INFOBREF N°519

Inde : record historique de mobilisation pour une grève générale contre la précarité

L'Inde vient de battre son propre record, 200 Millions de travailleurs étaient dans la rue le Mardi 8 Janvier, soit 50 millions de plus que la journée du 2 septembre 2016. La grève a été lancé sous l'appel de 10 syndicats, notamment le "Centre of Indian Trade Unions" affilié aux partie communiste Indien.



Depuis 2016, les revendications n’ont pas changé. Elles s’inscrivent dans la continuité de la lutte contre la précarité des travailleurs indiens. Parmi lesquelles : la hausse du salaire minimum qui est actuellement de 150 roupis par jour - soit 2€ pour une semaine de 48h de travail, ce qui ne permet pas de vivre dans des conditions descente et oblige les travailleurs à vivre dans des lieux insalubres, faute de moyens. Ainsi qu’une augmentation de la sécurité sociale universelle, même si le gouvernement a mis en place une réforme du système de santé, le "Modicare" en septembre dernier, le problème subsiste. La majorité de la population indienne n’a aucune couverture en cas de maladie de cela s’accompagne des frais médicaux extrêmement élevés, qui sont notamment dus à la privatisation quasi total du système de santé, avec 93% d’hôpitaux privés qui emploient 85% des docteurs (selon l’ONG Oxfam). Dans un pays où le salaire moyen est de 121€ par mois, il est impossible pour la majorité des Indiens d’accéder aux soins, ce qui entraîne un taux de mortalité infantile 10 fois supérieur à la France et une espérance de vie de 15 ans inférieur. Les revendications qui ressortent de la grève portaient aussi sur la lutte contre le chômage, notamment chez les jeunes où il est de 10%. Mais aussi contre les privatisations à tout vas, notamment du système de banque Indien en proie à des fusions et privatisations qui détruiront des centaines de milliers d’emplois et en précariseront encore bien d’autres.

La mobilisation fut bien plus forte dans les Etats du Kerala et du Karnataka qui sont des bastions où le Parti communiste Indien a une forte influence. Notamment le Kerala où le niveau de vie est le plus élevé de toutes les régions de l’Inde, avec 80% des foyers reliés au réseau électrique et 78% à l’eau courante, un taux d’alphabétisation de 94% contre 64% en Inde, une espérance de vie de 10 ans supérieur à la moyenne nationale. Signe de la bonne gestion du Parti Communiste sur cette région face à la précarisation toujours grandissante que provoque la politique néolibérale dans tout le reste du pays.

Cette grève s’inscrit également dans la lutte des classes. Comme toute grève générale de grande ampleur, elle permet de modifier le rapport de forces. En bloquant l’économie, en faisant chuter le taux de profits des grands bourgeois, les prolétaires reprennent le pouvoir économique, social mais aussi politique. Le fait que la grève se tienne ce mercredi 9 Janvier montre aussi la volonté de faire plier le gouvernement a l’approche des élections législatives pour qu’il cède sous le rapport de forces qui devient écrasant en faveur des travailleurs.

La Cours suprême indienne avait rendu des jugements contre les syndicats, voulant affaiblir la puissance de mobilisation du prolétariat. Cependant, nous avons pu nous apercevoir que cela était inutile. Tant que des travailleurs souffriront de leur condition, ils se révolteront contre leur oppresseurs.

S.A

Pour plus de détails voir :

En Inde, la plus grande grève générale du monde

Témoignage. Un Gilet Jaune subit une ablation du testicule après un tir de flashball

L'extrême violence policière semble être devenue la norme tant il ne se passe un jour sans que l'on parle d'une nouvelle mutilation d'un gilet jaune. Nous relayons ici le témoignage de Fabien, gilet jaune bordelais atteint aux parties intimes par un tir de flashball samedi dernier.

Correspondant.e Bordeaux

lundi 31 décembre 2018

Témoignage d’un gilet jaune bordelais, toujours en repos suite à sa blessure. Il fait partis des nombreux gilets jaunes réprimés par les forces de l’ordre, à Bordeaux, une partie d’entre eux appel a se rassembler pour créer un collectif lors de l’acte VIII : https://www.facebook.com/events/1005552389632722/?ti=cl

Je me présente : Je m’appelle Fabien j’ai 30 ans et vie à bordeaux.

Le samedi 15 décembre 2018 se déroule une manifestation de gilets jaunes à Bordeaux où je décide de me rendre vers 16h pour prendre le mouvement en marche.

Quelques tensions entre manifestants et forces de l’ordre éclatent : jets de gaz lacrymogène et autres moyens sont utilisés par la police pour disperser les gilets jaunes. Une violence qui est inacceptable face à des personnes sans armes ou démunies de protection.

Il est à peu près 17h30 quand un mouvement de gilets jaunes prend la direction du Cours Pasteurs vers la Place de la Victoire à bordeaux. Je prend la même direction pour rentrer chez moi et me retrouve entre des CRS et gilets jaunes. Sans aucune raison apparente une détonation, je viens de prendre un flashball en plein dans les parties intimes.

Je tombe et des personnes m’attrapent pour me mettre à l’abri dans un hall d’immeuble car la po-lice charge. Grosse douleur, les témoins appellent les secours. Les pompiers arrivent sur place plu-sieurs minutes après le coup, je suis emmené par dans une cellule de crise pour déterminer la gravité des blessures puis transféré au CHU Pellegrin. Résultat : fracture du testicule gauche, opération et ablation de l’organe. (Documents a l’appui)

Je dénonce ces violence policière totalement gratuite sans aucun scrupule ni justification.

