INFOBREF N°466

La justice de classe en France et aux Etats-Unis

Affaire Jacqueline Sauvage — Wikipédia

Le 10 septembre 2012, dans un pavillon de La Selle-sur-le-Bied, dans le Montargois1, Jacqueline Sauvage charge2,3 un fusil de chasse de marque Beretta et tire dans le dos de son mari Norbert Marot, le tuant de trois coups de feu4. Pour expliquer son geste, Jacqueline Sauvage affirme avoir eu peur pour sa vie et celle de ses enfants, à la suite de menaces qui auraient été proférées par son mari le matin et dont elle a cru qu'il allait les mettre à exécution2. Le meurtre s'inscrit selon elle et son avocate dans un contexte de 47 années de violences conjugales5, dont certaines le jour même2. Si l’expertise atteste d’un coup à la lèvre, aucune autre trace de violence n’a été relevée concernant ce dernier jour6.

Les trois filles du couple confirment les violences de leur père sur leur mère et indiquent qu'elles ont été abusées sexuellement par leur père6,2. D'autre part, le mari était connu par ses voisins et par les habitants du village comme ayant un caractère violent et injurieux.

La veille du meurtre, le 9 septembre 2012, Pascal, le fils, s'est suicidé par pendaison7. Le jour du meurtre, Jacqueline Sauvage ne savait pas que son fils s'était donné la mort. Elle a appris son décès lors de sa garde à vue8 et alors qu'elle était hospitalisée postérieurement au meurtreN 1. Il existe une controverse au sujet du suicide du fils, une version prétend que les débats d'audience auraient fait ressortir que ce suicide serait lié aux violences que lui aurait infligé son père9, une autre prétend que ces mêmes débats auraient fait ressortir que ce suicide aurait permis à Pascal d'échapper à l'emprise de sa mère10. Or à ce jour il semble n'exister aucun fait autre que des témoignages pour abonder plus dans un sens ou dans l'autre. Plusieurs témoignages attestent que le père et le fils étaient en conflit : Sylvie Marot déclare le second jour du procès « Une fois à Noël, mon père et mon frère en sont venus aux mains. Quand ils en sont arrivés à se disputer, on a tous pris nos enfants et on est partis. Je suis retournée chez mes parents. Maman avait des cocards partout3. » Un ancien chauffeur témoigne : « Madame Marot est une personne gentille, aimable. M. Marot était un peu plus rustre. […] C'était un peu tendu entre le père et le fils. Ça arrivait souvent qu'ils s'accrochent3. » Une des anciennes compagnes du fils, qu'elle a quitté parce qu'il était devenu violent à son tour, raconte : « Pascal mettait son père sur un piédestal. Les choses finissaient souvent en violence. Une fois papy (Norbert) est arrivé et m'a frappé. Mamie et Pascal s'en sont mêlés. Ca finissait toujours en bagarre. Pascal quand il se battait avec son père, c'est quand il avait frappé sa mère ou moi. Sinon, les violences sur Pascal étaient plus morales que physiques. […] Norbert faisait tout pour détruire Pascal3. »

Le 28 octobre 2014, Jacqueline Sauvage, âgée de 65 ans11, est condamnée à 10 ans de prison12, la légitime défense n'ayant pas été retenue13. Jacqueline Sauvage fait appel de la décision de la cour d'assises, et le procès en appel s'ouvre à Blois1 le 1er décembre 2015. Sa peine est confirmée puisqu'elle est condamnée, le 3 décembre 2015, à 10 ans de prison ferme par la majorité des jurés après cinq heures de délibéré14. Des pétitions sont alors mises en ligne et une demande de grâce présidentielle est adressée à François Hollande15. Elle est finalement graciée partiellement par le Président de la République le 31 janvier 2016. Cependant, le 11 août 2016, les magistrats du tribunal d'application des peines de Melun, rejettent sa demande de libération conditionnelle. Une décision qui va à l'encontre des réquisitions du parquet de Melun, favorable à sa libération16.

Un père qui a violé sa fille de douze ans condamné à... deux mois de prison

Repéré par Claire Levenson

22.10.2016 - 11 h 32, mis à jour le 22.10.2016 à 11 h 32

Un juge du Montana aux États-Unis a tenté de justifier sa décision en disant que le père pouvait être réhabilité et qu'il fallait protéger sa relation avec ses fils.

