SPARTACUS

Information sur le mouvement des conseils ouvriers de la gauche germano-Hollandaise, ainsi que sur la lutte de classe dans le monde. voir en complément le site MONDIALISME. Pour correspondre:

11 novembre 2009

RDA/RFA le mur tombe l' exploitation continue

cyclopAprès la grève de la métallurgie dans l’ex-Allemagne de l’est

Le 2 juin 2003, le syndicat IG Metall lançait un mot d’ordre de grève dans les cinq Länder de l’ex-RDA. Une grève que les " métallos " de l’Ouest n’ont pas toujours vu d’un bon oeil. Il reste bien deux Allemagne, mais la même tempête économique met à mal cinquante ans d’un système codifié de relations capital-travail. Il est difficile de comprendre ce qui s’est réellement passé dans les grèves des métallos d’Allemagne de l’Est, car leurs arrière-plans sont particulièrement obscurs :

- les difficultés politiques du pouvoir, qui doit faire face à une crise économique majeure ;
- les restructurations, impératives pour le maintien de la compétitivité et des profits, et qui mettent fin à un système basé sur une croissance régulière, avec le plein emploi et une collaboration étroite patronat-syndicats (la cogestion des grandes firmes) ;

- l’intégration dans l’Union européenne des pays de l’Est, tous limitrophes et qui connaissent des coûts de main-d’oeuvre très inférieurs à ceux des travailleurs allemands.

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Quinze ans après la RDA, les nouvelles « Manifestations du Lundi »

Les « manifestations du lundi » tirent leur nom des manifestations populaires qui eurent lieu en République démocratique allemande (RDA) en 1989, précipitant la crise de la branche orientale du capital allemand. Le mouvement s’est développé à l’Est en réaction au projet gouvernemental « Agenda 2010 ». Pour restaurer les profits, il s’agit pour le capital en Allemagne, comme presque partout en Europe, d’intensifier l’exploitation et d’abaisser les coûts nécessaires à la reproduction de la classe ouvrière. L’offensive est brutale et multiforme : retraite à 67 ans, cherté des soins, allocations chômage réduites, chantages à la délocalisation, annualisation et allongement du temps de travail, précarisation accrue, salaires au rabais, etc. Les lois Hartz - refonte des allocations chômage et extension massive du travail précaire - touchent plus directement les Allemands de l’Est (avec un taux de chômage officiel de 20 %, soit plus du double de celui de l’Ouest), les « cobayes » depuis 1990 de ces plus ou moins nouvelles formes d’exploitation.

Devant l’ampleur des manifestations (plus de 100 000 personnes à l’Est), le gouvernement rouge-vert s’est empressé de critiquer la reprise de l’expression « Manifestations du lundi », si lourde de sens (quinze ans presque jour pour jour après les faits), se permettant de dispenser à cette foule qui se rassemble en masse, depuis maintenant sept semaines tous les lundis à 18 heures, quelques leçons d’histoire officielle : la République fédérale allemande (RFA) n’étant pas une dictature, parler de « Manifestations du lundi » serait une « calomnie historique ».

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Les luttes des ouvriers du bâtiment de Berlin (Echanges n° 80 (juillet-décembre 1995).

Quelques informations de base : Crise et expansion

Aujourd’hui, le secteur du bâtiment de Berlin-Brandebourg est à la fois dans une situation d’expansion et de crise. La plupart des entreprises ont une productivité relativement basse et sont souvent lourdement endettées. Ces secteurs du bâtiment et des travaux publics qui dépendent des investissements publics (la construction des routes, par exemple) souffrent des réductions de crédits affectés au développement des infrastructures par les autorités régionales et locales. De plus en plus de sociétés font faillite, particulièrement celles d’Allemagne de l’Est. Souvent, celles qui sont des sous-sous-traitantes sont le plus sévèrement touchées par la concentration du capital.

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13 octobre 2009

Toulouse: 36 jours de grève à Freescale et début de la grève des éboueurs.

cercyle_4410 oct 2009-Le site de Freescale (ex-Motorola) à Basso Cambo compte 1600 salariés dont 300 sont toujours en grève, contre la fermeture du site en 2011.Après avoir pris la décision radicale , d' empêcher tout véhicule de sortir des composants électroniques, visant ainsi à paralyser les sous traitants comme Valéo ...ce qui aurait bloqué les chaînes. Les 300 grévistes se sont fait délogés manu militari par les CRS  à la mi septembre suite à  une décision de justice .

 

C 'est comme toujours au nom de la sainte liberté du travail , que les travailleurs bientôt privés d' emploi et de moyens de subsistance, sont contraints  par  la force d'interrompre les filtrages .

Ce comité de grève ne semble pas plaire aux diverses confédérations dont les sigles ne sont pas mentionnés sur les banderoles. Selon la presse , les syndicats  du site ont préféré se fondre dans un comité de grève élu sur le tas. «Nous n'avons du coup aucun soutien de nos centrales qui ne font aucune publicité à ce conflit», observe le cédétiste Didier Soulé.

Alors qu' officiellement l' industrie automobile annonce, qu' elle n' envisage retrouver la production de 2007 pas avant 2014, qui peut croire à une sortie du tunnel rapide pour les équipementiers. La direction américaine de Freescale, ex-Motorola, reviendra pas  sur sa décision de fermer le site: «Les usines en Écosse ou au Japon qui produisaient la même chose ont déjà disparu».

Alors,que 300 sur 1600 seulement se battent, qu'il ne semble pas que les travailleurs de Freescale soient en contact avec les autres Conti ... On leur offre la solution financière 60 000 euros immédiatement ou 50 000 en 2011 selon Libération.

Nous venons d' apprendre que l' assemblée générale vient de voter  la suspension de la grève, en fait la fin de celle-ci. Mais aussi le début de la grève des éboueurs de la région.

VIDEO

Toulouse début de la grève des éboueurs.

Le 13 octobre 2009 -C'est le passage en communauté urbaine, en janvier dernier, qui à mos le feu aux poudres. En effet il s' agit de regrouper des fonctionnaires territoriaux provenant de 25 communes du Grand Toulouse. C'est comme toujours les différents statuts, les différentes rémunérations et congés, qui font péter la machine, les uns veulent tirer les statuts vers le bas les autres vers le haut. En effet, à grade et profil de carrière égaux, les salaires et le temps de travail  présentent respectivement des écarts de 150 € de différence chaque mois et des RTT variant de 6 à 22 jours par an.

