INFOBREF N°501

 

Crime du Capital et solidarité ouvrière

Triste décompte: huitième suicide d’un hospitalier à l’AP-HP depuis janvier 2017

lundi 30 octobre -A moins d’une semaine d’intervalle, les membres du CHSCT, représentant-e-s du personnel de l’hôpital Avicenne apprennent par la direction locale, de façon informelle, qu’un brancardier a tenté de se suicider et qu’un autre brancardier du même service s’est suicidé. Les émotions se bousculent : stupéfaction, choc, culpabilité puis vient la colère quand on réalise la disparition définitive du collègue ! Près d’une centaine de collègues ont répondu à l’appel des syndicats pour rendre hommage à Tonio, le disparu. Après la minute de silence, un des témoignages souligna l’importance de la solidarité entre collègues, dans les moments les plus dramatiques mais également dans ceux qui semblent les plus anodins de nos vies.

Correspondant

Source Crédits photo : NPA

La direction cynique veut « enterrer » le suicide et la tentative de suicide

Le but de la réunion informelle étant de « calmer » les velléités et/ou prérogatives des membres du CHSCT par la mise en place d’une cellule psychologique individuelle ainsi que de groupes de parole. Pour autant, les membres du CHSCT ont eu le réflexe de poser un avis de « danger grave et imminent ». À partir de ce moment, la direction a tout essayé pour bloquer l’enquête et le CHSCT extraordinaire qui en a découlé, allant jusqu’à utiliser l’émotion des collègues pour éviter toute investigation. La direction accusait les membres du CHSCT d’irresponsables, les menaçant de les poursuivre au « pénal » s’il y avait un « accident » suite à l’enquête, arguant qu’une guérilla s’ouvrait. Cela rappelle la répression que subissent les représentant-e-s du personnel au CHU de Toulouse… Les mêmes méthodes comme solutions à la violence du capitalisme.

Quand on sait qu’une des responsabilités de l’employeur est de garantir, avec obligations de résultats, la santé physique et morale des salarié-e-s, c’est mettre sur le dos des autres ses propres incompétences.

Les restrictions budgétaires maltraitent les personnels

Même si ces deux actes se sont passés au domicile de chacun, ils ne sont pas une coïncidence fortuite. Il serait complètement dingue de penser que le travail et son organisation n’ont aucun lien avec ces actes de détresse. Alors que les personnels hospitaliers sont maltraités par les plans de restrictions budgétaires qui se succèdent d’année en année, les brancardiers de ce service n’échappent pas à ce mal-être avec des horaires imposés, des repos entrecoupés de jours travaillés, une intensification du travail accentuée par des pressions pour aller toujours « au plus vite », une organisation du travail sur laquelle ils n’ont pas leur mot à dire.

Absentéisme, indicateur de mal-être au travail

D’ailleurs, le service du brancardage central, par son taux d’absentéisme très élevé, n’est que le reflet de l’hôpital ainsi que du groupe hospitalier (GH) qui se situe second de tous les GH de l’AP-HP avec les plus forts taux d’absentéisme. Cette direction, qui ne connaît que la répression, préfère payer des cabinets de médecins libéraux pour un contrôle, à domicile, des agents en arrêt de travail, plutôt que de s’attaquer aux causes du mal-être. Et tant pis pour le déficit, prétexte, hier, pour faire accepter aux agentsles « effortspartagés » et leur faire courber l’échine.

Le capitalisme tue

Cette « production de soins » imposée est la conséquence de choix politiques. Pour s’attaquer à la racine des choses, c’est tout le système qu’il faut changer c’est-à-dire l’organisation du travail, les effectifs, la tarification à l’acte, l’enveloppe du budget santé définie à la baisse pour combler un soi disant « trou de la sécu » et dénoncer l’idéologie dominante qui veut faire croire qu’il n’y a pas d’autres choix que ceux en vigueur, qu’il faut casser les droits des salariéEs pour booster l’embauche, qu’il y a une dette légitime et incontournable de la France…

