INFOBREF N°495

Désormais, les syndicats auront besoin d’une autorisation du patron pour envoyer des mails aux salariés

Après deux ans de procédure dans le cadre du procès opposant le crédit Lyonnais à la CGT, la justice (de classe) a tranché. Désormais, les syndicats ne pourront pas envoyer de mails groupés à l’ensemble des salariés sans un accord préalable avec le patron.

Julian Vadis

mardi 22 août 2017-C’est une décision qui fait office de jurisprudence. Et pour cause, le litige qui oppose le Crédit Lyonnais et la CGT était inédit. En effet, le syndicat s’était servi, en 2015, de la boite mail de la banque pour envoyer 3 messages à l’ensemble des salariés. Un tractage 2.0 qui n’a pas été du goût de la direction en général et de la direction des ressources humaines, qui avait dès lors interdit la CGT d’accès à la messagerie. Une forme de répression nouvelle, visant à brimer le droit des syndicats à informer les travailleurs de l’actualité au sein de l’entreprise et de leurs droits en tant que salariés.

Il semble toutefois que la manœuvre ait trouvé des admirateurs du côté des instances judiciaires. Après des passages en première instance, en appel et en cassation, la justice a tranché : sans accord préalable avec l’entreprise, pas de tractage généralisé aux salariés par messagerie électronique. Une décision qui offre une marge de manœuvre non négligeable pour les patrons, qui pourront ainsi avoir un droit de regard sur le contenu des mails et ainsi dispose d’un aval judiciaire pour censuré allégrement les représentant des salariés et les syndicats.

Dans les colonnes du Figaro, Sylvain Niel, spécialiste de droit du travail feint l’étonnement et estime que « cette jurisprudence risque d’être condamnée à terme par les ordonnances du gouvernement » car il s’agirait, selon lui de « l’évolution logique des choses. Nous allons vers un principe de démocratie directe ». Simple accident judiciaire donc ? On est en droit d’en douter, au vu de l’acharnement d’Emmanuel Macron contre les droits syndicaux les plus élémentaires, à l’image de la fusion des instances de représentants de personnels qu’il prévoit de mettre en œuvre. Loin d’un principe de « démocratie directe » dans les entreprises, la destruction des acquis sociaux et la désormais main mise renforcé du patronat sur le contenu des informations divulgué par les organisations de travailleurs aux salariés tend plutôt à un renforcement de la dictature patronale.

(publié par révolution permanente)

 

Les preuves de la mise sur liste noire des sites de gauche et progressistes par Google s’accumulent

Par Andre Damon
9 août 2017

Un nombre croissant de sites Web éminents de gauche ont confirmé que leur taux de fréquentation en provenance de Google a chuté ces mois derniers, cela vient s’ajouter aux preuves que Google, sous couvert d’une campagne frauduleuse contre les fake news, met en œuvre un large programme de censure systématique.

Truthout, un site Web à but non lucratif qui se concentre sur les développements politiques, sociaux et écologiques du point de vue progressiste de gauche, a vu diminuer son lectorat de 35 pour cent depuis avril. Real News, un service d’actualités en vidéo et de documentaires à but non lucratif, a vu chuter sa fréquentation en provenance des moteurs de recherche de 37 pour cent. Un autre site, Common Dreams, a informé le WSWS la semaine dernière que sa fréquentation venant des moteurs de recherche avait chuté de jusqu’à 50 pour cent.

Pour autant, elles sont dépassées de loin par la baisse de près de 70 pour cent de fréquentations provenant de Google subie par le WSWS.

« Quelque chose s’est passé avec Google à tous les niveaux qui affecte grandement les médias de gauche », a déclaré Scott LaMorte, le développeur de sites web pour Truthout et The Real News.

« C’est une parfaite aberration. C’est une baisse inédite depuis trois ans pour Truthout et The Real News, et probablement sans précédent dans la vie de ces organisations. Aucune des deux n’a connu précédemment une baisse pendant trois mois consécutifs depuis mai comme c’est leur cas.

« Ce n’est pas comme si tout le monde à gauche a soudainement changé leur SEO [Optimisation des moteurs de recherche] », a déclaré M. LaMorte. « Je ne pense pas que ce soit un changement dans l’algorithme de Google qui détermine l’importance de leurs pratiques SEO de référencement. »

Eric Maas, un consultant en optimisation des moteurs de recherche travaillant dans la région de la baie de San Francisco, a déclaré que son équipe a examiné un large éventail de sites d’information indépendants affectés par des changements dans les algorithmes de Google depuis avril. « Ces sites, qui ont vu chuter leur fréquentation depuis les recherches de jusqu’à 67 pour cent, possèdent une gamme variée de stratégies de contenu et de conformité aux bonnes pratiques préconisées par Google et les experts en SEO. »

« C’est le pire des cas de la censure politique ; c’est juste une excuse pour supprimer des points de vue politiques », a déclaré Robert Epstein, un ancien rédacteur en chef de Psychology Today et expert reconnu de Google.

