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23 avril 2026

G.Bad- Quand la surproduction industrielle mondial...

21 avril 2026

G.Bad- Le cours catastrophique du capital et sa dissuasion nucléaire.

G.Bad- Le cours catastrophique du capital et sa dissuasion nucléaire.

 

  

 

 

G.Bad- Le cours catastrophique du capital et sa dissuasion nucléaire.

 

Nul n'est censé aujourd’hui d'ignorer le danger de guerre mondiale et pourtant il n'y a pas de mobilisation anti-guerre digne de ce nom sur la planète. Planète aujourd'hui à la merci d'un embrassement nucléaire . Chaque jour et à chaque instant, les propagandes des états déversent des nouvelles de plus en plus angoissantes afin de rallier l' opinion publique aux bienfaits de la militarisation et de la guerre. Pour nous il n' est pas question d' entrer dans la géopolitique de défense de « l'occident » ou ce qui est la même chose celle des coalitions autour de la Chine et de la Russie. Notre ennemi se trouve dans chaque pays, voilà la tâche de l' heure.

Par conséquent nous commencerons par fustiger la dissuasion nucléaire française et son coût pour les « citoyens » français, tout en essayant d' expliquer pourquoi le monde entier se réarme.

 

Le coût de la force de frappe française.

Alors que nos parlementaires n'ont de cesse de palabrer sur la dette française, ils sont particulièrement silencieux sur le coût des dépenses publiques pour l' armement. Il faut tout de même souligner que l' arsenal de destruction massive de la France coûte de plus en plus cher , son maintien en 2024 monte à la somme de 12 048 euros chaque minute ;1 et pour les neuf États qui détiennent l' arme nucléaire cette somme se monte à 146 500 euros par minutes.

Les parlementaires de toute obédience semble se combattre, mais dés qu'il s' agit de l' industrie de guerre ils font cause commune.

 

« les députés LR appellent ainsi à une montée en puissance plus rapide, avec une augmentation de 4,3 milliards par an dès 2025, jusqu'à 2027. Le groupe LFI a déposé un amendement similaire, qui prévoit des marches annuelles de 4,3 milliards d'euros dès 2024 jusqu'à 2026, avant de retomber à 3 milliards de 2027 à 2030 »2

Même scénario en Allemagne ou le parlement, verts en tète vote un budget de guerre de 1000 Mds d'euros

 

« Le vote de mardi est le résultat d’un accord conclu par le prochain chancelier probable, Friedrich Merz, des chrétiens-démocrates, avec les sociaux-démocrates et les Verts.

Le scrutin a été remarquable, en partie parce que les députés allemands se sont réunis après le vote national de février, mais avant que les députés nouvellement élus au prochain Bundestag ne siègent. En effet, les trois partis n’obtiendront pas la majorité des deux tiers nécessaire au prochain Bundestag en raison des gains de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti d’extrême droite, et de La Gauche, parti de gauche. »Euractiv

Se retournement des verts Kaki allemands ne doit pas nous étonner, l' histoire est jalonnée de ce genre de situation. Souvenons nous des déclarations de Michel Rocard3 2010-2012, il prétendait vouloir supprimer la force de dissuasion nucléaire française pour économiser 16 milliards d' euros sur cinq ans, il était même parvenu à convaincre le général Bernard Morlain4 Mais au final toute la classe politique de droite à gauche le condamnera.

,Alain Juppé devenu ministre de la défense se défausse, lui qui avait cosigné les propos de Michel Rocard, le 26 novembre 2010, intervenant au Sénat sur le projet de budget de la défense, il déclare :

"Je rêve d'un monde sans armes nucléaires, bien sûr, mais je n'ai jamais dit que la France devait donner l'exemple avant tous les autres ! Tant que des progrès n'auront pas été faits au niveau mondial, la France ne doit pas baisser la garde".

Rien ne doit venir entraver la pérennisation de l' arsenal nucléaire de la France, et ses programmes de modernisation et de de renouvellement. La ponction citoyenne s’élèvera à plus de 53 milliards d’euros d’ici 20305 ; autant de fonds publics prélevés au détriment des besoins sociaux du monde du travail .6

La finance « radioactive » internationale place son fric.

Du côté des banques, il n’y a pas que les énergies fossiles qui ont la cote. Selon Le rapport « Untenable investments » (« Des investissements intolérables » nous révèle que :

« Selon ce rapport, 287 banques, fonds de pension, compagnies d’assurance, gestionnaires d’actifs et autres institutions financières ont entretenu des relations de financement ou d’investissement avec l’une des 24 principales entreprises mondiales produisant des systèmes d’armes nucléaires pour la Chine, les États-Unis, la France, l’Inde, la Russie et le Royaume-Uni. Il faut relever que le nombre d’institutions réalisant cette finance radioactive ne cesse de diminuer ces dernières années — passant de 325 à 306 et désormais 287 — depuis l’entrée en vigueur le 22 janvier 2021 du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

Mais précise le rapport

Si le nombre d’institutions sur ce marché est en baisse, elles détiennent (au regard du précédent rapport 2023) plus d’obligations et d’actions (477 milliards de $ contre 461,3 Mds $*) et de prêts (343 milliards contre 285,9 Mds $), soit un total de 820 milliards $. Ces augmentations confirment l’attitude des puissances nucléaires qui ont toutes développées des programmes de modernisation et de renouvellement de leur arsenal. » 

Il s'agit en réalité de la concentration/centralisation du capital .

Sept institutions financières (Crédit agricole, BNP Paribas, Caisse des Dépôts et Consignations, Crédit mutuel, Groupe BPCE, La Banque postale, Société générale) ont accordé 35,5 milliards $ de prêts aux entreprises productrices d’armes nucléaires et deux d’entres-elles (Crédit agricole et Groupe BPCE) détenaient 4,9 milliards $ d’actions et d’obligations dans des entreprises productrices d’armes nucléaires.

Il faut noter que ces institutions bancaires privées investissent autant dans des entreprises qui produisent des systèmes d’armes nucléaires pour la France (Safran, Thales, Leonardo), que pour des entreprises qui développent les arsenaux des États-Unis et du Royaume-Uni. Et inversement des banques étrangères (Black Rock, USA avec 2,5 Mds $ chez Safran, Vanguard, USA avec 426 M $ chez Thales) investissent dans des entreprises essentielles à la production des systèmes d’armes nucléaires français.

Beaucoup plus étonnant, il est indiqué pour la première fois que des banques chinoises réalisent des actions économiques auprès d’entreprises stratégiques pour la dissuasion française. Il s’agit de Industrial and Commercial Bank of China qui a accordé un prêt de 424 M $ à Airbus ; cette compagnie possède 37,5 % du capital de MBDA, maître d’œuvre du missile de croisière nucléaire ASMP-A. Et la Bank of China a également fait un prêt de 226 millions $ auprès de Leonardo, qui détient aussi une participation de 25 % auprès de MBDA.

La Banque postale et la Caisse des Dépôts et Consignations, deux banques publiques, ont investi au total 286 millions $ auprès d’Airbus. Pour le moment, aucune banque française ne respecte le TIAN, le Crédit mutuel Océan, ayant en 2023, sous pression d’autorité politique, annulé sa reconnaissance de ce traité.

« Ces banques ne respectent pas le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires qui interdit les opérations de finnancement des entreprises apportant une contribution substantielle à la production des systèmes d’armes nucléaires. Elles se rendent ainsi coupables de ne pas respecter le droit international et de violer leur engagement pris en matière de responsabilité sociétale des entreprises », dénonce l’Ican.

Pourquoi ce réarmements mondial apocalyptique

 

Il ne se passe plus un jour sans que le monde occidental gonfle le torse en déployant sa panoplie d' engins mortifères, pas un jour où de son coté la Russie poutinienne et ses comparses de Corée du nord en rajoutent, tout cela alors qu'il y a depuis longtemps de quoi faire sauter la planète.