Après l' échec des négociations , les salariés intercommunaux (éboueurs , informaticiens, administratifs) ont déboulés , sous les bureaux de la CUGT. Après l'échec de la négo, les manifestants se sont dirigés,  vers le Capitole. Des poubelles ont été répandues sur les allées Jean-Jaurès, qui seront fermées à la circulation pendant quelques minutes.

A suivre

voir aussi

Détroit : Scènes de chaos dans les files d’attente de l’aide sociale

Trois mineurs blessés par balles, des centaines gazés à une mine d’amiante au Zimbabwe

La police charge des manifestants anti FMI à Istanbul

Etats-Unis : augmentation des suicides sur le lieu de travail

http://www.miroirsocial.com/actualite/suicides-en-lien-avec-le-travail-mode-contagion-epidemie




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30 juin 2009

Grève sauvage chez Total en Grande-Bretagne

De nouveau une grève sauvage qui rapidement fait tache d’huile

gr_ve_2« Pour moi et pour les 900 autres, les dés sont jetés. Je n’ai jamais encore fait grève de ma vie. Total doit comprendre que les chiens sont lâchés » (un ouvrier sur le site de Lindsey)

Dans le n° 128 d’Echanges (p.16) nous avions analysé une grève sauvage de travailleurs contractuels employés par des sous-traitants dans des chantiers d’aménagements de centrales électriques. Nous avions souligné qu’au-delà de certaines connotations nationalistes xénophobes, cette lutte avait signé un événement très significatif pour la lutte de classe dans le Royaume Uni : le retour des grèves sauvages et de grèves de solidarité de grande ampleur, précisément ce que la législation conservatrice des années 90 sous Thatcher avait cherché à éliminer et que les gouvernements Labour avaient préservé.

La grève sauvage qui vient de se dérouler dans la deuxième quinzaine de juin présente les mêmes caractères. Le fait qu’elle ait éclaté sur le même site et se soit  étendue dans les mêmes sites qu’en février dernier confirme bien cette tendance d’une libération de la camisole de force que toute cette législation prétendait imposer aux luttes. Avant d’aborder cette dernière lutte, il nous paraît nécessaire de rappeler brièvement de quel tissu était fait ce conditionnement législatif très contraignant de toute initiative de base dans le conflit capital-travail.

La grève n’est légale que si elle a été précédée d’un vote majoritaire par correspondance à bulletins secrets organisé par un syndicat sur une revendication précise concernant les seules conditions de travail des seuls travailleurs liés par contrat à une entreprise juridiquement définie (ce qui exclut toute grève à caractère politique ou toute grève de solidarité). Toute action découlant de ce vote majoritaire ne peut être lancée, pour cette seule revendication que dans un délai de six semaines après le vote en question. Les piquets de grève qui peuvent être établis au cours de cette action sont limités à  six travailleurs et ne peuvent concerner que l’entreprise considérée : tout piquet « secondaire » qui pourrait être établi ailleurs pour soutenir ou étendre la grève est strictement interdit. Une grève qui ne respecterait pas strictement cet arsenal de conditions est illégale et en même temps « inofficielle » car il est interdit, sous peine de sanctions sévères, à un syndicat de la patronner et de la soutenir même « officieusement ». Les sanctions pour le syndicat qui se placerait dans l’illégalité peuvent jusqu’à la confiscation de tous ses biens, ce qui n’est pas de pure forme car une telle confiscation a été prononcée à plusieurs reprises. En fait, aujourd’hui, aucun syndicat ne se risque à soutenir une grève sauvage, encore moins à organiser une grève « illégale »

Le théâtre d’origine de la présente grève sauvage est de nouveau la raffinerie Total de Lindsey (Lincolnshire) (Lindsey Oil Refinery, LOR) et la grève va s’étendre dans les autres sites en réparation ou construction des raffineries et des centrales électriques. Le point qui mérite d’être souligné est que tous ces mouvements touchent  d’une part le secteur privé (alors que la plupart des luttes  concernaient le secteur public ou parapublic) et d’autre part le secteur crucial de l’énergie au point que certains ont pu parler de coupures possibles d’alimentation électrique (une réminiscence des jours sombres de 1973 où l’Angleterre s’était trouvé sans chauffage, sans trains et contrainte à trois jours de travail par semaine) (1). Au même moment où éclate cette nouvelle grève, la Grande-Bretagne connaît depuis des mois une récurrence de grèves notamment dans les transports, les services municipaux et les postes ; la crise a aussi aggravé les difficultés de beaucoup des « assistés » (2). Une vague de grève dans ce secteur clé de l’énergie pourrait entraîner une crise sociale beaucoup plus grave. C’est la raison pour laquelle le porte parole du gouvernement tout affirmant que cette nouvelle grève de Lindsey est une affaire privée « entre la compagnie et les travailleurs » ajoute que le premier ministre « espère que cette situations sera résolue aussi rapidement que possible ». C’est assorti d’une observation lourde de menaces mais aussi aveu d’impuissance que « la position du gouvernement est que les grèves sauvages et les manifestations ne sont jamais la bonne réponse aux problèmes de relations sociales »

Sur le site de Lindsey, 9 entreprises sous-traitantes oeuvrent pour la construction d’une unité d’hydrodésulphurisation du pétrole de la raffinerie Total. Cette multinationale a déjà, lors de la grève de février dernier, souligné le retard pris dans cette construction (plus de 6 mois aujourd’hui), ce que des commentateurs financiers avait attribué à l’impossibilité d’imposer aux prolétaires britanniques une productivité « normale » (3). Total en rajoutera cette fois-ci en soulignant la « performance excessivement médiocre » et la « faible productivité » des travailleurs sur le site. La fin de la grève de février n’avait pas atténué la combativité sur le site de Lindsey. Le 6 mai dernier,  30 travailleurs du site s’étaient mis en grève, semble-t-il sur la même question de l’emploi de travailleurs non britanniques qui avait été au cœur de la grève de février. Aussi en mai une autre grève similaire avait éclaté sur le site de Milford Haven et avait commencé à faire aussi boule de neige (4). Il est possible que les sous-traitants tout comme Total aient voulu reprendre le dessus suite à la capitulation de février dernier et risquer ainsi l’épreuve de force. Il est difficile de dire si le moment était bien ou mal choisi : les deux syndicats GMB et UNITE impliqués dans la représentation des 30 000 métallos de la construction de ces unités industrielles organisaient présentement un vote  dans l’éventualité d’une grève sur les salaries et la sécurité d’emploi ; dans les préparatifs de ce vote, ils se heurtaient à un refus  de coopération de la part tant des entreprises concernées que du syndicat patronal de ce secteur.

