INFOBREF N°503

L'État sous-finance les services public pour préparer leur privatisation

Salut à toutes et à tous,

Quand un service public n'est pas suffisamment financé, il ne peut pas fonctionner correctement. Et quand il est très mal financé, il ne peut que fonctionner très mal. Alors, l'État aura beau jeu de dire : « Vous voyez bien que les entreprises privées fonctionnent mieux que les services publics. Donc il faut les privatiser. » !

Il en va ainsi pour les hôpitaux, l'éducation nationale, etc.

Le manque de personnels dû au sous-financement empêche que le travail soit fait correctement et en temps voulu. C'est ainsi, par exemple, que les services des urgences des hôpitaux publics sont surchargés et que les malades doivent attendre des heures et des heures avant d'être pris en charge.

Et comme il n'y a pas assez de lits et de personnels à cause dudit sous-financement, les patients ne peuvent pas être pris correctement en charge et sont souvent renvoyés chez eux comme ça, juste après leur avoir administré une dose de morphine en cas de cruralgie aigüe. J'ai connu un tel cas où le patient avait même été renvoyé chez lui à pieds, et pieds nus (les pompiers surmenés qui l'avaient amené à l'hôpital n'avaient pas eu le temps de penser à lui prendre ses chaussures). Il a dû appeler un taxi pour rentrer. Évidemment, la dose de morphine, si elle a momentanément supprimé la douleur, n'a en rien guéri ce patient qui aurait évidemment dû être hospitalisé. Mais, manque de lits et de personnels…

Et le sous-financement des services publics fait que les agents du public (les fonctionnaires : les profs, les toubibs des hôpitaux, les infirmières, etc.) sont sous-payés et surchargés d'heures supplémentaires. Ils sont en permanence fatigués et sur les nerfs et donc souvent dans l'incapacité de faire le boulot aussi bien qu'ils aimeraient.

Pour un service public efficace, il faut qu'il soit financé correctement, ce qui signifie aussi que les agents des services publics, les fonctionnaires, soient payés correctement et pas surchargés d'heures supplémentaires. Au lieu de ça, le point d'indice des fonctionnaires est gelé depuis des années malgré l'inflation, et Macron compte bien continuer ainsi. Donc les fonctionnaires seront de moins en moins bien payés, ce qui poussera les gens à chercher des emplois plutôt dans le privé que dans le public.

C'est ainsi que le pouvoir procède pour faire disparaître le service public.

Constatons cependant que depuis la privatisation de la Poste et de la SNCF, par exemple, ces entreprises n'ont jamais si mal marché. De plus en plus de retards et d'accidents sur les voies ferrées, et de plus en plus de courriers déposés à une mauvaise adresse.

Bien à vous, do 10 octobre 2017

Hôpital - SNCF - PTT - EDF-GDF - quelles sont les différences entre un service public, une entreprise publique, et une entreprise privée ? Pourquoi préférer le public ?

Rappel de définitions malheureusement oubliées mais indispensables à la lutte de classe, et notamment à la lutte contre les privatisations: 

http://mai68.org/spip/spip.php?article482

Les déserts médicaux en FRANCE

Alors que tout le gratin bourgeois et petit bourgeois se mobilise sur des questions sociétales, c' est à dire hors classe, une spécialité d ' En marche comme les jeunes contre les vieux, les hommes contre les femmes, la défense des animaux contre les forains...

Tout cela n' est pas sans rappeler comment « la lutte de tous contre tous » fut utilisée par le fascisme pour paralyser le mouvement ouvrier, pendant que Macron amuse la galerie avec ses revendications de bobo et qu'il entend légiférer sur les comportements avec l' aide hyper-dangereuse des nouvelles technologies pour nos libertés. Le nouveau déballage de l' affaire Grégory, du fait qu' un algorithme aurait ciblé le coupable, résultat le juge Lambert se suicide. Aucun enseignement n' a été tiré de l' affaire d' Outreau.

Le démantèlement des services publics se poursuit, au détriment des classes sans ressources, la paupérisation se développe et Macron en rajoute contre les jeunes sans argent, les colocataires , contre les vieilles vivant avec des retraites de misère, souvent victime d' avoir été l' assistante non déclarée de certaines profession ( agriculture, agent d' assurance, femme de commerçant , artisans, de prolétaires..). Toutes ces questions sociétales, nous avons l' habitude de les régler en interne et en dehors des lois culpabilisantes et dangereuses car facilitant les délations.

Quant aux déserts médicaux, ils atteignent maintenant les grandes villes ex Cergy et Pontoise

61 708 habitants recensés en 2015 à Cergy.

90 personnels de santé répartis sur la ville dont 46 médecins spécialistes, 40 généralistes et 4 à exercice particulier.

7 % de médecins en moins à Cergy entre 2009 et 2015 tandis que la population a augmenté de 7 % sur la même période.

57,4 ans, c’est l’âge moyen des médecins Cergyssois. 71 % des praticiens ont plus de 55 ans et 49 % ont plus de 60 ans.

20 % de la population renonce aux soins pour des raisons financières.

35 heures à 50 heures de consultation par semaine pour chaque médecin généraliste.

 

Actuellement, le centre des Touleuses n' a plus de radiologue, celui des 3 Fontaines aussi, celui des Linandes depuis 2015, et bientôt celui de la Gare St Christophe, les ophtalmos disparaisent...Il n'y a plus à Cergy de médecine de proximité , un drame pour les vieux et les handicapés.Il ne faut pas seulement un centre à St Christophe, mais aussi au 3 Fontaines,aux Touleuses, aux Linandes comme à l'origine.

