INFOBREF N°502

Nouvelles technogogies

Après les coursiers à vélo, Deliveroo ubérise cuisiniers et restaurants

par Rachel Knaebel 20 octobre 2017

Les livreurs ultra-précaires, sous-payés et sans aucune protection sociale qui travaillent pour l’entreprise de livraison de repas Deliveroo (lire notre article) apprécieront : en 2016, le dirigeant le mieux payé de l’entreprise – qui a son siège à Londres – a reçu 125 000 livres sterling (environ 141 000 euros) en salaires et bonus, soit une augmentation de 22 % comparé à l’année précédente. C’est certes moins que nombre de chefs de grandes entreprises, mais beaucoup au regard des bénéfices réels de la start-up. Sans oublier que cette généreuse augmentation ne concerne bien évidemment pas les rémunérations des livreurs. C’est ce que révèlent les résultats 2016 de l’entreprise britannique, publiés fin septembre.

Que nous apprennent par ailleurs ces chiffres sur le business des startups de livraison de repas à domicile ? Deliveroo, aujourd’hui présent dans 140 villes, a multiplié par six son chiffres d’affaires, qui atteint 145 millions d’euros en 2016. Le bénéfice opérationnel de l’entreprise n’atteint, lui, qu’un seul petit million de livres car les coûts liés à l’augmentation de l’activité se sont parallèlement accrus. Comme la start-up a aussi investi plusieurs dizaines de millions supplémentaires pour son développement futur, elle affiche au final une perte abyssale de 143 millions d’euros ! Pourtant, quelques jours après l’annonce de ces résultats, Deliveroo a récolté 321 millions d’euros lors de sa nouvelle levée de fonds. Quelles sont les motivations des investisseurs à placer des dizaines de millions dans une entreprise qui réalise si peu de profits, dans un contexte de concurrence toujours plus sauvage entre plateformes similaires ?

Ouverture de cuisines ubérisées à Paris

« Les investisseurs parient peut-être sur les ambitions plus grandioses de Deliveroo », analyse l’observatoire britannique des multinationales Corporate Watch. Fin 2016, la plateforme annonçait un nouveau projet de développement de ses propres cuisines pour produire les plats ensuite livrés par ses coursiers. Ce concept s’appelle « RooBox » ou « Deliveroo Editions ». Plus besoin de véritables restaurants, juste des recettes et des cuisiniers, fournis par les restaurants partenaires. Au lieu de penser à ouvrir leur propre restaurant, les chefs en herbe sont encouragés à passer directement par une RooBox. La « vision » affichée par les dirigeants de Deliveroo est de « rendre les repas livrés à la demande tellement plus pratiques et tellement meilleurs qu’il n’y ait plus aucun sens à ce que les gens cuisinent à la maison ». Ils semblent décidés à porter cette logique encore plus loin en « ubérisant » directement les restaurants eux-mêmes.

Deliveroo a déjà ouvert des cuisines RooBox à Londres et dans plusieurs autres villes de Grande-Bretagne. Les cuisines sont installées dans des containers ou des bâtiment industriels vacants, souvent sans prévenir les autorités locales ni leur demander les autorisations nécessaires [1]. L’entreprise a annoncé à ses investisseurs qu’elle était en train de créer des « Deliveroo Editions » à Melbourne, Hong Kong, Singapour, Dubai... et Paris. L’entreprise a d’ailleurs récemment publié des offres d’emploi en vue de la création « de cuisines Editions à Paris et dans le reste de la France ».

Corporate Watch attire aussi l’attention sur une source possible de gains que les financiers qui placent des millions dans Deliveroo perçoivent probablement déjà. C’est « l’argent qui peut-être fait à partir de toutes les informations que Deliveroo collecte » « Comme le plupart des compagnies, Deliveroo veut les données de ses clients, pour améliorer le service mais aussi pour les vendre. Les conditions d’utilisation de Deliveroo disent bien qu’ils transmettent ces informations à des “tiers sélectionnés précautionneusement, dont des compagnies de marketing et de publicité” ». Ce sont toutes ces informations sur les clients – leurs préférences alimentaires selon leurs profils – qui donnent de la valeur à Deliveroo aux yeux de ses actionnaires.

