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Pourquoi 5 pays d'Amérique latine se soulèvent au même moment

INTERNATIONAL - L'Amérique Latine se soulève et force le monde à la regarder. Sous nos yeux: une société fatiguée de vivre dans la pauvreté et la corruption, une société de plus en plus consciente de ses droits et de la nécessité de les défendre, une société soumise à des tensions allant du néoconservatisme féroce à l'usure des dirigeants de longue date, mais aussi à l'ingérence extérieure et au développement d'une nouvelle classe émergente qui en demande davantage.

https://www.huffingtonpost.fr

En cette fin d' année 2019 , le capitalisme est secoué par des vagues successives de révolte au quatre coins du monde, certaines proches de l' insurrection. Au début 2019 c'est au Soudan qu'un mouvement de grande ampleur est né à Atbara, une ville ouvrière du Nord-Est du Soudan. Celui-ci comme d' autres est la conséquence directe, de la vie chère, les magasins sont vides, il y a pénurie de tout ce qui concerne la survie au quotidien. Le prix du pain a été multiplié par trois en une nuit.

Après plusieurs semaines de sit-in dans la Capitale Khartoum face au siège de l' armée, le gouvernement a fait tiré sur les manifestants, faisant plus de 30 morts.

 Depuis c' est l' Amérique latine, ou dans plusieurs pays des émeutes se multiplient, pour des raisons similaires à celle du Soudan.

 Actuellement c' est au Chili, pour des raisons elles aussi touchant le coût de la vie et l' insécurité sociale, que des manifestations se succèdent malgré la répression armée.

 Le 22 octobre2019 un premier recensement totalisait :

  2138 personnes arrêtées, dont 1240 en régions et 898 dans la capitale
 378 personnes blessées, dont 173 atteintes par des armes de feu
 5 morts, tués par des agents de l’État
 44 actions judiciaires, dont 9 requêtes en vue de protection juridique, 3 plaintes pour abus sexuel, et 32 actions en justice.

 En Equateur Cinq civils, dont un dirigeant indigène, ont trouvé la mort durant les manifestations qui secouent l'Équateur depuis une semaine contre la hausse du prix de l'essence, ont annoncé jeudi à l'AFP les services du Défenseur du peuple, un organisme d'État. « La première victime est un homme qui a été écrasé dimanche dans la province d'Azuay (sud). Les quatre autres sont décédées à Quito », a précisé une source de cette institution, sans indiquer les circonstances des quatre nouveaux décès. « Nous appelons le gouvernement à mettre fin à la violence et à garantir le droit de manifester de manière pacifique », a ajouté le communiqué du Défenseur du peuple. Si les indigènes sont en pointe de la contestation sociale, c'est aussi parce qu'ils sont les plus touchés par la pauvreté et travaillent majoritairement à la campagne. Et si les prix des carburants s'envolent, ils devront payer plus pour le transport de leurs produits et redoutent que l'inflation s'emballe.

Bolivie-

En réponse, un groupe de syndicats ouvriers et paysans proches du pouvoir (Conalcam) a enjoint mardi ses militants à défendre les résultats officiels.  

Venezuela-

Toujours sous la menace d'une guerre civile, attisée par les etats-Unis,La Russie et la Chine.

Au Brésil

Le mercredi 15 mai 2019, le Brésil s’est réveillé avec des milliers de personnes dans les rues, aux abords des universités et des écoles. C’était le premier test important, massif, de la lutte de classes pour le gouvernement de l’ultraréactionnaire Jair Bolsonaro depuis qu’il a pris ses fonctions le 1er janvier dernier. Et selon la presse dominante, la massivité de l’évènement en a pris plus d’un par surprise, à commencer par le président et le gouvernement qui avaient sous-estimé l’ampleur du rejet de leur politique.

En effet, l’annonce soudaine d’une coupure de 30% du budget de l’éducation a créé une contestation très large parmi les étudiants, les enseignants, les travailleurs du secteur, les parents d’élèves et bien au-delà.