Plus de quatre-vingt mille personnes ont signé une pétition demandant le renvoi du juge John McKeon, qui a condamné un père ayant plusieurs fois violé sa fille de douze ans à deux mois de prison ferme. Alors que les procureurs avaient requis vingt-cinq ans de prison pour viol et inceste, ce juge de l'État du Montana a décidé de condamner le prévenu à trente ans avec sursis et deux mois de prison ferme. 

Parmi les conditions du sursis, le prévenu, qui a quarante ans, devra être inscrit sur le registre des délinquants sexuels et aura un accès restreint à internet, dont une interdiction de regarder des sites pornographiques. Pendant le procès, un psychologue a témoigné que le prévenu présentait un faible risque de récidivisme et qu'un traitement psychiatrique lui serait bénéfique.

Des juges silencieux

Comme l'explique le Washington Post, la plupart des juges dans ce genre d'affaires controversées restent silencieux mais John McKeon a décidé de parler à la presse pour justifier son choix.

Dans un email envoyé à l'Associated Press, il a expliqué que la loi du Montana avait une clause permettant d'éviter la prison pour les coupables d'inceste sur enfant de moins de douze ans si l'évaluation psychologique montre qu'une alternative à la prison aura plus de chance de réhabiliter le coupable.

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Le juge a aussi cité une lettre écrite par la mère de la jeune victime, qui a pris le père en flagrant délit d'agression sexuelle, mais a déclaré que ses deux fils l'aimaient et qu'«ils devraient avoir la possibilité de réparer leur relation avec leur père». La grand-mère de la victime a aussi écrit une lettre similaire.

Personne n'a parlé pour la victime

Le procureur, Dylan Jensen, a expliqué à la presse que, lors de l'audience déterminant la peine de l'accusé, personne n'avait parlé au nom de la victime. Alors que de nombreuses personnes –la famille, des membres de son Eglise– sont venus soutenir l'accusé, personne n'était là pour la victime.

«Personne n'a parlé au nom de l'enfant de douze ans au procès, peut-on lire dans la pétition. On n'a pas fait justice à la victime, au lieu de cela, elle devra vivre dans la peur de rencontrer son violeur dans leur ville.»

Après vingt-deux ans en tant que juge, McKeon devait de toutes façons prendre sa retraite en novembre. La pétition demande donc qu'il ne reçoive pas sa retraite venant de l'État. Dans l'affaire de Brock Turner, un étudiant coupable de viol qui avait été condamné à six mois de prison en juin dernier, une pétition demandant le renvoi du juge Aaron Persky avait reçu plus d'un million de signatures. Malgré ces protestations, Persky continue à exercer mais a décidé de ne plus statuer sur des affaires criminelles.

Qui sont les 100 millions d'Américains qui ont choisi de ne pas élire leur président?

Jean-Marie Pottier

Monde

14.11.2016 - Contrairement à 2012, l'électorat noir ne s'est pas surmobilisé. Et si l'électorat latino s'est moins abstenu que d'habitude, cela n'a pas réellement profité aux Démocrates.

À l'issue d'une campagne électorale d'une violence inédite, environ 100 millions d'Américains ont choisi de ne pas choisir lors du scrutin du 8 novembre. Selon les estimations disponibles pour l'instant (il reste encore plusieurs millions de bulletins à dépouiller), 134 millions environ ont voté sur 232 millions de personnes pouvant exercer leur droit de vote.

Comme le note sur Twitter le chercheur Michael McDonald, spécialiste de la participation électorale aux États-Unis, on ne saura que dans quelques mois les taux de participation précis des différentes catégories de population, quand le bureau du recensement publiera une enquête détaillée sur l'élection.

Contrairement à 2012, l'électorat noir ne s'est pas surmobilisé. Et si l'électorat latino s'est moins abstenu que d'habitude, cela n'a pas réellement profité aux Démocrates.

