INFOBREF N°515

Supprimer des RTT, une tentation pour les employeurs

Certaines entreprises veulent renégocier les accords mis en place lors de l'entrée en vigueur des 35 heures, mais l'idée rencontre une forte opposition.

Source AFP

Publié le 29/05/2015 à 12:44 | Le Point.fr

 Les RTT, symboles des 35 heures, vont-elles se réduire comme peau de chagrin? Pour certains employeurs, piocher dans cette manne est une tentation pour s'adapter à l'activité, mais comme à l'AP-HP, l'idée rencontre en général une forte opposition. "Il y a actuellement une montée en puissance d'une réflexion sur la renégociation des 35 heures" dans beaucoup d'entreprises, explique à l'AFP Sylvain Niel, juriste chez Fidal. Certaines "ont négocié des accords qui ne leur semblent plus adaptés", dit-il, en donnant l'exemple d'une célèbre enseigne de la distribution. Elle avait négocié à la fin des années 90 un "accord hallucinant" : "33 heures par semaine" sans perte de salaire ni contrepartie de flexibilité. Résultat, "les employés viennent quatre jours par semaine, quel que soit le volume d'activité, y compris pendant les fêtes, et l'entreprise essaye de sortir de cet accord".

Avec les lois Aubry (2000), la durée légale hebdomadaire du travail a été abaissée de 39 à 35 heures pour créer de l'emploi. Pour une partie des salariés, cela s'est traduit par une semaine allégée ou l'octroi de jours de congés supplémentaires, les fameuses "RTT". Pour les autres, davantage d'heures supplémentaires bonifiées. Ce sont surtout les salariés des grandes entreprises qui ont profité des nouvelles journées de liberté. Dans "l'engouement" des 35 heures, les entreprises "ont souvent voulu maintenir le temps de travail à 39 heures et se sont retrouvées avec quatre semaines de RTT", soit 20 jours, "un calcul arithmétique" qui a abouti à "un volume assez significatif", explique à l'AFP Jean-Paul Charlez, président de l'Association nationale des DRH (Andrh).

Un mauvais calcul ?

Depuis, la "tendance" est "d'aller vers 10-11 jours de RTT". Pas facile, "c'est toujours un sujet sensible", "en termes d'avantages acquis, on s'acclimate assez vite", note Jean-Paul Charlez. Les entreprises peuvent proposer de troquer les jours de repos contre des hausses de salaire, mais elles hésitent à remettre à plat leurs accords, car dénoncer un accord, c'est "un petit peu une déclaration de guerre", dit-il. Si elles hésitent, c'est aussi parce que pour financer le maintien des salaires, ces accords ont été assortis de remises en cause "d'avantages acquis", comme des journées de pont offertes ou la longueur des pauses, explique Me Niel. "Faire sauter" les contreparties pourrait être au final un mauvais calcul.

Beaucoup d'entreprises ont néanmoins revu assez vite leurs accords. Dès 2003 lorsque les aides de l'État n'ont plus favorisé celles ayant signé des accords 35 heures, "elles ont dit : les règles du jeu ont changé, on touche moins d'aides donc il faut renégocier les contreparties", selon l'économiste à l'OFCE Eric Heyer. Bosch a été "le cas le plus médiatisé". L'équipementier automobile a fait accepter en juillet 2004 par 98 % des 820 salariés de son usine de Vénissieux (Rhône) la semaine de 36 heures et la perte de six jours de RTT pour éviter une délocalisation en République tchèque et sauver 300 emplois.

Un chèque pour travailler plus

Quand l'activité diminue, "la durée du travail est une variable d'ajustement" (chômage partiel, prises de RTT imposées... ) pour réduire le coût du travail, explique Eric Heyer. Mais entre 2008 et 2011, elle l'a "moins" été en France, où les entreprises ont eu davantage recours aux suppressions de postes, qu'en Allemagne. Lorsque les entreprises jouent sur le temps de travail, elles optent plutôt pour l'augmenter mais "sans augmenter les salaires", note l'économiste. Il évoque les accords signés en 2013 par Renault et PSA, mais assortis de suppressions d'emploi, comme chez Air France, où le personnel au sol a perdu entre 7 et 11 RTT depuis 2012.

Aujourd'hui, outre l'AP-HP, Areva et EDF ont mis le dossier sur la table. Dans les médias, après beaucoup d'autres, l'AFP a aussi ouvert des discussions. À EDF, afin d'inciter les 30 000 cadres à passer au forfait jours, et donc travailler 212 jours (au lieu de 196), la direction propose "un chèque de 10 000 euros". Mais, selon Laurent Langlard (fédération mine-énergie CGT), les discussions que la direction voudrait boucler avant l'été sont "dans l'impasse".

