INFOBREF N°473

Année 2017

La montée en puissance du militarisme français à travers la « guerre au terrorisme» au Sahel

Extrait de Courant Alternatif 264 de novembre 2016

L’opération Serval a pris fin en 2014 mais lui a succédé le dispositif Barkhane qui mobilise environ 3000 hommes et englobe aussi les Etats voisins (Niger, Burkina Faso, Tchad, Cameroun). Officiellement, le relais des troupes onusiennes de la MINUSMA est censé redonner un caractère multilatéral à l’intervention militaire de la France. Mais c’est un trompe-l’oeil.

D’abord sur le plan de la présence militaire française en Afrique, l’intervention Serval suivi de Barkhane s’inscrit dans une séquence qui débute en 2011 avec l’intervention en Côte d’Ivoire pour déloger le régime Gbagbo, puis l’opération Harmattan en Libye pour mettre fin au pouvoir de Kadhafi. Alors qu’il a été question durant toute une période (les années 1990-2000) de multilatéraliser et d’africaniser les questions de « sécurité  », désormais le militarisme français en Afrique renoue avec sa tradition d’intervention directe.

C’est d’ailleurs cette dernière intervention en Libye qui a, pour une part importante, déterminé la crise malienne. En effet, la plupart des cadres militaires du MNLA sont issus de l’armée de Kadhafi, En échange de leur défection en Libye, en 2011, ils auraient obtenu l’aval de l’armée française pour pouvoir se déployer de l’autre côté de la frontière, pour faire payer au régime ATT un manque de coopération et sa complaisance avec la présence d’AQMI sur son territoire. Mais la suite ne s’est pas déroulée comme prévu. De plus, depuis 2011 la situation en Libye fait que ce territoire est une base arrière des groupes islamistes armés où ils peuvent s’approvisionner en armes comme dans un supermarché…

Une autre exemple de cette situation où celui qui prétend lutter contre un problème a aussi contribué à le créer est la question des otages. C’est principalement cette activité qui, depuis 2003 a permis à AQMI d’avoir des ressources pour acquérir des armes et aussi s’implanter auprès de certaines populations. Or comme un article du New York Times l’a rapporté, la France (l’Etat ou des entreprises françaises) a été le pays qui a le plus payé de rançons à Al Qaeda : un montant de 58,1 millions de $ entre 2008 et 2014 ( http://www.nytimes.com/2014/07/30/w...)

Ainsi depuis plus de 10 ans d’un côté, on prétend mener la « guerre au terrorisme  » au Sahel au moyen de drones et de forces spéciales, tandis que de l’autre, on crée objectivement les conditions pour que des groupes jihadistes se développent. Sans parler évidemment des causes plus structurelles: les politiques de pillage des ressources par les puissances occidentales (pétrole, uranium, or …) et les comportements de prédation et de népotisme des élites africaines liées à la Françafrique qui s’observent désormais à une vitesse accélérée, puisqu’il s’agit de profiter de s’enrichir au plus vite tant qu’on est au pouvoir. La dérive accélérée du régime actuel de IBK « démocratiquement élu » qui s’est acoquiné avec un des représentants les plus notoires de la mafia françafricaine, Michel Tomi, spécialisé dans les jeux et le BTP illustre si besoin en est qu’un tel système n’est pas prêt de prendre fin.

 

Solidarité avec Lluc, poursuivi suite à la mobilisation contre la loi travail.

29 décembre 2016

https://paris-luttes.info/solidarite-avec-lluc-poursuivi-7307

Durant la lutte contre la loi travail, de nombreuses personnes ont été arrêtées et les poursuites continuent. C’est le cas de Lluc, qui, après s’être fait tabasser par les flics, est poursuivi pour rébellion. Son procès aura lieu le 9 février.

Lluc passera finalement en appel le 9 février.

Dans la nuit du 15 au 16 avril, Lluc, étudiant de 20 ans s’est fait arrêter en marge des manifestations, à République. Son crime ? Filmer les affrontements avec son portable.