Epstein a déclaré que, à ce stade, la question était de savoir si le WSWS avait été signalé spécifiquement par des évaluateurs humains employés par le géant de la recherche ou si ces évaluateurs avaient influencé le moteur de recherche Google pour reléguer les sites de gauche. « Ce que vous ne savez pas, c’est si ce sont les évaluateurs humains qui vous relèguent ou si c’est le nouvel algorithme qu’ils mettent au point », a déclaré Epstein.

Richard Stallman, le pionnier de la technologie de renommée mondiale et dirigeant du Free Software Foundation (Fondation pour le logiciel libre), a déclaré qu’il avait lu le reportage du WSWS sur la censure par Google des sites de gauche. Il a mis en garde contre l’immense contrôle exercé par Google sur Internet, en disant : « Du fait que le contrôle du principal moyen utilisé par les gens pour repérer des articles sur une question donnée soit exercé par une société géante crée le potentiel évident d’abus de pouvoir. »

Selon les données de l’outil d’optimisation de recherche SEMRush, la fréquentation de recherche sur le site Web personnel de M. Stallman, Stallman.org, est tombée de 24 pour cent, tandis que le trafic vers gnu.org, exploité par la Free Software Foundation, a chuté de 19 pour cent.

La baisse massive de fréquentation en provenance des recherches vers le WSWS et d’autres sites de gauche s’est produite après la mise en œuvre de changements dans les protocoles d’évaluation des recherches de Google. Dans un communiqué publié le 25 avril, Ben Gomes, vice-président de l’ingénierie, a déclaré que la mise à jour par Google de son moteur de recherche bloquerait l’accès à des sites « offensants » tout en s’assurant de faire ressortir plus de « contenu faisant autorité ».

Dans un ensemble de lignes directrices fournies aux évaluateurs Google en mars, la société a donné l’ordre aux évaluateurs de son moteur de recherche de signaler les pages renvoyant des « théories du complot » ou un contenu « bouleversant » à moins que « la requête indique clairement que l’utilisateur recherche un point de vue différent ».

Le WSWS continuera à démasquer le programme de censure politique de Google et à lutter contre lui, mais nous avons besoin de l’aide de nos lecteurs. Veuillez partager cet article par email et les médias sociaux. S’il vous plaît faites un don aujourd’hui et s’inscrire pour des mises à jour par e-mail !

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(article original paru le 8 août 2017)



« C’était même pas : dans quelles conditions elle est décédée… c’est : mon Dieu la famille va arriver »

Marseille. Deux aides-soignantes virées pour avoir dénoncé pressions et maltraitance!

Deux aides-soignantes d’un établissement pour personnes âgées du groupe KORIAN, à Marseille, ont été licenciées après avoir dénoncé des cas de maltraitance et des pressions subies au travail par le groupe KORIAN situé à Marseille. Déjà licenciées à l'heure du reportage sur France Culture, les deux aides soignantes avaient témoignées de nouveau à la radio de leurs conditions de travail en décrivant les pressions que subissaient les employé-e-s, ainsi que les maltraitances que subissent les résidents. L’inspection du travail va mener une enquête sur les risques psycho-sociaux que représente l’établissement. La CGT Santé et Actions sociale a lancé une pétition demandant leurs réintégrations. Les situations et citations sont basées sur leurs témoignages sur France Culture.

un manque cruel d’effectif : « Si on veut respecter la personne, on ne peut pas respecter le planning »

 
Les aides-soignants, qui s’occupent intégralement de personnes très âgées souffrant de démence, ne sont qu’au nombre de deux par étage, parfois même seuls, et peuvent avoir en charge jusqu’à 24 résidents. À deux, ils doivent faire prendre leur douche aux résidents, leur faire prendre leur repas et gérer les crises de démence et les décès. Mais, avec le peu de temps qu’ils ont, impossible pour eux de s’occuper convenablement des patients, notamment à cause du temps perdu à s’occuper des patients les plus difficiles, ce qui les amène à bâcler leur travail pour pouvoir s’occuper de tous les résidents.

