INFOBREF N°530

General Motors: 46.000 ouvriers appelés à la grève

La grève qui touche les usines de General Motors aux États-Unis est une première depuis douze ans. Le conflit coûte environ 50 millions de dollars par jour en production perdue.

De notre correspondant à Washington

Pour la première fois depuis 12 ans, les 31 usines nord-américaines de General Motors (GM) sont touchées par une grève. Après plusieurs semaines de négociations visant à renouveler pour quatre ans le contrat de travail de 46.000 ouvriers employés à l’heure, l’United Auto Workers (UAW) tente de bloquer la production du premier constructeur américain. Le conflit coûte, avant impôts, environ 50 millions de dollars par jour à GM en production perdue.

Le syndicat demande à ses membres employés sur les chaînes de Ford et Fiat Chrysler de continuer de travailler, en dépit de l’expiration lundi à zéro heure du contrat type en vigueur depuis 2015 dans les usines des trois géants historiques de l’automobile aux États-Unis. L’UAW, suivant son approche traditionnelle, a choisi de négocier d’abord avec GM en vue d’appliquer ensuite à Ford et Fiat Chrysler les termes d’un nouveau contrat.

En dépit d’années d’efforts, la centrale qui détient le monopole de l’embauche sur les chaînes des trois constructeurs de Détroit, où travaillent 150.000 ouvriers, n’est toujours pas parvenue à convaincre les autres ouvriers des chaînes des constructeurs étrangers, comme Toyota, Nissan, ou BMW, de les représenter.

De manière inhabituelle et risquée, GM a rendu public les grandes lignes des propositions faites à l’UAW. Généralement ce n’est qu’après la signature d’un accord que les termes offerts sont annoncés. La direction du constructeur propose 7 milliards de dollars d’investissements dans quatre États, 5400 nouvelles embauches, une prime de 8000 dollars pour chaque ouvrier à la signature du contrat, des hausses de salaires et le sauvetage de deux usines dont l’abandon est annoncé depuis près d’un an.

GM sous la pression de Trump

L’usine de Lordstown dans l’Ohio doit toujours être vendue à une jeune société spécialisée dans les véhicules électriques, mais GM souhaite construire une nouvelle usine à proximité, dédiée à la fabrication d’éléments de batteries pour ses futures voitures électriques. Par ailleurs, l’usine emblématique de Detroit-Hamtramck serait sauvée pour devenir le site de production d’une nouvelle camionnette pick-up électrique.

 Mode Intense activé. Laissez-vous séduire par la petite citadine Audi. En savoir plus.

Découvrir

» LIRE AUSSI - Récession aux États-Unis: tout comprendre au risque qui inquiète le monde

GM ose publier les termes de son offre en raison de la pression politique exercée par Donald Trump sur ce dossier. Depuis que GM en 2018 a fait savoir que 4 de ses usines aux États-Unis seraient bientôt fermées, faute de nouveaux modèles à y assembler, la Maison blanche est montée au créneau pour critiquer cette décision. Mary Barra, patronne de GM, a été reçue il y a quelques jours par le bouillonnant président qui s’affiche en défenseur de l’emploi industriel et affectionne particulièrement le secteur automobile. «C’est reparti pour un tour entre GM et l’UAW. Mettez-vous d’accord et passez un accord!» a tweeté Donald Trump dimanche.

L’UAW juge ces offres insuffisantes. Le syndicat ébranlé par un scandale embarrassant de corruption à ses plus hauts niveaux, tient à afficher sa pugnacité. Il se bat en particulier pour que les nouveaux ouvriers embauchés, aujourd’hui payés à moins de 20 dollars de l’heure, soient rémunérés à près de 30 dollars au bout d’une période de 3 à 4 ans. Pour l’instant, les nouvelles recrues doivent attendre 8 ans avant d’accéder à l’échelle de salaire normale. Le syndicat exige aussi de meilleures garanties de l’emploi et un accès meilleur marché à leur couverture d’assurance maladie.

Voir aussi : Les travailleurs de Ford et de Fiat-Chrysler appellent à une grève totale aux côtés des travailleurs de GM Par le Bulletin des travailleurs de l’automobile du WSWS 17 septembre 2019

Les travailleurs de l'automobile américains paralysent General Motors

17 septembre 2019

La grève de 46.000 travailleurs de GM marque une intensification majeure de la lutte de classe aux États-Unis et dans le monde.

Auto-Crash. L’industrie automobile au cœur de la crise à venir

La bataille contre la réforme des retraites est bel et bien...

Après la RATP, les professions libérales manifestent ce lundi contre le rapport Delevoye. Avant FO et la CGT.

Montauban. 200 policiers rassemblés pour exiger une «peine exemplaire» contre un Gilet Jaune

Ce vendredi 6 septembre s'est ouvert, à Montauban, le procès d'un Gilet Jaune de 69 ans, accusé d'avoir affiché un message anti-policier sur sa camionette. L'occasion pour 200 policiers de se rassembler, à l'appel du syndicat Alliance, pour exiger une sanction exemplaire.

Julian Vadis

vendredi 6 septembre 2019

Alors que, tout au long du mouvement des Gilets Jaunes, des faits de violences policières se sont démultipliés, causant mutilations multiples et variées, la mort de Zineb Redouane à Marseille, le tout avec l’absolution de la justice et de l’État, le syndicat de policiers Alliance n’est visiblement pas rassasié. C’est ainsi qu’à l’occasion de l’ouverture du procès en correctionnel d’un Gilet Jaune de 69 ans à Montauban, ce syndicat classé à l’extrême droite a appelé à un rassemblement pour exiger une « peine exemplaire ».

