INFOBREF N°432

 

Le plan de grève des cheminots

Brève publiée le 9 avril 2016

(Le Parisien) Le plan de grève des cheminots

Le calendrier social de la SNCF se dessine. Et comme prévu le printemps s'annonce tendu sur les rails. En cause les négociations sur les conditions de travail des cheminots. Le 26 avril, une grève de vingt-quatre heures est envisagée. « Il fallait une date qui ne perturbe pas le 51e congrès de la CGT qui se déroule la semaine prochaine à Marseille », sourit un participant. Une fois passé ce rendez-vous, la CGT a retenu le 10 mai pour une manifestation qui doit « mettre la pression » sur l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) qui négocie l'accord de branche. Enfin, une grève reconductible serait lancée à partir des 17 et 18 mai... soit trois semaines avant le début de l'Euro de football.

Grève à la SNCF le 26 avril... Quelles perspectives ?

Brève publiée le 9 avril 2016
http://leraildechaine.org/post/142461854490/le-26-oui-mais-pour-faire-la-jonction-avec-le

Tout le monde sait que l'intersyndicale nationale (CGT, FO, Solidaires, FSU) appelle à une nouvelle  journée de grève interprofessionnelle et de manifestations le jeudi 28 avril, après la journée du 9 avril.

Comme le disent les milliers de syndicalistes qui soutiennent l'appel Onbloquetout, c'est une date assez lointaine, mais maintenant qu'elle existe elle doit être le point de convergences de toutes nos luttes et le départ de gréves reconductibles partout où c'est possible. Le projet de loi Travail est présenté au Parlement à partir du 3 mai.

  • Et dans ce contexte, les fédérations CGT, UNSA et CFDT décident une grève à la SNCF pour … le mardi 26 avril ! Que l'UNSA et la CFDT veulent nous diviser, ça n'a rien d'étonnant. Mais pourquoi la CGT joue-t-elle à ce jeu là ? Ce n'est pas avec l'UNSA et la CFDT qu'on va gagner !

  • Face à cela, les fédérations SUD-Rail et FO organisent leur propre rassemblement le 13 avril à l'occasion de l'ouverture du cycle de “négociations” avec l'UTP sur l'organisation du travail.

Construisons l'unité CGT/SUD Rail/FO partout où c'est possible, construisons surtout l'unité des salarié-es du secteur ferroviaire à la base. Le 26, on va y aller, mais pas pour 24 heures comme le veulent les bureaucrates syndicaux : par la grève reconductible, faisons la jonction avec l'ensemble des travailleurs et des travailleuses le 28 et au-delà !



Extrait de Courant Alternatif 258 de mars 2016

Chômage : faire baisser les statistiques et le coût

24 mars, par ocl-lyon

Les négociations pour une nouvelle convention d’assurance chômage sont lancées. Comment faire baisser les statistiques du chômage et le coût de celui-ci ?



Vallourec va supprimer 1.000 postes de plus en Europe

Le 1 02 2016-Le fabricant de tubes sans soudures avait annoncé en avril la suppression de 2.000 postes dans le monde d'ici à 2017. Il a annoncé ce lundi de nouvelles suppressions en Europe et une augmentation de capital d'un milliard d'euros.

Touché de plein fouet par la chute du pétrole, le fabricant de tubes sans soudures Vallourec a annoncé lundi 1er février un nouveau plan de restructuration, avec 1.000 suppressions de postes en Europe, assorti d'une augmentation de capital d'un milliard d'euros.

Il s'agit du second plan de restructuration présenté par le groupe en moins d'un an, après un premier annoncé en avril 2015 qui prévoyait déjà la suppression de 2.000 emplois dans le monde, dont 565 en France, sans licenciements secs.

La chute vertigineuse des cours du pétrole a poussé les compagnies pétrolières et gazières à baisser considérablement leurs investissements dans les forages, dont le chiffre d'affaires de Vallourec dépend à plus des deux-tiers.

"Ce sont des mesures fortes de réduction de coûts, au-delà du premier plan annoncé, mais qui préparent notre rebond et nous mettent en situation de saisir les meilleures opportunités futures", a commenté le président du directoire Philippe Crouzet.

800 à 850 postes restant à supprimer en France

En Europe, le groupe vise une réduction de 50% des capacités de production de tubes par rapport à 2014 (contre un tiers de réduction prévue dans le plan 2015), via la fermeture de deux laminoirs en France, à Saint-Saulve (Nord) et Déville-les-Rouen (Seine-Maritime), d'une ligne de filetage en Allemagne, à Mülheim, et d'une ligne de traitement thermique en Ecosse, à Bellshill. La mise en oeuvre se fera d'ici la fin 2017.

