INFOBREF N°516

Le télétravail dans le monde : Un phénomène récent et une grande diversité de situations

2009

Grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, le télétravail se développe partout dans le monde. Cependant son développement est très différent d’un pays à l’autre du fait de la diversité des définitions et des objectifs poursuivis par les politiques de déploiement du télétravail.

La notion de télétravail est apparue dans les années 1950 aux États-Unis avec les travaux de Norbert Wiener sur la cybernétique. À partir des années 1970, le télétravail est mieux connu grâce aux nouvelles perspectives ouvertes par la « télématique » et les « autoroutes de l’information ».  Depuis, le télétravail se développe partout, mais de façon variable. Les États-Unis et la majorité des pays anglo-saxons affichent des taux supérieurs à 30% de télétravailleurs du total de la population active alors que ce taux varie entre 10 et 20 % dans l’Union Européenne et entre 8 et 15% en France, sachant que ces taux sont donnés à titre indicatif compte tenu des différences de définitions et d’appareils statistiques entre Etats.

Les politiques d’appui au développement du télétravail varient en fonction des objectifs fixés par les pouvoirs publics et les secteurs économiques. Si la France a décidé de légiférer sur le télétravail en l’inscrivant dans le Code du travail, d’autres pays comme l’Allemagne, n’ont pas donné de règle juridique spécifique au télétravail dans le secteur privé. Ces politiques visent partout des objectifs d’amélioration de la productivité, de réduction des temps de transport, de la qualité de vie des salariés, en recourant à des méthodes distinctes :

  • aux Etats Unis le gouvernement a créé une Agence fédérale pour le déploiement du télétravail dans l’administration fédérale ;

  • les Pays Bas ont mis en place des recommandations concernant le développement du télétravail dans la fonction publique uniquement ;

  • en Allemagne l’action passe par l’octroi d’aides et l’accompagnement par des actions de communication ;

  • au  Royaume Uni de guides et de recommandations dédiés au développement et à la mise en place du télétravail ont été développés ;

  • en France il  été choisi d’encadrer le télétravail dans le secteur public afin de soutenir son développement.

Malgré ces différences, un phénomène semble gagner le monde entier, le développement des espaces dédiés au télétravail. Ainsi la capitale brésilienne, Brasilia, figure parmi les dix premières capitales du monde disposant du plus grand nombre d’espaces de télétravail et de coworking. 

Les pays champions du télétravail ne sont pas ceux que vous croyez

Par Clémence Boyer | 11/12/2017 à 16:21, mis à jour le 11/12/2017

Deux tiers des salariés travaillent parfois à distance dans le monde

Le cabinet d’études a interrogé plus de 25.000 personnes dans 12 pays sur leurs habitudes en matière de travail mobile. Après le Brésil, c’est en Inde que les salariés pratiquent le plus le télétravail : 43% en profitent souvent et 35% de temps en temps. Enfin, c’est l’Australie qui complète le podium des pays ayant le plus recours au télétravail.

Au total, près des deux tiers des salariés dans le monde travaillent parfois à distance. “Par rapport aux 14% enregistrés en mai 2012, il s'agit d'une évolution remarquable et relativement rapide des modes de travail”, note l’étude.

Télétravail : ce que les ordonnances vont changer

Les plus en retard sont les salariés japonais : seuls 20% d’entre eux ont recours au travail mobile. Marquées par une forte culture du présentéisme, les entreprises japonaises ne semblent pas avoir encore intégré cette nouvelle manière de travailler.

Le télétravail est plus répandu parmi les salariés français, mais on est encore en-dessous de la moyenne puisque seuls 57% d’entre eux pratiquent de manière régulière ou ponctuelle le télétravail. Pire encore, les Français sont les plus nombreux à déclarer que leur entreprise ne propose pas du tout de télétravail. C'est le cas pour 33% d'entre eux, contre seulement 10% des Brésiliens, 15% des Allemands et 20% des Britanniques. 

Votre entreprise propose-t-elle une modalité de travail flexible ?

