Les bouleversements internes du capital: quelques exemples non limitatifs

Nous venons d’ apprendre qu’ Emmanuel Macron l’ ancien ministre de l’ Economie, de l’ Industrie et du numérique du gouvernement Hollande est élu Président de la franchouillardise tricolore. Ce dernier ne se cache pas, comme ses prédécesseurs de vouloir créer des emplois en liquidant des emplois et de vouloir précariser le salariat pour créer des emplois avec des contrats de travail liés à la personne, en fait d’ adapter les structures juridiques à la précarisation en cours.

Notre nouveau Président fut l’ initiateur des cars Macrons qui devaient créer à terme 20 000 emplois, tout en transportant la jeunesse et les vieux indigents. Le résultat ne fut pas brillant puisque Mégabus a fait faillite licenciant 175 salariés.

Le nouveau Président, veut mettre le paquet avec « les barbares » sur la « destruction créatrice » que les nouvelles technologies devraient engendrer, il a derrière lui une petite armée d’ adeptes qui visent à monter des plates formes et « créer de la valeur avec rien ».
Ces plate-formes ne sont pas créatrice de valeur au sens marxiste du terme, elles se présentent symboliquement comme une sangsue technologique sur leurs utilisateurs.

Comme les actifs financiers de ces plateformes ne valent rien, elles peuvent s’installer sans encombre dans les paradis fiscaux. Quand ses actifs prennent de la valeur, ils sont hors d’atteinte et comme elles n’ ont pas d’ actionnaires c’est tout bénéfice pour elles, d’où des décollements boursiers spectaculaires pour ce capitalisme qui se développe en dehors des clous des réglementations établies. Les valeurs captées par ces nouveaux venus du 21 éme siècle sont concentrées dans les paradis fiscaux et dans la Silicon Valley. Leurs capacités à phagocyter l’ économie productive de plus value est telle que les GAFA+NATu (Google, Apple, Facebook, Amazon, Netflix, Airbab,Tweter, Uber …). deviennent une menace interne au capital historique.

La numérisation a pour le moment fait sa principale pénétration dans le domaine des services ,mais désormais,elle déborde et s’étend à des secteurs qui semblent plus difficiles à phagocyter du fait de barrières réglementaires,que les Barbares veulent soumettre cycle de conférence les Barbares attaquent, et agissent pour que tous les secteurs passent sous les fourches caudines et monopolistes des GAFA.

La numérisation de l’industrie n’ est pas une évidence

La grande crainte des industriels est de voir s’introduire les trublions de la Silicom Valley dans le partage des profits. En effet il suffit de voir comment le phénomène des « plate forme »1 est devenu une véritable sangsue sur certaines professions. Les plus marquantes concerne l’ industrie touristique et plus particulièrement l’ hôtellerie et la concurrence déloyale d’ Uber. En tant qu’intermédiaire, la plateforme s’impose comme une infrastructure indispensable visant une position monopolistique. Il y a une résistance assez globale à l’ expansion des plateformes, les procès sont nombreux2 et des luttes dans les rues se manifestent ,les taxis contre Uber…Mais aussi l’industrie hôtelière qui s’ est rendu compte de l’ inconvénient de transférer de plus en plus ses activités sur internet.

Il en est de même pour les banques et assurances

Il a été effectivement aisé pour les GAFA de gagner leurs procès contre les hôteliers et autres
mais dès qu’ils se sont attaqués aux banques et assurances le vent a tourné.

« Plus important encore : Google n’a pas réussi à convaincre les grands assureurs et les grandes banques de participer au projet, ceux-ci n’ayant aucune envie de partager leurs profits avec les champions de la Silicon Valley. Les internautes ne pouvaient donc comparer les prix que de petits acteurs. Les banques et assureurs étant de gros annonceurs sur Google, celui-ci n’a pas forcément voulu prendre le risque de les froisser avec ce nouveau service. » extrait de https://www.lesechos.fr/24/02/2016/LesEchos/22136-121-ECH_assurance---fin-de-partie-pour-google-compare.htm

Contrairement à la France, l’ Allemagne la championne des biens d’ équipements et de l’ industrie mécanique se tenait à l’ écart de la dite « révolution 4,0 » et même la négligeait. Seulement la numérisation tout comme l’ informatisation ne connaissent pas de frontières, elles pénètrent partout dans la société civile et même sur les êtres vivants l’homme compris.