Il est difficile de démêler l’origine du conflit tant du côté patronal que du côté ouvrier. La position patronale peut sembler dans la logique du monde des affaires : le sous-traitant Shaw terminant son programme de travaux trouve normal de licencier 51 (5) des travailleurs qu’il a employés jusqu’alors sur le chantier. Cela alors qu’au même moment un autre sous-traitant auquel est confiée une autre tâche embauche pour les travaux qu’il a sous-traité : il n’a, en principe, aucune obligation d’embaucher les travailleurs licenciés par l’autre sous-traitant. Mais l’ensemble des travailleurs de la sous-traitance voient les choses différemment au nom de conventions qui semblent plus coutumières qu’écrites (il est question dans les récits de la grève d’un « Blue Book » qui comporterait de tels engagements) et que leur respect dépende autant du rapport de forces que du bon vouloir patronal : s’il y a de l’embauche sur le chantier, les licenciés auraient une priorité d’embauche chez les autres sous-traitants. Une telle promesse aurait été réitérée lors du règlement de la grève de février 2009. Ils semblait aussi entendu qu'aucun licenciement n’aurait lieu tant que des ouvriers étrangers travailleraient sur le site .Tout le conflit va porter au départ dans le non-respect sur le site de cette « convention » et au-delà de ce non-respect, il est impossible de ne pas voir dans l’enchaînement de ce qui va suivre un prétexte dans une tentative de mise au pas des travailleurs dans une complicité tacite tant des sous-traitants que de Total.

L’annonce du licenciement des 51 est faite le jeudi 11 juin 2009. Presque dans l’instant  600 contractuels (6) du chantier de construction salariés de différents sous-traitants débraient et installent des piquets. 50 d’abord qui seraient plus de 300 le soir même, plus de 600 le lendemain rejoints par des centaines d’une raffinerie voisine ( Conoco Philips) avec lesquels ils barrent la route interdisant toute circulation notamment des camions citerne. Toute tentative de conciliation avec l’intervention d’ACAS (7) se heurte  à l’intransigeance tant des sous-traitants que de Total : le vendredi 19 juin tous ceux qui se sont mis en grève par solidarité sont licenciés, 647 reçoivent une lettre de licenciement précisant qu’ils seront réembauchés le lundi 22 juin au cas par cas, dans l’intention évidente de « faire le tri ». A ce moment 1 200 travailleurs (sur 1550  au total au travail sur le site de la raffinerie, permanents et temporaires) sont en grève. « Virés par des patrons cupides. Pas de travail au rabais. Rejoins la grève. Partage du travail » affirment les pancartes faites à la hâte sur l’entrée  bloquée du site. Les lettres de licenciement sont brûlées dans une sorte de show spectaculaire à la porte de la centrale.

C’est alors que, suivant le même schéma de propagation de la grève en février, la grève s’étend sur tous les autres sites des raffineries et centrales électriques. Le message envoyé par les grévistes de Lindsey est clair : « Cometh the hour, cometh the man (8) Si tu veux soutenir tes frères dans tout le pays, merci. Si tu n’es pas prêt de le faire, sache que la prochaine fois ce pourrait être toi. Tu dois combattre ça dès maintenant ». Le lundi 22 juin, 17 sites sont ainsi touchés par la grève dans toute la Grande-Bretagne (9) ; il est aisé de deviner les raisons de la rapidité de l’extension de la grève sauvage de solidarité indépendamment d’une similarité de situation : des piquets volants ont essaimé dans les sites proches (c’est tout autant interdit que les piquets de masse) (10), l’utilisation des portables  et du réseau (préexistant en partie) qui s’était constitué lors de la grève de février.

La raison d’Etat, devant cette extension et la menace d’un conflit social de grande ampleur, fait mettre au pas Total et ses sous-traitants qui finissent par accepter la médiation d’ACAS, d’autant plus facile que les syndicats GMB et UNITE, arguant qu’il s’agit non d’une grève sauvage mais d’un lock out soutiennent maintenant la grève en se sachant bien protégé »s par le rapport de force créé, à leur insu et leurs réticences du début,  par l’action des travailleurs.

Rapidement un accord est conclu : réintégration de tous les licenciés, pour les 60 licenciés d’origine il leur est garanti  quatre semaines de travail et l’intégration dans un autre emploi ou une indemnisation.

Cet accord est accepté par les grévistes et les grèves de solidarité sur les autres sites cessent immédiatement

Ces grèves sauvages répétées depuis le début de l’année posent des problèmes sur le front de la guerre de classe -qui ne concernent pas seulement les travailleurs britanniques.

Tout d’abord, on ne peut que souligner que toute législation visant à régler « pacifiquement » les conflits du travail ou a limiter le droit de grève ne pèse rien en face de travailleurs déterminés dans une solidarité de classe dont l’extension contraint le pouvoir à céder pour ne pas se trouver devant un mouvement de plus grande ampleur.

Même dans une situation de récession, les travailleurs qui se trouvent dans une situation de force, conscients en même temps de leur force collective peuvent engager une épreuve de force non seulement avec leurs employeurs mais aussi avec le pouvoir politique.

La guerre de classe se mène avec deux adversaires face à face. Dans le mouvement dont nous venons de parler comme des autres qui se sont déroulés dans ce secteur, on assiste à une offensive patronale qui tend, face à la détérioration économique à rétablir une profitabilité aux dépens des travailleurs et partant à affirmer son autorité au besoin en reniant les engagements antérieurs. Pour les travailleurs, la défense, dans cette période de crise, ne concerne pas les salaires mais directement les conditions de travail et leur emploi. Même si cette lutte ne concerne qu’un secteur, son extension spontanée à l’ensemble de ce secteur sur tout le territoire national, ne peut manquer d’avoir une influence sur d’autres luttes, pour l’ensemble des travailleurs ; mais il est difficile de savoir comment, où et quand. D’autant que l’adversaire le sait également et tente de parer d’avance à cette inconnue.

H.Simon juin 2009

Notes

(1) voir à ce sujet l’ouvrage de Cajo Brendel « Lutte de classe autonome en Grande-Bretagne, 1945-1977 » Echanges et Mouvement, toujours disponible

(2) Le chômage en Grande Bretagne a été masqué pendant longtemps par une mise en invalidité  plus que libérale de chômeurs par centaines de mille. Aujourd’hui la crise et le manque de moyens financiers contraint le gouvernement à promouvoir la « mise au travail » de ces « invalides »

(3) Financial Times, 7 février 2009

(4) Sur le site de construction d’une  usine de liquéfaction de gaz naturel de South Hook (Pays de Galles) un accord (Supplementary Project Agreement) stipulait qu’aucun travailleur étranger ne pouvait être embauché sur le site tant que des travailleurs britanniques pouvaient être recrutés pour le même emploi qualifié. Prétextant un manque de candidats britanniques, un sous-traitant Hertel amène sur le site 40 travailleurs polonais. Immédiatement, le 20 mai, 200 travailleurs débraient y compris les  40 nouveaux. La grève s’étend sur 16 autres sites voisins et  même jusqu’à Lindsey. Le 21 mai, la firme  renonce à cette nouvelle embauche et la grève cesse après un vote.