Toujours plus loin dans l’intrusion dans nos vies

« serrure connectée », Amazon peut rentrer chez toi… même si tu n’es pas là

Depuis mercredi dernier, Amazon a lancé son dernier service pour le moins intrusif : Amazon Key. Il s’agit ici de permettre aux livreurs de déposer des colis chez des clients équipés de serrure et caméra connectées si ce dernier ne se trouve pas chez lui.

Victor Lundit vendredi 27 octobre

Disponible uniquement aux Etats-Unis pour l’instant, Amazon permet désormais de recevoir ses colis sans être chez soi. Le livreur, en scannant le colis, voit la porte du client s’ouvrir et, sous contrôle de la caméra, peut alors poser le paquet à l’intérieur du domicile.

Une technologie présentée comme un « service » révolutionnaire pour la clientèle d’Amazon, mais qui pose tout de même des questions non négligeable sur le caractère intrusif du service… et sur les possibles dérives que pourrait engendrer de tels procédés. Alors que l’on sait que nos visites sur Internet permet, par exemple, de cibler les publicités au plus près de nos goûts, une ouverture directe de nos appartements serait, sur ce terrain, un plus pour cibler au plus près de notre intimité.

De plus, à l’image des chercheurs qui ont réussi piraté un véhicule autonome sans trop de difficulté, des questions se posent quant à la serrure et la caméra connectées : il ne fait aucun doute que des failles pourront être exploitées. Rendant potentiellement la serrure inutile et les vidéos de la caméra exploitable par n’importe qui.
Autant dire que la « nouveauté » d’Amazon est loin d’être exempte de toute inquiétude, et symbolise à merveille l’intrusivité du capitalisme jusque dans le cadre le plus strictement privé.



Economie collaborative - 02/12/2016

L’économie collaborative ou économie de partage s’avère être aujourd’hui un mode novateur de consommation, de fabrication et d’échanges. Elle rassemble des initiatives de prêt, location, don, troc, ou vente de biens et services entre particuliers, du covoiturage à l’échange de matériel entre voisins.

Avec le développement des nouvelles technologies d’information et de communication, ce modèle économique a pris une dimension sans précédent, les échanges entre consommateurs se sont développés en même temps que l’internet.

Ces échanges, d’abord construits sur la base d’associations d’individus, font aujourd’hui essentiellement l’objet d’interconnexions par l’intermédiaire de plateformes sur le web. En organisant la mise en relation entre offre et demande, ces plateformes participent ainsi au développement du commerce électronique et de l’économie collaborative.

Quelques chiffres

Aujourd’hui, près de 9 000 start-up composent le marché mondial de la consommation collaborative. Ce dernier est actuellement estimé à 15 milliards de dollars et devrait représenter 335 milliards de dollars en 2025, ce qui représente un taux de croissance annuel moyen de + 36,4 % et une multiplication du marché par plus de 20 en 10 ans1

Sur ce nouveau marché, la France apparaît comme l’un des leaders tant au niveau du chiffre d’affaires (3,5 milliards d’euros, chiffre qui pourrait tripler d’ici 2018)2que par la diversité de l’offre.

L’achat ou la vente de biens entre particuliers via des plateformes en ligne concernait en 2013 52%3 de la population, et 32% des Français indiquent recourir à des pratiques de mobilité collaborative dont 21% pour le covoiturage4.

Problématiques et enjeux

Cette nouvelle économie s’appuie sur trois dimensions au cœur des enjeux de nos sociétés en recherche de modèle économique alternatif : une dimension économique par la mutualisation des moyens et donc un partage des dépenses, une dimension sociale à travers le partage et l’échange et une dimension environ-nementale en permettant la circulation des biens et donc la préservation des ressources naturelles et énergétiques.

Or, si les échanges caractérisant l’économie collaborative sont, d’ores et déjà, assujettis à des règles qui relèvent essentiellement du droit civil, il n’existe pas aujourd’hui de cadre juridique spécifique applicable aux plateformes jouant le rôle d’intermédiaire entre des personnes physiques.

Le droit applicable aux plateformes numériques, s’agissant tout particulièrement de leur responsabilité, résulte essentiellement de la transposition de la directive 2000/31/CE du 8 juin 2000 relative à certains aspects techniques des services de la société de l’information et notamment du commerce électronique5. Cette directive prévoit notamment que les plateformes comme d’autres prestataires internet ne peuvent se voir imposer de vérifier  la réalité ou la licéité d’une offre ou d’une information mise en ligne.

