INFOBREF N°529

L'Insécurité sociale en marche

Alors que le budget des armées s' envole, qu'un nouveau corps d' armée est mis en place pour surveiller l' espace et autre, coût de l' augmentation du budget 300 milliards d' euros d'ici 2025. L' Etat Macron saigne les chômeurs après avoir éborgné nombre de Gilet Jaunes qui luttent justement contre la précarité.

L' Etat Macron, est un Etat de plus en plus totalitaire qui n' a rien à envier à ses confrères Poutine, Trump, Xi Jinping … Il fait parti de l' internationale capitaliste de l' exploitation des êtres humains, tous s' attaquent aux retraités et aux chômeurs aux pauvres et miséreux. Ils mettent discrètement en place des mesures visant à en faire crever le plus possible tout en prétendant le contraire. Le désert médical n' est pas un accident, comme d' ailleurs le manque de médicaments de personnel aux urgences...On accusait le Brexit d' être la cause de la pénurie de médicaments, mais ce n' est que le baratin habituel pour dissimuler la guerre aux pauvres, la guerre aux vieux et vieilles.

La réforme 2019 du régime d' assurance chômage, vise à étrangler de plus en plus les sans emplois, les poussant aux actes délictueux, au suicide, à la révolte collective.

En 2018, le demandeur d’emploi devait justifier de 88 jours ou 610 heures de travail (ce qui correspond à 4 mois de travail), au cours des 28 derniers mois pour les moins de 53 ans, ou au cours des 36 derniers mois pour les plus de 53 ans.

En 2019, le gouvernement Edouard Phillipe décide d' étrangler un peu plus les demandeurs d' emplois. Il durcit les conditions d’affiliation. Les salariés devront désormais avoir travaillé au moins 910 heures pour prétendre accéder à l’allocation (contre 610 auparavant).

les salariés âgés de moins de 53 ans devront avoir effectué ces heures d’affiliation au cours des 24 mois, contre 28 mois auparavant.

Quant à la réforme des retraites, pas d' illusion à se faire, se sera plus de présence au travail via la retraite à 70 ans, le financement avec l' arnaque de la loi pacte et le report des mauvaises nouvelles après les municipales en mettant en avant « le référendum » pour un racket « universel ».

G.Bad

Comment faire crever les retraités.

La loi pacte= loi pactole Comment la bancassurance te pique ton fric



Un mois avant l'expiration des accords salariaux chez les constructeurs automobiles
Les travailleurs américains de l’automobile sur la voie de l’affrontement avec les entreprises

Par Jerry White, 17 août 2019

Tandis que les sociétés transnationales affichent des profits record depuis le krach de 2008, les travailleurs de l’automobile ont subi une décennie de baisse réelle des salaires. Ils sont résolus à obtenir des gains substantiels.

Québec: de nouvelles attaques contre les grutiers suscitent une vive opposition

Par Louis Girard, 17 août 2019

Les appels à la grève lancés par des grutiers traduisent l'immense colère qui règne parmi les travailleurs de la construction.

Technologie, contrôle et dictature: la 5G et l’arme informatique (Dean Henderson)

 

Le matériau humide humain et l’arme ordinateur 5G

Dean Henderson 16 avril 2019

url de l’article original:

https://hendersonlefthook.wordpress.com/2019/04/16/human-wetware-the-5g-computer-weapon/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

En 1963, les régulateurs fédéraux [aux Etats-Unis] dirent à IBM que l’entreprise ne pourrait pas promouvoir ses machines et nouveaux ordinateurs aux citoyens parce qu’ils représentaient une arme dangereuse par laquelle la désinformation pourrait être utilisé pour subvertir et soumettre des populations entières.