"En tenant compte du plan présenté en avril dernier, c'est environ 800 à 850 postes qu'il reste à supprimer en France, c'est à peu près le même chiffre en Allemagne. Hors Europe, il y aura 500 suppressions de postes supplémentaires, pour l'essentiel au Brésil", a détaillé Philippe Crouzet, dont le mandat a été renouvelé lundi pour quatre ans.

M. Crouzet a reconnu que le plan pouvait susciter sur le terrain une "émotion forte", mais il a assuré que la direction allait "discuter et négocier pour trouver les meilleures solutions site par site", jugeant que les salariés sont pleinement consicents des difficultés des marchés.

Le groupe a aussi annoncé être entré en négociations pour céder sa filiale VallourecHeat Exchanger Tubes, présente en France (Montbard), en Inde, aux Etats-Unis, en Chine et en Corée.

Le plan vise en même temps à faire du Brésil et de la Chine deux pôles "hautement compétitifs".

Le groupe prévoit une fusion de sa filiale au Brésil et sa coentreprise locale avec les japonais NSSMC et Sumitomo, dans un nouvel ensemble, Vallourec Soluções Tubulares do Brasil, dont il détiendra 84,6%, ainsi que la fermeture de deux hauts fourneaux et d'une aciérie dans le pays d'ici 2018.

En Chine, Vallourec va prendre le contrôle de Tianda Oil Pipe (TOP), basée à Hong Kong.

Augmentation de capital

En parallèle à ces mesures industrielles, le groupe va procéder à une augmentation de capital d'un milliard d'euros via l'émission d'obligations remboursables en actions (ORA) et d'actions nouvelles, qui sera pour moitié réalisée auprès de l'Etat, via la banque d'investissement Bpifrance, et auprès de son partenaire japonais Nissan Steel (NSSMC).

L'autre moitié de cette levée de fonds sera réalisée auprès du marché, pour un peu moins de 500 millions d'euros.

Bpifrance et NSSMC verront chacun leur participation atteindre 15% au maximum.

M. Crouzet a souligné que l'engagement Bpifrance à un niveau "élevé" traduisait le soutien de l'Etat, avec lequel le groupe a discuté de façon approfondie.

Enfin, avec ce plan qui doit lui permettre d'être à même de bénéficier d'une reprise des marchés pétrolier et gazier, Vallourec s'est fixé des objectifs pour 2020.

Il vise notamment un résultat brut d'exploitation de 1,2 à 1,4 milliard d'euros à cet horizon, sur la base de volumes comparables à 2014, et confirme par ailleurs son objectif d'une génération de trésorerie disponible positive sur l'exercice 2015.

Mais pour 2016, le groupe prévoit un cash flow disponible négatif de 600 millions d'euros, et un résultat brut d'exploitation négatif.

Le plan, soumis à une assembée générale extraordinaire le 6 avril, entraînera des coûts de restructuration en Europe estimés à 76 millions d'euros et des dépréciations d'actifs de 61 millions, et qui seront comptabilisés au premier trimestre.

La Bourse de Paris a salué les mesures annoncées: suspendu vendredi après-midi à 4,05 euros, le titre Vallourec a bondi à la reprise de la cotation à midi, et prenait 12,84% à 4,57 euros vers 13H30 (12H30 GMT), dans un marché en repli de 1,11%.

(Avec AFP)

 

Ouvriers et patrons de l'acier ensemble contre la Chine

Le secteur de l'acier européen se mobilise pour protester contre les ventes à prix cassé en provenance de Chine.

Quelque 5.000 ouvriers et patrons de la sidérurgie européenne sont attendus lundi à Bruxelles pour protester contre la concurrence chinoise qui déverse sur le marché des produits à prix cassés. "Les importations d'acier bradées en provenance de Chine, dont les volumes ont doublé depuis 18 mois, inondent le marché de l'UE, provoquant des fermetures d'usines et des suppressions d'emplois dans la sidérurgie européenne", dénonce la fédération Eurofer, qui réunit les industriels européens de l'acier et coorganise la manifestation. "Les ouvriers sidérurgistes de toute l'Europe pâtissent des conséquences des importations déloyales et du manque d'action gouvernementale", s'emporte Roy Rickhuss, secrétaire général du syndicat de l'acier britannique, Community, dans un communiqué.