Malgré leur demande à la direction pour avoir plus de personnel, leur effectif reste inchangé. Les employés se sont plaints que la direction cherche à les culpabiliser pour les mauvais traitements qu’ils infligent aux patients faute de temps et que tout est fait pour les responsabiliser dans des situations parfois insoutenables.


« Ils ont travaillé toute leur vie pour se payer une retraite… ils payent leur maltraitance et leurs morts »

 
Les résidents payent environ 6000 € par mois et leurs repas pour la journée (petit-déjeuner et goûter inclus) coûtent… 4 €. Et ce prix n’est sûrement pas dû à des salaires mirobolants pour les aides-soignants ! Par exemple, les deux évoquées en début d’article sont chacune payées 1230 € et 1290 € par mois. Une belle usine à fric… subventionnée par l’État.

Une des aides-soignantes s’occupait d’une vieille dame de 87 ans, qui posait peu de problèmes en dehors de crises d’angoisse qui arrivaient notamment si on fermait sa porte. Mais, une nuit, des intérimaires peu formés et ne connaissant pas les patients, s’occupaient de l’étage et ont fermé la porte, ont mis leurs bipeurs (qui prévient l’aide-soignant quand un patient a besoin d’aide) dans leur chariot pour pouvoir dormir pendant leur pause. Les aides-soignantes ont retrouvé la vieille femme le lendemain matin, face contre terre, baignant dans son sang. Elles n’avaient aucune idée de ce qui lui était arrivée, et, sous le choc, ont appelé un infirmier qui s’est occupé de la remettre dans son lit et de nettoyer la chambre. « C’était même pas : dans quelles conditions elle est décédée… c’est : mon Dieu la famille va arriver ». « Il fallait faire toute une mise en scène pour que quand la famille arrive on s’imagine une mort naturelle ». Elles racontent avoir fait part de cet accident à la direction, qui a nié en bloc et remis en cause leurs témoignages. « On ne peut pas le marquer sur l’ordinateur, sur le DRI, parce que sinon on va se faire massacrer par la direction ».
« Il faut que je dénonce ces monstres »

En décembre, deux d’entre elles se sont faites licencier et demandent leur réintégration au sein de l’établissement ! Elles espèrent que l’enquête de l’inspection du travail va permettre à d’autres employés de témoigner des cas de maltraitance et des pressions subies au travail, la direction niant en bloc toutes ces accusations.

Il est indispensable de soutenir les deux aides-soignantes qui ont eu le courage de porter sur la place publique la réalité qui se cache derrière les murs de l’établissement. En effet, le traitement inhumain infligé aux personnes âgées et les pressions physiques et morales infligées au personnel sont la résultante d’une volonté, pour la direction, d’une maximisation du profit. C’est pour cela qu’il s’agit non seulement d’exiger la réintégration des deux aides-soignantes, car leur licenciement est avant tout un avertissement envers tous les employés, mais aussi l’embauche de personnel et des équipements adaptés pour qu’une telle tragédie ne puisse plus avoir lieu. Extrait de révolution permanente

 

La France en guerres ! Contre qui et pourquoi ?

jeudi 31 août 2017, par Robert Paris

Edito

La France en guerres ! Contre qui et pourquoi ?

La venue aux affaires de Macron-Philippe, à la suite d’Hollande-Valls, n’a rien changé à la politique guerrière de la France. Celle-ci est engagée, plus que jamais dans son histoire y compris les époques coloniales, dans de multiples guerres aux quatre coins du monde, de l’Afrique au Maghreb, de l’Orient à l’Extrême-Orient. La plupart des Français en ignorent même l’ampleur car, si les interventions militaires françaises en Libye ou au Mali ont été médiatisées, on ne parle pas tous les jours des interventions armées au Niger ou au Cameroun, sans parler de l’Irak et de la Syrie. Saviez-vous seulement que l’armée française intervenait en Ukraine ou au Yémen et y soutenait des bandes armées terroristes et fascistes ?!!

On se garde bien de citer, dans les média français, le grand nombre de victimes civiles des bombardements français. On ne parle pas du bilan de ces guerres pour les peuples concernés, pour la sécurité, le bien-être et la démocratie. Saddam Hussein et Kadhafi ont disparu mais pas la dictature et le terrorisme fleurit plus que jamais… Une masse considérables d’armes, qui ont été récupérées par les bandes terroristes, l’ont été grâce à la chute de Saddam et Kadhafi, sans aucun effort de la France ou des USA pour l’empêcher. Et, soi-disant pour combattre ces dictatures, les puissances occidentales ont, plus ou moins ouvertement, soutenu et armé des bandes terroristes comme Al Qaïda ou Al Nosra, sans parler d’Etat islamique lui-même !

