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Le précariat en marche

Le terme négrier est ici employé pour choquer, d' autres parlent des nouveaux esclaves du numérique... Le numérique et tout le système des plates formes numériques naviguent sur des zones de non droit afin d' éviter la fiscalité, d’où la naissance du statut d' auto-entrepreneur, et toutes les dérives autorisées par la loi et que nous avons dénoncé lors des luttes contre la loi travail, voir DE LA LOI EL KHOMRI AU RAPPORT BADINTER VIA LES ORDONNANCES MACRON ET LA LOI SUR LE TÉLÉTRAVAIL

 « Dans son rapport sur Transformation numérique et vie au travail , Bruno Mettling fait état des nouvelles formes de travail hors salariat engendrées par la transformation numérique sur le travail. Voici entre autres ce que dit ce rapport qui servira de socle à la loi El Khomri ou loi Travail.

 « Dans le monde entier, la souplesse, l'adaptabilité mais aussi le business model de l'économie numérique reposent sur la multiplication de l'emploi hors salariat. » Et de faire le constat suivant : « En France, au-delà de la symbolique du million d'autoentrepreneurs atteint cet été [2015], on estime qu'un travailleur du numérique sur dix exerce déjà aujourd'hui hors du champ du salariat et cela devrait continuer à augmenter.»

 Tout est ici résumé afin que le législateur légifère sur un droit à la personne distinct du salariat, en légiférant en faveur de la reconnaissance du statut de travailleur précaire: le fameux autoentrepreneur de soi . C'est l'aspect le plus important de la dite loi travail et du rapport Badinter qui est passé complètement sous silence .

 Et comme le disait en son temps Mme Laurence Parizo dirigeante du syndicat patronal medef

"La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?" ; "La précarité est une loi de la condition humaine"

Mme Parizot et la loi travail sont sur la même trajectoire, celle visant à la précarisation par le truchement du statut d' auto-entrepreneur, de l' économie collaborative, de la révision à la baisse du droit au chômage. Cette violence sur la vie de chacun provoque des réactions elles aussi toutes aussi violentes et irrespectueuses des lois qui les étrangles, de la police qui les éborgne et assassine.

Mais aussi des adaptations perverses aux situations précaires, comme nous venons de le voir avec les loueurs de comptes un véritable buisness que des auto entrepreneurs utilisent pour se faire du fric sur des clandestins en louant leur « compte ». C'est une enquête de France 2 qui a révélé comment des coursiers Uber Eats ou Deliveroo sous-louent leurs comptes à des sans-papiers ou des mineurs.

France 2 s'interroge ;

« Comment a-t-il pu être livreur Uber Eats, sans être régularisé ? "Pour être honnête, avec le compte de mon frère", affirme-t-il. Cette pratique est interdite. Car sur cette application, pour être livreur, il faut avoir le statut d’auto-entrepreneur, fournir ses documents d’identité et une photographie. Pour une personne qui n’a pas de papiers, impossible de s'inscrire. Le seul moyen : utiliser les identifiants d’une autre personne. »

Quand le précariat exploite plus précaire que lui

« Nous découvrons que la "location" de ses comptes est un vrai business. Nous avons trouvé un groupe privé Facebook où les annonces sont claires : "Compte Uber dispo ! 100 euros par semaine" ou "Je prends 15 euros par jour et le reste c’est à vous." Nous avons postulé en nous faisant passer pour un mineur. L'homme qui nous propose son compte nous assure que l'âge n'est pas un problème. C'est bien sûr complètement interdit. Quelques minutes après notre appel, nous recevons ses codes pour travailler sur son compte.

Travail interdit de mineur, travail dissimulé de migrants... Que répondent les plateformes ? "Tout livreur travaillant avec un mineur verra immédiatement son contrat prendre fin", assure Deliveroo. Réponse similaire chez Uber. »

l'ubérisation accouplée au smartphone fait des ravages sur l' emploi bancaire aux dernières nouvelles la banque anglaise HSBC envisage supprimer 35 000 emplois d' ici trois ans.

Au moment ou je termine cet article , les saisonniers de cinquante stations de ski sont en grève contre la réforme de l' assurance au chômage. Les saisonniers réalisent que leurs indemnités vont être réduites et parfois carrément supprimées dès l’entrée en vigueur de la réforme prévue pour le 1er avril 2020. En effet, les saisonniers comptent sur Pôle Emploi pour compléter leurs revenus entre deux saisons. Le mode de calcul des indemnités a changé et les baisses d’indemnisation pourraient dépasser les 50% dans certains cas.

En effet, depuis l’adoption de la réforme de l’assurance-chômage, le 1er novembre 2019, les règles d’entrée dans le système et de renouvellement des droits ont radicalement changé. Auparavant, un équivalent de quatre mois travaillés sur une période de 28 mois permettait l’ouverture des droits au chômage. Il faudra désormais travailler six mois sur une période de 24 mois ! Par ailleurs, jusqu’ici, une fois les droits ouverts, il suffisait de travailler un mois pour recharger ses droits d’une même durée, désormais il faudra à nouveau travailler 6 mois pour prolonger ses droits.

G.Bad février 2020