INFOBREF N°443

L'attentat d' Orlando est maintenant passé en boucle dans les médias, comme le fut celui du Bataclan à Paris, et plus récemment l' assassinat de deux policiers à l' arme blanche. Mais il est fait peu de cas et pour cause, de ce qui vient de se passer en Papouasie.

Depuis plusieurs semaines, de nombreuses manifestations ont éclatés dans le  pays. Les contestataires réclament la démission du Premier ministre, Peter O'Neill, accusé de corruption. La Papouasie-Nouvelle Guinée est classée au 139e rang sur 168, sur l'indice de la corruption établi par l'ONG Transparency International. Le pays, anciennement administré par l'Australie, est confronté à une violence endémique et à une grande pauvreté malgré ses richesses minières.  © Reuters

Port-Moresby: pourquoi la police a-t-elle tiré à balles réelles?

Mis à jour 9 June 2016, 20:25 AEST

Caroline Lafargue

En Papouasie Nouvelle-Guinée, la police a-t-elle oui ou non commis une grosse bavure? C'est la question qui est sur toutes les lèvres au lendemain de la manifestation étudiante qui a fini dans le sang. 

Police line in Port Moresby Posted Wed at 11:04am Police form a line at the rally in Port Moresby. Twitter: @Mangiwantok

Qui a donné l'ordre aux policiers de tirer à balles réelles sur les étudiants contestataires? Le gouvernement avoue ne pas savoir. (Twitter: @Mangiwantok) 

La police a ouvert le feu alors que la foule tentait de sortir du campus de l'université pour aller manifester devant le Parlement. 

 Contrairement à ce qui a d'abord été rapporté par un député d'opposition au Parlement, puis relayé par Reuters et par ABC, il n'y  pas eu de morts, d'après  le gouvernement papou. 

 Selon la police, il y aurait 23 blessés, dont cinq grièvement. L'hôpital général de Port-Moresby confirme avoir reçu 10 étudiants blessés hier. Des étudiants seraient toujours portés disparus, d'après la radio néo-zélandaise internationale. 

 Depuis 5 semaines, des milliers d'étudiants boycottent les cours et font des sit-in et des manifestations pour exiger la démission du Premier ministre, Peter O'Neill, qui est sous le coup d'une enquête pour détournement de fonds publics. 

 Dans un communiqué, Peter O'Neill accuse des agitateurs de s'être immiscés dans les rangs des manifestants. « Un petit groupe d'étudiants est devenu violent, ils ont jeté des pierres sur les policiers », écrit-il.

 Une affirmation mise en doute par le gouverneur de Port-Moresby, Powes Parkop, qui est le responsable de la police dans la capitale: « Il y a eu une sorte de provocation, dans la mesure où les étudiants ont tenté de faire sortir les passagers des bus publics », rectifie-t-il. 

 Le Premier ministre poursuit dans son communiqué : « Les policiers ont riposté avec des gaz lacrymogène et en tirant des coups de feu de sommation. » 

 

Un étudiant qui aurait été blessé par la police, évacué par ses camarades. (Twitter: @Mangiwantok)

Un étudiant qui aurait été blessé par la police, évacué par ses camarades. (Twitter: @Mangiwantok)

 Mais les étudiants et journalistes qui étaient à la manifestation et les membres de l'opposition donnent une toute autre version des faits. 

 « Nous avons mis nos mains sur nos têtes, raconte Peter Nahi, un étudiant qui était dans la foule des manifestants. Nous n'avons pas jeté de pierre ou quoi que ce soit à la police. Nous étions juste là, pacifiques, et ils nous ont tiré dessus. Les policiers nous ont traqués dans le campus pendant une heure. » 

 Après la manifestation, le gouvernement a suspendu le Parlement pour les deux mois qui viennent, alors que l'opposition avait l'intention de déposer une motion de censure contre le Premier ministre. Ce matin l'opposition a porté plainte contre le gouvernement pour annuler l'arrêt des travaux parlementaires, et exigé l'ouverture d'une enquête sur ces coups de feu qui ont blessé les manifestants. 

 Peter O'Neill accuse les députés d'opposition d'avoir manipulé en coulisses les étudiants grévistes, dans l'espoir de le bouter hors du pouvoir. Mais Don Polye, le porte-parole de l'opposition, rejette ces accusations: « Ses allégations sont infondées et ne sont pas vraies, il n'a aucun fait pour les prouver. Personne n'a besoin d'être influencé ou financé par l'opposition pour s'occuper des problèmes qui affectent le Premier ministre. » 

 « Il n'était pas nécessaire de tirer à balles réelles »

 Ces questions sur les motivations réelles ou supposées des étudiants contestataires ne résolvent pas le problème central: pourquoi la police a-t-elle utilisé des balles réelles? Powes Parkop, le gouverneur de Port-Moresby, a tranché la question: « D'après mes informations, les étudiants n'avaient pas l'autorisation de manifester devant le Parlement. Mais à part ça, je ne vois pas le problème. (...) Il n'était pas nécessaire de tirer à balles réelles, parce que les étudiants eux-mêmes n'étaient pas armés. » Plusieurs policiers auraient été mis à pied après la manifestation. 