(4) suivant les sources les chiffres de ces premiers licenciés varient de 51 à 65

(5) de même que pour les premiers licenciés, celui de la deuxième vague de licenciement varie selon les sources entre 600 et 900

(6) ACAS : Advisory Conciliation and Arbitration Service, organisme officiel de médiation créé par les conservateurs lors des grandes réformes du droit de grève pour tenter de régler « pacifiquement » les conflits sociaux.

(7) sorte de proverbe anglais remontant au 14ième siècle que l’on retrouve dans différentes œuvres littéraires au 19ième dont Walter Scott et qui peut se traduire par « l’opportunité fait l’homme » ou « l’occasion fait le larron ». A l’origine, le proverbe aurait été « cometh the hour, cometh the thief »

(8) les principaux sites touchés sont les centrales de Sellaffield ( centrale atomique, Cumbria, 900 grévistes), Fiddlers Ferry (Cheshire) (450 en grève), Ratcliffe et Staythorpe (Nottinghamshire) (450 en grève), Didcot (Oxforshire) ( 360 en grève), Aberthaw (300 en grève) et South Hook (Pays de Galles sud) (600 en grève), Drax, Feerybridge et Eggborough (Yorkshire) (600  en grève), la raffinerie BP de Hull, 1 000 grévistes à Wilton Teeside (usine de carburant bio en construction)

(9) par exemple  200 travailleurs  installent un piquet de grève à l’entrée de la centrale électrique Eggborough dans le Yorkshire

Posté par spartacus1918 à 08:22 - Grèves et droit de grève - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 janvier 2009

Sarko contre cheminots.

cheminots

Hier mercredi 14 janvier 2009, Sarko est monté au créneau tenez vous bien pour défendre le service public, qu'il détruit jour après jour par ailleurs. Les médias de plus en plus contrôlés par Sarko et sa bande, essayent de fabriquer l' opinion publique, et ciblent le service minimum non respecté ...

On monte les usagers , contre les cheminots «  ces fainéants »  «  ces anti-sémites » ils ont transporté les juifs dans les camps, la bataille du rail c' est une invention des rouges ...Nous trouvons tout cela en boucle sur internet notamment de Françoise Laborde. On pousse au crime, et quand des cheminots sont agressés, et que par solidarité ils stoppent  spontanément le travail, cela devient une prise d'otage et autres conneries.

Sarkosy, veut des excuses publiques de la SNCF, mais veut il des excuses des directions des hôpitaux pour les patients qui viennent de crever, du fait de l' incurie de l' état et pire encore , hier nous avons appris que le procès devant juger les responsables de 117 décès1 ( l' affaire des hormones de croissances) s' est terminé par la relaxe des accusés après 4 minutes d' audience. Mais quand il s' agit d'un cheminot c' est une autre histoire2

Sarkosy, ne monte pas au créneau, sur le fait que des patients attendent des heures aux urgences aux risquent de leur vie, mais il montent au créneau pour les usagers qui attendent des heures un train ou RER pour se faire exploiter. Il ne dit rien, de l' incurie qui règne dans les transports voyageurs, ces bétaillères où sur des lignes on voyage debout matin et soir, à la gare de Lyon il y a même des pousseurs pour tasser les voyageurs.

Sarkosy veut des excuses publiques de G.Pepy , dans ce cas il faut aussi exiger des excuses publiques de F. Laborde

Réactions contre Laborde

Mme LABORDE est peut être une journaliste, mais c’est une menteuse éhontée. Cette attaque conte les Cheminots est inique doit je lui rappeler que pendant la dernière guerre, s’il n’y avait pas eut les nantis commes elles mes traites, les allemands auraient fait ce qu’ils voulaient, c’est grâce au sabotages que les trains de munitions ont été bloqués. Ils ont payé un lourd tribu pour cele, arrétés, torturés, fusillés, des apprentis de 16ans sont morts en héros sous cette barbarie. Mme LABORDE vous meritez un procès en diffamation pour apologie du nazisme, pour insultes caractérisées à des gens femmes et hommes qui travaillent 24h sur 24. S’ils font grève ce n’est pas pour rien. Une dernière chose échangez votre salaire avec celui d’un cadre nous verrons la différence. Vous êtes nuisible à la société, vous devriez être virée de France télévision sans un sou. Vous nêtes pas digne de vivre

article sur les cheminots

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Les cheminots selon Françoise Laborde : privilégiés et collabos

mercredi 14 janvier 2009
par locole

Je suis outrée des propos de Laborde. Elle me dégoûte...Le grand-père de mon mari était cheminot pendant la guerre et il doit se retourner dans sa tombe ! Beaucoup de cheminots etaient résistants et beaucoup en sont morts ! Mon mari est cheminot également, par vocation... Si c’est un privilège de travailler plusieurs week-end par mois, jours fériés dont les fêtes de fin d’année, de travailler en décalé (une fois 5h, une fois 8, etc...) qu’elle change de boulot et essaie d’être cheminote ! Son salaire et ses horaires n’ont sûrement rien à voir, on ne pointe pas du doigt une mme météo payée plus chère que la moyenne des français pour faire le pantin devant l’écran... Car, soi dit en passant, je pense que présenter la météo est un métier qui ne devrait pas exister, il est inutile...


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Les cheminots selon Françoise Laborde : privilégiés et collabos

mardi 13 janvier 2009
par sudistejef

je touve que cette laborde, avec je me présume, une fiche de paye bien éloignée de celle des prolos à la gomme que nous sommes, nous cheminots, ne manque pas d’air... celà me rappelle un certain Le Pen vis à vis des fours crématoires... la bataille du rail ne serait-il qu’un fantasme corporatiste ? vous êtes infâme, laborde... je ne vous salue pas oh non...


