Le 1er octobre 2016, la monnaie chinoise, le renminbi, intégrait le Droit de tirage spécial, ou DTS, du Fonds monétaire international.


Le renminbi entre dans la cour des grands

Le renminbi entre dans la cour des grands

CHRISTINE LAGARDE
Directrice générale du FMI

"Le renminbi va être considéré par la communauté internationale comme une devise librement utilisable et internationale et va rejoindre le panier du Droit de tirage spécial.

Le DTS est l'actif de réserve du FMI, c'est en quelque sorte sa monnaie. Tout pays membre du FMI détient des DTS. En cas de besoin, il peut les échanger pour obtenir de l'argent frais, mais seulement contre les devises de référence du FMI. Ces devises sont désormais au nombre de 5 : le dollar américain, l'euro, le yen japonais, la livre sterling et le yuan chinois.

Cette inclusion dans le DTS est une reconnaissance du rôle grandissant de l'économie chinoise, et surtout du renminbi, dans les échanges mondiaux. Elle conforte l'internationalisation graduelle de la devise chinoise et l'encourage sur cette voie.

YI GANG
Vice-gouverneur, Banque populaire de Chine

L'inclusion dans le DTS va améliorer la réputation et le statut du renminbi dans le système monétaire mondial.
 
Dans ce processus, certaines institutions jouent un rôle particulier. Il s'agit des banques de compensation offshore du renminbi.
La devise chinoise n'est pas librement convertible. Si une entreprise ou institution financière située à l'étranger veut en acheter ou en vendre, le plus simple pour elle est de se rendre dans ces banques.

Le 21 juin est inaugurée à Santiago la première banque de compensation du Chili. Le 21 septembre, la première banque de compensation des États-Unis ouvre ses portes à New-York. Deux jours plus tard, c'est au tour de la Russie d'obtenir la sienne.

ZHANG QINGSONG
Directeur général adjoint, Banque de Chine

"La banque de compensation de New York va servir de pont entre la Chine et les États-Unis et nous voulons faire de New York le nouveau centre offshore de compensation du renminbi."

Après Hongkong en 2003, ces ouvertures se sont multipliées, de Johannesburg à Londres en passant par Doha. On en compte aujourd'hui une vingtaine dans le monde entier. En matière de règlements internationaux, le renminbi est aujourd'hui la 5ème monnaie la plus utilisée.

Au niveau de son taux de change, le yuan a cette année souffert de la volatilité des marchés. En un an, il a reculé de 6% contre le dollar. Les nombreuses sorties de capitaux ont fait réagir les autorités. Durant cette période, le renminbi est resté plutôt stable contre les autres grandes monnaies mondiales.

Les réformes et l'ouverture du secteur financier chinois commencent donc à porter leurs fruits. Mais il reste du chemin à parcourir pour faire du renminbi une monnaie de réserve internationale, ce qui contribuera à la stabilité du système financier mondial. 
 

INSECURITE SOCIALE

Médicaments : pourquoi il y a rupture de stock en pharmacie

(Nouvel Obs) Les pénuries répétées de médicaments inquiètent l'Ordre des pharmaciens qui s'alarme sur son site, relèvent "les Echos". De février 2015 à novembre 2016, quelque 200.000 déclarations de rupture de stock ont été enregistrées en France, en forte hausse. Un médicament est déclaré en rupture quand une pharmacie (d'officine ou de centre de soins) est "dans l'incapacité de le dispenser à un patient dans un délai de 72 heures". "Les vaccins sont les plus touchés (22% manquants), suivis par les produits dermatologiques (6 ), les hormones systémiques (6%), les hormones sexuelles ou génito-urinaires (8%), et les médicaments ciblant muscles et squelettes (3,1%). La pénurie touche toutes les classes de médicaments, y compris des traitements contre la ménopause ou la thyroïde", relève le quotidien. La durée moyenne de rupture est aujourd'hui de 109 jours, selon l'organisation professionnelle. C'était deux fois moins il y a un an. Flux tendu dans les labos et en pharmacie Pour expliquer ces ruptures de stock de plus en plus importantes, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) parle dans son rapport annuel "de nouvelles stratégies industrielles de rationalisation des coûts de production, qui conduisent les laboratoires à produire en flux tendu", note France Info. Certaines molécules sont produites dans une seule usine dans le monde, notamment en Chine ou en Inde, où se trouvent de nombreux sites. Il suffit alors d'un problème d'approvisionnement en matières premières, d'un souci sur la chaîne de fabrication, ou encore d'un atelier fermé, pour que la production s'arrête et que les pharmacies ne soient plus approvisionnées. Dans les pharmacies françaises aussi, la gestion à flux tendu est devenue la norme. Il arrive que de nombreuses officines se retrouvent privées au même moment d'un même médicament, à la suite d'un accident de transport, d'un retard ou d'une mauvaise anticipation.