À l'issue d'une campagne électorale d'une violence inédite, environ 100 millions d'Américains ont choisi de ne pas choisir lors du scrutin du 8 novembre. Selon les estimations disponibles pour l'instant (il reste encore plusieurs millions de bulletins à dépouiller), 134 millions environ ont voté sur 232 millions de personnes pouvant exercer leur droit de vote.

Comme le note sur Twitter le chercheur Michael McDonald, spécialiste de la participation électorale aux États-Unis, on ne saura que dans quelques mois les taux de participation précis des différentes catégories de population, quand le bureau du recensement publiera une enquête détaillée sur l'élection.

En attendant, les sondages sortie des urnes, les tendances lourdes des élections précédentes et les résultats détaillés du scrutin dans certains États nous permettent de nous faire une première idée de ces Américains qui n'ont pas voulu trancher.

98 millions d'abstentionnistes, c'est beaucoup?

Ce chiffre représente une abstention de 42% environ, un point de plus qu'en 2012 et quatre de plus qu'en 2008, lors de l'élection historique de Barack Obama. Mais c'est loin d'être un record: en 1996, à peine un Américain sur deux avait voté, et le taux de participation est même passé sous cette barre juste après la Première Guerre mondiale. Ce chiffre signifie que Donald Trump aura été élu par 28% de la population en âge de voter.

En France, lors de la dernière présidentielle, l'abstention était de seulement 20% lors des deux tours mais nous la calculons en pourcentage des inscrits sur les listes électorales alors que les Américains la calculent en pourcentage de ceux qui peuvent s'inscrire. 7% des Français n'étant pas inscrits, l'abstention totale, rapportée à tous ceux qui peuvent s'inscrire, était d'environ 26%.

Rappelons par ailleurs que lors d'une présidentielle française, tous les votes pèsent du même poids dans le résultat final. Lors de cette élection, seulement un gros tiers des électeurs votaient dans les quatorze swing states, les autres votaient dans des États où le résultat était quasiment couru d'avance.

Où a-t-on le moins voté?

Les taux de participation par État évoluent du simple au double. 34% des Hawaiiens seulement ont voté, 10% de moins qu'en 2012: il faut dire que Barack Obama, l'enfant du pays, n'est plus candidat. À l'inverse, 74% des électeurs du Minnesota, un des États les plus civiques du pays, ont voté.

Si de nombreux facteurs permettent d'expliquer qu'un État vote plus qu'un autre, les swing states affichent globalement des taux de participation moins élevés. À eux trois, la Californie, le Texas et New York, les trois plus grands États du pays et trois des moins serrés, ont vu à peine un électeur sur deux se déplacer et regroupent une masse de 27 millions d'abstentionnistes –qui, a priori, n'auraient pas changé grand chose au scrutin.

Qui n'a pas voté?

Les enquêtes réalisées sur les précédents scrutins nous donnent des tendances lourdes sur le profil des abstentionnistes. Par certains côtés, ils ressemblent beaucoup à leurs collègues français: plus on baisse en âge, en niveau de revenu, en niveau de diplôme, plus on s'abstient. Et on s'abstient moins quand on est une femme, quand on est fonctionnaire, quand on est marié ou quand on est vétéran de l'armée.

Le plus intéressant, évidemment, est de regarder le taux de participation en fonction de l'origine raciale, puisque ces statistiques n'existent pas en France. En attendant de disposer de chiffres plus précis, on peut regarder les sondages sortie des urnes. Les blancs, les noirs, les Hispaniques et les Asiatiques représenteraient respectivement 70%, 12%, 11% et 4% de l'électorat le 8 novembre, là où leur poids théorique est de 69%, 12%, 12% et 4%, selon une étude du Pew Research Center.

En 2012, les mêmes catégories représentaient 72%, 13%, 10% et 3% de l'électorat. À l'époque, l'abstention des noirs, pour la première fois, était devenue inférieure à celle des blancs, et pour toutes les tranches d'âge. Seulement 34% des Noirs n'avaient pas voté, contre 36% des Blancs non-hispaniques. Plus de la moitié des Hispaniques et des Asiatiques n'avaient pas voté.

Les chiffres des sondages sortie des urnes semblent laisser indiquer que les Noirs ne se sont pas autant surmobilisés cette année. En revanche, l'abstention des Hispaniques devrait s'afficher à la baisse: selon l'institut Latino Decisions, il est probable que, pour la première fois, elle passe sous les 50%.

