SPARTACUS

Information sur le mouvement des conseils ouvriers de la gauche germano-Hollandaise, ainsi que sur la lutte de classe dans le monde. voir en complément le site MONDIALISME. Pour correspondre:

08 décembre 2009

GRECE: journées d' émeute

le_jura_libertaireDimanche 6 décembre 2009 7 06 12 2009 15:19

Premiers échos de la journée du 6 décembre à Athènes et à Thessalonique

 

Grèce : incidents lors de manifestations, plus de 100 arrestations

Des heurts ont éclaté dimanche à Athènes et Salonique des milliers de jeunes manifestants commémorant la mort d’un adolescent tué par un policier il y a un an et les forces de lordre, qui ont arrêté plus dune centaine de personnes, selon la police et les médias.


La mort du jeune Alexis Grigoropoulos, tué par balles à Athènes dans la soirée du 6 décembre 2008, avait déclenché l
hiver dernier des violences urbaines inédites dans le pays qui avaient duré près dun mois, radicalisant une frange de la mouvance contestataire.


À Athènes, les incidents se poursuivaient en milieu d
après-midi après la manifestation entre quelques dizaines de jeunes et la police.

50566828Mardi 8 décembre 2009 2 08 12 2009 16:53

La Bataille d'Athènes

 

La violence avec laquelle sont réprimées les manifestations liées à la commémoration de l’assassinat d’Alexis Grigoropoulos ne sont pas une réelle surprise pour les camarades grec-que-s. À tel point que la traduction de ce texte du groupe révolutionnaire «flesh machine // ego te provoco // comrades» est tristement d’actualité. La contre-insurrection-qui-vient analysée quelques jours avant le début des festivités.

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14 novembre 2009

Zambie :Émeutes ouvrières dans la mine de cuivre de Konkola Copper Mines.

mineur_afriquePatronat et syndicat gèrent la crise.

C 'est à partir,de tensions sur le prix de la force de travail , dans les mines de Zambie qu'une émeute va éclater. Quelques temps avant son  décès  le président de la Zambie,(Levy Mwanawasa),   avait rencontré les dirigeants de l'Union minière, tant il était inquiet de la situation de ce secteur sous pression sociale. Cette rencontre visait à envisager des mesures de paix sociale pour empêcher les grèves dans cette l'industrie1, pour ne pas décourager les nouveaux investissements.

En effet la situation dans les mines de cuivre,  visant à augmenter les salaires,  était d' autant plus critique, que tous savaient  que les mines de cuivres faisaient d' énormes bénéfices du fait du boom des métaux dans le monde. 

Le ministre des Mines, fut chargé d' endiguer le mécontentement, à cet effet il avait même  élaboré une politique d' actionnariat permettant d'acheter des actions dans le cuivre et les mines de vastes cobalt, quant au syndicat il se positionnait nettement contre l' action des ouvriers.

«Nous avons eu des discussions cordiales avec le président et présenté nos vues sur les récentes grèves parce que parfois nous (les syndicats) sont accusés d'incitation à la grève des travailleurs. Nous voulons empêcher les grèves à venir par le dialogue" Oswell Munyenyembe, secrétaire de la Muz, à Reuters .

Dans ces conditions , la grève ne pouvait éclater qu' en dehors et contre le syndicat, sous la forme maintenant systématique d' une explosion de colère visant directement les exploiteurs  et leurs représentants.

A  KCM, le mouvement  s' enclenchera, quand  des travailleurs de l'exploitation Nchanga refusèrent de prendre leur poste, en exigeant qu'il leur soit communiqué le résultat des négociations salariales. La situation était tendue, et des pierres commençérent à fuser de tous cotés, deux camions à benne appartenant à des entrepreneurs  furent endommagés . Seize maisons et trois voitures appartenant à des familles d'expatriés ont également été atteintes. Des mineurs, selon Kharkar le porte-parole de KCM, ont aussi brûlé deux véhicules et démoli des abris pour les employés d'un entrepreneur chinois . Un responsable du gouvernement a déclaré que les travailleurs, qui réclament des salaires plus élevés, ont également pillé des magasins dans la mine.

Rahur Kharkar a déclaré vouloir déplacer des mineurs impliqués dans la grève à l'entreprise Nchanga Unité opérationnelle intégrée avait arrêté les opérations de l'usine de résidus de lixiviation, Nchanga mine souterraine et le concentrateur.

Kharkar  c 'est immédiatement rabattu sur le syndicat (la Mine Workers Union of Zambia (MUZ) et a tenu des pourparlers d'urgence pour trouver des moyens de mettre fin à la grève.

Selon Kharkar, avec l'aide de la police des mines et de la Zambie, les émeutes ont été placées sous contrôle. De son coté,le Secrétaire général du syndicat Oswell Munyenyembe a déclaré que la police avait arrêté 30 personnes , après les émeutes et que "Le syndicat ne peut pas soutenir toute forme de violence et nous vérifions que les policiers rapportent que toutes les personnes arrêtées sont des mineurs», (Munyenyembe  à Reuters)

"La production a repris. Nous avons convenu avec les syndicats à mettre tout en ordre ", a déclaré Rahul Kharkar .


Rappel de quelques grèves en Afrique.

Afrique du Sud – L’effondrement du marché automobile a réduit l’utilisation du platine industriel. Une seule firme, Lomain, licencie 5 500 travailleurs dans 32 de ses mines. Misère en cascade car immigrés ou pas, on calcule que pour 30 % d’entre eux, un seul travailleur fait vivre 8 personnes. L’industrie textile connaît les mêmes problèmes qu’en Chine avec le refoulement des migrants intérieurs et immigrants des pays voisins.

Liberia * - 27/3/2009 - 3 000 travailleurs de la plus grande plantation d’hévéas, en grève depuis plusieurs semaines, séquestrent le sénateur de la région qui tire lui-même dans la foule alors que la police attaque pour le délivrer.

Afrique du Sud ’*3/6/2009 ’61 tués dans l’incendie d’une mine illégale abandonnée par Harmony Gold Mining.

Afrique du Sud –* 27/7/2009 ’Sur fond d’agitation sociale avec des grèves dans de nombreux secteurs, émeutes depuis le début de l’année dans les townships où vivent plus d’un million de parias. Plus de 25 manifestations violentes contre les conditions de vie (pas d’eau potable, pas d’électricité, pas de sanitaire). À Thokoza, à 40 km de Johannesburg, le 28 juillet, barrages de pneus enflammés, incendie d’une clinique, de bibliothèque. À 300 km de Johannesburg dans un autre township, la police est lapidée et répond violemment, des blessés. À Balfour (80 km de Johannesburg), les pillages, l’incendie de magasins et de voitures sont aussi violemment réprimés (des dizaines de blessés, des centaines d’arrestations). À Durban (port du nord), un mouvement des chômeurs sud-africains (SAUPM) oganise le pillage des supermarchés : 94 arrestations. La liste peut être allongée presque à l’infini.

note

1 En juillet 2009, une grève de quatre jours avait paralysé  la mine de cuivre Kansanshi, une division de First Quantum Minerals (FM.TO).