L'Union européenne est le deuxième plus gros producteur d'acier au monde après la Chine, avec plus de 177 millions de tonnes par an, soit 11% de la production mondiale, selon des chiffres de la Commission. Quelque 40.000 emplois ont été perdus ces dernières années dans un secteur qui emploie environ 3,5 million de personnes. L'heure est si grave que c'est côte à côte que doivent défiler, dans les rues de la capitale européenne, patrons et ouvriers.

Ces derniers comptent déposer leurs casques à proximité de la Commission pour symboliser les licenciements à venir, pendant qu'une délégation d'Eurofer et d'Aegis Europe (regroupant 30 secteurs industriels: acier, aluminium, céramique, verre, panneaux solaires notamment, et coorganisatrice de cette marche) sera reçue par le président de l'exécutif européen, Jean-Claude Juncker.

Droits de douane

Dans leur ligne de mire, outre le dumping pratiqué par les sidérurgistes chinois, en surcapacités, les difficiles discussions sur l'octroi à la Chine du statut d'économie de marché. La Commission européenne, qui négocie pour les 28 Etats membres, a en effet ouvert le débat à la mi-janvier et doit prendre une décision à la fin de l'année. Si la Chine obtient ce statut, cela pourrait déboucher sur une forte baisse de ses droits de douane, lourde de conséquences pour tous les concurrents européens de "l'atelier du monde", des fabricants de panneaux solaires aux aciéristes.

A son entrée dans l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) en 2001, la Chine avait été enregistrée comme une économie non marchande, la question de son statut devant être réexaminée quinze ans plus tard, en 2016. Les gouvernements européens se sont également mobilisés sur la question, comme le montre l'initiative inédite prise le 8 février par les ministres français, allemand, britannique, italien, polonais, belge et luxembourgeois, dans une lettre adressée à la Commission européenne et au Conseil (représentant les 28 Etats membres de l'UE).

"L'Union européenne ne peut rester passive lorsque l'augmentation des pertes d'emplois et des fermetures d'aciéries montre qu'il existe un risque important et imminent d'effondrement du secteur européen de l'acier", ont-ils averti. Le ministre français de l'Economie Emmanuel Macron, qui doit également intervenir lundi au parlement de l'UE à Bruxelles sur l'avenir de la sidérurgie européenne, avait mis en garde mi-janvier contre "toute naïveté ou toute volonté de transiger", en se prononçant pour "une logique de lutte antidumping très claire, massive, directe".

Des ventes à perte ?

De son côté, la Chine a fait connaître son intention de réduire sa production d'acier de quelque 150 millions de tonnes sur les cinq prochaines années, alors que sa surproduction est estimée à 340 millions de tonnes par des experts.

Vendredi dernier, l'UE a annoncé l'ouverture d'enquêtes visant les importations sur son sol de trois types de produits en acier en provenance de Chine (tubes sans soudure, tôles fortes et acier plat laminé à chaud), soupçonnés d'être vendus à perte et d'enfreindre les règles de la concurrence.

"Nous ne pouvons tolérer ces importations à des prix artificiellement bas qui menacent notre industrie. Je suis déterminée à user de tous les moyens possibles pour garantir que nos partenaires commerciaux respectent les règles", a assuré la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström.

Macron apporte son soutien

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a affirmé à Roubaix que la sidérurgie européenne était "attaquée de manière injuste" par les sidérurgistes chinois, quelques heures avant d'intervenir sur le sujet devant le Parlement européen à Bruxelles, a constaté un journaliste de l'AFP. "La sidérurgie européenne est aujourd'hui attaquée, de manière injuste, par des pratiques non conformes aux règles de marché, et en particulier par les pratiques de sidérurgistes chinois", a déclaré lors d'un point presse le ministre, après un discours au sein de l'entreprise OVH implantée à Roubaix, leader européen des serveurs informatiques.

Emmanuel Macron répondait à un journaliste sur le cas du groupe de tubes sans soudures Vallourec, qui a annoncé début février un plan de restructuration menaçant ses deux sites français, à Saint-Saulve (Nord) et Déville-les-Rouen (Seine-Maritime).

"L'Europe doit se protéger, s'armer" contre ces pratiques, a-t-il affirmé. "Nous avons les moyens de le faire vite et c'est pour cela que je vais tout à l'heure à Bruxelles", a ajouté le ministre, qui doit s'exprimer devant le Parlement européen.

(Avec AFP)