SPARTACUS

Information sur le mouvement des conseils ouvriers de la gauche germano-Hollandaise, ainsi que sur la lutte de classe dans le monde. voir en complément le site MONDIALISME. Pour correspondre:

31 janvier 2009

Affrontements prolétaires et forces de l' ordre à Saint-Nazaire.

logos_jauneSamedi 31 janvier 2009 N°254

Jeudi 29 janvier 2009-Tôt le matin des centaines de prolétaires des chantiers navals de St Nazaire, de la sous-traitance, d' Airbus,du Port Autonome, d'EDF, SNCF, de la raffinerie de Donges, de la Poste, de MAN Diesel, etc... se sont regroupés pour bloquer la circulation à tout transport de marchandises. En début d' après midi plus de 25 000 manifestants se dirigent vers la Sous-préfecture. Tout se passait visiblement dans le calme, quand des CRS débouchent d' une rue et arrosent la manifestation de lacrymogène. La réaction ouvrière fut immédiate, et les CRS allaient vite se retrouver encerclés, des heurts violents au corps a corps vont avoir lieux . C 'est quand une section de CRS va faire une sortie musclée pour secourir leurs potes mal en point, que les affrontements vont s' étendre. Des barricades se dressent spontanément dans les rues adjacentes, au tir de lacrymo et de grenades offensives ont répond avec des canettes et ce qui tombe sous la main. Pendant plusieurs heures une véritable guérilla à lieue, des renforts de gendarmes mobiles viennent prêter main forte aux CRS, charge après charge il y aura des blessés de part et d' autre dont un grièvement atteint à la jambe par une grenade offensive.

C’est vers 20 h que la charge la plus violente a eu lieu. On compte des dizaines d’arrestations.

Pour plus d' informations sur les grèves à St Nazaire, voir le texte d' H. Simon dans « socialisme ou barbarie N°18-janvier -mars 1956 « Mes grèves de l' été 1955 » reproduit enbrochure par  le Front Libertaire de St Nazaire.

Nouvelles de Caen

le 29 01 2009-très forte mobilisation à Caen ce matin malgré le froid (1 ou 2°, pas de pluie mais vent glacial). 1h30 de démarrage, 40 000 manifestants (21 000 selon la police qui reconnaît que c'est un chiffre très élevé pour la région), soit un niveau comparable ici aux pics de 1968 et 2003. présence enseignante plutôt décevante (mais c'est peut-être que je compare trop à mai 2003 qui avait une composition différente), beaucoup de gens des autres services publics, not. territoriaux, et du privé (14 000 emplois menacés dans la région, mais aussi présence par exemple des filles du Monoprix du centre-ville), pas de jeunes (ma fille a dû défiler avec des adultes, "ça craint"), présence de la police très discrète. rassemblements tantôt devant les usines Bosch et Valeo. ai relevé un seul slogan spontané (hors sonos) ayant rencontré un succès: "Sarko enculé!" (bis, bis, etc., c'est quand j'étais parti faire un tour chez les CGT). Pas de casse je crois, juste vu une vitre de tram cassée.

Ce succès à l'air généralisé pour l'Ouest (cf. http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Greve-des-milliers-de-manifestants-dans-les-rues-des-villes-de-l-Ouest_39382-809196_actu.Htm).

sinon j'apprends que le préfet de saint-lô a été muté disciplinairement suite à la manif du 12 janvier dernier pour la venue de Sarko dont je vous ai déjà parlé. (cf. http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-38294334@7-40,0.html )

Un correspondant.

Le droit de grève contre la grève

Treize conducteurs de TER de Nice et trois syndicats (CGT, CFDT, Fgaac) sont assignés par la direction de la SNCF devant le Tribunal de Grande Instance de Marseille pour "exercice abusif du droit de grève". Les agents de conduite des TER de Nice, en grève depuis le 9 décembre, réclament au moins vingt conducteurs supplémentaires face à la hausse de 20% du nombre de TER.

Venezuela : deux travailleurs en lutte tués par la police d’Anzoategui. Solidarité !

_A_venezualaDans l’après-midi du jeudi 29 janvier, deux travailleurs ont été assassinés par la police de l’Etat d’Anzoategui, au Venezuela. Il s’agit de Pedro Suare, un travailleur de l’usine Mitsubishi, et de José Marcano, de l’usine automobile Macusa. Ils ont été tués lorsque la police régionale a tenté de faire évacuer les centaines de travailleurs qui occupent l’usine Mitsubitshi.

Les travailleurs de Mitsubishi occupent l’usine depuis le 22 janvier. La raison de cette occupation est la suivante : 135 salariés qui travaillaient dans l’usine pour le compte d’un sous-traitant, Induservis, se sont retrouvés sans travail lorsque la direction de Mitsubishi a décidé de cesser toute coopération avec Induservis. Lors d’un meeting des travailleurs de Mitsubishi, 863 des 893 travailleurs présents ont voté en faveur de l’occupation de l’usine. Tout en exigeant que les 135 travailleurs soient intégrés aux effectifs de l’entreprise, sur les mêmes bases contractuelles que les autres salariés, les travailleurs de Mitsubishi ont également lié leur lutte à la revendication de nationalisation de Mitsubishi, Vivex, Franelas Gotcha, Industria Nacional de Artículos de Ferretería (INAF) et Acerven, comme seule solution aux conflits dans ces entreprises.

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28 janvier 2009

NATION OU CLASSE

NATION OU CLASSE

« Abolissez l'exploitation de l'homme par l'homme, et vous abolirez l'exploitation d'une nation par une autre nation. Du jour où tombe l'antagonisme des classes à l'intérieur de la nation, tombe également l'hostilité des nations entre elles. «  (Le Manifeste Communiste)


Rosa Luxemburg :

Rosa_Luxemburg1Fragment sur la guerre, la question nationale et la révolution

Alors que la haine de classe contre le prolétariat et la menace immédiate de révolution sociale qu'il représente détermine intégralement les faits et gestes des classes bourgeoises, leur programme de paix et leur politique à venir, que fait le prolétariat international ? Totalement sourd aux leçons de la révolution russe, oubliant l'abc du socialisme, il cherche à faire aboutir le même programme de paix que la bourgeoisie et le préconise comme son programme propre ! Vive Wilson et la Société des Nations ! Vive l'autodétermination natio­nale et le désarmement ! Voilà maintenant la bannière à laquelle se rallient soudain les socia­listes de tous les pays - et avec eux les gouvernements impérialistes de l'Entente, les partis les plus réactionnaires, les socialistes gouvernementaux arrivistes, les socialistes oppositionnels du marais « fidèles aux principes », les pacifistes bourgeois, les utopistes petits-bourgeois, les États nationalistes parvenus, les impérialistes allemands en faillite, le pape, les bourreaux finlandais du prolétariat révolutionnaire, les mercenaires ukrainiens du militarisme allemand.

En Pologne, les Daszynski 1 sont intimement liés aux hobereaux de Galicie et à la grande bourgeoisie de Varsovie ; en Autriche allemande, les Adler, Renner, Otto Bauer et Julius Deutsch 2 vont main dans la main avec les chré­tiens sociaux, les agrariens et les nationaux allemands ; en Bohème, les Soukup et Nemec 3 forment un bloc compact avec tous les partis bourgeois - quelle émouvante récon­ci­liation générale des classes! Et au-dessus de toute cette ivresse nationale, flotte la bannière internationale de la paix. Partout. les socialistes tirent les marrons du feu pour la bourgeoisie ; par leur crédit et leur idéologie, ils aident à couvrir la déroute morale de la société bourgeoise, ils l'aident à s'en sauver, à restaurer et à consolider l'hégémonie bourgeoise de classe.

Et la première consécration pratique de cette politique bien huilée, c'est l'écrasement de la révolution russe et le morcellement (?) de la Russie.

C'est la politique du 4 août 1914 qui se reflète inversée dans le miroir concave de la paix. La capitulation dans la lutte des classes et la coalition avec les bourgeoisies nationales respectives en vue d'un carnage réciproque, se sont transformées en une alliance mondiale, internationale pour une « paix d'entente ». Ils tombent dans le panneau des pires platitudes, des pires fadeurs, de la berceuse, du mélo de cinéma : le capital a soudain disparu, les conflits de classes sont nuls et non avenus. Désarmement, paix, harmonie des nations. La force plie devant la loi, le faible se redresse, Au lieu de canons, Krupp va produire ... des bougies de Noël, la ville américaine de Gari (?) va se transformer en un jardin d'enfants de Frôbel 4. Arche de Noé où l'agneau ira tranquil­lement paître auprès du loup, où le tigre ronronne en clignant des yeux comme un gros chat domestique, alors que du bout de ses cornes, l'antilope le chatouille derrière l'oreille, où le lion et la chèvre jouent à saute-mouton. Et tout cela grâce à la formule magique de Wilson, du président des, milliardaires américains, tout cela grâce au soutien des Clemenceau, Lloyd George et du prince Max de Bade 5. De ce même Erzberger qui... le traité de Paix de Brest... Désarmement aptes qu'en Angleterre et en Amérique, deux nouveaux. militarismes ; Fournisseur : le Japon. Après une progression illimitée de la technique. Alors que le capital financier et le capital de l'industrie de guerre ont tous les États dans leur poche à cause de la dette publique ! Alors que les colonies restent des colonies. Ici, l'idée de la lutte des classes capitule devant l'idée nationale. Il semble que l'harmonie des classes dans chaque nation soit la condition préalable et le complément de l'harmonie des nations qui doit sortir de la guerre mondiale pour s'épanouir dans la « Société des Nations ». Le nationalisme est actuellement de mise. Des nations et des mini-nations s'annoncent de toutes parts et affirment leurs droits à constituer des États. Des cadavres putréfiés sortent de tombes centenaires, animés d'une nouvelle vigueur printanière et des peuples « sans histoire » qui n'ont jamais constitué d'entité étatique autonome ressentent le besoin violent de s'ériger en États. Polonais, Ukrainiens, Bielorusses, Lithuaniens, Tchèques, Yougoslaves, dix nouvelles nations au Caucase... Les Sionistes édifient déjà leur ghetto palestinien, pour l'instant à Philadelphie.... c'est aujourd'hui la nuit de Walpurgis sur le Brocken 6 nationaliste.

Sur un balai, sur un bâton

Ne volera plus jamais, qui aujourd'hui n'a pas volé.

Mais le nationalisme n’est qu'une formule. La substance, le contenu historique qu'elle couvre est aussi divers et ramifié qu'est creuse et pauvre la formule d' « autodétermination nationale » qui le cache.

Maintenant, comme dans toutes les grandes périodes révolutionnaires, on présente toutes sortes de factures, vieilles et nouvelles, de conflits à régler pêle-mêle, des restes démodés du passé, les questions les plus actuelles du présent et des problèmes à peine esquissés de l'avenir. La décadence de l'Autriche et de la Turquie est la dernière liquidation du Moyen-âge féodal, un appendice à l'œuvre de Napoléon. Mais l'effondrement et l'abaissement de l’Allemagne est, en même temps, la faillite du plus jeune et du plus vigoureux des impéria­lismes et de ses projets de domination du monde qui n'ont pris forme que dans la guerre. Ce n'est aussi que la faillite d'une méthode particulière de domination impérialiste : à travers la réaction de l'Elbe orientale et la dictature militaire, à travers l'état de siège et les méthodes d'extermination, c'est l'effondrement de la stratégie de Trotha 7, transposée des hereros du désert de Kalahari à l'Europe. Analogue à celle de l'Autriche et de la Turquie, dans l'appa­rence et la forme des résultats - la constitution de nouveaux petits États nationaux - la décadence de la Russie cache un problème opposé : d'une part, la capitulation de la politique prolétarienne à l'échelle nationale devant l'impérialisme, d'autre part la contre-révolution capitaliste contre la prise du pouvoir par le prolétariat . Ce dernier élément est en même temps la force motrice historique la plus puissante qui s'exprime dans tous les remaniements actuels, l'axe qui traverse le chaos des divers mouvements historiques qui se contredisent et se recoupent, la substance effective du puissant mouvement national.

Dans son schématisme pédant de maître d'école, un K(autsky) y voit le triomphe de la « démo­cratie » qui prendrait tout simplement la forme et les accessoires d'un État national. Ce formaliste sec et petit bourgeois oublie, bien sûr, d'examiner le fond historique des choses; gardien attitré du temple du matérialisme historique, il oublie qu' « État national » et « natio­­nalisme » sont, en soi, des moules vides dans lesquels chaque période historique et les rapports de classes dans chaque pays, coulent un contenu matériel particulier. Dans l'Allemagne ou l'Italie des années 70, le mot d'ordre d' « État national » servait de programme à l'État bourgeois, à l'hégémonie bour­geoi­se de classe ; l'offensive visait un passé moyen-âgeux et féodal, un état bureau­cratico-partriarcal et une vie économique disloquée. En Pologne, le mot d'ordre d' « État national » était traditionnellement celui de l'opposition de la noblesse rurale et de la petite bourgeoisie au développement capitaliste moderne, un mot d'ordre dont la pointe était précisément dirigée contre les phénomènes modernes de la vie, aussi bien le libéralisme bourgeois que son antipode, le mouvement ouvrier socialiste. Dans les Balkans, en Bulgarie, en Roumanie, en Serbie, deux guerres sanglantes, préludes à la guerre mondiale, ont marqué l'irruption violente du nationalisme, expression des aspirations du capitalisme à se dévelop­per et de la classe bourgeoise à exercer son hégémonie dans tous ces États ; le nationalisme y est, d'une part, l'expression des intérêts contradictoires de ces bourgeoisies entre elles qui se heurtent par ailleurs à l'impérialisme autrichien dans leurs tentatives d'expansion. Mais en même temps, bien qu'il soit en fait l'expression d'un capitalisme tout jeune, presque embryonnaire, le nationalisme de ces États a été et est encore contaminé par l'atmosphère générale des tendances impérialistes, En Italie, le nationalisme sert déjà exclusivement, et sans conteste, de raison sociale à de purs appétits colonialo-impérialistes ; ce nationalisme de la guerre en Tripolitaine et des convoitises albanaises a aussi peu de points communs avec le nationalisme italien des années 60 que M. Sonnino 8 avec Giuseppe Garibaldi.