Lire aussi  :  Loi Travail : des nouvelles de la répression à Paris 3

Après l’avoir violemment tabassé et humilié, les policiers l’ont placé en garde à vue pendant 60 heures (lire son témoignage ici). Lluc a une fracture du nez, une fracture du pouce, il est entièrement couvert d’hématomes.
Mais ça n’est pas fini : il se voit accuser de rébellion, de violences envers les forces de l’ordre et de violence envers une jeune fille qui passait par là… Toutes ces accusations sont fausses.
Le procès a eu lieu en juillet, et s’est révélé être une parodie de justice. Les incohérences des dépositions de la police ont pourtant bien été prouvées par l’avocate de Lluc.
Lluc a été condamné à 12 mois de prison avec sursis et à 11 000 euros d’amende : une partie pour la jeune fille (qui a pourtant dit au procès ne pas connaître Lluc et ne pas penser qu’il était coupable). L’autre partie de l’amende, pour qui est-elle ? Pour les policiers qui l’ont frappé et humilié.

Non seulement les policiers sont impunis, mais ils sont même récompensés de leur violence !

Nous appelons au soutien de Lluc, nous refusons l’injustice, nous dénonçons la violence policière et sa légitimation par la "justice" française.

Soyons présent-es le 9 février pour soutenir Lluc !

Le Comité de soutien à Lluc.



La Finlande commence à expérimenter le revenu universel

le 1 janvier 2017-Deux mille demandeurs d’emploi âgés de 25 à 58 ans ont été tirés au sort pour percevoir 560 euros par mois pendant deux ans à partir du 1er janvier.

Alors que l’idée d’un revenu universel occupe de plus en plus de place dans le débat politique français, la Finlande devient, dimanche 1er janvier, le premier pays européen à l’expérimenter au niveau national. Deux mille personnes, âgées de 25 à 58 ans, ont été tirées au sort pour percevoir 560 euros par mois pendant deux ans. Seule particularité, l’échantillon se limite à des personnes en recherche d’emploi et bénéficiant déjà d’une allocation chômage.

Les 560 euros mensuels remplaceront ainsi l’actuelle allocation chômage. Si les allocataires percevaient une compensation plus élevée auparavant, la sécurité sociale leur versera la différence. Leur couverture santé et leur allocation logementseront maintenues. Le changement majeur introduit par cette expérimentation tient dans le fait que chaque personne pourra accepter un travail et continuer à recevoirson revenu universel, et ce peu importe le salaire perçu.

« Si vous trouvez un travail avec une paye de 4 000 euros par mois, vouscontinuez quand même à percevoir votre revenu universel de 560 euros tous les mois, explique Marjukka Turunen, responsable des affaires juridiques au sein de l’assurance sociale finlandaise (KELA). Actuellement, en dehors de cette expérimentation, si vous touchez un salaire mensuel d’au moins 400 euros, vous perdez vos allocations chômage. » Pour Mme Turunen, le système actuel pousse certains chômeurs à refuser une offre d’emploi peu rémunérée, de peur de se retrouver dans une situation financière plus difficile que lorsqu’ils étaient au chômage.

Promouvoir l’emploi et « simplifier » les aides sociales

Pendant deux ans, jusqu’à fin 2018, l’État comparera ainsi la trajectoire de ces 2 000 chômeurs avec celle d’un groupe test de chômeurs touchant environ ce même montant en prestations sociales. L’objectif affiché est de voir si les chômeurs bénéficiant d’un revenu universel sont plus motivés à trouver un emploi ou à lancer des projets entrepreneuriaux.

Le projet faisait partie des promesses électorales du premier ministre centriste Juha Sipilä, en fonction depuis mai 2015. Le gouvernement espère « promouvoir l’emploi », « réduire la bureaucratie et simplifier le système complexe des aides sociales ». M. Sipilä, ancien homme d’affaires à la tête d’un gouvernement pro-austérité, est convaincu que cette mesure incitera les Finlandais à être plus entreprenants et mobiles, et que la réforme répond aux évolutions du marché du travail, plus instable qu’auparavant.

Sans être hostile à l’idée, l’opposition a estimé que le test était d’ampleur trop limitée, dans un pays de 5,5 millions d’habitants, pour livrer des enseignements décisifs. En Finlande, le revenu net disponible moyen dépasse les 2 200 euros par personne et par mois, selon l’OCDE. Une allocation mensuelle de 560 euros ne permet de vivre que très modestement.