Quelques décennies de déréglementation plus tard, IBM fut finalement autorisée à vendre ses systèmes d’armement au monde. Dès 1993, la National Security Agency (NSA) avait fait installer des portes dérobées dans les microprocesseurs de ces armes ordinateurs, leur donnant un monopole sur le processus du chiffrage encrypté. Ceux qui furent impliqués dans ces efforts furent des gens comme John Podesta, Larry Summers, James Comey, Robert Mueller, Rod Rosenstein et George Bush Senior via l’entreprise du groupe Carlyle (NdT: dont un des frères de Sarkozy fut haut-cadre)

CISCO, connue comme “l’enfant chéri” de la NSA, fut une entreprise clef de cet effort. L’agent de la couronne (City de Londres) General Electrics (GE) fut instrumental pour procurer le logiciel volé requis PROMIS. La firme Intel (les processeurs) en croqua, installant une “télécommande agressive” sur tous ses microprocesseurs connus comme moyen de contrôle d’ingénierie mécanique. Par son nouveau Point Focal Node Trusted Remote Access Control (PFNTRAC), la NSA pouvait donc maintenant tout TRACER.

Hillary Clinton et la cohorte de sa firme de Rose Law Firm participa à cet effort par leur attaque en justice pour viol de patente pour l’entreprise Big Tech dont les sponsors militaires et de la couronne savaient déjà que les patentes et l’innovation joueraient un grand rôle dans la domination future totale tout azimut (Full Spectrum Dominance), ce qui était recherché avec cette nouvelle arme informatique.

Tandis que le gouverneur de l’état d’Arkansas Bill Clinton était occupé à utiliser Mena en Arkansas comme plateforme de financement des contras du Nicaragua par le trafic de la cocaïne et que le top de Little Rock, Jackson Stephens utilisait sa Worthen Bank pour aider la BCCI (NdT: banque de la CIA) à blanchir l’argent pillé par le FMI à de pauvres pays, Hillary aidait l’IBM Eclipse Foundation à voler le logiciel clef depuis Leader Technologies, qui deviendra plus tard… Facebook.

Des gyroscopes de cristal QRS-11 furent aussi envoyés de Littel Rock à la NSA où ils se révèreront de première importance pour le monopole du chiffrage de l’agence. Ils seront dès lors installés sur tout, des jumbo-jets aux voitures en passant par les systèmes du guidage de missiles, avec la capacité d’être allumés ou éteints par leurs contrôleurs de la NSA, les cristaux QRS-11 fourniront la base de ce qu’on appelle aujourd’hui “l’internet des choses”.

L’agent de la couronne / City de Londres SERCO a reçu le contrat pour gérer le bureau américain des patentes et toutes les patentes 5G subséquentes viendraient mystérieusement sous le contrôle de l’ancien de Hewlett Packard (HP) et fondateur d’Agilent, Richard P. Walker.

 (https://hendersonlefthook.wordpress.com/2019/03/19/whos-behind-the-5g-cull-of-humanity/)

Au moment où l’homme de l’armée et ancien d’AT&T/Bell Labs Eric Schmidt devint le CEO de Google, la fondation Eclipse d’IBM avait organisé sa sous-traitance de la Silicon Valley pour mettre en place leur rêve de 5G militarisée. Ceci impliquerait du hardware informatique qu’ils avaient déjà, des logiciels, qui bientôt allait sortir des vitrines de la NSA à la Silicon Valley et maintenant bien financées et du matériel “humide” (humain).

Le matériel “humide” signifie être humain ou tout autre créature vivante qui seraient ionisés et programmé sur une base ADN hautement personnalisée avec le hardware et le logiciel pour créer une grille 5G complètement intégrée et contrôlable, ayant la capacité d’un système de contrôle total tout azimut. L’Intelligence Artificielle (IA) imbiberait la grille, cherchant à s’auto-reproduire tout en mettant un terme à l’humanité.