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10 novembre 2009

Un article de Cajo Brendel, A. Vega

Signification de la révolte de Juin 1953 en Allemagne orientale

Les événements de juin 1953 en Allemagne Orientale sont une manifestation de la crise générale du bloc russe. L’élément essentiel de cette crise est la résistance de la classe ouvrière à l’exploitation de la bureaucratie (1).

Le mouvement d’Allemagne fait écho aux grèves de Tchécoslovaquie, à la sourde opposition des ouvriers russes qui a déterminé les récentes concessions du régime en U.R.S.S.

L’élément fondamental de la production, le prolétariat, refuse de collaborer à des tâches qu’il ne reconnaît plus comme les siennes. La division du régime bureaucratique en classes et l’antagonisme irréductible des intérêts de ces classes, apparaissent au grand jour.

Cliquer pour la suite

http://www.mondialisme.org/spip.php?article972

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30 septembre 2009

Les travailleurs de Kraft,ex Terrabusi continuent la lutte malgré l’opposition de la direction de la CGT.


capladimanche 27 septembre 2009, par Petro .Les syndicalistes ont tenu une assemblée et ensuite ont communiqué un nouveau plan de lutte qu’ils réaliseront lundi prochain. Le délégué Ramon Bogado a confirmé qu’à 5 heures du matin lundi, "tous les employés, y compris les licenciés" se rassembleront devant l’ex-Terrabusi pour exiger l’entrée sans discrimination du personnel pour tenir une assemblée dans laquelle sera lancée la grève et dans l’après-midi participeront à une mobilisation Place de Mai.

"Le conflit en est au même point que vendredi. La seule différence c’est qu’ils nous ont frappé et expulsé de la fabrique mais les travailleurs licenciés n’ont pas été réincorporés", a affirmé Bogado.

Des membres d’organisations ouvrières, un secteur de la Centrale des Travailleurs Argentins (CTA), des étudiants de l’intérieur du pays et des organisations de défense des Droits de l’Homme soutiendront ce lundi, depuis 5 heures, les ouvriers de Kraft Terrabusi.

De son côté, la CGT (centrale syndicale alliée au gouvernement) a exprimé sa préoccupation pour la "multiplication de conflits et de débordements" syndicaux ces dernières semaines."

La centrale ouvrière a manifesté à travers d’un communiqué sa "croissante préoccupation" devant les constantes protestations syndicales. Elle a appelé les travailleurs à ne pas tomber dans dans "la provocation et les revendications démesurée". Elle a demandé aux entrepreneurs et aux syndicalistes d’ éviter des débordements".

Mardi 13 Octobre à 19 heures 30 Soirée débat autour du Film Nacion Mapuce dans le cadre de la semaine de Solidarité avec les peuples autochtones d’Amérique

CALPA organise une soirée d’information et de débat pour faire connaitre la situation des peuples autochtones en Argentine, et en particulier du peuple Mapuche autour du film de Fausta Quattrini Nacion Mapuce. CICP 21ter rue Voltaire, 75011 Paris Métro Rue des Boulets

Deux brochures d' Echanges en Ligne cliquer ci dessous

Le mouvement des piqueteros. Argentine 1994-2006 (1)

L’Argentine, de la paupérisation à la révolte : une avancée vers l’autonomie

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29 septembre 2009

les 2.600 ouvriers de Kraft Foods Argentine luttent contre le licenciement

Depuis le 18 août les 2.600 ouvriers de Kraft Foods Argentine luttent contre 
le licenciement de 160 travailleurs par la direction de l’entreprise. Kraft Foods
Corporation est la seconde multinationale du secteur agroalimentaire
au monde derrière Nestlé et la première aux États-Unis. L’usine de General Pacheco,
dans la banlieue Nord de Buenos Aires, est la principale usine agroalimentaire
d’Argentine, une des plus importantes du cordon industriel de la périphérie Nord
de la capitale. Kraft Foods Argentine essaie de se débarrasser par le biais de ces
licenciements des syndicalistes combatifs qui, au sein de l’usine, mènent un combat
très dur en défense de la dignité et des droits des travailleurs.

Vendredi 25 septembre, au 38ème jour de grève, les forces de répression sont
intervenuespour déloger les ouvriers qui occupaient l’usine et réprimer ceux qui
manifestaient à l’extérieur, arrêtant 60 travailleurs. C’est à coups de charges de
la police montée et avec des brigades de chiens de combat que la  police de Buenos
Aires a mené cette opération d’une extrême violence. La répression, ordonnée par
le gouvernement Kirchner en appui à la multinationale Kraft Foods souligne
l’importance de faire parvenir aux travailleurs en lutte
toute notre solidarité.

C’est en ce sens qu’est organisé un rassemblement de solidarité à Paris devant l’ambassade d’Argentine
(à l’angle de la rue Cimarosa et de l’avenue Kléber, M° Boissière, ligne 6)
jeudi 1er octobre à 18h
A l’appel du CALPA – Comité d’Appui aux Luttes du Peuple Argentin
www.calpa-paris.org –
Vidéo de la lutte
Emeute autour d’une usine de Buenos Aires – septembre 2009

 

 

 

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18 août 2009

La grève de Ssangyong Motors en Corée du Sud : défaite et dure répression.


La grève de Ssangyong Motor Company et l’occupation de l’usine de Pyeongtaek (Corée du Sud) s’est terminée le 5 août après 77 jours de lutte. C’est une défaite pour les 976 ouvriers qui ont pris le 22 mai cette petite usine automobile et l’ont tenue contre des assauts quasi militaires répétés : l’accord signé par le syndic de faillite Park Young-tae et le président de la section locale du syndicat Han Sang-kyun  représente en effet une défaite quasi-totale. C’est même pire que cela, après la capitulation, des douzaines de grévistes ont été arrêtés et interrogés par la police en vue de possibles poursuites pour activités criminelles ; ceci indépendamment  d’un procès monstre contre le syndicat Korean Metal Workers pour 45 millions de dollars d’indemnisation et probablement d’autres procès distincts contre des grévistes rendus responsables de déprédations occasionnées par la grève. Au-delà  d’une victoire antérieure et plus dramatique contre des protestations populaires il y a un an et demi (ne faites pas de prisonniers), le gouvernement coréen de Lee Myong Bak (droite dure) montre ainsi par de telles mesures, son intention de passer au rouleau compresseur toute résistance potentielle éventuelle à une gouvernance indéfectible en faveur du grand capital.