Les raisons classiques à cet engouement pour la militarisation sont les rivalités impérialistes, pour la conquête de territoire, pour le repartage du monde et l' appropriation de matières premières décisives pour savoir qui sera au final le maître du monde. Voila schématiquement ce que ceux qui se réclament du marxisme répondent. Ce n'est pas faux pour l' essentiel , mais nettement insuffisant pour expliquer sur le fonds le réarmement disons plutôt le sur-réarmement mondial.

Certains, ils se reconnaîtrons pensent que le capitalisme est entré en décadence et qu'il est devenu obsolète, qu'il soit dans une phase nouvelle nous sommes d' accord mais pas sous le même angle.

 

Nous savons que le capitalisme est avant tout une masse mouvante en concurrence permanente, le fameux marche ou crève, qui se traduit par avoir la masse critique c' est à dire la masse financière suffisante pour couler ses concurrents.

Le capitalisme nous le voyons depuis des décennies est un organisme chaotique au développement en spirale de l' inférieur au supérieur jusqu' au moment où sa reproduction élargie par l' extraction de la plus-value (absolue et relative) se bloque. La surproduction éclate au grand jour avec son cortège de protectionnisme et de droit de douane...

 

D’où son recours à la militarisation de l' économie afin de sauver pour un temps certains secteurs clefs de l' économie par la manne du crédit. Cependant il va nous falloir s'interroger sur les possibilités que le capitalisme mondial à aujourd'hui pour espérer survivre aux crises qui le mine.

 

Les limites de la militarisation des économies nationales

 

Simplement en regardant la télévision il est facile de se rendre compte des enjeux de chaque état national et de chaque bloc, Trump à ce niveau est un livre ouvert, il dit tout haut que l' UE doit financer la guerre en Ukraine et que les États-Unis vendront des armes pour l' Ukraine en échange de terres rares... L'UE se réarme principalement à crédit, alors qu'elle est endetté. La France à la prétention de diriger l' Europe de la « défense » grâce à sa force de frappe, et les européens avec le Réarm Europe ne se lancent dans l' aventure qu' avec l' espoir de rester sur le grand podium des ventes d' armes.

A ce niveau,il n'y a pas meilleur argument de vente pour l' armement que de faire ses preuves au combat. L'Ukraine n'est qu' un centre d'expérimentation ou se concurrence les marchands d' armes de toute nationalité. Pour ces marchands de mort, il s' agit de faire directement, sur le terrain la promotions de leurs avions , missiles, drones....pour la vente. A ce sujet l' affrontement entre l' Inde et le Pakistan aura révélé, que l'inde vient de perdre au combat un ou plusieurs Rafale.

 

« Selon Reuters, des sources américaines ont confirmé qu’au moins un Rafale a été abattu par un missile PL-15. Cette nouvelle est restée officieuse côté indien – New Delhi n’a jamais admis publiquement la perte -, mais elle a été officialisée par Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, et le général Jérôme Bellanger, chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace. » 7

 

D'où cet aveu :

 

« Le Rafale, jusqu’alors présenté comme l’un des chasseurs les plus fiables et invulnérables sur le marché, a vu sa réputation bousculée lors de l’opération Sindoor du 7 mai. Juste après minuit, les écrans de la salle des opérations pakistanaise sont passés au rouge : des dizaines de Rafale indiens franchissaient la frontière. Après plusieurs nuits à veiller sur un matelas installé à quelques mètres des écrans, le chef d’état-major de l’air pakistanais Zaheer Ahmad Babar a immédiatement sommé ses J-10CE chinois de neutraliser en priorité les Rafale indiens. « Il voulait [détruire] des Rafales ! », rapporte un officier présent. » https://opexnews.fr/rafale-embuscade-operation-sindoor-pakistan/

 

Ceci étant il ne semble pas que la vente des Rafale soit affectés , les carnets de commande de Rafale sont plein. Et le 17 novembre 2025 un accord de livraison de 100 Rafale a été signé en grande pompe entre Macron et Zelenski, comme il y a urgence le gouvernement pense pouvoir détourner certaines commandes pour livrer l' Ukraine. Mais ne nous laissons pas abuser par les déclarations des fauteurs de guerre tous complices de la militarisation. Par exemple Greempeace à publié un dossier dénonçant la duplicité française, et de l' UE sous le sous titre « Gaz, engrais, nucléaire : comment l’UE alimente la machine de guerre russe » un extrait du rapport : 

 

« Depuis des décennies, l'industrie nucléaire française travaille en étroite collaboration avec Rosatom. Cette entreprise d’État russe collabore avec l’industrie française à tous les niveaux de la chaîne de production, de l’exploitation d’uranium à la construction des centrales en passant par le traitement des déchets nucléaires. Rosatom exploite les technologies nucléaires, autant civiles que militaires, elle contrôle le « bouton nucléaire » du Kremlin et tient la plume en matière de réglementation sectorielle. Cette entreprise, fondée par Vladimir Poutine, joue un rôle stratégique pour son régime. Plus qu’une entreprise, elle est pour le Kremlin un outil géopolitique, économique et militaire. Chaque réacteur russe construit hors de Russie crée une dépendance énergétique, technologique, financière et géopolitique entre le pays acheteur et le régime russe. Véritable bras armé de l’État russe, Rosatom a joué un rôle dans le premier détournement historique d’une centrale nucléaire civile à des fins militaires lors de la prise de contrôle en 2022 de la centrale de Zaporijia en Ukraine, occupée depuis par l’armée russe. Rosatom est ainsi devenue une entreprise criminelle, complice de crimes et d’exactions commis au sein de la centrale, sur le personnel ukrainien, et participe à la menace nucléaire envers le peuple ukrainien et européen. L’UE et la France alimentent leur propre dépendance

Pourtant, ni la France ni l’UE n’ont mis fin à leurs relations commerciales avec Rosatom. La dépendance de la France au nucléaire russe est telle que depuis trois ans, Emmanuel Macron multiplie les déclarations de soutien à l’Ukraine, tout en maintenant discrètement les liens économiques avec l’une des plus grandes entreprises de Vladimir Poutine. « 

 

Preuve est faite,que la guerre n' est qu'un échappatoire aux contradictions qui rongent le capitalisme mondial, tous amis ennemis mais tous d' accord pour le « bouillon rouge » salvateur.

 

L 'Allemagne militarise son industrie automobile

 

Selon la Commission européenne, le plan «Réarmer Europe» ne se bornera pas à stimuler la croissance. En complément, il va dynamiser l’innovation technologique et donc la productivité: «Une forte hausse de l’investissement de défense provoquera des retombées (spillovers ou spin-offs) positives dans toute l’économie, contribuant ainsi à sa compétitivité, la création d’emplois et l’innovation dans de nombreux secteurs» (European Commission, 2025:21).

 

La surproduction de tout le secteur de l' industrie automobile éclate maintenant au grand jour en Allemagne et en Europe. Les firmes allemandes comme Volkswagen, Mercedes, Bosch,ZF,Porsche, Ford, Audi,etc. Choisissent de dévaloriser/supprimer des milliers de travailleurs pour empêcher la dévalorisation du capital , licenciements,chômage, chômage partiel, baisse des salaires sont les attributs utilisés systématiquement. La guerre commerciale et tarifaire a été déclenchée par D Trump avec son chantage aux droits de douane de 25% sur les véhicules et pièces détachées provenant de l' UE,ramenés à 15% suite à un véritable maquignonnage avec Ursula von der Leyen.

Récemment, le quotidien économique Handelsblatt titrait: «La crise des semi-conducteurs pourrait plonger l’Allemagne dans une troisième année de récession.»