 La répression violente de la manifestation a changé la donne et pourrait mettre un coup d'arrêt à la contestation étudiante, d'autant que ce matin l'université de la Papouasie Nouvelle-Guinée a gagné la partie. Les juges ont interdit les étudiants de boycotter les cours et de manifester sur le campus. Ce soir les représentants des étudiants grévistes ont annoncé qu'ils n'abandonneraient pas la lutte. 

 De son côté, l'Australie a renouvelé son appel au calme. Le Premier ministre, Malcolm Turnbull, s'est entretenu au téléphone avec son homologue papou, mercredi soir. 

 En attendant d'avoir plus d'informations sur ces coups de feu tirés par la police, Canberra a suspendu le programme de coopération entre les policiers australiens basés en Papouasie Nouvelle-Guinée, et les policiers papous. 

 

Port-Moresby était ville morte aujourd'hui, beaucoup de magasins fermés, et les bus ne fonctionnaient pas. 



France le mouvement contre la loi El Khomri se poursuit

« Quand les éboueurs font grève, les orduriers sont indignés »(Jacques Prévert)

   La grève des éboueurs, en particulier à Paris, est devenue visible et odorante.

Les tas d'immondices s'accumulent jusque devant les magasins et les restaurants. 

   Et les médias de gloser sur les risques sanitaires, les rats qui prolifèrent et l'image romantique de la ville lumière écornée en plein Euro de football. 

   Ces fabricants d'ordures s'indignent que tous ceux qui assurent le nettoyage quotidien de leur ville osent revendiquer. 

   Mais comme le disait un éboueur en grève, les odeurs, c'est tous les jours et toute l'année qu'il les supporte. 

   Toutes les narines indisposées sont priées de s'adresser à Hidalgo, maire PS de Paris ainsi qu'à Hollande et Valls qui peuvent arrêter la grève en jetant la loi Travail à la poubelle (Le SDEM)



Eboueurs en grève, centres d’incinération bloqués, Rungis paralysé, Voies de St Nazaire envahies, Incinérateurs de Fos sur mer à l’arrêt, pilotes en préavis, et nous bien sur, cheminots toujours en action, la contestation de la loi El Khomri s’amplifie à la veille de l’Euro, d’ores et déjà marqué par un lent mais profond mécontentement des salariés. Pas une émission d’actualités qui ne parle des grèves et de la loi travail  même si c’est pour dire des inepties. Le point de convergence étant la manifestation interprofessionnelle du 14 juin à Paris (Place d’Italie Invalides à 14h). Ce jour doit être une étape décisive dans la généralisation du mouvement malgré tous les « faux amis des travailleurs » qui s’emploient, chacun de leur façon, à contenir, démoraliser, diluer la contestation.

A Paris-Nord, l’assemblée générale des cheminots a reconduit la grève jusqu’à demain, tandis que les camarades du Landy l’ont fait jusqu’à lundi. Devenu traditionnel (et on s’en félicite) un rassemblement avec Paris-est s’est tenu en gare de l’est. Direction Place d’Italie pour se rendre à la  manifestation inter gare, avec des étudiants, d’autres travailleurs et quelques bleus à l’affut. Toujours dynamique bruyante et colorée la manifestation a rejoint Bercy (en passant par Equinoxe. Dire qu’il y en a qui se morfonde au boulot pendant qu’on vit des moments intenses) où les participants ont posé pour la photo sur les marches du POPB.

DEMAIN IL SE PREPARE QUELQUE CHOSE POUR L’EURO MAIS QUOI ????.......

Assemblée Générale demain à Paris-Nord à 10h ! Ca va être chaud ! 100% de conducteurs grévistes à Paris-Nord et PSE pour l’Euro



SNCF Newsroom Compte certifié @SNCF_infopresse

Mobilisation du 14 juin, taux de participation #SNCF à la grève: 7,3% CP http://sn.cf/2y 

 

 

Loi Travail à Paris. 12 000 manifestants venaient de Normandie, des incidents. Le bilan

La manifestation contre la loi travail organisée à Paris a mobilisé en masse les militants de Normandie. La CGT annonce la participation de 3 000 Havrais et 12 000 Normands.

Mise à jour : 14/06/2016 à 19:05 par Karine Lebrun

Fin de cortège sous tension, aux Invalides, pour les militants du Havre (Seine-Maritime). (Photo envoyée par une lectrice)Fin de cortège sous tension, aux Invalides, pour les militants du Havre (Seine-Maritime). (Photo envoyée par une lectrice)

Mardi 14 juin 2016, les opposants à la loi Travail avaient rendez-vous à Paris, alors que le Sénat examine le texte depuis le début de la semaine. Selon une source syndicale CGT, 3 000 manifestants ont pris le départ du Havre (Seine-Maritime) pour rejoindre le cortège. Au total, 5 500 militants de Seine-Maritime et près de 12 000 de toute la Normandie auraient pris part à la manifestation parisienne.