Tout a été fait pour faire croire que la planète entière ne serait plus qu’un vaste conflit de l’Occident, luttant pour la liberté contre un terrorisme se revendiquant mensongèrement de l’islam, alors que ce sont les puissances occidentales, comme la France, qui le nourrissent et le justifient.

Alors que les chefs d’Etat successifs clament qu’il n’y a pas d’argent dans les caisses publiques pour financer les services publics, pour faire fonctionner les hôpitaux, les postes, les écoles, les universités, pour payer les infirmières, les aides soignantes, les postiers, les enseignants et les cheminots, il y a toujours plus d’argent pour faire des guerres partout dans le monde et pour financer personnels et matériels des armées. Le prétexte de ces guerres, c’est que la France serait une nation qui défend la liberté dans le monde en s’opposant militairement aux dictateurs et aux terroristes.

Mais remarquons d’abord qu’aucun Etat de la planète n’envoie ses hommes en armes attaquer la France, alors que cette dernière le fait dans de nombreux pays, tuant un grand nombre de civils qui ne sont partie prenante d’aucun conflit, ni avec elle, ni avec personne, bombardant des villes et des villages, détruisant les installations, qu’ensuite personne ne va reconstruire, terrorisant des peuples entiers. Cela va de la Libye à la Côte d’Ivoire, du Centrafrique à l’Irak, de la Syrie au Mali, en passant par l’Afghanistan (d’où les troupes françaises ne sont pas encore tout à fait parties) au Niger, et sans parler des pays où ses forces spéciales interviennent sans le faire savoir, comme la Somalie, le Yémen et bien d’autres…

Il suffit de dire qu’un chef d’Etat est un dictateur pour que cela justifie que la France y envoie son armée ! Il suffit aussi qu’existent dans ce pays des terroristes pour que cela permette d’y envoyer des troupes ou de bombarder le pays !

Mais ce que l’on sait moins, c’est que la même France a soutenu des terroristes, les a même armés, les a financés, soutenus politiquement, et qu’elle a également soutenu des dictateurs sanguinaires, les a financé, les a sauvé par d’autres interventions armées. La France a même cautionné des massacres et un génocide. On pourrait penser que la France est très loin de son passé colonial et c’est faux. La méthode d’intervention de la France est celle d’une puissance coloniale, d’un impérialisme.

C’est toujours la mainmise sur les richesses minières et pétrolières qui justifie en réalité les interventions, comme celles pour défendre la mainmise sur l’uranium du Niger, sur l’aluminium de la Guinée, sur le pétrole du Gabon, sur l’or du Mali, etc. Mais ce n’est pas tout : la France agit pour affirmer son rôle de grande puissance militaire : lancer des guerres, aider des terroristes ou des dictateurs permet de créer un dérivatif à la crise que traverse le système capitaliste mondial, de détourner les peuples de la révolution sociale.

Pourquoi le monde est en guerre, pourquoi les guerres se développent-elles sans cesse ? Pour se défendre du terrorisme ? Pour lutter pour la liberté et contre les dictatures ? Pour sauver les peuples ? Ou pour sauver un système d’exploitation et d’oppression qui est en bout de course !

Bien sûr, bien des gens diront que les informations n’ont pas montré la France soutenant les dictateurs ni la France armant les terroristes. Ils diront que tout cela, ce serait encore « la théorie du complot ». Mais c’est l’inverse : les gouvernants nous servent la théorie du complot terroriste, du complot des musulmans, du complot des migrants qui essaient d’envahir le pays, du complot des étrangers qui voudraient prendre le travail des français, etc.

Pas besoin de théorie du complot pour savoir que les gouvernants français étaient et sont les meilleurs amis des dictateurs, qu’ils aimaient particulièrement Saddam Hussein, qu’ils ont cultivé la relation avec Kadhafi, qu’ils ont leurs petits copains dictateurs africains si arrangeant pour donner des petits coups de mains financiers aux partis à la veille des élections françaises. Les trusts français ont toujours leur « pré carré » en Afrique et ils comptent bien le conserver, comme on l’a vu au Mali, au Niger ou en Côte d’Ivoire, tous des pays où l’armée française intervient activement en élément avancé de la défense des intérêts des trusts français, Bolloré, Bouygues, et autres Total.