 

La crise qui émerge est révélatrice de l' obsolescence du capitalisme mondial, qui mène dans un premier temps au réarmement mondial et plus spécifiquement à celui de l' Europe. Les dirigeants de ces pays nous vantent , les bienfaits de cette militarisation sécuritaire, comme créatrice d' emploi , l' exemple en France de l' entreprise Les Fonderies de Bretagne transformée en fabrique d' obus.

De même en Allemagne ou l'industrie automobile se reconvertie dans la production d' engins de guerre. Le groupe allemand Rheinmetall spécialisé dans l'armement et l'équipement automobile, va reconvertir deux de ses usines automobiles les usines de Berlin et de Neuss, pour y produire des équipements militaires. A cet effet, le ministre des Finances, Klingbeil (SPD), fait adopter un budget d'austérité qui sabre dans tous les secteurs sociaux et triple les dépenses militaires.

En juin 2024, Rheinmetall avait signé un accord avec l’équipementier automobile en difficulté Continental, pour reprendre et former une centaine de salariés d’une usine qui fermera en 2027. La société allemande n’est pas la seule à réorienter ses usines vers la défense. KNDS, autre industriel allemand de la défense, a annoncé début février 2025 reprendre l’usine de Görlitz d’Alstom, pour y produire des chars à la place de trains.

Rheinmetall a aussi signé un contrat cadre d’un montant de 8,5 milliards d’euros pour livrer des obus de 155 mm à la Bundeswehr et ses pays alliés, les Pays-Bas, l’Estonie et le Danemark. Les premières livraisons ont démarrer en 2025.

La liquidation préventive des classes dangereuses surnuméraires.

 

La machinerie ayant supplanté dans un premier temps la force physique humaine et dans un deuxième temps celle du cerveau humain au point que le capitalisme n' est plus qu'une fabrique de surnuméraires à l' échelle mondiale, d' où sa tendance à vouloir liquider, consciemment où pas, cette masse de classes dangereuses8 et à en réduire l' assistanat 9 .

 

Cette liquidation des classes dangereuses se présente sous divers aspects, elle peut être volontaire comme celle de Trump, le racialiste théocrate, et son comparse Netanyahou, plus sournoise, on s' arrange pour que des population en surnombre s' affrontent et s'autodétruise.( ex le Soudan), suivi de famine. La conséquence directe ou indirecte de rivalités qui comme au proche-Orient qui tournent autour de la rente pétrolière, mais aussi de conflits religieux. Les massacres, guerres, et génocides qui affectent le Proche Orient sont inspirés de la Théorie du Chaos de Leo Strauss (1899-1973) elle se résume à expliquer que :

 

«C’est par la destruction de toute résistance plutôt qu’en construisant que le pouvoir s’exerce», ou «c’est en plongeant les masses (les pays vulnérables) dans le chaos que les élites (les pays dominants) peuvent aspirer à la stabilité de leur position».

 

Si comme nous le pensons le capitalisme est entré dans sa phase destructrice des êtres humains et de la nature, que sa fonction est d' organiser la dévalorisation permanente des forces de travail afin de contrecarrer la dévalorisation du capital . Il doit dorénavant s' attaquer systématiquement aux acquis sociaux qu'il a commencé à liquider depuis quelques années. Cependant le sur-endettement des européens vient se heurter à la « nécessité » du réarmement de l' UE et de la grande Bretagne.

A ce niveau, nous l' avons déjà mis en exergue , trois pays mènent la danse, la France et la Grande Bretagne (puissances nucléaires) et l' Allemagne puissance montante.

Ces trois puissances jouent leur va tout historique sur la scène mondiale et ils en ont conscience et par conséquence ils passent déjà au stade supérieur de la liquidation de « l' état providence ».

 

Le Chancelier Merz déclarait en août 2025 :

«Nous ne pouvons plus nous permettre l’État social.»

 

Son gouvernement procède comme en France par étapes , afin de tromper le peuple. Comme en France des commissions sont chargées d’élaborer des propositions pour le démantèlement des retraites et des cotisations santé, et de décidé comme première mesure d’abolir le Bürgergeld (revenu citoyen) pour le remplacer par une allocation de base.

 

Récemment c' est le FMI qui dans un rapport du 4 novembre 2025 sur la situation économique de l' Europe. Déclare par l'intermédiaire de Alfred Kammer, directeur européen du FMI à Bruxelles Comment l'Europe peut-elle payer pour des choses qu'elle ne peut pas se permettre ?

 

En résumé le rapport fait le constat : que l' État social de l' après seconde guerre mondiale , n'est plus compatible avec le réarmement, la guerre commerciale, le protectionnisme. Il en résulte qu'il faut sacrifier les retraites, la santé et de nombreux autres services publics qui ne peuvent plus être financés autrement que par le privé. Des mesures d’austérité rigoureuses et une nouvelle déréglementation de l’économie sont inévitables.

 

Vers une auto paupérisation à base d'idéologie écologique

 

A partir du moment où les ténors du capitalisme triomphant pensent que 80 % de la population mondiale n'est plus nécessaire pour faire fonctionner la machine bourgeoise, il va leur falloir gérer le manque de plus-value qui va s'en suivre pour sauver la planète profits. Comme nous venons de le voir il y a ceux qui s'engagent directement dans l' extermination des populations surnuméraires et ceux « les gestionnistes » qui pensent pouvoir gérer cette population. C'est le cas du Forum Économique Mondial FEM qui par l'intermédiaire de son leader M.Schwab prévoit diverses mesures développées dans le « Grand Reset ».Il s' agit principalement d'une auto-paupérisation à base d'idéologie écologique. 

L'argument du réchauffement climatique (bien réel) est devenu la grande entreprise culpabilisante visant la sur-consommation responsable de la propagation du CO 2. L'appareil de propagande va tout faire pour préparer l'avenir de la grande paupérisation. Pour y parvenir le FEM veut développer une politique de « décroissance » et prôner l'abstinence.

Les potentats du FEM organisent une nouvelle croisade contre « la tyrannie de la croissance » et pour le remboursement de leurs dettes, en lorgnant sur l' épargne « des classes moyennes » les seuls qu'ils peuvent encore plumer. La taxocratie est en marche, elle devrait lisser les inégalités   une paupérisation élargie doublée d'un mode de vie monacal. Une grande entreprise idéologique maquillant la débâcle de l' économie mondiale et voulant une pause du développement économique limité à une reproduction simple. 7

Pour le Forum de M. Schwab,la fermeture des frontières est l’une des plus grandes barrières à l’égalité mondiale. Schwab semble ici s'opposer au protectionnisme sans considérer que le retour au protectionnisme national n'est que la conséquence et l'échec de la mondialisation du Capital, son incapacité à poursuivre l'extraction de la plus-value tant absolue que relative. L'accumulation de la dette mondiale s'est substituée à l' accumulation de plus-value 10


 

GERARD BAD LE 21- 11- 2025

NOTES

1Pour des armes illégales selon le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

2 Vincent Lamigeon, Challenges, 10 mai.

3Michel Rocard, né le 23 août 1930 à Courbevoie et mort le 2 juillet 2016 à Paris, est un homme d'État français. Il est Premier ministre du 10 mai 1988 au 15 mai 1991.

4 Général d’armée aérienne (2S) Bernard NORLAIN Ancien chef du cabinet militaire de Michel Rocard Président d’Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN)

5-Faisons le calcul : 13 % de 413 milliards d’euros égal 53,69 Mds€, soit une moyenne annuelle de 7,67 Mds€ pour l’arme nucléaire ; alors que cette somme était de 5,02 Mds€ dans la précédente LPM. Tout en sachant qu’il s’agit d’une partie seulement des coûts consacrés à cette arme de terreur. (sources sortir du nucléaire)

 

6-En France, la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 axée sur la modernisation et le renouvellement l' arsenal nucléaire va y consacrer en moyenne annuelle 7,67 milliards, un chiffre à comparer aux deux précédentes LPM qui étaient alors de 5,02 milliards (2019-2023) et de 4,66 milliards (2014-2018) en moyenne. la France consacre près de 11 % voir 15% de son budget militaire à ses forces et infrastructures nucléaires. Une dépense dont les coûts sont loin d’être transparents puisque le budget « dissuasion » ne prend pas, en compte ceux liés au Rafale des Forces aériennes stratégiques.