Avant l'insurrection d'octobre 1917 à Pétersbourg, le nationalisme en Ukraine russe était aussi peu consistant qu'une bulle de savon, c'était le produit des ratiocinations de quelques douzaines de professeurs et d'avocats dont la plupart ne parlaient même pas l'ukrainien. Depuis l'insurrection bolchevique, il est devenu l'expression d'intérêts très réels de la contre-révolution petite-bourgeoise dont l'offensive est dirigée contre la classe ouvrière socialiste. En Inde, le nationalisme est l'expression des ambitions de la bourgeoisie indigène qui aspire à exploiter le pays pour son propre compte et à ne plus se contenter de servir d'objet au vampirisme du capital anglais ; d'après son contenu social et son degré de développement historique, ce nationalisme correspond donc aux luttes d'éman­cipation des États-Unis d'Amérique à l'issue du XVIII° siècle.

Ainsi, le nationalisme reflète tous les intérêts, toutes les nuances, toutes les situations historiques qu'on peut imaginer. C'est un chatoiement de mille couleurs. Il n'est rien, il est tout, il n'est qu'un moule idéologique, il importe avant tout de déterminer à chaque fois la substance qu'il contient.

L'explosion actuelle de nationalisme, généralisée au monde entier, renferme un fouillis hétéroclite d'intérêts et de tendances spécifiques. Mais un axe passe à travers tous ces intérêts spécifiques et les oriente, un intérêt général créé par les particularités de la situation historique : l'offensive contre la menace d'une révolution mondiale du prolétariat.

La révolution russe et le pouvoir des bolcheviks qui en est issu, ont inscrit le problème de la révolution sociale à l'ordre du jour de l'histoire. Ils ont, en règle générale, exacerbé à l'extrême le conflit de classes entre capital et travail. Ils ont creusé soudain entre les deux classes un gouffre béant qui crache des vapeurs volcaniques et des flammes brûlantes. Le soulèvement de juin du prolétariat parisien et le massacre de juin ont pour la première fois pratiquement scindé la bourgeoisie en deux classes antagonistes qui ne peuvent connaître qu'une seule loi : la lutte à la vie à la mort; ainsi, le pouvoir des bolcheviks en Russie a pratiquement contraint la société bourgeoise a faire face à cette lutte finale, à la vie à la mort. Il a anéanti et dissipé la fiction d'une classe ouvrière docile avec laquelle on s'arrange à l'amiable, d'un socialisme aux fanfaronnades théoriques inoffensives qui, dans la pratique, est fidèle au principe : vivre et laisser vivre - cette fiction née de la pratique de la social-démo­cratie allemande dans les trente dernières années, et devenue, sur ses traces, celle de l'Interna­tionale tout entière. La révolution russe a asséné un coup de poing soudain et déterminant au modus vivendi entre socialisme et capitalisme élaboré au cours du demi-siècle de parlementarisme qui vient de s'écouler ; grâce à elle, le socialisme est sorti de la phrasé­ologie inoffensive de campagne électorale trai­tant d'un avenir nébuleux, il est devenu le problème crucial du jour d'aujourd'hui. Elle a rouvert brutalement la vieille et terrible blessure de la société bourgeoise qui s'était cicatrisée depuis les journées de juin 1848 à Paris.

Seules les classes dirigeantes en ont bien sûr d'abord pris conscience. Avec la violence d'un choc électrique, les journées de juin ont inoculé instantanément à la bourgeoisie de tous les pays la conscience d'un antagonisme de classe irréconciliable avec la classe ouvrière, elles ont empli les cœurs d'une haine mortelle du prolétariat, alors que les ouvriers de tous les pays ont mis des années à tirer les leçons des journées de juin, à acquérir la conscience de l'antagonisme de classe ; la même chose se reproduit à l'heure actuelle ; la révolution russe a communiqué à toutes les classes possédantes de tous les pays du monde, la panique, la haine farouche, fulminante, effrénée du spectre menaçant de la dictature politique, une haine qui ne peut se mesurer qu'aux sentiments de la bourgeoisie parisienne pendant les massacres de juin et le carnage de la Commune. Le « bolchévisme » est devenu le mot clé du socialisme révolutionnaire pratique, des aspirations de la classe ouvrière à la prise du pouvoir. Le mérite historique du bolchévisme est d'avoir ouvert brutalement le fossé social au sein de la société bourgeoise, d'avoir approfondi et exacerbé à l'échelle internationale l'antagonisme de classe; et, comme dans tous les grands contextes historiques, cette œuvre fait disparaître sans rémission toutes les erreurs et toutes les fautes particulières du bolchévisme. Elles servent même cette oeuvre, dans la mesure où elles contribuent à intensifier jusqu'à la fureur, la haine de la société bourgeoise et sa crainte, jusqu'à la folie.

Ces sentiments sont aujourd'hui la substance profonde des délires nationalistes auxquels le monde capitaliste a apparemment succombé; ils sont l'étoffe historique objective à laquelle se réduit, en fait, l'échantillonnage hétéroclite des nationalismes nouvellement déclarés. Les jeunes micro-bourgeoisies qui aspirent maintenant à une existence indépendante, ne frétillent pas seulement du désir d'acquérir une hégémonie de classe sans entraves et sans tutelle, mais elles se promettent un délice dont elles ont trop longtemps été privées : étrangler de leurs propres mains l'ennemi mortel, le prolétariat révolutionnaire - fonction qu'elles avaient été contraintes de céder jusqu'à présent à l'appareil rigide d'une domination étrangère. On accepte peu volontiers d'aimer ou de haïr par personne interposée. Les orgies sanglantes de Mannerheim, le Gallifet finnois, ont montré combien la violence ardente de l'année passée a fait germer de haine dans le cœur de toutes ces « petites nations », des Polonais, des Lithuaniens, des Roumains, des Ukrainiens, des Tchèques des Croates, etc., une haine qui n'atten­dait que la possibilité de trouver son expression : étriper enfin le prolétariat révolu­tion­naire par des moyens « nationaux » à soi. Ces « jeunes » nations, agneaux blancs et innocents qui gambadent dans la prairie de l'histoire mondiale, ont déjà l'œil étincelant du tigre courroucé qui guette le moindre mouvement du « bolchévisme » pour lui « régler son compte ». Derrière tous les banquets idylliques, toutes les fêtes de fraternisation enivrantes à Vienne, à Prague, à Agram, à Varsovie s'ouvrent déjà béantes les tombes de Mannerheim que l'on contraint les gardes rouges à creuser de leurs propres mains, se profilent les ombres troubles des potences de Kharkov; les Loubinski et Holoubovitch 9 ont invité les « libérateurs à, allemands à les dresser.

C'est la même idée fondamentale qui domine l'ensemble du programme démocratique de paix de Wilson. Dans l'atmosphère d'ivresse victorieuse de l'impérialisme anglo-américain, dans l'atmosphère créée par le spectre menaçant du bolchévisme qui hante la scène mondiale, la « Société des Nations » ne peut être qu'une seule chose : une alliance bourgeoise mondiale pour la répression du prolétariat. La Russie bolchevique sera la première victime toute chaude que sacrifiera le grand prêtre Wilson à la tête de ses augures de l'arche d'alliance de la « Société des Nations » ; les « nations autodéterminées », victorieuses et vaincues, se précipi­te­ront sur elle.

Les classes dirigeantes font ici, une fois de plus, preuve de leur instinct infaillible pour leurs intérêts de classe, d'une sensibilité merveilleuse aux dangers qui les menacent. Le temps est apparemment au beau fixe pour la bourgeoisie et les prolétaires de tous les pays s'enivrent au souffle printanier du nationalisme et de la Société des Nations ; mais la société bourgeoise ressent dans tous ses membres une douleur lancinante qui lui annonce l'approche d'une chute du baromètre de l'histoire et d'un changement de temps. En tant que « ministres nationaux », les socialistes mettent un zèle de rustres à tirer pour elle les marrons de la paix du feu de la guerre mondiale ; mais elle voit déjà se profiler derrière son dos la fatalité inévitable : elle voit se dresser le spectre géant de la révolution sociale mondiale qui a pénétré en silence sur l'arrière-plan de la scène.

C'est l'insolubilité objective des tâches auxquelles la société bourgeoise est confrontée, qui fait du socialisme une nécessité historique et qui rend la révolution mondiale inévitable.

Personne ne peut prévoir la durée de cette dernière période et les formes qu'elle va revêtir. L'histoire est sortie des chemins battus, a cessé d'avancer d'un train paisible ; à cha­que pas de plus, à chaque détour du chemin, s'ouvrent de nouvelles perspectives, se présente un nouveau décor.

Il importe avant tout d'appréhender le problème décisif de cette période et de s'y tenir sans se laisser démonter. Et ce problème s'intitule : la dictature du prolétariat, réalisation du socialisme. Les difficultés de la tâche ne résident pas dans la puissance de l'opposant, des résistances de la société bourgeoise. La guerre a rendu inutilisable pour la répression du prolétariat son ultima ratio, l'armée, devenue elle-même révolutionnaire. La guerre a disloqué la base matérielle de son existence, le maintien de la société. La tradition, la routine, l'autorité - sa base morale d'existence - ont été dispersées à tous vents. Tout l'édifice se relâche, s'ébranle, s'effrite. Les conditions de la lutte pour le pouvoir sont plus favorables à la classe ascendante qu'elles ne l'ont jamais été dans l'histoire mondiale. Il peut tomber comme un fruit mûr dans l'escarcelle du prolétariat. La difficulté réside dans le prolétariat lui-même, dans son manque de maturité ou plus encore dans le manque de maturité de ses chefs, des partis socialistes. La course poursuite générale du nationalisme et de la Société des Nations. Les socialistes doivent maintenant faire leur apprentissage, réapprendre l'abc, mais accéléré dans la pratique. Le programme de paix de la société bourgeoise est inapplicable. D'où la garantie historique de la proximité de la révolution et de la victoire.  La classe ouvrière regimbe, elle recule sans cesse devant l'énormité incertaine de sa tâche. Mais elle doit le faire, il le faut. L'histoire lui ferme toutes les portes de sortie elle doit mener l'humanité dégradée hors de la nuit et de J'épouvante vers la lumière de la libération. La fin de la guerre mondiale ne peut rien... (illisible) être et d... (illisible)... peut... (illisible)...

 

 

Traduit d'après l'édition allemande de Die Russische Revolution, présentée par Ossip Flechtheim, Francfort, Europäische Verlagsanstalt, 1963.

 

 

1 DACZYNSKI, Ignaz (1866-1936). Dirigeant du Parti Socialiste Polonais (P.P.S.) de Galicie, il fut son représentant auprès de la II° Internationale.

 

2 ADLER, Victor (1852-1918). Fondateur et dirigeant du Parti social-démocrate autrichien, fondateur de son organe central, l'Arbeiterzeitung, il fut l'une des plus éminentes figures de l'Internationale. Avocat de l'autonomie nationale, anti-militariste, Il fut partisan de la défense pendant la guerre mondiale. En 1918, Il fut ministre des Affaires Étrangères.

RENNER, Karl (Rudolf Springer) (1870-1950). Dirigeant du Parti social-démocrate autrichien, membre du Reichsrat, favorable à la défense pendant la guerre, il fut en 1918, le premier chancelier de la république autrichienne et l'un des signataires du traité de Versailles. Il fut Président de la République autrichienne après la Seconde Guerre mondiale.

BAUER, Otto (1881-1938) Dirigeant et théoricien du Parti social-démocrate autrichien, il fonda Der Kampf, son organe théorique et collabora à la Neue Zeit. De 1915 à 1917, il fut prisonnier en Russie. En 1918, il devint sous-secrétaire d'État aux Affaires Étrangères, puis secrétaire d'État. Il fut l'un des fondateurs de l'Internationale deux et demi. Il fut contraint d'émigrer en 1934.

DEUTSCH, Julius. Socialiste, dirigeant syndical. En 1918-20, il organisa, en tant que secrétaire d'État, la « milice ». Après avoir démissionné en 1920, il fonda le « Club de défense républicaine ». En février 1934, il émigra en Tchécoslovaquie puis combattit en Espagne où il fut général des troupes républicaines. Il revint à Vienne en 1946 et quitta le parti en 1953.

 

3 SOUKUP, Frantisek (1871-1940) Social-démocrate tchèque, délégué au Bureau Socialiste International il fut en 1918-19 ministre de la justice, en 1919-29, vice-président du Sénat, en 1929-39, président du Sénat.

NEMEC, Antonin (1858-1926). Journaliste, dirigeant du Parti social-démocrate tchèque, il fut à partir de 1904 son représentant au B.S.I. De 1907 à 1918, il fut député au Reichsrat autrichien, et en 1918-20, membre de l'assemblée nationale révolutionnaire tchèque. Député au parlement tchèque de 1920 à 1925, il devint alors président honoraire de son parti.

 

4 FRÖBEL, Friedrich (1782-1852). Pédagogue, fonda en 1840, à Blankenburg en Thuringe, un jardin d'enfants pour toute l'Allemagne.

 

5 ERZBERGER : Sous-secrétaire d'État aux Affaires Étrangères dans le cabinet du prince Max de Bade. Président de la commission d'armistice (6 novembre 1918).

MAX DE BADE (1867-1929) Chancelier d'Empire à partir du 3 octobre 1918, il transmit les propositions de paix à Wilson. Le 9 novembre, il céda sa place à Ebert.

 

6 Brocken : Montagne du Harz où se serait déroulée la nuit de Walpurgis.

 

7 TROTHA, Lothar von (1848-1920), Général prussien d'infanterie qui reçut en 1904 le haut commandement des troupes allemandes en Afrique du Sud-Ouest et dirigea jusqu'en 1905 les combats contre les Hereros.