Les images des grandes artères des principales villes du pays sont impressionnantes. Dans São Paulo on estime le nombre de manifestants à 250 000 ; et selon les organisateurs il y a eu autour de 1,5 millions personnes dans les cortèges. Même les médias dominants, y compris les plus à droite, ont dû reconnaître la massivité de la protestation.

Ce qui a dans une large mesure aidé à massifier la contestation dans les rues c’est le gouvernement lui-même, notamment Bolsonaro et le ministre de l’éducation Abraham Weintraub. En effet, le gouvernement, utilisant les mêmes méthodes provocatrices de la campagne présidentielle, a décidé de politiser à outrance cette coupure budgétaire catastrophique. Le ministre, face aux protestations des autorités universitaires et des enseignants et étudiants essayait de minimiser la contestation en déclarant que l’opposition dans les universités ce n’était que du « chahut ».

Mais la provocation la plus importante est venue de Bolsonaro le jour même de la manifestation. Alors que celui-ci était en déplacement aux Etats-Unis et que la manifestation commençait à peine, il a lancé : « la plupart [des manifestants] ce sont des militants. Ils n’ont rien dans la tête. (...) Ce sont des idiots utiles, des imbéciles qui sont utilisés comme masse de manœuvre d’une minorité rusée ».

Argentine-Plusieurs milliers de manifestants ont commencé à camper mercredi dans le centre de Buenos Aires pour exiger l'instauration d'un état "d'urgence alimentaire" en Argentine, en proie à une grave crise économique à quelques semaines de l'élection présidentielle. L'Argentine, en récession depuis 2018, connaît une des inflations les plus élevées au monde (25,1 % entre janvier et juillet, 54,4 % sur les 12 derniers mois), une baisse de la consommation, des fermetures de commerces et une augmentation de la pauvreté (32 % en 2018) et du chômage (10,1 % cette année). Voir des familles avec des enfants mendier dans la rue est devenu habituel à Buenos Aires.

En Colombie, la violence politique a gardé tous ses droits. Sept candidats ont été assassinés, et 13 autres ont été victimes d’attentats depuis le début de la campagne pour les élections régionales de ce dimanche 27 octobre. Il s’agit du premier scrutin local depuis la signature d’un accord de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), en 2016. Trente-six millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour élire gouverneurs, maires, conseillers régionaux, municipaux et communaux. Ces élections locales sont tout à la fois très mobilisatrices (le taux de participation en 2015 a atteint 60 %) et très tendues. « Nous continuons de croire que la paix est possible dans notre pays, soupire Sofia Nariño, qui a passé vingt ans dans la guérilla et qui est aujourd’hui candidate au conseil municipal de Bogota. Nous qui avons fait la guerre n’allons pas nous laisser rebuter facilement par les difficultés. »

Uruguay-L’impressionnante manifestation du 22 octobre 2019 à Montevideo



L’Uruguay, sous présidence de la coalition de gauche du Frente Amplio depuis 2004, est réputé comme étant le régime le plus stable d’Amérique Latine. Une image entachée par, entre autre, une inflation (7,56%) et surtout par un taux de chômage qui ne cesse de s’accroître, concernant à l’heure actuelle 9% de la population active. Dans ce cadre, l’insécurité (agressions, vols, etc) est en hausse depuis 2017 (+45%).

Dans ce contexte, les réactionnaires en tout genre sont de sortie. Ainsi, un projet de réforme constitutionnelle propose la création d’une garde nationale composée de militaires qui aura pour mission d’effectuer des tâches traditionnellement effectuées par les policiers. Cette initiative, du sénateur de droite Jorge Larrañaga été tranchée par référendum et la réforme à été rejetée par 54% de voix contre. La question se retrouve aussi, de fait, au centre du débat présidentiel.

Le Pérou – Crise politique au sommet de l' état

 Au Liban OCTOBRE 2019-Au Liban, la mise en place de taxes sur l'essence, le tabac, et surtout l'utilisation de la messagerie gratuite Whatsapp (prisée pour les appels à l'étranger), ont été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. En manifestant tous ensemble des les rues du pays, les manifestants ont remis en cause les divisions confessionnelles grâce auxquelles le pouvoir s'était maintenu jusque là.

