Depuis le mouvement contre la loi El Khomeri dite aussi loi travail imposée par le gouvernement de Manuel Walls nombreux sont ceux qui ont découvert, que la constitution française autorisait à passer outre le parlement . Une prérogative que manuel Walls premier ministre va utiliser en faisant jouer l' article 49/3 pour imposer le passage de la loi El Khomeri.

 En pratiquant ainsi Manuel Walls finissait d' achever la mandature de François Hollande, qui ne se représentera pas à l'élection présidentielle. Le fusible Hollande venait de griller , comme son prédécesseur le fusible Sarkosy. La situation devenait tragique, le gouvernement Hollande encourageant sans cesse le nationalisme aidé en la matière par le terrorisme islamique. Le front national devenait acceptable, d' autant que Marine Lepen reniait le nationalisme raciste de papa. Les primaires de la gauche et de la droite allaient révéler les contradictions et petits scandales des partis. Ne restaient en liste que le populiste nationaliste de gauche de Jean Luc Mélenchon et celui de droite de Marine Le Pen . Pour les élites de Bruxelles, le temps était venu de sortir de ce petit jeu des nationalismes pouvant menacer dans ses fondement l' UE, le Brexit anglais venait de tirer la sonnette d' alarme.Pour la bourgeoisie française, il y a longtemps que son champ d' action économique se situe à l' international et par conséquent doit s'appuyer sur l' UE pour que les entreprises de souche française restent sur le marché. L' Etat français devant se limiter à son rôle régalien, autrement dit à sa fonction de gendarme et son désir de prendre la tête de l' Europe de la défense.

 Les élites de l' institut Montaigne1 ne cessèrent de préparer le « plan B » ils ont hésité entre Fillon et Macron et finalement appuyé Macron en mettant en place un gouvernement plus unifié autour du chef. Avec sa forte majorité de béni-oui-oui l' élite pro européenne pense pouvoir faire passer toutes ses réformes démocratiquement sans utiliser l' article 49/3 mais les ordonnances. Pour rappel Manuel Walls avait proposé de faire retirer de la constitution l' article 49/3.

 L' unité nationale, à la française est un hydre à deux têtes, Macron tout le monde le sait représente le parti de l'UE, son patriotisme est européen. Le parti de Macron « en marche » se veut apolitique ; en réalité sa composante est une cohabitation droite et gauche unifiée. Macron voulait l'union sacrée pour faire passer les réformes de la nomemklatura européenne.

 A ce niveau le macronisme a échoué face aux abstentionnismes, 50,2% d' électeurs ont tourné le dos aux urnes, sans compter les blancs et nuls et non inscrits. Dans ces conditions, le gouvernement doit s' attendre à des réactions très vives des milieux populaires, les conditions de travail et de vie deviennent insupportables, les suicides se multiplient (Hôpitaux, la poste, les cheminots, l' éducation nationale,les agriculteurs...) . La jeunesse est consciente que l' avenir est bouché pour elle et ce n' est plus seulement des étudiants qui vivent en colocation mais des personnes ayant un travail.

 Les retraités, sont régulièrement ponctionnés à des niveaux divers, cela fait 4 ans en France que les retraites ne sont plus revalorisées, et maintenant le gouvernement Macron/ Edouard entend augmenter la CSG de 1, 7% provoquant ainsi une paupérisation de l' ensemble des retraités.

 L'insécurité sociale est maintenant un fait visible à tous les niveaux de la société, l' accès aux soins se fait en fonction de ses possibilités financières. La médecine à deux vitesses est une réalité, de plus en plus il faut avoir recours aux urgences, elles mêmes vite submergées. De plus nous assistons à la fermeture des centres de soins de proximités et cela même dans les grandes villes , Comme pour les gares l' état ferme des hôpitaux au profit des cliniques privées.

 Les partisans du dialogue social, savent très bien gérer et étouffer les conflits, il y a longtemps que par le truchement des filialisations, des différents statuts le système parvient à un encadrement local des luttes. Il en résulte qu'il se trouve confronté à des guérillas multiples des divers secteurs, qui réagissent au coup par coup. C'est le cas actuellement des cheminots, qui après la débandade de leur mouvement pour maintenir le statut RH 007, sont contraints à l' action guérilla. A la Poste c' est la même pratique émaillée par deux gréves longues : La grève des postiers du département 92 qui a durée 170 jours en 2014 et en 2016 celle des postiers de Rivesaltes dans les Pyrénées-Orientales. grève qui a duré 7 mois.

 La chasse aux militants syndicaux radicaux est ouverte.

 Il y a dans le mouvement social des militant syndicaux, qui tendent quand la révolte de la base gronde à dépasser le droit syndical. C' est làa pour la bourgeoisie insupportable il suffit de se remémorer l' affaire de la chemise arrachée d' air France pour se rendre compte de la haine et la crainte que la bourgeoisie porte à ceux qui la font vivre. Cette haine /crainte est si disproportionnée que les cheminots ont été surpris de voir 7 cars de gendarmerie les attendre lors du procès d'une cheminote déléguée SUD visant à la licencier. La même rage va s' engager contre Mathieu délégué Sud rail à Strasbourg s' étant distinguer positivement lors de la manifestation du 14 juin 2016 contre la loi travail après un an de procédure, le ministère a rejeté le recours de la SNCF. De même comme en témoigne la CGT cet acharnement vise les femmes seules.

