INFOBREF N°522

 

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Macron négocie avec Ethiopian Airlines pour de nouveaux Airbus

Macron négocie avec Ethiopian Airlines pour de nouveaux Airbus

Un voilà un qui ne perd pas de temps … Mêlant tout à la fois le sens de l’à propos, la réactivité -  mais également le culot voire même l’indécence ?  – Emmanuel Macron aura « profité » de son déplacement en Éthiopie pour discuter avec le Premier ministre du pays d’un nouveau contrat pour Airbus dans [...]

 

A l'occasion de la visite du président chinois Xi Jinping, la France et la Chine ont signé un contrat pour la livraison de 290 appareils d'Airbus. La valeur de ce contrat est de près de 30 milliards d'euros.

 

Airbus et la China Aviation Supplies Holding Company (CASC) ont signé lundi 25 mars un accord portant sur l’acquisition de 290 appareils de la famille A320 et de dix A350, en présence des présidents chinois et français, Xi Jinping et Emmanuel Macron.

"La conclusion d'un grand contrat pour Airbus est une avancée importante et un excellent signal (…) de la force des échanges  [entre la Chine et la France]", a déclaré le président Emmanuel Macron, lors de la signature du contrat au cours d'une cérémonie à l'Élysée, à l’occasion de la visite du président chinois.

 

 

Parution du dernier livre de Tom Thomas sur la ville et le capital aux éditions Jubarte, il est disponible à la librairie du Point du Jour (58 rue Gay-Lussac 75005 Paris, tel: 01 43 26 20 17, courriel: librairie-lpj@wanadoo.fr) au prix de 8 euros.

QUATRIEME DE COUVERTURE

Les villes existent depuis longtemps. Mais pas les villes-mégapoles tentaculaires qui sont une caractéristique du capitalisme contemporain. Produits de ce capitalisme devenu sénile, elles en reflètent et accroissent les contradictions propres à son âge, en contribuant davantage à sa ruine qu’à son développement. Sans oublier qu’elles dégradent abominablement toutes les conditions de vie. Ce sont là des effets inéluctables, puisqu’ils ont leur cause dans un développement urbain qui n’est lui-même qu’une manifestation du développement automate du capital, bien plus que de libres choix de ses fonctionnaires, les capitalistes.

Cette formidable dégradation, ajoutée au fait qu’une masse toujours croissante de prolétaires, de plus en plus chômeurs ou précaires, y sont concentrés, fait de ces mégapoles des lieux essentiels de luttes très diverses et quasi permanentes, alors même que s’étiolent les vieilles luttes syndicales limitées aux rapports ouvriers-patrons dans les usines. Ces luttes « urbaines » sont l’amorce d’une lutte de classe révolutionnaire pour abolir le capitalisme, pour établir un processus de transformation radicale de l’organisation de l’espace ainsi que des rapports hommes-nature. À la condition de passer des luttes contre les effets ruineux de ces mégapoles à celles contre la cause de leur existence.



France les déserts médicaux-Après avoir sciemment provoqué les déserts médicaux en France pour alléger la dette de la sécurité sociale, voilà que l' Etat Macron s' attaque à la question avec sa Loi Santé. Cette loi est toute orienté vers le tout numérique et un contrôle centralisé des patients avec le carnet de santé numérique.

 

On commence par dire que les médecins sont surbouqués, qu'ils en arrivent à refuser des patients et qu'ils font de la médecine à la chaîne, leur patient n'étant plus que des clients auscultés à la va vite. Il en résulte, qu'il sera facile de faire admettre le système de la consultation en visioconférence depuis un ordinateur et un smartphone. Pour y parvenir, la loi introduit une nouvelle notion celle de  »télésoin » seront mis à contribution pour ce projet les pharmaciens et la création d'un nouveau métier celui d' assistant médical. Un job bas de gamme qui nécessitera une formation d'un an, contre trois pour un infirmier, il consistera à effectuer des tâches simples que font actuellement les médecins (peser les patients et prendre la tension). La loi santé prévoit la création de 4000 postes de ce type d'ici à 2022. Ce nouveau JOB , n' est qu'une manière de masquer le chômage, l' état devant intervenir dans la prise en charge d'une partie des salaires et la ventilation de ces assistants dans le milieu médical.

