INFOBREF N°524

Mobilisation et lutte contre les guerres

Au Soudan, les militaires sonnent la charge contre la révolution

Par Célian Macé — 3 juin 2019 à 13:15 (mis à jour à 17:36)

Les militaires se sont déployés dans toute la capitale ce lundi. Photo Ashraf Shazly. AFP

Le sit-in des manifestants, devant le quartier général de l’armée, a été violemment attaqué et dispersé ce lundi matin à Khartoum. Des soldats sont déployés dans toute la capitale. Le bilan provisoire est de 13 morts.

Les maigres barricades élevées depuis le 6 avril ont été balayées en quelques minutes. A l’aube du dernier jour du ramadan, ce lundi, les soldats ont dispersé par la force le site occupé par les manifestants devant le quartier général de l’armée, à Khartoum. Dans la matinée, ce lieu devenu l’épicentre de la révolution qui a conduit à la chute du président Omar el-Béchir, où affluaient chaque soir de dizaines de milliers de Soudanais avides de changement, apparaissait désert sur les images diffusées sur les réseaux sociaux. Les tentes qui ont abrité pendant deux mois les discours, les concerts, les dessins, les débats, les repas, les rêves des révolutionnaires étaient en flamme.

L'attaque a fait au moins 13 morts et 116 blessés, selon un bilan provisoire du Comité central des médecins soudanais. L’assaut des militaires était coordonné : des barrages routiers ont été installés par l’armée, qui s’est déployée dans toute la capitale. Des activistes affirment qu’au même moment, les sit-in des villes de Damazin, Port-Soudan et Al-Qadarif étaient également dispersés. A Khartoum, des coups de feu résonnaient encore dans les rues en fin de matinée. L’aéroport a été fermé. Des arrestations, des flagellations, des bastonnades ont été filmées dans plusieurs quartiers.

Coup de poignard

La répression est d’abord l’œuvre des Rapid Support Forces (RSF), une unité composée à l’origine de miliciens arabes du Darfour, responsables de massacres à grande échelle, dont Omar el-Béchir avait fait sa garde prétorienne. Lourdement armés, ils ont pris le contrôle de tous les points stratégiques de la capitale ces derniers mois. Leur chef, le jeune Mohamed Hamdan Daglo, surnommé «Hemedti», est aujourd’hui le numéro 2 du Conseil militaire qui a renversé le dictateur.

Et sans doute l’homme le plus puissant du Soudan. Il avait promis à plusieurs reprises que ses hommes ne s’en prendraient pas aux manifestants. Mais ces dernières semaines, des RSF avaient ouvert le feu lors d’échauffourées aux abords de la zone du sit-in. Ce lundi, à la différence des premiers jours du mois d’avril, aucun soldat de l’armée régulière ne semble avoir pris la défense des révolutionnaires. «Nous n’avons pas dispersé le sit-in par la force, a osé un porte-parole du Conseil militaire, le général Shamseddine Kabbashi, à la chaîne de télévision Sky News Arabia, contre toute évidence. Les tentes sont là et les jeunes peuvent y circuler librement.» Une affirmation démentie par plusieurs témoins.

Depuis le 21 mai, les négociations entre l’armée et les forces de la Déclaration pour la liberté et le changement, une plateforme de groupes et de partis d’opposition, étaient suspendues. Avec cette offensive, les généraux viennent de donner un nouveau coup de poignard au processus de transition vers un pouvoir civil. L’Association des professionnels soudanais, fer de lance de la contestation, a annoncé rompre tout contact avec les militaires et appelle à «la grève et la désobéissance civile totale et indéfinie à compter d’aujourd’hui».

Célian Macé

 

lire aussi :Toute l’Afrique (et une bonne partie du monde) a les yeux fixés sur la révolution au Soudan

jeudi 16 mai 2019, par Robert Paris

Au Havre, la population rejette le chargement d’armes prévu au port

Polémique. Alors que le navire saoudien « Bahri Yanbu » n’avait toujours pas atteint hier les terminaux du Havre où il devait être chargé d’armes, une manifestation a eu lieu jeudi 9 mai 2019 sur le port, pour dénoncer cette livraison française à l’Arabie saoudite.

Emmanuel Macron a dit hier « assumer » la vente d’armes françaises à l’Arabie saoudite, assurant avoir la « garantie » qu’elles « n’étaient pas utilisées contre des civils » au Yémen, alors que de nombreuses associations et des élus veulent empêcher le chargement d’armes à bord d’un cargo saoudien, au Havre (notre édition d’hier).

Hier soir, le Bahri Yanbu, en provenance d’Angleterre, n’avait pas encore gagné le port du Havre, où il devait initialement accoster mercredi, et restait en rade. « Les conditions d’accueil techniques ne sont pas là. Il ne rentrera pas au port aujourd’hui », indiquait une source portuaire.

S’appuyant sur un article du Traité sur le commerce des armes qui proscrit les transferts d’armes en cas de risque d’utilisation contre des civils, l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) et Action sécurité éthique républicaines (ASER) ont déposé hier un recours en urgence au tribunal administratif de Paris, pour empêcher le départ du Havre du cargo, en direction finale de Djeddah (Arabie saoudite). Le recours devrait être examiné ce matin. « L’État français ne peut ignorer que ces armes peuvent servir à commettre des crimes de guerre au Yémen », a déclaré Joseph Breham, avocat de l’Acat, en référence à la guerre livrée au Yémen par l’Arabie saoudite et une coalition, face aux rebelles houtis, soutenus par l’Iran. Elle aurait fait plus de 60 000 morts depuis 2015. Plusieurs autres organisations comme Amnesty International ou l’Observatoire des armements sont vent debout contre ces livraisons à l’Arabie saoudite.

Des armes françaises chargées au Havre, direction l’Arabie saoudite

Faisant suite à leurs dénonciations, le député de la Seine-Maritime Jean-Paul Lecoq (PCF) s’était adressé à la ministre des Armées, mardi à l’Assemblée. « Non, vous ne pouvez pas garantir aux Français que les armes fabriquées dans notre pays ne sont pas utilisées pour ces horreurs », dont peuvent être victimes des civils, a-t-il lancé. Il n’a pas obtenu de réponse.

« L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont des alliés de la France. Et ce sont des alliés dans la lutte contre le terrorisme. Nous l’assumons totalement, a affirmé Emmanuel Macron. Il y a un comité qui gère ces exports, sous l’autorité du Premier ministre [...] où nous demandons la garantie que ces armes ne puissent pas être utilisées contre des civils ».

S’il n’a pas précisé la nature des armes à charger au Havre, le site d’investigation Disclose a avancé qu’il s’agirait de « huit canons de type Caesar ».

Hier, à 18 heures, s’est tenue une manifestation contre ce chargement d’armes, à l’appel du Mouvement de la paix et de la Ligue des droits de l’Homme, sur un terre-plein du port du Havre, à quelques centaines de mètres du quai de l’Europe. Là où le Bahri Yanbu devait accoster. Parmi quelque 140 personnes, de nombreuses organisations, élus et étudiants, étaient présentes. « Nous demandons à la France d’abandonner ces transferts d’armes », a clamé Marie-Claire Jegaden, présidente du comité du Havre du Mouvement de la paix. « L’urgence, c’est que ces armes ne soient pas livrées », a répété Jean-Paul Lecoq, qui réclame plus de pouvoir au parlement sur la question des ventes d’armes.

Guerre au Yémen: les dockers de Marseille-Fos «ne chargeront aucune arme »

Suite aux révélations de Disclose concernant l’imminente livraison par cargo d’armes françaises à l’Arabie Saoudite dans le but de poursuivre la guerre au Yémen, les dockers de Marseille-Fos s’engagent dans un communiqué à ne charger « aucune arme, aucune munition pour quelle guerre que ce soit ». Une prise de position inspirante pour lutter contre les politiques impérialistes discrètement menées par l’État français à l’étranger.

Gabriella Manouchki

mercredi 29 mai 2019

photo : Disclose

La politique impérialiste opaque de la France au Yémen

En avril dernier, alors que le gouvernement affirmait encore qu’aucune arme française n’était utilisée dans la guerre au Yémen, le média indépendant Disclose avait révélé au contraire que des armes françaises allaient être livrées à l’Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis dans le cadre de ce conflit. Ces deux États, historiquement soutenus par la France et par les États-Unis, sont alliés au sein d’une coalition militaire contre les rebelles soutenus par l’Iran dans la guerre au Yémen, guerre qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts et ravagé le pays depuis 2015. On peut souligner ici que ces révélations avaient valu à trois journalistes de ce nouveau journal d’investigation d’être convoqués à la DGSI. D’après Disclose, dont les révélations s’appuient sur une fuite de documents confidentiels, la France aurait signé, en décembre 2018, dans la plus grande discrétion, un nouveau contrat d’exportation d’armes, fabriquées par l’entreprise française Nexter, avec l’Arabie Saoudite. Parmi ces armes, on trouve notamment le canon Caesar, suspecté de faire feu sur des zones habitées par des centaines de milliers de civils au Yémen. « Pas moins de 129 canons caesar devraient être expédiés vers le royaume saoudien d’ici à 2023 », selon Disclose.

Des révélations qui ont de quoi embarrasser le gouvernement au moment où, d’après l’ONU, le Yémen fait face à « l’une des plus graves crises humanitaires au monde ». En effet, 28 millions de Yéménites vivent toujours sous les bombardements et plus de 8 300 civils ont perdu la vie au cours des seules frappes aériennes de la coalition, dont 1 283 enfants d’après un recensement du Yemen data project. Dans un communiqué, le cabinet du premier ministre se contente alors de répondre que « la France est un partenaire responsable et fiable » et « entretient un dialogue constant avec ces partenaires pour répondre à leurs besoins de défense », affirmant en guise de justification du contrat de vente d’armes que « les armes françaises dont disposent les membres de la coalition sont placées pour l’essentiel en position défensive ». Pour la ministre des armées Florence Parly, il n’y a « pas de preuves » que les armes françaises tuent des civils au Yémen.


https://youtu.be/BKUi1HmaJL0

Le rôle des dockers contre la livraison d’armes

Étant donnée la position floue volontairement maintenue par le gouvernement quant à la vente d’armes françaises aux États qui font la guerre au Yémen, les syndicats de dockers alliés à un certain nombre d’associations et d’organisations politiques ne peuvent que se montrer vigilants vis-à-vis du chargement de cargos à destination de l’Arabie Saoudite.

Le 8 mai dernier, un rassemblement d’une centaine de personnes sur le port du Havre avait permis d’empêcher un cargo saoudien d’accoster et, de ce fait, de bloquer la livraison d’armes en Arabie Saoudite. Dès le lendemain, cette politique impérialiste dès lors révélée au grand jour était en toute impunité « assumée » par Macron au nom, bien sûr, de la "sacro-sainte" lutte contre le terrorisme.

Le lundi 27 mai, Disclose révèle qu’un nouveau chargement d’armes, plus précisément de munitions destinées à l’usage des canons Caesar, devrait avoir lieu le lendemain à Marseille. Plusieurs représentants politiques et associations régissent à cette annonce, à l’image d’Amnesty International appelant à bloquer le départ de ce « bateau de la honte ». Le syndicat CGT des dockers du Golfe de Fos publie alors un communiqué dans lequel il s’engage à ne charger aucune arme. Les dockers affirment : « Fidèles à notre histoire et nos valeurs de paix, votre syndicat combat toutes les guerres du globe, nous nous battons contre l’impérialisme, contre la déstabilisation de certains pays, contre le pillage des ressources premières, contre toutes ces guerres géopolitiques ». Contacté par téléphone, le secrétaire général CGT des dockers de Fos Laurent Pastor confirme : « Nous n’embarquerons jamais d’armes destinées à tuer des civils ». D’après lui, le syndicat fera toutes les vérifications possibles : « Nous avons demandé au consignataire et au fournisseur, des documents officiels qui attestent que nous chargerons du matériel civil, destiné aux civils, et en aucun cas du matériel militaire ».

Finalement, les munitions à destination de l’Arabie saoudite ne seront pas chargées au port de Marseille-Fos ce mardi 28 mai. D’après Disclose dans un dernier communiqué publié sur Facebook, les munitions ont été redirigées vers une destination inconnue, « du matériel uniquement civil sera donc embarqué demain matin ».

Le jour-même, la ministre des armées interpellée à l’Assemblée Nationale déclare que des vérifications sont en cours et qu’il n’y aurait rien d’étonnant à ce qu’elles confirment la livraison d’armes française à l’Arabie Saoudite étant donné le « partenariat » qui lie les deux pays. Que le gouvernement l’assume à demi-mots ou non, la France se rend complice des crimes de guerre perpétrés par l’Arabie Saoudite au Yémen en lui livrant des armes. Il s’agit là d’une politique impérialiste inscrite dans une longue tradition française tachée de sang pour le contrôle des ressources au Moyen-Orient, qui ne saurait être justifiée par l’argument dogmatique et stérile de la « lutte contre le terrorisme ». On ne peut alors que saluer le travail d’investigation de Disclose ainsi que la prise de position des dockers contre l’impérialisme. La force de frappe anti-guerre donne une idée de la capacité qu’aurait la classe ouvrière, si le mouvement s’étendait à une plus large échelle, sinon d’imposer la paix, mettre une véritable épine dans le pied aux marchandes de canons et aux désastres humanitaires qu’elle génère.

Fonds retraite: le casse du siècle

A partir du moment, où les gestionnaires du capitalisme mondial1 considèrent que d' ici 2050 le déficit des cotisations retraite dans le monde atteindra les 400.000 milliards de dollars, il n' est plus étonnant que les retraités deviennent la cible privilégiée de l' ordre capitaliste mondial.

En effet, 400 000 milliards, c' est 20 fois le PIB des Etats-Unis, rien que pour les Etats-Unis les engagements en matière de retraite se montent à 137.000 milliards de dollars, soit sept fois le PIB de la première économie mondiale. Ensuite vient la Chine, dont le déficit atteindra 119.000 milliards de dollars, soit 10 fois son PIB, puis l' Inde (85,000 milliards de dollars) le Royaume Uni (33.000 milliards de dollars) et le Japon (26,000 milliards de dollars)

 (1) D'après les experts du Forum économique mondial (FEM)

Macron autorise le placement boursier de 200 milliards d'euros d'épargne retraite

 

LOI n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises

article 20

L’épargne retraite représente plus de 200 Mds€ d’encours majoritairement investis dans des actifs peu adaptés à l’investissement de long terme (dette souveraine et dette de grandes entreprises). Leurs faibles rendements exposent les épargnants à l’érosion de leur capital du fait de l’inflation et des frais de gestion. La généralisation de la gestion pilotée de ces encours, comme option par défaut, permettra d’orienter cette épargne vers l’économie productive pour offrir de meilleurs rendements aux futurs retraités. La gestion pilotée est une stratégie d’investissement qui tient compte de l’horizon de placement de l’épargnant. Lorsque le départ en retraite est lointain, l’épargne est fortement investie en actions, puis progressivement investie dans des supports garantis (fonds en euros et fonds eurocroissance des entreprises d’assurance) ou des supports obligataires ou monétaires. Cette modalité de gestion a été introduite pour les plans d’épargne retraite pour la retraite collective (PERCO) par la loi n° 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques. Il est proposé d’en faire la modalité de gestion par défaut de la retraite supplémentaire à la lumière de cette expérience positive.

 En deuxième lieu, il convient de développer l’épargne retraite en améliorant son attractivité, notamment dans un contexte de mobilité professionnelle accrue.

 Tout d’abord, la réforme permettra de simplifier l’univers de l’épargne retraite supplémentaire pour le rendre plus compréhensible et parfaitement portable quels que soient les parcours professionnels. Actuellement, un épargnant qui bénéficie d’un PERCO ne peut transférer ses encours lorsqu’il est, par exemple, recruté dans une entreprise ayant mis en place un dispositif de type « article 83 » ou qu’il se met à son compte (Madelin). Alors que les carrières professionnelles sont désormais moins linéaires, la perspective de devoir cumuler plusieurs produits non transférables est un frein important à leur commercialisation (faible lisibilité des droits, cumul des frais, charge administrative). Or, ces produits ne seront pas transférables entre eux tant qu’ils répondront à des règles différentes. Pour garantir aux épargnants qu’ils ne seront jamais contraints de cumuler plusieurs produits de retraite supplémentaire, ces produits doivent donc obéir à un corpus de règles uniques permettant l’éventuelle transférabilité des encours, sans qu’un tel transfert n’entraine de conséquence sur le dénouement normal du contrat (délivrance d’un capital ou achat d’une rente viagère, selon l’origine des sommes et les choix des épargnants). Cette harmonisation inclura également le traitement fiscal des différents dispositifs, notamment pour généraliser à l’ensemble des produits la possibilité de déduire de l’assiette de l’impôt sur le revenu, jusqu’à certains plafonds, les versements volontaires des épargnants. A cet égard, les mesures relatives au régime fiscal et au traitement social des produits seront prises respectivement dans le projet de loi de finances et dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale.

 Ensuite, assouplir les conditions de sortie de ces produits au moment de la retraite permettra d’accroître leur attractivité auprès des épargnants en leur ouvrant davantage le choix sur le mode de sortie. Aujourd’hui, sur 130 Mds€ d’engagements de retraite concernés par la réforme, 115 Mds€ - détenus par 8,5 millions d’épargnants (article 83, Madelin, plans d’épargne retraite populaire dits PERP)- sont liquidés essentiellement en rente et 15 Mds€ – détenus par 2,2 millions de porteurs (PERCO) – se débouclent essentiellement en capital. Après la réforme, les conditions de sortie de ces produits seront alignées afin de lever les obstacles à leur transférabilité et d’accroître fortement les possibilités pour les épargnants de libérer leur épargne sous la forme d’un capital, plutôt que sous forme de rente, s’ils le souhaitent. Cet alignement sera un facteur d’attractivité très important pour les 8,5 millions de bénéficiaires de produits de retraite assurantiels. Il ne durcira pas les conditions de sortie pour les 2,2 millions de porteurs de PERCO.

 Dans cette perspective, la réforme permettra de liquider son produit d’épargne retraite :

 – par l’acquisition d’une rente viagère pour les sommes issues de versements obligatoires des épargnants ou de leur employeur ;

 – au choix de l’épargnant, par le versement d’un capital, par l’acquisition d’une rente viagère, ou pour partie en capital et par l’acquisition d’une rente viagère pour les sommes issues d’autres versements (versements volontaires et versements issus de l’épargne salariale).

 Les conditions de sortie par anticipation des différents produits feront également l’objet d’une harmonisation. Il sera notamment possible de racheter ou de liquider les droits en cours d’acquisition, à l’exception de ceux correspondant aux sommes issues de versements obligatoires des épargnants et des employeurs, pour les affecter à l’achat de la résidence principale. Le projet de loi de finances prévoira que la fiscalité des sorties par anticipation pour ce motif sera alignée sur le régime fiscal prévu en cas de dénouement normal du plan postérieurement à la date de départ en retraite, contrairement aux autres cas de déblocage anticipé qui sont indépendants de la volonté de l’épargnant (décès, invalidité, surendettement, expiration des droits à l’assurance chômage, cessation d’activité non salariée à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire). Par ailleurs, un traitement fiscal plus favorable sera maintenu en cas d’acquisition d’une rente viagère, dénouement permettant à l’épargnant de se prémunir contre les risques liés au grand âge en bloquant de nouveau son épargne.

 En troisième lieu, la réforme a pour objectif de protéger les français qui épargnent en vue de la retraite. A l’exception notamment des PERP, les engagements de retraite gérés par les entreprises d’assurance font rarement l’objet d’une comptabilité auxiliaire d’affectation, c’est-à-dire qu’ils ne sont généralement pas obligatoirement isolés dans un canton comptable dans leur bilan. Il est proposé de généraliser l’obligation de cantonner ces engagements afin de préserver les droits des assurés en cas de défaillance de l’entreprise d’assurance. Il s’agit également de garantir une distribution équitable de la valeur : le cantonnement contraint l’entreprise d’assurance à redistribuer le résultat technique et financier au sein du canton.

 Enfin, il convient de stimuler la concurrence sur le segment de la retraite supplémentaire pour les épargnants en permettant notamment aux entreprises d’assurance, aux mutuelles ou unions, aux institutions de prévoyance et aux sociétés de gestion d’actifs en partenariat avec les organismes d’assurance précités de proposer des produits d’épargne retraite individuels et des produits souscrits dans le cadre de l’entreprise.

 Pour décliner juridiquement ces quatre enjeux, le I du présent article introduit, dans la partie du code monétaire et financier dédiée aux produits d’épargne, un chapitre consacré au plan d’épargne retraite, afin de préciser la définition et les règles communes applicables aux produits. Le II modifie l'article L. 137-16 du code de la sécurité sociale afin de généraliser le taux de forfait social réduit (16 % au lieu de 20 %) que la loi Macron avait introduit pour l'épargne salariale versée dans un PERCO dont les fonds sont investis à hauteur de 7 % minimum en titres de petites et moyennes entreprises et d'entreprises de taille intermédiaire. Il s’agit de tirer les conséquences de la réforme de l’épargne retraite en appliquant ce taux de forfait social réduit aux sommes versées par l’employeur qui sont affectées à tout plan d’épargne retraite d’entreprise prévoyant que l’encours en gestion pilotée est investi par défaut, c’est-à-dire en l’absence de choix différent de l’épargnant, à hauteur de 10 % en titres éligibles au PEA-PME. Un décret précisera les conditions de sécurisation progressive de cette épargne, ce ratio n’ayant pas vocation à s’appliquer de manière uniforme selon que l’épargnant est proche ou non du départ à la retraite.

 Ce premier volet de la réforme sera complété par d’autres mesures faisant l’objet d’une habilitation à procéder par ordonnance, afin notamment :

 – de déterminer les règles spécifiques aux produits proposés dans le cadre de l’entreprise, en distinguant un produit de retraite ayant vocation à bénéficier à l’ensemble des salariés de l’entreprise et un produit de retraite pouvant ne couvrir qu'une ou plusieurs catégories objectives de salariés ;

 

de déterminer les règles relatives aux produits individuels, notamment en matière de gouvernance, ainsi qu’un socle de règles communes matière d’obligation de conseil et d’information ;

 

  • de prendre toutes les mesures nécessaires pour que les nouvelles règles communes s’appliquent aux produits existants (contrats PERP, article 83, Madelin, PERCO et autres régimes d’épargne retraite supplémentaire).

L’article 21 La baisse des taux a progressivement réduit les rendements offerts aux assurés sur les contrats en fonds euros, qui représentent 80 % de l’encours total de 1 700 Md€ en assurance-vie (rendement moyen proche de 1,8 % fin 2017, soit un taux net de 1,5 % après prélèvements sociaux).

https://www.legifrance.gouv.fr/affichLoiPreparation.do%3Bjsessionid=15AED59E5E0872F5FE6FC560C3955591.tplgfr38s_

3?idDocument=JORFDOLE000037080861&type=expose&typeLoi=proj&legislature=15


https://www.legifrance.gouv.fr/affichLoiPreparation.do;jsessionid=CBE284319DA7F380075861B25931AC7D.tplgfr38s_

3?idDocument=JORFDOLE000037080861&type=general&typeLoi=proj&legislature=15

 

100 000 retraités anglais , agents territoriaux, dépouillés

par leur fonds de pension

 

8/06/2019 -Le fonds de revenu d'actions Woodford détient l'épargne-retraite et les investissements de
dizaines de milliers de personnes. Mais les résultats ont été si mauvais que les investisseurs ont retiré de
l’argent au taux de 10 millions de livres sterling par jour.
chute de 34% au cours des deux dernières années
Les administrateurs du fonds de pension de Kent, qui tentaient de limiter les pertes de Woodford pour 
ses 110 000 membres, ont décidé de se retirer lorsqu'il est apparu à la fin du mois dernier que le fonds
phare s'était contracté de 560 à 3,77 milliards de £ en seulement quatre semaines. À son apogée, le fonds
valait plus de 10 milliards de livres sterling.
La suspension de son fonds prestigieux a suscité la colère des investisseurs et a évoqué une enquête
officielle de la FCA. Le ramasseur d’équations conduisant Porsche doit absolument changer de cap.
Il était, disait la BBC en 2015, "l’homme qui ne peut pas arrêter de gagner de l’argent".
Il était la rock star des pensions et de la gestion de fonds, récompensé par un CBE pour ses services
à l'économie. Mais maintenant, depuis que Neil Woodford a empêché les investisseurs de retirer leur
propre argent de son fonds phare, il est sous les projecteurs pour toutes les mauvaises raisons ...
La semaine dernière, après 23 mois consécutifs au cours desquels les retraits du fonds avaient été
supérieurs aux nouveaux fonds, Woodford a constaté qu’il ne pouvait pas réaliser assez rapidement
de liquidités pour répondre aux demandes de retraits, du moins à un prix raisonnable. Il a fermé
le fonds aux retraits, laissant des légions d'investisseurs en colère et dans les limbes pendant 28 jours.
"La paille finale était la demande du fonds de pension du conseil de comté de Kent de retirer
sa participation de 263 millions de livres. Les administrateurs du fonds de pension de Kent - qui essayaient
de réduire les pertes que Woodford avait accumulées pour ses 110 000 membres - ont décidé de se retirer
a révélé à la fin du mois dernier que le fonds phare avait diminué de 560 millions de livres,
soit 3,77 milliards de dollars en seulement quatre semaines. À son apogée, le fonds valait plus
de 10 milliards de livres. "
https://www.theguardian.com/business/2019/jun/08/neil-woodford-fund-manager-rise-and-fall-
investors-bright-star-black-hole
Depuis deux ou trois jours, Woodford a posté une vidéo sur Youtube pour s'excuser de ne pouvoir
rendre l'argent aux clients

La destruction de l'hôpital public ne sert que des intérêts privés ...

 www.matierevolution.fr/spip.php?article5317

11 avr. 2019 - Urgences de Saint Antoine en grève C'est en s'organisant par eux-mêmes que les personnels des Urgences de l'hôpital Saint Antoine ont …



Urgence pour les services d’urgence !
Solidarité avec les personnels hospitaliers !

Depuis mars dernier, suite aux premiers mouvements de grève dans les hôpitaux parisiens, le mouvement de grogne des personnels soignants des services d'urgences s'étend avec 95 services en grève ce mardi 11 juin.

Quatre syndicats avaient appelé fin mai à cette journée de mobilisation et de grève nationale, pour développer le rapport de force face à la ministre de la Santé, avec à leurs côtés le collectif Inter-Urgences.

Comme le dit Patrick Pelloux, président de l'association des médecins urgentistes, en réponse aux déclarations de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn : "On ne lui demande pas d'inventer les choses mais déjà de rendre plus attractif le monde hospitalier." Agnès Buzyn a annoncé la mise en place d’une mission et d’un rapport. Mais les urgences n’ont pas besoin d’un énième rapport !

Cette situation est une "vraie crise" liée autant à un "vrai burn out qu’à un ras-le-bol" et "une vraie difficulté sur l'attrait pour venir travailler dans les hôpitaux".

Un système à bout de souffle

Les personnels ont peur de voir des gens mourir par manque de soin. Pour l'urgentiste Christophe Prudhomme, de la CGT-Santé, c'est une certitude et met en garde : « Cet été, il y aura des morts ».

Face aux non-réponses du gouvernement et à sa volonté de ne pas négocier, le mouvement de grève s’est intensifié avec le développement des arrêts de travail pour échapper aux assignations comme à Lons-le-Saunier et à Paris (à Saint-Antoine et Lariboisière), poussant les autorités sanitaires à recourir aux réquisitions, via les forces de police dans certains cas sur ordre du préfet.

La crise est bien là. La fréquentation des urgences a doublé en vingt ans, pour passer de 10 millions à 21 millions de passages par an. Dans le même temps les structures d'urgence ont diminué et leurs moyens en effectif n’ont pas augmenté. Comment « faire mieux avec moins » fut la ritournelle des gouvernements depuis plus de 20 ans !

Un hôpital est un tout. Une fois aux urgences, il faut trouver un lit d’aval si une hospitalisation est nécessaire dans un service. Cela est de plus en plus difficile, car tous les hôpitaux sont soumis à des plans de retour à l'équilibre financier avec comme conséquence la fermeture de lits et de services.

Choisir un service public de santé performant, rejeter l’appel au privé

En réponse à cette grave crise du service public hospitalier, certains, comme le chirurgien Guy Vallancien, membre de l'Académie nationale de Médecine, invité de Radio Classique le 11 juin, préconisent de créer plus de services d'urgences privés en France ! Tout est dit !

Il faut répondre dès maintenant aux revendications des soignants sur les salaires et les effectifs et construire une alternative à plus long terme face à la dégradation de l’hôpital public. Ceci nécessite de tout redéfinir : ce qu’est la médecine libérale, ce que doit couvrir les service public de santé et le type de coopération dans la prise en charge de la permanence des soins.

1-D'après les experts du Forum économique mondial (FEM)