7 -Le prix de l’action Dassault a beaucoup baissé après l’annonce en mai 2025 que l’avion de combat chinois (C-J10) utilisé pour la première fois par la chasse pakistanaise avait abattu un ou plusieurs Rafale de l’Armée de l’air indienne. Le cours de l’entreprise chinoise s’est donc envolé (+40% en deux jours). Motif avancé par un expert: « Il n’y a pas de meilleure publicité [pour une entreprise de défense] qu’un combat en situation réelle (1). »1. M. Srivastava, C. Clover, « China’s J-10 “Dragon” shows teeth in India-Pakistan combat debut», Financial Times, May 9, 2025.

 

8- L'assistanat, doit être remis en cause, (comme le suggérait à son époque Malthus) car il serait le principal frein à l'emploi. Ce qui veut dire que les gouvernements entendent bien laisser les surnuméraires dans le dénouement total, le revenu universel (socle citoyen) n' étant que de la poudre aux yeux, une compilation du Revenu de solidarité active (RSA) et la Prime d’activité (PA) et de l' impôt sur le revenu. La montée des classes dangereuses, n' est que la conséquence d'une paupérisation montante qui va inévitablement déstabiliser la vie sociale comme cela se produit actuellement. A cela s' ajoute depuis quelques années une nouvelle poussée migratoire aux frontières de l' UE. Là encore des surnuméraires victimes des guerres, catastrophes naturelles et sous emploi cherchent refuge dans la forteresse Europe. Trump est l' exemple même de cette chasse aux classes dangereuses.

9-Dés 1995 les puissants de ce monde se réunissaient à l'hôtel Fairmont à San Francisco et signaleront « que 80 % de la population mondiale n'est plus nécessaire pour faire fonctionner la machine bourgeoise, il va leur falloir gérer le manque de plus-value qui va s'en suivre pour sauver la planète profits. ».Peut-on envisager que 80 % des personnes souhaitant travailler se retrouvent sans emploi ? "Il est sûr, dit l'auteur américain Jeremy Rifkin, qui a écrit le livre La Fin du travail, que les 80 % restants vont avoir des problèmes considérables."

19 avril 2026

G.Bad- Le cours catastrophique du capital et sa dissuasion nucléaire.

14 avril 2026

Victor Considerant, Principes du Socialisme. Manifeste de la DÉmocratie au XIXe siÈcle (1847)

Victor Considerant, Principes du Socialisme. Manifeste de la DÉmocratie au XIXe siÈcle (1847)

 

 

Victor Considerant (1808-1893)

 

 

Source

Victor Considerant, Principes du Socialisme. Manifeste de la Démocratie au XIXe siècle. Suivi du Procès de la Démocratie Pacifique (Paris: Librairie Phalanstérienne, 1847).

See also the facs. PDF as well as an English translation.

 


 

Table of Contents

 

 


 

 

naissance sérieuse du droit au Travail, et l'Organisation de l'Industrie sur la base de la triple Association du capital, du travail et du talent.

Celte organisation est la tâche de la Démocratie moderne.

[27]

 

 

 

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22 mars 2026

Les fauteurs de guerres -liens

9 mars 2026

Délivrez les livreurs !

Délivrez les livreurs !


 

Publié le 10/10/2020 par La Mouette Enragée

Délivrez les livreurs ! 

Le témoignage qui suit nous est cette fois rapporté par un consommateur, lequel a assisté effaré aux conditions de travail du salarié qui lui a fait une livraison ( payante à la société ) à domicile. 

Chronologiquement, le fait divers commence naturellement par une commande par internet. Il s’agit d’un achat d’un lave-linge à hublot, un appareil lourd et volumineux. Parmi les items de la fiche de renseignements, il est précisé sans ambiguïté que la livraison se fera au premier étage, sans ascenseur. Il est également convenu que l’ancienne machine sera remporté par l’équipe de livraison. 

Au jour J, coup de téléphone d’un livreur pour prévenir que le camion serait là dans quelques minutes ; 9 heures pile, il est là. Super, ponctualité exemplaire.
Mais ça se complique tout de suite : le livreur est seul ! Seul pour trimbaler une machine de 68 kilos dans un escalier de 15 marches ! Alors que la boîte qui l’emploie savait explicitement que, rappelons le, la livraison se ferait à l’étage sans ascenseur et prévoyait les bras nécessaires. 

Le particulier offre évidemment de donner un coup de main. Problème : ce dernier souffre d’arthrose ( cervicales et épaules )…
Tant bien que mal, l’objet arrive à l’étage. Reste à descendre l’ancienne que l’entreprise s’est engagée à reprendre. 

À nouveau, le particulier met la main à la pâte. Et là : les épaules lâchent, à peine le temps de poser l’engin qui commence à dévaler ; le livreur , en reculant réussit à la retenir, il s’en est fallu de peu qu’il soit écrasé. 

Scandalisé et encore sous le coup, le client lui demande comment il va ; fort heureuse-ment : plus de peur que de mal. Puis le client cherche à connaître le nom du patron qui ne regarde pas, visiblement pour faire des économies de personnel, à mettre sciemment en danger celui-ci. Réticence compréhensible du livreur qui demande simplement qu’on lui « mette une bonne note » – si, si ! Ils sont notés ! – lors de la réception du compte-rendu de livraison qu’enverra l’employeur…. 

Et de repartir, évidemment pressé, livrer un canapé. 

Le particulier donnera évidemment la note maximale et un commentaire chiadé sur la mise en danger délibérée de ses salariés dans le fameux « bordereau en ligne ». . 

Pour anecdotique qu’elle soit, cette expérience est éclairante.
Les livreurs, ces professionnels que l’État et la presse qualifiaient, il y a peu encore, de ceux « en première ligne », le sont effectivement pour leurs patrons : de la chair à boulot ! 

Et comme dans d’autres secteurs, inutile de salarier des travailleurs là où le consommateur peut – ou pas ! – faire la moitié du travail. 

Boulogne-sur-mer, le 09/10/2020 

 

23 février 2026

articles de fevrier 2026

https://spartacusbond.blogspot.com/2026/02/quelques-notes-propos-du-fascisme-qui.html

9 décembre 2025

INFOBREF N 575-décembre 2025

INFOBREF N°575

decembre-2025

sur les nationalisations et celle d' Arcelormittal

Quelques positions :

Tous les marxistes conséquents savent très bien que les nationalisations ne servent qu' a indemniser tel ou tel patron d' entreprise aux frais des travailleurs, pour rappel cette citation de Engels.

