INFOBREF N°506

En cette nouvelle année 2018, nous publierons régulièrement des informations sur le tout numérique , et les GAFA...

Révolution numérique - Yann Le Pollotec - 93

Le Numérique révolutionne toutes les activités humaines. L’éruption des réseaux « pair à pair » à très haut-débit1 conjugué avec des puissances de calcul2 et des capacités de stockage3 en très forte croissance permanente, marque le prolongement quantitative et qualitative de la révolution informationnelle des années 70/80 caractérisée par le « transfert de certaines opérations du cerveau humain vers les machines ».

 Cette rupture se caractérise par, entre autres les technologies suivantes qui sont déjà dans notre quotidien ou en passe de l’être :

  •  Les plateformes numériques sur internet, c'est-à-dire un algorithme et des centres de stockage de données, permettant l’échange mondial de biens et de services à partir de l’exploitation de grands volumes d’informations. Cela concerne toutes les activités humaines : transports, santé, crédit-finance, immobilier, tourisme, culture, relations amoureuses, enseignement supérieur à les MOOC4, savoir avec Wikipédia,.. Nombre de plateformes sont des entreprises de courtage mondialisé du travail comme Uber, « Amazon Mechanical Turk », ou « foule factory » qui accaparent toute la valeur crée, privatisent les communs numériques, détruisent le salariat au profit du contractant «entrepreneur de lui-même », et organisent l’exploitation par des systèmes de notation qui affectent aussi bien le travailleur que le consommateur. Face à ces prédateurs du numérique, la résistance s’organise autour de plateformes coopératives et de la lutte des travailleurs-contractants des plateformes pour leurs droits.
  • Le Big-Data : 98% des informations produites par l’Humanité sont aujourd’hui numérisées. Le traitement massif des données du Big-data et les modèles analytiques et prédictifs qui en découlent, touchent tous les secteurs : recherche médicale, climatologie, juridique, sécurité, urbanisme, économie, transport, traitement des déchets et des pannes, marketing, politique, finance, énergie, presse, linguistique,… Il est basé sur la recherche et l’exploitation des corrélations plutôt que sur les liens de causes à effets. L’automatisation induite par le Big-data peut être fortement destructrice d’emploi, qualifié ou pas, dans tous les domaines. Les données qui sont majoritairement produites « gratuitement » par les usagers du numérique, seront la matière première stratégique du XXIe siècle.

  •  Les objets connectés, capteurs, drones et robots, alimentent en permanence en données le big-data et sont en train de révolutionner des secteurs comme les transports (véhicules sans conducteur), la manutention (automatisation partielle ou totale), les déchets, le textile (vêtement intelligent), le mobilier urbain, la domotique, l’énergie…. En 2020, nous interagirons en permanence avec 30 milliards d’objet connectés. Ils seront eux aussi de potentiels destructeurs et transformateurs de nombreux emplois et métiers.
  • La Blockchain est un protocole de données, « open source », infalsifiable, distribuées et décentralisée fondé sur une architecture réseau « pair à pair » où l’ensemble de l’information est disponible en chaque de nœud du réseau. Concrètement la technologie des blockchains remet en cause le monopole des Etats sur la monnaie et les moyens de paiement, des banques sur les transactions financières et des notaires sur les transactions immobilières. Le Bitcoin (une des crypto-monnaie d’Internet) est basé sur technologie des Blockchains. La Blockchain peut potentiellement remplacer tous les « tiers de confiance » centralisés (banques, notaires, cadastres, état-civil, et beaucoup de fonctions régaliennes de l’Etat) par son réseau décentralisé de confiance « pair à pair ». C’est une technologie révolutionnaire tueuse d’institutions centralisées et des emplois liés à ces institutions.

  •  L’humain augmenté avec toute une série de dispositif « améliorant » les capacités physiques de notre corps : implants nous donnants en permanences des informations sur notre santé, exosquelettes, prothèses et organes artificiels et « intelligents », lunettes de vision augmentée… Ceci peut être un facteur de formidable d’amélioration de la qualité de vie de tous mais peut conduire à des dérives transhumanistes, à des problèmes liés aux assurances, aux crédits bancaires, aux ressources humaines et à d’importantes inégalités dans l’accès à ces technologies de corps augmenté, d’où la nécessité d’imposer le modèle de l’open source.
  •  La fabrication numérique avec l’impression 3D (fabrication additive) et les machines auto-réplicatives est en train de bouleverser les domaines de la production industrielle et du BTP avec les imprimantes géantes permettant de construire des bâtiments en des temps records et avec formes inédites. La 3D permet de distribuer et de décentraliser la production.
  • Les réseaux sociaux par leur fonctionnement horizontal et viral transforment le rapport à l’action organisée, aux institutions et à la politique. Ils sont devenus, pour le pire comme le meilleur, la première source d’information et le principal lieu de débat des moins de trente ans. Avec les réseaux sociaux et les plateformes une véritable économie de la réputation se développe, où tout le monde note toute le monde, et tout le monde surveille tout le monde

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 Taxation des GAFA : cause toujours…

Lutte Ouvrière -20 Septembre 2017

Les Gafa, ce sont ces trusts américains du numérique, Google, Apple, Facebook et Amazon, qui malgré des dizaines de milliards de dollars de bénéfices payent très peu d’impôts, notamment dans les pays européens où ils sont très implantés.

Ils utilisent à plein « l’optimisation fiscale », ces techniques qui jouent sur toutes les failles de la législation fiscale nationale. Pour ne prendre que l’exemple de Google, en 2016, en France le fisc lui a réclamé, 1,6 milliard d’euros pour « arriérés d’impôts ».