Pourquoi ils n'ont pas voté?

En 2012, le gouvernement avait sondé les électeurs qui n'avaient pas voté sur leurs «motivations». 19% justifiaient leur grève de l'isoloir par des problèmes d'emploi du temps (contrairement à la France, les États-Unis votent un jour de semaine, ce qui signifie aller voter pendant une journée de travail), problème particulièrement présent chez les minorités. 16% disaient simplement ne pas être intéressés par l'élection. 14% faisaient état de problèmes de santé ou de handicap. 13% (plutôt des électeurs blancs) se disaient repoussés par la campagne et les candidats. Enfin, près de 6% faisaient état de problèmes d'inscription sur les listes électorales.

Ce dernier problème est celui qui a le plus fait parler cette année, les législatures de certains États (en majorité républicaines) ayant été accusées d'avoir tenté de décourager la participation. C'est notamment le cas en Caroline du Nord, où le nombre de bureaux de vote et leurs périodes d'ouverture pour le vote anticipé avaient été réduits, où dans le Wisconsin, où une loi plus stricte sur l'identification des électeurs avait été votée.

Les abstentionnistes ont-ils fait l'élection?

Au vu des positions politiques de ces catégories, un point de pourcentage de moins de noirs dans l'électorat et un point de blancs en plus représentent une variation de 0,7 point de l'écart national entre les deux candidats, en faveur de Donald Trump.

Dans certains comtés très Afro-Américains, l'abstention a été plus forte et les résultats des Démocrates moins bons qu'en 2012, ce qui semble indiquer que la mobilisation des électeurs noirs a été moins forte. En Caroline du Nord, les comtés les plus noirs ont vu la participation baisser de manière substantielle. Dans l'Ohio, où l'abstention des Noirs avait été inférieure de six points à celle des Blancs en 2012, le comté de Cuyahoga, le plus démocrate de l'État, où se trouve Cleveland, a vu 20.000 personnes de moins se déplacer pour voter. Dans le comté de Milwaukee (Wisconsin), qui compte plus d'un quart d'Afro-Américains, 50.000 électeurs de moins se sont déplacés. Dans le comté de Wayne (Michigan), où se trouve Detroit, 40.000 de moins...

À l'inverse, les comtés très hispaniques ont vu leur participation augmenter de manière spectaculaire. C'est par exemple le cas de Miami-Dade, en Floride, des comtés de la vallée du Rio Grande au Texas ou encore du Mexique. Le souci est que les Démocrates n'ont pas vraiment amélioré leur avance dans cet électorat et qu'un abstentionniste noir est pour l'instant plus coûteux qu'un abstentionniste latino, plus d'un tiers des électeurs latinos étant concentrés en Californie et au Texas, où l'élection n'est pas serrée.

Un graphique très populaire, dans les jours après l'élection, a affirmé que Clinton avait perdu parce qu'elle n'avait pas réussi à faire se déplacer ses électeurs, mais il était fondé sur des chiffres très incomplets et a donc grandement exagéré ce constat

Reste que le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie, les trois États dont elle avait besoin pour être élue, représentent moins de 110.000 voix d'écart. Environ 8 millions de personnes n'y ont pas voté.

Jean-Marie Pottier

Cartonnages Girard - Le Teil (Ardèche) En colère contre les licenciements

Brève

14/11/2016



Mercredi 9 novembre, la grande majorité de la centaine des travailleurs de Girard, au Teil étaient en grève. L'annonce de sept licenciements a déclenché leur colère. Une colère d'autant plus grande que ces travailleurs avaient accepté de travailler plus durement. Sous le prétexte de sauver l'usine, la direction avait imposé la polyvalence et la flexibilité, des employés de bureau avaient accepté de travailler à la production.