La France a aussi ses petits copains terroristes, ceux qui l’ont aidée à virer Kadhafi, ceux qui l’aident en Syrie. Certains gouvernants français s’en cachaient très peu, comme Hollande-Valls-Fabius. Ce dernier a même fait scandale avec son soutien public au groupe terroriste Al Nosra. USA et France ont même, un moment, soutenu A Qaïda en Syrie, sous prétexte de virer le dictateur Assad. A la finale, ils ne l’ont pas fait chuter et ont contribué par leur intervention à mettre le pays à feu et à sang.

Bien sûr, pour tous ceux qui considèrent la France comme une nation démocratique, pacifique, exemplaire, tout cela n’est pas croyable. Eh bien, crédible ou pas, il est réel que la France a financé, armé et appuyé par tous les moyens des groupes terroristes et continue de le faire. Elle l’a fait au Centrafrique, en Syrie, en Libye, en Irak… Comme elle l’a fait en Ukraine et en Yougoslavie, en Afghanistan et au Mali.

De toutes manières, on ne doit pas soutenir ces guerres soi-disant pour libérer des peuples car toutes mènent les pays en question vers des situations encore pires que celles qu’il connaissait auparavant. Comparez la Libye avant l’intervention militaire française et celle d’après ! Comparez la Syrie d’avant et celle d’après.

Ces interventions, non seulement n’éliminent pas le terrorisme, mais elles lui permettent de se développer de manière folle. Elles crédibilisent politiquement et socialement les terroristes. Elles sèment la haine dans le monde entier.

Il n’est pas vrai non plus que ces interventions protègent notre sécurité ici en France. Il n’est pas vrai que, sans elles, les actes terroristes seraient plus nombreux. Tout cela est mensonger.

Il n’est pas vrai que les interventions armées de la France à l’étranger proviennent d’attaques terroristes en France. Les Ivoiriens n’attaquent pas la France. Les Maliens non plus. Les Centrafricains, les Nigériens, les Syriens, les Irakiens, les Afghans pas davantage. Leurs Etats n’attaquent pas non plus la France. Ses guerres ne sont nullement de la légitime défense. C’est au contraire une offensive impérialiste et colonialiste.

Elle fait partie des guerres des USA, de l’Angleterre et des autres puissances impérialistes occidentales.

Ces guerres n’ont sauvé aucun peuple du terrorisme.

Ces guerres n’ont ramené la paix, la sécurité et le bien-être dans aucun pays.

Ces guerres de la France devraient être dénoncées dans la rue, par des manifestations et autres actions de réprobation et elles ne le sont pas.

La dénonciation de ces guerres, y compris la grande guerre contre les migrants en Méditerranée, avec une armée spéciale pour les agresser, ne fait même pas partie des revendications des organisations syndicales.

Pourtant, le budget des armes et des armées est l’un des trous financiers du budget de la France, comme celui des « opérations extérieures » qui n’a cessé de monter en flèche.

Plus l’Etat est en faillite, plus il dépense en armements et en guerres !

Nous, travailleurs, ne devons pas rester silencieux devant ces agressions militaires contre les peuples, et d’autant moins qu’elles ne font que préparer une guerre généralisée, qui menace de s’étendre à la Corée du Nord, à la Chine et à la Russie, c’est-à-dire de devenir la troisième guerre inter-impérialiste mondiale !

N’attendons pas pour combattre l’Etat de guerre permanent et généralisé (intérieur et extérieur) dont l’Etat d’urgence n’était qu’une étape.

Travailleurs de France, comme partout dans le monde, notre principal ennemi est dans notre propre pays : c’est « notre » classe possédante et l’Etat qui défend son intérêt contre celui de l’immense majorité de la population. Les armées et les polices ne sont pas là pour la sécurité du peuple, ni en France ni ailleurs, mais pour casser les luttes sociales et garantir le pouvoir de l’infime minorité de moins d’1% qui détient le pouvoir politique et économique, contre la révolution sociale. Et, comme par hasard, les guerres grandissent au rythme des craintes des classes possédantes face à la menace montante d’une révolution sociale !

Et la révolution sociale est bien la seule réponse possible à la guerre des impérialismes se généralisant à la planète !

 

La ministre de la Défense, Florence Parly, a annoncé ce mardi l'armement des drones que l'armée opère notamment au Mali.

C'est un rattrapage technologique indispensable dans la guerre moderne. Après un long débat éthique et budgétaire, les drones de l'armée française seront bientôt équipés de missile air-sol.

«J'ai décidé d'engager le processus d'armement de nos drones de renseignement et de surveillance», a déclaré la ministre des Armées Florence Parly devant un parterre de militaires et de parlementaires à l'Université d'été de la Défense à Toulon (sud-est).