Peu de temps après que Schmidt eut pris position à Google, furent mis en place Gmail, Facebook, Instagram et autres outils de collecte de données de la NSA. La Banque des Règlements Internationaux (NdT: La BRI, GQG du cartel des banques centrales privées siégeant à Bâle en Suisse) avait une faction renégate de la CIA sous son contrôle qui opérait depuis le CERN. Le temps était venu de personnaliser le matériel “humide”. Pour ce faire, tout le monde devrait être profilé émotionnellement, spirituellement et physiquement.

Alphabet, parent de Google, rafla Boston Dynamics qui était la première entreprise de robotique. L’attaque faux-drapeau de la couronne du 11 septembre sur les Etats-Unis donnerait le prétexte pour faire passer la législation du Patriot Act, qui fut ciselée par Robert Mueller et ses cohortes traîtresses affiliées à la City de Londres. Avec la constitution des Etats-Unis officiellement suspendue, les humains n’auraient donc plus aucune base légale pour résister à leur mise en esclavage future au moyen de la grille 5G.

Le GCHQ de la couronne (NdT: l’agence de renseignement britannique) a maintenant pignon sur rue à Fort Meade (Maryland) donnant toute une nouvelle signification au mandat de la FISA (Foreign Intelligence Surveillance Authority).

Le Projet Echelon a fusionné avec l’alliance des Cinq Yeux (NdT: alliance du reseignement liant la GB, les USA, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande). Toutes les communications se retrouvèrent dès lors sous observation du Board of Broadcasting Governors (BBG) ou Bureau des Gouverneurs de la Diffusion. Plus tard le président Obama établirait le Global Engagement Center  au sein du ministère des affaires étrangères pour servir de sorte de “ministère de la vérité”.

George Soros, le lieutenant de Rothschild a attendu dans l’ombre pour sortir sa dernière révolution colorée si nécessaire. Ceci impliquerait le renversement du président Trump si par hasard celui-ci ne voulait pas marcher droit avec l’agenda de mise en esclavage globale de la Couronne / City de Londres. Elle serait appelée la révolution violette, cette couleur étant celle des “familles royales” Utilisant le changement climatique de l’Agenda 21 comme marteau, les humains ont reçu le rôle de méchants dans cette production, faisant ainsi le chemin pour la nouvelle monnaie numérique des Rothschild basée sur le crédit-social (cf le modèle chinois) et l’empreinte carbone, monnaie qui sera utilisée dans la grille de contrôle 5G.

Avec Big Brother maintenant complètement en place, tout dissident opérant sur une plateforme électronique d’ordinateurs militarisés pourra être sorti de la grille depuis les sites variés  de collecte de données contrôlés par la NSA. Facebook et Twitter ont déjà banni des individus radicaux, YouTube a purgé les vidéos qui dénonçaient la 5G et les chemtrails et Amazon a banni les bouquins anti-vaccination.

La publication des dossiers d’Edward Snowden a été arrêtée en mars dernier alors que le milliardaire qui contrôle ces données se plaignaient de problèmes… d’argent. La semaine dernière Julian Assange fut abandonné par le président traître de l’Equateur Lenin Moreno, partie d’un accord en échange d’un emprunt au FMI. Ceux qui ont fait le plus attention à cette affaire ont sans doute remarqué qu’Assange ne fut pas embarqué dans un véhicule de la police de Londres, mais dans une fourgonnette, propriété de l’agent de la Couronne SERCO.

Le capitalisme absolu

Pierre VERHAS

Il est de bon ton d’annoncer la fin d’un capitalisme agonisant. Rassurez-vous, bonnes gens, bien au contraire, le capitalisme se porte à merveille ! Un de ses principaux thuriféraires, le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, un des leaders des GAFA, l’a annoncé en grande pompe : il lance une nouvelle monnaie baptisée la Libra signifiant « balance » en latin, qui a la caractéristique d’être mondiale et ainsi d’échapper à tout contrôle du système bancaire et monétaire international. L’économiste belge Bruno Colmant a déclaré que ce projet est une « révolution copernicienne ». Et il a raison !