     Les licenciements annoncés sont rejetés par tous, tous craignent que d'autres suivent à l'avenir. Car pour justifier les licenciements, les patrons prétendent que l'usine est en déficit. Un déficit qu'ils ont créé eux-mêmes, en confiant une partie de la production à d'autres sites du groupe. Girard fait partie du groupe international LGR packaging, un groupe qui se porte bien. Les actionnaires ont continué de s'enrichir. Alors les licenciements au Teil comme ailleurs, déficit ou pas, sont inacceptables. (Lutte Ouvrière)

La loi Hirsch est adoptée!!! Silence Hôpital: on ferme!!!

La loi Hirsch est adoptée !!! Silence Hôpital : on ferme !!! - Matière et ...

www.matierevolution.fr/spip.php?article4029


mercredi 6 avril 2016

Poisson d’avril ?!!!

L’information est tombée le premier avril mais ce n’était pas une plaisanterie : Hirsch a proclamé décrétée la loi du même nom et qui impose la fameuse « réforme Hirsch » contre laquelle les personnels s’étaient mobilisés. Merci les syndicats d’avoir désorganisé le mouvement, d’avoir cassé en petits bouts la lutte, d’avoir accepté de discuter jusqu’au bout avec Hirsch, d’avoir signé parfois des accords d’étapes, d’avoir saucissonné la lutte et de l’avoir séparé des autres luttes des secteurs public et privé. A nous d’en tirer dorénavant la leçon : il faudra nous organiser nous-mêmes en comités de grève et en coordinations régionales et nationales pour décider de manière autonome de nos buts et moyens d’action. Et à Hirsch, « Merci patron ! » (comme le dit le film du même nom) de nous montrer qu’un patron de l’hôpital public n’est en rien différent d’un patron du privé !

Menteur et voleur !

Hirsch, encore lui, a affirmé sur France Inter le 4 avril qu’une nuit à l’Hôpital public coûtait 2.000 à 3.000 euros. C’est complètement faux ! C’est uniquement valable pour la réanimation mais une nuit classique dans un service non spécialisé coûte quatre fois moins. Il s’agissait pour lui de justifier d’envoyer dorénavant les patients dans des hôtels médicalisés privés en refusant de les accueillir dans des chambres au sein de l’hôpital public. Encore une privatisation de la santé aux dépens de la santé publique !

Ce que signifie la loi Hirsch…

Les buts clairement affichés de cette prétendue réforme sont :

- faire passer tout nouvel embauché puis progressivement tout le monde à 7H30 et en grande équipe

- imposer des horaires aménagés de 8H45, 9H ou 10H d’affilée

- supprimer ou réduire les équipes de nuit

- imposer l’hôpital de jour plutôt que l’hôpital de semaine et l’hospitalisation à domicile et les soins sans hospitalisation, plutôt que l’hospitalisation en lits, cette dernière étant réservée aux cas très très graves…

- imposer les 7H aux CDD ce qui leur retire leurs RTT et fait qu’ils y resteront une fois embauchés.

Fermeture de 16.000 lits d’hôpital

Hirsch ne donne pas le nombre de fermetures de lits à l’APHP mais dit qu’il veut passer d’une opération faite en chirurgie ambulatoire sur quatre à une sur deux et donc fermer des lits pour le nuit. Les services d’hospitalisation classique vont passer en hôpital de semaine. Les hôpitaux de semaine en hôpitaux de jour…

Donc adieu la surveillance la nuit, et ceux qui ne pourront rentrer chez eux iront à l’hôtel ! oui à l’hôtel avec juste possibilité de téléphoner à un standard de nuit ! On aurait pu croire à un canular mais non ! c’est à ce point là ! Et que dire de toutes les fermetures de petits hôpitaux en région... C’est le grand recul organisé de la santé comme de tous les services publics, de tous les droits sociaux, de toutes le libertés et de toute forme de démocratie…

Les démobilisateurs professionnels

Comme au temps de la mobilisation des retraites, comme au temps de la mobilisation contre la réforme Hirsch, contre la réforme Pépy, contre la réforme Touraine, la lutte contre la loi El Khomri est marquée par la stratégie de la défaite menée par les organisations syndicales : divisions, désorganisations, absence de coordination. Il s’agit de journées d’action qui ne se font pas craindre du gouvernement et des patrons.