 

 

Eborgneurs ,censeurs, menteurs

Loi anti-fake news: RT et Sputnik dans le collimateur du président Emmanuel Macron

par Thierry Paul Valette (son site)
mercredi 23 mai 2018

Il l'avait annoncé pendant les traditionnels voeux à la Presse. Emmanuel Macron souhaite une loi visant à lutter contre les fausses informations. "Si nous voulons protéger les démocraties libérales, nous devons savoir être forts et avoir des règles claires", avait-il alors déclaré. Pourtant le législateur possède déjà tout un arsenal de mesures : Art 27 ( loi de 1881sur la presse ), art 322 ( code pénal ), art L97 ( du code électoral ) et l'art L465-1 ( du code monétaire et financier ). 

Le texte qui sera prochainement présenté faisait déjà l'object de discussions au Sénat le 3 avril 2018. Certains axes ont déja été dévoilés aux journalistes : 

    - En période électorale et en cas de propagation d'une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge à travers une nouvelle action en référé.

    - Le contenu mis en cause pourra alors être supprimé et le site déréférencé. Le compte utilisateur concerné peut être également clôturé, voire bloqué.

Cette volonté de légiferer soulève quelques interrogations : Qui va décider de la véracité d'une information ? Sur quels critères ? Le grand danger réside dans le fait de donner la responsabilité à l'Etat de décider le vrai du faux.

MISE EN CAUSE DES MÉDIAS ÉTRANGERS 

Depuis les attentats d'Al-Qaïda le 11 septembre 2001, le monde est entré dans une période très sombre. La peur domine avec la complicité de nébuleuses "criminalo-terroriste" dont Daesh. Elles sont responsables de nombreux attentats trés meurtriers. L'invasion de l'Irak en 2003 a engendré de nombreux conflits responsables du déplacement de millions de réfugiés. 

C'est dans ce contexte sous haute-tension que se sont développés les réseaux sociaux accélérant une crise des médias dit "traditionnels". Seulement depuis l'élection du présIdent Donald Trump, l'affaire a pris une tout autre tournure. Les "fausses nouvelles" ou "fausses informations" mettraient en danger la démocratie. Les médias étrangers sont fortement mis en cause. L'ingérence par la Russie pendant la campagne de D.Trump et les rumeurs dont Emmanuel Macron avait été victime pendant la campagne présidentielle, sont les parfaits alibis à cette volonté de légiferer.

Des organes de presse sont visés ouvertement par cette loi. Les médias étrangers RT et Sputnik sont dans le collimatreur. E.Macron les accuse de faire de la propagande mensongère. 

Cela n'est pas sans rappeler le cas d'Al Jazira. Cette chaîne néee en 1996 avait cassé la main mise de l'information dans le Golfe Persique. Pendant la crise du Quatar, l'Arabie Saoudite avait démandé sa fermeture au pretexte de propagande térroriste. Une des conditions pour lever l'embargo.

Le Yémen, l'Egypte et le Bahrein s'étaient allignés dans le sens de la demande de L'AS. L'ONU avait jugé cela inacceptable ! Selon elle, il s'agit d'une grave atteinte au droit des libertés d'expressions et d'opinion.

 LES FAUSSES INFORMATIONS NE DATENT PAS D'AUJOURD'HUI.

 Des fausses informations circulent parfois dans la presse et proviennent directement de responsables politiques qui laissent fuiter volontairement des informations fausses...

Dans les années 80 deux énormes fakes news ont semé le trouble et le doute dans l'esprit de nombreuses consciences collectives. L'affaire du Rainbow Warrior et celle du nuage de Tchernobyl. 

   LE RAINBOW WARRIOR :

L’affaire du Rainbow Warrior avait marqué les esprits. Le navire amiral de l'organisation écologiste Greenpeace avait été coulé par les services secrets français le 10 juillet 1985. Les suites médiatiques, politiques et judiciaires avaient enflammé l'actualité. Le navire, à quai en Nouvelle-Zélande, était paré à appareiller pour l'atoll de Moruroa afin de protester contre les essais nucléaires français.