Malgré leur réticence, les industriels allemands se trouvent contraints bon gré malgré d’ entrer dans la danse de l’innovation numérique. Une des caractéristiques de ses innovations, est la mise en réseau de tous les éléments du processus de production afin de construire l’usine ultra connectée du futur. Autrement dit, l’industrie 4.0 reposerait sur l’interconnexion de machines intégrées dans un univers éclaté, parcellisé mais globalisé dit système Cyber physique3 qui impose d’ avoir une approche globale et transversale des différents domaines techniques. Une sorte d’ architecture toile d’ araignée s’ auto régulant à l’ échelle mondiale. Les machines, les pièces usinées ayant la capacité d’interagir et de se reconnaître mutuellement par pilotage intégré. Une superstructure gigantesque dite «  système productif cyber-physique » qui agit mondialement par le truchement des communication radio, l’ emploi de capteurs, de puces RFID…

Les entraves au Cyber-physique.

Les industriels allemands craignent d’ être phagocytés

« Néanmoins la vraie menace, l’épouvantail de chaque manifestation Industrie 4.0 en Allemagne reste Google présenté comme le concurrent n°1. Les industriels allemands craignent, qu’à l’aune d’autres secteurs comme l’édition ou l’hôtellerie, les géants de l’internet n’imposent une relation exclusive avec le client final. Détenant l’accès aux données d’usage et des interfaces guidant le choix des consommateurs, ils seraient alors en position de force pour capter une part importante de la marge, quand ils ne chercheraient pas directement à concurrencer les industriels, à l’image de la voiture autonome. » ( La numérisation de l’industrie dans les entreprises du Mittelstand allemand )

Récemment le constructeur automobile Porche a pris les devants,

« Selon Lutz Meschke, l’essor de l’autopartage et des services de type VTC (voiture de transport avec chauffeur) devrait à terme, d’ici sept à 10 ans, rendre l’utilisation à temps partagé d’une voiture « aussi commode que le fait d’en posséder une ». Une tendance qui d’après lui devrait impacter le volume des ventes de véhicules neufs. »

Plus récemment nous apprenons, que des patrons viennent de saisir la commission européenne sur le sujet :

Le 5/5/2017-Ce sont quelques-unes des plus belles réussites de la tech européenne qui ont pris la plume : les emblématiques licornes Deezer et Spotify, l’investisseur allemand Rocket Internet, mais aussi LeKiosk, Qobuz… Dix patrons qui, dans un courrier adressé à à la Commission européenne et que Les Echos ont pu lire, dénoncent les pratiques des plates-formes en ligne. Sans jamais nommer explicitement Google et Apple, ils appellent l’exécutif européen à sévir contre les géants américains du Web, les Gafa.4
L’ Europe des 15 au 27 n’ est pas une entité fiable et solide et Mitterrand en avait conscience, il avait surtout conscience du poids de l’administration américaine sur l’ Europe , tant sur son économie que sur ses capacités militaires. Dans ces circonstances il serait bien étonnant que l’ UE s’attaque aux GAFA (un des objectifs de E. Macron). La puissance de corruption des GAFA est à la hauteur de sa puissance financière et monopoliste, ceux ci sont élevés au rang d’une puissance diplomatique, le Danemark vient de nommer un ambassadeur auprès des GAFA.
L’Irlande et le Luxembourg sont les repaires fiscaux de ces nouveaux pirates, Apple y est installé ainsi que Google et Facebook, quant à Amazon elle est domiciliée au Luxembourg
Le 4 février 2016 la valorisation de ces GAFA est de 1650 milliards de dollars

A titre de comparaison, leur valorisation est à peu près égale au PIB de la France, 6ème puissance mondiale derrière le Royaume Uni.
Les médias ne cessent de dénoncer, les GAFA et les tribunaux européens d’ exiger de Google et Apple des milliards d’arriérés d’impôts, rien n’y fait et la pieuvre continue d’ étendre ses tentacules.

Ce texte, vise essentiellement à attirer l’ attention des camarades sur les contradictions internes du capital et de l’influence des nouvelles technologies sur le monde du travail à terme, les réformes visant les codes du travail , les retraites, l’ achèvement de ce qui reste de l’ état providence et la préparation à une gestion généralisée de la précarisation/paupérisation des dites classes moyennes, d’où une mutualisation dite universelle, des revenus, des retraites…

G.Bad mai 2017