Le principe de la Libra n’est cependant pas nouveau. Il existe déjà des monnaies virtuelles comme le Bitcoin et le réseau chinois WeChat a aussi sa propre monnaie. L’innovation consiste en l’ampleur que la Libra prendra sur le marché. Facebook compte près de 2,5 milliards d’amis, un peu plus d’un tiers de la population mondiale qui compte 7,7 milliards d’individus selon les derniers rapports de l’ONU. Et parmi les 2,5 milliards d’utilisateurs du réseau social le plus important, on compte 1,7 milliard d’utilisateurs qui n’ont pas accès au système bancaire, essentiellement des ressortissants de pays du Tiers-monde. Jamais dans l’histoire, un réseau d’échanges n’aura compté autant d’êtres humains.

Et Zuckerberg n’est pas seul. 27 partenaires se sont associés à son projet en y plaçant de l’argent, beaucoup d’argent. On compte, entre autres, Uber, eBay, Sportify, Booking et aussi PayPal, Visa et Mastercard, ainsi que free, le groupe du milliardaire français Xavier Niel, etc. On parle aussi d’Amazon qui pourrait s’ajouter à ce panel de transnationales du « néo » capitalisme. Bref, il est clair qu’est en train de se bâtir là une puissance financière inégalée et les banques « classiques » s’en inquiètent.

On passera ainsi d’un capitalisme plus ou moins sous contrôle à un capitalisme absolu échappant à tous les pouvoirs nationaux et internationaux existants. Même le FMI sera impuissant face à la Libra si elle se concrétise.

Comment va fonctionner la Libra ? Le principe en est assez simple. Cette monnaie numérique est adossée à un panier de valeurs relativement stables comme le dollar, l’euro ou la livre sterling. C’est sa différence fondamentale avec les autres monnaies cryptées. La Libra sera une vraie monnaie contrairement au bitcoin qui n’est basé sur rien et qui dépend donc totalement des fluctuations du marché et de la spéculation. L’objectif de la Libra, au contraire, est d’être le plus stable possible.

Elle fonctionnera de manière centralisée Elle n’est pas détenue par ses utilisateurs. La cryptomonnaie du géant Facebook – qui évite soigneusement d’apparaître trop ostensiblement sur le site Internet dédié à la Libra, appartient à la « Libra Association », une organisation basée en Suisse et détenue par ses 28 co-fondateurs. Ce sont donc de grandes entreprises technologiques, et financières surtout américaines, qui ont la mainmise sur cette nouvelle monnaie.

 

 

 

Les différents partenaires de Libra association.

Les utilisateurs de la Libra disposeront d’une application sur smartphone qui leur permettra de payer via Internet sur des plateformes d’e commerce, comme dans des magasins ordinaires et aussi via les messageries Whatsapp et Messenger.

La Libra servira au transfert d’argent pour ses utilisateurs grâce à un service plus rapide et moins cher que ceux que leur prodiguent les banques et Western Union. L’essentiel est que les échanges passeront par une chaine de blocs (blockchain) de transmission d’informations sécurisées et cryptées, sous le contrôle de Facebook. Ainsi, les transactions ne passent pas par le circuit ordinaire des banques. C’est la raison pour laquelle Visa et Mastercard se sont joints au consortium Libra : ne pas se laisser dépasser par des paiements par l’intermédiaire de la blockchain. Enfin, la Libra pourra être achetée dans tous les pays du monde avec de la monnaie locale, y compris en liquide pour des personnes ne disposant pas de compte bancaire.

C’est une application nommée Calibra, filiale de Facebook, qui traitera les paiements en Libra elle fixera les règles en matière de traitement des données personnelles liées aux paiements en Libra.