Avantages acquis SUR QUI ?

Les avantages acquis sont forcément pris sur le dos d'une ou des catégories qui n'y ont pas droit ! Comme par exemple tous les indépendants... Elle est belle la prétendue solidarité sur le dos des autres.

ASSURANCES-Covéa : des salariés en bagarre

Après une première grève le 22 juin qui succédait aux actions réussies des 5 et 14 juin, les salariés de MMA ont à nouveau fait grève ce lundi 2 juillet contre les conditions de mise en application du statut commun Covéa (MAAF, MMA et GMF), moins favorable sur certains aspects. Ils se défendent et ils ont bien raison !

 Accord sur le temps de travail à la GENERALI

les syndicats FO et CGT sont confrontés à la dichotomie dans laquelle ils se sont eux même mis en signant un accord sur le télétravail. Ils se retrouvent en difficultés suite à l' annulation par la cour d' appel de Paris de l' accord sur le temps de travail . Ils avaient contestés cet accord, parce qu'il « imposait jusqu’à 5 jours de travail non payés sans subordonner son application à la signature d’avenants aux contrats de travail » .Voilà encore une curieuse contestation, appuyant essentiellement sur le droit et oubliant l' indispensable mobilisation des travailleurs , ils veulent sauver leur accord sur le télétravail sachant très bien où le télétravailpeut mener. C' est une véritable duperie que de laisser croire que la direction de la Générali veut liquider l' accord sur le télétravail qui touche 1200 salariés elle y a bien trop intérêt a maintenir le télétravail

Vent debout contre la suppression de RTT au centre hospitalier d’Angoulême

A La UneAngoulême

Publié le 31/05/2018 à 6h59 par Antoine Beneytou.

La direction du centre hospitalier d’Angoulême souhaite faire travailler les agents six minutes de moins par jour et supprimer trois RTT.

Tout est parti d’un Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) extraordinaire déclenché sur la souffrance au travail, en juillet 2017, au centre hospitalier d’Angoulême. À cette époque, débute un cycle de concertation entre direction et syndicats. Qui aboutit le 22 septembre à une proposition de la direction de réorganiser le temps de travail.

Comment ? En faisant travailler les agents six minutes de moins chaque jour. Ce qui entraînerait la suppression de trois journées de RTT. C’est là que le bât blesse pour les syndicats FO, CGT et CFDT regroupés en intersyndicale et farouchement opposés à ce nouveau protocole. Ensemble, ils ont signé un tract intitulé " Monologue de la direction : “j’écoute tout, je décide” ", dénonçant ainsi la méthode "unilatérale" appliquée par leur hiérarchie.

"On a travaillé avec eux, mais rien n’a été retenu pour améliorer les conditions de travail », indique Stephen Largeaud, de la CGT. Le 14 mai dernier, lors d’un comité technique d’établissement (CTE), des agents étaient venus exprimer leur "souffrance à exercer leur métier dans des conditions de travail délétères" est-il écrit dans le tract. Lors de ce CTE, les syndicats se sont ainsi opposés à ce projet.

Application de la loi Travail. Suppression des RTT chez Bouygues Telecom

Après SFR, c’est au tour de Bouygues Telecom de profiter des vacances pour « réorganiser » le travail de ses salariés : il prévoit en effet de troquer leurs RTT contre une faible hausse de salaire. Le 15 septembre, nouvelle date de mobilisation contre la loi travail, se profile déjà dans la sphère du télécom. Manon Véret-Gay

mercredi 17 août 2016

Donne-moi tes RTT, je te donnerai 2% de ton salaire

Il y a quelques semaines, SFR supprimait 5000 emplois, soit un tiers de ses effectifs. Aujourd’hui, Bouygues Telecom veut supprimer les RTT de ses salariés au nom de la réorganisation du temps de travail. L’entreprise troquerait leurs RTT contre une « augmentation » de salaire, plus que symbolique. Les employés pourront ainsi abandonner leurs 23 jours ou 11 jours (selon leur catégorie) pour une hausse de salaire de 2%. Les cadres, quant à eux, peuvent aussi jouir de cette augmentation de salaire, avec une hausse de 1,5% pour deux jours de RTT en moins, sur les quatorze jours qu’ils possèdent.