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Les cheminots selon Françoise Laborde : privilégiés et collabos

samedi 10 janvier 2009
par domi34

C’est un vrai torchon d’ecrire de telles choses sur une SNCF qui, le couteau sous la gorge, n’a pas pu faire autrement. Nous etions en periode de Guerre ne l’oublions pas car on pourrais en dire aussi sur les médias et la presse de l’époque...... En ce qui concerne les retraites, je demanderais bien à madame Laborde de venir prendre son service à 50 Km de chez elle à 4h du matin le premier jour de l’an pendant qu’elle cuve la fin de son reveillon ! Je voudrais bien comparer son salaire avec celui d’un agent. Tout ca pour dire que grace à nos cheminots les trains roulent et que la retaite est bien mérité pour cette catégorie de personnel et si il y a tant de revendications c’est que malgrés nos petits privilèges nôtre pouvoir d’achat diminue et que nous voyons l’arrivé de la concurence et la perte de nôtre savoir faire. en bon entendeur..... un chemino du sud


1--117 jeunes sont morts de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), après une longue et terrible agonie que les familles en pleurs se sont relayées pour décrire, le tribunal prenant des airs de chapelle ardente.

2Le 22 octobre 2003, un collègue ADC de Paris-Est a été victime d'un accident de personne en gare de Chelles, sur la région de Paris Est.. A l’heure de départ du train, l’agent de conduite fait sonner le ronfleur, ferme ses portes, puis démarre ! La stricte procédure réglementaire lors d’un décollage de train en EAS. Une centaine de mètres plus loin, un voyageur tire un signal d’alarme, un usager est traîné par le train, coincée entre les portes ! Le voyageur décédera quelques jours plus tard des suites de ses  blessures. Malgré le respect strict des procédures règlementaires. Notre collègue ADC est aujourd'hui poursuivi par la justice suite à la plainte de la famille.

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24 septembre 2008

Dans le monde, une classe en lutte

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Dans le monde, une classe en lutte

septembre 2008

 

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03 septembre 2008

Le droit de grève contre la grève.

INTRODUCTION. (Rédigé en 1988)

Depuis quelques temps, nous assistons à une vaste campagne anti­grève dans toute l'Europe occidentale. Après la RFA, la Grande Bretagne, l'ltalie... C'est maintenant un France que nous voyons se multiplier Procès, décret et amendements contre la grève (affaires Créteil, Bobigny, la Chapelle-Darblay, les dix de la CGT Renault, air inter, les fonctionnaires.) En ouvrant ainsi le procès de la grève, le pouvoir entend s'appuyer de plus en plus sur l'appareil judiciaire pour faire fonctionner à fond l'appareil exécutif en cas de "grèves sauvages ".

On peut se demander à juste raison, pourquoi, la classe au pouvoir s’en prend à son propre droit de grève au moment même où la statistique gréviste des dernières années constate (pour la France) un fléchissement constant de l'action gréviste.

La raison en est que la bourgeoisie a une vision qui s'étend au delà des frontières, et que le prolétariat est particulièrement actif dans les pays voisins Grande Bretagne Italie...). L'Europe Occidentale des années 1980 n"aura pas été de tout repos pour les capitalistes. Grèves sauvages, actes de violences, contrôle syndical de plus un plus difficile, pour rappel la Belgique en 1983 et 1996, le Danemark en 1985, les mineurs anglais 1984/1985, les cheminots français et étudiants 1986, les mineurs et métallurgistes d"Espagne, la naissance des COBAS en Italie

En fait, nous constatons que la bourgeoisie d"Europe Occidentale est aux prises avec des grèves qui débordent le cadre traditionnel du "droit de grève ". De ce fait elle tend à vouloir muscler un peu plus son espace judiciaire européen par une criminalisation de la grève.

En 1979 le CNPF (patronat français) s'inquiétait, dans une petite brochure portant comme titre "la violence dans l'entreprise" de la multiplication des actes de violences. La brochure en recensait plus de 300 rien qu"en 1979 (sabotages, séquestrations, occupations..).

Le journal patronal "LES ECHOS" du 1/10/07 se faisait le rapporteur de ce désastre permanent en ces termes :

"Les patrons ont d"abord riposté essentiellement par des mesures disciplinaires. A un moment donné, la coupe a été pleine et les employeurs n’ont plus supporté l'insupportable "

Analyse P Guillen qui, chaque mois à l'UIMN, recensait les séquestrations. Les employeurs ont alors redécouvert le droit commun des articles 1382 et suivant du code civil, pour assigner dans un grand désordre terminologique,  syndicats, délégués où grévistes, voire parfois les sections syndicales elles mêmes " constate S Taied avocat ".

Nous voyons donc, qu'en dehors de toute la propagande sur les "cercles de qualité", le " capitalisme populaire " et autres systèmes d"intégration, le contrôle social ne cesse de se lézarder doucement mais sûrement. Il n"en fallait pas plus pour que l'appareil judiciaire entre en action et prépare à coup de jurisprudences une définition de la "grève syndicale ", contre cette "association de malfaiteurs " qu'est la « grève sauvage » . Dés que la question sociale commence à s'exprimer, la bourgeoisie verrouille "ses libertés" et refait du neuf avec du vieux (loi la Chapelier, magistrature du travail sous Pétain-)

LEGISLATIF ET EXECUTIF CONTRE LE PROLETARIAT.

Contrairement à ce que veulent laisser entendre tous les grands stratèges " démocrates " nous considérons qu'il n'y a pas de contradiction entre les différentes sphères de l’Etat (appareil-, judiciaire, policier, syndical-) mais complémentarité. Ce qui change c'est la méthode et le champ répressif qui se déplace selon les circonstances d'un pôle sur l'autre. Aujourd'hui c'est l'aspect législatif qui prend le dessus, demain ce sera l'exécutif, où l'ensemble de l'appareil l’Etat.

Nous venons d'en avoir la démonstration avec la grève de Renault CERGY. Dans un premier temps le juge refuse l'expulsion des grévistes (c’est la consigne depuis 1976) afin de laisser l'appareil syndical agir. Si rien ne se produit c'est l'exécutif direct qui intervient. 1

Cette tactique de la bourgeoisie est particulièrement nette depuis l'abolition de la " loi anticasseurs" et vise sans doute une redéfinition de cette loi à l'échelle européenne.

Alors que le prolétariat de "Corée du Sud" vient de faire voler, un éclats toute la législation antigrève du pays par des grèves illégales, violentes, dictatoriales. Les gouvernements d'Europe occidentale veulent nous réglementer nos grèves. Ils considèrent qu'il faut démocratiser l'entreprise afin de briser la communauté gréviste, la dernière qui résiste depuis des siècles à l'oppression et à l'exploitation. Non seulement ils veulent que la grève se couche, mais encore ils visent à en détruire les fondements humanistes de solidarité et d'entraide.

  • Par l'introduction du vote à bulletin secret démocratique et anonyme).

  • Par l"interdiction de la solidarité (Grande Bretagne).

  • Par la condamnation financière des grévistes au profit des non grévistes.