 « A l’appel de la CGT, 200 cheminots actifs ou retraités se sont retrouvés devant le siège régional Midi-Pyrénées de la SNCF en soutien à Carole, cheminote victime de répression anti-syndicale de la part de la direction. L’acharnement d’une direction toujours plus inhumaine et aveugle passe par le licenciement de cette syndicaliste, mère seule de deux enfants, après sept ans de procédure et de harcèlement. »

 Mars 2017-Dans la même semaine, deux délégués du personnel se sont donnés la mort. Ils étaient tous les deux sous la menace de sanctions disciplinaires lourdes. Des pratiques qui en disent long sur le climat qui règne à la SNCF. Mais qui s’expliquent par la brutalité des réorganisations en cours. Dans la nuit du 10 mars 2017, Edouard Postal 42 ans délégué du personnel Sud Rail à la gare St lazare est poussé au suicide. Il était sous le coup d'une triple sanction disciplinaire : avertissement avant radiation des cadres, mise à pied sans salaire et mutation disciplinaire à Bretigny-sur-Orge. Quelques jours après, Frédéric Hein se suicide lui aussi délégué du personnel CGT il était sous la menace de sanction.

lundi 10 avril 2017-Une cheminote a tenté de mettre fin à ses jours sur son lieu de travail à Clichy, dans la région de Saint Lazare, après un rendez-vous avec la direction. Avant de passer à l'acte, elle avait laissé un message où elle accusait sa hiérarchie. Le 11 mai 2017, un contrôleur de 37ans,met fin à ces jours à Chenimèril, dans le secteur ferroviaire d' Epinal (Vosges)

Voilà ce qui se passe à la SNCF, à la Poste et dans bien d'autres secteurs, sans grand tapage médiatique , sans monument aux morts pour les victimes du terrorisme de classe.

On se souviens de la vague de suicide entre 2008 et 2009 qui a touchée France Télécom au moment de sa privatisation , pas moins d'une trentaines de suicides. Se souvenir aussi des suicides au techno-centre de Renault Guyancourt. Le 20 octobre 2006,un technicien va se jeter du cinquième étage du bâtiment principal du technocentre, un second va se noyer le 22 janvier, en l' espace de trois mois c' est trois suicides au technocentre.

La Poste est l'une des entreprises les plus touchée par le harcèlement permanents, en 2016 la Poste , compte plus de 50 suicides, plus les dépressions nerveuses, les AVC... Rien n' arrête, depuis des années « le crime organisé » récemment encore l' appareil judiciaire est sur le dos de Gaël Quirante, postier du 92 et délégué SUD , c'est encadré par la police qu'il est passé devant le ministère du travail.

Autre exemple Gérard Filoche lance une pétition , pour la constitution d’un comité de défense des libertés ouvrières et syndicales à PSA. On se demande pourquoi seulement PSA compte tenu de la situation globale de répression depuis des années. Citons tout de même la répression de PSA.

 « Le site de Poissy paye le plus lourd tribut : en ce moment, 14 syndicalistes cumulent 61 journées de mise à pied, 9 autres militants, après neuf heures de garde à vue au commissariat, sont appelés à comparaître en Correctionnelle, et le secrétaire général du syndicat CGT, Farid Borsali, a déjà été appelé à comparaître devant le tribunal correctionnel.
À Mulhouse, 6 militants viennent d’être mis en examen pour avoir diffusé un tract syndical.
Cette volonté de détruire toute forme de résistance, de détruire une organisation syndicale, en passant par les êtres humains qui la composent, est insupportable et dangereuse pour les libertés fondamentales dans ce pays. »

Les agriculteurs, eux aussi se trouvent acculés par la concurrence et l' endettement,un agriculteur se suicide en France tous les trois jours. Un rapport de santé publique France, indique que sur la période de 2010 et 2011 le nombre de suicides hommes était de 253 et 43 pour les femmes. Le 20 mai 2017, un jeune paysan Jérôme Laronze tombe sous les balles d'un gendarme.

Cette insécurité sociale, devient plus présente dernièrement encore l' expulsion de son logement de Nadine, une retraitée de 85 ans a fait la chronique des journaux. Récemment le gouvernement vient d' annoncer que dés le mois d'octobre il va s'attaquer aux aides personnalisées au logement (APL) vont baisser de 5 euros par mois et par foyer. Une décision qui provoque la colère des syndicats d'étudiants.

Comment s'organise la réplique

Depuis quelque temps, c' est principalement le « Front social » qui mène la danse des manifestations , le Front social est un rassemblement de divers syndicats marqué à gauche et ayant conscience que les luttes localisées sont en règle générale vouée à l' échec.

G.Bad 25 juillet 2017

Video manifestation du front social

 

Front_social










1-L'Institut Montaigne,Ce think tank fondé en 2000 par Claude Bébéar, longtemps PDG d’Axa et figure tutélaire du patronat français, a la vocation «d’élaborer des propositions concrètes dans les domaines de l’action publique, de la cohésion sociale, de la compétitivité et des finances publiques». L’Institut Montaigne et sa quinzaine de salariés sont financés quasi intégralement grâce aux adhésions d’une centaine d’entreprises, dont plusieurs sont membres du CAC 40. Avec une limite : une société ne peut pas apporter plus de 2 % du budget total. Pourtant réputé comme proche de la droite, l’organisme se réclame «indépendant» des partis. C’est Bébéar qui recrutera Laurent Bigorgne et le placera directeur des études en 2009. L’année suivante, il deviendra directeur général. (source Libération 7 juin 2017)