L'opération de sabotage fut commanditée par le ministre de la Défense français Charles Hernu, avec l'autorisation explicite du président de la République française François Mitterrand (selon le témoignage de Pierre Lacoste, patron de la DGSE)1. L'opération fit un mort : Fernando Pereira, photographe, membre de l'équipage de Greenpeace.

Le Rainbow Warrior dans le port d'Auckland, le 10 juillet 1985. NEW ZEALAND HERALD / AFP.

   TCHERNOBYL :

La catastrophe nucléaire de Tchernobyl cet accident nucléaire majeur qui a commencé le 26 avril 1986 dans la centrale Lénine, située à l'époque en République socialiste soviétique d'Ukraine en URSS. Il s'agit de la plus grave catastrophe nucléaire du xxe siècle, classée au niveau 7, le plus élevé sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES). Rapellez-vous, le nuage radioactif se serait stoppé à la frontière francaise par le miracle du cyclone des Açores...

Tchernobyl : 60% des habitants évacués de Pripiat en 1986 seraient aujourd'hui décédés

DES SOLUTIONS EXISTENT :

Les médias classiques et publics ont une responsabilité face au phénomène des fausses nouvelles. En effet, elles se développent sur la méfiance et la défiance des gens avec les médias

Seulement l'essentiel a été oublié : celui de former les plus jeunes à l'esprit critique.

COMMENT LUTTER CONTRE LES FAKE NEWS :

  -Ne pas se limiter à ne lire que les titres.

  -Garder un peu d'humour à la lecture de sites satiriques : le Gorafi etc...

  -Mener des enquêtes. Google image est un formidable outil pour vérifier si une image est sortie de son contexte.

  -Privilégier les médias connus. Si ils ne sont pas toujours fiables, ils restent néanmoins mieux outillés.

  -Privilégier le bon sens. Pour exemple, la photo des pyramides sous la neige était improbable. Évitez de tomber dans la rumeur  : l'ami d'un ami ami avec X m'a dit que....

 Une pétition est mise en ligne pour dénoncer les danger de cette loi à venir 

https://www.change.org/p/non-à-la-future-loi-sur-les-fake-news-qui-est-une-atteinte-contre-la-liberté-d-expression-et-de-la-presse 

 

LIBERTE POUR LE PRISONNIER POLITIQUE JULIAN ASSANGE!

HONTE AUX CENSEURS DE LA PROPAGANDE EURO-ETATS-UNIENNE!

 WikiLeaks est un média qui diffuse des informations vérifiables (et autrefois unanimement reconnues y compris dans la presse dite officielle) sur les liens, les contacts, les intérêts des USA et de l’UE dans le cadre des multiples guerres lancées au Proche Orient et ailleurs. Sa force était l’anonymat de ses sources et l’indépendance totale de ses contributeurs. Son fondateur, Julian Assange, après 7 ans de réclusion totale à l’ambassade d’Equateur à Londres, harcelé par toutes les polices et dont la protection équatorienne vient de tomber après les dernières élections en Equateur qui a mis au pouvoir le social-démocrate Lenin Moreno, traître rallié à l’impérialisme US (L’ex-président équatorien, Rafael Correa, lui avait assuré protection en lui donnant la nationalité équatorienne), est aujourd’hui kidnappé, arrêté, déchu de sa nationalité équatorienne et menacé d'être extradé aux Etats-Unis où on lui a promis la plus grande sévérité pour « haute trahison » : Tous savent qu’il y sera torturé pour donner les noms de tous les contributeurs de WikiLeaks.

Julian Assange est donc incontestablement un prisonnier politique, et son arrestation, lui qui n’est en aucun cas un « criminel », est une atteinte majeure, réelle cette fois, à la « liberté d’expression ». Pourtant vous ne verrez personne dans la presse ou à la télévision aux ordres, pour protester contre ce qui, si cela avait eu lieu à Moscou ou à Caracas, aurait provoqué un scandale planétaire. L’intelligentsia macroniste française, de Cyril Hanouna à Raphaël Glucksman en passant par les « grosses têtes », ne dira rien, bien sûr. Pire, elle renchérira la campagne de calomnies contre l’un des rares journalistes qui aujourd’hui sauve quelque peu l’honneur de la profession…

Peut-on encore douter que nos médias chiens de garde font autre chose que de la propagande de guerre ? Propagande de guerre quand il s’agit de rechercher le consensus avant de bombarder les importuns qui occupent des sous-sols pétrolifères, ces dernières années. Propagande de guerre quand il s’agit de couvrir, de maquiller voire d’étouffer les crimes inhumains des « alliés » américains, israéliens, saoudiens… Propagande de guerre de classe quand il s’agit de salir unanimement toute forme de révolte populaire dans nos pays, à l’instar des gilets jaunes depuis novembre 2018.