La grève de Ssangyong fait écho de diverses manières à la dynamique des luttes  montrée dans celle de Visteon au Royaume Uni et dans toutes les batailles autour des restructurations de l’industrie automobile de par le monde.Impliquant la prise immédiate de l’usine, son occupation et, dans sa défense, de violents affrontements avec la police, les sbires patronaux et les jaunes , cette grève est la première lutte de cette dimension en Corée du Sud depuis des années. Sa défaite – qui suit une longue série de défaites dans les années écoulées – n’est guère un bon présage pour des résistances futures.

Ssangyong Motor Company a été reprise il y a trois ans par la firme chinoise Shanghai Automotive Industry Corporation qui détient 51% du capital. A cette époque, l’usine de Pyeongtaek (située environ à 45 minutes de Séoul)  employait 8 700 travailleurs ; au début de la grève, ils étaient seulement 7 000. En février dernier, la firme coréenne  s’est mise en faillite,  proposant une restructuration et offrant l’usine de Pyeongtaek en garantie pour de futurs emprunts lui permettant de sortir de la faillite. Le tribunal approuva ce plan impliquant des licenciements pour que la firme redevienne profitable.

La stratégie du management semble avoir été  sur le long terme de réduire progressivement les effectifs et de transférer les technologies en Chine. Depuis la prise de contrôle par la firme chinoise, celle-ci n’a procédé à aucun nouvel  investissement chez Ssangyong Motors et n’a lancé aucun nouveau modèle ( les procureurs coréens ont questionné la légalité des transferts de technologie en Chine, celles-ci ayant été » développées avec des subsides gouvernementaux mais jusqu’à présent, aucune action n’a été engagée à ce sujet). En décembre 2008, il y eut une brève action de protestation contre ce transfert de technologies.

Les travailleurs de l’usine répondirent à la mise en faillite de l’usine par des grèves d’avertissements contre les licenciements prévus. Ces grèves limitées se transformèrent, lorsque le plan de licenciement fut dévoilé, le 22 mai en une grève pleine et entière, avec prise de l’usine et occupation par les 1 700 travailleurs.  Au programme, trois principales  revendications : pas de licenciements, pas de travail temporaire et pas de sous-traitance. La firme cherchait à contraindre 1 700 ouvriers à prendre une retraite anticipée et licenciait 300 temporaires.

Les travailleurs de Ssangyong sont organisés par le syndicat Korean Metal Workers Union (KMWU) et ils ont travaillé en moyenne 15 à 20 années dans l’usine. Un travailleur permanent  gagne approximativement un salaire annuel de base de 30 000 000 won ( environ 25 000$)  un temporaire ne gagne que 15 000 000 won pour le même travail ( en Corée , le salaire de base est seulement une fraction du salaire qui comprend des primes ( pour les permanents- et un chiffre significatif d’heures supplémentaires  à taux majoré ; souvent 10 heures par semaine qui sont acceptées et souvent souhaitées par la plupart des travailleurs comme un supplément de salaire nécessaire)

A la mi-juin environ 1 000 travailleurs poursuivaient l’occupation avec femmes et enfants apportant la nourriture. Environ 5 000 travailleurs restaient à la maison et environ 1 000 cadres et jaunes travaillaient à faire uniquement de l’entretien car aucune voiture ne sortait des chaînes depuis les débuts de l’occupation.

Dans les premières semaines de l’occupation, la police n’était guère présente à Pyeongtaek. C’était en partie à cause de la crise politique qui avait suivi le récent suicide de l’ex président Noh Mu Hyeon et des manifestations qui s’ensuivirent exprimant la colère croissante contre le gouvernement de droite de Lee Myong Bak. Ce gouvernement, élu en Décembre 2007 sur un programme de  fort développement économique et déjà quelque peu discrédité par des mesures spectaculaires répétées en faveur des riches et par la crise mondiale fut tout d’abord quelque peu désarçonné  par l’importance de l’attaque  des manifestations mobilisant jusqu’à un million de participants. Après  que l’intervention de la police des émeutes lors des funérailles de Noh eut provoqué une nouvelle flambée de colère et fait descendre encore plus de manifestants dans les rues, le gouvernement tout d’abord ne voulut pas risquer un nouveau revers en lançant immédiatement l’assaut contre l’usine de Pyeongtaek.

Le 16 juin, une importante  manifestation   anti-grève rassembla plus de 1 500 protestataires devant les portes de l’usine. Y participaient 1 000 cadres, les jaunes, 200 hommes de mains et 300 travailleurs qui ne figuraient pas sur les listes de licenciement et ne soutenaient pas la grève. 400 de la police des émeutes étaient stationnées non loin de là, ne bougeant pas et finalement, la manifestation des jaunes  fut déclarée illégale, apparemment par crainte que les grévistes et leurs supporters les attaquent.

Lors de cette manifestation de jaunes environ 7 à 800 travailleurs des usines voisines, comme Kia Motor Company vinrent pour défendre l’usine en partie répondant à l’appel du KMWU

Les travailleurs occupant l’usine firent des plans pour une défense armée contre les tentatives que pourrait faire la police pour reconquérir l’usine, stockant des barres de fer et des cocktails Molotov . Comme position de repli éventuel, ils se concentrèrent sur le département de peinture où ils pensaient se trouvaient des matériaux inflammables qui dissuaderait la police d’utiliser des bombes lacrymogènes  susceptibles se provoquer une explosion (c’était une bonne idée comme on le verra plus tard mais finalement elle s’avéra inutile)

J’ai parlé avec un activiste participant à l’occupation qui était très critique quant au rôle du syndicat. Selon lui, le KMWU garda le contrôle de la grève. Pourtant, au contraire du rôle que les syndicats avaient joué dans la lutte de Visteon en Grande Bretagne ou dans  le démantèlement de l’industrie automobile aux Etats-Unis, le KMWU soutint l’action illégale et couvrant l’occupation de l’usine et en  organisant sa défense armée. Mais d’autre part, dans les négociations avec la compagnie, il centra les revendications sur « pas de licenciements » et mit la pédale douce sur la sécurité de l’emploi pour tous et contre la sous-traitance.

Le noyau dur de l’occupation de l’usine reposait sur 50 à 60 groupes de base de 10 travailleurs qui chacun avaient élu un délégué pour coordonner les actions. Selon le même activiste, ces délégués étaient les travailleurs les plus combatifs et les plus conscients.

Une fois de plus, la grève a bénéficié à l’origine d’un climat politique favorable qui mettait le gouvernement coréen sur la défensive mais il se redresse maintenant avec ma crise profonde de l’industrie automobile et la crise économique mondiale. L’usine voisine de Kia Motor Company était elle- même en pleines négociations critiques  pour des mesures  permettant de faire face à la crise et GM-Daewoo est  menacée par la réorganisation mondiale de GM . La stratégie de la firme, comme dans le cas de Visteon, a été au mieux une guerre d’usure (déjà amorce dès 2006) ou même une fermeture immédiate de l’usine.

