INFOBREF N°439

Grèves en Normandie. Routiers, SNCF, pénurie de carburant. Ce qui bloque

Après un mardi noir, le mouvement des routiers se poursuit en Normandie, mercredi 18 mai 2016. Le périphérique de Caen (Calvados) est perturbé, la ville du Havre aussi. Le point.

Mise à jour : 18/05/2016 à 19:13 par La Rédaction

Les routiers sont entrés dans la danse pour s’opposer à la loi Travail, mardi 17 mai 2016. À Caen (Calvados), la mobilisation a été fortement suivie. Au Havre (Seine-Maritime), ce sont les salariés du public et du privé qui ont bloqué l’économie. Tous reconduisent le mouvement mercredi 18 mai 2016. Des perturbations sont également à craindre près de Rouen. Vous devez circuler, mercredi 18 mai 2016, on fait le point sur Normandie-actu.

> Lire aussi : Pénurie de carburant, en Normandie. Le dépot d’Exxon Mobil, près du Havre, bloqué à son tour

► EN DIRECT : La situation en direct, mercredi 18 mai 2016

  • Le périphérique de Caen (Calvados) perturbé :

Attention, si vous devez passer par Caen (Calvados), mercredi 18mai 2016, de fortes perturbations sont à prévoir. La situation sera semblable au mouvement de la veille :  les routiers (plus de 200) ont bloqué le périphérique, avec un barrage filtrant au niveau de la sortie 15, Vallée Sèche. La préfecture du Calvados a décidé de fermer le périphérique, de la sortie 14 Cormelles-le-Royal, à la 16 Pays d’Auge.

> À lire aussi : Loi Travail. Les routiers en force, à Caen, sur le périph’. Le blocage reconduit

  • A13, l’accès au périphérique de Caen fermé

À cause des manifestations, il est probable que l’accès au boulevard périphérique sud de Caen, soit fermé, depuis l’A13. L’accès au périphérique nord était obligatoire, mardi 17 mai.

  • La ville du Havre (Seine-Maritime) paralysée :

La ville  du Havre (Seine-Maritime) a été paralysée, mardi, à l’appel de l’intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, Fidl, UNL. Routiers, agents portuaires, dockers et salariés du public et du privé, se sont unis pour bloquer, à 15 endroits, les entrées de la cité Océane (zone industrielle, le port et la Brèque à Harfleur). Là aussi, le mouvement a été reconduit pour poster plusieurs barrages, mercredi 18 mai 2016, dès 5h30. Le mouvement se poursuit « au même tarif, aux mêmes endroits, dès 6h, toute la journée, tant que le gouvernement maintiendra sa loi. Rendez-vous est donné à 5h30 aux manifestants, à 5h30, place d’Armes à Harfleur par les unions locales CGT. De plus, jeudi 19 mai, est prévue une manifestation au Havre. Rendez-vous à 11h devant la salle Franklin, cours de la république », annonce un syndicaliste. Lors d’un discours prononcé au Havre, mardi 17 mai dans l’après-midi, au pied du stade Océane, Laurent Delaporte de la CGT portuaire a appelé à « bloquer l’économie du pays » : « Hollande déclare qu’il maintiendra cette réforme. Cela doit nous appeler à bloquer l’économie du pays. Cela demande de la coordination et de la stratégie. »