En Algérie-

C’est l’éruption des travailleurs algériens sur le front de la lutte sociale et économique  qui a contraint l’armée à changer son fusil d’épaule, afin de neutraliser les mouvements de grève menaçant l’ordre établi. Aussi, pour désamorcer le mouvement de contestation social en voie d’exacerbation subversive, le pouvoir, désormais directement  assuré par l’État-major de l’armée en raison de la menace d’insurrection  sociale, a préféré préventivement accéder aux revendications des travailleurs entrés massivement en lutte.  Les médias ont délibérément éludé ce soulèvement larvée  ouvrier, préférant focaliser leur attention politiquement orientée sur les défilés pacifiques de l’inoffensive « société civile » hétéroclite, devenue célèbre pour ses routinières interminables parades hebdomadaires.

En Irak- Les manifestations contre la corruption, le chômage et pour des services publics avaient commencé le 1er octobre 2019. Après un calme temporaire du fait de la répression ou plus de 200 personnes ont été tués dont 70 depuis vendredi dernier. On compte plus de 8000 blessés. Le mouvement a repris la rue en force. Les forces de sécurité irakiennes tirent à balles réelles sur les manifestants, ils les frappent et mutilent avec des méthodes barbares. Certains manifestants ont été tués à la suite de tirs de projectiles de gaz lacrymogènes directement au visage ou sur la tête à bout portant. Des scènes littéralement de guerre avec l’armée, la police et les milices soutenues par l’Iran tirant à balles réelles sur la foule circulent sur les réseaux sociaux.

Haiti-



 28 septembre 2019

 Des milliers de manifestants qui réclament le départ du président haïtien Jovenel Moïse ont attaqué vendredi divers commerces et des bâtiments gouvernementaux un peu partout à travers le pays.

Dans la capitale Port-au-Prince, des centaines de partisans de l'opposition ont mis à sac un poste de police qui sert de base à une unité tactique. Ils ont transporté du mobilier de bureau, des gilets pare-balles en Kevlar et des munitions dans le bidonville de Cité Soleil. Un bureau de location de voiture Avis et une succursale de Western Union ont été incendiés par les émeutiers.

Dans le quartier de Delmas, des maisons ont été la proie des flammes. Des groupes de manifestants ont lancé des pierres contre des policiers qui ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogènes. Une station de radio de la ville de Jacmel a annoncé que le palais de justice local avait aussi été incendié.

Nous disons à la population de Cité Soleil et à la population haïtienne de se lever pour renverser le gouvernement, parce que le président Jovenel Moïse ne fait rien pour nous. Il ne fait que nous tuer, a dit un manifestant, François Pericat. Selon lui, trois manifestants ont été abattus par les forces de l'ordre.

Les porte-parole du gouvernement n'ont pas rappelé Associated Press.

Tous les manifestants n'ont pas fait preuve de violence. Certains ont agité des branches de fougère en signe de paix.

Les dirigeants de l'opposition ont prévenu que la paix ne régnerait pas en Haïti tant et aussi longtemps que M. Moïse resterait au pouvoir.

Si Jovenel ne démissionne pas aujourd'hui, tout ce qui arrivera ne sera pas de notre responsabilité, a déclaré un des leaders de l'opposition, le sénateur Youri Latortue.

Haïti a été le théâtre de plusieurs manifestations depuis plusieurs mois en raison de la réticence du gouvernement à enquêter et à intenter des poursuites contre des alliés du président Moïse qui auraient détourné et gaspillé des milliards de dollars provenant d'un programme vénézuélien offrant à Haïti du pétrole subventionné.

Depuis trois semaines, les chefs de partis d'opposition ont envoyé des groupes de jeunes hommes dans les rues pour imposer la fermeture des commerces et des services publics. Les dirigeants de l'opposition ont juré que ces actions se poursuivraient pendant les week-ends. Sources :https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1321474/haiti-manifestations-jovenel-moise-emeutes-port-prince

 

Voir aussi-

Le Chili et le nouveau cycle de lutte des classes en Amérique latine

3 novembre | Les journées révolutionnaires au Chili constituent à ce jour le point culminant d'un nouveau cycle politique qui commence à traverser l'Amérique latine.