Fin juin, le gouvernement et la compagnie abandonnèrent leur position attentiste et commencèrent à passer à l’offensive. Le 22 juin des poursuites judiciaires étaient déjà engagées contre 190 grévistes. Quelques jours plus tard un des travailleurs licencié et lourdement endetté se suicidait. Le climat social et politique continuait à l’alourdir avec des enseignants et des moines attaquant le glissement accéléré du gouvernement vers la droite de plus en plus conservatrice et les forces de l’ordre, sous la férule du parti Hanaradang (ultra nationaliste) brandissant des attaques du genre « sympathisants de la Corée du Nord ». Des manifestations en soutien à la grève se tenaient  périodiquement à Séoul et à Pyeongtaek mais elles  rassemblaient rarement plus de quelques milliers de participants.

Les 26 et 27 juin  gouvernement et employeur reprirent des attaques plus sérieuses : des  hommes de main, des jaunes recrutés parmi les non licenciés et la police des émeutes tentèrent d’entrer dans l’usine. Après de violents combats au cours desquels bien des ouvriers furent blessés, ils parvinrent à conquérir le principal bâtiment de l’usine. Les grévistes occupant l’usine se retranchèrent dans le secteur « peinture » ce qui faisait partie de la stratégie que nous avons évoqué ( en janvier précédent, 5 personnes étaient mortes à Séoul dans un incendie allumé lors d’un affrontement avec la police, ce qui avait déclenché des semaines de manifestations)

Le jour suivant, la compagnie déclara qu’il y avait eu assez de violence (ce qui était une reconnaissance de la résistance pugnace des travailleurs) ; police et mercenaires furent évacués et la firme  demanda au gouvernement de s’impliquer directement dans des négociations.

Après l’attaque des 26 et 27 juin dont le but était d’isoler la lutte de Ssangyong et de briser la grève, des actions solidaires tentèrent d’élargir le soutien aux grévistes hors de l’usine. Ces tentatives comportaient des campagnes de rue, principalement d’organisations familiales dans le centre de Séoul et dans la zone de Pyeongtaek ;  Le KMWU organisa une grève  générale de 4 heures au cours de laquelle les métallos des usines voisines se rassemblèrent devant les portes de l’usine.

Le 1er juillet, l’eau fut coupée dans l’usine ce qui signifiait que les occupants, pour faire face à l’été coréen chaud et humide, devaient récupérer l’eau de pluie et improviser des WC de fortune dans des tonneaux. Alors que les négociations échouaient, toutes les issues de l’usine furent bloquées

Les 4 et 11 juillet, le KCTU (Confédération Coréenne des syndicats) organisa des manifestations nationales en solidarité avec la grève de Ssangyong. Ces actions furent pourtant peu suivies et la direction du KMWU hésita à lancer une grève générale en réponse aux attaques sur l’usine. Les activistes pensent que les dirigeants du KMTU  et du KCTU étaient plus préoccupés par les prochaines élections (927 activistes tinrent une journée de grève de la faim dans le centre de Séoul le 11 juillet) (ma propre expérience m’a enseigné qu’au cours des quatre dernières années de telles actions purement rituelles ont rarement influencé l’issue des luttes, sauf à démontrer leur faiblesse et leur isolement)

Finalement, le 16 juillet, 3 000 membres du KMWU se rassemblent devant l’Hôtel de ville de Pyeongtaek en solidarité avec les grévistes de Ssangyong ; Quand ils tentent de se rendre vers l’usine, ils sont bloqués par la police et 82 ouvriers sont arrêtés. Lors de cette tentative avortée d’atteindre les portes de l’usine en apportant de la nourriture et de l’eau, les sbires de la compagnie s’en prenaient particulièrement aux  bouteilles d’eau.

Les dés furent vraiment jetés le lundi 20 juillet. Un ouvrier de l’usine Kia Motor Company, proche de l’usine en grève et qui vint avec des centaines d’autres pour défendre l’usine attaquée par plus de 3 000 flics, mercenaires et jaunes, décrit ainsi ce qui apparaît comme une véritable opération militaire :

« Ce matin là, à la fin de l’équipe de nuit à 5h30, nous sommes allés aux portes de l’usine Ssangyong où la lutte continuait dans les mêmes conditions que la veille.

Vers 9 ou 10 heures, de nombreux bus de la police des émeutes arrivèrent devant les portes accompagnés d’une vingtaine de voitures de pompiers.

Quand 2 000 flics tentèrent de s’approcher de l’atelier de peinture, les  ouvriers répondirent avec des jets de fronde et des cocktails Molotov. Les frondes envoyaient des boulons et des écrous, avaient un rayon d’action de 200 à 300m et étaient très efficients. Des barrages de pneus enflammés  barraient les entrées et des nuages de fumée noire obscurcissaient le ciel au dessus de l’usine.

La compagnie avait coupé l’approvisionnement en gaz et en eau et avait renforcé le blocage de tout approvisionnement vers l’usine y compris les produits médicaux. Son but paraissait  d’abord d’épuiser les occupants pour les contraindre  à quitter l’atelier de peinture spontanément.

Plus tard, ce jour là, un hélicoptère de la police répandit des gaz lacrymogènes sur les travailleuses qui se battaient sur les toits. »

Le 21 juillet, le KCTU décréta une grève générale  du 22 au 24 juillet et programma une manifestation nationale pour le  samedi 25 juillet. Le KMWU annonça des grèves partielles les 22  et 24 juillet en solidarité avec la grève de Pyeongtaek et les négociations en cours. De telles  grèves, qui sont habituelles pour le KCTU ne sont guères suivies  ou soutenues  et restent dispersées et sans efficacité. Le même ouvrier de Kia qui combattait la police aux portes de l’usine raconte les événements du 22 juillet :

« Nantis d’un jugement du tribunal, le 20 juillet, plus de 3 000 de la police des émeutes, y compris une unité de l’armée, tentèrent de reprendre l’atelier de peinture et sommèrent les ouvriers de l’évacuer.

Devant leur refus, la police lança des attaques répétées contre les occupants  pendant sept jours consécutifs ; ces attaques impliquaient aussi des mercenaires et des jaunes, des ouvriers non licenciés.

La police intensifiait une propagande de chaque instant et un hélicoptère  tournait constamment au dessus de l’usine pour empêcher les ouvriers de dormir et les épuiser nerveusement.

Ils avaient coupé les approvisionnement en eau et en gaz et refusaient l’entrée de toute aide humanitaire (l’électricité n’avait pas été coupée pour empêcher la peinture et autre matériaux inflammables de l’atelier de peinture de se décomposer)

A partir du 21 juillet, la police commença à déverser des gaz lacrymogène par hélicoptère sur ceux qui défendaient sur les toits le secteur de la peinture.

Par intermittence , quand la police des émeute tente d’entrer dans l’atelier de peinture, ils utilisent des fusils spéciaux projetant des pointes chargées de 50 000 volts et les jaunes lancent des projectiles avec des frondes depuis l’immeuble vis-à-vis.