 

8 SONNINO, Baron Sydney (1847-1922). Homme d'État italien qui fut entre 1914 et 1919 ministre des Affaires Étrangères.

 

9 HOLOUBOVITCH, Sydir. Ministre de la justice dans le secrétariat d'État provisoire d'Ukraine, prit la tête du gouvernement suivant en janvier 1919.

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24 janvier 2009

grèves et droit de grève,grève spontanée, France, Grande Bretagne les universitaires en action

logos_jauneSamedi 24 janvier 2009 N°253

Une application du droit de grève contre la grève.

Nous avons vu récemment comment Carrefour en Belgique, a dépéché huissier sur huissier pour briser les grèves et occupations . Comme pour la répression, il n' y a pas de frontière, nous venons d' apprendre que le tribunal de Bobigny à donné raison à l' employeur d'une société de nettoyage

«  et ordonné l’expulsion de tous les grévistes avec une astreinte de 50 euros par jour de retard et par personne“, selon l' AFP

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21 janvier 09 -Gréve sauvage dans les transports en commun de Bruxelles.

Le réseau de bus de la STIB a été perturbé mercredi par une deuxième action de grève sauvage. A l’heure de pointe du matin, celle-ci a non seulement réduit de moitié les sorties de véhicules desservant la zone sud de la capitale, mais bloqué la totalité des bus qui assurent le service des lignes de l’ouest de Bruxelles. Au nord, les bus circulent normalement, l’action ne touchant pas le dépôt de Haren. D’après la direction de la société bruxelloise de transports publics, on n’observe aucune difficulté sur les réseaux de tram et de métro. En tout, le mouvement perturbe 32 des 48 lignes de bus de la Région bruxelloise.

http://www.levif.be/actualite/belgique/72-56-28280/le-mouvement-de-greve-sauvage-a-la-stib-s-est-amplifie.html

France: le gouvernement veut muscler le droit de grève    

PROPOSITION DE LOI    visant à renforcer le service minimum dans les transports en commun La France se trouve de façon de plus en plus répétitive paralysée par des grèves touchant les agents des services publics dans les transports.  Le TER des Alpes-Maritimes ne circule plus depuis près de deux mois. Mardi 13 janvier 2009, la Gare Saint-Lazare a été fermée durant la journée entière bloquant ainsi les nombreux Franciliens qui transitent par cette gare. Mercredi 14 janvier, c’est à Marseille que le trafic était totalement interrompu.

Ces grèves mettent gravement en danger le fonctionnement normal de l'activité  économique et sociale de la France et paralysent entièrement le pays. Elles empêchent  par ailleurs nos concitoyens de se rendre à leur travail. Si la grève constitue un droit garanti par notre constitution, il n’en n’appartient pas  moins au législateur d’en fixer les limites. ( extrait)                   

Grève spontanée à l'usine Renault de Sandouville

Après le travailler plus, les heures supp et la lutte contre le fléau des 35 heures, Sarko, vire sa cuti et est bien contraint de s' adapter au merdier du capital. La crise politique est latente et l' incurie de l' état totale . Alors plus question de se laisser bercer d' illusions on passe aux actes. Tient voilà le retour des grèves sauvages, et on passe de la grogne à la rage. A Renault ,mais aussi ailleurs,  on saute les barrière syndicales. L'usine de Sandouville a de nouveau été aux prises avec des débrayages de la base .Dès l'annonce, d' une nouvelle vague de chômage partiel l’équipe du matin de Sandouville va envahir la salle où se tenait la réunion présentant la nouvelle organisation du travail. Ils se mettront ensuite en grève spontanée.

De Grande Bretagne. Agitation universitaire

cher-e-s camarades
des occupations (de certaines salles ou parties des locaux) ont actuellement lieu dans un dizaine d'universités britanniques, y compris Oxford (occupation de la fameuse Bodleian Library) et ma propre fac (chose sans précédent). Et surtout: le mouvement s'étend. merci de faire circuler l'info et d'exprimer votre solidarité dans les blogs indiqués dans ce message.

France Universités: appel à une grève reconductible à partir de lundi 22-01-2009 [AFP]

A ce jour, 12 universités sont touchées par la rétention des notes (Amiens, Besançon, Lille-III, Lyon-I, Mulhouse, Orléans, Paris-I, Paris-Descartes, Paris-VII, Poitiers, Rouen, Strasbourg).

UNIVERSITES DE CLERMONT FERRAND, MONTPELLIER 3, du MAINE, de BORDEAUX 3, de RENNES 2, Paris 1, PARIS 8, PARIS 4, PARIS 10, PARIS 3, TOULOUSE 2 NE REMONTERONT PAS DE MAQUETTES AU MINISTÈRE. CONSULTEZ LA LISTE DES NOMBREUX CONSEILS D’UNIVERSITÉS, UFR ET DÉPARTEMENTS QUI ONT DECIDÉ DE NE PAS FAIRE REMONTER LES MAQUETTES. (liste : http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article1061 )

« Kont pwofitasyon » : Deuxième jour de grève générale en Guadeloupe

France Grève à la maternité du CHU de Bordeaux pour manque d'effectifs 22-01-2009 [Monde]

 

 

 

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21 janvier 2009

Retour théorique sur la crise financière janvier 2009

frantz_timNous savons,  que sous  le capitalisme marchand et industriel, le crédit n’a qu’un rôle purement technique, il n’est qu’une avance sur des ventes, ou sur une production, future. C’est la mévente des marchandises qui le fait apparaître comme «superflu», comme de l’argent qui n’a pas d’équivalent dans une valeur réalisable.

 

Avec le développement du capitalisme financier, et son autonomisation relative, le crédit devient le moyen d’anticiper des productions futures et d’autovaloriser l’argent. Marx utilisera la formule   selon laquelle l’argent doit rapporter de l’argent comme le poirier des poires. A partir de ce moment, la boîte de Pandore  de la spéculation est ouverte et le capital financier apparaît comme escroc et prophète.

Quand la crise éclate, ce n’est pas seulement la surproduction, le caractère fictif des marchandises (leur non-validation sociale) qui fait apparaître celle des signes monétaires qui leur sont rattachés. Cela arrive toujours bien sûr, comme dans les  crises immobilières et, plus proche de nous, par la sournoise crise des subprimes (2007-2008...). Mais c’est le plus souvent le caractère fictif du «produit financier» qui apparaît à ce moment . Ce produit n’est rattaché  aux marchandises par des combinaisons de crédits qui se superposent  et qui doivent être remboursés à une date donnée.  Ici la crise surgit en raison de l’impossibilité, non seulement de vendre les marchandises, mais encore de réaliser toute une série de paiements fondés sur la vente de ces marchandises déterminées dans un délai précis. C’est la forme propre aux crises financières et monétaires. 

C’est l’auto-accroissement de la valeur financière qui s’interrompt parce que les anticipations à la hausse qui l’entretiennent sont stoppées pour une raison quelconque (une hausse des taux d’intérêt, l’insolvabilité de quelques banques ou pays gros débiteurs, la hausse des prix du pétrole, ou n’importe quoi qui puisse déclencher des ventes de «précaution» massives de titres et une panique).

Le gonflement de la masse des titres financiers étant alimenté par celui du crédit (notamment la dette publique, crédit fait à l’Etat), et démultiplié par les «effets de levier» des «produits financiers» modernes, comme les CDS ou autres CDO 1. La valeur de ces produits est pour une large part fictive, et dans la mesure où elle n’est fondée sur aucun travail matérialisé, objectivé dans une marchandise, sa dévalorisation ne fait que sanctionner sa valorisation virtuelle (évaluée dans la crise actuelle par Patrick Artus à 26 000 milliards de dollars), capitalisation de revenus hypothétiques, voire simple pari sur l’évolution de «notions» (taux, indices, etc.).

Il en résulte que contrairement à l’époque du capitalisme marchand et industriel, ce ne sont plus des marchandises produites qui sont dépréciées dans un premier temps, ce sont les valeurs de papier, la monnaie... Ce n’est pas du travail matérialisé qui n’est pas socialement validé (mévente, surproduction), c’est du capital fictif qui est constaté comme tel, comme n’étant pas valorisé. Mais le capital étant global, c’est tout le procès de valorisation/ dévalorisation, du capital (financier, productif, commercial) qui se trouve dévalorisé. C’est pourquoi la crise financière, qui débute, par des krachs boursiers et monétaires, est toujours une crise du capital total.

Toute crise provoque des réactions en chaîne, visant à protéger le « vrai argent » sonnant et trébuchant. Seulement même si certains le pense encore, l’or n’est plus la valeur refuge. Elle est ravalée à n’être qu’une marchandise comme les autres. Seuls  les titres des Etats puissants, et ceux des quelques gros trusts qui apparaissent comme des valeurs sûres. Ces valeurs refuges seront donc essentiellement les titres  américains, japonais et accessoirement européens, dont la fonction est de remplacer l’or dans ses fonctions de conservation de la valeur (voir la récente poussée du Yen). A contrario, les titres et les monnaies des pays dont les capacités de captation de la richesse sociale sont plus faibles s’écrouleront (cas actuel des pays dits émergents, en fait dépendants) et la dette du tiers monde, remonte à la surface.

Dire que la crise se manifeste d’abord dans la sphère financière (c’est l’une des forme de la crise de l’époque actuelle), c’est dire que ce sont d’abord ses institutions, les Banques, les Bourses,les assurances mais aussi les monnaies et titres monétaires des Etats, qui sont atteints, ceux-ci  étant les principaux représentants  du capitalisme financier.

Les cours des actions chutent. Des banques se trouvent mises en péril par l’insolvabilité des débiteurs, leurs fonds propres étant bien inférieurs à ces crédits évaporés (et d’ailleurs pour une large part constitués de titres financiers maintenant dévalorisés). Et comme elles sont toutes liées les unes aux autres par des créances réciproques, c’est l’ensemble du système bancaire qui menace de s’écrouler comme un château de cartes (le fameux risque systémique des  subprimes et CDS). Quant aux Etats en crise qui ne peuvent plus rembourser leurs dettes, d’autant moins que les capitaux les fuient, ils doivent déclarer la banqueroute (comme l’Etat argentin en 2001, et actuellement l’Equateur et l’Islande...), dévaluer leur monnaie, c’est-à-dire dévaloriser le patrimoine national, ou s’en remettre au FMI. Les entreprises de ces nations deviennent alors des proies faciles, acquises à bon compte par les trusts étrangers les plus puissants, ce qui accentue la concentration/ centralisation  du capital.

Les pyramides de crédits ont manifesté le caractère fictif des procès de valorisation auxquels elles servaient de base en se transformant en un océan de pertes. Les banques croulent sous les créances irrécouvrables ou douteuses qu’elles doivent provisionner en y affectant leurs ressources, diminuées, et jusqu’à leurs fonds propres, eux-mêmes constitués d’actifs maintenant dévalorisés. Bref, ces fonds fondent, et avec eux la capacité de crédit. C’est ce qui vient de se passer avec la crise des subprimes et qui nécessitera l’intervention des Banques centrales et des Etats qui injecteront des  milliards de liquidités, pour sauver la représentation du capital (l’argent).

Ce n’est pas qu’il n’y a pas assez de «liquidités», comme le prétendent les économistes, mais qu’elles ne circulent plus (les banques doivent provisionner à tout va, les entreprises ne veulent plus investir, etc.). Et comme tout le système capitaliste repose sur le crédit, il se produit une brutale contraction des affaires. Elle est démultipliée par la baisse généralisée des prix entraînée par cette contraction (déflation), ainsi que par la baisse de la consommation (due au chômage qui se développe, à l’arrêt des investissements, au comportements d’épargne de «précaution» des détenteurs d’argent).

Lorsque le krach financier se déclenche, c’est le mouvement classique de la crise qui se produit : écroulement du prix des «marchandises», fuite devant les signes qui les représentent, et précipitation vers le «vrai» argent, celui qui est censé être la valeur conservée. Nous avons pu vérifier, récemment que la hausse du prix des matières premières n’a été que de courte durée, pour la bonne et simple raison, que celle-ci était un élément dévastateur du taux de profit (voir Le Capital, t. 3, chap. VI : « Effets des changements des prix »]).

Dans son mouvement le capital prend deux formes de circulation, celle du capital argent, et celle du capital marchandise, sa forme pendant le stade de la production est celle du capital productif, fabrication d' un produit . Ces trois formes de capital ne sont pas autonomes, elles ne sont « que des formes fonctionnelles particulières du capital industriel, qui les prend toutes les trois successivement » (T II p. 57ed. Moscou)

Il en résulte, que le cycle total du capital ne fonctionnera , que pour autant que chaque phase passent sans interruption d' une phase à l' autre. Si au cour de son cycle une phase se fige, c' est la crise. Dans la phase A-M le capital argent se fige en trésor; si c' est dans la phase de production, les moyen de production sont paralysés, et les ouvriers sans travail. Dans la dernière phase M'-A' celle de la circulation des marchandises, celles-ci s' amoncellent sans pouvoir se vendre. Par exemple pour le capital marchandise, sa période de circulation est le moment ou le produit est mis sur le marché et prend la forme d'une marchandise.«  Le produit se transforme en marchandise grâce à cet élément spatial » ( Grundrisse chap. du capital ed. 10/18, p. 51 l' élément spatial c' est le transport.

En somme, la difficulté de convertir la marchandise en argent, d'en réaliser la plus value par l' acte de vente, provient du fait que la marchandise  doit obligatoirement être converti en argent. Par contre l' argent n' a pas besoin d' être aussitôt converti en marchandise. Il en résulte que la vente et l' achat peuvent être dissociés. C'est cette dissociation qui renferme les germes de la crise, parce qu'elle permet que les diverses phases de la circulation du capital de dissolvent et deviennent « autonomes », la crise arrive alors comme l' acte violent  visant à réunifier les différentes phases du procès de production, qui s' étaient rendues autonomes les unes des autres.

Gérard Bad



1 CDO (collateralized Debt Obligations): Titres adossés à des portefeuilles de créance diverses (créance bancaire, crédit immobilier, crédit à la consommation, etc..)

