la grève et la récupération jusqu’au piratage, se sont développées à la mesure de l’appauvrissement général.

 On ne parle de l’incidence de la crise que sur les transports maritimes, et pour cause, puisque ceux-ci assure 80 % des transports des marchandises, mais les autres transports n’en ont pas moins souffert du ralentissement de l’activité économique : compétition accrue, faillites, concentrations, etc.

Par contre, les communications immatérielles ont connu une envolée, dans un domaine où l’innovation technique a été spectaculaire. Elles bouleversent les positions qui paraissaient les mieux établies. Les possibilités offertes par les nouvelles technologies ne sont pas sans incidence sur les transports matériels : par exemple la crise n’a nullement ralenti les ventes sur Internet ce qui profite à tout le secteur logistique.

 Le système capitaliste, bien qu’il entraîne une révolte des exploités, provoque des bouleversements dont la finalité apparemment irrationnelle vise à restaurer le taux de profit. Aujourd’hui, il est difficile de dire si les conditions de survie du système sont satisfaites.

 FIN