Pour l'instant, les partis et les syndicats n'osent pas trop se prononcer contre la grève, les élections présidentielles du 24 Avril et du 8 mai ne sont pas loin.Mais après le bain de jouvence des urnes, ils monteront tous au créneau pour justifier une nouvelle réglementation de la grève.

LES ÉCONOMISTES CONTRE LA GREVE.

Moins de 4 mois après le jugement du tribunal de Créteil, celui de Bobigny vient de juger illicite le préavis de grève des navigants d'air inter. Cela montre une fois de plus l'absurdité qu'il y a de déposer de tel préavis. C'est maintenant non seulement sur la bien fondé des grèves que l'appareil judiciaire entend agir, mais aussi sur la nature des revendications.'

Il y aurait selon les juges des revendications licites, et d'autres illicites. Celles acceptables par la bourgeoisie et l'économie nationale, et celles (3) qui de par leur nature même soutendent un caractère subversif en portant atteinte à la vie de l'entreprise. Ce recentrage sur l'économique avait déjà été expérimenté contre la célèbre grève des lips avec la revendication d’autogestion. Depuis la crise économique s'est accentuée, l'autogestion est maintenant au musée de l'histoire pour un certain temps, et dans un contexte où le mouvement gréviste est faible, l'ouvrier ainsi atomisé doit se tenir tranquille et comprendre " qu'il est dans la même galère que son patron ". C'est tout du moins ce que la CNPF essaye de faire admettre à la classe ouvrière avec son slogan «  L'entreprise d'abord ».

Les "économistes et les promoteurs du « Marketing social » essayent de faire admettre qu"il ne faut plus rien revendiquer,mais aussi que la liquidation des "acquis", la baisse des salaire  réels... est une nécessité pour la survie de l'entreprise.

D'ou cette tirade du CNPF de 1980 qui résume parfaitement la stratégie patronale, qui veut:

"Une société où la réalisation des besoins, humains fondamentaux, en dehors des besoins matériels de base (besoins d'affirmation de moi, mais aussi identification avec les autres, d'unité psychologique et d'enracinement social) passeraient de moins en moins par des actes de consommations matérielles (achat d'une voiture, la course à la richesse... (Impasse Capitaliste.)

Quelques années se sont écoulées depuis cette tirade, et la "renonciation à la richesse " -c'est à la classe ouvrière qu'elle s’ adresse-. La classe capitaliste a tout fait pour que la classe ouvrière perde pied dans son combat économique et social. Pour y parvenir la CNPF oeuvra pour que la classe ouvrière ne se sente plus exploité, il veut libérer l'ouvrier par restriction mentale. Ce n'est plus l'exploitation qu'il faut supprimer « c'est le sentiment d'exploitation la sentiment d'infériorité... »Tout ceci n'est que l'apologie d'une nouvelle mystique du travail qui a pour base sociologique " la lutte de tous contre tous ". Le discours actuel des " GAGNEURS" sur la méritocratie, la compétence, la performance, les cercles de qualité, la formation économique... en témoigne.

Malgré tout le battage fait pour instruire et civiliser économiquement les ouvriers, les former (aux licenciements) ou les déformer, les nationaliser ou les privatiser, le capitalisme populaire vient d'en prendre un sérieux coup avec l'effondrement boursier. Tous ceux qui s"enivraient avec l'intéressement, l'actionnariat et nous prônaient " LA RELIGION D ENTREPRISE "sont passés du confessionnal au purgatoire. Toute la politique des gagneurs se trouvait ruinée et en prime une grève (qui durera un mois) éclatait à la BANQUE DE FRANCE.

Pourtant, rien n"avait été laissé au hasard pour nous faire entrer en " religion ". L"esprit " gagneur "était présent partout pour remonter le moral des troupes en prévision de la grande croisade économique de 1992. Par le truchement des jeux, celui de la pub. par l'entremise du sport, le "gagneur " et surtout le vainqueur était partout, même les syndicats comme FO et la CGT se présentent comme "l e syndicat qui gagne". Dans les entreprises la relais est pris par le " marketing social'' dont l'objectif est d'effectuer un contrôle permanent du climat social dans les entreprises. Sondages réguliers, publicité sociale, vidéo d'entreprise, téléphone, EAO, journaux et tracts d'entreprise sont utilisés à cette fin.

LES SYNDICATS DÉFENDENT LE DROIT CONTRE LA GREVE.

Les syndicats, en tant que bureaucratie d" Etat, sont avant tout les défenseurs de l"économie nationale. Cela fait des lustres, que les syndicats acceptent de tenir compte de la sacro sainte économie nationale, qu"ils ne tarissent pas de défendre le service public (leur sinécure) contre les grèves. D'autre part n'ont ils pas tous, CGT comprise signé toutes les conventions contre les chômeurs, limités les revendications salariales au simple maintien du pouvoir d'achat sur Indice INSEE (indice truqué) pour ensuite en arriver à la désindexation des salaires sur les prix. Même les trotskistes ont rengainé l’arme de l'échelle mobile des salaires du programme de transition du prophète. Ils se sont tous coulés dans la gestion des comités d'entreprises qu'ils condamnaient en 1968.

La CFDT et la CGT n'ont elles pas fait l'éloge des lois AUROUX, n'ont-elles pas envoyé les ouvriers collaborer à la bonne marche de I' entreprise ('droit d'expression et conseils dl' ateliers). N'ont elles pas recentré leurs activités vers le dépouillement des livres de comptes ...

L'AUTOGESTION, le contrôle ouvrier et toutes ses belles réformes n"ont elles pas conduit la classe ouvrière dans l'impasse. Les lois Auroux, bien avant le tribunal de Créteil avaient pour objectif de mettre la muselière aux revendications quantitatives".

Encore une fois l'abstinence était mise en avant, et notamment par la CFDT qui se fera l' apôtre du qualitatif contre le quantitatif, dont GISCARD président de la république de l'époque disait), il faut

" La dépassement de la quantité vers la qualité du niveau de vie vers la genre de vie, de la rémunération du travail vers le contenu et le sens du travail " (la démocratie française 1976)

Bien avant le tribunal de Créteil, les syndicats prônaient l'austérité et la rigueur salariale. Dans un élan malheureux, E. MAIRE le leader de la CFDT trahissait sa pensée profonde-

."La vieille mythologie syndicale de la grève a vécu " Nov. 1985.

Il est de toute évidence que la défense du "droit de grève ",est dans l'esprit,syndical, une attaque en règle contre la grève elle-même.