Combattre Macron, Buzyn et leur monde

C’est repenser les priorités d’une société plus humaniste, solidaire et équitable. C’est pouvoir questionner le travail, prendre part dans les décisions des évolutions du travail. Questionner le salarié sur son travail, l’amène à prendre de la distance, à percevoir les marges de manœuvre, à une réflexion sur le travail. On s’ouvre des espaces de travail pour ensemble faire quelque chose, c’est la transformation collective du travail, à opposer à tous les protocoles inspirés de l’industrie que les managers de l’hôpital nous imposent. Ce qui permet de tenir, c’est une forme de résistance, c’est le questionnement de l’utilité de ce que l’on fait, c’est la création d’un collectif informel comme inviter les collègues à des moments conviviaux, partager un repas, voire comment protéger les collègues les plus précaires. Les nouvelles organisations du travail prennent appui sur l’aspiration des salariéEs à une autonomie dans le travail mais pour la transformer en une nouvelle aliénation. Comme exemple, les salarié-e-s qui sont autonomes dans leur travail mais qui ont un temps défini pour l’exécuter. Quand le temps est insuffisant, un certain nombre de dispositifs sont mis de côté par les salarié-e-s eux-mêmes comme les procédures de sécurité pour atteindre les objectifs qui leur sont fixés. Il y a un poids à cette autonomie.

Que faire ?

Le syndicalisme permet des pratiques de négociation et de représentation mais permet également de fédérer les collectifs de travail, de créer des zones de liberté pour discuter le travail et agir sur lui et d’ouvrir un espace d’auto-organisation des salarié-e-s en lutte pour leurs droits. Mais battre la politique de Macron et le sort réservé à l’hôpital par Buzin exige de toutes les forces qui prétendent les combattre de s’unir et d’en finir avec la multiplication, en ordre dispersé, d’initiatives et de journées de grève sans lendemain.

La Russie entend donner un cadre juridique à l'usage des cryptomonnaies

25 oct. 2017, 18:56

© Karen Blier Source: AFP

 fudLe président russe a confié au gouvernement le soin d'élaborer une législation réglementant le domaine des monnaies virtuelles telles que le Bitcoin, en plein essor en Russie comme partout dans le monde.

Le gouvernement russe et la Banque de Russie ont été chargés par le président Vladimir Poutine d’élaborer des lois réglementant le fonctionnement et l’utilisation des monnaies cryptographiques telles que le Bitcoin. La décision a été annoncée le 24 octobre sur le site du Kremlin.

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Les lois en question devront être prêtes d'ici juillet 2018. Elles incluront, entre autres, l'obligation pour les «mineurs» de Bitcoin (ceux qui contribuent à la création de la monnaie en prêtant contre rémunération la puissance de calcul de leur ordinateur), d'Ether et d’autres monnaies virtuelles, de s’enregistrer et de payer des impôts liés à celles-ci. 

Le président russe souhaite également introduire des règles pour les «initial coin offerings», méthode de levées de fonds via l’émissions de «tokens» échangeables plus tard contre des monnaies virtuelles. Ce moyen d’attirer des capitaux bénéficie d’une popularité considérable dans le monde : au cours du troisième trimestre de 2017, les entreprises internationales ont ainsi réussi à collecter 1,12 milliard d’euros, d’après The Wall Street Journal.

Dans le mois d'octobre, Vladimir Poutine avait mis en garde contre les risques liés à l'utilisation des cryptomonnaies et avait prévenu qu’il n’y aurait aucun responsable au cas où elles s'effondreraient, dans la mesure où les monnaies virtuelles sont émises par «un nombre illimité de sources anonymes».

Pour l’instant, l’utilisation des monnaies numériques n’est pas réglementée en Russie.

Vers des fusions-acquisitions record en 2017

LE CERCLE/POINT DE VUE - 2017 s'annonce comme un bon millésime pour les « M&A ».  

Avec les fusions-acquisitions de Essilor-Luxottica , Zodiac-Safran (rebaptisé Safran) et Actelion-Johnson & Johnson, 2017 a démarré en trombe, après une année 2016 en demi-teinte. Et cela pourrait durer au moins jusqu'à la fin de l'année. En règle générale, les cycle de « M&A» durent trois à quatre ans. Et le dernier a démarré à la fin de l'année 2014.

Plusieurs facteurs plaident pour la poursuite de ce foisonnement - qui pourrait tutoyer certains records -, à commencer par le mouvement qui s’amorce sur le front des taux d’intérêt. Les entreprises réalisent que les conditions favorables de financement ne vont pas durer éternellement. Par ailleurs, les prévisions de croissance et d’inflation limitées, bien qu’en amélioration, incitent bon nombre de sociétés à opérer une transformation afin de retrouver un « pricing power ». Les synergies créées permettent également de soutenir les marges.