Mais cette propagande porte toujours un masque identifiable : celui de la « liberté d’expression », même si tous les organes de presse sont détenus par des grands patrons ou par leur serviteur à l’Elysée. Rappelons-nous comment il fallait défendre la publication des « caricatures de Mahomet » il y a quelques années, au nom de cette « liberté d’expression ». « Liberté » d’autant plus sacrée qu’elle n’égratignait personne en haut lieu, et pour cause. « Liberté » d’autant plus urgente qu’elle servait une propagande d’Etat islamophobe désignant par amalgame un « ennemi de l’intérieur » comme responsable de tous les maux…

La peur commence pourtant à marquer les visages des journalistes officiels, chez nous comme ailleurs en Europe et aux USA… Les « réseaux sociaux » sont devenus jusqu’à un certain point la cible de toutes les accusations médiatiques, tout simplement parce qu’ils peuvent être un outil de ré-information. C’est à travers de tels médias que s’organisent aujourd’hui les actions concrètes, et non virtuelles, des gilets jaunes par exemple. C’était déjà le cas lors des révoltes populaires en Tunisie, en Egypte. C’est encore le cas aujourd’hui en Algérie… On se demandait combien de temps cela durerait… Combien de temps encore ils laisseraient faire…

« La vérité est révolutionnaire » disait le marxiste et antifasciste italien Antonio Gramsci. C’est à ce titre que nous soutenons toute vérité sur le système capitaliste et toutes les personnes prêtes à se battre pour les révéler.

Le Rassemblement Communiste invite tous ses camarades, sympathisants, lecteurs, gilets jaunes, gilets rouges, citoyens épris de vérité et de liberté, à participer aux multiples rassemblements qui ont actuellement lieu dans le pays pour réclamer la liberté pour Julian Assange !

 

RASSEMBLEMENTCOMMUNISTE.FR

 

 

Le Venezuela, une nouvelle Syrie

Publié le 03/04/2019

  • Le Venezuela, une nouvelle Syrie

par Israël Shamir

Il y a quelques jours, un Iliouchine 62M de ligne amenait plus d'une centaine de soldats et d'officiers russes à Caracas. De façon hautement symbolique, ils avaient fait une escale en Syrie, une façon de dire que le Venezuela est le prochain pays, après la Syrie, qu'il va falloir sauver de la ruine et du démembrement? La mission militaire était dirigée par le chef d'Etat major, le général Tonkoshkourov ("la peau fine") un nom qui aurait qui aurait enchanté Vladimir Nabokov.

"Comment osez-vous, s'est écrié John Bolton, mettre votre nez dans l'hémisphère occidental! Bas les pattes! Le Venezuela, c'est notre arrière-cour à nous". Mais les Russes n'ont rien voulu savoir. Il y a quelque temps, ils avaient essayé d'émettre des objections au stationnement de chars US positionnés en Estonie, à quelques enjambées de St Pétersbourg, et tout ce qu'ils y avaient gagné, c'était un sermon sur le thème de la souveraineté, comme quoi "l'Estonie n'a pas à demander la permission aux Russes pour recevoir une assistance militaire américaine". Ils viennent de revenir sur le sujet avec John Bolton et son patron. "Et commencez par quitter la Syrie", ont-ils ajouté.

C'est un nouveau palier dans les relations russo-américaines, ou faut-il parler de confrontation. Pendant très longtemps, les Russes s'étaient persuadés que leur sympathie pour les US était réciproque, ou qu'ils obtiendraient quelque chose en retour un jour ou l'autre. Seulement voilà, la page est tournée, leur regard s'est dessillé, et ils ont fini par réaliser que l'animosité américaine est implacable. "Ces Russes sont vraiment sourds si c'est seulement maintenant qu'ils se réveillent", vous dites-vous tout bas. Il suffit de lire les commentaires à l'article du New York Times au sujet de l'éxonération de Trump par Muelller pour découvrir que la haine de la Russie est au menu quotidien des élites américaines, tout autant que l'amour d'Israël. Voilà où on en est.