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15 janvier 2009

Sarko contre cheminots.

cheminots

Hier mercredi 14 janvier 2009, Sarko est monté au créneau tenez vous bien pour défendre le service public, qu'il détruit jour après jour par ailleurs. Les médias de plus en plus contrôlés par Sarko et sa bande, essayent de fabriquer l' opinion publique, et ciblent le service minimum non respecté ...

On monte les usagers , contre les cheminots «  ces fainéants »  «  ces anti-sémites » ils ont transporté les juifs dans les camps, la bataille du rail c' est une invention des rouges ...Nous trouvons tout cela en boucle sur internet notamment de Françoise Laborde. On pousse au crime, et quand des cheminots sont agressés, et que par solidarité ils stoppent  spontanément le travail, cela devient une prise d'otage et autres conneries.

Sarkosy, veut des excuses publiques de la SNCF, mais veut il des excuses des directions des hôpitaux pour les patients qui viennent de crever, du fait de l' incurie de l' état et pire encore , hier nous avons appris que le procès devant juger les responsables de 117 décès1 ( l' affaire des hormones de croissances) s' est terminé par la relaxe des accusés après 4 minutes d' audience. Mais quand il s' agit d'un cheminot c' est une autre histoire2

Sarkosy, ne monte pas au créneau, sur le fait que des patients attendent des heures aux urgences aux risquent de leur vie, mais il montent au créneau pour les usagers qui attendent des heures un train ou RER pour se faire exploiter. Il ne dit rien, de l' incurie qui règne dans les transports voyageurs, ces bétaillères où sur des lignes on voyage debout matin et soir, à la gare de Lyon il y a même des pousseurs pour tasser les voyageurs.

Sarkosy veut des excuses publiques de G.Pepy , dans ce cas il faut aussi exiger des excuses publiques de F. Laborde

Réactions contre Laborde

Mme LABORDE est peut être une journaliste, mais c’est une menteuse éhontée. Cette attaque conte les Cheminots est inique doit je lui rappeler que pendant la dernière guerre, s’il n’y avait pas eut les nantis commes elles mes traites, les allemands auraient fait ce qu’ils voulaient, c’est grâce au sabotages que les trains de munitions ont été bloqués. Ils ont payé un lourd tribu pour cele, arrétés, torturés, fusillés, des apprentis de 16ans sont morts en héros sous cette barbarie. Mme LABORDE vous meritez un procès en diffamation pour apologie du nazisme, pour insultes caractérisées à des gens femmes et hommes qui travaillent 24h sur 24. S’ils font grève ce n’est pas pour rien. Une dernière chose échangez votre salaire avec celui d’un cadre nous verrons la différence. Vous êtes nuisible à la société, vous devriez être virée de France télévision sans un sou. Vous nêtes pas digne de vivre

article sur les cheminots

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Les cheminots selon Françoise Laborde : privilégiés et collabos

mercredi 14 janvier 2009
par locole

Je suis outrée des propos de Laborde. Elle me dégoûte...Le grand-père de mon mari était cheminot pendant la guerre et il doit se retourner dans sa tombe ! Beaucoup de cheminots etaient résistants et beaucoup en sont morts ! Mon mari est cheminot également, par vocation... Si c’est un privilège de travailler plusieurs week-end par mois, jours fériés dont les fêtes de fin d’année, de travailler en décalé (une fois 5h, une fois 8, etc...) qu’elle change de boulot et essaie d’être cheminote ! Son salaire et ses horaires n’ont sûrement rien à voir, on ne pointe pas du doigt une mme météo payée plus chère que la moyenne des français pour faire le pantin devant l’écran... Car, soi dit en passant, je pense que présenter la météo est un métier qui ne devrait pas exister, il est inutile...


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Les cheminots selon Françoise Laborde : privilégiés et collabos

mardi 13 janvier 2009
par sudistejef

je touve que cette laborde, avec je me présume, une fiche de paye bien éloignée de celle des prolos à la gomme que nous sommes, nous cheminots, ne manque pas d’air... celà me rappelle un certain Le Pen vis à vis des fours crématoires... la bataille du rail ne serait-il qu’un fantasme corporatiste ? vous êtes infâme, laborde... je ne vous salue pas oh non...


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Les cheminots selon Françoise Laborde : privilégiés et collabos

samedi 10 janvier 2009
par domi34

C’est un vrai torchon d’ecrire de telles choses sur une SNCF qui, le couteau sous la gorge, n’a pas pu faire autrement. Nous etions en periode de Guerre ne l’oublions pas car on pourrais en dire aussi sur les médias et la presse de l’époque...... En ce qui concerne les retraites, je demanderais bien à madame Laborde de venir prendre son service à 50 Km de chez elle à 4h du matin le premier jour de l’an pendant qu’elle cuve la fin de son reveillon ! Je voudrais bien comparer son salaire avec celui d’un agent. Tout ca pour dire que grace à nos cheminots les trains roulent et que la retaite est bien mérité pour cette catégorie de personnel et si il y a tant de revendications c’est que malgrés nos petits privilèges nôtre pouvoir d’achat diminue et que nous voyons l’arrivé de la concurence et la perte de nôtre savoir faire. en bon entendeur..... un chemino du sud


1--117 jeunes sont morts de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), après une longue et terrible agonie que les familles en pleurs se sont relayées pour décrire, le tribunal prenant des airs de chapelle ardente.

2Le 22 octobre 2003, un collègue ADC de Paris-Est a été victime d'un accident de personne en gare de Chelles, sur la région de Paris Est.. A l’heure de départ du train, l’agent de conduite fait sonner le ronfleur, ferme ses portes, puis démarre ! La stricte procédure réglementaire lors d’un décollage de train en EAS. Une centaine de mètres plus loin, un voyageur tire un signal d’alarme, un usager est traîné par le train, coincée entre les portes ! Le voyageur décédera quelques jours plus tard des suites de ses  blessures. Malgré le respect strict des procédures règlementaires. Notre collègue ADC est aujourd'hui poursuivi par la justice suite à la plainte de la famille.

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13 janvier 2009

Nouvelles du front du 6 au 9 janvier 2009

masses

Dans le monde, une classe en lutte : décembre 2008 

(Mondialisme)

France Hôpital, Patients, Santé, Territoires : Un projet de réforme de plus en plus contesté 09-01-2009 [CGT]

France Ministère du Travail : Les statisticiens en lutte bloquent les données sur les heures 'sup' 09-01-2009 [CGT]

France Hôpitaux publics : Les Français majoritairement confiants 09-01-2009 [CGT]

Gabon Les enseignants et chercheurs menacent d'entrer en grève dès lundi prochain 09-01-2009 [AllAfrica]

France Des salariés obtiennent le paiement de jours de grève 09-01-2009 [Europe1]

France Les travailleurs sociaux de l'UTPAS en grève s'invitent au Zénith de Lille 09-01-2009 [Voix du Nord]

France Des collectifs contestent la représentativité des partenaires sociaux sur les accords de branche 08-01-2009 [Miroir]Dans la branche des métiers de l'architecture,  les partenaires sociaux ont signé un accord qui contraint tous les employeurs à souscrire une couverture santé complémentaire pour tous  leurs salariés. Le tout en n’ayant pas le choix du prestataire, pas plus que celui du niveau des garanties.

France Mazamet. Les facteurs en grève 08-01-2009 [Dépêche]

Italie Grève : Alitalia supprime 70 vols 08-01-2009 [Figaro]

France Annezin : troisième jour de grève chez Bosal 08-01-2009 [Voix Eco]

Canada La CSN et la FTQ se réjouissent de la suspension des dispositions réglementaires de la loi 33 sur les cliniques médicales spécialisées 08-01-2009 [FTQ - CSN] [for more info] 

Canada Conflit au Journal de Québec: Quebecor Media s'adresse aux tribunaux 08-01-2009 [SRC]

France 59% des infractions relevées par l’Inspection du travail concernent la santé et la sécurité 08-01-2009 [ANACT]

France Une rentrée parlementaire chargée sur le plan social 08-01-2009 [CFDT]

France Solidarité avec le Peuple Palestinien : Un appel de la CGT à manifester le samedi 10 janvier 2009 08-01-2009 [CGT]

Sénégal Les enseignants paralysent le système scolaire à Sédhiou 08-01-2009 [AllAfrica]

Algérie Bref arrêt de travail des mécaniciens de la SNCF 08-01-2009 [AllAfrica]

France Transports : les grévistes de la Star ont voté la reconduite du mouvement 08-01-2009 [Ouest France]

France Grève ce jeudi sur le réseau STAR à Rennes 08-01-2009 [Info35]

France Hôpital Edouard Herriot à Lyon : Un mois de grève 08-01-2009 [SO]

France Des infirmiers en grève depuis un mois aux urgences d'un hôpital lyonnais 07-01-2009 [Monde]

France Belfort : Grève chez Alstom Magnets Supraconductors 07-01-2009 [PA]

Canada Campagne du CSHO pour le financement des hôpitaux 07-01-2009 [SCFP]

France Hôpitaux: deux organisations de médecins appellent à la mobilisation le 29 janvier 07-01-2009 [NouvelObs]

France Grève reconductible aux hôpitaux de Strasbourg 07-01-2009 [Alsace]

France Sapeurs-pompiers en grève : une quête de reconnaissance 07-01-2009 [Nice Matin]

Roumanie Plus audible, plus consciente, plus audacieuse, la grève chez Dacia-Renault marque un tournant 07-01-2009 [Mondialisme]

France Orléans : grève des éboueurs 06-01-2009 [Figaro]

France Grève aux hôpitaux de Strasbourg pour accueillir Nicolas Sarkozy 06-01-2009 [Libé]

France Les agents du centre psychiatrique de Poitiers réclament une prime pour travaux dangereux 06-01-2009 [Miroir]

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10 janvier 2009

France:Se faire soigner, une galère de plus en plus dangereuse

logos_jaune10 janvier 2009 N°252

Il aura fallu, trois drames pour que le déficit sanitaire, de la France remonte à la surface.

le décès d'un jeune garçon de 3 ans, victime d' une erreur de produit administré pour soigner une simple angine, celui d' un nourrisson de 6 mois, pour excès de dosage; celui d'un homme pris en charge par le SAMU qui devra payer de sa vie l' incurie administrative des hôpitaux , 24 services de réanimation  ne voulant l' accepter.

La ou il devrait y avoir le maximum de sécurité pour le patient, c' est tout le contraire qui se produit. Les hôpitaux en manquent de personnel , deviennent dangereux pour le patient, qui en plus de sa maladie se doit dans son intérêt de surveiller les produits que l'on lui administre.

Il ne s' agit pas la seulement d' une incurie du système hospitalier, mais aussi de la volonté de l' état, de réduire et encore réduire la dépense publique de mettre dans « l'insécurité sociale » un nombre croissant de malades jusqu' à les faire crever. Pour preuve les irradiés d' Epinal et de l' hôpital de Toulouse les 15000 mort de la canicule d' août 2003. Il n' y a pas comme le dit la presse « Un hôpital malade de son organisation » mais un gouvernement, qui organise  la pénurie sanitaire jusqu' à mettre en péril la vie des être humains.

En effet le manque de médecin sera le mal du 21éme siècle, et qui trinque en premier: Les prolétaires des campagnes et des banlieues. C 'est dans ces zones, que la médecine à la chaîne fait son apparition. Une statistique récente  indiquait que pour toute la France , le temps de consultation était en moyenne de 16 minutes en 2002. La conscience professionnelle de certains médecins, est en bout de course  ( 50 à 70 heures par semaine), pas de quoi faire de nouvelles recrues pour l' avenir.

D'autant, que le gouvernement va jusqu'à, bonifier le refus de soins. Désormais, les médecins auront aussi la possibilité d’empocher cinq à sept euros par patient, s’ils se comportent de manière vertueuse, c’est-à-dire s’ils appliquent les consignes d’ « économie » et de « prévention » définies par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie, un engagement qui serait formalisé par la conclusion d’un "Contrat d’Amélioration des Pratiques Individuelles".

Des dirigeants des hôpitaux écoeurés jettent l' éponge, comme à Nantes, Marseille,Toulouse. La totalité des CHU sont maintenant dans le rouge (225 millions de déficits) une paille par rapport aux banques. Mais une somme suffisamment importante, pour faire un appel au SAMU de l' état, qui en la circonstance ne connaît qu' une méthode « réduire les effectifs » pour provoquer la catastrophe sanitaire du siècle, si la pandémie prévisible venait à éclater. Le rapport Larcher dit de modernisation de l' hopital comme bien d' autres modernisations, n' est qu'un rapport visant à rendre plus productif , voir industrialiser l' hopital afin d' y implanter une « nouvelle culture managériale  » en regroupant les établissements dans des Communautés hospitalières de territoire (CHT), couvrant une population de deux à quatre cent mille personnes. Ce qui veut dire , supprimer et encore supprimer des postes , deux exemples: La direction de l’hôpital de Pontoise  ( Val d' Oise) veut  supprimer 200 postes dont une quinzaine de postes de médecins . Une fois  encore, des services sont menacés de fermeture. Ce sont les 500 000 habitants des 4 départements, qu'il désert qui sont concernés. A Nantes et ailleurs c' est le même sinistre programme, qui est appliqué, 33 millions de déficit à comme équivalent 200 suppressions de postes sur les 8200 du CHU... Les urgentistes, deviennent le déversoir du manque de généralistes, manque qui selon les statistiques de la DRESS devrait augmenter. La DRESS prévoit une diminution du nombre de médecins généralistes de 15% d' ici à 20 ans , alors que le vieillissement de la population va s'accroître.

Alors face au danger sanitaire, il faut la rébellion, il faut montrer du doigt les responsabilités à tous les niveaux. Ne pas hésiter à descendre dans la rue, pour exiger l'arrêt immédiat de toutes les suppressions et restructurations de services , la réouverture des services qui ont été fermés.

