INFOBREF N°442

 

Greve SNCF: quand les masques tombent

le 2 juin 2016

L' accord signé entre le gouvernement et le syndicat CFDT vient de confirmer qu'il y a bien un lien entre la Loi El Kromri et la nouvelle convention collective de la SNCF. Ceux comme l' UNSA qui jouaient sur le corporatisme cheminot sont refaits, d'une part, par la CFDT qui a signé dans leur dos, et d' autre part le gouvernement qui vient de donner raison à Sud rail et à la CGT en incluant dans l' accord l' article 2 de la loi travail:

" Pour l’ensemble des personnels visés par les titres I, II et III, un accord dérogatoire peut-être proposé dès lors que des conditions économiques locales ou sectorielles particulières le justifient "

Les cheminots allaient découvrir, que la CFDT (15%) venait d' accepter, comme elle l' a fait dans d' autres secteurs l'inversion de la hiérarchie des normes, avec toutes les conséquences que cela entraîne pour les cheminots.

Il n' en fallait pas plus pour que le mouvement de grève s' amplifie à la veille de deux événements importants que les cheminots ont bien l'intention de perturber: les épreuves du BAC du 15 au 22 juin et L' Euro FOOT1 à partir du 10 juin.

Le premier jour de la grève reconductible, fruit de nombreuses assemblées générales Interservices et unitaire sanctionne l' accord CFDT gouvernement en participant majoritairement à la grève (plus d'un cheminots sur deux en lutte)

L' UNSA s' est rallié à la grève avec la motivation que le journal le Monde révèle :

« L’UNSA, le deuxième syndicat (24% et premier syndicat réformiste), n’a pas apprécié de s’être vu griller la politesse par son rival. Il a maintenu sa participation à la grève, tout en espérant « un règlement rapide ». « En l’état, cependant, ce n’est pas acceptable, puisque l’entreprise s’est distancée du texte et qu’on ne sait pas ce que l’on aura à signer le 6 juin, lors de la journée conclusive », indique-t-on au syndicat. »

Mais ne soyons pas dupe, le gouvernement manœuvre, car dans la phase actuelle son pouvoir ne tient plus qu'à un fil, de plus il est confronté aux importantes inondations qui touchent le pays et qui bloquent les autoroutes, les voies ferrées...

Il n' en fallait pas plus , pour que Alain Vidalies accueille les syndicats réformistes (CFDT et UNSA) et le directeur des ressources humaines (DRH) de la SNCF, Jean-Marc Ambrosini, afin de boucler, une fois pour toutes, les négociations.

« Le ministre a demandé au DRH d’accéder aux demandes des deux syndicats d’un retour au RH077, bref, le cadre social précédent »

C 'est bien entendu une manœuvre anti-grève de plus, visant à laisser passer l'orage (le blocage du BAC et du FOOT) et le rétablissement rapide de la circulation ferroviaire touchée par des glissements de terrain.

Alerté tardivement, Guillaume Pepy, le président du directoire de la SNCF, réagit vivement auprès de ses tutelles.

« Pourquoi lancer une réforme ferroviaire si l’on ne peut assouplir le cadre social, relativement rigide, de la SNCF, défend, dépité, son président. Pour faire plier l’exécutif, il met sa démission dans la balance. « Il a vite renoncé quand on lui a dit qu’il n’y avait aucun souci pour qu’il parte et quand a été mentionné le nom de son possible successeur », assure une source proche de l’exécutif. » Le Monde

A suivre

Intempéries Aucun train entre Montparnasse et Versailles Chantiers 01 et 02 juin

La journée d’hier était déjà complexe et lourde en incidents provoqués par les fortes pluies qui ont occasionné de nombreux dommages sur la ligne N. Chutes d’arbres sur les voies, éboulements, glissement de terrain, inondation d’un poste d’aiguillage ont provoqué des affaissements de voies et d’importants dommages sur les installations.
Je reprends le détail de ces évènements sur ce lien.
Mais en fin d’après-midi c’est un mur qui est venu perturber une nouvelle fois la circulation de la ligne N.