Plébiscité par les millenials

Au-delà du pays, l’âge a aussi un impact sur l’adoption du télétravail. En effet, 70% des 18-30 ans travaillent régulièrement en dehors du bureau, contre à peine 51% des 45-60 ans. Un écart qui s’explique sans doute, en partie, par le type d’entreprises dans lequel les salariés travaillent. En effet, seulement 15% des millenials déclarent travailler pour un employeur qui ne propose pas le travail mobile, contre 36% pour les 45-60 ans. Les millenials sont de fait surreprésentés dans le secteur de la tech, potentiellement plus ouvert à ces nouvelles formes de travail.

Les deux générations ont également des perceptions un peu différentes vis-à-vis des avantages liés au télétravail. Si tous citent en premier un meilleur équilibre vie professionnelle/vie privée, les 45-60 ans voient aussi le télétravail comme un moyen de s’épargner le stress des allers-retours domicile-bureau, quand les 18-30 ans y voient surtout une manière de gagner du temps de loisir.

Du côté des risques liés au télétravail, les millenials ont aussi une approche relativement différente. Ainsi, 66% d’entre eux redoutent que leurs collègues pensent qu’ils ne travaillent pas suffisamment lorsqu’ils ne sont pas au bureau, les plus âgés ne sont que 50% à avoir cette crainte. Les 45-60 ans ont, eux, plutôt peur de ne jamais déconnecter vraiment, et donc, in fine, de trop travailler.

“Il est très important d’être transparent quant aux règles et aux attentes”, souligne Billie Hartless, responsable RH de Polycom. “57% des millenials souhaitent que la direction des ressources humaines définisse des lignes directrices claires concernant la politique de flexibilité au travail de leur entreprise. Nombre d’entre eux (59 %) souhaitent également que les mêmes règles soient applicables à tous, pas seulement aux parents ou aux employés plus anciens.”

Par Clémence BoyerA Bordeaux, la SNCF veut radier Laurent, cheminot et militant de la grève

Ce mardi 4 septembre à Bordeaux, environ 400 personnes se sont rassemblées face à la direction régionale SNCF Nouvelle Aquitaine en soutien à Laurent, cheminot menacé de radiation par la direction de la SNCF.

Petra Lou mardi 4 septembre

La pièce de théâtre de la SNCF qui fait dans l’art de la répression des cheminots mobilisés du printemps dernier s’est joué à Bordeaux ce mardi. Solidaires, un groupe d’environ 400 personnes, avec des cheminots venus d’Hendaye, de Bayonne, Périgueux, Limoges, ou encore Paris dont quelques-uns de l’intergare, syndiqués à la CGT ou à Sud Rail, s’est déplacé devant le bâtiment de la direction derrière la gare de Bordeaux. Parmi lesquels des militants du PCF, de la France Insoumise, et du NPA.

Les travailleurs venus de plusieurs villes en solidarité avec Laurent ont attendu une heure et demi avant que celui-ci ne sorte de l’entretien avec la direction. Laurent, contrôleur à Bayonne, est accusé d’avoir ceinturé la Directrice d’établissement sur le quai au moment où se déroulait une manifestation en gare de Saint Jean de Luz et de l’avoir portée sur plusieurs mètres : un dossier monté de toute pièce par la direction qui s’acharne contre les grévistes de ce printemps.

Lorsque Laurent sort, sous le tonnerre d’applaudissements de solidarité de tous les cheminots présents « On est là, on est là ! » il prend la parole serein, en disant qu’il espère que les directions ont bien pris note de ce qu’il a dit, sachant qu’ « ils sont en train de mettre ma vie en danger, vu que j’élève mes enfants, et qu’à l’heure actuelle, on ne peut pas licencier quelqu’un sur des dires non fondés ».

La direction ne s’est finalement pas encore prononcée, n’a sûrement pas osé, face aux pressions des cheminots qui ne lâchent pas, mais pour l’instant n’a pas l’air de vouloir reculer non plus. Le verdict sera donné dans un mois, entre temps nous continuerons à soutenir Laurent et tous les cheminots qui sont persécutés par la répression syndicale et patronale.

Notamment un autre rassemblement pour Christelle (voir événement Facebook), cheminote menacée elle aussi de radiation, accusée d’être impliquée dans une « altercation verbale », aura lieu à Lyon ce vendredi 7 septembre prochain, à partir de midi, au pied de la tour Incity. Soyons nombreux et nombreuses à être présents pour soutenir notre collègue et montrer à la direction que nous ne la laisseront pas faire !

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