Naturellement, nous nous battons avec des tuyaux de fer et des cocktails Molotov devant l’usine pour défendre la grève.

Fin juillet, environ 700 ouvriers restés dans l’usine  mangeaient comme repas normal des boules de riz avec du sel  et buvaient de l’eau de pluie bouillie. Bien qu’un certain nombre d’entre eux aient été blessés dans la lutte, ils n’en continuaient pas moins à se battre.

Le 20 juillet, la femme d’un cadre du syndicat se suicida  à son domicile. Bien que son mari ne fût pas parmi les licenciés, il n’en participait pas moins à la lutte en dépit des menaces du management. Sa femme avait tout juste 29 ans. A ce moment, conséquence de la lutte, cinq personnes étaient mortes ou s’étaient suicidées.

Le 25  juillet, le KCTU organisa un rassemblement devant la gare de Pyeongtaek. Après, les ouvriers et tous les participants, armés de tuyaux de fer et de pierres trouvées aux alentours s’affrontèrent à la police des émeutes en tentant de gagner l’entrée  l’usine de Ssangyong. Une violente attaque de la police les contraignit de s’en retirer. Les combats se poursuivirent dans la nuit dans les rues de Pyeongtaek.

Nous, membres du KMWU sommes supposés lancer une grève générale de 6 heures le 29 juillet mais nous savons combien il est difficile de mobiliser tous les membres des syndicats pour se lancer dans une telle grève.

Le management garde lui un bon moral en prétendant qu’il a été acculé à la faillite ;

La pression croissante des organisations civiques et de quelques députés,  management et syndicat ont prévu de se rencontrer le 25 juillet. Mais le management a annulé unilatéralement la rencontre pour la seule raison ( prétendue) que les ouvriers continuent de lancer des  boulons et qu’ils ne peuvent accepter la revendication qu’il n’y ait pas de licenciement mais que  tous les travailleurs licenciés  travaillent en rotation avec des périodes de mises à pied temporaires  non payées

Le management rejetait toutes les concessions faites par le syndicat, celui-ci devant accepter seulement les licenciements.

Le 27 juillet, les ouvriers de Ssangyong tinrent une conférence de presse et se rassemblèrent de nouveau devant l’atelier de peinture, échappant pour un moment  à l’atmosphère étouffante des locaux occupés.

Les revendications présentées  lors de cette assemblée étaient :

1) retrait de la police

2) négociations directes avec le management et le gouvernement

3) publication des résultats de l’enquête sur les émissions illégales résultant de la mise en œuvre de la technologie des moteurs diesel hybrides.

Je finirai, en me référant à la dernière partie de la conférence de presse :

Nous avons fait de notre mieux pour que ce conflit soit résolu d’une manière pacifique par le dialogue. Mais si cette répression brutale et mortelle continue, nous déclarons clairement que nous sommes résolus à nous battre jusqu’à la mort.

Tous ceux d’entre nous, ici présents montreront au monde  leur détermination de mourir pas seulement comme des ouvriers mais aussi comme des êtres humains.

Nous combattrons sans fléchir et regagnerons nos droits et finalement, nous retournerons chez nous »

Lors de combats quotidiens du 20 au 27 juillet, police, mercenaires et jaunes ont reconquis toute l’usine sauf l’atelier de peinture. D’importants contingents de police étaient massés dans le bâtiment proche, à quelques mètres de l’entrée de l’atelier de peinture.

Après que les nouvelles négociations eurent de nouveau échouées au cours du week-ends des 1  et 2 août, l’électricité de l’atelier de peinture fut finalement coupée, contraignant les occupants  à utiliser des chandelles la nuit. La bataille finale commença le 3 août et se poursuivit toute la journée du 5. 100 grévistes avaient finalement abandonné l’occupation durant le nuit (beaucoup écoeurés par la violence sans merci de la compagnie et du gouvernement). Lors des négociations finales, le président de la section syndicale accepta la retraite anticipée (licenciement sans indemnisation) pour 52% des occupants, et 48%  en congé sans solde pendant une année et une promesse de réembauche si les conditions économiques l’autorisait. La compagnie paierait aussi 550 000 won de prime mensuelle pendant une année à quelques ouvriers transférés dans les services de vente.

Dans les jours qui suivirent, les affronts s’ajoutèrent aux menaces : des vingtaines d’ouvriers restaient détenus avec des inculpations diverses et des poursuites engagées contre la KMWU pour des dommages intérêts d’un montant de 500 000 000 de won (45 000 000 de dollars). Comme nous l’avons souligné des poursuites peuvent être engagées  d’après la loi coréenne contre les grévistes individuellement les laissant complètement ruinés ; cela s’est déjà vu dans le passé ; La compagnie prétend avoir subi à cause de la grève 316 milliards de won (258,6 millions de dollars) de dommages et perdu la production de 14 600 véhicules.

Cette vengeance calculée du gouvernement et de la compagnie montre une escalade évidente dans l’offensive générale contre une possible opposition. Une année auparavant, au cours de l’été 2008, une grève de 12 mois dans les grands magasins E-Land  s’était terminée par une défaite. Les 10 000 employés qui s’étaient mis en grève  pendant l’été 2007 durent reprendre le travail en acceptant une offre misérable qu’ils avaient initialement rejetée. D’autres avaient déjà abandonné la grève pour trouver un autre emploi. Les employés de E-Land avaient systématiquement occupé les magasins et en plusieurs occasions  s’étaient battus avec la police et les hommes de main de la direction qui tentaient d’introduire des jaunes dans les magasins. Pourtant, après cette défaite, aucune représailles  semblable à ce qui frappe les travailleurs de Ssangyong n’avait été lancée  contre eux.

Le gouvernement de Lee Myong Bak du parti Hanaradang  tire ses origines de la dictature de Park Chung-hee au cours des années 1961-1979, qui furent les années glorieuses de l’émergence de la Corée comme le premier des tigres asiatiques. La fille de Park fut évincée de justesse par Lee comme candidate du parti à la présidence  en 2007. Une vision de la dictature de Park est assez largement teintée de rose, centrée sur le dynamisme économique et minimisant ou ignorant sa répression brutale, s’est largement répandue dans la société coréenne au cours des récentes années. Elle trouve crédit dans une croissance en dents de scie dans les premières années 1990 et surtout depuis la débâcle financière de 1997-1998 quand la Corée sous les fourches caudines du FMI (une des conditions posées par le FMI pour une injection de 57 millions de dollars fut une augmentation considérable du travail temporaire). Le gouvernement Lee non seulement a annulé une taxe sur les transactions immobilières sur les constructions de haut standing imposée par le précédent gouvernement Noh mais il remboursa les impôts collectés à ce titre. Au cours de la grève Ssangyong, il introduisit une loi très contestée sur les médias qui autorisera une concentration dans le style de Rupert Murdoch dans de grands conglomérats qui éliminera les organes plus petits et plus critiques. La fameuse loi sur la sécurité nationale passée en 1948 pendant la guerre civile précédant la guerre de Corée au cours de laquelle des milliers d’opposants de gauche furent massacrés, reste en vigueur et a été récemment utilisée pour arrêter ou bien des groupes socialistes, pour le simple fait d’être socialistes ou bien des libraires vendant ouvertement des livres pro Corée du Nord.