Quelques exemples de mobilisation

France Hôpital, Patients, Santé, Territoires : Un projet de réforme de plus en plus contesté 09-01-2009 [CGT]

France Hôpitaux publics : Les Français majoritairement confiants 09-01-2009 [CGT]

France Hôpital Edouard Herriot à Lyon : Un mois de grève 08-01-2009 [SO]

France Des infirmiers en grève depuis un mois aux urgences d'un hôpital lyonnais 07-01-2009 [Monde]

Canada Campagne du CSHO pour le financement des hôpitaux 07-01-2009 [SCFP]

France Hôpitaux: deux organisations de médecins appellent à la mobilisation le 29 janvier 07-01-2009 [NouvelObs]

France Grève reconductible aux hôpitaux de Strasbourg 07-01-2009 [Alsace]

France Grève aux hôpitaux de Strasbourg pour accueillir Nicolas Sarkozy 06-01-2009 [Libé]

France Les agents du centre psychiatrique de Poitiers réclament une prime pour travaux dangereux 06-01-2009 [Miroir]





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07 janvier 2009

Présentation actualisée des évènements récents à Athènes et Thessalonique vus par les yeux de quelques participants prolétariens

Partie I

Le coup de feu de la police le samedi 6 décembre a déclenché, dans toutes les cités grecques, les plus féroces émeutes depuis des décennies. Ce qui suit est une première – et incomplète – présentation des récentes émeutes à Athènes, qui sont toujours en cours, basée sur nos expériences propres et sur ce dont nous avons entendu parler. D’une côté, la férocité des émeutes et la détermination des émeutiers et des pillards, et de l’autre, la stratégie à venir de l’État prennent certainement plus de temps à être compris de façon adéquate, ce qui est quelque chose que nous ne sommes honnêtement pas en position de faire en ce moment, parce que nous participons à beaucoup d’actions locales, de manifs et d’assemblées.

Samedi 6 décembre

Vers 21h10, un garde spécial de la police a tué par balle un garçon de 15 ans, Alexis-Andreas Grigoropoulos, de sang-froid, dans une altercation ordinaire près de la place Exarchia. Tout de suite après, nombre de gens – la plupart des libertaires – se sont rassemblés dans la zone pour savoir ce qui se passait et exprimer leur colère contre la brutalité policière. Des centaines de policiers tentèrent de boucler la zone pour étouffer les réactions, sans résultat. Spontanément, les gens ont commencé à attaquer la police dans les rues près de la place, par tous les moyens possibles. En moins de deux heures, plus de 10 000 personnes avaient emprunté les rues avoisinantes pour parler des évènements et affronter la police. Quelques groupes anarchistes occupèrent le bâtiment historique de l’Ecole Polytechnique, qui se trouve à quelques pâtés de maison, et la Faculté d’économie, qui se trouve à un kilomètre du centre, afin de les utiliser comme centres de lutte. Les gauchistes firent la même chose à la Faculté de droit, à moins d’un kilomètre de l’endroit où le meurtre avait eu lieu. Dans ce quartier, les affrontements avec la police et les attaques contre les banques et les magasins durèrent jusqu’à 4h, pour ce dont nous avons été témoins.

Les nouvelles concernant le meurtre se diffusèrent rapidement à beaucoup de gens, via les téléphones portables et Internet. En conséquence, environ 150 personnes, qui se trouvaient déjà sur la place Monastiraki, attaquèrent spontanément et pillèrent presque tous les magasins de la rue Ermou, la onzième rue la plus chicos du monde. Là, s’y joignirent nombre de passants venant des bars et boîtes alentour.

Dans le centre d’Athènes, cette nuit-là, quelques personnes attaquèrent le commissariat près de l’Acrople, causant pas mal de dégâts.

Il faut noter que les nouvelles concernant le meurtre du jeune garçon se diffusèrent immédiatement à beaucoup de villes (Thessalonique, Ioannina, Irakleio (Heraklion), Volos), où eurent aussi lieu plusieurs attaques contre des banques, des commissariats et des magasins.

Dimanche 7 décembre

Les occupants de la Faculté de droit appelèrent à une manifestation à 14h devant le Musée d’Archéologie qui est juste à côté du bâtiment historique de l’Ecole Polytechnique également occupé, dans l’avenue Patission. De nombreuses personnes se rassemblèrent et, vers 15h30, la manif commença, en direction du quartier général de la police athénienne. Nous savions d’ores et déjà que la police ne nous laisserait jamais approcher son quartier général, mais nous étions déterminés à parvenir aussi près que possible. Les destructions de banques et les jets de pierre contre les flics commencèrent immédiatement après que nous ayons quitté la place. Comme nous tournions à droite vers l’avenue Alexandre, en nous trouvant à la fin de la manif, nous avons réalisé que les participants étaient environ 4 000, de tous âges. Il y eut des attaques contre tous les magasins visibles, principalement des boutiques de voitures de luxe et des banques. Au début, la police se tint à bonne distance des émeutiers et ne se laissait pas prendre pour cible. Ensuite, comme ils se rapprochaient, les émeutiers les attaquèrent principalement avec des pierres. La police fit une première tentative pour casser la manif, avec du gaz lacrymogène, près de la place d’Argentine, mais sans succès. Dix minutes plus tard, à l’angle avec la rue Hippocrate, ils firent une seconde tentative plus féroce avec beaucoup de gaz lacrymo, qui finit par réussir : la manif se divisa en plusieurs parties et ses fractions principales se dirigèrent vers la droite à travers Neapoli. Les attaques contre les magasins et les banques continuaient, accompagnées aussi de destruction de voitures. Nombre de gens choisirent de continuer à marcher vers le quartier général de la police, par une rue parallèle mais, au bout d’un certain temps, il fut évident qu’il n’y avait pas moyen d’y accéder : une petite rue perpendiculaire à l’avenue Alexandre est l’endroit où a été prise la déjà fameuse photo du policier anti-émeute, tenant une arme. Nous avons décidé de reculer et de retourner à la place Exarchia pour voir quoi faire ensuite. Sur le retour, il y avait toujours des affrontements avec la police, mais moindres. Quelques personnes attaquèrent le commissariat 5 qui se trouve non loin, et la police répliqua avec des balles en caoutchouc.

Plus tard dans la soirée, les affrontements avec la police recommencèrent – et dans une moindre mesure les attaques de magasins – autour de l’Ecole Polytechnique et de la Faculté d’économie, qui dureraient jusqu’à tard dans la nuit.

Lundi 8 décembre

Le matin, des jeunes de plusieurs lycées se rassemblèrent spontanément en face du quartier général de la police pour manifester. Nombre de jeunes des banlieues nord, est et ouest allèrent au centre-ville, pour un manif spontanée. Les jeunes des écoles du Pirée (un port au sud-ouest de la ville) attaquèrent le commissariat central en renversant les voitures de police.

A 18h, les occupants de la Faculté de droit appelèrent à une manifestation à Propylaia, une place centrale d’Athènes. Notre estimation est que plus de 20 000 personnes, principalement des gens jeunes, participèrent à cette manif. Nombre d’entre eux, peut-être plus de 1 500, marchaient «  en dedans et en dehors » de la manif attaquant les banques et détruisant les magasins de luxe du centre-ville. Ils commencèrent à détruire ou piller les marchandises, presque dès le début de la manif. Les jeunes détruisirent des banques place Omonia et attaquèrent plus de la moitié des magasins des avenues Stadiou et Filellinon. Il y eut aussi beaucoup de pillages dans les magasins des premiers pâtés de maisons de l’avenue du Pyrée. Les gens marchaient doucement et personne n’a vraiment essayé d’arrêter ni les attaques, ni le pillage. Certains s’arrêtèrent même et acclamèrent les jeunes en train d’attaquer. Au même moment, des jeunes attaquaient aussi les flics, les banques et les magasins, à différents endroits de la ville, tout le long de l’avenue Syggrou, une rue menant au sud d’Athènes. Jusqu’à présent le montant réel des dommages causés à la propriété privée cette nuit-là n’a pas été estimé. Les médias disent que cela se monte à 10 millions d’euros, ce qui est peut-être vrai puisque des dizaines de magasins furent attaqués, pillés ou brulés, principalement par des « jeunes incontrôlables », grecs et immigrants.

Bien qu’on puisse dire que les jeunes Grecs (étudiants et travailleurs précaires) aient pris l’initiative et que les immigrants aient suivi, nous devons admettre qu’il était très difficile de les distinguer dans les rues. En ce qui concerne les immigrants, les Albanais de deuxième génération participèrent principalement aux attaques contre les flics et les bâtiments, et les immigrants d’autres origines – principalement Afghans et Africains – s’en tinrent aux pillages. Les émeutes et pillages couvrirent approximativement la moitié du centre-ville. Bien que la police ait procédé à de nombreuses arrestations ce soir-là, il serait faux de dire qu’elle pouvait même penser à contrôler la situation, parce qu’il y avait tellement de gens dans les rues, agissant en petits groupes de dix ou vingt personnes.

Mardi 9 décembre

Les enseignants de l’enseignement primaire et secondaire firent grève ce jour-là contre la brutalité policière. A midi, la manifestation commença la place Propylaia et se dirigea vers le Parlement, mais il n’y avait pas plus de 3 000 participants. Après la fin de la manif, et en dépit du fait qu’ils étaient peu nombreux, 150 jeunes lancèrent des cocktails Molotov, des pierres et autres objets sur la police anti-émeute.

Le soi-disant parti communiste (KKE), effrayé par la perspective d’une émeute généralisée, exhiba une fois encore sa nature contre-révolutionnaire, réactionnaire. Ils qualifièrent les émeutiers et pillards d’agents secrets d’ « obscures forces étrangères » et appelèrent le « mouvement populaire », un sujet imaginaire, dont ils étaient prétendument les représentants légitimes, à rester à distance du combat. L’histoire se répète : ce parti, durant les 35 dernières années, a psalmodié le même mantra, dangereux et monotone, à propos des « provocateurs » ; en 1973 ils avaient fait la même chose contre les étudiants et les ouvriers qui avaient occupé l’Ecole Polytechnique; une émeute qui avait menée au renversement de la dictature. Une fois encore, ils essaient de sauver l’Etat et de restaurer l’ordre public.

A 15h, l’enterrement du garçon décédé se déroule au cimetière de Palario Faliro, une banlieue du sud d’Athènes. Plus de 5 000 personnes se rassemblent pour rendre un dernier hommage à Alex et hurler une fois de plus contre les assassins de la police. Durant les obsèques, environ 200 jeunes prirent part à des attaques contre la police anti-émeute, qui se trouvait tout près. Cet affrontement dura plus d’une heure, pendant laquelle quelques magasins et banques furent attaqués ; des pierres furent aussi lancées contre une voiture de police. Au bout d’une heure, les jeunes se dirigèrent vers le commissariat de Palaio Faliro mais furent arrêtés non loin de là. Durant cette émeute, trois motards de la police tirèrent plus de dix fois en l’air pour «  effrayer «  les émeutiers.

Pendant la nuit, des fascistes firent leur apparition dans les rues autour de l’Ecole Polytechnique et de la Faculté d’économie où de féroces affrontements avec la police eurent lieu. Sur la place Victoria, des immigrants attaquèrent la police et tentèrent de piller trois magasins, mais des civils et des « citoyens » arrêtèrent brutalement l’un d’entre eux. Plus généralement ce fut le jour où l’Etat mit en avant officieusement le soi-disant « automatisme social » et encouragea la collaboration entre propriétaires de magasins, fascistes, « citoyens » et la police, contre les émeutiers.

Mercredi 10 décembre

C’était un jour de grève générale dont le mot d’ordre avait été déterminé un mois auparavant : il était principalement « contre le budget 2009 de l’Etat ». Du fait des émeutes en cours, les leaders syndicaux condamnèrent la brutalité policière, tout en séparant en même temps les «  émeutiers » des « manifestants responsables, tranquilles ». Plus de 7 000 personnes rejoignirent le rassemblement sur la place Syntagma. Quelques manifestants lancèrent des cocktails Molotov sur la police, pendant une grève générale qui paralysait la Grèce et mettait la pression sur un gouvernement sénile.

 Il y eut quelques petites émeutes sur l’avenue Panepistimiou. Après la manif, de nombreuses personnes rejoignirent les assemblées à l’Ecole Polytechnique et à la Faculté de droit pour discuter de ce qui allait être fait dans les jours à venir. Plus tard, il y eut une grande assemblée du milieu libertaire à la Faculté d’économie. Plus tôt dans la matinée, les lycéens attaquèrent le commissariat local dans la banlieue de Kaisariani. Durant la nuit, il y eut des affrontements avec la police sur l’avenue Tritis Septemvriou, au centre d’Athènes.

Les émeutes se sont étendues à quelques 42 préfectures de Grèce, même dans des villes où il n’y avait jamais eu de manifs avant. Le schéma est le même : des étudiants, principalement, et des jeunes attaquent des commissariats, des banques, des magasins et des bâtiments d’Etat. Ils se rassemblent spontanément, après avoir communiqué entre eux par téléphones portables. Les anarchistes et les « politisés » représentent juste une petite fraction des émeutiers, et dans bien des cas ils sont pris au dépourvu par la férocité, la diffusion et la durée des émeutes.

C’est principalement à Athènes et à Héraklion (Crête) qu’une grande partie des émeutiers sont des immigrants et, de la sorte, cette émeute peut être nommée à juste titre, multinationale, la première de ce genre en Grèce. Contre cette situation totalement nouvelle, les médias ont tenté de changer leur propagande et parlent de « manifestants grecs » et « pillards étrangers », dans une tentative de raviver le racisme.

Jusqu’à aujourd’hui, la moitié des gens arrêtés à Athènes sont des immigrants et le principal chef d’accusation retenu contre eux est le pillage. L’immense majorité de ceux qui ont été arrêtés dans le pays sont des jeunes.

Jeudi 11 décembre.