 

Les caissières subissent une «chasse systématique aux temps morts»

28 décembre 2016

http://www.liberation.fr/france/2016/12/28/les-caissieres-subissent-une-chasse-systematique-aux-temps-morts_1537856?xtor=rss-450

Après le drame de Tourcoing, la sociologue Sophie Bernard revient sur les conditions de travail des employés de la grande distribution.

Sophie Bernard est maîtresse de conférences en sociologie à l'université Paris Sciences et Lettres et chercheure à l’Irisso. Elle est notamment auteur de l’ouvrage Travail et automatisation des services. La fin des caissières ?, paru en 2012. Après la fausse couche d'une caissière d'un magasin Auchan de Tourcoing, elle décrit pour Libération les conditions de travail des employés de supermarché.

Le dramatique accident survenu à Tourcoing illustre-t-il la dégradation des conditions de travail des caissières dans les supermarchés ?

On peut dire qu’il s’inscrit dans la logique de réduction des coûts dans laquelle la grande distribution s’est engagée depuis la crise du secteur dans les années 1980. Cela s’est matérialisé par de profondes réorganisations, une diminution du personnel, une intensification du travail et, in fine, une pression accrue sur l’ensemble des salariés, avec un effet domino, partant du haut de la hiérarchie, en passant par les postes d’encadrement intermédiaire jusqu’aux employés et caissières. Avec sa culture d’entreprise paternaliste, Auchan a longtemps été relativement épargné, mais s’est engagé à son tour dans cette logique financière au cours des années 90.

Quels sont les effets les plus visibles ?

Il s’opère une chasse systématique aux temps morts. Dans cette organisation en flux tendu, il s’agit de rationaliser le temps de travail des caissières en l’adaptant au plus près des flux de clientèle. Sous couvert de permettre une conciliation entre temps de travail et tâches domestiques et familiales, le temps partiel est en réalité utilisé par les distributeurs comme un outil de flexibilité. Le temps de travail est fortement contrôlé par l’encadrement qui décide unilatéralement des moments de pause.

Pourquoi ce métier est-il difficile ?

La pénibilité est d’autant plus forte que les salariées travaillent en présence d’un public. A la pression de la hiérarchie s’ajoute en effet celle des clients, ces derniers exigeant rapidité et qualité de service. En outre, réalisant des gestes répétitifs et manipulant plusieurs tonnes d’articles chaque jour, les caissières sont victimes de troubles musculo-squelettiques.

Le développement des caisses automatiques a-t-il créé de nouveaux types de problèmes ?

L’automatisation donne lieu à une nouvelle répartition des tâches entre caissières et clients, mais ces derniers considèrent qu’ils accomplissent dorénavant le travail des caissières. Il se déplace en réalité en coulisses. On contrôle le client à distance, derrière son écran, ce qui est considéré comme du sale boulot peu valorisé. Cette invisibilisation du travail engendre donc un manque de reconnaissance alors même que les caissières dénoncent une intensification du travail. Elles doivent en effet gérer plusieurs clients en même temps, et non plus un par un. Mais elles sont néanmoins nombreuses à apprécier la polyvalence et le fait de pouvoir exercer à la fois sur des caisses classiques et des caisses automatiques.

Comment expliquer que, malgré ces conditions difficiles, des crises ne surviennent pas plus souvent dans ce secteur ?

Cela «tient» pour plusieurs raisons. La peur de la précarité et du chômage pour ces employées peu ou pas diplômées. La rémunération variable, qui peut être une source d’émulation en raison du complément de revenu que cela représente, même si c’est de moins en moins vrai avec la crise. Enfin, il y a aussi la pression de la hiérarchie. Le management intermédiaire a longtemps essayé de faire tampon avec une logique de donnant-donnant («Je te laisse ton mercredi mais tu me dépannes quand j’ai besoin»), mais comme il a moins de marge de manœuvre, il tend à se faire plus autoritaire.

 

 

Les banques espagnoles contraintes de rembourser les intérêts abusifs sur prêts immobiliers, le secteur plonge

Elisabeth Studer

La Cour de Justice européenne a décidé mercredi que les banques espagnoles devraient rembourser les intérêts pratiqués au dessus des taux du marché, perçus sur les prêts immobiliers. Cette décision a provoqué la chute des cours des établissements bancaires  au delà des Pyrénées. Espagne, pays de contraste   : nous indiquions récemment que 2,46 millions d’enfants espagnols vivaient en-dessous du seuil de pauvreté, soit 29,6 % de l’ensemble de la population enfantine du pays ….

Pour rappel, en mai 2013, la Cour suprême espagnol avait d’ores et déjà déclaré nulles les « clauses plancher » (clausulas suelo) qui permettaient aux banques espagnoles de ne pas réduire leur taux d’intérêt en-deçà d’un certain seuil, condamnant alors BBVA, Cajamar et Abanca. Toutefois, à cette date, la justice espagnole n’avait pas contraint les banques à rembourser les intérêts perçus avant sa décision.