Selon le quotidien belge le Soir, « Facebook assure que les informations financières stockées dans le portefeuille virtuel Calibra disponible sur ses différentes applications seront strictement séparées de celles détenues par l’entreprise du réseau social. L’un des responsables de l’application Calibra, Kevin Weil, assure également qu’aucune donnée financière ne sera utilisée pour cibler de la publicité. »

Or, on sait que Facebook exploite les données personnelles des « amis » sans scrupules. Aussi, on peut douter de la validité des garanties faites par Zuckerberg et son équipe de la confidentialité des données financières des utilisateurs de Calibra !

Quelles en sont les conséquences ? Pour les pays au système monétaire instable comme l’Inde, le Brésil, le Venezuela, l’Argentine, si le nombre de transactions en Libra est massif, cela risque d’accroître leur situation précaire avec toutes les conséquences politiques, économiques et sociales que cela entraîne. Et, à terme, d’avoir des conséquences sur l’économie mondiale.

La fin de l’Etat-nation et le triomphe ou la fin de l’impérialisme étasunien ?

Il faut aussi noter que Libra fonctionne comme une véritable banque centrale. En effet, la Libra repose sur une réserve de change. Le Monde du 18 juin 2019 cite le philosophe libéral Gérard Koenig : « Cette monnaie globale signerait la fin des Etats-nations déjà bien vacillants. » Et le Monde cite l’économiste Philippe Herlin : « Si on ajoute à cela toutes les autres cryptomonnaies comme le bitcoin, les banques centrales ne seront bientôt plus les seuls maîtres à bord du système monétaire. » Cependant, comme on l’a vu, le bitcoin est très différent de la Libra.

Ainsi, il pourrait arriver que le taux de couverture de la masse monétaire aujourd’hui annoncé à « 1 pour 1 » pourrait être baissé en-dessous de 100%, permettant l’émission de libras sans contrepartie, bref de se créer un panier monétaire similaire à ceux dont disposent les banques centrales des monnaies souveraines : la planche à billets.

On pourrait aussi se poser la question du renforcement de l’impérialisme étasunien. Le dollar est et reste la monnaie de réserve. Il pèse aujourd’hui 61,7 % des réserves de change des banques centrales sous forme de bons du Trésor. Aussi, les réserves de la Libra en contiendront aussi une part non négligeable. Martin Della Chiesa spécialiste de la cryptomonnaie pose la question, toujours dans le Monde : « Dès lors, on peut s’interroger : la devise Facebook sera-t-elle un défi à l’impérialisme américain ou, au contraire, sa prolongation ? »

Et Alexis Toulet dans le blog de Paul Jorion évoque la puissance terrifiante que pourrait prendre la Libra.

« Si on imagine la Libra utilisée quotidiennement par 1 à 2 milliards de personnes, sa masse monétaire énorme générera une forte capacité de pression sur tout Etat. Voir cette remarque intéressante sur « Capital ».

« [Avec Libra] Facebook ne va pas concurrencer les États mais plutôt organiser la concurrence entre eux. Projetons-nous dans 10 ans quand le Libra sera utilisé par 1,5 milliard de personnes, soit plus que le yuan et quantité d’autres monnaies. Il y aura une masse monétaire monstrueuse et le rapport de force sera totalement inversé.

En cas de conflit avec la BCE, Libra pourra réduire la part de l’euro dans son panier de devises au profit d’autres monnaies. Ça fera chuter le cours de l’euro, du CAC 40 et aura des conséquences sur la zone euro, comme lorsqu’un fonds de pension fait pression sur des États, mais en version XXL. On se retrouvera sur un marché où le dollar ne sera plus l’étalon – ce que l’on peut regretter ou pas, remplacé par la Libra, en dépit de sa fonction de panier de devises. » »

Le glas du capitalisme « classique »

Ainsi, ce ne seront plus les Etats, ni les banques qui contrôleront la masse monétaire et sa circulation. Ce sera une entreprise transnationale qui disposera de tous les pouvoirs même si, au départ, Facebook se cachera derrière le système blockchain. Quid en cas d’échec ? Sans doute des dégâts importants si la sauce a pris, mais ne nous faisons aucune illusion, d’autres reprendront l’idée en tirant les leçons d’un éventuel revers du plus célèbre des réseaux sociaux.