La défaite de Ssangyong ne peut pas être seulement attribuée au rôle ambigu de l’organisation nationale du KMWU qui dès le début du conflit engagea les négociations  dans la voie étroite du thème « pas de licenciements » (position contrastant avec celle du président de la section syndicale de l’usine qui à la fin signa le document de capitulation et resta dans l’usine occupée jusqu’à la fin alors même qu’il n’était pas sur la liste des licenciements). La défaite ne peut pas plus être expliquée entièrement par l’atmosphère due à la crise économique. Ces deux facteurs ont joué sans aucun doute un rôle majeur. Mais par-dessus tout et au-delà de leur impact indéniable , c’est la condition de la classe ouvrière coréenne, une année d’emploi, une année de chômage, avec le travail temporaire qui touche maintenant plus de 50 % de la force de travail qui est au centre de dette défaite. (1) Des milliers de travailleurs des usines voisines vinrent constamment en aides aux grévistes de Ssangyong mais cela ne suffisait pas. . Leur défaite, en dépit de leur héroïsme et de leur obstination,  approfondira seulement la démoralisation régnante jusqu’à ce qu’une stratégie se développe qui puisse mobiliser de larges couches se soutien, pas seulement pour lutter dans des batailles défensives mais pour aller à l’offensive.

L.G.

(1) voir l’article “The Korean Working Class ;  From Mass strike to casualization and retreat , 1987-2007” on the Break Their Haughty Power web site : http://home.earthlink.net/~lrgoldner ( en anglais)

La grève de Ssangyong Motors en Corée du Sud

 

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29 juillet 2009

La lutte à Ssangyong Motor (Corée du Sud) continue

Voici un nouveau message recu lundi matin le 27juillet 2009 d'un ouvrier coréen qui participe a la défense of l'usine Ssangyong, occupée depuis le 22 mai par 800-1000 ouvriers.
Loren

Ce témoignage nous a été envoyé par un travailleur d’une usine voisine qui soutient la grève.

(Pour ceux qui entendent parler de cette grève pour la première fois, elle concerne une occupation d’usine à Pyeongtaek, Corée du Sud, qui a commencé le 22 mai 2009 quand la direction a annoncé des mises à la retraite anticipée et le licenciement de 2 000 des 7 000 ouvriers près de Séoul.)

Depuis qu’une ordonnance de la cour a été prise le 20 juillet 2009, plus de 3 000 policiers anti-émeute, notamment une unité de rangers, tentent de s’emparer de l’usine et ont ordonné aux travailleurs de quitter l’entreprise. Après que les ouvriers ont rejeté cet ordre, les flics ont lancé une série d’attaques contre les travailleurs qui occupent l’usine depuis 7 jours consécutifs, et ils ont recruté pour cette attaque des voyous et des jaunes qui font partie des individus non licenciés.

Les défenseurs de l’ordre mènent en même temps une propagande idéologique constante, et un hélicoptère de la police vole à basse altitude pour empêcher les travailleurs de dormir, les épuiser et les provoquer.

Ils ont coupé l’approvisionnement en eau et en gaz et de l’usine et ils refusent l’entrée à toute aide humanitaire médicale. (L’électricité a été laissée pour empêcher la peinture et d’autres matières inflammables dans l’usine de peinture de se décomposer.)

Depuis le 21 juillet, la police lance des grenades lacrymogènes à partir de ses hélicoptères sur les travailleurs qui sont placés sur le toit du département peinture. Elles contiennent un gaz toxique qui peut faire fondre le caoutchouc éponge.

Par intermittence, lorsque les policiers anti-émeute essayent d’entrer dans l’usine de peinture, ils se servent d’une arme de tir utilisant 50 000 volts ainsi que des clous, tandis que les briseurs de grève emploient des frondes pour bombarder les grévistes à partir de l’immeuble d’en face. Naturellement, nous luttons contre la police avec des barres de fer et des cocktails Molotov dans la rue en face de l’usine pour défendre la grève.

Environ 700 travailleurs sont enfermés dans l’usine et ils mangent une boule de riz chaque jour et boivent de l’eau de pluie bouillie. Bien que de nombreux travailleurs aient été blessés au cours de la lutte, ils poursuivent leur lutte avec détermination. Le 20 juillet, la femme d’un responsable syndical s’est suicidée à son domicile. Même si son mari n’était pas sur la liste des licenciés, il participait à la lutte, malgré plusieurs menaces de la direction. Son épouse avait seulement 29 ans. Jusqu’à présent, cinq personnes sont mortes ou se sont suicidées en liaison avec cette grève.

Les syndicats ont appelé aux grèves suivantes :

22 juillet : le KMWU (Korean Metal Workers Union, qui organise l’usine) a appelé à 4 heures de grève.

Le 23 Juillet : KMWU : 6 heures de grève.

Le 25 juillet KCTU (Korean Confederation of Trade Unions) a tenu un rassemblement en face de la gare de Pyeongteck.

Le 25 juillet, les travailleurs et d’autres participants, armés de barres de fer et de pierres extraites du trottoir, se sont affrontés à la police anti-émeute à la fin de ce meeting, tout en essayant de marcher vers les portes de l’usine de Ssangyong. Une attaque brutale de la police nous a forcé à nous retirer et à quitter les abords de l’usine. Des combats ont continué jusque tard dans la nuit dans les rues de Pyeongtaek.

Les syndiqués de la KMWU doivent en principe participer à 6 heures de grève générale le 29 juillet, mais il est difficile de mobiliser tous les membres du syndicat pour cette grève. La direction cherche à miner le moral des grévistes, en prétendant qu’elle va être acculée à la faillite.

Face à la pression croissante de certaines organisations de la société civile, et de certains députés, la direction et le syndicat de Ssangyong devaient se réunir le 25 juillet 2009. Mais la direction a annulé cette réunion, unilatéralement, pour le seul motif fallacieux que les travailleurs lançaient encore des boulons contre les flics et qu’elle ne peut pas accepter la revendication du syndicat d’annuler les licenciements et de payer, par rotation, les travailleurs licenciés en puisant dans les fonds de retraite.

La direction du syndicat a rejeté cette concession, et maintenu les licenciements.

Aujourd’hui (27 juillet), les travailleurs de Ssangyong ont tenu une conférence de presse et organisé un autre rassemblement en face de l’usine de peinture, pour échapper pendant quelques heures à l’atmosphère étouffante qui règne à l’intérieur du bâtiment.