Le jeudi, les lycéens désertèrent leurs écoles et rassemblèrent devant les commissariats partout dans Athènes. Certains furent attaqués avec des containers et des pierres, et la police lança des gaz lacrymo en retour, et dans certains cas… des pierres. En tout 35 commissariats furent bloqués à Athènes, et à certains endroits d’autres gens participèrent tout autant, principalement des parents. L’entrée de la prison de Koryllos fut aussi attaquée par les étudiants.

Les médias disent que 4 500 cartouches de gaz furent utilisées par la police durant ces cinq jours. Ils sont à court de lacrymo et pensent en importer d’Israël !

Le matin, un groupe de libertaires occupa l’hôtel de ville d’une banlieue du sud d’Athènes. De nombreuses personnes du quartier participèrent à l’assemblée du soir, et les travailleurs municipaux qui soutenaient l’occupation firent un communiqué qu’on trouvera en annexe. L’hôtel de ville a été utilisé depuis lors comme un point de rassemblement et un centre de contre-information.

Des assemblées eurent lieu dans beaucoup d’universités et les occupations se répandirent. Des militants de l’organisation étudiante du Parti communiste (PKS) tentèrent de bloquer les assemblées afin d’empêcher les occupations (Université du Panthéon, Ecole de philosophie de l’Université d’Athènes). Leurs tentatives échouèrent alors que les occupations se développaient dans Athènes et la Grèce.

Il y eut une grande manif tôt dans la soirée (peut-être 5 000), au centre d’Athènes, appelée par une assemblée de syndicalistes principalement gauchistes qui se réunissaient à la Faculté de droit occupée. A la fin de la manif, les affrontements avec la police commencèrent dans le centre-ville et autour de la Faculté de droit occupée et durèrent quelques heures.

A Komotini, une ville du nord-est, près de la Turquie, une manif d’étudiants fut attaquée et pourchassée dans l’université par de nombreux fascistes et loubards d’extrême-droite qui infestent la région pour protéger… la sécurité nationale.

Il y a un sentiment général d’hostilité envers les flics et un ras-le-bol d’ensemble. La brutalité policière dans un Etat de plus en plus policier depuis les Jeux Olympiques de 2004, de très mauvais salaires et conditions de travail, des lycéens surmenés et sous pression, le mécontentement étudiant d’une vie de plus en plus caractérisée par l’insécurité et la peur, la corruption du gouvernement et des officiels de l’église, la surexploitation des immigrants et une société déchirée par des division de classes qui se creusent : un mélange explosif dont le meurtre du garçon était juste la mèche.

La publication d’extraits de la déposition du flic qui avait assassiné le garçon souleva une indignation générale. Il « accusa » le lycéen d’avoir « un comportement déviant » parce qu’il « avait été renvoyé de l’école privée où il allait » (ce qui est un mensonge, soit dit en passant). Son avocat, une célébrité télévisuelle, fit une déclaration encore plus provocante : « c’est seulement à la justice grecque de décider si le jeune garçon a été tué justement ou non ». Le rapport balistique était attendu ce jour. « Des fuites » dans les médias, les jours précédents, suggéraient que le rapport dirait qu’Alexandros avait été tué par ricochet et non par un tir direct (ce qui va à l’encontre des affirmations de chacun des témoins oculaires). Toutefois, de telles provocations trouvèrent au moins leur réponse dans les rues. Entre autres choses, de nouveaux slogans imaginatifs furent inventés chaque jour : «  nous n’avons pas lancé de pierres ; elles ont ricoché », « la bonne chose est que l’avocat soit tué par ricochets ».

Vendredi 12 décembre

700 lycées et 100 universités sont occupés et on s’attend à ce que ce nombre grimpe. Une grande manif étudiante fut organisée à Athènes (10 000 ou plus). Les étudiants et d’autres manifestants attaquèrent la police et quelques banques furent démolies. Pendant la manif, 200 anarchistes saccagèrent le bureau de l’avocat. Les flics anti-émeute arrêtèrent plusieurs étudiants (certains d’entre eux ont 13-14 ans).

Samedi 13 décembre

Un sit-in fut organisé place Syntagma à midi, par le comité de coordination des occupations d’université et les groupes politiques. Plus de 1 000 personnes, de tous âges, y participèrent : étudiants, lycéens aussi bien que travailleurs. Le sit-in devait durer jusqu’au bout de la nuit. Après minuit, la police attaqua le manif pacifique avec des lacrymos et dispersa la foule qui s’était assemblée. Des rassemblements et des manifs furent aussi organisés dans les banlieues autour d’Athènes : Nea Smirni, Peristeri, Zografou.

Dans la soirée, le ministère de l’environnement et des travaux publics, rue Patission, fut attaqué par une foule de 200 personnes. À 21h, environ un millier de personnes se rassemblèrent à Exarchia pour protester contre le meurtre d’Alexis-Andreas Grigoropoulos, près de l’endroit où il avait été assassiné. Certains attaquèrent le commissariat local pendant que d’autres affrontaient la police anti-émeute. Une manif se dirigea vers Monastiraki et Gazi, des quartiers où beaucoup de gens vont en boîte le samedi soir. La manif fut attaquée par la police, et quelques-uns parvinrent à continuer. Les conflits continuaient à Exarchia, mais les attaques de la police forçaient les gens à se disperser dans différentes directions. Une grande partie de la foule fut repoussée aux environs de l’Ecole Polytechnique. Les émeutes continuèrent dans les rues autour de l’Ecole Polytechnique pendant la nuit.

Les gens qui avaient réussi à poursuivre la manif traversèrent Monastiraki, Thisseio, Gazi et essayèrent alors de revenir dans le centre en passant par la rue du Pirée. Les manifestants attaquèrent quelques banques et caméras de surveillance. La police attaqua de nouveau la manif vers la place Omonia, et il y eut alors près de 50 arrestations. Les gens arrêtés furent relâchés sans poursuites.

Pendant la journée, pas mal de banques furent attaquées partout dans Athènes.

Dimanche 14 décembre

Il y a eu des manifestations dans plusieurs banlieues d’Athènes ainsi que dans beaucoup de villes de Grèce (Thessaloniki, Corfu, Volos, Xanthi, etc.). Plus tôt dans la nuit, une manifestation pacifique place Syntagma, appelée par des bloggeurs, était dispersée au gaz lacrymogène par la police anti-émeute.

Sur la place centrale de Nea Smirni, une banlieue au sud-est d'Athènes, un grand café abandonné appelé « Galaxias », appartenant à la municipalité, était occupé à midi par environ cent personnes (libertaires, membres d'un parti municipal et plusieurs résidents) pour être transformé en centre de contre-information et de coordination d'action. L'occupation de bâtiments publics est une nouvelle forme de luttes venant des émeutes. Comme nous l’avons vu, cela a commencé dans la banlieue d'Agios Demetrios, avec l'occupation de la mairie. L'occupation du « Galaxias » a adopté le nom de « Eleftheros Galaxias » (qui signifie « la Galaxie Libre ») et a appelé à une assemblée de voisinage plus tard dans l'après-midi.

Durant la journée, quatre stations de radio ont été occupées. Elles ont été utilisées pour les déclarations radiophoniques et des communiqués d’appel à la généralisation de l'insurrection.

L'après-midi, le Comité des résidents d’Exarchia a appelé à un rassemblement sur la place où le meurtre d'Alexis a eu lieu. Malgré la pluie, un nombre significatif des personnes y participèrent et discutèrent des événements lors d’un rassemblement en plein air. Quand la police anti-émeute est apparue, les gens l’ont repoussée en criant et en les insultant.

Le maire d'Athènes annonça qu’un nouvel Arbre de Noël sur la place Syntagma serait érigé le mercredi, puisque le précédent avait été brulé par les cocktails Molotov dans la nuit du 8 décembre. Pour l'État, cet arbre symbolise l'esprit consumériste et le retour à la normale alors que pour les insurgés, son incendie signifie que l'émeute continue. Plusieurs tentatives d'y mettre le feu sont survenues pendant les manifestations.

Lundi 15 décembre

 À 17h00, les occupants de la vieille mairie de Halandri, une banlieue du nord-est d'Athènes, était attaquée par une poignée de crapules qui avaient prétendument des connexions mafieuses avec les propriétaires de magasin locaux. L’un d'entre eux forçait les manifestants à quitter le bâtiment en les menaçant avec un fusil de chasse et une batte de base-ball. Néanmoins, les gens réussirent à réoccuper le bâtiment deux heures après.

Dans Agios Demetrios, l'assemblée populaire de l'occupation a essayé de coopérer avec les employés municipaux pour redémarrer quelques services sans la médiation des autorités municipales. L’objectif était de satisfaire les besoins sociaux urgents, tels que le fait d’éditer des cartes vertes pour les immigrants et de payer les salaires et les allocations supplémentaires. Le maire et le conseil municipal ont intimidé les ouvriers en essayant de les empêcher de fournir ces services.

Le matin, une centaine de lycéens environ, et quelques ouvriers et militants se sont rassemblés à l'extérieur du tribunal dans la rue Evelpidon pour exprimer leur solidarité envers les interpellés des affrontements contre la police anti-émeute de la semaine précédente. Les jeunes sont entrés dans le tribunal, en évitant les contrôles. En même temps, une manifestation était organisée dans la banlieue de Korydallos par plus de mille jeunes des écoles proches. Ils sont allés à la prison Korydallos (la plus grande prison du pays) et ont attaqué la police avec des pierres et des cocktails Molotov. Par ailleurs, dans le quartier de Pagrati, des lycéens manifestaient à l'extérieur du poste de police. A midi, plus de mille jeunes des écoles locales se rassemblaient à l'extérieur du quartier général de la police dans l'avenue Alexandras et attaquaient la police avec des œufs, de la farine et des pierres. Deux étudiants furent arrêtés après avoir été battus.

L'après-midi, environ 150 personnes participaient à une manifestation musicale place Propylaia. Les manifestants bloquaient l'Avenue Panepistimiou en chantant et en dansant, mais subirent une attaque féroce des polices spéciales. En même temps environ 100 personnes faisaient une intervention dans la station de métro souterraine de Propylaia. Des tracts étaient distribués, exprimant une critique explicite de la circulation capitaliste de la marchandise force de travail, en demandant le transport libre pour tous et en promouvant la violation des politiques de tolérance zéro à l'intérieur des stations de métro. L'intervention prit fin avec le sabotage de tous les distributeurs automatiques, l'écriture de slogans sur les murs de cet environnement stérilisé et le bombage des caméras de surveillance. Les polices spéciales surgirent dans la station de métro et les joyeux participants les attaquèrent verbalement et se moquèrent d'eux du haut des escaliers à l'entrée de la station. Dans le même temps, une action similaire se déroulait dans la station de métro de Daphni, organisée par l'assemblée populaire de l’Hôtel de Ville occupé d'Agios Demetrios.

Une énorme banderole représentant Kugias, l'avocat du flic tueur, était accrochée sur l’université place Propylaia, avec le slogan « vas te ricocher toi-même, espèce de cafard ». Peu après l'intervention à la station de métro, une manifestation appelée par l'assemblée de l'occupation de la Faculté de Droit commençait depuis cette place. Environ 2 000 personnes y participaient, se dirigeant vers le Parlement puis revenant place Propylaia.

Dans la banlieue de Nea Filadelfia, le centre culturel municipal était occupé pour être utilisé comme un lieu de rassemblement et un centre de contre-information.

Les occupations de bâtiments municipaux et stations de radio aussi bien que de départements universitaires ont continué de s'étendre partout dans Athènes et dans d'autres villes.

Ce jour-là, 14 représentants de communautés immigrées ont publié une déclaration essayant de prendre leurs distances avec les émeutes et le pillage en particulier : « nous ne sommes pas des pillards, les immigrants ont une expression publique et de la dignité […] Nous déclarons que la grande majorité des immigrants ne sont ni des pillards, ni des criminels ». Adoptant une position tout à fait différente, les militants du Repaire athénien des migrants albanais distribuaient le matin une brochure au piquet de grève étudiant à l'extérieur du quartier général de la police, revendiquant leur part dans les émeutes, « Ces jours sont également les nôtres ». Le texte peut être trouvé en annexe.

Mardi 16 décembre

Un groupe de 50 personnes réussit à entrer dans les studios de FILET, la chaine de télévision national, contrôlé par l'Etat, et interrompait le bulletin d'information de 15h00 pendant environ 1 minute. Les caméras furent retournées vers les manifestants qui portaient les banderoles demandant « la libération immédiate de tous les prisonniers de l'insurrection », « la Liberté pour tous » et enjoignant les téléspectateurs : « [d’] Arrêter de regarder la télé et [de] sortir dans les rues ». Le groupe qui a organisé cette action a publié un communiqué qui peut être trouvé dans l’annexe de la chronologie.

A midi, un groupe d'environ 70 militants attaquait le poste de police central d'Ilissia qui sert aussi de quartier général d'une unité des polices spéciales (YMET). Un fourgon de la police et quatre véhicules de la police furent brûlés et 2 agents de police blessés. L'après-midi, des rassemblements et des manifestations étaient organisés dans les banlieues de Petralona, Daphni, Agios Demetrios avec la participation d'étudiants de lycéens, ouvriers et d'autres résidents. Simultanément, environ mille personnes se rassemblaient dans Exarchia et se dirigèrent vers le poste de police local où ils furent arrêtés par d’importantes forces de police.

L'occupation de la Mairie d'Agios Demetrios se terminait par une manifestation d'environ 300 personnes.

À un autre endroit du centre-ville, une intervention était organisée à la station de métro de la place Victoria, l'après-midi. Les distributeurs automatiques étaient détruits, des slogans écrits sur les murs (l’un d’entre eux était « rendons l’insurrection souterraine ») et les caméras de surveillance bombées.

Mercredi 17 décembre

Les bureaux centraux de la Confédération Générale du Travail de Grèce (GSEE), situés au carrefour de Patission et de l’avenue Alexandras, furent occupés tôt le matin par un groupe d'environ 70 ouvriers. Les buts de l'occupation étaient exprimés dans un premier communiqué de l'occupation qui peut être trouvé en annexe. Environ 50 bureaucrates et leurs nervis essayaient d'expulser les squatters vers 15h00 mais étaient repoussés par les gens avec l'aide des occupants de l’ASOEE, se trouvant à proximité. Un rassemblement était appelé à 18h et regroupa 800 personnes.