Ces clauses plancher pour le moins opaques étaient discrètement insérées – sans que le client n’en soit averti – dans nombre de contrats d’emprunt indexés sur l’Euribor. Elles faisaient mention d’un taux plancher (de 2 ou 3 % selon les cas), en dessous duquel le coût du crédit ne pourrait pas diminuer, même si le taux de référence baissait en deçà de cette limite.

Au départ, lors de la période du boom immobilier, la clause s’avérait certes être purement formelle pour les agences bancaires, les dossiers de crédit étant en quelque sorte établis à la chaîne durant les années 2000. Ce n’est qu’en 2009, lorsque l’Euribor a commencé à passer en deçà du taux plancher prévu sans que les taux de remboursement ne baissent, que les associations de consommateurs auront enfin été alertées.

Lors de sa décision, en mai 2013, la Cour suprême espagnole avait toutefois autorisé les banques à continuer à utiliser ce type de clause « à condition toujours de sa transparence ». Cela afin de « permettre au consommateur de l’identifier », de comprendre qu’elle conditionne le calcul des sommes à rembourser et de « lui permettre de connaître la répartition réelle des risques de la variabilité des taux« .

En avril 2016, le Tribunal de Madrid avait étendu la décision de la Cour Suprême au reste du secteur et ordonner le remboursement des sommes qui avaient continué à être versées depuis la décision de la Cour suprême de mai 2013. L’agence d’analystes financiers AFI avait alors calculé que les 41 enseignes concernées pourraient devoir rembourser aux emprunteurs 5,3 milliards d’euros, ce qui pourrait signifier une baisse de 8 % des marges pour le secteur.

La facture s’avère d’autant plus élevée que la quasi-totalité des emprunts se fait à taux variable en Espagne. Selon l’Adicae, l’une des associations de consommateurs qui a mené depuis des années la bataille, la décision pourrait affecter 2 millions de crédits en cours de remboursement (soit la moitié du total des prêts).

Désormais, la Cour de justice de l’Union européenne reconnaît aux emprunteurs « le droit d’obtenir le remboursement de la totalité des montants indûment payés aux banques« . Ces dernières sont donc désormais obligées de rembourser non seulement les sommes perçues depuis 2013 (date de la sentence de la Haute Cour espagnole), mais devront également rendre l’intégralité du montant correspondant à la fameuse clause plancher depuis l’ouverture de chaque crédit. Consultée en octobre 2015, la Commission européenne s’était prononcée en faveur de la seconde solution, qui selon les estimations d’AFI devraient alourdir la facture de 4,48 milliards d’euros pour le secteur.

En réaction, les titres de Banco Popular, Banco de Sabadell et CaixaBank chutaient en bourse mercredi dès le début de la journée, perdant plus de 5% dans un marché en baisse de 0,89%. Au final, en clôture à  la Bourse de Madrid, Banco Popular  chutait  de 5,82%, ses concurrentes Sabadell et Caixabank, perdant respectivement 1,29% et 0,80%.

Certes, les banques espagnoles ont déjà signalé lors de la présentation de leurs résultats 2015 qu’elles avaient provisionné la somme correspondant aux litiges. Mais si certaines comme Santander ou Bankinter n’ont jamais appliqué ces clauses de façon opaque. D’autres comme BBVA, CaixaBank, Bankia ou Banco Popular n’ont commencé à éliminer les clauses de leurs contrats qu’après la sentence de la Cour suprême.

Sources : AWP, AFP, Les Echos, Save the Children



231 millions de morts en 100 ans de guerres

soldat_mortL'institut néerlandais de relations internationales Clingendael Institute vient de rendre publique une étude consacrée au nombre de morts provoquées par les guerres et les conflits tout au long du XXème siècle. Selon les chercheurs qui ont procédé à cette comptabilité macabre, environ 231 millions de personnes ont été "tuées à la suite d'un décision d'origine humaine" entre 1900 et 2000.
La première guerre mondiale a provoqué entre 13 et 15 millions de morts, la guerre civile en Russie (1918-1922) plus de 12,5 millions, la révolution mexicaine (1909-1916) 1 million, la seconde guerre mondiale entre 65 et 75 millions de morts... Les conflits postérieurs à 1945 ont, pour leur part, entraîné le décès de 41 millions de personnes.
Cette étude analyse également les réponses et les atermoiements de la "communauté internationale" face à ces tueries, et pose le problème de l'intervention humanitaire dans les guerres.

A lire :



La Syrie est secouée depuis mars 2011 par un conflit intérieur qui a déjà fait, selon les Nations unies, près de 300 000 morts. Plus de 2,3 millions de Syriens se sont réfugiés à l'étranger. Les troupes gouvernementales font face à des groupes armés de différentes origines qui comprennent des mercenaires étrangers.