« Mais ni la transformation en sociétés par actions et en trusts, ni la transformation en propriété d'État ne supprime la qualité de capital des forces productives. Pour les sociétés par actions et les trusts, cela est évident. Et l'Ètat moderne n'est à son tour que l'organisation que la société bourgeoise se donne pour maintenir les conditions extérieures générales du mode de production capitaliste contre des empiétements venant des ouvriers comme des capitalistes isolés. L'Ètat moderne, quelle qu'en soit la forme, est une machine essentiellement capitaliste: l'Ètat des capitalistes, le capitaliste collectif en idée. Plus il fait passer de forces productives dans sa propriété, et plus il devient capitaliste collectif en fait, plus il exploite de citoyens. Les ouvriers restent des salariés, des prolétaires. Le rapport capitaliste n'est pas supprimé, il est au contraire poussé à son comble. Mais, arrivé à ce comble, il se renverse. La propriété d'État sur les forces productives n'est pas la solution du conflit, mais elle renferme en elle le moyen formel de le résoudre, elle met la solution à portée de la main. «  «  F. Engels , socialisme utopique et socialisme scientifique)

Nationalisation d’ArcelorMittal : un vote symbolique, la victoire passera par la mobilisation

Le vote sur la nationalisation d’ArcelorMittal dans la niche parlementaire de LFI a suscité un réel écho, mais le veto annoncé du Sénat rappelle que seule la mobilisation des travailleurs pourra imposer une véritable nationalisation, sans indemnités ni rachat, sous contrôle des travailleurs.

Revolution permanente

Lutte Ouvriere

La gauche, appuyée notamment par la CGT de Sophie Binet, a fait adopter par l’Assemblée une proposition engageant la nationalisation d'ArcelorMittal. La France Insoumise la présente comme une « victoire historique », alors même qu'elle sera très probablement enterrée par le Sénat.

Surtout, il n'est pas question d'exproprier les capitalistes mais de les payer grassement (peut-être autour de 3 milliards d'euros !), comme les gouvernements de gauche l'avaient fait pour des entreprises au début des années 1980, en renflouant les caisses patronales... avant de licencier massivement dans les aciéries et les usines sidérurgiques.

Pour défendre leurs emplois et leur existence même, les travailleurs ne peuvent pas compter sur un État qui est depuis toujours au service de la bourgeoisie, mais sur leurs propres forces. Des forces qui s'étendent bien au-delà des frontières nationales.

Lutte Ouvriere

Sur les sept derniers jours, l'action ArcelorMittal a enregistré une forte hausse de 9,25%. En un an l'action a connu une forte hausse de 56,04%, valant 37,200€ contre 23,840€. A titre de comparaison, le CAC 40 a progressé de 12,27% sur la même période.

Le POI ex parti du travail dit lambertiste, apporte son total soutien à JL Mélenchon

La dette de la secu n' est qu'un produit financier classé 3 A par la CADES

La Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale (CADES), en charge de financer et d’amortir la dette sociale en France, a clôturé le 13 mai 2025 un nouvel emprunt de référence dans le cadre de son programme d’émissions sociales (social bonds), de maturité 3 ans et d’un montant de 2,5 milliards d’euros.

La CADES a mandaté BofA Securities, Crédit Agricole CIB, Goldman Sachs Bank Europe SE et Société Générale en tant que chefs de file pour diriger cette opération.

Cet emprunt de référence en euros a rencontré un large succès auprès des investisseurs, permettant de constituer un livre d’ordre de plus de 10 milliards d’euros rassemblant plus de 140 investisseurs, et d’allouer 65 % des montants à des investisseurs intégrant une dimension sociale dans leur décision1.

Le placement s’est effectué pour 12,8 % en France, 40,6 % dans le reste de la zone euro, 11,9 % au Royaume-Uni, 24,3 % dans le reste de l’Europe, 6,0 % en Asie et 4,4 % en Amérique.

Les banques ont souscrit 37,5 % de l’emprunt, les investisseurs institutionnels (gestions de fonds, assureurs, fonds de pension) 30,7 %, les banques centrales et institutions officielles 30,2 % et d’autres investisseurs 1,6 %

Amazon, Snapchat et d'autres sites touchés : ce que l’on sait sur le bug géant d’AWS

Une panne majeure chez Amazon Web Services (AWS) perturbe ce lundi 20 octobre 2025de nombreux sites et applications à travers le monde. Amazon, Snapchat, Fortnite, Airbnb ou encore des opérateurs comme Orange sont touchés par ce bug d’ampleur mondiale.

nternet au ralenti. Un bug géant touche ce lundi 20 octobre des dizaines de sites web, applications mobiles et services en ligne. Parmi les plateformes concernées : Amazon, Snapchat, Ring, les jeux très populaires comme Fortnite et Brawl Stars, ainsi que les opérateurs télécoms Orange, SFR et Vodafone. Des services comme Tinder ou Airbnb ont également été impactés par des problèmes de connexion, rapporte Le Parisien. Les premières perturbations ont été signalées dans la matinée et semblent liées à un dysfonctionnement majeur chez Amazon Web Services (AWS), la filiale cloud du géant américain Amazon.

AWS, qui fournit une grande partie des infrastructures d’hébergement, de calcul, de stockage et d’intelligence artificielle sur Internet, connaît des perturbations depuis plusieurs heures, a-t-elle indiqué ce lundi matin sur son site de maintenance. «Nous pouvons confirmer des taux d'erreur importants pour les requêtes fournies» à sa base de données DynamoDB, utilisée par de nombreuses applications web et jeux en ligne, peut-on lire sur le site d'AWS, qui a confirmé avoir détecté des premiers ralentissements vers 9h11 (7h11 GMT).

Plus de 2 000 signalements aux Etats-Unis

D’après Downdetector, plus de 2 000 signalements de pannes ont été enregistrés aux Etats-Unis, particulièrement en Virginie, un Etat stratégique pour les centres de données. Sur sa page de suivi, AWS a confirmé observer des taux d’erreur élevés et des ralentissements sur plusieurs de ses services. Dans une déclaration officielle, AWS indique être «activement engagée» pour réduire l’impact de l’incident et en identifier la cause. Des mises à jour sont attendues dans les prochaines heures.

Cette panne a également eu des répercussions dans le secteur bancaire. Selon SkyNews, plusieurs établissements britanniques, dont Lloyds (qui compte 28 millions de clients), auraient été affectés. De son côté, la plateforme de cryptomonnaies Coinbase a tenu à rassurer ses utilisateurs sur X, en précisant que «tous les fonds sont en sécurité». Par ailleurs, le site grand public de l'agence de presse Reuters aurait lui aussi rencontré des difficultés d'accès.

https://www.youtube.com/watch?v=z1M6_W3ZJkQ

L’incendie de Wang Fuk Court à Hong Kong : un crime du capitalisme mondial

Erik Long
  • Le bilan officiel de l'incendie catastrophique qui a ravagé sept immeubles résidentiels de Wang Fuk Court à Tai Po, Hong Kong, s'élevait lundi à 151 morts.

Plus de 2000 survivants ont tout perdu et se retrouvent désormais sans abri. Des centaines d'entre eux sont hébergés dans des refuges d'isolement COVID reconvertis sur la piste de l'ancien aéroport de Kai Tak.

Des personnes déposent des fleurs en hommage aux victimes près du site de l'incendie meurtrier qui a ravagé Wang Fuk Court, un complexe résidentiel situé dans le district de Tai Po, dans les Nouveaux Territoires de Hong Kong, le lundi 1er décembre 2025. [AP Photo/Chan Long Hei]

Quatorze personnes liées à l'entreprise d'ingénierie et au sous-traitant chargé de la rénovation des murs extérieurs de Wang Fuk Court ont été arrêtées pour homicide involontaire dans le cadre d'une enquête en cours sur les causes de l'incendie.

Les enquêteurs ont déterminé que, parmi d'autres infractions, les entrepreneurs avaient utilisé des filets illégaux et hautement inflammables sur les échafaudages en bambou qui entouraient les bâtiments. Les flammes se sont propagées des filets aux panneaux de polystyrène recouvrant les fenêtres, qui ont agi comme un accélérateur propageant le feu dans tout le bâtiment. Les demeures de milliers de personnes étaient entourées d'un matériau inflammable.