Cergy lance un sondage en vue de créer un centre de santé

Les habitants ont jusqu’au 7 novembre pour répondre afin d’établir les besoins dans ce domaine. Comme ailleurs, la désertification médicale menace la ville.

Quelles sont les attentes des Cergyssois dans le domaine de la santé ? Pour répondre à cette question, la ville de Cergy a lancé une consultation citoyenne en ligne, mais aussi en version papier dans les maisons de quartier et les mairies annexes. Les habitants ont jusqu’au 7 novembre pour prendre part au sondage afin d’établir les besoins prioritaires du plus grand nombre. Ce diagnostic territorial permettra notamment le renouvellement du contrat local de santé entre la commune et l’agence régionale de santé (ARS) qui prendra fin en décembre 2017. « Ce contrat nous permet de développer des ateliers de prévention sur la ville comme sur le thème de la nutrition pour informer des risques de l’obésité », précise Françoise Courtin, adjointe au maire (PCF) déléguée à la santé et au handicap.

Autre grand enjeu de ce sondage, la mise en place d’un centre de santé d’ici à 2019 ou 2020. Un projet coûteux qui, si justifié par des besoins locaux importants, pourra être en partie subventionné par l’ARS. Il devrait voir le jour dans un local de 700 m2 au rez-de-chaussée d’un nouveau bâtiment qui sera bientôt construit dans le quartier de Cergy-Saint-Christophe à l’Axe Majeur. « Il accueillera des médecins salariés généralistes et spécialistes sans dépassements d’honoraires, explique Françoise Courtin. Les patients ne débourseront rien puisqu’un contrat avec la caisse primaire d’assurance maladie et les mutuelles leur permettront de se faire rembourser directement. »

Un service particulièrement souhaité dans ce quartier prioritaire où certains renoncent parfois aux soins pour des raisons financières. Parmi les autres problématiques régulièrement évoquées à Cergy : le vieillissement du corps médical qui entraînera une désertification dans les années à venir. « Je sais déjà que mon cabinet n’aura pas de suite quand je partirai en retraite et beaucoup d’autres sont dans mon cas », assure Philippe Mazuel, médecin généraliste de 62 ans. Selon lui, il manque beaucoup de praticiens à Cergy : des spécialistes, mais « surtout des généralistes ». « Moi je propose des consultations sans rendez-vous, poursuit-il. Ce qui fait que je travaille tout le temps dans l’urgence. Je suis débordé. »

Pontoise : pétition contre désert médical

Christophe Micas

| 03.11.2017

Confrontée au départ de la quasi-totalité des médecins de son quartier, une pharmacienne de Pontoise (Val-d’Oise) se mobilise et lance une pétition pour la création d’une maison de santé.

« Ne laissons pas notre quartier devenir un désert médical », tel est l’intitulé de la pétition lancée par la titulaire de la pharmacie des Louvrais, à Pontoise, Lætitia Rambaux. Son objectif est de recueillir un maximum de signatures afin de solliciter l’ouverture d’une maison de santé...



Travail forcé et esclavage moderne sont de retour en Europe

13/11/2017 Rachel Knaebel

Ils sont 600 000 « esclaves modernes » rien qu’en Europe. Un phénomène « alarmant » au point que le Royaume-Uni a adopté un Modern Slavery Act et que des formations au droit du travail sont dispensées (...)

Le Brésil ré-autorise en partie le travail forcé

par Rachel Knaebel

19 octobre 2017-C’est la dernière mesure du gouvernement intérimaire brésilien de Michel Temer. Le 16 octobre, il a modifié, sans concertation préalable et sans aucun vote, la définition juridique du travail esclave. Selon le nouveau texte, il faudra désormais que les travailleurs exploités soient empêchés d’aller et venir librement, en cas de menaces physiques ou d’isolement extrême par exemple, pour qu’une situation de travail esclave puisse être caractérisée. Des conditions de travail particulièrement dégradantes ne seront plus suffisantes comme critère de qualification.

Le Brésil avait mis en place au tout début des années 2000 un plan national d’éradication du travail esclave, avec notamment la publication annuelle d’une liste d’employeurs pris en flagrant délit de surexploitation sévère de travailleurs. La plupart des cas de travail esclave constatés depuis au Brésil le sont dans les secteurs de l’agriculture et de la construction. Mais des grandes entreprises internationales sont aussi concernées. Des cas de travail esclave avaient été constatés dans des usines de la chaîne de prêt à porter du groupe espagnol Zara [1] et sur le chantier du barrage hydroélectrique de Jirau, en Amazonie, un projet de l’entreprise française Engie [2].

Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale du travail (OIT), 25 millions de personnes sont victimes de travail forcé dans le monde, dont 16 millions dans le secteur privé, comme le travail domestique, la construction ou l’agriculture – 4,8 millions sont victimes d’exploitation sexuelle et 4 millions astreintes à des travaux forcés imposés par les autorités publiques. Le recul du gouvernement brésilien dans la lutte contre le travail esclave est totalement contradictoire avec les préconisations de l’OIT pour lutter contre ce phénomène d’exploitation massif.

Selon l’OIT, le travail forcé se caractérise en effet par plusieurs indicateurs, au-delà de la seule restriction à la liberté de mouvement des travailleurs : confiscation des salaires ou des documents d’identité, violences physiques ou sexuelles, menaces ou intimidation, dette imposée de manière frauduleuse… En Europe, plusieurs pays ont récemment amélioré leurs lois pour mieux définir et lutter contre le travail forcé dans ses formes contemporaines et quotidiennes, que ce soit dans le travail domestique, sur les chantiers ou dans l’agriculture.

Photo : Sérgio Carvalho