En France, une mission d’information du Sénat a proposé en octobre d’expérimenter rapidement « dans des territoires volontaires » différentes modalités d’une mise en place d’un revenu de base. Cette recommandation n’a pour le moment pas été suivie, mais les hommes politiques de droite comme de gauche s’intéressent à l’idée, même si les appellations et les définitions différent (« revenu de base », « revenu universel », « revenu d’existence »…). Certains y voient une possibilité d’émanciper l’individu de l’emploi, quand d’autres ont avant tout pour objectif de simplifier le système de protection sociale actuel.

PRECARIAT et souffrance au travail

En Écosse, des employés d’Amazon dorment sous des tentes pour pouvoir travailler

http://www.konbini.com/fr/tendances-2/employes-amazon-dorment-dans-tentes/

Avoir un job et vivre comme un SDF, c’est ce que propose Amazon, entreprise dont les salaires forcent certains de ses employés écossais à dormir dans des tentes à proximité de leur lieu de travail.

En cette période de fêtes, vous avez probablement eu le réflexe de commander vos cadeaux sur Amazon, séduit par la livraison express, le paiement sécurisé et… les conditions de travail déplorables ? L’entreprise américaine est accusée (entre autres) d’exploiter ses employés du centre de Dumferline, dans la région de Fife, en Écosse, à tel point que certains d’entre eux sont obligés de dormir dans des tentes à côté du bâtiment pour assurer leurs 60 heures de travail hebdomadaire.

En cause, les salaires cassés (entre 3 et 5,7 euros/heure après les charges) qui ne permettent pas aux employés d’utiliser la navette de l’entreprise pour rentrer chez eux, rebutés par son prix prohibitif de 7,35 livres sterling par jour (8,7 euros). Un des salariés interrogés par le journal écossais The Courier confie habiter à plus d’une centaine de kilomètres du site et ne pas pouvoir couvrir cette distance deux fois par jour, les billets de train étant trop chers.

Amazon devrait avoir honte que ses salaires forcent ses employés à camper dehors”

L’affaire n’a pas tardé à soulever l’opinion britannique et à susciter les réactions de personnalités politiques. Willie Rennie, leader des libéraux-démocrates (Lib-dem) écossais, a vivement critiqué l’entreprise américaine : “Amazon devrait avoir honte que ses salaires forcent ses employés à camper dehors au beau milieu de l’hiver pour joindre les deux bouts. Il est temps que la direction fasse une longue et profonde introspection pour changer ses pratiques.” Mais rien dans la succession de scandales de ce genre ne laisse penser qu’Amazon soit prêt à une telle remise en question.

Au contraire, les porte-parole de la boîte sont même enthousiastes sur les conditions de travail imposées à leurs employés. “Pendant le Black Friday [jour où le plus grand nombre de commandes est enregistré, ndlr], nous avons organisé des tombolas gratuites. Il faut que les employés s’amusent”, s’est ainsi réjoui Paul Ashraf, manager général des opérations pour Amazon au Royaume-Uni. Un discours paternaliste digne du XIXe siècle et à mille lieues des réalités du quotidien des entrepôts.

Pas de jour de repos pendant 3 mois

Ce n’est pas la première fois que l’entreprise de Jeff Bezos est accusée d’exploiter ses employés, et plus particulièrement ses livreurs. Certains d’entre eux roulent 11 heures par jour, sans jours de repos (même le dimanche) pendant des mois. Les rythmes imposés sont extrêmes au point qu’ils doivent faire leurs besoins dans des bouteilles ou des sacs. Pas le temps de s’arrêter pour livrer les 200 colis quotidiens, le tout pour un salaire de misère.

Toujours interviewé par The Courier, Paul Ashraf dévoile peu à peu le cœur du problème : “Nous nous concentrons exclusivement sur les obsessions de clients.” C’est donc bien la furie de la livraison express qui rend la vie impossible à des milliers d’ouvriers ou livreurs. Mais pas seulement : pour les cadres aussi, travailler chez Amazon est un enfer : “J’ai pratiquement vu tous mes collègues pleurer à leur bureau“, confie l’un d’eux au New York Times. Une culture du chiffre et du gigantisme qui pousse l’entreprise à adopter des stratégies managériales des plus extrêmes. Il est même arrivé que des employés se fassent virer en cas de cancer ou de fausse couche. “Il faut que les employés s’amusent“. On en est très loin.