Mais les Russes avaient aussi une tradition d'opposition. Ils avaient eu des sentiments tendres pour la grande nation d'outremer à l'époque des tsars, puis des soviets, et encore plus dans les années post-soviétiques; Ils aimaient la bravoure américaine, ses hardis pionniers, ses fermiers, le jazz et Hollywood. Ils comparaient le cri de guerre "toujours plus à l'ouest, les gars" avec leur propre exploration de la Sibérie. Ils comparaient leurs cités poussant comme des champignons à Chicago. Khroutchev admirait leur maïs et appelait son peuple à concurrencer pacifiquement l'Amérique. Les classes cultivées et occidentalisées, ce qu'on appelle l'intelligentsia russe, étaient aux côtés des US pendant la guerre du Viet-Nam, et tout au long des guerres du Moyen Orient.

Cet amour de l'Amérique avait été si étroit qu'il n'y avait paratiquement pas de films russes ou soviétiques avec les Américains dans le rôle du méchant. C'est vrai, il n'y a pas d'équivalent des antagonistes de Rambo, ou d'Igor dans les films d'horreur classiques. Les Américains dans les films russes sont de braves garçons, à quelques exceptions près, dans des films de série B. "Nous ne faisons pas confiance à la Russie, jamais nous ne les croirons. Ils ne deviendront jamais nos amis... Nous allons leur botter les fesses à chaque occasion", ces paroles mémorables de Nikki Haley n'avaient pas de contre-partie russe, on ne connaissait pas ces sentiments.

Maintenant cela pourrait bien changer. Le dernier film d'action russe  The Balkan Line montrait un commando russe opérant en Bosnie et au Kossovo contre les alliés de l'OTAN, des islamistes trafiquants d'organes, tout à fait selon le schéma du thrilller turc La Vallée des Loups. Il est sorti pile pour l'anniversaire du bombardement de Belgrade, l'évènement traumatisant entre tous pour les Russes post-soviétiques. Lorsque Clinton avait ordonné le bombardement de la Serbie, l'alliée de la Russie et sa correligionnaire, malgré le plaidoyer russe et leur intercesion, les Russes avaient compris que leur changement de régime avait attiré les catastrophes sur leur tête. Le premier ministre Primakov apprit la décision de Clinton alors qu'il était en route pour Washington, et il ordonna au pilote de faire demi-tour au-dessus de l'Atlantique. Quelques mois plus tard, Poutine prenait la présidence de la Russie, et celle-ci prit un nouveau cap, plus affirmé, mais encore amical pour l'Amérique.

Cependant, les US persistaient à traiter la Russie comme un Etat vaincu, comme l'Irak après Saddam ou le Japon en 1945. C'en était trop. Les Russes pouvaient accepter dêtre traités comme des vassaux, mais des vassaux importants, méritant d'être écoutés et ménagés. Avec Le soutien US à  l'insurrection islamiste en Tchétchénie ou l'encouragement à l'agression géorgienne, le lien s'est brisé.

Jusqu'à une date récente, nous avions la version de Poutine sur ce qui n'allait pas, telle qu'offerte dans ses entretiens avec Oliver Stone. Maintenant nous disposons de la version américaine, et curieusement, elle n'est guère différente compte tenu de l'évolution du contexte. La version US des choses a été offerte par William J Burns, un diplomate américain vétéran, et ambassadeur à Moscou. Cela a été résumé comme suit par Vladimir Golstein de la Brown University:

1. La Russie était censée agir comme un partenaire junior obéissant aux US. "L'Amérique pensait que Moscou allait s'habituer à ce statut de partenaire junior, et s'accommoder de l'expansion de l'OTAN jusqu'à sa frontière avec l'Ukraine à contre-coeur. Hélas, la poussée du président Bill Clinton vers l'est avait renforcé le ressentiment russe". Quelle surprise!