Depuis le début, il était évident qu'il y avait deux tendances à l'intérieur de l'occupation – peu importe leur manifestation extérieure : l’une, ouvriériste, qui voulait utiliser l'occupation symboliquement pour critiquer la bureaucratie syndicale et promouvoir l'idée d'un basisme indépendant de l’influence politicienne ; et l’autre, prolétarienne, qui voulait attaquer une autre institution de la société capitaliste, critiquer le syndicalisme et utiliser l'endroit pour créer une autre communauté de lutte dans le contexte des troubles généraux. Les syndiqués gauchistes qui étaient présents à l'assemblée ne surent pas vraiment que faire avec tous ces ouvriers insurgés et abandonnèrent.

 Le matin, les étudiants accrochaient deux banderoles géantes sur l'Acropole avec des slogans appelant à des manifestations de masse à travers l'Europe le 18 décembre, et à la résistance. Les ouvriers du site archéologique soutenaient l'action. Dans les jours précédents, les ouvriers de l'Acropole étaient en grève à cause d'une diminution de leur salaire suite à la réduction d'une allocation spéciale. Plus tard dans la journée le ministère promettait de satisfaire les demandes des grévistes et la mobilisation était suspendue.

Le soir, les occupants du vieil Hôtel de Ville dans Halandri organisaient une manifestation dirigée contre le poste de police. Au moins 400 personnes ont participé et ont attaqué le poste de police avec des œufs, pierres, bouteilles, etc ; 30 minutes plus tôt, la même manifestation avait lancé des œufs et de la peinture sur le tribunal local. Une autre manifestation traversait les banlieues de Kesariani, Pangrati et Vironas. 300 personnes y prenaient part et se dirigeaient vers le poste de police où ils s’affrontaient brièvement à la police. Ensuite, la manifestation se dirigea vers l’Hôtel de Ville de Kesariani qui était occupé depuis quelques heures.

 Le sabotage de distributeurs automatiques de ticket et de caméras de surveillance se répétait le soir dans 5 stations de métro : Attiki, Ano Patisia, Kato Patisia, Tavros et Monastiraki.

Un nouveau lycéen se fit tirer dessus par des inconnus sur un lieu de rencontre de jeunes dans Peristeri, une banlieue à l’ouest d'Athènes. Heureusement, l'étudiant, dont le père est un syndicaliste bien connu et un membre du parti soi-disant communiste, n'a pas été blessé sérieusement.

 Un groupe de professeurs (pour la plupart enseignants de droit dans les universités grecques) lançaient un appel au Gouvernement et aux groupes olitiques à prendre quelques mesures contre « les maux » de la société grecque, demandant surtout une utilisation plus stricte de l'asile universitaire et des poursuites judiciaires contre l'utilisation de cagoules pendant les manifestations. Ainsi les intellectuels, bien que tardivement, essayaient de réintroduire le vieux Black Act[1] dans la Grèce de 2008 en actualisant son sens à l’encontre des insurgés.

Jeudi 18 décembre

Une manifestation partait à midi de la place Propylaia avec la participation de lycéens, étudiants, enseignants et autres ouvriers. Le syndicat de base des postiers appelait à une grève d'une journée, alors que le syndicat des ouvriers des librairies et des maisons d'édition appelait à un arrêt de travail de 5 heures. Les postiers formaient leur propre bloc dans la manifestation. De même, la confédération des syndicats des ouvriers de secteur public (ADEDY) appelait à un arrêt de travail de 5 heures. Cela donnait l'occasion à beaucoup d'ouvriers de participer de façon indépendante à la manifestation. Le nombre des manifestants était très élevé. Certains les estiment à environ 20 000. Quand la manifestation atteignit le parlement, les affrontements avec la police anti-émeute commencèrent. Les flics protégeaient principalement l'Arbre de Noël nouvellement érigé place Syntagma ; ils l’entouraient, en essayant d‘empêcher son incendie par les cocktails Molotov lancés. C'était un spectacle si ridicule à voir que des centaines de manifestants criaient et en se moquaient d'eux. Le vrai esprit de Noël : l'Arbre de Noël, (en plastique, en fait), symbole du consommateur heureux, protégé par les forces de la loi et de l’ordre ! Les affrontements se propagèrent à l'Avenue Panepistimiou, l'Avenue d'Akadimias et la Rue Solonos jusqu'au soir. Plusieurs personnes furent arrêtées et parmi eux un soldat qui passait par là et fut brutalement frappé par les flics.

Après une manifestation semblable dans la ville de Patras, la bourse du travail locale fut occupée par des manifestants suite à l'exemple de l'occupation de GSEE.

Une manifestation antiraciste avec quelques centaines de personnes a été organisée l'après-midi par les organisations immigrées et antiracistes. Certaines de ces organisations étaient celles qui avaient nié la participation d'immigrants dans les émeutes et le pillage, démontrant ainsi leur rôle comme les médiateurs capitalistes.

Le soir, les membres de la Jeunesse soi-disant Communiste ont organisé une manifestation dans Peristeri pour protester contre l’attentat contre le lycéen la veille. Selon des témoignages, quelques étudiants ont conspué les membres de la Jeunesse Communiste.

Un groupe d'étudiants en art a interrompu un concert de musique classique dans Megaro Mousikis, le music-hall le plus important de Grèce, les tracts distribués critiquant le rôle de l’art et des artistes dans la relation avec les événements récents et a scandé quelques slogans contre les flics et l'État.

Vendredi 19 décembre

L'Institut français était attaqué à midi par 40 personnes avec des cocktails Molotov et des pierres. Des slogans étaient bombés sur les murs : « Etincelle à Athènes, Incendie à Paris, l'insurrection vient » et « Grèce-France : insurrection partout ». Cette action exprimait la solidarité avec les activistes qui sont accusés de saboter les chemins de fer aussi bien qu'avec les mobilisations lycéennes en France.

L'après-midi un concert de solidarité était donné place Propylaia avec la participation de centaines d'artistes et de plus de 5 000 personnes.

À 18h00, une manifestation était organisée dans Egaleo, une banlieue d'Athènes, par le groupe anarchiste local. Plus de 100 personnes ont participé à la manifestation qui s'est dirigée vers le poste de police. Les manifestants ont attaqué le poste de police et ont cassé les vitrines et les caméras de surveillance de toutes les banques sur leur chemin. Au même endroit, il avait lieu une manifestation organisée par des groupes gauchistes qui suivaient une autre route.

Pendant la journée, ouvriers permanents et intérimaires, étudiants et chômeurs des occupations d'ASOEE et de GSEE organisaient des interventions dans deux centres d'appel : MRB (une compagnie organisant des sondages d'opinion publique) et OTE (la compagnie de télécommunications nationale de la Grèce). La première intervention est survenue autour de midi et seulement quelques personnes y ont participé à cause de la grande distance entre le site et le centre-ville. Dans la deuxième intervention, environ 60 personnes ont participé et ont bloqué le travail pendant quelques minutes. Les ouvriers intérimaires dans le centre d'appel ont répondu à l'action d'une façon positive.

À ce moment-là, 800 lycées étaient occupés selon le Syndicat des enseignants des écoles secondaires (OLME).

Environ cent personnes ont interrompu la première du Théâtre national à Athènes, tard le soir. Ils ont pris la scène et ont tendu une banderole disant « Tout le monde dans la rue. Libération immédiate de tout les interpellés pendant la révolte ». Le texte distribué dans la salle et lu par des acteurs disait, entre autres : « maintenant que vous ayez éteint vos portables, il est grand temps d’allumer votre conscience ».

Samedi 20 décembre

Ce jour-là, 3 stations de radio furent occupées. L'après-midi, des manifestations étaient organisées dans beaucoup de banlieues et quartiers d'Athènes : Gyzi, Peristeri, Halandri, Vironas, Petralona, Nea Smirni. Les manifestations étaient organisées par les occupations locales ou par des groupes libertaires ou gauchistes locaux. Cette mobilisation survenait après l’appel à une journée internationale d'action par les occupations d'ASOEE et de l’école Polytechnique d'Athènes. Des centaines des gens ont participé aux manifestations.

Plus tard, un grand magasin d’Agios Panteleimonas, un quartier pauvre d'Athènes où vivent beaucoup d'immigrants, a été pillé par un groupe de militants.

Le soir, le bâtiment de Teiresias, une compagnie interbancaire qui « traite les données qui reflètent le comportement économique des individus et des entreprises » a été attaqué et incendié.

Plus tard, plus de mille personnes se sont rassemblées dans les rues autour de la place Exarchia commémorant le meurtre d'Alexandros. Les affrontements commencèrent avec la police mais la foule fut dispersée et repoussée à l'intérieur des locaux de l’école Polytechnique. Les affrontements ont continué autour de l'université jusqu'à tôt le matin.

Le département financier de la police grecque dans Nea Filadelfeia fut attaqué aux cocktails Molotov. En dehors des dégâts causés au bâtiment, 7 voitures furent détruites.

Dimanche 21 décembre

A midi, des manifestations se déroulèrent dans Kesariani-Pagrati (environ 250 participants) et Ilion (environ 100 participants). Dans Ilion, les manifestants ont lancé des pierres et ont cassé les vitrines de 4 banques et d’une agence pour l'emploi (OAED).

L'occupation de GSEE s’est terminée dans l'après-midi avec une manifestation qui s'est dirigée vers l’école Polytechnique via l'avenue Patission. Le parcours initial de la manifestation devait traverser des quartiers prolétariens proches où beaucoup d'immigrants vivent. Mais cela fut modifié car des rumeurs circulaient, disant que la police violerait l'asile universitaire et évacuerait l’école Polytechnique. Le dernier rassemblement dans le GSEE, centré sur la question de la solidarité avec les insurgés emprisonnés ou subissant la répression de la police, décida d'organiser une manifestation le mercredi 24 décembre à 16h00, de la place Monastiraki à la place Syntagma, par la rue Ermou qui est le centre commercial le plus riche de Grèce.

Environ cent étudiants des écoles de théâtre ont interrompu 15 pièces de théâtre autour d'Athènes. Les slogans principaux des interventions: « Nouvel an insurrectionnel, tout le monde dans la rue », « Il n'est pas possible de tuer nos rêves ».

Lundi 22 décembre

L’Hôtel de Ville de Peristeri fut occupé à midi par environ 100 personnes.

Un groupe de type mafieux a attaqué une femme de ménage intérimaire, K. Kuneva, 44 ans,  secrétaire du syndicat des femmes de ménage, de retour chez elle, tard le soir. Ils brulèrent son visage à l’acide sulfurique. Elle a perdu un œil et est restée en soins intensifs à l’hôpital, en situation critique, souffrant encore aujourd’hui de sérieux problèmes de vue et du système respiratoire. K. Kuneva travaillait dans une des compagnies sous-traitantes de l’ISAP (Chemins de fer d’Athènes-le Pirée) et disait qu'elle était en conflit constant avec ses patrons et que, ces derniers temps, elle avait reçu des appels anonymes menaçants.

Mardi 23 décembre

Tôt le matin, des coups de feu visaient un car de la police anti-émeute dans Goudi, sans blesser personne. Un groupe s’intitulant « Action Populaire » revendiquait l'attaque en téléphonant à un centre de média en ligne, sans laisser d’explications sur leurs motivations, ce qui est tout à fait inhabituel comme pratique. Cela, comme le lieu d'où partirent les coups (un petit bâtiment occupé utilisé comme un lieu de rencontre pour les étudiants contestataires) rendirent l’affaire très suspecte. Peu de temps après, le procureur général autorisa la police à fouiller le lieu, violant ainsi l'asile universitaire.

5 000 personnes participèrent à la manifestation organisée par les comités de coordination des universités occupées et des lycées. Avant que la manifestation ne commence, certains manifestants ont retourné une voiture de la police mais cette action n'a pas été suivie par plus d’affrontements pendant la manifestation.

La plupart des participants à l'occupation de l'École de droit ont décidé de quitter le bâtiment.

Dans Nea Filadelfia, 200 personnes ont manifesté du centre culturel municipal occupé au poste de police local. Les manifestants ont lancé des œufs, de la peinture et des pierres sur le poste de police.

Mercredi le 24 décembre

L'occupation d'ASOEE s’est terminée l'après-midi.

Plus de 1 500 personnes, principalement du milieu libertaire, ont participé à la manifestation qui avait été organisée durant l'occupation du GSEE du dimanche, en solidarité avec les insurgés poursuivis. La manifestation, partie de la palce Monastiraki, a traversé la rue Ermou, a atteint la place Syntagma et est revenue ensuite place Monastiraki par la rue Kolokotroni. Certains jeunes ont rejoint la manifestation qui traversait la partie la plus commerciale de la ville, quand les courses de Noël étaient à leur sommet. Les slogans de la manifestation appelaient à une poursuite de l'insurrection contre « l'esprit » des achats de Noel. L'occupation de l’école Polytechnique s’est terminée à minuit.

Vendredi 26 décembre

Environ 150 personnes ont participé à une manifestation devant l'hôpital d'Evaggelismos où K. Kuneva est suivie. Les slogans clamaient : « Résistance contre le terrorisme patronal ».

Samedi, le 27 décembre

A midi, 300 personnes occupaient le bâtiment de quartier général de l’ISAP comme une première réponse à l'attaque meurtrière sur Konstantina Kuneva. Le groupe qui avait organisé cette action publiait un communiqué qui peut être trouvé dans l'annexe de la chronologie.