Le Conseil d’Etat dans son rapport annuel en 2014 consacré au numérique a proposé ainsi la création d’un statut spécifique aux plateformes qui nécessite la renégociation de la directive 2000/31/CE.

Seules les plateformes œuvrant dans le cadre du financement participatif disposent actuellement, en effet, d’un corpus juridique spécifique. Dans l’attente d’une renégociation de la directive sur le commerce électronique et au regard du rôle croissant des plateformes, une information transparente et loyale des sites vis-à-vis des utilisateurs doit être réalisée.

En effet, les internautes qui utilisent ces plateformes pour louer, vendre, partager et échanger ne bénéficient pas toujours de la protection du Code de la consommation qui s’applique uniquement dans le cadre des relations entre professionnels et consommateurs (B to C). Si les droits des contrats et de la responsabilité peuvent être actionnés par les acheteurs, les loueurs ou les personnes réalisant des échanges, les utilisateurs des plateformes œuvrant dans le cadre de l’économie collaborative n’en ont pas toujours connaissance. Une meilleure information des internautes pourrait dans un premier temps limiter les éventuels litiges.

Dans le cadre de son agenda numérique la Commission européenne, qui s’intéresse également aux sujets des plateformes, a présenté en juin 2016 des orientations à l’intention des Etats membres. Ces orientations visent à aider les consommateurs, les entreprises et les pouvoirs publics à s’engager en toute confiance dans l’économie collaborative en contribuant au développement équilibré de cette dernière.

Au niveau national, la loi n°2016-1321 du 7 octobre 2016 pour une République numérique est venue préciser les obligations d’information mises à la charge des plateformes numériques. En particulier l’article 49 fixe des obligations d’information à la charge de tous types plateformes numériques, qu’elles soient plateformes d’économie collaborative ou places de marchés électroniques ou bien encore moteur de recherche ou site de comparaison. L’article 50 fixe des obligations d’information à tous les sites qui diffusent des avis en ligne. Sur ce sujet un groupe de travail du CNC a été mandaté pour définir les modalités et le contenu de cette information.

Par ailleurs, les services de la DGCCRF suivent le sujet des plateformes « collaboratives ». A ce titre plusieurs enquêtes ont été diligentées en 2015 afin d’examiner les réalités de cette nouvelle économie.

  • L’économie collaborative : nouveau mode de consommation ;

  • Les pratiques de faux avis en ligne de consommateurs sur internet ;

  • La Neutralité des plateformes et Marketplace sur internet). De plus, les PNE 2016 et 2017 prévoient différentes enquêtes touchant au développement du commerce en ligne et, précisément, aux activités entrant dans le champ de l’économie collaborative.


 

1Etude Nomadéis TNS SOFRES réalisée en 2014-2015 sur le développement de la consommation collaborative en France (étude commanditée par la Direction Générale des Entreprises en partenariat avec le PICOM – Pôle de compétitivité des industries du commerce).

2 Etude Nomadeis TNS-SOFRES précitée.

3 ADEME, 2013, les français et les pratiques collaboratives, qui fait quoi et pourquoi

4 Baromètre 201 MACIF de la mobilité durable

5Les dispositions de cette directive ont été transposées en droit national par la loi n°2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique (LCNE).

 

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 L’automatisation et l’IA vont-ils avoir la peau des travailleurs ?

Ariane Beky, 8 décembre 2016, 8:30

L’automatisation impacte l’emploi. Mais peu de professions seront totalement remplacées par des machines et applications intelligentes durant la prochaine décennie, selon le cabinet McKinsey.

L’impact de l’automatisation sur l’emploi varie considérablement d’une activité à l’autre. C’est le constat d’une étude américaine (« Where machines could replace humans ») du cabinet McKinsey. La société a analysé des données publiques concernant 800 métiers dans 2000 domaines. L’objectif : déterminer quelles activités sont les plus susceptibles « techniquement » d’être automatisées.