2. La Rssie s'attendait à un quiproquo pour son soutien aux US après le 11 septembre, mais "Poutine a profondément mal interprété les intérêts et la politique ades Américains. L'administration Bush n'avait pas le moindre désir de négocier le moindre partenariat avec la Russie contre al-Qaida, elle ne voyait aucune raison pour ce faire. Elle n'était nullement tentée de faire des concessions à un un Etat sur le déclin", dont les offres furent ignorées.

3. Les Américains n'ont pas tenu compte des avertissements russes.L'ambassadeur raconte que Poutine lui disait de retenir le président géorgien téméraire de s'attaquer à ses clients russes, mais cette mise en garde avait été ignorée.

4. Le changement de régime en Libye "avait énervé Poutine,On disait qu'il était en train de regarder la vidéo macabre de la destitution du dirigeant libyen Mouamar Kadhafi capturé alors qu'il se cachait dans un tunnel de drainage et qu'il se faisait abattre par des rebelles soutenus par l'Occident, une fois de plus". Apparemment, c'est à ce moment que Poutine avait pris conscience enfin que  nul ne survivrait si la position russe ne s'affirmait pas. Après le Russiagate, l'inimitié entre les vieux adversaires a atteint des  niveaux inédits.

Non, Je ne regrette rien, et je ne regrette pas, en particulier, que les relations russo-américaines aillent de pire en pire. Le monde a besoin d'équilibre, et les Russes constituent un contre-poids à la main lourde de l'once Sam. Le pire moment, dans l'histoire récente, c'est vers 1990, quand la Russie avait pratiquement cessé d'exister en tant que facteur important de la politique internationale. C'est à ce moment que les US ont ravagé le Panama et l'Irak, bombardé Belgrade, créé al-Qaida, et démoli leur propre classe ouvrière. Si Maduro le chauffeur de bus enragé et basané avait essayé de dire non à Washington dans les années 1990, il aurait été enlevé, arrêté et traîné devant la justice pour viol sur mineur ou pour trafic de drogues, et coffré pour trente ans. Le président russe d'alors, Boris Eltsine, n'aurait même pas remarqué, entre deux cuites, que le Venezuela se retrouvait brutalement ramené à un statut colonial.

Heureusement, la Russie et les US n'en sont qu'aux altercations verbales, et les pays qui veulent échapper aux diktats impériaux ont le choix. Le Venezuela en fait partie. Le président Maduro a souligné que la visite des conseillers militaires russes avait été prévue de longue date. Même si techniquement cest vrai, la position de la Russie a bien évolué au cours du mois de mars.  Quand les US ont bloqué les comptes bacaires du Venezuela, Maduro a annoncé qu'ils les avaient transférés à la Gazprom Bank. Les Russes qui sont dans le pétrole se seraient bien passés de cette révélation. J'en ai parlé avec un pdg d'une compagnie pétrolière qui regrettait vivement les imprudentes paroles de Maduro. "Et voilà, maintenant c'est notre banque qui va se retrouver sous le feu des sanctions, et nous courons à la ruine", disait-il. Il ne pouvait pas tenir sa langue, Maduro? On aurait géré ses avoirs à bas bruit, sans que cela soit perçu comme une provocation pour les Américains." D'autres officeils importants à Moscou ont dit que de toute façon le Venezuela était fichu, et qu'il valait mieux s'occuper d'autre chose.

Mais la visite de la vice-présidente vénézuélienne doña Delcy Rodríguez à Moscou a changé la donne. Cette dame aussi élégante que dynamique est une oratrice excellente et convancainte. Elle a fait une apparition sensationnelle lors de la conférence de presse avec Serguéi Lavrov. En quelques mots choisis, elle a détricoté l'écheveau de mensonges qui étouffe son pays. Malgré les sanctions, le Venezuela vit mieux que ses voisins la Colombie, le Guatemala, le Honduras. Il héberge six millions de régugiés économiques et politiques en provenance de Colombie, et qui ne veulent pas rentrer chez eux. Ils préfèrent souffrir dans le Venezuela socialiste. Et tandis que des milliers de Centre-américains se fraient un passage vers le Rio Grande, les US devraient s'occuper d'eux et régler le problème au lieu d'être obsédés par le Venezuela. Cet exode en cours part des Etats clients les plus dociles envers Washington. Nous avons aussi entendu dire que les US ont détourné $31 milliards de dollars en avoirs vénézuéliens, et en ont refilé un (petit milliard) au  quidam embauché pour faire président à la place de Maduro, le petit Guaido.