Avant sa signature, cet accord doit être consulté par les instances représentatives du personnel à la rentrée. La CFDT Bouygues dit s’opposer à ce projet car y voit la mise en difficulté de la gestion des équipes, puisque tous les employés n’auraient pas le même nombre de jours de récupération. Pourtant d’ici la rentrée, elle souhaite bien obtenir une amélioration du projet, preuve que la CFDT, dont la centrale a été le principal appui à la loi Travail, n’est pas radicalement opposée à son application chez Bouygues, à travers l’accord prévu par la direction.

Suppression des RTT, suppression d’emplois

Ce troc de RTT contre une moindre augmentation de salaire se ferait déjà sur la base du volontariat, pour les personnes qui sont employées à ce jour chez Bouygues, mais deviendrait imposé aux personnes nouvellement employées. Par conséquent, cela mènerait sur un plus long terme à une augmentation généralisée du temps de travail pour toutes et tous, les gels de salaire faisant fondre comme peau de chagrin la pseudo-augmentation pour les personnes déjà en poste. Selon Azzam Ahbad sur Bbox Actus, délégué syndical central CFDT, « les services dédiés à la relation client sont les plus menacés par la mise en place de ces accords, qui se traduiraient par le non-remplacement des départs. ». Après la suppression de 1400 postes en 2014, Bouygues souhaite continuer à massacrer l’emploi, sur fond d’intensification et d’automatisation du travail, et de hausse du temps de travail pour les salariés.

En effet, un employé dans un centre d’appels, ayant gardé l’anonymat, explique qu’ils ont « été informés d’une révision à la baisse des volumes d’appels à traiter dans les trois prochaines années. ». Les relations clients tendent à être de plus en plus « digitalisées ». L’opérateur Free par exemple, utilise déjà un système robotique capable de communiquer avec ses clients. Le besoin toujours amoindri de répondre physiquement au téléphone pour un client implique, de fait, de nouvelles suppressions d’emplois.

Bouygues, SFR et tous les autres : même combat

Le 15 septembre est la prochaine date de mobilisation contre la loi Travail. La CGT SFR y appelle déjà afin de lier leurs revendications à celle de l’abrogation de la loi travail. C’est donc une date dont les travailleurs des entreprises télécoms, comme nous tous, doivent se saisir pour dénoncer cette politique de suppression d’emplois et affirmer leurs revendications. Contre la loi des patrons, abrogation de la loi travail et de tous ses avatars !

Poutine mis à mal en Russie sur la réforme des retraites

Elisabeth Studer Actualités, Economie 3 commentaires

Poutine mis à mal en Russie sur la réforme des retraites

Poutine avait l’air un peu plus discret ces derniers jours … on aurait pu mettre cela sur le compte de la retombée de la fièvre du Mondial … Mais au final, le Président russe se trouve confronté à des difficultés internes.

Manifestation à Moscou

Plusieurs milliers de personnes ont en effet défilé dimanche dans les rues de Moscou, la capitale russe, pour protester contre un projet de réforme du système des retraites. Ce dernier est contesté par l’immense majorité de la population et érode dangereusement la popularité du président Vladimir Poutine.

L’appel à manifester contre le relèvement de l’âge de la retraite rencontre un écho de plus en plus fort dans la société russe. Ce qui est rare, s’agissant d’une réforme soutenue par le président. La veille, déjà, samedi 28 juillet, plusieurs milliers de Russes étaient descendus dans les rues à travers le pays.  L’ONG White Counter affirme que plus de 6.000 personnes se sont réunies dimanche tandis que la police estime à près de 2.500 le nombre de participants.

Dans le cadre du rassemblement organisé par le Parti libertarien, de nombreux manifestants ont scandé des slogans hostiles au chef d’Etat, qu’ils ont qualifié de “voleur” . Réclament parallèlement que “le tsar s’en aille“.

Le projet de relèvement de l’âge de la retraite fait déborder le vase

La réforme propose de relever l’âge de la retraite en Russie, progressivement, à partir de 2019. Ce dernier passerait ainsi de 60 à 65 ans pour les hommes et de 55 à 63 ans pour les femmes. Si le texte était adopté, cela serait une première dans le pays depuis plus de 80 ans. Certes, l’espérance de vie de la population russe est passée de 65,5 ans en 2005 à 72 ans en 2016.

Le sujet est d’autant plus important en Russie que les retraités constituent un quart de la population russe. Leur pension est estimée à 12 000 roubles (165 euros), un niveau très bas qui oblige nombre d’entre eux à travailler.

La Coupe du Monde n’aura pas permis de noyer le poisson ….