45 % des activités automatisables

Aux États-Unis, les technologies disponibles aujourd’hui « pourraient automatiser 45 % des activités que les travailleurs effectuent en contrepartie d’une rémunération », selon les consultants de McKinsey. C’est le constat que faisaient déjà, en 2013, l’économiste Carl Benedikt Frey et l’ingénieur Michael A. Osborne (voir leur étude). Ce taux attendrait même 54 % dans l’Union européenne des 28 et 50 % en France, d’après le groupe de réflexion économique européen Bruegel.

Outre-Atlantique à nouveau, McKinsey estime que « 60 % de tous les métiers pourraient voir automatiser 30 % de leurs activités ». Le risque d’automatisation complète, soit le remplacement par un robot ou une application d’intelligence artificielle (IA), est donc peu élevé. Mais tous les métiers ne sont pas logés à la même enseigne.

Management et éducation moins exposés

Avec les technologies actuellement disponibles, les activités les plus susceptibles d’être automatisées se trouvent dans la restauration collective (avec un potentiel d’automatisation estimé à 73 % par McKinsey. Suivent : la production (59 %), le commerce de détail et les transports (51 %), et l’extraction des ressources (50 %). Les emplois administratifs et les cols bleus sont donc les plus exposés. Ils ne sont pas les seuls. Des travailleurs de la connaissance actifs dans différents secteurs, dont la finance (43 %), la santé et les médias (36 %, respectivement), sont également concernés (c’est le cas des rédacteurs, entre autres).

À l’inverse, la faisabilité technique de l’automatisation est la plus faible dans l’éducation (27 %), « pour le moment ». Tous secteurs confondus, les activités les plus difficiles à automatiser aujourd’hui sont celles du management (avec un potentiel d’automatisation de 9 % seulement), de l’expertise appliquée à la prise de décision, la planification ou au travail créatif (18 % ). Selon un autre rapport, la 4e révolution industrielle vue par le Forum économique mondial, les profils qualifiés en informatique, mathématique, architecture et ingénierie devraient bénéficier d’une forte croissance de la demande du marché. Bref, des profils qui développent et maintiennent les applications d’IA.

9 % d’emplois menacés en France

Selon des travaux de l’OCDE, 9 % des emplois en France présentent un risque élevé de remplacement par des robots et/ou logiciels (plus de 70 % de tâches automatisables), un taux conforme la moyenne. Et 30 % présentent un faible risque d’automatisation complète.

Lire aussi :

Les bots pas encore prêts à remplacer les conseillers bancaires
L’OCDE écarte le risque de « chômage technologique massif »
Travail : les robots vont-ils supplanter les salariés ?

Tout savoir sur les nouvelles règles juridiques du recours au télétravail

05/11/2017

La réforme du Code du travail est dorénavant une réalité pour les entreprises. Barème des indemnités prud’homales, généralisation du contrat de chantier, création des ruptures conventionnelles collectives et du comité social et économique… Découvrez les principaux changements liés à la réforme.

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On ne connaît pas avec certitude le pourcentage de télétravailleurs en France : ce chiffre varie entre 8% et 17,7% selon les sources, dixit le Commissariat général à l'égalité des territoires. En comparaison, le taux moyen en matière de télétravail affiché par l’Europe est d’environ 20%, voire 30 à 35% dans les pays du nord de l’Europe. » La France est donc un peu à la traîne sur le sujet. Probablement que l'article 21 de l'ordonnance sur la prévisibilité et la sécurisation des relations au travail changera la donne en assouplissant le cadre juridique du télétravail.

Les avenants au contrat ne sont plus nécessaires

Encadrer le télétravail par le contrat de travail ou un avenant à celui-ci est désormais inutile. La mise en place du télétravail régulier passe dorénavant par un accord collectif ou, à défaut, par une charte élaborée par l'employeur après avis du CSE (comité social économique), s'il existe.

Ces documents doivent préciser :

  • les conditions de passage en télétravail et les conditions de retour à une exécution du contrat de travail sans télétravail ;

  • les modalités d'acceptation par le salarié des conditions de mise en œuvre du télétravail ;

  • les modalités de contrôle du temps de travail ou de régulation de la charge de travail ;

  • la détermination des plages horaires durant lesquelles l'employeur peut habituellement contacter le salarié en télétravail (cf. le droit à la déconnexion des salariés).