L’essentiel.
La SNCF prévoit en moyenne 1 TER sur 2 en circulation mercredi 18 mai 2016 et jeudi 19 mai 2016, 40 % des Intercités, 2 TGV sur 3 et, en Ile-de-France, 6 Transiliens sur 10 et 3 RER sur 4. La ligne B du RER sera la moins touchée avec 4 trains sur 5, tandis que la ligne E tournera au ralenti avec 50 % des trains. La prévision est de 2 trains sur 3 pour les RER A, C et D. La grève sera aussi particulièrement visible sur les lignes Transilien P (1 train sur 3), L, R, U et J (1 train sur 2).
Le mouvement, à l’initiative de la CGT-Cheminots et SUD-rail, vise à peser sur les négociations autour du futur cadre social des cheminots, actuellement en discussion au niveau de la SNCF et de la branche. Il s’inscrit également dans la contestation du projet de loi travail.
Sur les routes
Les routiers ont prévu de reconduire mercredi 18 mai 2016 leur mouvement de protestation contre la loi travail partout en France, sauf à Marseille où il ne reprendra que jeudi, a-t-on appris auprès des fédérations FO et CGT des transports.
Des actions de blocage et/ou des barrages filtrants devraient ainsi être menées dans le Nord, à Rouen (Seine-Maritime), Caen (Calvados), Rennes, Bordeaux ou encore Clermont-Ferrand, selon le secrétaire général de la CGT-Transports, Jérôme Vérité. De nombreux blocages sont prévus également au Havre (Seine-Maritime)
Dans les aéroports
Les compagnies aériennes devront annuler 15 % de leurs vols jeudi à Orly en raison d’un appel à la grève de l’Usac-CGT contre la réforme du droit du travail. « Des perturbations sont attendues sur l’ensemble du territoire », a indiqué la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).
L’Usac-CGT, premier syndicat tous corps confondus (contrôleurs aériens, personnel administratif, ingénieurs, techniciens, etc.), a appelé les agents de la DGAC à protester « contre le passage en force du gouvernement » sur la loi travail.

> À lire aussi : Loi Travail. La ville du Havre paralysée, le point sur les blocages

  • Sur l’A29, l’échangeur direction Le Havre, fermé

En raison de la paralysie de la ville du Havre, la Sanef, gestionnaire de l’autoroute A29, a fermé l’échangeur n°5 en direction de la zone industrielle du Havre, mardi 17 mai 2016, dès le début d’après-midi. Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, le blocage, juste avant le pont de Normandie, pourrait bien se reproduire.

  • Pénurie d’essence dans certaines stations-service

Il va devenir difficile de se procurer du carburant en Seine-Maritime. Le mouvement social entamé mardi 17 mai 2016 inclut en effet des blocages de raffineries et dépôts de carburant, notamment Total au Havre ou Rubis Terminal, près de Rouen. En prévision de ces pénuries, les forces de police du Havre ont déjà réquisitionné des stations-service.

> Notre article, ici : CARTE. Pénurie de carburant en Seine-Maritime. Des stations-service réquisitionnées

  • Perturbations à la SNCF

Deux syndicats de la SNCF ont déposé un préavis de grève reconductible. Mercredi 18 mai 2016, le trafic des trains sera fortement perturbé en Normandie. Intercités Paris-Rouen-Le Havre : 5 trains sur 10. Intercités Paris-Caen (Calvados)-Cherbourg (Manche) : 5 trains sur 10. Intercités Paris-Granville (Manche) : 2 trains sur 10. TER : en moyenne 1 train sur 2.

> À lire aussi : Grève à la SNCF en Normandie. Les prévisions de trafic, les perturbations à prévoir

  • À Rouen (Seine-Maritime), le boulevard industriel à éviter

Les routiers ont bloqué le boulevard industriel à Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen (Seine-Maritime), mardi 17 mai. L’accès entre Rouen et le rond-point des Vaches était totalement bloqué pendant plusieurs heures. Des perturbations sont prévoir mercredi 18 mai, dans ce même secteur…

> À lire aussi : Loi travail. Résumé de la journée en Normandie, routiers à Caen, Le Havre bloquée

Le Grand-Quevilly Pénurie de carburant en Normandie. Les CRS interviennent, près de Rouen

Les CRS sont intervenus, vendredi 20 mai 2016, pour déloger les manifestants qui bloquaient les dépôts de carburant Rubis, au Grand-Quevilly, près de Rouen (Seine-Maritime).