Soutien aux victimes comme moi gravement blessées. Bonne continuation à tous je vous soutiens #GJ33.

Fabien. R

 

L'EPR chinois de Taishan vend de l’électricité... et c’est tout le nucléaire français qui souffle

Depuis le 13 décembre, un réacteur nucléaire de type EPR, désigné par le français Framatome, produit commercialement de l’électricité. Il a été construit en Chine, sur le site de Taishan, par le chinois CGN avec EDF. Une très bonne nouvelle pour toute la filière nucléaire française.

Le démarrage commercial, le 13 décembre, de l’unité 1 de la centrale nucléaire de Taishan, dans la province du Guangdong dans le sud de la Chine, a fait l’objet sur place d’une conférence de presse commune entre le chinois CGN et EDF. L’annonce est importante.

Ce réacteur nucléaire est le premier au monde de type EPR à avoir été construit entièrement, testé, et raccordé avec succès à un réseau d’électricité. Pour Framatome (ex. Areva) le concepteur de l’EPR, et EDF, le nouveau chef de fil de la filière nucléaire française, c’est la preuve que l’EPR est un réacteur qui fonctionne et qu’il peut être une option pour construire un nouveau parc nucléaire en France, en remplacement du parc historique vieillissant. (Usine Nouvelle)

Quand la machinerie remplace les travailleuses et travailleurs

Bientôt un magasin Carrefour sans caisse, façon Amazon Go

Carrefour va ouvrir en mars 2019 un magasin-test fonctionnant comme les Amazon Go aux États-Unis : entièrement automatisé, sans queue et avec un paiement automatique par reconnaissance faciale. D’après une information du magazine professionnel Linéaires, confirmée par le groupe, ce magasin situé au siège de Massy sera uniquement accessible aux salariés.

A la manière d’Amazon, Carrefour veut lui aussi son magasin entièrement automatisé. D’après Linéaires, le groupe français de grande distribution devrait ouvrir au printemps 2019 un magasin sans caisse, fonctionnant comme les Amazon Go.

Suivre le client dans ses achats

Le mensuel de la grande distribution, informé par une source syndicale, rapporte qu’une société de quatre personnes sera créée pour piloter le projet "en mode start-up". Situé au siège de Massy (91), le point de vente, qui sera réservé aux salariés de Carrefour, devrait ouvrir en mars 2019.

Comme les boutiques Amazon Go, le magasin sera petit – 56 mètres carrés annoncés – et entièrement équipé de caméras pour suivre les clients dans leurs achats et identifier les produits qu’ils déposent dans leur panier. Le magasin n’aura pas de caisse, et donc théoriquement pas de queue : celle-ci sera remplacée par un rapide système de validation de reconnaissance faciale, déjà expérimenté par le groupe français en Chine dans le cadre d'un partenariat avec Tencent.

Le groupe Carrefour, contacté par L’Usine Digitale, a confirmé toutes ces informations, sans pour autant en apporter davantage. La durée de ce test reste donc pour le moment inconnue.

Tous derrière Amazon

Carrefour n’est pas le premier à suivre les pas d’Amazon sur la voie des magasins sans caisse, ni caissiers. Le groupe Casino expérimente lui aussi, depuis début octobre 2018, la reconnaissance automatique des achats dans son point de vente "Le 4", situé avenue Franklin Roosevelt à Paris.

Dans ce magasin plus vaste, qui fait 400 mètres carrés, et ouvert au grand public, Casino laisse libre cours à ses ambitions technologiques. Si le paiement sans passage en caisse n’est pas encore en vigueur, les clients peuvent tout faire avec leur smartphone, scanner leurs achats en rayons ou payer.

Mais le seul à entièrement maîtriser cette technologie reste Amazon, qui compte actuellement six boutiques aux États-Unis, et qui ambitionne d’en ouvrir 3 000 d’ici 2021. La firme américaine aurait d’ailleurs déjà amélioré sa technologie et, selon le Wall Street Journal, serait en train de l’expérimenter dans de plus grands magasins, sans pour autant être tout à fait au point.

 La Fédération bancaire européenne (EBF)

 La Fédération bancaire européenne (EBF) précise mardi que le nombre d'agences bancaires dans l'UE avait été ramené à 189.000 fin 2016, en baisse de 4,6% sur 2015.

Les effectifs bancaires, de l'ordre de 2,8 millions de salariés, sont au plus bas depuis 1997, selon cette analyse. Ce sont au total 48.000 agences qui ont disparu de l'Union depuis 2008, soit plus de 20% du total, mais le mouvement s'est accéléré l'an passé par rapport à l'année précédente, avec 3% de réduction de leur nombre.

La Grande-Bretagne à elle seule devrait compter 762 agences de moins cette année, un record.

Face à l'offensive de la banque numérique et à des taux d'intérêt au plus bas, les banques s'emploient à réduire leurs frais fixes en réduisant la voilure immobilière.

D'autres établissements font payer à présent des services qui étaient jadis gratuits, que ce soit la simple tenue d'un compte courant ou les retraits.

La fusion est un autre moyen de limiter les coûts, une tendance qui s'est amorcée en 2009. L'UE comptait 6.596 banques fin 2016, soit 6% de moins qu'en 2015.

(Emma Rumney, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison)