INFOBREF N°527

A CHAQUE MANIFESTATION LE POUVOIR EBORGNE

« Toute sa vie est foutue en l’air », Soufiane perd un œil suite à un tir de LBD le soir de la finale de la CAN

A Lyon Soufiane, un jeune supporter de 20 ans venu fêter la victoire de l'Algérie, a perdu un œil par suite d’un tir de LBD à la tête. Le gouvernement avait annoncé le déploiement d'un dispositif sécuritaire exceptionnel pour le soir de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations ce vendredi 19 juillet. Tandis qu'à Paris le dispositif comptait 2500 policiers, 600 se trouvaient à Lyon.

Mones Chaieb

Soufiane, 20 ans, a perdu son œil suite à un tir de LBD.

Pendant qu’à Paris les supporters venus fêter la victoire de l’équipe algérienne sur l’avenue des Champs-Elysées se retrouvaient sous une pluie de gaz lacrymogène, à Lyon c’est Soufiane, un jeune travailleur de 20 ans venu célébrer la victoire des fennecs qui a perdu son œil suite à un tir de LBD à la tête normalement interdit, au moment où il regagnait sa voiture en fin de soirée pour rentrer chez lui.

 Toute sa vie est foutue en l’air », explique l’oncle de Soufiane au micro de France 3. Le cousin de Soufiane continue au micro de France 3 : « on marchait dans une direction et les CRS venaient vers nous. Ils ont commencé à tirer, mon cousin a pris un projectile dans l’œil. J’ai essayé de le récupérer, et là les CRS sont arrivés et ont gazé tout le monde ».

Le parcours de l’équipe d’Algérie en finale de la Coupe d’Afrique des Nations a été marqué en France par un déchaînement médiatique et sécuritaire raciste contre les supporters algériens. Déjà le soir de la demi-finale une fake news – démentie depuis – avait été reprise par tous les grands médias qui accusaient un supporter algérien d’avoir causé un accident de la route mortel pour une mère de famille. Puis quelques heures avant le début de la finale qui opposait l’Algérie au Sénégal ce vendredi, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner menaçait en annonçant le déploiement d’un dispositif sécuritaire exceptionnel.

Cette mutilation par les forces de répression s’inscrit dans la continuité de l’entreprise de banalisation des violences policières par le gouvernement tout au long du mouvement des Gilets jaunes. Ces techniques brutales de répression employées massivement au cours des six derniers mois pour étouffer la contestation sociale sont maintenant réutilisées contre les supporters algériens. Et pour cause, la victoire de l’équipe nationale d’Algérie a déclenché des scènes de liesse et un regain de fierté du peuple algérien, dans un contexte politique marqué par la normalisation des actes et propos racistes en France, ainsi que par un gigantesque mouvement populaire en Algérie contre le régime vendu à l’impérialiste en particulier français.

Toulouse, acte 36. Banlieues et Gilets jaunes contre la répression !

Samedi pour l'acte 36, les gilets jaunes et le collectif Justice et vérité pour Adama, appellent à sortir dans les quartiers populaires pour porter la mémoire de ceux que la police tue et mutile. De Paris à Toulouse, le mot d'ordre est commun : ripostons à l’autoritarisme !

Rafael Cherfy

Trois ans après la mort d’Adama Traoré, la marche en sa mémoire se fera aux cotés des gilets jaunes avec pour point de rendez-vous Beaumont-Sur-Oise. Elle se fera donc au nom de toutes les victimes de violences policières. L’énorme répression connue par le mouvement des gilets jaunes, s’abat depuis des décennies sur les habitants des quartiers populaires. Le lien est directement fait dans l’appel à la manifestation :

« Ce combat, c’est aussi le combat pour Ali, Lamine, Wissam, Amine, Gaye, Angelo, Babacar, et des dizaines de personnes tuées par la police au cours des dernières décennies, dans le silence et le mépris. Cibles de la violence d’État parce qu’elles sont racisé-e-s, parce qu’elles sont banlieusardes. Et c’est aussi le combat pour Zineb, Rémi, Malik, Vital et toutes les personnes tuées, mutilées, blessées par la répression féroce des manifestations. Après 7 mois de mobilisation gilets jaunes, nous comptons plus de 2500 blessés, 24 personnes éborgnées, 5 mains arrachées, le meurtre de Zineb Redouane, plus de 10.000 gardes à vues, 2000 condamnations, 390 incarcérations... Au cours des dernières décennies, seules les révoltes des banlieues en 2005 ont été plus réprimées ».

A Toulouse aussi les gilets jaunes appellent à manifester au départ de la Reynerie. Le rendez vous est fixé à 14 h place André Abbal et s’inscrit dans un travail de longue haleine de la part des gilets jaunes toulousains. Depuis de nombreux samedi, ils occupaient ponctuellement un rond-point au cœur du quartier du Mirail, en mettant en avant le mot d’ordre de convergence.

Aussi, dès l’acte 3 le collectif Adama était venu rejoindre les manifestations sur les Champs Élysées, au sein du pôle Saint-Lazare. Pour l’acte 30 les gilets jaunes s’étaient déjà donnés rendez-vous à Saint-Denis pour mobiliser les banlieues. Mais ce samedi s’annonce particulier. La marche pour Adama en lien avec les gilets jaunes sera l’occasion d’envoyer un symbole fort, en jonction entre une famille qui lutte avec courage depuis 3 ans contre un Etat policier raciste et ses manœuvres (au risque de voir des frères emprisonnés) et un mouvement historique dans l’histoire des luttes en France qui a dû faire face à la férocité de cet État et de ses chiens de garde.

Courant Alternatif 292 été 2019

Mobilisations au Pays Basque en août contre le G7 et son monde mortifère

jeudi 1er août 2019, par OCL Reims

Voici le dernier volet (1) de présentation de l’anti-G7, qui se déroulera du 21 au 25 août, alors que le sommet des 7 puissances économiques mondiales (2) battra son plein du 24 au 26 août dans la station balnéaire de Biarritz, bunkérisée pour ce raout.
Sûr que des anti-capitalistes et anti-autoritaires viendront massivement appuyer les forces locales qui, ici, s’organisent au mieux pour dénoncer ce sommet, voire tenter de le perturber.

EXTRAIT

Des VIP sous haute protection
Pour protéger le sommet dont il assure la présidence, le gouvernement français aura recours à tout l’arsenal policier et judiciaire qu’il utilise pour mater la contestation sociale : un déploiement policier, "inédit, extrêmement lourd" qui sera à la mesure de "la menace" (Macron à Biarritz, le 17 mai). Ce sera un état de siège brutal, destiné à protéger les plus riches de la planète.
Pouvoir sera donné aux forces de l’ordre d’"appréhender au plus tôt ceux qui s’apprêtent parfois à commettre le pire, grâce aux renseignements qui [leur] seront donnés et aux moyens qui seront mobilisés", et ceci jusqu’aux frontières de l’hexagone avec l’aide des polices européennes. Pour rappel, 15 000 flics (dont des policiers étrangers) et militaires, 450 sapeurs-pompiers seront mobilisés à Biarritz et dans les environs. Justice et pouvoir exécutif font cause commune : le tribunal de Bayonne se prépare à accueillir un renfort de magistrats pour gérer les comparutions immédiates. Des avocats viendront en nombre pour assister des manifestants.es interpellés : ils seront de 50 à 70 avocats de permanence, contre 8 en temps ordinaire (3).

A la maintenance du matériel, la souffrance en silence

Alors que la réforme ferroviaire se met petit à petit en place, du côté du matériel la situation se dégrade fortement. Dans le cadre de la campagne pour le service public Révolution Permanente fait aujourd’hui le focus sur les métiers de la maintenance du matériel ferroviaire.

Correspondant-e cheminot-e

jeudi 1er août

Généralisation du travail de nuit, management agressif, aliénation des travailleurs due à la simplification des tâches : du côté de la maintenance la situation se dégrade fortement. Pourtant ce secteur, concerné au même titre que les agents travaillant dans l’infrastructure, est complètement invisibilisé alors que la situation y est plus qu’inquiétante. En proie au sous-effectif et à la faiblesse des moyens qui leur sont donnés, les agents effectuant la maintenance du matériel roulant sont fortement confrontés à la souffrance au travail.

Généraliser le travail de nuit, détruire le métier et faire grimper la rentabilité

La première chose que l’on peut retenir, même avant la réforme ferroviaire, c’est que la plupart des technicentres de maintenance tournent en sous-effectif depuis des années, la SNCF ayant eu pour politique de ne pas remplacer les agents qui partent en retraite ou en mutation.
Depuis la réforme c’est la chasse à la rentabilité qui est menée sur tout et n’importe quoi. Les trains roulant le jour, augmenter la charge de travail la nuit est devenue la nouvelle « norme », notamment avec les trains low-cost comme le Ouigo. L’entreprise tend ainsi à généraliser le travail de nuit en réduisant la charge de travail la journée, tout en explosant les amplitudes horaires sur les repos avec des astreintes le week-end, certains agents enchaînant 2 semaines de travail sans aucun jour de repos.
Mais d’autres paramètres sont aussi à prendre en compte, comme la dégradation du métier d’agent de maintenance. L’injonction à la polyvalence se répand et avec elle la dégradation de la qualité du travail effectué. Par exemple, un électricien doit être capable de faire de la mécanique et inversement, ce qui représente de véritables dégradations de conditions de travail et un mal être, avec l’impression de toujours mal faire son travail.
Les nouvelles technologies jouent aussi un rôle néfaste car les agents sont souvent en manque de formation, notamment sur les nouvelles rames qui comportent énormément d’électronique. Si ces nouveaux trains sont aussi conçus pour ne pas tomber en panne et recevoir moins de maintenance, cela conduit donne lieu à des problèmes lorsque ce type de matériel tombe en panne. Le plan de transport est perturbé, et les gestionnaires de rames doivent trouver des rames rapidement au risque que le train soit supprimé.
Il existe deux types de maintenance pour les rames, la maintenance « corrective » et la maintenance « préventive », cette dernière ayant des coûts relativement élevés la SNCF a décidé de s’en passer en équipant les trains de capteurs qui alerteront dès qu’il faut remplacer la pièce défectueuse, mais aussi en développant de nouvelles technologies qui conduisent à des suppression d’emplois sans améliorer les conditions de travail de la majorité.
Si la direction de la SNCF est responsable de toutes ces dégradations, il ne faut pas oublier les responsabilités des régions qui gèrent la maintenance du matériel roulant régional et départemental et qui donc dégradent le service ferroviaire ainsi que les conditions de travail des cheminots. Lire dans le journal « les déclarations d’engagement » de Valérie Pécresse ou d’Hervé Morin pour un transport de qualité fait grincer des dents alors qu’ils exercent une lourde pression politique sur les établissements de maintenance, en faisant la chasse aux coûts !