En l'absence de charte ou d'accord collectif, lorsque le salarié et l'employeur conviennent de recourir au télétravail de manière occasionnelle, ils formalisent leur accord par tout moyen, par e-mail par exemple. Le télétravail, même ponctuel, reste donc soumis à autorisation de l’employeur.

"Les nouvelles dispositions du recours au télétravail"
Le refus de l’employeur doit être motivé

Autre nouveauté, un employeur qui refuse d'accorder le bénéfice du télétravail à un salarié, occupant un poste éligible à ce mode d’organisation, doit justifier sa réponse. Vigilance quant à la réponse apportée… qui pourrait être source de contentieux. Évitez les motifs discriminatoires par exemple. Restez factuel. Attention également à l’inégalité de traitement.Le recours au télétravail repose toujours sur le volontariat du salarié. Ce dernier peut donc tout à fait refuser de télétravailler. Son refus ne peut constituer un motif de licenciement.

Levée de l’obligation de prise en charge des coûts du télétravail

Le télétravail n’engendre plus un surcoût pour l’employeur ! En effet, l’entreprise n’est plus tenue de prendre en charge tous les coûts découlant directement de l'exercice du télétravail (matériels, logiciels, abonnements, communications, électricité...). Les modalités de la prise en charge de ces frais peuvent néanmoins être prévus dans l’accord collectif ou la charte encadrant le télétravail.

Les télétravailleurs ont les mêmes droits que les autres salariés

Le salarié en télétravail a les mêmes droits que ceux présents dans les locaux de l'entreprise, en particulier en ce qui concerne l'accès aux informations syndicales, la participation aux élections professionnelles et l'accès à la formation, précise l’ordonnance.

Par ailleurs, dorénavant, un accident survenu sur le lieu où est exercé le télétravail pendant les plages horaires normalement dédiées au travail est présumé être un accident de travail. Les démarches et la prise en charge sont donc les mêmes que pour un accident du travail survenu dans l’entreprise. S’il le juge opportun, l’employeur peut tout à fait contester le caractère professionnel de l’accident.

Le télétravail : qu’avez-vous à y gagner ?

Certaines de ces dispositions visent à favoriser le télétravail. Or, le développement du télétravail est principalement freiné par des raisons d’ordre culturel. Perte de contrôle managérial, affaiblissement du lien social, délitement de l’esprit d’équipe, appauvrissement de la culture d’entreprise, ou encore sécurité des personnes et des informations, autant de craintes exprimées par les employeurs selon un guide de l’OPE (Observatoire de l'équilibre des temps et de la parentalité en entreprise).

Pourtant, le télétravail présente de nombreux avantages.

Le télétravail engendre en effet des gains de productivité non négligeables. D’après une étude du cabinet Greenworking, la productivité des télétravailleurs se révèle à 22% supérieure à celle des salariés en entreprise. Par ailleurs, le télétravail générerait une baisse de 5,5 jours par an d’arrêts maladie, selon l’étude du cabinet de conseil RH Kronos.

Et ses atouts ne s’arrêtent pas là. Le travail à distance permet également d’économiser de l’espace de bureaux (et donc de réduire le loyer), voire de diminuer l’empreinte écologique de l’entreprise. Il permet aussi de motiver le déploiement de nouveaux outils (messagerie instantanée, équipements de web-conférence, modernisation du système d’information, etc.) et donc de nouveaux modes de travail pour tous.

Chez les salariés, le télétravail est très apprécié pour l’autonomie et la liberté d’organisation qu’il confère, pour la confiance dont il témoigne entre l’employeur et le salarié, et, enfin, pour le bien-être qu’il procure. Selon un sondage datant de 2016 organisé par Vivastreet, les avantages du télétravail sont :

  • mieux gérer sa vie de famille (33%) ;

  • profiter d’un cadre plus agréable (29%) ;

  • économiser le temps passé dans les transports (26%) ;

  • boucler un dossier urgent alors que le salarié est souffrant (10%) !

41% des Français sondés souhaitent même télétravailler à plein temps (contre 38% en 2015). D’un autre côté, pour ne pas se couper entièrement de la vie en entreprise, 31% préféreraient alterner télétravail et présence au bureau (contre seulement 10% en 2015).

Le télétravail s’impose donc aussi comme une opportunité de soigner sa marque employeur !