A 19h20 la circulation a dû être entièrement interrompue entre Paris Montparnasse et Versailles Chantiers suite à une canalisation qui a rompu sur le remblai entre Clamart et Meudon fragilisant lourdement l’un des murs de la commune.
Dès lors les experts SNCF et les spécialistes d’ouvrage d’art ont procédé à différents tests visant à sonder la stabilité du mur pour définir s’il était possible de rétablir les circulations en toute sécurité.

A 19h56, sur demande des autorités, aucune circulation Transilien, Intercités et TER au départ de Paris Montparnasse n’est autorisée.

 L’affaissement est conséquent, à 20h50 le sous-préfet des Hauts de Seine est sur le site et les maisons concernées par l’affaissement sont évacuées. On estime à cet instant entre 800 à 1000 m3 de terre à évacuer d’urgence.

Durant la nuit l’affaissement s’est considérablement amplifié ( mouvement de 10cm en 2h) confirmant et maintenant l’interdiction de circulation sur les 4 voies jusqu’à nouvel avis des

spécialistes d’ouvrages d’art.

La situation est donc aujourd’hui particulièrement complexe.
Aucun train ne circule sur l’axe Montparnasse Versailles Chantiers.

Au-delà, les circulations de la ligne N sont organisées en navettes omnibus entre les gares de :

  • Versailles- Dreux

  • Versailles – Rambouillet

Pour circuler entre les gares de Versailles et Montparnasse, les voyageurs doivent emprunter les trains du RER C, de la ligne U, ou de la ligne L via le métro.
Cette situation s’ajoute aux mouvements sociaux en cours, et il m’est impossible à cette heure de vous annoncer une estimation de délai de rétablissement.

Affiche circulation ligne N
Je ne manquerai cependant pas de vous tenir informé aussi rapidement que possible des évènements à venir sur @lignesNetU_SNCF et sur ce blog bien sûr.Retour sur les incidents du 31 mai

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Les fortes pluies et orages qui ont lieu ces derniers jours provoquent actuellement d’importants dommages dans toute l’Ile de France. Sur les installations ferroviaires, ces pluies se traduisent par des affaissements de terrain, voire des coulées de boues recouvrant les voies. Sur certains secteurs ce sont les arbres sur les talus et abords qui chutent soit en raison du vent, soit des éboulements de terrain. La structure des voies elle-même est concernée car en cas d’affaissement de terrain, c’est toute la stabilité de la plateforme qui est remise en question (affaissement des voies) et l’ensemble des installations électriques positionnées le long des voies qui se retrouvent noyées.

Sur la ligne N, à 5h35 un conducteur alerte le COT car il vient de heurter un arbre tombé sur la voie 1 sur le secteur de Fontenay le Fleury

 

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Au Centre Opérationnel Transilien, la circulation est immédiatement interrompue entre Versailles et Plaisir le temps d’estimer l’ampleur de l’incident. Quelques minutes plus tard, à 5h43, le conducteur d’un POGI, envoyé en mission de constatation, donne de nouvelles informations. Après avoir lui-même retiré des voies les branches restant après l’impact, il alerte le régulateur sur la présence d’une coulée de boue qui recouvre la voie 1.

A 6h03 les régulateurs et le gestionnaire du plan de transport s’adaptent pour maintenir malgré tout la circulation. Ils mettent en place une circulation en IPCS, c’est-à-dire que tous les trains, des deux sens de circulations, emprunteront tous, mais chacun leur tour, le même tronçon de voie. Cette réduction d’infrastructure impose de limiter le nombre de train, mais permet malgré tout d’assurer une circulation de cet axe.

A 6h37 un nouvel arbre est signalé entre les voies 1 et 2, au niveau de Fontenay le Fleury. Des entreprises extérieures sont mobilisées pour expertiser et intervenir sur ces différents points. Leur analyse indique que la coulée de boue est évolutive et que tout le secteur est fragilisé par les pluies qui se poursuivent. En conséquence la circulation est intégralement interrompue entre Plaisir et St Cyr sur les voies 1 et 2.