« En réglementant la grève, le législateur renforcerait le caractère organisé de la grève syndicale, dont il accentuerait le caractère légal, alors que la grève sauvage deviendrait complètement illicite. Il renforcerait du même coup le pouvoir des syndicats, à qui il reconnaîtrait, en quelque sorte le monopole de la grève licite. » (Etudes Sociales et Syndicales)

Ce texte, résume fort bien le sans profond de la défense syndicale de la grève il fait d'ailleurs écho à une déclaration du BOBBY GODBELL le porte parole de la plus importante Cie minière d'Afrique du Sud

­

" Ce test (la grève) dont nous faisons présentement l'expérience doit ouvrir le chemin pour définir un cadre dans lequel la communauté blanche des affaires et les travailleurs noirs pourront partager le pouvoir. Dans cette grève, nous ne voulons pas détruire le syndicat. Ce qui importe, c'est de trouver un modèle de négociation (dans lequel les grèves seront impliquées bien sûr) qui nous donne la possibilité de les intégrer ''

Il s'agit en fait d'organiser le combat contre la grève elle même c'est à dire contre les grèves de solidarité (Grande Bretagne), les COBAS (Italie) la grève` des cheminots français de 86 et des mineurs d'Afrique du Sud ...Il s'agit de domestiquer la grève.

LE DROIT DE GREVE CONTRE LA GREVE.

Le droit est toujours la sanction codifiée d'une atteinte à la .liberté. Envisager la lutte de la classe ouvrière sous l'angle de la défense ou de l'acquisition d'un droit, c"est d'une manière comme d'une autre rechercher la conciliation avec l'Etat. Sur le plan directement pratique, c'est demander à la classe ouvrière, non pas de détruire la société bourgeoise (l’Etat de droits)  mais de s'en accommoder. S'en accommoder c'est le credo de tous les réformistes qui ne considèrent la classe ouvrière uniquement comme classe en soi, c'est à dire comme une addition de citoyen libre ayant pour caractéristique de vendre honnêtement leur force de travail. La classe ouvrière n'est alors qu'une classe exploitée et misérable dont le seul combat acceptable consisterait à lutter pour le respect des lois.

C'est se misérable objectif que les syndicats et réformateurs de tous bords offrent à la classe ouvrière au moment même ou le contraste social étend son horizon. De l'Est à l"Ouest et du Nord au Sud on s'arrache la dépouille de la défense des droits de l'homme et des droits démocratiques, chacun accusant l’autre, preuves à l'appui d'être un ogre sanguinaire.

C'est ainsi que dans le cadre de I"offensive lancée par Moscou, le PCF et la CGT mènent une véritable croisade en faveur des droits.

-Droit d'expression sur le bon fonctionnement des entreprises)

-Droit au travail et donc à I"exploitation perpétuelle.)

-Droit de vote pour les immigrés (et donc leur assimilation comme citoyen du Capital) ...

-Droit de grève (et donc réglementation et limitation de la grève.)

 

Pour nous, quand la bourgeoisie parle de droit, il s"agit pour elle de la défense de la propriété privée, de l'individu possédant. La bourgeoisie considère donc le "droit de grève'' comme une protection (un vaccin) contre les vraies grèves. De même elle considère le "droit au travail" comme une protection du Capital c'est à dire le droit à l'exploitation de l'homme par l'homme.

Revendiquer " le droit au travail, c'est revendiquer l'exploitation au lieu d'agir pour son abolition.

Les représentants de l'ordre capitaliste, se moquent totalement que les ouvriers soient sans ressource, pour la bonne et simple raison que la paupérisation à un pôle est la conséquence directe de l'accumulation de richesse à l'autre pôle. Il est dans la nature même du capital de procéder de la sorte, c'est pourquoi nous affirmons :

« LE PROLETARIAT NE PEUT ETRE LIBRE GRACE À LA LOI

MAIS EN DEPIT DE LA LOI. »

Reconnaître le droit, en prendre sa défense contre les abus, c'est ne rien comprendre au rapport social entre bourgeoisie et prolétariat. Le rapport de droit c'est celui du citoyen seul, atomisé sans défense, propriétaire de sa seule force de travail, qu’il échange de force à un employeur. Le rapport social est un rapport de force et ce rapport de force a justement pour caractéristique de violer les lois.

Toute l"histoire du mouvement gréviste va dans ce sens, des premières grèves des constructeurs de pyramides, qui se révoltaient régulièrement contre les conditions sociales de l'époque2 (4) en passant par les grèves de la Grèce et de la, Rome antique ainsi que par celle qui sévissaient sur les chantiers des cathédrales, la grève fut toujours un fléau pour les classes au pouvoir.

Depuis, malgré les répressions les plus horribles, malgré de véritables boucheries, la grève est toujours là, bien vivante  traversant les siècles et s'affirmant chaque jour davantage avec: un succès qui fait pâlir les marchands d'idéologies.

Toute l'histoire du mouvement gréviste n'est que répression (législative et exécutive). Sous le règne de François ler, suite à une longue grève des imprimeurs lyonnais, l"ordonnance dite de Villers-Catterêts, interdira les coalitions et le "monopole" (non donné à l"Époque à la grève). La révolution française, dès ses premiers" pas maudissait la grève. Tous les efforts de la constituante pour mettre un terme à la grève vont culminer la 22 octobre 1789 par la mise en place par Mirabeau d'un décret accordant aux municipalités la droit de proclamer la loi martiale. Ceci devait conduire la 14 juin 1791 à la fameuse loi le CHAPELIER, dont voici un extrait :

« Tous attroupements composés d"artisans, ouvriers, compagnons,, journaliers ou excités par eux contre le libre exercice de l'industrie et du travail, appartenant à toutes sortes de personnes et sous toute espèce de conditions convenues de gré à gré, au contre l'action de la police, et à l"exécution des jugements rendus un cette matière, ainsi que contre les enchère et adjudications publiques de diverses entreprises, seront tenus pour attroupement séditieux et, comme tels, ils seront dissipés par les dépositaires de la force publique, sur les réquisitions légales qui leur en seront faites, et punis selon la rigueur des lois sur les auteurs, instigateurs et chefs des dits attroupements et sur tous ceux qui auront commis des voies de fait et des actes de violence. »

Prendre la défense du droit, alors que la bourgeoisie et le prolétariat s'affrontent de nouveau directement, c'est en fait désarmer la classe ouvrière pour Ia faire sombrer dans le fabianisme 3 ). C'est dire aux ouvriers, vous avez des droits mais aussi des devoirs 4(6), et parmi ces devoirs celui de

travailler, d"avoir des revendications raisonnables et de faire des grèves syndicales.