À 16h00, une assemblée fut appelée afin organiser des actions de solidarité avec les insurgés emprisonnés ou sous poursuites judiciaires. 500 personnes y ont assisté. Il y fut décidé que, dimanche, des gens participeraient aux actions contre l'ouverture des magasins. (En Grèce les magasins sont fermés le dimanche, mais l'État essaie d’imposer une loi contre). La veille, le gouvernement avait décidé d'ouvrir les magasins « exceptionnellement » dans le centre d'Athènes pour compenser le dommage « que les propriétaires de magasin » avaient subi à cause de la violence de l'insurrection). Dans la même assemblée, des gens décidèrent également de tenir une manifestation devant les prisons de Korydallos pour la Saint-Sylvestre, à 23h00, pour exprimer leur solidarité aux insurgés emprisonnés.

Dimanche 28 décembre

À 9h30, environ 200 personnes se sont rassemblées à l'extérieur d'une grande librairie sur la place Syntagma et ont bloqué les entrées. Certains d'entre eux étaient des membres du syndicat des employés de librairie, mais la plupart d'entre eux étaient des ouvriers et des étudiants de l'assemblée de solidarité du jour précédent. Beaucoup de participants décidèrent qu'ils pourraient bloquer plus de magasins et ils marchèrent sur la rue Ermou. Là, ils se répartirent en groupes de 10 à 20 personnes et ils commencèrent à bloquer les entrées de quelques magasins principaux de la rue (comme nous avons dit auparavant, une des rues commerciales les plus chics d’Europe). Les slogans criés étaient : « Liberté à ceux qui doivent travailler » « Ils nous font travailler le dimanche, nous tirent dessus et nous vivons dans une guerre chaque jour ». A mesure, une foule de consommateurs envahissait la Rue Ermou et il devenait difficile de continuer à bloquer les accès d'une façon ou d'une autre. Cela restait intéressant car les patrons de magasin semblaient avoir peur : ils éteignaient les lumières et attendaient patiemment que les manifestant quittent les lieux. Certains gauchistes participèrent eux aussi aux blocages qui survenaient en même temps dans au moins 3 autres endroits du centre commercial de la ville. 500 membres du Parti prétendu communiste marchaient dans le haut et le bas de la rue, plus intéressés par l'offre d'un spectacle médiatique que par le fait de bloquer en fait les magasins. À environ 13h30, les bloqueurs décidèrent de quitter l'endroit, marchant vers une grande librairie dans Exarchia (à environ 2km de distance). Après avoir fait fermer le magasin par le patron, ils repartirent. La plupart d'entre eux allèrent à l'ISAP occupé en organisant une manifestation de ce bâtiment à l'hôpital Evaggelismos où K. Kuneva est suivie, mettant fin ainsi à cette occupation particulière.

Lundi 29 décembre

A 15h, environ 120 personnes se sont rassemblées au deuxième étage du centre commercial « THE MALL ATHENS » – le plus grand et plus chic centre commercial de la région de l’Attique – à Marousi, une banlieue à 15 km du centre d’Athènes, et ont manifesté pendant 30mn dans le centre commercial. Il y avait deux banderoles, une demandant la libération immédiate des insurgés arrêtés et une autre avec le credo « je consomme, donc je suis ». Pendant la manif, qui était visible par tous ceux qui se trouvaient dans le bâtiment, certains manifestants brandirent une autre banderole, sur laquelle était écrite « travaille, consomme, meurs », alors que d’autres distribuaient des tracts aux centaines de gens à l’intérieur et à l’extérieur des magasins. Après la fin de la manif, ils s’emparèrent des micros du bureau d’informations et lurent leurs tracts. Il y eut des graffitis et le slogan « travaille, vote et tais toi » fut écrit près de l’entrée principale. Finalement, ils quittèrent le centre en jouant au foot avec les boules et décorations du sapin de Noël juste devant l’entrée principale.

L’après-midi, une manifestation organisée par l’assemblée de solidarité à K. Kuneva se dirigea vers les bureaux de l’entreprise de nettoyage (dont le propriétaire est un ex-officiel du PASOK, un des deux principaux partis politiques en Grèce), au Pirée. Ils se rendirent là-bas afin de protéger une autre ouvrière de licenciement. Toutefois, le patron avait fermé les bureaux et les flics étaient dehors, gardant l’endroit. Les gens attaquèrent la police et les mirent en fuite, avec quatre officiers de police blessés, conduits à l’hôpital.

Mercredi 31 décembre

A 23h30, une foule d’environ 1 000 personnes se rassembla devant la prison d’Athènes qui se trouve dans la banlieue Korydallos, exigeant la relaxe immédiate des rebelles arrêtés durant le soulèvement de décembre. La foule hurlait des slogans comme « Liberté pour tous les prisonniers », « la passion de la liberté est plus forte que les cellules », « Ni droits communs, ni prisonniers politiques, brûlons toutes les prisons ». Les détenus enflammèrent des couvertures et des draps et les agitèrent par les fenêtres des cellules. A minuit, la foule assemblée alluma des feux d’artifice et des torches pour « saluer » l’arrivée d’une nouvelle année de lutte. Ensuite, ils se dirigèrent vers la prison des femmes en criant des slogans en solidarité avec les détenus. Finalement, ils se rendirent à la place centrale de Korydallos attaquant verbalement la police et se dispersèrent.

TPTG

1/1/2009

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06 janvier 2009

GAZA: comprendre cette guerre pour la combattre

Il n' est pas possible de comprendre, du point de vue de la classe prolétaire, ce qui se passe à GAZA sans en revenir à la question de l' accumulation primitive dans la région. Donc retour sur la brochure

« L’Intifada du XXIe siècle ».Ce texte rédigé en septembre 2001 par la revue britannique "Aufheben" est paru dans son numéro 10 (2002). Il a été traduit en allemand dans un supplément à "Wildcat-Zircular" (n° 62, février 2002). Echanges et mouvement en a publié une traduction française disponible en brochure en octobre 2003. On trouvera sur ce site le texte de cette brochure.dont voic un extrait , et tous les liens pour la consulter.

Aufheben : Brighton and Hove Unemployed Workers Centre, 4 Crestway Parade, Hollingdean. Brighton BN1 7BL, Royaume-Uni.

Courriel : aufheben99@yahoo.co.uk

assez_de_guerreLA FORMATION DE LA CLASSE OUVRIERE PALESTINIENNE

Une terre sans peuple ? Le mythe des pionniers sionistes atterrissant dans un désert dépeuplé et le transformant en vignobles luxuriants masque une transformation plus banale : celle des paysans palestiniens en prolétaires. « Le "paradis" dans le désert du Neguev, la culture florissante des agrumes et des avocats sur la plaine côtière ainsi que le boom industriel (même à l’échelle d’un tout petit pays) présupposent la spoliation totale des paysans palestiniens (25). » Ce processus était déjà en cours lorsque les premiers colons juifs arrivèrent, et il n’est toujours pas terminé. Le développement capitaliste pénétra pour la première fois au Moyen-Orient dans les années qui suivirent la fin des guerres napoléoniennes. L’Empire ottoman qui dominait la région déclinait déjà depuis un siècle, même s’il devait durer un siècle encore, et le réajustement de l’équilibre du pouvoir consécutif à la défaite de la France et de Napoléon, formalisé après le Congrès de Vienne, ouvrit la voie à une nouvelle exploitation de la région, au moment même où la révolution industrielle prenait de la vitesse en Grande-Bretagne. La Grande-Bretagne et l’Autriche, malgré leurs rivalités ailleurs, se mirent d’accord sur la nécessité de soutenir l’Empire ottoman pour en faire un obstacle à l’expansionnisme russe dans l’Est de l’Europe. Plus tard, l’Allemagne devint le principal soutien de l’Empire ottoman.

A cette époque, certaines parties du Moyen-Orient se retrouvèrent envahies par le nouveau mode de production capitaliste. Dans cette région, l’industrie textile indigène, surtout en Egypte, fut détruite par les textiles anglais bon marché dans les années 1830 et, dès les années 1860, les fabricants britanniques avaient commencé à cultiver le coton le long du Nil. En 1869, on ouvrit le canal de Suez dans le but de faciliter le commerce britannique et français. Conformément à cette modernisation, on peut dater les origines de l’accumulation primitive en Palestine à la loi de l’Empire ottoman de 1858 sur la propriété terrienne qui remplaçait la propriété collective par la propriété individuelle de la terre. Les chefs de village tribaux se transformèrent en classe de propriétaires terriens qui vendaient leurs titres aux marchands libanais, syriens, égyptiens et iraniens. Pendant toute cette période, le modèle de développement fut surtout celui d’un développement inégal, avec une bourgeoisie étrangère qui prenait des initiatives et une bourgeoisie indigène, si l’on peut dire, qui restait faible et politiquement inefficace. En même temps, on laissait à l’abandon de vastes régions du Moyen-Orient dont on ne voyait pas l’intérêt économique, et là, les traditions de cultures de subsistance et le nomadisme perduraient.

Sous le Mandat britannique, de nombreux propriétaires absentéistes furent rachetés par l’Association de colonisation juive, entraînant l’expulsion de métayers et de fermiers palestiniens. Etant donné que « les fellah dépossédés devaient devenir ouvriers agricoles sur leurs propres terres », une transformation décisive des relations de production commençait, conduisant aux premières apparitions d’un prolétariat palestinien (26). Ce processus eut lieu malgré une violente opposition de la part des Palestiniens. Le grand tournant dans une succession de révoltes fut le soulèvement de 1936-1939. Son importance réside dans le fait que « la force motrice de ce soulèvement n’était plus la paysannerie ou la bourgeoisie, mais, pour la première fois, un prolétariat agricole privé de moyens de travail et de subsistance, associé à un embryon de classe ouvrière concentrée principalement dans les ports et dans la raffinerie de pétrole de Haïfa (27) ». Ce soulèvement entraîna des attaques contre des propriétaires palestiniens ainsi que contre des colons anglais et sionistes, et obligea la Grande-Bretagne à limiter l’immigration juive en Palestine pendant quelques années.

Bien que ce soit l’armée britannique qui ait tiré, avec un peu d’aide du Haganah, la milice sioniste de gauche, les chefs tribaux locaux jouèrent aussi un rôle essentiel dans la défaite de la rébellion. On peut considérer que la " nakba " (catastrophe) de 1948 - l’exode des Palestiniens et la création d’Israël - comme l’héritage de cette défaite. Bien que le soulèvement de 1936-1939 ait montré l’émergence d’un prolétariat en Palestine, la population palestinienne en Israël était toujours, à cette époque, en grande partie paysanne.

Le nouvel Etat utilisa l’appareil légal du Mandat britannique pour poursuivre l’expropriation des Palestiniens. De par cette loi, les paysans qui fuyaient, ne serait-ce qu’à quelques mètres, pour échapper à un massacre, étaient considérés comme des " absentéistes " et on confisquait leurs terres. Cependant, le peu d’entre eux qui réussirent à rester à l’intérieur des frontières de 1948 reçurent des droits de citoyenneté pour compenser leur séparation forcée d’avec leur outil de production. La prolétarisation de la paysannerie palestinienne s’étendit lors de l’occupation de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza en 1967. Cette nouvelle vague d’accumulation primitive ne se fit pas sous la seule forme de l’accaparement des terres. Elle entraîna aussi le contrôle autoritaire des réserves d’eau de la Cisjordanie par le capital israélien, en creusant des puits plus profonds que ceux des Palestiniens. Conséquemment, la population palestinienne réfugiée hors de la juridiction israélienne fut coupée de ses terres, alors que seule une minorité de ceux qui se trouvaient sous la juridiction israélienne possédaient encore de la terre. Dans les deux régions, la population palestinienne est devenue majoritairement prolétaire.

L’abolition de la bourgeoisie palestinienne locale

Alors que l’expropriation de la paysannerie palestinienne entraînait la formation d’un prolétariat, on mettait fin à l’émergence d’une bourgeoisie industrielle indigène. Là où elle existait, elle était désespérément faible et incapable de concurrencer le capital israélien, en dépit du fait que « les salaires que versaient les patrons arabes étaient encore plus misérables que ceux que payaient leurs maîtres sionistes ». Les Palestiniens des territoires avaient le statut le plus bas sur le marché du travail israélien, inférieur même à celui des Palestiniens possédant la citoyenneté israélienne. Suite à la guerre de 1967, les Palestiniens qui travaillaient en Israël furent considérés comme des collaborateurs par les nationalistes palestiniens (28). Cependant, les lois d’Israël interdisaient la création d’entreprises palestiniennes susceptibles de concurrencer les entreprises israéliennes, donc les nationalistes les plus endurcis finirent par reconnaître que la seule source de revenus pour de nombreux Palestiniens était de travailler en Israël.

On peut diviser la bourgeoisie palestinienne en trois groupes (29). Certains des réfugiés les plus riches formaient une bourgeoisie marchande et financière au Liban, en Syrie, en Egypte et dans d’autres pays arabes. La bourgeoisie locale, si l’on peut dire, était composée de petits entrepreneurs, d’artisans propriétaires et de fermiers. La main-mise d’Israël sur le capital productif empêchait la bourgeoisie locale de développer ses forces productives. Ceux qui tentaient l’expérience formaient une petite-bourgeoisie misérable qui partageait les mêmes nombreuses privations quotidiennes et les mêmes humiliations que leurs voisins prolétaires des territoires occupés, sauf une : la séparation d’avec leur outil de production (30). D’autres sont devenus une " lumpen-bourgeoisie ", enrichie grâce à l’OLP, qui a déversé un demi-milliard de dollars d’aide dans les territoires occupés entre 1977 et 1985. Ils ne dépensaient leur argent que pour leur consommation personnelle, ce qui leur a attiré la rancune du prolétariat et de la petite-bourgeoisie palestinienne. C’est la bourgeoisie déplacée par la diaspora qui a formé la classe de base de l’OLP et de l’« Etat palestinien en exil ».



Intifada. 3. La domination américaine
Intifada. 4. Histoire de deux mouvements de libération nationale
Intifada. 5. L’Intifada (1987-1993)
Intifada. 6. Le « processus de paix » d’Oslo (1993-2000)
Intifada. 7. L’Intifada du XXIe siècle
Intifada. 8. Conclusion. De la révolte à la guerre ?
Intifada. 9. Notes
Intifada. 1. Table des matières
Intifada. 2. Introduction

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