Le 9 mars, quand l’ensemble de la population et de la jeunesse étaient choqués par la loi El Khomri, les syndicats ont déposé des préavis mais n’ont pas appelé à la grève, même si la population l’a cru… Le 31 mars, ils ont appelé mais ils avaient créé des déversoirs de colère avant dans bien des secteurs pour éviter une convergence trop massive qui les déborde. Juste avant le 31 mars et pour l’affaiblir, il y a eu la grève nationale à La Poste le 23 mars, la grève nationale dans l’Hôpital public le 29 mars (programmée trois jours avant !), la grève des contrôleurs aériens le 21 mars, la grève SNCF le 9 mars, la grève des infirmiers-anesthésistes le 21 mars, la grève RATP le 9 mars, la grève Air France et fonctionnaires le 27 mars, la grève des inspecteurs du permis le 23 mars, la grève des douanes le 24 mars, la grève des dockers et agents portuaires le 24 mars, la grève d’Air France le 27 mars, etc, etc….

A la SNCF, la CGT certes appelait à une journée massive le 31 mais elle avait appelé déjà à la grève le 9 et puis elle diffusait un planning des négociations avec la direction, avec à chaque épisode des actions des cheminots appelées par la CGT. Cela signifiait pour tout cheminot qu’il n’avait pas besoin nécessairement d’entrer en grève le 31 puisqu’il allait y avoir bien d’autres occasions de perdre son salaire en s’arrêtant…

De même, les agents de l’hôpital public pouvaient bien se mettre en grève le 31 mais on les avait plutôt incités à le faire le 29 mars, trois jours avant, pour faire croire que la lutte contre la loi Hirsch était séparée de la lutte contre la loi El Khomri.

Dès le 9 mars, les centrales syndicales avaient clairement montré au patronat et au gouvernement qu’elles jouaient leur jeu de manière classique, encadrant « les troupes » sans permettre que la pression soit canalisée et lancée directement contre les adversaires, sans s’appuyer sur un courant de masse, sans prendre le risque que la lutte sociale s’embrase et déborde le cadre classique des relations bien tempérées entre syndicats, patrons et gouvernement, celui des salons où on négocie.

Il ne faut pas suivre ces généraux de toutes les défaites que sont les dirigeants syndicaux si on veut se faire craindre et gagner. Il faut nous organiser et prendre nous-mêmes toutes les décisions dans nos luttes.

Ils nous disent que l’important est d’être nombreux derrière les syndicats. Mais derrière quelle perspective ? Celle de séparer la lutte contre la loi El Khomri de celle contre les autres attaques qui en sont inséparables : la loi Touraine contre la santé, la loi Valls contre les libertés, la loi Eckert contre les petits épargnants, la loi Hirsch, la loi Pépy, la loi CICE (sur le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), loi Cazeneuve (sur l’immigration et l’asile), la loi Hollande (sur le chômage, dite « boite à outils »), la loi Ayrault (ou loi retraites 2014 aggravant les dispositifs de Sarkozy). Ensuite, le fait de ne pas mettre en cause l’état d’urgence, les lois qui font de la France un pays de plus en plus policier, un pays qui ne recrute plus que pour l’armée et la police, qui n’est mobilisé que pour la guerre, « intérieure et extérieure » comme le répètent Hollande, Valls et Cazeneuve….

Il ne fait pas la manche

On apprend que Hirsch avait une belle paie à Emmaüs et certains vont jusqu’à lui attribuer 10.000€ par mois. Décidément, même là où il n’y a paraît-il pas assez d’argent dans les caisses, cela ne l’empêche pas de se verser de copieux salaires…

Le travail c’est la santé

Depuis quelques mois, nous avons avec nos fiches de salaire des plaquettes d’information. La dernière en date c’est celle stipulant que les agents de la fonction publique ne doivent pas cumuler plusieurs emplois, et ne pas travailler dans le privé.

C’est vrai que celles-ci sont très belles et très explicites. On n’ose imaginer le coût de ces plaquettes qui aurait pu servir à augmenter nos salaires plutôt qu’à nous faire la morale de ce qui est bien de faire ou ne pas faire.

La volonté de ces directions, c’est de faire en sorte que l’on ne soit disponible pour nous faire exploiter seulement par eux.