Des secteurs en ébullition

Certains secteurs semblent particulièrement attractifs, tels que celui du luxe. Par ailleurs, les grands laboratoires pharmaceutiques sont structurellement acheteurs de sociétés biotechnologiques, tandis que l’industrie de la chimie, très fragmentée, a vocation à se consolider.

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Au sein du secteur des médias, les producteurs de contenu représentent des cibles potentielles, comme le témoigne l'acquisition prochaine de AB Groupe par le véhicule d'investissement de Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton. L’hôtellerie, pour sa part, aiguise l’appétit des investisseurs chinois, déjà au capital d’Accor, NH Hotels ou encore Hilton. En France, quelques dossiers gelés, à l’image de Bouygues Telecom, pourraient revenir sur la table après l’élection présidentielle.

Décote du marché européen

La dynamique des fusions-acquisitions sera soutenue par l'Europe, mais aussi par les États-Unis. Les entreprises américaines continueront d’étudier la possibilité de réaliser des opérations transatlantiques, au regard de la décote du marché européen. L’effet relatif de certains projets d’acquisition peut séduire les acheteurs qui visent à soutenir la croissance de leurs bénéfices.

La page n’est donc pas prête d’être tournée cette année. Indicateur à surveiller de près, le niveau des « spreads » de crédit renseignera les investisseurs quant à une fin prochaine du cycle de M&A.

Philippe Lecoq est co-responsable de la gestion actions européennes chez Edmond de Rothschild Asset Management

CRIME DU CAPITAL

Le sUne mère de famille anglaise meurt de froid après avoir perdu ses allocations

Le dernier film de Ken Loach, qui mettait en scène un chômeur en butte avec les administrations censées gérer les systèmes de prestations sociales, est loin d’être une fiction : le 2 novembre, une mère de famille de Liverpool est morte de froid chez elle. En effet, après l’arrêt des versements de ses allocations, elle avait arrêté de mettre le chauffage chez elle.

Charles Fire jeudi 9 novembre

« Combien de personnes doivent mourir avant que le gouvernement se rende compte qu’il est à l’origine du décès des personnes vulnérables ? » : c’est la question qu’a posé au gouvernement la mère d’Elaine Morall, après le décès de sa fille. Le 2 novembre, la jeune mère originaire de Runcorn, près de Liverpool, a été retrouvée sans vie chez elle, morte de froid. En effet, face à l’arrêt du versement de ses pensions, elle a dû prendre la décision de couper le chauffage pour continuer à nourrir sa famille. Hospitalisée pour d’autres raisons, elle n’avait pu aller à un rendez-vous avec sa conseillère, ce qui lui a valu l’arrêt du versement de l’Universal Credit, qui rassemble les allocations chômages, les crédits d’impôt retour à l’emploi, les crédits d’impôt pour charge de famille, l’aide au logement, les allocations d’invalidité et la prestation de soutien au revenu pour les personnes dispensées de recherche d’emploi. Un rendez-vous manqué qui l’a forcée à arrêter le chauffage et mourir dans d’atroces conditions.

Comme l’a dénoncé sa mère dans une lettre ouverte au gouvernement, ce n’est pas la première fois que des personnes meurent après avoir pris de telles décisions. Un seul rendez-vous manqué (ici, sa mère avait même prévenu le centre d’emploi, qui a quand même décidé de couper son allocation), et des gens voire des familles entières se retrouvent à la rue, sans chauffage, ni sans un morceau de pain à se mettre sous la dent. Derrière ces dispositifs, une logique qui veut supprimer de plus en plus les aides sociales gagnées tout au long du siècle, en les conditionnant de plus en plus à des devoirs des chômeurs, ce qui permet des radiations par milliers de ces derniers. C’est d’ailleurs l’idée du président Macron, qui aimerait durcir les conditions d’accès à l’assurance chômage, notamment en limitant le nombre de refus de propositions d’emploi possible, et en demandant de plus en plus de justificatifs pour vérifier que le chômeur recherche bien un travail. Des propositions dont les perspectives sont on ne peut plus claires avec des drames comme la mort d’Elaine Morrall.

 

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