Au cours du week-end, un changement indéniable mais passé inaperçu a balayé Hong Kong. Les filets verts qui entourent tous les chantiers de construction et de rénovation ont été discrètement retirés ; des ballots de ces filets jonchent les coins de rue. Les squelettes des échafaudages en bambou se dressent, austères, dans une grande partie de la ville. C'est une reconnaissance tacite de l'omniprésence de l'utilisation de matériaux non conformes et illégaux, et cela montre le manque de surveillance gouvernementale et l'application laxiste de la loi.

Le Wang Fuk Court était recouvert d'environ 2300 filets non conformes. Chaque filet illégal coûtait environ 50 dollars de moins qu'un filet ignifuge obligatoire. Les mesures de réduction des coûts qui ont ravagé le complexe et tué plus de 150 personnes ont probablement permis d'économiser 115 000 dollars de Hong Kong, soit environ 15 000 dollars américains, soit une centaine de dollars américains par personne incinérée.

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HP annonce la suppression de 4.000 à 6.000 emplois

Le géant états-unien de l’informatique a annoncé, mardi 25 novembre, dans un communiqué, prévoir la suppression de 4.000 à 6.000 postes d’ici fin 2028 dans le cadre d’un plan d’adoption de l’intelligence artificielle (IA). Cette mesure pourrait toucher un peu plus de 10 % des effectifs, HP comptant actuellement 58.000 employés selon son dernier rapport annuel. Il s’agit d’une des premières fois où une entreprise de cette envergure établit publiquement un lien direct entre la réduction de ses effectifs et l'IA

.C’est l’une des conséquences de plus en plus visible de la révolution numérique : les robots remplacent des emplois, parfois très qualifiés. Dans l’une des banques d’affaires les plus puissantes au monde, Goldman Sachs, c’est déjà une réalité pour les traders actions (equity traders). En 2000, 600 personnes faisaient ce métier chez Goldman Sachs. En 2017, ils ne sont plus que deux.

Cette évolution, , le directeur financier adjoint de Goldman Sachs, qui l’a raconté dans un colloque organisé par l’université Harvard, fin janvier. Comme le rapporte le MIT Technology Review, l’ancien chef du digital dans l’entreprise a initié ce transfert de l’humain vers l’algorithme Aujourd’hui, les 598 traders mis au chômage ont été remplacés par 200 ingénieurs informatiques. Sources les Echos

 

 

 


 

17 octobre 2025

Réforme sociale ou révolution ? Rosa Luxemburg

Réforme sociale ou révolution ? Rosa Luxemburg

2. L’adaptation du capitalisme

Les moyens d’adaptation les plus efficaces de l’économie capitaliste sont l’institution du crédit, l’amélioration des moyens de communication, et les organisations patronales  [1].

Commençons par le crédit. De ses multiples fonctions dans l’économie capitaliste, la plus importante consiste à accroître la capacité d’extension de la production et à faciliter l’échange. Au cas où la tendance interne de la production capitaliste à un accroissement illimité se heurte aux limites de la propriété privée, aux dimensions restreintes du capital privé, le crédit apparaît comme le moyen de surmonter ces limites dans le cadre du capitalisme ; il intervient pour concentrer un grand nombre de capitaux privés en un seul - c’est le système des sociétés par actions - et pour assurer aux capitalistes la disposition de capitaux étrangers - c’est le système du crédit industriel.

Par ailleurs, le crédit commercial accélère l’échange des marchandises, donc le reflux du capital dans le circuit de la production. On se rend aisément compte de l’influence qu’exercent ces deux fonctions essentielles du crédit sur la formation des crises. On sait que les crises résultent de la contradiction entre la capacité d’extension, la tendance à l’expansion de la production d’une part, et la capacité de consommation restreinte du marché d’autre part ; en ce sens le crédit est précisément, nous l’avons vu plus haut, le moyen spécifique de faire éclater cette contradiction aussi souvent que possible. Tout d’abord, il augmente la capacité d’extension de la production dans des proportions gigantesques ; il est la force motrice interne qui la pousse à dépasser constamment les limites du marché.

Mais il frappe de deux côtés. En sa qualité de facteur de la production, il a contribué à provoquer la surproduction ; en sa qualité de facteur d’échange il ne fait, pendant la crise, qu’aider à la destruction radicale des forces productives qu’il a lui-même mises en marche. Dès les premiers symptômes d’engorgement du marché, le crédit fond ; il abandonne la fonction de l’échange précisément au moment où celui-ci serait indispensable ; il révèle son inefficacité et son inutilité quand il existe encore, et contribue au cours de la crise à réduire au minimum la capacité de consommation du marché. Nous avons cité les deux effets principaux du crédit ; il agit encore diversement sur la formation des crises.

Non seulement il offre au capitaliste la possibilité de recourir aux capitaux étrangers, mais encore il l’encourage à faire un usage hardi et sans scrupules de la propriété d’autrui, autrement dit il l’incite à des spéculations hasardeuses. Ainsi, en qualité de facteur secret d’échange de marchandises, non seulement il aggrave la crise, mais encore il facilite son apparition et son extension, en faisant de l’échange un mécanisme extrêmement complexe et artificiel, ayant pour base réelle un minimum d’argent métallique ; de ce fait, il provoque, à la moindre occasion, des troubles dans ce mécanisme.

Ainsi le crédit, loin de contribuer à abolir ou même à atténuer les crises, en est au contraire un agent puissant. Il ne peut d’ailleurs en être autrement. La fonction spécifique du crédit consiste - très généralement parlant - à corriger tout ce que le système capitaliste peut avoir de rigidité en y introduisant toute l’élasticité possible, à rendre toutes les forces capitalistes extensibles, relatives et sensibles. Il ne fait évidemment ainsi que faciliter et qu’exaspérer les crises, celles-ci étant définies comme le heurt périodique entre les forces contradictoires de l’économie capitaliste.

Ceci nous amène à une autre question : comment le crédit peut-il apparaître comme un " facteur d’adaptation " du capitalisme ? Sous quelque forme qu’on s’imagine cette adaptation, sa fonction ne pourrait consister qu’à réduire un antagonisme quelconque du capitalisme, à en résoudre ou en atténuer une contradiction en débloquant des forces grippées à tel ou tel point du mécanisme. Or, s’il existe un moyen d’exaspérer au plus haut point les contradictions de l’économie capitaliste actuelle, c’est bien le crédit.

Il aggrave la contradiction entre le mode de production et le mode d’échange en favorisant au maximum la tendance à l’expansion de la production, tout en paralysant l’échange à la moindre occasion.

Il aggrave la contradiction entre le mode de production et le mode d’appropriation en séparant la production de la propriété, en transformant le capital en capital social ; mais par ailleurs en donnant à une partie du profit la forme d’intérêt du capital, donc en le réduisant à être un simple titre de propriété. Il aggrave la contradiction entre les rapports de propriété et les rapports de production, en expropriant un grand nombre de petits capitalistes et en concentrant entre les mains de quelques-uns des forces productives considérables. Il aggrave la contradiction entre le caractère social de la production et le caractère privé de la propriété capitaliste en rendant nécessaire l’intervention de l’Etat dans la production (création de sociétés par actions).

En un mot, le crédit ne fait que reproduire les contradictions cardinales du capitalisme, il les exaspère, il accélère l’évolution qui en précipitera l’anéantissement, l’effondrement. Le premier moyen d’adaptation du capitalisme quant au crédit devait être la suppression du crédit, l’abolition de ses effets. Tel qu’il est, celui-ci ne constitue nullement un moyen d’adaptation, mais un facteur de destruction à l’effet profondément révolutionnaire. Ce caractère révolutionnaire qui conduit le crédit à dépasser le capitalisme n’a-t-il pas été jusqu’à inspirer des plans de réforme d’esprit plus ou moins socialiste ? Il n’est qu’à voir ce grand représentant du crédit qu’est en France un Isaac Péreire [2] et que ces plans de réforme font apparaître, selon Marx, à moitié comme un prophète et à moitié comme une canaille.