Retour sur les faits reprochés à ce Gilet Jaune. Le 22 avril dernier, à Caussade dans le Tarn-et-Garonne, ce retraité affiche un message sur sa camionnette. « Flic suicidé, à moitié pardonné, les autres nous mutillent », peut-on ainsi lire sur la fenêtre arrière.

« Pour Alliance police nationale, trop c’est trop, cette haine anti-flic qui se propage en toute impunité dans une certaine frange de la population doit cesser, les insultes à la mémoire de nos collègues et le manque de respect envers eux et leurs familles n’ont que trop duré » explique ainsi ce syndicat dans le communiqué d’appel au rassemblement de ce 6 septembre, qui a réuni environ 200 policiers venus de toute la France. Le Gilet Jaune de 69 ans, qui n’a par ailleurs pas participé à la moindre manifestation, a été condamné à quatre mois de prison de sursis !

Si l’on peut remettre en cause le « bon goût » du message affiché sur cette camionnette, la lourdeur de la peine encourue, tout comme l’acharnement affiché du syndicat Alliance, tranche avec la totale impunité dont jouisse les forces de répressions, avec une série spectaculaire de classement sans suite des affaires de violences policières. Remis dans son contexte, la « violence » de ce message, réelle, apparaît comme tout de même dérisoire au vue des dizaines de mutilés, des discours tout aussi violent qui étaient diffusés dans la presse sans que cela n’ai provoqué l’émoi des policiers ou du gouvernement. On pensera, entre autre, à la sortie surnaturelle de Luc Ferry, qui en janvier dernier avait appelé à « tirer à balle réelle » sur les Gilets Jaunes.

Comme en 2016 avec les manifestations policières réclamant plus de moyen répressif, le rassemblement appelé par le syndicat Alliance porte en son sein la revendication d’une impunité policière totale, dissimulée non sans cynisme sous le masque de l’émotion des suicides policiers. En soi, ce rassemblement et cette condamnation sont de véritables insultes à la mémoire de Zineb Redouane et un crachat en pleine figure de toutes les victimes de la répression, dans les manifestations des Gilets Jaunes comme ailleurs. C’est pourquoi il est indispensable, pour le mouvement social et ouvrier, de réclamer la relaxe complète de ce Gilet Jaune de 69 ans et de tous les manifestants victime de l’acharnement judiciaire.

07/09/2019

Bruxelles : Rassemblement jeudi en soutien à Daniel Ruiz, militant politique et dirigeant syndicale argentin

Ce 12 septembre 2019, cela fera un an que le militant politique argentin et dirigeant syndical des travailleurs du pétrole, Daniel Ruiz, a été arrêté par le gouvernement de Macri pour avoir participé activement à la lutte contre la réforme des pensions. Depuis un an, il est emprisonné sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui (voir notre article).



28/08/2019

États-Unis : Des mineurs bloquent un transport de charbon pour exiger des salaires non payés

Depuis un mois, les travailleurs miniers de la Cloverlick Mine à Harlan County (Kentucky) bloquent un train transportant du charbon d’une valeur d’un million de dollars, en occupant les rails, pour exiger des salaires non payés. Les travailleurs avaient appris fin juillet que leur employeur, l’entreprise Blackjewel, avait fait faillite et qu’ils étaient licenciés avec effet immédiat. Presque 1700 travailleurs licenciés n’ont pas été payés pour les trois dernières semaines de travail. L’occupation qui dure 24h/24h depuis 30 jours a pris la forme d’un camp de protestation, par lequel les travailleurs essayent de forcer l’entreprise à leur verser les salaires et cotisations dus. Le camp jouit d’un fort soutien local dans ce bassin minier qui est réputé pour ses luttes sociales.

Intéressant point de vue de l' institut Montaigne qui soutien Macron

voir tout https://www.institutmontaigne.org/blog/les-gilets-jaunes-la-partie-emergee-de-la-crise-sociale-francaise

 C'est un mouvement des classes populaires : les Gilets jaunes sont majoritairement des ouvriers (26 % sont des ouvriers, +9 par rapport au poids des ouvriers dans la société française), des employés (21 %, +4) et des retraités CSP- (17 %, =), qui vivent dans les communes rurales (28 %, +5) et les petites villes de 2 000 à 20 000 habitants (21 %, +3), mais aussi dans les villes de plus de 100 000 habitants (26%, -3). À l’image de la société française, les Gilets jaunes vivent à la fois en banlieue (32 %, -4), en ville centre (30 %, -4), dans des zones rurales (27 %, +4) sont peu présents dans les villes isolées (10 %, +2). 50 % des Gilets jaunes ont un niveau de diplôme inférieur au baccalauréat, 28 % ont un niveau de diplôme égal au baccalauréat, et 22 % ont un diplôme de l’enseignement supérieur, ces proportions sont respectivement de 54 %,16 % et 30 % dans l’ensemble de la population en 2017.

Argentine : la descente aux enfers de la 3ème économie d’Amérique latine

13/08/2019 à 11h36

Submergé par une crise monétaire, le pays peine à se relever face à l’inflation galopante et au ralentissement de son industrie. La Bourse et le peso ont encore dévissé.