> Lire aussi. Une nouvelle oeuvre du street-artiste JR est apparue sur le port du Havre (Seine-Maritime). Un poing levé, collé sur des conteneurs, circule sur les réseaux sociaux… Images.

Cortège bon enfant, mais des violences en tête de manifestation

Alors qu’en tête de cortège, de violents affrontements ont opposé casseurs et forces de l’ordre pendant une grande partie de l’après-midi, dans le défilé immobilisé à Montparnasse, l’ambiance se voulait bon enfant. Chants, cornes de brume et klaxons donnaient des airs festifs à la manifestation. « Tout se passe bien pour nous », déclarait à Normandie-actu, Reynald Kubecki, le secrétaire général CGT de l’union locale.
Devantures saccagées, centaines de manifestants encagoulés, au moins vingt policiers et six manifestants blessés, gaz lacrymogènes, et, chose rare, un canon à eau pour disperser la foule. 21 personnes auraient été interpellées. La préfecture de police de Paris, qui a appelé sur Twitter les manifestants à se « désolidariser des casseurs pour faciliter l’intervention des forces de l’ordre ».

Un canon à eau utilisé lors de la manifestation contre la loi travail, le 14 juin 2016. (©AFP/ALAIN JOCARD)Un canon à eau utilisé lors de la manifestation contre la loi travail, le 14 juin 2016. (©AFP/ALAIN JOCARD)

Entre 100 000 et un million de manifestants

Les opposants à la loi Travail, moins de 100 000 pour la police, « un million » selon FO, CGT et Solidaires, ont manifesté depuis la place d’Italie en direction des Invalides. Deux heures après le début du cortège, des manifestants venus de Normandie n’avaient toujours pas quitté la place d’Italie, selon Solidaires. Cette journée de « mobilisation nationale », en plein Euro, n’a pas empêché de nombreux rassemblements aussi en régions, et les syndicats contestataires ont refusé d’y voir « un baroud d’honneur ».
Avant le départ du cortège, le numéro un de la CGT Philippe Martinez avait affirmé que la détermination des opposants était « intacte ». Dans le cortège parisien, beaucoup de manifestants faisaient part également de leur volonté de ne « pas lâcher ».

Illustration de l'article : Loi travail: forte mobilisation à Paris, nombreux incidents et dégradationsManifestation contre la loi travail à Paris, le 14 juin 2016 (©AFP/Alain Jocard)

« Loi ultra-minoritaire »

Malgré l’afflux de plus de 600 cars vers Paris, selon la CGT, des manifestations ont rassemblé des milliers de personnes partout en France :

Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, cette société-là on n’en veut pas », scandaient les manifestants à Lyon, où la préfecture dénombrait 3 800 participants, la CGT 10 000.

Les Havrais sont arrivés en force à Paris. La CGT annonce 3 000 manifestants de la cité Océane dLes militants du Havre sont arrivés en force à Paris. La CGT annonce 3 000 manifestants de la cité Océane dans le cortège (photo envoyée par une lectrice)

Ils étaient 1 900 à Rennes selon la préfecture, 5 000 selon les syndicats, entre 6 000 et 30 000 à Toulouse, 5 000 à Marseille selon la police, tandis que les manifestants annonçaient pas moins de 140 000 participants. Cette mobilisation à l’appel de l’intersyndicale (CGT, FSU, FO, Solidaires, Unef, UNL, Fidl) pour le retrait d’un texte jugé trop favorable aux entreprises et facteur de « régression sociale » pour les salariés, arrive en point d’orgue d’une série de grèves dans des secteurs clés comme les raffineries ou à la SNCF, qui s’étiolent depuis quelques jours. Dans la capitale, la Tour Eiffel a été fermée en raison de la grève d’une partie du personnel.
Ni retrait, « ni détricotage », martèle de son côté le gouvernement qui a eu recours à l’article 49-3 pour faire adopter le texte sans vote à l’Assemblée nationale. « Je ne crains rien, j’écoute bien sûr, le dialogue avec les partenaires sociaux est permanent », a assuré lundi 13 juin, le Premier ministre, Manuel Valls, tout en assurant que l’article 2, le plus contesté, qui fait primer l’accord d’entreprise sur la branche,« ne sera pas changé ».

« Loi équilibrée »

Laurent Berger, numéro un de la CFDT, a de nouveau défendu un projet « équilibré ». En plein Euro de football, l’exécutif table désormais sur le coup de barre à droite que le Sénat devrait apporter au texte pour rassembler son camp et faire reculer la contestation. Dans ce bras de fer, les lignes semblent pourtant bouger : le numéro un de la CGT et la ministre du Travail se reverront vendredi 17 juin 2016 pour la première fois depuis début mars, pour « clarifier les choses et mettre sur la table les propositions de la CGT », explique-t-on au ministère. Sans lien avec la loi travail, les pilotes d’Air France ont prévu une dernière journée de grève mardi 21 juin 2016.