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Au même instant, les gestionnaires de l’information Voyageurs alertent les équipes mobiles de lignes pour organiser les renforts en gare et commandent de nombreux bus pour compenser les différents incidents qui se multiplient sur l’axe de la ligne N ainsi que sur l’axe du TER Paris Chartres dont les voies et les installations électriques sont lourdement inondées. Sur le secteur d’Epernon un affaissement de terrain laisse pratiquement la voie en suspension!

A 7h18, les experts alertent d’un risque de chute des arbres sur le talus fragilisé par l’éboulement. La vigilance est à son paroxysme mais les efforts pour maintenir la circulation se poursuivent.

A 8h29 un nouveau point d’éboulement est identifié à proximité de la gare de Villepreux. Les équipes sont envoyées sur place pour prendre les mesures nécessaires.

A 9h29 une coupure d’alimentation est réalisée sur la voie 1 du secteur de Plaisir pour permettre l’abatage des arbres tombés sur la caténaire sans danger pour les équipes en intervention. Cette mesure interrompt une nouvelle fois les circulations du secteur.

A 10h20, la reprise de l’alimentation permet de rétablir le trafic, toujours limité pendant que les équipes s’efforcent de consolider les différents talus fragilisés sur de nombreux kilomètres.

A 10h28, les premiers bus de substitutions disponibles arrivent en gare de Plaisir Grignon.

Compte tenu des dernières constatations réalisées par les équipes sur place la circulation est totalement interrompue entre Plaisir et Versailles. Les différents éboulements de terrain et chutes d’arbres ont provoqué des affaissements de voies. Au COT, le plan de transport est donc réorganisé en fonction de cette nouvelle contrainte. Les trains réaliseront des allers-retours Plaisir /Dreux et Plaisir/Mantes en fonction des rames disponibles et des bus permettront aux voyageurs de relier les gares de Plaisir à Versailles.
A cet instant il est impossible d’estimer une heure de reprise car les pluies qui se poursuivent continuent de fragiliser les abords de voies et d’inonder les installations.

A 10h29 la gare de Rambouillet alerte le COT et les pompiers en raison d’une inondation grandissante du souterrain et du poste d’aiguillage. Ce poste alimente l’ensemble des signaux et système d’aiguillage du secteur.

A 11h15 le poste d’aiguillage de Rambouillet doit être arrêté en raison de l’inondation des installations de sécurité électrique. La circulation est alors interrompue entre les gares de La Verrière et Rambouillet. Des bus de substitutions sont immédiatement recherchés pour assurer l’acheminement des voyageurs de ce secteur lui aussi lourdement impacté.

A 12h un nouveau point en salle de crise, réunissant les différents responsables de chaque secteur, définit qu’il sera impossible d’assurer la circulation des trains de la pointe de soirée compte tenus des aléas qui se multiplient sur les lignes N et TER. Les conditions météos et les dégâts relevés nécessitent d’importants travaux d’urgence et des mesures de sécurité. Plusieurs jours seront nécessaires pour restaurer la seule voie 2 du TER sur le secteur d’Epernon.

A 14h le poste d’aiguillage de Rambouillet peut reprendre son service et permet de rétablir ainsi la circulation entre les gares de Rambouillet et La Verrière.

A l’heure actuelle un plan de transport adapté est en cours d’élaboration. Il doit permettre de construire une grille horaire cohérente aux possibilités qu’offre l’infrastructure actuellement limitée.

Nous vous communiquerons ces horaires le plus rapidement possibles sur tous nos espaces et des agents gilets rouge seront présents ce soir pour vous accompagner dans cette journée noire.

Un jeune syndicaliste CGT en préventive

1 juin 2016

http://www.liberation.fr/france/2016/06/01/un-jeune-syndicaliste-cgt-en-preventive_1456679?xtor=rss-450

Le militant lillois est en prison depuis deux semaines pour un coup de poing à un policier qu'il nie avoir donné.