Un management agressif, intrusif et anxiogène

Comme dans toute l’entreprise, les méthodes de management sont devenues bien plus agressives avec notamment la mise en place des petits collectifs, avec un dirigeant de proximité (DPX) à la tête d’une équipe d’une dizaine de personnes, toujours sur le dos des agents. Un management agressif par des supérieurs hiérarchiques sortis d’école armés de leurs objectifs à remplir (suppressions de poste, réorganisations) afin de gonfler leur prime de fin d’année.
D’être soumis à des points 5 minutes (mini réunions avec un manager sur la situation) ou ces chefs vous font culpabiliser de la situation avec leurs camemberts, ou vous parlent de challenges SST (ne pas faire d’accident de travail en échange de croissants ou de pizza), mais il y a aussi une volonté consciente de créer des conflits dans les équipes pour les diviser afin d’éviter une trop grosse résistance et ainsi mieux asseoir sa domination. Pour cela, déplacer des agents d’équipe est monnaie courante.
Mais pour diviser il faut aussi créer des inégalités conscientes, comme par exemple sur certaines primes en donnant des montant différents aux agents, ou sur le déroulé de carrière favorisant souvent uniquement un agent sur deux même lorsqu’ils ont exactement la même ancienneté, laissant le deuxième sur le carreau. Certains dépassent même leur droit en « fichant » des agents, sur des observations faites ou des erreurs pour mieux aiguiser leurs reproches.
Mais il ne faut pas oublier l’organisation du travail qui change en permanence et génère des SCOT (Souffrances Causées par l’Organisation du Travail) chez les agents, les réorganisations multiples qui s’effectuent sans arrêt et détruisent tout repère, et les foudres des supérieurs hiérarchiques, subies continuellement. Nous sommes donc en plein dans les méthodes de lean management, qui évoluent de plus en plus, favorisant la mise en concurrence de tous les agents, et exigeant toujours plus décès derniers, pour mieux satisfaire le monstre capitaliste et son appétit insatiable.

Une situation sociale alarmante

Face à cette situation, le nombre de démissions est très important. Depuis la grève du printemps dernier, avec un salaire qui diminue suite aux réorganisations en boucle et des conditions de travail qui se dégradent continuellement, les démissions s’accentuent.
Celles-ci s’expliquent également par la politique de la SNCF de recruter des travailleurs en Province pour les faire travailler en région parisienne en leur promettant à leur embauche qu’ils pourraient retourner chez eux grâce à une demande de mutation… oubliant de leur préciser qu’une demande de mutation dure en moyenne 10 ans en région parisienne. Beaucoup d’agents effectuent ainsi des temps de trajets allant parfois jusque 6h par jour aller-retour, ce qui explique une partie des burn-out et la situation anxiogène au sein de l’entreprise.
Ce n’est pas tout ! La médecine du travail ne joue plus son rôle et il devient de plus en plus compliqué de faire reconnaître les cas de souffrance au travail auprès de ces derniers, les seules solutions émises par les médecins du travail étant généralement soit de penser à une rupture conventionnelle, participant ainsi à la politique de dégraissage d’effectifs voulue par la direction, soit de prendre un logement afin de se rapprocher, très difficile puisque la SNCF brade son parc immobilier.
Enfin, pour terminer, le découpage de la SNCF en cinq Sociétés Anonymes pour 2020 ne va rien arranger car dorénavant dans certains cas les mutations vont être rendues impossibles, à cause de l’externalisation et du découpage de l’entreprise Le secteur de la maintenance du matériel roulant est d’ailleurs lui aussi concerné par l’externalisation et le transfert de personnel, car sous-traiter reviendrait moins cher à la SNCF en termes d’habilitation et de formation. Pour les salariés concernés, ce serait une précarisation de leurs conditions de travail.

Hôpitaux : plus de 200 services d’urgence en grève

      La lutte dans les hôpitaux est devenue nationale. Le manque de personnel, la fermeture d’hôpitaux, la fermeture de services rend la situation de plus en plus insupportable. La grève des services d’urgence se poursuit et s’étend. A l’AP-HP de Paris, Martin Hirsch promet 200 postes qu’il prend sur les services de gériatrie ! Il est toujours prévu de supprimer 800 à 1.000 postes d’ici 2022.

Il manque 50.000 postes rien que pour répondre aux besoins des services d’urgence et des Epahad.
La Ministre refuse même la prime de canicule ( qui avait déjà été accordée en 2003) pour cause d’affluences de patients et de conditions de travail particulièrement pénibles.
La CGT appelle à une grande journée d’action des hôpitaux et des Ephad, le 11 septembre contre cette politique qui étouffe le système de santé
Notre Parti apporte son entier soutien à leur lutte. Dans les hôpitaux, dans l’industrie, le commerce, partout pour l’emploi, les salaires, la protection sociale, les retraites, seule la lutte partout et tous ensemble pourra imposer les revendications.