Masereel

ÉLECTIONS PIÈGE À CONS

 

Cette année, l'expression de Mai 68 « élections piège à cons »1 prend une nouvelle fois toute sa dimension. En effet la vague contestataire des gilets jaunes fut à ses débuts une contestation spontanée des « tous pourris » parlement, syndicats, sénat. Ce n' est pas moins de 60% du peuple de France qui pour des raisons différentes commence à considérer la démocratie républicaine comme une dictature. Si nous nous basons sur l' étymologie de démocratie, celle-ci veut dire le pouvoir du peuple et par conséquent une dictature du peuple révolutionnaire sur le pouvoir aristocratique et ensuite sur la bourgeoisie.

 

La réalité est bien sur plus sévère, quand le dit peuple relâche sa pression, qu'il considère l' Etat prédateur comme un Etat protecteur, la démocratie devient une dictature sur le peuple . Les gilets jaunes ont au moins compris à quoi sert la fiscalité, à entretenir un appareil d' état totalitaire/ militaro-industriel contre la majorité du peuple.

 L'illusion référendaire

 Mais le mouvement des gilets jaunes au court de ses différents actes a fini par lâcher la proie pour l' ombre en pensant redonner le pouvoir au peuple par le truchement du RIC, sans toucher à un cheveux de l' appareil d' état. La boite de pandore du RIC devant mener à l' écurie des urnes fut alors ouverte et une partie des gilets jaunes y voyant un moyen légal de continuer le combat en participant à ce qu'ils avaient contester au départ. Jérôme Rodrigues, une des figures des gilets jaunes, a appelé pour les élections européennes "à faire un vote anti-Macron", au cours de l' Acte 27

  L' écurie des urnes, ce n' est certes pas une nouveauté, et le retour du citoyen révolté dans l' isoloir un moyen de calmer le jeu . Souvenons nous comment Mai 68 s'est terminé, De Gaulle a mis fin à ce qu'il avait appelé la « chienlit » grâce à la grande contre manifestation des champs Élysée.

  Le 30 mai, 500.000 à un million de personnes manifestent sur les Champs-Élysées en soutien au général De Gaulle. Un défilé qui va clôturer la fin des événements. Confiant du soutien populaire, De Gaulle va se lancer dans le référendum sur la régionalisation , mettant son mandat présidentiel en jeu. Un an après l'avoir adulé les français dont il avaient dit en 1940 qu'ils étaient des veaux vont le faire tomber.

 Depuis les français vont continuer a veauté avec le sentiment que plus cela change et plus c' est la même chose, voir pire aujourd'hui.

  En 2005, la grande anarque référendaire de la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe va exploser aux yeux de tous

  A la question "Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe ?" qui leur était posée dimanche 29 mai 2005, les électeurs ont répondu par un non franc : 54,87 % des suffrages exprimés, contre 45,13 % pour le oui.

  « Les Français, comme d’autres citoyens de l'Europe, lancent un avertissement sans précédent aux institutions de Bruxelles et aux partis politiques. C’est une rupture majeure sur ce long chemin entamé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par des pays autrefois belligérants, aujourd’hui amis dans leurs rêves d'union. » France Inter

  Et voilà que le peuple d' un des principaux pays de l' Europe des 25 rejette le traité les sondages avaient pourtant annoncés un raz de marée de 71% en faveur du traité et voilà une fois de plus l' arroseur arrosé. La cuisine électorale, s'est trompée de plat et les convives n' ont plus qu' à se trouver un autre menu capable de recycler les restes.

 C' est bien entendu ,ce que les institutions européennes vont entreprendre, en faisant repasser le plat sous le nom de traité de Lisbonne. Élaboré en catimini, ce traité fut présenté par N. Sarkosy à la signature et signé. Ce déni de démocratie marquera les institutions européennes au fer rouge. C'est à cette Europe-là, technocratique et libérale, voir ultra-libérale, que les Français et Néerlandais ont dit non en 2005.

  Les exemples de ce type ne manquent pas, le dernier en date fut celui concernant l' indépendance de la Catalogne.

 Pour les élections des députés de l'Union Européenne le camp prolétarien ne peut qu'appeler à l' abstention.

 

 

 

1-«Elections, piège à cons» est le titre d’un article de Jean-Paul Sartre dans les Temps modernes en janvier 1973.