La réalité est là : on est au salaire minimum pour travailler, avec une charge de travail plus en plus importante, avec les départs en retraite, avec les arrêts maladie ne sont remplacés, et régulièrement un agent peut se retrouver seul et assumer deux postes de travail et ce n’est pas pour autant qu’il sera payé en conséquence.

Si on travaille double, c’est bien entendu parce qu’on a déjà un salaire tellement mirobolant avec un seul emploi qu’on en redemande parce qu’on considère que « le travail, c’est la santé » !

Poubelle

Les expertises demandées par les syndicats face au plan Hirsch ont donné leurs conclusions et on ne peut pas dire que ces résultats soient faits pour nous étonner, nous qui connaissons très bien les conditions de travail actuelles à l’APHP ! Elles montrent que la charge de travail déborde dans les services, que le sous-effectif est permanent et les dépassements d’horaires fréquents, qu’il y a un sentiment assez général d’un travail qui n’a pas pu être correctement accompli, une augmentation des arrêts de travail liés au surmenage. On ne vous apprendra rien.

Et, bien entendu, ces rapports, Hirsch s’en moque et, contrairement à ce que prétendaient les syndicats, ils ont été remplir ses poubelles. C’est la grève générale de l’APHP, dirigée par les personnels eux-mêmes au travers d’une coordination nationale des personnels de santé, qui seule peut donner le rapport de forces pour que le plan Hirsch soit bon pour la poubelle !

Voilà qui aggrave le sous-effectif

Les personnels partant en retraite finissent leur carrière à l’APHP en éclusant les comptes CET, ce qui signifie qu’ils sont portés à l’effectif pendant trois mois sans travailler et sans être remplacés. La direction fait semblant qu’il n’y a pas de départ pour refuser tout remplacement, en précaire comme en fixe. Et cela durera tant qu’on acceptera de faire du travail en plus du nôtre…

C’est de l’argent au noir !

On a appris que l’argent des comptes CET, celui des congés non pris, a été provisionné par l’APHP au cas où elle serait condamnée à les rembourser. Cela signifie des sommes mises de côté sous prétexte social et qui servent à grossir les caisses de l’APHP en se rajoutant aux sommes des ventes immobilières déjà considérables. Et cela signifie aussi que, si les trésoreries des hôpitaux sont dans le rouge, la trésorerie centrale de l’APHP est tout à fait dans le vert avec 36,6 millions d’excédents financiers, argent en réalité volé aux personnels et aux patients !

Totalement… corrompu…

Le Canard Enchainé et Libération ont révélé qu’un médecin pneumologue, chef de service à l’hôpital Bichat, qui affirmait devant la commission d’enquête sur la pollution, n’avoir « aucun lien d’intérêts avec des acteurs économiques », était en fait médecin-conseil chez Total !

Il avait omis ce détail, qui ne lui rapportait que la modique somme d’un peu plus d’un million d’euros, venait se rajouter à son siège au « conseil scientifique » de PSA (rien à voir avec ses avis sur le diesel comme danger médical pour la population qui blanchissait celui-ci).

Retour aux accouchements à la maison ?

La maternité de Bourg la Reine ferme ses portes alors que les maternités voisines (Béclère et Bicêtre) sont débordées. L’ARS et la ministre s’en moquent : ils suivent la consigne de fermer à tout prix des maternités ! Les enfants naîtront bien tout seuls comme dans le temps…

Lois Touraine, Hirsch, Khomri, Pépy, même combat !

C’est effectivement le même combat qui relie toutes les lois scélérates mises en œuvre par le gouvernement. Une loi casse l’impôt, une autre casse le code du travail, une troisième casse le service public de santé, une cinquième casse le service public de transports, une sixième casse les retraites, une septième s’attaque aux personnes d’origine étrangère. Une logique commune : transformer l’argent public en caisse commune où pourront se servir les patrons pour augmenter leurs profits. Bien entendu, il ne s’agit pas des petits patrons mais de ceux des trusts et des banques, des financiers et des assurances, des bourses et des spéculateurs.

Et pour mener une lutte d’ensemble face à cette attaque d’ensemble qui concerne aussi bien public que privé, jeunes comme vieux, avec ou sans CDI, français ou pas, ne comptons que sur nos propres forces !