Mise à jour : 21/05/2016 à 13:21 par La Rédaction

Un dépôt de carburant du Grand-Quevilly, près de Rouen (Seine-Maritime), évacué sous la pression des forces de l'ordre, vendredi 20 mai 2016. (photo ©CD/Normandie-actu)Un dépôt de carburant du Grand-Quevilly, près de Rouen (Seine-Maritime), évacué sous la pression des forces de l'ordre, vendredi 20 mai 2016. (photo ©CD/Normandie-actu)

Dernière minute. Vendredi 20 mai 2016, les salariés de la raffinerie de Gonfreville-l’Orcher, près du Havre (Seine-Maritime), ont voté l’arrêt de la raffinerie. L’arrêt de la production durera au moins 10 jours. Le point, samedi 21 mai 2016, sur Normandie-actu.

Les militants anti-loi Travail qui bloquaient des dépôts de carburant près de Rouen (Seine-Maritime), ont été évacués sous la pression des forces de l’ordre. En milieu d’après-midi, vendredi 20 mai 2016, une quinzaine de fourgons de CRS se sont d’abord rendus à l’église Saint-Nicaise de Rouen, avant de partir vers les dépôts Rubis Terminal, au Grand-Quevilly. Une source judiciaire confirme l’opération d’évacuation des piquets de grève.

Vers 16h30, les policiers bloquaient l'accès au terminal Rubis au Grand-Quevilly. (photo ©EA/Normandie-actu)

> Lire aussi : Manuel Valls avait affirmé, jeudi 19 mai 2016, être prêt à recourir aux forces de l’ordre pour mettre fin aux blocages

« Une évacuation dans le calme »

Sous la pression de nombreux CRS déployés autour du barrage, près de la première entrée du dépôt, les militants ont quitté le point de blocage.
Le second point de blocage, rue de l’Ancienne Mare au Petit-Quevilly, a été évacué en début de soirée, sans toutefois recourir à l’usage de la force. Dans un communiqué, la préfecture indique que l’opération s’est déroulée sans heurt :

Conformément aux instructions gouvernementales, Nicole Klein, préfète de la région Normandie, préfète de la Seine-Maritime, a demandé aux forces de l’ordre de procéder au déblocage du dépôt de carburant Rubis situé à Grand-Quevilly. Cette opération s’est déroulée dans le calme, sans interpellation.

Les militants ont cependant laissé sur la route un message : « Nous reviendrons. 49-3. »

Une fumée noire visible à plusieurs kilomètres

Lors de l’intervention des CRS, une importante fumée noire était visible à des kilomètres dans l’agglomération de Rouen. Une fumée déclenchée par les grévistes pour prévenir de l’intervention imminente des forces de l’ordre.
En début d’après-midi, les syndicats de la raffinerie Total de Normandie, à Gonfreville-l’Orcher, près du Havre (Seine-Maritime), ont voté l’arrêt de l’usine. L’arrêt et le redémarrage devrait prendre plusieurs jours.

> LIRE AUSSI : Carburant. La raffinerie de Gonfreville-l’Orcher, près du Havre, bientôt à l’arrêt

Près de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), les salariés de la raffinerie Total de Donges ont également voté un arrêt de la production de leur entreprise et ce jusqu’au vendredi 27 mai 2016, annonce le quotidien Presse-Océan. Même chose, à Feyzin, près de Lyon (Rhône), où les salariés ont également voté l’arrêt de la raffinerie. Cela signifie que trois des raffineries Total de France, sur quatre, seront à l’arrêt. La dernière, celle de Grandpuits-Bailly-Carrois, près de Melun (Seine-et-Marne), est pour sa part bloquée par des manifestants, au moins jusqu’à lundi 23 mai.

• Plus d’informations à venir sur Normandie-actu.

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Un dépôt de carburant du Grand-Quevilly, près de Rouen (Seine-Maritime), évacué par les CRS vendredi 20 mai 2016 (photo ©CD/Normandie-actu).

La Rédaction

Carburant : la pénurie s'amorce en Eure-et-Loir, plus de carburant au Carrefour à Chartres

Le manque de carburant dans le département commence à se faire sentir. La station service de l'hypermarché Carrefour a fermé, ce samedi 21 mai, à 11 heures. D'autres pourraient suivre.