Tout aussi fragile apparaît, quand on l’examine de plus près, le deuxième facteur d’adaptation de la production - les organisations patronales. D’après la théorie de Bernstein, elles doivent, en réglementant la production, mettre fin à l’anarchie et prévenir l’apparition des crises. Sans doute le développement des cartels et des trusts est-il un phénomène dont on n’a pas encore étudié toutes les diverses conséquences économiques. Il constitue un problème qu’on ne peut résoudre qu’à l’aide de la doctrine marxiste. En tout cas une chose est certaine : les associations patronales ne réussiraient à endiguer l’anarchie capitaliste que dans la mesure où les cartels, les trusts, etc., deviendraient, au moins approximativement, une forme de production généralisée ou dominante. Or la nature même des cartels l’interdit. Le but économique final et l’action des organisations consistent, en excluant la concurrence à l’intérieur d’une branche de la production, à influer sur la répartition de la masse du profit réalisée sur le marché de manière à augmenter la part de cette branche d’industrie. L’organisation ne peut augmenter le taux de profit dans une branche d’industrie qu’aux dépens des autres, c’est précisément pourquoi elle ne peut être généralisée. Étendue à toutes les branches d’industrie importantes, elle annule elle-même son effet.

Mais même dans les limites de leur application pratique les associations patronales sont bien loin de supprimer l’anarchie, au contraire. Les cartels n’obtiennent ordinairement cette augmentation du profit sur le marché intérieur qu’en faisant rapporter pour l’étranger à un taux de profit bien inférieur la part du capital excédentaire qu’ils ne peuvent utiliser pour les besoins intérieurs, c’est-à-dire en vendant leurs marchandises à l’étranger à meilleur marché qu’à l’intérieur du pays. Il en résulte une aggravation de la concurrence à l’étranger, un renforcement de l’anarchie sur le marché mondial, c’est-à-dire précisément le contraire de ce que l’on se proposait d’obtenir. C’est ce que prouve, entre autres, l’histoire de l’industrie mondiale du sucre.

Enfin, et plus généralement en leur qualité de phénomènes liés au mode de production capitaliste, les associations patronales ne peuvent être considérées que comme un stade provisoire, comme une phase déterminée du développement capitaliste. En effet, les cartels ne sont rien d’autre au fond qu’un palliatif à la baisse fatale du taux de profit dans certaines branches de production. Quelles méthodes utilisent les cartels à cet effet ? Il ne s’agit au fond que de la mise en jachère d’une partie du capital accumulé, c’est-à-dire de la même méthode employée sous une autre forme dans les crises. Or, du remède à la maladie il n’y a qu’une différence de degré, et le remède ne peut passer pour un moindre mal que pendant un certain temps. Le jour où les débouchés viendront à diminuer, le marché mondial étant développé au maximum et épuisé par la concurrence des pays capitalistes, - et l’on ne peut nier que ce mouvement arrivera tôt ou tard - alors la mise en jachère partielle et forcée du capital prendra des dimensions considérables : le remède deviendra le mal même et le capital fortement socialisé par l’organisation et la concentration se transformera de nouveau en capital privé. En présence de difficultés accrues pour se faire une place sur le marché, chaque portion privée du capital préférera tenter seule sa chance. À ce moment-là, les organisations crèveront comme des bulles de savon, laissant la place à une concurrence aggravée [3].

Dans l’ensemble les cartels, tout comme le crédit, apparaissent donc comme des phases déterminées du développement qui ne font, en dernière analyse, qu’accroître encore l’anarchie du monde capitaliste, manifestant en eux-mêmes et portant à maturité toutes ses contradictions internes. Ils aggravent l’antagonisme existant entre le mode de production et le mode d’échange en exaspérant la lutte entre les producteurs et les consommateurs ; nous en voyons un exemple aux Etats-Unis d’Amérique. Ils aggravent en outre la contradiction entre le mode de production et le mode d’appropriation en opposant à la classe ouvrière, de la manière la plus brutale, la force supérieure du capital organisé, exaspérant ainsi à l’extrême l’antagonisme entre le capital et le travail. Enfin ils aggravent la contradiction entre le caractère international de l’économie capitaliste mondiale et le caractère national de l’Etat capitaliste, parce qu’ils s’accompagnent toujours d’une guerre douanière générale ; ils exaspèrent ainsi les antagonismes entre les différents Etats capitalistes. À cela il faut ajouter l’influence révolutionnaire exercée par les cartels sur la concentration de la production, son perfectionnement technique, etc.

Ainsi, quant à l’action exercée sur l’économie capitaliste, les cartels et les trusts n’apparaissent pas comme un " facteur d’adaptation " propre à en atténuer les contradictions, mais bien plutôt comme l’un des moyens qu’elle invente elle-même pour aggraver sa propre anarchie, développer ses contradictions internes, accélérer sa propre ruine.

Cependant, si le système du crédit, si les cartels, etc., n’éliminent pas l’anarchie du monde capitaliste, comment se fait-il que pendant deux décennies, depuis 1873, nous n’ayons eu aucune grande crise commerciale ? N’est-ce pas là un signe que le mode de production capitaliste s’est - au moins dans ses grandes lignes - " adapté " aux besoins de la société, contrairement à l’analyse faite par Marx ? La réponse ne s’est pas fait attendre. À peine Bernstein avait-il relégué en 1898 la théorie de Marx sur les crises [a] parmi les vieilles lunes qu’une violente crise générale éclata en 1900 ; sept ans plus tard une crise nouvelle éclatait aux Etats-Unis, gagnant tout le marché mondial. Ainsi la théorie de l’ " adaptation " du capitalisme fut démentie par des faits éloquents. Ce démenti même démontrait que ceux qui abandonnaient la théorie de Marx sur les crises [b] pour la seule raison qu’aucune crise n’avait éclaté au " terme " prévu par l’échéance avaient confondu l’essence de cette théorie avec un de ses aspects extérieurs secondaires :le cycle de dix ans. Or la formule d’une période décennale accomplissant tout le cycle de l’industrie capitaliste était chez Marx et Engels dans les années 60 et 70 une simple constatation des faits : ces faits ne correspondaient pas à une loi naturelle, mais à une série de circonstances historiques déterminées ; ils étaient liés à l’extension par bonds de la sphère d’influence du jeune capitalisme.

La crise de 1825 fut en effet le résultat des grands investissements de capitaux dans la construction des routes, des canaux et des usines à gaz qui furent accomplis au cours de la décennie précédente et notamment en Angleterre où éclata la crise. De même la crise suivante, de 1836 à 1839, fut la conséquence de placements formidables dans la construction des moyens de transport. La crise de 1847 fut provoquée, on le sait, par l’essor fiévreux de la construction des chemins de fer anglais (de 1844 à 1847, c’est-à-dire en trois ans seulement, le Parlement anglais accorda des concessions de lignes de chemins de fer pour une valeur d’environ 1,5 milliard de thalers). Dans ces trois cas ce sont par conséquent différentes formes d’expansion nouvelle de l’économie grâce au capitalisme, de la création de nouvelles bases du développement capitaliste qui sont à l’origine des crises. En 1857 on assiste d’abord à l’ouverture brusque de nouveaux débouchés à l’industrie européenne en Amérique et en Australie, à la suite de la découverte des mines d’or : puis ce fut, en France notamment, à la suite des exemples anglais, la construction de nombreuses lignes de chemins de fer (de 1852 à 1856 on construisit en France pour 1 250 000 francs de nouvelles lignes de chemins de fer). Enfin la grande crise de 1873 fut, comme on sait, une conséquence directe de la création et de l’expansion brutale de la grande industrie en Allemagne et en Autriche, qui suivirent les événements politiques de 1866 et 1871.