Le gouvernement français avait prévu dans son projet de budget 2017 une taxe visant ces sociétés. Mais le Conseil constitutionnel a rejeté cette proposition et Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics en charge du dossier, s’est dit favorable à une solution négociée avec les Gafa. Finalement Bruno Lemaire, le ministre de l’Économie et des Finances, a proposé, à l’échelle de l’Europe, de taxer les Gafa sur la base de leur chiffre d’affaires. Il aurait obtenu l’accord de neuf pays européens dont l’Allemagne, mais le problème est qu’une réforme fiscale dans l’Union européenne ne peut se faire qu’à l’unanimité des 28 membres. L’Irlande, à la fiscalité très avantageuse pour les trusts, est bien évidemment hostile à toute réforme.

Alors, pour taxer les Gafa, il faudrait changer les règles de l’Union européenne et faire que les modifications sur la fiscalité puissent être adoptées à la majorité simple et pas à l’unanimité. C’est un vrai serpent de mer et les Gafa n’ont pas grand-chose à craindre.

Cédric DUVAL

La presse entre en concurrence avec les géants du Web

2 novembre 2015 NPAFlash NPA

Les géants du Web proposent nouvelles fonctionnalités pour héberger le contenu des éditeurs de presse en ligne, moyennant une meilleure visibilité et un partage des revenus[1]. Ces initiatives peuvent représenter une opportunité, mais également fragiliser les éditeurs. Ceux-ci décident depuis d’ouvrir un nouveau champ de bataille par un positionnement marketing plus « tech-oriented », via la qualification des audiences, le développement de plateformes programmatiques et l’édition d’outils technologiques.

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Nomination de David Martinon au poste d’ambassadeur pour le numérique (22 novembre 2017)

David Martinon a été nommé ambassadeur pour le numérique lors du conseil des ministres ce matin. C’est une décision importante qui donne à M. Martinon5 compétence sur des sujets ayant trait au numérique dont ce ministère a la charge : les négociations internationales sur la cybersécurité, la gouvernance de l’internet et des réseaux, la liberté d’expression sur internet, les sujets de propriété intellectuelle liés à l’internet, le soutien à l’export des entreprises du numérique et la participation de la France au partenariat pour un gouvernement ouvert, en lien avec ETALAB.

J’attire en particulier votre attention sur la mission qui est spécifiquement confiée à M. Martinon par le président de la République et le Premier ministre, sous l’autorité du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, au titre de la lutte contre l’utilisation d’internet à des fins terroristes, de conduire un dialogue direct avec les grandes plateformes numériques américaines.

Cette tâche découle des orientations prises au G7 de Taormina en juin dernier, du plan d’action franco-britannique de juillet 2017 et des demandes adressées à ces plateformes lors de la réunion de haut niveau sur la prévention de l’utilisation d’internet par les terroristes, par le Président de la République et les Premiers ministres italien et britannique (réunion du 20 septembre à New York dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies). Pour l’exécution de cette mission, M. Martinon travaillera en étroite collaboration avec les services du ministère de l’intérieur et avec le secrétariat d’État au numérique.

Nous aurons l’occasion de revenir sur la stratégie numérique du ministère de l’Europe et des affaires étrangères que Jean-Yves Le Drian présentera le 15 décembre.

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/diplomatie-numerique/evenements/article/nomination-de-david-martinon-au-poste-d-ambassadeur-pour-le-numerique-22-11-17

extrait de l' institut Friedland dans son étude «Création de valeur dans un monde numérique janv 2017»

 « Pourtant, la puissance des business models de ces nouveaux géants porte bien en germe l’installation d’une économie à deux vitesses, avec une subordination croissante de l’ancienne

à la nouvelle économie. À terme, c’est à un transfert massif de valeur qu’on pourrait assister dans un rapport de force de plus en plus défavorable à l’ancienne économie.

Face à ces transformations, les États européens dénoncent surtout les stratégies agressives

d’optimisation fiscale des entreprises numériques américaines, qui menacent d’éroder leurs bases fiscales. Or, contrer ces pratiques ne suffira pas : ce qui est en jeu, c’est une "délocalisation" croissante hors d’Europe de la valeur créée, ce qui induira, à terme, une attrition des bases fiscales et, plus grave,conduira à un appauvrissement du continent. »

 En effet la puissance des GAFA provient de leurs capacités à s'imposer immédiatement sur le plan mondial, comme une araignée tisant sa toile.

 « Qu’est-ce que le succès des plateformes américaines remet en cause ? Non seulement l’organisation légale et sociale des pays européens mais également le développement économique du continent. Le risque étant que ces plateformes, essentiellement les GAFA, finissent par constituer des monopoles, évinçant de potentiels concurrents européens. » (p 37)

NOTES

1Le débit des réseaux double tous les 9 mois (loi de Butter)

2La puissance de traitement des microprocesseurs double tous les 18 mois (Loi de Moore). Google et la Nasa sont actuellement en train de tester un prototype de calculateur quantique dont le fonctionnement suit les principes de la physique quantique. Il serait 100.000 millions de fois plus rapide que les ordinateurs classiques.

3La capacité de stockage double chaque année (Loi de Kryder)

4massive open online course, cours en ligne ouvert et massif

5David Martinon est nommé représentant spécial de la France pour les négociations internationales sur la société de l'information et l'économie numérique le 3 mai 2013. Il devient ambassadeur pour le numérique le 22 novembre 2017.