Les revendications de ce rassemblement étaient les suivantes :

1) Retrait de la police 2) négociation directe avec le patronat et le gouvernement 3) Clôture de l’enquête pour utilisation illégale de la technologie du moteur hybride diesel.

Enfin, pour conclure, je citerai les dernières phrases de la conférence de presse :

« .... Nous avons fait de notre mieux pour résoudre ce conflit de façon pacifique et par le dialogue. Néanmoins, si ce genre de répression brutale, meurtrière se poursuit, nous déclarons ouvertement notre volonté résolue de lutter jusqu’à la mort. Nous qui sommes rassemblés ici sommes prêts à montrer notre détermination à mourir non seulement en tant que travailleurs mais aussi en tant qu’êtres humains. Nous allons nous battre sans compromis, récupérer nos droits et rentrer chez nous quand nous gagnerons. »

PS. Au moment où je suis allé me coucher, j’ai appris que les policiers avaient lancé une autre attaque brutale contre les travailleurs. Les jours qui suivent seront décisifs.

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23 juillet 2009

Corée du Sud : huit semaines de grève chez Ssangyong motor

18 juillet 2009-Au Ssangyong Motors à Pyeongtaek, Corée du Sud (près de Séoul), on en est maintenant à sa huitième semaine de grève, et la situation des grévistes est de plus en plus catastrophique.
L’article ci-dessous rapporte des faits basés sur des relations émanant de travailleurs et d’activistes impliqués dans la lutte. Imprimer ce texte
korea_316f7Pour rappeler brièvement la situation d’ensemble :
Ssangyong Motors est à 51% détenue par la Shanghai Automotive Industry Corporation, société chinoise. En Février l’entreprise fait faillite, propose un plan de restructuration pour obtenir de nouveaux prêts destinés à sortir de la faillite. La cour a approuvé le plan de la faillite, dans l’attente de mises à pied suffisantes pour rendre à nouveau l’entreprise rentable.

Après une série d’actions tout au long du printemps en prévision des licenciements, la grève commence le 27 Mai lorsque la société annonce des suppression d’emploi et la retraite forcée pour 1700 des 7000 travailleurs, sans licenciements supplémentaires de 300 employés occasionnels. Les travailleurs ont immédiatement occupé l’usine, demandant l’annulation des mise à pied, l’arrêt du recours à la sous-traitance et à la précarisation. Le KMWU (Korean Metal Workers Union) a soutenu l’occupation, mais a essayé de canaliser les négations strictement sur la question des licenciements.

À la mi-Juin, environ 1000 travailleurs poursuivent l’occupation, avec leurs épouses et leur familles qui fournissent de la nourriture. Le gouvernement et la société jouent la montre ; en partie en raison d’une crise politique plus large de la droite dure, le gouvernement est hostile à une intervention policière violente ; mais deux semaines plus tard, ils se sont sentis en confiance pour passer à l’offensive. Les travailleurs, pour leur part, se sont armés avec des pinces de fer et des cocktails Molotov.

Les 26 et 27 Juin une sérieuse attaque menée par gouvernement et l’employeur a commencé : avec des briseurs de grèves recrutés pour l’occasion qui, avec l’aide de la police anti-émeute ont essayé d’entrer dans l’usine. Ils ont sécurisé le bâtiment principal, après de violents combats dans lesquels de nombreuses personnes ont été blessées. Les occupants se sont retirés dans l’atelier de peinture, conformément à un plan de défense fondé sur la conviction que la police ne lancerait pas des grenades lacrymogènes dans une zone hautement inflammable. (En Janvier, cinq personnes sont mortes à Séoul, dans un incendie au cours d’un affrontement avec la police, suscitant l’indignation générale).

Le lendemain, la société a fait une déclaration affirmant qu’il y avait eu assez de la violence, mais en réalité, c’est la résistance tenace des travailleurs qui a fait que la police et les milices ont été retirées. La société a exhorté le gouvernement à intervenir directement dans les négations. Tout approvisionnement en eau de l’usine a cependant été coupée à la fin de Juin.

Suite à une ordonnance du tribunal, les forces de répression ont frappé à nouveau le 11 Juillet lorsque la police anti-émeute a voulu de nouveau s’emparer de l’usine, à l’exception du secteur de la peinture, et a cerné la totalité du site.

Depuis l’attaque des 26-27 visant à isoler la lutte de Ssangyong et à briser la grève, les actions de solidarité à l’extérieur de l’usine ont tenté de s’élargir. Il s’agit notamment d’une campagne menée dans les rues, notamment par les organisations familiales, dans le centre de Séoul et dans la zone de Pyeongtaek, de 4 heures de grève générale appelées par le KMWU au cours de laquelle les métallurgistes se sont regroupés en face de l’usine Ssangyong ; les 4 et 11 Juillet la KCTU (Korean Confederation of Trade Unions) a appelé nationalement à des rassemblements pour appuyer la lutte du Ssangyong. Un appel qui a été peu suivi ce qui a fait que le syndicat a hésité à appeler à une grève générale au lendemain des attaques contre l’usine. Beaucoup de militants pensent que les dirigeant de KMWU et de KCTU sont davantage préoccupés par prochaines élections syndicales.

927 activistes ont également fait une journée de grève de la faim dans le centre de Séoul, le 11 Juillet. (D’après mon expérience, en Corée Au cours des quatre dernières années, ces actions sont un rituel qui influence rarement le résultat d’un combat.)

Enfin, le 16 Juillet 3000 membres de KMWU se sont réunis pour soutenir la grève Ssangyong en face de l’Hôtel de Ville Pyeongtaek. Quand ils ont essayé de se rendre à l’usine après le meeting, ils ont été bloqués par la police et 82 travailleurs ont été arrêtés sur place.

Dans l’ensemble, les chances d’une généralisation de la lutte à d’autres usines est peu probable. Beaucoup de militants « activistes » ont le sentiment que même si le KMWU appelait à une grève générale, elle ne serait suivie que dans un faible nombre de lieux. Les travailleurs de l’automobile Hyundai sont eux-mêmes en pleines négociations salariales. De nombreuses usines semblables ont déjà subi un « ajustement structurel » et ne sont plus susceptibles de se mobiliser.

Loren Goldner

SUITE

Le 21 jullet 2009-Après que nous terminions le tour nocturne a 0530 ce matin (mardi le 21 juillet) nous sommes allés a la porte principale de l'usine Ssangyeon ou les luttes continuaient comme hier.

Pyeongtaek

Vers 0900-1000h, beaucoup d'autocars bourres de flics anti-emeute arrivaient devant la même porte, en même temps qu'une une vingtaine de camions de pompiers.

Alors que 2000 flics anti-emeute essaient de s'approcher de la section peinture, les ouvriers retondaient avec un lance-pierre et parfois des cocktails Molotov. Le lance-pierre est très grand et tire des clous et des boulons. Il lance tout ça à 200-300m et choque l'ennemi.