L’annonce de ces mesures avait été faite le jour-même de l’ouverture de la Coupe du monde de football en Russie. Histoire de noyer la bien mauvaise nouvelle dans un torrent d’euphorie. Le Premier ministre, Dmitri Medvedev, avait alors « vendu le projet » en quelque sorte, en affirmant qu’il permettrait d’augmenter le montant des retraites et d’allouer davantage de fonds publics à la relance de la croissance.

Autre argument invoqué : un rééquilibre du marché du travail. Le taux de chômage, qui s’élèvera à 5,1% en 2018 selon le cabinet Macro-Advisory, est «déjà à un niveau bas record et, à moyen terme, nous risquons de manquer de main-d’œuvre. C’est déjà le cas dans plusieurs régions», avait ajouté le Premier Ministre.

Précisons que Vladimir Poutine n’avait pas évoqué cette réforme lors de la campagne électorale qui a précédé sa réélection le 18 mars dernier …

La deuxième lecture du texte, initialement prévue pour le 18 août, a été reportée au 24 septembre.

Reste, que selon un sondage paru récemment, 90% des Russes sont opposés à une telle réforme. Une pétition demandant son abandon a d’ores et déjà recueilli trois millions de signatures sur internet.

Des manifestations dans tout le pays samedi

Samedi, 100 000 personnes selon les organisateurs, seulement 10 000 d’après des journalistes présents, ont pris part au rassemblement à Moscou. Les manifestants lançant de vibrants appels tels que « nous voulons vivre de nos retraites et ne pas mourir au travail ».

Des milliers de personnes se sont également rassemblées dans plusieurs autres villes, de l’ouest à l’Extrême-Orient. L’agence Tass a fait état de 1 200 personnes à Novossibirsk, en Sibérie occidentale.

La cote de Poutine en nette baisse

Cette opposition manifeste a d’importantes répercussions sur la popularité de Vladimir Poutine. Cette dernière a même baissé en juillet. Et ce, même en pleine la Coupe du monde, alors que la bonne organisation russe de l’événement a été saluée de toute part. Selon le centre russe d’études de l’opinion (VTsIOM), elle serait ainsi passée de 80 % en mai à 64 %.

Sources : Reuters , La Croix, AFP, Le Figaro

Grève: Ryanair annule 250 vols supplémentaires le 10 août

Les pilotes allemands de la compagnie low cost rejoignent le mouvement de grève européen. Les vols annulés sont au départ et à destination de l'Allemagne.

Source AFP

Publié le 08/08/2018 à 14:42 | Le Point.fr

La compagnie a promis que 85 % des 2 400 vols seraient assurés le vendredi 10 août.

© NurPhoto/ Nicolas Economou

La compagnie à bas coût Ryanair a annoncé, mercredi 8 août, l'annulation de 250 vols au départ et à destination de l'Allemagne après que ses pilotes allemands ont annoncé rejoindre un mouvement de grève européen vendredi 10 août. Précédemment, l'entreprise irlandaise avait annoncé les annulations de 146 vols en raison de grèves de pilotes le 10 août en Suède, en Belgique et en Irlande. Quelque 85 % des 2 400 vols Ryanair doivent être néanmoins assurés ce jour-là, a promis la compagnie lors d'une conférence de presse à Francfort, sans préciser le nombre total de passagers concernés par ce mouvement social intervenant en pleine période de vacances d'été.

« Nous regrettons la décision (du syndicat) Vereinigung Cockpit de maintenir cette grève qui n'était pas nécessaire », a indiqué le patron du marketing de Ryanair, Kenny Jacobs. Le syndicat allemand des pilotes avait annoncé rejoindre le mouvement de grève européen, accusant l'entreprise irlandaise de ne pas avoir « la volonté de s'engager dans de réelles négociations salariales ». Le transporteur à bas coût a, lui, affirmé que Cockpit avait décidé d'aller au conflit malgré une proposition de convention collective révisée présentée le 3 août, trois jours avant l'expiration de l'ultimatum posé par le syndicat. Ce dernier a aussi, selon Ryanair, refusé un round de négociations mardi.

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« Nos pilotes en Allemagne ont d'excellentes conditions de travail. Les salaires peuvent atteindre 190 000 euros par an (...) et ils ont reçu 20 % d'augmentation de salaire cette année », assure Kenny Jacobs dans un communiqué. Le mouvement social, qui concerne quelque 480 pilotes basés dans une dizaine d'aéroports allemands, débutera vendredi à 1 h 1 GMT (3 h 1 heure locale) et s'achèvera samedi 11 août à 0 h 59 GMT (2 h 59 heure locale).