Un militant CGT est en prison depuis deux semaines et pourrait y rester jusqu’à son jugement, le 9 juin à Lille. La justice reproche à Antoine C. 28 ans, brancardier à Lille, un coup de poing sur un policier à la manifestation lilloise du 17 mai contre la loi El Khomri. Ce qu’il nie. A la cour d’appel de Douai, le parquet a requis son maintien en détention provisoire au motif que le jeune homme pourrait réitérer dans les prochaines manifestations, et au motif qu’il pourrait ne pas se présenter à l’audience.

Que s’est-il passé ? Le 17 mai, en début de manif, trois costauds se ruent sur cet homme de petite taille. Il se débat, il est maîtrisé, à terre, un genou sur sa tête. Ce sont des policiers en civil. Selon eux, ils se sont approchés d’Antoine pour contrôler son identité, et le militant CGT a répondu par un coup de poing au visage de l’un des fonctionnaires, Anthony S. Le militant nie. Il dit qu’il s’est débattu parce que des gens dont rien ne dit qu’ils étaient policiers lui ont sauté dessus. De fait, sur une vidéo qui circule sur Facebook (mais qui ne montre pas le début de la bagarre), ceux qui tapent sont en jean et Tee-shirt et ne portent aucun brassard. Ce que confirment dans le dossier les policiers qui ont analysé la vidéo image par image, selon l’avocat d’Antoine C., Florian Régley. Pourquoi ont-ils ciblé Antoine ? Il avait un casque sur la tête, et des lunettes de ski, ce qu’il ne nie pas. Sur les images, on ne voit pas le casque, mais on aperçoit le drapeau CGT qu’il a gardé à la main. Et on voit le jeune homme frappé à coups de matraque, recevoir au moins un coup de pied dans le dos quand il est à terre, par des grands costauds qui finissent par s’asseoir sur lui.

Un tatouage sur la poitrine

L’audience a eu lieu par visioconférence, dans une petite salle de la cour d’appel. Ses parents sont là, silencieux et tendus. Une quinzaine de militants CGT de toute la région attendent dehors. A l’écran, le jeune homme semble minuscule dans une pièce vide de la maison d’arrêt de Sequedin, près de Lille, avec une table et quelques chaises. Dans son dossier, censé justifier sa détention provisoire : un tatouage sur la poitrine avec les lettres «ACAB», l’acronyme de all cops are bastards(«tous les flics sont des salauds»), qu’il a fait faire à 19 ans, et qu’il dit regretter, et une condamnation avec sursis à la même date pour«outrage», qu’il qualifie d'«erreur de jeunesse». Casier «peu fourni», de l’avis du président. Lequel ajoute quand même : «Si on vous remet en liberté, il y a un risque que vous recommenciez.» Antoine : «Je ne comprends pas qu’on puisse me faire passer pour un casseur, je défends un syndicalisme classique. A la manifestation, je portais le drapeau de mon union locale.»

En marge de l’audience, le père d’Antoine, Lionel, délégué syndical à Roubaix, raconte qu’il communique par lettre avec son fils. «Ce ne sont pas des brûlots, il nous dit qu’il nous aime, et que sa mère, moi et ses frère et sœur, on lui manque.» Le père insiste : «S’il avait eu une barre de fer ou un couteau, j’aurais été le premier à le blâmer.» Il l’a revu le 19 mai à l’audience de comparution immédiate – laquelle a été reportée au 9 juin. «Le voir les mains dans le dos avec des menottes, comme s’il avait commis un braquage, c’est dur. Macron, il ne paie pas ses impôts, Cahuzac, il n’est toujours pas jugé, mais mon fils, il passe en comparution immédiate.» Décision jeudi à 14 heures.

 Note

1Le calendrier de l'Euro 2016 en France a été défini par la fédération européenne de football (UEFA). Les matchs se joueront à Bordeaux, Lens, Lille, Lyon, Marseille, Nice, Paris, Saint-Denis (Stade de France), Saint-Étienne et Toulouse entre le 10 juin et le 10 juillet 2016. La France, pays organisateur, disputera le match d'ouverture le 10 juin et la finale se jouera le 10 juillet. Ces deux rencontres auront lieu à Saint-Denis.