Pendant quelques jours, la Russie a hésité. Ceux qui sont sur une ligne pro-américaine ont un pouvoir bien réel à Moscou, et ils appelaient à lâcher Caracas. Ils rappelaient aux gens un danger imminent et tout-à-fait certain: les US peuvent bloquer les avoirs russes en dollars et interdire toute transaction en dollars aux entreprises russes. Cette modalité de guerre a été expérimentée en Corée du nord et en Iran avec des effets dévastateurs.

 Les Russes s'attendent à ce genre de mesure; c'est pourquoi ils augmentent leurs réserves en or, et vendent leurs actions et obligations US. Ils sont prêts pour le moment attendu, mais ils préfèrereaient le retarder aussi longtemps que possible.

Et pourtant, malgré la menace, Poutine a décidé de soutenir le Venezuela de Maduro. C'est ainsi qu'un nouveau palier dans la guerre hybride a été franchi. Les Vénézuéliens ont déménagé le quartier général de leur compagnie pétrolière à Moscou, et la circonspecte Russie les a accueillis.

Aussitôt, les US ont répondu avec des attaques cybernétiques sur les centrales électriques, provoquant une panne très étendue. C'est probablement la première cyber-agression déployée sur les infrastructures de l'ennemi. La destruction des centrales iraniennes grâce au Stuxnet avait un rayon d'action limité, et n'interférait pas au niveau de l'économie générale du pays. Le réseau électrique du Venezuela avait fait l'objet d'une mise à jour récente, et d'une importante modernisation, par la grande firme internationale ABB. Une fois que tout a été rénové, la firme a fait savoir dans ses communiqués à la presse que désormais le Venezuela était doté de l'équipement le plus performant et pointu. D'où l'on peut déduire qu'un équipement dernier cri est aussi plus vulnérable aux cyber-atttaques.

 Chaque changement de régime organisé par Washington en Amérique latine a comporté une attaque sur l'approvisionnement en énergie (pensons par exemple au renversement d'Allende au Chili), mais jusqu'à  présent, l'adversaire devait mettre les mains dans le cambouis, physiquement, pour saboter les centrales électriques et les lignes à haute tension. Maintenant ils ont appris à le faire depuis l'étranger, depuis Miami. Les Vénézuéliens ont fait remarquer ue la première annonce de leur panne, c'est Marco Rubio qui l'avait proférée. "Marco Rubio a averti quelques heures avant la panne que les Vénézuéliens allaient subir le rationnement le plus strict en matière de combustible et de nourriture; ce faisant il révélait qu'il était bien au courant qu'un choc sévère allait se produire dans les prochaines heures". Le site Moon of Alabama accepte également l'explication par une cyber-attaque, tout en nuançant: un gros foirage, c'est quelque chose qui peut arriver, rappelle-t-il, et les US aussi ont connu des pannes comparables.

J'ai demandé à un expert russe en matière de guerre cybernétique son avis, et il m'a confirmé qu'une cyber-attaque sur les infrastructures est faisable. Il mettait cela en relation avec la bataille US contre le géant de la communication chinois Huawei; c'est le seul grand fournisseur qui ne fournit aucune espèce de porte dérobée "backdoor" accessible aux opérations d'espionnage de la NSA.

Les Russes ont décidé de donner un coup de main au Venezuela. Ils ont envoyé des experts en cybernétique, une mission militaire; ils achètent son pétrole au Venezuela et brisent le boycott américain contre le peuple bbolivarien. Ils aident aussi l'Iran à contourner les sanctions.

Les Russes n'ont pas de grosses ambitions. Ils ne cherchent pas à gouverner le monde, ni même à dominer leurs voisins. Ils ne veulent pas affronter l'empire. Si on les laissait tranquilles, ils se contenteraient d'avoir la paix. Mais si on les bouscule, et c'est ce qui se passe maintenant, ils vont répliquer. Du point de vue russe, même les politiciens américains les plus hostiles reculeront avant une collision apocalyptique. Et si ce n'était pas de cas, eh bien tant pis.

Joindre Israel Shamir adam@israelshamir.net

Source: The Unz Review.

Traduction: Maria Poumier

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