Il n'y a qu"à prendre n'importe qu"elle grève digne de ce nom pour se rendre compte que les ouvriers en action n"en ont rien a foutre des DROITS ET DEVOIRS même si le 3ème couplet de « l'internationale » en parle. La première chose que font les ouvriers en grève, c'est d'occuper l"usine dans laquelle ils travaillent, c'est à dire qu'ils procèdent selon la loi à une violation de domicile, ensuite ils s"attaquent aux "jaunes" les anti-grévistes et donc à la sacro sainte LIBERTE DU TRAVAIL.

En procédant de la sorte ils s'attaquent à la CONSTITUTION qui se doit de faire respecter cette "liberté". D'autre part il est fréquent de retenir et de séquestrer les dirigeants d'entreprises, pour la bourgeoisie il s’agit d'une atteinte à la liberté individuelle et donc d'une prise d'otage. Il suffit de voir comment lors d'une simple retenue dans ses bureaux, le gouverneur de la Banque de France a procédé (300 CRS contre 150 grévistes, 5 blessés chez les grévistes dont un gravement) pour comprendre que par essence la grève est toujours hors des lois et quelle s'impose comme telle.

La grève dans sa réalité est la matérialisation de I"opposition du prolétariat au Capital et à ce qui l'engendre le travail salarié.


LA GREVE COMME GENESE DE L INTERNATIONALISME.

La grève est l'essence même de la tendance historique des classes opprimées et exploitées vers la révolution sociale. Elle ne saurait donc dans la réalité n'être limitée par aucune loi et ce, depuis plus de 3000 ans. De même les ouvriers ne sauraient limiter leurs revendications sociales à la hauteur des pertes du Capital sans se condamner aux mêmes à la déchéance et à la misère. C'est pourquoi, les internationalistes ont toujours fustigé les prétentions des "économistes" à vouloir convaincre la classe ouvrière aux restrictions. Marx dans « Misère de la philosophie " passe au crible les arguments des économistes socialistes contre les "coalitions ouvrières" et notamment le sieur Proudhon qui trouve.

" Que depuis quelques temps les ouvriers anglais ont perdu l'habitude des coalitions, ce qui est assurément un progrès, dont on ne peut que les féliciter mais que cette amélioration dans le moral des ouvriers vient surtout de leur instruction économique ".Ces gens là, ceux d'hier et d' aujourd 'hui ne voient dans la misère que la misère et non l'aspect subversif, révolutionnaire, des grèves et coalitions ouvrières.

Ils ne peuvent admettre que les ouvriers exigent des revendications qui ne tiendraient pas compte de la situation économique. Les communistes par contre. "doivent défendre ces revendications dans la lutte des masses sans s'inquiéter de savoir si elles sont compatibles ou non avec l'exploitation usuraire de la classe capitaliste III éme congrès de L' I.C.)

Par son aspect totalisant et organique, la grève est une situation insupportable pour l’ordre en place, parce que non seulement elle dépasse les volontés individuelles, mais aussi la volonté générale incarnée par l'Etat. C"est pour cette raison,qu"à l’0uest comme à l"Est la grève apparaît comme anti constitutionnelle et liberticide, comme un complot permanent contre l'ordre public, comme une déraison de l'ordre de la raison. La grève, est le moyen d'action historique de la classe ouvrière, la genèse et le mode de vie du prolétariat contre la non vie du Capital. Elle se présente donc (la grève) comme l'expression organique d"une volonté ancestrale inscrivant dans son action la lutte des classes et son dépassement, la rupture avec l'ordre des choses.

La grève est un état de fait, elle ne s'envisage pas sous l’angle de la légalité et du droit puisque dans son essence même, elle en est la négation critique. Que la classe bourgeoise cherche justement à mouler sa constitution sur le degré du lutte atteint, c'est son problème (sa manière de duper les ouvriers).Prenons comme exemple la grande grève de Corée du Sud, ou tous les interdits concernant la grève ont volé en éclats, de même récemment, en Grande Bretagne ou la grève de solidarité (interdite par la loi) s’est imposée. La défense de la grève n'est donc pas une question de droit (sauf pour les grèves syndicales) mais une question de force et d'organisation du prolétariat et par son coté dictatorial, la grève vous fait savoir messieurs les bourgeois.

« QU’IL EST INTERDIT D’INTERDIRE. »


Gérard Bad 1988

 

 

1 Le lundi 26 octobre 1987 à 16h les ouvriers du magasin de pièces de rechange de Renault (MPR de la Commune de Cergy qui faisaient grève ont été l’objet d’une véritable descente militaro/ policière. Un commando d’une centaine de nervis armés, couvert par la police, l’envoi d’hélicoptères de « l’amirauté » venant de Brest… Tout cela pour briser la grève et enlever quelques remorques et autres matériel de l’intérieur de l’entreprise. Une dernière, Paris et Bonn viennent de se mettre d’ accord pour la fabrication d’ un hélicoptère de combat ; ils en auront  besoin.

 

2 Il s'agit des grèves de l'époque de Ramsés III voir a ce sujet : "Histoire ancienne des peuples d'Orient classique Il Maspéro T 2 et «  la classe ouvrière sous les pharaons «  de Della monica 1975.

 

3 Fabianisme: La société' fabienne, Fondée en 1884 était u n organisation réformiste typique offrant une alternative au Marxisme. Ses membres se réclamaient du général romain Fabius Cunctator ( le temporisateur) dont toute la tactique contre Hannibal consista à éviter la bataille décisive. Les fabianistes opposaient en tant que socialistes " l"évolution " à la révolution H. Léon JOUHAUX le 21 juillet 1919 alors que la poussée révolutionnaire est un fait établi dira en bon concrétisateur du fabianisme :

« La Révolution, est-ce l"acte catastrophique qui détermine l'écroulement d'un système. Ou est-ce, au contraire, le long processus d"évolution qui, peu à peu  pénètre ce système ; l'action qui a sapé un régime et qui dans le sein même de ce régime, a constitué l’organisme nouveau. C"est là qu"est la Révolution pour les révolutionnaires conscients et cela n’a jamais été autre chose »

 

4 Dans le préambule des statuts de la 1ére Internationale, il est dit que la classe ouvrière doit se battre pour l'établissement de "DROITS ET DEVOIRS EGAUX ". Il s"agit la d’une concession de Marx aux proudhoniens comme en témoigne la lettre à Engels du 4 novembre 1884:

« J'ai été obligé d"accueillir dans le préambule des statuts, deux tirades sur le droit et devoir, ainsi que la vérité, la morale, et la justice, mais je les ait placées de telle sorte quelles ne causent pas de dommages.''

 

 

Posté par spartacus1918 à 08:52 - Grèves et droit de grève - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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