SNCF : la grève du 18 mai sera bien reconductible

 

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Comment sauver les meubles ? Comment préserver le maximum de la réglementation du travail abrogée par la réforme « portant ferroviaire » ? Depuis le début de l’année, les organisations syndicales de la SNCF multiplient initiatives et actions pour « peser » sur les négociations en cours. L’UTP, représentant les entreprises ferroviaires, vient d’annoncer qu’à quelques détails près, la future convention collective concernant l’ensemble des opérateurs ferroviaires était désormais bouclée (ici). Un texte bien en retrait par rapport au feu « RH 0077 », qui doit cependant être complété – ou non – par des accords d’entreprises. Pas du tout du goût des syndicats opposés dès le début à la réforme du rail. Pour ceux qui avaient soutenu la réforme, UNSA et CFDT, leur position varie d’une action à une autre. Tout cela a donné naissance à une stratégie de riposte bien décousue, loin d’être unitaire, et dont l’efficacité peut être légitimement discutée.

 

Se pose désormais la question des actions à venir. Officiellement, la position des syndicats n’a guère changé depuis la publication de mon dernier post sur le sujet (cliquez ici). Pour résumer, des actions devraient être programmées en mai. SUD, FO et FiRST étaient favorables à une action reconductible à compter du 18 mai. La CGT s’orientait plus vers un nouvel empilage de grèves « carrées » suivi, le cas échéant, d'un mouvement reconductible. Une position stratégiquement incompréhensible, car menant forcément à la démobilisation. A moins que cette approche ne traduise un réel malaise au sein du syndicat majoritaire de la SNCF, qui à terme pourrait aboutir à un divorce entre le sommet et la base. C’est sans doute pour éviter cela qu’une voie intermédiaire semble avoir été retenue, ménageant la chèvre et le chou.

 

Officiellement, la position de la CGT resterait la même : grèves « carrées » les 18 et 19 mai, puis les 25 et 26 mai, suivies d’un mouvement reconductible débutant le 1er juin. Sauf qu’en pratique, le syndicat craignant d’être débordé par d’autres, dont son frère ennemi Sud, aurait accepté de participer à des Assemblées Générales dès le 18, rencontres durant lesquelles la question de la reconduction du mouvement sera forcément abordée… et tranchée. Du coup, tout en maintenant sa position officielle, la CGT ouvre mécaniquement la porte à la reconduction du mouvement. Reste à connaître la position des deux syndicats d’accompagnement, UNSA et CFDT, qui pèsera également dans la balance. Deux syndicats qui ont soutenu l’abrogation de la réglementation du travail SNCF, et que l’on voit mal appeler à la révolution générale. Peut-être joueront-ils à une moment ou à un autre sur la corde éculée des "avancées significatives" "obtenues par leur "négociation" pour se dédouaner d'une réelle action. Argument qui ne tiendrait en comparaison de ce qu'offrait l'ancienne réglementation.

 

Quoi qu’il en soit, la grève SNCF débutant le 18 mai sera bel et bien reconductible. Avec toujours la même question à la clé : la mobilisation qu’entraînera réellement cette action. Bien malin sera celui qui établira le plus juste pronostic, sachant que les effets de cette action pourraient à la fois, compte tenu du contexte social actuel, être mitigés ou incontrôlés… Autre facteur important, rappelé à juste titre par l’UTP : si la Convention Collective Ferroviaire n’était finalement pas validée, c’est le seul décret-socle qui servirait de base à la réglementation du travail des cheminots du public ou du privé. Le piège est en train de se refermer. Tout cela était bien prévisible, et bien prévu. C’est bien avant que la réforme « portant ferroviaire » aurait dû être fermement combattue. Aujourd’hui, c’est un peu tard !

 

Grèves : qui appelle, résultats définitifsRepères.jpg

  • 9 mars : CGT CFDT UNSA SUD FO FiRST. Participation : 37,5 %
  • 31 mars : CGT SUD FO, soutien de FiRST. Participation : 26,6 %
  • 26 avril : CGT CFDT UNSA SUD FiRST, soutien de FO. Participation 25,6 %
  • 18 mai : SUD FO FiRST appellent à un mouvement reconductible, CGT appelle à des grèves carrées mais ouvre la possibilité de reconduire le mouvement en AG dès le 18 mai. Attente de la position des syndicats d'accompagnement UNSA et CFDT.