Ce fut par conséquent chaque fois l’expansion brusque de l’économie capitaliste et non le rétrécissement de son champ ni son épuisement qui fut à l’origine des crises commerciales. La périodicité décennale de ces crises internationales est un fait purement extérieur, un hasard. Le schéma marxiste de la formation des crises tel qu’Engels et Marx l’ont exposé le premier dans l’Anti-Dühring, le second dans le livre I et le livre III du Capital, ne s’applique d’une façon juste à ces crises que dans la mesure où il découvre leur mécanisme interne et leurs causes générales profondes ; peu importe que ces crises se répètent tous les dix ou tous les cinq ans, ou encore alternativement tous les vingt ou tous les huit ans. Mais ce qui démontre le mieux l’inexactitude de la théorie bersteinienne, c’est le fait que ce sont précisément les pays où les fameux " facteurs d’adaptation " capitalistes : le crédit, les moyens d’information, et les trusts sont le plus développés, qui ont ressenti avec le plus de violence les effets de la crise de 1907-1908.

L’idée que la production capitaliste pourrait " s’adapter " à l’échange implique de deux choses l’une :ou bien que le marché mondial s’accroît sans limites, à l’infini, ou bien au contraire qu’il y a un frein au développement des forces productives afin que celles-ci ne débordent pas les limites du marché. La première hypothèse se heurte à une impossibilité matérielle ; à la seconde s’opposent les progrès constants de la technique dans tous les domaines de la production, suscitant tous les jours de nouvelles forces productives.

Reste un phénomène qui, d’après Bernstein, contredirait la tendance ci-dessus indiquée du développement capitaliste : c’est la " phalange inébranlable " des entreprises moyennes. Il voit dans leur existence un signe que le développement de la grande industrie n’a pas une influence aussi révolutionnaire du point de vue de la concentration des entreprises que ne le croient les tenants de la " théorie de la catastrophe ". Mais il est ici encore victime d’un malentendu qu’il a lui-même créé. Cela serait en effet mal comprendre le développement de la grande industrie que de s’imaginer qu’il entraîne nécessairement la disparition progressive des entreprises moyennes.

Dans le cours général du développement capitaliste, les petits capitaux jouent, d’après la théorie marxiste, le rôle de pionniers de la révolution technique et ceci à un double titre : d’abord, en ce qui concerne les méthodes nouvelles de production dans les anciennes branches fortement enracinées, ensuite dans la création de nouvelles branches de production non encore exploitées par les gros capitaux. On aurait donc tort de se figurer l’histoire des entreprises moyennes comme une ligne droite descendante qui irait du déclin progressif jusqu’à la disparition totale. L’évolution réelle est ici encore dialectique ; elle oscille sans cesse entre des contradictions. Les classes moyennes capitalistes se trouvent tout comme la classe ouvrière sous l’influence de deux tendances antagonistes, l’une ascendante, l’autre descendante. La tendance descendante est la croissance continue de l’échelle de la production qui déborde périodiquement le cadre des capitaux moyens, les écartant régulièrement du champ de la concurrence mondiale. La tendance ascendante est constituée par la dépréciation périodique du capital existant qui fait baisser pour un certain temps l’échelle de la production selon la valeur du capital minimum nécessaire, ainsi que la pénétration de la production capitaliste dans les sphères nouvelles. Il ne faut pas regarder la lutte des entreprises moyennes contre le grand capital comme une bataille en règle où la partie la plus faible verrait de plus en plus diminuer et fondre ses troupes en nombre absolu ; c’est plutôt comme si de petits capitaux étaient périodiquement fauchés pour s’empresser de repousser afin d’être fauchés à nouveau par la grande industrie. Des deux tendances qui se disputent le sort des classes moyennes capitalistes, c’est finalement la tendance descendante qui l’emporte. L’évolution est ici inverse de celle de la classe ouvrière. Cela ne se manifeste pas nécessairement dans une diminution numérique absolue des entreprises moyennes ; il peut y avoir une augmentation progressive du capital minimum nécessaire au fonctionnement des entreprises dans les anciennes branches de la production ; une diminution constante de l’intervalle de temps pendant lequel les petits capitaux conservent l’exploitation des nouvelles branches de la production. Il en résulte pour le petit capital individuel une durée d’existence de plus en plus brève et un changement de plus en plus rapide des méthodes de production ainsi que de la nature des investissements. Pour la classe moyenne dans son ensemble il en résulte une accélération du métabolisme social.

Bernstein le sait parfaitement bien et il le constate d’ailleurs lui-même. Mais ce qu’il semble oublier, c’est que c’est là la loi même du mouvement des entreprises moyennes capitalistes. Si on admet que les petits capitaux sont les pionniers du progrès technique, qui est lui-même le moteur essentiel de l’économie capitaliste, on doit conclure que les petits capitaux accompagnent nécessairement le développement du capitalisme, car ils font partie intégrante de celui-ci et ne disparaîtront qu’avec lui. La disparition progressive des entreprises moyennes - au sens statistique absolu dont parle Bernstein - signifierait non pas comme le pense ce dernier, la tendance révolutionnaire du développement capitaliste, mais le contraire, c’est-à-dire un arrêt, un assoupissement de ce développement. " Le taux du profit, c’est-à-dire l’accroissement proportionnel du capital, dit Marx, est important avant tout pour tous les nouveaux placeurs de capitaux se groupant indépendamment. Et dès que la formation de capital tomberait exclusivement aux mains d’une poignée de gros capitaux tout formés, le feu vivifiant de la production s’éteindrait - entrerait en somnolence. " (Capital, livre III, ch. 15, 2, tome X, p. 202, traduction Molitor).


Notes

[1] Rosa Luxemburg appelle ainsi les diverses formes modernes de concentration de capital : trusts, cartels, etc.

[2] Isaac Péreire (1806-1890) et son frère Jacob (1800-1875) nés à Bordeaux, furent introduits dans le groupe saint-simonien. Ils s’enthousiasment pour le chemin de fer et contribuèrent à la fondation du Crédit Mobilier, ce qui les place dans une position de concurrence acharnée avec Rothschild.

[3] Dans une note au livre III du Capital, F. Engels écrit en 1894 : " Depuis que les lignes ci-dessus ont été écrites (1865) la concurrence a considérablement augmenté sur le marché mondial, grâce au développement rapide de l’industrie dans tous les pays civilisés, particulièrement en Amérique et en Allemagne. La constatation que l’accroissement rapide et gigantesque des forces productives modernes dépasse chaque jour de plus en plus les lois de l’échange capitaliste des marchandises, dans le cadre duquel ces forces doivent se mouvoir, cette constatation s’impose à l’heure actuelle avec une évidence sans cesse croissante même à la conscience des capitalistes. Cette constatation se montre notamment dans deux symptômes. D’abord, dans la nouvelle manie protectionniste devenue générale et qui diffère de l’ancien système protectionniste surtout en ce qu’elle protège particulièrement les articles les plus aptes à l’exportation. Ensuite dans les trusts par lesquels les fabricants de grandes sphères entières de production réglementent la production et, par suite, les prix et les profits. Il va de soi que ces expériences ne sont possibles que si la situation économique est relativement favorable. La première perturbation les réduira à néant et démontrera que, bien que la production ait besoin d’être réglementée, ce n’est assurément pas la classe capitaliste qui est appelée à le faire. En attendant, ces trusts ou cartels n’ont qu’un seul but : prendre toutes les mesures pour que les petits soient mangés par les gros plus rapidement encore que par le passé ". (Capital, III, tome IX, pp. 204-205, traduction Molitor, éd. Costes).

[a] On trouvait "la théorie marxienne des crises" dans la traduction originale d'I. Petit. La consonnance de cette formulation nous a amené à la remplacer par une formule plus "neutre". (MIA)

[b] Idem.

 

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