Ainsi, on se rend compte qu’il s’agit d’une révolution fondamentale qui mettra hors-jeu les Etats et toutes les institutions financières. Cela risque de sonner le glas du capitalisme « classique » pour faire place à un capitalisme absolu tel que le rêvent les libertariens qui accroissent leur influence et leur pouvoir face à des institutions politiques et financières sclérosées qui se sont avérées incapables à répondre à la crise financière de 2008 qui est loin d’être terminée.

Mais, Libra est-elle un élément de la solution ? Certes non. Elle représente un danger majeur, car l’économie ne sera plus contrôlée, les échanges n’auront plus de garde-fou comme les banques centrales et le FMI. À terme, l’économie pourra tomber entre les mains de puissantes mafias, de lobbies et d’entreprises transnationales avec toutes les conséquences que l’on imagine.

Les néolibéraux pris à leur propre piège !

Voilà le résultat de la libéralisation et de l’affaiblissement de la puissance publique et de la souveraineté nationale comme internationale voulue par les néolibéraux depuis Mme Thatcher et M. Reagan. Politique qui a été poursuivie et accentuée par leurs successeurs aux Etats-Unis comme en Europe avec l’affaiblissement de l’Etat, la privatisation des entreprises et services publics, le démantèlement de la Sécurité sociale et la dérégulation économique et financière, sans compter les atteintes aux droits sociaux des travailleurs.

Eh bien ! Les voilà pris à leur propre piège, nos néolibéraux ! Ce serait réjouissant si les conséquences de cette dérégulation totale du système monétaire n’étaient pas aussi catastrophiques.

Dans une interview à Libération le 18 juin 2019, Gilles Babinet, spécialiste du numérique, s’alarme : « On ne peut pas lancer un système de paiement avec une échelle à terme de 2,5 milliards d’utilisateurs sans une large concertation avec les parties prenantes à commencer par les Etats. » Il met en évidence plusieurs dangers : « La conjugaison entre un réseau social avancé et un système de paiement est précisément ce qui permet les systèmes de « crédit social » comme en Chine avec une sanction des mauvais comportements. » Et puis, Facebook pourrait se transformer en banque : « Le risque que demain Facebook se mette à faire du crédit, et donc de l’émission monétaire. »

Gilles Babinet met en évidence un autre danger : « Je me souviens de ce que disait Peter Thiel qui siège toujours au conseil d’administration de Facebook, lorsqu’il a lancé Paypal [qui fait partie de Libra association] : il le voyait comme un moyen de contourner les Etats. »

Enfin, le risque majeur selon Babinet est de voir émerger une puissance monétaire capable d’influencer les marchés dans une échéance de cinq à dix ans.

La Libra est-elle inéluctable ?

Comment empêcher ce projet ? Babinet pense qu’une concertation avec des Etats et notamment ceux du G7 pourrait empêcher sa concrétisation. On peut en douter. En définitive, et il conclut par cela : il s’agit du choc de deux cultures. D’un côté, des Etats ou des associations d’Etats comme l’Union européenne qui cherchent à instaurer un système économique le plus libéral possible, mais soumis à des règles et à des normes et de l’autre une culture de rupture « libertarienne » incarnée par Facebook et les GAFA qui se montrent capables de mettre sur pied un système correspondant à leur propre philosophie et surtout à leurs intérêts et à leur volonté de puissance.

Au moins la Libra nous a fait comprendre qu’Etat, souveraineté, puissance et services publics ne sont pas des gros mots ! Mais demandons-nous si ce n’est pas trop tard !

En cette occurrence, il est urgent que l’imagination soit au pouvoir pour préserver l’essentiel et pour enfin retrouver le sens du mot progrès, le vrai pas celui de prédateurs au style cool et sans scrupules.

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