Les première difficultés apparaissent en Eure-et-Loir, dans la distribution du carburant. Des automobilistes se ruent vers les stations service. Le préfet d'Eure-et-Loir, Nicolas Quillet a décidé d’interdire la vente de carburant aux usagers sous forme conditionnée (jerricans, bidons ou autres types de récipients) dans le département. Dans l'Orne, "en raison d’une inquiétude exagérée qui incite certains usagers de la route à anticiper leurs besoins en constituant des réserves", le préfet interdit l’achat de carburant hors réservoir et limite les approvisionnements aux stations-service à 20 litres pour les véhicules légers et à 50 litres pour les poids lourds. La mesure est identique dans l'Eure.

 

17 h 45. A Vernouillet, l'Hyper U propose une distribution maximale de 40 € de carburant. La file d'attente aux pompes est très importante. A Cora, à Dreux, le gazole est en rupture de stock alors qu'à Total Access, c'est l'essence qui n'est plus proposé.

 

17 h 30. Dans le Perche, à Nogent-le-Rotrou, la distribution de carburant se fait normalement.

 

16 h 15. Dans l'Eure, environ 20 % des stations sont fermées ce samedi après-midi, annonce France Info.

 

16 h 10. A Courville-sur-Eure, la direction du Super U annonce qu'elle ne lui reste plus d'essence sans-plomb depuis vendredi et qu'elle ne dispose plus que d'une heure de distribution de carburant. A Rambouillet, il n'y aurait plus de gazole à la station E. Leclerc, selon plusieurs sources.

 

16 h 00. Au Carrefour Market de Bonneval, la direction a annoncé qu'elle ne possédait pratiquement plus de stocks et qu'elle risquait d'être contrainte de fermer la station dans l'après-midi de samedi. Selon plusieurs sources, il n'y aurait plus d'essence sans-plomb à l'Intermarché de Mainvilliers, tandis que la distribution de gazole est limitée à 30 litres par véhicule.

 

15 h 55. Il n'y a plus d'essence sans-plomb à la station totale de la rue Jean-Mermoz à Chartres. Au niveau du gazole, les stocks devraient tenir jusqu'à dimanche midi, selon la direction. A l'Intermarché de Champhol, la distribution est normale, malgré l'affluence exceptionnelle. Quatre à cinq fois plus de clients qu'un samedi normal, précise la direction.

 

15 h 51. La distribution aux pompes du centre E. Leclerc de Saint-Denis-les-Ponts est pour le moment normale. Les cuves ont été remplies ce samedi matin. A l'Intermarché des Garennes à Châteaudun, la direction a constaté au moins trois fois plus d'affluence qu'un samedi normal. En revanche, à la station Total, route de Tours à Châteaudun, il n'y a plus de gazole normal mais il reste du gazole supérieur excelium. Quant au sans-plomb, la direction annonce que les stocks devraient tenir jusqu'à lundi.

 

15 h 44. A Brezolles, le station service du Carrefour Market a été livrée ce samedi matin et la distribution se déroule normalement. A Lucé, à la station service de Géant, la direction a dépêché un agent de sécurité pour éviter tout débordement.

 

15 h 37. Dans le nord du département, les automobilistes étaient nombreux aux pompes de l'hypermarché Leclerc à Saint-Lubin-des-Joncherets, à la frontière de l'Eure, où des mesures de restrictions ont été prises. La direction a décidé, dans l'après-midi de limiter la distribution à 40 € par véhicule.

 

15 h 34. A Lucé, deux automobilistes qui attendaient leur tour à la station en sont venus aux mains., en début d'après-midi. Une patrouille de police s'est rendue sur place.

 

15 h 27. La station service de l'hypermarché Carrefour a Chartres ne distribue plus de carburant. La direction a fermé l'accès depuis 11 heures, ce samedi 21 mai. 35.000 litres de gazole avait été livrés le matin même. L'enseigne pourrait être livrée ce jour, mais rien n'est certain, selon la direction.