Les pneus mis par les ouvriers pour empêcher le mouvement des flics brûlaient, et le ciel au-dessus de l'usine était noir de fumée.

L'entreprise a coupe l'eau et le gaz et a impose un blocus contre toute aide matérielle extérieure pour les ouvriers, médicaments y compris.
Ils semblent tenter une stratégie d'épuisement, pour faire sortir les ouvriers de l'usine spontanément.

En rentrant du champ de bataille pour mon tour nocturnes, j'ai entendu la nouvelle que l'hélicoptère des flics se servaient de gaz lacrymogène contre des ouvriers qui se battaient sur les toits des maisons.

Aujourd'hui la KCTU (Korean Federation of Trade Unions, la centrale syndicale la plus grande) a déclare la grève générale, principalement dans le but de soutenir la grève de Ssangyong et organise des manifs d'ouvriers dans le pays entier pour samedi le 25 juillet.
Le KMWU (Korean Metal Workers Union- syndicats des metallos, qui organise Ssangyong), le syndicat le plus important affilie a la KCTU,
lancera lui aussi une grève pour le 22 et le 24 pour soutenir Ssangyong et les négociations en cours.

Donc demain plus de 5000 ouvriers seront à la porte principale de Ssangyong, et de nouveaux combats auront lieu.

DIAPORAMA sur le lutte cliquer


 

 

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04 juillet 2009

Bangladesh: émeutes de prolétaires.

Bangladesh: L'industrie de l'habillement aux prises avec de nouvelles  émeutes de prolétaires.


Usine_incendi_es_au_Bangladesh_129 juin 2009-Dans la zone industrielle de la  banlieue de Dhaka, les émeutes sont montées à de nouveaux sommets. Des milliers de travailleurs ( environ 50 000) ont  manifesté leur colère en se dirigeant vers Dhaka Export Processing ,Zone où de nombreuses usines sont situées. La police a bloqué la manifestation et les affrontements  ont commencé , gaz lacrymogènes et  balles en caoutchouc .Il est fait état de  100 travailleurs blessés.

D' autres travailleurs , qui ont rejoint les manifestants,  les ont informé que le travail se poursuit normalement à l'usine de Groupe Hamim complexe. Vingt mille ouvriers ont donc commencé à marcher vers ce complexe pour y déclencher la grève. Comme le nombre de manifestants dans la région est passé à 50.000 , les forces de sécurité ont été tout simplement dépassés; de Dhaka District de police a dit: «400 policiers supplémentaires était à l'avant garde des grandes usines. Nous avons essayé de notre mieux pour disperser la foule, mais ils étaient trop nombreux " , Une vidéo sur internet montrait une situation semblable en Chine, ou la police fut mise en déroute totale pas la submersion du nombre.

On signale que certains « travailleurs » (on ignore si ces travailleurs sont les travailleurs du vêtement de sécurité ou de l'usine et / ou de la gestion du personnel ); tentèrent de défendre l'usine et se sont heurtés avec les manifestants alors qu'ils s'approchaient .Les  manifestants reprochaient aux ouvriers de la Hamim complexe de ne pas avoir rejoint la protestation consécutive à la mort de deux travailleurs du vêtement abattu par la police. Finalement les travailleurs divisés en petits groupes prennent d'assaut le complexe dans la matinée. Ils  aspergeront les bâtiments avec de l'essence,  trois usines de vêtements,  deux usines de lavage, deux entrepôts de tissu ... plus de 8000 machines, une énorme quantité de confection, de tissus,  trois bus, deux camionnettes de ramassage, deux minibus et une moto ont tous été réduits en cendres.

Une fois les bâtiments en feu, les émeutiers vont bloqués l'autoroute pour que les services d'incendie ne puissent intervenir et stopper les incendies et ce jusqu' à ce que les  bâtiments soient réduits en cendres. Pendant ce temps, des groupes issus d'autres travailleurs  sillonnaient la zone et ont attaqué et saccagé  50 usines et 20 véhicules. Une épaisse fumée noire pouvait être vu au dessus de la ville.

Bien que dans des déclarations publiques, les patrons de vêtements ont tenté de maintenir la confiance en jouant de la santé économique de l'industrie, il semble que certaines entreprises commencent à ressentir le pincement de la crise économique.

Usine_incendi_es_au_Bangladesh_2C' est la fermeture des unités de S Suhi Industrial Park Ltd  qui a été au centre de  la plus récente agitation ouvrière des usines de vêtements dans les zones Ashulia et Savar. Les travailleurs des unités fermées de même que d'autres travailleurs mal rémunérés à proximité de certaines usines, qui ne vont pas si bien, ont lancé un mouvement de réouverture des unités et de revalorisation des salaires.  A défaut de retrouver un emploi, ils ont commencé à s'unir et à menacer d'arrêter la production d'autres usines. La crise économique mondiale augmente déjà la pression de conditions de travail, baisse des salaires réels / pouvoir d'achat due à l'inflation et la réalité ou la menace du chômage, au Bangladesh, une baisse de revenus est un pas de plus vers la famine, de nombreux travailleurs du vêtement sont en permanence sous-alimentés.  Mais ce qui inquiète le plus la classe dirigeante, c' est la propagation de cette lutte de classe à d' autres régions, notamment la ville  portuaire de Chittagong, un autre centre de l'industrie du vêtement, avec 700 usines.  La sécurité a été renforcé par une surveillance spéciale de Chittagong du fait du  contexte de  violence dans les usines de confection de Dhaka.

( sources diverses)




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03 juillet 2009

Dans le monde une classe en lutte- juin 2009

DLM

Dans le monde une classe en lutte- juin 2009

IL NE SE PASSE RIEN

1°)-LES DIFFERENTES FORMES D’IRRUPTION DE LA VIOLENCE DE CLASSE DANS LE MONDE

La grève, sans plus

La grève sauvage et les grèves de solidarité

Les dirigeants séquestrés

Le sabotage

Le blocages d’usines, de dépôts, d’axes routiers ou ferroviaires par des piquets de grève ou des manifestations

Quand les militaires s’en mêlent

Les occupations de tous bâtiments (usines, bureaux, lieux publics…)

Manifestations sociales ou sous couvert politique. Émeutes conséquentes

Quand il est dangereux de faire grève ou quand on a tout épuisé

Trouver d’autres formes de lutte

Trouver d’autres organismes de lutte

2°)-UNE AUTRE PRESENCE DES LUTTES LE TISSU DES RESISTANCES

3°)-LES BATAILLES AUTOUR DE L’IMMIGRATION

4°)-LA REPRESSION DEVIENT GENERALE ET S’ETEND A TOUS LES DOMAINES

5°)-LA FONCTION DES SYNDICATS :-AMENAGER LA CRISE POUR SAUVER LE CAPITAL

6°)-LES RAVAGES DU CAPITAL

http://www.mondialisme.org/spip.php?article1302

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